Respect pour
ce peuple martyrisé et
offensé
Pour nos ancêtres, ayons
une pensée…
Et souvenons-nous de ce
qu’ils ont enduré.
L’âme tourmentée, le cœur brisé
et l’esprit hanté,
Ils ont quitté par la force leur
Afrique tant aimée
En gardant en eux, l’espoir un
jour d’y retourner.
Mais hélas ! Ces barbares les en
ont empêchés.
Derrière eux, ils ont laissé des
gens peinés.
Combien de familles et de
couples brisés ?
Considérés comme de la
marchandise à exporter,
Ils étaient sans scrupule
troqués par leur geôlier.
La plupart venaient du Bénin, du
Congo ou de Guinée.
Ils étaient pourchassés,
enchaînés puis enfermés.
Dès leur capture, leur identité
était confisquée.
Nos mères, leurs sœurs et leurs
filles étaient violées.
En partance de Ouidah ou de la
belle île de Gorée,
La religion catholique a
vivement approuvé.
Cette main d’œuvre à bon marché
était convoitée.
Une mine de diamant pour ces
conquérants assoiffés.
Attachés, méprisés et frappés
durant la traversée,
Ils ont été rabaissés dans leur
dignité sans aucune pitié.
Au fond de la cale des
détestables et insalubres
négriers,
Sans humanité, on les a entassés
par centaine de milliers.
A leur égard, les tortionnaires
n’avaient aucune pitié.
Même pas un sourire, un geste de
tendresse ou de bonté.
En plus de la privation de leurs
droits et de leur liberté,
Ils étaient sans ménagement,
traînés, fouettés et insultés.
Pendant ces longues, ces
cruelles et difficiles années,
Malgré leur souffrance, nos
ancêtres ont ramé et pagayé.
Les malades n’étaient jamais
soignés ou réconfortés.
Ils étaient jetés à la mer afin
de s’en débarrasser.
Un grand nombre d’entre eux ont
ainsi péri noyés.
A cette époque, ces crimes n’ont
pas été dénoncés
Et les donneurs d’ordres n’ont
jamais été jugés.
Bien au contraire ils furent
protégés et décorés.
Pourquoi vouloir nous cacher à
tout prix la vérité ?
Sur des faits qui se sont
réellement déroulés ?
Notre histoire est confisquée et
nos droits bafoués.
Ensemble, gagnons à la rétablir
dans son intégralité.
Comment pourrait-on un jour
pardonner ?
Si aujourd’hui encore notre
histoire nous est spoliée.
Nous sommes des êtres
maltraités, boycottés, méprisés
Et bien plus encore, critiqués,
rejetés et jalousés.
Déportés, humiliés, déshonorés
et déshérités,
Nos pauvres aïeux n’avaient rien
à manger.
Leur vie durant, Ils ont
travaillé sans être payés.
Ils n’avaient même pas le droit
d’être fatigués.
Nos braves ancêtres ont fait la
richesse des békés
Qui n’hésitaient pas à tuer,
castrer ou mutiler
Tous les esclaves qui tentaient
de s’échapper.
Ces châtiments infligés étaient
tous légitimés.
Craignant d’être ensorcelés ou
envoûtés
Ils les ont interdits de cogner
sur leur Djembé.
Pour eux, le son émit par cet
instrument diabolisé
Etait à leur insu, un moyen pour
communiquer.
Sur les habitations de tous ces
maîtres financiers,
Beaucoup des nôtres mouraient
faute d’être soignés.
Dès la tombée de la nuit, ils
étaient hâtivement enterrés,
Sans aucune formalité ou homélie
prononcée.
Constatant que l’économie de son
empire était menacée,
Napoléon a rétabli l’esclavage
dans son intégralité.
Le peuple lassé de cette
souffrance s’est révolté.
Schœlcher a volé à leur secours
pour être épargné.
Souvenez-vous à jamais de ces
toutes rimes en (é).
Elles ont rythmé durant cinq
siècles écoulés,
La vie de tous ces pauvres êtres
humains déportés
Qui se sont battus jusqu’à ce
qu’ils soient libérés.
Le combat pacifique de
la communauté a fini par payer.
Aujourd’hui, l’esclavage
est reconnu comme crime contre
l’humanité.
Alors, si dans tes
veines coulent un peu de leur
sang…
Ne te laisse pas
aveugler, aux risques d’oublier
ton passé !
Philippe PILOTIN