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Chroniques musicales

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Vent nouveau sur l'ethnomusicologie française


Cercueil porté en procession vers la sépulture, en 1993, à Bokho, sur l'île de Sulawesi.DANA RAPPOPORTE


   Fini le temps d'une séparation entre études formelles et études d'urgence : une génération " multipiste " émerge

Dans son bureau du Musée du quai Branly, Madeleine Leclair épluche L'Afrique Fantôme, de Michel Leiris, journal de bord de la mission Dakar-Djibouti menée, de 1931 à 1934, par l'ethnologue Marcel Griaule pour le compte de l'Etat français. Afin de décrire au mieux cette traversée de l'Afrique d'Ouest en Est, le dessinateur Gaston-Louis Roux avait été chargé des croquis, et André Schaeffner, directeur du département d'ethnomusicologie du futur Musée de l'homme (il sera créé en 1937), du recensement musical.

Il en est resté vingt-quatre cylindres de cire, conservés au Centre de recherche en musicologie (CREM, un département du CNRS). " Seize ont été gravés par Schaeffner. C'est à chaque fois cinq minutes de musique. C'est dire la précision, la préparation qu'il fallait pour trouver exactement ce que l'on voulait, dans des conditions techniques qui induisaient une très grande proximité avec le sujet ", précise Madeleine Leclair, vice-présidente de la Société française d'ethnomusicologie et responsable de l'Unité patrimoniale des collections d'instruments de musique du Quai Branly.

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Les intérêts du public sacrifiés par les majors


Par JEAN-CLAUDE ZYLBERSTEIN Avocat, spécialiste en propriété intellectuelle, critique musical


   C’est un bien mauvais coup que le Parlement européen, en votant une directive portant à soixante-dix ans la durée de protection des interprétations musicales et de leurs enregistrements, vient de porter au patrimoine phonographique. Et, au-delà, à tous les mélomanes. Une fois de plus et à rebours de l’air du temps, on sacrifie la culture aux desseins de quelques ploutocrates : ces maisons phonographiques que l’on appelle «majors» et quelques interprètes habiles à fréquenter les allées du pouvoir. Navrés de voir les royalties provenir d’enregistrements tombés dans le domaine public leur échapper, ils n’ont pas hésité, à force de lobbying, à sacrifier les intérêts du public à leur égoïsme bon teint.

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Cesaria Evora, vingt ans de carrière internationale

   La chanteuse Cesaria Evora, connue sous le nom de la "diva aux pieds nus", est morte, samedi 17 décembre, à l'âge de 70 ans. L'information, d'abord diffusée par des médias portugais, a été confirmée par le ministre capverdien de la culture, Mario Lucio Sousa.

La chanteuse, qui avait mis un terme à sa carrière en septembre en raisons de problèmes de santé, a été admise à l'hôpital Baptista de Sousa, sur l'île de Sao Vicente, vendredi soir à cause d'une "insuffisance respiratoire" et une "tension cardiaque élevée", selon l'agence LUSA.
 

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Au pianiste il faut un piano !

 

par Roland Sabra

  La saison du CMAC s'est ouverte avec un très beau concert de Nicolas Stavy qui nous a proposé comme programme le contenu de son dernier CD consacré comme il se doit l'année du bicentenaire de la naissance de Franz Liszt au compositeur hongrois. Peu de musiciens ont autant que Liszt puisé leur inspiration dans les œuvres littéraires. Il laisse d'ailleurs derrière lui une abondante masse d'écrits. Mais ce n'est pas dans ce domaine que le compositeur a brillé de tout son éclat. On dit son style quelque peu ampoulé. L'apport pianistique essentiel de Liszt se situe dans le domaine de l'impressionnisme musical dont il sera l'initiateur et qui triomphera avec  le poème symphonique de Claude Debussy "Prélude à l'après-midi d'un faune". Transposition musicale du sonnet des couleurs de Rimbaud ( A noir, I rouge, U vert, O bleu : voyelles Je dirai quelque jour vos naissances latentes...) il existerait des correspondances entre couleurs et musique. Il s'agit de rompre avec la linéarité de l'écriture et de favoriser l'émergence d'une succession d'impressions en utilisant toutes les sonorités du piano et en accentuant à l'extrême les diverses intensités du toucher de clavier. Au risque de verser quelques fois dans le maniérisme.

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LE GROUPE BELYA

Bélya, (terme d'origine africaine, employé en créole pour encourager quelqu'un ou pour approuver une action positive) est un groupe martiniquais qui pratique le k'bel (Kadans bèlè) : une musique d'inspiration Bèlè alimentée par la sensibilité et les expériences musicales diverses des musiciens :( bêlé, son lari, zouk, jazz, gospel).
 

  Loin du doudouîsme débilitant dont nous abreuve nombre de radios antillaises voici le groupe Belya de l'Association du même nom pour la promotion  du tourisme culturel qui nous propose neuf titres sur un Cd en vente dans les bonnes boutiques de l'ile. On les entendra peu sur ces mêmes radios car les titres sont d'une durée moyenne de cinq minutes, beaucoup trop long pour les marchands de soupe radiophonique. C'est bien dommage.  Les voix sont chaudes, claires  à l'audition , jamais couvertes par une musique très balancée et travaillée. Les thématiques déclinées sont au plus près des préoccupations qui tournent autour de la valorisation de nos particularités sans jamais verser dans le didactisme ou l'étroitesse du replis identitaire.  Un beau travail, une belle idée de cadeau. A découvrir!!

Madinin'Art

 

Au bord du vide, Cesaria Evora tire sa révérence

 

    La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si belle musique partout se retire du monde du spectacle

La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si belle musique partout se retire du monde du spectacle REUTERS

Elle était arrivée à Paris la semaine passée, avec 22 de tension, les jambes comme des poteaux et un taux de cholestérol à abattre un éléphant. On la retrouve cet après-midi-là le visage étrangement poupin. Cesaria Evora a repris ses médicaments, elle va mieux, mais le briquet lui tombe des mains. Elle a de la peine, lourde.

Dire est compliqué, alors elle plaisante : "Je vais arrêter, un jour, mais pas que ça . En fait, j'arrête tout. Je n'ai pas de force, pas d'énergie. Je veux que vous disiez à mes fans : excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir m'absenter pour cause de maladie, j'aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m'ont suivie depuis si longtemps.

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Pas de liberté sans rigueur

 

Par Christian Antourel

   « K’BICH fait sa rentrée et poursuit les projets déjà lancés. Nous travaillons le
Solfège rythmique, la batterie, le tambour, des percussions diverses. Souvent sur des bandes sonores ou accompagnés par des musiciens. Nous tenons particulièrement à permettre à nos élèves de vivre des expériences variées et mener des projets personnels » 

Dans son école de musique, Hervé Laval dispense des cours individuels et collectifs, pour débutants, intermédiaires et avancés. Adultes et enfants à partir de 7 ans. Des plus jeunes sont acceptés lorsqu’ils présentent des dispositions évidentes et manifestent un talent inné, déjà annonciateur d’autre chose. Outre le subtil mélange entre cours magistral et travaux dirigés, pour un enseignement efficace, l’école organise au long de l’année des manifestations culturelles fortes, qui viennent appuyer et mettre en application la chose apprise en classe :

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Madin'Voices

La création de L’association MADIN’VOICES fait suite à la rencontre entre des chanteurs et amoureux (organisateurs de concerts, techniciens, mécènes) du chant classique. Amateurs et professionnels de chant lyrique, ils ont voulu partager leur passion en cherchant à structurer les moyens de faire connaître cette musique particulière, difficile et magique.

Voir leur dossier de présentation

 

La musique contemporaine est prisonnière des fausses avant-gardes


Par GUY LELONG

La musique dite «spectrale» a été initiée au milieu des années 1970 par Gérard Grisey et Tristan Murail. Elle constitue, un siècle plus tard, l’équivalent musical de l’impressionnisme pictural, les formes déduites de la nature du phénomène sonore correspondant à celles déduites de la nature de la lumière colorée. Elle a connu une réception manquée dans son pays d’origine. Et aujourd’hui, les milieux les plus institutionnels de la musique contemporaine en France l’oublient lorsqu’ils résument le paysage actuel à une opposition entre réaction néotonale et néoavant-garde simpliste. Que s’est-il passé ?

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Belle soirée au CMAC-Atrium

  Trente ans plus tard le groupe Bélénou créé en 1980 par Edmond Mondésir et Léon Bertide est en train de réussir son pari. Le Bélé instrumental que développe le groupe, le renouveau des mélodies et des textes inscrits au cœur de la réalité caribéenne que l'on a pu découvrir le jeudi 12 mai au CMAC en témoignent, ainsi que les reconnaissances  internationales qui commencent auréoler Bélénou. Le 24 mars dernier Olivier Morel Maroger directeur délégué de France Musique décernait à Edmond Mondésir le Prix France Musique du Monde lors de l'ouverture du Forum Babel Med à Marseille. Ce forum international participe aux rencontres professionnelles de la World Music connues sous le nom de Dock du Sud. La grande intelligence créatrice du groupe se manifeste par une alliance, un dialogue permanent entre l'hier et l'aujourd'hui, on serait même tenté de dire, compte tenue de la formation universitaire de philosophe d'Edmond Mondésir une dialectique vivante et enrichissante. Comme quoi on peut être ( ou avoir été) marxiste et musicien!

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Yolanda Suarez, la robe et le piano.

 

Par Selim Lander.


Ce fut une très agréable surprise, le vendredi 15 avril, lorsque la pianiste est montée sur la scène pour son récital. Yolanda Suarez avait revêtu pour la circonstance une longue robe aux couleurs vives, presque une robe de carnaval, comme on n’a pas l’habitude d’en voir dans les salles de concert. Avec son port de reine, son gracieux visage, son sourire charmant, elle a conquis le cœur du public avant même d’avoir joué la première note. Première impression confirmée par la suite : le ramage était à la hauteur du plumage !

Yolanda Suarez a choisi d’aborder d’abord le répertoire classique, puis de présenter quelques compositeurs de son pays, Cuba. Après la première œuvre du programme, un long morceau de César Franck un peu laborieux et décousu à notre gré, la pianiste a donné toute la mesure de son talent dans la sonate « Au clair de lune » de Beethoven, composée en 1801. Elle a excellé en particulier dans le premier mouvement, lent et doux (adagio sostenuto), exécuté avec un phrasé parfait. Le morceau de Rachmaninoff, qui a suivi, était un cran en dessous. Il n’était pas mal joué mais, nous a-t-il semblé, comme le premier, sans grande émotion. Ce qui n’était plus le cas de la première Arabesque de Debussy qui a conclu cette première partie classique : une musique cristalline qui ruisselait comme une eau vive des doigts de l’interprète. Composée en 1888, presqu’un siècle après la sonate de Beethoven, elle témoigne de ce que la musique dite classique n’a pas connu de bouleversement radical au XIXe siècle, contrairement à ce qui se passera au siècle suivant
Dans la deuxième partie, nous avons surtout remarqué six danses du compositeur cubain Ernesto Lecuona dont la musique, en dépit de ses difficultés techniques, s’est révélée légère, entrainante, bref étonnamment facile à l’audition. Une manière sympathique d’achever le programme sur une – ou plutôt plusieurs – notes euphorisantes.
Yolanda Suarez, âgée de trente-neuf ans, est déjà bien connue du public de Martinique où elle enseigne son instrument. Elle vient d’être récompensée par un deuxième prix au concours Musical de France à Paris.
A l’Atrium de Fort-de-France, le 15 avril 2011.

 

Cesaria Evora, plus forte que la mort

Cesaria Evora au Grand Rex, à Paris, vendredi 29 avril.


Quelques mois après un grave accident cardiaque, l'artiste cap-verdienne chante à Paris

La dernière fois que Cesaria Evora s'est produite au Grand Rex, à Paris, c'était en novembre 2009. Elle y fêtait la sortie de son nouvel album, Nha Sentimento, joyeux voyage en terres créoles. Quelques mois plus tard, en mai 2010, elle frôlait la mort, opérée en urgence d'un grave problème cardiaque. La " diva aux pieds nus " était mise au repos, chez elle, à Mindelo, sur l'île de São Vicente, au Cap-Vert.

Mais comme elle a une forte constitution, qu'elle se remet de tout rapidement (d'un accident vasculaire cérébral en 2008, par exemple, qui avait interrompu une tournée australienne), Cesaria n'est pas restée au régime sec longtemps. En octobre 2010, elle testait ses appétits scéniques aux Pays-Bas, à Bucarest, à Macao et à Shanghaï.

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Chopin à l’Atrium

 

Par Selim Lander.

  Un jeune homme de quarante-deux ans a interprété Chopin pendant un peu plus d’une heure à l’Atrium devant un public recueilli et qui exprimait volontiers, à la sortie, le bonheur qu’il avait eu d’entendre de la « grande » musique jouée par un interprète talentueux. Et ce public était nombreux ! La grande salle de l’Atrium (baptisée, comme de juste, « Aimé Césaire »), sans être bondée, comme elle le fut quelques jours plus tôt lors du concert des chanteuses brésiliennes du Trio Esperança, était en tout cas fort correctement remplie. Eh oui ! Messieurs les décideurs, il y a un public pour la musique classique en Martinique et celui-ci serait bien plus nombreux si, au lieu de diffuser sur toutes les chaînes de radio la même soupe sonore misérable et insipide, on consentait à distraire un ou deux canaux pour accueillir France Musique et/ou Radio Classique. Il y avait nécessairement dans la salle (nommée « Aimé Césaire », au cas où vous auriez une hésitation) une majorité de notables, bourgeois grands ou petits, qui ont certainement la possibilité de se faire entendre auprès des responsables de la politique culturelle de ce « pays » (Martinique). Alors nous leur lançons un appel : qu’ils exigent que soit mis fin à la consternante médiocrité des programmes en particulier musicaux (mais pas uniquement, hélas !) diffusés par les chaînes de radio ?

