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Chroniques
musicales

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Vent
nouveau sur l'ethnomusicologie française
Cercueil porté en procession vers la sépulture,
en 1993, à Bokho, sur l'île de Sulawesi.DANA RAPPOPORTE
 Fini le temps d'une séparation
entre
études
formelles et études d'urgence : une génération
" multipiste " émerge
Dans son bureau du Musée du quai Branly, Madeleine Leclair épluche L'Afrique Fantôme, de Michel Leiris, journal de bord de la mission Dakar-Djibouti menée, de 1931 à 1934, par l'ethnologue Marcel Griaule pour le compte de l'Etat français. Afin de décrire au mieux cette traversée de l'Afrique d'Ouest en Est, le dessinateur Gaston-Louis Roux avait été
chargé
des croquis, et André Schaeffner, directeur du département
d'ethnomusicologie
du futur Musée de l'homme (il sera créé
en 1937), du recensement musical.
Il en est resté vingt-quatre cylindres de cire, conservés au Centre de recherche en musicologie (CREM, un département
du CNRS). " Seize ont été
gravés
par Schaeffner. C'est à chaque fois cinq minutes de musique. C'est dire la précision,
la
préparation
qu'il fallait pour trouver exactement ce que l'on voulait, dans des conditions techniques qui induisaient une très grande proximité avec le sujet ", précise Madeleine Leclair, vice-présidente
de la Société
française
d'ethnomusicologie
et responsable de l'Unité patrimoniale des collections d'instruments de musique du Quai Branly.
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Les intérêts
du public sacrifiés par les
majors
Par JEAN-CLAUDE
ZYLBERSTEIN Avocat, spécialiste
en propriété intellectuelle,
critique musical

C’est un bien mauvais coup que
le Parlement européen, en votant
une directive portant à
soixante-dix ans la durée de
protection des interprétations
musicales et de leurs
enregistrements, vient de porter
au patrimoine phonographique.
Et, au-delà, à tous les
mélomanes. Une fois de plus et à
rebours de l’air du temps, on
sacrifie la culture aux desseins
de quelques ploutocrates : ces
maisons phonographiques que l’on
appelle «majors» et quelques
interprètes habiles à fréquenter
les allées du pouvoir. Navrés de
voir les royalties provenir
d’enregistrements tombés dans le
domaine public leur échapper,
ils n’ont pas hésité, à force de
lobbying, à sacrifier les
intérêts du public à leur
égoïsme bon teint.
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Cesaria Evora, vingt ans de carrière internationale

La chanteuse Cesaria Evora, connue sous le nom de la "diva aux pieds nus", est morte, samedi 17 décembre, à l'âge de 70 ans. L'information, d'abord diffusée par des médias portugais, a été confirmée par le ministre capverdien de la culture, Mario Lucio Sousa.
La chanteuse, qui avait mis un terme à sa carrière en septembre en raisons de problèmes de santé, a été admise à l'hôpital Baptista de Sousa, sur l'île de Sao Vicente, vendredi soir à cause d'une "insuffisance respiratoire" et une "tension cardiaque élevée", selon l'agence LUSA.
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Au
pianiste il
faut
un piano !
par
Roland Sabra

La
saison du CMAC
s'est ouverte
avec un
très
beau concert
de Nicolas
Stavy qui nous
a
proposé
comme
programme le
contenu de son
dernier CD
consacré
comme il se
doit
l'année
du
bicentenaire
de la
naissance de
Franz Liszt au
compositeur
hongrois. Peu
de musiciens
ont autant que
Liszt
puisé
leur
inspiration
dans les
œuvres
littéraires.
Il laisse
d'ailleurs
derrière
lui une
abondante
masse
d'écrits.
Mais ce n'est
pas dans ce
domaine que le
compositeur a
brillé
de tout son
éclat.
On dit son
style quelque
peu
ampoulé.
L'apport
pianistique
essentiel de
Liszt se situe
dans le
domaine de
l'impressionnisme
musical dont
il sera
l'initiateur
et qui
triomphera
avec le
poème
symphonique de
Claude Debussy
"Prélude
à
l'après-midi
d'un faune".
Transposition
musicale du
sonnet des
couleurs de
Rimbaud (
A noir, I
rouge, U vert,
O bleu :
voyelles Je
dirai quelque
jour vos
naissances
latentes...)
il existerait
des
correspondances
entre couleurs
et musique. Il
s'agit de
rompre avec la
linéarité
de
l'écriture
et de
favoriser
l'émergence
d'une
succession
d'impressions
en utilisant
toutes les
sonorités
du piano et en
accentuant
à
l'extrême
les diverses
intensités
du toucher de
clavier. Au
risque de
verser
quelques fois
dans le
maniérisme.
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LE GROUPE BELYA
Bélya, (terme d'origine africaine, employé en créole
pour encourager quelqu'un ou pour approuver une action positive) est un
groupe martiniquais qui pratique le k'bel (Kadans bèlè) : une musique
d'inspiration Bèlè alimentée par la sensibilité et les expériences
musicales diverses des musiciens :( bêlé, son lari, zouk, jazz, gospel).
Loin du doudouîsme débilitant dont nous abreuve nombre de radios
antillaises voici le groupe Belya de l'Association du même nom pour la
promotion du tourisme culturel qui nous propose neuf titres sur un Cd
en vente dans les bonnes boutiques de l'ile. On les entendra peu sur ces
mêmes radios car les titres sont d'une durée moyenne de cinq minutes,
beaucoup trop long pour les marchands de soupe radiophonique. C'est bien
dommage. Les voix sont chaudes, claires à l'audition , jamais
couvertes par une musique très balancée et travaillée. Les thématiques
déclinées sont au plus près des préoccupations qui tournent autour de la
valorisation de nos particularités sans jamais verser dans le didactisme
ou l'étroitesse du replis identitaire. Un beau travail, une belle idée
de cadeau. A découvrir!!
Madinin'Art
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Au bord du vide, Cesaria Evora tire sa
révérence

La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si
belle musique partout se retire du monde du spectacle
La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si belle
musique partout se retire du monde du spectacle REUTERS
Elle était arrivée à Paris la semaine passée, avec 22 de tension, les
jambes comme des poteaux et un taux de cholestérol à abattre un
éléphant. On la retrouve cet après-midi-là le visage étrangement poupin.
Cesaria Evora a repris ses médicaments, elle va mieux, mais le briquet
lui tombe des mains. Elle a de la peine, lourde.
Dire est compliqué, alors elle plaisante : "Je vais arrêter, un jour,
mais pas que ça . En fait, j'arrête tout. Je n'ai pas de force, pas
d'énergie. Je veux que vous disiez à mes fans : excusez-moi, mais
maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir
m'absenter pour cause de maladie, j'aurais voulu donner encore du
plaisir à ceux qui m'ont suivie depuis si longtemps.
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Pas
de liberté sans rigueur
Par Christian Antourel
« K’BICH fait sa rentrée et poursuit les projets déjà lancés. Nous
travaillons le
Solfège rythmique, la batterie, le tambour, des percussions diverses.
Souvent sur des bandes sonores ou accompagnés par des musiciens. Nous
tenons particulièrement à permettre à nos élèves de vivre des
expériences variées et mener des projets personnels »
Dans son école de musique, Hervé Laval dispense des cours
individuels et collectifs, pour débutants, intermédiaires et
avancés. Adultes et enfants à partir de 7 ans. Des plus jeunes sont
acceptés lorsqu’ils présentent des dispositions évidentes et
manifestent un talent inné, déjà annonciateur d’autre chose. Outre
le subtil mélange entre cours magistral et travaux dirigés, pour un
enseignement efficace, l’école organise au long de l’année des
manifestations culturelles fortes, qui viennent appuyer et mettre en
application la chose apprise en classe :
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Madin'Voices

La
création de
L’association MADIN’VOICES fait suite
à la rencontre entre des chanteurs
et amoureux (organisateurs de
concerts, techniciens, mécènes)
du chant classique. Amateurs
et professionnels de chant lyrique,
ils ont voulu partager
leur passion en cherchant à
structurer les moyens de faire
connaître cette musique particulière,
difficile et magique.
Voir
leur dossier de présentation
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La musique contemporaine est prisonnière des
fausses avant-gardes
Par GUY LELONG
 La
musique dite «spectrale» a été initiée au milieu des années 1970 par
Gérard Grisey et Tristan Murail. Elle constitue, un siècle plus tard,
l’équivalent musical de l’impressionnisme pictural, les formes déduites
de la nature du phénomène sonore correspondant à celles déduites de la
nature de la lumière colorée. Elle a connu une réception manquée dans
son pays d’origine. Et aujourd’hui, les milieux les plus
institutionnels de la musique contemporaine en France l’oublient
lorsqu’ils résument le paysage actuel à une opposition entre réaction
néotonale et néoavant-garde simpliste. Que s’est-il passé ?
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Belle soirée au CMAC-Atrium
 Trente ans plus tard le groupe
Bélénou créé en 1980 par Edmond Mondésir et Léon
Bertide est en train de réussir son pari. Le Bélé
instrumental que développe le groupe, le renouveau
des mélodies et des textes inscrits au cœur de la
réalité caribéenne que l'on a pu découvrir le jeudi
12 mai au CMAC en témoignent, ainsi que les
reconnaissances internationales qui commencent
auréoler Bélénou. Le 24 mars dernier Olivier Morel
Maroger directeur délégué de France Musique
décernait à Edmond Mondésir le Prix France Musique
du Monde lors de l'ouverture du Forum Babel Med à
Marseille. Ce forum international participe aux
rencontres professionnelles de la World Music
connues sous le nom de Dock du Sud. La grande
intelligence créatrice du groupe se manifeste par
une alliance, un dialogue permanent entre l'hier et
l'aujourd'hui, on serait même tenté de dire, compte
tenue de la formation universitaire de philosophe
d'Edmond Mondésir une dialectique vivante et
enrichissante. Comme quoi on peut être ( ou avoir
été) marxiste et musicien!
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Yolanda Suarez, la robe et le piano.
Par Selim Lander.
 Ce fut une très agréable surprise, le vendredi 15 avril, lorsque la pianiste est montée sur la scène pour son récital. Yolanda Suarez avait revêtu pour la circonstance une longue robe aux couleurs vives, presque une robe de carnaval, comme on n’a pas l’habitude d’en voir dans les salles de concert. Avec son port de reine, son gracieux visage, son sourire charmant, elle a conquis le cœur du public avant même d’avoir joué la première note. Première impression confirmée par la suite : le ramage était à la hauteur du plumage ! Yolanda Suarez a choisi d’aborder d’abord le répertoire classique, puis de présenter quelques compositeurs de son pays, Cuba. Après la première œuvre du programme, un long morceau de César Franck un peu laborieux et décousu à notre gré, la pianiste a donné toute la mesure de son talent dans la sonate « Au clair de lune » de Beethoven, composée en 1801. Elle a excellé en particulier dans le premier mouvement, lent et doux (adagio sostenuto), exécuté avec un phrasé parfait. Le morceau de Rachmaninoff, qui a suivi, était un cran en dessous. Il n’était pas mal joué mais, nous a-t-il semblé, comme le premier, sans grande émotion. Ce qui n’était plus le cas de la première Arabesque de Debussy qui a conclu cette première partie classique : une musique cristalline qui ruisselait comme une eau vive des doigts de l’interprète. Composée en 1888, presqu’un siècle après la sonate de Beethoven, elle témoigne de ce que la musique dite classique n’a pas connu de bouleversement radical au XIXe siècle, contrairement à ce qui se passera au siècle suivant Dans la deuxième partie, nous avons surtout remarqué six danses du compositeur cubain Ernesto Lecuona dont la musique, en dépit de ses difficultés techniques, s’est révélée légère, entrainante, bref étonnamment facile à l’audition. Une manière sympathique d’achever le programme sur une – ou plutôt plusieurs – notes euphorisantes. Yolanda Suarez, âgée de trente-neuf ans, est déjà bien connue du public de Martinique où elle enseigne son instrument. Elle vient d’être récompensée par un deuxième prix au concours Musical de France à Paris. A l’Atrium de Fort-de-France, le 15 avril 2011.
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Cesaria Evora, plus forte que la mort
Cesaria Evora au Grand Rex, à Paris, vendredi 29 avril.
 Quelques mois après un grave accident cardiaque, l'artiste cap-verdienne chante à Paris La dernière fois que Cesaria Evora s'est produite au Grand Rex, à Paris, c'était en novembre 2009. Elle y fêtait la sortie de son nouvel album, Nha Sentimento, joyeux voyage en terres créoles. Quelques mois plus tard, en mai 2010, elle frôlait la mort, opérée en urgence d'un grave problème cardiaque. La " diva aux pieds nus " était mise au repos, chez elle, à Mindelo, sur l'île de São Vicente, au Cap-Vert. Mais comme elle a une forte constitution, qu'elle se remet de tout rapidement (d'un accident vasculaire cérébral en 2008, par exemple, qui avait interrompu une tournée australienne), Cesaria n'est pas restée au régime sec longtemps. En octobre 2010, elle testait ses appétits scéniques aux Pays-Bas, à Bucarest, à Macao et à Shanghaï.
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Chopin à l’Atrium
Par Selim Lander.

