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Critiques Culturelles Martiniquaises

 

 

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Iain Pears
La Vierge à l’enfant

Edition Belfond

Les romans policiers de Iain Pears sont des amis de longue date et dont on attend la visite avec un plaisir non dissimulé.Les personnages que l’on suit au fil des années :un jeune historien d’art anglais,forcément flegmatique,et sa fiancée italienne,forcément explosive,et responsable d’un service de recherche d’œuvres d’art volées,reflètent l’image d’un couple citadin moderne dans lequel chacun est jaloux de son indépendance,mais on peut vous confier un secret :dans le dernier roman paru « Le secret de la Vierge à l’enfant »,ils viennent de se marier.


Cette présence familière est bien loin de la distance un peu rigide de Maigret ou de ses émules,du mystère troublant de l’inspecteur Bonaparte d’Arthur Upfield ou des circonlocutions psychologiques des romancières anglaises ; ’est celle d’une personne prise dans les embouteillages ou harcelée par le contrôleur des impôts : notre voisin de palier en somme (si nous le connaissions bien sûr )nous-mêmes,osons le dire,serviteur de l’état et aussi fragile que sympathique… Mais il s’agit bel et bien de meurtres à résoudre ; ce quotidien,ce train-train n’éludent-ils pas la violence avec une certaine désinvolture ? Nous ne trouverons pas ici les analyses politiques au vitriol de Vasquez Montalban qui nous a abandonnés et privés de Pepe Carvalho,ou le regard aigu Donna Leon sur les réalités italiennes actuelles Le dernier Pears ne s’inscrit pas dans cette tradition et la gravité d’un sujet lié aux attentats terroristes des années 1970 est masquée par une certaine légèreté de ton .Les pérégrinations de nos personnages dans Florence ou dans Rome éclairent d’un léger sourire,d’un instant de rêverie un petit pan de mur jaune de notre mémoire.


Mais surtout Iain Pears nous donne le plaisir de jouer aux devinettes. Connaissons-nous les tableaux dont il parle ?Existent-ils ? Avec quelles œuvres les a-t-il reconstitués ?. Quel puzzle pictural nous propose-t-il ? C’est une idée savoureuse puisqu’on ne songe pas à l’Italie sans songer tableaux, étalés, empilés, accrochés, superposés et même volés… comme une actualité récente avec l’aventure du manuscrit B52 de la Bibliothèque nationale nous permet de l’imaginer.


Dans notre roman,le vieux critique d’art teste le flair du jeune critique,capable de reconnaître dans un dessin mal présenté,non une œuvre authentique dissimulée mais une parfaite copie .Et donc qui saura découvrir mensonge et culpabilité sous le vernis de la culture ? La vérité, c’est l’acuité du paysage toscan ,la précision des lignes de cyprès dressés dans l’inaltérable soierie du ciel,les quelques traits de fusain indispensables au dessin de l’espace . A-t-on créé l’horizon toscan pour y placer des Madones. ?

Rose L. N.