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« Avec
Franz
Fanon :
percevoir,
écouter,
écrire,
dire
l’humain. »

De
nombreux
mots
pour
dire
que
les
textes
de
Franz
Fanon,
ceux
que
chaque
lectrice,
lecteur,
rencontre
en
librairie,
en
bibliothèque,
en
discussion,
témoignent
d’une
vive
perception,
écoute,
écriture,
et
diction
des
violences
et
silences,
impunités,
qui,
à
travers
les
séparations,
apartheids,
mises
à
l’écart,
viols,
forclusions,
destitutions
structurales
et
singulières
des
civilités,
ont
marqué
l’histoire,
les
sociétés,
les
individus
d’aujourd’hui,
ne
laissant
nulle
personne
contemporaine,
enfants,
nouveaux-nés,
femmes,
hommes,
personnes
agées,
nulle
formation
politique,
dictature,
tyrannie,
démocratie,
république,
à
l’abri
des
conséquences
et
reconstructions
mémorielles
et
historiques
qu’exigent
de
telles
destructions
et
exclusions
historico-
psychiques.
Individus
et
sociétés
sont
marquées
à la
surface
d’eux-mêmes,
d’elles-mêmes
et
dans
les
profondeurs,
strates,
couches,
de
cette
réalité
historique
et
psychique
liée :
celle-ci
étant
plurielle,
multiple,
de
surface
lisible
ou
dite,
par
exemple,
par
la
mise
en
ghettos,
les
différences
territoriales
de
logements,
de
salubrité,
les
stigmatisations
langagières
et
coutumières,
les
différences
affirmées
par
la
richesse
et
la
pauvreté,
les
accès
ou
non
aux
soins,
à la
culture,
auc
cultures,
les
mises
en
retard,
en
question,
refus,
des
langues,
leurs
acquisitions
bénéfiques
et
différenciées,
les
ostracismes
et
anathèmes
raciaux
sous
des
légitimations
religieuses
porteuses
de
pensées,
idéologies
faillibles,
les
mises
à
mort
et
enfermements
dits
exemplaires,
les
destitutions
et
inégalités
des
représentations
et
histoires,
les
perturbations
et
aliénations
de
soi
par
des
représentations
et
affirmations,
dominations
issues
de
l’Autre
par
introjection
et
précipitation
du
bourreau,
du
justicier,
du
vengeur
héroïque,
d’un
maitre,
essentiellement
dominateur
et
cruel,
entrainant
abandon
et
chute,
détresse
de
ce
que
serait
une
prise
en
compte
affirmation
et
protection
de
l’humain.
|
|
Fragments
d’une
enfance
saintoise,
Récit.
Raymond
JOYEUX,
Editions
«
Les
Ateliers
de
la
Lucarne
»,
Terre
de
Haut,
2009.
Raymond
JOYEUX
n’est
pas
un
inconnu.
Il
écrit
et
publie
des
recueils
de
poésies[i],
depuis
plus
de
vingt
ans.
Le «
Récit
»
qu’il
publie
aujourd’hui
s’inscrit
dans
la
lignée
des
«
récits
de
vie
»,
inaugurés
aux
Antilles
en
1950
par
Joseph
ZOBEL,
avec
La
rue
Casse-Nègres.
Roman
autobiographique,
ZOBEL
y
racontait
la
vie
de
la
Martinique
rurale
de
son
enfance.
Raymond
JOYEUX,
nous
raconte
à
son
tour
son
enfance
saintoise,
après
Coulée
d’Or
d’Ernest
PEPIN
et
Le
Cœur
à
rire
et à
pleurer
de
Maryse
Condé
en
1999,
et
après
Tu
c’est
l’enfance
de
Daniel
MAXIMIN
en
2004,
pour
la
Guadeloupe.
Ce
récit
fait
le
pendant
en
quelque
sorte
de
l’enfance
marie-galantaise
que
Max
PIPPON
a
brossé
avec
Le
Dernier
matin
en
2000.
Pourquoi
une
telle
abondance
de
ce
type
de
récit
dans
nos
îles
?
Les
«
récits
de
vie
»
relèvent
d’un
genre
littéraire
autobiographique,
les
Confessions,
dont
les
racines
anciennes
remontent
à
SAINT-AUGUSTIN,
et
qu’à
illustré
J-J
ROUSSEAU.
Mais,
s’ils
disent
le
MOI
d’un
écrivain,
ils
le
font
à
travers
une
«
création
»
littéraire
dans
laquelle
l’imagination
joue
un
rôle
non
négligeable.
La
part
d’authenticité
et
celle
de
la
fiction
sont
toujours
difficiles
à
démêler.
En
dépit
de
l’affichage
d’une
tendance
ethnographique
visant
à
rendre
compte
de
la
culture
d’une
communauté,
celle
des
Saintois,
nous
nous
demanderons
en
quoi
ces
Fragments
d’une
enfance
saintoise
restent
une
«
fiction
de
l’enfance
».
Une
enfance
qui
a
été
reconstruite
à
partir
de
fragments,
et
donc
réinterprétée
.
lire
la
suite
|
|
Suzanne
l’aimée
de
Césaire

Dissidence. «Le Grand Camouflage», recueil d’essais poético-politiques de la femme de l’écrivain martiniquais. Tout commence quand un bateau faisant route pour New York et transportant des dizaines d’exilés (dont Claude Lévi-Strauss, Anna Seghers, Wifredo Lam, André Breton…) fait escale en Martinique. Breton, qui cherche un ruban pour la petite Aube, entre dans une mercerie de Fort-de-France, il tombe sur la revue et y lit des poèmes qui le bouleversent. Il demande à rencontrer son auteur, Aimé Césaire. La mercière, qui se trouve être la sœur du philosophe René Ménil, un des cofondateurs de la revue avec Aimé Césaire et sa femme Suzanne, met tout le monde en contact. C’est le début d’un réseau d’amitiés croisées et d’influences artistiques étonnamment fécondes.
«Le grand camouflage», l’essai qui donne son nom au livre rassemblé par l’écrivain Daniel Maximin, a été écrit par Suzanne Césaire en 1945, c’est un écho de cette journée, un texte poético-politique d’une grande énergie, à la fois lyrique et ancré dans la géographie et l’anthropologie de la Martinique. Daniel Maximin dit que c’est peut-être Peau noire, masques blancs
Lire
la
suite |
|
Au
nègre
fondamental
par
Patrick
Mathelié-Guinlet
Le
père
du
nègre
est
mort !
Je
vous
parle
pas
de
Cham.
Aujourd’hui
dans
mon
slam
j’ai
mis
toute
mon
âme :
qu’il
emporte
mes
mots
au
loin
jusqu’à
son
corps.
Du
nègre
Orphée
s’est
tue
la
lyre,
dans
les
bras
de
Morphée
dirait-on
pas
qu’il
dort ?
Car
un
poète
ne
peut
être
mort :
tant
qu’on
continue
de
le
lire
il
continue
de
vivre
encore
au
cœur
de
notre
souvenir
pour
les
nombreux
siècles
à
venir.
Certes
tu
fus
aimé,
Aimé,
comme
ces
airs,
Césaire,
de
liberté
que
tu
nous
a
chantés
et
qui
nous
ont
charmés.
Jamais
nous
te
laisserons
partir.
Tant
qu’un
enfant
pourra
te
lire
il
se
sentira
fier,
il
se
sentira
nègre
quelque
soit
sa
couleur,
quelque
soit
sa
douleur,
tellement
fier
d’être
nègre !
Ta
pensée
est
un
aigle
s’envolant
dans
les
airs
et
filant
sur
son
erre.
Lire
la
suite
|
Pierre Pinalie , une passion pour les langues
Polyglotte
accompli,
il
publie
ces
jours
ci
une
septième
édition,
entièrement
revisitée
de
son
dictionnaire
français
créole
que
par
modestie
il
qualifie
d'élémentaire.
Comme
en
témoigne
l'entretien
qu'il
nous
a
accordé,
au
cours
duquel
on
sent
la
retenue
imposée
par
l'idée
même
de
publication,
Pierre
Pinalie
n'est
pas
l'homme
de
la
moitié
du
gué.
Et
ce
n'est
pas
là
la
moindre
de
ses
qualités.
Pierre
Pinalie
comment
vous
présenter?
1/
Je
suis
toujours
touché
mais
un
peu
gêné
d’être
interviewé,
mais
si
je
le
suis,
ce
n’est
pas
parce
que
je
l’ai
demandé.
Par
ailleurs,
j’ai
forcément
beaucoup
de
choses
à
dire
sur
mon
séjour
en
Martinique,
puisque
je
suis
ici
depuis
une
trentaine
d’années,
alors
que
j’avais
en
France
passé
20
ans
en
province,
et
20
ans
à
Paris.
Je
me
permets
donc
de
m’imaginer
quelque
peu
martiniquais,
même
si
on
m’appelle
le
petit
blanc
des
dernières
colonies.
Et
si
je
vis
dans
ce
pays,
c’est
que
j’y
étais
venu
pour
découvrir
le
pays
d’une
épouse.
J’ai
d’ailleurs
été
marié
deux
fois
avec
une
martiniquaise,
ce
qui
m’a
donné
deux
fils
métis,
et
j’ai
rapidement
découvert
le
plaisir
de
vivre
dans
ce
pays
avec
un
intérêt
et
une
passion
pour
la
culture
locale,
en
n’oubliant
jamais
l’histoire
du
pays
avec
ce
que
cela
comporte
comme
drames
et
comme
horreurs
dans
le
passé.
J’ai
d’abord
résidé
au
Vert-Pré,
dans
la
campagne,
avant
de
venir
m’installer
à
Fort-de-France
pour
aller
plus
aisément
à
l’université,
et
j’ai
enseigné
longtemps
au
lycée
de
Trinité
avant
de
faire
des
recherches
à l’UAG,
sur
le
créole.
En
effet,
c’est
l’espagnol
que
j’enseignais
au
lycée,
et
le
créole
qui
est
devenu
ma
passion
et
mon
activité
professionnelle,
et
cela
m’a
donné
une
profonde
connaissance
des
problèmes
du
créole,
et
la
merveilleuse
possibilité
de
rencontrer
encore
aujourd’hui
des
centaines
d’élèves
et
d’étudiants
avec
lesquels
j’ai
toujours
eu
d’excellents
et
de
charmants
rapports.
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la
suite
|
DICTIONNAIRE ÉLEMENTAIRE FRANCAIS/CRÉOLE
de Pierre Pinalie, Éditions L’harmattan, 2009
BIEN
MÈSI
MISIÉ
PINALIE !
|

par Serge HARPIN
Il n’y a rien de plus humain que la tendance à « naturaliser » les acquis des luttes passées, à les appréhender comme s’ils allaient de soi, comme s’ils avaient toujours été. La « naturalisation » se fait le plus souvent par oubli ou ignorance. Elle est aussi quelquefois produite à dessein par la substitution du mythe à l’histoire : on raconte alors des histoires, ses désirs. On instrumentalise le passé. Il en est ainsi du combat pour la reconnaissance des Créoles en tant que langues comme pour tout le reste. D’où un devoir d’histoire qui commence toujours par un rappel des faits : |
|
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|
|
Saskia
Sassen
sociologue
"
globale
"

Connue
pour
ses
travaux
sur
les
"
villes
globales
" -
Londres,
New
York
et
Tokyo
- où
bat
le
pouls
humain
et
financier
de
la
mondialisation,
Saskia
Sassen
enseigne
à
l'université
Columbia
(New
York)
et à
la
London
School
of
Economics
(Londres).
Aller
à la
rencontre
de
cette
grande
figure
de
la
sociologie
contemporaine,
c'est
faire
connaissance
avec
une
intellectuelle
cosmopolite,
invitée
à
siéger
dans
les
plus
grands
concours
internationaux
d'urbanisme,
et
qui
ne
se
départit
jamais
de
la
distance
amusée
propre
à
ceux
qui
sont,
le
mot
est
d'elle,
"
partout
chez
eux
et
partout
des
étrangers
".
Née
en
1949
dans
une
famille
polyglotte,
éduquée
à
Buenos
Aires
et à
Rome,
entrée
aux
Etats-Unis
illégalement
avant
d'y
poursuivre
ses
études,
Saskia
Sassen
se
définit
elle-même
comme
une
"
excentrique
".
Le
parcours
de
cette
intellectuelle
engagée,
dont
le
premier
manuscrit
fut
refusé
par
treize
maisons
d'édition,
est
fait
de
chemins
de
traverse.
Traversée
des
savoirs,
entre
sociologie,
économie
et
sciences
politiques.
Traversée
de
son
objet
lui-même,
cette
globalisation
qu'elle
s'obstine
à
saisir
par
chacune
de
ses
facettes,
livre
après
livre
:
les
parcours
des
migrants,
les
échanges
monétaires
entre
entreprises,
les
structures
des
villes
et,
aujourd'hui,
le
destin
ambigu
des
Etats.
A
rebours,
à la
fois,
de
l'essayisme
des
experts
et
du "
radical
chic
"
hypercritique,
deux
postures
fréquentes
dans
ce
champ
d'études,
Sassen
n'ambitionne
rien
moins,
dans
son
dernier
livre,
La
Globalisation,
une
sociologie,
que
d'inscrire
ce
processus
dans
l'histoire
des
sciences
sociales.
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la
suite
|
|
La
fabuleuse
aventure
des
romans
sur
grand
écran
 Le récit qui a donné naissance au film Slumdog Millionaire, coiffé d'un drôle de titre - Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup, chez «10/18» - s'est écoulé à plus de 140 000 exemplaires après ses récompenses à Los Angeles.
Un film primé peut multiplier par dix les ventes du livre adapté au cinéma.
Lors de la remise des césars ou des oscars, il n'y a pas que les acteurs ou les producteurs qui sont tendus. Les éditeurs, aussi. Car pour eux, également, l'enjeu est crucial : le film primé dope les ventes du roman adapté sur grand écran. Une réussite au cinéma peut multiplier les ventes par dix, rappelle-t-on au «Livre de poche».
L'impact est tel que l'édition de poche de l'Étrange histoire de Benjamin Button se retrouve deux fois dans la liste des meilleures ventes ! Le premier paru chez Pocket (L'Étrange… suivi de Un diamant gros comme le Ritz) et le second, édité par la collection «Folio». Au total, plus de 150 000 exemplaires ont été vendus après la sortie en salle. Scott Fitzgerald, qui a couru après le succès commercial toute sa vie, n'en serait pas revenu.
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la
suite |
|
Quoi
de
neuf
?
Montaigne
!