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El Diablo :
L’ennemi public numéro 1?


Par Dominique DOMIQUIN

  Dans une lettre à Louise Collet, Gustave Flaubert écrivait "Le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous désespérer." Eh bien j’ai beau être agnostique ascendant athée, aujourd’hui je l’avoue : je rêve d’être El Diablo, ou plutôt d’avoir son pouvoir. D’ailleurs, sauf à être hypocrite, quel homme sur cette île pourrait sérieusement me blâmer ? Imaginez, messieurs, tomber des choupèpettes avôté kon matrité par charters entiers ! D’une œillade désinvolte, déclencher de secrètes inondations et force scènes d’hystérie collective ! D’un sourire ultra-brite, provoquer l’ovulation spontanée d’un essaim d’enamourées ne demandant qu’à vous donner leur Bon Dieu sans confession ? Le pied quoi !

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3 FEY 3 RASIN
Chasseurs de swing

par Christian Antourel

Swing se dit des musiques ou des musiciens qui donnent envie de danser, de faire onduler son corps

.
  Comme les trois mousquetaires ils sont quatre. Un pour tous et tous pour un. D’abord il y a Johan Jean-Alexis et Jean Damien Poullet violonistes impeccables. Il faut dire qu’ils échappent ici à la formation Malavoi, d’autant que leur agilité instrumentale se multiplie encore dans une virtuosité aiguisée de l’art du synthétiseur pour le premier et de la basse pour l’autre. Subtilités qu’ils alternent sur scène dans une fluidité de jeux improbable. Ces deux la ont en mémoire et gravé dans les doigts les armoiries respectivement du conservatoire de Paris et de Montpellier. Le troisième larron, le très talentueux percussionniste «  Pidou » Réviton , un personnage dans le monde du théâtre du conte et du tambour. Bien sûr, tous trois enseignent leur art avec le plaisir et la volonté non dissimulée de faire passer le message de la musique à travers les générations. De l’ombre apparaît aussi Joseph Valey en D’Artagnan très beau, la tête pensante, le manager du groupe. Le swing, c’est en soi d’abord, mais il faut aussi y travailler : le rapport au temps et au rythme va tellement profond en soi-même qu’on peut le pousser très loin. Leur jeu qui se confine aux structures du jazz est poussé d’un cran plus avant, sans se heurter au mur d’une incompréhension musicale.

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Patrick


Par Dominique DOMIQUIN


  Nul doute qu’il sirote déjà un punch coco avec Féla Kuti, Vicentico Valdez,Pacheco, Stellio, Fitzgerald, Hendrix, Oum Kalthoum, Brassens, Mozart, Loyson et les autres. Il avait dans la voix ce tonnerre fragile qui nous est propre et qui touche à l’universel. Ses textes comme ses mélodies disaient la profondeur et la légèreté de nos vies d’hommes et de femmes guadeloupéens, antillais, créoles et plus largement caribéens. Patrick Saint-Eloi ne savait pas chanter sans son âme. Il avait le courage, la folie de se mettre à nu devant des foules immenses sans jamais se départir d’une grande pudeur. Sa sensibilité n’était jamais sensiblerie. Pas de guimauve chez ce magicien de génie mais une tendresse authentique, une Humanité qui coulait, se répandait en nous comme un secret.
Il était notre proche. Chacun de nous a son lien personnel avec l’une ou plusieurs de ses chansons. Feu Jean-Louis Mérault (l’un des plus grands pianistes que la Guadeloupe ait engendré) disait souvent : « S’il nous fallait arrêter un hymne pour la Caraïbe, le choix serait terriblement difficile entre Redemption Song, Café et le West Indies de Patrick… Peut-être nous faudrait-il mélanger les trois ! »
Faisant frissonner chaque orteil de notre âme avec le groupe Kassav, Patrick a fait exploser le Zouk ! Combien de miles parcourus dans le monde pour faire partager notre culture, notre langue et notre musique assumées ? Combien de pistes artistiques explorées, défrichées ? Son art extrêmement difficile, il avait la politesse de nous le faire passer pour simple. Monstre de talent, crooner de ces dames, artiste engagé à ses heures, souvent imité, jamais approché, Patrick Saint-Eloi chérissait cette île-papillon où son lonbwik est enterré. Le voilà parti virer en Guinée… Quand nous aurons ravalé la tristesse, il nous restera sa musique et son cri comme sillons. Avec lui, la Guadeloupe toute entière perd un intime.


Mèsi on pil, ti-mal.
Lonnè èk Rèspé.


Dominique DOMIQUIN
Fort-de-France, le 18 Septembre 2010 

Chanteuses et femmes d'influence


Les femmes invitées, du 13 au 16 octobre, au Women's Forum doivent leur présence à Deauville à leur part de pouvoir dans le circuit des affaires, à leur ténacité exemplaire ou à leurs capacités d'influencer. La manifestation a été créée en 2005 par Aude Zieseniss de Thuin. Tout, absolument tout, se dit en anglais, et on ne lésine pas sur la démonstration.

Vendredi 15 octobre, l'actrice américaine Aimee Mullins (femme guépard dans Cremaster 3, du plasticien Matthew Barney, reportrice dans World Trade Center, d'Oliver Stone) donnait les recettes pour survivre dans un monde de brutes. Ancienne employée du Pentagone, athlète de haut niveau, c'est le styliste britannique Alexander McQueen qui l'a définitivement convaincue que le handicap est un atout. En 1999, pour un défilé Givenchy, il lui crée une paire de jambes en hêtre sculpté. Les spectateurs y voient des bottes de bois portées par un mannequin gracieux, ignorant que l'élégante qui les porte a des prothèses à la place des pieds, perdus à l'âge de 1 an.

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Pour Patrick Saint-Eloi

par Gérard DELVER
Patrick CHAMOISEAU

  Il y a d’abord le respect dont il faisait preuve à l’égard de tous.
Puis sa bonté.
Puis sa simplicité.
Puis cette humilité qui faisait partie de son talent, en intensité, en force et en fragilité.
Il y a encore, l’absence de renoncement, ou de désengagement, dans une vie qu’il a voulu mener en solitaire pour mieux être solidaire.
Ce qui nous reste, c’est cette célébration constante de sa terre, de son pays et de son peuple. C’est son inclinaison naturelle à associer aux rythmiques de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, les mélodies et harmonies de toute la Caraïbe et des autres faces du monde ; comme si, dessus la base féconde de la polyrythmie du zouk, pouvait se capter et se vivre au mieux ce que nous sommes : des identités enracinées mais ouvertes, opaques mais tellement claires d’amour, de danse, d’amitié, de la joie et de la douleur du vivre…
Ce qui nous reste, c’est cette langue créole menée vers les intensités de la douceur la plus extrême, exaltée dans les célébrations du sentiment, forcée d’accorder son éclat aux labyrinthes des vieux lenbé.
Ce qui nous reste, c’est la langue créole soudain capable d’exprimer ce que les hommes d’ici savent si peu exprimer : le désarroi, la tendresse, la mélancolie, notre fragilité en face des grands soleils de l’émotion, et de la puissance des femmes.
Nous reconnaissons-là, au coeur même du créole, de sa culture et de sa langue, un tressaillement lyrique considérable. Mieux qu’une réussite : une source singulière qui fera de son passage parmi nous un événement aussi impérissable qu’une floraison de flamboyants.
Patrick St Eloi nous a chanté la vie.
Et de savoir que nous ne le verrons plus danser avec nous, parmi nous, fait partie de ces peines sans remèdes qu’il avait su nous faire chanter.
Gérard DELVER
Patrick CHAMOISEAU
18 09 2010. 

Kassav perd l'un de ses membres
 

  L'ancien membre du groupe Kassav, le chanteur guadeloupéen Patrick Saint-Eloi est décédé samedi matin des suites d'une longue maladie. Il était âgé de 52 ans.

Il était l'un des membres du groupe Kassav. Patrick Saint-Eloi est décédé samedi matin à l'âge de 52 ans, des suites d'une longue maladie. L'information a fait le tour de la Toile, avant d'être confirmée par RFO, qui rappelle que la santé du chanteur de zouk guadeloupéen "était chancelante" depuis plusieurs semaines. "Nous avons perdu un frère aujourd'hui", a déclaré, très ému, le bassiste et fondateur de Kassav, Georges Décimus, à Franceantilles.fr . Ses obsèques se dérouleront dans sa ville natale du Moule en Guadeloupe.

La vie de Patrick Saint-Eloi s'est toujours faite en accord avec l'univers de la musique. A 17 ans, afin de tenter sa chance, il décide de quitter son île pour se rendre à Paris. Après avoir intégré le groupe Venus One, il rejoint en 1982 les membres de Kassav et rencontre ainsi le succès tant espéré. Pendant vingt ans, il est l'un des leaders de ce groupe, fondé à la fin des années 1970. Parallèlement, Patrick Saint-Eloi réalise ses propres créations et parvient peu à peu à s'afficher comme l'un des pionniers du Zouk Love. Le chanteur est l'auteur et l'interprète de West Indies, son premier gros tube, tiré de son album solo Mizik Sé Lanmou, sorti en 1985.

En 2002, l'artiste décide de quitter le groupe Kassav pour se consacrer à sa carrière solo. Très populaire aux Antilles, mais également en métropole, il devient en quelque sorte l'un des ambassadeurs de la culture guadeloupéenne. En 2007, pour fêter ses 25 ans de carrière, il produit un best of de ses compositions dans un album intitulé Zoukolexion et se produit au Zénith de Paris. Samedi, la Guadeloupe a perdu "l'une de ses plus belles et talentueuses voix" résume en quelques mots le site de France Antilles.
le JDD 18 Septembre 2010  

Musiques sans frontières

Pascal Dusapin
 
(PHOTO : AFP) Au-delà des étiquettes et des chapelles, le paysage musical contemporain est une nébuleuse passionnante et mondiale

  Musique contemporaine " détermine une notion qui signifie approximativement " musique d'expression écrite après la guerre ". Cela permet de la différencier du jazz, du rock, de la pop, etc. C'est une musique qui se veut donc la persistance de la musique dite " classique ", qui est également une expression peu idoine tant elle englobe un genre plutôt qu'un style.

Pour faire très court, par " musique contemporaine ", on entend donc quelque chose qui nous arrive des Viennois (Mahler, Schoenberg, Berg, Webern) et qui continue après la guerre avec Stockhausen, Nono, Berio, Ligeti, Boulez jusqu'à aujourd'hui. Notons déjà que Sibelius, Varèse, Bartok, Janacek et même certains aspects de la musique de Stravinsky s'intègrent assez mal dans ce dispositif doctrinal.

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Blues sans interruption, pour Paco Charlery…

par Jean Durosier DESRIVIERES

  …à Roselle, dans le New-Jersey, en marge de maints doutes en ce dimanche du vingt-deux août, la nouvelle arrive dans la chambre en coup de vent comme ce poème en plein midi, toujours en marche comme ça me prend à Fort-de-France, comme un dernier coup de trompette qui me claque le corps que je laisse tomber sur le tapis de cette chambre ivre, le soir de la nouvelle… j’accuse qui ? Marius, Marius Gottin, ton frère de congas Paco !… un coup de tambour pour lui quand même… il est dit dans un coin de mon poème que mon ami va entrer à l’hôpital lui aussi en ce lundi six du neuvième mois de cette année deux-mille-dix, quinze jours après cette nouvelle de ta fuite vers les étoiles : question de cœur aussi… il est dit que je prendrai l’avion pour Port-au-Prince Haïti Grandes Antilles dans deux jours, et je tiens à revoir ta gueule, porteur de mauvaise nouvelle : Wopso ! …il est aussi dit dans mon poème des souvenirs fabuleux qui me reviennent dans le désordre de la mémoire comme des mouchoirs pour sécher mes larmes de l’intérieur… vas-y l’ami Paco, place ton Ibo dans ce flot de « Mots et notes pour dire le François », c’est encore l’âme de nos îles qui frétille aux bouts de tes doigts de feu, du ras des paumes de tes mains au ras de la peau du tam-tam… t’en souviens-tu ?… te voici récemment debout maestro, au cœur de la cour Perrinon, talonnant dièse et bémol sur tous les tons, graves et aigus… et c’est à l’Impératrice que tu m’as livré tes dernières pensées bien aiguisées… ce jour de fin juillet, de fin de festival… lequel ? je ne sais : tout ce qu’on s’était dit se comprime dans nos cœurs désormais… adieu vieux cachets qui te portaient encore à croire à la grande symphonie de la vie… la vie, c’est encore ta présence à la Caravelle où tes rythmes glissent entre les mets fumant la mer, l’ail et le beurre… ton simple regard dit : ce morceau se joue pour le patron du bar ! …il a bon cœur, celui-ci, et ceci se lit dans son regard… un coup pour chacun, saltimbanques et musiciens… un vieux pour toi mon vieux Burdy, un petit punch pour Cissé… puis gonfle le ventre à la trompette Paco, gonfle-lui le ventre… emmerde le piano, joue une dernière note pour mon amie Charlotte, Pitit mwen… ramène-moi au salon, après tout, écoutons avec dévotion cette pièce que tu n’as pas su graver au cœur de ton dernier bébé… restons dans le noir, restons-y avec ces airs inédits, ces airs de prière qui semble invoquer Petrucciani… j’aime ce beau bain bleu qui habite ta nuit mon ami, I feel ton blues sans fin, frère de cœur…

 

PATRICK


 

Par Dominique DOMIQUIN


   Nul doute qu’il sirote déjà un punch coco avec Féla Kuti, Vicentico Valdez,Pacheco, Stellio, Fitzgerald, Hendrix, Oum Kalthoum, Brassens, Mozart, Loyson et les autres. Il avait dans la voix ce tonnerre fragile qui nous est propre et qui touche à l’universel. Ses textes comme ses mélodies disaient la profondeur et la légèreté de nos vies d’hommes et de femmes guadeloupéens, antillais, créoles et plus largement caribéens. Patrick Saint-Eloi ne savait pas chanter sans son âme. Il avait le courage, la folie de se mettre à nu devant des foules immenses sans jamais se départir d’une grande pudeur. Sa sensibilité n’était jamais sensiblerie. Pas de guimauve chez ce magicien de génie mais une tendresse authentique, une Humanité qui coulait, se répandait en nous comme un secret.
Il était notre proche. Chacun de nous a son lien personnel avec l’une ou plusieurs de ses chansons. Feu Jean-Louis Mérault (l’un des plus grands pianistes que la Guadeloupe ait engendré) disait souvent : « S’il nous fallait arrêter un hymne pour la Caraïbe, le choix serait terriblement difficile entre Redemption Song, Café et le West Indies de Patrick… Peut-être nous faudrait-il mélanger les trois ! »
Faisant frissonner chaque orteil de notre âme avec le groupe Kassav, Patrick a fait exploser le Zouk ! Combien de miles parcourus dans le monde pour faire partager notre culture, notre langue et notre musique assumées ? Combien de pistes artistiques explorées, défrichées ? Son art extrêmement difficile, il avait la politesse de nous le faire passer pour simple. Monstre de talent, crooner de ces dames, artiste engagé à ses heures, souvent imité, jamais approché, Patrick Saint-Eloi chérissait cette île-papillon où son lonbwik est enterré. Le voilà parti virer en Guinée… Quand nous aurons ravalé la tristesse, il nous restera sa musique et son cri comme sillons. Avec lui, la Guadeloupe toute entière perd un intime.


