La
France vue du Sénégal... par un
Sénégalais
Par Fadel Dia, 11 janvier 2007
Introduction
C’est une vérité connue, mais que
nous avons souvent tendance à
oublier : les rapports du pouvoir
s’expriment sur le plan linguistique
autant que sur le plan politique,
économique ou social. Le dominant
est, entre autres choses, celui qui
a la parole, tandis que le dominé
doit sans cesse la conquérir. Quand
le second doit se battre non
seulement pour avoir la parole mais
aussi et surtout pour être écouté
(c’est-à-dire pris au sérieux) et
entendu (c’est-à-dire au moins
compris, à défaut d’être approuvé),
le premier est investi d’une
« autorité » symbolique qui lui
donne à peu près toute légitimité à
dire à peu près tout ce qu’il veut
sur à peu près tous les sujets, et
sa parole jouit d’une
« légitimité », d’un « intérêt » et
d’un « crédit » quasi « naturel ».
C’est ainsi par exemple que,
parallèlement à la domination
militaire, politique et économique
que la France coloniale a exercé et
exerce sur l’Afrique noire, s’est
mis en place un ordre symbolique qui
répercute la division sociale du
travail sur le terrain linguistique,
en instituant les Français Blancs
dans le rôle de sujet ou d’agent
d’énonciation, tandis que les
Africains Noirs sont relégués soit
au rang d’objet, soit à celui de
destinataire des discours [1]. C’est
cette scénographie parfaitement
rôdée et intégrée que vient
renverser, avec une verve et une
intelligence remarquable, le dernier
livre de Fadel Dia, « À mes chers
parents Gaulois... », qu’on pourrait
sous-titrer : « Quand un Sénégalais
dit à la France ses quatre
vérités »... ...si du moins il n’y
avait pas, dans les 330 pages
limpides de ce livre, bien plus que
quatre vérités ! Traite négrière,
oppression coloniale,
« coopération » postcoloniale,
« immigration choisie », « misère du
monde », « francophonie », « Françafrique »
et « Françafric » : plutôt que
d’énumérer tout ce dont traite Fadel
Dia, tout ce qu’il nous apprend et
tout ce qu’il nous « donne à
penser », laissons-le se présenter,
et présenter son livre. En voici
donc le premier chapitre, qui fait
office d’introduction.
Article
« Ce n’est pas en raccompagnant son
hôte avec déférence jusqu’à la
sortie du village qu’on peut lui
faire oublier l’accueil discourtois
qui lui a été réservé »
Nous avons si souvent l’habitude de
vous lire, de lire vos livres, vos
journaux, vos sentences, vos ordres
et vos lois, vos admonestations, vos
critiques ou vos satires, de vous
écouter nous parler de vous, nous
parler aussi de nous, que nous ne
savons plus très bien comment nous
adresser à vous, comment vous
demander des comptes...
Depuis des siècles que vous nous
visitez, vous comportant chez nous
comme si vous étiez chez vous,
depuis des années que nous sommes
tolérés chez vous, nous efforçant le
plus souvent de passer inaperçus,
nous avons toujours été, bon gré,
mal gré, l’auditeur, le lecteur, le
spectateur... et vous l’orateur, le
préposé aux discours et aux ordres,
l’officiant, le commettant pour tout
dire.
Vous, Français, hommes et femmes de
ce Nord opulent, qui symbolisez pour
nous le monde des « peaux
allumées », selon l’expression de
Amadou Hampâté Bâ, au point que dans
nos langues toubab désigne
indifféremment le Français,
l’Européen, le Blanc... Nous,
Sénégalais, et plus généralement
peuples de votre ancien empire
colonial, issus de ce Sud dont on ne
voit souvent que le délabrement et
les excès et que le monde entier
déchiffre à travers vos yeux puisque
trop souvent, ce qu’il sait de nous,
il l’a appris en se fiant à vos
écrits et à vos dires. Ne
sommes-nous pas le « pré-carré » de
la France, expression inconnue de
Littré et de Larousse et qui semble
avoir été forgée spécialement pour
servir de placebo à ce mot désormais
honni : colonie.
