Instantané

Un
livre de Noam Chomsky s'offre une
seconde jeunesse grâce à
Hugo Chavez
LEMONDE.FR avec AFP | 22.09.06 | 21h10
Un
livre de Noam Chomsky, l'intellectuel
de gauche américain, virulent
détracteur de l'administration
Bush, caracole en tête des meilleures
ventes sur le site d'Amazon après
que le président vénézuélien
Hugo Chavez en a fait l'éloge
mercredi 20 septembre à la
tribune des Nations unies.
"Les
Américains devraient lire ce
livre Hegemony and Survival : America's
Quest for Global Dominance, plutôt
que de regarder Superman", a
lancé mercredi le président
vénézuélien,
brandissant l'ouvrage devant les caméras
du monde entier. Son conseil semble
avoir été entendu. Quarante-huit
heures après son discours,
ce livre, publié fin 2003,
est devenu numéro un des ventes
sur le site en ligne Amazon.com et
le troisième ouvrage le plus
vendu par la chaîne de librairies
américaines Barnes & Nobles.
Traduit
en français sous le titre "Dominer
le monde ou sauver la planète
: L'Amérique en quête
d'hégémonie mondiale",
le livre de Chomsky, souligne, selon
son éditeur français,
"l'illogisme et l'injustice"
de la stratégie de sécurité
nationale adoptée en 2002 par
les Etats-Unis.
MORT
PRÉMATURÉE
Lors
d'une conférence de presse
qui avait suivi son discours aux Nations
unies, Hugo Chavez avait provoqué
la consternation en exprimant l'un
de ses grands regrets : n'avoir jamais
rencontré le linguiste avant
sa mort. Un coup de téléphone
dans la journée de jeudi avait
toutefois permis au New York Times
de confirmer la bonne santé
de Noam Chomsky. Plus en vie que jamais,
le professeur de la prestigieuse université
du MIT (Massachusetts Institute of
Technology à Cambridge) s'activait
même à répondre
à quelque 10 000 courriels
d'inquiétude reçus depuis
mercredi. A 77 ans, l'intellectuel
de gauche entre ainsi dans le club
prisé des personnalités
dont on a annoncé la mort avant
l'heure, comme l'écrivain Mark
Twain en son temps.
Noam
Chomsky ne s'offense nullement de
cette mort prématurée
dans l'interview publiée vendredi
22 septembre dans le New York Times.
Il indique même souhaiter rencontrer
le président vénézuélien
et dit comprendre la colère
de ce dernier contre le président
américain. "L'administration
Bush avait planifié un coup
pour renverser le gouvernement [de
Chavez]", explique le professeur,
tout en précisant qu'il n'utiliserait
pas de termes aussi rudes pour qualifier
la politique de George W. Bush.