Un jeune homme de quarante-deux ans a
interprété Chopin pendant un peu plus d’une heure à l’Atrium devant un
public recueilli et qui exprimait volontiers, à la sortie, le bonheur
qu’il avait eu d’entendre de la « grande » musique jouée par un
interprète talentueux. Et ce public était nombreux ! La grande salle de
l’Atrium (baptisée, comme de juste, « Aimé Césaire »), sans être bondée,
comme elle le fut quelques jours plus tôt lors du concert des chanteuses
brésiliennes du Trio Esperança, était en tout cas fort correctement
remplie. Eh oui ! Messieurs les décideurs, il y a un public pour la
musique classique en Martinique et celui-ci serait bien plus nombreux
si, au lieu de diffuser sur toutes les chaînes de radio la même soupe
sonore misérable et insipide, on consentait à distraire un ou deux
canaux pour accueillir France Musique et/ou Radio Classique. Il y avait
nécessairement dans la salle (nommée « Aimé Césaire », au cas où vous
auriez une hésitation) une majorité de notables, bourgeois grands ou
petits, qui ont certainement la possibilité de se faire entendre auprès
des responsables de la politique culturelle de ce « pays » (Martinique).
Alors nous leur lançons un appel : qu’ils exigent que soit mis fin à la
consternante médiocrité des programmes en particulier musicaux (mais pas
uniquement, hélas !) diffusés par les chaînes de radio ?
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El Diablo :
L’ennemi public numéro 1?
Par Dominique DOMIQUIN
Dans une lettre à Louise Collet, Gustave Flaubert écrivait
"Le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous
désespérer." Eh bien j’ai beau être agnostique ascendant
athée, aujourd’hui je l’avoue : je rêve d’être El Diablo, ou
plutôt d’avoir son pouvoir. D’ailleurs, sauf à être
hypocrite, quel homme sur cette île pourrait sérieusement me
blâmer ? Imaginez, messieurs, tomber des choupèpettes avôté
kon matrité par charters entiers ! D’une œillade désinvolte,
déclencher de secrètes inondations et force scènes
d’hystérie collective ! D’un sourire ultra-brite, provoquer
l’ovulation spontanée d’un essaim d’enamourées ne demandant
qu’à vous donner leur Bon Dieu sans confession ? Le pied
quoi !
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3 FEY 3 RASIN
Chasseurs de swing
par Christian Antourel
Swing se dit des musiques ou des musiciens
qui donnent envie de danser, de faire onduler
son corps
.

Comme les trois mousquetaires ils sont
quatre. Un pour tous et tous pour un.
D’abord il y a Johan Jean-Alexis et Jean
Damien Poullet violonistes impeccables. Il
faut dire qu’ils échappent ici à la
formation Malavoi, d’autant que leur agilité
instrumentale se multiplie encore dans une
virtuosité aiguisée de l’art du synthétiseur
pour le premier et de la basse pour l’autre.
Subtilités qu’ils alternent sur scène dans
une fluidité de jeux improbable. Ces deux la
ont en mémoire et gravé dans les doigts les
armoiries respectivement du conservatoire de
Paris et de Montpellier. Le troisième
larron, le très talentueux
percussionniste « Pidou » Réviton , un
personnage dans le monde du théâtre du conte
et du tambour. Bien sûr, tous trois
enseignent leur art avec le plaisir et la
volonté non dissimulée de faire passer le
message de la musique à travers les
générations. De l’ombre apparaît aussi
Joseph Valey en D’Artagnan très beau, la
tête pensante, le manager du groupe. Le
swing, c’est en soi d’abord, mais il faut
aussi y travailler : le rapport au temps et
au rythme va tellement profond en soi-même
qu’on peut le pousser très loin. Leur jeu
qui se confine aux structures du jazz est
poussé d’un cran plus avant, sans se heurter
au mur d’une incompréhension musicale.
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Patrick
Par Dominique DOMIQUIN

Nul doute qu’il sirote déjà un punch coco avec Féla Kuti, Vicentico
Valdez,Pacheco, Stellio, Fitzgerald, Hendrix, Oum Kalthoum, Brassens,
Mozart, Loyson et les autres. Il avait dans la voix ce tonnerre fragile qui
nous est propre et qui touche à l’universel. Ses textes comme ses mélodies
disaient la profondeur et la légèreté de nos vies d’hommes et de femmes
guadeloupéens, antillais, créoles et plus largement caribéens. Patrick
Saint-Eloi ne savait pas chanter sans son âme. Il avait le courage, la folie
de se mettre à nu devant des foules immenses sans jamais se départir d’une
grande pudeur. Sa sensibilité n’était jamais sensiblerie. Pas de guimauve
chez ce magicien de génie mais une tendresse authentique, une Humanité qui
coulait, se répandait en nous comme un secret.
Il était notre proche. Chacun de nous a son lien personnel avec l’une ou
plusieurs de ses chansons. Feu Jean-Louis Mérault (l’un des plus grands
pianistes que la Guadeloupe ait engendré) disait souvent : « S’il nous
fallait arrêter un hymne pour la Caraïbe, le choix serait terriblement
difficile entre Redemption Song, Café et le West Indies de Patrick…
Peut-être nous faudrait-il mélanger les trois ! »
Faisant frissonner chaque orteil de notre âme avec le groupe Kassav, Patrick
a fait exploser le Zouk ! Combien de miles parcourus dans le monde pour
faire partager notre culture, notre langue et notre musique assumées ?
Combien de pistes artistiques explorées, défrichées ? Son art extrêmement
difficile, il avait la politesse de nous le faire passer pour simple.
Monstre de talent, crooner de ces dames, artiste engagé à ses heures,
souvent imité, jamais approché, Patrick Saint-Eloi chérissait cette
île-papillon où son lonbwik est enterré. Le voilà parti virer en Guinée…
Quand nous aurons ravalé la tristesse, il nous restera sa musique et son cri
comme sillons. Avec lui, la Guadeloupe toute entière perd un intime.
Mèsi on pil, ti-mal.
Lonnè èk Rèspé.
Dominique DOMIQUIN
Fort-de-France, le 18 Septembre 2010
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Chanteuses et femmes d'influence

Les femmes invitées, du 13 au 16 octobre, au Women's Forum
doivent leur présence à Deauville à leur part de pouvoir
dans le circuit des affaires, à leur ténacité exemplaire ou
à leurs capacités d'influencer. La manifestation a été créée
en 2005 par Aude Zieseniss de Thuin. Tout, absolument tout,
se dit en anglais, et on ne lésine pas sur la démonstration.
Vendredi 15 octobre, l'actrice américaine Aimee Mullins
(femme guépard dans Cremaster 3, du plasticien Matthew
Barney, reportrice dans World Trade Center, d'Oliver Stone)
donnait les recettes pour survivre dans un monde de brutes.
Ancienne employée du Pentagone, athlète de haut niveau,
c'est le styliste britannique Alexander McQueen qui l'a
définitivement convaincue que le handicap est un atout. En
1999, pour un défilé Givenchy, il lui crée une paire de
jambes en hêtre sculpté. Les spectateurs y voient des bottes
de bois portées par un mannequin gracieux, ignorant que
l'élégante qui les porte a des prothèses à la place des
pieds, perdus à l'âge de 1 an.
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Pour Patrick Saint-Eloi
par Gérard DELVER
Patrick CHAMOISEAU

Il y a d’abord le respect dont il
faisait preuve à l’égard de tous.
Puis sa bonté.
Puis sa simplicité.
Puis cette humilité qui faisait partie de son talent, en intensité, en force
et en fragilité.
Il y a encore, l’absence de renoncement, ou de désengagement, dans une vie
qu’il a voulu mener en solitaire pour mieux être solidaire.
Ce qui nous reste, c’est cette célébration constante de sa terre, de son
pays et de son peuple. C’est son inclinaison naturelle à associer aux
rythmiques de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, les mélodies et
harmonies de toute la Caraïbe et des autres faces du monde ; comme si,
dessus la base féconde de la polyrythmie du zouk, pouvait se capter et se
vivre au mieux ce que nous sommes : des identités enracinées mais ouvertes,
opaques mais tellement claires d’amour, de danse, d’amitié, de la joie et de
la douleur du vivre…
Ce qui nous reste, c’est cette langue créole menée vers les intensités de la
douceur la plus extrême, exaltée dans les célébrations du sentiment, forcée
d’accorder son éclat aux labyrinthes des vieux lenbé.
Ce qui nous reste, c’est la langue créole soudain capable d’exprimer ce que
les hommes d’ici savent si peu exprimer : le désarroi, la tendresse, la
mélancolie, notre fragilité en face des grands soleils de l’émotion, et de
la puissance des femmes.
Nous reconnaissons-là, au coeur même du créole, de sa culture et de sa
langue, un tressaillement lyrique considérable. Mieux qu’une réussite : une
source singulière qui fera de son passage parmi nous un événement aussi
impérissable qu’une floraison de flamboyants.
Patrick St Eloi nous a chanté la vie.
Et de savoir que nous ne le verrons plus danser avec nous, parmi nous, fait
partie de ces peines sans remèdes qu’il avait su nous faire chanter.
Gérard DELVER
Patrick CHAMOISEAU
18 09 2010. |
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Kassav perd l'un de ses membres

L'ancien membre du groupe Kassav, le
chanteur guadeloupéen Patrick Saint-Eloi est décédé samedi matin des suites
d'une longue maladie. Il était âgé de 52 ans.
Il était l'un des membres du groupe Kassav. Patrick Saint-Eloi est décédé
samedi matin à l'âge de 52 ans, des suites d'une longue maladie.
L'information a fait le tour de la Toile, avant d'être confirmée par RFO,
qui rappelle que la santé du chanteur de zouk guadeloupéen "était
chancelante" depuis plusieurs semaines. "Nous avons perdu un frère
aujourd'hui", a déclaré, très ému, le bassiste et fondateur de Kassav,
Georges Décimus, à Franceantilles.fr . Ses obsèques se dérouleront dans sa
ville natale du Moule en Guadeloupe.
La vie de Patrick Saint-Eloi s'est toujours faite en accord avec l'univers
de la musique. A 17 ans, afin de tenter sa chance, il décide de quitter son
île pour se rendre à Paris. Après avoir intégré le groupe Venus One, il
rejoint en 1982 les membres de Kassav et rencontre ainsi le succès tant
espéré. Pendant vingt ans, il est l'un des leaders de ce groupe, fondé à la
fin des années 1970. Parallèlement, Patrick Saint-Eloi réalise ses propres
créations et parvient peu à peu à s'afficher comme l'un des pionniers du
Zouk Love. Le chanteur est l'auteur et l'interprète de West Indies, son
premier gros tube, tiré de son album solo Mizik Sé Lanmou, sorti en 1985.
En 2002, l'artiste décide de quitter le groupe Kassav pour se consacrer à sa
carrière solo. Très populaire aux Antilles, mais également en métropole, il
devient en quelque sorte l'un des ambassadeurs de la culture guadeloupéenne.
En 2007, pour fêter ses 25 ans de carrière, il produit un best of de ses
compositions dans un album intitulé Zoukolexion et se produit au Zénith de
Paris. Samedi, la Guadeloupe a perdu "l'une de ses plus belles et
talentueuses voix" résume en quelques mots le site de France Antilles.
le JDD 18 Septembre 2010 |
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Musiques sans frontières
Pascal Dusapin
(PHOTO : AFP) Au-delà des étiquettes et des chapelles, le paysage
musical contemporain est une nébuleuse passionnante et mondiale

Musique contemporaine " détermine
une notion qui signifie approximativement " musique d'expression écrite
après la guerre ". Cela permet de la différencier du jazz, du rock, de
la pop, etc. C'est une musique qui se veut
donc la persistance de la musique dite " classique ", qui est également
une expression peu idoine tant elle englobe un genre plutôt qu'un style.
Pour faire très court, par " musique contemporaine ", on entend donc
quelque chose qui nous arrive des Viennois (Mahler, Schoenberg, Berg,
Webern) et qui continue après la guerre avec Stockhausen, Nono, Berio,
Ligeti, Boulez jusqu'à aujourd'hui. Notons déjà que Sibelius, Varèse,
Bartok, Janacek et même certains aspects de la musique de Stravinsky
s'intègrent assez mal dans ce dispositif doctrinal.
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Blues sans interruption,
pour Paco Charlery…
par
Jean Durosier DESRIVIERES

…à Roselle, dans le New-Jersey, en
marge de maints doutes en ce dimanche du vingt-deux août, la nouvelle
arrive dans la chambre en coup de vent comme ce poème en plein midi,
toujours en marche comme ça me prend à Fort-de-France, comme un dernier
coup de trompette qui me claque le corps que je laisse tomber sur le
tapis de cette chambre ivre, le soir de la nouvelle… j’accuse qui ?
Marius, Marius Gottin, ton frère de congas Paco !… un coup de tambour
pour lui quand même… il est dit dans un coin de mon poème que mon ami va
entrer à l’hôpital lui aussi en ce lundi six du neuvième mois de cette
année deux-mille-dix, quinze jours après cette nouvelle de ta fuite vers
les étoiles : question de cœur aussi… il est dit que je prendrai l’avion
pour Port-au-Prince Haïti Grandes Antilles dans deux jours, et je tiens
à revoir ta gueule, porteur de mauvaise nouvelle : Wopso ! …il
est aussi dit dans mon poème des souvenirs fabuleux qui me reviennent
dans le désordre de la mémoire comme des mouchoirs pour sécher mes
larmes de l’intérieur… vas-y l’ami Paco, place ton Ibo dans ce flot de
« Mots et notes pour dire le François », c’est encore l’âme de nos îles
qui frétille aux bouts de tes doigts de feu, du ras des paumes de tes
mains au ras de la peau du tam-tam… t’en souviens-tu ?… te voici
récemment debout maestro, au cœur de la cour Perrinon, talonnant dièse
et bémol sur tous les tons, graves et aigus… et c’est à l’Impératrice
que tu m’as livré tes dernières pensées bien aiguisées… ce jour de fin
juillet, de fin de festival… lequel ? je ne sais : tout ce qu’on s’était
dit se comprime dans nos cœurs désormais… adieu vieux cachets qui te
portaient encore à croire à la grande symphonie de la vie… la vie, c’est
encore ta présence à la Caravelle où tes rythmes glissent entre
les mets fumant la mer, l’ail et le beurre… ton simple regard dit : ce
morceau se joue pour le patron du bar ! …il a bon cœur, celui-ci, et
ceci se lit dans son regard… un coup pour chacun, saltimbanques et
musiciens… un vieux pour toi mon vieux Burdy, un petit punch pour Cissé…
puis gonfle le ventre à la trompette Paco, gonfle-lui le ventre… emmerde
le piano, joue une dernière note pour mon amie Charlotte, Pitit mwen…
ramène-moi au salon, après tout, écoutons avec dévotion cette pièce que
tu n’as pas su graver au cœur de ton dernier bébé… restons dans le noir,
restons-y avec ces airs inédits, ces airs de prière qui semble invoquer
Petrucciani… j’aime ce beau bain bleu qui habite ta nuit mon ami, I feel
ton blues sans fin, frère de cœur…
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PATRICK
Par Dominique DOMIQUIN

