Les
résidences croisées
d'artistes :
Une voie vers l'altérité,
le respect et l'échange
Ouvrir
le bèlè à diverses
influences musicales en même
temps qu'il les nourrit. Tel est l'un
des objectifs poursuivis par La Maison
du Bèlè qui œuvre
pour la promotion et la diffusion
de cette culture.
Les résidences croisées
d'artistes sont un coup de pouce au
brassage culturel, l'occasion
d'une fusion entre bèlè
et musiques de tous horizons.
Depuis 2004, La Maison du Bèlè
invite ces artistes venus de la Caraïbe,
d'Afrique, d'Asie et d'Amérique
en quête de rencontres, de découvertes
avec le mond bèlè pour
un séjour d'une semaine en
Martinique. Double apprentissage autour
de la percussion, de la danse, et
du chant : l'artiste est initié
au bèlè ; il initie
à son tour les artistes de
bèlè et les mélomanes
à sa culture musicale
lors d’ateliers. Ces échanges
donnent naissance à des titres
originaux qui sont interprétés
lors du concert de l'artiste invité
et de la swaré bèlè
qui clôt la résidence.
Ce premier contact en Martinique donne
lieu bien souvent à un voyage
dans l'autre sens.
Ainsi, avons-nous avons déjà
reçu le groupe Kan'nida de
la Guadeloupe (septembre 2004), Omar
Pene et le Super Diamono de Dakar
(octobre 2004), Minino Garay et les
tambours du Sud de l'Argentine (novembre
2004), Musanda de la Guyane (avril
2005), Bapi Das Baul et le groupe
Senses de l'Inde (juin 2005), MACUGWADA
de Martinique-Cuba-Guadeloupe (août
2005), Les Tambours de Brazza du Congo
(novembre 2005),Tupi Nagô du
Brésil (décembre 2005).
L'invité cette année
: Danyel Waro, la voix de La Réunion
Pour sa huitième résidence,
du 2 au 7 octobre, La Maison du Bèlè
reçoit Danyel Waro, musicien
réunionnais qui défend
les couleurs de sa patrie à
travers le maloya.
Comme le bèlè, le maloya
est une musique issue des plantations
accompagnant les esclaves dans
leur labeur. Comme le bèlè,
il a été rejeté,
dénigré et oublié.
Comme le bèlè, un sursaut
identitaire a réveillé
les consciences le faisant sortir
de l'indifférence. Deux histoires
parallèles vont se croiser
grâce aux artistes des deux
régions : la Martinique et
la Réunion. Nul doute que les
mélomanes apprécieront
le rythme du bèlè mêlé
au blues de La Réunion, le
maloya.
Danyel
Waro, le chantre du maloya
Artiste très influent à
La Réunion, Danyel Waro est
réputé pour avoir contribué,
avec d'autres, à la renaissance
du maloya et à sa reconnaissance
internationale.
Connaître l'enfance de Danyel
Waro, Daniel Hoareau de son vrai nom,
c'est comprendre le musicien, le poète,
l'écrivain, le militant, celui
qui a su faire prendre conscience
à de nombreux réunionnais
l'importance de leur patrimoine culturel..
Fils d'agriculteurs, Danyel Waro est
né en 1955 à Tampon,
un village des Hauts de La Réunion.
Il passe son enfance à travailler
la terre, à couper la canne
à sucre, à consommer
ses propres récoltes de maïs
et de patates. La musique est étrangère
au jeune Waro : son père communiste
la considère comme une fantaisie.
La rencontre fatidique avec le maloya
se fera à l'âge de 18
ans, lors d'une fête communiste
où il tombera sous le charme
de la musique jouée par Firmin
Viry.
Insoumis, Danyel Waro refuse d'intégrer
le service militaire. Il sera emprisonné
en France, 21 mois durant lesquels
il écrit Romans ékri
dans la zol en Frans, paru en 1978.
Il y critique la politique réu
nionnaise de Michel Debré qui
fait exiler en métropole les
fonctionnaires de l'Outre-mer "
troublant l'ordre public ".
De retour à La Réunion
(1975-76), il participe aux kabars.
Ces rassemblements d'artistes qui
feront sortir de l'ombre un maloya
dénigré et méprisé
jusqu'alors interdit.
Danyel Waro défenseur du créole
et des thèses autonomistes
est un fervent pratiquant d'un maloya
non édulcoré. Son titre
Po mwin Maloya sur l'album Grin n
syèl sorti en 2006 est une
véritable ode à cette
musique traditionnelle : " amnwin
mi yinm mi yinm mi yinm/maloya la
la mon bondyé/Amwin mi yinm
mi yinm minm/maloya la lam Bondyé",
en français : " Je te
vénère ô Maloya/tu
es mon Dieu/et je te vénère
ô Maloya/toi l'âme de
Dieu ".
