« Le Tremble »
La forêt est si dense Que les chemins serpentaires Se coulent sous les feuillages Et des berceaux de lumière Ont fait leurs nids dans les ronciers. Le tremble des acacias Veillera sur nos étreintes blotties Sous les surgeons des châtaigniers. Viens, l'herbe est si douce Et ton sexe de jeune daguet Se fait velours sous mes doigts. Glisse -toi comme j'aime Par effraction d'amour Dans la ville interdite Toute laquée de pourpre Pour que se dilue ton histoire En strates de plaisir. Nos ardeurs ont mêlé nos racines Ne pars pas, ne pense pas ! Ma vie toute entière tient entre tes mains Tu es le maître de la lampe. Je veux laisser mes doigts se prendre A la résille drue de tes cheveux, Et que ta langue me butine Comme un papillon de nuit, Je veux que nos cuisses se débattent Telles des truites vives Sur les herbes humides, Et que tes caresses, mon amour Soient une moisson de goémons Ruisselants sur nos corps. Ne pars pas, Chaque absence déchire Des fragments de ciel. Écoute le silence des pierres Tout un monde palpite Dans leur danse immobile.
Laisse-moi m'endormir Tout près de ton visage, Ton front, tes yeux, ton nez, ta bouche, Une musique de si loin venue Pour égrainer la nuit. Fermons les yeux, La brise file nos paupières, Ta bouche a la beauté Des îles coutumières, Tandis que mes baisers étoilent Les paumes de tes mains.
Denise Bernhardt Le 05 08 2008
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