Nul doute qu’il sirote déjà un
punch coco avec Féla Kuti, Vicentico Valdez,Pacheco, Stellio,
Fitzgerald, Hendrix, Oum Kalthoum, Brassens, Mozart, Loyson et les
autres. Il avait dans la voix ce tonnerre fragile qui nous est propre et
qui touche à l’universel. Ses textes comme ses mélodies disaient la
profondeur et la légèreté de nos vies d’hommes et de femmes
guadeloupéens, antillais, créoles et plus largement caribéens. Patrick
Saint-Eloi ne savait pas chanter sans son âme. Il avait le courage, la
folie de se mettre à nu devant des foules immenses sans jamais se
départir d’une grande pudeur. Sa sensibilité n’était jamais sensiblerie.
Pas de guimauve chez ce magicien de génie mais une tendresse
authentique, une Humanité qui coulait, se répandait en nous comme un
secret.
Il était notre proche. Chacun de nous a son lien personnel avec l’une ou
plusieurs de ses chansons. Feu Jean-Louis Mérault (l’un des plus grands
pianistes que la Guadeloupe ait engendré) disait souvent : « S’il nous
fallait arrêter un hymne pour la Caraïbe, le choix serait terriblement
difficile entre Redemption Song, Café et le West Indies de Patrick…
Peut-être nous faudrait-il mélanger les trois ! »
Faisant frissonner chaque orteil de notre âme avec le groupe Kassav,
Patrick a fait exploser le Zouk ! Combien de miles parcourus dans le
monde pour faire partager notre culture, notre langue et notre musique
assumées ? Combien de pistes artistiques explorées, défrichées ? Son art
extrêmement difficile, il avait la politesse de nous le faire passer
pour simple. Monstre de talent, crooner de ces dames, artiste engagé à
ses heures, souvent imité, jamais approché, Patrick Saint-Eloi
chérissait cette île-papillon où son lonbwik est enterré. Le voilà parti
virer en Guinée… Quand nous aurons ravalé la tristesse, il nous restera
sa musique et son cri comme sillons. Avec lui, la Guadeloupe toute
entière perd un intime.
Mèsi on pil, ti-mal.
Lonnè èk Rèspé.
Dominique DOMIQUIN
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Youssou N'Dour exalte
le reggae

Fausse alerte. Le Sénégalais Youssou N'Dour
ne s'est pas mué en chanteur de reggae. Son
nouvel album, Dakar-Kingston, présenté au
cours d'une tournée mondiale commencée le 23
mars à l'Olympia, a été enregistré en partie
à la Jamaïque avec des figures célèbres du
genre (Mutabaruka, Patrice, Morgan Heritage,
Tyrone Downie, Earl "Chinna" Smith, Dean
Fraser).
L'artiste y reprend quelques-uns de ses
succès à la sauce reggae et en compose
d'autres dans le même esprit. Un tel
basculement, si massif, peut laisser croire
que Youssou N'Dour a définitivement fait
allégeance à la musique de Bob Marley. Ce
n'est pas le cas. Nous avons assisté à la
première présentation en public de l'album
Dakar-Kingston, le 28 février à Dakhla, au
Maroc. Le chanteur en reprend les deux tiers
des titres - du reggae donc -, mais il
interprète aussi les morceaux qui ont fait
sa réputation dans leur version originale
(Set, Birima, New Africa..
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A la Goutte-d'Or, la joyeuse folie de
Dobet Gnahoré

Eblouissante de beauté et d'énergie,
Dobet Gnahoré se produisait le 13 mars au Centre musical
Fleury-Goutte-d'Or-Barbara, à Paris, avant de s'envoler trois jours plus
tard pour le Japon et le Vietnam. La chanteuse ivoirienne, née à Abidjan
en 1982, trouve en scène un terrain à sa mesure. Si l'intensité de la
voix captive, c'est aussi parce qu'elle sait pousser le micro, danser,
gazelle ahurissante, qui bondit, trépigne, parle aux ancêtres et renvoie
au public sa folie joyeuse.
Dobet Gnahoré a un look : elle porte une jupe à pans jaunes sur pantalon
noir, un bustier indigo, des bracelets et des tresses semées de rubans
relevées sur la tête. Son nouvel album, le troisième, Djekpa La You, est
dédié aux enfants. Accompagnée par un trio efficace (Colin Laroche, de
Féline, à la guitare, Clive Govinden à la basse et Boris Tchango à la
batterie), Dobet Gnahoré chante les orphelins rencontrés en Namibie, une
femme élevant seule sa progéniture dans une cahute qui prend l'eau, et
rend hommage aux arbres "témoins de l'humanité".
Les paroles sont en bété, en bambara, en swahili, en dida, en mina,
dioula ou maronga, toutes ces langues africaines qu'elle ne parle pas
forcément, mais qui la fascinent, dit-elle. Ses textes, écrits en
français, sont traduits par des proches. La jeune chanteuse et actrice
malienne Fatoumata Diawara, installée en France, comme elle, depuis
plusieurs années, lui en a ainsi transcrit plusieurs en bambara.
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Jean
Ferrat

Longtemps j’ai appréhendé le jour où les
journaux radio-télévisés débuteraient par quelques notes d’une chanson
de Jean Ferrat. Ce jour est arrivé, hier le 13 mars.
Je n’ai jamais rencontré l’homme, à mon regret ; mais je crois connaître
l’œuvre. Connaître ? Aimer plutôt. Ce qui ne m’empêche de porter un
regard critique sur une production « à part ».
Comme l’a souligné Bruno Joubrel, dans un bel ouvrage issu de sa thèse
(Jean Ferrat. De la fabrique aux cimes, paru aux Belles Lettres, avec
une réédition en 2008), des paradoxes ont caractérisé les textes et la
vie même de J. Ferrat. Tout amateur de ses chansons aura remarqué le
hiatus qui existe entre des textes protestataires et des musiques
éminemment classiques, faisant intervenir ici un clavecin, là un
hautbois, souvent des violons. Un autre fossé est celui de son rapport
aux médias : les fustigeant et les fuyant, il a su aussi les conquérir
et les charmer. Ses succès lors de ses trop rares passages à la
télévision, et les ventes impressionnantes de ses albums, créations ou
compilations, le prouvent assez.
Inutile d’ajouter en ces circonstances tel ou tel commentaire sur sa
poésie. Souvenons-nous d’un artiste humaniste et résolument optimiste,
pour qui le monde sera beau ; il l’affirmait et le signait.
Je voudrais simplement, pour détonner, ne pas me rallier à tous les
discours réducteurs et redondants que l’on a commencé dès hier à nous
asséner. Il est si commode, si politiquement correct, de clamer que le
bon Jean Ferrat a célébré la Montagne, en porte-parole, en porte-chant
d’une écologie avant la lettre en 1964, et si bien récupérée
aujourd’hui.
On oublie ou on ignore qu’il a abordé bien d’autres sujets, d’autres
causes, toujours humaines. Il me suffira de citer quelques titres pour
montrer que, s’il a si bien chanté sa France, il s’est soucié des autres
pays, de ces pays qui souffrent ou qui espèrent. Ce fut en 1967 Indien,
(pauvre Indien), titre dont il fut auteur-compositeur-interprète ; ce
fut Quatre cents enfants noirs en 1964, ou encore A moi l’Afrique en
1972, les paroles de ces deux derniers titres étant dus à Michelle
Senlis, de même que Les belles étrangères en 1965 ou Les derniers
tziganes en 1971. Henri Gougaud a écrit les paroles de Cuba Si, mis en
musique par J. Ferrat et paru en 1967.
L’Ardéchois a vécu libre et solitaire, fidèle à son esprit de cavale. Sa
retraite cévenole ne l’a pas soustrait au monde, elle l’a enrichi en lui
épargnant les faux-semblants d’une société factice et brillante. Sa
montagne n’est pas une carte postale, elle est un chant d’amour
universel dédié à son pays qui était beau, et à tous les pays dès lors
qu’un poète amoureusement les chante. Comment expliquer sans cela sa
notoriété ici en Martinique ?
Brassens et Ferrat n’étaient sans doute pas d’accord sur l’engagement de
l’artiste. Mais voilà leur opposition abolie. Le premier ne voulait pas
mourir pour des idées, ou alors de mort lente. Le second n’est pas mort
pour des idées non plus. Mais avec des idées, ses idées, ses idéaux.
Christian Bouchet
Maître de conférences UAG. Schoelcher.
christian.bouchet@martinique.univ-ag.fr
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Par Sophie Delassein

Sale début d'année, triste
hiver 2010. Après
l'incomparable Lhasa, nous
apprenons ce matin même la
disparition de l'indomptable
Mano Solo, des suites de
plusieurs ruptures d'anévrisme.
Il avait 46 ans.
Pour ceux, très rares, qui ne le
connaissaient pas, Mano Solo
était le fils du dessinateur
Cabu et d'Isabelle Monin,
une militante écologiste
(créatrice de la revue « La
gueule ouverte ») ; elle a
elle-même annoncé la nouvelle ce
dimanche,
sur le forum de Manosolo.net
:
« Il ne viendra plus.
Il ne viendra plus nous
invectiver.
Il ne viendra plus nous
encourager.
Il ne viendra plus nous
donner tout ce qu'il avait :
son talent, sa force, son
élan, sa générosité.
Il ne viendra plus le raoul,
l'incomparable Mano Solo.
Il ne me dira plus "Isabelle
je t'aime"... Mon petit
Mano. »
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Que du bonheur !
Do ré mi . A Paris, création
française de la comédie musicale increvable «Sound of Music», dont
l’adaptation filmique connut un succès planétaire.
Par ERIC DAHAN
 The
Sound of Music musique de Richard Rodgers, paroles des chansons
d’Oscar Hammerstein II, livret de Howard Lindsay et Russel Crouse,
chœur du Châtelet, orchestre Pasdeloup, dir. Kevin Farrell, m.s.
Emilio Sagi. Jusqu’au 3 janvier au Théâtre du Châtelet. Loc. 01 40
28 28 40.
Il fut un temps où, pour occuper les enfants, il n’y avait ni Xbox,
ni DVD, ni Internet, ni même télévision couleur. Le peuple emmenait
sa progéniture au cinéma voir Ben Hur ou Maciste contre le cyclope,
auxquels les élites préféraient la Mélodie du bonheur, couronné en
1965 par cinq oscars et classé aujourd’hui troisième film le plus vu
aux Etats-Unis après Autant en emporte le vent et la Guerre des
étoiles.
cheval blanc. Si l’on schématise, c’est le primat de l’idéologie, qui oppose
en permanence présumés conservateurs et progressistes, qui explique
peut-être qu’il ait fallu attendre cinquante ans pour la création scénique
de The Sound of Music, ou la Mélodie du bonheur, comédie musicale de Richard
Rodgers et Oscar Hammerstein II, créée à Broadway en 1959 d’après la Famille
des chanteurs Trapp, autobiographie fortement romancée de l’Autrichienne
Maria Augusta Trapp. Entre ceux qui auraient pu l’apprécier mais préféraient
la musique ou le théâtre «sérieux» et le public du Châtelet ne jurant alors
que par l’Auberge du cheval blanc, il est vraisemblable que dans le Paris
des années 60, la Mélodie du bonheur n’aurait pas trouvé son public.
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Du
sang neuf au philharmonique de New York

«Les espoirs que l'orchestre a mis en moi sont
grands» explique Alan Gilbert, ici lors d'un concert
à Hanoi, le 17 octobre 2009, à la tête
du New York Phillharmonic. (DR) «Les espoirs que l'orchestre a mis en moi sont
grands» explique Alan Gilbert, ici lors d'un concert
à Hanoi, le 17 octobre 2009, à la tête
du New York Phillharmonic. (DR) Alan Gilbert, 42 ans, tout nouveau directeur musical de la grande
formation américaine, fait escale à Paris.
Après Zubin Mehta, Kurt Masur et
Lorin Maazel, le New York Philharmonic Orchestra a joué la
carte de la jeunesse en nommant à sa tête un chef
de 42 ans, Alan Gilbert, encore peu connu du grand public.
Décision symbolique à plus d'un titre. Si Gilbert
n'est pas le premier Américain à occuper cette
fonction (Leonard Bernstein fut le plus célèbre
précédent), il est bien le premier New-Yorkais
à être le patron de cette formation. Ensuite,
c'est un véritable enfant de la balle : ses parents
étaient membres du pupitre des violons du New York
Philharmonic.
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Miles Davis, trente ans de création
en 70 CD

L'objet pèse ses 2 bons kilos et
annonce fièrement "l'intégralité des
albums studio et live enregistrés
par Miles Davis pour le label
Columbia". Soit 70 CD pour 52 albums
- il y a des albums doubles -,
certains indisponibles depuis
plusieurs années, présentés dans
leurs pochettes d'origine,
cartonnées, et pour un bon nombre
d'entre eux accompagnés de prises
différentes et de raretés. Prix en
magasins et sur les sites de vente
en ligne : de 170 à 180 euros.
Soyons clair, dans le secteur du
jazz, la parution de Miles Davis :
the Complete Columbia Album
Collection fait son petit effet
événementiel. Miles Davis est une
star, et le soin général apporté à
la réalisation de cet ensemble
impressionnant montre qu'il est
traité en conséquence.
Miles Davis et Columbia, c'est une
longue histoire. Trente ans entre la
première séance d'enregistrement du
trompettiste pour la compagnie
phonographique américaine, le 26
octobre 1955 à New York (avec John
Coltrane), et la dernière, le 4
février 1985 au Easy Sound Studios
de Copenhague (en principal soliste
d'une composition pour grand
orchestre de Palle Mikkelborg).
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Le prince de la
musique malienne sort un
album acoustique
émouvant, guidé par son
combat au secours des
albinos d'Afrique.
Vu de France, ses
compatriotes Rokia
Traoré, Oumou
Sangaré, et bien sûr
Amadou et Mariam,
ont accaparé
l'attention de ces
dernières années.
C'est pourtant au
cours de cette
période, précisément
depuis la sortie de
ses albums Moffou
(2002) et M'Bemba
(2005), que Salif
Keïta aura opéré un
retour magistral
au-devant de la
scène des musiques
maliennes modernes.
Cette inspiration,
éclectique et
généreuse, l'a remis
en selle de par le
monde et elle se
poursuit,
aujourd'hui, avec la
parution du
remarquable La
Différence.
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Le succès de la pop «made in France» aux
États-Unis

