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Le succès de la pop «made in France» aux États-Unis 
 

Olivier Nuc, envoyé spécial à New York et Los Angeles
 


 
 

Phoenix,en juin dernier, à Angoulême.

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Phoenix,en juin dernier, à Angoulême. Crédits photo : AFP

Les musiciens français n'ont jamais autant eu la cote en Amérique. Un festival est organisé à Los Angeles soutenu par le consul... David Martinon.

L'affiche bariolée accueille dès le terminal de l'aéroport de Los Angeles. Le festival Ooh la L.A. !, dont la première édition se tenait la semaine dernière, avait rempli ses promesses avant même son coup d'envoi : attester de la vitalité de la production musicale française en terre américaine. Prestigieuse salle sise sur Hollywod Boulevard, le Henry Fonda Theater a ainsi vibré trois soirées durant au rythme d'artistes de l'Hexagone.

«Ce festival s'adresse aux Américains, pas aux Français qui vivent ici, ce qui en fait son intérêt», explique Marc Collin, à l'affiche avec son projet Hollywood mon amour, qui revisite les bandes originales des années 1980. «Aujourd'hui, les groupes français parviennent à s'imposer ici, grâce au grand nombre d'Américains qui s'intéressent à notre musique.» Un phénomène inimaginable il y a vingt ans, lorsque la production française souffrait d'un niveau très inférieur aux standards anglo-saxons. « La révolution, c'est la musique électronique, qui a donné les mêmes outils à tout le monde en même temps», constate Collin.

Une analyse partagée par les Versaillais de Phoenix, qui quadrillent l'Amérique, dans la foulée du succès de leur quatrième album, Wolfgang Amadeus Phoenix (200 000 exemplaires vendus outre-Atlantique). Ils donnaient, samedi dernier, leur deuxième concert à Central Park, à New York, devant un public fervent. À l'issue de la prestation, leur chanteur déclarait à l'assistance : «C'est incroyable pour nous de jouer ici.» Aux côtés d'artistes comme Keren Ann, Gotan Project ou Justice, leur pop bénéficie depuis plusieurs saisons d'une belle cote d'amour chez les Américains.

«On apporte une alternative», commente Christian Mazzalai, guitariste. En avril dernier, ils ont été le premier groupe français invité dans le cadre de l'émission de télévision «Saturday Night Live». On dit souvent à leur sujet qu'ils ont été acclamés aux États-Unis bien avant de rencontrer le succès dans leur propre pays, ce qui ne les empêchera pas de remplir la salle du Zénith d'ici à quelques semaines.

À l'Est comme à l'Ouest, les sons produits sur nos terres séduisent. «La France est dans l'air du temps, ajoute Marc Collin, ce que nous proposons bénéficie d'un a priori favorable, sans doute à cause du côté chic et sophistiqué qu'on associe généralement à notre culture.» Le terrain est plus favorable que jamais à l'émergence de manifestations reflétant cet engouement.

 

«Une encyclopédie du rock»

En poste depuis quelques mois, David Martinon, consul général à Los Angeles, a laissé les coudées franches à son ami Sylvain Taillet, directeur artistique chez Barclay, lorsque celui-ci lui a vendu le principe d'une manifestation musicale 100 % française. «Quand j'ai su que je venais ici, j'ai fait le tour des acteurs de l'entertainement français en musique et en cinéma. Le consulat se doit d'être bon là-dessus, dans la ville de Jim Morrison et Michael Jackson», explique Martinon, qui confesse avoir été un temps «une encyclopédie du rock» avant d'embrasser une carrière politique. Encadré par un influent promoteur local (Golden Voice), le projet a bénéficié du concours actif de Jason Bentley, programmateur vedette de la radio locale KCRW, et du soutien financier de Cultures France, de la Sacem et du bureau export de la musique française. «Nous sommes parvenus à monter cette opération en dix mois seulement, et ce en plein contexte de récession», se félicite Martinon. Alternant valeurs sûres (Gonzales, Sébastien Tellier) et découvertes (Cocoon, Soko), Ooh la L.A. ! a rempli son objectif. Ainsi, le premier soir, 750 spectateurs payants applaudissaient deux artistes à l'approche totalement iconoclaste, Sébastien Tellier et Gonzales. Loin de se reposer sur ce succès, les organisateurs de l'événement entendent le pérenniser et envisagent déjà une deuxième édition l'an prochain.

«La musique française est appréciée et reconnue, affirme David Martinon, mais les Américains sont sans complaisance. Et puis ils regardent les chiffres.»

 

 

Le figaro 01/10/2009 |