Mèsi on pil, ti-mal.
Lonnè èk Rèspé.


Dominique DOMIQUIN

 

Youssou N'Dour exalte le reggae

  Fausse alerte. Le Sénégalais Youssou N'Dour ne s'est pas mué en chanteur de reggae. Son nouvel album, Dakar-Kingston, présenté au cours d'une tournée mondiale commencée le 23 mars à l'Olympia, a été enregistré en partie à la Jamaïque avec des figures célèbres du genre (Mutabaruka, Patrice, Morgan Heritage, Tyrone Downie, Earl "Chinna" Smith, Dean Fraser).

L'artiste y reprend quelques-uns de ses succès à la sauce reggae et en compose d'autres dans le même esprit. Un tel basculement, si massif, peut laisser croire que Youssou N'Dour a définitivement fait allégeance à la musique de Bob Marley. Ce n'est pas le cas. Nous avons assisté à la première présentation en public de l'album Dakar-Kingston, le 28 février à Dakhla, au Maroc. Le chanteur en reprend les deux tiers des titres - du reggae donc -, mais il interprète aussi les morceaux qui ont fait sa réputation dans leur version originale (Set, Birima, New Africa..

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A la Goutte-d'Or, la joyeuse folie de Dobet Gnahoré

  Eblouissante de beauté et d'énergie, Dobet Gnahoré se produisait le 13 mars au Centre musical Fleury-Goutte-d'Or-Barbara, à Paris, avant de s'envoler trois jours plus tard pour le Japon et le Vietnam. La chanteuse ivoirienne, née à Abidjan en 1982, trouve en scène un terrain à sa mesure. Si l'intensité de la voix captive, c'est aussi parce qu'elle sait pousser le micro, danser, gazelle ahurissante, qui bondit, trépigne, parle aux ancêtres et renvoie au public sa folie joyeuse.

Dobet Gnahoré a un look : elle porte une jupe à pans jaunes sur pantalon noir, un bustier indigo, des bracelets et des tresses semées de rubans relevées sur la tête. Son nouvel album, le troisième, Djekpa La You, est dédié aux enfants. Accompagnée par un trio efficace (Colin Laroche, de Féline, à la guitare, Clive Govinden à la basse et Boris Tchango à la batterie), Dobet Gnahoré chante les orphelins rencontrés en Namibie, une femme élevant seule sa progéniture dans une cahute qui prend l'eau, et rend hommage aux arbres "témoins de l'humanité".

Les paroles sont en bété, en bambara, en swahili, en dida, en mina, dioula ou maronga, toutes ces langues africaines qu'elle ne parle pas forcément, mais qui la fascinent, dit-elle. Ses textes, écrits en français, sont traduits par des proches. La jeune chanteuse et actrice malienne Fatoumata Diawara, installée en France, comme elle, depuis plusieurs années, lui en a ainsi transcrit plusieurs en bambara.

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Jean Ferrat

Longtemps j’ai appréhendé le jour où les journaux radio-télévisés débuteraient par quelques notes d’une chanson de Jean Ferrat. Ce jour est arrivé, hier le 13 mars.
Je n’ai jamais rencontré l’homme, à mon regret ; mais je crois connaître l’œuvre. Connaître ? Aimer plutôt. Ce qui ne m’empêche de porter un regard critique sur une production « à part ».
Comme l’a souligné Bruno Joubrel, dans un bel ouvrage issu de sa thèse (Jean Ferrat. De la fabrique aux cimes, paru aux Belles Lettres, avec une réédition en 2008), des paradoxes ont caractérisé les textes et la vie même de J. Ferrat. Tout amateur de ses chansons aura remarqué le hiatus qui existe entre des textes protestataires et des musiques éminemment classiques, faisant intervenir ici un clavecin, là un hautbois, souvent des violons. Un autre fossé est celui de son rapport aux médias : les fustigeant et les fuyant, il a su aussi les conquérir et les charmer. Ses succès lors de ses trop rares passages à la télévision, et les ventes impressionnantes de ses albums, créations ou compilations, le prouvent assez.
Inutile d’ajouter en ces circonstances tel ou tel commentaire sur sa poésie. Souvenons-nous d’un artiste humaniste et résolument optimiste, pour qui le monde sera beau ; il l’affirmait et le signait.
Je voudrais simplement, pour détonner, ne pas me rallier à tous les discours réducteurs et redondants que l’on a commencé dès hier à nous asséner. Il est si commode, si politiquement correct, de clamer que le bon Jean Ferrat a célébré la Montagne, en porte-parole, en porte-chant d’une écologie avant la lettre en 1964, et si bien récupérée aujourd’hui.
On oublie ou on ignore qu’il a abordé bien d’autres sujets, d’autres causes, toujours humaines. Il me suffira de citer quelques titres pour montrer que, s’il a si bien chanté sa France, il s’est soucié des autres pays, de ces pays qui souffrent ou qui espèrent. Ce fut en 1967 Indien, (pauvre Indien), titre dont il fut auteur-compositeur-interprète ; ce fut Quatre cents enfants noirs en 1964, ou encore A moi l’Afrique en 1972, les paroles de ces deux derniers titres étant dus à Michelle Senlis, de même que Les belles étrangères en 1965 ou Les derniers tziganes en 1971. Henri Gougaud a écrit les paroles de Cuba Si, mis en musique par J. Ferrat et paru en 1967.
L’Ardéchois a vécu libre et solitaire, fidèle à son esprit de cavale. Sa retraite cévenole ne l’a pas soustrait au monde, elle l’a enrichi en lui épargnant les faux-semblants d’une société factice et brillante. Sa montagne n’est pas une carte postale, elle est un chant d’amour universel dédié à son pays qui était beau, et à tous les pays dès lors qu’un poète amoureusement les chante. Comment expliquer sans cela sa notoriété ici en Martinique ?
Brassens et Ferrat n’étaient sans doute pas d’accord sur l’engagement de l’artiste. Mais voilà leur opposition abolie. Le premier ne voulait pas mourir pour des idées, ou alors de mort lente. Le second n’est pas mort pour des idées non plus. Mais avec des idées, ses idées, ses idéaux.
Christian Bouchet
Maître de conférences UAG. Schoelcher.
christian.bouchet@martinique.univ-ag.fr

 

Adieu Mano Solo

 

Par Sophie Delassein

Mano-Solo_Velours-violence.jpg Sale début d'année, triste hiver 2010. Après l'incomparable Lhasa, nous apprenons ce matin même la disparition de l'indomptable Mano Solo, des suites de plusieurs ruptures d'anévrisme. Il avait 46 ans.

Pour ceux, très rares, qui ne le connaissaient pas, Mano Solo était le fils du dessinateur Cabu et d'Isabelle Monin, une militante écologiste (créatrice de la revue « La gueule ouverte ») ; elle a elle-même annoncé la nouvelle ce dimanche, sur le forum de Manosolo.net :

« Il ne viendra plus.
Il ne viendra plus nous invectiver.
Il ne viendra plus nous encourager.
Il ne viendra plus nous donner tout ce qu'il avait : son talent, sa force, son élan, sa générosité.
Il ne viendra plus le raoul, l'incomparable Mano Solo.
Il ne me dira plus "Isabelle je t'aime"... Mon petit Mano. »

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Que du bonheur !

 

Do ré mi . A Paris, création française de la comédie musicale increvable «Sound of Music», dont l’adaptation filmique connut un succès planétaire.

Par ERIC DAHAN

 The Sound of Music musique de Richard Rodgers, paroles des chansons d’Oscar Hammerstein II, livret de Howard Lindsay et Russel Crouse, chœur du Châtelet, orchestre Pasdeloup, dir. Kevin Farrell, m.s. Emilio Sagi. Jusqu’au 3 janvier au Théâtre du Châtelet. Loc. 01 40 28 28 40.

Il fut un temps où, pour occuper les enfants, il n’y avait ni Xbox, ni DVD, ni Internet, ni même télévision couleur. Le peuple emmenait sa progéniture au cinéma voir Ben Hur ou Maciste contre le cyclope, auxquels les élites préféraient la Mélodie du bonheur, couronné en 1965 par cinq oscars et classé aujourd’hui troisième film le plus vu aux Etats-Unis après Autant en emporte le vent et la Guerre des étoiles.

cheval blanc. Si l’on schématise, c’est le primat de l’idéologie, qui oppose en permanence présumés conservateurs et progressistes, qui explique peut-être qu’il ait fallu attendre cinquante ans pour la création scénique de The Sound of Music, ou la Mélodie du bonheur, comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, créée à Broadway en 1959 d’après la Famille des chanteurs Trapp, autobiographie fortement romancée de l’Autrichienne Maria Augusta Trapp. Entre ceux qui auraient pu l’apprécier mais préféraient la musique ou le théâtre «sérieux» et le public du Châtelet ne jurant alors que par l’Auberge du cheval blanc, il est vraisemblable que dans le Paris des années 60, la Mélodie du bonheur n’aurait pas trouvé son public.

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Du sang neuf au philharmonique de New York

  «Les espoirs que l'orchestre a mis en moi sont grands» explique Alan Gilbert, ici lors d'un concert à Hanoi, le 17 octobre 2009, à la tête du New York Phillharmonic. (DR)
«Les espoirs que l'orchestre a mis en moi sont grands» explique Alan Gilbert, ici lors d'un concert à Hanoi, le 17 octobre 2009, à la tête du New York Phillharmonic. (DR)
Alan Gilbert, 42 ans, tout nouveau directeur musical de la grande formation américaine, fait escale à Paris.

Après Zubin Mehta, Kurt Masur et Lorin Maazel, le New York Philharmonic Orchestra a joué la carte de la jeunesse en nommant à sa tête un chef de 42 ans, Alan Gilbert, encore peu connu du grand public. Décision symbolique à plus d'un titre. Si Gilbert n'est pas le premier Américain à occuper cette fonction (Leonard Bernstein fut le plus célèbre précédent), il est bien le premier New-Yorkais à être le patron de cette formation. Ensuite, c'est un véritable enfant de la balle : ses parents étaient membres du pupitre des violons du New York Philharmonic.

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Miles Davis, trente ans de création en 70 CD
 

  L'objet pèse ses 2 bons kilos et annonce fièrement "l'intégralité des albums studio et live enregistrés par Miles Davis pour le label Columbia". Soit 70 CD pour 52 albums - il y a des albums doubles -, certains indisponibles depuis plusieurs années, présentés dans leurs pochettes d'origine, cartonnées, et pour un bon nombre d'entre eux accompagnés de prises différentes et de raretés. Prix en magasins et sur les sites de vente en ligne : de 170 à 180 euros.

Soyons clair, dans le secteur du jazz, la parution de Miles Davis : the Complete Columbia Album Collection fait son petit effet événementiel. Miles Davis est une star, et le soin général apporté à la réalisation de cet ensemble impressionnant montre qu'il est traité en conséquence.

Miles Davis et Columbia, c'est une longue histoire. Trente ans entre la première séance d'enregistrement du trompettiste pour la compagnie phonographique américaine, le 26 octobre 1955 à New York (avec John Coltrane), et la dernière, le 4 février 1985 au Easy Sound Studios de Copenhague (en principal soliste d'une composition pour grand orchestre de Palle Mikkelborg).

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Salif Keïta célèbre la différence

Le prince de la musique malienne sort un album acoustique émouvant, guidé par son combat au secours des albinos d'Afrique.

Vu de France, ses compatriotes Rokia Traoré, Oumou Sangaré, et bien sûr Amadou et Mariam, ont accaparé l'attention de ces dernières années. C'est pourtant au cours de cette période, précisément depuis la sortie de ses albums Moffou (2002) et M'Bemba (2005), que Salif Keïta aura opéré un retour magistral au-devant de la scène des musiques maliennes modernes. Cette inspiration, éclectique et généreuse, l'a remis en selle de par le monde et elle se poursuit, aujourd'hui, avec la parution du remarquable La Différence.

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Le succès de la pop «made in France» aux États-Unis
 

Phoenix,en juin dernier, à Angoulême. Les musiciens français n'ont jamais autant eu la cote en Amérique. Un festival est organisé à Los Angeles soutenu par le consul... David Martinon.