Les musiciens français n'ont jamais
autant eu la cote en Amérique. Un
festival est organisé à Los Angeles
soutenu par le consul... David
Martinon.
L'affiche
bariolée accueille dès le
terminal de l'aéroport de Los
Angeles. Le festival Ooh la L.A. !,
dont la première édition se
tenait la semaine dernière,
avait rempli ses promesses avant
même son coup d'envoi : attester
de la vitalité de la production
musicale française en terre
américaine. Prestigieuse salle
sise sur Hollywod Boulevard, le
Henry Fonda Theater a ainsi
vibré trois soirées durant au
rythme d'artistes de l'Hexagone.
«Ce festival
s'adresse aux Américains, pas
aux Français qui vivent ici, ce
qui en fait son intérêt»,
explique Marc Collin, à
l'affiche avec son projet
Hollywood mon amour, qui
revisite les bandes originales
des années 1980. «Aujourd'hui,
les groupes français parviennent
à s'imposer ici, grâce au grand
nombre d'Américains qui
s'intéressent à notre musique.»
Un phénomène inimaginable il y a
vingt ans, lorsque la production
française souffrait d'un niveau
très inférieur aux standards
anglo-saxons. « La révolution,
c'est la musique électronique,
qui a donné les mêmes outils à
tout le monde en même temps»,
constate Collin.
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"TOTAL PRAISE",
l'emprise totale
par Roland Sabra
 
Il est le résultat d'un processus
d'acculturation au sein de la société
esclavagiste nord-américaine.
L'évangélisation servait les intérêts des
maîtres. Les esclaves noirs canalisaient
leur malheur dans la liturgie des églises
blanches. Pour la paix des maitres! Mais qui
dit acculturation dit aussitôt appropriation
et transformation de la culture dominante.
Les repons ces dialogues entre le soliste et
le chœur, fréquents dan las cantiques
protestants anglo-saxons et sans doute issu
du chant grégorien, ont été détournés par
les esclaves, ils sont devenus des moyens
d'expression de la douleur de la vie, des
souffrances, de la mort, de l'amour, de
l'espoir. Cette première transformation
donnera naissance à ce que l'on a appeler le
Négrospiritual. Au XIXeme siècle l'exode
rural vers les ville va transformer le
contenu de ces compositions qui vont perdre
une partie de leur dimension « doloriste »
au profit d'un regain d'espérance de
réparation, de récompenses dans l'autre
monde. L'insistance se fera sur le lien
entre la vie ici-bas et le divin. Les
musiques profanes comme le jazz ou encore le
blues vont elles aussi concourir à la
mutation. De la souffrance àa l'espérance
tel semble être le chemin qui va du
négrospiritual au gospel.
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Les (r)évolutions musicales de Miles
Davis exposées à Paris
Miles Davis
face à sa légende

C’est une première mondiale: Une
exposition riche et sans précédent retrace le fabuleux
parcours du jazzman noir américain. A la Cité de la
Musique jusqu’au 17 janvier
Disparu voici dix-huit
ans, Miles Davis se retournera-t-il dans sa
tombe ? Lui qui ne détestait rien tant que
de se pencher sur le passé, se voit
aujourd'hui exposé en long et en large à la
Cité de la Musique. La dite expo, étalée sur
800 m2, est une première mondiale : nul
n'avait encore convaincu ses héritiers
d'ouvrir les armoires du génial
trompettiste…
We Want Miles retrace la
totalité du parcours exceptionnel de ce
rejeton de la bourgeoisie noire de
Saint-Louis.
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Mercedes Sosa:
L'Argentine sans voix

C'était une des
chanteuses les plus puissantes d'Amérique latine. Mercedes
Sosa est décédée dimanche matin dans une clinique de Buenos
Aires, à l'âge de 74 ans, au terme d'une longue maladie.
Surnommée "la Negra", l'artiste
d'origine indienne, née dans la province de Tucuman,
avait donné ses lettres de noblesse au folklore
argentin, popularisant zambas, chacareras ou
milongas sur le continent et au-delà. Une veillée
devrait être organisée dimanche au Congrès des
députés à Buenos Aires, un privilège réservé aux
personnalités importantes en Argentine.
Cette voix grave et vibrante
avait aussi porté, toute au long de sa vie, des
engagements politiques et sociaux. Dans les années
1970 et 1980, Mercedes Sosa défend la cause
indienne, participe aux luttes syndicales et à de
nombreuses manifestations pour les droits de
l'Homme. Elle est d'ailleurs arrêtée lors d'un
concert au début de la dictature militaire
(1976-1983) et s'exile en Espagne et en France. Elle
ne remettra le pied dans son pays qu'avec le retour
de la démocratie. "C'était la voix de ceux qui
n'avaient pas de voix pendant la dictature", a
déclaré Victor Heredia, l'un de ses amis et
compositeur de plusieurs de ses chansons.
Ses problèmes de santé et son
hospitalisation pour une malade hépatique en mars
dernier l'ont empêchée de participer au lancement
d'un double album intitulé Cantora, composé
de nombreux duos avec des vedettes de la musique
espagnole et latino-américaine, notamment de jeunes
talents, qu'elle a toujours soutenus.
Al.P. -
leJDD.fr 04/10/09
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Les équations syncopées du professeur
Iyer
Le
pianiste américain Vijay Iyer (prononcer «Ailleurs»)
se produira en octobre en France (à
Strasbourg, et
au Care
Fusion Jazz Festival). Ne le loupez pas: voilà
un gars vraiment original. Et quel tonus! Ses
origines indiennes régénèrent et colorent le Jazz.
Très influencé par la dimension rythmique de la
musique d’Inde du sud, un mode d’expression basé sur
les mathématiques, l’artiste défend l’idée d’une
musique contenant une forte dose de pensée
abstraite, ainsi qu’une grande quantité de concepts,
comme l’harmonie, le rythme et la structure. «La
musique d’Inde du sud a recours aux quantités, comme
les mathématiques. A une époque, elles étaient
reliées à une tradition. Intellect et spiritualité
n’étaient pas distincts», explique Vijay, 37
ans, l’un des «neuf intellectuels révolutionnaires»
sélectionnés par le magazine scientifique Seed.
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La Ville morte
ressuscitée

Un chef d’œuvre
arrive à l’Opéra Bastille : La Ville morte de
Korngold. Ce compositeur autrichien (1897-1957) est à la
fois méconnu des salles d’opéras et célèbre chez les
cinéphiles, fans d’Errol Flynn.
Après avoir quitté l’Autriche,
poursuivi par le nazisme comme artiste "dégénéré",
Erich Wolfgang Korngold s’installa, à la suite de
son ami le réalisateur Max Reinhardt, à Hollywood.
Il inventa la musique de films telle qu’on la
connaît aujourd’hui: avec Captain Blood
notamment. Les Aventures de Robin des bois,
où jouait Errol Flynn, lui permit d’obtenir un
oscar.
Korngold est l’auteur des plus
belles partitions cinématographiques de cette époque
hollywoodienne. Il est revenu plus tard à la musique
sérieuse mais n’obtint jamais le succès européen que
fut celui de La Ville morte, créée en 1920.
C’était au même moment qu’Alban Berg réalisa
Wozzeck, curieusement et intelligemment
programmé en même temps à l’Opéra-Bastille. Le
charme de La Ville morte, composée par un
jeune homme de 23 ans, tient à la synthèse musicale
du post-romantisme et des apports de Mahler, Strauss
et Puccini. Korngold ajoute à cet héritage sa griffe
faite de mélodie et de sensualité voluptueuse.
Deux autres raisons de ne pas
manquer cette production exceptionnelle : la
poétique mise en scène de Willy Decker, venue de
Vienne et de Salzbourg, et surtout l’interprétation
dans le double rôle de Franz/Fritz de l’un des plus
brillants barytons français : Stéphane Degout . A
découvrir également, la musique de chambre
–passionnante – de Korngold programmée également à
l’Opéra National de Paris.
La Ville morte de
Korngold. Opéra Bastille Huit représentations
du 3 au 27 octobre.
Tél :08 9289
90 90
www.operadeparis.fr
1 Octobre 2009 Le JDD
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Agée de 24 ans, la Capverdienne Mayra Andrade
sort Storia, storia..., son deuxième album, qui
confirme les promesses de Navega, paru en 2006.
Ce petit bout de femme à la moue enfantine, simple et
naturelle, exigeante parfois jusqu'au caprice, est une
chanteuse époustouflante. Sa voix miroite entre braise
et ombre, elle possède cet art de la nuance qui font les
grandes interprètes, occupe les scènes d'une présence
rayonnante. Avec Sara Tavares (dont le prochain album
devrait être publié en septembre), née à Lisbonne en
1978, Mayra Andrade est l'une des belles promesses
d'avenir de la musique du Cap-Vert, conçue et créée par
les auteurs-compositeurs de sa diaspora, sous influences
assumées.
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Coup de jeune sur le catalogue des
Beatles
 Apple
et EMI annoncent pour septembre la parution de versions
remastérisées de l'ensemble des albums du groupe.
C'est il y a tout juste quarante ans
que John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et
Ringo Starr ont enregistré pour la dernière fois de la
musique ensemble. Enfermés au studio londonien d'Abbey
Road, ils gravèrent alors les deux faces de l'album qui
allait porter le titre du lieu où ils avaient consigné
pendant sept années la majorité de leurs compositions.
La séparation de l'orchestre le plus populaire des
années 1960, annoncée peu de temps après, allait plonger
des milliers de fans dans un chagrin immense.
Décennie de toutes
les utopies
On dit souvent
que la décennie de toutes les utopies s'est achevée en
août 1969, avec le meurtre orchestré par Charles Manson
de Sharon Tate et d'autres amis de Roman Polanski dans
la villa américaine du réalisateur. Nul doute que la fin
de l'aventure musicale la plus excitante de son époque
renforça ce sentiment de perte.
Aujourd'hui, la
nouvelle opération d'envergure d'Apple et EMI consiste
en la remastérisation de l'ensemble des disques
originaux. Édités en CD à la hâte, en 1987, à l'occasion
des 20 ans de Sgt.Pepper's Lonely Hearts Club Band, les
albums des Beatles n'ont jamais bénéficié des avancées
spectaculaires réalisées ces dernières années en matière
de gravure numérique. Ainsi, une équipe d'ingénieurs du
son des studios d'Abbey Road a passé de longs mois à
nettoyer les bandes originales, afin de proposer un son
d'une précision et d'une netteté jamais obtenues
auparavant.
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Le retour triomphal d'Eminem
Avec Relapse, Eminem s'amuse à emprunter
volontairement le point de vue de l'Américain moyen pour
moquer ses pairs. (AP)
Crédits photo :
AP
Longtemps considéré comme
l'ennemi public numéro un, le rappeur américain trône au
sommet des ventes avec son premier album depuis cinq ans.

Jeudi soir, Eminem interprétait son
dernier single, We Made You, sur un plateau de
télévision français. Enregistrée plusieurs jours
auparavant, la prestation marque officiellement le grand
retour d'un artiste qui n'avait rien publié de neuf
depuis 2004. À peine sorti, Relapse (Interscope/Universal)
est en tête des ventes de disques, autant aux États-Unis
qu'en France. Près d'un million et demi d'acheteurs
américains se sont déjà rués sur l'album, qui affiche un
total de ventes de près de 3 millions dans le monde
entier. Les hit-parades d'Australie, d'Autriche, de
Nouvelle-Zélande et de Grande-Bretagne n'ont guère
résisté à l'assaut de ce disque réalisé une fois de plus
par le prophète du hip-hop américain, Dr Dre.
Un maniaque des studios,
un passionné d'écriture
Issu de l'Amérique
white-trash, Eminem est apparu dans le paysage musical il y
a tout juste dix ans. Débit agressif, postures
provocatrices, prises de position radicales, il a été le
premier rappeur blanc capable de se hisser à ce niveau de
popularité au sein de la communauté hip-hop mondiale.
Enfance malheureuse, rapports conflictuels avec sa compagne…
le quotidien du musicien, connu par l'état civil sous le nom
de Marshall Mathers, a fait le miel de textes percutants et
efficaces.
La raison de son absence de
cinq longues années de la scène est expliquée dans les
paroles du disque qui vient de paraître. Eminem y chronique
sa cure de désintoxication, subie à la suite d'une addiction
aux médicaments et à l'alcool. De fait, le trentenaire
apparaît considérablement aminci sur les photos qui
accompagnent cette parution événement. Maniaque des studios,
passionné d'écriture, Eminem a d'ores et déjà signifié son
intention de publier un autre disque avant la fin de l'année
2009, Relapse 2.
Après s'en être pris à la
communauté homosexuelle, avoir moqué le musicien Moby et les
rockers de Limp Bizkit, Eminem livre aujourd'hui ses charges
les plus violentes contre son ancienne fiancée, Mariah
Carey, et le nouvel époux de celle-ci, Nick Cannon.
Politiquement incorrect en diable, il a cependant largement
expliqué qu'il s'amusait à emprunter volontairement le point
de vue de l'Américain moyen pour moquer ses pairs.
Résolument hostile à la
politique de George Bush en Irak, le rappeur entend prouver
qu'il continue d'être pertinent dans l'Amérique de Barack
Obama. Et il y parvient avec maestria, délivrant avec
Relapse un grand disque de rap américain.
http://www.lefigaro.fr/ 29/05/09
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66.800 spectateurs et 140
artistes étaient présents pour cette 33e édition. Orelsan,
dont certaines associations avaient demandé la
déprogrammation, s'est produit dans une ambiance bon enfant.
 La
33e édition du Printemps de Bourges s'est achevée sur un
succès public et a rempli son objectif en enregistrant
66.800 spectateurs en cinq jours, autant que l'an dernier,
ont annoncé ses responsables dans la nuit du samedi 25 avril
au dimanche 26 avril. Le taux de remplissage des salles a
été de 101,5% et le festival estime à 220.000 personnes la
fréquentation globale du site. Sur les 66.800 places
délivrées, 8.700 étaient des invitations.
Un festival réussi
Daniel Colling, directeur-fondateur du
festival déclaré lors d'une conférence de presse que le
Printemps et "dans (ses) marques" niveau budget et qu'il ne
perdrait pas d'argent. "On a rempli". A l'instar des années
précédentes, cette 33e édition était bâtie sur un équilibre
entre noms connus et artistes plus pointus dans tous les
genres (chanson, rock, électro, rap...), évitant les têtes
d'affiche spectaculaires, trop coûteuses. C'est ce qu'a
expliqué Christophe Davy, programmateur en chef. "On n'a pas
les moyens d'être sur les transhumances des grands noms
internationaux (…).On s'est recentré sur un créneau et ça
marche bien."
Des
artistes de tous pays
Lire la suite
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Le rappeur Orelsan
confronté à la misogynie dans ses chansons

