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Dieudonné condamné à payer 75 000$ à Patrick Bruel

 par Christiane Desjardins
La Presse

Pour avoir tenu des propos injurieux contre Patrick Bruel en le traitant de «menteur» et de «militaire israélien» lors d'une émission des Francs-tireurs, à Télé-Québec, l'humoriste Dieudonné est condamné à payer 75 000 $ au chanteur-acteur.

Dieudonné n'a jamais répliqué à cette poursuite en diffamation intentée au Québec en 2007, et il n'a jamais mandaté d'avocat pour le représenter. Il a été condamné par défaut cette semaine par Me Danièle Besner, greffière spéciale de la Cour supérieure à Montréal. La requête visait essentiellement à obtenir des dommages moraux et exemplaires. Elle avait été déposée par Patrick Bruel Benguigui (de son nom véritable), contre Dieudonné M'Bala M'Bala (de son vrai nom aussi), et se chiffrait au départ à 175 000$. M. Bruel soulignait le «caractère répétitif» des agissements de Dieudonné ainsi que sa «mauvaise foi».

Me Besner a toutefois réduit les dommages étant donné que l'émission n'a été diffusée qu'une seule fois, le 29 novembre 2006, à Télé-Québec. S'étant découvert un «souci» juridique après la première diffusion, Zone 3, producteur de l'émission, avait en effet décidé de ne pas la rediffuser. Cela avait franchement déplu à l'animateur Richard Martineau, qui avait qualifié le producteur de «pleutre». L'extrait s'est cependant retrouvé sur YouTube, où il avait été visionné 57 615 fois au 8 juillet dernier. «C'est peu élevé, compte tenu du potentiel reconnu de YouTube», a noté Me Besner.

L'entretien de Richard Martineau avec Dieudonné avait été tourné en France. Au sujet de Bruel, Dieudonné avait déclaré: "Il soutient activement l'armée israélienne. C'est quasiment un militaire israélien. Donc quand on bombarde le Sud-Liban et qu'on tue des enfants palestiniens, lui, pour lui, c'est normal.»

Dieudonné avait poursuivi sur sa lancée en soutenant que Bruel «est un produit même de ce système politique ultrasioniste, c'est un supermilitant... il a le complexe de supériorité de certains Israéliens». Il avait ajouté que Bruel est un «menteur qui ment à son public depuis toujours». Il faut dire que, peu de temps auparavant, à l'émission Tout le monde en parle, à Radio Canada, Bruel s'était étonné de la tribune qu'on donnait à Dieudonné. De toute évidence, les deux ne s'aiment pas beaucoup.

En mains propres

Dans la foulée de cette déclaration, Bruel a intenté une poursuite.

«Il y a un choix clair des termes dans le but de choquer... Il est conscient du fait qu'il blesse M. Bruel et le choque par ses propos. Le défendeur utilise la notoriété de monsieur Bruel pour augmenter sa propre notoriété et c'est pourquoi il s'attaque également à l'image de monsieur Bruel en tant que vedette... Il a déjà tenu des propos antisémites dans le passé», avaient notamment fait valoir les avocats de M. Bruel dans leur demande.

Dieudonné ne s'est jamais défendu, mais des huissiers lui ont remis signification de l'action en mains propres, assure Me Catherine Mandeville, l'une des avocates qui représentaient M. Bruel dans cette affaire. Quelle est la portée d'un tel jugement, étant donné que Dieudonné réside en France? «Normalement, il y a une procédure relativement simple pour faire exécuter un jugement entre les pays qui ont des systèmes de justice semblables. On devrait être capable de faire exemplifier ce jugement-là en France», explique l'avocate.

Comme Patrick Bruel est en voyage, Me Mandeville n'avait pas encore réussi à le joindre pour l'aviser du jugement.

Spécialiste de la provocation, Dieudonné a déjà été condamné en France pour des propos jugés comme des incitations à la «haine raciale.»

28/02/09

 

L' arbre et la forêt.