Lecteur
neuf,
ce
livre
de
bonne
foi
est
pour
toi
:
voilà
Montaigne
adapté,
"traduit"
en
français
moderne
! Tu
t'y
trouveras
de
plain-pied
avec
le
caracolant
auteur
des
Essais.
Finis,
comme
l'écrivait
Marc
Fumaroli
("Le
Monde
des
Livres"
du
15
juin
2007),
"l'orthographe
escogriffe"
et
les
"Himalayas
de
notes"
des
éditions
savantes,
dont
on
ne
déniera
sûrement
pas
l'intérêt
scientifique.
Mais
il y
a du
profit
au
change.
D'abord
dans
le
bonheur
de
la
lecture,
son
confort.
Car
ici,
rien
n'arrête
la
promenade,
dont
l'allure
n'est
plus
contrainte.
Ainsi
escorte-t-on
le
cavalier
bordelais
à sa
guise,
au
pas,
au
galop,
au
trot,
c'est
selon.
Nous
le
suivons
de
bonne
grâce
dans
ses
vagabondages.
Sa
liberté
nous
emballe
et
nous
semble
plus
éclatante,
plus
vive.
Qu'il
procède
par
"sauts",
par
"gambades",
c'est
tant
mieux
: la
balade
a du
caractère.
Lire
la
suite
|
|
PAS…
Pas
tan-a
ka
vin
pou
pèp-la
lévé
doubout,
pas
lavi
an
nonm
two
kout,
fout !
kouté’y
an
lari-a
palé
épi
an
sèl
vwa
pou
mandé
tousa
i ni
dwa.
Pas
mépri
bétjé-a
lévé
kòlè
pèp-la,
pas
i ni
mà
épi
pwofitasyon,
pas
Gwadloup
èk
Matnik
sé
dé
nasyon,
pas
lè
ni
an
volonté
ni
an
lawout,
pas
nou
vlé
dinité
nou
épi
sé
tout,
pas
lavi
nou
sé
an
konba
ki
pa
jen
bout,
pas
sé
solidarité
ka
pòté
lèspwa,
di
tousa,
divini
ich
nou
ké
plen
épi
lajwa !
Patrick
MATHELIÉ-GUINLET
(19-02-09)
Lire
d'autres
poèmes |
|

Toute
l’œuvre
d’Édouard
Glissant
a
appelé
de
ses
vœux
un
événement
comme
celui
qui
vient
de
se
produire
aux
Etats-Unis
:
Barack
Obama
est
l'incarnation
de
ce
qu’il
nomme
depuis
trente
ans
la «
créolisation
» du
monde.
Son
élection
est
un
fait
sur
lequel
on
ne
peut
désormais
plus
revenir.
Qu’est-ce
que
Barack
Obama
fera
de
cette
victoire
?
C’est
aujourd’hui
impossible
à
dire.
Dans
cette
lettre
ouverte
écrite
un
an
après
Quand
les
murs
tombent,
Édouard
Glissant
et
Patrick
Chamoiseau
s’adressent
au
44e
président
des
États-Unis,
premier
Africain-américain
à
accéder
à la
Maison
Blanche,
et
appellent
à
une
réflexion
entre
poétique
et
politique
sur
ce
que
pourrait
être
demain
l’action
d’Obama,
président
de
la
première
puissance
mondiale.
Lire
un
extrait
et
écouter
l'interview
de
Patrick
Chamoiseau
et
Edouard
Glissant |
|
par
Christophe
Mercier
Le
prolifique
écrivain
américain
John
Updike,
connu
notamment
pour
sa
série
de
romans
mettant
en
scène
le
personnage
Rabbit,
est
mort
à 76
ans.
Il était le peintre de l'Amérique. Lauréat à deux reprises du prestigieux prix Pulitzer, auteur de dizaines de livres, nouvelles, critiques, essais, romans pour enfants, poèmes, John Updike est surtout célèbre pour ses séries des «Rabbit» et «Bech».
En France, sa fortune a été fluctuante, culminant avec l'énorme succès de Couples, à la fin des années 1960. Mais même si les Français semblaient lui préférer Philip Roth (pour prendre un auteur de sa génération), John Updike fut une star de sa génération. Plus qu'une star, un mythe. Ses aficionados lui ont consacré un site Internet, The Centaurus, particulièrement impressionnant mentionnant jusqu'au moindre texte publié par Updike dans le New Yorker (dont il était un chroniqueur régulier) ou donnant à lire des nouvelles encore inédites. Adoubé par Vladimir Nabokov dès ses premiers écrits, Updike a toujours été un «writer's writer». Un monument.
Lire
la
suite
|
La
NRF,
cent
ans
de
littérature
et
de
succès

C'est
un
cas
d'école :
depuis
un
siècle,
une
couverture
invariablement
crème,
sobre,
sans
photo
aguicheuse ;
pas
de
récit
«trash» ;
et
ce
sigle
au
graphisme
désuet
-
NRF.
Et,
en
cent
ans,
le
succès
ne
s'est
jamais
démenti.
Comment
expliquer
que
la
maison
d'édition
Gallimard,
née
de
la
création
de
La Nouvelle
Revue
française,
attire
toujours
autant
de
lecteurs,
et
reste
au
centre
de
la
planète
littérature,
ne
serait-ce
que
parce
qu'il
est
le
premier
éditeur
indépendant
en
France ?
«Oui,
c'est
vrai,
cela
reste
mystérieux,
une
maison
qui
n'a
pas
perdu
son
âme
en
cent
ans.
Je
crois
que
l'une
des
explications
est
que
l'entreprise
est
restée
familiale,
l'actuel
patron
(Antoine
Gallimard)
est
le
petit-fils
du
fondateur»,
souligne
Roger
Grenier,
écrivain
et
éditeur
chez
Gallimard
depuis
1964.
La
petite
revue
créée
en
1909
par
une
poignée
de
jeunes
gens
passionnés
est
aujourd'hui
un
groupe
qui
emploie
1 300
personnes
et
réalise
près
de
300 millions
d'euros
de
chiffre
d'affaires ;
celui-ci
a
échappé
aux
concentrations et
jouit
toujours
d'un
prestige
inégalé.
Ces
dernières
années
encore,
Jonathan
Littell,
Muriel
Barbery
et
Jean-Marie
Le Clézio
ont
incarné,
chacun
à sa
manière,
la
gloire
de
Gallimard.
Raisons
de
ce
succès ?
«On
a
gardé
l'esprit
NRF»,
résume
Grenier.
Lire
la
suite
|
|
Au
XIXe
siècle,
certains
colonisés
trouvèrent
leurs
meilleurs
alliés
parmi
les
anarchistes
européens.
Benedict
Anderson
raconte
comment

Les
systèmes
de
domination
sont
souvent
mal
compris
par
ceux
qui
les
soutiennent.
Afin
d'en
avoir
une
description
pertinente,
mieux
vaut
se
tourner
vers
leurs
plus
violents
détracteurs.
Ainsi
des
politiques
impériales
:
"
Pour
trouver
une
interprétation
théorique,
c'est
aux
adversaires
de
l'impérialisme
qu'il
faut
s'adresser.
D'une
certaine
manière,
ce
sont
eux
qui
ont
tenté
d'en
construire
l'idée
",
écrit
Henry
Laurens
dans
L'Empire
et
ses
ennemis,
un
essai
qui
retrace
à
grands
traits
le
destin
de
l'impérialisme
et
de
ses
opposants
à
travers
les
siècles.
L'historien
y
rappelle
notamment
que
si
le
thème
d'une
"
mondialisation
conquérante
"
est
déjà
présent
chez
Karl
Marx,
celui-ci
ne
misait
guère
sur
les
soulèvements
anticoloniaux
:
pour
lui,
ces
révoltes
reposaient
certes
sur
une
juste
colère
d'un
point
de
vue
moral,
mais
elles
étaient
vaines
; en
effet,
elles
venaient
entraver
la
marche
du
progrès,
c'est-à-dire
l'unification
de
la
planète
par
les
forces
du
capital,
nécessaire
préalable
à la
construction
d'un
avenir
socialiste.
Lire
la
suite |
|
par
Mathieu
Lindon

Pedro
Almodovar
a
filmé
Tout
sur
ma
mère,
John
Burnside
écrit
Un
mensonge
sur
mon
père.
C’est
que
la
volonté
du
poète
écossais
né
en
1955,
dont
c’est
le
quatrième
roman
(«ce
livre
gagne
à
être
considéré
comme
un
roman»)
traduit
après
la
Maison
muette,
Une
vie
nulle
part
et
les
Empreintes
du
diable,
est
plus
autobiographique
que
celle
du
cinéaste
espagnol.
Un
mensonge,
quoi
de
plus
réel
?
C’est
parce
qu’il
a
d’abord
menti
à un
auto-stoppeur
américain
que
le
narrateur
déroule
ce
qui
devient
le
livre.
La
manière
d’être
écrivain
de
John
Burnside
consiste
à
traquer
le
récit
partout,
aussi
bien
sa
nécessité
que
sa
fatalité.
«Chaque
vie
est
un
récit
plus
ou
moins
secret,
mais
quand
un
homme
devient
père,
l’histoire
est
vécue
non
pas
au
service,
mais
dans
la
conscience
permanente
d’un
autre
individu,
ou
de
plusieurs.
Quel
que
soit
le
mal
qu’on
se
donne
pour
éviter
ça,
la
paternité
est
un
récit,
une
chose
racontée
non
seulement
à,
mais
aussi
par
les
autres
en
question.»
A la
fin
du
livre,
le
narrateur
est
père
lui
aussi.
Mais,
la
plupart
du
temps,
il
est
un
fils,
avec
une
mère
«labyrinthe
de
contradictions»
et
un
père
qui
est
un
enfant
trouvé
(«nul
ne
découvrit
jamais
d’où
provenait
mon
père»)
qui
ne
s’en
est
jamais
remis
et
le
fait
lourdement
peser
sur
sa
famille
où
la
mortalité
infantile
a
déjà
fait
des
ravages.
On y
manque
d’argent
et
d’affection,
et
l’enfant
devenu
adolescent
estimera
la
drogue
(et
même
l’alcool
dont
son
père
est
si
friand)
tout
à
fait
capable
de
remplacer
cette
cellule
plus
agressive
que
protectrice.
La
troisième
partie
de
cette
aventure
paternelle
est
intitulée
«Paternul».
La
vérité
sur
le
père
du
narrateur,
c’est
que
le
narrateur
n’a
pas
été
loin
de
l’assassiner.
Lire
la
suite |
By Jacques Drillon et Fabrice Pliskin
Le
28
janvier,
Nicolas
Sarkozy
aura
54
ans,
et
il
souffre
d'une
maladie,
l'allergie
à la
littérature.
C'est
pourquoi
nous
lançons
une
grande
opération
thérapeutique:
redonner
le
goût
de
la
lecture
à
l'ennemi
personnel
de
Mme
de
La
Fayette
Monsieur
le
Président,
Serait-ce
à
force
d’admirer
les
chiffres
sur
le
cadran
de
votre
Breitling
que
vous
avez
pris
les
lettres
en
horreur?
Vous
nous
rappelez
sans
cesse
que
le
but
de
notre
vie,
c’est
de
gagner
plus.
Hélas,
sous
votre
présidence,
les
Français
n’ont
plus
d’argent.
Des
«cinq
ou
six
cerveaux»
que
vous
prête
votre
moitié,
aucun
ne
semble
stimulé
par
la
chose
écrite.
La
chose
comptée
vous
importe
seule,
et
il
n’est
pas
jusqu’aux
sans-papiers,
êtres
humains
parmi
les
êtres
humains,
que
vous
ne
dénombriez
par
paquets
de
mille.
Un
texte,
semblez-vous
demander,
combien
de
divisions?
Les
richesses
d’un
livre,
la
multiplicité
des
tons
et
des
voix
sont
lettre
morte
pour
vous.
Pourquoi
reconduire
à la
frontière
de
votre
conscience
cette
diversité-là?
Lie
la
suite
|
|
Jacobo Machover, professeur de littérature latino-américaine à l'université d'Avignon, est un académique peu conventionnel. Né à Cuba en 1954, émigré en France avec sa famille en 1963, il suit, avec l'énergie d'un mord-la-faim, l'actualité de l'île des Caraïbes depuis sa plus tendre enfance.
Il collecte les récits de ceux qui, il y a cinquante ans, ont vécu la révolution cubaine ou qui survivent aujourd'hui dans l'un des derniers régimes communistes de la planète. Ces paroles forment la substance de son dernier livre. Dans ses précédents textes, il avait choisi le registre de la polémique argumentée, en particulier avec La Face cachée du Che (Buchet-Chastel, 2007), dans lequel il s'employait à démystifier l'image christique du révolutionnaire argentin, tout à l'inverse des brouets naïfs ou militants qui font de l'Argentin un héros romantique.
Lire la suite
|
|
La
part
de
l'autre
Ce
livre,
où
se
mêlent
histoire
et
mythologie,
est
écrit
du
coeur
de
notre
présent
-
présent
des
Antilles,
de
la
France,
de
ce
monde
ouvert
à de
multiples
transversalités
qui
est
le
nôtre.
Marlène
Parize
y
défend
une
proposition
radicale
contre
tous
les
nationalismes
et
communautarismes,
contre
tous
les
mépris
de
soi:
il
est
temps,
il
est
grand
temps
de
reconnaître,
au
sein
même
de
notre
modernité,
de
notre
république,
de
nos
valeurs,
la
trace
de
ces
«
lieux
creusets
» où
est
née,
et
naît
encore,
l'énergie
qui
nous
porte
à
présent.
Jean
Bourgault,
professeur
de
philosophie
au
lycée
Jeanne
d'Arc,
Rouen.
Lire
la
suite
|
|
Prix
Carbet
de
la
Caraïbe
à
Simone
et
André
Schwarz-Bart

