Orelsan, pas très net...
Le rappeur
Orelsan se trouve pris
depuis une dizaine de jours
dans une polémique de plus
en plus forte au sujet des
paroles -très violentes- de
sa chanson Sale pute.
Le morceau, disponible
seulement en vidéo sur
internet, a suscité des
réactions indignées des
blogs féministes, puis de la
classe politique, et enfin,
vendredi, du gouvernement.
L'artiste a présenté ses
excuses.
Internet
est ainsi fait que deux ans
après la mise en ligne d'une
chanson, une polémique peut
éclater son sujet. Le
rappeur Orelsan vient de
l'apprendre à ses dépens.
Son morceau Sale pute
provoque un tollé jusqu'au
plus haut sommet de l'Etat.
Dans cette chanson,
l'artiste se met à la place
d'un homme trompé qui
s'adresse pour le moins
crûment à celle qui l'a
trahi. Les paroles sont il
est vrai d'une rare
violence. "Si je te casse
un bras, considère qu'on
s'est quittés en bon terme",
lance-t-il ainsi. Une phrase
(très) loin d'être la plus
brutale du morceau.
Le rappeur caennais ayant
connu un certain succès avec
son album Perdu d'avance
sorti en février 2009, la
blogosphère s'est intéressée
à son cas. Et a exhumé cette
chanson tapie dans les
profondeurs du web. Le
morceau, disponible en vidéo
sur les célèbres YouTube et
Dailymotion, circule d'abord
sur les blogs féministes -
comme
Lara Joventre, qui reprend
l'intégralité du texte ici
- qui, depuis une dizaine de
jours, condamnent et font
monter le buzz. Les sites
lancent aussi un appel à la
déprogrammation d'Orelsan du
Printemps de Bourges (21-26
avril 2009), et incitent les
internautes à contacter les
organisateurs du festival
pour mettre la pression.
Les jeunes de l'UMP
défendent le rap
Inévitablement, la classe
politique s'est saisie de
l'affaire. Le parti
communiste a été le plus
prompt à dégainer. Dans une
lettre adressée au directeur
du Printemps de Bourges,
Daniel Colling, décidément
très sollicité, Marie-George
Buffet et Laurence Cohen
dénoncent le texte de la
chanson comme étant "une
incitation à la haine et à
la violence à l'égard des
femmes". La secrétaire
nationale et la responsable
de la commission sur le
droit des femmes du PCF
précisent qu'elles sont
prêtes à en débattre avec
l'artiste, qu'elles
"apprécient
particulièrement" par
ailleurs.
Les communiqués suivants
seront moins diplomates. Le
Parti socialiste estime
ainsi dans un communiqué que
"la polémique suscitée
par les paroles du rappeur
est amplement justifiée. Ce
ne sont pas de simples
paroles violentes envers les
femmes, c'est un texte
scandaleux aux propos odieux
qui incitent directement à
la violence. (...) Le Parti
socialiste s'associe à
toutes les voix qui
demandent la déprogrammation
d'Orelsan du Printemps de
Bourges." L'UMP embraye
par la voix de ses Jeunes
populaires. Le mouvement,
dans un communiqué,
"condamne fermement les
paroles odieuses et
inacceptables de cette
chanson". Le texte
tourne ensuite au plaidoyer
vibrant -et un brin
surréaliste- du rap,
"sali par la tentation
confortée d'un raccourci
facile avec la violence.
(...) Cette musique, dont
notre génération a fait l'un
de ses emblèmes, utilise
mieux qu'aucune autre les
rimes et la poésie urbaine
pour faire passer des
messages utiles."
Albanel "choquée et
même révoltée"
Et puis l'affaire est
remontée jusqu'aux oreilles
du gouvernement. "Alors
qu'en France, une femme
meurt tous les trois jours
sous les coups de son
compagnon, ce texte est une
véritable incitation à la
haine, à la violence voire
au meurtre envers les
femmes, écrit ainsi dans
un communiqué Valérie
Létard, secrétaire d'Etat à
la Solidarité. Les mots
employés sont discriminants
et ignobles". Christine
Albanel, « choquée et même
révoltée », réclame de son
côté la suppression de la
chanson des plateformes
vidéos. Ce que YouTube et
Dailymotion ont -pour
l'instant- refusé de faire,
tout en limitant l'accès au
morceau.
Sur son site internet (http://orelsan.skyrock.com/),
le rappeur, "un peu
étonné (...) vu que le titre
date pas mal", se défend
lui aussi par communiqué.
"Comme toute création
artistique, aussi violente
soit elle, cette narration
ne peut et ne doit pas être
sortie de son contexte.
Conscient que cette chanson
puisse heurter, Orelsan a
décidé il y a quelques mois
de ne pas la faire figurer
dans son album ni dans ses
concerts, ne souhaitant
l'imposer à personne. Nous
sommes désolés que ce texte
ait pu choquer certaines
personnes. En aucun cas
Orelsan ne se pose en
agresseur de la gent
féminine." Pour l'heure,
les organisateurs du
printemps de Bourges ont
décidé de soutenir l'artiste
et de le maintenir au
programme. Mais le buzz
pourrait prendre des
proportions telles que la
pression deviendrait trop
forte. Telle est la
puissance du web.


Le rappeur
Orelsan, salué par une
critique élogieuse lors de
la sortie en février dernier
de son premier album (Perdu
d'avance), se retrouve
depuis une semaine sur le
banc des accusés. Au coeur
de la polémique: une vidéo
vieille de deux ans,
disponible sur Internet, au
titre éloquent: Sale Pute.
L'histoire d'un type imbibé
d'alcool qui promet à son
épouse infidèle toute une
série de sévices d'une
violence inouïe. Incitation
à la violence, clament ses
détracteurs. Liberté
d'expression, assurent ses
rares défenseurs, dont la
chanteuse Anaïs... Aurélien
Cotentin, alias Orelsan,
enfant de la classe moyenne
né à Alençon (Orne), revient
sur cette affaire qui lui
vaut plusieurs annulations
de concerts.