Voilà plus de cinq siècles que nous
nous sommes « découverts », plus de
trois siècles que nous nous
fréquentons. Pendant ce long
côtoiement imposé, nous avons
toujours balancé entre la tentation
de vous imiter et la folle envie de
vous combattre, tant il est vrai que
« la racine de tous les conflits,
c’est la rivalité mimétique entre
les êtres [2] ». De votre côté, et
tout au long de votre domination,
l’idée que vous avez voulu nous
donner de vous, l’idée que vous avez
voulu nous imposer s’il y avait
quelque réticence de notre part, a
toujours été celle du « maître », au
double sens de celui qui détient
l’autorité et le savoir. Vos
représentants portaient des titres
d’autorité : gouverneurs,
commandants, chefs de subdivision ou
de poste... Tous, y compris ceux qui
étaient administrateurs, juges,
prêtres ou soldats prétendaient nous
éduquer : au progrès, à vos
manières, à la « civilisation », à
la soumission et au respect de votre
exemple et de vos intérêts. Et cela,
disiez-vous, dans notre propre
intérêt, dont le vôtre ne serait que
la conséquence : la colonisation
était émancipatrice.
De ce jeu de cache-cache est né ce
paradoxe : après plusieurs siècles
de relations intenses, nous ne nous
connaissons guère. Vous avez conquis
et dominé nos pays, exploré nos
contrées les plus reculées, exploité
nos richesses, écrit des milliers de
livres sur nos sociétés... Pourtant
il reste encore des Français, la
grande majorité, qui sont
impuissants à s’ouvrir à nos
cultures, qui portent sur nous, qui
cultivent même, des jugements pleins
de préjugés et d’idées reçues.
C’est la première découverte que
j’ai faite lorsque, jeune étudiant,
j’ai débarqué dans ce pays que les
livres m’avaient rendu si familier
que je croyais l’avoir déjà vu. Je
constatai que si l’entrée en France
était - alors - pour nous libre et
gratuite, la famille française nous
restait inaccessible et ce sevrage
familial pesait plus sur mon esprit
et mes nerfs que le froid ou le
rythme infernal des études. Je m’en
ouvris donc auprès de l’institution
internationale qui parrainait ma
formation et grâce à son entregent,
je reçus l’invitation d’une famille
française. J’espérais plus qu’un
dîner (deux heures de train, une
heure de mangeotte !), mieux que la
lointaine banlieue. Mais comme le
soulignaient mes parrains, on ne
pouvait tout de même pas imposer une
invitation aux habitants du Ve
arrondissement de Paris ni exiger un
week-end dans la vallée de
Chevreuse. Je n’étais pas content
non plus que l’on ait déterminé à
l’avance mes heures de départ et de
retour par le train, ou suggéré que
je me munisse d’un cadeau. Mais
j’avais suffisamment l’expérience du
commerce avec les Blancs pour savoir
que c’est toujours eux qui fixent
les règles et imposent les rites.
J’allai donc à mon rendez-vous, à
Sartrouville, avec l’idée qu’un bain
familial valait bien quelques
sacrifices...
Mes hôtes étaient des croisés du
volontariat et j’étais peut-être
leur première B.A. Ils avaient
l’intention non de m’instruire mais
de me faire parler pour qu’à l’issue
de ce dîner, personne autour d’eux
ne puisse leur en remontrer sur
« les Africains ». Ils étaient
vierges d’africanité, comme cela
apparut dès leurs premiers mots :
« Ah ! monsieur, vous parlez bien
français !
Ils savaient pourtant que je venais
d’une ancienne colonie française et
que j’étais étudiant de troisième
cycle. Je résistai à l’envie de leur
servir un pastiche de Senghor :
Moi y en a être pour rien, moi y
en a licencié ès lettres !