La
19e
édition
du
prix
Carbet
de
la
Caraïbe
a
été
décerné,
vendredi
soir
à
l'hôtel
de
la
Région
Ile
de
France,
à
Simone
Schwarz-Bart
et à
son
époux,
André
Schwarz-Bart,
à
titre
posthume
«
pour
la
beauté
douloureuse
de
leur
œuvre
particulière
et
la
réussite
de
leur
œuvre
commune
».
Ernest
Pépin,
juré
du
prix
Carbet,
a
rendu
hommage
« au
couple
littéraire,
incendié
de
solitude
et
qui
fît
de
la
Guadeloupe
une
terre
palimpseste
où
les
contes
ne
meurent
pas
».
Simone
Schwarz-Bart
a
évoqué
ce
prix
tel
« un
îlot
habité
par
des
individus
aux
mémoires
mêlées,
habité
par
des
individus
placés
et
déplacés
par
des
gens
dont
on
dit
qu'ils
sont
de
toutes
couleurs
et
qui
sont
poreux
au
souffle
de
la
terre
». «
Je
vous
suis
reconnaissante
de
le
recevoir
pour
nous
deux
qui
sommes
un
pour
longtemps.
» ;
«
Après
son
Goncourt,
André
est
allé
vivre
en
Guyane
chez
son
frère,
Serge
Patient,
puis
en
Martinique
auprès
d'Alex
Bertrand,
puis
il
passa
à
Paris,
ou
il
signa
le
manifeste
des
121,
et
finalement
en
Afrique.
Le
premier
livre
qu'il
a
écrit,
après
le
Dernier
des
justes,
a
été
Un
plat
de
porc
aux
bananes
vertes.
Ce
n'est
pas
ce
qu'on
attendait
de
lui
et
il
s'est
coupé
de
sa
communauté,
puis
il a
écrit
La
Mulâtresse
Solitude,
et
là ,
il
s'est
coupé
de
sa
deuxième
communauté.
Il
était
en
avance
et
l'a
payé
très
cher
:
traversée
du
désert
et
100
ans
de
solitude.
Ce
prix
rompt
la
solitude.
Nous
sommes
de
nouveau
visibles,
de
nouveau,
camarades
!
".Le
premier
à
briser
cette
solitude
fût
Senghor
qui
a vu
qu'André
Schwarz-Bart
avait
posé
justement
« la
problématique
de
la
symbiose
des
races
et
des
civilisations
nécessaire
à
l'universel
».
-------------------------------------------------------------------------------
Simone
Schwarz-Bart
: «
Il y
a
tout
simplement
la
reconnaissance
de
cet
homme
qui
a
voué
toute
sa
vie
à ce
combat,
la
reconnaissance
de
cet
homme
comme
faisant
partie
des
nôtres.
C'est
cela
qui
est
important,
qui
est
capital
pour
moi.
C'est
un
prix
qui
m'a
été
remis
mais
moi
je
l'adresse
d'abord
à
lui
puisqu'il
n'est
pas
là.
»
-------------------------------------------------------------------------------
Mention
spéciale
du
Jury
à
Jean-Marc
Rosier
Le
jury,
par
la
voix
de
Maximilien
Laroche,
a
rendu
hommage
à un
jeune
auteur
martiniquais,
Jean-Marc
Rosier
pour
son
roman
Noir
Néons,
paru
chez
Alphée-Jean-Paul
Bertrand.
"Le
Jury
tient
particulièrement
à
signaler
un
premier
roman.
Il
s'agit
de
Noirs
Néons
de
Jean-Marc
ROSIER,
(éditions
Alphée).
Dans
une
langue
originale
et
moderne,
s'inspirant
des
procédés
de
la
photographie
et
du
cinéma,
ce
jeune
auteur
martiniquais
met
en
scène
et
interroge
vivement
les
déshumanisations
visibles
et
invisibles
de
la
société
urbaine
contemporaine."
Mention
très
spéciale
du
jury
au
recueil
25
Rue
Bayardin
(édition
du
Manuscrit
2008)
de
Joseph
Poliu
sen
hommage
à
son
ton
novateur
et à
sa
force
d'expression."
"Pour
l'éclat
d'une
écriture
qui
décentre
les
données
du
réel
en
cadences
heurtées
et
en
images
retenues.
Pour
la
tonalité
des
révoltes
postulées
et
des
mémoires
à
vif
qui
permettent
de
conférer
du
sens
à
notre
présent
et
de
nourrir
ainsi
l'imprévisibilité
du
chaos
poétique
;
|
|
Traite
des
blancs,
traites
des
noirs,
par
Rosa
Amelia
Plumelle-Uribe,
l’Harmattan,
octobre
2008,
230
p.

Sur
l’origine
de
l’humanité,
faute
de
la
moindre
science,
on
ne
doit
s’appuyer
que
sur
la
phylogenèse
de
nos
mythes
fondateurs.
Ainsi,
au
lieu
d’en
rester
à
l’histoire
médusante
de
la
pomme
et
du
serpent,
qui
fait
que
l’on
soupçonne
Dieu
de
malveillance
imméritée
en
nous
interdisant
les
fruits
de
l’arbre
de
la
science,
on
devrait
plutôt
écouter
sa
conscience,
et
reconnaître
que
c’est
le
crime
de
cannibalisme
contre
nos
semblables
qui
nous
rassemble
tous
dans
l’humanité
pécheresse
et à
juste
titre
chassée
du
paradis.
Comme
les
rats,
comme
les
cochons,
mais
de
façon
bien
plus
systématique
qu’eux,
ce
qui
nous
a
rendus
plus
forts
que
d’autres
espèces
animales
c’est
que
nous
ne
reculons
pas
devant
le
crime
contre
nos
frères,
et
que
c’est
même
notre
nourriture
hallucinogène,
notre
drogue
vitale.
Les
préhistoriens
africains
vont
plus
loin
dans
le
dévoilement
de
notre
inconscient
coupable
:
ils
affirment
que
du
tronc
noir,
dans
les
contrées
paradisiaques
où
l’on
peut
vivre
nu
et
se
nourrir
simplement
des
fruits
qui
pendent
aux
branches,
se
sont
détachés
de
pauvres
types,
des
erreurs
de
la
nature,
blanchâtres
et
mauvais,
probablement
le
fruit
de
quelque
péché
de
leurs
parents.
Maléfiques,
ils
ont
été
chassés,
maléfiques,
ils
ont
dans
leur
errance
survécu
à
force
de
crimes,
maléfiques
ils
gardent
une
rancune
sans
fond
contre
la
matrie-patrie
chaude
et
noire.
Leur
malfaisance
spécifique
a
inventé
un
outil
spécifique
:
l’arme
à
feu,
qui
continue
à
répugner
aux
noirs.
Lire
la
suite
|
|
Widad
Amra
à la
Bibliothèque
Schoelcher
la
poétesse
assassinée
par
Selim
Lander
Ma
voix
ténue
de
femme
en
oriflamme
tremble
de
si
peu
de
lumière.
Widad
Amra
est
professeur
de
lettres
au
couvent
de
Cluny.
Elle
y
préside
aux
destinées
des
classes
à
option
théâtre
dont
on a
pu
admirer
quelques
remarquables
productions
lors
des
dernières
rencontres
académiques,
au
mois
de
juin
dernier.
Elle
est
aussi
poète
et
présentait
son
dernier
opus,
Salam
Shalom
(L’Harmattan,
2008)
à la
Bibliothèque
Schoelcher,
le
vendredi
14
novembre
2008.
Alors
que
tant
de
poètes
ne
parviennent
pas
à
communiquer
oralement
leurs
œuvres,
Widad
Amra
sait
dire
la
poésie
comme
une
comédienne
confirmée,
ce
qui
ne
l’a
pas
empêché
de
donner
de
son
texte
une
lecture
pleine
d’émotion
et
de
sincérité.
Elle
pratique
une
poésie
sans
contrainte
de
mètre
ou
de
rime,
une
absence
de
règle
qui
se
révèle
trop
souvent
pleine
de
risque,
comme
le
démontent
tant
de
textes
contemporains
qui
n’ont
d’autre
mérite
que
la
bonne
volonté
(ou
la
naïveté)
de
leurs
auteurs.
Ce
n’est
nullement
le
cas
ici,
même
si
l’on
doit
admettre
avec
humilité
que
la
poésie
contemporaine
présente
tout
autant
de
risque
pour
le
critique
que
pour
l’auteur.
Faute
de
critères
formels
irréfutables,
le
commentaire
a
tendance
à
privilégier
le
fond
du
discours
alors
que
la
poésie
–
même
moderne
–
devrait
valoir
avant
tout
par
la
manière
de
dire
plutôt
que
par
ce
qu’elle
dit.
La
critique
se
résume
alors
fréquemment
à
une
simple
explication
de
texte,
généralement
superfétatoire,
là
où
il
faudrait
plutôt
mettre
l’accent
sur
ce
qui
distingue
l’expression
proprement
poétique
du
langage
courant.
La
longue
glose,
par
un
philosophe
qu’on
nous
a
dit
patenté,
qui
a
suivi
la
lecture
de
Widad
Amra,
a
fourni
une
illustration
de
ce
travers
de
la
critique,
…
dont
le
public
se
serait
volontiers
passé :
…
poésie
assassinée !
Lire
la
suite
|
 Et de deux ! Après le prix du roman Fnac, Jean-Marie Blas de Roblès, auteur de Là où les tigres sont chez eux, publié aux éditions Zulma, est en passe de devenir un des grands gagnants de la rentrée littéraire 2008. Le jury Médicis lui a décerné son Prix du roman français, mercredi 5 novembre, par 6 voix contre 5 à Ce que nous avons eu de meilleur, de Jean-Paul Enthoven (Grasset).
Là où les tigres sont chez eux (" Le Monde des livres " du 19 septembre) est un roman de près de 800 pages dont l'action se situe au Brésil, et a pour personnage central Athanase Kircher, un jésuite qui vivait au XVIIe siècle. Le livre figure toujours parmi les quatre titres en compétition pour le prix Goncourt, qui sera remis lundi 10 novembre chez Drouant, à Paris. En 1995, Le Testament français, d'Andreï Makine, édité au Mercure de France, avait fait un doublé, Goncourt et Médicis.
Lire la suite
|
|
Catherine
Cusset
remporte
le
Goncourt
des
lycéens
Crédits
photo
:
AFP
Mathias
Enard
est
le
lauréat
du
prix
Décembre.
Ce
roman
a
devancé
Syngué
sabour
d'Atiq
Rahimi
(P.O.L),
qui
a
remporté
le
Goncourt,
et
Une
éducation
libertine
de
Jean-Baptiste
Del
Amo
(Gallimard).
Neuvième
roman
de
Catherine
Cusset,
Un
brillant
avenir
conte
sur
un
demi-siècle
la
saga
familiale
de
plusieurs
générations
déracinées
et
ballottées
entre
la
Roumanie
antisémite
des
Ceausescu
et
les
États-Unis,
en
passant
par
Israël
et
l'Italie.
Avec,
au
centre,
le
trio
infernal
constitué
par
la
mère,
le
fils
et
la
bru.
Agée
de
45
ans,
Catherine
Cusset
vit
aux
États-Unis,
où
elle
enseigne
la
littérature
du
XVIIIe
siècle.
En
lice
pour
le
Goncourt
des
lycéens,
Mathias
Enard
(36
ans)
a,
lui,
décroché
le
prix
Décembre,
également
au
premier
tour
avec
huit
voix
pour
son
roman
Zone
(Actes
Sud),
face
à
Denis
Podalydès
(quatre
voix),
déjà
lauréat
du
Femina
essai
pour
Voix
off.
Sur
plus
de
500
pages,
Zone
déroule
le
monologue
intérieur
d'un
agent
secret
évoquant
les
violences,
les
guerres
et
les
charniers
du
XXe
siècle,
le
tout
en
une
seule
phrase,
un
seul
souffle.
Époustouflant,
selon
certains
critiques.
Avec
30
000
euros
de
récompense,
le
Décembre
compte
parmi
les
prix
littéraires
les
plus
richement
dotés.
Le
Figaro
13/11/2008
|
|
Le
Guinéen
Tierno
Monénembo
reçoit
le
prix
Renaudot
 Y aurait-il eu comme un effet Obama sur les prix littéraires français ? On pourrait le penser, vu la double distinction du prix Goncourt attribué lundi 10 novembre à un Afghan, Atiq Rahimi, et du prix Renaudot à Tierno Monénembo, écrivain guinéen francophone, pour Le Roi de Kahel (264 p., 19 €). Mais, "s'il y a eu un effet Obama, il est bien antérieur", constate Bertrand Visage, l'éditeur au Seuil de Tierno Monénembo, car "la littérature joue ici un rôle d'éclaireur : le prix Renaudot a été attribué au cours de ces dernières années à trois auteurs africains,Ahmadou Kourouma, en 2000, avec Allah n'est pas obligé ; Alain Mabanckou, en 2006, avec Mémoires de porc-épic, et maintenant à Tierno Monénembo".
Pourtant, c'est peu dire que ce résultat a été obtenu à l'arraché. Le Roi de Kahel a été choisi, au 11e tour de scrutin, avec cinq voix, contre quatre à Elie Wiesel pour Le Cas Sonderberg (Grasset) et une voix à Olivier Rolin pour Un chasseur de lions (Seuil). Après la défaite de Michel Le Bris au Goncourt, il s'agit d'un second échec enregistré par Grasset, une maison pourtant habituée aux lauriers automnaux.
Lire
la
suite
|
Jorge Semprun, l'un des dix jurés du prix Goncourt 2008. Crédits photo : AP
Naguère,
les
récompenses
faisaient
découvrir
des
auteurs
et
des
œuvres.
Désormais,
les
jurys
choisissent
très
souvent
leur
lauréat
parmi
les
best-sellers.
 Les gens de lettres n'ont jamais été tendres entre eux. Mais il fut un temps où ils exprimaient leurs inimitiés dans une langue châtiée. De nos jours, certains ne font plus tant de manières. Les propos qui suivent sont pour le moins inélégants, qu'on nous pardonne. Ils ont pourtant été tenus par un membre éminent du jury Renaudot. Il a affirmé, le poing serré, comme s'il se trouvait sur un terrain de football : «On va niquer le Goncourt !» Ces mots en disent long sur la guéguerre que se livrent les différents jurys littéraires.Il y a eu la rivalité historique qui opposa le prix Goncourt au Femina - le premier est né en 1903, le second a été créé en 1904 par une «académie féminine» qui voulait dénoncer la misogynie de ces messieurs. Désormais, c'est la concurrence entre le Goncourt et le Renaudot qui est la plus vive. Par tradition, les membres de ces deux jurys doivent, chaque année, annoncer le nom de leur lauréat le même jour, à la même heure, au même endroit, après avoir déjeuné dans le même restaurant, au Drouant, place Gaillon à Paris, mais pas à la même table ! Cette année, ce sera le 10 novembre. Cette convivialité de façade n'empêche pas les coups bas…
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|
|
Les
poèmes
entretiennent
l'amitié
! |
|
Jean-Louis
Fournier,
lauréat
du
prix
Femina
2008

