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"Quand les femmes s'aiment
les hommes ne récoltent pas"
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Pour les femmes, 2012 démarre en marche arrière
 Par ANNETTE LÉVY-WILLARD journaliste à «Libération»
Absentes
des listes UMP pour les prochaines législatives
à
Paris,
cantonnées
à
l'arrière
des bus israéliens
ou encore oubliées
dans les projets de Constitution libyenne... le sort des femmes revient au cœur de l'actualité.
L'année 2012 démarre en se trompant de vitesse : elle passe la marche arrière. Un détail simplement énervant pour les femmes occidentales, plus dramatique pour les autres.
Je me réveille jeudi en entendant un ponte UMP souffler dans mes oreilles - à la radio dois-je préciser - que son parti n'a investi que des hommes, dont lui-même, dit-il avec satisfaction, dans les circonscriptions gagnables pour la droite à Paris, virant les femmes en place : «non investies» en langage politique hypocrite. Mais, ajoute-t-il, cynique, ces courageuses pourront aller au casse-pipe (!) dans les circonscriptions sans espoir. Les lecteurs et lectrices de mon journal ne vont pas pleurer pour quelques élues de droite qui se font doubler violemment par leurs camarades de parti, mais ils devraient repérer le symptôme «air du temps». Celui que je trouve énervant dans la foulée des vœux optimistes pour une formidable année 2012.
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Pourquoi
les femmes simulent-elles l'orgasme ?

Par Charlotte Chaffanjon
Les
femmes simulent, ce n'est pas nouveau. En revanche, aucune étude sérieuse n'expliquait réellement
pourquoi ces dames feignent de prendre du plaisir avec leur homme. C'est désormais chose faite : des scientifiques des universités
américaines
de Columbia et d'Oakland se sont penchés sur la question et lèvent le voile sur les raisons qui poussent les femmes à agir de la sorte. Résultat : 60 % des femmes qui reconnaissent simuler l'orgasme le font pour retenir leur compagnon.
Selon les conclusions des chercheurs, publiées dans Archives of Sexual Behavior, les femmes qui truquent le plus leurs orgasmes sont celles qui craignent que leur compagnon soit infidèle. Weeks-Shackelford,
de
l'Université
d'Oakland, a dirigé l'étude à laquelle ont participé 453 femmes, dont l'âge moyen était de 22 ans et qui vivaient en couple depuis au moins 33 mois. Premier constat : ces dames jouent beaucoup plus la comédie que leurs hommes. En effet, entre 50 et 60 % confient avoir déjà
menti pendant un rapport sexuel, alors que seuls 18 % des mâles reconnaissent avoir déjà
feint un orgasme, selon l'unique étude menée à son terme sur les hommes, publiée dans le Journal of Sexual Research. Pieux mensonge
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Les droits des femmes sont
remis en cause par des forces conservatrices en Europe

Depuis quelques mois en Europe, de nombreux pays
prennent des initiatives portant atteinte aux droits sexuels
et plus particulièrement au droit à l'avortement. La crise
mondiale et ses plans d'austérité sont les prétextes qui,
sous couvert de dérisoires économies, permettent de
légitimer les discours des forces les plus conservatrices
d'Europe et remettent en cause ses droits et par là même les
droits des femmes.
Toutes les instances internationales l'ont pourtant affirmé,
le développement des populations y compris économique passe
par des politiques d'égalité femmes/hommes, l'accès à
l'éducation des filles, la planification familiale et par un
accès facilité et sûr à la contraception et à l'avortement.
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Non au
procès du féminisme !
 
par
Clémentine Autain, et Audrey Pulvar,
Nous avons dit et redit ne pas savoir ce qu'il s'est
réellement passé dans la chambre
2806 à New York, puis le début
de l'"affaire". Nous nous sommes
engagées dans le procès du viol
et de la tolérance sociale qui
l'entoure, et certainement pas
dans celui d'un homme, Dominique
Strauss-Kahn. Aujourd'hui, nous
ne savons toujours pas ce qu'il
s'est passé, et nous avons été
très étonnées des manifestations
de soulagement et de soutien
sans nuances exprimées dans la
journée de vendredi 1er juillet,
avant même la tenue de
l'audience.
Dans ce type de crimes et
délits, c'est souvent parole
contre parole : la preuve du
non-consentement est très
difficile à établir. C'est l'une
des raisons pour lesquelles la
majorité des femmes victimes de
viol ne portent pas plainte. En
France, seule une sur dix ose
franchir la porte du
commissariat. Libérer leur
parole est un enjeu vital pour
l'émancipation des femmes.
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«Féminisme
à la française»

Par JOAN W. SCOTT
Dans les
débats qu’a ouverts l’affaire
DSK, celles et ceux qui ont
pris le parti de ce dernier
ont insisté (une fois de plus)
sur le fait que les Américains
confondaient les charmes de
la séduction et la violence
du viol. Bernard-Henri Lévy,
par exemple, a dit de Dominique
Strauss-Kahn qu’il était «un
séducteur, un charmeur», pas
un «violeur». Parmi les spéculations
sur le déroulement exact des
faits eux-mêmes, le doute a
été jeté sur la véracité du
témoignage de la femme qui s’est
déclarée être la victime:
l’a-t-on payée pour qu’elle
porte plainte?
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Le machisme ordinaire à l’Assemblée
nationale

Par
Nathalie Segaunes
C’est un député UMP des Yvelines qui, mardi dernier, avant l’audition de Claude
Guéant par la commission des Affaires européennes, avise une collègue PS en
tailleur-pantalon et petit haut, et lance : « Habillée comme ça, faut pas
s’étonner de se faire violer! » C’est le président d’une importante commission
de l’Assemblée qui ne décolère pas à l’idée que Christine Lagarde, une femme,
soit nommée à la tête du Fonds monétaire international (FMI), et qui pratique
une inégalité de traitement systématique et notoire selon qu’il donne la parole
à un homme ou une femme. C’est une élue UMP de la région parisienne qui répugne
à s’asseoir à sa place habituelle lorsque son voisin est là, sûre de s’entendre
demander, si elle part prématurément : « Avec qui tu vas tirer un coup? » ou de
s’entendre répondre, lorsqu’elle demande tel document, « Je te le donne si tu b…
avec moi! » C’est la ministre des Sports, Chantal Jouanno, qui ne peut, de son
propre aveu, porter une jupe dans l’hémicycle sans entendre dans son dos des
remarques salaces.
Ainsi se porte, plutôt pas mal, le machisme ordinaire à l’Assemblée nationale.
Il est davantage le fait des obscurs, des sans-grade que des leaders, à en
croire le témoignage des élues. Il est surtout plus insidieux que ne le
racontent ces anecdotes. « A l’Assemblée règne une forme de paternalisme,
d’infantilisation des femmes que je n’avais jamais rencontrée auparavant,
souligne ainsi Sandrine Mazetier, députée PS de Paris. C’est une manière de ne
pas prendre en compte la parole des femmes, de nier votre travail ou votre rôle.
»
Françoise de Panafieu, députée UMP de Paris, ex-secrétaire d’Etat, est la fille
d’Hélène Missoffe, qui fut députée et secrétaire d’Etat de Valéry Giscard
d’Estaing. « Depuis ma mère, assure-t-elle, la place des femmes en politique n’a
pas bougé. » « Ce qui me frappe le plus, ce sont les estrades, raconte Panafieu.
Lorsque le président nous reçoit à l’Elysée, il y a six hommes sur l’estrade. En
réunion de groupe à l’Assemblée le mardi matin, ils sont six hommes à la
tribune. Au bureau politique de l’UMP, on compte sept hommes et, en bout de
table, une femme, Michèle Alliot-Marie… »
« Dès qu’il n’y a que des hommes entre eux, il y a du machisme », observe
Valérie Rosso-Debord, députée UMP de Meurthe-et-Moselle. « L’affaire DSK va
libérer la parole des femmes et va changer beaucoup de choses, veut croire
Chantal Brunel, rapporteur général de l’Observatoire de la parité. Cette affaire
fera plus pour le féminisme que tous les textes de loi. » A voir.
Le Parisien
le 30.05.2011 |
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Féminisme
à la française : la parole est
à la défense

Par Claude Habib Paris-III,
Mona Ozouf CNRS, Philippe Raynaud
Paris-II et Irène Théry EHESS
L’enquête,
donc, est finie, la justice
américaine peut partir en vacances,
le feuilleton Strauss-Kahn est
clos. Joan Scott, professeur
au prestigieux Institute for
Advanced Studies à Princeton,
vient de nommer le crime et
d’identifier les coupables.
Le crime ? La complaisance que
montrent les Françaises à la
séduction, donc aux manifestations
les plus inqualifiables de la
brutalité masculine. Les coupables
? Trois intellectuelles suspectes
d’entente avec le sexe ennemi,
qui a du reste délégué un représentant
parmi les accusés.
Dénoncer est aisé. Encore faut-il
argumenter, et c’est là que
tout se gâte. Commençons par
le cas le plus éclatant, celui
d’Irène Théry. Dans la petite
troupe des coupables, elle est
la seule qui ait choisi de s’engager
dans le débat public suscité
par l’affaire DSK. Dans une
tribune intitulée «La Femme
de chambre et le financier»
(le Monde du 23 mai), elle a
distingué ceux qui, pour défendre
Strauss-Kahn, n’ont pas hésité
à «proférer des insanités d’un
autre âge» et ceux qu’elle nomme
les «défenseurs sincères de
la présomption d’innocence».
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La réponse
de Joan Scott

Par JOAN W. SCOTT Historienne
Je
suis accusée par Claude Habib
et ses collègues d’être sourde,
sotte et aveugle, incapable
de comprendre la prose élégante
qu’ils commettent pour assurer
la défense de ce qu’ils appellent
le «féminisme à la française».
Le dessin qui accompagne leur
texte souligne la nature de
leur propos : une femme lit
un livre qu’elle tient à l’envers
tout en écrivant «bullshit»
avec ses pieds (pour ceux qui
l’ignoreraient, bullshit se
traduit en Français par «conneries»
ou, plus gracieusement, par
«foutaises»). Un bon exemple
de l’insulte usurpant la place
habituellement réservée aux
affrontements intellectuels
sérieux. Or la critique que
je fais de leur travail repose
non pas sur une lecture erronée
ou une déformation de leurs
écrits, mais sur un désaccord
philosophique profond.
D’abord, et c’est le plus important,
j’avance que les signataires
de ce billet ne peuvent prétendre
s’exprimer au nom d’un féminisme
français unifié. Il est faux,
au plan historique, de prétendre
que le féminisme a une identité
nationale. Il n’y a pas de féminisme
à la française. En France, comme
ailleurs, le féminisme a toujours
été pluriel et traversé par
de vigoureux débats.
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Féminisme
à la française ou néoconservatisme

Par DIDIER ERIBON Professeur
à l’université d’Amiens
Il nous faut remercier Joan
Scott pour son retentissant
article, paru dans Libération
le 9 juin. L’écho qu’il a rencontré
et la fureur qu’il a déclenchée
chez ceux et celles qu’il visait
suffisent à montrer que la célèbre
historienne américaine a soulevé
un problème aussi sensible qu’important.
Car elle ne se contente pas
de rappeler à nos mémoires quelques
discours isolés, dont le caractère
incongru provoque le fou rire
ou, plutôt, dans le contexte
actuel, le dégoût. Elle nous
invite à reconstituer la cohérence
d’une entreprise idéologique
qui a marqué de son emprise
toute une séquence de la vie
intellectuelle française et
qu’on peut sans exagération
décrire comme une révolution
conservatrice, un spectaculaire
déplacement vers la droite de
la pensée politique au cours
des années 1980 et 1990.
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Il faut
déconstruire l’hétérosexisme

Par Carine FAVIER Présidente
du Planning familial et Louis-Georges
TIN Président du comité Idaho
Mouvements féministes
et mouvements homosexuels ne
sont pas parallèles ou convergents,
c’est une seule et même cause.
Etre féministe, c’est nécessairement
être contre l’homophobie ; militer
contre l’homophobie, c’est nécessairement
militer contre le sexisme. Cette
nécessité n’a pourtant pas toujours
été comprise. Les premiers mouvements
homosexuels se sont constitués
sur une base viriliste, peu
favorable à l’égalité des sexes
; les mouvements féministes
n’ont pas toujours intégré les
problématiques lesbiennes. Pourtant,
les uns et les autres connaissent
bien leur adversaire unique
: l’ordre social inégalitaire
dans lequel nous vivons, qui
articule l’inégalité des sexes
à l’inégalité des sexualités.
Quel rapport y a-t-il entre
sexisme et homophobie ? L’un
et l’autre sont des sous-produits
d’une réalité moins connue,
l’hétérosexisme. Le concept
ne date pourtant pas d’aujourd’hui.
C’est en quelque sorte la Pensée
straight dont parle Monique
Wittig, ou la Contrainte à l’hétérosexualité,
critiquée par Adrienne Rich.
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Le
féminisme à la française, ça
n’existe pas

Par LAURE BERENI Sociologue,
ROSE-MARIE LAGRAVE Sociologue,
SÉBASTIEN ROUX Sociologue, ELENI
VARIKAS Politiste
«Féminisme à la française» ? Avec ou sans
guillemets, l’expression suggère
qu’un féminisme à la française
existerait bel et bien. Si nul
ne peut nier que des
configurations féministes
singulières se soient
actualisées selon les contextes
sociaux, politiques et religieux
dans différents pays, force est
de constater que les transferts
culturels de pays à pays ont été
la matrice des argumentaires et
souvent des référents pour les
luttes féministes. Tel est le
cas aussi pour la France. S’il
est vrai que le féminisme
américain s’est beaucoup inspiré
d’auteures françaises, à
commencer par Simone de
Beauvoir, la sociogenèse du
féminisme des années 1970 en
France, puis des études de
genre, objet de nombreux
enseignements, séminaires et
colloques, a depuis longtemps
établi le constat d’une dette à
l’égard des théoriciennes et
militantes américaines, et plus
largement anglophones.
Et à Joan Scott en tout premier
lieu. On lui doit en effet la
définition du genre, «catégorie
utile d’analyse» pour les
sciences sociales. Ce concept
déjà travaillé par des
sociologues a permis de réaliser
un saut qualitatif et décisif,
notamment en histoire. Le succès
des études de genre est
d’ailleurs tel que s’en
réclament aujourd’hui ses
adversaires d’hier - au risque
d’usages aseptisés. On doit
aussi à cette historienne, au
moment des débats sur la loi en
faveur de la parité politique,
avec la publication de la
Citoyenne paradoxale, de nous
avoir permis de rendre visible
un travail déjà initié, et de
porter un regard critique sur un
républicanisme auquel certain(e)s,
dont deux des signataires de ce
texte, n’étaient pas
insensibles.
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Les femmes
victimes de violences ont-elles
des droits ?