A propos de quelques polémiques récentes

par Michel Giraud

 Fallait-il répondre à la « somme d'inepties » - comme les a nommées le philosophe guadeloupéen Jacky Dahomay dans la livraison du Monde datée du 1er décembre dernier - à laquelle se réduit le texte que l'écrivain martiniquais Raphaël Confiant a commis pour dire sa compréhension de la présence de l'humoriste Dieudonné à la récente fête « Bleu Blanc Rouge » du Front national? Oui, parce que jouer sur le double sens, objectif et dépréciatif, du mot « innommable » pour désigner « les Juifs » ne peut pas être pris pour une plaisanterie et, plus largement, parce que proférer des incitations à la haine raciale (dans le cas présent, contre « les Juifs » mais aussi contre « les Blancs ») ne doit pas être considéré comme l'expression d'une simple opinion que l'on pourrait discuter à l'instar de n'importe quelle autre conviction. De tels propos constituent tout simplement un délit, ils n'appellent donc qu'une condamnation absolue.

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Lettre à Jacky

  Cher Jacky, mon ami, mon frère…J’ose prendre d’emblée ce ton familier pour bien montrer que je ne m’adresse pas au membre du Haut Conseil à l’Intégration, mais à celui que je garde en mémoire, du temps où il s’appelait tout simplement « Jacky ». L’enfant de la Cour Charneau et de Les Mangles, avec qui j’ai partagé les années de jeunesse militante à l’AGEG, puis, de retour en Guadeloupe, à travers l’action populaire de la première moitié des années 1970… Je ne cherche pas à t’avoir à la nostalgie, non. Je tiens seulement à donner à mon propos le même point de départ que nous, qui sommes partis d’ici, il y a longtemps, pour faire tout ce chemin qui nous amène à aujourd’hui.

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Dieudonné

 "L'humoriste" réclame la grâce de Kémi Séba et voit Le Pen comme "le candidat des afro-européens, des africains, des gens d'outre-mer".

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L'affaire Confiant-Dieudonné   : une partie des pièces du dossier par ordre chronologique

 

Quatre constats

L'affaire Confiant, je l'espère, fera référence dans les débats à venir de notre pays. Elle a clairement révélé quatre points :

1°) LE débat en Martinique ne se fait pas par l'échange d'idées mais par l'échange d'invectives, d'insultes, par la mise en cause de "l'autre". Non pour ce qu'il dit, mais pour ce qu'il est. Il s'agit d'une forme de terrorisme intellectuel pour faire taire "l'autre";

2°) L'Université n'est pas le lieu de l'ouverture au monde et du débat d'idées comme elle devrait l'être. Certains la pensent comme un lieu d'exclusion, d'intolérance, de refus de l'altérité;

 

Le bal des sauterelles

Par Jacky Dahomay

   Tu ne peux pas savoir, mon cher Dédé, comment ton dernier texte, pourtant très injurieux et haineux à mon égard, m’a fait rire. Il peut sembler étrange de trouver un quelconque intérêt à une polémique, ouverte depuis l’ « affaire Confiant », qui se fait glauque et entretient en apparence un climat malsain et inquiétant dans le monde intellectuel antillais, particulièrement en Martinique. Mais nous ne choisissons pas les conditions historiques de l’émergence d’un débat et, compte tenu de l’histoire des Antilles et de celle son « espace public », il était inévitable que la polémique prît cette tournure très affligeante. Mais il n’y a pas d’accouchement sans douleur et il arrive souvent que le négatif travaille pour le positif selon la célèbre logique dialectique. Ainsi, quoi qu’on puisse en penser, plus rien ne sera comme avant dans la vie intellectuelle antillaise après l’affaire Confiant et nos interventions réciproques.

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Les « innommables » et la bataille pour une nouvelle liberté humaniste antillaise

par Yvon JOSEPH-HENRI

  Le débat qui s’est élevé en France et en Martinique a permis de révéler un certain nombre de comportements qui méritent qu’on s’y attarde.

Avant toute chose, il n’est dans le fond pas étonnant que certains comportements fascistes puissent s’exprimer même s’ils révulsent tous les humanistes, au premier rang desquels se trouve l’immense majorité des Martiniquais : nous sommes en démocratie et toute démocratie sécrète à sa marge des extrêmes de gauche et de droite, qui souvent, d’ailleurs, se rejoignent dans l’extrémisme.

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La pauvreté d'esprit parfaitement narrable de Monsieur Dahomay

par André Lucrèce

 Je tiens d’abord à mettre en garde les lecteurs. Utilisant un subterfuge d’appellation, M. Dahomay semble laisser croire aux lecteurs de sa diatribe parue sur Internet qu’on se connaît au point de s’appeler par des diminutifs. Or je tiens à préciser que je n’ai pour M. Dahomay ni sympathie, ni sentiment d’une quelconque proximité, encore moins de l’estime.

