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« Les écrivains sont des menteurs »,
un entretien avec Elias Khoury
Marion Dumand et Christophe
Kantcheff
Dans l’éblouissant « Yalo », le
romancier libanais Elias Khoury bat en brèche les notions de
pureté et d’identité pour mieux souligner la richesse du
mélange. Entretien.
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La Martinique vue du ciel
Textes
de Patrick Chamoiseau
Photographies de Anne Chopin

C'était il y a
vingt ans de cela Yann Arthus-Bertrand publiait son premier
album de vues du ciel. C'était Venise en l'occurrence.
Depuis le genre a fait florès et le livre le plus connu, le
plus vendu est sans doute l'album publié en 2002, ré-édité
plusieurs fois depuis et qui portait comme nom « La terre
vue du ciel ». Trois millions d'exemplaires plus tard et en
24 langues s'il vous plaît, le concept a fait son chemin. Le
célèbre photographe, journaliste, reporter, homme d'affaire
et militant écologiste a en effet multiplié les
publications. Pas sûr que la Martinique ait été à l'honneur.
Peu importe, la chose a été faite puisque HC Editions édite
ces jours-ci « Une Martinique vue du ciel », très
précisément les « Trésors cachés et patrimoine naturel de
la Martinique vue du ciel ». Les photos sont prises par
Anne Chopin qui « shoote » son pays d'adoption depuis quinze
ans et les commentaires, excusez du peu, sont de Patrick
Chamoiseau.
Lire la critique de Roland Sabra
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Marcel Gauchet et le miracle démocratique

Peut-être
étudiera-t-on un jour « L'avènement de la démocratie » comme
on étudie aujourd'hui « La République » de Platon. Avec
cette somme, dont les deux premiers tomes paraissent ces
jours-ci, le penseur d'un monde délivré de ses dieux et
déserté par eux entend découvrir l'ADN d'un régime politique
dont nous oublions qu'il fait figure d'exception dans
l'histoire humaine.
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Irène
Théry démontre que le sexe n'est pas l'origine du monde
Le titre de
cet ouvrage annonce d'emblée une option de fond : il est
question ici de distinction de sexe et non de différence
des sexes, autrement dit d'une approche relationnelle de
la distinction masculin/féminin au sein de la vie
sociale et non d'une approche substantielle renvoyant à
deux sous-ensembles de l'humanité, dotés d'attributs
spécifiques. L'erreur, nous avertit Irène Théry, serait
justement de les confondre en considérant que la
différence sexuelle est une évidence première. Rien de
tel que d'aller voir au loin comment d'autres sociétés
s'y prennent pour réexaminer nos façons de penser les
plus assurées. En empruntant un vaste détour
ethnologique, et en mettant ses pas dans ceux de Marcel
Mauss, elle montre ainsi que l'homme et la femme ne sont
pas deux " catégories universelles " à partir
desquelles se serait constituée la diversité des mondes
sociaux. Ce que l'on retrouve d'une société à l'autre,
ce sont des modalités de relations (de sexe opposé, de
même sexe, de sexe indifférent et de sexe combiné), ce
ne sont pas des classes d'individus partageant une même
identité.
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Par Pierre Assouline

Il y a comme ça
des rencontres qu’on s’en veut de n’avoir pas
photographiées. Non seulement des rencontres de personnes
remarquables, mais des rencontres de croisements
d’évènements qui valent d’être fixées en une image. Ainsi
tout à l’heure, en débarquant à l’aéroport JFK de New York,
je poursuivais ma lecture d’un essai passionnant tout en
faisant la queue devant les guichets de l’immigration, un
livre de Jérôme Meizoz intitulé Postures littéraires
et sous-titré Mises en scène modernes de l’auteur
(205 pages, Slatkine, Genève). Une analyse brillante non
seulement de la mise en scène médiatique d’un trait physique
ou d’un geste d’un auteur, mais encore, sans aucune
connotation péjorative, une façon de faire face, de faire
bonne ou mauvaise figure aux avantages et inconvénients de
la position qu’il occupe sur la scène littéraire.
Lire la suite et le dernier entretien accordé à Libération
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"La
connaissance est une ascèse"

Selon
l'anthropologue, formé par Braudel et Lévi-Strauss, les
sciences sociales nous donnent des clés essentielles pour
aborder les crises majeures de notre temps. Son nouveau
livre en est l'illustration
Anthropologue,
est-ce un métier ? Au premier abord, c'est une carte de
visite énigmatique. Elle impressionne. Des intellectuels qui
regardent l'humain sous toutes ses coutures, du sexuel au
sacré, des manières de table aux façons de gouverner, savent
peut-être des choses que les autres ignorent. En outre,
leurs allers-retours dans le temps et l'espace rendent ces
chercheurs singuliers. Aptes à vivre dans des mondes
dissemblables, dormant sur une natte au sol ou à l'hôtel du
colloque, mangeant avec les indigènes, selon les lieux, du
manioc ou des McDo, gardant toujours un oeil sur les
arrière-boutiques où s'élabore le fonctionnement des
sociétés, ces gens-là forment en fin de compte une curieuse
tribu.
Lire la suite
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Le français est une langue créole

par Alain Rey
PROPOS RECUEILLIS PAR
DOMINIQUE MATAILLET ET RENAUD DE ROCHEBRUNE
Père du dictionnaire Le Robert, le célèbre lexicologue part
en lutte contre les puristes. Et se félicite des métissages
de la langue de Molière. Interview.
Lire
l'interview |
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Le centenaire
de Maurice Blanchot
"Faut-il
blanchir Blanchot ?"
et/ou
"Un
abêtissement typique de
l'intellectuel européen"
Lire le débat
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Harry Potter
est-il de gauche ?

