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Le rappeur Orelsan confronté à la misogynie dans ses chansons

 

 

 

 

Le rappeur Orelsan s'est dit "désolé" que le texte de sa chanson Sale pute ait pu "choquer certaines personnes". Moins d'un mois avant son concert au festival du Printemps de Bourges, le 25 avril, une polémique est née ces derniers jours sur le Net, lancée notamment par le blog Du rose dans le gris, concernant les paroles de cette chanson. Diffusée sur le Web depuis plus de deux ans, elle décrit des actes de violence physique contre une femme. Dans un communiqué, le rappeur a affirmé qu'il n'était pas un "agresseur de la gent féminine" et a précisé qu'il avait retiré cette chanson de ses concerts et qu'elle ne figurera pas sur son album.

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Pour le manager du rappeur, Vincent Demarthe,"Orelsan n'a jamais voulu imposer cette chanson à son public. Il ne la chante plus en concert, même si son public le lui demande". Le manager explique que le rappeur est conscient que cette chanson peut influencer son jeune public. Il ajoute que la mise en scène du clip a été réalisée pour qu'il soit pris au second degré. Selon lui, la chanson n'a jamais été commercialisée et n'existe sur aucun support audio.

ACCÈS LIMITÉ SUR YOUTUBE ET DAILYMOTION

La ministre de la culture, Christine Albanel, et la secrétaire d'Etat à la solidarité, Valérie Létard, ont demandé le retrait du clip des plates-formes de partage de vidéos. Ces dernières ont refusé mais limité l'accès au clip litigieux. Désormais, pour voir ce contenu, les internautes doivent confirmer avoir au moins 18 ans et s'enregistrer en donnant une adresse électronique. Selon un porte-parole de YouTube, "le contenu de la vidéo ne nous semble manifestement pas illégal ; toutefois, sur réquisition judiciaire, nous pourrions le retirer". Après des signalements d'internautes, Dailymotion a également restreint l'accès à cette vidéo.

L'association Ni putes ni soumises a demandé la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges, en menaçant d'appeler à un boycott du festival en cas de refus. Les organisateurs du festival ont répondu que l'artiste ne serait pas déprogrammé, car sa prestation n'inclura pas cette chanson.

Le Monde 27/03/09

Vendredi 27 Mars 2009

Orelsan, pas très net...

Par Rémi DUCHEMIN
leJDD.fr

>> Le rappeur Orelsan se trouve pris depuis une dizaine de jours dans une polémique de plus en plus forte au sujet des paroles -très violentes- de sa chanson Sale pute. Le morceau, disponible seulement en vidéo sur internet, a suscité des réactions indignées des blogs féministes, puis de la classe politique, et enfin, vendredi, du gouvernement. L'artiste a présenté ses excuses.

 

Internet est ainsi fait que deux ans après la mise en ligne d'une chanson, une polémique peut éclater son sujet. Le rappeur Orelsan vient de l'apprendre à ses dépens. Son morceau Sale pute provoque un tollé jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Dans cette chanson, l'artiste se met à la place d'un homme trompé qui s'adresse pour le moins crûment à celle qui l'a trahi. Les paroles sont il est vrai d'une rare violence. "Si je te casse un bras, considère qu'on s'est quittés en bon terme", lance-t-il ainsi. Une phrase (très) loin d'être la plus brutale du morceau.

Le rappeur caennais ayant connu un certain succès avec son album Perdu d'avance sorti en février 2009, la blogosphère s'est intéressée à son cas. Et a exhumé cette chanson tapie dans les profondeurs du web. Le morceau, disponible en vidéo sur les célèbres YouTube et Dailymotion, circule d'abord sur les blogs féministes - comme Lara Joventre, qui reprend l'intégralité du texte ici - qui, depuis une dizaine de jours, condamnent et font monter le buzz. Les sites lancent aussi un appel à la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges (21-26 avril 2009), et incitent les internautes à contacter les organisateurs du festival pour mettre la pression.

Les jeunes de l'UMP défendent le rap

Inévitablement, la classe politique s'est saisie de l'affaire. Le parti communiste a été le plus prompt à dégainer. Dans une lettre adressée au directeur du Printemps de Bourges, Daniel Colling, décidément très sollicité, Marie-George Buffet et Laurence Cohen dénoncent le texte de la chanson comme étant "une incitation à la haine et à la violence à l'égard des femmes". La secrétaire nationale et la responsable de la commission sur le droit des femmes du PCF précisent qu'elles sont prêtes à en débattre avec l'artiste, qu'elles "apprécient particulièrement" par ailleurs.

