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Peintures

MIJA.
Lutteurs, 120 X 120 cm, 2004
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Vincent Gayraud: un nouvel expressionniste.
Par Selim Lander.
 Vincent Gayraud est un authentique enfant de 1968, puisque cette année est précisément celle de sa naissance. Originaire du sud-ouest de la France, après des études d’art à Aix-en-Provence il s’est installé en Martinique où il enseigne les arts plastiques. Son œuvre témoigne d’une parfaite maîtrise du dessin, qu’il est nécessaire de saluer, les temps étant ce qu’ils sont, même si elle est la moindre des choses qu’on attend d’un peintre, et même si elle ne saurait suffire, évidemment, pour faire un véritable artiste.
Ce qui frappe avant tout, chez Gayraud, bien au-delà de sa maîtrise de la technique, c’est la force que dégagent ses personnages. Une force surnaturelle, puisque ces figures sorties du crayon ou des pinceaux ne sont la copie fidèle d’aucun modèle, mais traduisent la vision particulière, unique, de l’artiste. La puissance de cette peinture est au plus haut dans la série de tableaux intitulée NBF-MDE (Noir Blanc Fragile – Mode D’Emploi) où, pour la première fois, Gayraud focalise sur les regards. Cette série de grandes toiles, toutes à la dimension 1m x 1m, représente uniquement des visages, ou plus souvent la partie la plus expressive du visage, entre front et lèvres, celle qui comprend les yeux, le nez, la bouche. La profondeur des regards, l’intensité des sentiments qu’ils dégagent, de tableau en tableau, suscitent immédiatement l’émotion. Rarement un peintre aura su représenter aussi justement la qualité d’humanité dans ses portraits.
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HC Editions
rendent hommage au peintre Louis Laouchez qui
occupe une place singulière parmi les artistes
martiniquais. Ses sources multiples – africaine,
caribéenne et européenne – également prégnantes
et assumées, inventent l’artiste négro-caraïbe.
Le fondement mental de son œuvre, lui aussi
tripode – esthétique, éthique et politique –
demeure toujours en prise directe avec les
réalités de la Martinique.
Ses peintures sont dominées en fonction des
époques, par des couleurs telluriques ou au
contraire flamboyantes et témoignent toutes d'un
fort travail de composition. Ces peintures
affirment le lien entre la Caraïbe et l'Afrique,
lien aussi présent dans ses totems : bois
sculptés de grande taille, hiératiques, peints,
dans lesquels on retrouve les signes et les
figures qui habitent ses peintures et
constituent son univers. Forte de sa puissance
d’évocation, l’œuvre de Louis Laouchez impose un
style d’une rare expressivité dans une
légitimité culturelle libre. La diversité des
matériaux et des moyens d’expression,
l’investissement des registres figuratif et
abstrait, l’usage dense des couleurs et des
signes ouvrent cette œuvre à l’universel.
Louis
Laouchez, une quête identitaire ardente pour ne
pas mourir d'universalité
par Pr Bernard ZADI ZAOUROU
de l'Université d'Abidjan-Cocody Abidjan
Depuis toujours, dans le monde
noir comme ailleurs en Occident ou en Orient,
s'est constamment développé un étrange motif de
discussion relatif aux liens qui unissent le
général au particulier, l'universel au
spécifique.
Dans leurs rapports
politiques, les nations, selon leur degré de
puissance et jouant à fond le jeu de la balance
des forces ont, soit saboté ou carrément refusé
ce débat, soit au contraire, mobilisé toutes
leurs énergies pour l'imposer, l'informer de
preuves irréfutables et en tirer toutes les
conséquences susceptibles de servir leur cause.
Au cours de l'histoire, n'ont
vraiment eu intérêt à la reconnaissance et au
respect de cette unité dialectique -
général/particulier ou universel/spécifique,
c'est tout un - que les nations et peuples
subissant le joug de puissances impérialistes.
En toute logique, ces dernières avaient tout à
gagner à considérer leurs valeurs, spécifiques
pourtant, comme des valeurs universelles que
tout le monde devait reconnaître comme telles.
En clair, qui domine est tout à la fois l'alpha
et l'oméga et croit avoir mission de façonner le
dominé à son image.
La voici donc, la
contradiction qui crée en théorie le problème
fondamental autour duquel s'organise toute
action (lutte politique, philosophique ou
idéologique) liée à l'épineuse question de
l'identité. Car oui, l'identité, le voilà le
maître mot, le concept opérationnel et notionnel
qui inspire, non pas tant sur le plan esthétique
mais dans sa thématique, l'œuvre de Louis
Laouchez. À ce propos, l'artiste lui-même me
confiait dans une correspondance récente:
«Mes sources d'inspiration ? L'Afrique, la
politique, l'œuvre d'émancipation, de dignité,
de fierté de l'homme Antillais qui refuse les
genres, les codes, les courants venus
d'ailleurs, générés par d'autres et important
pernicieusement leurs modèles chez nous».
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Révélations sur l'oreille coupée
de Van Gogh

