Blas de
Roblès
obtient le
Médicis

Et de deux !
Après le
prix du
roman Fnac,
Jean-Marie
Blas de
Roblès,
auteur de
Là où les
tigres sont
chez eux,
publié aux
éditions
Zulma, est
en passe de
devenir un
des grands
gagnants de
la rentrée
littéraire
2008. Le
jury Médicis
lui a
décerné son
Prix du
roman
français,
mercredi 5
novembre,
par 6 voix
contre 5 à
Ce que
nous avons
eu de
meilleur,
de Jean-Paul
Enthoven
(Grasset).
Là où
les tigres
sont chez
eux ("
Le Monde des
livres " du
19
septembre)
est un roman
de près de
800 pages
dont
l'action se
situe au
Brésil, et a
pour
personnage
central
Athanase
Kircher, un
jésuite qui
vivait au
XVIIe
siècle. Le
livre figure
toujours
parmi les
quatre
titres en
compétition
pour le prix
Goncourt,
qui sera
remis lundi
10 novembre
chez Drouant,
à Paris. En
1995, Le
Testament
français,
d'Andreï
Makine,
édité au
Mercure de
France,
avait fait
un doublé,
Goncourt et
Médicis.
Les dix
jurés du
prix Médicis
étaient
divisés en
deux camps.
Quatre
d'entre eux
penchaient
pour le
livre d'Enthoven
et quatre
pour celui
de Blas de
Roblès. Au
quatrième
tour de
scrutin,
Anne
Wiazemsky,
qui
bénéficie
d'une double
voix en tant
que
présidente,
a débloqué
la
situation.
" Quand
je prends ma
décision,
j'ai plutôt
tendance à
penser aux
livres et
pas aux
éditeurs ",
a-t-elle
précisé.
Anne
Wiazemsky a
aussi reçu
le soutien
de Pierre
Leroy,
membre du
jury et
mécène du
prix
Médicis,
qui, lors de
la remise de
prix, à
l'Hôtel
Lutétia, a
pu
féliciter...
Laure Leroy,
directrice
de Zulma,
qu'il ne
connaissait
pas.
"
NOUVEAUX
TALENTS "
Créé en
1958, le
Médicis a
marqué son
cinquantième
anniversaire
en se
séparant du
Femina, qui
a décerné
son prix
deux jours
plus tôt.
" Ce qui
différencie
le Médicis,
c'est de
détecter de
nouveau
talents,
a expliqué
Dominique
Fernandez,
un des
jurés. Que
les livres
du Médicis
aient
ensuite du
succès ou
pas, qu'ils
se vendent
plus ou
moins bien,
cela nous
est égal.
Nous
cherchons
toujours la
nouveauté.
L'écriture
compte plus
que le
sujet. "
C'est ce qui
a prévalu
lors du
choix de
Jean-Marie
Blas de
Roblès. "
Cela sort de
l'ordinaire
", s'est
réjouie
Catherine
Robbe-Grillet,
venue
représenter
Alain
Robbe-Grillet,
doyen des
jurés
Médicis,
décédé en
mars 2008.
Un même
esprit a
présidé aux
choix des
prix Médicis
étrangers,
remis depuis
1970, et
Médicis
essai
(depuis
1986). Le
premier a
couronné
l'auteur
suisse de
langue
allemande,
Alain Claude
Sulzer, pour
Un garçon
parfait
(éd.
Jacqueline
Chambon),
qui l'a
emporté au
second tour
par 6 voix
contre 4 à
l'Américain
Denis
Johnson,
auteur d'Arbre
de fumée
(éd.
Christian
Bourgois).
Auteur d'un
roman qui
aborde le
thème de
l'homosexualité,
l'écrivain a
dit que "
c'était un
très grand
honneur pour
lui de
recevoir un
prix, le
jour où les
Etats-Unis
ont élu
Barack Obama
".
Un zeste
d'américanisme
a aussi
soufflé sur
le prix
Médicis de
l'essai qui
est revenu
au second
tour à
Cécile
Guilbert
pour
Warhol
Spirit
(Grasset)
par 6 voix
contre 4 à
Elisabeth de
Fontenay,
auteur de
Sans
offenser le
genre humain
(Albin
Michel).
" En France,
Warhol n'est
pas une
figure grand
public,
comme aux
Etats-Unis.
Cela peut
contribuer à
mieux la
faire
connaître ",
a commenté
Cécile
Guilbert.
Y
aurait-il un
effet Obama
sur les prix
littéraires
français ?
Des dix
jurés
Médicis,
Anne
Wiazemsky
était la
seule,
mercredi, à
arborer sur
sa poitrine
un macaron
avec un
portrait du
nouveau
président
des
Etats-Unis.
Parmi tous
les titres
présents
dans les
dernières
sélections
des prix
Renaudot et
Goncourt, -
rendues
publiques,
mercredi 5
novembre -
quelques-uns
peuvent
aller dans
ce sens...
Outre
Là où les
tigres sont
chez eux,
de
Jean-Marie
Blas de
Roblès, les
jurés
Goncourt ont
conservé
Une
éducation
sentimentale,
de
Jean-Baptiste
Del Amo,
mais aussi La
Beauté du
monde,
de Michel Le
Bris
(Grasset)
dont
l'action se
passe moitié
aux
Etats-Unis,
moitié en
Afrique, et
enfin
Syngué
Sabour,
d'Atiq
Rahimi
(POL), un
auteur
d'origine
afghane.
Parmi les
cinq romans
retenus par
les jurés
Renaudot se
distingue
Le Roi de
Kahel,
de Tierno
Monénembo
(Seuil), un
auteur
guinéen
francophone
qui est
apprécié par
J.M. G. Le
Clézio, juré
Renaudot et
récent Prix
Nobel de
littérature.
Parmi les
autres
titres en
compétition
figurent
Un chasseur
de lions,
d'Olivier
Rolin
(Seuil),
Le Voyage du
fils,
d'Olivier
Poivre
d'Arvor
(Grasset) et
Le
Silence de
Mahomet,
de Salim
Bachi
(Gallimard).
Les jurés
ont aussi
ajouté sur
la liste
Le Cas
Sonderberg,
d'Elie
Wiesel
(Grasset).
Pour le
Renaudot
essai,
Autobiographie
d'un
épouvantail,
de Boris
Cyrulnik
(éd. Odile
Jacob), est
venu
rejoindre
Portrait
d'une femme
romanesque,
Jean Voilier,
de Celia
Bertin (éd.
de Fallois),
et Les
Jongleurs de
mots, de
Patrice
Delbourg
(Ecriture/Archipel).
L'ouverture
au monde a
donc toutes
les chances
de marquer
le choix des
jurés
Goncourt et
Renaudot. On
sera fixé
lundi 10
novembre.
Alain
Beuve-Méry