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"Quand les femmes s'aiment les hommes ne récoltent pas"

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Pour les femmes, 2012 démarre en marche arrière

Par ANNETTE LÉVY-WILLARD journaliste à «Libération»



   Absentes des listes UMP pour les prochaines législatives à Paris, cantonnées à l'arrière des bus israéliens ou encore oubliées dans les projets de Constitution libyenne... le sort des femmes revient au cœur de l'actualité.

L'année 2012 démarre en se trompant de vitesse : elle passe la marche arrière. Un détail simplement énervant pour les femmes occidentales, plus dramatique pour les autres.

Je me réveille jeudi en entendant un ponte UMP souffler dans mes oreilles - à la radio dois-je préciser - que son parti n'a investi que des hommes, dont lui-même, dit-il avec satisfaction, dans les circonscriptions gagnables pour la droite à Paris, virant les femmes en place : «non investies» en langage politique hypocrite. Mais, ajoute-t-il, cynique, ces courageuses pourront aller au casse-pipe (!) dans les circonscriptions sans espoir. Les lecteurs et lectrices de mon journal ne vont pas pleurer pour quelques élues de droite qui se font doubler violemment par leurs camarades de parti, mais ils devraient repérer le symptôme «air du temps». Celui que je trouve énervant dans la foulée des vœux optimistes pour une formidable année 2012.

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Pourquoi les femmes simulent-elles l'orgasme ?



Par Charlotte Chaffanjon


   Les femmes simulent, ce n'est pas nouveau. En revanche, aucune étude sérieuse n'expliquait réellement pourquoi ces dames feignent de prendre du plaisir avec leur homme. C'est désormais chose faite : des scientifiques des universités américaines de Columbia et d'Oakland se sont penchés sur la question et lèvent le voile sur les raisons qui poussent les femmes à agir de la sorte. Résultat : 60 % des femmes qui reconnaissent simuler l'orgasme le font pour retenir leur compagnon.

Selon les conclusions des chercheurs, publiées dans Archives of Sexual Behavior, les femmes qui truquent le plus leurs orgasmes sont celles qui craignent que leur compagnon soit infidèle. Weeks-Shackelford, de l'Université d'Oakland, a dirigé l'étude à laquelle ont participé 453 femmes, dont l'âge moyen était de 22 ans et qui vivaient en couple depuis au moins 33 mois. Premier constat : ces dames jouent beaucoup plus la comédie que leurs hommes. En effet, entre 50 et 60 % confient avoir déjà menti pendant un rapport sexuel, alors que seuls 18 % des mâles reconnaissent avoir déjà feint un orgasme, selon l'unique étude menée à son terme sur les hommes, publiée dans le Journal of Sexual Research.
Pieux mensonge

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Télécharger le numéro de Décembre 2011

 

Les droits des femmes sont remis en cause par des forces conservatrices en Europe

   Depuis quelques mois en Europe, de nombreux pays prennent des initiatives portant atteinte aux droits sexuels et plus particulièrement au droit à l'avortement. La crise mondiale et ses plans d'austérité sont les prétextes qui, sous couvert de dérisoires économies, permettent de légitimer les discours des forces les plus conservatrices d'Europe et remettent en cause ses droits et par là même les droits des femmes.

Toutes les instances internationales l'ont pourtant affirmé, le développement des populations y compris économique passe par des politiques d'égalité femmes/hommes, l'accès à l'éducation des filles, la planification familiale et par un accès facilité et sûr à la contraception et à l'avortement.

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Non au procès du féminisme !

par Clémentine Autain, et Audrey Pulvar,

Nous avons dit et redit ne pas savoir ce qu'il s'est réellement passé dans la chambre 2806 à New York, puis le début de l'"affaire". Nous nous sommes engagées dans le procès du viol et de la tolérance sociale qui l'entoure, et certainement pas dans celui d'un homme, Dominique Strauss-Kahn. Aujourd'hui, nous ne savons toujours pas ce qu'il s'est passé, et nous avons été très étonnées des manifestations de soulagement et de soutien sans nuances exprimées dans la journée de vendredi 1er juillet, avant même la tenue de l'audience.

Dans ce type de crimes et délits, c'est souvent parole contre parole : la preuve du non-consentement est très difficile à établir. C'est l'une des raisons pour lesquelles la majorité des femmes victimes de viol ne portent pas plainte. En France, seule une sur dix ose franchir la porte du commissariat. Libérer leur parole est un enjeu vital pour l'émancipation des femmes.

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«Féminisme à la française»


Par JOAN W. SCOTT


Dans les débats qu’a ouverts l’affaire DSK, celles et ceux qui ont pris le parti de ce dernier ont insisté (une fois de plus) sur le fait que les Américains confondaient les charmes de la séduction et la violence du viol. Bernard-Henri Lévy, par exemple, a dit de Dominique Strauss-Kahn qu’il était «un séducteur, un charmeur», pas un «violeur». Parmi les spéculations sur le déroulement exact des faits eux-mêmes, le doute a été jeté sur la véracité du témoignage de la femme qui s’est déclarée être la victime: l’a-t-on payée pour qu’elle porte plainte?

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Le machisme ordinaire à l’Assemblée nationale



 Par Nathalie Segaunes

   C’est un député UMP des Yvelines qui, mardi dernier, avant l’audition de Claude Guéant par la commission des Affaires européennes, avise une collègue PS en tailleur-pantalon et petit haut, et lance : « Habillée comme ça, faut pas s’étonner de se faire violer! » C’est le président d’une importante commission de l’Assemblée qui ne décolère pas à l’idée que Christine Lagarde, une femme, soit nommée à la tête du Fonds monétaire international (FMI), et qui pratique une inégalité de traitement systématique et notoire selon qu’il donne la parole à un homme ou une femme. C’est une élue UMP de la région parisienne qui répugne à s’asseoir à sa place habituelle lorsque son voisin est là, sûre de s’entendre demander, si elle part prématurément : « Avec qui tu vas tirer un coup? » ou de s’entendre répondre, lorsqu’elle demande tel document, « Je te le donne si tu b… avec moi! » C’est la ministre des Sports, Chantal Jouanno, qui ne peut, de son propre aveu, porter une jupe dans l’hémicycle sans entendre dans son dos des remarques salaces.

Ainsi se porte, plutôt pas mal, le machisme ordinaire à l’Assemblée nationale. Il est davantage le fait des obscurs, des sans-grade que des leaders, à en croire le témoignage des élues. Il est surtout plus insidieux que ne le racontent ces anecdotes. « A l’Assemblée règne une forme de paternalisme, d’infantilisation des femmes que je n’avais jamais rencontrée auparavant, souligne ainsi Sandrine Mazetier, députée PS de Paris. C’est une manière de ne pas prendre en compte la parole des femmes, de nier votre travail ou votre rôle. »

Françoise de Panafieu, députée UMP de Paris, ex-secrétaire d’Etat, est la fille d’Hélène Missoffe, qui fut députée et secrétaire d’Etat de Valéry Giscard d’Estaing. « Depuis ma mère, assure-t-elle, la place des femmes en politique n’a pas bougé. » « Ce qui me frappe le plus, ce sont les estrades, raconte Panafieu. Lorsque le président nous reçoit à l’Elysée, il y a six hommes sur l’estrade. En réunion de groupe à l’Assemblée le mardi matin, ils sont six hommes à la tribune. Au bureau politique de l’UMP, on compte sept hommes et, en bout de table, une femme, Michèle Alliot-Marie… »

« Dès qu’il n’y a que des hommes entre eux, il y a du machisme », observe Valérie Rosso-Debord, députée UMP de Meurthe-et-Moselle. « L’affaire DSK va libérer la parole des femmes et va changer beaucoup de choses, veut croire Chantal Brunel, rapporteur général de l’Observatoire de la parité. Cette affaire fera plus pour le féminisme que tous les textes de loi. » A voir.


Le Parisien  le 30.05.2011

 

Féminisme à la française : la parole est à la défense


Par Claude Habib Paris-III, Mona Ozouf CNRS, Philippe Raynaud Paris-II et Irène Théry EHESS



L’enquête, donc, est finie, la justice américaine peut partir en vacances, le feuilleton Strauss-Kahn est clos. Joan Scott, professeur au prestigieux Institute for Advanced Studies à Princeton, vient de nommer le crime et d’identifier les coupables. Le crime ? La complaisance que montrent les Françaises à la séduction, donc aux manifestations les plus inqualifiables de la brutalité masculine. Les coupables ? Trois intellectuelles suspectes d’entente avec le sexe ennemi, qui a du reste délégué un représentant parmi les accusés.

Dénoncer est aisé. Encore faut-il argumenter, et c’est là que tout se gâte. Commençons par le cas le plus éclatant, celui d’Irène Théry. Dans la petite troupe des coupables, elle est la seule qui ait choisi de s’engager dans le débat public suscité par l’affaire DSK. Dans une tribune intitulée «La Femme de chambre et le financier» (le Monde du 23 mai), elle a distingué ceux qui, pour défendre Strauss-Kahn, n’ont pas hésité à «proférer des insanités d’un autre âge» et ceux qu’elle nomme les «défenseurs sincères de la présomption d’innocence».

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La réponse de Joan Scott


Par JOAN W. SCOTT Historienne



Je suis accusée par Claude Habib et ses collègues d’être sourde, sotte et aveugle, incapable de comprendre la prose élégante qu’ils commettent pour assurer la défense de ce qu’ils appellent le «féminisme à la française». Le dessin qui accompagne leur texte souligne la nature de leur propos : une femme lit un livre qu’elle tient à l’envers tout en écrivant «bullshit» avec ses pieds (pour ceux qui l’ignoreraient, bullshit se traduit en Français par «conneries» ou, plus gracieusement, par «foutaises»). Un bon exemple de l’insulte usurpant la place habituellement réservée aux affrontements intellectuels sérieux. Or la critique que je fais de leur travail repose non pas sur une lecture erronée ou une déformation de leurs écrits, mais sur un désaccord philosophique profond.

D’abord, et c’est le plus important, j’avance que les signataires de ce billet ne peuvent prétendre s’exprimer au nom d’un féminisme français unifié. Il est faux, au plan historique, de prétendre que le féminisme a une identité nationale. Il n’y a pas de féminisme à la française. En France, comme ailleurs, le féminisme a toujours été pluriel et traversé par de vigoureux débats.

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Féminisme à la française ou néoconservatisme


Par DIDIER ERIBON Professeur à l’université d’Amiens

Il nous faut remercier Joan Scott pour son retentissant article, paru dans Libération le 9 juin. L’écho qu’il a rencontré et la fureur qu’il a déclenchée chez ceux et celles qu’il visait suffisent à montrer que la célèbre historienne américaine a soulevé un problème aussi sensible qu’important. Car elle ne se contente pas de rappeler à nos mémoires quelques discours isolés, dont le caractère incongru provoque le fou rire ou, plutôt, dans le contexte actuel, le dégoût. Elle nous invite à reconstituer la cohérence d’une entreprise idéologique qui a marqué de son emprise toute une séquence de la vie intellectuelle française et qu’on peut sans exagération décrire comme une révolution conservatrice, un spectaculaire déplacement vers la droite de la pensée politique au cours des années 1980 et 1990.

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Il faut déconstruire l’hétérosexisme


Par Carine FAVIER Présidente du Planning familial et Louis-Georges TIN Président du comité Idaho


Mouvements féministes et mouvements homosexuels ne sont pas parallèles ou convergents, c’est une seule et même cause. Etre féministe, c’est nécessairement être contre l’homophobie ; militer contre l’homophobie, c’est nécessairement militer contre le sexisme. Cette nécessité n’a pourtant pas toujours été comprise. Les premiers mouvements homosexuels se sont constitués sur une base viriliste, peu favorable à l’égalité des sexes ; les mouvements féministes n’ont pas toujours intégré les problématiques lesbiennes. Pourtant, les uns et les autres connaissent bien leur adversaire unique : l’ordre social inégalitaire dans lequel nous vivons, qui articule l’inégalité des sexes à l’inégalité des sexualités. Quel rapport y a-t-il entre sexisme et homophobie ? L’un et l’autre sont des sous-produits d’une réalité moins connue, l’hétérosexisme. Le concept ne date pourtant pas d’aujourd’hui. C’est en quelque sorte la Pensée straight dont parle Monique Wittig, ou la Contrainte à l’hétérosexualité, critiquée par Adrienne Rich.

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Le féminisme à la française, ça n’existe pas


Par LAURE BERENI Sociologue, ROSE-MARIE LAGRAVE Sociologue, SÉBASTIEN ROUX Sociologue, ELENI VARIKAS Politiste

«Féminisme à la française» ? Avec ou sans guillemets, l’expression suggère qu’un féminisme à la française existerait bel et bien. Si nul ne peut nier que des configurations féministes singulières se soient actualisées selon les contextes sociaux, politiques et religieux dans différents pays, force est de constater que les transferts culturels de pays à pays ont été la matrice des argumentaires et souvent des référents pour les luttes féministes. Tel est le cas aussi pour la France. S’il est vrai que le féminisme américain s’est beaucoup inspiré d’auteures françaises, à commencer par Simone de Beauvoir, la sociogenèse du féminisme des années 1970 en France, puis des études de genre, objet de nombreux enseignements, séminaires et colloques, a depuis longtemps établi le constat d’une dette à l’égard des théoriciennes et militantes américaines, et plus largement anglophones.

Et à Joan Scott en tout premier lieu. On lui doit en effet la définition du genre, «catégorie utile d’analyse» pour les sciences sociales. Ce concept déjà travaillé par des sociologues a permis de réaliser un saut qualitatif et décisif, notamment en histoire. Le succès des études de genre est d’ailleurs tel que s’en réclament aujourd’hui ses adversaires d’hier - au risque d’usages aseptisés. On doit aussi à cette historienne, au moment des débats sur la loi en faveur de la parité politique, avec la publication de la Citoyenne paradoxale, de nous avoir permis de rendre visible un travail déjà initié, et de porter un regard critique sur un républicanisme auquel certain(e)s, dont deux des signataires de ce texte, n’étaient pas insensibles.

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Les femmes victimes de violences ont-elles des droits ?

 

   C’est un véritable cri d’alarme que nous lançons à nouveau aujourd’hui, pour que vive l’Espace d’Ecoute, d’Aide et d’Information de l’Union des Femmes de la Martinique.
4 de ses salariées sur les 7 que compte la structure sont embauchées, du fait de l’insuffisance de financements, en contrat aidé (CUI-CAE). Ces contrats arrivent à échéance entre juillet et août, et aucun n’est pour le moment renouvelé.
Beaucoup des financements que l’UFM reçoit sont menacés. Mieux, aujourd’hui, son équilibre financier est mis en péril par l’incapacité de l’Etat à procéder au remboursement des 40 000 € de dépenses de la campagne de lutte contre les violences de 2010.
Cette campagne s’est réalisée sous l’égide de la Déléguée Régionale aux Droits des Femmes, donc de l’Etat, l’UFM étant association en support financier.
Nous apprenons aujourd’hui que ce dossier n’a pas été traité parce que la convention de l’organisme prestataire qui analyse les dossiers pour le compte du FSE n’a pas été renouvelée à temps pour que le dossier soit prêt à la date limite de présentation du 8 juillet. De ce fait, l’UFM ne pourra pas bénéficier de l’appel de fonds européens qui aura lieu fin juillet
 

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25 points pour promouvoir l'égalité des sexes
 

Un rapport de l'Igas propose entre autres un congé paternité plus long ou un passage plus facile au temps complet.

Le rapport propose l'instauration d'un «congé d'accueil» de l'enfant de deux mois.

Congé paternité plus long, passage plus facile au temps complet, réforme du congé parental : un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) fait 25 propositions pour promouvoir l'égalité des sexes à la maison et au travail, dont voici les principales:

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Mennesson répond à Sylviane Agacinski
 


Sylvie et Dominique Mennesson se battent depuis plus de dix ans pour que leurs filles, nées en 2000 aux Etats-Unis, puissent avoir un état civil français. Ils ont eu leurs jumelles grâce au concours d’une mère porteuse américaine. Tout le processus de gestation pour autrui s’est déroulé en Californie, où cette pratique est légale et encadrée et où ils sont officiellement reconnus comme «parents».

Demain, la Cour de cassation devra se prononcer sur leur sort. L’avocat général avait préconisé de «reconnaitre une existence juridique» à ces fillettes. En attendant la décision de la cour, le débat fait rage autour de ce couple devenu emblématique. Nous publions ici la tribune de leur avocate Me Nathalie Boudjerada.