Un
portrait
de
cet
ancien
complice
de
Pierre
Desproges,
réalisateur
et
écrivain,
qui
raconte
dans
"Où
on
va,
papa
?",
l'histoire
de
ses
deux
fils
handicapés.
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la
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|
|
Louis-Georges
Tin
"L'invention
de
la
culture
hétérosexuelle"
(Ed.
Autrement)
 Pour
éclaircir
le
propos,
on
pourrait
établir
une
comparaison
avec
la
nourriture.
Dans
toutes
les
sociétés
humaines,
il y
a
bien
sûr
des
pratiques
alimentaires,
et
elles
sont
indispensables
à la
survie
des
individus.
Pour
autant,
toutes
les
sociétés
ne
construisent
pas
nécessairement
une
culture
gastronomique,
comme
c'est
le
cas
en
France.
L'art
de
la
table,
du
vin
et
des
fromages,
les
rituels,
le
service,
la
convivialité,
les
livres
de
recettes,
les
guides,
les
classements
et
les
étoiles
pour
les
bons
restaurants,
les
émissions
culinaires
à la
télé,
sont
autant
d'éléments
qui
définissent
la
gastronomie
à la
française.
D'autres
sociétés
développent
des
pratiques
alimentaires
moins
diverses
et
moins
ritualisées,
elles
se
fondent
sur
les
ressources
matérielles
nécessaires
pour
vivre.
Certes,
ces
pratiques
s'organisent
selon
des
principes
et
des
codes,
et
elles
s'inscrivent
parfois
dans
des
célébrations
où
l'alimentation
occupe
une
place
particulière.
Pour
autant,
elles
ne
produisent
pas
ce
que
l'on
pourrait
appeler
véritablement
une
culture
de
la
gastronomie.
Dans
ces
contextes
nombreux,
et
pas
seulement
dans
les
sociétés
anciennes
ou
éloignées,
en
Amazonie
ou
en
Nouvelle
Guinée,
l'alimentation
est
à la
fois
nécessaire
et
secondaire,
et
on
ne
se
croit
pas
obligé
d'en
faire
un
objet
d'euphorie,
un
rite
permanent,
une
exaltation
collective.
En
ce
sens,
la
pratique
alimentaire
est
universelle,
la
culture
gastronomique,
elle,
ne
l'est
pas.
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suite
Lire
aussi
de
Louis-Georges
Tin
:
"Notre
société
est
largement
hétérosexiste"
|
|
Il n'est pas correct politiquement, me dit-on, de réfuter ou critiquer Le Clézio, tellement porteur, en ces temps de grande confusion, de bons sentiments, de nobles causes. Il fait donc l'unanimité. Or les bons sentiments et les causes justes ne produisent pas nécessairement de bonnes phrases, et la littérature n'appartient pas au domaine du sentiment.
Quelqu'un que je n'estime pas a publié en 1985 dans L'Express un article dont le sens était que le Nobel de cette année-là (Claude Simon) était une honte pour la littérature française. Entendons-nous sur le sens des mots. La France a produit depuis cinquante ans de grands écrivains (Gracq, Sarraute, Simon, Des Forêts, Blanchot, Duras, Butor, Pinget, Cixous, Michon, Ernaux, Bergounioux, et quelques autres), auteurs d'oeuvres universelles et reconnues comme telles. Elle exporte aussi un certain nombre d'auteurs français ou de langue française, publiés par des éditeurs parisiens, qui se vendent et se traduisent bien : Amélie Nothomb, JMG Le Clézio, Alexandre Jardin, bien d'autres. Ces auteurs franchissent sans encombre les frontières et véhiculent des idées plus ou moins honorables mais sont-ils pour autant nobélisables ? En quoi distinguez-vous, me dira-t-on, un grand écrivain d'un petit, ou d'un simple best-seller, et qui suis-je pour déclarer que Michon ou Cixous méritaient le Nobel alors que Le Clézio en est indigne ?
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suite
|
|
Entretien
avec
JMG
Le
Clézio
prix
:
prix
Nobel
de
littérature
2008
“La
littérature,
c’est
du
bruit,
ce
ne
sont
pas
des
idées.”
Jean-Marie
Gustave
Le
Clézio,
en
2007
au
Festival
de
Cannes.
-
Frantz
Bouton/Nice
Matin/MaxPPP

Resté,
depuis
plus
de
quarante
ans,
en
marge
des
courants
littéraires
et
des
modes,
Jean-Marie
Gustave
Le
Clézio
occupe
une
place
à
part
dans
le
paysage
littéraire.
Poète,
humaniste,
rêveur
plus
qu’utopiste,
parfois
visionnaire
:
c’est
le
mélange
de
tout
cela
qui
fait
la
saveur
et
la
grandeur
de
ses
écrits,
depuis
Le
Procès-Verbal
qui,
en
1963,
alors
qu’il
avait
23
ans,
propulsa
sur
le
devant
de
la
scène
ce
jeune
romancier
prodige
au
charisme
et à
l’intégrité
hors
du
commun.
J.M.G.
Le
Clézio
est
né à
Nice,
mais
ses
attaches
familiales
sont
ailleurs.
Du
côté
de
l’île
Maurice,
d’où
sont
originaires
ses
parents.
De
façon
plus
lointaine,
du
côté
de
la
Bretagne,
qu’à
la
fin
du
XVIIIe
siècle
un
aïeul
prénommé
François
Alexis
quitta
pour
cette
île
au
large
de
l’Afrique
qui
s’appelait
alors
l’île
de
France.
Le
Clézio,
lui,
ne
se
sent
véritablement
de
nulle
part,
et a
vécu
tour
à
tour
en
Europe,
au
Mexique,
aux
Etats-Unis.
Partout
écrivant,
construisant
cette
œuvre
qui
frappe
par
sa
force
et
sa
magistrale
unité,
riche
de
près
de
cinquante
titres,
romans,
récits
ou
méditations
–
citons
L’Extase
matérielle,
Peuple
du
ciel,
Onitsha,
La
Quarantaine,
L’Africain,
Ourania,
et
le
récent
Raga,
Approche
du
continent
invisible
(1).
Des
ouvrages
qui
tous,
et
chacun
à sa
façon,
parlent
du
monde
tel
qu’il
est
–
violent,
conflictuel,
parcouru
de
tensions
– et
tel
que
l’écrivain
le
rêve
–
généreux,
fluide,
harmonieux,
hommes
et
éléments
en
paix,
enfin
réconciliés.
|
|
Houellebecq
moraliste
malgré
lui
:
"Houellebecq
au
laser"
de
Bruno
Viard
Compte-rendu de Michel Herland
« La pratique du bien est une liaison, la pratique du mal une déliaison »,
M. Houellebecq, Les Particules élémentaires, p. 377.
 La publication récente des mémoires de la mère de Michel Houellebecq (MH) a permis de mesurer combien l’œuvre de MH était marquée par l’expérience personnelle de l’auteur. Dans un petit livre que l’on ne saurait trop recommander à tous les admirateurs de MH, Bruno Viard (BV), professeur de littérature française à l’Université de Provence, spécialiste des dix-neuvième et vingtième siècles, rapproche la souffrance filiale de MH de celle d’un Balzac : « Si vous saviez ce qu’est ma mère, écrivait ce dernier à madame d’Abrantès, c’est à la fois un monstre et une monstruosité » (BV p. 96). Les Particules élémentaires, le roman sans doute le plus abouti de MH, peut être lu ainsi comme le cri d’un fils abandonné qui n’en peut plus de cracher sa haine à la face de celle qui lui a refusé l’amour que pourtant elle lui devait, et qui, par extension, s’en prend à l’humanité tout entière dont il noircit à plaisir le tableau.
Il serait pourtant dommage de réduire l’œuvre de MH à cette seule dimension personnelle. Dans son livre, Bruno Viard (BV) rappelle justement que la critique, certes excessive et unilatérale de la société moderne qui se développe d’un livre de MH à l’autre, n’en fait pas moins souvent mouche.
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|
|
SALAM
SHALOM
(de
Widad
AMRA)
 Il
s’agit
d’une
belle
poésie
qui
s’étire
et
se
chante
comme
une
cantate
longue
et
fine,
une
expression
émise
par
une
femme
apparaissant
en
tant
que
symbole
ethnique,
linguistique
et
géographique.
Sous
sa
plume,
on
se
sent
quelque
peu
au
centre
du
monde,
comme
si
la
terre
avait
un
axe
autour
duquel
nous
tournons
tous,
et
le
désir
de
l’auteur
s’envole
vers
un
espoir
de
paix.
La
série
de
jugements
politiquement
exprimés
révèle
une
atmosphère
difficile
où
le
fanatisme
crée
des
horreurs
à
l’image
des
doigts
d’un
artiste
chilien
coupés
par
l’abominable
dictateur
d’un
pays
où
la
liberté
fut
muselée
pendant
longtemps.
Il y
a
dans
le
titre
un
très
émouvant
bilinguisme
fondamental
dans
lequel
deux
langues,
deux
sociétés,
deux
philosophies
expriment
la
paix
entre
les
humains.
Il y
a
là,
donc,
la
plus
profonde
prière
pour
l’amour
des
uns
pour
les
autres
sur
une
planète
où,
malheureusement,
l’attentat
et
la
haine
se
répètent
dans
la
quotidienneté.
Widad,
l’auteur,
est
le
fruit
d’un
métissage
réalisé
sur
une
île
où
flotte,
chez
certains
incurables
malades,
un
racisme
aussi
condamnable
que
celui
que
pratiquaient
les
esclavagistes
d’hier.
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la
suite
|
|