Le rappeur Orelsan s'est dit "désolé" que le texte
de sa chanson Sale pute ait pu "choquer
certaines personnes". Moins d'un mois avant son concert
au festival du Printemps de Bourges, le 25 avril, une
polémique est née ces derniers jours sur le Net, lancée
notamment par le blog
Du rose dans le gris, concernant les paroles de cette
chanson. Diffusée sur le Web depuis plus de deux ans, elle
décrit des actes de violence physique contre une femme. Dans
un communiqué, le rappeur a affirmé qu'il n'était pas un
"agresseur de la gent féminine" et a précisé qu'il
avait retiré cette chanson de ses concerts et qu'elle ne
figurera pas sur son album.
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L'album permet au
chanteur de renouer avec les racines des musiques
oranaises et marocaines

Khaled n'est pas
mort. L'ambassadeur du raï sur la planète depuis
l'immense succès de Didi en 1992, le crooner
universel d'Aïcha, écrit par Jean-Jacques Goldman
pour l'album Sahra (1996), revient avec un
nouveau disque, Liberté, une heureuse surprise.
Son album précédent,
Ya-Rayi (2004), décevant, avait laissé penser que
le roi ne méritait plus sa couronne. Lui, par qui le
raï, chant lascif et rythme échevelé, était sorti du
cercle de la région oranaise et de la communauté
maghrébine, semblait alors éteint, noyé au milieu d'une
pléiade d'invités, la voix en perdition.
Avec Liberté,
Khaled renoue avec un genre né dans la campagne
oranaise, dans l'Ouest algérien, au début du XXe siècle.
Il se souvient du raï qu'il chantait dans les mariages,
reprend l'habitude des mawwal-s, les longs
préludes vocaux. " Des performances vocales qui
rendaient les gens fous ", se souvient Martin
Meissonnier, réalisateur artistique de l'album.
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"TOTAL PRAISE",
l'emprise totale
par Roland Sabra
 
Il est le résultat d'un processus
d'acculturation au sein de la société
esclavagiste nord-américaine.
L'évangélisation servait les intérêts des
maîtres. Les esclaves noirs canalisaient
leur malheur dans la liturgie des églises
blanches. Pour la paix des maitres! Mais qui
dit acculturation dit aussitôt appropriation
et transformation de la culture dominante.
Les repons ces dialogues entre le soliste et
le chœur, fréquents dan las cantiques
protestants anglo-saxons et sans doute issu
du chant grégorien, ont été détournés par
les esclaves, ils sont devenus des moyens
d'expression de la douleur de la vie, des
souffrances, de la mort, de l'amour, de
l'espoir. Cette première transformation
donnera naissance à ce que l'on a appeler le
Négrospiritual. Au XIXeme siècle l'exode
rural vers les ville va transformer le
contenu de ces compositions qui vont perdre
une partie de leur dimension « doloriste »
au profit d'un regain d'espérance de
réparation, de récompenses dans l'autre
monde. L'insistance se fera sur le lien
entre la vie ici-bas et le divin. Les
musiques profanes comme le jazz ou encore le
blues vont elles aussi concourir à la
mutation. De la souffrance àa l'espérance
tel semble être le chemin qui va du
négrospiritual au gospel.
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Les instruments européens sont présentés
dans l'ordre chronologique sur quatre étages.
par Valérie Sasportas
 Après
deux ans de travaux, il offre une scénographie nouvelle
pour raconter l'aventure de la musique européenne du
XVIIe siècle au XXe siècle.
«Ah bon ! Il était fermé ?» s'exclame-t-on souvent à la
nouvelle de la réouverture, aujourd'hui, du Musée de la
musique, situé au cœur de la Cité de la musique, à la
Villette. Il est vrai que celui-ci n'a jamais totalement
fermé. Seules les salles dédiées aux collections
permanentes ont vu leur accès interdit, au fur et à
mesure de l'avancement des travaux, qui ont duré deux
ans.
Comment et pourquoi mettre dans un musée des instruments
de musique ? La question a été posée en prélude au
réaménagement des salles. «Leur présence est
nécessaire», affirme sans ambages le directeur du musée,
Éric de Visscher, arguant même d'un travail de mémoire.
«Il s'agit de montrer, à travers les instruments, les
grandes évolutions sociologiques et artistiques de notre
société, de mettre en avant les interactions entre les
cultures, de mettre en lien les instruments avec les
compositions et avec les mouvements de population»,
explique-t-il. Avant d'ajouter : «Les instruments ont
cette dimension polymorphe, à la fois œuvres d'art et
objets fonctionnels.» Depuis l'inauguration de
l'établissement en 1997, les premières collections,
venues du Conservatoire, ont été enrichies
d'acquisitions propres.
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"Victoires de la musique"
Par
Alexis Campion
 Ces
Victoires de la musique sont d'abord les siennes. Alain
Bashung a remporté trois récompenses samedi soir lors de
la cérémonie retransmise en direct du Zénith de Paris.
Le rockeur-crooneur qui lutte contre un cancer du
poumon, a remercié le public pour son soutien. "Vous
m'avez tellement donné d'amour", a-t-il déclaré,
très ému. Camille, Arthur H, Julien Doré, les BB Brunes
ou Sefyu sont aussi récompensés.
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Sixième
année de crise pour les ventes de disques, avec moins 15 %
en 2008. C'est dans un climat de déprime prolongée que
s'ouvre le 43e Marché international du disque et de
l'édition musicale (Midem) : la musique enregistrée prend
ses quartiers à Cannes, du 17 au 22 janvier.
Les maisons de disques n'ont
pas encore traversé le gué : en France, leur chiffre
d'affaires a été coupé de moitié depuis 2002 - passant de
1,3 milliard d'euros à environ 600 millions d'euros en 2008,
selon les premiers résultats communiqués, mercredi 14
janvier, par le Syndicat national de l'édition
phonographique.
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Neurologue reconnu, le Britannique n'a jamais cessé
de mêler science et littérature, clinique et théorie. Son "
Musicophilia " est une ode vibrante à la musique et à ses
effets sur l'être humain

Le
docteur Oliver Sacks découvrit le pouvoir thérapeutique de
la musique alors qu'il travaillait au Beth Abraham Hospital,
dans le Bronx, auprès de patients profondément immobiles.
Atteintes d'encéphalite léthargique, ces statues vivantes
résistaient à tout traitement médicamenteux. Mais la
musique, de temps à autre, savait les animer
" avec
une aisance et une grâce qui semblaient démentir leur
parkinsonisme ".
C'était en 1966. Le jeune Britannique, qui commençait tout
juste à exercer la neurologie à New York, fut fasciné par
les comportements de ces malades. Au point de les décrire
dans
L'Eveil
(Awakenings,
1973), l'ouvrage qui, dix ans plus tard, le rendrait célèbre.
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La musique, moteur de Warhol
 
Une cinquantaine de
pochettes de disques (dont la fermeture Eclair de l'album
Sticky Fingers des Rolling Stones), créations d'Andy
Warhol (1928-1987), sont placées sous Plexiglas au milieu de
l'exposition " Warhol Live ", au Musée des beaux-arts de
Montréal jusqu'au 18 janvier 2009. Elles témoignent de "
l'ensemble du parcours artistique de Warhol, presque pas à
pas, ce qui est plutôt unique ", dit le collectionneur
Paul Maréchal.
Sur
certaines, Warhol illustre la musique par un instrument, sur
d'autres, il la personnalise par un portrait ou offre un
concept, comme la banane autocollante de l'album du Velvet
Underground, son groupe fétiche. C'est en voyant cette
collection, fin 2006, que le commissaire Stéphane Aquin a eu
l'idée de " Warhol Live ". L'exposition a été montée avec
Emma Lavigne, ex-conservatrice à la Cité de la musique à
Paris, aujourd'hui au Centre Pompidou, et Matt Wrbican,
archiviste du Andy Warhol Museum de Pittsburgh - où l'on
pourra voir " Warhol Live " en juin 2009, après un passage
au Fine Arts Museum de San Francisco, de février à mai.
"
Eclairer toute l'oeuvre de Warhol à partir de la musique "
est le défi relevé avec brio par M. Aquin pour cette
exposition multidisciplinaire. Elle est un fidèle reflet du
parcours éclectique de Warhol, évoqué par plus de 640
oeuvres ou objets et une centaine d'extraits sonores et
musicaux.
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Ouverture du festival de Jazz de
Martinique 2008
Chyco
Jéhelmann au piano -Photo Philippe
Bourgade- Droits réservés-

Il y a treize ans que
Chyco Jéhelmann ne s'était pas produit sur scène. C'est dire
l'attente du public le 27 novembre 2008 dans la grande salle
de l'Atrium à Fort-de-France ! Attente comblée. Le pianiste
martiniquais, seul en scène, en s'installant dans la durée a
su créer in climat d'échanges intime avec le public fort
nombreux ce soir là/ Quelques phrases musicales, en vérité
peu nombreuses, mais exprimées sur une large palette de
tonalités, avec des découpes, des inflexions, des reprises,
des inversions de schèmes musicaux, des réitérations
voilées, qui s'articulent autour d'une thématique servant de
fil conducteur, ont donné une cohérence au propos
pianistique. Il y a quelque chose qui inexorablement
faisait penser aux Exercices de style façon Queneau. Chyco
Jéhelmann, tour à tour mordant et caressant, enjôleur et
distant, livre un corps à corps bienveillant avec son piano.
La thématique est déclinée, par moment avec une dextérité,
au sens fort du mot, et curieusement ce ne sont pas ces
passages les plus applaudis. L'approbation du public se
manifeste aux passages joués les plus fortement. Le pianiste
a su écouter la salle, sans pour autant chercher à lui
plaire, sans tomber dans la flatterie. Plus d'une fois il a
semblé seul au monde avec son piano, absorbé dans l'intimité
du lien qu'il entretient avec son l'instrument comme faisant
fi de la présence d'un millier de spectateurs.
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Jacky Ido : L'étoile
noire

C'est un conte de fées
que ne renierait pas Hollywood. L'histoire d'un artiste issu
d'un quartier difficile qui tourne actuellement dans le
prochain film d'un monstre sacré du cinéma mondial,
l'Américain Quentin Tarantino.
Un
trentenaire de banlieue qui sourit à n'en plus finir de son
destin incroyable : Jacky Ido, l'étoile noire qui brille
dans le ciel du Clos-Saint-Lazare, un quartier sensible de
Stains (Seine-Saint-Denis), va exploser dans les prochains
mois. Dès le 26 novembre, dans le film de François Dupeyron
(Aide-toi, le ciel t'aidera). Puis au printemps 2009,
au Festival de Cannes si tout va bien, pour la projection de
Inglourious Basterds, le film de Tarantino, où il
tient le rôle d'un projectionniste dans le Paris de la
seconde guerre mondiale.
Au
commencement de cette belle histoire, était un gamin né à
Ouagadougou, au Burkina Faso, en 1977. Un enfant qui
effectue des allers-retours entre deux cultures, entre son
pays natal et la France, terre d'adoption et de rencontre de
ses parents. Lui et sa famille se fixent définitivement en
France quand il a 11 ans. Un espoir et une claque : " Au
Burkina, quand on dit qu'on va en France, ça fait pétiller
les yeux. Mais en France, quand on est à Stains, on est dans
l'une des villes les plus pauvres. " Un euphémisme :
dans le palmarès des quartiers sensibles, le Clos à Stains
fait partie des " ghettos " les plus fermés et les plus durs
de la banlieue parisienne.
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Lou Reed
" Parfois, la musique rend les mots
plus efficaces "
Rencontre avec le fondateur du Velvet
Underground, ancienne icône maudite, à l'heure où paraît
une édition bilingue de l'intégrale de ses chansons

Avec la
publication du recueil de textes, la lecture publique, sans
accompagnement musical, est l'autre forme qui consacre le "
rocker littéraire ". Parmi les enfants d'Elvis, ils sont une
petite caste à avoir cherché à marier - comme disait Patti
Smith - " trois accords de rock à la puissance du verbe
", pour ensuite avoir le cran, ou la prétention, de
faire lire ou écouter leurs mots sans le soutien des riffs.
Parmi ces
plumes de la chanson anglo-saxonne, qui n'ont pas dédaigné
être rangés dans une bibliothèque, Patti Smith, donc, Jim
Morrison, le défunt chanteur des Doors, Bob Dylan, Leonard
Cohen, plus récemment l'Australien Nick Cave et, bien sûr,
Lou Reed, né en 1942, un des premiers à avoir fait entrer
dans l'âge adulte une musique qu'on n'imaginait
qu'adolescente.
Le 20
octobre, à l'occasion de la parution de Traverser le feu,
recueil bilingue de l'intégrale de ses chansons traduites en
français par Sophie Couronne et Larry Debay (l'ouvrage
existe également en espagnol, en catalan, en italien, en
allemand et en croate), le New-Yorkais donnait une lecture
au Cent Quatre, nouvel espace pluriartistique ouvert il y a
peu, rue d'Aubervilliers, à Paris, dans les anciens locaux
des Pompes funèbres.
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Quand l'Occident n'entend pas le jazz
 Miles
Davis disait souvent que ce dont il était avant tout
question dans sa musique - et, plus généralement,
dans le jazz -, ce qui en faisait le coeur,
l’essence, c’était le “son” (sound). Une
déclaration très difficile à comprendre pour un
Occidental. Car ce que Miles désignait par ce mot
apparemment limpide de “son”, ce n’était ni
l’exceptionnelle création sonore de ses
compositions, ni le minutieux travail d’arrangement
orchestral auquel il les soumettait, ni encore le
timbre si spécifique de sa trompette. C’était une
“attitude” et une “vision du monde”, reposant sur
une définition très éloignée de la nôtre de ce
qu’est (doit être) la musique.
C’est de ce décalage, pour ne pas dire de ce
gouffre, entre des présupposés musicaux différents,
voire aux antipodes les uns des autres, que sont nés
bien des quiproquos, des malentendus, sinon même,
comme le soutient le philosophe et musicologue
Christian Béthune dans un ouvrage qui fera date,
Le Jazz et l’Occident, une “mésentente” (au
sens étymologique du terme) durable, et peut-être
non encore totalement levée, dans la réception du
jazz par l’Occident. Auteur d’un précédent
Adorno et le Jazz (1), Béthune est, en vérité,
bien placé pour savoir à quel point même de grands
esprits ont pu se tromper sur le jazz. Son livre
peut d’ailleurs se lire aussi comme un bêtisier de
jugements tous aussi obtus les uns que les autres,
comme lorsque dans les années 20, en France, on
voyait dans le jazz une musique “bruyante” et tout à
la fois un art “primitif” et le reflet du “monde
déshumanisant de la machine” !
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La voix et la
couleur de peau
Yasmine
Modestine
par François Noudelmann