Mais vous parlez quand même
sénégalais ? insistèrent-ils. Et
c’est comment le sénégalais ?
Euh, c’est comme le belge...
Le belge ? Ça n’existe pas,
monsieur ! En Belgique, chaque
communauté parle sa propre langue.
Eh bien, c’est comme chez nous, à
cette différence près qu’aucun de
nos parlers n’a un statut de langue
officielle.
Ah ! Ah ! C’est de l’esprit
français, ça ! »
Mes hôtes avaient admis que j’étais
un être doué de raison et même du
sens de la dérision, fût-elle
française. Allaient-ils reconnaître
que, comme eux, j’appartenais à la
même espèce animale ? Je tentai
quelques explorations et très vite
me rendis compte qu’ils
s’attendaient d’abord à ce que je
sois différent. Je me laissai donc
aller et, comme l’ivrogne va de
verre en verre, j’allai
d’exagération en exagération au
risque de perdre l’équilibre. Je me
replongeai dans mes souvenirs de
l’école française, puisai sans
vergogne chez Hérodote (Ve siècle
avant J.-C.), Pline (Ier siècle
après J.-C.), le périple d’Hannon
(500 avant J.-C.) qui tous avaient
chanté la « monstrueuse Afrique ».
Bien sûr, nous mangions des bêtes
sauvages, à commencer par le gorille
(pouah !) et c’est bien pour cela
que nous aiguisions les dents des
enfants et avions recours à d’autres
sévices corporels, mais nous
mangions aussi les singes (frissons)
et les chiens (Oh !). Nous sommes
encore sous l’emprise des fétiches
et nos villes ne sont que des
ramassis de cases. Nos sociétés
demeurent barbares et permissives :
tenez, chez nous, il n’y a pas de
mariage, les femmes sont communes...
Tout cela est passé comme lettre à
la poste française !
Je n’étais pas fier de moi. J’étais
convaincu que cette invitation ne se
renouvellerait pas et c’était mieux
ainsi. Quelle fut donc ma surprise -
et mon désarroi - quand, au moment
de la séparation, mon hôtesse
susurra :
« Pourriez-vous revenir dans quinze
jours ? Nous avons des amis qui
seraient heureux de vous
entendre... »
C’était il y a quelques décennies.
J’ai eu l’occasion de retourner en
France et je constate toujours que
si les Français ont beaucoup oublié,
ils n’ont souvent rien appris, rien
en tout cas qui puisse les
rapprocher de nous. La situation
s’est même dégradée, d’une certaine
façon, du fait de « l’autocensure
des citoyens doublée de la censure
des gouvernements », comme l’observe
Marc Ferro. Même ce que l’école
coloniale enseignait sans fausse
honte - sous forme « euphémisée »,
il est vrai - est aujourd’hui nié ou
occulté, et nos politiciens, les
vôtres comme les nôtres, vantent les
trois siècles d’amitié qui nous ont
unis.
D’amitié ? N’exagérons pas !
D’abord, vous savez, les politiciens
sont des hommes qui se trompent - et
trompent - dans toutes les règles.