C'est
une
histoire
d'hommes.
Une
histoire
d'hommes
dans
la
tourmente
de
la
Première
Guerre
Mondiale.
Une
montagne
d'Alsace,
le
Viel-Armand,
surnommée
HWK
pour
"Hartmannswillerkopf",
est
l'enjeu
d'un
combat
aussi
absurde,
que
meurtrier.
Des
milliers
de
soldats
de
chaque
coté
du
front
vont
mourir
là
sans
que
les
positions
d'un
des
deux
camps
aient
fini
par
bouger
à la
fin
du
conflit.
Le
narrateur,
qui
parle
à la
première
personne
du
singulier
est
un
horloger
de
trente-deux
ans
qui,
dans
la
boucherie,
fait
figure
de
survivant
et
donc
de
vétéran.
A
quoi
rêve
Gaspar?
Á sa
Doudou
martiniquaise,
grosse
de
ses
œuvres
et
qui
l'attend
dans
la
maison
familiale.
L'attente
est
longue,
à
l'arrière
comme
au
front.
La
mort
est
là
omniprésente
et
le
cœur
de
hommes
se
donne
à
dire
sur
les
présences
plutôt
que
sur
les
absences.
Il y
a là
d'autres
hommes
dont
les
vies,
comètes
dans
le
ciel
de
la
guerre,
ne
pèseront
pas
plus
que
la
lumière
éphémère
qui
les
soutient.
Surtout
il y
a
Louis.
"Parce
que
c'était
Louis,
parce
que
c'était
moi"
"Lui
le
Royal
et
moi
le
Just".
Entre
Montaigne
et
la
Boétie,
Olivier
Larizza
nous
conte
une
belle
histoire
d'amour,
toujours
pudique,
toujours
réservée,
entre
deux
hommes,
qui
pour
survivre
s'inventent
des
lendemains
de
communion.
La
Doudou,
aussi
improbable
que
le
prénom
qu'elle
porte,
Natacha,
apparait
comme
un
personnage
secondaire,
dont
la
trace
dans
la
construction
du
récit,
tient
plus
aux
attaches
martiniquaises
de
l'auteur
qu'à
une
réelle
nécessité
littéraire.
Elle
fonctionne
comme
un
contrepoids,
un
paravent,
un
garde-fou
à
cet
élan
qui
pousse
Gaspar
et
Louis
l'un
vers
l'autre
pour
survivre.
L'acte
douloureux
par
lequel
Gaspar
va
s'extraire
de
l'enfer
s'il
lui
permet
de
retrouver
sa
douce
et
leur
fils
Noé
fera
de
lui
"un
demi
homme,
mais
un
père
à
part
entière"
comme
Larizza
l'écrit
joliment.
A
méditer
en
ces
lieux
où
les
hommes
à
part
entière
(c'est-à-dire
s'imaginant
non
castrés)
sont
à
peine
des
demi-pères.
Lire
la
suite
par
Roland
Sabra
|
|
Métamorphoses
de
la
haine
Comment les discours " anti-occidentaux " recyclent de vieux clichés judéophobes
Depuis
de
longues
années
Pierre-André
Taguieff
construit
une
œuvre
imposante,
au
carrefour
de
l'histoire
des
idées,
de
la
sociologie
et
de
l'intervention
politique.
Directeur
de
recherches
au
CNRS,
enseignant
à
Sciences-Po,
il a
contribué,
en
une
trentaine
de
livres,
à
renouveler
l'analyse
du
racisme
dans
la
société
contemporaine.
Il a
notamment
souligné
les
insuffisances
de
l'antiracisme,
montrant
qu'on
se
trompe
d'adversaire
et
de
combat,
si
l'on
croit
vivre
dans
les
années
1930
et
n'avoir
affaire
qu'à
des
répétitions
du
nazisme.
Travaillant
sur
des
sujets
conflictuels,
porteurs
de
querelles
passionnées,
ne
répugnant
pas
à la
polémique,
Taguieff
suscite
critiques
et
controverses.
La
somme
tout
à
fait
remarquable
qu'il
publie
aujourd'hui,
La
judéophobie
des
modernes,
ne
fera
pas
exception.
Car
le
politologue
s'y
emploie
à
démontrer
comment
fonctionne
le
changement
majeur
intervenu
au
cours
des
dernières
décennies
: la
haine
envers
les
juifs
passe
désormais
par
la
détestation
de
l'Occident.
Autrefois,
les
racistes
européens
haïssaient
dans
le
juif
celui
qu'ils
jugeaient
extérieur
(non
chrétien,
oriental,
sémite...).
Aujourd'hui,
c'est
au
contraire
en
détestant
l'Occident
qu'on
va
haïr
le
peuple
juif,
car
il
symbolise
désormais
ce
qu'on
veut
détruire
(judéo-christianisme,
capitalisme,
libéralisme,
impérialisme).
"
Le
peuple
juif
a
été
désorientalisé
ou
désémitisé,
pour
être
radicalement
occidentalisé
",
souligne
Taguieff.
Lire
la
suite
|
Huis clos. Au risque de toutes les
ambiguïtés, Pierre Bisiou tente un éloge de la sodomie.
Enculée Stock,154 pp.,
15,50 euros.
D’abord, en page de titre, il y a ce qualificatif ou ce
substantif - disons, cet adjectif substantivé - qui
n’est pas innocent et qui fait mouche, évidemment, tant,
par goût ou par curiosité (à moins que l’un et l’autre
ne soient qu’alibis), on s’obstine à chercher de la
littérature dans un texte de cul. Rien de précision sous
le titre, mais, en quatrième de couverture, avec la
mention de «premier roman», la sollicitation des
«jeunes filles modernes» (sic) et de leur «grande
fascination» pour diverses sortes de
«transgressions». Ainsi le premier item de Pierre
Bisiou suggère-t-il l’ambition d’un manifeste vaguement
féministe, à la façon dont les magazines «féminins»
affichent la sodomie comme pratique sexuelle désormais
banalisée chez lesdites «jeunes filles», catégorie floue
que Proust le premier déniaisa. A moins que pour
l’auteur aussi, il faille un alibi…
lire la
suite |
|
Mœurs
la bataille des morales
Le consentement
suffirait-il à rendre licites tous Les usages du sexe, ou
bien l'État doit-il protéger les personnes contre
elles-mêmes?

SELON L'ARTICLE 227 DU CODE PÉNAL FRANÇAIS, coucher avec un
(ou une] adolescent[e] de plus de 15 ans et de moins de 18
ans n'est, a priori, pas un délit Sauf si l'acte comporte
une «tentative de corruption », c'est-à-dire ne se Limite
pas au coït hétérosexuel standard. Tout Le reste peut valoir
à L'adulte (enfin, le majeur de 18 ans) cinq ans de prison
et 75000 euros d'amende, peines aggravées depuis 1998 si Le
corrupteur a eu recours à Internet pour contacter sa
victime. Voilà Le genre de disposition pénale qui fait
bondir la juriste Marcela Lacub sur son stylo et dénoncer La
prétention des Lois à dicter Les règles de La bonne
sexualité. Simple exemple, ce cas illustre Le débat sur tes
mœurs qui, depuis quelques années déjà, occupe tes tribunes
de quotidiens et s'enrichit de nouveaux épisodes chaque fois
qu'une affaire éclate ou qu'une Loi est modifiée. L'éventail
des sujets est Large: caractérisation du viol et du
harcèlement, répression de la pédophilie e et de La
prostitution, encadrement de la pornographie, des pratiques
sadomasochistes, de L'échangisme, du mariage homosexuel,
Liste à laquelle on peut ajouter divers aspects de la
procréation non standard (fécondation sans sexualité, mères
porteuses, clonage].
lire a suite |
|
Rentrée littéraire :
30 romans à ne pas manquer
|
|
Guerrier
zoulou
en
costume
cravate

Afrique du Sud/Ndumiso Ngcobo. " Some of my Best Friends Are White " a été écrit par un Noir qui avait envie de s'amuser avec un portrait drôle et satirique de l'Afrique du Sud. Le livre a connu une diffusion inespérée et son auteur a définitivement quitté le monde de l'entreprise, où il s'ennuyait à mourir
Ndumiso
Ngcobo
sait
ce
qu'il
aurait
aimé
faire
dans
la
vie
:
"
Etre
assis
au
centre
d'une
pièce
très
confortable,
avec
une
bière
fraîche,
recevoir
des
gens
et
leur
donner
mon
avis.
J'ai
un
avis
sur
tout.
"
Il y
est
presque
arrivé.
Depuis
trois
mois,
après
le
succès
de
son
premier
livre
Some
of
My
Best
Friends
Are
White
(Certains
de
mes
meilleurs
amis
sont
Blancs),
il a
quitté
le
monde
de
l'entreprise,
où
il
étouffait,
pour
écrire,
donner
son
opinion,
raconter
son
Afrique
du
Sud,
commenter
l'actualité
et
boire
de
la
bière.
Il
porte
sur
son
pays
et
ses
congénères
un
regard
sans
concession,
dénonçant
leurs
travers,
leurs
manies,
leurs
préjugés
et
parfois
leur
bêtise.
Il
manie
la
satire,
parfois
le
sarcasme,
avec
ce
qu'il
faut
d'humanité
et
de
tendresse,
pour
que
son
humour
ne
soit
jamais
blessant.
Ndumiso
Ngcobo,
36
ans,
père
de
trois
enfants,
est
un
guerrier
zoulou
en
costume-cravate,
un
pur
produit
de
la
culture
traditionnelle
rurale
échoué
dans
la
bouillonnante
et
cosmopolite
Johannesburg.
Pendant
des
années,
il a
essayé
de
comprendre
les
autres
Sud-Africains,
les
Blancs
en
particulier,
"
les
gens
les
plus
étranges
"
qu'il
a
rencontrés.
Lire
la
suite
|
|
Une
jeunesse
indienne