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Le cheval de Troie des partisans de la gestation pour autrui

par Sylviane Agacinski, philosophe, membre du collectif No Body for Sale
 

Le combat des époux Mennesson pour la transcription à l'état civil français des enfants nés d'une mère porteuse en Californie a fait couler beaucoup d'encre. Mais c'est un combat en trompe-l'oeil qui ne dit pas ses véritables enjeux. Il s'agit en fait de contourner la loi française et de faire admettre progressivement dans notre pays la légalisation de la gestation pour autrui (GPA).

On sait que ces enfants sont nées d'une fécondation in vitro utilisant les gamètes du père et d'une amie du couple, la gestation ayant été assurée par une mère de substitution rémunérée par les "parents d'intention" selon les tarifs californiens.

Ces deux petites filles ont un état civil et des passeports américains, l'exercice de l'autorité parentale des époux Mennesson n'est contestée par personne, et les enfants sont les héritières de leurs parents, conformément à l'état civil établi aux Etats-Unis. Elles peuvent donc mener une vie familiale normale, ce dont on doit évidemment se réjouir.

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Contraception et avortement : des droits irréfragables et complémentaires pour l'autonomie des femmes !

 

par Carine Favier, présidente nationale et Véronique Séhier, Bureau national, commission contraception, Le Planning Familial

   Une mission sur la contraception des mineures est menée par Berengère Poletti, députée des Ardennes et une autre confiée à Israël Nisand sur la contraception et l'avortement des jeunes filles par Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la jeunesse. Le Planning Familial en attend des propositions concrètes pour que les femmes et les hommes vivent une sexualité épanouie en limitant le risque de grossesse non prévue. Il faut pouvoir accéder à la contraception de son choix, se la procurer facilement et garantir la gratuité et l'anonymat pour tous les mineurs partout en métropole et dans les DOM.

Les droits sexuels sont des droits fondamentaux en termes de santé publique, mais surtout en termes d'autonomie, de liberté et d'indépendance dans le respect des différences. Le droit à la contraception et le droit à l'avortement ne s'opposent pas, ils sont tous deux fondamentaux, inaliénables et complémentaires dans la maitrise de la fécondité. Chaque femme doit pouvoir, si elle le souhaite, accéder à l'avortement sans pression ni culpabilisation, dans le respect de sa décision.

Les discours alarmistes en vogue sur l'avortement et ses risques pour les femmes tout comme l'équation simpliste affirmant que multiplier les moyens de contraception conduirait à la diminution des IVG participent de la culpabilisation des femmes soi-disant "incapables" de gérer leur contraception malgré un éventail de méthodes à leur disposition. L'observance médicale n'est jamais totale même pour des maladies graves. Pour la pilule, l'oublier, c'est une grossesse non voulue.


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Ni putes ni mammas !
 

   Une minute de silence, suivie d'un ci. Un hurlement pour dire "Basta !". Dimanche 13 février, de Turin à Palerme, des dizaines de milliers d'Italiennes libéreront ainsi leur colère contre Silvio Berlusconi. Basta !, ses call-girls qui s'offrent au sultan en échange d'un petit rôle à la télévision, d'une place éligible sur les listes électorales ou d'argent. Basta !, les orgies du bunga-bunga. Basta !, ce modèle de femmes jetables et interchangeables dans lequel elles refusent de se reconnaître. Leur mot d'ordre : "Maintenant ou jamais."

Plus de trente ans après les grandes batailles des féministes italiennes pour le divorce (1974) et l'avortement (1981), une nouvelle vague voit le jour. Le déclic ? Les affaires Noemi, puis Patrizia, puis Nadia et enfin Ruby : autant de jeunes femmes, parfois mineures, qui ont fréquenté les nuits d'Arcore (la résidence milanaise de M. Berlusconi), jetant une lumière crue sur une "putanocratie" où la promotion des femmes est une question de tour de poitrine plus que de mérite. Samedi 29 janvier, déjà, plusieurs centaines d'entre elles ont manifesté, une écharpe blanche autour du cou, derrière une banderole où l'on pouvait lire "L'Italie n'est pas un bordel".

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Lettre à la femme en noir

Par LATIFA BOUSDRAOUI-LORANT

 Historienne

   Votre avocat a dit de vous : «C’est une intellectuelle.» J’en ai déduit que vous aviez les moyens de défendre vous-même, devant la presse que vous avez convoquée, votre liberté, atteinte, selon vous, par une amende abusive. J’ai attendu, espéré vous entendre à voix haute, libre, à l’avant-poste dans la défense de votre cas. Et cela, à double titre : en qualité de citoyenne et de musulmane voilée. Malheureusement pour vous et pour toutes les musulmanes, vous vous êtes tue. Ce sont les voix tonitruantes des mecs, votre époux, un ministre zélé, les politiques pressés, les quêteurs de scoop, Tariq Ramadan profitant d’un passage à Nantes et même Marc Blondel qui se sont entrechoqués dans le cadre d’un duel viril, dans l’espace non moins viril politico-médiatique. De ce charivari masculin se dégage une et même vision de vous et des femmes en général, mineures qui, pour les uns, portent les chaînes de la tradition musulmane et, pour les autres, sont parées des vertus islamiques symbolisées par ce voile.

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«Technologies de l'orgasme», une histoire du vibromasseur

Gode sauve les femmes

 

Par Pascal Bruckner

 

  En légalisant, vers 1900, la masturbation féminine dans tous les foyers américains, ce sex toy a remis en cause la suprématie masculine. Médecine ou pornographie ?

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 Animale sauvage

Par Audrey Pulvar

Ainsi donc, une femme serait encore condamnée à penser comme et par son compagnon. […] Elle serait toujours incapable de s'émanciper non seulement du jugement dudit compagnon, mais aussi des sentiments qu'elle nourrit pour lui.



 Par toi-même. Par toi et personne d’autre, ma fille. Te réaliser. Réussir ta vie par tes combats et peut-être quelques victoires. Ne compter sur personne pour la faire à ta place. Viatique. Héritage d’une grand-mère maternelle partie de rien, sans personne, au tout début d’un XXe siècle plein de fureurs et de cris. Une négrillonne, le terme de l’époque, sans instruction, ni argent, ni aucune de ces ressources si précieuses pour construire une vie, mais dotée d’une détermination consciente cependant qu’à l’ampleur insoupçonnée à s’arracher, s’extirper du malheur tout tracé. Une énergie qui lui permit de modeler à elle seule façon de dynastie sans possessions ni membres illustres mais dont chacun, et surtout chacune, va - dépositaire d’une puissance inaliénable, transmise de génération en génération. Tranquille assurance de la nécessité de s’approprier sa vie, le seul bien qui nous restera jamais. C’est ce legs qui a déterminé chacun de mes choix personnels et professionnels, chaque rupture, aussi, et fonde ce que je crois pouvoir aujourd’hui appeler un parcours. Chemin heurté mais toujours droit. Nids-de-poule, ronces, oasis, menaces et tempêtes : l’indépendance coûte cher. Il n’est pourtant de prix que je ne consente un jour à payer pour elle.

Féministe assumée, revendiquée et prosélyte. Dans la société matriarcale d’où je viens, la question ne se pose même pas. Ce qui m’arrive aujourd’hui ne pouvait donc que faire bondir l’animale sauvage que je demeurerai jusqu’à mon dernier souffle. D’aucunes, d’aucuns, se sont étonné(es) que je déclare comprendre la décision prise à mon encontre. Faire partie d’une entreprise, en être l’un des visages connus, entraîne une obligation de solidarité et de réserve que je sais observer. Ne pas trahir la confiance de gens que j’aime. Professionnellement, ne pas exposer une rédaction entière à un soupçon semble-t-il inévitable, ce n’est pas faire preuve de mollesse, mais de responsabilité. Ne pas apparaître comme l’instrument de telle ou telle chapelle politique, ce n’est pas de l’hypocrisie, mais de l’instinct de survie ! Pour autant, ménager son entourage et modérer son expression n’empêchent pas de penser. Par soi-même.

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La violence des adolescentes en forte augmentation

Par Jean-Marc Leclerc

Selon une étude, le nombre de jeunes filles mineures mises en cause progresse trois fois plus vite que celui des garçons.

La délinquance des filles, celle des moins de 18 ans, et plus encore, leur violence, augure-t-elle de lendemains qui déchantent? La dernière étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), présidé par le criminologue Alain Bauer, révèle, en tout cas, que depuis 1996 la courbe des mineures mises en cause par la police et la gendarmerie a grimpé trois fois plus vite, en moyenne, que celle des garçons: +133%, contre «seulement» +40% pour les mineurs de sexe masculin.

Aujourd'hui, les filles pèsent 15% de l'ensemble des mineurs qui ont eu maille à partir avec les forces de l'ordre: 33.000 filles mises en cause pour 181.000 garçons en 2009. Mais l'écart est visiblement voué à se réduire au fil des ans tant la délinquance au féminin affole l'outil statistique. «Jugez plutôt! commente Christophe Soullez, le directeur de l'ONDRP, sur cinq ans, le nombre de filles mises en cause pour violences et menaces a augmenté de plus de 80%.» Comme si, prenant de l'ampleur, cette délinquance changeait aussi de nature.

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Annie Guilberteau :

 "Non, les femmes violentées n'aiment pas être frappées"
 

  Le 25 novembre est la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, mais ne persiste-t-il pas, dans la société, une certaine indulgence à ce sujet ?

La politique publique de lutte contre les violences faites aux femmes s'est beaucoup affirmée ces dernières années, notamment en matière de protection des victimes, répression des auteurs et prévention des comportements violents. Néanmoins, l'indulgence à l'endroit de ces comportements reste encore trop prégnante dans les mentalités, y compris de la part de certains professionnels. Les difficultés à voir la parole et les plaintes des victimes être prises en considération en témoignent.

Les 25 associations du Collectif grande cause nationale 2010 se sont, de ce fait, engagées pour sensibiliser davantage le public aux violences faites aux femmes et à leurs conséquences. Il convient, en effet, de prendre conscience de l'importance et de la gravité de toutes les formes de violences commises contre les femmes. Elles ne se réduisent pas aux seules violences commises au sein du couple. Il faut y ajouter les viols, violences sexuelles au travail, mariages forcés, mutilations sexuelles et la prostitution.

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Femme, j'écris (et je dis) ton nom !



« On ne peut être égale sans être visible » L. L. Larivière


   Beaucoup de gens s’obstinent à refuser la féminisation des mots et ne connaissent, par exemple, que « les hommes politiques » quand ils ne s’écrient pas carrément : « Messieurs les hommes politiques » !
Pourquoi ainsi méconnaître le long combat des féministes pour l’accession des femmes à toutes les professions et à toutes les responsabilités, ainsi que les victoires même incomplètes qu’elles ont remportées dans cette lutte ?
On nous répond par plusieurs arguments :
D’abord, ces féminins n’existent pas dans la langue, où aller les chercher ?
Et puis, il faut protéger la « belle langue française » qu’une féminisation abusive alourdirait et enlaidirait définitivement !

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Le féminin ne doit plus être une maladie honteuse dans le monde du travail
 par Brigitte Gresy, auteure du rapport préparatoire à la négociation avec les partenaires sociaux sur l'égalité professionnelle
 

  Notre confort était somme toute assez grand, aussi grand que notre impuissance à agir, bercés que nous étions par cette antienne bien connue des chiffres de l'inégalité salariale : 27 % en moyenne brute annuelle, écart ramené à 17 % en taux horaire, en prenant en compte le temps partiel. Mais voilà qu'une récente recherche ("Enfants, interruptions d'activité des femmes et écart de salaire entre les sexes", D. Meurs, A. Pailhé, S. Ponthieux, Revue de l'OFCE, juillet 2010) pointe une inégalité encore plus dérangeante : pour les quarantenaires, sans interruption de carrière, à diplôme et expérience équivalents, voire supérieurs pour les femmes, les hommes gagnent 17 % de plus que ces dernières, et 70 % de cet écart reste inexpliqué par les caractéristiques observables. 

Violences conjugales : les cris étouffés des victimes
 
Justice . Alors que le Sénat examine aujourd’hui une loi, le meurtre d’une Alsacienne illustre la difficulté des femmes harcelées à se faire entendre.

Par SONYA FAURE
  Amel avait un filet de voix. On lui disait souvent de parler plus fort, qu’on n’entendait pas. Amel Ben Mahamed, 32 ans, est morte en mai. La jeune femme faisait le ménage au sous-sol d’une HLM. Le tueur s’est introduit dans le bâtiment pour la poignarder à la gorge et au cœur. Assassinée faute d’avoir été entendue. Elle habitait Saint-Louis, en Alsace. Deux jours après le meurtre, son ex-compagnon Emilio (1) était arrêté et mis en examen. Il s’apprêtait à quitter le département, selon le procureur. Il dit ne pas être l’auteur du meurtre, mais un témoin l’aurait vu sur les lieux, à l’heure du crime, selon une source proche du dossier.

Quelques jours après le drame, 600 personnes ont marché dans les rues de Saint-Louis, à l’appel de l’association «Soutien femmes battues» de Saint-Louis. Sur les pancartes, il était écrit : «Une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et demi.» Une loi, qui prévoit notamment la création d’un délit de harcèlement conjugal, sera discutée aujourd’hui au Sénat. Une de plus dans un arsenal contre la violence conjugale de plus en plus répressif. L’histoire d’Amel dit la difficile protection des victimes, la surdité parfois, des institutions ou de ceux qui les font.

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Où sont passées les filles du Soldat inconnu ?


Par JULIETTE JOSTE Edititrice


  Aujourd’hui, le MLF a 40 ans. Le 26 août 1970, quelques agitées armées de fleurs et de banderoles «A la femme inconnue du soldat» partent à l’assaut de l’Arc de triomphe. Une des manifestantes s’affole en entendant l’autre déclarer : «On est cuites.» Ouf, c’était en réalité : «On n’est qu’huit», même si la version définitive retient neuf participantes. Pas grand monde pour un happening illico embarqué par la police et qui pourtant fera date. C’est le creux de l’été et le lendemain le Monde titre sur la libération de la femme : «Le MLF, Mouvement de libération DES femmes, existe.» Ce n’est pas une naissance officielle, récusée par un mouvement qui tient à sa diversité et refuse l’institution, mais un acte symbolique, prélude à des années d’ébullition. Les Petites Marguerites, les Oreilles vertes, les Polymorphes perverses, les Gouines rouges… D’innombrables groupuscules vont se réunir, s’écharper, manier l’humour, la poésie, et obtenir de formidables transformations sociétales.

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«Les profs consacrent souvent plus de temps aux garçons»

 

Par Marion Brunet

  Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
INTERVIEW - Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la mixité à l'école engendre des inégalités entre garçons et filles. La sociologue à l'origine du rapport, Marie Duru-Bellat, explique au Figaro.fr ce phénomène.

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En Afrique, le diamant n’est pas toujours le meilleur ami de la femme



Par MARGOT WALLSTRÖM Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit

  Quel rapport y a-t-il entre l’ensemble des réformes financières voté aux Etats-Unis et la prévention des viols de masse en Afrique ? Beaucoup, semble-t-il, mais il faut chercher longuement dans les 2 300 pages de la loi pour trouver sa section 1 502, qui traite des minéraux extraits dans les zones de conflit. Ces minéraux aident à financer les combats et la violence sexuelle à une échelle sans précédent en République démocratique du Congo. Le Congrès américain et le président Obama ont fait preuve d’autorité en faisant figurer cet amendement dans le texte final de la loi. Il appartient maintenant aux dirigeants européens de faire de même et de marquer la volonté universelle de protéger les plus vulnérables.

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Les femmes en lutte d'Emmanuel Dongala

L'auteur congolais signe une épopée optimiste

  Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève... Il faut te lever, Dieu n'a pas fait cette nuit plus longue pour toi. " C'est par une adresse à sa belle héroïne au " corps courbatu " que commence le roman du Congolais Emmanuel Dongala, Photo de groupe au bord du fleuve. Entièrement narré à la deuxième personne du singulier, dans une langue dénuée d'artifice et à dessein envahie de tournures familières, le livre raconte l'épopée d'un groupe de " casseuses de cailloux " congolaises. Quatorze femmes qui, chaque jour, concassent des blocs de pierre au bord d'un fleuve, afin de vendre à l'unité quelques sacs de gravier. " Chacune, écrit Dongala, y a échoué en empruntant la route particulière de sa souffrance. "

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Les compétences n'ont pas de sexe

par Jean-Marc Le Gall

L'émancipation des femmes a connu une franche accélération au cours des quarante dernières années. Le magazine Sciences humaines souligne dans son numéro d'avril ("L'Ere du post-féminisme") la portée considérable de cette révolution sociétale, en particulier l'entrée massive des femmes à l'université et sur le marché du travail.