C’est un véritable cri d’alarme que nous
lançons à nouveau aujourd’hui,
pour que vive l’Espace d’Ecoute,
d’Aide et d’Information de
l’Union des Femmes de la
Martinique.
4 de ses salariées sur les 7 que
compte la structure sont
embauchées, du fait de
l’insuffisance de financements,
en contrat aidé (CUI-CAE). Ces
contrats arrivent à échéance
entre juillet et août, et aucun
n’est pour le moment renouvelé.
Beaucoup des financements que
l’UFM reçoit sont menacés.
Mieux, aujourd’hui, son
équilibre financier est mis en
péril par l’incapacité de l’Etat
à procéder au remboursement des
40 000 € de dépenses de la
campagne de lutte contre les
violences de 2010.
Cette campagne s’est réalisée
sous l’égide de la Déléguée
Régionale aux Droits des Femmes,
donc de l’Etat, l’UFM étant
association en support
financier.
Nous apprenons aujourd’hui que
ce dossier n’a pas été traité
parce que la convention de
l’organisme prestataire qui
analyse les dossiers pour le
compte du FSE n’a pas été
renouvelée à temps pour que le
dossier soit prêt à la date
limite de présentation du 8
juillet. De ce fait, l’UFM ne
pourra pas bénéficier de l’appel
de fonds européens qui aura lieu
fin juillet
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25 points pour
promouvoir l'égalité des sexes

Un rapport de l'Igas propose entre autres un congé paternité plus long
ou un passage plus facile au temps complet.
Le rapport propose l'instauration d'un «congé d'accueil» de l'enfant de
deux mois.
Congé paternité plus long, passage plus facile au temps complet,
réforme du congé parental : un rapport de l'Inspection générale des
affaires sociales (Igas) fait 25 propositions pour promouvoir l'égalité
des sexes à la maison et au travail, dont voici les principales:
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Mennesson répond à Sylviane Agacinski
 Sylvie et Dominique Mennesson se battent depuis plus de dix ans pour que leurs filles, nées en 2000 aux Etats-Unis, puissent avoir un état civil français. Ils ont eu leurs jumelles grâce au concours d’une mère porteuse américaine. Tout le processus de gestation pour autrui s’est déroulé en Californie, où cette pratique est légale et encadrée et où ils sont officiellement reconnus comme «parents». Demain, la Cour de cassation devra se prononcer sur leur sort. L’avocat général avait préconisé de «reconnaitre une existence juridique» à ces fillettes. En attendant la décision de la cour, le débat fait rage autour de ce couple devenu emblématique. Nous publions ici la tribune de leur avocate Me Nathalie Boudjerada.
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Le cheval de Troie des partisans de la gestation pour autrui
par Sylviane Agacinski, philosophe, membre du collectif No Body for Sale
 Le combat des époux Mennesson pour la transcription à l'état civil français des enfants nés d'une mère porteuse en Californie a fait couler beaucoup d'encre. Mais c'est un combat en trompe-l'oeil qui ne dit pas ses véritables enjeux. Il s'agit en fait de contourner la loi française et de faire admettre progressivement dans notre pays la légalisation de la gestation pour autrui (GPA). On sait que ces enfants sont nées d'une fécondation in vitro utilisant les gamètes du père et d'une amie du couple, la gestation ayant été assurée par une mère de substitution rémunérée par les "parents d'intention" selon les tarifs californiens. Ces deux petites filles ont un état civil et des passeports américains, l'exercice de l'autorité parentale des époux Mennesson n'est contestée par personne, et les enfants sont les héritières de leurs parents, conformément à l'état civil établi aux Etats-Unis. Elles peuvent donc mener une vie familiale normale, ce dont on doit évidemment se réjouir.
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Contraception et avortement : des droits
irréfragables et complémentaires pour l'autonomie
des femmes !
par Carine Favier, présidente
nationale et Véronique Séhier, Bureau national,
commission contraception, Le Planning Familial
 Une mission sur la contraception
des mineures est menée par Berengère Poletti,
députée des Ardennes et une autre confiée
à Israël Nisand sur la contraception et
l'avortement des jeunes filles par Jeannette
Bougrab, secrétaire d'Etat à la jeunesse.
Le Planning Familial en attend des propositions
concrètes pour que les femmes et les hommes
vivent une sexualité épanouie en limitant
le risque de grossesse non prévue. Il faut
pouvoir accéder à la contraception de son
choix, se la procurer facilement et garantir
la gratuité et l'anonymat pour tous les
mineurs partout en métropole et dans les
DOM.
Les droits sexuels sont des droits fondamentaux
en termes de santé publique, mais surtout
en termes d'autonomie, de liberté et d'indépendance
dans le respect des différences. Le droit
à la contraception et le droit à l'avortement
ne s'opposent pas, ils sont tous deux fondamentaux,
inaliénables et complémentaires dans la
maitrise de la fécondité. Chaque femme doit
pouvoir, si elle le souhaite, accéder à
l'avortement sans pression ni culpabilisation,
dans le respect de sa décision.
Les discours alarmistes en vogue sur l'avortement
et ses risques pour les femmes tout comme
l'équation simpliste affirmant que multiplier
les moyens de contraception conduirait à
la diminution des IVG participent de la
culpabilisation des femmes soi-disant "incapables"
de gérer leur contraception malgré un éventail
de méthodes à leur disposition. L'observance
médicale n'est jamais totale même pour des
maladies graves. Pour la pilule, l'oublier,
c'est une grossesse non voulue.
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Ni putes ni mammas !
 Une minute de silence, suivie d'un ci. Un hurlement pour dire "Basta !". Dimanche 13 février, de Turin à Palerme, des dizaines de milliers d'Italiennes libéreront ainsi leur colère contre Silvio Berlusconi. Basta !, ses call-girls qui s'offrent au sultan en échange d'un petit rôle à la télévision, d'une place éligible sur les listes électorales ou d'argent. Basta !, les orgies du bunga-bunga. Basta !, ce modèle de femmes jetables et interchangeables dans lequel elles refusent de se reconnaître. Leur mot d'ordre : "Maintenant ou jamais."
Plus de trente ans après les grandes batailles des féministes italiennes pour le divorce (1974) et l'avortement (1981), une nouvelle vague voit le jour. Le déclic ? Les affaires Noemi, puis Patrizia, puis Nadia et enfin Ruby : autant de jeunes femmes, parfois mineures, qui ont fréquenté les nuits d'Arcore (la résidence milanaise de M. Berlusconi), jetant une lumière crue sur une "putanocratie" où la promotion des femmes est une question de tour de poitrine plus que de mérite. Samedi 29 janvier, déjà, plusieurs centaines d'entre elles ont manifesté, une écharpe blanche autour du cou, derrière une banderole où l'on pouvait lire "L'Italie n'est pas un bordel". Lire la suite |
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Lettre à la femme en noir
Par LATIFA BOUSDRAOUI-LORANT
Historienne
Votre avocat a dit de vous :
«C’est une intellectuelle.» J’en ai déduit que
vous aviez les moyens de défendre vous-même,
devant la presse que vous avez convoquée, votre
liberté, atteinte, selon vous, par une amende
abusive. J’ai attendu, espéré vous entendre à
voix haute, libre, à l’avant-poste dans la
défense de votre cas. Et cela, à double titre :
en qualité de citoyenne et de musulmane voilée.
Malheureusement pour vous et pour toutes les
musulmanes, vous vous êtes tue. Ce sont les voix
tonitruantes des mecs, votre époux, un ministre
zélé, les politiques pressés, les quêteurs de
scoop, Tariq Ramadan profitant d’un passage à
Nantes et même Marc Blondel qui se sont
entrechoqués dans le cadre d’un duel viril, dans
l’espace non moins viril politico-médiatique. De
ce charivari masculin se dégage une et même
vision de vous et des femmes en général,
mineures qui, pour les uns, portent les chaînes
de la tradition musulmane et, pour les autres,
sont parées des vertus islamiques symbolisées
par ce voile.
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«Technologies
de l'orgasme», une histoire du
vibromasseur
En
légalisant, vers 1900, la
masturbation féminine dans tous les
foyers américains, ce sex toy a
remis en cause la suprématie
masculine. Médecine ou
pornographie ?
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Animale sauvage
Par Audrey Pulvar
Ainsi donc, une femme serait encore condamnée à penser comme et par son
compagnon. […] Elle serait toujours incapable de s'émanciper non
seulement du jugement dudit compagnon, mais aussi des sentiments
qu'elle nourrit pour lui.
 Par toi-même. Par toi et personne d’autre, ma fille. Te
réaliser. Réussir ta vie par tes combats et peut-être quelques
victoires. Ne compter sur personne pour la faire à ta place. Viatique.
Héritage d’une grand-mère maternelle partie de rien, sans personne, au
tout début d’un XXe siècle plein de fureurs et de cris. Une
négrillonne, le terme de l’époque, sans instruction, ni argent, ni
aucune de ces ressources si précieuses pour construire une vie, mais
dotée d’une détermination consciente cependant qu’à l’ampleur
insoupçonnée à s’arracher, s’extirper du malheur tout tracé. Une
énergie qui lui permit de modeler à elle seule façon de dynastie sans
possessions ni membres illustres mais dont chacun, et surtout chacune,
va - dépositaire d’une puissance inaliénable, transmise de génération
en génération. Tranquille assurance de la nécessité de s’approprier sa
vie, le seul bien qui nous restera jamais. C’est ce legs qui a
déterminé chacun de mes choix personnels et professionnels, chaque
rupture, aussi, et fonde ce que je crois pouvoir aujourd’hui appeler un
parcours. Chemin heurté mais toujours droit. Nids-de-poule, ronces,
oasis, menaces et tempêtes : l’indépendance coûte cher. Il n’est
pourtant de prix que je ne consente un jour à payer pour elle.
Féministe assumée, revendiquée et prosélyte. Dans la société
matriarcale d’où je viens, la question ne se pose même pas. Ce qui
m’arrive aujourd’hui ne pouvait donc que faire bondir l’animale sauvage
que je demeurerai jusqu’à mon dernier souffle. D’aucunes, d’aucuns, se
sont étonné(es) que je déclare comprendre la décision prise à mon
encontre. Faire partie d’une entreprise, en être l’un des visages
connus, entraîne une obligation de solidarité et de réserve que je sais
observer. Ne pas trahir la confiance de gens que j’aime.
Professionnellement, ne pas exposer une rédaction entière à un soupçon
semble-t-il inévitable, ce n’est pas faire preuve de mollesse, mais de
responsabilité. Ne pas apparaître comme l’instrument de telle ou telle
chapelle politique, ce n’est pas de l’hypocrisie, mais de l’instinct de
survie ! Pour autant, ménager son entourage et modérer son expression
n’empêchent pas de penser. Par soi-même.
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La violence des
adolescentes en forte augmentation
Par Jean-Marc Leclerc
Selon une étude, le nombre de jeunes filles mineures mises en cause
progresse trois fois plus vite que celui des garçons.
 La
délinquance des filles, celle des moins de 18 ans, et plus encore, leur
violence, augure-t-elle de lendemains qui déchantent? La dernière étude
de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales
(ONDRP), présidé par le criminologue Alain Bauer, révèle, en tout cas,
que depuis 1996 la courbe des mineures mises en cause par la police et
la gendarmerie a grimpé trois fois plus vite, en moyenne, que celle des
garçons: +133%, contre «seulement» +40% pour les mineurs de sexe
masculin.
Aujourd'hui, les filles pèsent 15% de l'ensemble des mineurs qui ont eu
maille à partir avec les forces de l'ordre: 33.000 filles mises en
cause pour 181.000 garçons en 2009. Mais l'écart est visiblement voué à
se réduire au fil des ans tant la délinquance au féminin affole l'outil
statistique. «Jugez plutôt! commente Christophe Soullez, le directeur
de l'ONDRP, sur cinq ans, le nombre de filles mises en cause pour
violences et menaces a augmenté de plus de 80%.» Comme si, prenant de
l'ampleur, cette délinquance changeait aussi de nature.
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Annie Guilberteau :
"Non, les
femmes violentées n'aiment pas être frappées"
Le 25 novembre est
la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, mais
ne persiste-t-il pas, dans la société, une certaine indulgence à ce
sujet ?
La politique publique de lutte contre les violences faites aux femmes
s'est beaucoup affirmée ces dernières années, notamment en matière de
protection des victimes, répression des auteurs et prévention des
comportements violents. Néanmoins, l'indulgence à l'endroit de ces
comportements reste encore trop prégnante dans les mentalités, y
compris de la part de certains professionnels. Les difficultés à voir
la parole et les plaintes des victimes être prises en considération en
témoignent.
Les 25 associations du Collectif grande cause nationale 2010 se sont,
de ce fait, engagées pour sensibiliser davantage le public aux
violences faites aux femmes et à leurs conséquences. Il convient, en
effet, de prendre conscience de l'importance et de la gravité de toutes
les formes de violences commises contre les femmes. Elles ne se
réduisent pas aux seules violences commises au sein du couple. Il faut
y ajouter les viols, violences sexuelles au travail, mariages forcés,
mutilations sexuelles et la prostitution.
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Femme, j'écris (et je dis) ton nom !
« On ne peut être égale
sans être visible » L. L. Larivière

Beaucoup de gens s’obstinent à refuser la
féminisation des mots et ne connaissent, par exemple, que «
les hommes politiques » quand ils ne s’écrient pas
carrément : « Messieurs les hommes politiques » !
Pourquoi ainsi méconnaître le long combat des féministes
pour l’accession des femmes à toutes les professions et à
toutes les responsabilités, ainsi que les victoires même
incomplètes qu’elles ont remportées dans cette lutte ?
On nous répond par plusieurs arguments :
D’abord, ces féminins n’existent pas dans la langue, où
aller les chercher ?
Et puis, il faut protéger la « belle langue française »
qu’une féminisation abusive alourdirait et enlaidirait
définitivement !
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Le féminin ne doit plus être une maladie honteuse dans le
monde du travail
par
Brigitte Gresy, auteure
du rapport préparatoire
à la négociation avec
les partenaires sociaux
sur l'égalité
professionnelle

Notre confort était
somme toute assez grand,
aussi grand que notre
impuissance à agir,
bercés que nous étions
par cette antienne bien
connue des chiffres de
l'inégalité salariale :
27 % en moyenne brute
annuelle, écart ramené à
17 % en taux horaire, en
prenant en compte le
temps partiel. Mais
voilà qu'une récente
recherche ("Enfants,
interruptions d'activité
des femmes et écart de
salaire entre les
sexes", D. Meurs, A.
Pailhé, S. Ponthieux,
Revue de l'OFCE, juillet
2010) pointe une
inégalité encore plus
dérangeante : pour les
quarantenaires, sans
interruption de
carrière, à diplôme et
expérience équivalents,
voire supérieurs pour
les femmes, les hommes
gagnent 17 % de plus que
ces dernières, et 70 %
de cet écart reste
inexpliqué par les
caractéristiques
observables. |
Violences
conjugales : les cris étouffés des victimes
Justice
. Alors que le Sénat examine
aujourd’hui une loi, le meurtre d’une Alsacienne illustre la difficulté
des femmes harcelées à se faire entendre.
Par
SONYA FAURE

Amel avait un filet de voix. On lui
disait souvent de parler plus fort,
qu’on n’entendait pas. Amel Ben Mahamed, 32 ans, est morte en mai. La
jeune femme faisait le ménage au sous-sol d’une HLM. Le tueur s’est
introduit dans le bâtiment pour la poignarder à la gorge et au cœur.
Assassinée faute d’avoir été entendue. Elle habitait Saint-Louis, en
Alsace. Deux jours après le meurtre, son ex-compagnon Emilio (1) était
arrêté et mis en examen. Il s’apprêtait à quitter le département, selon
le procureur. Il dit ne pas être l’auteur du meurtre, mais un témoin
l’aurait vu sur les lieux, à l’heure du crime, selon une source proche
du dossier.
Quelques jours après
le drame, 600 personnes ont marché dans les rues
de Saint-Louis, à l’appel de l’association «Soutien femmes battues» de
Saint-Louis. Sur les pancartes, il était écrit : «Une femme meurt sous
les coups de son conjoint tous les deux jours et demi.» Une loi, qui
prévoit notamment la création d’un délit de harcèlement conjugal, sera
discutée aujourd’hui au Sénat. Une de plus dans un arsenal contre la
violence conjugale de plus en plus répressif. L’histoire d’Amel dit la
difficile protection des victimes, la surdité parfois, des institutions
ou de ceux qui les font.
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Où sont passées les filles
du Soldat inconnu ?
Par JULIETTE
JOSTE Edititrice

Aujourd’hui, le MLF a 40 ans. Le 26 août 1970,
quelques agitées armées de fleurs et de
banderoles «A la femme inconnue du soldat»
partent à l’assaut de l’Arc de triomphe. Une des
manifestantes s’affole en entendant l’autre
déclarer : «On est cuites.» Ouf, c’était en
réalité : «On n’est qu’huit», même si la version
définitive retient neuf participantes. Pas grand
monde pour un happening illico embarqué par la
police et qui pourtant fera date. C’est le creux
de l’été et le lendemain le Monde titre sur la
libération de la femme : «Le MLF, Mouvement de
libération DES femmes, existe.» Ce n’est pas une
naissance officielle, récusée par un mouvement
qui tient à sa diversité et refuse
l’institution, mais un acte symbolique, prélude
à des années d’ébullition. Les Petites
Marguerites, les Oreilles vertes, les
Polymorphes perverses, les Gouines rouges…
D’innombrables groupuscules vont se réunir,
s’écharper, manier l’humour, la poésie, et
obtenir de formidables transformations
sociétales.
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«Les profs consacrent
souvent plus de temps aux garçons»
Par Marion
Brunet

Les
enseignants consacrent environ 44 % de leur
temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon
une étude de l'Observatoire français des
conjonctures économiques (OFCE).
Les enseignants consacrent environ 44 % de leur
temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon
une étude de l'Observatoire français des
conjonctures économiques (OFCE).
INTERVIEW - Selon une étude de l'Observatoire
français des conjonctures économiques (OFCE), la
mixité à l'école engendre des inégalités entre
garçons et filles. La sociologue à l'origine du
rapport, Marie Duru-Bellat, explique au
Figaro.fr ce phénomène.
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En Afrique, le diamant
n’est pas toujours le meilleur ami de la femme

Par MARGOT WALLSTRÖM Représentante spéciale du
Secrétaire général chargée de la question des
violences sexuelles commises en période de
conflit
Quel
rapport y a-t-il entre l’ensemble des réformes
financières voté aux Etats-Unis et la prévention
des viols de masse en Afrique ? Beaucoup,
semble-t-il, mais il faut chercher longuement
dans les 2 300 pages de la loi pour trouver sa
section 1 502, qui traite des minéraux extraits
dans les zones de conflit. Ces minéraux aident à
financer les combats et la violence sexuelle à
une échelle sans précédent en République
démocratique du Congo. Le Congrès américain et
le président Obama ont fait preuve d’autorité en
faisant figurer cet amendement dans le texte
final de la loi. Il appartient maintenant aux
dirigeants européens de faire de même et de
marquer la volonté universelle de protéger les
plus vulnérables.
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Les femmes en
lutte d'Emmanuel Dongala
L'auteur congolais signe une épopée
optimiste

Tu te réveilles le matin et tu sais
d'avance que c'est un jour déjà levé
qui se lève... Il faut te lever,
Dieu n'a pas fait cette nuit plus
longue pour toi. " C'est par une
adresse à sa belle héroïne au "
corps courbatu " que commence le
roman du Congolais Emmanuel Dongala,
Photo de groupe au bord du fleuve.
Entièrement narré à la deuxième
personne du singulier, dans une
langue dénuée d'artifice et à
dessein envahie de tournures
familières, le livre raconte
l'épopée d'un groupe de " casseuses
de cailloux " congolaises. Quatorze
femmes qui, chaque jour, concassent
des blocs de pierre au bord d'un
fleuve, afin de vendre à l'unité
quelques sacs de gravier. " Chacune,
écrit Dongala, y a échoué en
empruntant la route particulière de
sa souffrance. "
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Les compétences n'ont pas
de sexe par
Jean-Marc Le Gall

L'émancipation des femmes a
connu une franche accélération au cours des
quarante dernières années. Le magazine Sciences
humaines souligne dans son numéro d'avril
("L'Ere du post-féminisme") la portée
considérable de cette révolution sociétale, en
particulier l'entrée massive des femmes à
l'université et sur le marché du travail.
Mais ce dossier rappelle aussi que les objectifs
d'égalité des combats féministes n'ont pas été
réalisés, loin s'en faut, en particulier dans le
monde du travail, en termes de salaires et de
carrières. Dans leur grande majorité, les
Françaises ne veulent sacrifier en aucun cas
leur carrière professionnelle, pas plus
d'ailleurs que leur désir de maternité. La
réalité de ces discriminations justifie
pleinement l'actualité des revendications
d'égalité hommes-femmes dans les entreprises.
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Le Grand Orient s'ouvre
aux femmes
Par Jean-Marie Guénois

La décision de la plus grande
obédience en France clôt un débat qui durait
depuis des années.
Coup de théâtre, vendredi, au Grand Orient de
France. Cette première obédience franc-maçonne
en France, toujours restée masculine, a
officiellement décidé d'admettre des femmes en
son sein. Elle devient de facto une obédience où
les loges sont libres d'initier des femmes, sans
pour autant devenir officiellement une obédience
mixte. Cette décision clôt ainsi un débat qui
divisait le Grand Orient depuis plusieurs
années.
De convent en convent - les assemblées générales
annuelles d'automne - la perspective d'admettre
des femmes dans les loges était régulièrement
soumise au vote mais sans jamais trouver une
majorité en sa faveur.
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Il est déraisonnable de s’arc-bouter sur un interdit de
principe
Le corps de la femme est-il à louer ?