D’ailleurs, ils ne parlent d’amitié
que depuis que nos liens se sont
distendus, comme s’il suffisait de
se séparer pour s’aimer ! Mais
surtout, l’amitié n’est pas
précisément le sentiment dominant
qui a gouverné nos relations depuis
ce jour de 1659 où, selon vous, la
France prit pied sur une île
spongieuse de l’embouchure du fleuve
Sénégal. Étaient-ce bien des signes
d’amitié, ces trafics d’hommes et de
femmes, cet échange inégal,
l’incendie de nos villages, les
décapitations à coups de sabre,
celle du marabout Mamadou Lamine
Dramé [3] ou celle du fantassin
Baïdy Katié [4], l’exécution de
dizaines de chefs traditionnels, de
Lat Dior [5] à Djignabo [6], le
pillage de leurs États, l’exil d’une
petite paysanne casamançaise, Aline
Sitoe Diatta [7], à 2 000 km de son
village ou celui d’Ahmadou Bamba [8]
au Gabon ? Nul sentiment d’amitié ou
de respect dans les diatribes du
plus illustre des gouverneurs
français au Sénégal, le général
Faidherbe [9], qui fit régner sa loi
pendant près de quinze ans. Il y a
une trentaine d’années, Pierre
Fougeyrollas, alors professeur à
l’Université de Dakar, entra en
disgrâce avant d’être banni du
Sénégal pour avoir rappelé, et violé
par ce fait un vieux tabou, que «
dans ce soi-disant couple d’amis,
l’un était le colonisateur et
l’autre le colonisé ». Nous-mêmes
avons succombé à cet abus de mémoire
et malgré les crispations et le
désenchantement, beaucoup de
Sénégalais restent magnanimes à
l’égard de la France - de la France,
pas des Français ! -, sans doute
parce qu’il y a plus fort que
l’amour : l’habitude.
Si l’indépendance a été proclamée au
Sénégal, l’héritage colonial soldé
ou presque, beaucoup parmi nous
continuent à chercher leurs
références en France. Il n’est pour
eux de consécration que celle
acquise chez vous : notre plus
célèbre chanteur, Youssou Ndour,
fait son « Bal » annuel à Paris et
nos lutteurs rêvent de se mettre en
vedette à Bercy. Nous cultivons les
mêmes passions que vous, y compris
les plus inattendues, comme celle du
rap.
Nos élites lisent avec ostentation
Le Monde ou Libé, même si chaque
numéro leur coûte l’équivalent d’un
Smic quotidien, si l’on peut dire.
Le Sénégalais ne prend une
information au sérieux que si elle
est relayée par RFI, « la radio
mondiale » qui a planté ses relais
dans plusieurs de nos cités.
Les seules télévisions que nous
pouvons regarder sans interruption
et sans bourse délier sont des
chaînes françaises ou francophones,
ce qui est un peu la même chose pour
nous. CFI, TV5, vitrines françaises
jamais éteintes : télés publiques,
télés offertes, télés imposées,
télés inévitables, tout nous est
donné par vous mais vous ne prenez
rien de ce que nous pouvons offrir
en échange. Nous ne pouvons pas vous
ignorer : ce n’est pas nous qui
allons au-devant de vous, c’est vous
qui nous imposez votre présence.
Nous savons tout de vous ou presque
sans même avoir besoin de nous
rendre chez vous et en dépit de
l’obstination que vous mettez à nous
fermer vos portes.
Nous connaissons votre Grand Chef.
Nous le voyons si souvent, sur les
marches de son palais, donner
l’accolade à nos présidents ! Même
celui que nos odeurs incommodent se
plie au rite : peut-être que si près
du faubourg Saint- Honoré, toutes
les odeurs sont masquées par les
parfums. D’ailleurs, seul le parfum
des classes pauvres s’appelle odeur
et, Dieu merci, nos présidents ne
sont point pauvres.
L’histoire de France continue à
faire irruption dans notre
quotidien, quelquefois de manière
saugrenue. Ainsi, dans les « cars
rapides », ces véhicules déglingués
qui n’ont plus aucune pièce
d’origine et qui assurent le
transport public à Dakar, le
strapontin incommode que l’on déplie
pour le passager de dernière minute
s’appelle... Versailles. Ce n’est
pas que nous nous emmêlions les
pinceaux, c’est le signe de notre
penchant à vous traiter par la
« parenté à plaisanterie », ce qui
est chez nous une preuve
d’affection.
Des dizaines de Sénégalais récitent
dans l’ordre les noms des stations
du métro parisien, de Porte
d’Orléans à Porte de Clignancourt ou
de Château de Vincennes à la Grande
Arche de la Défense.