Mais ce dossier rappelle aussi que les objectifs d'égalité des combats féministes n'ont pas été réalisés, loin s'en faut, en particulier dans le monde du travail, en termes de salaires et de carrières. Dans leur grande majorité, les Françaises ne veulent sacrifier en aucun cas leur carrière professionnelle, pas plus d'ailleurs que leur désir de maternité. La réalité de ces discriminations justifie pleinement l'actualité des revendications d'égalité hommes-femmes dans les entreprises.

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  Le Grand Orient s'ouvre aux femmes


Par Jean-Marie Guénois


  La décision de la plus grande obédience en France clôt un débat qui durait depuis des années.

Coup de théâtre, vendredi, au Grand Orient de France. Cette première obédience franc-maçonne en France, toujours restée masculine, a officiellement décidé d'admettre des femmes en son sein. Elle devient de facto une obédience où les loges sont libres d'initier des femmes, sans pour autant devenir officiellement une obédience mixte. Cette décision clôt ainsi un débat qui divisait le Grand Orient depuis plusieurs années.

De convent en convent - les assemblées générales annuelles d'automne - la perspective d'admettre des femmes dans les loges était régulièrement soumise au vote mais sans jamais trouver une majorité en sa faveur.

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Il est déraisonnable de s’arc-bouter sur un interdit de principe
Le corps de la femme est-il à louer ?


Par SABINE PROKHORIS Psychanalyste

  Technique controversée d’assistance médicale à la procréation, la GPA (gestation pour autrui) suscite des discours passionnels et souvent confus. Il importe donc de situer aussi clairement que possible les différents enjeux de l’affaire, tant au plan anthropologique que pragmatique. En précisant déjà que la GPA peut prendre trois formes distinctes : soit une femme porte pour un couple un enfant conçu à partir de ses propres ovocytes par insémination du sperme du compagnon d’une femme infertile. Elle est ainsi mère génétique et génésique à la fois. Soit elle porte un enfant conçu à partir des gamètes du couple demandeur, enfant qui sera alors génétiquement celui des parents d’intention. Soit encore elle porte un enfant conçu à partir du sperme du père et de l’ovocyte d’une femme tierce (en cas d’infertilité à la fois utérine et ovocytaire de la mère d’intention). Dans ces deux derniers cas, l’enfant ne sera pas génétiquement celui de la femme qui mènera la grossesse. On le voit, plusieurs relations différentes s’organisent là entre la filiation, construction de toute façon sociale, la gestation, si centrale dans nos représentations du maternel, et les figures du «don d’hérédité», quant à elles partie prenante de notre imaginaire de la transmission.

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Ce n’est plus l’esclavage mais le marché qui s’empare des corps

Par SYLVIANE AGACINSKI Philosophe

  La question qui nous est posée aujourd’hui vient de loin, de plus loin que la seule actualité de l’agenda parlementaire et du prochain réexamen des lois dites bioéthiques. Elle vient d’une part, de l’état actuel des biotechnologies, d’autre part d’une idéologie ultra-libérale et individualiste qui veut ignorer toute fonction sociale de la loi et laisser libres les contrats ou les conventions entre particuliers, chacun étant seul juge de son intérêt personnel.

Le corps humain, dans sa totalité, a été fort longtemps un bien, voire une marchandise : cela s’appelait l’esclavage. Des hommes, des femmes, leur progéniture, leur service physique illimité, tout se vendait. Même la domesticité, sous l’Ancien Régime, aliénait la personne physique, avec sa vie privée : elle fut abolie par la révolution française au motif que «la personne n’est pas aliénable» (1793). C’est pourquoi, si l’on peut louer du temps de travail, dans des conditions que la loi précise, il est en principe interdit de louer ou d’acheter une personne physique, avec sa chair et ses organes. Autrement dit, nul ne peut mettre ses organes à la disposition d’autrui, ni solliciter cette mise à disposition. La loi n’est pas faite ici pour empêcher les uns de faire quelque chose mais pour protéger les autres de la violence que l’argent pourrait exercer sur eux. J’entends déjà les objections : que faites-vous de la prostitution ? En effet, la disponibilité du corps, sur le marché du sexe, est la forme la plus banale de la location d’organes. Alors, pourquoi pas l’utérus ? Ouvrières du sexe et ouvrières d’enfants, vendeuses d’ovocytes, voilà autant de façons pour les chômeuses de gagner un peu d’argent. Ainsi, ce n’est plus l’esclavage mais le marché qui s’empare des corps.

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La tyrannie de l'épilation
 

En publiant, en janvier, son enquête sur "les nouvelles tendances de l'épilation maillot", le magazine Elle n'imaginait pas provoquer autant de réactions parmi ses lectrices et sur nombre de forums Internet. Le dossier de huit pages, illustré de photos de jeunes femmes dénudées du bas, livrait toutes sortes de conseils pour "bien cultiver son jardin secret". On y apprenait que, "malgré la douleur", la tendance actuelle est à "l'épilation semi-intégrale", ne laissant qu'une pilosité réduite à la forme d'un ticket de métro. Voire beaucoup moins, les esthéticiennes interrogées par Elle déclarant être confrontées à une "augmentation constante de la demande d'épilations intégrales".

Choix personnel ou diktat de la mode et de la publicité ? Souci hygiéniste ou influence - consciente ou non - du porno et de ses professionnelles qui s'affichent totalement glabres sur Internet ? Soumission aux injonctions masculines ou simple désir d'être bien dans son corps sans poils ?

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L'âge et le vieillissement, impensés du féminisme


Croiser deux générations féministes et deux voix - l'une qui a pris la parole dans les années 1970 quand l'autre s'est exprimée dans la décennie 2000 - n'est pas de trop pour penser l'articulation entre inégalités de genre et inégalités liées à l'âge. Question féministe s'il en est, mais impensé du féminisme aussi. Si des solidarités entre femmes ont pu se forger au sein des luttes malgré des clivages de classe, de couleur de peau, d'orientation sexuelle, subsiste cependant une variable discrète et ô combien discriminante : l'âge. Cet âge exhibé ou maquillé est l'une de ces inégalités multiples dont on parle rarement entre femmes, comme on dit. Comment ne pas voir pourtant que les effets croisés de l'âge et du genre sont sources de clivages entre générations de femmes, y compris entre féministes ?

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Les inégalités hommes - femmes perçues avec acuité

Par Constance Jamet


62% des Européens estiment que les inégalités entre les sexes sont fréquentes, révèle l'Eurobaromètre publié vendredi. Une proportion qui monte à 77% dans l'Hexagone. Tour d'horizon des doléances des Français.

Les discriminations hommes-femmes sont encore très répandues. Telle est la conclusion de l'Eurobaromètre, publié vendredi par la Commission européenne. 62% des habitants des 27 estiment ainsi que les inégalités entre les sexes sont fréquentes, même si pour quasiment la même proportion d'entre eux (66%), des améliorations ont été enregistrées depuis ces dix dernières années. C'est en France (77%) et en Espagne (71% ) que les inégalités de traitement entre hommes et femmes sont perçues avec le plus d'acuité. Tour d'horizon des doléances des sondés français.

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Quelle égalité homme-femme?

Par Jean Gabard

Après les demandes de parité des femmes apparaissent les revendications des hommes pour une justice moins sexiste : ceux-ci sont en effet de plus en plus nombreux à contester les décisions prises après un divorce, pour la garde des enfants. Les récents suicides de pères privés de leurs enfants viennent relancer le débat, et ce sont cette fois, les hommes qui réclament la résidence alternée au nom de l’égalité homme-femme. Ainsi, les femmes d’un côté et les hommes de l’autre se mobilisent-ils pour la défense de l’égalité et pour faire reconnaître les discriminations dont ils se disent, les uns et les autres, victimes. Pourtant les hommes et les femmes recherchant une égalité-indifférenciation de sexe, ne seraient-ils pas à la fois responsables et victimes d’une idéologie égalitariste utopiste qui nie la différence des sexes ?

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Les hommes font taches de ménage

Un enfant de plus dans le couple : plus de tâches domestiques pour la mère

Une enquête montre qu'une naissance accroît les inégalités entre hommes et femmes

  La naissance d'un enfant modifie-t-elle la répartition des tâches au sein du couple ? C'est ce qu'a tenté de savoir Arnaud Régnier-Loilier, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED) et spécialiste de la famille. Ses conclusions sont sans ambiguïté. " L'arrivée d'un enfant accentue le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED Population & Sociétés. Ce sont elles qui s'éloignent du marché de l'emploi, elles aussi qui prennent davantage en charge les tâches domestiques. "

Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur une enquête internationale qui a permis, en France, d'interroger plus de 2 000 couples. Hommes et femmes ont été invités à deux reprises, en 2005 et 2008, à mesurer leur participation à sept tâches ménagères : la préparation des repas, la vaisselle, les courses alimentaires, le repassage, l'aspirateur, la tenue des comptes et l'organisation de la vie sociale de la famille. Parmi les couples interrogés, un quart a eu un enfant entre les deux enquêtes.

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D'un 25 novembre à l'autre.....



  Mercredi 25 novembre au matin : conférence de presse à l'Assemblée nationale de la « mission d'évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. »
Celle-ci, après avoir présenté en juillet le rapport émanant de ses six mois de travail, dépose une proposition de loi adoptée à l'unanimité des trente députés la composant.
Cette mission avait été décidée par le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, en novembre 2008, à la suite des 16 000 signatures revendiquant l'inscription de la proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes du Collectif à l'ordre du jour de l'Assemblée.
Certes, cette proposition de loi n'est pas la loi cadre, ne rêvons pas ! Mais elle en reprend certains aspects importants : la création d'une véritable ordonnance de protection comportant diverses mesures significatives y compris pour les femmes sans papiers , l'interdiction de la médiation pénale dans les affaires de violences conjugales, la création d'un délit de violences psychologiques, l'aménagement du délit de dénonciation calomnieuse, la création d'un Observatoire national des violences. Elle ne dit mot en revanche des tribunaux de la violence à l'encontre des femmes, de l'éducation non sexiste ou des mesures qu'il faudrait prendre au travail pour aider les femmes à surmonter les conséquences des violences subies. Ceci dit, elle représente tout de même une réelle avancée.


Midi : alors que nous manifestons devant l'Assemblée pour la loi cadre, encore et toujours, Fillon prend la parole à Matignon pour proclamer l'année 2010 « Grande cause nationale contre les violences faites aux femmes. » (ce qui signifie des spots publicitaires gratuits pour les associations dans les médias). Il annonce que le gouvernement va légiférer début 2010 en « s'appuyant » sur la proposition de loi de la mission et détaille certaines mesures qui seraient adoptées : création d'un « référé protection » ( sans plus de précisions), d'un délit de violences psychologiques, d'un téléphone portable pour les femmes menacées. Mais rien sur les femmes sans papières victimes, sur l'interdiction de la médiation pénale ou l'aménagement du délit de dénonciation calomnieuse. Visiblement, encore une fois, le gouvernement traîne des pieds pour légiférer en profondeur...... On ne se détache pas ainsi de millénaires de machisme.


Les semaines qui viennent vont être cruciales dans la mobilisation contre les violences faites aux femmes. Il faut obtenir le maximum. On peut compter sur nous !


Dernière nouvelle : une commission spéciale de la conférence des Présidents de l'Assemblée va être constituée dans les jours qui viennent pour discuter de la proposition de loi de la mission. Celle ci est inscrite pour janvier à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Des membres du gouvernement pensent qu'elle va trop loin !
Encore une fois, la balle est aussi dans notre camp.

Collectif national pour les Droits des Femme

 

Tulle : 14 ans pour le père incestueux

  Un homme de 57 ans, Patrick V., a été condamné ce soir à quatorze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Corrèze, à Tulle, pour viols par ascendant légitime sur sa fille majeure avec qui il a eu trois enfants.

A cette condamnation s'ajoute un suivi socio-judiciaire assorti d'une obligation de soins pendant cinq ans et d'une interdiction d'entrer en relation avec sa fille et les trois-enfants qu'ils ont eus ensemble. Les jurés ont ainsi suivi en tous points les réquisitions du parquet qui leur avait demandé de condamner "sévèrement" l'accusé "en retenant la contrainte morale de type sectaire imposée par Patrick V. à sa fille".

Après des années de dénégations et la naissance des trois enfants, la fille avait porté plainte fin 2005 en évoquant l'"emprise" psychologique de son père.

AFP 18/11/2009 |

 

Des premières dames d’Afrique contre l’excision


Par CHANTAL COMPAORÉ Première dame du Burkina Faso, EMMA BONINO vice-présidente du Sénat italien et fondatrice de No Peace Without Justice - www.npwj.org.

 Dans le monde entier, des femmes vivent sous la menace des mutilations génitales féminines ou en subissent les conséquences. Rien qu’en Afrique, environ 3 millions de filles et de femmes sont soumises à cette pratique chaque année et l’on estime à quelque 92 millions les femmes à en avoir été victimes.

La justification de cette amputation varie entre les pays. Dans certaines parties du continent, les textes religieux sont invoqués de manière erronée. Dans d’autres, ce sont des traditions culturelles qui contribuent à maintenir la pratique vivante. Mais quel que soit le raisonnement avancé, les mutilations génitales féminines (MGF) constituent une violation flagrante des droits humains les plus fondamentaux et doivent être éradiquées. De nombreux Etats où les MGF sont pratiquées sont signataires du protocole de l’Union africaine sur les droits de la femme, dont l’article 5 appelle explicitement à l’adoption de lois interdisant les excisions. Des signes positifs d’un abandon de la pratique sont visibles dans plusieurs pays. Cependant, l’échec de nombreux Etats de l’Union africaine à ratifier ce protocole et le manque de législations nationales efficaces font obstacle à un effort plus concerté pour débarrasser le continent de ce fléau.

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 Il y a 48 000 viols de femmes par an en France!

 

 par Suzy Rojtman et Maya Surduts



 Le 25 novembre est de retour : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. La lutte contre les violences faites aux femmes a déjà une longue histoire en France. Elle a débuté en 1972 par deux journées de dénonciation des crimes contre les femmes à la Mutualité à Paris. Et elle ne s'est pas arrêtée depuis. Le 23 décembre 1980, après des années de manifestations, de procès exemplaires, d'actions de soutien aux victimes, une nouvelle loi sur le viol est votée qui permet, grâce à une définition de cette infraction, qu'il soit enfin considéré comme un crime.

La législation a été depuis considérablement étoffée grâce aux luttes des féministes.
Ces lois étaient indispensables pour marquer l'interdit de ce type de violences, tolérées et même excusées durant de nombreuses années. De nouveaux délits ou circonstances aggravantes, prenant en compte la réalité des violences, ont du être créés : harcèlement sexuel, violences conjugales.

Mais la mise en œuvre de ce corpus législatif se heurte à la réalité des faits : il est très mal appliqué. En effet, alors qu'il y a d'un côté un consensus général proclamé pour condamner ces violences, de l'autre, la tolérance sociale est encore importante : des publicités incitent quasi ouvertement à commettre des violences et leurs promoteurs se retranchent derrière la liberté d'expression ou l'humour ; un chanteur égrene des paroles d'une rare cruauté au nom de la liberté artistique, un cinéaste est rattrapé par une affaire de viol mais il doit être excusé du fait de sa notoriété et de son talent. Ce genre d'arguments ne serait, et on ne peut que s'en féliciter, jamais invoqué dans des affaires de racisme ou d'antisémitisme. Deux poids, deux mesures. Bien plus près de chacun de nous, qui n'a pas, même en 2009, été confronté à une minimisation des faits de violences à l'encontre des femmes : "Elle a été violée, oui mais ça fait quatre mois, ça devrait passer maintenant", "Il a bousculé sa femme mais c'est un homme si charmant. On entend parfois crier mais c'est la vie".
Suzy Rojtman, Maya Surduts, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes

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 Contre les jouets sexistes

 QUOI DE PLUS ANODIN qu'un enfant qui joue avec ses cadeaux de Noël ? Qui ne s'est jamais extasié en voyant une petite fille déballer sa Barbie, ou un petit garçon découvrir son Big Jim ?

