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MARTINIQUE - Le PPM est arc-bouté sur l'autonomie «
constitutionnelle », estime France-Antilles le 15 juin :
Serge Letchimy propose qu'une première consultation soit faite
rapidement sur une collectivité unique régie par l'article 73. Le
lendemain, le quotidien s’interroge sur les « compétences possibles
de la nouvelle collectivité », notamment : « La collectivité peut
prendre des mesures favorisant l'accès aux emplois salariés du secteur
privé au bénéfice des personnes justifiant d'une durée suffisante de
résidence sur son territoire ou des personnes justifiant d'une durée
suffisante de mariage, de concubinage, ou de pacte civil de solidarité
avec ces dernières. A égalité de mérite, de telles mesures sont
appliquées dans les mêmes conditions pour l'accès aux emplois de la
fonction publique de la collectivité de Martinique et des communes. »
Monique Carnier-Banny et Philippe Bouvier, correspondants de
l’ACCD’OM, demandent dans une contribution (17 juin) la « mise en
application sans délai d’un transport maritime et fluvial de personnes
et de matériaux », expliquant notamment : « Les matériaux venant
des carrières du nord de l'île seraient transportés par barges vers
différents points de stockage où les transporteurs routiers viendraient
s'approvisionner. Ainsi, Saint-Pierre retrouverait le calme et la sérénité indispensable à une ville d'art et d'histoire
sans avoir à recourir à la construction d'une rocade très coûteuse. La
mise en place de ce projet est un défi pour nos collectivités car il
remet en cause un certain nombre de nos comportements, mais c'est à ce
prix que la Martinique pourra retrouver sa caractéristique insulaire, sa
joie de vivre et son attrait touristique. » Dans deux autres
contributions, ils demandent également l’instauration d’un « revenu
d’existence »
et
la création de « coopératives
d'achat pour les produits de première nécessité ».
Le même jour, France-Antilles
revient une énième fois sur le débat entre
articles 73 et 74, indiquant notamment que si les compétences
éventuellement obtenues dans le cadre de l’article 74 portaient sur la
libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux, les
règles de la concurrence, le droit d'installation, le commerce
extérieur, la Martinique devrait sortir de l'Union européenne et aurait
le statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM). Les Antilles-Guyane,
redoute cependant le quotidien, peuvent quitter
« la prudence, la stabilité, politique,
et institutionnelle des départements, pour endosser et subir le désordre
politico institutionnel récurrent de la Polynésie française ».
Le lendemain dans France-Antilles,
Pierre Suedile, secrétaire général adjoint du RDM (Rassemblement
démocratique martiniquais), appelle à
« réformer les institutions car la
dignité passe aussi par la responsabilité ».
Lors du Congrès du 18 juin, réunissant les conseils généraux et
régionaux de Martinique, Alfred Marie-Jeanne affirme que
« pour remettre l’Homme et la Femme au
coeur du développement, il nous faut avoir la main sur les outils phares
que constituent la politique de l’éducation, la politique de l’emploi,
la politique culturelle et sportive. De même, pour valoriser notre
potentiel États généraux de l’outre-mer |
Semaine du 15 au 21 juin 2009 | Synthèse n°13 par l’ACCD’OM
naturel, nous devons avoir autorité sur
les questions relatives au droit domanial et foncier, au droit minier, à
la gestion du sol et du sous-sol martiniquais, à l’exploitation du
domaine maritime et à la maîtrise de la zone économique exclusive. De
même encore, pour mieux aménager durablement notre territoire, réclamons
le droit de mettre en oeuvre une politique de transport, une politique
énergétique, une politique environnementale en lien direct avec nos
atouts. » Pour sa part, Claude Lise
estime que « les élus ont pu
largement expérimenter les limites des possibilités offertes par la
réforme constitutionnelle de 2003, dans le cadre de son nouvel article
73. Certes, les assemblées locales peuvent demander, dans leurs domaines
de compétences, des habilitations au Parlement pour procéder localement
à des adaptations de textes législatifs ou réglementaires ou pour fixer
elles-mêmes des règlements applicables sur notre territoire dans un
nombre limité de matières. Mais la mise en oeuvre de ces habilitations
passe par des procédures complexes et à l’issue toujours incertaines.
Est-il besoin de rappeler, par exemple, que nous attendons depuis près
d’un an et demi une réponse à une demande d’habilitation tendant à créer
en Martinique un indispensable périmètre unique de transport terrestre
et maritime ? » - Peut avant,
Politiques publiques
rapportait cette position du groupe des progressistes
et démocrates : « Dans le 74, il
n’y a aucune possibilité d’être habilité dans des domaines de
compétences gérés par l’Etat (le social, le fiscal)… Sérieusement !
Comment pourrait-on conduire une politique du développement sans
interventions dans ces domaines ? C’est irréaliste, et cela notamment
dans le domaine du logement, de l’habitat de l’écologie, de l’urbanisme,
de la santé… » - Le 13 juin, DomActu
demande si les békés sont «
les boucs émissaires des problèmes sociaux et identitaires de la
Martinique » : un homme d’une quarantaine
d’années, prendra la parole pour raconter comment une entreprise béké
« avait refusé de lui céder un
poste vacant de chef comptable alors qu’il était le plus ancien de la
boîte.
L’entreprise préférera, par la suite, embaucher un chef comptable
dans l’Hexagone » ; une jeune femme cadre supérieur, en revanche,
expliquera que les békés lui ont « offert la chance de travailler en
Martinique, tout en reconnaissant que la grande majorité des cadres sont
blancs ». - Le slogan phare du mouvement social de février, «
Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo », a servi de catalyseur au
débat, rapporte France-Antilles le 15 juin, en précisant que
l'interrogation qui se posait étant de savoir qui sont ce « nou »
et ce « yo ». Fabrice, cadre, estimait ainsi : « Je suis
viscéralement Martiniquais et fier de l'être. Je suis un descendant
d'Africains réduits à l'état d'esclavage. Mais je ne suis pas un
descendant d'esclaves, ça n'a aucun sens. Je ne suis pas non plus un
métis. Je suis Martiniquais... Pour moi, un Martiniquais, c'est
quelqu'un qui a de profondes attaches vis-à-vis de la Martinique, quel
que soit son groupe ethnique, et qui participe au développement de ce
pays ».
États généraux de l’outre-mer | Semaine du 15 au 21 juin 2009 |
Synthèse n°13 par l’ACCD’OM |