 

Une lettre de Jacky Dahomay

A mes détracteurs martiniquais.

Mes chers détracteurs,

Dans une déclaration circulant sur Internet, reprise dans la presse martiniquaise et intitulée « Les néocolonialistes  sévissant en Martinique ne nous feront pas taire », vous êtes un certain nombre d’intellectuels martiniquais, si je peux m’exprimer ainsi, dont entre autres Daniel Boukman et Gerry L’Etang, à faire clairement référence à moi comme à un « mercenaire, ‘intellectuel’ guadeloupéen, coutumier de basses œuvres ». Vous, les signataires de cet écrit, assurez Raphaël Confiant de votre solidarité à « l’occasion de cette campagne de diffamation dont il est victime ». Selon vous, ce serait une machination orchestrée par « des petits blancs des dernières colonies françaises » assumant une « caldochisation des esprits » et qui se seraient trouvé des « affidés » comme moi pour réaliser leur basse entreprise. Comme vous allez fort, les gars !

 

D’un silence embarrassé au mépris semi définitif

 par CLA

Un quarteron d’écervelés feignent la surprise et la consternation en découvrant que Dieudonné, le célèbre  pitre médiatique a éprouvé le besoin de se commettre en public avec le sinistre Le Pen  le représentant le plus authentique, le plus déterminé le plus dangereux de l’extrême droit française.

Un écrivain martiniquais non moins médiatique se croit obligé d’élucubrer pour faire savoir qu’il comprend Dieudonné qui, à son docte avis, serait   durement confronté à des problèmes existentiels liés à son métissage. Pour l’honneur de l’esprit public antillais, Jacky Dahomay,  dans Le monde daté du 1/12/ 2006 a dit ce qu’il fallait comme il le fallait des délirantes et  honteuses élucubrations de Confiant

 

Réponse à deux "psychanalystes"

par Daniel Boukman

Au silence (provisoire ?) du «quarteron des petits - blancs des dernières colonies françaises » a succédé la « motion ethnique » d’un conglomérat d’enseignants originaires de France, qui sévissent à l’Université des Antilles et de la Guyane... Et puis voilà (cf F-A du samedi 30 décembre 2006) que deux individus se disant « psychanalystes membres du Groupe Antillais de recherche d’Etude et de Formation Psychanalytique ( ??) » tentent de relancer la campagne visant à médiatiquement lyncher Raphaël Confiant.

« En être ou ne pas être de... ? En tant que quoi, que qui ? » telles sont les questions posées par ces dames revêtant la tenue de psychanalystes.

Faisant partie de ceux qui ont manifesté leur solidarité avec Confiant, je réponds que je suis de la mouvance de ceux et celles qui œuvrent pour que la Martinique, leur pays, accède à l’exercice de son droit à une souveraineté nationale lui permettant d’établir avec la France comme avec le reste du monde des relations plurielles de respect et d’intérêt mutuels.

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Quelques réflexions à la suite des articles parus autour des propos de Mr Raphaël Confiant

En être ou ne pas en être de… ?

En tant que quoi ? En tant que qui ?...

Poser la problématique identitaire en ces termes nous évoque l’article 1 du code noir qui requiert l’expulsion des juifs, leur désignation comme ennemis ? ainsi que les autres articles qui font des nègres des objets. Entre les hommes il n’y pas d’autre mesure que la parole. Parler est habiter son être.Que devient chacun de nous quand cette parole nous est refusée au nom d’une appartenance à une identité, pas seulement imaginaire mais unique. « Innommable » : terme hautement investi puisqu’il apparaît onze fois dans le texte de Mr Confiant et qui viendrait masquer au-delà de l’antisémitisme chez certains, bien réel hélas, le mythe de l’identité unique, celui-ci entraînant immédiatement l'exclusion  de ceux qui n'en sont pas, de là… .

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Nous sommes tous des juifs noirs

Par Emmanuel MAISTRE et Tristan MENDES-FRANCE et Michel TAUBE

 Il existe un moyen très simple de clouer le bec à tous les Dieudonné qui essaient de mettre en concurrence les porteurs de mémoires des génocides et autres crimes contre l’humanité. Il suffit de relire l’article 1 du code noir par lequel, en 1685, Louis XIV instaura l’esclavage dans le royaume de France : «Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire […] soit exécuté dans nos îles ; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois[…], à peine de confiscation de corps et de biens.»