Pourtant, ces situations ne sont en rien anodines, car les jouets dont disposent les enfants influent sur leur vision du monde et les préparent déjà à leur vie future.

 Aujourd'hui encore, 80 % des tâches ménagères sont effectuées par les femmes, et deux millions de femmes en France sont battues par leur conjoint.

Dès le plus jeune âge, on conditionne les petits garçons à la violence (armes, gants de boxe…), à la technique (voitures, trains…), à la science (petit chimiste…), à la compétition (circuits auto, babyfoot…). Les petites filles sont quant à elles préparées à un futur rôle de mère (en les habituant à s'occuper de leurs poupées dès le plus jeune âge), de ménagères (par le biais de dînettes, d'aspirateurs miniatures, etc.) ou d'objet de désir (panoplie de maquillage, poupées ultra-minces...). On apprend aux petits garçons à être dominants via la force, la technique, la compétition, aux petites filles à être dominées en étant consignées aux tâches ménagères, avec une apparence toujours soignée pour plaire aux garçons.

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Manifeste des hommes

 

  Nous, soussignés, des hommes, vivant en ce début de XXIème siècle, déclarons ce qui suit :

Nous considérons comme obsolètes les valeurs traditionnelles de domination des femmes par les hommes qui sévissent dans toutes les civilisations et toutes les classes sociales. Nous déclarons que l’égalité entre les hommes et les femmes est un but juste et légitime, et qu’il est nécessaire de tout mettre en place pour y parvenir immédiatement.

Nous condamnons toute violence familiale dont les femmes et les enfants représentent l’immense majorité des victimes. Nous condamnons toute théorie qui justifierait ces violences ou en ferait porter la responsabilité même partielle par les victimes.

Nous condamnons fermement toute théorie justifiant des actes sexuels entre adultes et enfants ou minimisant les conséquences du viol. Nous condamnons tout type de harcèlement moral et sexuel dont les femmes font souvent les frais.

Nous déclarons injustes les livres et jouets pour enfants représentant les femmes comme des ménagères ou des objets sexuels. Nous affirmons que ces représentations ne peuvent qu’encourager à la reproduction d’un système d’inégalités.
Nous affirmons qu’il est injuste que les tâches ménagères soient encore, dans leur grande majorité, effectuées par les femmes.

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Contre les violences faites aux femmes … et aux hommes !

 par Jean GABARD

 Avec la libération de la femme et le culte de la spontanéité, y a-t-il, encore aujourd’hui beaucoup d’hommes qui n’ont jamais été insultés, voire même giflés, par une femme ?

La réponse risque d’être difficile à donner : les études ne concernent souvent que les violences faites aux femmes ! …

Mais peu importe, il n’est pas question de comparer des chiffres. Ces derniers, d’ailleurs, sont-ils si importants par rapport à la gravité du sujet, surtout s’il s’avère que les mêmes violences n’ont pas forcément des effets identiques sur les hommes et sur les femmes ?

Les violences physiques paraissent en effet beaucoup plus graves pour une femme que pour un homme. Les menaces seules, pour elle, sont déjà totalement destructrices.

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Lettre ouverte contre les blagues sexistes de TV MAGAZINE
par Huguette Emmanuel Bellemare, éducatrice, militante de l’UFM


  Ainsi, malgré notre lettre de protestation du 23 avril 2009, et alors qu’une nouvelle victime est toujours entre la vie et la mort à La Meynard, que son sang n’a pas encore séché sur le sol du parking d’Hyper U, vous récidivez. Vous publiez coup sur coup dans les numéros du 10 au 16 et du 17 au 23 octobre de TV Magazine deux de vos lamentables « histoires drôles » dont les femmes font les frais !
Dans la première, un homme se trouve réduit à boire dans l’espoir de trouver jolie sa femme. Dans la deuxième, un homme (toujours !) annonce fièrement à sa femme qu’il l’a perdue au jeu volontairement, en trichant. On voit très bien la gradation ascendante et la relation de cause à effet : le pauvre homme, chassé de son foyer et réduit à l’état de poivrot par un laideron doté certainement d’un caractère à l’avenant, n’a d’autre issue que de s’en débarrasser en forçant un peu la chance et en la refilant à une autre dupe !
Mais, vous le savez très bien, ce n’est pas ainsi que cela se passe : statistiquement, ce sont les femmes qui s’en vont, car elles ne supportent plus la situation que leur font certains hommes dans leur propre foyer alors qu’elles ont maintenant les moyens de dire « non ». Est-ce pour masquer ce fait insupportable que vous exhumez ce genre de blagues ?

 

La précarité des femmes n'est pas une fatalité !

  L’extension de la précarité dans le travail constitue aujourd’hui un instrument majeur des classes dominantes pour diviser les salarié-e-s et individualiser les situations de travail. Si elle touche tout le monde, elle concerne particulièrement les femmes et contribue à renforcer les discriminations que celles-ci subissent dans l’emploi et dans la sphère publique.

La crise économique aujourd'hui sert de loupe aux inégalités entre les femmes et les hommes dans l'emploi. En effet, comme l’a noté l’Observatoire des inégalités1, cette crise a paru – au moins dans un premier temps – moins toucher les femmes que les hommes pour ce qui concerne l’emploi. Entre juin 2008 et juin 2009, l’augmentation du chômage a été deux fois plus forte pour les hommes (+27 %) que pour les femmes (+11 %), sur un total de 571 900 chômeurs supplémentaires. Cet apparent paradoxe est dû à la segmentation du marché du travail : les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes postes, ni dans les mêmes secteurs. Cette hausse du chômage a d’abord été causée par les fins de contrats d’intérim, surtout dans le bâtiment, et les licenciements massifs dans l’industrie.

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Le «genre» dans tous ses états

Par MICHÈLE RIOT-SARCEY professeure d’histoire des idées à l’université Paris 8

Hommes et femmes ne sont pas identiques, nous l’admettons volontiers, mais l’inégalité entre les sexes est le produit des relations de pouvoir entre hommes et femmes (le genre). Décrypter le processus de domination qui, par-delà de la loi, structure les sociétés, est une nécessité pour appréhender le monde actuel. En France, en dépit de l’égalité des droits, les femmes représentent 80 % des travailleurs pauvres et sur elles reposent l’essentiel des tâches ménagères. Mais leur retraite est, en moyenne, inférieure à 600 euros par mois (source : Collectif national pour les droits des femmes, CNDF). A la manière des féministes noires américaines, nous pourrions énoncer le paradoxe suivant : si dans les pays démocratiques, les hommes sont libres, la plupart des femmes savent qu’elles ne le sont pas.

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Irina Bokova: "Le combat  pour l'égalité homme-femme doit aussi se mener dans la vie privée"

  La Bulgare Irina Bokova, nouvelle directrice générale de l’Unesco, souhaite faire du combat pour l’égalité hommes-femmes une des priorités de son mandat. Tout un symbole, elle a choisi samedi de réserver sa première sortie officielle au Women’s Forum de Deauville, le "Davos féminin" qui a rassemblé cette semaine des dirigeantes du monde entier.

Etes-vous fière d’être la première femme élue à la tête de l’Unesco?
C’est un signal très fort pour toutes les femmes, la preuve qu’il est possible pour elles d’accéder aux plus hautes responsabilités dans leur pays mais aussi au sein des institutions internationales. Trop souvent, le pouvoir leur fait peur et elles s’excluent de la compétition. Le secret, c’est la confiance en soi.

Avez-vous dû batailler plus qu’un homme pour accéder à cette haute fonction?
Soutenue par le gouvernement bulgare, j’ai pu faire une longue campagne dans 47 pays. Dans cette course, j’ai affronté neuf autres bons candidats, dont quatre femmes de talent. C’était une compétition entre hommes et femmes, ce qui est l’idéal. Je n’ai pas été élue parce que je suis une femme mais parce que ma candidature était la meilleure.

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Le Grand Orient
ne sera pas mixte

L'actuel grand maître, Pierre Lambicchi, cardiologue âgé de 59 ans, refuse de livrer sa position personnelle en raison de sa charge.
L'actuel grand maître, Pierre Lambicchi, cardiologue âgé de 59 ans, refuse de livrer sa position personnelle en raison de sa charge. Crédits photo : AFP

  La première obédience maçonnique française, réunie vendredi à Lyon, a voté contre l'intégration des femmes comme membres à part entière.

Le Grand Orient de France ne deviendra pas mixte. C'est ce qu'ont décidé les 1.200 délégués du «convent» annuel l'assemblée générale de l'organisation- vendredi à Lyon. La première obédience maçonnique française a voté à 56% contre l'initiation des femmes dans ses loges et à 58,7% contre l'affiliation de «sœurs» déjà initiées dans d'autres obédiences. Le Grand Orient de France, qui est une organisation masculine depuis 1772, le restera donc.

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Le sport a-t-il un sexe ?

Par ANNIE SUGIER présidente de la Ligue du droit international des femmes, JULIAN JAPPERT directeur du think tank Sport et citoyenneté.

  Face aux prouesses de «Lightning Bolt», les médias et les athlètes se félicitent d’avoir pu assister de leur vivant à l’envol d’un pareil phénomène : «Celui qui a marqué à jamais l’athlétisme»,«Un ouragan»,«Un phénomène aux compas de géant emmenant un braquet jamais vu dans l’histoire de l’athlétisme»… Sous le titre «L’encombrant M. Bolt», l’Equipe note : «De Green à Bailey, de Pérec à Johnson, ils sont unanimes : l’extraterrestre n’a pas de rival.» Toute autre est la tonalité des réactions face aux performances de la Sud-Africaine Caster Semenya. Les commentaires passent très vite de l’admiration - elle a «assommé la concurrence» - à la suspicion : et si c’était un homme ? Sa voix, son corps, ses poils, tout y passe, y compris son style de course qui serait masculin. A l’exception notable de l’Anglaise Jennifer Meadows, l’une des dauphines de la jeune Sud-Africaine lors du 800 mètres, les autres concurrentes interviewées n’hésitent pas à alimenter les rumeurs. Ainsi, l’Italienne Elisa Cusma, sixième de la course, s’emporte avec virulence, déclarant : «On ne devrait pas laisser ce genre de personne courir avec nous.»

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Deux amazones à Paris

Par Judith Butler et Avital Ronell

 Judith Butler et Avital Ronell, les deux plus grandes représentantes américaines de la «French Theory», cette pensée inspirée de Deleuze, Foucault, Derrida, évoquent ici leur relation à la France, à l'amour, et le scandale que leur oeuvre n'a cessé de provoquer. Si l'on ne présente plus Judith Butler, grande théoricienne des genres sexuels, professeur à Berkeley, égérie gay mondialement connue, le public français commence à découvrir Avital Ronell. Lectrice raffinée de Derrida, Blanchot, Flaubert et de tant d'autres, la «Dark Lady» de la déconstruction, comme on la surnomme, élue par «Village Voice» comme un des trois meilleurs écrivains au monde, en impose par sa sophistication subtile, son humour et la prodigieuse intelligence de ses textes. Rencontre au café Le Rostand, à deux pas du jardin du Luxembourg.

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Qui sont les femmes qui portent la burqa en France ?

Elles seraient quelques milliers en France à porter un voile intégral, avec ou sans tissu grillagé au niveau des yeux.

  Le gouvernement n'exclut pas de légiférer sur le port de ce voile, dont les adeptes en France sont souvent jeunes et proches du mouvement salafiste qui prône un islam rigoriste.

Si certaines femmes souffrent de ce voile qui les ensevelit de la tête au pied, «la majorité a volontairement adopté cette tenue», tranche Bernard Godard, spécialiste de l'islam (1). «Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties dans leurs rangs», ajoute cet ancien du Bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. «Elles deviennent salafistes comme on entre dans une secte», poursuit-il.

Les salafistes, tenant d'un islam radical, restent minoritaires en France. Ils seraient entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent régulièrement, dopés par leur opposition à l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le tabligh, attire justement des jeunes en mal d'absolu, dont des femmes. Comme dans les sectes, leurs membres passent des heures à peaufiner les règles, à revoir les sourates, mais aussi les milliers de hadiths, ces paroles rapportées du Prophète qu'ils entendent respecter à la lettre. Or ces hadiths sont aussi riches que contradictoires.

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La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa,

 
        par    Pierrette Fleutiaux

  Si j’étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l’homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l’homme respectueux de l’ordre divin.
Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l’interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.

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 Femmes battues : le spot choc de l'actrice Keira Knightley

L'héroïne de "Pirates des Caraïbes" joue dans un spot particulièrement réaliste dénonçant les violences conjugales.


 

 L'association britannique de défense des droits de la femme Women's Aid a mis en ligne, vendredi 3 avril, un spot dénonçant les violences conjugales particulièrement explicite et mettant en scène l'actrice Keira Knightley
L'héroïne de la série "Pirates des Caraïbes" joue le rôle d'une actrice qui, après sa journée travail, rentre à son appartement, où l'attend son compagnon. Celui-ci, jaloux que sa petite amie ait pu embrasser des comédiens, la bat lors d'une scène extrêmement réaliste.
"Je voulais faire partie de cette publicité pour Women's Aid car, alors que la violence conjugale existe dans chaque couche de la société, nous en entendons rarement parler", explique Keira Knightley sur le site de l'association. "Nous ne pensons peut-être pas connaître quelqu'un qui a connu la violence conjugale, mais cela ne veut pas dire que ça n'arrive pas".

 

Mgr André Vingt-Trois sacré «macho de l'année»

Laure Daussy (lefigaro.fr)
06/03/2009 |

Mgr André Vingt-Trois  A l'occasion de la journée des femmes, les Chiennes de garde ont couronné le cardinal et archevêque de Paris, pour cette déclaration : «Le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête.»

«Vadre retro Cardinal». «23, V'la les machos». C'est sous ces bannières que le groupe de féministe les Chiennes de garde «félicitent» ce vendredi le cardinal archevêque de Paris. Elles l'ont élu «macho de l'année», à l'occasion de la journée des femmes qui aura lieu dimanche, parmi une liste de déclarations «sexistes» répertoriées toute l'année. Ce prix est une première, pour «fêter» les dix ans d'existence de l'association.

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La surcharge de travail des femmes africaines entrave le développement économique du continent

Une enquête pointe la nécessité de prendre en compte le temps de travail domestique

  Un nourrisson noué dans le dos, une bassine de manioc ou un fagot de bois maintenu sur la tête : les femmes africaines déambulent rarement les bras ballants. Si l'intensité de leur travail, aisément perceptible, relève de l'évidence, leur contribution à l'économie passe largement inaperçue. Ainsi, le taux d'activité des femmes africaines (62 %) est supérieur à celui qui prévaut en Europe (49 %). Mais, reléguées dans des activités informelles, voire non marchandes, et assignées aux tâches ménagères, elles ne pèsent guère dans les indicateurs qui reflètent l'état des sociétés et sont censés inspirer les politiques.

Un chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), Jacques Charmes, a entrepris depuis des années de lever le voile sur la réalité de l'emploi du temps des Africaines, en enquêtant minutieusement sur leurs activités quotidiennes. Afin de leur rendre justice et d'inciter à un partage plus équitable des tâches entre les sexes. Mais aussi pour montrer de quelle façon la surcharge de travail qui pèse sur les femmes compromet le développement économique.

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Le féminisme en bottes de cow-boy

Jean-François Lisée directeur exécutif du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal.

  Le 8 mars 2009 ne sera pas un grand cru dans l’histoire du mouvement féministe mondial. On tentera, comme chaque année, de savoir si nous sommes dans la phase postféministe ou, comme on l’entend maintenant, post-postféministe. Ces débats abscons nous font oublier que le bon vieux féminisme première manière (pré-postféministe ?) a encore beaucoup de chemin à faire dans bien des milieux. Or, il en fait, du chemin, notamment grâce à la montée aussi tardive que fougueuse du féminisme dans la musique country américaine. Il s’agit d’une industrie musicale puissante qui cible un secteur de la population où la misogynie est bien enracinée. Les Américains ont acheté l’an dernier 48 millions d’albums country, contre 140 millions d’albums rock, 33 millions d’albums rap et 11 millions d’albums de musique classique.

