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« Ti artizan a la fayit, ti komèrsan fèmen boutik »

Situation Critique !

Partie du texte d’une chanson de La Perfecta « ayouskous pa fè fou » qui décrivait une situation difficile que vivait déjà la Martinique après le premier choc pétrolier, nous revoilà « partis pour un tour » qui pourrait être plus grave encore même si nous devrons TOUS nous mobiliser pour nous en sortir.


 

Depuis plusieurs mois DECLIC972, dans ses réflexions, pressent et redoute les évènements qui risquent de ponctuer la société Martiniquaise. Non que nous soyons des voyants ou sorciers, mais les analyses des uns et des autres viennent enrichir notre fonds documentaire et précisent nos doutes.


 

En Décembre 2009 nous devrions recevoir le « coup de bambou » qui sonnera le glas de beaucoup d’entreprises dans le pays. Les professionnels disent déjà l’effondrement de pans entiers de l’économie martiniquaise qui subit les contrecoups de la crise financière mondiale.

Cette crise a bien été ressentie et exprimée en février 2009 par la population qui s’est sentie trahie par ceux qui étaient en charge de contenir la spéculation financière. Un système qui a entraîné l’économie réelle, donc celle qui permet à chaque citoyen d’assurer son existence au quotidien, dans un désastre que la Martinique n’avait jamais connu.


 

Si auparavant, l’économie sucrière avait fragilisé notre île, d’autres secteurs d’activités existants ou émergents avaient amorti le choc. Aujourd’hui, avec l’effondrement de l’économie ce sont des entreprises qui meurent et non plus seulement les artisans ou petits commerçants.

Le Tribunal de Commerce croule sous les dossiers en nombre et révèle la situation critique de l’économie martiniquaise, dans un marché étroit, avec un surcoût induit de la production locale qui trop souvent est en concurrence avec les produits importés moins chers, subissant des charges sociales et salariales lourdes, ne profitant pas suffisamment de conditions de développement par nos collectivités locales. De plus, pouvons-nous continuer à procéder au blocage de l’économie alors qu’il serait préférable de s’asseoir autour d’une table ?


 

Des entreprises (TPE, PME & autres) qui disparaissent, ce sont des familles entières qui sont en souffrance gagnées par le désarroi et l’amertume. Cette fin d’année devrait être vécue autrement que les précédentes et nous redoutons l’abandon, la fuite du département ou encore la réaction violente de personnes qui risquent de se retrouver sans perspective. Cela se ressent sur les étalages où les produits exposés ne sont pas en stock ou encore le nombre limité d’articles d’une même taille d’un modèle de vêtement, par exemple.


 

Au delà, des grèves et mobilisation pour défendre l’emploi, l’application des conventions collectives, les augmentations de salaires nous aurons à affronter la détresse des citoyens de base et autres.

Combien de travailleurs, de cadres et de chefs d’entreprises se retrouveront sans activité ? Combien de familles auront à revoir leur mode et niveau de vie avec l’espoir de pouvoir retrouver ceux qu’elles ont connus ?

Que pourront faire les organismes en charge de l’Emploi, du Social et de l’aide aux personnes en difficultés ?

DECLIC972 appelle néanmoins toutes ces personnes qui estimeront faire partie de ces catégories susnommées à redresser la tête, à procéder au « maré renw » du pays qui a permis à nos parents de se sortir de situations toutes aussi difficiles, mais qui avaient compris que l’avenir leur appartenait.

Ne pas abandonner permettra d’aller chercher au fond de nous-mêmes la quintessence nécessaire pour établir le monde solidaire et fraternel que chacun souhaite et peut-être, enfin, participer à l’établissement d’un relationnel nouveau entre les différentes couches de notre société martiniquaise.

Certes, ce ne sera pas un « rédi chèz bô tab » mais rappelons-nous qu’avant d’arriver à la table il a fallut planter, soigner, récolter et cuire ce que nous voulons y manger; (pour conserver l’image de l’expression bien de chez nous). Il y va de notre subsistance…


 

Bien évidemment, chacun, à quelque niveau que ce soit, aura à procéder au redémarrage de notre mode de vie commun. L’exemple du passé devrait nous interdire de recommencer à l’identique même si les spéculateurs ont recommencé, eux, à relancer l’économie artificielle et à en tirer profit.

Nos élus et décideurs, dont certains espèrent voir TOUS nos problèmes se régler dans un nouveau cadre auront à épuiser, par un activisme sans précédent, les outils des dispositifs franco-européens actuels afin de nous muscler pour l’établissement d’un mode de société plus proche de notre réalité caribéenne.

La formation de nos jeunes ne peut plus supporter un calque franco-européen mais moins encore l’application idéologique et/ou économique de groupes d’individus partisans. Les mêmes qui laissent nos établissements scolaires dans des situations écœurantes, des ateliers d’enseignement professionnel dangereusement utilisables et faire croire en même temps que « laprantisaj sé chimen tout’ métié ». Qui continue-t-on de tromper ? « an nou arété jwé ! »


 

De plus éclairés que nous (DECLIC972) indiquent des voies nouvelles de fonctionnement économique. Nos élus et décideurs feraient bien de les écouter et de les entendre.

Notre histoire qui ne devrait pas être un poids mais plutôt un atout, nous donne quelques pistes à suivre (l’histoire de la grand’ robe martiniquaise est révélatrice du génie de nos mères).

Combien de « cerveaux » du pays voudraient s’exprimer ou encore créer, sans trouver écho à leur excellence ?


 

C’est bien chaque martiniquais qui devra urgemment s’approprier son propre avenir en décidant ce qu’il doit faire pour lui et la société afin de créer des conditions qui nous fassent sortir, au quotidien, de la SITUATION CRITIQUE.


 

Fort de France, le 25 octobre 2009

DECLIC972

Le Président,

Jean-Georges VOISIN