Inde/Chetan Bhagat. Les romans du banquier, installé à Bombay, offrent le portrait d'une Inde occidentalisée, en décalage avec la société. L'auteur enchaîne les succès et a vendu plus de 1,5 million de livres. " The 3 Mistakes of My Life " a totalisé 500 000 ventes dès sa parution. Du jamais-vu dans le pays
Ses
deux
spécialités
sont
les
actifs
financiers
à
haut
risque
et
les
happy
ends.
Chaque
matin,
avant
de
partir
travailler
dans
une
grande
banque
d'affaires
allemande,
Chetan
Bhagat
consacre
quelques
heures
à
l'écriture.
Des
dialogues
à
chaque
paragraphe,
de
l'érotisme
qui
ne
va
jamais
au-delà
des
frôlements
de
main,
des
histoires
d'amour
tourmentées
qui
finissent
toujours
bien
:
Chetan
Bhagat
a
inventé
les
romans
de
Bollywood
que
l'Inde
s'arrache.
Son
dernier
ouvrage
publié
chez
Rupa
and
co,
The
3
Mistakes
of
My
Life
("
Les
Trois
Erreurs
de
ma
vie
"),
s'est
vendu
à
500
000
exemplaires
en
l'espace
de
cinquante
jours.
Du
jamais-vu
dans
l'histoire
du
pays.
"
Ceux
qui
achètent
ses
romans
n'avaient
jamais
ouvert
un
livre
de
leur
vie.
Tout
son
génie
est
là ",
estime
Hari
Menon,
critique
littéraire
de
l'hebdomadaire
Outlook.
Les
héros
de
Chetan
Bhagat
appartiennent
à
cette
nouvelle
classe
moyenne,
oubliée
de
la
littérature
et
symbole
de
l'Inde
émergente.
Les
journaux
vantent
le
miracle
économique
de
l'Inde.
Lui
préfère
montrer,
dans
ses
romans
écrits
en
anglais,
les
ravages
de
la
pression
au
travail
et
les
pesanteurs
d'une
société
indienne
qui
freinent
les
ambitions
de
la
jeune
génération.
Lire
la
suite
|
|
Présentation
de
l’ouvrage
de
Dominique
Berthet
André
Breton,
L’éloge
de
la
rencontre. Antilles,
Amérique,
Océanie.
par
Cécile BERTIN-ELISABETH
|
|
Notre
rapport
à la
langue

par
Fernand
Fortuné
Selon
ULLMAN,
«
tout
système
linguistique
renferme
une
analyse
du
monde
extérieur
qui
lui
est
propre
et
qui
diffère
de
celles
d'autres
langues
ou
d'autres
étapes
de
la
même
langue.
Dépositaire
de
l'expérience
accumulée
de
générations
passées,
il
fournit
à la
génération
future
une
façon
de
voir,
une
interprétation
de
l'univers
».
(1)
C'est
pourquoi,
selon
nous,
la
relation
à
notre
langue
est
une
relation
à la
terre,
donc
à la
poésie,
donc
à la
création.
Elle
est
par
conséquent
une
relation
à la
mère,
un
cordon
ombilical
essentiel
qui
nous
singularise,
et
en
même
temps
nous
préserve
de
la
solitude.
La
langue
s'exprime
alors
comme
patrimoine,
c'est-à-dire
comme
un
lieu
non
clos
où
s'engrangent
drus,
les
temps
forts
de
notre
vécu.
Dans
ce
contexte,
le
parler
d'un
peuple
signifie
volonté
d'amour
et
acte
de
fidélité.
La
langue,
c'est
nous-mêmes
,
mais
c'est
encore
le
contact,
la
présence,
l'existence
même
de
l'Autre.
En
effet,
toute
langue
est
à un
certain
degré
ce
mouvement
multiforme
vers
une
fraternité
partageable,
une
communauté
à
essentialiser.
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la
suite
|
Taslima Nasreen, éternelle proscrite

Bannie
en
1994
de
son
pays,
le
Bangladesh,
sous
la
menace
des
islamistes,
l'écrivain
féministe
pensait
avoir
trouvé
refuge
en
Inde.
Bref
répit.
Elle
vient
à
nouveau
d'être
contrainte
à
l'exil
Voilà quatorze ans qu'elle est apatride. Du Bangladesh - d'où elle a été bannie en 1994 - à Stockholm, de Calcutta à Paris, elle est rompue au jeu de l'errance, aux passages fugaces dans les hôtels, aéroports et festivals littéraires. Alors, Taslima Nasreen s'y est faite. L'écrivain bangladais, féministe pourchassée par les fondamentalistes musulmans, s'est coulé dans la figure de l'exilé permanent. A la voir dans ce restaurant de Saint-Germain, à Paris, commander un verre de vin, élégante dans sa veste noire, le cou ceint d'un châle vert, on la trouve fort à l'aise. Eloquence maîtrisée, enjouée parfois jusqu'à faire tressaillir sa frange aux reflets roux.
Elle sacrifie à tout. Aux séances de photos dans la lumière tamisée d'un salon. Au programme de rendez-vous au pas de course concocté par son éditeur parisien. Aux deux gardes du corps - imposés par le gouvernement français - qui l'embarquent dans une voiture blindée pour parcourir trois cents petits mètres. Sans rechigner, Taslima Nasreen se plie au rituel de la proscrite de marque.
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la
suite
|
|
L'obscurantisme
de
Victor-Lévy
Beaulieu
:
un
scandale

Dans
un
pamphlet
paru
le
23
mai
dernier,
intitulé
« La
Reine-Nègre»
le
plus
grand
écrivain
québécois
Victor-Lévy
Beaulieu,
dont
l'oeuvre
prolifique
et
majeure
est
citée
pour
le
Nobel,
s'attaque
à
Michaëlle
Jean,
la
Gouverneure
générale
du
Canada,
d'origine
haïtienne.
Un
débat
d'une
ampleur
inattendue
fait
rage
dans
les
médias
canadiens
et
québécois.
Je
vous
soumets
ici
ma
réplique
.
Le
texte
a
paru
dans
le
journal
Le
Devoir
hier
et a
fait
l'objet
d'une
émission
d'affaires
publiques
à
Radio-Canada.
Par
Joël
Des
Rosiers
Lire
la
suite
|
|
De
la
croyance
en
politique

par
Bernard
Stiegler
Le
scepticisme
...
[n'est]
que
l'un
des
résultats
les
plus
lamentables
de
la
mécréance
politique
qui
ravage
le
monde
contemporain.
Cet
effondrement
de
la
croyance
en
politique
a
une
histoire,
qu'il
faut
désormais
analyser.
Après
que
la
révolution
industrielle
eut
transformé
en
prolétaires
les
ouvreurs
de
monde
qu'étaient,
à
leur
manière,
et à
l'écart
des
clercs,
les
ouvriers
-
ceux
qui
opèrent
avec
leur
main-
d'œuvre,
les
travailleurs
et
les
producteurs
en
général
-,
le
XXe
siècle
a
accompli
la
mondialisation
du
capitalisme
en
imposant
la
prolétarisation
du
consommateur.
Ce
prolétariat
total,
exproprié
de
tout
savoir,
qu'il
s'agisse
de
ses
savoir-faire
ou
de
ses
savoir-vivre,
est
à
présent
condamné
à
une
vie-sans-savoirs,
c'est-à-dire
sans
saveurs.
Il
est
jeté
dans
un
monde
insipide,
et
parfois
immonde
: à
la
fois
économiquement,
symboliquement
et
libidinalement
misérable.
Lire
la
suite
|
|
De
l’antiterrorisme
à la
guerre
La
violence
de
la
mondialisation
Par
Jean
Baudrillard
Philosophe,
auteur,
entre
autres,
de
La
guerre
du
Golfe
n’a
pas
eu
lieu
(1991),
Le
Crime
parfait
(1994)
et
L’Esprit
du
terrorisme
(2002),
tous
parus
chez
Galilée.
Ce
texte
est
tiré
de
son
essai,
Power
Inferno
(Galilée,
Paris,
96 pages,
12 €),
Editions
Galilée
Y
a-t-il
une
fatalité
de
la
mondialisation ?
Toutes
les
cultures
autres
que
la
nôtre
échappaient
de
quelque
façon
à la
fatalité
de
l’échange
indifférent.
Où
est
le
seuil
critique
de
passage
à
l’universel,
puis
au
mondial ?
Quel
est
ce
vertige
qui
pousse
le
monde
à
l’abstraction
de
l’Idée,
et
cet
autre
vertige
qui
pousse
à la
réalisation
inconditionnelle
de
l’Idée ?
Car
l’universel
était
une
Idée.
Lorsqu’elle
se
réalise
dans
le
mondial,
elle
se
suicide
comme
Idée,
comme
fin
idéale.
L’humain
devenu
seule
instance
de
référence,
l’humanité
immanente
à
elle-même
ayant
occupé
la
place
vide
du
Dieu
mort,
l’humain
règne
seul
désormais,
mais
il
n’a
plus
de
raison
finale.
N’ayant
plus
d’ennemi,
il
le
génère
de
l’intérieur,
et
sécrète
toutes
sortes
de
métastases
inhumaines.
Lire
la
suite
|
Jean Genet, sa part d'ombre
L'écrivain de toutes les colères ne cachait pas son admiration pour l'aventure fasciste

[...]dans la nuit du 14 au 15 avril 1986, Jean Genet s'éteignait dans une chambre d'hôtel du 13e arrondissement de Paris. Il mourait comme il avait vécu : seul, sans domicile fixe, à quelques rues de la prison de la Santé. L'enfant de l'Assistance publique, jeune délinquant précoce, ami de Jean-Paul Sartre et des macs de Pigalle, disparaissait en catimini ; la mort de Simone de Beauvoir, survenue un jour plus tôt, émut davantage.
Deux décennies plus tard, Jean Genet est entré au panthéon des auteurs consacrés. Son oeuvre fait l'objet d'études savantes et de colloques, Le Balcon a été adapté pour l'opéra, son théâtre est publié aux prestigieuses éditions de la Pléiade. Surtout, Jean Genet est devenu le porte-drapeau de toutes les luttes. Jean Cocteau en 1943 devant les juges, Jean-Paul Sartre en 1952 dans son monumental Saint Genet comédien et martyr, André Malraux en 1966 à l'Assemblée nationale avaient déjà, avec diverses arrière-pensées, brossé le portrait d'un marginal maudit, victime de la société et implacable ennemi des puissants.
Par la suite, Genet a été enrôlé dans un nombre incalculable de causes : la lutte prolétarienne, la dénonciation du carcéral fascisant, la défense du tiers-monde, les droits des Palestiniens, la dignité des gays, etc. Celui qui se définissait comme « le lâche, le traître, le voleur, le pédé » est devenu un personnage consensuel. Pourtant, tout au long de sa vie, Genet a été l'apôtre du mal et de ses servants, depuis les indics jusqu'aux terroristes, en passant par les traîtres, les assassins d'enfants, les kamikazes et les nazis.
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la
suite
|
|
Haïti,
point
focal
de
la
Caraïbe
Édouard
Glissant*

La
question
que
je
me
pose
est
double.
Je
ne
voudrais
pas
que
nous
regardions
Haïti
seulement
sous
l’angle
du
passé,
quoique
ce
passé
soit
glorieux.
Nous
savons
tous
que
Haïti,
du
point
de
vue
de
l’importance
historique,
est
la
terre
mère
des
Antilles
et
de
la
Caraïbe,
mais
il
me
semble
qu’il
faut
dépasser
cette
perspective
et
je
suis
plutôt
intéressé
par
les
énormes
potentiels
artistiques
et
culturels
d’un
pays
qui
a
tellement
souffert
de
la
misère
et
de
l’absence
d’infrastructures.
Il
me
semble
qu’il
y a
là
un
miracle
permanent
sur
lequel
il
faut
jouer
et,
par
conséquent,
célébrer
l’histoire
d’Haïti,
mais
aussi
la
dépasser
et
voir
les
perspectives
de
création
et
peut-être
aussi
les
capacités
de
fédération
d’Haïti.
Car
ce
qui
est,
peut
être,
un
des
points,
un
des
principes
qui
réunit
tous
les
acteurs
de
la
Caraïbe
est
la
reconnaissance
d’Haïti
comme
point
focal
de
la
région.
Lire
la
suite
|
|
Comment
se
fabriquent
les
saints

Qu'est-ce
qu'une
source
? Et
quelle
vérité
peut-on
atteindre
par
son
examen
scientifique
?
Cette
question
de
base,
tout
historien
se
doit
de
se
la
poser.
Sans
cesse.
Et
immanquablement
il
risque
de
renverser
les
causalités,
victime
des
"
évidences
"
héritées
des
traditions
historiographiques.
En
reprenant
les
pièces
de
l'enquête
qui
ouvre
à
l'été
1325
le
procès
en
canonisation
d'un
ermite
de
la
marche
d'Ancône,
vingt
ans
après
sa
mort,
enquête
commandée
par
le
pape
avignonnais
Jean
XXII
(1316-1334),
Didier
Lett
entend
faire
de
cette
"
trace
de
l'histoire
"
le
vrai
sujet
de
son
étude.
Lire
la
suite
|
|
«Le
monde
tel
qu'il
est»
de
Monchoachi
une
invite
au
débat
par
Roland
Sabra

Le
débat
commence.
Monchoachi
publie
ces
jours-
ci
un
petit
opuscule
"
Le
monde
tel
qu'il
est",
d'un
cinquantaine
de
pages
qui
se
veut
une
réponse
à
celui
de
Chaoiseau
et
Glissant
"
Quand
les
murs
tombent".
Ce
dernier
écrit
dans
l'urgence
d'une
situation
politique
que
le
nécessitait,
la
création
ignominieuse,
d'un
"Ministère
de
l'Immigration
et
de
l'Identité
Nationale"
présentait
les
avantages
et
les
imperfections
d'un
long
tract
qui
permettait
d'organiser
des
débats.
Ce
qui
avait
été
le
cas,
dans
plusieurs
endroits
du
monde
et
notamment
en
Martinique.
On
se
souvient
en
effet
que
des
élèves
du
lycée
Schoelcher,
des
étudiants
de
l'IUFM,
des
syndicalistes
s'étaient
emparés
du
texte
et
en
avaient
débattu
avec
les
auteurs.
A
partir
de
la
dénonciation
de
ce
qu'ils
considéraient
comme
une
infamie,
Glissant
et
Chamoiseau
portaient
sur
la
place
publique
la
question
de
la
nature
d'un
futur
état
pour
la
Martinique.
Etat-Nation
ou
Etat-Relation?
La
contribution
de
Monchoachi
est
d'une
autre
facture.
Il
s'agit
d'un
texte
réfléchi,
construit
autour
de
quelques
questions
que
l'auteur
se
posent
à
lui-même.
C'est
bien
évidemment
la
réponse
préétablie
qui
suscite
la
question
!
Mais
cet
artifice
de
rhétorique
ne
nuit
nullement
à
l'exposé,
même
si
la
compréhension
du
texte
peut
difficilement
faire
l'économie
d'une
lecture
préalable
de
la
revue
LaKouZémi,
dirigée
par
l'auteur
et
qui
porte
comme
titre
"Éloge
de
la
Servilité".
Lire
la
suite |
|
Hommages
à :
Jean-Claude
Charles,
écrivain
et
journaliste
est
décédé
le
08
mai
2008 |
|
« Des
petits
juges »
ballotés
au
gré
de
l'Histoire
Un
ouvrage
de
Caroline
Oudin-Bastide.
par
Roland
Sabra