L'affiche bariolée accueille dès le terminal de l'aéroport de Los Angeles. Le festival Ooh la L.A. !, dont la première édition se tenait la semaine dernière, avait rempli ses promesses avant même son coup d'envoi : attester de la vitalité de la production musicale française en terre américaine. Prestigieuse salle sise sur Hollywod Boulevard, le Henry Fonda Theater a ainsi vibré trois soirées durant au rythme d'artistes de l'Hexagone.

«Ce festival s'adresse aux Américains, pas aux Français qui vivent ici, ce qui en fait son intérêt», explique Marc Collin, à l'affiche avec son projet Hollywood mon amour, qui revisite les bandes originales des années 1980. «Aujourd'hui, les groupes français parviennent à s'imposer ici, grâce au grand nombre d'Américains qui s'intéressent à notre musique.» Un phénomène inimaginable il y a vingt ans, lorsque la production française souffrait d'un niveau très inférieur aux standards anglo-saxons. « La révolution, c'est la musique électronique, qui a donné les mêmes outils à tout le monde en même temps», constate Collin.

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"TOTAL PRAISE", l'emprise totale

par Roland Sabra

  Il est le résultat d'un processus d'acculturation au sein de la société esclavagiste nord-américaine. L'évangélisation servait les intérêts des maîtres. Les esclaves noirs canalisaient leur malheur dans la liturgie des églises blanches. Pour la paix des maitres! Mais qui dit acculturation dit aussitôt appropriation et transformation de la culture dominante. Les repons ces dialogues entre le soliste et le chœur, fréquents dan las cantiques protestants anglo-saxons et sans doute issu du chant grégorien, ont été détournés par les esclaves, ils sont devenus des moyens d'expression de la douleur de la vie, des souffrances, de la mort, de l'amour, de l'espoir. Cette première transformation donnera naissance à ce que l'on a appeler le Négrospiritual. Au XIXeme siècle l'exode rural vers les ville va transformer le contenu de ces compositions qui vont perdre une partie de leur dimension « doloriste » au profit d'un regain d'espérance de réparation, de récompenses dans l'autre monde. L'insistance se fera sur le lien entre la vie ici-bas et le divin. Les musiques profanes comme le jazz ou encore le blues vont elles aussi concourir à la mutation. De la souffrance àa l'espérance tel semble être le chemin qui va du négrospiritual au gospel.

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Les (r)évolutions musicales de Miles Davis exposées à Paris

Miles Davis face à sa légende

  C’est une première mondiale: Une exposition riche et sans précédent retrace le fabuleux parcours du jazzman noir américain. A la Cité de la Musique jusqu’au 17 janvier

Disparu voici dix-huit ans, Miles Davis se retournera-t-il dans sa tombe ? Lui qui ne détestait rien tant que de se pencher sur le passé, se voit aujourd'hui exposé en long et en large à la Cité de la Musique. La dite expo, étalée sur 800 m2, est une première mondiale : nul n'avait encore convaincu ses héritiers d'ouvrir les armoires du génial trompettiste…

We Want Miles retrace la totalité du parcours exceptionnel de ce rejeton de la bourgeoisie noire de Saint-Louis.  

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Mercedes Sosa: L'Argentine sans voix

 

 

  C'était une des chanteuses les plus puissantes d'Amérique latine. Mercedes Sosa est décédée dimanche matin dans une clinique de Buenos Aires, à l'âge de 74 ans, au terme d'une longue maladie.

Surnommée "la Negra", l'artiste d'origine indienne, née dans la province de Tucuman, avait donné ses lettres de noblesse au folklore argentin, popularisant zambas, chacareras ou milongas sur le continent et au-delà. Une veillée devrait être organisée dimanche au Congrès des députés à Buenos Aires, un privilège réservé aux personnalités importantes en Argentine.

Cette voix grave et vibrante avait aussi porté, toute au long de sa vie, des engagements politiques et sociaux. Dans les années 1970 et 1980, Mercedes Sosa défend la cause indienne, participe aux luttes syndicales et à de nombreuses manifestations pour les droits de l'Homme. Elle est d'ailleurs arrêtée lors d'un concert au début de la dictature militaire (1976-1983) et s'exile en Espagne et en France. Elle ne remettra le pied dans son pays qu'avec le retour de la démocratie. "C'était la voix de ceux qui n'avaient pas de voix pendant la dictature", a déclaré Victor Heredia, l'un de ses amis et compositeur de plusieurs de ses chansons.

Ses problèmes de santé et son hospitalisation pour une malade hépatique en mars dernier l'ont empêchée de participer au lancement d'un double album intitulé Cantora, composé de nombreux duos avec des vedettes de la musique espagnole et latino-américaine, notamment de jeunes talents, qu'elle a toujours soutenus.

Al.P. - leJDD.fr 04/10/09

 

Les équations syncopées du professeur Iyer

   Le pianiste américain Vijay Iyer (prononcer «Ailleurs») se produira en octobre en France (à Strasbourg, et au Care Fusion Jazz Festival). Ne le loupez pas: voilà un gars vraiment original. Et quel tonus! Ses origines indiennes régénèrent et colorent le Jazz. Très influencé par la dimension rythmique de la musique d’Inde du sud, un mode d’expression basé sur les mathématiques, l’artiste défend l’idée d’une musique contenant une forte dose de pensée abstraite, ainsi qu’une grande quantité de concepts, comme l’harmonie, le rythme et la structure. «La musique d’Inde du sud a recours aux quantités, comme les mathématiques. A une époque, elles étaient reliées à une tradition. Intellect et spiritualité n’étaient pas distincts», explique Vijay, 37 ans, l’un des «neuf intellectuels révolutionnaires» sélectionnés par le magazine scientifique Seed.

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La Ville morte ressuscitée

  Un chef d’œuvre arrive à l’Opéra Bastille : La Ville morte de Korngold. Ce compositeur autrichien (1897-1957) est à la fois méconnu des salles d’opéras et célèbre chez les cinéphiles, fans d’Errol Flynn.

Après avoir quitté l’Autriche, poursuivi par le nazisme comme artiste "dégénéré", Erich Wolfgang Korngold s’installa, à la suite de son ami le réalisateur Max Reinhardt, à Hollywood. Il inventa la musique de films telle qu’on la connaît aujourd’hui: avec Captain Blood notamment. Les Aventures de Robin des bois, où jouait Errol Flynn, lui permit d’obtenir un oscar.

Korngold est l’auteur des plus belles partitions cinématographiques de cette époque hollywoodienne. Il est revenu plus tard à la musique sérieuse mais n’obtint jamais le succès européen que fut celui de La Ville morte, créée en 1920. C’était au même moment qu’Alban Berg réalisa Wozzeck, curieusement et intelligemment programmé en même temps à l’Opéra-Bastille. Le charme de La Ville morte, composée par un jeune homme de 23 ans, tient à la synthèse musicale du post-romantisme et des apports de Mahler, Strauss et Puccini. Korngold ajoute à cet héritage sa griffe faite de mélodie et de sensualité voluptueuse.

Deux autres raisons de ne pas manquer cette production exceptionnelle : la poétique mise en scène de Willy Decker, venue de Vienne et de Salzbourg, et surtout l’interprétation dans le double rôle de Franz/Fritz de l’un des plus brillants barytons français : Stéphane Degout . A découvrir également, la musique de chambre –passionnante – de Korngold programmée également à l’Opéra National de Paris.

La Ville morte de Korngold. Opéra Bastille Huit représentations du 3 au 27 octobre.

 Tél :08 9289 90 90 www.operadeparis.fr 
1 Octobre 2009 Le JDD

 
 

Mayra Andrade Agée de 24 ans, la Capverdienne Mayra Andrade sort Storia, storia..., son deuxième album, qui confirme les promesses de Navega, paru en 2006. Ce petit bout de femme à la moue enfantine, simple et naturelle, exigeante parfois jusqu'au caprice, est une chanteuse époustouflante. Sa voix miroite entre braise et ombre, elle possède cet art de la nuance qui font les grandes interprètes, occupe les scènes d'une présence rayonnante. Avec Sara Tavares (dont le prochain album devrait être publié en septembre), née à Lisbonne en 1978, Mayra Andrade est l'une des belles promesses d'avenir de la musique du Cap-Vert, conçue et créée par les auteurs-compositeurs de sa diaspora, sous influences assumées.

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Coup de jeune sur le catalogue des Beatles

John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo StarrApple et EMI annoncent pour septembre la parution de versions remastérisées de l'ensemble des albums du groupe.

C'est il y a tout juste quarante ans que John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ont enregistré pour la dernière fois de la musique ensemble. Enfermés au studio londonien d'Abbey Road, ils gravèrent alors les deux faces de l'album qui allait porter le titre du lieu où ils avaient consigné pendant sept années la majorité de leurs compositions. La séparation de l'orchestre le plus populaire des années 1960, annoncée peu de temps après, allait plonger des milliers de fans dans un chagrin immense.

Décennie de toutes les utopies

On dit souvent que la décennie de toutes les utopies s'est achevée en août 1969, avec le meurtre orchestré par Charles Manson de Sharon Tate et d'autres amis de Roman Polanski dans la villa américaine du réalisateur. Nul doute que la fin de l'aventure musicale la plus excitante de son époque renforça ce sentiment de perte.

Aujourd'hui, la nouvelle opération d'envergure d'Apple et EMI consiste en la remastérisation de l'ensemble des disques originaux. Édités en CD à la hâte, en 1987, à l'occasion des 20 ans de Sgt.Pepper's Lonely Hearts Club Band, les albums des Beatles n'ont jamais bénéficié des avancées spectaculaires réalisées ces dernières années en matière de gravure numérique. Ainsi, une équipe d'ingénieurs du son des studios d'Abbey Road a passé de longs mois à nettoyer les bandes originales, afin de proposer un son d'une précision et d'une netteté jamais obtenues auparavant.

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Le retour triomphal d'Eminem 

Avec Relapse, Eminem s'amuse à emprunter volontairement le point de vue de l'Américain moyen pour moquer ses pairs. (AP) Crédits photo :
AP

Longtemps considéré comme l'ennemi public numéro un, le rappeur américain trône au sommet des ventes avec son premier album depuis cinq ans.

  Jeudi soir, Eminem interprétait son dernier single, We Made You, sur un plateau de télévision français. Enregistrée plusieurs jours auparavant, la prestation marque officiellement le grand retour d'un artiste qui n'avait rien publié de neuf depuis 2004. À peine sorti, Relapse (Interscope/Universal) est en tête des ventes de disques, autant aux États-Unis qu'en France. Près d'un million et demi d'acheteurs américains se sont déjà rués sur l'album, qui affiche un total de ventes de près de 3 millions dans le monde entier. Les hit-parades d'Australie, d'Autriche, de Nouvelle-Zélande et de Grande-Bretagne n'ont guère résisté à l'assaut de ce disque réalisé une fois de plus par le prophète du hip-hop américain, Dr Dre.

 

Un maniaque des studios, un passionné d'écriture

Issu de l'Amérique white-trash, Eminem est apparu dans le paysage musical il y a tout juste dix ans. Débit agressif, postures provocatrices, prises de position radicales, il a été le premier rappeur blanc capable de se hisser à ce niveau de popularité au sein de la communauté hip-hop mondiale. Enfance malheureuse, rapports conflictuels avec sa compagne… le quotidien du musicien, connu par l'état civil sous le nom de Marshall Mathers, a fait le miel de textes percutants et efficaces.

La raison de son absence de cinq longues années de la scène est expliquée dans les paroles du disque qui vient de paraître. Eminem y chronique sa cure de désintoxication, subie à la suite d'une addiction aux médicaments et à l'alcool. De fait, le trentenaire apparaît considérablement aminci sur les photos qui accompagnent cette parution événement. Maniaque des studios, passionné d'écriture, Eminem a d'ores et déjà signifié son intention de publier un autre disque avant la fin de l'année 2009, Relapse 2.

Après s'en être pris à la communauté homosexuelle, avoir moqué le musicien Moby et les rockers de Limp Bizkit, Eminem livre aujourd'hui ses charges les plus violentes contre son ancienne fiancée, Mariah Carey, et le nouvel époux de celle-ci, Nick Cannon. Politiquement incorrect en diable, il a cependant largement expliqué qu'il s'amusait à emprunter volontairement le point de vue de l'Américain moyen pour moquer ses pairs.

Résolument hostile à la politique de George Bush en Irak, le rappeur entend prouver qu'il continue d'être pertinent dans l'Amérique de Barack Obama. Et il y parvient avec maestria, délivrant avec Relapse un grand disque de rap américain.

http://www.lefigaro.fr/ 29/05/09

 

Un festival réussi qui a éteint la polémique sur Orelsan

66.800 spectateurs et 140 artistes étaient présents pour cette 33e édition. Orelsan, dont certaines associations avaient demandé la déprogrammation, s'est produit dans une ambiance bon enfant.

Un festival réussi  La 33e édition du Printemps de Bourges s'est achevée sur un succès public et a rempli son objectif en enregistrant 66.800 spectateurs en cinq jours, autant que l'an dernier, ont annoncé ses responsables dans la nuit du samedi 25 avril au dimanche 26 avril. Le taux de remplissage des salles a été de 101,5% et le festival estime à 220.000 personnes la fréquentation globale du site. Sur les 66.800 places délivrées, 8.700 étaient des invitations.

Un festival réussi

Daniel Colling, directeur-fondateur du festival déclaré lors d'une conférence de presse que le Printemps et "dans (ses) marques" niveau budget et qu'il ne perdrait pas d'argent. "On a rempli". A l'instar des années précédentes, cette 33e édition était bâtie sur un équilibre entre noms connus et artistes plus pointus dans tous les genres (chanson, rock, électro, rap...), évitant les têtes d'affiche spectaculaires, trop coûteuses. C'est ce qu'a expliqué Christophe Davy, programmateur en chef. "On n'a pas les moyens d'être sur les transhumances des grands noms internationaux (…).On s'est recentré sur un créneau et ça marche bien."