Par SABINE PROKHORIS Psychanalyste
Technique
controversée d’assistance médicale à la procréation, la GPA (gestation pour
autrui) suscite des discours passionnels et souvent confus. Il importe donc
de situer aussi clairement que possible les différents enjeux de l’affaire,
tant au plan anthropologique que pragmatique. En précisant déjà que la GPA
peut prendre trois formes distinctes : soit
une femme porte pour un couple un enfant
conçu à partir de ses propres ovocytes par
insémination du sperme du compagnon d’une
femme infertile. Elle est ainsi mère
génétique et génésique à la fois. Soit elle
porte un enfant conçu à partir des gamètes
du couple demandeur, enfant qui sera alors
génétiquement celui des parents d’intention.
Soit encore elle porte un enfant conçu à
partir du sperme du père et de l’ovocyte
d’une femme tierce (en cas d’infertilité à
la fois utérine et ovocytaire de la mère
d’intention). Dans ces deux derniers cas,
l’enfant ne sera pas génétiquement celui de
la femme qui mènera la grossesse. On le
voit, plusieurs relations différentes
s’organisent là entre la filiation,
construction de toute façon sociale, la
gestation, si centrale dans nos
représentations du maternel, et les figures
du «don d’hérédité», quant à elles partie
prenante de notre imaginaire de la
transmission.
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Ce n’est plus l’esclavage mais le marché qui s’empare
des corps
Par SYLVIANE AGACINSKI
Philosophe

La question qui nous est posée
aujourd’hui vient de loin, de plus loin que la seule actualité de l’agenda
parlementaire et du prochain réexamen des lois dites bioéthiques. Elle vient
d’une part, de l’état actuel des biotechnologies, d’autre part d’une
idéologie ultra-libérale et individualiste qui veut ignorer toute fonction
sociale de la loi et laisser libres les contrats ou les conventions entre
particuliers, chacun étant seul juge de son intérêt personnel.
Le corps humain, dans sa totalité, a été fort longtemps un bien, voire une
marchandise : cela s’appelait l’esclavage. Des hommes, des femmes, leur
progéniture, leur service physique illimité, tout se vendait. Même la
domesticité, sous l’Ancien Régime, aliénait la personne physique, avec sa
vie privée : elle fut abolie par la révolution française au motif que «la
personne n’est pas aliénable» (1793). C’est pourquoi, si l’on peut louer du
temps de travail, dans des conditions que la loi précise, il est en principe
interdit de louer ou d’acheter une personne physique, avec sa chair et ses
organes. Autrement dit, nul ne peut mettre ses organes à la disposition
d’autrui, ni solliciter cette mise à disposition. La loi n’est pas faite ici
pour empêcher les uns de faire quelque chose mais pour protéger les autres
de la violence que l’argent pourrait exercer sur eux. J’entends déjà les
objections : que faites-vous de la prostitution ? En effet, la disponibilité
du corps, sur le marché du sexe, est la forme la plus banale de la location
d’organes. Alors, pourquoi pas l’utérus ? Ouvrières du sexe et ouvrières
d’enfants, vendeuses d’ovocytes, voilà autant de façons pour les chômeuses
de gagner un peu d’argent. Ainsi, ce n’est plus l’esclavage mais le marché
qui s’empare des corps.
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La tyrannie
de l'épilation
 
En publiant, en
janvier, son enquête sur "les nouvelles
tendances de l'épilation maillot", le magazine
Elle n'imaginait pas provoquer autant de
réactions parmi ses lectrices et sur nombre de
forums Internet. Le dossier de huit pages,
illustré de photos de jeunes femmes dénudées du
bas, livrait toutes sortes de conseils pour
"bien cultiver son jardin secret". On y
apprenait que, "malgré la douleur", la tendance
actuelle est à "l'épilation semi-intégrale", ne
laissant qu'une pilosité réduite à la forme d'un
ticket de métro. Voire beaucoup moins, les
esthéticiennes interrogées par Elle déclarant
être confrontées à une "augmentation constante
de la demande d'épilations intégrales".
Choix personnel ou diktat de la mode et de la
publicité ? Souci hygiéniste ou influence -
consciente ou non - du porno et de ses
professionnelles qui s'affichent totalement
glabres sur Internet ? Soumission aux
injonctions masculines ou simple désir d'être
bien dans son corps sans poils ?
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L'âge et le vieillissement, impensés du
féminisme
Croiser deux
générations féministes et deux voix - l'une qui
a pris la parole dans les années 1970 quand
l'autre s'est exprimée dans la décennie 2000 -
n'est pas de trop pour penser l'articulation
entre inégalités de genre et inégalités liées à
l'âge. Question féministe s'il en est, mais
impensé du féminisme aussi. Si des solidarités
entre femmes ont pu se forger au sein des luttes
malgré des clivages de classe, de couleur de
peau, d'orientation sexuelle, subsiste cependant
une variable discrète et ô combien discriminante
: l'âge. Cet âge exhibé ou maquillé est l'une de
ces inégalités multiples dont on parle rarement
entre femmes, comme on dit. Comment ne pas voir
pourtant que les effets croisés de l'âge et du
genre sont sources de clivages entre générations
de femmes, y compris entre féministes ?
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Les inégalités hommes -
femmes perçues avec acuité
Par Constance
Jamet

62% des
Européens estiment que les inégalités entre les
sexes sont fréquentes, révèle l'Eurobaromètre
publié vendredi. Une proportion qui monte à 77%
dans l'Hexagone. Tour d'horizon des doléances
des Français.
Les discriminations hommes-femmes sont encore
très répandues. Telle est la conclusion
de l'Eurobaromètre, publié vendredi par la
Commission européenne. 62% des habitants des 27
estiment ainsi que les inégalités entre les
sexes sont fréquentes, même si pour quasiment la
même proportion d'entre eux (66%), des
améliorations ont été enregistrées depuis ces
dix dernières années. C'est en France (77%) et
en Espagne (71% ) que les inégalités de
traitement entre hommes et femmes sont perçues
avec le plus d'acuité. Tour d'horizon des
doléances des sondés français.
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Quelle
égalité homme-femme?
Par Jean
Gabard

Après
les demandes de parité des femmes apparaissent
les revendications des hommes pour une justice
moins sexiste : ceux-ci sont en effet de plus en
plus nombreux à contester les décisions prises
après un divorce, pour la garde des enfants. Les
récents suicides de pères privés de leurs
enfants viennent relancer le débat, et ce sont
cette fois, les hommes qui réclament la
résidence alternée au nom de l’égalité
homme-femme. Ainsi, les femmes d’un côté et les
hommes de l’autre se mobilisent-ils pour la
défense de l’égalité et pour faire reconnaître
les discriminations dont ils se disent, les uns
et les autres, victimes. Pourtant les hommes et
les femmes recherchant une
égalité-indifférenciation de sexe, ne
seraient-ils pas à la fois responsables et
victimes d’une idéologie égalitariste utopiste
qui nie la différence des sexes ?
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Les hommes font taches de ménage
Un enfant de plus dans
le couple : plus de tâches domestiques
pour la mère
Une enquête montre qu'une naissance
accroît les inégalités entre hommes et
femmes
 La naissance d'un enfant modifie-t-elle
la répartition des tâches au sein du
couple ? C'est ce qu'a tenté de savoir
Arnaud Régnier-Loilier, démographe à
l'Institut national d'études
démographiques (INED) et spécialiste de
la famille. Ses conclusions sont sans
ambiguïté. " L'arrivée d'un enfant
accentue le déséquilibre du partage des
tâches domestiques entre hommes et
femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED
Population & Sociétés. Ce sont elles qui
s'éloignent du marché de l'emploi, elles
aussi qui prennent davantage en charge
les tâches domestiques. "
Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur
une enquête internationale qui a permis,
en France, d'interroger plus de 2 000
couples. Hommes et femmes ont été
invités à deux reprises, en 2005 et
2008, à mesurer leur participation à
sept tâches ménagères : la préparation
des repas, la vaisselle, les courses
alimentaires, le repassage,
l'aspirateur, la tenue des comptes et
l'organisation de la vie sociale de la
famille. Parmi les couples interrogés,
un quart a eu un enfant entre les deux
enquêtes.
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D'un 25
novembre à l'autre.....
Mercredi 25 novembre au matin :
conférence de presse à l'Assemblée nationale de
la « mission d'évaluation de la politique de
prévention et de lutte contre les violences
faites aux femmes. »
Celle-ci, après avoir présenté en juillet le
rapport émanant de ses six mois de travail,
dépose une proposition de loi adoptée à
l'unanimité des trente députés la composant.
Cette mission avait été décidée par le président
de l'Assemblée, Bernard Accoyer, en novembre
2008, à la suite des 16 000 signatures
revendiquant l'inscription de la proposition de
loi cadre contre les violences faites aux femmes
du Collectif à l'ordre du jour de l'Assemblée.
Certes, cette proposition de loi n'est pas la
loi cadre, ne rêvons pas ! Mais elle en reprend
certains aspects importants : la création d'une
véritable ordonnance de protection comportant
diverses mesures significatives y compris pour
les femmes sans papiers , l'interdiction de la
médiation pénale dans les affaires de violences
conjugales, la création d'un délit de violences
psychologiques, l'aménagement du délit de
dénonciation calomnieuse, la création d'un
Observatoire national des violences. Elle ne dit
mot en revanche des tribunaux de la violence à
l'encontre des femmes, de l'éducation non
sexiste ou des mesures qu'il faudrait prendre au
travail pour aider les femmes à surmonter les
conséquences des violences subies. Ceci dit,
elle représente tout de même une réelle avancée.
Midi : alors que nous manifestons devant
l'Assemblée pour la loi cadre, encore et
toujours, Fillon prend la parole à Matignon pour
proclamer l'année 2010 « Grande cause nationale
contre les violences faites aux femmes. » (ce
qui signifie des spots publicitaires gratuits
pour les associations dans les médias). Il
annonce que le gouvernement va légiférer début
2010 en « s'appuyant » sur la proposition de loi
de la mission et détaille certaines mesures qui
seraient adoptées : création d'un « référé
protection » ( sans plus de précisions), d'un
délit de violences psychologiques, d'un
téléphone portable pour les femmes menacées.
Mais rien sur les femmes sans papières victimes,
sur l'interdiction de la médiation pénale ou
l'aménagement du délit de dénonciation
calomnieuse. Visiblement, encore une fois, le
gouvernement traîne des pieds pour légiférer en
profondeur...... On ne se détache pas ainsi de
millénaires de machisme.
Les semaines qui viennent vont être cruciales
dans la mobilisation contre les violences faites
aux femmes. Il faut obtenir le maximum. On peut
compter sur nous !
Dernière nouvelle : une commission spéciale de
la conférence des Présidents de l'Assemblée va
être constituée dans les jours qui viennent pour
discuter de la proposition de loi de la mission.
Celle ci est inscrite pour janvier à l'ordre du
jour de l'Assemblée nationale. Des membres du
gouvernement pensent qu'elle va trop loin !
Encore une fois, la balle est aussi dans notre
camp.
Collectif national pour les
Droits des Femme
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Tulle : 14 ans
pour le père incestueux

Un
homme de 57 ans, Patrick V., a été condamné ce
soir à quatorze ans de réclusion criminelle par
la cour d'assises de la Corrèze, à Tulle, pour
viols par ascendant légitime sur sa fille
majeure avec qui il a eu trois enfants.
A cette condamnation s'ajoute un suivi
socio-judiciaire assorti d'une obligation de
soins pendant cinq ans et d'une interdiction
d'entrer en relation avec sa fille et les
trois-enfants qu'ils ont eus ensemble. Les jurés
ont ainsi suivi en tous points les réquisitions
du parquet qui leur avait demandé de condamner
"sévèrement" l'accusé "en retenant la contrainte
morale de type sectaire imposée par Patrick V. à
sa fille".
Après des années de dénégations et la naissance
des trois enfants, la fille avait porté plainte
fin 2005 en évoquant l'"emprise" psychologique
de son père.
AFP
18/11/2009 |
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Des premières
dames d’Afrique contre l’excision
Par CHANTAL COMPAORÉ Première
dame du Burkina Faso, EMMA BONINO
vice-présidente du Sénat italien et fondatrice
de No Peace Without Justice -
www.npwj.org.
 Dans
le monde entier, des femmes vivent sous la
menace des mutilations génitales féminines ou en
subissent les conséquences. Rien qu’en Afrique,
environ 3 millions de filles et de femmes sont
soumises à cette pratique chaque année et l’on
estime à quelque 92 millions les femmes à en
avoir été victimes.
La justification de cette amputation varie entre
les pays. Dans certaines parties du continent,
les textes religieux sont invoqués de manière
erronée. Dans d’autres, ce sont des traditions
culturelles qui contribuent à maintenir la
pratique vivante. Mais quel que soit le
raisonnement avancé, les mutilations génitales
féminines (MGF) constituent une violation
flagrante des droits humains les plus
fondamentaux et doivent être éradiquées. De
nombreux Etats où les MGF sont pratiquées sont
signataires du protocole de l’Union africaine
sur les droits de la femme, dont l’article 5
appelle explicitement à l’adoption de lois
interdisant les excisions. Des signes positifs
d’un abandon de la pratique sont visibles dans
plusieurs pays. Cependant, l’échec de nombreux
Etats de l’Union africaine à ratifier ce
protocole et le manque de législations
nationales efficaces font obstacle à un effort
plus concerté pour débarrasser le continent de
ce fléau.
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Il
y a 48 000 viols de femmes par an en France!
par Suzy Rojtman et Maya
Surduts
 Le
25 novembre est de retour : journée
internationale de lutte contre les violences
faites aux femmes. La lutte contre les violences
faites aux femmes a déjà une longue histoire en
France. Elle a débuté en 1972 par deux journées
de dénonciation des crimes contre les femmes à
la Mutualité à Paris. Et elle ne s'est pas
arrêtée depuis. Le 23 décembre 1980, après des
années de manifestations, de procès exemplaires,
d'actions de soutien aux victimes, une nouvelle
loi sur le viol est votée qui permet, grâce à
une définition de cette infraction, qu'il soit
enfin considéré comme un crime.
La législation a été depuis considérablement
étoffée grâce aux luttes des féministes.
Ces lois étaient indispensables pour marquer
l'interdit de ce type de violences, tolérées et
même excusées durant de nombreuses années. De
nouveaux délits ou circonstances aggravantes,
prenant en compte la réalité des violences, ont
du être créés : harcèlement sexuel, violences
conjugales.
Mais la mise en œuvre de ce corpus législatif se
heurte à la réalité des faits : il est très mal
appliqué. En effet, alors qu'il y a d'un côté un
consensus général proclamé pour condamner ces
violences, de l'autre, la tolérance sociale est
encore importante : des publicités incitent
quasi ouvertement à commettre des violences et
leurs promoteurs se retranchent derrière la
liberté d'expression ou l'humour ; un chanteur
égrene des paroles d'une rare cruauté au nom de
la liberté artistique, un cinéaste est rattrapé
par une affaire de viol mais il doit être excusé
du fait de sa notoriété et de son talent. Ce
genre d'arguments ne serait, et on ne peut que
s'en féliciter, jamais invoqué dans des affaires
de racisme ou d'antisémitisme. Deux poids, deux
mesures. Bien plus près de chacun de nous, qui
n'a pas, même en 2009, été confronté à une
minimisation des faits de violences à l'encontre
des femmes : "Elle a été violée, oui mais ça
fait quatre mois, ça devrait passer maintenant",
"Il a bousculé sa femme mais c'est un homme si
charmant. On entend parfois crier mais c'est la
vie".
Suzy Rojtman, Maya Surduts, porte-parole du
Collectif national pour les droits des femmes
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Contre
les jouets sexistes