Caroline
Oudin-Bastide
est
historienne,
spécialiste
de
l'histoire
de
l'esclavage
aux
Antilles
françaises.
Après
avoir
publié
en
2005
«
Travail,
capitalisme
et
société
esclavagiste »,
elle
nous
livre
aujourd'hui,
en
un
peu
moins
de
deux
cents
pages
une
étude
sur
l'affaire
Spoutourne
qui
défraya
la
chronique
martiniquaise
entre
1831
et
1834.
Elle
montre
combien
les
colons
martiniquais,
dont
l'opportunisme
politique
les
conduisit
à se
« faire
anglais »
ou
français
selon
le
moment
afin
de
préserver
au
plus
près
de
ses
origines
le
système
esclavagiste,
ont
été
incapables
de
prévenir
et
d'anticiper
sur
les
mouvements
de
fonds
qui
allaient
conduire
à
l'effondrement
de
l'exploitation
servile.
Pour
échapper
à
l'abolition
le
refuge
dans
le
giron
anglais
n'aura
fait
que
retarder,
trop
longtemps
certes,
l'inéluctable.
L'abolition
de
la
Traite
avant
celle
de
l'esclavage
était
annonciatrice
de
la
fin.
Les
engagements
de
la
France,
vaincue
à
Waterloo,
auprès
des
autres
puissances
européennes,
l'ont
contrainte
dans
un
premier
temps
à
tenter
de
reprendre
en
main
la
justice
coloniale,
jusqu'alors
totalement
sous
la
coupe
des
colons.
Un
des
moyens
utilisés
a
été
l'envoi
aux
colonies
de
jeunes
magistrats
sur
lesquels
la
métropole
a eu
l'espoir
de
s 'appuyer
pour
mettre
en
application
l'ordonnance
du
28
septembre1828,
qui
visait
à
accroitre
un
tant
soit
peu
l'autonomie
des
magistrats
vis
à
vis
de
la
caste
béké.
Le
livre
décrit
comment
celle-ci
tentait
dans
un
premier
temps
de
lire
la
suite |
|
Dominique
Berthet
publie
:
« André
Breton,
l'éloge
de
la
rencontre »
Le
lieu,
la
rencontre,
le
lieu
de
la
rencontre,
la
rencontre
du
lieu...
par
Roland
Sabra

Le
lieu
est
au
cœur
de
l'œuvre
de
Dominique
Berthet.
Ses
deux
derniers
ouvrages »
Hélénon,
Lieux
de
peinture,
préface
d'Edouard
Glissant
en
2006
et
« André
Breton,
l'éloge
de
la
rencontre »
en
2008.
Le
lieu
n'est
pas
un
territoire,
un
enracinement.
Il
apparaît
comme
une
bande
Moebius
abolissant
un
dedans
et
un
dehors,
un
intérieur
et
un
extérieur
puisqu'à
parcourir
sa
surface
la
rupture
est
effacée.
Cet
espace
ouvert
en
résonance
irraisonnée
sur
d'autres
lieux
avec
lesquels
il
forme
réseaux,
est
intensité
pure,
fragmentations
en
infinie
recomposition,
disjonctions
inclusives.
La
spécificité
d'un
haut
lieu
comme
Dominique
Berthet
le
définit
tient
à
l'épreuve
de
la
rencontre
que
l'on
y
fait
avec
la
multitude
des
objets,
des
êtres
et
des
choses,
du
vent
et
des
parfums,
des
jouissances
et
des
peines.
Le
lieu
et
la
rencontre
avec
soi-même
dans
l'image
diffractée
d'un
kaléidoscope.
Dominique
Berthet
travaillait
depuis
une
douzaine
d'années
sur
ce
thème
dans
l'entrecroisement
de
voyages
entre
States
et
Eros,
entre
Quebec
et
Arizona
entre
esthétique
et
sciences
de
l'Art.
Dans
ce
tissage
métis
la
trace
de
Breton
en
Martinique,
Gaspésie,
Arizona,
Nouveau
Mexique
et
Haïti
germait
comme
un
rhizome
dans
l'insistance
d'un
retour
qui
se
voulait
écart,
distance,
différence
absolue.
C'est
une
des
histoires,
mais
il
en
est
d'autres,
de
la
naissance
de
cet
essai
qu'il
publie,
comme
le
précédent
chez
HC
Editions.
Lire
la
suite
|
|
Patrice
Louis
et
les
possibles
de
la
non-rencontre.
A
propos
de
son
dernier
livre
"Le
ruban
de
la
fille
du
pape"
« Je
ne
dois
rien
à
personne
et
personne
ne
me
doit
rien »

Il
est
en
avance
au
rendez-vous.
De
noir
vêtu
à la
ville
comme
à la
télévision
avec
cette
cravate
à
rayures
jaunes
dont
il
doit
avoir
moult
exemplaires.
Il
est
plongé
dans
la
presse,
qu'il
vient
d'acheter.
On
ne
se
départ
pas
d'une
vieille
maîtresse
aussi
facilement.
Il
est
avenant,
persuadé
qu'il
y a
toujours
à
apprendre
de
l'autre
et
que
la
rencontre
est
une
richesse.
Dans
un
entretien
il
se
comporte
en
vrai
professionnel.
Il
connaît
les
ficelles
du
métier.
L'interview,
c'est
son
quotidien.
Difficile
de
l'emmener
là
où
il
ne
veut
pas
aller;
il
se
dérobera
prétextant
la
question
ou
le
thème
trop
difficile
pour
lui.
Il
est
venu
parler
de
son
dernier
livre,
de
sa
première
fiction.
Et
si
Breton
à la
recherche
dans
Fort-de-France
en
avril
1941,
d'un
ruban
pour
sa
fille
n'avait
pas
aperçu
dans
la
vitrine
de
la
mercerie
que
tenait
la
sœur
de
René
Ménil
un
exemplaire
de
la
revue
« Tropiques »?
L'histoire
en
aurait-elle
été
changée?
Probablement
pas
car
Breton
connaissait
sans
doute
l'existence
de
Césaire
dès
1932
comme
le
rappelle
Dominique
Berthet
dans
« André
Breton,
l'éloge
de
la
rencontre »
que
nous
évoquons
ci-après.
René
Ménil
avait
participé
à la
revue
« Légitime
défense »
et
il
aurait
été,
d'une
manière
ou
d'une
autre,
à
l'interface
d'une
rencontre
obligée,
entre
Césaire
et
Breton.
Mais
c'est
la
liberté
du
romancier
que
d'imaginer
une
autre
issue.
L'écriture
est
limpide,
sans
fioritures,
destinée
à
être
lue
par
le
plus
grand
nombre
et
elle
est
documentée...
Lire
la
suite
et
l'entretien
avec
Roland.
Sabra
|
|
Manga
: la
longue
filiation
d'un
genre
devenu
universel
par
Philippe
Pons
 La
bande
dessinée
japonaise
a
désormais
un
musée
international.
Et
pas
n'importe
où :
à
Kyoto,
ancienne
capitale
et
reposoir
de
la
grande
culture
nationale.
Ce
musée,
ouvert
en
2006,
situé
au
coeur
de
la
ville,
attire
un
nombre
considérable
de
visiteurs,
dont
beaucoup
d'étrangers.
Il
existe
certes
deux
autres
musées
du
manga,
à
Hiroshima
et à
Osaka,
et
une
soixantaine
d'autres
plus
petits,
mais
celui
de
Kyoto,
né
de
l'initiative
conjointe
de
l'université
Seika
et
de
la
municipalité,
est
le
plus
riche,
avec
200
000
titres.
Il
accueillera
en
septembre
prochain
le
Sommet
international
du
manga.
Le "
mur
des
mangas
",
du
premier
au
troisième
étage,
compte
quelque
50
000
albums,
publiés
depuis
les
années
1970,
que
les
visiteurs
peuvent
consulter
à
loisir.
Les
"
archives
"
recèlent
des
mangas
publiés
antérieurement,
dont
le
plus
ancien
date
de
1874.
Dans
sa
forme
actuelle,
le
manga
est
certes
apparu
au
début
de
l'ère
Meiji
(1868-1912),
mais
il
est
dommage
que
le
musée
ne
fasse
qu'esquisser
une
filiation
beaucoup
plus
ancienne.
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Frédéric
Régent : un historien antillais à l'honneur !
Qualifié
par le Parlement de " crime contre l'humanité ", l'esclavage
devient un sujet de société - sans cesser d'être un objet
d'histoire. Frédéric Régent publie une synthèse magistrale
de ce douloureux passé. Parallèlement, un dictionnaire passe
en revue tous les aspects de la vie quotidienne dans la
France coloniale. Longtemps occultée, la question de la
servitude en terre d'islam commence à intéresser des
chercheurs. Qualifié par le Parlement de " crime contre
l'humanité ", l'esclavage devient un sujet de société - sans
cesser d'être un objet d'histoire. Frédéric Régent publie
une synthèse magistrale de ce douloureux passé.
Parallèlement, un dictionnaire passe en revue tous les
aspects de la vie quotidienne dans la France coloniale.
Longtemps occultée, la question de la servitude en terre
d'islam commence à intéresser des chercheurs.
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Centenaire de Joseph Lagro Suréna

Le poète
Joseph SURENA, connu partout sous le nom de LAGRO, aurait eu
cent ans cette année. Il est né le 19 mars 1908 et il a été
enterré le 7 avril 1998 à Case-Pilote.
Cet homme est
venu au monde dans une famille modeste dont la légende
raconte qu’elle est, dans sa lignée paternelle, d’origine
caraïbe. Ceci semble se confirmer, chez chacun de ses
membres par leur esprit libre et indépendant ainsi que par
leur refus de toute soumission ; ce qui nous rend si
insupportables aux yeux d’un certain nombre de personnes.
Ce discours a
été prononcé à son enterrement par son neveu le 7 avril
1998.
L’ancien maire
de Case-Pilote, Monsieur Augustin BONBOIS, a décidé avec son
équipe municipale de donner le nom de JOSEPH LAGRO SURENA à
la rue qui descend, à gauche de sa maison, de la Batterie à
l’Autre Bord.
Nous saluons
cette initiative.
G.S.
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Un
candidat, américain du tiers-monde
Les Rêves de mon père
Barack Obama
Presses de la Cité, 454 pages, 21 €