Des artistes de tous pays

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Le rappeur Orelsan confronté à la misogynie dans ses chansons

Le rappeur Orelsan s'est dit "désolé" que le texte de sa chanson Sale pute ait pu "choquer certaines personnes". Moins d'un mois avant son concert au festival du Printemps de Bourges, le 25 avril, une polémique est née ces derniers jours sur le Net, lancée notamment par le blog Du rose dans le gris, concernant les paroles de cette chanson. Diffusée sur le Web depuis plus de deux ans, elle décrit des actes de violence physique contre une femme. Dans un communiqué, le rappeur a affirmé qu'il n'était pas un "agresseur de la gent féminine" et a précisé qu'il avait retiré cette chanson de ses concerts et qu'elle ne figurera pas sur son album.

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" Liberté " signe le retour réussi du roi du raï, Khaled

L'album permet au chanteur de renouer avec les racines des musiques oranaises et marocaines

Avec Liberté, Khaled renoue avec un genre né dans la campagne oranaise, dans l'Ouest algérien, au début du XXe siècle. Khaled n'est pas mort. L'ambassadeur du raï sur la planète depuis l'immense succès de Didi en 1992, le crooner universel d'Aïcha, écrit par Jean-Jacques Goldman pour l'album Sahra (1996), revient avec un nouveau disque, Liberté, une heureuse surprise.

Son album précédent, Ya-Rayi (2004), décevant, avait laissé penser que le roi ne méritait plus sa couronne. Lui, par qui le raï, chant lascif et rythme échevelé, était sorti du cercle de la région oranaise et de la communauté maghrébine, semblait alors éteint, noyé au milieu d'une pléiade d'invités, la voix en perdition.

Avec Liberté, Khaled renoue avec un genre né dans la campagne oranaise, dans l'Ouest algérien, au début du XXe siècle. Il se souvient du raï qu'il chantait dans les mariages, reprend l'habitude des mawwal-s, les longs préludes vocaux. " Des performances vocales qui rendaient les gens fous ", se souvient Martin Meissonnier, réalisateur artistique de l'album.

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"TOTAL PRAISE", l'emprise totale

par Roland Sabra

  Il est le résultat d'un processus d'acculturation au sein de la société esclavagiste nord-américaine. L'évangélisation servait les intérêts des maîtres. Les esclaves noirs canalisaient leur malheur dans la liturgie des églises blanches. Pour la paix des maitres! Mais qui dit acculturation dit aussitôt appropriation et transformation de la culture dominante. Les repons ces dialogues entre le soliste et le chœur, fréquents dan las cantiques protestants anglo-saxons et sans doute issu du chant grégorien, ont été détournés par les esclaves, ils sont devenus des moyens d'expression de la douleur de la vie, des souffrances, de la mort, de l'amour, de l'espoir. Cette première transformation donnera naissance à ce que l'on a appeler le Négrospiritual. Au XIXeme siècle l'exode rural vers les ville va transformer le contenu de ces compositions qui vont perdre une partie de leur dimension « doloriste » au profit d'un regain d'espérance de réparation, de récompenses dans l'autre monde. L'insistance se fera sur le lien entre la vie ici-bas et le divin. Les musiques profanes comme le jazz ou encore le blues vont elles aussi concourir à la mutation. De la souffrance àa l'espérance tel semble être le chemin qui va du négrospiritual au gospel.

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Le Musée de la musique rouvre ses portes

 

Les instruments européens sont présentés dans l'ordre chronologique sur quatre étages.

 par Valérie Sasportas

Comment et pourquoi mettre dans un musée des instruments de musique ? Après deux ans de travaux, il offre une scénographie nouvelle pour raconter l'aventure de la musique européenne du XVIIe siècle au XXe siècle.

«Ah bon  ! Il était fermé ?» s'exclame-t-on souvent à la nouvelle de la réouverture, aujourd'hui, du Musée de la musique, situé au cœur de la Cité de la musique, à la Villette. Il est vrai que celui-ci n'a jamais totalement fermé. Seules les salles dédiées aux collections permanentes ont vu leur accès interdit, au fur et à mesure de l'avancement des travaux, qui ont duré deux ans.

Comment et pourquoi mettre dans un musée des instruments de musique ? La question a été posée en prélude au réaménagement des salles. «Leur présence est nécessaire», affirme sans ambages le directeur du musée, Éric de Visscher, arguant même d'un travail de mémoire. «Il s'agit de montrer, à travers les instruments, les grandes évolutions sociologiques et artistiques de notre société, de mettre en avant les interactions entre les cultures, de mettre en lien les instruments avec les compositions et avec les mouvements de population», explique-t-il. Avant d'ajouter : «Les instruments ont cette dimension polymorphe, à la fois œuvres d'art et objets fonctionnels.» Depuis l'inauguration de l'établissement en 1997, les premières collections, venues du Conser­vatoire, ont été enrichies d'acquisitions propres.

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"Victoires de la musique"  

Bashung, bien entendu

Par Alexis Campion

 Alain Bashung Ces Victoires de la musique sont d'abord les siennes. Alain Bashung a remporté trois récompenses samedi soir lors de la cérémonie retransmise en direct du Zénith de Paris. Le rockeur-crooneur qui lutte contre un cancer du poumon, a remercié le public pour son soutien. "Vous m'avez tellement donné d'amour", a-t-il déclaré, très ému. Camille, Arthur H, Julien Doré, les BB Brunes ou Sefyu sont aussi récompensés.

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Le Midem cherche des remèdes à la crise prolongée du disque

 

Sixième année de crise pour les ventes de disques, avec moins 15 % en 2008. C'est dans un climat de déprime prolongée que s'ouvre le 43e Marché international du disque et de l'édition musicale (Midem) : la musique enregistrée prend ses quartiers à Cannes, du 17 au 22 janvier.

Les maisons de disques n'ont pas encore traversé le gué : en France, leur chiffre d'affaires a été coupé de moitié depuis 2002 - passant de 1,3 milliard d'euros à environ 600 millions d'euros en 2008, selon les premiers résultats communiqués, mercredi 14 janvier, par le Syndicat national de l'édition phonographique.

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Neurologue reconnu, le Britannique n'a jamais cessé de mêler science et littérature, clinique et théorie. Son " Musicophilia " est une ode vibrante à la musique et à ses effets sur l'être humain

Oliver Sacks  Le docteur Oliver Sacks découvrit le pouvoir thérapeutique de la musique alors qu'il travaillait au Beth Abraham Hospital, dans le Bronx, auprès de patients profondément immobiles. Atteintes d'encéphalite léthargique, ces statues vivantes résistaient à tout traitement médicamenteux. Mais la musique, de temps à autre, savait les animer " avec une aisance et une grâce qui semblaient démentir leur parkinsonisme ". C'était en 1966. Le jeune Britannique, qui commençait tout juste à exercer la neurologie à New York, fut fasciné par les comportements de ces malades. Au point de les décrire dans L'Eveil (Awakenings, 1973), l'ouvrage qui, dix ans plus tard, le rendrait célèbre.

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La musique, moteur de Warhol

 

  Une cinquantaine de pochettes de disques (dont la fermeture Eclair de l'album Sticky Fingers des Rolling Stones), créations d'Andy Warhol (1928-1987), sont placées sous Plexiglas au milieu de l'exposition " Warhol Live ", au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu'au 18 janvier 2009. Elles témoignent de " l'ensemble du parcours artistique de Warhol, presque pas à pas, ce qui est plutôt unique ", dit le collectionneur Paul Maréchal.

Sur certaines, Warhol illustre la musique par un instrument, sur d'autres, il la personnalise par un portrait ou offre un concept, comme la banane autocollante de l'album du Velvet Underground, son groupe fétiche. C'est en voyant cette collection, fin 2006, que le commissaire Stéphane Aquin a eu l'idée de " Warhol Live ". L'exposition a été montée avec Emma Lavigne, ex-conservatrice à la Cité de la musique à Paris, aujourd'hui au Centre Pompidou, et Matt Wrbican, archiviste du Andy Warhol Museum de Pittsburgh - où l'on pourra voir " Warhol Live " en juin 2009, après un passage au Fine Arts Museum de San Francisco, de février à mai.

" Eclairer toute l'oeuvre de Warhol à partir de la musique " est le défi relevé avec brio par M. Aquin pour cette exposition multidisciplinaire. Elle est un fidèle reflet du parcours éclectique de Warhol, évoqué par plus de 640 oeuvres ou objets et une centaine d'extraits sonores et musicaux.

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Ouverture du festival de Jazz de Martinique 2008

Chyco Jéhelmann au piano -Photo Philippe Bourgade- Droits réservés- 

Chyco Jéhelmann au piano -Photo Philippe Bourgade- Droits réservés-  Il y a treize ans que Chyco Jéhelmann ne s'était pas produit sur scène. C'est dire l'attente du public le 27 novembre 2008 dans la grande salle de l'Atrium à Fort-de-France ! Attente comblée. Le pianiste martiniquais, seul en scène, en s'installant dans la durée a su créer in climat d'échanges intime avec le public fort nombreux ce soir là/ Quelques phrases musicales, en vérité peu nombreuses, mais exprimées sur une large palette de tonalités, avec des découpes, des inflexions, des reprises, des inversions de schèmes musicaux, des réitérations voilées, qui s'articulent autour d'une thématique servant de fil conducteur, ont donné une cohérence au propos pianistique. Il y a quelque chose  qui inexorablement faisait penser aux Exercices de style façon Queneau. Chyco Jéhelmann, tour à tour mordant et caressant, enjôleur et distant, livre un corps à corps bienveillant avec son piano. La thématique est déclinée, par moment avec une dextérité, au sens fort du mot, et curieusement ce ne sont pas ces passages les plus applaudis. L'approbation du public se manifeste aux passages joués les plus fortement. Le pianiste a su écouter la salle, sans pour autant chercher à lui plaire, sans tomber dans la flatterie. Plus d'une fois il a semblé seul au monde avec son piano, absorbé dans l'intimité du lien qu'il entretient avec son l'instrument comme faisant fi de la présence d'un millier de spectateurs.

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Jacky Ido : L'étoile noire

Jacky Ido à Paris  C'est un conte de fées que ne renierait pas Hollywood. L'histoire d'un artiste issu d'un quartier difficile qui tourne actuellement dans le prochain film d'un monstre sacré du cinéma mondial, l'Américain Quentin Tarantino.

Un trentenaire de banlieue qui sourit à n'en plus finir de son destin incroyable : Jacky Ido, l'étoile noire qui brille dans le ciel du Clos-Saint-Lazare, un quartier sensible de Stains (Seine-Saint-Denis), va exploser dans les prochains mois. Dès le 26 novembre, dans le film de François Dupeyron (Aide-toi, le ciel t'aidera). Puis au printemps 2009, au Festival de Cannes si tout va bien, pour la projection de Inglourious Basterds, le film de Tarantino, où il tient le rôle d'un projectionniste dans le Paris de la seconde guerre mondiale.

Au commencement de cette belle histoire, était un gamin né à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 1977. Un enfant qui effectue des allers-retours entre deux cultures, entre son pays natal et la France, terre d'adoption et de rencontre de ses parents. Lui et sa famille se fixent définitivement en France quand il a 11 ans. Un espoir et une claque : " Au Burkina, quand on dit qu'on va en France, ça fait pétiller les yeux. Mais en France, quand on est à Stains, on est dans l'une des villes les plus pauvres. " Un euphémisme : dans le palmarès des quartiers sensibles, le Clos à Stains fait partie des " ghettos " les plus fermés et les plus durs de la banlieue parisienne.

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Lou Reed

" Parfois, la musique rend les mots plus efficaces "

Rencontre avec le fondateur du Velvet Underground, ancienne icône maudite, à l'heure où paraît une édition bilingue de l'intégrale de ses chansons

   Avec la publication du recueil de textes, la lecture publique, sans accompagnement musical, est l'autre forme qui consacre le " rocker littéraire ". Parmi les enfants d'Elvis, ils sont une petite caste à avoir cherché à marier - comme disait Patti Smith - " trois accords de rock à la puissance du verbe ", pour ensuite avoir le cran, ou la prétention, de faire lire ou écouter leurs mots sans le soutien des riffs.

Parmi ces plumes de la chanson anglo-saxonne, qui n'ont pas dédaigné être rangés dans une bibliothèque, Patti Smith, donc, Jim Morrison, le défunt chanteur des Doors, Bob Dylan, Leonard Cohen, plus récemment l'Australien Nick Cave et, bien sûr, Lou Reed, né en 1942, un des premiers à avoir fait entrer dans l'âge adulte une musique qu'on n'imaginait qu'adolescente.

Le 20 octobre, à l'occasion de la parution de Traverser le feu, recueil bilingue de l'intégrale de ses chansons traduites en français par Sophie Couronne et Larry Debay (l'ouvrage existe également en espagnol, en catalan, en italien, en allemand et en croate), le New-Yorkais donnait une lecture au Cent Quatre, nouvel espace pluriartistique ouvert il y a peu, rue d'Aubervilliers, à Paris, dans les anciens locaux des Pompes funèbres.

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Quand l'Occident n'entend pas le jazz

 Miles Davis disait souvent que ce dont il était avant tout question dans sa musique - et, plus généralement, dans le jazz -, ce qui en faisait le coeur, l’essence, c’était le “son” (sound). Une déclaration très difficile à comprendre pour un Occidental. Car ce que Miles désignait par ce mot apparemment limpide de “son”, ce n’était ni l’exceptionnelle création sonore de ses compositions, ni le minutieux travail d’arrangement orchestral auquel il les soumettait, ni encore le timbre si spécifique de sa trompette. C’était une “attitude” et une “vision du monde”, reposant sur une définition très éloignée de la nôtre de ce qu’est (doit être) la musique.