QUOI
DE PLUS ANODIN qu'un enfant qui joue avec ses
cadeaux de Noël ? Qui ne s'est jamais extasié en
voyant une petite fille déballer sa Barbie, ou
un petit garçon découvrir son Big Jim ?
Pourtant, ces situations ne
sont en rien anodines, car les jouets dont
disposent les enfants influent sur leur vision
du monde et les préparent déjà à leur vie
future.
Aujourd'hui encore, 80 % des
tâches ménagères sont effectuées par les femmes,
et deux millions de femmes en France sont
battues par leur conjoint.
Dès le plus jeune âge, on
conditionne les petits garçons à la violence
(armes, gants de boxe…), à la technique
(voitures, trains…), à la science (petit
chimiste…), à la compétition (circuits auto,
babyfoot…). Les petites filles sont quant à
elles préparées à un futur rôle de mère (en les
habituant à s'occuper de leurs poupées dès le
plus jeune âge), de ménagères (par le biais de
dînettes, d'aspirateurs miniatures, etc.) ou
d'objet de désir (panoplie de maquillage,
poupées ultra-minces...). On apprend aux petits
garçons à être dominants via la force, la
technique, la compétition, aux petites filles à
être dominées en étant consignées aux tâches
ménagères, avec une apparence toujours soignée
pour plaire aux garçons.
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Manifeste des hommes

Nous, soussignés,
des hommes, vivant en ce début de XXIème siècle,
déclarons ce qui suit :
Nous considérons comme
obsolètes les valeurs traditionnelles de
domination des femmes par les hommes qui
sévissent dans toutes les civilisations et
toutes les classes sociales. Nous déclarons que
l’égalité entre les hommes et les femmes est un
but juste et légitime, et qu’il est nécessaire
de tout mettre en place pour y parvenir
immédiatement.
Nous condamnons toute
violence familiale dont les femmes et les
enfants représentent l’immense majorité des
victimes. Nous condamnons toute théorie qui
justifierait ces violences ou en ferait porter
la responsabilité même partielle par les
victimes.
Nous condamnons fermement
toute théorie justifiant des actes sexuels entre
adultes et enfants ou minimisant les
conséquences du viol. Nous condamnons tout type
de harcèlement moral et sexuel dont les femmes
font souvent les frais.
Nous déclarons injustes les
livres et jouets pour enfants représentant les
femmes comme des ménagères ou des objets
sexuels. Nous affirmons que ces représentations
ne peuvent qu’encourager à la reproduction d’un
système d’inégalités.
Nous affirmons qu’il est
injuste que les tâches ménagères soient encore,
dans leur grande majorité, effectuées par les
femmes.
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Contre les violences
faites aux femmes … et aux hommes !
par Jean GABARD
 Avec
la libération de la femme et le culte de la
spontanéité, y a-t-il, encore aujourd’hui
beaucoup d’hommes qui n’ont jamais été insultés,
voire même giflés, par une femme ?
La réponse risque d’être difficile à donner :
les études ne concernent souvent que les
violences faites aux femmes ! …
Mais peu importe, il n’est pas question de
comparer des chiffres. Ces derniers, d’ailleurs,
sont-ils si importants par rapport à la gravité
du sujet, surtout s’il s’avère que les mêmes
violences n’ont pas forcément des effets
identiques sur les hommes et sur les femmes ?
Les violences physiques paraissent en effet
beaucoup plus graves pour une femme que pour un
homme. Les menaces seules, pour elle, sont déjà
totalement destructrices.
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Lettre ouverte contre les
blagues sexistes de TV MAGAZINE
par Huguette Emmanuel Bellemare,
éducatrice, militante de l’UFM

Ainsi, malgré notre lettre de
protestation du 23 avril 2009, et alors qu’une
nouvelle victime est toujours entre la vie et la
mort à La Meynard, que son sang n’a pas encore
séché sur le sol du parking d’Hyper U, vous
récidivez. Vous publiez coup sur coup dans les
numéros du 10 au 16 et du 17 au 23 octobre de TV
Magazine deux de vos lamentables « histoires
drôles » dont les femmes font les frais !
Dans la première, un homme se trouve réduit à
boire dans l’espoir de trouver jolie sa femme.
Dans la deuxième, un homme (toujours !) annonce
fièrement à sa femme qu’il l’a perdue au jeu
volontairement, en trichant. On voit très bien
la gradation ascendante et la relation de cause
à effet : le pauvre homme, chassé de son foyer
et réduit à l’état de poivrot par un laideron
doté certainement d’un caractère à l’avenant,
n’a d’autre issue que de s’en débarrasser en
forçant un peu la chance et en la refilant à une
autre dupe !
Mais, vous le savez très bien, ce n’est pas
ainsi que cela se passe : statistiquement, ce
sont les femmes qui s’en vont, car elles ne
supportent plus la situation que leur font
certains hommes dans leur propre foyer alors
qu’elles ont maintenant les moyens de dire
« non ». Est-ce pour masquer ce fait
insupportable que vous exhumez ce genre de
blagues ?
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La précarité des femmes
n'est pas une fatalité !

L’extension de la précarité dans le travail
constitue aujourd’hui un instrument majeur des
classes dominantes pour diviser les salarié-e-s
et individualiser les situations de travail. Si
elle touche tout le monde, elle concerne
particulièrement les femmes et contribue à
renforcer les discriminations que celles-ci
subissent dans l’emploi et dans la sphère
publique.
La crise économique aujourd'hui sert de loupe
aux inégalités entre les femmes et les hommes
dans l'emploi. En effet, comme l’a noté
l’Observatoire des inégalités1,
cette crise a paru – au moins dans un premier
temps – moins toucher les femmes que les hommes
pour ce qui concerne l’emploi. Entre juin 2008
et juin 2009, l’augmentation du chômage a été
deux fois plus forte pour les hommes (+27 %) que
pour les femmes (+11 %), sur un total de 571 900
chômeurs supplémentaires. Cet apparent paradoxe
est dû à la segmentation du marché du travail :
les hommes et les femmes n’occupent pas les
mêmes postes, ni dans les mêmes secteurs. Cette
hausse du chômage a d’abord été causée par les
fins de contrats d’intérim, surtout dans le
bâtiment, et les licenciements massifs dans
l’industrie.
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Le
«genre» dans tous
ses états

Par
MICHÈLE RIOT-SARCEY
professeure
d’histoire des idées
à l’université Paris
8
Hommes et
femmes ne sont pas identiques,
nous l’admettons volontiers,
mais l’inégalité entre les sexes
est le produit des relations de
pouvoir entre hommes et femmes
(le genre). Décrypter le
processus de domination qui,
par-delà de la loi, structure
les sociétés, est une nécessité
pour appréhender le monde
actuel. En France, en dépit de
l’égalité des droits, les femmes
représentent 80 % des
travailleurs pauvres et sur
elles reposent l’essentiel des
tâches ménagères. Mais leur
retraite est, en moyenne,
inférieure à 600 euros par mois
(source : Collectif national
pour les droits des femmes, CNDF).
A la manière des féministes
noires américaines, nous
pourrions énoncer le paradoxe
suivant : si dans les pays
démocratiques, les hommes sont
libres, la plupart des femmes
savent qu’elles ne le sont pas.
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La Bulgare Irina Bokova,
nouvelle directrice générale de l’Unesco,
souhaite faire du combat pour l’égalité
hommes-femmes une des priorités de son
mandat. Tout un symbole, elle a choisi
samedi de réserver sa première sortie
officielle au Women’s Forum de Deauville, le
"Davos féminin" qui a rassemblé cette
semaine des dirigeantes du monde entier.
Etes-vous fière
d’être la première femme élue à la tête
de l’Unesco?
C’est un signal très fort pour toutes
les femmes, la preuve qu’il est possible
pour elles d’accéder aux plus hautes
responsabilités dans leur pays mais
aussi au sein des institutions
internationales. Trop souvent, le
pouvoir leur fait peur et elles
s’excluent de la compétition. Le secret,
c’est la confiance en soi.
Avez-vous dû
batailler plus qu’un homme pour accéder
à cette haute fonction?
Soutenue par le gouvernement bulgare,
j’ai pu faire une longue campagne dans
47 pays. Dans cette course, j’ai
affronté neuf autres bons candidats,
dont quatre femmes de talent. C’était
une compétition entre hommes et femmes,
ce qui est l’idéal. Je n’ai pas été élue
parce que je suis une femme mais parce
que ma candidature était la meilleure.
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L'actuel
grand maître, Pierre Lambicchi, cardiologue
âgé de 59 ans, refuse de livrer sa position
personnelle en raison de sa charge.
Crédits photo : AFP
La première obédience maçonnique
française, réunie vendredi à Lyon, a voté contre
l'intégration des femmes comme membres à part
entière.
Le Grand
Orient de France ne deviendra pas mixte. C'est
ce qu'ont décidé les 1.200 délégués du «convent»
annuel l'assemblée générale de l'organisation-
vendredi à Lyon. La première obédience
maçonnique française a voté à 56% contre
l'initiation des femmes dans ses loges et à
58,7% contre l'affiliation de «sœurs» déjà
initiées dans d'autres obédiences. Le Grand
Orient de France, qui est une organisation
masculine depuis 1772, le restera donc.
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Le sport a-t-il un sexe ?

Par ANNIE SUGIER présidente de
la Ligue du droit international des femmes,
JULIAN JAPPERT directeur du
think tank Sport et citoyenneté.
Face aux prouesses de
«Lightning Bolt», les médias et les athlètes se
félicitent d’avoir pu assister de leur vivant à
l’envol d’un pareil phénomène : «Celui qui a
marqué à jamais l’athlétisme»,«Un ouragan»,«Un
phénomène aux compas de géant emmenant un
braquet jamais vu dans l’histoire de
l’athlétisme»… Sous le titre «L’encombrant M. Bolt»,
l’Equipe note : «De Green à Bailey, de Pérec à
Johnson, ils sont unanimes : l’extraterrestre
n’a pas de rival.» Toute autre est la tonalité
des réactions face aux performances de la
Sud-Africaine Caster Semenya. Les commentaires
passent très vite de l’admiration - elle a
«assommé la concurrence» - à la suspicion : et
si c’était un homme ? Sa voix, son corps, ses
poils, tout y passe, y compris son style de
course qui serait masculin. A l’exception
notable de l’Anglaise Jennifer Meadows, l’une
des dauphines de la jeune Sud-Africaine lors du
800 mètres, les autres concurrentes interviewées
n’hésitent pas à alimenter les rumeurs. Ainsi,
l’Italienne Elisa Cusma, sixième de la course,
s’emporte avec virulence, déclarant : «On ne
devrait pas laisser ce genre de personne courir
avec nous.»
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Par Judith Butler et
Avital Ronell

Judith
Butler et Avital Ronell, les deux plus
grandes représentantes américaines de la
«French Theory», cette pensée inspirée de
Deleuze, Foucault, Derrida, évoquent ici
leur relation à la France, à l'amour, et le
scandale que leur oeuvre n'a cessé de
provoquer. Si l'on ne présente plus Judith
Butler, grande théoricienne des genres
sexuels, professeur à Berkeley, égérie gay
mondialement connue, le public français
commence à découvrir Avital Ronell. Lectrice
raffinée de Derrida, Blanchot, Flaubert et
de tant d'autres, la «Dark Lady» de
la déconstruction, comme on la surnomme,
élue par «Village Voice» comme un des trois
meilleurs écrivains au monde, en impose par
sa sophistication subtile, son humour et la
prodigieuse intelligence de ses textes.
Rencontre au café Le Rostand, à deux pas du
jardin du Luxembourg.
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Qui sont les
femmes qui portent la burqa en France ?

Le gouvernement
n'exclut pas de légiférer sur le port de ce
voile, dont les adeptes en France sont souvent
jeunes et proches du mouvement salafiste qui
prône un islam rigoriste.
Si certaines femmes souffrent de ce voile qui
les ensevelit de la tête au pied, «la majorité a
volontairement adopté cette tenue», tranche
Bernard Godard, spécialiste de l'islam (1).
«Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on
compte pas mal de converties dans leurs rangs»,
ajoute cet ancien du Bureau des cultes
au ministère de l'Intérieur. «Elles deviennent
salafistes comme on entre dans une secte»,
poursuit-il.
Les salafistes, tenant d'un islam radical,
restent minoritaires en France. Ils seraient
entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent
régulièrement, dopés par leur opposition à
l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le
tabligh, attire justement des jeunes en mal
d'absolu, dont des femmes. Comme dans les
sectes, leurs membres passent des heures à
peaufiner les règles, à revoir les sourates,
mais aussi les milliers de hadiths, ces paroles
rapportées du Prophète qu'ils entendent
respecter à la lettre. Or ces hadiths sont aussi
riches que contradictoires.
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La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa,
par Pierrette Fleutiaux
 Si j’étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l’homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l’homme respectueux de l’ordre divin. Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l’interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
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Femmes battues : le spot choc
de l'actrice Keira Knightley
L'héroïne de
"Pirates des Caraïbes" joue dans un spot
particulièrement réaliste dénonçant les
violences conjugales.
L'association
britannique de défense des droits de la femme
Women's Aid
a mis en ligne, vendredi 3 avril, un spot
dénonçant les violences conjugales
particulièrement explicite et mettant en scène
l'actrice Keira Knightley
L'héroïne de la série "Pirates des Caraïbes"
joue le rôle d'une actrice qui, après sa journée
travail, rentre à son appartement, où l'attend
son compagnon. Celui-ci, jaloux que sa petite
amie ait pu embrasser des comédiens, la bat lors
d'une scène extrêmement réaliste.
"Je voulais faire partie de cette publicité pour
Women's Aid car, alors que la violence conjugale
existe dans chaque couche de la société, nous en
entendons rarement parler", explique Keira
Knightley sur le site de l'association. "Nous ne
pensons peut-être pas connaître quelqu'un qui a
connu la violence conjugale, mais cela ne veut
pas dire que ça n'arrive pas".
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Laure
Daussy (lefigaro.fr)
06/03/2009 |
 A
l'occasion de la journée des femmes, les
Chiennes de garde ont couronné le cardinal et
archevêque de Paris, pour cette déclaration :
«Le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui
soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une
jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête.»
«Vadre retro
Cardinal». «23, V'la les machos». C'est sous
ces bannières que le groupe de féministe les
Chiennes de garde «félicitent» ce
vendredi le cardinal archevêque de Paris.
Elles l'ont élu «macho de l'année», à
l'occasion de la journée des femmes qui aura
lieu dimanche, parmi
une liste de déclarations «sexistes»
répertoriées toute l'année. Ce prix est une
première, pour «fêter» les dix ans
d'existence de l'association.
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Une
enquête pointe la nécessité de prendre en
compte le temps de travail domestique
Un
nourrisson noué dans le dos, une bassine
de manioc ou un fagot de bois maintenu
sur la tête : les femmes africaines
déambulent rarement les bras ballants.
Si l'intensité de leur travail, aisément
perceptible, relève de l'évidence, leur
contribution à l'économie passe
largement inaperçue. Ainsi, le taux
d'activité des femmes africaines (62 %)
est supérieur à celui qui prévaut en
Europe (49 %). Mais, reléguées dans des
activités informelles, voire non
marchandes, et assignées aux tâches
ménagères, elles ne pèsent guère dans
les indicateurs qui reflètent l'état des
sociétés et sont censés inspirer les
politiques.
Un
chercheur de l'Institut de recherche
pour le développement (IRD), Jacques
Charmes, a entrepris depuis des années
de lever le voile sur la réalité de
l'emploi du temps des Africaines, en
enquêtant minutieusement sur leurs
activités quotidiennes. Afin de leur
rendre justice et d'inciter à un partage
plus équitable des tâches entre les
sexes. Mais aussi pour montrer de quelle
façon la surcharge de travail qui pèse
sur les femmes compromet le
développement économique.
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Le féminisme en bottes de cow-boy
Jean-François Lisée directeur exécutif du Centre
d’études et de recherches internationales de
l’Université de Montréal.
Le 8 mars
2009 ne sera pas un grand cru dans
l’histoire du mouvement féministe mondial.
On tentera, comme chaque année, de savoir si
nous sommes dans la phase postféministe ou,
comme on l’entend maintenant, post-postféministe.
Ces débats abscons nous font oublier que le
bon vieux féminisme première manière (pré-postféministe
?) a encore beaucoup de chemin à faire dans
bien des milieux. Or, il en fait, du chemin,
notamment grâce à la montée aussi tardive
que fougueuse du féminisme dans la musique
country américaine. Il s’agit d’une
industrie musicale puissante qui cible un
secteur de la population où la misogynie est
bien enracinée. Les Américains ont acheté
l’an dernier 48 millions d’albums country,
contre 140 millions d’albums rock, 33
millions d’albums rap et 11 millions
d’albums de musique classique.
Le chemin
parcouru depuis une quinzaine d’années est
considérable. On est loin du Stand by
Your Man (1968), où Tammy Wynette
invitait les femmes à appuyer leur homme
même s’il leur fait «faire des choses que
vous ne comprenez pas». Encore en 1986,
Reba McEntire avisait son mari qu’elle
serait toujours là lorsque son escapade avec
Whoever’s in New England - sa
maîtresse en Nouvelle-Angleterre - serait
terminée. Je m’y connais un brin car,
voulant accompagner mes heures d’écritures
de fond musical, j’avais en 1994 une
indigestion de rap et de heavy metal, alors
courant sur les chaînes musicales. J’ai
découvert Country Music Television, juste à
temps pour l’irruption de… Shania Twain.
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Les femmes assurent les 2/3 des heures de
travail dans le monde et ne perçoivent qu'un
dixième des revenus