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Comme on se retrouve !

Dieudonné chez Le Pen : quand la passion judéophobe l'emporte sur toutes les autres
  Les détracteurs les plus acharnés de Dieudonné et du dieudonnisme n'auraient même pas osé rêver confirmation aussi éclatante de la dérive d'un humoriste qui ne fait plus rire personne. Sa visite soigneusement préparée, samedi 11 novembre, à la fête Bleu-Blanc-Rouge - on dit maintenant BBR - du Front national au Bourget, sa brève rencontre, nullement fortuite, avec Jean-Marie Le Pen au croisement de deux allées, venant après son soutien à Bruno Gollnisch poursuivi pour négationnisme, devraient ouvrir les yeux aux plus incrédules. Quand deux passions contraires viennent à cohabiter chez un individu, il faut qu'à la fin l'une d'entre elles l'emporte, comme les gènes dominants l'emportent sur les gènes récessifs.... Lire la suite

 

Dieudonné à la fête du FN : une visite pas si mystérieuse . Il y a une semaine, le fantaisiste se rendait à la Fête bleu, blanc, rouge. Le FN se déclarait surpris. Pourtant, leurs connexions sont nombreuses, par Christophe Forcari. , Tout le monde l'a vu, certains l'ont reçu sur leur stand. Mais officiellement, aucun des responsables frontistes n'était au courant de la venue du fantaisiste Dieudonné, samedi 11 novembre, à la convention présidentielle bleu, blanc, rouge de Jean-Marie Le Pen au Bourget. Une «visite spontanée», assure Dieudonné, venu «en homme libre». Il est pourtant difficile de croire que le pourfendeur de Marie-France Stirbois à Dreux en 1997, condamné en mars 2006 en première instance pour avoir déclaré que les juifs «étaient tous des négriers reconvertis dans la banque», ait pu s'inviter au BBR sans s'être assuré auparavant qu'il pourrait effectivement rentrer de manière courtoise. Ou se faire complaisamment photographier à sa sortie du Parc des expositions du Bourget en bonne place au milieu d'une escouade de DPS, les gros bras du FN, hilares.
 
Dieudonné : Enquête sur un antisémite . Dieudonné est donc le diable, il doit être content. Il y a une jouissance de la chute chez ce comique, désormais incarnation du «nouvel antisémitisme», lâché par ses amis, conspué par la totalité de la presse et du monde politique. Un acharnement à dévoyer son talent, comme s'il fallait prouver l'existence de l'ennemi par son propre martyre. «Si Dieudonné est exécuté, c'est bien que les juifs sont intouchables», suggère un ancien compagnon de l'artiste, pas encore échaudé. La transgression a bon goût: des mots hideux que l'on se met en bouche, que l'on prend plaisir à proférer, à suggérer, à instiller. Lobby, puissance occulte, pouvoir juif. Les juifs contre les Noirs. Auschwitz contre l'esclavage.
 

Voici une petite partie des réactions suscitées par le texte de R. Confiant. Des dizaines de courriers à la suite des propos sur les "Innommables"

Lettre ouverte à un vieux frère et ami, par Marius Gottin Pendant longtemps je me suis dit que ma petite voix ne servirait à pas grand chose dans ce que l'on présente comme un débat fondamental, important certes, mais fondamental, allons bon! D'autant que de si belles plumes s'étaient déjà exprimées, disant pratiquement tout et son contraire, selon le bord que l'on a choisi... Je ne partage pas (tu t'en serais douté) ni votre soutien ni vos arguments concernant un écrivain dont je persiste à croire qu'il persiste à montrer, fondamentalement, dans la vraie vie, la face sombre, oukaziste et anti démocratique ayatollesque des êtres si séduisants et rieurs qu'ils nous laisse entrevoir dans sa littérature, en plus d'être assez manipulateur pour faire croire à qui veut bien le lire, qu'il ne veut pas dire ce qu'il a dit, voire même ce qu'il n'a pas dit.... ou écrit.