C’est de ce décalage, pour ne pas dire de ce gouffre, entre des présupposés musicaux différents, voire aux antipodes les uns des autres, que sont nés bien des quiproquos, des malentendus, sinon même, comme le soutient le philosophe et musicologue Christian Béthune dans un ouvrage qui fera date, Le Jazz et l’Occident, une “mésentente” (au sens étymologique du terme) durable, et peut-être non encore totalement levée, dans la réception du jazz par l’Occident. Auteur d’un précédent Adorno et le Jazz (1), Béthune est, en vérité, bien placé pour savoir à quel point même de grands esprits ont pu se tromper sur le jazz. Son livre peut d’ailleurs se lire aussi comme un bêtisier de jugements tous aussi obtus les uns que les autres, comme lorsque dans les années 20, en France, on voyait dans le jazz une musique “bruyante” et tout à la fois un art “primitif” et le reflet du “monde déshumanisant de la machine” !

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La voix et la couleur de peau

Yasmine Modestine

par François Noudelmann

Yasmine Modestine Dans une France républicaine, si prompte à se présenter comme le modèle universel de l'égalité des droits, de multiples événements brisent cette prétention nationale. En voici un qui concerne la voix des Noirs et pas seulement leur image : une comédienne française a été privée de doubler des acteurs «blancs» en raison de sa couleur de peau. Yasmine Modestine a grandi en Normandie, son père est noir, sa mère blanche et depuis un an elle essaye de dénoncer cette discrimination raciale.

L'imaginaire de la voix blanche
On apprend ainsi qu'en France l'usage veut que les acteurs noirs américains soient doublés par des Blancs ou des Noirs, mais que des Blancs ne puissent être doublés que par des Blancs. La justification plus ou moins officielle, et souvent tacite, porte sur les cordes vocales : les Noirs auraient une voix grave, les Jaunes une voix aiguë et les Blancs auraient une capacité d'aller sans difficulté du grave à l'aigu. Ce langage redonne actualité à une idéologie et une rhétorique qu'on croyait disparue : celle de Gobineau et de son Essai sur l'inégalité des races, paru au milieu du XIXe siècle.

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Musique hybride et projet têtu

Les frères Belmondo, musiciens de jazz, ont enregistré avec le Brésilien Milton Nascimento

Belmondo_&_Nascimento en enregistrement  Belmondo est un nom qui fait rêver. Eux sont frères, ne font pas de cinéma, mais jouent du saxophone soprano, de la flûte alto (Lionel, 45 ans), du bugle (Stéphane, 41 ans), et ils rêvent énormément. Par exemple de travailler avec leurs idoles en musique, qui sont toujours des artistes par qui des révolutions musicales transitèrent.

Premier essai en 2005 : ils publient Influence, un disque conçu avec Yussef Lateef, le flûtiste le plus tordu, le plus novateur de la génération du jazz libre, un Afro-Américain de Detroit converti à l'islam ahmadi dans les années 1950, un as du chenai, du koto ou de l'arghoul, ces flûtes venues d'ailleurs.

Deuxième essai, avec le Brésilien Milton Nascimento, grande vedette en son pays, adulé des musiciens de jazz américains avec qui il a collaboré, tels Wayne Shorter, Pat Metheny, Jack Dejohnette, Ron Carter ou Herbie Hancock. Milton Nascimento & Belmondo vient de paraître sur B Flat Recordings, le label des frangins intrépides, natifs de Hyères (Var).

Milton Nascimento est un ovni, un Noir en dreadlocks, portant un bonnet tricoté et chantant des mélodies aériennes dans la plus grande tradition des processions du vendredi saint, avec des mots indigènes et des percussions nègres. Milton Nascimento est un héros national. Au seuil des années 1990, il disparut un temps, amaigri, faible. On lui prêta la maladie du temps, le sida.

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Bollywood sur la scène du Châtelet

Padâvati au Chatelet  Dans un entretien publié dans le programme de salle, excellent et documenté, à l'occasion de la production de Padmâvatî, d'Albert Roussel (1869-1937), que présente, jusqu'au 24 mars, le Théâtre du Châtelet, à Paris, le chef d'orchestre américain Lawrence Foster s'amuse : " J'ai un tableau de service comme je n'en ai jamais eu de ma vie, sur lequel il est écrit : solistes, choeur, orchestre, chef, éléphant, tigre et serpents ! " Il est vrai que cet opéra-ballet, écrit entre 1913 et 1918, créé à l'Opéra de Paris en 1923, est une fantaisie orientalisante qui fait la part belle à la musique chorégraphique et aux scènes à grand spectacle.

Pourtant, cette " oeuvre essentiellement décorative ", selon les termes mêmes du compositeur, est souvent intime, sombre, d'une écriture orchestrale et harmonique complexe où Roussel transcende l'impressionnisme sonore et le souvenir de la rutilante Salomé de Richard Strauss qui avait tant impressionné Paris, en 1907, au... Théâtre du Châtelet.

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Emmanuel de Buretel, producteur, éditeur, manager, veut souffrir et construire

Emmanuel de Buretel

   Trois ans après sa création en janvier 2005, la société indépendante Because Music affiche un bilan insolent dans un secteur musical sinistré par la révolution numérique et la chute des ventes de disques (- 51,3 % en cinq ans). Amadou et Mariam (disque platine, 300 000 exemplaires) en 2005, Charlotte Gainsbourg (platine en 2006), Manu Chao (double platine), le retour des Rita Mitsouko (platine) et la déferlante électro de Justice (disque d'or, 75 000 exemplaires) : Because Music a enchaîné les jolis coups, qui étonnent en période de marasme et font d'Emmanuel de Buretel, son fondateur, un homme de musique toujours dérangean

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La " mission " de Wyclef Jean

Wyclef Jean

Avec The Score (1997), deuxième opus des Fugees, le groupe dont il était la tête pensante au côté de Lauryn Hill et de Pras, Wyclef Jean détient encore - avec environ 15 millions d'exemplaires écoulés - le record de l'album le plus vendu de l'histoire du rap. Devenu artiste solo depuis ce triomphe, ce New-Yorkais, né à Haïti en 1972, a démontré ses talents éclectiques de producteur, auteur-compositeur, interprète, fan de musiques caraïbes et de jazz. S'il manie la vantardise aussi bien que les grandes figures du rap, Wyclef Jean est un collaborateur recherché au-delà du milieu hip-hop (Sinead O'Connor, Mick Jagger, Carlos Santana, Shakira, Ziggy Marley...). Il se consacre aussi à sa fondation, Yéle Haïti, venant en aide aux enfants de son île natale. Le Monde l'a rencontré à l'occasion de la sortie de son sixième album, Carnival Vol. II, Memoirs of an Immigrant.

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Cinq bonnes raisons d'aimer...

Amy Winehouse

Gilles Médioni

Nouvelle diva de la soul, cette Londonienne de 24 ans s'impose comme la révélation glamour et trash de 2007: son album, Back To Black, a déjà séduit 3 millions de fans et lui a valu le Brit Award de l'artiste féminine de l'année. Et ses frasques font la Une des magazines. Amycalement vôtre.

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Les méthodes de diffusion se multiplient

Prince. En 1998, le musicien américain Prince a proposé The War en téléchargement sur son site en demandant à l'acquéreur de verser la somme qu'il voulait à une oeuvre de charité. Pour ses tournées Musicology Tour (2004) et 21 Nights in London (2007), tout acheteur d'un billet recevait le nouvel album. Quant au récent album Planet Earth, il a été offert avec le quotidien britannique Mail On Sunday.

MC Solaar. Le 25 novembre 2003, les usagers des métros de Paris, Lyon et Marseille ont reçu avec un exemplaire du quotidien gratuit Métro un CD de sept titres du rappeur MC Solaar. L'objet, fabriqué à 300 000 exemplaires, contenait une session informatique permettant de télécharger gratuitement les titres, dont la durée de vie était de sept jours.

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Radiohead s'explique sur son disque téléchargeable au prix fixé par l'acheteur
 

RadioHead  Le groupe britannique de rock Radiohead avait beaucoup fait parler de lui en annonçant que leur dernier disque, In Rainbows, serait proposé en téléchargement sur Internet, à partir du 10 octobre, à un prix fixé par l'acheteur. Celui-ci pouvait même décider de ne rien payer en dehors de 45 pence (0,68 euro) de frais fixes.

Nous avons rencontré le chanteur Thom Yorke et le guitariste Ed O'Brien, à Paris le 5 décembre, pour faire le point sur l'opération. Succès ou non ? Trop tôt pour donner des chiffres, répond Ed O'Brien, sans convaincre. "Nos statisticiens y travaillent (rires). On a lu des articles contradictoires. L'un dit que nous avons perdu beaucoup d'argent, l'autre que nous avons gagné des millions et qu'il faut arrêter de nous donner de l'argent. Aucun des deux n'est vrai." 

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Oscar Peterson
Mort d'un virtuose

Oscar Peterson un géant!  Oscar Peterson, en 1955, au Newport Jazz Festival. Pianiste, compositeur, chanteur et organiste, il est mort à Toronto, dimanche 23 décembre, à l'âge de 82 ans. Avec lui s'éteint une des dernières " légendes du jazz " qui émergèrent dans les années d'après-guerre. Sa carrière aura duré plus de soixante ans. Ce Canadien traquait sans cesse la perfection, indifférent aux révolutions imposées par le rock'n'roll, le rhythm'n'blues, le free jazz... Il arpentait le monde, de festival en festival, collectionnant les honneurs, admiré et suivi par un vaste public, séduit par son talent immense et sa personnalité délicieuse. Son influence reste considérable. Les plus grands noms du jazz enregistrèrent avec lui, de Charlie Parker à Ella Fitzgerald, de Lionel Hampton à Sarah Vaughn.

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Les pionniers du rap français à l'âge adulte

Mc Solaar

 En vingt ans d'existence commerciale en France, le rap ne s'est pas départi de son étiquette quartiers-banlieues, Brigitte femme de flic (du Ministère A.M.E.R.) ou J'appuie sur la gâchette (un classique de NTM, le duo formé par Kool Shen et Joey Starr). Bad News du Ministère A.M.E.R. : en août, Doc Gynéco est vilipendé par le public suisse qui lui reproche son soutien à Nicolas Sarkozy ; en septembre, Stomy BugZy, qui a repris le Z de ses débuts, publie un album hardcore, Rimes passionnelles, où les poncifs du rap gangster sont étalés comme avant, mais le second degré ne passe plus ; en octobre, Passi intègre le jury de la " Star Academy ". Aïe !

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Le son éthiopien gagne l'Europe

Badume's Band

Badume's Band

   Il y a eu le reggae, Cuba, l'Afrique de l'Ouest... Aujourd'hui, c'est l'Ethiopie qui fait tourner la tête aux jeunes musiciens occidentaux. Parmi les temps forts de la 19e édition du festival Africolor, trois soirées dédiées à la musique éthiopienne mettent en lumière les affinités de musiciens européens avec le son moderne de l'Ethiopie.

Axée autour des musiques de l'Afrique de l'Ouest lors de sa création en 1989, à Saint-Denis, la manifestation, dorénavant éclatée sur tout le département de la Seine-Saint-Denis, s'est élargie à d'autres territoires musicaux.

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Théâtre de Foyal

John Coltrane"A Love Suprême" In mémoriam à John COLTRANE

Les 22-23 et 24 Novembre à 19h30: Tout Public Production LE TARMAC

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Une ouverture de festival mal entamée mais sauvée par l'éblouissante Tania MARIA

par Roland Sabra

Le Tania Maria Quartet en concert  Après que Manuel Césaire ait présenté les intentions de ce festival de Jazz de Martinique, jeudi 22 novembre sur la grand scène de l'Atrium, les limites du genre sont vite apparues. L'idée est généreuse, unificatrice, consensuelle puisqu'il s'agit de réunir dans un même festival des artistes de stature internationale, d'autres de notoriété caribéenne et d'autres encore qui en dehors de la Martinique sont, allez soyons magnanimes, peu connus. Dans cette démarche se retrouvent toues les contradictions de la politique culturelle en Martinique. Il y a ceux pour qui seul compte le talent, d'où qu'il vienne, et les autres pour qui le « localisme », le « régionalisme » de l'artiste est primordial. Ceux qui pensent que peu importe la couleur du chat pourvu qu'il attrape des souris et ceux qui croient qu'il est plus important que le chat soit rouge. Ce sont ces derniers qui sous la houlette de Mao ont exterminé cent millions de chinois et c'est finalement la victoire des premiers qui a permis le décollage économique que l'on sait de la Chine. Nous n'en sommes pas là, mais on voit bien les contradictions dans lesquelles est plongé Manuel Césaire quand il s'agit d'obtenir des financements du Conseil Général, du Conseil Régional, de l'État français et de quelques békés! Je laisserai au lecteur le soin de répartir ces pourvoyeurs de monnaie dans les deux camps évoqués! De même le souci, louable en soi, de déplacer les concerts dans les communes dans une île dont la longueur ne dépasse pas 80 kilomètres relève peut-être plus d'une méfiance à l'égard de la ville-capitale que d'un souci de décentralisation. « Encercler les villes par les campagnes » disait encore l'inénarrable Mao.

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Archie Shepp :  l'Art du métissage noir, mais surtout  celui du partage

 

Archie Shepp,
photo Philippe Bourgade

  Cela faisait dix-huit ans qu'il n'était pas revenu en Martinique. Vendredi 23 novembre 2007 à l'Atrium de Fort-de-France il a retrouvé près d'un millier d'amis qu'en vérité il n'avait pas quittés. Archie Shepp est un jeune homme qui, s'il vient de fêter ses soixante-dix ans cette année, est toujours prêt à défricher des pistes musicales inexplorées pour les rattacher, les lier à cet ensemble imprécis, aux contours flous que l'on appelle le Jazz. Énumérer les facettes du talent de cet immense artiste est un travail de longue haleine. Jugez -en brièvement : il apprend successivement le banjo, le piano, le saxo alto, le saxo soprano, il fait des études de théâtre, il écrit des pièces, il les monte, il en produit, entre temps, après des études universitaires rondement menées, il dispense des cours d'ethnomusicologie au sein de l'Université de Amherst au Massachusetts. Ce qui ne le dispense pas, bien au contraire de s'engager politiquement dans le mouvement pour les droits civiques aux USA, tout en passant un grande partie de son temps en France, une terre d'adoption. Entre deux il trouve les moyens d'enregistrer avec les plus grands plus de cent cinquante CD! Très imprégné de ses origines , il rappelle que sa grand-mère était née esclave et il lui consacre d'ailleurs un de ses plus beau morceau, si ce n'est le plus beau, « Révolution », il sillonne la planète à la rencontre du monde noir mais pas seulement.