40 milliards d'heures C'est le temps passé
au cours d'une année par les femmes
d'Afrique subsaharienne pour chercher de
l'eau : l'équivalent d'une année entière de
travail de la population active française.
(Fonds de développement des Nations unies
pour la femme, Unifem)
Les femmes assurent les 2/3 des heures de
travail dans le monde et ne perçoivent qu'un
dixième des revenus (ONU)
70 % des 130 millions d'enfants non
scolarisés dans le monde sont des filles. Il
n'est donc guère étonnant que 64 % des 867
millions d'adultes qui ne savent pas lire
aujourd'hui soient des femmes. (Banque
mondiale, Programme des Nations unies pour
le développement)
En 2007, 58,5 % des bacheliers français
étaient des filles. Elles ne représentent
plus que 42 % des élèves dans les classes
préparatoires aux grandes écoles, toutes
disciplines confondues. (Education
nationale)
26 % de filles parmi les élèves en écoles
d'ingénieurs en France . Leur salaire
d'embauche, à la sortie de l'école, est
inférieur de 7,5 % à celui des hommes.
(Insee, CNISF)
15 % des directeurs de recherche dans
l'Union européenne, toutes disciplines
confondues, sont des femmes . Ce taux n'est
plus que de 9 % dans les disciplines
scientifiques et techniques. (Commission
européenne)
21 % C'est l'écart de salaire moyen entre
hommes et femmes dans le monde . Cet écart
est de 17,4 % dans l'Union européenne, de 27
% en France . Il est de 15 % pour les PDG
américains, à secteur et taille de firmes
comparables en 2008. (Commission européenne,
Observatoire des inégalités, Corporate
Library)
Dans les entreprises du CAC 40, les femmes
représentent 8,8 % des membres des conseils
d'administration (Capitalcom)
60 % de femmes dans le gouvernement
finlandais
La Finlande est le seul pays de l'Union
européenne qui compte plus de femmes que
d'hommes au gouvernement. Le pays européen
qui compte le moins de femmes ministres est
la Hongrie (6,25 %). La France arrive en
cinquième position (41,18 %). Le taux moyen,
pour les 27 pays de l'Union s'établit à 25,5
%. (Fondation Robert-Schuman)
18,4 % de femmes parlementaires dans le
monde En Union européenne, le taux moyen est
de 24 % dans les 27 Parlements nationaux. La
Suède est au premier rang (46,70 %), Malte
au dernier (8,7 %). La France se classe 24e
, (18,54 %). (Unifem, Fondation
Robert-Schuman)
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Amicelle,
90 ans |
Myriam 33 ans |
Véronique 50 ans |
Myriam, Véronique, Amicelle :
trois générations, trois destinées ballottées
dans un quartier pauvre de Pointe-à-Pitre
Myriam ne
sait plus comment elle a trouvé le chemin de
Boissard. Le " ghetto ", comme on dit à
Pointe-à-Pitre, où l'on se fait trouer la peau
pour un mot de travers. Elle y vit sa jeunesse,
toute cassée par le crack. Véronique y a passé
quatre années, comme en enfer, avant d'en
réchapper. Ce n'est qu'aux abords de la
cinquantaine qu'elle touche à la sérénité.
Amicelle, 90 ans, qui n'a " pas la langue
d'un petit poisson frit ", veut y garder sa
case, celle de toute une vie.
Trois femmes "
doubout " selon le parler créole. Sinon,
comment survivre à pareils destins ? " Les
femmes, on ne les voit pas forcément dans cette
société locale matrifocale, dit la
sociologue Patricia Braflan-Trobo.
Elles n'ont pas besoin du devant de la scène,
car elles connaissent leur pouvoir. "
La première fois,
au centre Saint-Vincent-de-Paul, derrière le
palais de la Mutualité, Myriam, 33 ans, est
arrivée avec une chevelure de lionne, un feu de
broussaille roux qui l'auréolait. Les bras
couverts. Elle a raconté son enfance en
métropole, " chez les Ch'tis ", avec son
père blanc et sa mère guadeloupéenne. Puis le
retour au pays natal à 23 ans - elle est née à
Petit Pérou, une commune voisine de
Pointe-à-Pitre -, accro à l'héroïne.
" Ici, la
méthadone est payante. Il fallait aller chercher
le chèque tous les jeudis. J'ai fait mon sevrage
toute seule. "
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Deux jours de mobilisation contre les violences
faites aux femmes

La
campagne de l’Union des Femmes de la Martinique
contre les violences dans le couple a connu deux
temps forts ce week-end en présence des femmes
militantes de la Cafra et d'Aspire de Sainte
Lucie ainsi celles du Dominican Council of Women de
la Dominique.
SAMEDI, A
FORT DE FRANCE….
La rue piétonne,
le temps d’une matinée, s’est transformée en
forum d’échanges, de dialogue : les violences
dans le couple - le plus souvent contre les
femmes mais bien sûr aussi les enfants – mais
également la situation des femmes étrangères, la
question des femmes au travail, la place des
femmes dans notre société, autant d’axes de
combat de l’Union de femmes.
… QUAND LA
RUE, LA VIE ET LE THEATRE NE FONT QU’ UN
transformée en
forum d’échange mais aussi en théâtre grâce à la
troupe du Théâtre Forum : Suzy Singa et Hervé
Deluge ont choisi de mettre en scène des
situations que vivent certains couples dans
leurs relations. De façon interactive et
spontanée les passants ont pu faire part de leur
avis, réagir – en rejouant aussi la scène
eux-mêmes - Des situations qu’il est parfois
dérangeant pour certains de voir étaler ainsi
aux yeux de tous : un électrochoc est pourtant
nécessaire pour faire évoluer les mentalités.
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MARIE-PHILOMENE ROPTUS
dite
(1848-1879)
L’année 2008 marque le
160ème anniversaire de la naissance de Lumina
Sophie. Elle fut la femme insurgée la plus en
vue et la plus active lors des événements connus
sous le nom de « l’insurrection de Sud » en
1870. A cette occasion, l'UFM organise des
manifestations commémoratives, dont vous
trouverez le programme ci-après.

LUMINA SOPHIE dite SURPRISE naît le 5 novembre
1848, juste après l’abolition de l’esclavage, en
Martinique au Vauclin à l’habitation LA BROUE.
Elle est enregistrée à l’état civil sous le nom
de MARIE PHILOMENE SOPHIE, fille de Marie Sophie
dite ZULMA. Peu après le patronyme donné à sa
mère et à elle-même sera celui de Roptus.
La petite enfance de Surprise, se déroule à
l’habitation LA BROUE, où se met en place la
nouvelle vie des nouveaux libres à partir du
second semestre de l’année 1848, avec les
contrats d’association qui laisse en jouissance
aux travailleurs les cases et un petit lopin de
terre.
La famille de la petite fille est
majoritairement composée de femmes et sa grand
mère, Reine SOPHIE veille à la gestion du «
jaden boy Kay » où s’activent sa mère et ses
tantes pendant que les hommes dans le « jaden
nèg » se donnent à la culture des gros légumes
de caféiers, cacaoyers et de bananiers. A la
mort de sa grand-mère, la famille se disperse,
et c’est la rupture avec la famille élargie.
Surprise à 6 ans Zulma sa mère se retrouve à la
tête d’une famille monoparentale qu’elle
installe sur l’habitation Champfleury entre
VAUCLIN et RIVIERE PILOTE. Zulma a plusieurs
cordes à son arc, elle est couturière,
cultivatrice, marchande mais aussi journalière
sur les habitations voisines. Surprise, apprend
la couture, accompagne sa mère au marché, et
lors des récoltes de la canne à sucre et du
café. Elle fait ainsi l’apprentissage des
conditions de vie des ouvriers et des paysans.
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Communiqué du
GRAF-M
Le GRAF-M (
Groupe de Recherche et d’Action Féministe de
Martinique ) se réjouit de la mise en place,
dans les locaux de Fort-de-France, rue Victor
Sévère, d’une structure d’accueil pour les
femmes victimes de violences conjugales. Ce
fait, dit de société, est un drame que vivent,
bien souvent au quotidien, de très nombreuses
femmes en Martinique (et de par le monde). Ces
violences physiques et psychologiques ont la
particularité de s’exercer dans la sphère privée
et familiale (espace en principe réservé au
bien-être, au repos et à la tendresse
relationnelle du couple et de la famille). Or,
ces violences peuvent être continuelles, sans
cesse réitérées, amenant la femme à un
dérèglement de la sphère affective et
émotionnelle avec troubles dépressifs graves.
Ces violences ont été souvent dénoncées et
dénombrées en disant les méfaits psychologiques,
en attirant l’attention de tous et de toutes sur
ce manquement à la dignité et au respect envers
les femmes.
Pour autant, la
prise de conscience ne se fait que trop
lentement, les vraies responsabilités (non de
ceux et celles qui dénoncent les violences, mais
de ceux qui les commettent) sont longues à être
identifiées, reconnues et assumées.
Notre société
commence donc enfin à admettre et à reconnaître
ces violences et met en place cette structure
d’accueil. C’est un progrès presque
symbolique, car il faut aller plus loin,
c’est évident,
les structures d’accueil pour les femmes
victimes de violences existent bien : l’UFM,
Rosannie SOLEIL avec le DUA (66, rue Blénac)
dispositif d’urgence et d’accompagnement qui
travaille en réseau avec tous les organismes et
structures, CENDRA, Forces Actives, ELLES AUSSI
Martinique, 115 (COALEIX).
Le travail militant de ces structures et le
battage médiatique commencent à porter leurs
fruits.
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Des femmes du
Mouvement de libération des femmes (non déposé,
ni «co-fondé»).
Nous
voilà donc, en octobre 2008, conviées à
célébrer le quarantième anniversaire de la
«fondation» du MLF, sous le patronage
d’Antoinette Fouque, directrice des éditions
Des femmes. Au-delà de la bizarrerie de
cette annonce (le «MLF» - Mouvement de
libération des femmes n’apparaît dans aucun
tract militant, aucun compte rendu de
réunion, aucun média avant 1970) et de
l’hilarité qu’elle suscite chez nombre
d’actrices et de contemporain(e)s du
mouvement, c’est la notion même de
«fondation» d’un mouvement social qui est un
véritable oxymore.
On a beaucoup
parlé, récemment, de mai 1968. On en a
rappelé le fantastique foisonnement de
paroles, d’idées, de révoltes, de désirs
enfin mis à nu : un formidable moment de (re)mise
en mouvement de la société - et pas
seulement en France.
Il n’est venu
à l’idée d’aucun des acteurs, célèbres ou
anonymes, de cette période, d’en réclamer la
paternité, de se déclarer initiateur, ou
«fondateur» de mai 1968. Daniel Cohn-Bendit
lui-même, symbole du mouvement l’aurait-il
tenté, qu’il eût été accueilli par un
gigantesque éclat de rire et amicalement
enjoint de se soigner dans les plus brefs
délais. Car, nous le savons, on peut fonder
une entreprise, une association, un culte,
une SCI, une SARL, une maison d’éditions,
une secte, parfois tout cela ensemble : on
ne peut pas «fonder» un mouvement. Il existe
bien sûr des livres fondateurs : le
Capital, par exemple ; il existe des
actes, ou des événements fondateurs : la
nuit du 4 août, la prise de la Bastille, ou
du palais d’Hiver ; ils ne font nullement de
Marx le «fondateur» du mouvement ouvrier, de
Saint-Just ou Robespierre les «fondateurs»
de la révolution française, ou de Lénine le
«fondateur» de la révolution d’Octobre - et
Antoinette Fouque, même si certains de ses
admirateurs le pensent, n’est pas Marx, ou
Saint-Just, ou Lénine.
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Aux Etats-Unis, les féministes
n'hésitent plus à parler d'une
morale spécifiquement féminine.
Sans retomber dans un argumentaire
" naturaliste ", leur pensée permet de renouveler
les théories de la justice
Tout commence dans une cour
de récréation : les jeux
masculins y sont généralement
plus collectifs et plus longs,
comme si les garçons prenaient
autant de plaisir à discuter des
règles qu'à jouer, alors que les
filles privilégient les petits
groupes intimes et estiment
qu'une règle est valable aussi
longtemps que le jeu la
justifie, préférant cesser
l'activité en cas de dispute.
Avec l'âge, ces différences
vont-elles s'accentuer ?
Lire la suite |
Dans un centre
d'accueil pour les victimes de
violences. (Reuters)
Une étude alerte sur la
hausse des actes commis par les conjoints ou
les ex.

Plus d’une violence volontaire sur
quatre constatées en France en 2007 a
concerné une femme majeure, victime de
son conjoint ou de son ex-conjoint.
C’est l’un des principaux enseignements
de la vaste enquête que publie
aujourd’hui l’Observatoire national de
la délinquance (OND), chargé de la
divulgation des statistiques et études
officielles de la délinquance en France.
Les services de police et de gendarmerie
ont enregistré l’année dernière 47
573 faits de violences volontaires sur
des femmes, soit 25,6 % de l’ensemble
des violences sur personnes de 15 ans et
plus. Ce constat est d’autant plus
vertigineux qu’il s’accompagne d’une
forte accélération des actes commis
contre les femmes depuis trois ans (+
31,1 % par rapport à 2004), il est vrai
dans un contexte général de hausse des
violences «auquel celles sur les
femmes majeures par conjoints
contribuent de façon croissante»,
analyse l’OND.
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Cyril
Rizk est responsable des statistiques de
l’observatoire national de la délinquance (OND),
qui publie aujourd'hui une vaste enquête
concluant à une hausse des violences faites
aux femmes ces dernières années.
Recueilli par
JACKY DURAND
Les
violences conjugales sont-elles
déterminantes dans la hausse générale
des violences volontaires ?
Cette hausse que vous évoquez concerne
les faits constatés par la police et la
gendarmerie, et effectivement entre 2006
et 2007, alors que le nombre de
violences sur personnes de 15 ans et
plus a augmenté de 12.835 faits
constatés (+ 7,5%), près de 60% de cette
hausse était composée de faits de
violences volontaires sur femmes
majeures par conjoint ou ex-conjoint. On
peut rappeler qu’en 2006, la législation
a élargi la notion de violence par
conjoint aux ex-conjoints, ce qui a pu
entraîner une partie de la hausse.
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Les
femmes, un levier économique sacrifié dans les
pays en développement
En ne permettant pas aux
jeunes filles de suivre une scolarisation
régulière, l'Asie du Sud et l'Afrique
subsaharienne pénalisent leur croissance à
court et long termes