 

Raphaël Confiant et le nom nié par Jeanne Wiltord psychiatre et psychanalyste. Raphaël Confiant est un écrivain martiniquais au succès incontestable. A la suite de la visite de l'humoriste Dieudonné à la fête de Front national, un texte intitulé «La faute (pardonnable) de Dieudonné» a circulé sous sa signature sur l'Internet, dans lequel il se défend d'y «faire de la psychanalyse sauvage». Ce texte me paraît être un exemple remarquable de la distorsion du langage qui structure certaines subjectivités et de la gravité des dérives racistes auxquelles elle peut conduire. Il rejoint les propos d'un militant FN qui justifiait son adhésion au discours du dirigeant de ce parti parce que, disait-il, «avec lui c'est la peau qui pense»... 
Le problème avec Confiant par Pierre Assouline   Depuis une dizaine de jours, je reçois d’Afrique et des Antilles des courriels mettant à nouveau en cause l’ écrivain martiniquais Raphaël Confiant pour un dérapage raciste. “A nouveau” car il avait déjà dit sa détestation des Africains il y a quelques mois sous prétexte de dénoncer violemment un reportage de Serge Bilé en marge de la coupe du monde de football, et il ne perd pas une occasion de pointer ce qu’il croit être la malfaisance des Juifs. Le dossier que tous ces courriels me transmettaient en pièce jointe me paraissant tellement effarant, et l’internet étant le lieu de toutes les fausses rumeurs, manœuvres d’intoxication et règlements de compte anonymes, je voulais d’abord vérifier ce qu’il en était auprès de l’incriminé. En vain puisque son dernier texte controversé La faute (pardonnable) de Dieudonné ne renvoyait à aucun site. Il n’avait permis à personne de le reproduire. Le pamphlet faisait le tour des Antilles exclusivement par la voie du courrier électronique. Patrice Louis, correspondant du Monde à Fort-de-France, a pu, lui, vérifier sur place. Et confirmer.

 

L’IMPUDEUR par André Lucrèce . Je suis comme Raphaël CONFIANT. Je n’aime pas qu’on s’en prenne à mon peuple. Nourri à l’humanisme de mon grand-père, l’historien Jules LUCRECE, et aux valeurs morales transmises par mon père, toute injustice, contre une personne ou contre quelque peuple que ce soit, blesse ma conscience et me projette comme frère de cette personne ou de ce peuple. Or, disons-le tout net, le lynchage médiatique que subit depuis quelques temps l’écrivain Raphaël CONFIANT est injuste et inacceptable. Et cette lapidation fait, pour moi, de lui un frère.

Patriotisme, université et développement de nos pays par Jean Bernabé . La genèse de notre université nous fait obligation d'approfondir la notion de "race" et son corrélat, le racisme, héritage de l'esclavage et de la colonisation, véritable dissolvant de l'unité que suppose le patriotisme que j'appelle de mes voeux. Qu'on en juge : aux Antilles, quand un individu en insulte un autre, si les deux protagonistes sont de la même "race" (on notera les guillemets dont j'assortis ce mot), on impute son comportement à de la grossièreté. Quand un Blanc insulte un Noir, on le taxe de raciste. Quand enfin un Blanc se fait insulter par un Noir, on parle de xénophobie, variante cosmétique et rhétorique de l'imputation de racisme. Si la scène se passe en France, depuis peu, on n'hésite plus à désigner la montée d'un "racisme noir", au terme d'un jugement qui renverse les données historiques en faisant de la victime traditionnelle un bourreau. Stratégie subtile et innovante, dont je n'analyserai pas plus avant la perversité.

 

Raphaël Confiant et les "Innommables" par Patrice Louis, correspondant du journal Le Monde à Fort-de-France . L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant a décidé d'apporter son appui à l'humoriste Dieudonné. Il ne s'agit pas d'une simple déclaration, mais d'un texte qui circule sur Internet*. Et la polémique grandit très vite aux Antilles. S'agit-il d'un soutien mûrement réfléchi ? D'un dérapage du romancier à succès ?

