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Et tu dis que tu m’aimes !


 

Dans son livre, Nicole Cage-Florentiny, l’auteur-analyste livre la trame quasi intimiste de la violence faite aux femmes.

L’histoire commence ex abrupto par l’amour fait et déjà qui fait peur, l’amour violent comme un hussard sur le moi. « L’amour qui s’use, l’amour qui blesse, l’amour qui tue, mais l’espérance cependant, l’impérieuse nécessité de dire non  à l’inacceptable ! »… et la volonté de comprendre. Et tu dis que tu m’aimes ! Rien que le titre vaut un livre. Ce livre est un cri, pas une supplique, un constat pas un aveu, une décence à la condition humaine. C’est une révélation écrite dans le corps, dans la chair de chaque femme, un droit au respect, à une identité propre. Ne pas figurer encore et encore. Non ce livre n’est pas davantage un prétexte, une liberté prise par l’auteur pour coïncider avec la maltraitance de la femme. A chacun de ses titres et jusqu‘à la flamme de ces poèmes, quand chaque coup d’amour la pénètre au cœur, Nicole se laisse enfermer dans les plis du drame qu’elle consomme et invente l’expérience du roman à vue de ses propres réserves physiques et psychiques. Alors, le style prend la force du vécu, sans doute à cause qu’elle explore l’excès sous toutes ses formes, la singularité qu’on déforme, de l’ignorance la barbarie, la lâcheté ordinaire et la violence hypocrite du monde contemporain. Ce monde où il ne reste qu’à croire que le meilleur est à venir. Nicole Cage-Florentiny écrit des livres avec des techniques de vie vraie, architecturés avec des jeux subtils de visualisation entre le roman et sa réalité.


 

La femme est son roman


 

Par la seule force de ses mots assemblés elle grave avec intensité et sobriété une écriture saisie par la conscience. Une écriture nécessaire où écrire ne constitue pas seulement un acte philosophique, mais une force motrice indéniable, un élan d’amour vers les âmes et les corps. Sur la couverture de l’ouvrage, une photographie par Philippe Bourgade. On ne pouvait trouver meilleure illustration pour accompagner cette crispation, cette tétanie tête baissée, honte et résignation. Il est aisé d’évoquer un bateau coulé à voir cette femme en souffrance, meurtrie, coincée là pour l’éternité. Il n’en est rien, en fait, elle se rassemble pour lutter. Avant que « trop tard » ne crucifie d’autres amours… d’autres femmes.


 

Christian Antourel

Photo D.R