Les femmes nées
en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne
grandissent dans des régions en proie à la
pauvreté, la maladie, la guerre ou la famine. Et
elles doivent faire face à ces problèmes avec
l'inconvénient majeur... d'être des femmes. Même
si de nos jours les questions d'appartenance
sexuelle font l'objet de plus d'attention, les
inégalités persistent. Nombre de filles des pays
pauvres continuent ainsi de se voir refuser
l'accès à une éducation élémentaire. Dans le
monde, trois enfants analphabètes sur cinq sont
des filles. Notamment en Asie du Sud et en
Afrique subsaharienne, les normes culturelles et
la détresse économique empêchent les parents
d'envoyer leurs filles à l'école ou de les y
laisser, s'ils doivent y inscrire leurs fils. La
solution la plus évidente consisterait à
construire plus d'écoles dans les lieux où les
filles et les garçons sont instruits séparément.
Dans les pays musulmans comme le Pakistan, le
Yémen et le Maroc, les écoles séparées sont, en
effet, la norme. Or, nombre de zones rurales ne
peuvent se permettre qu'une seule école
publique, généralement de garçons. En théorie,
près de la moitié des disparités en matière
d'éducation dans ces zones pourrait être gommée
par la construction d'écoles de filles. Partout
ailleurs, ce n'est pas le manque de moyens qui
pose problème. Les responsables politiques
doivent plutôt trouver comment renforcer les
mesures visant à inciter les parents à envoyer
leurs filles à l'école. Dans les pays où les
frais de scolarité des filles sont réduits,
grâce à une politique de gratuité ou de bourses,
leur taux de scolarisation augmente.
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Thaïlande,
paradis des trans
Au pays des hommes-femmes
Ils ont choisi de changer de sexe, parfois dès
l'adolescence. Elles sont médecins, attachées de
presse, journalistes, directrices commerciales,
actrices, danseuses... A Bangkok, les «ladies
boys» sont étonnamment intégrées dans la société
 Elle
croise les jambes. Les décroise délicatement.
Touche ses longs cheveux noirs. Parle d'une voix
suave, sensuelle. Directrice commerciale,
Crystal, 26 ans, travaille dans une grande tour
de verre située au centre de Bangkok. Cette
Thaïlandaise avenante est une manager
pointilleuse, une salariée modèle appréciée par
ses collègues. Mais aussi une femme un peu
spéciale. Crystal a un sexe d'homme. Elle est si
féminine, si gracieuse qu'il est difficile de le
croire. Même sa chef de bureau, qui la côtoie
tous les jours, a mis un an à le découvrir. Ici,
on appelle les filles comme elle les «ladies
boys» ou les «katoeys». On en compte près de 150
000 pour 63 millions d'habitants. Ces
transgenres passent inaperçus. Elles sont
intégrées comme dans aucun autre pays au monde.
La Thaïlande ou «le paradis des trans».
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Retour sur le "deuxième sexe"
par Roland Sabra
A l'occasion de
la journée internationale des luttes de
femmes , Madinin'Art a publié un dossier
consacré au centenaire de la naissance de
Simone de Beauvoir. L'importance de son
apport justifie aujourd'hui un second
dossier sans pour autant prétendre épuiser
le sujet. Le texte de Luce Irigaray affirme
la nécessité d'une autonomie des luttes des
femmes par rapport au monde masculin. Une
position que défend ici en Martinique l'UFM.
Que le sexe soit un construit social, la
socialisation primaire, pour ne pas dire le
dressage, que subissent les enfants dans
l'apprentissage de leur rôles sexués en est
l'illustration la plus évidente. Le rôle des
jouets, les rengaines " conduis-toi comme un
garçon, comme une fille" dispensées par les
parents, l'auto-flicage de la conformité des
comportements à travers les revues féminines
et leurs batteries de tests "sexuels", avec
lesquels chacune peut régler son
comportement de façon normative participent
à grande échelle à la consolidation d'un
sexuellement correct auquel il est difficile
d'échapper. Fût-ce au prix d'une
schizophrénie carnavalesque qui allie une
pseudo liberté avec une misère sexuelle dont
la méconnaissance du plaisir est à la
hauteur de la jouissance mise en branle.
Comme en témoignent les adolescentes le
discours sur la sexualité en Martinique est
un discours technique, médical, qui se
limite à la contraception et à la protection
contre les Maladies Sexuellement
Transmissibles. Le plaisir est le grand
absent du discours maternel, pour ne rien
dire de l'école.
La psychanalyse freudienne présentant la
féminité comme le "continent noir de la
sexualité" et surtout le rabattement
freudien de la sexualité féminine sur le "penisneid"
participent d'un obscurcissement de la
question. N'en déplaise à Guillaume Suréna,
orthodoxe freudien s'il en est! Un quart de
siècle après sa parution le texte de Luce
Irigaray n'a pas pris une ride c'est dire la
tâche de l'UFM. De sa place, de sa modeste
place, Madinin'Art soutient cette démarche
qui passe par la conquête de l'autonomie et
du droit au plaisir. Une rubrique consacrée
aux luttes d'émancipations féminines est
donc créée sur le site.
R.S.
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Les violences faites aux
femmes
par Lorraine Tournyol du
Clos, Institut national des hautes études de
sécurité,
et Thomas Le Jeannic, division
Conditions de vie des ménages, Insee

Les
violences envers les femmes sont multiples :
sans compter les agressions subies dans leur
cadre familial actuel, 6 % des femmes ayant
entre 18 et 59 ans ont été l’objet d’injures
sexistes en 2005 ou 2006, 2,5 % ont été
agressées physiquement et 1,5 % a déclaré
avoir subi un viol ou une tentative de viol.
Dans ce dernier cas, un sur cinq est
perpétré par l’ex-conjoint et la moitié des
victimes connaissaient leur agresseur. Les
violences sexuelles sont moins fréquentes au
sein du ménage, mais c’est l’inverse pour
les violences physiques. Les femmes sans
diplôme sont trois fois plus nombreuses à
subir des violences domestiques que les plus
diplômées. Les caresses, baisers et autres
gestes déplacés sont les agressions
sexuelles les plus fréquentes et ont pour
cadre le lieu de travail dans un quart des
cas.
Autant de violence envers les femmes dans le
ménage qu’en dehors
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À propos de
La
Domination masculine
Entretien avec Pierre Bourdieu
—
Pierre Bourdieu, à la fin de l’été 1998, vous
avez publié un essai sur la domination
masculine. C’est une réflexion qui s’inscrit
dans la suite de vos autres travaux, sur la
reproduction des rapports de pouvoir au sein de
l’État, de l’école, de la production artistique,
de la société globale, comme vous l’avez fait,
entre autres, avec
La
Reproduction et
La Distinction.
Vous avez soulevé la polémique en publiant un
bref essai
Sur la
télévision, en 1996, et depuis la
dernière rentrée vous avez été au cœur d’un
débat passionné qui a divisé l’université
française et les médias en un pour et un contre
; c’est une agitation qu’on comprend
difficilement de l’extérieur. Elle s’est
cristallisée autour de cette
Domination
masculine, un essai dans lequel vous
étudiez la violence symbolique infligée aux
femmes. Et pour l’écrire, vous avez renvoyé à
une expérience de terrain, que vous avez faite
en Kabylie dans les années 1960. Pourquoi ce
détour par la société maghrébine et par
l’ethnologie ?
— Je pense que la domination masculine est une
forme très particulière de domination, qui doit
sa force au fait qu’elle est invisible et
qu’elle passe inaperçue, même, et peut-être
surtout, à ceux qui la subissent, et c’est la
raison pour laquelle il m’a paru nécessaire de
faire le détour par une société à la fois très
éloignée, puisque c’est un objet traditionnel
d’ethnologie, comme la société kabyle, et en
même temps très proche parce que cette société
est inscrite dans la tradition méditerranéenne,
dont participe évidemment la société française
et plus largement la société euro-américaine.
Donc, en prenant pour objet cette société que
j’avais étudiée dans ma jeunesse et que je n’ai
pas d’ailleurs cessé d’étudier, j’ai voulu me
donner le moyen d’objectiver – c’est-à-dire de
transformer en objet que l’on peut regarder que
l’on peut mettre devant soi, qui est objectum,
qui est jeté en face de soi – quelque chose qui
est profondément inconscient, pourrait-on dire,
dans la mesure où il est incorporé. Je veux
parler du rapport de domination qui existe entre
les sexes, et qui est incorporé à la fois chez
les hommes et chez les femmes, sous forme de
manières de se tenir, de manières de s’asseoir,
de manières de parler, et plus généralement de
structures de perception, d’appréciation qui
organisent tout ce que nous voyons.
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La longue
marche vers la parité
par
Marie-Jo Zimmermann
Du
suffrage masculin au suffrage universel

Au
lendemain des élections cantonales et
sénatoriales de 2004 où si peu de femmes ont pu
se faire une place (10,9% pour les cantonale et
16,9% pour les sénatoriales), il convient de se
rappeler que le 29 avril 2005 sera l’occasion de
célébrer le tout jeune 60ème anniversaire de
l’accès des femmes à la citoyenneté. Les
françaises durent en effet attendre jusqu’au 21
avril 1944 pour voir l’Assemblée consultative
provisoire, du Comité français de Libération
nationale (CFLN), leur accorder le doit de vote
et d'éligibilité : 96 ans après que la IIème
République instaure le suffrage " universel "
masculin (1848) et interdise aux femmes
d'assister à des réunions politiques, 38 ans
après que ce droit fut reconnu aux Finlandaises,
14 ans après qu'il fut octroyé aux Turques.
C'est donc au
cours des élections municipales d'avril 1945,
que les françaises votèrent pour la première
fois et en septembre et octobre 1945 que
respectivement 39 d'entre elles furent élues
conseillères générales, et que 33 purent
franchir les portes de l'Assemblée nationale
constituante.
Alors qu’en
Suède les femmes avaient obtenu des droits
civils et civiques très forts et s’étaient
émancipées de la tutelle du mari depuis les
années 1920, les Françaises durent attendre les
années 1960-1970 pour voir leur droit à
l’autonomie inscrit dans la loi. Pour mémoire,
voici deux dates à retenir :
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par Pascal Charvet,
helléniste, membre
de la Commission ministérielle de réflexion
sur l’image des femmes dans les médias.

Il
faut du talent pour parodier avec élégance des
clichés d’une phallocratie qui, pour n’être plus
«doctrina grata»,
doit se trouver des expressions
intellectuellement respectables. Il faut du
talent pour donner à des lieux communs sans âge
l’air de penser quelque chose. Il faut du
talent, enfin, pour stigmatiser avec légèreté
une pensée lourde de sous-entendus et en
révéler, tout à la fois, le bon sens et la
bêtise. Denis Guedj, mathématicien, romancier et
journaliste a ces talents réunis. Celui qui,
dans une tribune sur les intermittents du
spectacle, qualifiait le funambule au chômage
d’intermittent de l’équilibre et d’intérimaire
de la gravitation, accepte, pour les besoins
d’une noble cause, d’être un épisodique de la
stéréotypie. Il prête sa plume - mais non sa
pensée, nous voulons le croire - à un machisme
dégraissé, à un sexisme éclairé, qui a trouvé
les moyens de survivre dans ce monde si
pernicieusement ouvert aux équivalences, acquis
à l’égalité des sexes. Il nous invite, en se
faisant peut-être l’avocat du diable, à admirer
les acrobaties paternes et bonifaces des clichés
les plus éculés, qui n’en finissent pas de faire
peau neuve : «Les maths sont à part car elles
ne sont pas censées traiter de la réalité… On
pourrait même dire qu’en faisant de la physique
on fait un peu de cuisine, alors que les maths
se rapprochent, elles, beaucoup de la philo…
Dans le raisonnement mathématique, le statut de
la vérité est particulier : ou c’est vrai, ou
c’est faux. Vous démontrez quelque chose par les
maths, qui ne peut être contredit que par les
maths. Cela peut être ressenti comme de la
violence, une forme de brutalité… Ce n’est pas
une science molle qui peut être mise à toutes
les sauces. Cette violence est-elle plus
ressentie par les filles ?» (Libération
du 26 mars :«Les filles ou le complexe des
mathématiques.»)
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Dialogue entre Freud et de Beauvoir
"Le Deuxième sexe" à l'épreuve de la
psychanalyse.
par
Louise Grenier
Pour
autant, leurs discours sont nécessaires à
l'étude de la situation des femmes, ils peuvent
donc coexister mais l'un ne peut servir
d'arguments pour confirmer ou réfuter l'autre.
Dans Le deuxième sexe Simone de Beauvoir rejette
le point de vue psychanalytique après l'avoir
vidé de son caractère fondamental, soit le fait
que la psychanalyse prenne pour objet la vie
psychique inconsciente. Autrement dit, elle
traite la psychanalyse comme une psychologie du
moi ou une conception philosophique de la
féminité, ce qu'elle n'est pas.
Pour Freud comme pour de Beauvoir, «on ne naît
pas femme on le devient». Pour tous deux, il n'y
a pas de nature féminine pas plus que de nature
humaine. La féminité est un construit qui pour
le premier est déterminée par l'anatomie dans
son rapport au symbolique (discours et
représentations inconscientes de la fille comme
doublure négative du garçon par exemple ou comme
déterminée par sa fonction maternelle) alors que
pour la seconde, la féminité est l'effet de
déterminations historiques qui tirent leur
puissance aliénante de la fonction maternelle
féminine. Pour Freud et pour de Beauvoir la
fonction maternelle biologique déterminerait
donc un destin, l'enfant servant dans la théorie
freudienne à compenser un manque phallique
narcissique, alors que dans la pensée
beauvoirienne, au contraire elle servirait à
inférioriser et dévaloriser l'être féminin, dès
lors voué à des tâches naturelles. Autrement
dit, c'est en devenant mère que la femme
acquerrait une valeur sociale et culturelle
(réparation narcissique dans l'inconscient) chez
Freud alors que pour de Beauvoir c'est à cause
de cette fonction que la femme serait exclue de
la culture et empêchée d'exister comme sujet.
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Le deuxième sexe" en héritage
Par Sylvie Chaperon

Dès sa sortie en 1949,Le Deuxième Sexe fait
bruyamment parler de lui. Les grandes revues
intellectuelles lui consacrent leur chronique
littéraire. Les quotidiens ouvrent leurs colonnes à
des dizaines d’articles et de comptes rendus,
souvent signés par de grandes plumes : François
Mauriac, Julien Benda, Julien Gracq, Emmanuel
Mounier, Roger Nimier, pour n’en citer que
quelques-unes. L’affaire occupe pendant quelques
mois la « une » des préoccupations intellectuelles
des comités éditoriaux. Rarement un livre écrit par
une femme sur les femmes aura suscité tant de débats
passionnés. C’est que Simone de Beauvoir met
sérieusement à mal quelques-uns des consensus sacrés
de son temps. Depuis les années 30, une politique
familiale et maternaliste d’une ampleur jamais
égalée se construit patiemment en France. Les
allocations familiales, l’allocation de salaire
unique, les prêts au mariage, le quotient familial
et une myriade d’autres mesures tentent de redresser
une natalité durablement effondrée. Le baby-boom,
exceptionnellement
Lire
la suite |
par Luce Irigaray
La sexualité féminine a toujours été pensée à partir de
paramètres masculins. Ainsi l'opposition d'activité virile clitoridienne
/ passivité féminine vaginale dont parle Freud - et bien d'autres... -
comme étapes, ou alternatives, du devenir une femme sexuellement
« normale » semble un peu trop requise par la pratique de la sexualité
masculine. Car le clitoris y est conçu comme un petit pénis agréable à
masturber tant que l'angoisse de castration n'existe pas (pour le petit
garçon), et le vagin tire son prix comme « logis » du sexe masculin
quand la main interdite doit se trouver un relais pour le plaisir. Les
zones érogènes de la femme ne seraient jamais qu'un sexe-clitoris qui ne
soutient pas la comparaison avec l'organe phallique valeureux, ou un
trou-enveloppe qui fait gaine et frottement autour du pénis dans le
coït: un non-sexe, ou un sexe masculin retourné autour de lui-même pour
s'auto-affecter.
Du plaisir de la femme rien
ne se dit dans une telle conception du rapport sexuel. Son lot
serait celui du « manque » de l' "atrophie « (du sexe)", et de -
" l'envie du pénis " comme seul sexe reconnu valeureux. Elle
tenterait donc par tous les moyens de se l'approprier : par son
amour un peu servile du père-mari susceptible de le lui donner, par
son désir d'un enfant-pénis de préférence garçon, par l'accès au
valeurs culturelles de droit encore réservées au seuls mâles et de
ce fait toujours masculines, etc. La femme ne vivrait son désir que
comme attente de posséder enfin un équivalent du sexe masculin.
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Le travail du genre
Profession : policier. Sexe
: féminin
par Geneviève Pruvost

Les
concepts de genre et de travail sont au fondement de
la réflexion anthropologique sur la « valence
différentielle des sexes » -pour reprendre
l’expression de l’anthropologue Françoise Héritier
dans la mesure où il existe dans toute société
connue des travaux d’hommes et des travaux de
femmes, organisés selon le double principe de
séparation et de hiérarchie. Si l’on rentre
maintenant dans le détail du contenu même de la
division sexuelle du travail, il repose notamment
sur le monopole masculin, à de rares exceptions
près, du maniement des outils les plus sophistiqués1.
Or parmi ces outils, les armes constituent un cas
particulier. Elles font l’objet d’une interdiction
redoublée, qui s’est longtemps traduite par un
verrouillage de l’armée et la police, institutions
spécialisées dans l’usage de la contrainte physique
2,
longtemps réservées aux hommes.
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Le retour des concubines
Par Pierre TIESSEN