Dans une
France républicaine, si prompte à se présenter comme le
modèle universel de l'égalité des droits, de multiples
événements brisent cette prétention nationale. En voici un
qui concerne la voix des Noirs et pas seulement leur image :
une comédienne française a été privée de doubler des acteurs
«blancs» en raison de sa couleur de peau. Yasmine Modestine
a grandi en Normandie, son père est noir, sa mère blanche et
depuis un an elle essaye de dénoncer cette discrimination
raciale.
L'imaginaire de la voix blanche
On apprend ainsi qu'en France l'usage veut que les acteurs
noirs américains soient doublés par des Blancs ou des Noirs,
mais que des Blancs ne puissent être doublés que par des
Blancs. La justification plus ou moins officielle, et
souvent tacite, porte sur les cordes vocales : les Noirs
auraient une voix grave, les Jaunes une voix aiguë et les
Blancs auraient une capacité d'aller sans difficulté du
grave à l'aigu. Ce langage redonne actualité à une idéologie
et une rhétorique qu'on croyait disparue : celle de Gobineau
et de son Essai sur l'inégalité des races, paru au
milieu du XIXe siècle.
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Musique hybride et projet têtu
Les frères
Belmondo, musiciens de jazz, ont enregistré avec le
Brésilien Milton Nascimento

Belmondo est un nom qui fait rêver. Eux sont frères, ne
font pas de cinéma, mais jouent du saxophone soprano, de
la flûte alto (Lionel, 45 ans), du bugle (Stéphane, 41
ans), et ils rêvent énormément. Par exemple de
travailler avec leurs idoles en musique, qui sont
toujours des artistes par qui des révolutions musicales
transitèrent.
Premier
essai en 2005 : ils publient Influence, un disque
conçu avec Yussef Lateef, le flûtiste le plus tordu, le
plus novateur de la génération du jazz libre, un
Afro-Américain de Detroit converti à l'islam ahmadi dans
les années 1950, un as du chenai, du koto ou de l'arghoul,
ces flûtes venues d'ailleurs.
Deuxième
essai, avec le Brésilien Milton Nascimento, grande
vedette en son pays, adulé des musiciens de jazz
américains avec qui il a collaboré, tels Wayne Shorter,
Pat Metheny, Jack Dejohnette, Ron Carter ou Herbie
Hancock. Milton Nascimento & Belmondo vient de
paraître sur B Flat Recordings, le label des frangins
intrépides, natifs de Hyères (Var).
Milton
Nascimento est un ovni, un Noir en dreadlocks, portant
un bonnet tricoté et chantant des mélodies aériennes
dans la plus grande tradition des processions du
vendredi saint, avec des mots indigènes et des
percussions nègres. Milton Nascimento est un héros
national. Au seuil des années 1990, il disparut un
temps, amaigri, faible. On lui prêta la maladie du
temps, le sida.
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Bollywood sur la scène du Châtelet

Dans
un entretien publié dans le programme de salle, excellent et
documenté, à l'occasion de la production de Padmâvatî,
d'Albert Roussel (1869-1937), que présente, jusqu'au 24
mars, le Théâtre du Châtelet, à Paris, le chef d'orchestre
américain Lawrence Foster s'amuse : " J'ai un tableau de
service comme je n'en ai jamais eu de ma vie, sur lequel il
est écrit : solistes, choeur, orchestre, chef, éléphant,
tigre et serpents ! " Il est vrai que cet opéra-ballet,
écrit entre 1913 et 1918, créé à l'Opéra de Paris en 1923,
est une fantaisie orientalisante qui fait la part belle à la
musique chorégraphique et aux scènes à grand spectacle.
Pourtant, cette
" oeuvre essentiellement décorative ", selon les
termes mêmes du compositeur, est souvent intime, sombre,
d'une écriture orchestrale et harmonique complexe où Roussel
transcende l'impressionnisme sonore et le souvenir de la
rutilante Salomé de Richard Strauss qui avait tant
impressionné Paris, en 1907, au... Théâtre du Châtelet.
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Emmanuel de Buretel, producteur, éditeur, manager, veut
souffrir et construire

Trois ans après sa création en janvier 2005, la société
indépendante Because Music affiche un bilan insolent dans un
secteur musical sinistré par la révolution numérique et la
chute des ventes de disques (- 51,3 % en cinq ans). Amadou
et Mariam (disque platine, 300 000 exemplaires) en 2005,
Charlotte Gainsbourg (platine en 2006), Manu Chao (double
platine), le retour des Rita Mitsouko (platine) et la
déferlante électro de Justice (disque d'or, 75 000
exemplaires) : Because Music a enchaîné les jolis coups, qui
étonnent en période de marasme et font d'Emmanuel de Buretel,
son fondateur, un homme de musique toujours dérangean
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La " mission " de Wyclef
Jean

Avec The Score
(1997), deuxième opus des Fugees, le groupe dont il
était la tête pensante au côté de Lauryn Hill et de Pras,
Wyclef Jean détient encore - avec environ 15 millions
d'exemplaires écoulés - le record de l'album le plus vendu
de l'histoire du rap. Devenu artiste solo depuis ce
triomphe, ce New-Yorkais, né à Haïti en 1972, a démontré ses
talents éclectiques de producteur, auteur-compositeur,
interprète, fan de musiques caraïbes et de jazz. S'il manie
la vantardise aussi bien que les grandes figures du rap,
Wyclef Jean est un collaborateur recherché au-delà du milieu
hip-hop (Sinead O'Connor, Mick Jagger, Carlos Santana,
Shakira, Ziggy Marley...). Il se consacre aussi à sa
fondation, Yéle Haïti, venant en aide aux enfants de son île
natale. Le Monde l'a rencontré à l'occasion de la
sortie de son sixième album, Carnival Vol. II, Memoirs of
an Immigrant.
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Cinq bonnes raisons d'aimer...

Gilles Médioni
Nouvelle diva de la
soul, cette Londonienne de 24 ans
s'impose comme la révélation glamour
et trash de 2007: son album,
Back To Black, a déjà séduit 3
millions de fans et lui a valu le
Brit Award de l'artiste féminine de
l'année. Et ses frasques font la Une
des magazines. Amycalement vôtre.
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Les méthodes de diffusion se
multiplient
Prince. En 1998, le musicien américain Prince a proposé
The
War en téléchargement sur son
site en demandant à l'acquéreur de
verser la somme qu'il voulait à une
oeuvre de charité. Pour ses tournées
Musicology Tour (2004) et 21 Nights
in London (2007), tout acheteur d'un
billet recevait le nouvel album.
Quant au récent album Planet
Earth, il a été offert avec le
quotidien britannique Mail On
Sunday.
MC Solaar. Le 25 novembre
2003, les usagers des métros de
Paris, Lyon et Marseille ont reçu
avec un exemplaire du quotidien
gratuit Métro un CD de sept
titres du rappeur MC Solaar.
L'objet, fabriqué à 300 000
exemplaires, contenait une session
informatique permettant de
télécharger gratuitement les titres,
dont la durée de vie était de sept
jours.
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Radiohead s'explique sur son disque
téléchargeable au prix fixé par
l'acheteur

Le groupe britannique de rock
Radiohead avait beaucoup fait parler
de lui en annonçant que leur dernier
disque, In Rainbows, serait
proposé en téléchargement sur
Internet, à partir du 10 octobre, à
un prix fixé par l'acheteur.
Celui-ci pouvait même décider de ne
rien payer en dehors de 45 pence
(0,68 euro) de frais fixes.
Nous avons rencontré le chanteur Thom Yorke et le guitariste Ed
O'Brien, à Paris le 5 décembre, pour
faire le point sur l'opération.
Succès ou non ? Trop tôt pour donner
des chiffres, répond Ed O'Brien,
sans convaincre. "Nos
statisticiens y travaillent (rires). On a lu des articles
contradictoires. L'un dit que nous
avons perdu beaucoup d'argent,
l'autre que nous avons gagné des
millions et qu'il faut arrêter de
nous donner de l'argent. Aucun des
deux n'est vrai."
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Oscar Peterson
Mort d'un virtuose

Oscar
Peterson, en 1955, au Newport Jazz Festival. Pianiste,
compositeur, chanteur et organiste, il est mort à
Toronto, dimanche 23 décembre, à l'âge de 82 ans. Avec
lui s'éteint une des dernières " légendes du jazz " qui
émergèrent dans les années d'après-guerre. Sa carrière
aura duré plus de soixante ans. Ce Canadien traquait
sans cesse la perfection, indifférent aux révolutions
imposées par le rock'n'roll, le rhythm'n'blues, le free
jazz... Il arpentait le monde, de festival en festival,
collectionnant les honneurs, admiré et suivi par un
vaste public, séduit par son talent immense et sa
personnalité délicieuse. Son influence reste
considérable. Les plus grands noms du jazz
enregistrèrent avec lui, de Charlie Parker à Ella
Fitzgerald, de Lionel Hampton à Sarah Vaughn.
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Les pionniers du rap français à
l'âge adulte

En
vingt ans d'existence commerciale en France, le rap ne
s'est pas départi de son étiquette quartiers-banlieues,
Brigitte femme de flic (du Ministère A.M.E.R.) ou
J'appuie sur la gâchette (un classique de NTM, le
duo formé par Kool Shen et Joey Starr). Bad News
du Ministère A.M.E.R. : en août, Doc Gynéco est
vilipendé par le public suisse qui lui reproche son
soutien à Nicolas Sarkozy ; en septembre, Stomy BugZy,
qui a repris le Z de ses débuts, publie un album
hardcore, Rimes passionnelles, où les poncifs du
rap gangster sont étalés comme avant, mais le second
degré ne passe plus ; en octobre, Passi intègre le jury
de la " Star Academy ". Aïe !
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Le son éthiopien gagne l'Europe

Badume's Band
Il y a eu le
reggae, Cuba, l'Afrique de l'Ouest... Aujourd'hui, c'est
l'Ethiopie qui fait tourner la tête aux jeunes musiciens
occidentaux. Parmi les temps forts de la 19e
édition du festival Africolor, trois soirées dédiées à
la musique éthiopienne mettent en lumière les affinités
de musiciens européens avec le son moderne de
l'Ethiopie.
Axée autour
des musiques de l'Afrique de l'Ouest lors de sa création
en 1989, à Saint-Denis, la manifestation, dorénavant
éclatée sur tout le département de la Seine-Saint-Denis,
s'est élargie à d'autres territoires musicaux.
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Théâtre de Foyal
"A
Love Suprême" In mémoriam à John COLTRANE
Lire la
critique de Roland Sabra
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Une ouverture de festival mal
entamée mais sauvée par l'éblouissante Tania MARIA
par
Roland Sabra

Après que
Manuel Césaire ait présenté les intentions de ce
festival de Jazz de Martinique, jeudi 22 novembre sur la
grand scène de l'Atrium, les limites du genre sont vite
apparues. L'idée est généreuse, unificatrice,
consensuelle puisqu'il s'agit de réunir dans un même
festival des artistes de stature internationale,
d'autres de notoriété caribéenne et d'autres encore qui
en dehors de la Martinique sont, allez soyons
magnanimes, peu connus. Dans cette démarche se
retrouvent toues les contradictions de la politique
culturelle en Martinique. Il y a ceux pour qui seul
compte le talent, d'où qu'il vienne, et les autres pour
qui le « localisme », le « régionalisme » de l'artiste
est primordial. Ceux qui pensent que peu importe la
couleur du chat pourvu qu'il attrape des souris et ceux
qui croient qu'il est plus important que le chat soit
rouge. Ce sont ces derniers qui sous la houlette de Mao
ont exterminé cent millions de chinois et c'est
finalement la victoire des premiers qui a permis le
décollage économique que l'on sait de la Chine. Nous
n'en sommes pas là, mais on voit bien les contradictions
dans lesquelles est plongé Manuel Césaire quand il
s'agit d'obtenir des financements du Conseil Général, du
Conseil Régional, de l'État français et de quelques
békés! Je laisserai au lecteur le soin de répartir ces
pourvoyeurs de monnaie dans les deux camps évoqués! De
même le souci, louable en soi, de déplacer les concerts
dans les communes dans une île dont la longueur ne
dépasse pas 80 kilomètres relève peut-être plus d'une
méfiance à l'égard de la ville-capitale que d'un souci
de décentralisation. « Encercler les villes par les
campagnes » disait encore l'inénarrable Mao.
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Archie Shepp : l'Art du métissage
noir, mais surtout celui du partage
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Archie Shepp,
photo Philippe Bourgade |
Cela faisait
dix-huit ans qu'il n'était pas revenu en Martinique.
Vendredi 23 novembre 2007 à l'Atrium de Fort-de-France
il a retrouvé près d'un millier d'amis qu'en vérité il
n'avait pas quittés. Archie Shepp est un jeune homme
qui, s'il vient de fêter ses soixante-dix ans cette
année, est toujours prêt à défricher des pistes
musicales inexplorées pour les rattacher, les lier à cet
ensemble imprécis, aux contours flous que l'on appelle
le Jazz. Énumérer les facettes du talent de cet immense
artiste est un travail de longue haleine. Jugez -en
brièvement : il apprend successivement le banjo, le
piano, le saxo alto, le saxo soprano, il fait des études
de théâtre, il écrit des pièces, il les monte, il en
produit, entre temps, après des études universitaires
rondement menées, il dispense des cours
d'ethnomusicologie au sein de l'Université de Amherst au
Massachusetts. Ce qui ne le dispense pas, bien au
contraire de s'engager politiquement dans le mouvement
pour les droits civiques aux USA, tout en passant un
grande partie de son temps en France, une terre
d'adoption. Entre deux il trouve les moyens
d'enregistrer avec les plus grands plus de cent
cinquante CD! Très imprégné de ses origines , il
rappelle que sa grand-mère était née esclave et il lui
consacre d'ailleurs un de ses plus beau morceau, si ce
n'est le plus beau, « Révolution », il sillonne la
planète à la rencontre du monde noir mais pas seulement.
Lire la suite par Roland Sabra
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Le huitième album du chanteur sénégalais puise son
inspiration au frontières de la Mauritanie et du
Mali
A
l'aise, alerte, jeune, Youssou N'Dour, 48 ans,
publie Rokku Mi Rokka, son huitième
album international - les cassettes et disques parus
dans son pays, au Sénégal, sont un autre pan de sa
carrière. Les deux sont d'ailleurs ici réconciliés
sous forme d'un second CD de cinq titres bonus
extraits de Alsaama Day, un disque de
mblax, style qui a fait la fortune de Youssou
N'Dour, paru à Dakar en avril.
Fabriquées pour danser, avec synthés et embardées
vocales, ces chansons ravissent toujours et encore
le public sénégalais, tandis qu'ailleurs, la qualité
du travail musical de l'enfant de la médina séduit
les partisans de l'audace. Ce double ancrage est
sans aucun doute l'un des secrets du succès de
Youssou N'Dour
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Quand la Bartoli ressuscite la
Malibran
Opéra . Une diva rend hommage à une autre diva. Un
disque enchanteur pour (re) découvrir le répertoire
du bel canto.
La
mezzo-soprano italienne Cecilia Bartoli est
volontiers provocatrice ; elle aime aussi relever
les défis qu’elle se lance elle-même et cela lui
réussit. On comprend dès lors que le personnage de
Maria Malibran l’ait séduite, elle qui fut une des
premières et des plus grandes divas du début du XIXe
siècle. Comme la Malibran, la Bartoli est née dans
une famille de musiciens ; dès l’âge de huit ans
elle chantait l’Air du berger dans Tosca de Puccini.
Si la Malibran, tout comme sa soeur Pauline Viardot,
eut pour mentor son père, le célèbre ténor et
compositeur espagnol Manuel Garcia, la Bartoli eut
sa mère pour professeur. La comparaison s’arrête là.
En effet Maria Malibran, comme d’autres chanteuses
de grand talent, prenait la suite des castrats qui
disparurent officiellement à la fin du XVIIIe siècle
avec le triomphe des Lumières ; avec elles
apparaissait au firmament de l’art lyrique un
personnage nouveau, la « diva ». Aujourd’hui,
Cecilia Bartoli s’inscrit dans ce qui est devenu une
tradition de l’art du chant dont elle assume
l’héritage aux côtés de quelques autres
merveilleuses cantatrices
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Penser l'art comme l'art comme un
vecteur de développement et d'emploi

