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États généraux de l’outre-mer | Semaine du 15 au 21 juin 2009 | Synthèse n°13 par l’ACCD’OM

 

MARTINIQUE - Le PPM est arc-bouté sur l'autonomie « constitutionnelle », estime France-Antilles le 15 juin : Serge Letchimy propose qu'une première consultation soit faite rapidement sur une collectivité unique régie par l'article 73. Le lendemain, le quotidien s’interroge sur les « compétences possibles de la nouvelle collectivité », notamment : « La collectivité peut prendre des mesures favorisant l'accès aux emplois salariés du secteur privé au bénéfice des personnes justifiant d'une durée suffisante de résidence sur son territoire ou des personnes justifiant d'une durée suffisante de mariage, de concubinage, ou de pacte civil de solidarité avec ces dernières. A égalité de mérite, de telles mesures sont appliquées dans les mêmes conditions pour l'accès aux emplois de la fonction publique de la collectivité de Martinique et des communes. » Monique Carnier-Banny et Philippe Bouvier, correspondants de l’ACCD’OM, demandent dans une contribution (17 juin) la « mise en application sans délai d’un transport maritime et fluvial de personnes et de matériaux », expliquant notamment : « Les matériaux venant des carrières du nord de l'île seraient transportés par barges vers différents points de stockage où les transporteurs routiers viendraient s'approvisionner. Ainsi, Saint-Pierre retrouverait le calme et la sérénité indispensable à une ville d'art et d'histoire sans avoir à recourir à la construction d'une rocade très coûteuse. La mise en place de ce projet est un défi pour nos collectivités car il remet en cause un certain nombre de nos comportements, mais c'est à ce prix que la Martinique pourra retrouver sa caractéristique insulaire, sa joie de vivre et son attrait touristique. » Dans deux autres contributions, ils demandent également l’instauration d’un « revenu d’existence » et la création de « coopératives d'achat pour les produits de première nécessité ». Le même jour, France-Antilles revient une énième fois sur le débat entre articles 73 et 74, indiquant notamment que si les compétences éventuellement obtenues dans le cadre de l’article 74 portaient sur la libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux, les règles de la concurrence, le droit d'installation, le commerce extérieur, la Martinique devrait sortir de l'Union européenne et aurait le statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM). Les Antilles-Guyane, redoute cependant le quotidien, peuvent quitter « la prudence, la stabilité, politique, et institutionnelle des départements, pour endosser et subir le désordre politico institutionnel récurrent de la Polynésie française ». Le lendemain dans France-Antilles, Pierre Suedile, secrétaire général adjoint du RDM (Rassemblement démocratique martiniquais), appelle à « réformer les institutions car la dignité passe aussi par la responsabilité ». Lors du Congrès du 18 juin, réunissant les conseils généraux et régionaux de Martinique, Alfred Marie-Jeanne affirme que « pour remettre l’Homme et la Femme au coeur du développement, il nous faut avoir la main sur les outils phares que constituent la politique de l’éducation, la politique de l’emploi, la politique culturelle et sportive. De même, pour valoriser notre potentiel États généraux de l’outre-mer | Semaine du 15 au 21 juin 2009 | Synthèse n°13 par l’ACCD’OM naturel, nous devons avoir autorité sur les questions relatives au droit domanial et foncier, au droit minier, à la gestion du sol et du sous-sol martiniquais, à l’exploitation du domaine maritime et à la maîtrise de la zone économique exclusive. De même encore, pour mieux aménager durablement notre territoire, réclamons le droit de mettre en oeuvre une politique de transport, une politique énergétique, une politique environnementale en lien direct avec nos atouts. » Pour sa part, Claude Lise estime que « les élus ont pu largement expérimenter les limites des possibilités offertes par la réforme constitutionnelle de 2003, dans le cadre de son nouvel article 73. Certes, les assemblées locales peuvent demander, dans leurs domaines de compétences, des habilitations au Parlement pour procéder localement à des adaptations de textes législatifs ou réglementaires ou pour fixer elles-mêmes des règlements applicables sur notre territoire dans un nombre limité de matières. Mais la mise en oeuvre de ces habilitations passe par des procédures complexes et à l’issue toujours incertaines. Est-il besoin de rappeler, par exemple, que nous attendons depuis près d’un an et demi une réponse à une demande d’habilitation tendant à créer en Martinique un indispensable périmètre unique de transport terrestre et maritime ? » - Peut avant, Politiques publiques rapportait cette position du groupe des progressistes et démocrates : « Dans le 74, il n’y a aucune possibilité d’être habilité dans des domaines de compétences gérés par l’Etat (le social, le fiscal)… Sérieusement ! Comment pourrait-on conduire une politique du développement sans interventions dans ces domaines ? C’est irréaliste, et cela notamment dans le domaine du logement, de l’habitat de l’écologie, de l’urbanisme, de la santé… » - Le 13 juin, DomActu demande si les békés sont « les boucs émissaires des problèmes sociaux et identitaires de la Martinique » : un homme d’une quarantaine d’années, prendra la parole pour raconter comment une entreprise béké « avait refusé de lui céder un poste vacant de chef comptable alors qu’il était le plus ancien de la boîte.

L’entreprise préférera, par la suite, embaucher un chef comptable dans l’Hexagone » ; une jeune femme cadre supérieur, en revanche, expliquera que les békés lui ont « offert la chance de travailler en Martinique, tout en reconnaissant que la grande majorité des cadres sont blancs ». - Le slogan phare du mouvement social de février, « Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo », a servi de catalyseur au débat, rapporte France-Antilles le 15 juin, en précisant que l'interrogation qui se posait étant de savoir qui sont ce « nou » et ce « yo ». Fabrice, cadre, estimait ainsi : « Je suis viscéralement Martiniquais et fier de l'être. Je suis un descendant d'Africains réduits à l'état d'esclavage. Mais je ne suis pas un descendant d'esclaves, ça n'a aucun sens. Je ne suis pas non plus un métis. Je suis Martiniquais... Pour moi, un Martiniquais, c'est quelqu'un qui a de profondes attaches vis-à-vis de la Martinique, quel que soit son groupe ethnique, et qui participe au développement de ce pays ».

États généraux de l’outre-mer | Semaine du 15 au 21 juin 2009 | Synthèse n°13 par l’ACCD’OM

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