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| Interdite
sous Mao (qui pourtant ne se privait pas), la pratique
revient en force: la plupart des nouveaux riches et des
cadres du parti entretiennent une ou plusieurs
maitresses. Un phénomène qui dérange en haut lieu.
"Voilà, c'est
lui, mon amant. C'est un homme mûr, sourit Xue Li, 22
ans. On s'est rencontrés il y a huit mois, par
l'intermédiaire d'une amie." Sur la photo, un homme au
visage rond, les tempes poivre et sel, attablé avec des
amis dans un restaurant du vieux Pékin. A-t-il femme et
enfant? "Non. Enfin, je n'en sais rien, peut-être. Oui,
sans doute... Peu importe, il m'adore."
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Moi, Laura D., étudiante et
prostituée par Anne Vidalie
Poussées par la précarité, elles
seraient des milliers à se transformer
en escort girls occasionnelles.
Alors qu'une enquête révèle l'ampleur du
phénomène, un livre-témoignage - dont
L'Express publie des extraits exclusifs
- raconte cet engrenage.
Du bout de
leurs plumes, Laura D. et Eva Clouet lèvent un coin du
voile sur un sujet obscur et dérangeant: la prostitution
étudiante. Chacune à sa manière. Laura, 19 ans, en
deuxième année de langues étrangères appliquées, sait ce
que vendre son corps veut dire. «J'y ai été obligée pour
payer mes études», dit-elle. Pour régler son loyer et
remplir son réfrigérateur, aussi. Pour ne pas échouer
aux Restos du cœur, surtout. La faim au ventre, l'argent
facile à portée de clic, le dégoût de soi: elle raconte
la spirale du sexe tarifé dans un livre lucide et
poignant, Mes chères études, qui paraîtra le 17
janvier aux éditions Max Milo et dont L'Express publie
ici des extraits en exclusivité.
Le même jour,
le même éditeur publiera La Prostitution étudiante à
l'heure des nouvelles technologies de communication.
Une enquête signée Eva Clouet, 23 ans, étudiante en
sociologie qui a exploré les motivations de ces escort
girls occasionnelles. Ce voyage en terre inconnue lui a
réservé quelques surprises. Celle, notamment, de
rencontrer «des filles normales, ordinaires, qui me
ressemblent dans leur façon de vivre, dans leurs
projets. Pas des bimbos maquillées à cuissardes noires».
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Les gender studies
Apparues dans
les années 70 aux États-Unis, les gender studies ont
profondément renouvelé l'étude des rapports homme/femme
en posant que la différence de sexe est une construction
sociale. Si ce courant n'a guère d'équivalent en France,
en revanche la notion de genre a fini par s'imposer dans
les études féministes et de nombreux enjeux de société.
Objet et
genèse
Le concept de
« gender » est né aux Etats-Unis dans les années 70
d'une réflexion autour du sexe et de l'utilisation de
cette variable dans les recherches en sciences sociales.
Le mouvement féministe qui a pris de l'ampleur après la
révolution sexuelle cherche à faire entendre sa voix au
sein des institutions de recherche. Il s'agit de faire
reconnaître un engagement qui se veut de plus en plus
une réflexion renouvelée sur le monde. C'est un
psychologue, Robert Stoller (1), qui popularise en 1968
une notion déjà utilisée par ses confrères américains
depuis le début des années 50 pour comprendre la
séparation chez certains patients entre corps et
identité. De là l'idée qu'il n'existe pas une réelle
correspondance entre le genre (masculin/féminin) et le
sexe (homme/femme). Dès 1972, en s'appuyant sur
l'articulation entre la nature et la culture développée
par l'anthropologue français Claude Lévi-Strauss, la
sociologue britannique Anne Oakley(2) renvoie le sexe au
biologique et le genre au culturel. Les universitaires
américaines récusent le rapprochement souvent effectué
entre les femmes et la nature (principalement à cause de
leurs facultés reproductives) alors que les hommes
seraient du côté de la culture. Un retentissant article
publié en 1974 par l'anthropologue Sherry Ortner (3) en
rend les termes particulièrement explicites : « Femme
est-il à homme ce que nature est à culture ? » En
anthropologie, c'est à Margaret Mead que revient une
première réflexion sur les rôles sexuels dans les années
30 (4). L'étude des rôles assignés aux individus selon
les sexes et des caractères proprement féminins et
masculins permet de dégager l'apprentissage de ce qui a
été donné par la nature.
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Masculin-féminin : la nature du genre

Les études
sur le genre conçoivent la différence entre hommes et
femmes comme une construction culturelle. Pourtant, les
débats autour de la parité et de l’homoparentalité ont
eu souvent recours à la nature pour justifier certains
points de vue…
En
cet automne 2006, une Française est donc
devenue « présidentiable » à la tête de l’Etat français…
Un demi-siècle après la parution du Deuxième Sexe
(Simone de Beauvoir doit jubiler dans sa tombe !) et
après que les Françaises ont obtenu le droit de vote
puis leur émancipation « légale » par toute une série de
lois, le débat sur la différence des sexes serait-il
réglé ?
En fait, c’est à tout le contraire que nous assistons.
Pour certaines, les stéréotypes de sexes, la violence
symbolique de la domination masculine et ses avatars –
sexisme, machisme – n’ont pas disparu. Pour d’autres,
l’égalité ne signifie pas qu’il faille gommer les
différences entre l’un et l’autre sexe. Cet argument a
profondément divisé les féministes depuis sa naissance,
et notamment au moment où le Mouvement de libération des
femmes battait son plein dans les années 1960. Mais en
France, il n’apparaissait qu’en filigrane, servant même
de prétexte pour fustiger l’extrémisme de dangereuses –
mais lointaines – féministes hystériques
d’outre-Atlantique…
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Voyages, plaisirs et
transgressions
Vers un tourisme sexuel de
masse ?
Les industries du voyage et du
sexe partagent beaucoup
d’intérêts dans la
transformation du monde en
gigantesque parc de loisir.
Enraciné dans l’univers ancien
de la prostitution, le tourisme
sexuel s’étend au rythme de
l’accroissement de la mobilité
et de la globalisation
touristique. Dans des pays où la
constante est la pauvreté, il
affecte des centaines de
milliers d’êtres humains dont
une part non négligeable
d’enfants.
Par
Franck Michel
A
la suite du tourisme classique,
c’est maintenant le tourisme
sexuel qui connaît une
« démocratisation ». De plus en
plus, on observe l’essor d’une
prostitution « à la carte », une
tendance qui, finalement, ne
fait que suivre celle des
voyages sur mesure... Il n’est
plus rare de rencontrer, à
Phuket ou à Ko Samui, pour
évoquer le cas de la Thaïlande,
un routard occidental avec, à
l’arrière de sa moto ou
accrochée à son bras, une « girlfriend »,
appellation officielle et plus
acceptable de la prostituée,
qu’il a louée à la semaine ou au
mois.
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jineteras et pingueros : le
tourisme sexuel à Cuba
On le sait Cuba fait maintenant
partie des destinations phares
pour les célibataires (hommes et
femmes) à la recherche
d’aventures, le plus souvent
payantes. La police a beau se
montrer de plus en plus sévère
avec les “jineteras”, le
phénomène réapparait dès que la
pression se relâche un peu.
Pour le gouvernement c’est
évidemment gênant de constater
qu’il existe à Cuba, comme dans
les autres pays pauvres
d’Amérique Latine, des filles
obligées de se prostituer pour
survivre. Ca ne colle pas trop
avec le “socialisme héroïque”
etc…
Certes la prostitution n’a pas
été inventée par Castro : elle
existait déjà beaucoup sous
Batista quand on disait “Cuba,
bordel de l’Amérique”. Cette
phrase maintes fois reproduite
est un cliché qui n’a pas
vraiment de fondement historique
: le nombre de touristes
américains sous Batista
oscillait entre 250 et 300 000
par an. On est loin des hordes
de touristes européens (près de
2 millions en 2004).
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"La
journée internationale des
femmes"
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Du
côté des petites filles
Elena Gianini Belotti
J'ai
entendu un petit garçon
d'environ cinq ans qui suivait
sa mère au supermarché, insister
pendant toute la durée des
achats pour avoir un savon à
lessive. " Mais quand est-ce que
je la ferai, moi, la lessive ? "
demandait l'enfant avec
obstination. "Tu ne peux pas
faire la lessive, toi", lui
répondait sa mère, inflexible, "
tu es un garçon. " Mais, je veux
faire la lessive avec du savon"
, insistait l'enfant, la mère ne
lui répondait même plus, jusqu'à
ce que le petit garçon aille
vers un rayon, prenne un savon
et le dépose dans le chariot. La
mère, furieuse, le remit sur le
rayon et réprimanda sévèrement
l'enfant, qui se mit alors à
pleurer de rage. La mère fut
inexorable. Il est sûr qu'après
un refus aussi significatif,
sans appel, ce petit garçon
n'essaiera plus de demander du
savon pour la lessive et
orientera ses demandes vers
d'autres objets dont il aura
appris à reconnaître qu'ils sont
permis.
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Beauvoir aux risques de la liberté
« La femme libre est seulement en
train de naître. »
(Simone de Beauvoir, Le Deuxième
Sexe, II, 641)
Discours
d’ouverture du colloque Simone de
Beauvoir par Julia Kristeva
 Plus qu’une révolution sociale et
politique, c’est une révolution
anthropologique que l’œuvre de Simone de
Beauvoir a déclenchée. Nous n’en avons pas
encore mesuré les conséquences. Je
dis bien : «révolution
anthropologique » car, au-delà du
libre choix de la maternité et du
droit à la parité sociale,
économique et politique, c’est d’une
nouvelle façon d’assurer la
continuité de l’espèce humaine qu’il
s’agit, accompagnée d’une courageuse
définition de la transcendance comme
liberté. (Beauvoir l’existentialiste
vise à faire advenir en effet dans
la femme le « sujet » ou l’«
individu » qui « éprouve le besoin
indéfini de se transcender » (LDS,
I, 31-32). Non sans préciser : «
nous sommes libres de transcender
toute transcendance, mais cet
‘ailleurs’ est encore au sein de
notre condition humaine » (Pyrrus et
Cineas, 370) ; et d’ajouter que la
liberté dont il s’agit, loin de tout
spontanéisme naïf, est une « liberté
qui doit contester en son propre nom
les moyens
dont elle use pour se conquérir »
(Pour une morale de l’ambiguïté,
193). A ces défis du IIIe millénaire
s’ajoute l’empire du spectacle,
auquel Simone de Beauvoir – contre toute
attente, et contre tous ceux
qui veulent l’enfermer dans une
image « scandaleuse », mais « so
yesterday », répondait
déjà qu’il n’y a qu’une réponse : le
développement et le respect du génie
singulier dans chaque
homme, dans chaque femme. « Pour que
ce monde ait quelque importance,
pour que nos
entreprises aient un sens et
méritent des sacrifices, il faut que
nous affirmions l’épaisseur
concrète de ce monde, la réalité
singulière de nos projets et de
nous-mêmes… le sens de la
dignité de chaque homme, pris un a
un… » (Pour une morale de
l’ambiguïté.
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Féminisme et " Temps modernes "
Nous étions une
demi-douzaine de femmes en
cette fin d'après-midi de
juin 1973, dans un café
aujourd'hui disparu de la
place Denfert- Rochereau.
Intimidées, anxieuses,
étonnées de notre propre
hardiesse. Nous avions
rendez-vous, un quart
d'heure plus tard, avec
Simone de Beauvoir. Ordre du
jour : lui demander si elle
accepterait de publier "
deux ou trois articles sur
les femmes " dans Les
Temps modernes. Nous
avions affûté nos arguments
: nombre de revues avaient
déjà consacré dossiers et
numéros spéciaux au
mouvement féministe
récemment ressurgi, pourquoi
pas la revue fondée et
dirigée par l'auteur du
Deuxième Sexe ?
Nous n'en menions pas
large : écrire au fil de la
plume dans le Torchon
brûle, Partisans
ou Actuel, envoyer
des lettres à L'Express,
au Nouvel Obs ou au
Figaro, rien de plus
facile pour les enragées que
nous étions ; mais Les
Temps modernes, c'était
tout de même autre chose :
un monument préhistorique
pour les unes, une revue
d'intellos un peu barbante
pour les autres ; pour moi,
née à quelque 2 000
kilomètres de la place
Denfert-Rochereau, Les
Temps modernes, c'était
tout simplement... la
France.
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Parcours
de femme : Arije Al-Amad, banquière solidaire
En cinq ans, elle a
prêté l’équivalent de 85 millions de dollars aux
Jordaniennes. Avec le Microfund for Women (MFW),
première institution jordanienne de microcrédit, Arije
al-Amad a surtout offert l’émancipation aux femmes de
son pays. Rencontre.
par Gaëlle Rolin
Avant
de parler taux d’intérêts et échéances de remboursement,
Arije al-Amad parlait… sucre et chocolat. Pendant les quatre
premières années de sa carrière, cette Jordanienne de 45 ans
travaillait en effet dans une usine de fabrication de crème
glacée. Ingénieure, seule et unique femme de l’entreprise, à
la tête de cinquante hommes. Une situation pas toujours
facile à gérer pour cette musulmane pratiquante : « Il leur
a été difficile d’accepter que je sois à la fois une femme
et leur chef. J’ai travaillé très dur pour leur apporter la
preuve que ce qui était important, c’étaient mes
compétences. » Elle dit y être parvenue parfois, avec le
temps.
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La violence conjugale fait aussi des
victimes parmi les hommes
La
tragédie de Marie Trintignant et Bertrand Cantat a certes
contribué à alerter l'opinion publique et les médias sur les
trop nombreux cas de femmes battues par leur compagnon -
comme en témoigne le reportage Les coups pour le dire
qui a été diffusé le 8 novembre dans " Envoyé spécial " sur
France 2. Mais qu'en est-il de la violence sur les hommes,
qui passe quasiment inaperçue, sans doute parce
qu'impensable dans la conscience collective ?
Minoritaire -
une femme meurt en France sous les coups tous les trois
jours, un homme tous les quatorze jours, selon la
Préfecture de Paris -, la question, si dérangeante
soit-elle, mérite d'être posée, non seulement pour lever un
tabou mais aussi, comme l'explique Isabelle Rossignol,
romancière et réalisatrice de l'émission de France Culture "
Surpris par la nuit ", " pour poser un regard différent
sur le masculin et le féminin ".
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Les mutilations sexuelles
féminines :
le point sur la
situation en Afrique et en France
par Armelle Andro* et Marie Lesclingand**
Pour lutter contre l’excision en France, il importe de
mieux connaître la population de femmes concernées et
les pratiques dans les pays d’origine, africains
principalement. Armelle Andro et Marie Lesclingand nous
expliquent que la situation varie d’un pays d’Afrique à
l’autre, ceci indépendamment de la religion. Concernant
la France, elles tentent une évaluation du nombre de
femmes ayant déjà subi cette mutilation sexuelle et
annoncent une enquête pour mieux connaître les
conséquences de cette pratique, afin d’améliorer la
prise en charge de ces femmes.
Dans le monde, 100 à 140 millions de filles et de
femmes ont subi une mutilation sexuelle. Ces mutilations
entraînent de nombreux problèmes de santé, variables
selon le type et la gravité de la lésion (encadré 1). Le
phénomène est présent essentiellement en Afrique
sub-saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient
et de l’Asie du Sud-Est (Yémen, Indonésie et Malaisie).
Près de 5 % des victimes vivent dans des pays du Nord,
soit plus de 6,5 millions de filles et de femmes. Elles
résident principalement dans les pays européens
d’immigration africaine ainsi qu’en Amérique du Nord
[1].
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L’enrôlement des
femmes dans la marchandisation libérale
Par
Stéphanie Treillet, maîtresse de
conférences en économie à l’IUFM Créteil
Paris-XII.

Depuis vingt ans, les institutions
financières internationales (IFI),
notamment la Banque mondiale, ont
infléchi leur discours et leurs projets
pour prendre en compte la situation des
femmes dans les pays du Sud, auparavant
totalement ignorée dans les politiques
d’ajustement structurel (PAS).
Elles font le lien entre amélioration du
statut des femmes, développement et
sortie de la pauvreté.
Les femmes doivent voir augmenter leurs
possibilités de choix dans la société.
Si cette thématique entre en résonance
avec les luttes du mouvement féministe à
travers le monde, elle est au service
d’une entreprise d’adaptation et de
modernisation de la doctrine libérale du
développement - et des politiques qui
vont avec.
En effet, les premières PAS, dans les
années quatre-vingt, ont échoué :
récessions, augmentation de la misère,
parfois menaces d’explosions sociales ;
mais aussi une multitude d’initiatives
populaires et collectives de survie et
de résistance, que les institutions
internationales veulent encadrer.
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Une bien-pensance
qui, pour protéger les femmes, tend à
diaboliser les hommes
de Jean Gabard
Les rapports homme-femme,
masculin-féminin sont le centre de
nombreux débats et il y a consensus dans
les pays occidentaux pour effacer toute
trace de société patriarcale
traditionnelle et prôner l’égalité entre
hommes et femmes. L’insuffisance de
parité et l’épouvantail d’un recul des
droits acquis renforce néanmoins les
féministes dans leur lutte contre toutes
les discriminations. Cette volonté
légitime et quasi unanime ne
favorise-t-elle pas cependant la perte
de l’esprit critique et l’installation
d’une bien-pensance ? La contestation
des valeurs traditionnelles et
l’idéalisation de celles qui leur sont
opposées n’aboutissent-t-elles pas à une
victimisation des femmes et à une
diabolisation des hommes ?
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Le masculin et le
féminin vus par les ados

Depuis l'entre-deux-guerres, les
inégalités hommes-femmes qui étaient
inscrites dans le droit ont peu à peu
disparu : les femmes mariées ne sont
plus frappées d'incapacité civile depuis
1938, elles peuvent voter depuis 1944 et
ont obtenu l'égalité dans le mariage au
fil des années 1960 et 1970. " Mais
l'égalité juridique formelle ne parvient
toujours pas à défaire les
discriminations dont les femmes
continuent d'être victimes, dans leurs
cursus scolaires comme dans le
recrutement et l'emploi, dans le
déroulement de leurs carrières
professionnelles comme dans les
disparités de salaire à travail égal,
dans l'accès aux fonctions politiques
comme dans la vie publique en général ",
constatent Henri Eckert et Sylvia Faure
dans Les Jeunes et l'agencement des
sexes.
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Au Guatemala, les
femmes sont les premières victimes de la
violence