Par Christian BOUTANT
par
Christian BOUTANT
Par Christian BOUTANT
Délégué
Régional de la SACEM Martinique
Les
initiatives et projets relatifs au développement de
l’emploi semblent désormais intégrer la nécessité de la
démarche prospective.
Il faut
désormais être en mesure de prévoir à long terme, de
dresser les contours permettant de définir les rouages
d’une société humaine à travers sa consommation, ses
échanges, son avenir…. Chaque génération hérite à ce
titre de l’impératif de maintenir l’organisation de la
société humaine et de la faire progresser.
Au
menu des débats ministère/élus
Les récents
entretiens entre nos élus, certains socio professionnels
et le ministre de l'outre mer à Paris devraient, a ton
entendu, permettre d’identifier les secteurs porteurs
pouvant garantir un développement durable.
Dans cette
approche, il est coutumier de penser en premier lieu aux
entreprises de secteurs traditionnels (agriculture,
banane, bâtiments, secteur public etc.), ce qui est tout
à fait normal.
On consent
également désormais à mieux considérer l'importance du
tourisme, du secteur des services et des nouvelles
technologies.
La nécessité
d’innover toutefois dans les approches s’impose
toujours, elle a pu émaner par exemples chez certains
pour exprimer par exemple avec audace, l’idée d’orienter
la production agricole principalement vers l’agriculture
BIO.
Cela a
beaucoup interpellé et fait l’objet de commentaires.
Ont t’ils pu
s’exprimer comme il fallait et aller au bout de leur
proposition ?
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Télécharger gratuitement de la musique sur le Web en
toute légalité est désormais possible en France depuis
le 20 août. Grâce à un accord avec Universal Music, le
fournisseur d'accès à Internet Neuf Telecom propose
désormais à ses clients un service leur permettant de
télécharger de manière illimitée des morceaux issus du
catalogue de la maison de disques. Ce service est
réservé aux clients ayant souscrit l'abonnement à 29,90
euros qui donne accès à Internet, à la télévision par
ADSL et au téléphone fixe illimité.
C'est une
grande première. Les fournisseurs d'accès à Internet
(FAI) et les éditeurs de musique se sont ignorés pendant
des années, les seconds reprochant aux premiers de
faciliter le téléchargement illégal en offrant aux
internautes des connexions au débit sans cesse plus
élevé. Cependant, l'accord entre Neuf Telecom et
Universal Music devrait être imité rapidement par la
plupart des FAI.
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L'Américaine publie un disque superbe et sera le 14
juillet au festival belge de Peer

Bob Dylan et Prince, avec lesquels elle a travaillé
en studio, comptent parmi ses admirateurs. Mavis
Staples possède une des voix les plus sensuelles et
chaleureuses du gospel et de la musique soul. Membre
dès sa dixième année, au côté de ses soeurs, des
Staple Singers, groupe familial fondé par son père,
le guitariste Roebuck " Pop " Staple, elle a mené
ensuite sous son nom une carrière erratique. Rare
ces dernières années, elle vient de revenir au
premier plan avec l'album We'll Never Turn Back,
consacré au répertoire des " freedom songs ", ces
chants de la liberté adoptés par le mouvement pour
les droits civiques de Martin Luther King. Des
traditionnels comme Eyes on The Prize, 99
and ½ ou Jesus is on The Main Line
qu'elle devrait interpréter le 14 juillet au
festival belge de Peer et trois jours plus tard sur
une scène londonienne.
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Mina Agossi |
Liberté
de voix et d'improvisation.
Dans son dernier album, "
Who Wants Love ? ", la
chanteuse franco-béninoise
pousse encore plus loin sa
fraîcheur, sa gaieté, son
sens de la scène et du
rythme
.
Mina Agossi, 35 ans,
chanteuse, improvisatrice
rayonnante, peut faire à bon
compte le désespoir du
peintre. Chaque album primé,
chaque concert triomphal, un
sourire désarmant, de jolies
lunettes de myope : amateurs
de gloires maudites,
goûteurs de tragiques
destins, tricoteurs de
clichés, passez votre
chemin. Ce n'est pas qu'elle
n'ait connu ni les drames ni
les épreuves : c'est sa
façon joyeuse d'habiter la
scène, d'habiter sa voix,
d'habiter son goût du
rythme, d'habiter la musique
comme une arène et un
terrain de jeu qui fait la
différence.
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Hommage
Insurrection
perlière
Vol. I
Voyage dans l'écrit
d'Aimé Césaire, par le dire et la musique, au travers
d'extraits de son œuvre.
Textes et poèmes d'Aimé Césaire, lus par Nicole Dogué et
Marius Gottin.
Œuvres musicales de (par ordre alphabétique) : Jacky
Bernard – Nicol Bernard - Mario Canonge – Tony Chasseur
– Chris Combette - Thierry Fanfant – Jean-Christophe
Maillard – Alain Ravaud – Chyco Siméon – Thierry Vaton.
Œuvres visuelles : Victor Anicet
Maquettisme : Yékri
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|
Par
Bouziane DAOUDI
World.
Consacrée au Portugal, la chanteuse
d'origine capverdienne publie un CD au
métissage ambitieux.
Dans
le landerneau des musiques du monde, voire plus
largement, Sara Tavares va faire parler d'elle
dans les mois qui viennent. Sémillante
Portugaise d'origine capverdienne, elle joue une
musique aux frontières enchevêtrées, une world
pop aux réminiscences africaines, aux folks
indéfinis, parfois baignée par une bossa-nova
inédite, un doux gospel. Mais le petit miracle,
au fond, c'est que tout cela reste très
personnel.
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Petite révolution à la Scala de
Milan
Dirigée par
Stéphane Lissner, l'institution lyrique ose
l'ouverture

La Scala de Milan se prépare à une petite
révolution. " Nous allons quitter le théâtre de
stagione, typique de la tradition italienne,
pour nous rapprocher du théâtre de répertoire en
proposant une offre élargie ", a annoncé Stéphane
Lissner, surintendant de la Scala depuis 2005, en
présentant, mercredi 30 mai à Milan, la saison
2007-2008. Avec 260 représentations dans l'année,
entre opéras, ballets et concerts, le célèbre
Théâtre Piermarini sera ouvert vingt-cinq soirées
par mois.
Cela
implique une nouvelle organisation du travail, a
indiqué le gestionnaire français : " Nous allons
expérimenter une synthèse entre l'exigence de
qualité propre au théâtre de stagione et le
service offert au public des théâtres de répertoire
anglo-saxons, viennois ou allemands, explique-t-il
au Monde. Nous ferons le même travail sur les
reprises que sur les productions. "
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Industrie Baisse de
40 % en cinq ans du marché : le métier doit évoluer
Mis sur des charbons ardents par la chute
vertigineuse du marché du disque en France - près de
40 % en cinq ans -, les producteurs phonographiques
diversifient leurs sources de revenus. En s'emparant
d'autres métiers ou activités de la chaîne musicale.
Ils s'affairent ainsi depuis plusieurs mois sur le
front des images (captation de concerts, clips) et
de la téléphonie mobile. Un autre chantier brûlant
occupe autant les majors du disque que les petits
labels : la production de concerts, au point de
devenir eux-mêmes entrepreneur de spectacles ou
propriétaire de salle.
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Princesse du jazz Le
dernier album de la
chanteuse contestataire,
comédienne, poète, est
l'un des plus
bouleversants. A 76 ans,
elle ne cède rien de son
féminisme et de sa rage
de vivre
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Beaucoup
se souviennent de Ferrat
chantant Aragon, de Gréco
chantant Queneau ou encore
de Brassens chantant Villon.
Mais les relations longues
et complexes entre la
littérature et la chanson ne
se limitent pas à la mise en
musique de poèmes.
Aujourd'hui, de jeunes
romanciers, tels Arnaud
Cathrine et Marie Nimier,
aiment se mettre à la
disposition d'une voix,
s'inscrire dans les désirs
d'un autre, découvrir un
rythme, un phrasé. Tandis
que des auteurs de chansons
confirmés, comme Gérard
Manset et David McNeil,
veulent aussi devenir
romanciers.
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Ere
TéTé
 Quand
on lui demande le registre musical auquel il croit
pouvoir se référer, Tété, qui a parfois tendance à
abuser des circonlocutions, ne réfléchit pas longtemps :
«Le format "chanson'' me convient ; si on ajoute
"atypique'' derrière, c'est encore mieux. Mais je puise
aussi dans l'énergie blues et soul de la musique
d'Amérique du nord.» Mentionner également la
ferveur du folk, la sensualité du reggae et le
galvanisme du rock n'aurait pas été non plus hors sujet.
Trois albums en attestent. Une kyrielle de concerts
aussi, où l'artiste empreint d'ardeur entretient avec le
public assez jeune et féminin une relation
manifestement connivente, bien que dénuée de
flagornerie.
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 Allée 16, stand 16 : c'est celui
du funk, genre musical américain
débridé aussi répandu sur la
planète que le reggae jamaïcain.
Au Midem de Cannes, le grand
Salon de l'industrie musicale,
George Clinton Enterprises y
partage l'espace avec Hitsville
Ventures, un avatar de la firme
Motown, la maison à tubes de
Detroit, qui a connu son apogée
dans les années 1960 et 1970. Banals d'apparence et perdus
dans la fourmilière du Palais
des festivals de Cannes, ces
quelques mètres carrés sont en
réalité gouvernés par un drôle
de zigoto, George Clinton, " The
Prime Minister of Funk " (" le
premier ministre du funk "),
celui par qui l'exubérance
contamina la musique noire
américaine dans les années 1970.
James Brown lui-même a dû
quitter les rivages plus
tranquilles de la soul. Lui
mort, en décembre, George
Clinton, large type à la
démarche chavirée, a désormais
l'usufruit entier de l'héritage
maison.
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James
Brown est mort le 25
décembre 2006 (Le
Monde du 27
décembre 2006), mais
n'est toujours pas
enterré. Et il ne
devrait pas l'être
avant un moment. Les
héritiers du
chanteur se
disputent son
héritage et
contestent ses
dernières volontés.
Après être resté
vingt-trois jours
dans sa maison de
Beech Island, en
Caroline du Sud, son
corps est désormais
conservé dans un
cercueil scellé,
dans un lieu tenu
secret.
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Le marché du disque en France a
continué à régresser en 2006
pour la quatrième année
consécutive. Avec une baisse de
10,7 % en valeur (chiffre
d'affaires, prix de gros
éditeur) et de 26,6 % en volume
(nombre d'unités vendues) par
rapport à l'exercice 2005,
l'heure est à la mobilisation
générale. En 2005, on sonnait le
tocsin, en 2006 on tente la
riposte, sans apercevoir le bout
du tunnel. Ces chiffres négatifs
ont été présentés, lundi 22
janvier, au Palais des
festivals, à Cannes, durant la
conférence de presse du Syndicat
national de l'édition
phonographique (SNEP) lors du 41e
Marché international du disque
et de l'édition musicale
(Midem), organisé jusqu'au 25
janvier. Le chiffre d'affaires du disque
prix de gros s'est élevé en 2006
à 862,7 millions d'euros, dont
819,2 millions d'euros pour les
supports physiques (CD albums et
singles, DVD musicaux), soit une
baisse de 12,4 % par rapport à
2005. Ce chiffre s'entend hors
TVA (toujours à 19,6 % alors que
les professionnels demandent
depuis des années un passage au
taux de 5,5 %, comme le livre)
et hors retours des exemplaires
non vendus par les magasins et
net de remises. Les ventes au
détail (TTC, en magasin), que le
SNEP publie depuis quelques
années, atteignent 1,31 milliard
d'euros, en baisse de 11,2 % par
rapport à 2005. Les supports
physiques qui constituent 98 %
de ces ventes représentent 1,287
milliard d'euros (- 11,8 %). |
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Les nouveaux albums de Rollins,
Portal, Sclavis, Texier, Rava, Liz McComb ou Norah Jones
viennent de paraître. Bousculade en vue chez les
disquaires. Rien pendant des semaines, et d'un
coup une petite dizaine d'albums de vedettes et de
bonnes réputations du jazz qui se bousculent dans les
linéaires. Tous, par leur renommée, leur présence,
l'attachement du public à leurs différents parcours,
sont susceptibles de réaliser de bonnes ventes pour un
secteur qui compte peu de stars. Si le coup de
projecteur événementiel fait toujours du bien au jazz,
ces sorties concomitantes, réparties entre fin janvier
et début février, parfois dans une même maison de
disques ou chez un même distributeur, peuvent aussi
provoquer un effet négatif d'encombrement.
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Tanguisimo ? un bon spectacle, bien comme il
faut!
par Roland Sabra
De ses origines on ne sait pas
grand chose. Il a des ascendances multiples. Entre
candombe africaine, habanera hisopano-cubaine et danses
européennes. Son nom même est une énigme. C'est un bâton
en espagnol au 19eme siècle, ou bien un lieu de fête
pour les esclaves noirs, ou bien encore une créolisation
du tambor ( tambour), difficile à prononcer pour les
déportés d'origine africaine. Son lieu de naissance se
promène entre les taudis de Buenos Aires, les
bidonvilles de Rosario et les masures de Montevideo.
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Ornette
Coleman