 

Y a-t-il un antisémitisme nègre ?  La réponse de Raphaël  Confiant. Il y a quelques années de cela, des milliers de Martiniquais s’étaient mobilisés afin d’occuper l’aéroport international du Lamentin, le seul de l’île, afin de s’opposer à l’atterrissage de l’avion d’Air France qui transportait un passager qui n’était pas le bienvenu : Jean-Marie Le Pen. Après 8h de vol à travers l’Atlantique, cet avion fut contraint de rebrousser chemin après une brève escale technique en Guadeloupe. Il y a quelques mois de cela, des milliers de Martiniquais se sont à nouveau mobilisés devant le Palais de Justice de Fort-de-France pour soutenir Dieudonné qui avait été agressé aux abords de son hôtel par deux jeunes Israélites. L’humoriste était, en effet, venu donner un spectacle dans l’île. Aujourd’hui, la télévision nous renvoie l’image de Le Pen, Bruno Golnish et Dieudonné hilares, se serrant les pinces dans les allées de la fête « Bleu-Blanc-Rouge » du Front National.

 

L'innommable Raphaël Confiant ? L'intégralité du texte de Jacky Dahomay dont Le Monde publie des extraits dans son édition du vendredi 1er décembre datée samedi 2 décembre.
L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant est-il un théoricien de la "créolité", un critique comme Edouard Glissant des théories simplistes de l'identité "racine", ou, au contraire, un néo-nationaliste antillais concevant l'identité de façon substantialiste avec tout ce que cela implique d'exclusion et de haine de l'autre ? Serait-il le prêtre d'une nouvelle judéophobie noire ? On ne peut le dire, mais il est difficile de nommer son texte La Faute (pardonnable) de Dieudonné, qu'il fait circuler sur Internet et qui suscite un émoi certain aux Antilles.

 

Ni Dieudonné ni maître  par Pierre Pinalie Décidément, il est préférable d’attendre patiemment d’avoir des preuves plutôt que de se lancer nerveusement dans des pamphlets dénonciateurs. En ce qui concerne l’individu Dieudonné, la récente accolade entre le lieutenant tortionnaire de la guerre d’Algérie et le triste amuseur parrain d’une petite maffia antisémite est la démonstration qu’on pouvait attendre du parallélisme raciste entre le vieux blanc breton et le jeune noir métis. Et la chose n’a rien de surprenant pour ceux qui ont vu très tôt un escroc méchant dans la personne de l’artiste raté fils de l’Afrique mythique et d’une mère désespérément blanche. ...

Les innommables par Pierre Pinalie . Il est assez désespérant d’assister, de la part d’un écrivain martiniquais, au soutien de Dieudonné dans son comportement raciste et dans son rapprochement avec un individu qui éditait, dans le passé, des chants nazis et qui s’est, un jour, livré à une sinistre plaisanterie sur le patronyme d’un homme politique, en l’appelant « Durafour…crématoire ». Il est également très significatif de voir des membres d’un parti d’extrême-droite nier des faits historiquement prouvés et contester le chiffre des victimes des camps de concentration. Par ailleurs, aucune loi n’interdit de prononcer ou d’écrire le mot « juif », et il est assez abject d’employer l’adjectif « innommables » pour désigner les membres de cette communauté ! En effet, si le premier sens du mot convient pour ce qui ne peut pas être nommé, l’usage habituel correspond à ce qui est trop bas ou trop vil pour être prononcé. IL faut donc être vraiment bas et honteusement vil pour jouer sur les mots en utilisant « innommables » à propos des Juifs.

 

Citer Fanon sans l'avoir compris par Pascal Vaillant  Réagissant à une tribune de Pierre Pinalie sur les accointances de Dieudonné et de Jean-Marie Le Pen, Raphaël Confiant a diffusé récemment un pamphlet en « réponse » à son ancien camarade, intitulé « La faute (pardonnable) de Dieudonné »*. Ce pamphlet n'a circulé jusqu'ici que par courrier électronique, mais par le jeu des clics et des double-clics, toute la Martinique a eu vite fait d'être au courant (l'auteur s'est d'ailleurs assagi : ayant compris le fonctionnement de ce mode de diffusion de l'information, il a perdu quelques vieilles mauvaises habitudes - par exemple, il se contente de traiter les gens de racistes ; il ne les traite plus de pédophiles, ça coûte trop cher).

 

L'humoriste Dieudonné a été condamné pour diffamation mardi par le tribunal correctionnel de Paris à 3.000 euros d'amende pour avoir diffamé l'animateur de télévision Arthur dont il avait déclaré qu'il finançait l'armée israélienne "qui n'hésite pas à tuer des enfants palestiniens". La 17e chambre du tribunal, présidée par Nicolas Bonnal, a également condamné l'humoriste à payer à Arthur 1.500 euros de dommages-intérêts et 3.000 euros au titre des frais de justice..

