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AU NÈGRE FONDAMENTAL


 

Le père du nègre est mort !

Je vous parle pas de Cham.

Aujourd’hui dans mon slam

j’ai mis toute mon âme :

qu’il emporte mes mots

au loin jusqu’à son corps.

Du nègre Orphée

s’est tue la lyre,

dans les bras de Morphée

dirait-on pas qu’il dort ?

Car un poète ne peut être mort :

tant qu’on continue de le lire

il continue de vivre encore

au cœur de notre souvenir

pour les nombreux siècles à venir.

Certes tu fus aimé,

Aimé, comme ces airs,

Césaire, de liberté

que tu nous a chantés

et qui nous ont charmés.

Jamais nous te laisserons partir.

Tant qu’un enfant pourra te lire

il se sentira fier,

il se sentira nègre

quelque soit sa couleur,

quelque soit sa douleur,

tellement fier d’être nègre !

Ta pensée est un aigle

s’envolant dans les airs

et filant sur son erre.

Tu as ouvert tes ailes,

te voilà immortel !

Si le silence est d’or

l’argent de ta parole,

sa musique, ses accords,

tout le monde l’adore.

Elle nous fera tenir,

nous fera rester forts

pour bâtir l’avenir.

Même si nous n’avons pas

inventé la boussole

on perdra pas le nord,

suivant depuis le sol

l’essor de ton étoile

indiquant le chemin

pour tous nos lendemains :

c’est ça qui nous console.

Tu as su de la peur,

tu as su de la honte

affranchir nos esprits.

Toi, le grand petit homme,

tu nous voulais meilleurs

hommes parmi les hommes,

tu voulais qu’on soit fiers,

tu voulais qu’on soit forts.

Sage d’entre les sages,

tu fis de nous un DOM

sans qu’on soit oncles Tom.

C’est pourquoi aujourd’hui

toute la Martinique

vient te rendre l’hommage

que certes tu mérites.

À nous tu as laissé

les pages de ton Cahier

en héritage

et puis tu as tourné

la dernière de tes pages…

Alors pour ton retour

à ce pays fatal,

poète, honneur, respect

et bon voyage…


 

Patrick MATHELIÉ-GUINLET