Le droit acquis de voter a fait l’objet de luttes
âpres par les peuples de tous les pays et notamment
de la population française. Ce même droit a été
acquis par la population de la Martinique dont la
partie la plus nombreuse a pu être libérée du joug
des esclavagistes. Celle-ci devait pouvoir
s’exprimer démocratiquement.
La relative très bonne participation au scrutin du
10 janvier 2010, a démontré que le citoyen pouvait
se rendre aux urnes en nombre. Ce 24 janvier nous
sommes dans une configuration décevante mais dont
les chiffres de participation expriment néanmoins un
taux assez habituel des Martiniquais dès lors que le
passionnel ne guide pas son geste citoyen de voter.
Il est vrai que le 10, les Martiniquais ont exprimé,
à tort ou à raison, leur refus de tendre vers une
autonomie même à minima avec des acteurs politiques
qui ont montré leurs limites à travers leur « idéologisme »
aveugle. Eloignés des réelles préoccupations des
Martiniquais exprimées notamment le 5 février 2009,
mais dont la nature a été détournée au gré des
orientations politiques trop politiciennes, nos élus
actuels vieillissants ont manqué de réponses à
apporter aux citoyens dans ce monde où beaucoup de
curseurs ont été déplacés tant économiquement,
socialement que dans le fonctionnement de la société
en général.
L’essor économique s’est ralenti jusqu’au dernier
« crash contrôlé » qui a ruiné plus d’un mais
surtout les petits.
Mais aujourd’hui aussi, les quelques 35 000 jeunes
qui sont allés voter le 10 semblent pouvoir faire
preuve de discernement ou tout au moins de choix non
dictés par les dogmatismes politiques.
Alors, cette expression de la jeunesse
indique-t-elle l’heure du renouvellement de la
classe politique ? Quelle jeunesse fera l’effort de
s’engager sur les prochaines listes électorales et
ces dernières leurs feront elles des places
éligibles ?
Ces derniers votes veulent-ils aussi contraindre
notre classe politique à toujours travailler avec le
gouvernement français de façon progressiste et
profitable à la Martinique ?
Nos votes locaux à la Martinique semblent revêtir
l’habit du passionnel qui selon DECLIC972 fausse la
portée de ce que devrait être la nature d’un
suffrage. Et demain, plus que jamais, nous devrions
changer notre manière de voter pour sortir d’une
attente intéressée des femmes et hommes politiques
que l’on souhaite élire (pani zafè fèy tôl ankô ou
sak siman !!! ). Ou encore, que seule la tête de
liste ne soit plus celle sur laquelle on ne veut que
porter son suffrage mais plutôt la représentation
d’une liste de personnes compétentes et à même de
pouvoir répondre aux différentes aspirations du
peuple dans une Martinique qui se développe !
Ainsi, et au-delà de l’intérêt que chacun porte à
telle ou telle élection, les Martiniquais qui
souhaitent remplir entièrement leur rôle de citoyen
devraient dorénavant faire preuve de plus de
présence à chaque scrutin qui se présentera à eux.
De même, ils devront insister pour que leur
entourage remplisse leur devoir de citoyen.
Cela passe par le plus petit niveau : associatif,
professionnel, confessionnel. Chaque fois qu’un
ensemble de femmes et d’hommes réunis autour d’un
projet, dans une même entité, dans une entreprise ou
autre et que des décisions doivent être prises,
l’action de participer à un vote est fondamentale
pour que les femmes et les hommes deviennent
réellement des citoyens acteurs, majeurs et matures.
La cohérence décrite par tous sur les deux dernières
expressions du peule Martiniquais nous laisse
quelque peu interrogateurs pour ce qui est de la
participation d’autant qu’il s’agissait de définir
le nouveau cadre de fonctionnement de notre petite
île.
En quoi sont cohérents nos votes si notre
participation ne demeure pas la même pour chaque
scrutin ? Peut-on parler de cohérence, de maturité
lorsque des comparaisons se font sur des
pourcentages de participations peu identiques ?
Nous avons à faire évoluer notre façon de considérer
chaque scrutin et sortir des petits intérêts
personnels et privés pour entrer dans l’élaboration
de projets qui répondront au mieux aux aspirations
du plus grand nombre.
L’intérêt général devrait prévaloir sur l’intérêt
particulier. L’intérêt de La Martinique dans
l’ensemble franco-européen doit-il être privilégié
pour absorber au mieux les grands chocs de la
société mondialisée actuelle ou encore en cas de
catastrophes naturelles?
Assurément, c’est surtout par notre engagement et
notre participation active à toutes les composantes
organisationnelles de la Martinique sans négliger le
reste de notre ensemble naturel mais aussi
politico-administratif que nous pourrons exister.
Nous aurons donc 3 bonnes années pour considérer
chaque scrutin (Régional, Cantonal et pour la
nouvelle Collectivité Départementale et Régionale de
La Martinique) sur le même pied d’égalité mais aussi
par rapport au désaveu émis les 10 et 24 janvier
2010 à l’encontre d’une certaine classe politique.
Nous aurons à démontrer toute notre cohérence dans
nos choix afin que l’on cesse de nous traiter de
schizophrènes ou encore de qualificatifs méprisables
sortant de la bouche de certains de nos
intellectuels déçus.
D’ici là, laissons s’exprimer notre citoyenneté dans
nos actes au quotidien. Informons-nous dès
maintenant auprès de sources et personnes diverses
sur ce qui nous intéressera prochainement. Ne cédons
plus à la « sympathie politique » de tel ou tel mais
plutôt à la solidité d’un projet réaliste et
équilibré dans lequel nous trouverons toute notre
place.
Protégeons et préservons notre richesse (reconnue
par d’autres…) humaine, culturelle, diverse en
prenant soin de considérer l’AUTRE. Cet autre,
parfois tout près de nous mais aussi d’ailleurs, que
nous appelons à nous reconnaitre aussi dans ce que
nous sommes.
JG VOISIN
Président DECLIC972
declic972@orange.fr