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Les parfaits métissages de Youssou N'Dour

 

Le huitième album du chanteur sénégalais puise son inspiration au frontières de la Mauritanie et du Mali

Youssou N'Dour à Madrid, en juillet.A l'aise, alerte, jeune, Youssou N'Dour, 48 ans, publie Rokku Mi Rokka, son huitième album international - les cassettes et disques parus dans son pays, au Sénégal, sont un autre pan de sa carrière. Les deux sont d'ailleurs ici réconciliés sous forme d'un second CD de cinq titres bonus extraits de Alsaama Day, un disque de mblax, style qui a fait la fortune de Youssou N'Dour, paru à Dakar en avril.

Fabriquées pour danser, avec synthés et embardées vocales, ces chansons ravissent toujours et encore le public sénégalais, tandis qu'ailleurs, la qualité du travail musical de l'enfant de la médina séduit les partisans de l'audace. Ce double ancrage est sans aucun doute l'un des secrets du succès de Youssou N'Dour

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Quand la Bartoli ressuscite la Malibran

 

   Opéra . Une diva rend hommage à une autre diva. Un disque enchanteur pour (re) découvrir le répertoire du bel canto.

La mezzo-soprano italienne Cecilia Bartoli est volontiers provocatrice ; elle aime aussi relever les défis qu’elle se lance elle-même et cela lui réussit. On comprend dès lors que le personnage de Maria Malibran l’ait séduite, elle qui fut une des premières et des plus grandes divas du début du XIXe siècle. Comme la Malibran, la Bartoli est née dans une famille de musiciens ; dès l’âge de huit ans elle chantait l’Air du berger dans Tosca de Puccini. Si la Malibran, tout comme sa soeur Pauline Viardot, eut pour mentor son père, le célèbre ténor et compositeur espagnol Manuel Garcia, la Bartoli eut sa mère pour professeur. La comparaison s’arrête là. En effet Maria Malibran, comme d’autres chanteuses de grand talent, prenait la suite des castrats qui disparurent officiellement à la fin du XVIIIe siècle avec le triomphe des Lumières ; avec elles apparaissait au firmament de l’art lyrique un personnage nouveau, la « diva ». Aujourd’hui, Cecilia Bartoli s’inscrit dans ce qui est devenu une tradition de l’art du chant dont elle assume l’héritage aux côtés de quelques autres merveilleuses cantatrices

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Penser l'art comme l'art comme un vecteur de développement et d'emploi


Par Christian BOUTANT

par Christian BOUTANT


Par Christian BOUTANT

Délégué Régional de la SACEM Martinique

   Les initiatives et projets relatifs au développement de l’emploi semblent désormais intégrer la nécessité de la démarche prospective.

Il faut désormais être en mesure de prévoir à long terme, de dresser les contours permettant de définir les rouages d’une société humaine à travers sa consommation, ses échanges, son avenir…. Chaque génération hérite à ce titre de l’impératif de maintenir l’organisation de la société humaine et de la faire progresser.

Au menu des débats ministère/élus

Les récents entretiens entre nos élus, certains socio professionnels et le ministre de l'outre mer à Paris devraient, a ton entendu, permettre d’identifier les secteurs porteurs pouvant garantir un développement durable.

Dans cette approche, il est coutumier de penser en premier lieu aux entreprises de secteurs traditionnels (agriculture, banane, bâtiments, secteur public etc.), ce qui est tout à fait normal.

On consent également désormais à mieux considérer l'importance du tourisme, du secteur des services et des nouvelles technologies.

La nécessité d’innover toutefois dans les approches s’impose toujours, elle a pu émaner par exemples chez certains pour exprimer par exemple avec audace, l’idée d’orienter la production agricole principalement vers l’agriculture BIO.

Cela a beaucoup interpellé et fait l’objet de commentaires.

Ont t’ils pu s’exprimer comme il fallait  et aller au bout de leur proposition ?

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Premiers pas vers le téléchargement légal et gratuit de musique

  Télécharger gratuitement de la musique sur le Web en toute légalité est désormais possible en France depuis le 20 août. Grâce à un accord avec Universal Music, le fournisseur d'accès à Internet Neuf Telecom propose désormais à ses clients un service leur permettant de télécharger de manière illimitée des morceaux issus du catalogue de la maison de disques. Ce service est réservé aux clients ayant souscrit l'abonnement à 29,90 euros qui donne accès à Internet, à la télévision par ADSL et au téléphone fixe illimité.

C'est une grande première. Les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et les éditeurs de musique se sont ignorés pendant des années, les seconds reprochant aux premiers de faciliter le téléchargement illégal en offrant aux internautes des connexions au débit sans cesse plus élevé. Cependant, l'accord entre Neuf Telecom et Universal Music devrait être imité rapidement par la plupart des FAI.

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Mavis Staple, la voix noire et libre de la soul

 

L'Américaine publie un disque superbe et sera le 14 juillet au festival belge de Peer

 
   Bob Dylan et Prince, avec lesquels elle a travaillé en studio, comptent parmi ses admirateurs. Mavis Staples possède une des voix les plus sensuelles et chaleureuses du gospel et de la musique soul. Membre dès sa dixième année, au côté de ses soeurs, des Staple Singers, groupe familial fondé par son père, le guitariste Roebuck " Pop " Staple, elle a mené ensuite sous son nom une carrière erratique. Rare ces dernières années, elle vient de revenir au premier plan avec l'album We'll Never Turn Back, consacré au répertoire des " freedom songs ", ces chants de la liberté adoptés par le mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King. Des traditionnels comme Eyes on The Prize, 99 and ½ ou Jesus is on The Main Line qu'elle devrait interpréter le 14 juillet au festival belge de Peer et trois jours plus tard sur une scène londonienne.

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Mina Agossi
Liberté de voix et d'improvisation

Mina Agossi

Liberté de voix et d'improvisation. Dans son dernier album, " Who Wants Love ? ", la chanteuse franco-béninoise pousse encore plus loin sa fraîcheur, sa gaieté, son sens de la scène et du rythme .
Mina Agossi, 35 ans, chanteuse, improvisatrice rayonnante, peut faire à bon compte le désespoir du peintre. Chaque album primé, chaque concert triomphal, un sourire désarmant, de jolies lunettes de myope : amateurs de gloires maudites, goûteurs de tragiques destins, tricoteurs de clichés, passez votre chemin. Ce n'est pas qu'elle n'ait connu ni les drames ni les épreuves : c'est sa façon joyeuse d'habiter la scène, d'habiter sa voix, d'habiter son goût du rythme, d'habiter la musique comme une arène et un terrain de jeu qui fait la différence.

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Hommage
Insurrection perlière Vol. I


   Voyage dans l'écrit d'Aimé Césaire, par le dire et la musique, au  travers d'extraits de son œuvre.
Textes et poèmes d'Aimé Césaire, lus par Nicole Dogué et Marius Gottin.
Œuvres musicales de (par ordre alphabétique) : Jacky Bernard – Nicol  Bernard - Mario Canonge – Tony Chasseur – Chris Combette - Thierry Fanfant – Jean-Christophe Maillard – Alain Ravaud – Chyco Siméon – Thierry Vaton.

Œuvres visuelles : Victor Anicet
Maquettisme : Yékri

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Métissage musical

Sara Tavares, «Bom feeling»

Par Bouziane DAOUDI

World. Consacrée au Portugal, la chanteuse d'origine capverdienne publie un CD au métissage ambitieux.

  Dans le landerneau des musiques du monde, voire plus largement, Sara Tavares va faire parler d'elle dans les mois qui viennent. Sémillante Portugaise d'origine capverdienne, elle joue une musique aux frontières enchevêtrées, une world pop aux réminiscences africaines, aux folks indéfinis, parfois baignée par une bossa-nova inédite, un doux gospel. Mais le petit miracle, au fond, c'est que tout cela reste très personnel.

 

Petite révolution à la Scala de Milan

Dirigée par Stéphane Lissner, l'institution lyrique ose l'ouverture

  La Scala de Milan se prépare à une petite révolution. " Nous allons quitter le théâtre de stagione, typique de la tradition italienne, pour nous rapprocher du théâtre de répertoire en proposant une offre élargie ", a annoncé Stéphane Lissner, surintendant de la Scala depuis 2005, en présentant, mercredi 30 mai à Milan, la saison 2007-2008. Avec 260 représentations dans l'année, entre opéras, ballets et concerts, le célèbre Théâtre Piermarini sera ouvert vingt-cinq soirées par mois.

Cela implique une nouvelle organisation du travail, a indiqué le gestionnaire français : " Nous allons expérimenter une synthèse entre l'exigence de qualité propre au théâtre de stagione et le service offert au public des théâtres de répertoire anglo-saxons, viennois ou allemands, explique-t-il au Monde. Nous ferons le même travail sur les reprises que sur les productions. "

 

Les producteurs de disques se transforment en producteurs de concerts

Industrie Baisse de 40 % en cinq ans du marché : le métier doit évoluer

   Mis sur des charbons ardents par la chute vertigineuse du marché du disque en France - près de 40 % en cinq ans -, les producteurs phonographiques diversifient leurs sources de revenus. En s'emparant d'autres métiers ou activités de la chaîne musicale. Ils s'affairent ainsi depuis plusieurs mois sur le front des images (captation de concerts, clips) et de la téléphonie mobile. Un autre chantier brûlant occupe autant les majors du disque que les petits labels : la production de concerts, au point de devenir eux-mêmes entrepreneur de spectacles ou propriétaire de salle.

 

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Abbey Lincoln Princesse du jazz

Princesse du jazz Le dernier album de la chanteuse contestataire, comédienne, poète, est l'un des plus bouleversants. A 76 ans, elle ne cède rien de son féminisme et de sa rage de vivre

 

Paroles et musiques

 Beaucoup se souviennent de Ferrat chantant Aragon, de Gréco chantant Queneau ou encore de Brassens chantant Villon. Mais les relations longues et complexes entre la littérature et la chanson ne se limitent pas à la mise en musique de poèmes. Aujourd'hui, de jeunes romanciers, tels Arnaud Cathrine et Marie Nimier, aiment se mettre à la disposition d'une voix, s'inscrire dans les désirs d'un autre, découvrir un rythme, un phrasé. Tandis que des auteurs de chansons confirmés, comme Gérard Manset et David McNeil, veulent aussi devenir romanciers.

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Ere TéTé

 Quand on lui demande le registre musical auquel il croit pouvoir se référer, Tété, qui a parfois tendance à abuser des circonlocutions, ne réfléchit pas longtemps : «Le format "chanson'' me convient ; si on ajoute "atypique'' derrière, c'est encore mieux. Mais je puise aussi dans l'énergie blues et soul de la musique d'Amérique du nord.» Mentionner également la ferveur du folk, la sensualité du reggae et le galvanisme du rock n'aurait pas été non plus hors sujet. Trois albums en attestent. Une kyrielle de concerts aussi, où l'artiste empreint d'ardeur entretient avec le public ­ assez jeune et féminin ­ une relation manifestement connivente, bien que dénuée de flagornerie.

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George Clinton, le maître de la pagaille

 Allée 16, stand 16 : c'est celui du funk, genre musical américain débridé aussi répandu sur la planète que le reggae jamaïcain. Au Midem de Cannes, le grand Salon de l'industrie musicale, George Clinton Enterprises y partage l'espace avec Hitsville Ventures, un avatar de la firme Motown, la maison à tubes de Detroit, qui a connu son apogée dans les années 1960 et 1970.

Banals d'apparence et perdus dans la fourmilière du Palais des festivals de Cannes, ces quelques mètres carrés sont en réalité gouvernés par un drôle de zigoto, George Clinton, " The Prime Minister of Funk " (" le premier ministre du funk "), celui par qui l'exubérance contamina la musique noire américaine dans les années 1970. James Brown lui-même a dû quitter les rivages plus tranquilles de la soul. Lui mort, en décembre, George Clinton, large type à la démarche chavirée, a désormais l'usufruit entier de l'héritage maison.

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James Brown n'est toujours pas enterré en raison d'une querelle d'héritage

James Brown est mort le 25 décembre 2006 (Le Monde du 27 décembre 2006), mais n'est toujours pas enterré. Et il ne devrait pas l'être avant un moment. Les héritiers du chanteur se disputent son héritage et contestent ses dernières volontés. Après être resté vingt-trois jours dans sa maison de Beech Island, en Caroline du Sud, son corps est désormais conservé dans un cercueil scellé, dans un lieu tenu secret.

 

Midem 2007 : année noire pour le disque

    Le marché du disque en France a continué à régresser en 2006 pour la quatrième année consécutive. Avec une baisse de 10,7 % en valeur (chiffre d'affaires, prix de gros éditeur) et de 26,6 % en volume (nombre d'unités vendues) par rapport à l'exercice 2005, l'heure est à la mobilisation générale. En 2005, on sonnait le tocsin, en 2006 on tente la riposte, sans apercevoir le bout du tunnel. Ces chiffres négatifs ont été présentés, lundi 22 janvier, au Palais des festivals, à Cannes, durant la conférence de presse du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) lors du 41e Marché international du disque et de l'édition musicale (Midem), organisé jusqu'au 25 janvier.
Le chiffre d'affaires du disque prix de gros s'est élevé en 2006 à 862,7 millions d'euros, dont 819,2 millions d'euros pour les supports physiques (CD albums et singles, DVD musicaux), soit une baisse de 12,4 % par rapport à 2005. Ce chiffre s'entend hors TVA (toujours à 19,6 % alors que les professionnels demandent depuis des années un passage au taux de 5,5 %, comme le livre) et hors retours des exemplaires non vendus par les magasins et net de remises. Les ventes au détail (TTC, en magasin), que le SNEP publie depuis quelques années, atteignent 1,31 milliard d'euros, en baisse de 11,2 % par rapport à 2005. Les supports physiques qui constituent 98 % de ces ventes représentent 1,287 milliard d'euros (- 11,8 %). 
 