Lorsqu'en 1959, à New York,
il inventa le free-jazz d'un
coup de sax, Ornette Coleman
suscita la même panique que
James Joyce en 1922 avec
Ulysse. On l'accusa
d'être un destructeur, un
dangereux fabricant de
dissonances, un imposteur.
Aujourd'hui, Coleman est
considéré comme un
précurseur en free, en rock,
en jazz-funk. Il a composé
des merveilles pour
orchestre symphonique.
Elaboré une théorie musicale
appelée «harmolodie». Joué
des airs acides qui brisent
et des chansons tristes qui
rendent heureux. A 76 ans,
le saxophoniste sort, le 14
septembre, un nouveau
disque, Sound Grammar,
et, le 30 août, il ouvre à
Paris le festival Jazz à la
Villette
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LURA rajeunit la saudade

Elle est née et a grandi à Lisbonne.
Mais l'appel du Cap-Vert, dont elle
est originaire, a été le plus fort.
A 31 ans, Lura est sans doute
possible l'héritière de la grande
Cesaria -Evora.
Il est presque 5 heures du matin. Lura s'apprête à monter sur la vaste
scène du Festival da Praia de Santa
Maria, sur l'île de Sal, au
Cap-Vert. Derrière la scène, sous la
tente qui sert de loge dressée à
même la plage, l'ancienne nageuse
s'étire énergiquement. Un large
sourire masque à peine sa
concentration. La fin de nuit est
d'une douceur paradisiaque.
Programmée après les toujours
véloces Gipsy Kings, et avant Kassav'
qui finira cette longue soirée en
redoutable machine à danser zouk,
Lura apparaît. Elégante, vêtue d'une
fine robe couleur sable, elle fait
face à un public qui l'acclame. Des
grands-parents aux adolescents,
toutes les générations ont veillé,
pieds dans le sable, grogs et bain
de minuit, face à la scène. Malgré
la fatigue, durant une heure et
demie, Lura fait vibrer de sa voix
ample la foule ravie de ce festival
du bout du monde. En guise de
rappel, elle danse un funana
endiablé et gentiment grivois avec
ses musiciens. M'bem difora
(le suis venue de loin), annonce le
titre de son nouvel album, dont elle
vient d'offrir la primeur à son
public. |
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5
bonnes raisons d'aimer Ayo /
Elle chante
d'une voix de soie des chansons
folk, soul et reggae qui
brillent dans le noir et font
frissonner. Down on My Knees,
bulle de chagrin, a bercé l'été.
And It's Supposed to Be Love,
reprise feutrée du standard d'Abbey
Lincoln, donne à l'automne une
mélancolie contagieuse… En un
seul album, Joyful,
sorti en juin dernier, Ayo a
trouvé le ton qui touche: des
mélodies embrasées, des prières
hantées, de la soul radieuse. "J'ai grandi en écoutant les
tubes de Motown, ceux de Donny
Hathaway et de Jimmy Cliff,
explique-t-elle. Ce disque est
un mix de ce que j'aime. Il est
comme moi: métissé.""Je suis d'un naturel
bohème...", souffle cette
longue jeune femme - 1,80
mètre - aux origines
multiples. Ayo est née près
de Cologne d'un père
nigérian, ingénieur
mécanicien, et d'une mère
gitane d'Allemagne, "mais
pas dans les clichés de la
caravane", précise-t-elle. A
18 ans, Ayo s'installe à
Hambourg, où des producteurs lui proposent
d'enregistrer un disque "commercial". Elle refuse.
Vit à Londres. Ecume les clubs. Se pose à New York.
Puis à Paris.
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Un
reggae
féminin
contre
l'homophobie
La chanteuse de reggae
Tanya Stephens.
Souvent accusée d'homophobie,
la scène reggae jamaïcaine
pourra opposer à ses détracteurs
le succès de Tanya Stephens.
Figure populaire du dancehall
local depuis une dizaine
d'années, cette chanteuse, née
en 1973, connaît depuis août un
succès commercial sur l'île et
dans les hit-parades reggae
américains avec l'album
Rebelution. Or, l'un des
titres, Do You Still Care,
se moque des grandes gueules
homophobes : la chanteuse y
raconte l'histoire d'un petit
dur, aimant " casser du pédé
", sauvé d'une fusillade par
des homosexuels. |
Le bèlè,
mémoire
martiniquaise.
Des
chants accompagnés de
percussions à découvrir
au festival Africolor,
en Seine-Saint-Denis, et
aux Transmusicales de
Rennes. C'est
l'histoire d'une musique
qui remonte au temps de
l'esclavage, en
Martinique. Un chant
mêlé de voix, tambours
et tibwa (baguettes
frappées à l'arrière du
tambour), accompagné de
danses renvoyant à
l'Afrique, mais aussi au
quadrille des anciens
colons. Une expression
rustique, longtemps
déconsidérée,
réhabilitée depuis une
vingtaine d'années.
Désormais fierté de tous
les Martiniquais, le
bèlè (ou " bel air ",
pour franciser le mot
créole) a ses maîtres,
ses anciens. Benoît
Rastocle, Félix Caserus,
Marcel Jupiter, Berthé
Grivalliers font partie
de ces passeurs de
mémoire de l'identité
martiniquaise.
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Les métamorphoses d'Abd al Malik Sorti en juillet,
Gibraltar,
deuxième album
d'Abd al Malik,
s'est d'abord écoulé
au rythme de 800
exemplaires par
semaine. Un bon
accueil critique
pouvait laisser
espérer à sa maison
de disques, le label
Atmosphériques, un
score supérieur à
celui de son
précédent opus, Le Face à face des
coeurs (2004) :
6 500 exemplaires.
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Festival Voix et Percussions
2ème édition - du 15 au 27
novembre 2006 - Haïti -
Cet
évènement s'adresse aussi bien
aux mélomanes désireux de
découvrir de nouveaux rythmes,
qu'au grand public amateur de
percussions. Dans la Caraïbe et
en Haïti en particulier, il
existe une tradition musicale
fondée sur les percussions dont
les rythmes viennent directement
de l'Afrique, de pays tels que
le Bénin, la Guinée, le Nigeria,
le Congo. Cette richesse
musicale ancestrale s'est
répandue à travers le temps. De
l'esclavage jusqu'à nos jours,
cette forme d'expression est
présente dans les fêtes
traditionnelles et populaires
haïtiennes et s'accompagne
toujours de chants et de danses.
L'histoire des tambours raconte
ainsi l'histoire même de la
Caraïbe. Programmation -
Les Caraïbes à l'honneur
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I Ismael
Ledesma ou la
force de la harpe
paraguayenne au
Jardin des Papillons
- Théâtre de Verdure
Anse Latouche
au Carbet le 11
novembre 2006 .
Fils de
parents musiciens -
sa mère était
chanteuse et son
père harpiste -
Ismael, né au
Paraguay en 1962,
dit s'être initié au
monde musical alors
qu'il était encore
dans le ventre de sa
mère... A l'âge de 5
ans, il débute la
pratique de la
harpe, symbole et
fierté du peuple
paraguayen, mais
c'est en France où
il s'installe en
1982, qu'il va
élargir ses horizons
et s'ouvrir à
d'autres influences,
dépassant ainsi le «
simple » style
folklorique.
Harpiste réputé, il
a été accueilli par
les plus grandes
scènes à travers le
monde : au Théâtre
de Berlin, à l'Opéra
du Caire en Egypte,
dans la salle
Andreas Bello de
Washington, à
l'Olympia (en
première partie de
Johnny Clegg) ou
encore au Casino de
Paris et au
Bataclan.
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Eric
Ildefonse Quintet au Jardin des
Papillons le 21 octobre 2006
- 19h30 .
Les
compositions d’Eric Ildefonse nous
emmènent au cœur d’un « jazz-fusion
», reflet d’une multiplicité vécue
d’héritages musicaux, africain,
caribéen mais aussi européen et
américain. Né en
Martinique, Eric Ildefonse s’initie
très tôt à l’univers musical. A
quinze ans, il est le pianiste du
groupe Les Conquérants, une
formation axée sur les variétés de
l’époque (compas, biguine,
calypso...) et qui remportera à deux
reprises le concours de « Jeune
Orchestre de la Martinique ». |
Le
rythme bèlè &
le blues de La Réunion
: Danyel Waro .
Pour sa huitième
résidence, du 2 au 7
octobre, La Maison du Bèlè
reçoit Danyel Waro, musicien
réunionnais qui défend
les couleurs de sa patrie à
travers le maloya. Comme le
bèlè, le maloya
est une musique issue des plantations
accompagnant les esclaves
dans leur labeur. Comme le bèlè,
il a été rejeté,
dénigré et oublié.
Comme le bèlè,
un sursaut identitaire a réveillé
les consciences le faisant sortir
de l'indifférence. Deux
histoires parallèles
vont se croiser grâce
aux artistes des deux régions
: la Martinique et la Réunion.
Nul doute que les mélomanes
apprécieront le rythme
du bèlè mêlé
au blues de La Réunion,
le maloya. |
Sur
un autre ton
. Bruno Mantovani, 31 ans,
compositeur de musique savante.
L'oeuvre de ce Français
qui ne mâche pas ses mots
est déjà interprétée
par les plus grands, de la Scala
à Carnegie Hall.
Il ressemble
à un jeune bassiste rock
à l'aise dans ses baskets,
saute en l'air dès qu'il
entend Do I Do de Stevie Wonder,
qu'il place «très
haut», mais c'est, de
fait, le compositeur contemporain
français le plus en vue
du moment. Non qu'il sacrifie
à la moindre mode, appartienne
à une clique, flatte
public ou médias. Tout
au contraire. Il synthétise,
avec une puissante liberté
de ton, les qualités
allemandes de rigueur formelle,
françaises de raffinement
et méridionales de vitalité
fusante.
|
Jacques
Schwarz-Bart marie le jazz et
le gwo ka .
Saxophoniste
guadeloupéen établi
à New York, il présente
au festival de la Villette son
album de fusion avec la musique
de tambours de son île.
«MON INTENTION n'est pas
de restituer quelque chose qui
existe, le gwo ka des soirées
léwoz ou le jazz du label
Blue Note. Mon intention était
de définir un espace
sonore qu'on ne peut trouver
ailleurs parce que j'en ai créé
les paramètres selon
mes propres besoins émotionnels.»
|
|
Oeuvres
de Pergolèse, Mozart,
Vivaldi, César Frank,
Palestrina, Grandados par l'ensemble
"Madin'Voices.que
celui auquel invite la chapelle
du Centre Emma Ventura dans
son décor simple d’encens,
pétri de cœur et d’espérance.
C’est une «alcôve »
offerte à une musique sacrée
volontairement sacrifiée sur
la paroi christique, pour que
seule l’harmonie nous
revienne en thème musical onirique.
Son iconographie est pieuse
et sensuelle à la fois. On traverse
avec une grâce fragile un univers
poignant ou le déterminisme
religieux n’altère en
rien les rythmes, les mouvements,
les circulations d’une
écriture vocale éclairée par
le haut. Au contraire cette
idée sacerdotale crée le besoin
d’une attention particulière,
une concentration maximale,
pour que passe l’éloquence
d’une musique souveraine,
épanouie, en quasi lévitation.
|
Sean
Paul, 33 ans, chanteur jamaïcain,
idole des ados et icône
lucide de la fête. Son
credo hédoniste
fumette et déhanchements
lascifs n'occulte pas
la réalité sociale
antillaise.Ne jamais dire à
un jeune (au sens large : disons
8-20 ans) qu'on va rencontrer
Sean Paul. Car on encourt le
risque qu'il le répète
à un autre, qui le répétera
à un autre, qui...
|
Le
Steel Band par Jean Crusol
Par un bel après
midi de juillet 195 1, le public
venu écouter le traditionnel
festival de musique populaire,
se pressait sur l'une des places
d'exhibition de Londres. C'était
maintenant au tour d'un curieux
groupe de musiciens de Trinidad,
le Trinidad Ail Star Percussion
Orchestra, le TASPCO.
|
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Rhapsodie
nègre et fantaisies martiniquaises:
présentation
du dernier enregistrement de Manuel
Césaire |
Hermeto
le poly....sons
Vendredi
2 décembre. Dans le cadre
de la Rencontre Caraïbes
Brésil qui clôture
en Martinique l'année
du Brésil en France,
le CMAC a invité la légende
vivante Hermeto Pascoal à
nous rendre visite.Un mot tout
d'abord sur la première
partie « locale »
de cette soirée. Jeff
Baillard à la guitare
et l'excellent Ronald Tulle
au piano conversent pour nous
sur des rythmes caribéens
et sud-américains. Un
moment de pur plaisir beaucoup
trop bref qui mériterait
mieux qu'un strapontin musical.
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Le
plaisir... dans les cordes le
15-X-05 |
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Charly
Labinsky |
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Un
appel aux mécènes
de Manuel Césaire |
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Consultez
les archives de Madinin'Art |