Notre télévision nationale passe et
repasse, y compris dans nos langues
nationales, les petites péripéties
de votre vie quotidienne, même si
souvent nos populations n’en
comprennent pas le sens. C’est par
elle que nous avons ainsi vécu,
jadis, la solitude de Simone Veil
ou, plus récemment, subi les larmes
de Christine Boutin.
Nous avons appris Camille Desmoulins
à l’école et nous connaissons
aujourd’hui José Bové et Ségolène
Royal. Nous ne prenons pas La Ciotat
pour un boxeur ni Le Corbusier pour
un insecte.
Nous connaissons Raimu et Colette,
Carné et Prévert, la Champmeslé et
Arletty, MC Solaar et Zizou, bien
sûr...
Je ne prétends pas que le Sénégalais
moyen connaît tout ce beau monde,
mais quel est le Français cultivé,
informé, ouvert aux autres qui
pourrait se vanter de connaître Lat-Soucabe
Fall [10] et Souleymane Bal [11],
Aline Sitoe Diatta et Yandé Codou
Sène [12], Fodé Kaba [13] et
Battling Siki [14] ? Les illustres
Sénégalais sont pour vous
d’illustres inconnus : ils ne sont
ni dans vos journaux ni dans vos
dictionnaires ou vos encyclopédies.
Il n’y a personne pour vous
enseigner notre histoire : elle est
absente, totalement, de vos manuels
et de vos programmes scolaires.
Bref, nous, citoyens de ce qui était
votre plus ancienne colonie en
Afrique noire, nous avons beaucoup à
vous dire. Alors, comme on l’avait
dit naguère à Freud, « taisez-vous
et laissez-moi parler » ! Pour une
fois, voulez-vous, on parlera de
nous, de nos certitudes, de nos
illusions... de nous, quoi.
Secondairement on parlera de vous,
mais seulement tels que nous vous
voyons. Après tout, et malgré les
apparences, nous vous connaissons
bien mieux que vous ne nous
connaissez. Il suffit de lire la
presse sénégalaise : on y parle de
« coup de Jarnac » ou de
« landerneau politique », comme si
cela coulait de source, et
d’ailleurs notre premier quotidien
s’appelait Paris-Dakar...
Cessez donc de nous dire : « Ah,
vous êtes de Dakar ? Vous devez
connaître mon cousin Bernard : il
habite Bangui. » Non, nous ne
connaissons pas Bernard ! Mais en
revanche, nous connaissons la France
et les Français bien mieux que vous
ne pouvez imaginer.
Oui, nous avons beaucoup à vous
dire. N’est-il pas temps que vous
nous laissiez la parole ?
Nos choix, nos mots, notre ton
peut-être ne vous plairont pas
toujours. Mais souffrez qu’après
vous avoir si souvent caressés dans
le sens du poil, nous venions vous
tintouiner les oreilles avec nos
récriminations.
Nous tenterons de dire ce que les
Français ne disent pas aux Français.
Ce que ne disent ni vos radios, ni
vos télévisions, ni vos journaux qui
ne s’intéressent à nous que lorsque
nous allons mal et qu’ils croient
que nous n’avons besoin que de pain
et de compassion. Ce que ne disent
pas vos politiciens qui ne
commémorent souvent que les lieux de
mémoire ou les événements
nostalgiques et dont certains
s’égarent à accréditer une mémoire
officielle expurgée de toute faute.
Nous ne dirons pas tout parce que,
vous nous l’avez trop souvent
martelé pour que nous l’oubliions,
votre temps est précieux, et c’est
même votre principale richesse.
Je tâcherai donc d’être bref. Prenez
la peine de me lire. Prenez, un
court instant, le temps d’écouter
une de ces petites voix timides qui,
par milliers, tentent vainement
depuis des siècles de parvenir
jusqu’à vos « oreilles rouges »...
Post-scriptum
Fadel Dia, « À mes chers parents
gaulois... », Editions Les Arènes,
2007. 335 pages, 19,80 €. En
librairie le 11 janvier 2007.