Le climat de terreur instauré par
les gangs s'étend dans le pays, en
campagne pour les élections
générales du 9 septembre. En 2006,
565 femmes ont été tuées
Doña Paula n'arrive plus à retenir ses
larmes. " Depuis huit jours, je vis
en enfer. Je ne peux plus dormir ",
soupire-t-elle dans la maison-refuge où
elle est cachée. Seules les responsables
de Survivantes du Guatemala, une
association d'aide aux femmes menacées
de mort ou maltraitées, connaissent la
localisation du refuge. Une femme avec
trois jeunes enfants et deux
adolescentes de 13 et 14 ans sont les
compagnes d'infortune de Paula. Les cinq
chambres de la maison, louée depuis un
an, peuvent accueillir 25 pensionnaires.
La plus âgée des adolescentes est
menacée de mort par une mara, un
gang de jeunes très violents. Elle a été
témoin de l'assassinat de son frère et
de son petit ami. La plus jeune n'a
aucun document d'identité. " Elle a
sans doute été volée lorsqu'elle était
enfant ", avance Silvia, qui
administre le refuge. Seul espace
ouvert, la terrasse est cachée des
regards par une palissade de tôle
surmontée de fils de fer barbelés
électrifiés le soir.
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Alors que les discours sur la
rénovation de la gauche se
multiplient, retour aux sources.
Par Roland Pfefferkorn,
professeur de sociologie à
l’université Marc-Bloch de
Strasbourg, cultures et sociétés
en Europe (CNRS)
Les signes du retour des classes
sociales dans la discussion
publique, savante ou
«ordinaire», se multiplient. Les
expressions «classe sociale»,
«classe ouvrière», «classe
salariale» et d’autres
réapparaissent dans les titres
de livres ou d’articles. Cette
réapparition s’effectue encore
avec une certaine discrétion.
Car la disqualification de ce
concept semble aller de soi pour
nombre d’intellectuels
médiatiques ou spécialistes des
sciences sociales. La structure
de classe des sociétés
capitalistes contemporaines a
été bouleversée et l’ancienne
classe ouvrière «n’est plus
ce qu’elle n’a jamais été».
De plus, après l’annonce répétée
de son avènement, l’immense
classe moyenne censée couvrir
80 % de la population serait en
train de «disparaître»
à son tour. La bourgeoisie par
contre est toujours là.
Parallèlement au retour des
classes, la critique de la
polarisation du regard sur les
seuls rapports de classe s’est
affirmée
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" J'ai essayé de le dire à mon mari... "
Depuis
trois ans, au Mali, les séropositifs reçoivent
gratuitement leurs médicaments. Ce progrès ne suffit pas
: à Bamako, un centre de soins s'efforce de briser le
tabou de la maladie honteuse
Seule avec son secret, elle s'acharne à faire bonne
figure. " Je ne suis pas malade, je n'ai rien ",
sourit nerveusement Mariam Sidibé, 25 ans. Dans son
pagne bleu électrique, elle a fendu, anonyme, la foule
du marché central de Bamako. Mais à l'approche du centre
de soins, l'élégante a regardé furtivement autour d'elle
: " Si quelqu'un me voyait ici, je serais en colère. "
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Gisèle
Halimi
La clause des femmes
A
près de 80 ans, la célèbre avocate lance un nouveau
combat : l'adoption par l'Europe d'une loi tirant
vers le haut le droit des femmes. Idée testée lors
d'une visite aux détenues de Fleury-Mérogis
Elle portait ce jour-là l'un de ces
tailleurs-pantalons fluides qu'elle affectionne et
qui donnent à sa silhouette à la fois frêle et
énergique une élégance en mouvement. Le cheveu
mi-long et souple, les boucles d'oreille en or, le
sac en bandoulière, elle a présenté ses papiers au
poste d'entrée de la prison comme le ferait une
habituée, poussé la lourde porte en fer, franchi le
porche de détection métallique en soumettant son sac
à l'examen des rayons X, et, une fois passé le sas
de sécurité et une première grille, s'est engouffrée
avec assurance dans un long couloir au carrelage
sonore menant au coeur de Fleury-Mérogis.
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Dans la
banlieue de
Tel-Aviv, Hamda,
19 ans, a été
assassinée par
son frère. Un
crime d'honneur,
comme en sont
victimes une
dizaine de
femmes arabes
israéliennes
chaque année
Dans
les quartiers arabes
de Ramleh, tout le
monde savait que ses
jours étaient
comptés. Son nom
figurait sur la
liste noire des
filles dont le
comportement déplaît
aux gangs de
Jawarish, l'un des
secteurs les plus
pauvres de cette
banlieue mixte et
mal famée de
Tel-Aviv. Depuis
2000, sept femmes du
clan Abu-Ghanem
avaient déjà été
assassinées pour des
motifs aussi
dérisoires que le
refus d'un mariage
arrangé ou un
sourire à un homme
dans la rue.
Hamda Abu-Ghanem a
été la huitième. A
la mi-janvier, la
police a retrouvé
son corps criblé de
balles au domicile
de ses parents.
Selon la rumeur, la
jeune femme, âgée de
19 ans, aurait été
châtiée pour avoir
été surprise au
téléphone avec son
cousin. Comme Naïfa,
Suzan, Zinat,
Sabrin, Amira, Reem
et Shirihan, Hamda a
été la victime d'un
crime d'honneur, un
acte destiné selon
ses auteurs à laver
la réputation de la
famille.
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Geneviève
Fraisse,
philosophe et
historienne, est
directrice de
recherche au CNRS.
Ses nombreux
ouvrages portent sur
l’histoire de la
controverse des
sexes, notamment sur
le plan politique.
Elle a été députée
européenne (Groupe
confédéral de la
gauche unitaire
européenne) et
déléguée
interministérielle
aux Droits des
femmes sous le
gouvernement Jospin.
Pour la première
fois de leur
histoire, les
Français ont voté
pour une femme
candidate à la
présidentielle. Et
en suffisamment
grand nombre pour
qu’elle arrive au
second tour. C’est
la fin d’un tabou ?
C’est en tout cas
une rupture
historique. Avant
elle, les femmes
avaient gouverné :
en 1936 déjà, Léon
Blum nommait des
femmes ministres
(qui n’avaient pas
le droit de vote !).
Puis les femmes ont
obtenu le droit de «
représenter » une
partie de la nation,
c’est-à-dire d’être
élues. Mais
jusqu’ici, ces
étapes étaient
effectuées avec le
nécessaire accord de
la république
masculine, par tel
ou tel président,
ministre ou membres
de partis. En
décidant seule
d’aller se
confronter au vote
des Français, en
s’imposant, y
compris au sein de
son parti, Ségolène
Royal a franchi une
nouvelle barrière.
Elle a transgressé
l’ordre masculin,
elle a « pris son
droit ». Et les
Français le lui ont
reconnu.
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Y
a-t-il une approche féminine du pouvoir ? Souvent, les
intéressées le pensent. Les hommes sont plus sceptiques.
Quelques idées reçues au banc d'essai
Harvard
n'avait pas vu ça depuis... 1636. Pour la première fois
de son histoire, la plus célèbre université américaine a
décidé, le 9 février, de confier les rênes du pouvoir à
une femme. La tâche de la future présidente, Drew Gilpin
Faust, une historienne de 59 ans, est de deux ordres :
gérer douze facultés, un budget annuel de 3 milliards de
dollars et un fonds de près de 30 milliards ; et panser
les plaies ouvertes par son polémique prédécesseur,
Lawrence Summers, qui avait déclenché une guerre civile
au sein de l'établissement en déclarant que les femmes
étaient moins aptes aux mathématiques et aux sciences
que les hommes.
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Sexualité
libération des femmes, précocité
du premier rapport sexuel, et comportements moins
conservateurs

Les comportements sexuels continuent à se conjuguer de
manière très différente au féminin et au masculin. Les
premiers résultats de l'enquête sur "
le contexte de la sexualité en France ", rendus
publics mardi 13 mars, font apparaître à la fois des
transformations profondes - notamment chez les femmes
dont la libération sexuelle se poursuit - et des
permanences dans les représentations de la sexualité.
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POUR
UNE VERITABLE ASSOCIATION FEMINISTE
G.R.A.F-M
Groupe de Recherche et d'Action Féministe de Martinique
Le 8 mars est
traditionnellement le jour où les femmes font le point
sur l’avancée de leurs droits. C’est l’occasion
d’interpeller les pouvoirs publics et l’opinion sur les
discriminations et les injustices en tout genre que
subissent encore les femmes dans notre pays et dans le
monde : violences (en trois ans, 17 femmes ont été tuées
par leur conjoint à la Martinique), inégalité
professionnelle (précarité, temps partiel imposé,
discrimination à l’embauche, harcèlement sexuel, taux de
chômage élevé…), double journée de travail… Le temps est
venu de faire le point sur ce que nous voulons et où
nous voulons aller en nous interrogeant sur les
mouvements de femmes dans notre pays, et de faire le
bilan de plus de 63 ans d’investissement dans la
question des femmes. C’est
volontairement que nous parlons d’investissement dans la
« question des femmes » et non de « mouvement
féministe », car on peut vouloir défendre les droits
des femmes sans pour autant vouloir remettre en question
le système de la domination masculine. Il n’est
point question ici de rentrer dans des querelles de
personnes et de pouvoir, nous laissons cela aux
hommes, qui dans leur quête de virilité et de
rivalité nous font quotidiennement la démonstration de
l’incapacité à faire prévaloir l’intérêt général sur le
particulier.
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par Yvonne Knibiehler
 Le féminisme, c'est l'autre
face trop longtemps cachée de
l'humanisme, doctrine qui prône
l'épanouissement de la personne humaine.
Car il se trouve que la personne humaine
est sexuée, et que ce qui permet
l'épanouissement d'un sujet de genre
masculin ne suffit pas toujours à celui
d'un sujet de genre féminin. En outre,
on constate que la domination masculine,
pour des raisons anthropologiques, ne
cesse à travers toute l'histoire d'être
présente. Elle se déplace chaque fois
qu'il le faut, mais elle ne s'efface
jamais. Dès l'instant où une femme peut
accéder à une candidature politique de
très haut niveau, cela ne signifie-t-il
pas que le pouvoir est ailleurs, et que
la domination masculine s'est réfugiée
essentiellement dans le domaine
économique ? Ne nous faisons pas
d'illusions : le féminisme n'a pas
supprimé, ni même beaucoup atténué la
domination masculine. Il l'a seulement
forcée à changer de place.
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Excision au Burkina Fasso
par Hubert Prolongeau
 Pour
quelques jours, c’est encore la saison sèche au Burkina
Faso. Bientôt, on ne passera plus à Bissiri, petit
village de brousse situé à une cinquantaine de
kilomètres de Ouagadougou, la capitale. Une trentaine de
maisons en briques, éparpillées sur plusieurs mètres
carrés, parfois précédées d’une cour fermée par un mur.
Sous un gros arbre, une cinquantaine de personnes
attendent. Membre du Comité national de lutte contre la
pratique de l’excision (CNLPE), Mme Aminata Ouedraogo se
réjouit : « Ils sont motivés, c’est déjà
ça. » Le sont-ils par l’intérêt supposé de ce qu’on
va leur dire ? Par la perspective d’une distraction ?
Par le défraiement que les chefs reçoivent ? En tout
cas, ils sont là, les hommes d’un côté, les femmes de
l’autre.
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suite |
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Retrouver
l’élan du féminisme
Par
Christine Delphy

Auteure notamment de
Pour sortir du libéralisme (avec
Yves Salesse) et de L’Ennemi
principal. Penser le genre, Syllepse, Paris,
respectivement en 2002 et 2001.
On parle souvent des
acquis du mouvement féministe. Mais aucun progrès
social, y compris quand il est inscrit dans la loi,
n’est gravé dans le marbre. L’histoire contemporaine le
démontre à l’envi. Particulièrement fragiles, les acquis
féministes sont en butte à plusieurs types d’obstacles :
les attaques « masculinistes », le « baquelache (1) Le retour de bâton identifié exploré dans le fameux Backlash de Susan (...)"'1) »
idéologique et la mauvaise volonté politique ; le
matraquage du mythe de « l’égalité-déjà-là ».
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par Francine Comte
Les femmes luttent, partout,
individuellement pour leur
émancipation, ou collectivement,
dans une multitude de réseaux, de
collectifs, pour leurs droits. Pour
garder leur emploi, obtenir des
crèches, s’assumer seules quand
elles en viennent à divorcer,
dénoncer un viol ou des violences,
vivre... Et dans d’autres régions du
globe, avec quel courage, pour
résister au rouleau compresseur de
lois islamistes d’un autre âge, ou
pour sortir l’Afrique de son lent
naufrage. On en parle peu, sauf, une
fois par an, pour la Journée
internationale de ’la’ Femme. En
évitant d’appeler ce 8 mars de son
vrai nom : la
journée internationale "des luttes
des femmes".
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Race, classes, femmes et
exploitation
Entretien avec Angela Davis

Aux cotés de Malcolm X
et Martin Luther King,
Angela Davis est une
figure du mouvement Noir
américain. Elle adhère
au Parti Communiste vers
18 ans et devient membre
des Black Panthers en
1967. Militante
révolutionnaire, se
battant pour l’égalité
des noirs et des blancs
mais également pour
l’émancipation des
travailleurs, elle
comprend très vite que
seule l’unité des
mouvement sociaux et
politiques entre blanc
et noir, homme et femme
permettra de combattre
la classe dirigeante.
C’est cette
compréhension qu’elle
paiera en étant
condamnée à mort en
1972. C’est une
mobilisation d’une
ampleur internationale
qui permit sa
libération. Aujourd’hui,
elle est toujours
militante des luttes
sociales et politiques
aux États-Unis. |
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ELLES ONT TRAVAILLÉ des mois
durant en s'inspirant de la
loi de " protection
intégrale contre la violence
de genre " votée en
Espagne, en 2004, sous l'égide
du gouvernement Zapatero. "
En France, il y a encore une
grande tolérance sociale à l'égard
des violences contre les femmes,
souligne Suzy Rojtman, la porte-parole
du Collectif national pour les
droits des femmes, qui regroupe
associations féministes, syndicats
et partis politiques. Nous
avons donc décidé de rédiger
une proposition de loi-cadre
afin de graver dans le marbre
ce qui doit être fait pour éradiquer
ce fait social. "
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Une femme
meurt tous les trois jours sous
les coups de son compagnon
En France, une femme
meurt tous les trois jours sous
les coups de son compagnon.
Telle est la conclusion d'une
étude rendue publique en conseil
des ministres par Catherine
Vautrin, ministre déléguée à
la cohésion sociale et à la
parité, mercredi 22 novembre,
quelques jours avant la Journée
internationale de lutte contre
les violences faites aux femmes,
samedi 25.
"Le constat est dramatique,
souligne Mme
Vautrin. Les victimes, qui,
contrairement à ce que l'on
pense parfois, viennent de tous
les milieux, ont souvent peur
de parler. Pour les encourager
à sortir du silence, nous allons
lancer ces jours-ci une campagne
de sensibilisation sur les violences
conjugales et créer dès le début
de l'année prochaine un numéro
d'appel unique pour les victimes."
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La
violence à l'égard
des femmes : un symptôme
de la misère sexuelle masculine.
par Roland Sabra |
Traites
négrières, esclavage
: les faits historiques
.
Après
l'Antiquité, le phénomène
a surtout touché l'Afrique
et duré plus de mille
ans. L'esclavage interne et
oriental était intégré
au mode de vie des régnants.
La traite occidentale (XVIe-XIXe
siècle) fut constitutive
de la colonisation des Amériques
: 11 millions d'Africains furent
déportés. De son
propre passé, la France
tire difficilement les leçons.
C'EST une histoire très
ancienne, mais qui n'a jamais
été si actuelle.
Un phénomène né
pendant l'Antiquité,
et dont on ne prit réellement
conscience qu'au XVIIIe siècle.
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Les hommes font
taches de ménage
Un
enfant de plus dans le couple : plus de
tâches domestiques pour la mère
Une enquête montre
qu'une naissance accroît les inégalités
entre hommes et femmes
 La naissance d'un enfant
modifie-t-elle la répartition des tâches
au sein du couple ? C'est ce qu'a tenté
de savoir Arnaud Régnier-Loilier,
démographe à l'Institut national
d'études démographiques (INED) et
spécialiste de la famille. Ses
conclusions sont sans ambiguïté. "
L'arrivée d'un enfant accentue le
déséquilibre du partage des tâches
domestiques entre hommes et femmes,
écrit-il dans le bulletin de l'INED
Population & Sociétés. Ce sont elles qui
s'éloignent du marché de l'emploi, elles
aussi qui prennent davantage en charge
les tâches domestiques. "
Arnaud
Régnier-Loilier s'est appuyé sur une
enquête internationale qui a permis, en
France, d'interroger plus de 2 000
couples. Hommes et femmes ont été
invités à deux reprises, en 2005 et
2008, à mesurer leur participation à
sept tâches ménagères : la préparation
des repas, la vaisselle, les courses
alimentaires, le repassage,
l'aspirateur, la tenue des comptes et
l'organisation de la vie sociale de la
famille. Parmi les couples interrogés,
un quart a eu un enfant entre les deux
enquêtes.
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Virilisme : la dérive des cités
par Daniel
Welzer-Lang
Maitre de conférence de l'université Toulouse-Le Mirail
 
Notre société évolue très vite,
notamment en ce qui concerne les rapports hommes-femmes
– ce que dans notre jargon sociologique nous appelons
« rapports sociaux de sexe ». Accès à la contraception
et à l’avortement, reconnaissance des contraintes du
travail domestique, réalisé encore majoritairement par
les femmes, conditions du travail salarié,
reconnaissance et lutte contre les violences
domestiques, etc., sont autant de balises qui marquent
la marche vers l’égalité. Si les femmes féministes se
sont penchées sur la domination que subissaient les
femmes, peu de sociologues se sont intéressés à ce que
vivaient les hommes, les dominants, dans leurs rapports
aux femmes et dans leurs rapports aux hommes.
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