La
particularité de Barack Obama est d'être un candidat "
mondialisé " à la présidence des Etats-Unis. Avant lui,
d'autres Africains-Américains ont concouru pour
l'investiture démocrate. Une première différence est que
Jesse Jackson, en 1984 et en 1988, voulait surtout
augmenter l'influence de la communauté noire dans le
parti, alors que M. Obama est en mesure de remporter la
candidature avec, s'il y parvient, une chance sérieuse
d'être élu président en novembre. La deuxième différence
est que ses origines familiales et son parcours, de
l'enfance à l'âge adulte, font de lui un personnage
politique nouveau : un Américain du tiers-monde, qui
voit les Etats-Unis de l'intérieur, mais aussi de
l'extérieur. Par ses relations personnelles et intimes
avec d'autres continents, il a une expérience
inhabituelle, chez la plupart des Américains et
singulièrement chez leurs responsables politiques, de
l'existence de peuples et de cultures différents.
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L'historien Georges Bensoussan
déconstruit avec force une idée
reçue
L'historien, disait Paul Veyne,
est celui qui se méfie de
"ce qui va de soi ".
Or il se trouve que parmi les
stéréotypes les mieux partagés sur
la naissance de l'Etat d'Israël - et
Dieu sait s'ils sont légion ! -, il
en est des plus coriaces. Notamment
celui qui voudrait que l'Etat juif
soit né de la Shoah, comme si la
destruction du judaïsme européen en
avait constitué la matrice. C'est
François Mauriac, plein de bons
sentiments, s'exclamant dans les
années 1950 :
" Sion a
ressurgi des crématoires et des
charniers. La nation juive est
ressuscitée d'entre ces millions de
morts. "
C'est précisément cette fausse
évidence que réfute ici avec force
Georges Bensoussan, l'un des
meilleurs spécialistes de l'histoire
intellectuelle du sionisme en
France. L'historien, qui est aussi
le rédacteur en chef de la
Revue
d'histoire de la Shoah
et directeur
de l'excellente collection du "
Mémorial de la Shoah " aux éditions
Calmann-Lévy, était donc
particulièrement bien placé pour
analyser cette illusion
rétrospective. Illusion d'autant
plus brûlante qu'on la voit
aujourd'hui réapparaître, sous des
variantes nettement moins
bienveillantes, dans le monde arabe comme au sein de l'ultragauche.
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L’Afrique répond à Sarkozy
Contre le discours de Dakar
14,5
x 22 cm, 480 pages, 19,80 € ISBN : 978-2-84876-110-7
Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de
sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas
Sarkozy a profondément blessé les Africains par un discours
qui se voulait pourtant amical. Son adresse « fraternelle
» à la jeunesse du continent, supposée fonder la nouvelle
politique africaine de la France, n’a en effet trompé
personne. Elle est vite apparue comme une grossière tentative
de maquiller publiquement en œuvre de bienfaisance les
crimes de ses ancêtres.
Les paroles de Nicolas Sarkozy, émaillées
de clichés racistes, ont été centrées sur un mythique
homme africain, sur l’âme de l’Afrique,
sur la Renaissance africaine, dont il fait du
reste une lecture bien suspecte.
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Histoire sensible des
jouissances

Alain
Corbin explore les discours sur le plaisir, depuis
l'époque des libertins jusqu'à l'avènement du
discours scientifique
Une
peinture, mais faite d'abord de mots, d'idées, de
suggestions. Car les images, dans le domaine de la
sexualité et de l'érotisme, ne sont pas tout. Les
gravures libertines du XVIIIe siècle ou polissonnes
du XIXe, quelle que soit leur audace, ne disent
qu'une infime partie de ce tout dont l'esprit
s'échauffe ou s'enflamme mais qu'il peine toujours à
embrasser. A la perspicacité du chercheur, à son
esprit de classement et à son art des croisements
s'offre une masse de textes - précis de médecine,
romans pornographiques, traités de morale, manuels
conjugaux ou " arts de foutre ", écrits intimes,
divagations diverses...
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Alexis Wright. Cette romancière remue l’Australie blanche en évoquant le destin tragique de son peuple, laminé par l’assimilation forcée.
par Catherine Coroller

C’est un tournant dans sa vie. Voilà que l’Australie blanche, celle qui mène depuis deux cents ans une politique d’anéantissement de ses ancêtres aborigènes, a décerné à Alexis Wright le plus prestigieux prix littéraire du pays. Et voilà aussi queCarpentaria est un phénomène littéraire. Publié par un petit éditeur après avoir été refusé par tous les gros, il en est à sa septième réimpression et s’est vendu à 30 000 exemplaires contre 2 000 à 3 000 habituellement en Australie. Et voilà enfin que certains lecteurs représentant cette même Australie blanche sont venus lui demander pardon lors des rencontres organisées pour la présentation de son roman à travers tout le pays.
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Postures de Mailer
Par Pierre Assouline

Il y a comme ça
des rencontres qu’on s’en veut de n’avoir pas
photographiées. Non seulement des rencontres de personnes
remarquables, mais des rencontres de croisements
d’évènements qui valent d’être fixées en une image. Ainsi
tout à l’heure, en débarquant à l’aéroport JFK de New York,
je poursuivais ma lecture d’un essai passionnant tout en
faisant la queue devant les guichets de l’immigration, un
livre de Jérôme Meizoz intitulé Postures littéraires
et sous-titré Mises en scène modernes de l’auteur
(205 pages, Slatkine, Genève). Une analyse brillante non
seulement de la mise en scène médiatique d’un trait physique
ou d’un geste d’un auteur, mais encore, sans aucune
connotation péjorative, une façon de faire face, de faire
bonne ou mauvaise figure aux avantages et inconvénients de
la position qu’il occupe sur la scène littéraire.
Lire la suite et le dernier entretien accordé à Libération
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Georges Castéra, Prix Carbet 2006
Un langage à double canon pour dire
l’indifférence
par
Jean Durosier DESRIVIERES
Ces
rencontres organisées en ce mois de novembre, ayant pour
thème ou problématique : « Marcher sur nos morts »,
coïncident harmonieusement au mois des Guédés, en Haïti.
Pour ceux qui l’ignorent, je dirai succinctement que les
guédés sont des loas, des génies ou des esprits du Vaudou :
ce sont des loas de la mort, mais aussi de la vie, car de la
putréfaction renaît la vie immortelle. Ce sont les loas les
plus étranges du panthéon vaudou, dit-on : leur rituel
dévoile le tragique le plus macabre et l’érotisme le plus
débridé. Barron Samedi, aussi dénommé Barron Cimetière ou
Barron Lacroix, serait la figure la plus représentative des
guédés. En effet la croix de Barron, symbole des guédés,
indique la croisée des chemins qui guette tout un chacun. Et
on y parvient tous, chacun à son heure. La croix de Barron,
c’est ce pieu vertical qui renvoie au phallus (éros, la vie)
et cette bande horizontale qui renvoie au tombeau (thanatos,
la mort).
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Le sexe, le sexe, le
sexe...
C'est l'Enfer !
Enfer
n'existe pas. Pouvez vous dissiper. " Le télégramme,
signé André Gide, avait été adressé à François Mauriac,
quelques jours après la mort de l'auteur de Corydon.
Si l'enfer n'existe plus dans l'au-delà, il est toujours
présent ici-bas : la Bibliothèque nationale de France le
montre, en une exposition qui fera date. Sous-titrée " Eros
au secret ", elle présente son département le plus
sulfureux. Car, à l'heure du porno à la télévision et sur le
Net, l'" enfer " de la BN traîne toujours une aura
scandaleuse : la manifestation n'est-elle pas interdite aux
moins de 16 ans ? Une mesure suffisamment rare pour être
soulignée.
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La littérature
au corps

D'emblée,
quelque chose dit que cet homme-là pourrait faire le coup de
poing. C'est
qu'il a un
physique de lutteur, Jean-Yves Cendrey - pas très grand mais
compact, avec un crâne rasé de mercenaire et des yeux
brillants qui se plantent droit dans les vôtres. A l'opposé
des écrivains romantiques, délicats, vite effarouchés, lui
pratique l'écriture comme un sport de combat : ne jamais
céder un pouce de terrain au consensus, ne jamais s'incliner
devant la bienséance ou les vérités toutes faites.
Un esprit de
résistance qui s'est manifesté dès son premier livre,
Principes du cochon (POL, 1988), et encore plus depuis
que ses romans, Les Jouets vivants (L'Olivier, 2005),
puis Corps ensaignant (Gallimard, 118 p., 11,50
euros), ont semé le trouble dans l'univers de la fiction
française. En dénonçant des affaires de pédophilie à
l'école, l'écrivain a sorti la littérature des bibliothèques
pour en faire une bombe dirigée contre les abus de pouvoir
et la lâcheté.
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La réception littéraire et politique
de René Maran par l'Amérique Noire:
influences ou
malentendus?
par Anthony Mangeon

Pour illustrer l'importance de René Maran dans l'histoire
littéraire, les critiques ont souvent, et à fort juste
titre, souligné son rôle de médiateur entre les mouvements
culturels de l'Amérique Noire et de la Négritude francophone
(Fabre: 1985,
Edwards: 2003). Les écrivains de
la Renaissance de Harlem le revendiquent comme un modèle,
les théoriciens de la Négritude s'en réclament comme d'un
précurseur, et Maran occupe cette intéressante position
d'être tout à la fois un repère et un trait d'union, un
intermédiaire et un inspirateur. Dès qu'on examine cependant
quelle fut la véritable réception de ses textes, de ses
positions esthétiques, et de ses engagements politiques par
les uns et par les autres, ce sont d'emblée certains
quiproquos qui se laissent découvrir, par-delà
l'hagiographie et les filiations proclamées. Lorsque l'œuvre
de René Maran fait l'objet, dans l'Amérique Noire des années
vingt, d'une bruyante publicité, ce sont moins les qualités
littéraires d'un "véritable roman nègre", Batouala,
que l'accomplissement et la reconnaissance d'un "écrivain
noir" qu'on célèbre chez le lauréat du Prix Goncourt 1921;
et alors que Léopold Sédar Senghor salue de son côté, dès
son premier article de L'Étudiant Noir, ce qu'il
appelle L'Humanisme Noir de René Maran (1935: 2),
c'est précisément en s'inscrivant en porte-à-faux avec
"l'anthroponégrisme" -qu'il reconnaît et déplore chez les
écrivains et penseurs noirs américains- que René Maran
prendra, quant à lui, la parole dans Présence Africaine.
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Qui était
vraiment René Maran, le premier Goncourt Noir ?
par Selim Lander

Le 14 décembre 1921,
l’Académie Goncourt a couronné un jeune écrivain de 34 ans,
René Maran, pour son roman Batouala. Au
cinquième tour de scrutin ne restaient plus en lice que
L’Épithalame de Jacques Chardonne et Batouala.
Avec cinq voix contre cinq les deux romans étaient à
égalité. Le second l’a emporté grâce à la voix prépondérante
du président Gustave Geoffroy. Les autres candidats de cette
année-là n’ont guère marqué l’histoire littéraire, à
l’exception de Pierre Mac-Orlan qui concourrait avec
La Cavalière d’Elsa. Comme le nom l’indique,
Batouala est un roman africain. Par contre le nom de
l’auteur ne révèle pas qu’il s’agit d’un noir, « le premier
Goncourt noir ».
René Maran est né le 5
novembre 1887 sur le bateau qui menait ses parents d’origine
guyanaise à Fort-de-France. Comme c’est là où sa naissance a
été enregistrée, on le présente souvent comme un écrivain de
Martinique. En réalité, il n’est resté sur cette île que les
trois premières années de sa vie, avant de déménager avec sa
famille au Gabon où son père devait poursuivre sa carrière
d’administrateur colonial. Il est resté peu de temps là
aussi puisque, dès l’âge de sept ans, on le retrouve
pensionnaire au petit lycée de Talence, en Gironde. Il
connut ainsi la jeunesse mélancolique des enfants de
coloniaux, des quasi-orphelins qui n’avaient droit à la
présence de leurs parents que pendant un semestre tous les
trois ans, au rythme des congés administratifs…
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Le Réveil de la diaspora créole
La pan-créolité :
une identité à conquérir…
par Rodolf Etienne

Récemment à la Martinique, plus précisément à l’Université
des Antilles-Guyane, avait lieu un colloque intitulé « Les
approches interculturelles en langues, en littérature et en
civilisation : quelles heuristiques ? ». Durant trois jours,
plusieurs spécialistes européens et caribéens proposaient
leurs réflexions, offrant à l’auditoire une riche étude de
la question.
Pour avoir effectué quelques recherches sur la notion de l’interculturalité,
je sais que dans les Mascareignes, à la Réunion, l’île
Maurice et les Seychelles cette notion, très impliqués dans
le développement culturel et identitaire des populations, a
également fait l’objet de nombreuses analyses. Ces analyses,
ici, ont permis de mieux envisager un phénomène qui,
aujourd’hui, touchant au monde dans son ensemble, le
bouleverse et le transforme. Edouard Glissant, développant
le concept du Tout-Monde, nomme ce phénomène « Relation » ou
« Créolisation ».
De nombreuses questions posées lors de ce colloque
trouveraient un écho favorable ici. Je vous en propose
quelques-unes, qui vous sont certainement familières :
Peut-on comprendre une autre culture ? (sous-entendu, dans
notre cas, une autre culture « créole »). Ou encore :
Communautés linguistiques et communautés culturelles :
quelles parallèles ? Encore : Les paradoxes de l’interculturalité
dans un monde globalisé.
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De l'orthographe du créole
par Serge Harpin

L’agitation médiatique autour de « la dictée créole » et les
commentaires de quelques-uns des promoteurs de l’opération
ne sauraient être analysés autrement que comme l’offensive
d’un petit groupe pour imposer son point de vue sur
l’orthographe du créole ; ceci dans un contexte d’évolution
institutionnelle « annoncée » sur les langues régionales.
La manœuvre s’accompagne, il fallait s’y attendre, d’une
tentative subreptice de mettre fin à tout débat sous le
couvert d’un unanimisme de façade.
Au risque de subir les foudres des gardiens du temple, il
nous a paru moralement et intellectuellement indispensable
de lever l’interdit pour interroger quelques-uns des
présupposés sous-jacents à la conception de l’orthographe du
créole du GEREC.
QUI A AUTORITE SUR LE CHOIX DE L’ORTHOGRAPHE D’UNE
LANGUE ?
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