Les communiqués suivants seront moins diplomates. Le Parti socialiste estime ainsi dans un communiqué que "la polémique suscitée par les paroles du rappeur est amplement justifiée. Ce ne sont pas de simples paroles violentes envers les femmes, c'est un texte scandaleux aux propos odieux qui incitent directement à la violence. (...) Le Parti socialiste s'associe à toutes les voix qui demandent la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges." L'UMP embraye par la voix de ses Jeunes populaires. Le mouvement, dans un communiqué, "condamne fermement les paroles odieuses et inacceptables de cette chanson". Le texte tourne ensuite au plaidoyer vibrant -et un brin surréaliste- du rap, "sali par la tentation confortée d'un raccourci facile avec la violence. (...) Cette musique, dont notre génération a fait l'un de ses emblèmes, utilise mieux qu'aucune autre les rimes et la poésie urbaine pour faire passer des messages utiles."

Albanel "choquée et même révoltée"

Et puis l'affaire est remontée jusqu'aux oreilles du gouvernement. "Alors qu'en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, ce texte est une véritable incitation à la haine, à la violence voire au meurtre envers les femmes, écrit ainsi dans un communiqué Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité. Les mots employés sont discriminants et ignobles". Christine Albanel, « choquée et même révoltée », réclame de son côté la suppression de la chanson des plateformes vidéos. Ce que YouTube et Dailymotion ont -pour l'instant- refusé de faire, tout en limitant l'accès au morceau.

Sur son site internet (http://orelsan.skyrock.com/), le rappeur, "un peu étonné (...) vu que le titre date pas mal", se défend lui aussi par communiqué. "Comme toute création artistique, aussi violente soit elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte. Conscient que cette chanson puisse heurter, Orelsan a décidé il y a quelques mois de ne pas la faire figurer dans son album ni dans ses concerts, ne souhaitant l'imposer à personne. Nous sommes désolés que ce texte ait pu choquer certaines personnes. En aucun cas Orelsan ne se pose en agresseur de la gent féminine." Pour l'heure, les organisateurs du printemps de Bourges ont décidé de soutenir l'artiste et de le maintenir au programme. Mais le buzz pourrait prendre des proportions telles que la pression deviendrait trop forte. Telle est la puissance du web.

 

Dimanche 05 Avril 2009

Orelsan: "Je n'exclus pas de porter plainte"

Propos recueillis par Eric MANDEL
Le Journal du Dimanche

>> Le rappeur Orelsan, salué par une critique élogieuse lors de la sortie en février dernier de son premier album (Perdu d'avance), se retrouve depuis une semaine sur le banc des accusés. Au coeur de la polémique: une vidéo vieille de deux ans, disponible sur Internet, au titre éloquent: Sale Pute. L'histoire d'un type imbibé d'alcool qui promet à son épouse infidèle toute une série de sévices d'une violence inouïe. Incitation à la violence, clament ses détracteurs. Liberté d'expression, assurent ses rares défenseurs, dont la chanteuse Anaïs... Aurélien Cotentin, alias Orelsan, enfant de la classe moyenne né à Alençon (Orne), revient sur cette affaire qui lui vaut plusieurs annulations de concerts.

 

Comment vivez-vous cette polémique ?
Je suis sincèrement surpris par son ampleur. Du PC au PS en passant par les ministres UMP, j'ai réussi à unifier tous les partis politiques dans une même vague d'indignation. Je me suis déjà excusé si j'ai pu choquer certaines personnes. Mais je ne renie en rien cette chanson. Trois de mes concerts ont déjà été annulés à la suite des pressions des collectivités locales sur les salles. Et le président du conseil régional du Centre [François Bonneau, PS, ndlr] a demandé la déprogrammation de mon concert au Printemps de Bourges sous peine de supprimer les subventions au festival. C'est du chantage pur et simple.

Le Printemps de Bourges annoncera lundi sa décision...
Le festival va tenir bon, j'en suis persuadé. Sinon, je n'exclus pas de porter plainte contre ceux qui appellent à me censurer, dans la mesure où je ne joue plus cette chanson sur scène et où elle ne figure pas sur mon album. On m'accuse d'"incitation à la violence", d'"appel au meurtre"... C'est insensé! Dans la vidéo, indissociable du texte, je joue un rôle, celui d'un homme trompé par une femme qui bascule de l'amour à la haine. Un thème abondamment traité dans la littérature, le cinéma, la chanson. Et quand le rap s'en empare, c'est la polémique. On associe dans un même élan rap, banlieue et violence.