«Vanvini, vanmennen » par Pierre Pinalie Ces deux mots semblent avoir pour traduction, en français : « étranger ». Il s’agit, en effet, de celui que le vent a amené dans un pays où la majorité des ancêtres a été, elle aussi, amenée par le vent à l’époque criminelle de la Traite. Aujourd’hui, le bateau a été remplacé par l’avion, et sur ce dernier, le siège assez coûteux est libre à la vente dans les deux sens, soit vers la Martinique, soit vers l’hexagone français, plate-forme coloniale aux yeux de certains...« Rentre chez toi ! »Et dans la période où la violence politique sarkozienne cherche à rejeter par charters entiers tous les immigrés arrivés en France, clandestinement et même légalement, il est parfaitement normal et louable d’essayer de défendre et de protéger ceux qui résident et travaillent en Martinique, et qui sont venus de l’extérieur. Mais c’est là que se pose le problème de savoir quels sont les « vanvini » dans l’ensemble martiniquais. ..  Lire la suite

 

La couleur du racisme .  Il m’a été reproché d’avoir oublié, dans mes papiers antiracistes, l’abominable Georges Frêche, et de n’avoir pas condamné assez durement les individus qui ont attaqué Dieudonné sur un parking. Il m’a même été dit que c’est subconsciemment que j’avais omis de porter cette condamnation. En un mot, c’est tout jute si l’on ne m’a pas dit que je ne condamnais pas les blancs racistes, et c’est là que se dissimule l’erreur, l’oubli, le contresens, voire la condamnation sur mes propos. En effet, il serait utile de rappeler que dans un numéro d’Antilla daté d’avant la venue de Le Pen en Martinique, j’avais écrit un texte condamnant Le Pen et demandant qu’on ne le reçoive pas en Martinique.par Pierre Pinalie

 

Haro sur le Dahomay ! Ou comment l’orthodoxie pseudo-révolutionnaire veut en finir avec le débat en Guadeloupe . Certains échotiers véhiculent dans leurs articles une vision bien navrante du débat politique et social en Guadeloupe. Ils tirent jouissance de l’attribution de bons et de mauvais points aux uns et aux autres au nom d’une légitimité militante autoproclamée. Là ou on attend des contributions au débat, on assène des certitudes. D’autres lancent des attaques glauques sous le prudent couvert de l’anonymat, alors qu’eux attaquent les gens nommément. Est-ce une façon de les jeter en pâture à la vindicte des «vrais Guadeloupéens»? On sait dans quelle tradition s’inscrit ce genre d’attaque.

 

Lettre ouverte de Jacky  Dahomay à Michel  Rovelas Directeur du journal Le Motphrasé. Dans son numéro du 3 octobre 2006, votre journal, Le Motphrasé, publie un article intitulé « Colonisation positive au Lycée de Baimbridge » qui s’en prend à un de nos collègues, professeur d’histoire, clairement désigné par ses initiales. Le tort de celui-ci, paraît-il, serait d’avoir vanté dans ses classes les mérites de la colonisation. Permettez-moi de vous dire, d’entrée de jeu, que cet article a provoqué la stupeur et l’indignation de notre communauté scolaire, car le procédé utilisé par vos journalistes relève de la plus grande des bassesses.

Dieudonné à la fête du FN : une visite pas si mystérieuse . Il y a une semaine, le fantaisiste se rendait à la Fête bleu, blanc, rouge. Le FN se déclarait surpris. Pourtant, leurs connexions sont nombreuses, par Christophe Forcari. , Tout le monde l'a vu, certains l'ont reçu sur leur stand. Mais officiellement, aucun des responsables frontistes n'était au courant de la venue du fantaisiste Dieudonné, samedi 11 novembre, à la convention présidentielle bleu, blanc, rouge de Jean-Marie Le Pen au Bourget. Une «visite spontanée», assure Dieudonné, venu «en homme libre». Il est pourtant difficile de croire que le pourfendeur de Marie-France Stirbois à Dreux en 1997, condamné en mars 2006 en première instance pour avoir déclaré que les juifs «étaient tous des négriers reconvertis dans la banque», ait pu s'inviter au BBR sans s'être assuré auparavant qu'il pourrait effectivement rentrer de manière courtoise. Ou se faire complaisamment photographier à sa sortie du Parc des expositions du Bourget en bonne place au milieu d'une escouade de DPS, les gros bras du FN, hilares.
 