Grâce à l'artiste, le
maloya est exporté charriant
l'identité du peuple réunionnais
hors de l'île. Danyel Waro se
représente sur plusieurs scènes
internationales lors de concerts et
festivals dont le Sakifo festival
international de musique à
la Réunion - et Africolor -
festival dédié à
l'Afrique et à l'océan
Indien
dans l'Hexagone.
Il fait de nombreuses rencontres musicales
dont celle avec son compatriote Olivier
Ker Ourio harmoniciste de jazz avec
lequel il sortira l'album Sominnker
("Chemin de cœur "
en français).
Son portrait serait incomplet s'il
l'on ne précisait que Danyel
Waro est un luthier. Dans son atelier
les hauts de Saint-Paul à La
Réunion où il vit encore,
il confectionne les instruments traditionnels
du maloya : le kayanm, instrument
plat fabriqué à partir
de tiges de fleurs de canne et rempli
de graines de safran sauvage, le bob
fait d'une corde tendue sur un arc
et d'une calebasse comme caisse de
résonance et le roulér,
gros tambour monté à
partir d'une barrique sur laquelle
on tend une peau de bœuf.
Le
maloya était une musique interdite
Propos receuillis par Louis-Gérard
Salcede, le 17 mars 2005
Danyèl Waro :
Le maloya est une musique qui a été
apportée par les esclaves,
d'origines différentes - Afrique,
Madagascar. Avec les métissages
-
malgaches, africains, noirs, indiens
malbars, blancs-, le maloya bénéficie
d'apports multiples de toutes ces
populations tout en restant
une musique populaire.
Avec le mouvement progressiste en
1936 et dans les années 1950
avec la création du Parti Communiste
Réunionnais qui se déclarait
autonomiste, les rassemblements populaires
étaient interdits et le maloya
avec eux. Le maloya est finalement
devenu clandestin car considéré
comme subversif.
Mais les traces sont restées
et les pratiques d'hommage aux ancêtres
aussi. De cette interdiction est restée
le fait que dans la tête de
beaucoup, pour être bien il
fallait être catholique, être
dans la norme en d'autres termes "
paraître blanc ". Il fallait
rejeter sa négritude, son "
africanité ", sa "
malgachité ", car c'était
considéré comme dévalorisant,
déshonorant.
Aujourd'hui encore, certains ne veulent
pas faire passer la culture maloya
à leurs enfants la considérant
comme un handicap pour leur avenir.
Discographie
* Sominnker, (Danyel Waro & Olivier
Ker Ourio)
2003 (Cobalt/ Mélodie)
* Rest' la maloya (Hommage à
Alain Peters),
2003 (Cobalt/ Mélodie)
* Bwarouz, 2001 (Cobalt/ Mélodie)
* Foutan founkèr, 1999 (Cobalt/
Mélodie)
* Sega la pente, 1996 (Sonodisc)
* Batarsité, 1994 (Piros)
Bibliographie
Parti Communiste Réunionnais
qui se déclarait autonomiste,
les rassemblements
* Romans ékri dans la zol en
Frans, 1978, Les populaires étaient
interdits et le maloya Chemins de
la Liberté avec eux. Le maloya
est finalement devenu
* Gafourn , 1987, Éditions
Graphica-Sobatkoz clandestin car considéré
comme subversif. Mais les traces sont
restées et les pratiques d'hommage
aux ancêtres aussi. De cette
interdiction est restée le
fait que dans la tête de beaucoup,
pour être bien il fallait être
catholique, être dans la norme
en d'autres termes " paraître
blanc ". Il fallait rejeter sa
négritude, son " africanité
", sa " malgachité
", car c'était considéré
comme dévalorisant, déshonorant.
Aujourd'hui encore, certains ne veulent
pas faire passer la culture maloya
à leurs
enfants la considérant comme
un handicap pour leur avenir.
Programme
de la résidence “Danyel
Waro”2 au 7 octobre 2006
* du lundi 2 au mercredi 4 octobre
: rencontres bèlè-maloya,
lundi 2 (16h-19h), mardi 3 (16h-19h),
mercredi 4 (9h-12h), La Maison du
Bèlè
* mardi 3 : ateliers de percussions
dans les écoles
* mercredi 4 de 17h à 19h :
atelier de percussions ouvert au grand
public, l'Espace Dd Hauts de Californie,
15€
* jeudi 5 de 8h à 12h : pour
les scolaires ateliers de percussions
pour les scolaires, La Maison du Bèlè
* vendredi 6 à 20h : concert
de Danyel Waro et des artistes bèlè,
CMAC, 24€,19€, 16€
* samedi 7 à 20h : swaré
bèlè avec prestation
de Danyel Waro, La Maison du Bèlè,
gratuit
Partenaires

Contact presse
Muriel Erdual, 0696 81 32 97 communication@lamaisondubele.com
www.lamaisondubele.com
Accès à La Maison du
Bèlè