Vos détracteurs pointent du doigt l'influence néfaste de votre chanson sur les jeunes...
Cela illustre le fossé d'incompréhension abyssal qui existe entre les adultes et sa jeunesse. Et c'est le fond du débat. Ils disent: "Les jeunes ne peuvent pas comprendre le deuxième degré de la chanson." Or ils se trompent, surtout s'ils parlent des plus de 12 ans. Nous avons grandi avec Les Guignols, Groland et Borat; le second degré, nous connaissons. On pourrait aussi s'interroger sur la violence véhiculée par le cinéma, la pornographie sur Internet, la télé-réalité... Nous sommes le produit de cet environnement. Un film comme Orange mécanique a pu choquer dans les années 1970. Aujourd'hui, non. Un type de ma génération, il se marre. Faut arrêter de prendre les jeunes pour des cons. Dans les années 1970, les adultes d'aujourd'hui se faisaient sermonner par leurs parents: "Je t'interdis d'écouter du rock, c'est une musique de dégénérés." Et, aujourd'hui, ces enfants du rock reproduisent ce même schéma avec leurs propres enfants.

 

 

 

ATTENTION CE TEXTE PEUT HEURTER ....

ORELSAN ''SALE PUTE''

 

Violences conjugales.

 

Accrochez vous, c'est bucolique, frais, et pacifiste...

Intro : Attends bouges pas j'ai un mail d'Orel j'te rappelle
Ce soir j'suis rentré du taff plus tôt que d'habitude
Je suis passé chez toi pour te faire une surprise
Quand j'suis arrivé t'étais dans ton hall avec l'autre type qui est en cours avec toi
Et je vous ai vu...
Je vous ai vu vous jeter sur l'autre il passait les mains sous ton pull pendant que tu l'embrassais
Putain j'avais envie de vous tuer j'étais choqué j' croyais que tu étais différente des autres pétasses
J'te déteste j'te hais
J'déteste les petites putes genre Paris Hilton les meufs qui sucent des queues de la taille de celle de ''Lexington''
T'es juste bonne à te faire péter le rectum même si tu disais des trucs intelligents t'aurais l'air conne
J'te déteste j'veux que tu crèves lentement
J'veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant
Les histoires d'amour ça commence bien ça fini mal
Avant je t'aimais maintenant j'rêve de voir imprimer de mes empreintes digitales
Tu es juste une putain d'avaleuse de sabre une sale catin
Un sale tapin tout ces mots doux c'était que du baratin
On s'tenaient par la main on s'enlaçaient on s' embrassaient
On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée
On verra comment tu suces quand j'te déboiterais la mâchoire
T'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir
T'es juste un démon déguisé en femme j'veux te voir briser en larme
J'veux te voir rendre l'âme j'veux te voir retourner brûler dans les flammes
Refrain x2
Poupée je t'aimais mais tu m'as trompé
Tu m'as trompé tu l'as pompé tu es juste une sale pute
Une sale pute une sale pute une sale pute une sale pute
J'déteste les sales traînées comme Marjolaine
Les petites chiennes les chichiteuses les filles à problèmes
J'rêve de la pénétrer pour lui déchirer l'abdomen
Je t'emmènerai à l'hôtel je te ferai tourner dans ma villa romaine
Tu suces pour du liquide tu te casses à marée basse
Pétasse tu mériterais seulement d'attraper le DAS
Le seul liquide que je t'ai donné c'est mon sperme
Si j'te casse un bras considère qu'on s'est quittés en bons termes
J't'aime j'ai la haine j'te souhaite tout les malheurs du monde
J'veux que tu sentes la chaleur d'une bombe j'veux plus jamais que tu me trompes
J'étais trop fidèle (sale pute)
J'ai les nerfs en pelote (sale pute)
J'vais te mettre en cloque (sale pute)
Et t'avorter à l'opinel
''Oh mais c est de ta faute t'étais jamais là pour moi''
Oh je m'en bas les couille c'était de la faute à qui
J'te collerai contre un radiateur en te chantant ''tostaky''
J'veux que tu pleures tout les soirs quand tu t' endors parce que t'es du même acabit que la pute qu'à ouvert la boite de pandore
Refrain
J ai la haine j'rêve de te voir souffrir
J ai la haine j'rêve de te voir souffrir baby
J ai la haine j'rêve de te voir souffrir
J ai la haine j'rêve de te voir souffrir baby

Bé non , c'est pas interdit de chanter des horreurs pareilles.

Et pourtant, chaque fois qu'il parle de sa compagne, remplacez par Juif ou Noir, et immédiatement, levée de boucliers ô combien justifiée.

Mais là, rien.

Ce rappeur sexiste incitant à la violence conjugale se produira au printemps de Bourges.

si vous voulez, envoyez un mail à l'organisateur pour protester.