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Résidence Croisée d’Artistes


Danyel Waro
2 au 7 octobre 2006
Le rythme bèlè & le blues de La Réunion

 

 

Les résidences croisées d'artistes :
Une voie vers l'altérité, le respect et l'échange

Ouvrir le bèlè à diverses influences musicales en même temps qu'il les nourrit. Tel est l'un des objectifs poursuivis par La Maison du Bèlè qui œuvre pour la promotion et la dif­fusion de cette culture.
Les résidences croisées d'artistes sont un coup de pouce au brassage culturel, l'occa­sion d'une fusion entre bèlè et musiques de tous horizons.
Depuis 2004, La Maison du Bèlè invite ces artistes venus de la Caraïbe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique en quête de rencontres, de découvertes avec le mond bèlè pour un séjour d'une semaine en Martinique. Double apprentissage autour de la percussion, de la danse, et du chant : l'artiste est initié au bèlè ; il initie à son tour les artistes de bèlè et les mélomanes à sa culture musi­cale lors d’ateliers. Ces échanges donnent naissance à des titres originaux qui sont interprétés lors du concert de l'artiste invité et de la swaré bèlè qui clôt la résidence. Ce premier contact en Martinique donne lieu bien souvent à un voyage dans l'autre sens.
Ainsi, avons-nous avons déjà reçu le groupe Kan'nida de la Guadeloupe (septembre 2004), Omar Pene et le Super Diamono de Dakar (octobre 2004), Minino Garay et les tambours du Sud de l'Argentine (novembre 2004), Musanda de la Guyane (avril 2005), Bapi Das Baul et le groupe Senses de l'Inde (juin 2005), MACUGWADA de Martinique-Cuba-Guadeloupe (août 2005), Les Tambours de Brazza du Congo (novembre 2005),Tupi Nagô du Brésil (décembre 2005).
L'invité cette année : Danyel Waro, la voix de La Réunion
Pour sa huitième résidence, du 2 au 7 octobre, La Maison du Bèlè reçoit Danyel Waro, musicien réunionnais qui défend les couleurs de sa patrie à travers le maloya.
Comme le bèlè, le maloya est une musique issue des plantations accompagnant les escla­ves dans leur labeur. Comme le bèlè, il a été rejeté, dénigré et oublié. Comme le bèlè, un sursaut identitaire a réveillé les consciences le faisant sortir de l'indifférence. Deux histoires parallèles vont se croiser grâce aux artistes des deux régions : la Martinique et la Réunion. Nul doute que les mélomanes apprécieront le rythme du bèlè mêlé au blues de La Réunion, le maloya.

 


Danyel Waro, le chantre du maloya


Artiste très influent à La Réunion, Danyel Waro est réputé pour avoir contribué, avec d'autres, à la renaissance du maloya et à sa reconnaissance internationale.
Connaître l'enfance de Danyel Waro, Daniel Hoareau de son vrai nom, c'est comprendre le musicien, le poète, l'écrivain, le militant, celui qui a su faire prendre conscience à de nombreux réunionnais l'importance de leur patrimoine culturel..
Fils d'agriculteurs, Danyel Waro est né en 1955 à Tampon, un village des Hauts de La Réunion. Il passe son enfance à travailler la terre, à couper la canne à sucre, à consommer ses propres récoltes de maïs et de patates. La musique est étrangère au jeune Waro : son père communiste la considère comme une fantaisie. La rencontre fatidique avec le maloya se fera à l'âge de 18 ans, lors d'une fête communiste où il tombera sous le charme de la musique jouée par Firmin Viry.
Insoumis, Danyel Waro refuse d'intégrer le service militaire. Il sera emprisonné en France, 21 mois durant lesquels il écrit Romans ékri dans la zol en Frans, paru en 1978. Il y critique la politique réu­
nionnaise de Michel Debré qui fait exiler en métropole les fonctionnaires de l'Outre-mer " troublant l'ordre public ".
De retour à La Réunion (1975-76), il participe aux kabars. Ces rassemblements d'artistes qui feront sortir de l'ombre un maloya dénigré et méprisé jusqu'alors interdit.
Danyel Waro défenseur du créole et des thèses autonomistes est un fervent pratiquant d'un maloya non édulcoré. Son titre Po mwin Maloya sur l'album Grin n syèl sorti en 2006 est une véritable ode à cette musique traditionnelle : " amnwin mi yinm mi yinm mi yinm/maloya la la mon bondyé/Amwin mi yinm mi yinm minm/maloya la lam Bondyé", en français : " Je te vénère ô Maloya/tu es mon Dieu/et je te vénère ô Maloya/toi l'âme de Dieu ".
Grâce à l'artiste, le maloya est exporté charriant l'identité du peuple réunionnais hors de l'île. Danyel Waro se représente sur plusieurs scènes internationales lors de concerts et festivals dont le Sakifo ­festival international de musique à la Réunion - et Africolor - festival dédié à l'Afrique et à l'océan

 

Indien dans l'Hexagone.


