A l'affiche
Cinéma
Expositions
Musique
Théâtre

 

 

 


powered by

FreeFind

Lien1
Lien2 Lien3

 

 

Miles Davis, trente ans de création en 70 CD

L'objet pèse ses 2 bons kilos et annonce fièrement "l'intégralité des albums studio et live enregistrés par Miles Davis pour le label Columbia". Soit 70 CD pour 52 albums - il y a des albums doubles -, certains indisponibles depuis plusieurs années, présentés dans leurs pochettes d'origine, cartonnées, et pour un bon nombre d'entre eux accompagnés de prises différentes et de raretés. Prix en magasins et sur les sites de vente en ligne : de 170 à 180 euros.

Soyons clair, dans le secteur du jazz, la parution de Miles Davis : the Complete Columbia Album Collection fait son petit effet événementiel. Miles Davis est une star, et le soin général apporté à la réalisation de cet ensemble impressionnant montre qu'il est traité en conséquence.

Miles Davis et Columbia, c'est une longue histoire. Trente ans entre la première séance d'enregistrement du trompettiste pour la compagnie phonographique américaine, le 26 octobre 1955 à New York (avec John Coltrane), et la dernière, le 4 février 1985 au Easy Sound Studios de Copenhague (en principal soliste d'une composition pour grand orchestre de Palle Mikkelborg).

Trente ans durant lesquels Columbia donne toute liberté à Miles Davis, pour qui rien n'est trop beau. Il enregistre en grand orchestre avec Gil Evans, les pochettes de ses disques sont sophistiquées, de 1968 à 1975, il a studio ouvert jour et nuit.

Ce qui donne un corpus d'une grande richesse où, quasiment de disque en disque, Miles Davis peut se réinventer, passer d'une forme à l'autre, faire entendre son futur musical plutôt que refaire ce qui lui avait réussi précédemment. C'est ce que la présentation chronologique de ce coffret Columbia fait ressortir. Entre 1995 et 2007, la compagnie avait déjà publié huit luxueux coffrets thématiques : les années en quintette avec Coltrane, celles avec Gil Evans, le quintette des années 1960, avec Wayne Shorter et Herbie Hancock, les diverses périodes électriques. Passionnant pour suivre une période donnée, une formation mais dans une cohérence parfois en contradiction avec le labyrinthe des évolutions du trompettiste.

Pochettes cartonnées

Une bonne partie des enregistrements en public ne figuraient pas dans ces précédents coffrets. Ils sont tous ici. Y compris celui du 8 mai 1949, Salle Pleyel, première visite à Paris de Miles Davis - publié en 1977 - et l'intégralité du concert à l'île de Wight, le 29 août 1970 - une première officielle. En bonus, on trouve en DVD un passionnant document sur deux concerts de l'automne 1967 en Europe.

La qualité du report des fac-similés des pochettes, celle du mastering pour cette édition - le catalogue sonore de Miles Davis a toujours été bien traité par Columbia - et la présence d'un livre à la pagination copieuse (250 pages) témoignent de l'attention éditoriale d'un projet voulu par... le bureau français du jazz de Sony Music, dont Columbia est l'un des labels.

"J'ai proposé le projet en décembre 2007, explique Daniel Baumgarten, producteur avec Richard Seidel de ce coffret. Nous avons eu l'accord final et le financement des Américains en février. Je tenais à des fac-similés sous pochette cartonnée, comme les Japonais le font régulièrement, et à un texte en français pour la biographie et les notes sur chaque album."

Sept mois de travail, la mise en fabrication de fin août à mi-septembre et un premier tirage de 20 000 exemplaires pour le monde, dont 5 000 pour la France. Mises en vente le 16 novembre, 3 000 boîtes ont déjà été commandées. A l'échelle du jazz, c'est aussi important que les coffrets consacrés aux Beatles pour le rock.

Miles Davis : the Complete Columbia Album Collection, 1 coffret de 70 CD et 1 DVD Columbia/Sony Music.


Sylvain Siclier
Article paru dans l'édition du 04.12.09

LE MONDE | 03.12.09 | 16h05 • Mis à jour le 03.12.09 | 16h05