Le chemin parcouru depuis une quinzaine d’années est considérable. On est loin du Stand by Your Man (1968), où Tammy Wynette invitait les femmes à appuyer leur homme même s’il leur fait «faire des choses que vous ne comprenez pas». Encore en 1986, Reba McEntire avisait son mari qu’elle serait toujours là lorsque son escapade avec Whoever’s in New England - sa maîtresse en Nouvelle-Angleterre - serait terminée. Je m’y connais un brin car, voulant accompagner mes heures d’écritures de fond musical, j’avais en 1994 une indigestion de rap et de heavy metal, alors courant sur les chaînes musicales. J’ai découvert Country Music Television, juste à temps pour l’irruption de… Shania Twain.

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Les femmes assurent les 2/3 des heures de travail dans le monde et ne perçoivent qu'un dixième des revenus

  40 milliards d'heures C'est le temps passé au cours d'une année par les femmes d'Afrique subsaharienne pour chercher de l'eau : l'équivalent d'une année entière de travail de la population active française. (Fonds de développement des Nations unies pour la femme, Unifem)

Les femmes assurent les 2/3 des heures de travail dans le monde et ne perçoivent qu'un dixième des revenus (ONU)

70 % des 130 millions d'enfants non scolarisés dans le monde sont des filles. Il n'est donc guère étonnant que 64 % des 867 millions d'adultes qui ne savent pas lire aujourd'hui soient des femmes. (Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement)

En 2007, 58,5 % des bacheliers français étaient des filles. Elles ne représentent plus que 42 % des élèves dans les classes préparatoires aux grandes écoles, toutes disciplines confondues. (Education nationale)

26 % de filles parmi les élèves en écoles d'ingénieurs en France . Leur salaire d'embauche, à la sortie de l'école, est inférieur de 7,5 % à celui des hommes. (Insee, CNISF)

15 % des directeurs de recherche dans l'Union européenne, toutes disciplines confondues, sont des femmes . Ce taux n'est plus que de 9 % dans les disciplines scientifiques et techniques. (Commission européenne)

21 % C'est l'écart de salaire moyen entre hommes et femmes dans le monde . Cet écart est de 17,4 % dans l'Union européenne, de 27 % en France . Il est de 15 % pour les PDG américains, à secteur et taille de firmes comparables en 2008. (Commission européenne, Observatoire des inégalités, Corporate Library)

Dans les entreprises du CAC 40, les femmes représentent 8,8 % des membres des conseils d'administration (Capitalcom)

60 % de femmes dans le gouvernement finlandais

La Finlande est le seul pays de l'Union européenne qui compte plus de femmes que d'hommes au gouvernement. Le pays européen qui compte le moins de femmes ministres est la Hongrie (6,25 %). La France arrive en cinquième position (41,18 %). Le taux moyen, pour les 27 pays de l'Union s'établit à 25,5 %. (Fondation Robert-Schuman)

18,4 % de femmes parlementaires dans le monde En Union européenne, le taux moyen est de 24 % dans les 27 Parlements nationaux. La Suède est au premier rang (46,70 %), Malte au dernier (8,7 %). La France se classe 24e , (18,54 %). (Unifem, Fondation Robert-Schuman)

 

 

En Guadeloupe, trois femmes " doubout "

Amicelle, 90 ans Myriam 33 ans Véronique 50 ans
Amicelle, 90 ans Myriam 33 ans Véronique 50 ans

Myriam, Véronique, Amicelle : trois générations, trois destinées ballottées dans un quartier pauvre de Pointe-à-Pitre

  Myriam ne sait plus comment elle a trouvé le chemin de Boissard. Le " ghetto ", comme on dit à Pointe-à-Pitre, où l'on se fait trouer la peau pour un mot de travers. Elle y vit sa jeunesse, toute cassée par le crack. Véronique y a passé quatre années, comme en enfer, avant d'en réchapper. Ce n'est qu'aux abords de la cinquantaine qu'elle touche à la sérénité. Amicelle, 90 ans, qui n'a " pas la langue d'un petit poisson frit ", veut y garder sa case, celle de toute une vie.

Trois femmes " doubout " selon le parler créole. Sinon, comment survivre à pareils destins ? " Les femmes, on ne les voit pas forcément dans cette société locale matrifocale, dit la sociologue Patricia Braflan-Trobo. Elles n'ont pas besoin du devant de la scène, car elles connaissent leur pouvoir. "

La première fois, au centre Saint-Vincent-de-Paul, derrière le palais de la Mutualité, Myriam, 33 ans, est arrivée avec une chevelure de lionne, un feu de broussaille roux qui l'auréolait. Les bras couverts. Elle a raconté son enfance en métropole, " chez les Ch'tis ", avec son père blanc et sa mère guadeloupéenne. Puis le retour au pays natal à 23 ans - elle est née à Petit Pérou, une commune voisine de Pointe-à-Pitre -, accro à l'héroïne. " Ici, la méthadone est payante. Il fallait aller chercher le chèque tous les jeudis. J'ai fait mon sevrage toute seule. "

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Deux jours de mobilisation contre les violences faites aux femmes

Femmes de la Caraïbe   La campagne de l’Union des Femmes de la Martinique contre les violences dans le couple a connu deux temps forts ce week-end en présence des femmes militantes de la Cafra et d'Aspire de Sainte Lucie ainsi celles du Dominican Council of Women de la Dominique.

SAMEDI, A FORT DE FRANCE….

La rue piétonne, le temps d’une matinée, s’est transformée en forum d’échanges, de dialogue : les violences dans le couple - le plus souvent contre les femmes mais bien sûr aussi les enfants – mais également la situation des femmes étrangères, la question des femmes au travail, la place des femmes dans notre société, autant d’axes de combat de l’Union de femmes.

… QUAND LA RUE, LA VIE ET LE THEATRE NE FONT QU’ UN

transformée en forum d’échange mais aussi en théâtre grâce à la troupe du Théâtre Forum : Suzy Singa et Hervé Deluge ont choisi de mettre en scène des situations que vivent certains couples dans leurs relations. De façon interactive et spontanée les passants ont pu faire part de leur avis, réagir – en rejouant aussi la scène eux-mêmes - Des situations qu’il est parfois dérangeant pour certains de voir étaler ainsi aux yeux de tous : un électrochoc est pourtant nécessaire pour faire évoluer les mentalités.

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MARIE-PHILOMENE ROPTUS dite

(1848-1879)

L’année 2008 marque le 160ème anniversaire de la naissance de Lumina Sophie. Elle fut la femme insurgée la plus en vue et la plus active lors des événements connus sous le nom de « l’insurrection de Sud » en 1870.  A cette occasion, l'UFM organise des manifestations commémoratives, dont vous trouverez le programme ci-après.

LUMINA SOPHIE dite SURPRISE  LUMINA SOPHIE dite SURPRISE naît le 5 novembre 1848, juste après l’abolition de l’esclavage, en Martinique au Vauclin à l’habitation LA BROUE. Elle est enregistrée à l’état civil sous le nom de MARIE PHILOMENE SOPHIE, fille de Marie Sophie dite ZULMA. Peu après le patronyme donné à sa mère et à elle-même sera celui de Roptus.

La petite enfance de Surprise, se déroule à l’habitation LA BROUE, où se met en place la nouvelle vie des nouveaux libres à partir du second semestre de l’année 1848, avec les contrats d’association qui laisse en jouissance aux travailleurs les cases et un petit lopin de terre.

La famille de la petite fille est majoritairement composée de femmes et sa grand mère, Reine SOPHIE veille à la gestion du « jaden boy Kay » où s’activent sa mère et ses tantes pendant que les hommes dans le « jaden nèg » se donnent à la culture des gros légumes de caféiers, cacaoyers et de bananiers. A la mort de sa grand-mère, la famille se disperse, et c’est la rupture avec la famille élargie. Surprise à 6 ans Zulma sa mère se retrouve à la tête d’une famille monoparentale qu’elle installe sur l’habitation Champfleury entre VAUCLIN et RIVIERE PILOTE. Zulma a plusieurs cordes à son arc, elle est couturière, cultivatrice, marchande mais aussi journalière sur les habitations voisines. Surprise, apprend la couture, accompagne sa mère au marché, et lors des récoltes de la canne à sucre et du café. Elle fait ainsi l’apprentissage des conditions de vie des ouvriers et des paysans.

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Communiqué du
GRAF-M

Le GRAF-M ( Groupe de Recherche et d’Action Féministe de Martinique ) se réjouit de la mise en place, dans les locaux de Fort-de-France, rue Victor Sévère, d’une structure d’accueil pour les femmes victimes de violences conjugales. Ce fait, dit de société, est un drame que vivent, bien souvent au quotidien, de très nombreuses femmes en Martinique (et de par le monde). Ces violences physiques et psychologiques ont la particularité de s’exercer dans la sphère privée et familiale (espace en principe réservé au bien-être, au repos et à la tendresse relationnelle du couple et de la famille). Or, ces violences peuvent être continuelles, sans cesse réitérées, amenant la femme à un dérèglement de la sphère affective et émotionnelle avec troubles dépressifs graves. Ces violences ont été souvent dénoncées et dénombrées en disant les méfaits psychologiques, en attirant l’attention de tous et de toutes sur ce manquement à la dignité et au respect envers les femmes.

Pour autant, la prise de conscience ne se fait que trop lentement, les vraies responsabilités (non de ceux et celles qui dénoncent les violences, mais de ceux qui les commettent) sont longues à être identifiées, reconnues et assumées.

Notre société commence donc enfin à admettre et à reconnaître ces violences et met en place cette structure d’accueil. C’est un progrès presque symbolique, car il faut aller plus loin, c’est évident, les structures d’accueil pour les femmes victimes de violences existent bien : l’UFM, Rosannie SOLEIL avec le DUA (66, rue Blénac) dispositif d’urgence et d’accompagnement qui travaille en réseau avec tous les organismes et structures, CENDRA, Forces Actives, ELLES AUSSI Martinique, 115 (COALEIX). Le travail militant de ces structures et le battage médiatique commencent à porter leurs fruits.

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L’héritage féministe détourné

Des femmes du Mouvement de libération des femmes (non déposé, ni «co-fondé»).

Si je vous dis féministeNous voilà donc, en octobre 2008, conviées à célébrer le quarantième anniversaire de la «fondation» du MLF, sous le patronage d’Antoinette Fouque, directrice des éditions Des femmes. Au-delà de la bizarrerie de cette annonce (le «MLF» - Mouvement de libération des femmes n’apparaît dans aucun tract militant, aucun compte rendu de réunion, aucun média avant 1970) et de l’hilarité qu’elle suscite chez nombre d’actrices et de contemporain(e)s du mouvement, c’est la notion même de «fondation» d’un mouvement social qui est un véritable oxymore.

On a beaucoup parlé, récemment, de mai 1968. On en a rappelé le fantastique foisonnement de paroles, d’idées, de révoltes, de désirs enfin mis à nu : un formidable moment de (re)mise en mouvement de la société - et pas seulement en France.

Il n’est venu à l’idée d’aucun des acteurs, célèbres ou anonymes, de cette période, d’en réclamer la paternité, de se déclarer initiateur, ou «fondateur» de mai 1968. Daniel Cohn-Bendit lui-même, symbole du mouvement l’aurait-il tenté, qu’il eût été accueilli par un gigantesque éclat de rire et amicalement enjoint de se soigner dans les plus brefs délais. Car, nous le savons, on peut fonder une entreprise, une association, un culte, une SCI, une SARL, une maison d’éditions, une secte, parfois tout cela ensemble : on ne peut pas «fonder» un mouvement. Il existe bien sûr des livres fondateurs : le Capital, par exemple ; il existe des actes, ou des événements fondateurs : la nuit du 4 août, la prise de la Bastille, ou du palais d’Hiver ; ils ne font nullement de Marx le «fondateur» du mouvement ouvrier, de Saint-Just ou Robespierre les «fondateurs» de la révolution française, ou de Lénine le «fondateur» de la révolution d’Octobre - et Antoinette Fouque, même si certains de ses admirateurs le pensent, n’est pas Marx, ou Saint-Just, ou Lénine.

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Le propre des femmes

Aux Etats-Unis, les féministes n'hésitent plus à parler d'une morale spécifiquement féminine. Sans retomber dans un argumentaire " naturaliste ", leur pensée permet de renouveler les théories de la justice

Tout commence dans une cour de récréation : les jeux masculins y sont généralement plus collectifs et plus longs, comme si les garçons prenaient autant de plaisir à discuter des règles qu'à jouer, alors que les filles privilégient les petits groupes intimes et estiment qu'une règle est valable aussi longtemps que le jeu la justifie, préférant cesser l'activité en cas de dispute. Avec l'âge, ces différences vont-elles s'accentuer ?

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Une étude alerte sur la hausse des actes commis par les conjoints ou les ex.

JACKY DURAND

 

  Plus d’une violence volontaire sur quatre constatées en France en 2007 a concerné une femme majeure, victime de son conjoint ou de son ex-conjoint. C’est l’un des principaux enseignements de la vaste enquête que publie aujourd’hui l’Observatoire national de la délinquance (OND), chargé de la divulgation des statistiques et études officielles de la délinquance en France. Les services de police et de gendarmerie ont enregistré l’année dernière 47 573 faits de violences volontaires sur des femmes, soit 25,6 % de l’ensemble des violences sur personnes de 15 ans et plus. Ce constat est d’autant plus vertigineux qu’il s’accompagne d’une forte accélération des actes commis contre les femmes depuis trois ans (+ 31,1 % par rapport à 2004), il est vrai dans un contexte général de hausse des violences «auquel celles sur les femmes majeures par conjoints contribuent de façon croissante», analyse l’OND.

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  Cyril Rizk est responsable des statistiques de l’observatoire national de la délinquance (OND), qui publie aujourd'hui une vaste enquête concluant à une hausse des violences faites aux femmes ces dernières années.

Recueilli par JACKY DURAND

 

Les violences conjugales sont-elles déterminantes dans la hausse générale des violences volontaires ?
Cette hausse que vous évoquez concerne les faits constatés par la police et la gendarmerie, et effectivement entre 2006 et 2007, alors que le nombre de violences sur personnes de 15 ans et plus a augmenté de 12.835 faits constatés (+ 7,5%), près de 60% de cette hausse était composée de faits de violences volontaires sur femmes majeures par conjoint ou ex-conjoint. On peut rappeler qu’en 2006, la législation a élargi la notion de violence par conjoint aux ex-conjoints, ce qui a pu entraîner une partie de la hausse.

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Les femmes, un levier économique sacrifié dans les pays en développement

En ne permettant pas aux jeunes filles de suivre une scolarisation régulière, l'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne pénalisent leur croissance à court et long termes

Femmes du tiers-monde  Les femmes nées en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne grandissent dans des régions en proie à la pauvreté, la maladie, la guerre ou la famine. Et elles doivent faire face à ces problèmes avec l'inconvénient majeur... d'être des femmes. Même si de nos jours les questions d'appartenance sexuelle font l'objet de plus d'attention, les inégalités persistent. Nombre de filles des pays pauvres continuent ainsi de se voir refuser l'accès à une éducation élémentaire. Dans le monde, trois enfants analphabètes sur cinq sont des filles. Notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, les normes culturelles et la détresse économique empêchent les parents d'envoyer leurs filles à l'école ou de les y laisser, s'ils doivent y inscrire leurs fils. La solution la plus évidente consisterait à construire plus d'écoles dans les lieux où les filles et les garçons sont instruits séparément. Dans les pays musulmans comme le Pakistan, le Yémen et le Maroc, les écoles séparées sont, en effet, la norme. Or, nombre de zones rurales ne peuvent se permettre qu'une seule école publique, généralement de garçons. En théorie, près de la moitié des disparités en matière d'éducation dans ces zones pourrait être gommée par la construction d'écoles de filles. Partout ailleurs, ce n'est pas le manque de moyens qui pose problème. Les responsables politiques doivent plutôt trouver comment renforcer les mesures visant à inciter les parents à envoyer leurs filles à l'école. Dans les pays où les frais de scolarité des filles sont réduits, grâce à une politique de gratuité ou de bourses, leur taux de scolarisation augmente.