HOMOPHOBIE EN MARTINIQUE  Charles-Henri Michaux estime «intolérables» et «regrettables» les chansons homophobes interprétées lors du Festival culturel de Fort-de-France.
- An Nou Allé et SOS homophobie demandent une politique de lutte contre l'homophobie à Fort-de-France.

Rivière-Salée, le vendredi 3 novembre 2006. Le 12 juillet dernier, lors du XXXVème Festival culturel de Fort-de-France, des «artistes» comme D. Pleen, Straika et Lieutenant avaient interprété des chansons au contenu explicitement homophobe : «Je bute les pédés», «Brûlez les pédés», «Saignez les pédés», «On a rien à attendre de l'Europe, y'a que des homos là-bas»... Le 7 août, An Nou Allé saisissait Charles-Henri Michaux (président de la commission Culture de la ville de Fort-de-France et président du conseil d'exploitation du SERMAC, service municipal d'action culturelle de Fort-de-France), ainsi que Lydie Bétis (directrice du SERMAC).
Communiqué de presse n°ANA2006/35

 

ASSOCIATION EQUINOXE. Réseau d’ Entraide et de Solidarité des Familles et Amis d’Usagers en Santé Mentale. Tel : 0696 44 99 22 // 0596 70 96 32 // 0696 27 01 29. 1% de la population mondiale souffriraient de pathologies identifiées par le corps médical comme des psychoses graves,  soit  4000 personnes à la Martinique. Lire le communiqué

«Vanvini, vanmennen » par Pierre Pinalie Ces deux mots semblent avoir pour traduction, en français : « étranger ». Il s’agit, en effet, de celui que le vent a amené dans un pays où la majorité des ancêtres a été, elle aussi, amenée par le vent à l’époque criminelle de la Traite. Aujourd’hui, le bateau a été remplacé par l’avion, et sur ce dernier, le siège assez coûteux est libre à la vente dans les deux sens, soit vers la Martinique, soit vers l’hexagone français, plate-forme coloniale aux yeux de certains...« Rentre chez toi ! »Et dans la période où la violence politique sarkozienne cherche à rejeter par charters entiers tous les immigrés arrivés en France, clandestinement et même légalement, il est parfaitement normal et louable d’essayer de défendre et de protéger ceux qui résident et travaillent en Martinique, et qui sont venus de l’extérieur. Mais c’est là que se pose le problème de savoir quels sont les « vanvini » dans l’ensemble martiniquais. ..  Lire la suite

 

Une petite musique de mort, par Georges Bensoussan . Aux jeunes d'aujourd'hui, le conflit du Proche-Orient paraît éternel. Il leur semble qu'avant 1967 (bientôt quarante ans...), la paix régnait dans la région jusqu'à ce que la guerre de six jours (juin 1967) vienne y mettre un terme en détruisant au passage l'Etat palestinien qu'ils imaginent établi en Cisjordanie et à Gaza. Ce brouet d'ignorance nourrit une doxa qui a fait de ce conflit le coeur du monde, à l'instar des prophéties apocalyptiques qui, jadis, situaient à Jérusalem la rédemption de l'humanité.
 
 
Chronologie d'une bouffée délirante . par Roland Sabra Comment à partir de trois fois rien, un article factuel, se monte un épisode délirant donnant lieu à une rationalisation a posteriori, d'autant plus efficace qu'elle se trouve renforcée du branchement d'autres machines paranoïaques ( au sens de l'Anti-Oedipe), ou comment la haine de la pensée et sa passion qui nous travaille se logent chez les intellectuels avec une prédilection toute particulière, dans le domaine politique et/ou sexuel.
 
Le nationalisme communautaire rampant par Serge Harpin . La production et la diffusion des idées, certes essentielles, ne suffisent pas, je l’ai toujours pensé, pour définir la fonction intellectuelle. Il faut nécessairement y ajouter une autre dimension primordiale dans l’ordre des valeurs, à savoir la responsabilité morale par rapport aux idées produites et diffusées ; autrement dit, c’est un impératif catégorique que de se préoccuper des conduites que ces idées peuvent induire et par conséquent des valeurs qu’elles véhiculent dans leur contenu comme dans leur finalité.