Stars du jazz, grandes sorties

 Les nouveaux albums de Rollins, Portal, Sclavis, Texier, Rava, Liz McComb ou Norah Jones viennent de paraître. Bousculade en vue chez les disquaires.
Rien pendant des semaines, et d'un coup une petite dizaine d'albums de vedettes et de bonnes réputations du jazz qui se bousculent dans les linéaires. Tous, par leur renommée, leur présence, l'attachement du public à leurs différents parcours, sont susceptibles de réaliser de bonnes ventes pour un secteur qui compte peu de stars. Si le coup de projecteur événementiel fait toujours du bien au jazz, ces sorties concomitantes, réparties entre fin janvier et début février, parfois dans une même maison de disques ou chez un même distributeur, peuvent aussi provoquer un effet négatif d'encombrement.

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Tanguisimo ? un bon spectacle,   bien comme il faut!

par Roland Sabra

 De ses origines on ne sait pas grand chose. Il a des ascendances multiples. Entre candombe africaine, habanera hisopano-cubaine et danses européennes. Son nom même est une énigme. C'est un bâton en espagnol au 19eme siècle, ou bien un lieu de fête pour les esclaves noirs, ou bien encore une créolisation du tambor ( tambour), difficile à prononcer pour les déportés d'origine africaine. Son lieu de naissance se promène entre les taudis de Buenos Aires, les bidonvilles de Rosario et les masures de Montevideo.

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Ornette Coleman

«L'âme du jazz, c'est l'amour de l'inouï»

Lorsqu'en 1959, à New York, il inventa le free-jazz d'un coup de sax, Ornette Coleman suscita la même panique que James Joyce en 1922 avec Ulysse. On l'accusa d'être un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. Aujourd'hui, Coleman est considéré comme un précurseur en free, en rock, en jazz-funk. Il a composé des merveilles pour orchestre symphonique. Elaboré une théorie musicale appelée «harmolodie». Joué des airs acides qui brisent et des chansons tristes qui rendent heureux. A 76 ans, le saxophoniste sort, le 14 septembre, un nouveau disque, Sound Grammar, et, le 30 août, il ouvre à Paris le festival Jazz à la Villette

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LURA rajeunit la saudade

  Elle est née et a grandi à Lisbonne. Mais l'appel du Cap-Vert, dont elle est originaire, a été le plus fort. A 31 ans, Lura est sans doute possible l'héritière de la grande Cesaria -Evora.

Il est presque 5 heures du matin. Lura s'apprête à monter sur la vaste scène du Festival da Praia de Santa Maria, sur l'île de Sal, au Cap-Vert. Derrière la scène, sous la tente qui sert de loge dressée à même la plage, l'ancienne nageuse s'étire énergiquement. Un large sourire masque à peine sa concentration. La fin de nuit est d'une douceur paradisiaque. Programmée après les toujours véloces Gipsy Kings, et avant Kassav' qui finira cette longue soirée en redoutable machine à danser zouk, Lura apparaît. Elégante, vêtue d'une fine robe couleur sable, elle fait face à un public qui l'acclame. Des grands-parents aux adolescents, toutes les générations ont veillé, pieds dans le sable, grogs et bain de minuit, face à la scène. Malgré la fatigue, durant une heure et demie, Lura fait vibrer de sa voix ample la foule ravie de ce festival du bout du monde. En guise de rappel, elle danse un funana endiablé et gentiment grivois avec ses musiciens. M'bem difora (le suis venue de loin), annonce le titre de son nouvel album, dont elle vient d'offrir la primeur à son public.

 

5 bonnes raisons d'aimer Ayo / Elle chante d'une voix de soie des chansons folk, soul et reggae qui brillent dans le noir et font frissonner. Down on My Knees, bulle de chagrin, a bercé l'été. And It's Supposed to Be Love, reprise feutrée du standard d'Abbey Lincoln, donne à l'automne une mélancolie contagieuse… En un seul album, Joyful, sorti en juin dernier, Ayo a trouvé le ton qui touche: des mélodies embrasées, des prières hantées, de la soul radieuse.  "J'ai grandi en écoutant les tubes de Motown, ceux de Donny Hathaway et de Jimmy Cliff, explique-t-elle. Ce disque est un mix de ce que j'aime. Il est comme moi: métissé.""Je suis d'un naturel bohème...", souffle cette longue jeune femme - 1,80 mètre - aux origines multiples. Ayo est née près de Cologne d'un père nigérian, ingénieur mécanicien, et d'une mère gitane d'Allemagne, "mais pas dans les clichés de la caravane", précise-t-elle. A 18 ans, Ayo s'installe à Hambourg, où des producteurs lui proposent d'enregistrer un disque "commercial". Elle refuse. Vit à Londres. Ecume les clubs. Se pose à New York. Puis à Paris.

 

Un reggae féminin contre l'homophobie La chanteuse de reggae Tanya Stephens. Souvent accusée d'homophobie, la scène reggae jamaïcaine pourra opposer à ses détracteurs le succès de Tanya Stephens. Figure populaire du dancehall local depuis une dizaine d'années, cette chanteuse, née en 1973, connaît depuis août un succès commercial sur l'île et dans les hit-parades reggae américains avec l'album Rebelution. Or, l'un des titres, Do You Still Care, se moque des grandes gueules homophobes : la chanteuse y raconte l'histoire d'un petit dur, aimant " casser du pédé ", sauvé d'une fusillade par des homosexuels.

 

Le bèlè, mémoire martiniquaise. Des chants accompagnés de percussions à découvrir au festival Africolor, en Seine-Saint-Denis, et aux Transmusicales de Rennes. C'est l'histoire d'une musique qui remonte au temps de l'esclavage, en Martinique. Un chant mêlé de voix, tambours et tibwa (baguettes frappées à l'arrière du tambour), accompagné de danses renvoyant à l'Afrique, mais aussi au quadrille des anciens colons. Une expression rustique, longtemps déconsidérée, réhabilitée depuis une vingtaine d'années. Désormais fierté de tous les Martiniquais, le bèlè (ou " bel air ", pour franciser le mot créole) a ses maîtres, ses anciens. Benoît Rastocle, Félix Caserus, Marcel Jupiter, Berthé Grivalliers font partie de ces passeurs de mémoire de l'identité martiniquaise.

 

Les métamorphoses d'Abd al Malik Sorti en juillet, Gibraltar, deuxième album d'Abd al Malik, s'est d'abord écoulé au rythme de 800 exemplaires par semaine. Un bon accueil critique pouvait laisser espérer à sa maison de disques, le label Atmosphériques, un score supérieur à celui de son précédent opus, Le Face à face des coeurs (2004) : 6 500 exemplaires.

 

Festival Voix et Percussions 2ème édition - du 15 au 27 novembre 2006 - Haïti -  Cet évènement s'adresse aussi bien aux mélomanes désireux de découvrir de nouveaux rythmes, qu'au grand public amateur de percussions. Dans la Caraïbe et en Haïti en particulier, il existe une tradition musicale fondée sur les percussions dont les rythmes viennent directement de l'Afrique, de pays tels que le Bénin, la Guinée, le Nigeria, le Congo. Cette richesse musicale ancestrale s'est répandue à travers le temps. De l'esclavage jusqu'à nos jours, cette forme d'expression est présente dans les fêtes traditionnelles et populaires haïtiennes et s'accompagne toujours de chants et de danses. L'histoire des tambours raconte ainsi l'histoire même de la Caraïbe.  Programmation - Les Caraïbes à l'honneur

 

IIsmael Ledesma ou la force de la harpe paraguayenne au   Jardin des Papillons - Théâtre de Verdure Anse Latouche au Carbet le 11 novembre 2006 .   Fils de parents musiciens - sa mère était chanteuse et son père harpiste - Ismael, né au Paraguay en 1962, dit s'être initié au monde musical alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère... A l'âge de 5 ans, il débute la pratique de la harpe, symbole et fierté du peuple paraguayen, mais c'est en France où il s'installe en 1982, qu'il va élargir ses horizons et s'ouvrir à d'autres influences, dépassant ainsi le « simple » style folklorique. Harpiste réputé, il a été accueilli par les plus grandes scènes à travers le monde : au Théâtre de Berlin, à l'Opéra du Caire en Egypte, dans la salle Andreas Bello de Washington, à l'Olympia (en première partie de Johnny Clegg) ou encore au Casino de Paris et au Bataclan.

 

Eric Ildefonse Quintet au Jardin des Papillons  le 21 octobre 2006 - 19h30 . Les compositions d’Eric Ildefonse nous emmènent au cœur d’un « jazz-fusion », reflet d’une multiplicité vécue d’héritages musicaux, africain, caribéen mais aussi européen et américain. Né en Martinique, Eric Ildefonse s’initie très tôt à l’univers musical. A quinze ans, il est le pianiste du groupe Les Conquérants, une formation axée sur les variétés de l’époque (compas, biguine, calypso...) et qui remportera à deux reprises le concours de « Jeune Orchestre de la Martinique ».

Le rythme bèlè & le blues de La Réunion : Danyel Waro . Pour sa huitième résidence, du 2 au 7 octobre, La Maison du Bèlè reçoit Danyel Waro, musicien réunionnais qui défend les couleurs de sa patrie à travers le maloya. Comme le bèlè, le maloya est une musique issue des plantations accompagnant les escla­ves dans leur labeur. Comme le bèlè, il a été rejeté, dénigré et oublié. Comme le bèlè, un sursaut identitaire a réveillé les consciences le faisant sortir de l'indifférence. Deux histoires parallèles vont se croiser grâce aux artistes des deux régions : la Martinique et la Réunion. Nul doute que les mélomanes apprécieront le rythme du bèlè mêlé au blues de La Réunion, le maloya.
Sur un autre ton . Bruno Mantovani, 31 ans, compositeur de musique savante. L'oeuvre de ce Français qui ne mâche pas ses mots est déjà interprétée par les plus grands, de la Scala à Carnegie Hall. Il ressemble à un jeune bassiste rock à l'aise dans ses baskets, saute en l'air dès qu'il entend Do I Do de Stevie Wonder, qu'il place «très haut», mais c'est, de fait, le compositeur contemporain français le plus en vue du moment. Non qu'il sacrifie à la moindre mode, appartienne à une clique, flatte public ou médias. Tout au contraire. Il synthétise, avec une puissante liberté de ton, les qualités allemandes de rigueur formelle, françaises de raffinement et méridionales de vitalité fusante.
Jacques Schwarz-Bart marie le jazz et le gwo ka . Saxophoniste guadeloupéen établi à New York, il présente au festival de la Villette son album de fusion avec la musique de tambours de son île. «MON INTENTION n'est pas de restituer quelque chose qui existe, le gwo ka des soirées léwoz ou le jazz du label Blue Note. Mon intention était de définir un espace sonore qu'on ne peut trouver ailleurs parce que j'en ai créé les paramètres selon mes propres besoins émotionnels.»

Oeuvres de Pergolèse, Mozart, Vivaldi, César Frank, Palestrina, Grandados par l'ensemble "Madin'Voices.que celui auquel invite la chapelle du Centre Emma Ventura dans son décor simple d’encens, pétri de cœur et d’espérance. C’est une «alcôve » offerte à une musique sacrée volontairement sacrifiée sur la paroi christique, pour que seule l’harmonie nous revienne en thème musical onirique. Son iconographie est pieuse et sensuelle à la fois. On traverse avec une grâce fragile un univers poignant ou le déterminisme religieux n’altère en rien les rythmes, les mouvements, les circulations d’une écriture vocale éclairée par le haut. Au contraire cette idée sacerdotale crée le besoin d’une attention particulière, une concentration maximale, pour que passe l’éloquence d’une musique souveraine, épanouie, en quasi lévitation.

 

Sean Paul, 33 ans, chanteur jamaïcain, idole des ados et icône lucide de la fête. Son credo hédoniste ­ fumette et déhanchements lascifs ­ n'occulte pas la réalité sociale antillaise.Ne jamais dire à un jeune (au sens large : disons 8-20 ans) qu'on va rencontrer Sean Paul. Car on encourt le risque qu'il le répète à un autre, qui le répétera à un autre, qui...
 
Le Steel Band par Jean Crusol Par un bel après midi de juillet 195 1, le public venu écouter le traditionnel festival de musique populaire, se pressait sur l'une des places d'exhibition de Londres. C'était maintenant au tour d'un curieux groupe de musiciens de Trinidad, le Trinidad Ail Star Percussion Orchestra, le TASPCO.
 
Rhapsodie nègre et fantaisies martiniquaises: présentation du dernier enregistrement de Manuel Césaire

 

Hermeto le poly....sons Vendredi 2 décembre. Dans le cadre de la Rencontre Caraïbes Brésil qui clôture en Martinique l'année du Brésil en France, le CMAC a invité la légende vivante Hermeto Pascoal à nous rendre visite.Un mot tout d'abord sur la première partie « locale » de cette soirée. Jeff Baillard à la guitare et l'excellent Ronald Tulle au piano conversent pour nous sur des rythmes caribéens et sud-américains. Un moment de pur plaisir beaucoup trop bref qui mériterait mieux qu'un strapontin musical.
 
Le plaisir... dans les cordes le 15-X-05
Charly Labinsky
Un appel aux mécènes de Manuel Césaire
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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