Textes de Fadel Dia
« À mes chers parents gaulois... »,
11 janvier
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Notes
[1] De remontrances, ou de conseils
paternalistes bien trop souvent
[2] René Girard, in Le Monde,
11/11/2000.
[3] Mamadou Lamine Dramé est un
marabout originaire de l’Est du
Sénégal (1835-1887) qui combattit la
présence française à partir de 1885
et jusqu’à sa mort.
[4] Recruté de force pour servir
dans les troupes françaises, Baïdy
Katié eut, en septembre 1890, une
altercation avec le commandant de
cette force, l’administrateur Abel
Jeandet, qu’il abattit d’un coup de
fusil. Il fut exécuté quelques jours
plus tard à Podor, sans procès ni
jugement.
[5] Lat Dior Ngoné Latir Diop
(1842-1886) est le vingt-neuvième et
le plus populaire des Damels du
Cayor, et le seul à porter le
patronyme de Diop. Il oscilla toute
sa vie entre l’alliance avec les
Français et la lutte armée. À partir
de 1882, il s’illustra par son
opposition à la construction du
chemin de fer Saint-Louis-Dakar à
travers le Cayor et trouva la mort à
Dekhlé, dans un affrontement avec
les troupes françaises.
[6] Valeureux guerrier casamançais,
surnommé « Bigolo » (éléphant),
Djignabo fut l’âme de la résistance
contre les Français à Séleki
(nord-ouest de la Casamance) et du
refus du paiement de l’impôt. Il est
abattu en mai 1906 alors qu’il
tentait d’attaquer un camp français.
[7] Appelée aussi la « Jeanne
d’Arc » ou la « prophétesse
casamançaise », Aline Sitoe Diatta
est à l’origine de la résistance
pacifique contre les Français,
contre notamment le paiement de
l’impôt, l’enrôlement dans l’armée
coloniale ou l’abandon des cultures
vivrières au profit de l’arachide.
Déportée à Tombouctou en 1943, elle
y mourut en 1944.
[8] Chef religieux sénégalais
(1850-1927), déporté à plusieurs
reprises par les autorités
françaises, Ahmadou Bamba fut le
fondateur du mouridisme, l’une des
plus importantes confréries
religieuses du Sénégal.
[9] Général français (1818-1889),
Louis Faidherbe est le fondateur de
la colonie du Sénégal dont il fut
gouverneur à deux reprises
(1854-1861 et 1863-1865). Il fut
aussi à l’origine des débuts de la
colonisation du Soudan et du premier
bataillon de tirailleurs sénégalais.
[10] Quinzième Damel du Cayor (1697
à 1719), Lat-Soucabe Fall réunit cet
État avec celui du Baol, situé au
sud et également issu de
l’éclatement de l’empire du Djoloff.
Ses descendants gouverneront le
Cayor jusqu’en 1887.
[11] Réformateur religieux,
Souleymane Bal prit la tête de la
révolte contre l’hégémonie maure sur
le Fouta et contre la dynastie
païenne des Peuls Denianké. Il
proclama en 1776 une République
théocratique.
[12] Célèbre cantatrice
traditionnelle contemporaine du
Sénégal, Yandé Codou Sène a souvent
chanté Senghor qui appartenait à la
même ethnie qu’elle.
[13] Résistant originaire de
Casamance, Fodé Kaba s’opposa à la
fois aux Français (au Sénégal) et
aux Anglais (en Gambie).
[14] De son vrai nom Louis Mbarick
Fall (1897-1925), Battling Siki,
boxeur sénégalais né à Saint-Louis,
est le premier Africain à avoir
remporté le titre de champion du
monde de boxe professionnelle. Le 24
septembre 1922, il bat en effet par
KO, à la sixième reprise, l’idole
des Français, Georges Carpentier, et
devient par la même occasion
champion du monde mi-lourd. Il sera
assassiné à New York en 1925 et sa
dépouille a été transférée à
Saint-Louis en 1993.