Il fait de nombreuses rencontres musicales dont celle avec son compatriote Olivier Ker Ourio harmoniciste de jazz avec lequel il sortira l'album Sominnker ("Chemin de cœur " en français).
Son portrait serait incomplet s'il l'on ne précisait que Danyel Waro est un luthier. Dans son atelier les hauts de Saint-Paul à La Réunion où il vit encore, il confectionne les instruments traditionnels du maloya : le kayanm, instrument plat fabriqué à partir de tiges de fleurs de canne et rempli de graines de safran sauvage, le bob fait d'une corde tendue sur un arc et d'une calebasse comme caisse de résonance et le roulér, gros tambour monté à partir d'une barrique sur laquelle on tend une peau de bœuf.

 

Le maloya était une musique interdite

Propos receuillis par Louis-Gérard Salcede, le 17 mars 2005
Danyèl Waro :
Le maloya est une musique qui a été apportée par les esclaves, d'origines différentes - Afrique, Madagascar. Avec les métissages -
malgaches, africains, noirs, indiens malbars, blancs-, le maloya bénéficie d'apports multiples de toutes ces populations tout en restant
une musique populaire.
Avec le mouvement progressiste en 1936 et dans les années 1950 avec la création du Parti Communiste Réunionnais qui se déclarait autonomiste, les rassemblements populaires étaient interdits et le maloya avec eux. Le maloya est finalement devenu clandestin car considéré comme subversif.
Mais les traces sont restées et les pratiques d'hommage aux ancêtres aussi. De cette interdiction est restée le fait que dans la tête de beaucoup, pour être bien il fallait être catholique, être dans la norme en d'autres termes " paraître blanc ". Il fallait rejeter sa négritude, son " africanité ", sa " malgachité ", car c'était considéré comme dévalorisant, déshonorant.
Aujourd'hui encore, certains ne veulent pas faire passer la culture maloya à leurs enfants la considérant comme un handicap pour leur avenir.

 


Discographie
* Sominnker, (Danyel Waro & Olivier Ker Ourio)
2003 (Cobalt/ Mélodie)
* Rest' la maloya (Hommage à Alain Peters),
2003 (Cobalt/ Mélodie)
* Bwarouz, 2001 (Cobalt/ Mélodie)
* Foutan founkèr, 1999 (Cobalt/ Mélodie)
* Sega la pente, 1996 (Sonodisc)
* Batarsité, 1994 (Piros)

Bibliographie

Parti Communiste Réunionnais qui se déclarait autonomiste, les rassemblements
* Romans ékri dans la zol en Frans, 1978, Les populaires étaient interdits et le maloya Chemins de la Liberté avec eux. Le maloya est finalement devenu
* Gafourn , 1987, Éditions Graphica-Sobatkoz clandestin car considéré comme subversif. Mais les traces sont restées et les pratiques d'hommage aux ancêtres aussi. De cette interdiction est restée le fait que dans la tête de beaucoup, pour être bien il fallait être catholique, être dans la norme en d'autres termes " paraître blanc ". Il fallait rejeter sa négritude, son " africanité ", sa " malgachité ", car c'était considéré comme dévalorisant, déshonorant. Aujourd'hui encore, certains ne veulent pas faire passer la culture maloya à leurs
enfants la considérant comme un handicap pour leur avenir.

Programme de la résidence “Danyel Waro”2 au 7 octobre 2006
* du lundi 2 au mercredi 4 octobre : rencontres bèlè-maloya, lundi 2 (16h-19h), mardi 3 (16h-19h), mercredi 4 (9h-12h), La Maison du Bèlè
* mardi 3 : ateliers de percussions dans les écoles
* mercredi 4 de 17h à 19h : atelier de percussions ouvert au grand public, l'Espace Dd Hauts de Californie, 15€
* jeudi 5 de 8h à 12h : pour les scolaires ateliers de percussions pour les scolaires, La Maison du Bèlè
* vendredi 6 à 20h : concert de Danyel Waro et des artistes bèlè, CMAC, 24€,19€, 16€
* samedi 7 à 20h : swaré bèlè avec prestation de Danyel Waro, La Maison du Bèlè, gratuit

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Contact presse
Muriel Erdual, 0696 81 32 97 communication@lamaisondubele.com www.lamaisondubele.com
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