La 33e
édition du Printemps de Bourges
s'est achevée sur un succès
public et a rempli son objectif
en enregistrant 66.800
spectateurs en cinq jours,
autant que l'an dernier, ont
annoncé ses responsables dans la
nuit du samedi 25 avril au
dimanche 26 avril. Le taux de
remplissage des salles a été de
101,5% et le festival estime à
220.000 personnes la
fréquentation globale du site.
Sur les 66.800 places délivrées,
8.700 étaient des invitations.
Un festival réussi
Daniel Colling,
directeur-fondateur du festival
déclaré lors d'une conférence de
presse que le Printemps et "dans
(ses) marques" niveau budget et
qu'il ne perdrait pas d'argent.
"On a rempli". A l'instar des
années précédentes, cette 33e
édition était bâtie sur un
équilibre entre noms connus et
artistes plus pointus dans tous
les genres (chanson, rock,
électro, rap...), évitant les
têtes d'affiche spectaculaires,
trop coûteuses. C'est ce qu'a
expliqué Christophe Davy,
programmateur en chef. "On n'a
pas les moyens d'être sur les
transhumances des grands noms
internationaux (…).On s'est
recentré sur un créneau et ça
marche bien."
Des artistes de tous pays
Le Printemps de Bourges ouvre le
bal des festivals de la saison.
Cette année encore, plusieurs
artistes internationaux étaient
présents. Ben Harper, Andrew
Bird et Bonnie Prince Billy pour
les Etats-Unis, l'Anglo-Nigérian
Keziah Jones était aussi là. Les
Français Bénabar, Dominique A,
Rohff, se sont également
produits sur la scène berruyère
tout comme l'allemande Ayo. Le
jeune Stéphanois Sliimy et
l'Anglais Charlie Winston,
révélations prometteuses, ont
également su se faire une place
au milieu des grands. Onze
groupes et artiste japonais
avaient également été invités.
Samedi soir l'affiche de la
dernière soirée voyait Izia,
fille de Jacques Higelin, ou
encore Laurent Garnier se
produire.
Orelsan grand attendu
Mais l'artiste le plus attendu
était sans doute Orelsan, dont
l'un des titres avait créé une
vive polémique. Sa chanson "Sale
pute", qu'il n'interprète
d'ailleurs plus, avait été taxée
d'incitation à la violence
sexiste. Plusieurs associations
et des responsables politiques
avaient demandé la
déprogrammation du chanteur en
raison de ce texte. Le directeur
avait refusé d'entrer dans cette
polémique en estimant que le
Printemps de Bourges n'avait pas
à censurer un artiste, qui ne
chantait plus la chanson qui
plus est.
Christophe Davy a qualifié cette
polémique de " mini-événement
médiatique". "Orelsan était
programmé au milieu de 140
artistes, des gens ont décidé
d'en faire quelque chose de plus
important que les 139 autres. Ce
soir, il n'y a rien eu de
spécial, c'était juste un
concert d'Orelsan", a ajouté le
programmateur en chef.
Distribution de tracts du
planning familial avant le
concert
Le concert a eu lieu dans la
petite salle du 22 Ouest (350
places), sans incident et dans
une ambiance bon enfant. Une
poignée de représentants du
Planning familial avaient
demandé à prendre la parole sur
scène avant le concert. Ils
souhaitaient lire un texte dans
lequel il (le planning familial)
"s'indignait" de sa tenue et
dénonçait "la violence sexiste".
La direction du festival n'avait
pas donné de réponse favorable.
Ils ont finalement distribués
des tracts à proximité de la
salle, où des barrières avaient
tout de même été installées pour
filtrer le public.
Pendant son concert, le rappeur
de 26 ans a fait quelques
allusions à la polémique en
lançant sur le ton de la
plaisanterie "ça fait plaisir
que vous ayez trouvé le chemin,
on a eu du mal à venir!" Un peu
plus tard il a évoqué la vidéo
du clip incriminé sur internet
en disant que "le problème par
rapport à ces vidéos" était
qu'il s'était "cramé auprès des
meufs".
"La polémique n'avait pas lieu
d'être"
Peu avant le début du concert
Orelsan s'était exprimé
publiquement sur la polémique,
en estimant qu'"elle n'avait pas
lieu d'être", car il s'agissait
d'une fiction sortie de son
contexte. Il a ajouté qu'il
était de faux de dire que ce
clip et cette chanson étaient
"une incitation au meurtre des
femmes". Le rappeur explique
qu'il a contraire voulu montrer
"le passage de l'amour à la
haine". Il a comparé cette
chanson à une "scène de film" en
expliquant qu'il s'agissait
"d'un personnage particulier,
avec ses émotions, sa jalousie
et l'alcool". Il a ajouté qu'on
ne pouvait pas sortir sa chanson
"de son contexte, du cadre
artistique d'une fiction".
"Une position difficle pour les
programmateurs"
Il a également souligné la
position difficile dans laquelle
les programmateurs du festival
s'étaient retrouvés à cause de
cette chanson alors qu'"(il) ne
fait plus cette chanson sur
scène depuis six mois". Position
difficile notamment par rapport
à des mairies qui menacent de
"sucrer les subventions". Ce qui
a été le cas pour le Printemps.
selon le chanteur cette
polémique a entraîné des
demandes d'annulation de futurs
concerts. Le jeune homme a aussi
été taxé de misogyne, ce qu'il
réfute.
Anaïs et virginie Despentes
soutiennent Orelsan
L'écrivain Virginie Despentes et
la chanteuse Anaïs, toutes deux
présentes au festival ont
manifesté leur soutien au
chanteur en prenant sa défense.
Le beau temps a laissé place à
la grisaille et le festival doit
s'achever ce dimanche après midi
par les concerts de Miss Platnum
et Tryo.
Christine Albanel, la ministre
de la Culture, vait fait une
apparition vendredi en annonçant
qu'elle espérait que la loi
contre le piratage sur internet
puisse être adoptée "à peu près
au moment du festival de Cannes"
qui débutera le 13 mai.