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Thaïlande, paradis des trans
Au pays des hommes-femmes

Ils ont choisi de changer de sexe, parfois dès l'adolescence. Elles sont médecins, attachées de presse, journalistes, directrices commerciales, actrices, danseuses... A Bangkok, les «ladies boys» sont étonnamment intégrées dans la société

Bangkok pays des transexuels Elle croise les jambes. Les décroise délicatement. Touche ses longs cheveux noirs. Parle d'une voix suave, sensuelle. Directrice commerciale, Crystal, 26 ans, travaille dans une grande tour de verre située au centre de Bangkok. Cette Thaïlandaise avenante est une manager pointilleuse, une salariée modèle appréciée par ses collègues. Mais aussi une femme un peu spéciale. Crystal a un sexe d'homme. Elle est si féminine, si gracieuse qu'il est difficile de le croire. Même sa chef de bureau, qui la côtoie tous les jours, a mis un an à le découvrir. Ici, on appelle les filles comme elle les «ladies boys» ou les «katoeys». On en compte près de 150 000 pour 63 millions d'habitants. Ces transgenres passent inaperçus. Elles sont intégrées comme dans aucun autre pays au monde. La Thaïlande ou «le paradis des trans».

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Retour sur le "deuxième sexe"
par Roland Sabra
A l'occasion de la journée internationale des luttes de femmes , Madinin'Art a publié un dossier consacré au centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir. L'importance de son apport justifie aujourd'hui un second dossier sans pour autant prétendre épuiser le sujet.  Le texte de Luce Irigaray affirme la nécessité d'une autonomie des luttes des femmes par rapport au monde masculin. Une position que défend ici en Martinique l'UFM.
Que le sexe soit un construit social, la socialisation primaire, pour ne pas dire le dressage, que subissent les enfants dans l'apprentissage de leur rôles sexués en est l'illustration la plus évidente. Le rôle des jouets, les rengaines " conduis-toi comme un garçon, comme une fille" dispensées par les parents, l'auto-flicage de la conformité des comportements à travers les revues féminines et leurs batteries de tests "sexuels", avec lesquels chacune peut régler son comportement de façon normative participent à grande échelle  à la consolidation d'un sexuellement correct auquel il est difficile d'échapper. Fût-ce au prix d'une schizophrénie carnavalesque qui allie une pseudo liberté avec une misère sexuelle dont la méconnaissance du plaisir est à la hauteur de la jouissance mise en branle. Comme en témoignent les adolescentes le discours sur la sexualité en Martinique est un discours technique, médical, qui se limite à la contraception et à la protection contre les Maladies Sexuellement Transmissibles. Le plaisir est le grand absent du discours maternel, pour ne rien dire de l'école.
La psychanalyse freudienne présentant la féminité comme le "continent noir de la sexualité" et surtout le rabattement freudien de la sexualité féminine  sur le "penisneid" participent d'un obscurcissement de la question. N'en déplaise à Guillaume Suréna, orthodoxe freudien s'il en est! Un quart de siècle après sa parution le texte de Luce Irigaray n'a pas pris une ride c'est dire la tâche de l'UFM. De sa place, de sa modeste place, Madinin'Art soutient cette démarche qui passe par la conquête de l'autonomie et du droit au plaisir. Une rubrique  consacrée aux luttes d'émancipations féminines est donc créée sur le site.

R.S.

 

 

Les violences faites aux femmes

 par Lorraine Tournyol du Clos, Institut national des hautes études de sécurité,

et Thomas Le Jeannic, division Conditions de vie des ménages, Insee

  Les violences envers les femmes sont multiples : sans compter les agressions subies dans leur cadre familial actuel, 6 % des femmes ayant entre 18 et 59 ans ont été l’objet d’injures sexistes en 2005 ou 2006, 2,5 % ont été agressées physiquement et 1,5 % a déclaré avoir subi un viol ou une tentative de viol. Dans ce dernier cas, un sur cinq est perpétré par l’ex-conjoint et la moitié des victimes connaissaient leur agresseur. Les violences sexuelles sont moins fréquentes au sein du ménage, mais c’est l’inverse pour les violences physiques. Les femmes sans diplôme sont trois fois plus nombreuses à subir des violences domestiques que les plus diplômées. Les caresses, baisers et autres gestes déplacés sont les agressions sexuelles les plus fréquentes et ont pour cadre le lieu de travail dans un quart des cas.

Autant de violence envers les femmes dans le ménage qu’en dehors

 

À propos de
La Domination masculine

Entretien avec Pierre Bourdieu

  — Pierre Bourdieu, à la fin de l’été 1998, vous avez publié un essai sur la domination masculine. C’est une réflexion qui s’inscrit dans la suite de vos autres travaux, sur la reproduction des rapports de pouvoir au sein de l’État, de l’école, de la production artistique, de la société globale, comme vous l’avez fait, entre autres, avec La Reproduction et La Distinction. Vous avez soulevé la polémique en publiant un bref essai Sur la télévision, en 1996, et depuis la dernière rentrée vous avez été au cœur d’un débat passionné qui a divisé l’université française et les médias en un pour et un contre ; c’est une agitation qu’on comprend difficilement de l’extérieur. Elle s’est cristallisée autour de cette Domination masculine, un essai dans lequel vous étudiez la violence symbolique infligée aux femmes. Et pour l’écrire, vous avez renvoyé à une expérience de terrain, que vous avez faite en Kabylie dans les années 1960. Pourquoi ce détour par la société maghrébine et par l’ethnologie ?

— Je pense que la domination masculine est une forme très particulière de domination, qui doit sa force au fait qu’elle est invisible et qu’elle passe inaperçue, même, et peut-être surtout, à ceux qui la subissent, et c’est la raison pour laquelle il m’a paru nécessaire de faire le détour par une société à la fois très éloignée, puisque c’est un objet traditionnel d’ethnologie, comme la société kabyle, et en même temps très proche parce que cette société est inscrite dans la tradition méditerranéenne, dont participe évidemment la société française et plus largement la société euro-américaine. Donc, en prenant pour objet cette société que j’avais étudiée dans ma jeunesse et que je n’ai pas d’ailleurs cessé d’étudier, j’ai voulu me donner le moyen d’objectiver – c’est-à-dire de transformer en objet que l’on peut regarder que l’on peut mettre devant soi, qui est objectum, qui est jeté en face de soi – quelque chose qui est profondément inconscient, pourrait-on dire, dans la mesure où il est incorporé. Je veux parler du rapport de domination qui existe entre les sexes, et qui est incorporé à la fois chez les hommes et chez les femmes, sous forme de manières de se tenir, de manières de s’asseoir, de manières de parler, et plus généralement de structures de perception, d’appréciation qui organisent tout ce que nous voyons.

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La longue marche vers la parité

par Marie-Jo Zimmermann

 Du suffrage masculin au suffrage universel

  Au lendemain des élections cantonales et sénatoriales de 2004 où si peu de femmes ont pu se faire une place (10,9% pour les cantonale et 16,9% pour les sénatoriales), il convient de se rappeler que le 29 avril 2005 sera l’occasion de célébrer le tout jeune 60ème anniversaire de l’accès des femmes à la citoyenneté. Les françaises durent en effet attendre jusqu’au 21 avril 1944 pour voir l’Assemblée consultative provisoire, du Comité français de Libération nationale (CFLN), leur accorder le doit de vote et d'éligibilité : 96 ans après que la IIème République instaure le suffrage " universel " masculin (1848) et interdise aux femmes d'assister à des réunions politiques, 38 ans après que ce droit fut reconnu aux Finlandaises, 14 ans après qu'il fut octroyé aux Turques.

C'est donc au cours des élections municipales d'avril 1945, que les françaises votèrent pour la première fois et en septembre et octobre 1945 que respectivement 39 d'entre elles furent élues conseillères générales, et que 33 purent franchir les portes de l'Assemblée nationale constituante.

Alors qu’en Suède les femmes avaient obtenu des droits civils et civiques très forts et s’étaient émancipées de la tutelle du mari depuis les années 1920, les Françaises durent attendre les années 1960-1970 pour voir leur droit à l’autonomie inscrit dans la loi. Pour mémoire, voici deux dates à retenir :

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 par Pascal Charvet, helléniste, membre de la Commission ministérielle de réflexion sur l’image des femmes dans les médias.

 

Des chiffres et des femmes Il faut du talent pour parodier avec élégance des clichés d’une phallocratie qui, pour n’être plus «doctrina grata», doit se trouver des expressions intellectuellement respectables. Il faut du talent pour donner à des lieux communs sans âge l’air de penser quelque chose. Il faut du talent, enfin, pour stigmatiser avec légèreté une pensée lourde de sous-entendus et en révéler, tout à la fois, le bon sens et la bêtise. Denis Guedj, mathématicien, romancier et journaliste a ces talents réunis. Celui qui, dans une tribune sur les intermittents du spectacle, qualifiait le funambule au chômage d’intermittent de l’équilibre et d’intérimaire de la gravitation, accepte, pour les besoins d’une noble cause, d’être un épisodique de la stéréotypie. Il prête sa plume - mais non sa pensée, nous voulons le croire - à un machisme dégraissé, à un sexisme éclairé, qui a trouvé les moyens de survivre dans ce monde si pernicieusement ouvert aux équivalences, acquis à l’égalité des sexes. Il nous invite, en se faisant peut-être l’avocat du diable, à admirer les acrobaties paternes et bonifaces des clichés les plus éculés, qui n’en finissent pas de faire peau neuve : «Les maths sont à part car elles ne sont pas censées traiter de la réalité… On pourrait même dire qu’en faisant de la physique on fait un peu de cuisine, alors que les maths se rapprochent, elles, beaucoup de la philo… Dans le raisonnement mathématique, le statut de la vérité est particulier : ou c’est vrai, ou c’est faux. Vous démontrez quelque chose par les maths, qui ne peut être contredit que par les maths. Cela peut être ressenti comme de la violence, une forme de brutalité… Ce n’est pas une science molle qui peut être mise à toutes les sauces. Cette violence est-elle plus ressentie par les filles ?» (Libération du 26 mars :«Les filles ou le complexe des mathématiques.»)

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Dialogue entre Freud et de Beauvoir
"Le Deuxième sexe" à l'épreuve de la psychanalyse.
 par Louise Grenier

La femme et la psychanalysePour autant, leurs discours sont nécessaires à l'étude de la situation des femmes, ils peuvent donc coexister mais l'un ne peut servir d'arguments pour confirmer ou réfuter l'autre. Dans Le deuxième sexe Simone de Beauvoir rejette le point de vue psychanalytique après l'avoir vidé de son caractère fondamental, soit le fait que la psychanalyse prenne pour objet la vie psychique inconsciente. Autrement dit, elle traite la psychanalyse comme une psychologie du moi ou une conception philosophique de la féminité, ce qu'elle n'est pas.
Pour Freud comme pour de Beauvoir, «on ne naît pas femme on le devient». Pour tous deux, il n'y a pas de nature féminine pas plus que de nature humaine. La féminité est un construit qui pour le premier est déterminée par l'anatomie dans son rapport au symbolique (discours et représentations inconscientes de la fille comme doublure négative du garçon par exemple ou comme déterminée par sa fonction maternelle) alors que pour la seconde, la féminité est l'effet de déterminations historiques qui tirent leur puissance aliénante de la fonction maternelle féminine. Pour Freud et pour de Beauvoir la fonction maternelle biologique déterminerait donc un destin, l'enfant servant dans la théorie freudienne à compenser un manque phallique narcissique, alors que dans la pensée beauvoirienne, au contraire elle servirait à inférioriser et dévaloriser l'être féminin, dès lors voué à des tâches naturelles. Autrement dit, c'est en devenant mère que la femme acquerrait une valeur sociale et culturelle (réparation narcissique dans l'inconscient) chez Freud alors que pour de Beauvoir c'est à cause de cette fonction que la femme serait exclue de la culture et empêchée d'exister comme sujet.

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Le deuxième sexe" en héritage

Par Sylvie Chaperon

Le deuxième sexe en héritage Dès sa sortie en 1949,Le Deuxième Sexe fait bruyamment parler de lui. Les grandes revues intellectuelles lui consacrent leur chronique littéraire. Les quotidiens ouvrent leurs colonnes à des dizaines d’articles et de comptes rendus, souvent signés par de grandes plumes : François Mauriac, Julien Benda, Julien Gracq, Emmanuel Mounier, Roger Nimier, pour n’en citer que quelques-unes. L’affaire occupe pendant quelques mois la « une » des préoccupations intellectuelles des comités éditoriaux. Rarement un livre écrit par une femme sur les femmes aura suscité tant de débats passionnés. C’est que Simone de Beauvoir met sérieusement à mal quelques-uns des consensus sacrés de son temps. Depuis les années 30, une politique familiale et maternaliste d’une ampleur jamais égalée se construit patiemment en France. Les allocations familiales, l’allocation de salaire unique, les prêts au mariage, le quotient familial et une myriade d’autres mesures tentent de redresser une natalité durablement effondrée. Le baby-boom, exceptionnellement

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par Luce Irigaray


  La sexualité féminine a toujours été pensée à partir de paramètres masculins. Ainsi l'opposition d'activité virile clitoridienne / passivité féminine vaginale dont parle Freud - et bien d'autres... - comme étapes, ou alternatives, du devenir une femme sexuellement « normale » semble un peu trop requise par la pratique de la sexualité masculine. Car le clitoris y est conçu comme un petit pénis agréable à masturber tant que l'angoisse de castration n'existe pas (pour le petit garçon), et le vagin tire son prix comme « logis » du sexe masculin quand la main interdite doit se trouver un relais pour le plaisir. Les zones érogènes de la femme ne seraient jamais qu'un sexe-clitoris qui ne soutient pas la comparaison avec l'organe phallique valeureux, ou un trou-enveloppe qui fait gaine et frottement autour du pénis dans le coït: un non-sexe, ou un sexe masculin retourné autour de lui-même pour s'auto-affecter.


Du plaisir de la femme rien ne se dit dans une telle conception du rapport sexuel. Son lot serait celui du « manque » de l' "atrophie « (du sexe)", et de - " l'envie du pénis " comme seul sexe reconnu valeureux. Elle tenterait donc par tous les moyens de se l'approprier : par son amour un peu servile du père-mari susceptible de le lui donner, par son désir d'un enfant-pénis de préférence garçon, par l'accès au valeurs culturelles de droit encore réservées au seuls mâles et de ce fait toujours masculines, etc. La femme ne vivrait son désir que comme attente de posséder enfin un équivalent du sexe masculin.

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Le travail du genre
Profession : policier. Sexe : féminin

par Geneviève Pruvost

  Les concepts de genre et de travail sont au fondement de la réflexion anthropologique sur la « valence différentielle des sexes » -pour reprendre l’expression de l’anthropologue Françoise Héritier dans la mesure où il existe dans toute société connue des travaux d’hommes et des travaux de femmes, organisés selon le double principe de séparation et de hiérarchie. Si l’on rentre maintenant dans le détail du contenu même de la division sexuelle du travail, il repose notamment sur le monopole masculin, à de rares exceptions près, du maniement des outils les plus sophistiqués1. Or parmi ces outils, les armes constituent un cas particulier. Elles font l’objet d’une interdiction redoublée, qui s’est longtemps traduite par un verrouillage de l’armée et la police, institutions spécialisées dans l’usage de la contrainte physique 2, longtemps réservées aux hommes.

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Le retour des concubines

Par Pierre TIESSEN  

 

 Interdite sous Mao (qui pourtant ne se privait pas), la pratique revient en force: la plupart des nouveaux riches et des cadres du parti entretiennent une ou plusieurs maitresses. Un phénomène qui dérange en haut lieu.

  "Voilà, c'est lui, mon amant. C'est un homme mûr, sourit Xue Li, 22 ans. On s'est rencontrés il y a huit mois, par l'intermédiaire d'une amie." Sur la photo, un homme au visage rond, les tempes poivre et sel, attablé avec des amis dans un restaurant du vieux Pékin. A-t-il femme et enfant? "Non. Enfin, je n'en sais rien, peut-être. Oui, sans doute... Peu importe, il m'adore."

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Moi, Laura D., étudiante et prostituée

par Anne Vidalie

Poussées par la précarité, elles seraient des milliers à se transformer en escort girls occasionnelles. Alors qu'une enquête révèle l'ampleur du phénomène, un livre-témoignage - dont L'Express publie des extraits exclusifs - raconte cet engrenage.