Éric Biétry-Rivierre
Deux
universitaires allemands
reviennent sur la plus fameuse
dispute de l'histoire de l'art.
Ce serait Gauguin qui aurait
coupé l'oreille du Hollandais.
Au matin
du 24 décembre 1888, la
police d'Arles récupère un
homme au visage sanguinolent
et le conduit à l'hôpital.
Au cours d'une crise, Van
Gogh s'est coupé l'oreille
gauche (à droite dans ses
autoportraits au miroir
ultérieurs) au moyen d'une
lame de rasoir. Cette
automutilation serait le
symptôme d'une santé mentale
déjà défaillante et le signe
avant-coureur du suicide
perpétré sept mois plus
tard. C'est du moins la
thèse dominante.
Lire la suite et le (faux) débat
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Monique
MIRABEL : à corps et en
corps Salle Andrée
Arsenec CMAC Scène Nationale.
Des corps qui ne
sont pas décors, mais qui
sont un hymne à la vie
travaillée par la mort.
L'expo a fermé ses portes
reste cet opus... pour
mémoire. |
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Pour
Henri Guédon Demeurez,
gai
don
! Je
suis entré chez vous
par effraction, par la porte
d’une toile morcelée.
Je suis entré chez vous
comme un fou, en toute clandestinité.
J’ai veillé avant
la mort. C’était
veille de carnaval, en plein
carnaval, chez vous. |
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Kazuo Shiraga
Pour
cet artiste japonais, membre du mouvement Gutaï, la
peinture était un corps-à-corps avec la couleur

L'artiste japonais Kazuo Shiraga, l'un des fondateurs du
groupe Gutaï, est mort le 8 avril au Japon.
Né en 1924 à
Amagasaki, préfecture de Hyogo, Kazuo Shiraga appartient à
ces générations de jeunes Japonais dont la jeunesse se
confond avec l'expérience de la guerre et de la destruction.
Ses premières études, après 1945, sont de peinture japonaise
à l'Ecole professionnelle de peinture de Kyoto, jusqu'en
1948. L'année suivante, il les poursuit à Osaka. Il entre
dans l'histoire de l'art du XXe siècle en 1952 : cette
année-là, alors qu'il pratique encore la peinture à l'huile
et au couteau, il est l'un des quatre fondateurs du premier
groupe d'avant-garde japonaise de l'après-guerre, le Zero-Kai.
Avec ses amis et
contemporains Akira Kanayama, Saburo Murakami et Atsuko
Tanaka, il énonce la devise fondatrice qui explique le nom
qu'ils se donnent : " L'art doit partir du point zéro
absolu et se développer selon sa propre créativité. "
Rejetant tout principe de composition picturale, tout idéal
d'harmonie, toute représentation, il en vient bientôt à
concevoir la peinture comme un corps à corps avec la
couleur. Pour l'exposition du groupe en 1954, il présente
pour la première fois une toile peinte avec ses pieds nus.
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Jocelyne Fortuné
par Christian Antourel
Série Noire pour
lumières, une « peinture lyrique » mise en scène
D’abord
fermer les yeux. Les ouvrir et être ailleurs. La
peinture de Jocelyne Fortuné nous entraîne à la lisière
de deux mondes, entre l’art et le cosmos, comme si elle
cherchait à confondre la matière et le mouvement. Son
œuvre va bien au-delà d’un simple regard de traces. Elle
laisse entrer le hasard qu’elle apprivoise quand le
sable impose son relief, son accroche à la lumière. Elle
se fond dans les minuscules sourires du sable pour mieux
embrasser l’immensité de l’art dans son espace
intemporel. Ainsi elle crée cette peinture aux formes
indifférenciées qu’elle offre à la matière, collée au
support comme une origine de vie, espace de création.
Dans cette complicité privilégiée entre transparence et
apparence, elle vide son âme dans la lumière réinventée.
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