Jocelyne Fortuné

Série Noire pour lumières, une
« peinture lyrique » mise en scène
D’abord fermer les yeux. Les ouvrir
et être ailleurs. La peinture de
Jocelyne Fortuné nous entraîne à la
lisière de deux mondes, entre l’art
et le cosmos, comme si elle
cherchait à confondre la matière et
le mouvement. Son œuvre va bien
au-delà d’un simple regard de
traces. Elle laisse entrer le hasard
qu’elle apprivoise quand le sable
impose son relief, son accroche à la
lumière. Elle se fond dans les
minuscules sourires du sable pour
mieux embrasser l’immensité de l’art
dans son espace intemporel. Ainsi
elle crée cette peinture aux formes
indifférenciées qu’elle offre à la
matière, collée au support comme une
origine de vie, espace de création.
Dans cette complicité privilégiée
entre transparence et apparence,
elle vide son âme dans la lumière
réinventée.
Les éléments contradictoires,
deviennent complémentaires
A sa manière, Jocelyne refait une
histoire de l’art et c’est dans le
silence des émotions, que les
éléments contradictoires, deviennent
complémentaires. L’un offre son
grain noir, relief usé, remodelé en
éclats créatifs à l’acrylique
facettes et lumières, cristal
d’éternité ; autre vision d’un monde
en devenir, fondu de formes amples
et imbriquées qui évoquent aussi
bien le rivage d’une planète
naissante que des parties de corps
abruptes ou sensuelles. Spectacle
sons et lumière. L’autre masque et
révèle la part de sculpture d’une
création mélangée d’agressivité et
de vulnérabilité. L’artiste transmet
ainsi, entre naissance et
renaissance, sa volonté d’exprimer
le mystère des formes par une
complétude où le talent, telle une
stimulation spirituelle, signe une
vérité des choses d’où émane la
source d’esthétique et de tension
enfouie dans des profondeurs
enflammées, jusqu’au feu intime de
l’artiste. Dans ce sens c’est bien
de peinture lyrique dont il est
question, elle exprime des émotions
et des sentiments personnels. Disons
le tout court, Jocelyne se fait
plaisir et fait du bien.
Christian Antourel
Photos C.A
Jocelyne Fortuné, plasticienne,
vient d’exposer du 30 novembre au 15
décembre à la Bibliothèque
Schoelcher
Sphinx
qui renaît toujours de ses talents
multiples (danse, théâtre, chant,
dessins, peinture, écriture,
sculpture, confection de poupées).
Elle
exposera ses Mounettes - poupées en
toile de lin aux cotés de Nicole
Cage-Florentiny écrivain conteuse et
poétesse en signature au Linas Café
à Fort-de-France dès le 12 Janvier
2008