 

Du bout de leurs plumes, Laura D. et Eva Clouet lèvent un coin du voile sur un sujet obscur et dérangeant: la prostitution étudiante. Chacune à sa manière. Laura, 19 ans, en deuxième année de langues étrangères appliquées, sait ce que vendre son corps veut dire. «J'y ai été obligée pour payer mes études», dit-elle. Pour régler son loyer et remplir son réfrigérateur, aussi. Pour ne pas échouer aux Restos du cœur, surtout. La faim au ventre, l'argent facile à portée de clic, le dégoût de soi: elle raconte la spirale du sexe tarifé dans un livre lucide et poignant, Mes chères études, qui paraîtra le 17 janvier aux éditions Max Milo et dont L'Express publie ici des extraits en exclusivité.

Le même jour, le même éditeur publiera La Prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication. Une enquête signée Eva Clouet, 23 ans, étudiante en sociologie qui a exploré les motivations de ces escort girls occasionnelles. Ce voyage en terre inconnue lui a réservé quelques surprises. Celle, notamment, de rencontrer «des filles normales, ordinaires, qui me ressemblent dans leur façon de vivre, dans leurs projets. Pas des bimbos maquillées à cuissardes noires».

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Les gender studies

par Sandrine Teixido

Apparues dans les années 70 aux États-Unis, les gender studies ont profondément renouvelé l'étude des rapports homme/femme en posant que la différence de sexe est une construction sociale. Si ce courant n'a guère d'équivalent en France, en revanche la notion de genre a fini par s'imposer dans les études féministes et de nombreux enjeux de société.

Objet et genèse

Le concept de « gender » est né aux Etats-Unis dans les années 70 d'une réflexion autour du sexe et de l'utilisation de cette variable dans les recherches en sciences sociales. Le mouvement féministe qui a pris de l'ampleur après la révolution sexuelle cherche à faire entendre sa voix au sein des institutions de recherche. Il s'agit de faire reconnaître un engagement qui se veut de plus en plus une réflexion renouvelée sur le monde. C'est un psychologue, Robert Stoller (1), qui popularise en 1968 une notion déjà utilisée par ses confrères américains depuis le début des années 50 pour comprendre la séparation chez certains patients entre corps et identité. De là l'idée qu'il n'existe pas une réelle correspondance entre le genre (masculin/féminin) et le sexe (homme/femme). Dès 1972, en s'appuyant sur l'articulation entre la nature et la culture développée par l'anthropologue français Claude Lévi-Strauss, la sociologue britannique Anne Oakley(2) renvoie le sexe au biologique et le genre au culturel. Les universitaires américaines récusent le rapprochement souvent effectué entre les femmes et la nature (principalement à cause de leurs facultés reproductives) alors que les hommes seraient du côté de la culture. Un retentissant article publié en 1974 par l'anthropologue Sherry Ortner (3) en rend les termes particulièrement explicites : « Femme est-il à homme ce que nature est à culture ? » En anthropologie, c'est à Margaret Mead que revient une première réflexion sur les rôles sexuels dans les années 30 (4). L'étude des rôles assignés aux individus selon les sexes et des caractères proprement féminins et masculins permet de dégager l'apprentissage de ce qui a été donné par la nature.

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Masculin-féminin : la nature du genre

par Martine Fournier

  Les études sur le genre conçoivent la différence entre hommes et femmes comme une construction culturelle. Pourtant, les débats autour de la parité et de l’homoparentalité ont eu souvent recours à la nature pour justifier certains points de vue…
 En cet automne 2006, une Française est donc devenue « présidentiable » à la tête de l’Etat français… Un demi-siècle après la parution du Deuxième Sexe (Simone de Beauvoir doit jubiler dans sa tombe !) et après que les Françaises ont obtenu le droit de vote puis leur émancipation « légale » par toute une série de lois, le débat sur la différence des sexes serait-il réglé ?
En fait, c’est à tout le contraire que nous assistons. Pour certaines, les stéréotypes de sexes, la violence symbolique de la domination masculine et ses avatars – sexisme, machisme – n’ont pas disparu. Pour d’autres, l’égalité ne signifie pas qu’il faille gommer les différences entre l’un et l’autre sexe. Cet argument a profondément divisé les féministes depuis sa naissance, et notamment au moment où le Mouvement de libération des femmes battait son plein dans les années 1960. Mais en France, il n’apparaissait qu’en filigrane, servant même de prétexte pour fustiger l’extrémisme de dangereuses – mais lointaines – féministes hystériques d’outre-Atlantique…
 

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Voyages, plaisirs et transgressions
Vers un tourisme sexuel de masse ?

 

Les industries du voyage et du sexe partagent beaucoup d’intérêts dans la transformation du monde en gigantesque parc de loisir. Enraciné dans l’univers ancien de la prostitution, le tourisme sexuel s’étend au rythme de l’accroissement de la mobilité et de la globalisation touristique. Dans des pays où la constante est la pauvreté, il affecte des centaines de milliers d’êtres humains dont une part non négligeable d’enfants.

Par Franck Michel

 A la suite du tourisme classique, c’est maintenant le tourisme sexuel qui connaît une « démocratisation ». De plus en plus, on observe l’essor d’une prostitution « à la carte », une tendance qui, finalement, ne fait que suivre celle des voyages sur mesure... Il n’est plus rare de rencontrer, à Phuket ou à Ko Samui, pour évoquer le cas de la Thaïlande, un routard occidental avec, à l’arrière de sa moto ou accrochée à son bras, une « girlfriend », appellation officielle et plus acceptable de la prostituée, qu’il a louée à la semaine ou au mois.

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jineteras et pingueros : le tourisme sexuel à Cuba

  On le sait Cuba fait maintenant partie des destinations phares pour les célibataires (hommes et femmes) à la recherche d’aventures, le plus souvent payantes. La police a beau se montrer de plus en plus sévère avec les “jineteras”, le phénomène réapparait dès que la pression se relâche un peu.

Pour le gouvernement c’est évidemment gênant de constater qu’il existe à Cuba, comme dans les autres pays pauvres d’Amérique Latine, des filles obligées de se prostituer pour survivre. Ca ne colle pas trop avec le “socialisme héroïque” etc…

Certes la prostitution n’a pas été inventée par Castro : elle existait déjà beaucoup sous Batista quand on disait “Cuba, bordel de l’Amérique”. Cette phrase maintes fois reproduite est un cliché qui n’a pas vraiment de fondement historique : le nombre de touristes américains sous Batista oscillait entre 250 et 300 000 par an. On est loin des hordes de touristes européens (près de 2 millions en 2004).

 

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"La journée internationale des femmes"

Du côté des petites filles

Elena Gianini Belotti

J'ai entendu un petit garçon d'environ cinq ans qui suivait sa mère au supermarché, insister pendant toute la durée des achats pour avoir un savon à lessive. " Mais quand est-ce que je la ferai, moi, la lessive ? " demandait l'enfant avec obstination. "Tu ne peux pas faire la lessive, toi", lui répondait sa mère, inflexible, " tu es un garçon. " Mais, je veux faire la lessive avec du savon" , insistait l'enfant, la mère ne lui répondait même plus, jusqu'à ce que le petit garçon aille vers un rayon, prenne un savon et le dépose dans le chariot. La mère, furieuse, le remit sur le rayon et réprimanda sévèrement l'enfant, qui se mit alors à pleurer de rage. La mère fut inexorable. Il est sûr qu'après un refus aussi significatif, sans appel, ce petit garçon n'essaiera plus de demander du savon pour la lessive et orientera ses demandes vers d'autres objets dont il aura appris à reconnaître qu'ils sont permis.

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Beauvoir aux risques de la liberté

« La femme libre est seulement en train de naître. »
(Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, II, 641)

Discours d’ouverture du colloque Simone de Beauvoir par Julia Kristeva

 Plus qu’une révolution sociale et politique, c’est une révolution anthropologique que l’œuvre de Simone de Beauvoir a déclenchée. Nous n’en avons pas encore mesuré les conséquences. Je dis bien : «révolution anthropologique » car, au-delà du libre choix de la maternité et du droit à la parité sociale, économique et politique, c’est d’une nouvelle façon d’assurer la continuité de l’espèce humaine qu’il s’agit, accompagnée d’une courageuse définition de la transcendance comme liberté. (Beauvoir l’existentialiste vise à faire advenir en effet dans la femme le « sujet » ou l’« individu » qui « éprouve le besoin indéfini de se transcender » (LDS, I, 31-32). Non sans préciser : « nous sommes libres de transcender toute transcendance, mais cet ‘ailleurs’ est encore au sein de notre condition humaine » (Pyrrus et Cineas, 370) ; et d’ajouter que la liberté dont il s’agit, loin de tout spontanéisme naïf, est une « liberté qui doit contester en son propre nom les moyens dont elle use pour se conquérir » (Pour une morale de l’ambiguïté, 193). A ces défis du IIIe millénaire s’ajoute l’empire du spectacle, auquel Simone  de Beauvoir – contre toute attente, et contre tous  ceux qui veulent l’enfermer dans une image « scandaleuse », mais « so yesterday », répondait déjà qu’il n’y a qu’une réponse : le développement et le respect du génie singulier dans chaque homme, dans chaque femme. « Pour que ce monde ait quelque importance, pour que nos entreprises aient un sens et méritent des sacrifices, il faut que nous affirmions l’épaisseur concrète de ce monde, la réalité singulière de nos projets et de nous-mêmes… le sens de la dignité de chaque homme, pris un a un… » (Pour une morale de l’ambiguïté.
 

 

Féminisme et
" Temps modernes "

  Nous étions une demi-douzaine de femmes en cette fin d'après-midi de juin 1973, dans un café aujourd'hui disparu de la place Denfert- Rochereau. Intimidées, anxieuses, étonnées de notre propre hardiesse. Nous avions rendez-vous, un quart d'heure plus tard, avec Simone de Beauvoir. Ordre du jour : lui demander si elle accepterait de publier " deux ou trois articles sur les femmes " dans Les Temps modernes. Nous avions affûté nos arguments : nombre de revues avaient déjà consacré dossiers et numéros spéciaux au mouvement féministe récemment ressurgi, pourquoi pas la revue fondée et dirigée par l'auteur du Deuxième Sexe ?

Nous n'en menions pas large : écrire au fil de la plume dans le Torchon brûle, Partisans ou Actuel, envoyer des lettres à L'Express, au Nouvel Obs ou au Figaro, rien de plus facile pour les enragées que nous étions ; mais Les Temps modernes, c'était tout de même autre chose : un monument préhistorique pour les unes, une revue d'intellos un peu barbante pour les autres ; pour moi, née à quelque 2 000 kilomètres de la place Denfert-Rochereau, Les Temps modernes, c'était tout simplement... la France.

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 Parcours de femme : Arije Al-Amad, banquière solidaire

En cinq ans, elle a prêté l’équivalent de 85 millions de dollars aux Jordaniennes. Avec le Microfund for Women (MFW), première institution jordanienne de microcrédit, Arije al-Amad a surtout offert l’émancipation aux femmes de son pays. Rencontre.

 par Gaëlle Rolin

Arije Al-AmadAvant de parler taux d’intérêts et échéances de remboursement, Arije al-Amad parlait… sucre et chocolat. Pendant les quatre premières années de sa carrière, cette Jordanienne de 45 ans travaillait en effet dans une usine de fabrication de crème glacée. Ingénieure, seule et unique femme de l’entreprise, à la tête de cinquante hommes. Une situation pas toujours facile à gérer pour cette musulmane pratiquante : « Il leur a été difficile d’accepter que je sois à la fois une femme et leur chef. J’ai travaillé très dur pour leur apporter la preuve que ce qui était important, c’étaient mes compétences. » Elle dit y être parvenue parfois, avec le temps.

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La violence conjugale fait aussi des victimes parmi les hommes

  La tragédie de Marie Trintignant et Bertrand Cantat a certes contribué à alerter l'opinion publique et les médias sur les trop nombreux cas de femmes battues par leur compagnon - comme en témoigne le reportage Les coups pour le dire qui a été diffusé le 8 novembre dans " Envoyé spécial " sur France 2. Mais qu'en est-il de la violence sur les hommes, qui passe quasiment inaperçue, sans doute parce qu'impensable dans la conscience collective ?

Minoritaire - une femme meurt en France sous les coups tous les trois jours, un homme tous les quatorze jours, selon la Préfecture de Paris -, la question, si dérangeante soit-elle, mérite d'être posée, non seulement pour lever un tabou mais aussi, comme l'explique Isabelle Rossignol, romancière et réalisatrice de l'émission de France Culture " Surpris par la nuit ", " pour poser un regard différent sur le masculin et le féminin ".

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Les mutilations sexuelles féminines :

le point sur la situation en Afrique et en France

 par Armelle Andro* et Marie Lesclingand**

  Pour lutter contre l’excision en France, il importe de mieux connaître la population de femmes concernées et les pratiques dans les pays d’origine, africains principalement. Armelle Andro et Marie Lesclingand nous expliquent que la situation varie d’un pays d’Afrique à l’autre, ceci indépendamment de la religion. Concernant la France, elles tentent une évaluation du nombre de femmes ayant déjà subi cette mutilation sexuelle et annoncent une enquête pour mieux connaître les conséquences de cette pratique, afin d’améliorer la prise en charge de ces femmes.

 Dans le monde, 100 à 140 millions de filles et de femmes ont subi une mutilation sexuelle. Ces mutilations entraînent de nombreux problèmes de santé, variables selon le type et la gravité de la lésion (encadré 1). Le phénomène est présent essentiellement en Afrique sub-saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient et de l’Asie du Sud-Est (Yémen, Indonésie et Malaisie). Près de 5 % des victimes vivent dans des pays du Nord, soit plus de 6,5 millions de filles et de femmes. Elles résident principalement dans les pays européens d’immigration africaine ainsi qu’en Amérique du Nord [1].

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L’enrôlement des femmes dans la marchandisation libérale

Par Stéphanie Treillet, maîtresse de conférences en économie à l’IUFM Créteil Paris-XII.

   Depuis vingt ans, les institutions financières internationales (IFI), notamment la Banque mondiale, ont infléchi leur discours et leurs projets pour prendre en compte la situation des femmes dans les pays du Sud, auparavant totalement ignorée dans les politiques d’ajustement structurel (PAS).
Elles font le lien entre amélioration du statut des femmes, développement et sortie de la pauvreté.
Les femmes doivent voir augmenter leurs possibilités de choix dans la société. Si cette thématique entre en résonance avec les luttes du mouvement féministe à travers le monde, elle est au service d’une entreprise d’adaptation et de modernisation de la doctrine libérale du développement - et des politiques qui vont avec.
En effet, les premières PAS, dans les années quatre-vingt, ont échoué : récessions, augmentation de la misère, parfois menaces d’explosions sociales ; mais aussi une multitude d’initiatives populaires et collectives de survie et de résistance, que les institutions internationales veulent encadrer.

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Une bien-pensance qui, pour protéger les femmes, tend à diaboliser les hommes

de Jean Gabard

  Les rapports homme-femme, masculin-féminin sont le centre de nombreux débats et il y a consensus dans les pays occidentaux pour effacer toute trace de société patriarcale traditionnelle et prôner l’égalité entre hommes et femmes. L’insuffisance de parité et l’épouvantail d’un recul des droits acquis renforce néanmoins les féministes dans leur lutte contre toutes les discriminations. Cette volonté légitime et quasi unanime ne favorise-t-elle pas cependant la perte de l’esprit critique et l’installation d’une bien-pensance ? La contestation des valeurs traditionnelles et l’idéalisation de celles qui leur sont opposées n’aboutissent-t-elles pas à une victimisation des femmes et à une diabolisation des hommes ?

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Le masculin et le féminin vus par les ados

    Depuis l'entre-deux-guerres, les inégalités hommes-femmes qui étaient inscrites dans le droit ont peu à peu disparu : les femmes mariées ne sont plus frappées d'incapacité civile depuis 1938, elles peuvent voter depuis 1944 et ont obtenu l'égalité dans le mariage au fil des années 1960 et 1970. " Mais l'égalité juridique formelle ne parvient toujours pas à défaire les discriminations dont les femmes continuent d'être victimes, dans leurs cursus scolaires comme dans le recrutement et l'emploi, dans le déroulement de leurs carrières professionnelles comme dans les disparités de salaire à travail égal, dans l'accès aux fonctions politiques comme dans la vie publique en général ", constatent Henri Eckert et Sylvia Faure dans Les Jeunes et l'agencement des sexes.

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Au Guatemala, les femmes sont les premières victimes de la violence

  Le climat de terreur instauré par les gangs s'étend dans le pays, en campagne pour les élections générales du 9 septembre. En 2006, 565 femmes ont été tuées

Doña Paula n'arrive plus à retenir ses larmes. " Depuis huit jours, je vis en enfer. Je ne peux plus dormir ", soupire-t-elle dans la maison-refuge où elle est cachée. Seules les responsables de Survivantes du Guatemala, une association d'aide aux femmes menacées de mort ou maltraitées, connaissent la localisation du refuge. Une femme avec trois jeunes enfants et deux adolescentes de 13 et 14 ans sont les compagnes d'infortune de Paula. Les cinq chambres de la maison, louée depuis un an, peuvent accueillir 25 pensionnaires.

La plus âgée des adolescentes est menacée de mort par une mara, un gang de jeunes très violents. Elle a été témoin de l'assassinat de son frère et de son petit ami. La plus jeune n'a aucun document d'identité. " Elle a sans doute été volée lorsqu'elle était enfant ", avance Silvia, qui administre le refuge. Seul espace ouvert, la terrasse est cachée des regards par une palissade de tôle surmontée de fils de fer barbelés électrifiés le soir.

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Alors que les discours sur la rénovation de la gauche se multiplient, retour aux sources.

Par Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie à l’université Marc-Bloch de Strasbourg, cultures et sociétés en Europe (CNRS)

Les signes du retour des classes sociales dans la discussion publique, savante ou «ordinaire», se multiplient. Les expressions «classe sociale», «classe ouvrière», «classe salariale» et d’autres réapparaissent dans les titres de livres ou d’articles. Cette réapparition s’effectue encore avec une certaine discrétion. Car la disqualification de ce concept semble aller de soi pour nombre d’intellectuels médiatiques ou spécialistes des sciences sociales. La structure de classe des sociétés capitalistes contemporaines a été bouleversée et l’ancienne classe ouvrière «n’est plus ce qu’elle n’a jamais été». De plus, après l’annonce répétée de son avènement, l’immense classe moyenne censée couvrir 80 % de la population serait en train de «disparaître» à son tour. La bourgeoisie par contre est toujours là.

Parallèlement au retour des classes, la critique de la polarisation du regard sur les seuls rapports de classe s’est affirmée

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" J'ai essayé de le dire à mon mari... "

Depuis trois ans, au Mali, les séropositifs reçoivent gratuitement leurs médicaments. Ce progrès ne suffit pas : à Bamako, un centre de soins s'efforce de briser le tabou de la maladie honteuse

   Seule avec son secret, elle s'acharne à faire bonne figure. " Je ne suis pas malade, je n'ai rien ", sourit nerveusement Mariam Sidibé, 25 ans. Dans son pagne bleu électrique, elle a fendu, anonyme, la foule du marché central de Bamako. Mais à l'approche du centre de soins, l'élégante a regardé furtivement autour d'elle : " Si quelqu'un me voyait ici, je serais en colère. "

 

 Gisèle Halimi
La clause des femmes 

A près de 80 ans, la célèbre avocate lance un nouveau combat : l'adoption par l'Europe d'une loi tirant vers le haut le droit des femmes. Idée testée lors d'une visite aux détenues de Fleury-Mérogis

  Elle portait ce jour-là l'un de ces tailleurs-pantalons fluides qu'elle affectionne et qui donnent à sa silhouette à la fois frêle et énergique une élégance en mouvement. Le cheveu mi-long et souple, les boucles d'oreille en or, le sac en bandoulière, elle a présenté ses papiers au poste d'entrée de la prison comme le ferait une habituée, poussé la lourde porte en fer, franchi le porche de détection métallique en soumettant son sac à l'examen des rayons X, et, une fois passé le sas de sécurité et une première grille, s'est engouffrée avec assurance dans un long couloir au carrelage sonore menant au coeur de Fleury-Mérogis.

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La révolte des femmes de Jawarish

Dans la banlieue de Tel-Aviv, Hamda, 19 ans, a été assassinée par son frère. Un crime d'honneur, comme en sont victimes une dizaine de femmes arabes israéliennes chaque année

  Dans les quartiers arabes de Ramleh, tout le monde savait que ses jours étaient comptés. Son nom figurait sur la liste noire des filles dont le comportement déplaît aux gangs de Jawarish, l'un des secteurs les plus pauvres de cette banlieue mixte et mal famée de Tel-Aviv. Depuis 2000, sept femmes du clan Abu-Ghanem avaient déjà été assassinées pour des motifs aussi dérisoires que le refus d'un mariage arrangé ou un sourire à un homme dans la rue.
Hamda Abu-Ghanem a été la huitième. A la mi-janvier, la police a retrouvé son corps criblé de balles au domicile de ses parents. Selon la rumeur, la jeune femme, âgée de 19 ans, aurait été châtiée pour avoir été surprise au téléphone avec son cousin. Comme Naïfa, Suzan, Zinat, Sabrin, Amira, Reem et Shirihan, Hamda a été la victime d'un crime d'honneur, un acte destiné selon ses auteurs à laver la réputation de la famille.

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“Ségolène Royal a transgressé l’ordre masculin. Elle a pris son droit.”

 Geneviève Fraisse, philosophe et historienne, est directrice de recherche au CNRS. Ses nombreux ouvrages portent sur l’histoire de la controverse des sexes, notamment sur le plan politique. Elle a été députée européenne (Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne) et déléguée interministérielle aux Droits des femmes sous le gouvernement Jospin.


Pour la première fois de leur histoire, les Français ont voté pour une femme candidate à la présidentielle. Et en suffisamment grand nombre pour qu’elle arrive au second tour. C’est la fin d’un tabou ?

C’est en tout cas une rupture historique. Avant elle, les femmes avaient gouverné : en 1936 déjà, Léon Blum nommait des femmes ministres (qui n’avaient pas le droit de vote !). Puis les femmes ont obtenu le droit de « représenter » une partie de la nation, c’est-à-dire d’être élues. Mais jusqu’ici, ces étapes étaient effectuées avec le nécessaire accord de la république masculine, par tel ou tel président, ministre ou membres de partis. En décidant seule d’aller se confronter au vote des Français, en s’imposant, y compris au sein de son parti, Ségolène Royal a franchi une nouvelle barrière. Elle a transgressé l’ordre masculin, elle a « pris son droit ». Et les Français le lui ont reconnu.  

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Femmes et pouvoirs

Y a-t-il une approche féminine du pouvoir ? Souvent, les intéressées le pensent. Les hommes sont plus sceptiques. Quelques idées reçues au banc d'essai

Harvard n'avait pas vu ça depuis... 1636. Pour la première fois de son histoire, la plus célèbre université américaine a décidé, le 9 février, de confier les rênes du pouvoir à une femme. La tâche de la future présidente, Drew Gilpin Faust, une historienne de 59 ans, est de deux ordres : gérer douze facultés, un budget annuel de 3 milliards de dollars et un fonds de près de 30 milliards ; et panser les plaies ouvertes par son polémique prédécesseur, Lawrence Summers, qui avait déclenché une guerre civile au sein de l'établissement en déclarant que les femmes étaient moins aptes aux mathématiques et aux sciences que les hommes.

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 Sexualité

libération des femmes,  précocité du premier rapport sexuel, et  comportements moins conservateurs

   Les comportements sexuels continuent à se conjuguer de manière très différente au féminin et au masculin. Les premiers résultats de l'enquête sur " le contexte de la sexualité en France ", rendus publics mardi 13 mars, font apparaître à la fois des transformations profondes - notamment chez les femmes dont la libération sexuelle se poursuit - et des permanences dans les représentations de la sexualité.

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POUR UNE VERITABLE ASSOCIATION FEMINISTE

G.R.A.F-M

Groupe de Recherche et d'Action Féministe de Martinique

  Le 8 mars est traditionnellement le jour où les femmes font le point sur l’avancée de leurs droits. C’est l’occasion d’interpeller les pouvoirs publics et l’opinion sur les discriminations et les injustices en tout genre que subissent encore les femmes dans notre pays et dans le monde : violences (en trois ans, 17 femmes ont été tuées par leur conjoint à la Martinique), inégalité professionnelle (précarité, temps partiel imposé, discrimination à l’embauche, harcèlement sexuel, taux de chômage élevé…), double journée de travail…
Le temps est venu de faire le point sur ce que nous voulons et où nous voulons aller en nous interrogeant sur les mouvements de femmes dans notre pays, et de faire le bilan de plus de 63 ans d’investissement dans la question des femmes.
C’est volontairement que nous parlons d’investissement dans la « question des femmes » et non de « mouvement féministe », car on peut vouloir défendre les droits des femmes sans pour autant vouloir remettre en question le système de la domination masculine.
Il n’est point question ici de rentrer dans des querelles de personnes et de pouvoir, nous laissons cela aux hommes, qui dans leur quête de virilité et de rivalité nous font quotidiennement la démonstration de l’incapacité à faire prévaloir l’intérêt général sur le particulier.

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" Le féminisme doit repenser la maternité "

par Yvonne Knibiehler

  Le féminisme, c'est l'autre face trop longtemps cachée de l'humanisme, doctrine qui prône l'épanouissement de la personne humaine. Car il se trouve que la personne humaine est sexuée, et que ce qui permet l'épanouissement d'un sujet de genre masculin ne suffit pas toujours à celui d'un sujet de genre féminin. En outre, on constate que la domination masculine, pour des raisons anthropologiques, ne cesse à travers toute l'histoire d'être présente. Elle se déplace chaque fois qu'il le faut, mais elle ne s'efface jamais. Dès l'instant où une femme peut accéder à une candidature politique de très haut niveau, cela ne signifie-t-il pas que le pouvoir est ailleurs, et que la domination masculine s'est réfugiée essentiellement dans le domaine économique ? Ne nous faisons pas d'illusions : le féminisme n'a pas supprimé, ni même beaucoup atténué la domination masculine. Il l'a seulement forcée à changer de place.

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Excision au Burkina Fasso

par Hubert Prolongeau

 Pour quelques jours, c’est encore la saison sèche au Burkina Faso. Bientôt, on ne passera plus à Bissiri, petit village de brousse situé à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale. Une trentaine de maisons en briques, éparpillées sur plusieurs mètres carrés, parfois précédées d’une cour fermée par un mur. Sous un gros arbre, une cinquantaine de personnes attendent. Membre du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), Mme Aminata Ouedraogo se réjouit : « Ils sont motivés, c’est déjà ça. » Le sont-ils par l’intérêt supposé de ce qu’on va leur dire ? Par la perspective d’une distraction ? Par le défraiement que les chefs reçoivent ? En tout cas, ils sont là, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre.

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Retrouver l’élan du féminisme
Par Christine Delphy

Auteure notamment de Pour sortir du libéralisme (avec Yves Salesse) et de L’Ennemi principal. Penser le genre, Syllepse, Paris, respectivement en 2002 et 2001.
On parle souvent des acquis du mouvement féministe. Mais aucun progrès social, y compris quand il est inscrit dans la loi, n’est gravé dans le marbre. L’histoire contemporaine le démontre à l’envi. Particulièrement fragiles, les acquis féministes sont en butte à plusieurs types d’obstacles : les attaques « masculinistes », le « baquelache (1) Le retour de bâton identifié exploré dans le fameux Backlash de Susan (...)"'1) » idéologique et la mauvaise volonté politique ; le matraquage du mythe de « l’égalité-déjà-là ».
 

 

par Francine Comte

Les femmes luttent, partout, individuellement pour leur émancipation, ou collectivement, dans une multitude de réseaux, de collectifs, pour leurs droits. Pour garder leur emploi, obtenir des crèches, s’assumer seules quand elles en viennent à divorcer, dénoncer un viol ou des violences, vivre... Et dans d’autres régions du globe, avec quel courage, pour résister au rouleau compresseur de lois islamistes d’un autre âge, ou pour sortir l’Afrique de son lent naufrage. On en parle peu, sauf, une fois par an, pour la Journée internationale de ’la’ Femme. En évitant d’appeler ce 8 mars de son vrai nom : la journée internationale "des luttes des femmes".

 

Race, classes, femmes et exploitation

Entretien avec Angela Davis

    Aux cotés de Malcolm X et Martin Luther King, Angela Davis est une figure du mouvement Noir américain. Elle adhère au Parti Communiste vers 18 ans et devient membre des Black Panthers en 1967. Militante révolutionnaire, se battant pour l’égalité des noirs et des blancs mais également pour l’émancipation des travailleurs, elle comprend très vite que seule l’unité des mouvement sociaux et politiques entre blanc et noir, homme et femme permettra de combattre la classe dirigeante. C’est cette compréhension qu’elle paiera en étant condamnée à mort en 1972. C’est une mobilisation d’une ampleur internationale qui permit sa libération. Aujourd’hui, elle est toujours militante des luttes sociales et politiques aux États-Unis.

 

Femmes battues : les féministes proposent une loi-cadre

  ELLES ONT TRAVAILLÉ des mois durant en s'inspirant de la loi de " protection intégrale contre la violence de genre " votée en Espagne, en 2004, sous l'égide du gouvernement Zapatero. " En France, il y a encore une grande tolérance sociale à l'égard des violences contre les femmes, souligne Suzy Rojtman, la porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, qui regroupe associations féministes, syndicats et partis politiques. Nous avons donc décidé de rédiger une proposition de loi-cadre afin de graver dans le marbre ce qui doit être fait pour éradiquer ce fait social. "

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Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon

    En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Telle est la conclusion d'une étude rendue publique en conseil des ministres par Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, mercredi 22 novembre, quelques jours avant la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, samedi 25.

 

"Le constat est dramatique, souligne Mme Vautrin. Les victimes, qui, contrairement à ce que l'on pense parfois, viennent de tous les milieux, ont souvent peur de parler. Pour les encourager à sortir du silence, nous allons lancer ces jours-ci une campagne de sensibilisation sur les violences conjugales et créer dès le début de l'année prochaine un numéro d'appel unique pour les victimes."

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La violence à l'égard des femmes : un symptôme de la misère sexuelle masculine.

par Roland Sabra

Traites négrières, esclavage : les faits historiques .  Après l'Antiquité, le phénomène a surtout touché l'Afrique et duré plus de mille ans. L'esclavage interne et oriental était intégré au mode de vie des régnants. La traite occidentale (XVIe-XIXe siècle) fut constitutive de la colonisation des Amériques : 11 millions d'Africains furent déportés. De son propre passé, la France tire difficilement les leçons. C'EST une histoire très ancienne, mais qui n'a jamais été si actuelle. Un phénomène né pendant l'Antiquité, et dont on ne prit réellement conscience qu'au XVIIIe siècle.
 

Les hommes font taches de ménage

Un enfant de plus dans le couple : plus de tâches domestiques pour la mère

Une enquête montre qu'une naissance accroît les inégalités entre hommes et femmes

  La naissance d'un enfant modifie-t-elle la répartition des tâches au sein du couple ? C'est ce qu'a tenté de savoir Arnaud Régnier-Loilier, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED) et spécialiste de la famille. Ses conclusions sont sans ambiguïté. " L'arrivée d'un enfant accentue le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED Population & Sociétés. Ce sont elles qui s'éloignent du marché de l'emploi, elles aussi qui prennent davantage en charge les tâches domestiques. "

Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur une enquête internationale qui a permis, en France, d'interroger plus de 2 000 couples. Hommes et femmes ont été invités à deux reprises, en 2005 et 2008, à mesurer leur participation à sept tâches ménagères : la préparation des repas, la vaisselle, les courses alimentaires, le repassage, l'aspirateur, la tenue des comptes et l'organisation de la vie sociale de la famille. Parmi les couples interrogés, un quart a eu un enfant entre les deux enquêtes.

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Virilisme : la dérive des cités


 par Daniel Welzer-Lang
Maitre de conférence de l'université Toulouse-Le Mirail

Notre société évolue très vite, notamment en ce qui concerne les rapports hommes-femmes – ce que dans notre jargon sociologique nous appelons « rapports sociaux de sexe ». Accès à la contraception et à l’avortement, reconnaissance des contraintes du travail domestique, réalisé encore majoritairement par les femmes, conditions du travail salarié, reconnaissance et lutte contre les violences domestiques, etc., sont autant de balises qui marquent la marche vers l’égalité. Si les femmes féministes se sont penchées sur la domination que subissaient les femmes, peu de sociologues se sont intéressés à ce que vivaient les hommes, les dominants, dans leurs rapports aux femmes et dans leurs rapports aux hommes.

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