Harry Potter et les
Reliques de la mort est
sorti en France cette nuit à
0h01. C’est le septième et
dernier tome de la série de
J.K. Rowling. Les lecteurs
vont enfin savoir qui meurt
et qui ne meurt pas.
Jean-Claude Milner,
linguiste et philosophe, a
lu la saga. Il nous explique
en quoi elle est très
politique.
par Jean-Claude Milner
Magie
contre Maggie
«Ce qu’il faut dire d’abord c’est
que Harry Potter est
profondément politique et qu’il
parle de l’Angleterre d’aujourd’hui.
En le lisant, on a le sentiment que
J.K. Rowling considère, comme
beaucoup d’Anglais cultivés, qu’il y
a eu une vraie révolution
thatchérienne, catastrophique, et
que la seule possibilité désormais
pour la culture est de survivre
comme science occulte. Ce que dit
J.K. Rowling c’est qu’à côté de la
mondialisation il y a autre chose,
la culture n’est pas impuissante. La
vision que J.K. Rowling a de
l’Angleterre est liée au “moment
élisabéthain”, ce moment essentiel
où la Renaissance européenne s’est
manifestée dans le monde anglais.
C’est l’époque où le système anglais
prend sa forme définitive, l’époque,
notamment, où les public schools
et les universités d’Oxford et de
Cambridge échappent à la mainmise de
l’Eglise.
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Le malaise
de la société ne se réduit pas à
la seule question des inégalités
sociales
 Lame
de fond ou nouveau miroir aux
alouettes ? " Les luttes
politiques proprement modernes
qui, pendant plus de deux
siècles, avaient été des luttes
de redistribution sont devenues
prioritairement des luttes de
reconnaissance ", écrit
Alain Caillé, directeur de la
Revue du Mauss (Mouvement
anti-utilitariste dans les
sciences sociales), et
professeur de sociologie à
l'université Paris-X Nanterre.
Certes, les conflits de
répartition ne sont pas encore
caducs. " Mais il devient
chaque jour plus clair,
poursuit M. Caillé, qu'il ne
suffit pas de produire et de
redistribuer des biens et des
services objectifs, matériels,
mesurables, pour espérer
surmonter toute une série
d'autres conflits sociaux qu'on
avait crus longtemps
secondaires, solubles dans la
lutte des classes économiques,
et qui y apparaissent désormais
tout à fait irréductibles. "
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L’écrier, la
nuit
A tous les
Quashie
par Kenjah

Eloge
de la servilité. Là où loge la
servilité. Non pas son bwabwa
pitoyable, l’ancêtre esclave
dérespecté dans son maintien et sa
retenue, mais la résidence
coloniale, au cœur (au corps, an
kò’y menm) de nos élites.
Déloger la servilité. La tracer, la
traquer, la détraquer, tout à trac.
Kri ! Est-ce que la cour dort ? Car
il était temps de la réveiller de ce
cauchemar académique et liturgique
qui creuse nos renoncements, et
notre abandon au pillage plutôt qu’à
la Parole.
Ce qui habite Monchoachi c’est le
cri. Monchoachi n’écrit pas, il
é-crie (yékri) il est cri. Le
cri est souffle, il est mantra, il
est Nom. Kriyé c’est nommer.
Le cri est Création (criation).
Il figure un lieu, possiblement
habitable et partageable, que nul ne
possède en propre (malgré que les
lieux communs soient toujours des
noms propres). Le cri vient de
l’envers des choses, il vibre sa
vérité, et d’un saut nous révèle (i
ka fè nou soté !). Poétique
de l’événement, co-naissance à ce
qui vient dans la fatalité tragique,
ignorant l’inconnu qui déborde de
toute sa grandeur (sa ou pa
konnèt gran pasé’w). L’appel du
yékri redouble le lieu nomade
du guerrier, le géryé-géryé
de Mona, autre initié à la réalité
de l’envers. Monchoachi é-crie la
langue créole dans sa posture grave
et classique, dans sa dénonciation
minutieuse, dans l’approfondissement
de son frottement à la terre et du
marquage des corps, dans son rapport
circonstancié de la possession de
l’île et de la dépossession des
hommes qui réclament la voix-égale…
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La Mort du Colibri Madère
Roman
Claude-Michel PRIVAT
L’Harmattan
par Fernand Tiburce FORTUNE,
écrivain
Le premier contact avec
Claude-Michel Privat eut lieu sur
les hauteurs du Carbet, au lieu-dit
Morne aux bœufs, chez un ami commun
en vacances au Pays, et qui m’avait
déjà présenté l’ouvrage dans son
appartement parisien. Il est
toujours agréable de mettre un
visage sur celui qui a été habité
par l’écriture, de la première idée
à la conclusion d’un livre, de celui
qui a été tourmenté par la première
page qui n’en finit pas d’aboutir,
qui a été désespéré par le stylo qui
n’avance plus, alors qu’il y a tant
à dire, mais comment ? Car ce
jour-là, rien ne va, les mots ne
s’emboîtent pas les uns aux autres
pour faire apparaître le miracle
attendu du lecteur. Il est agréable
de rencontrer celui qui a maintenant
peur de cette œuvre qui ne lui
appartient plus et qui va être
l’objet de toutes les attentions
favorables, comme défavorables,
l’objet de critiques, d’approbation,
d’émerveillement. Ou alors qui
subira une indifférence courtoise ou
agacée.
Le problème de la première œuvre est
celui aussi de l’anonymat. C’est
encore la question du lectorat et
par la suite la fidélisation puis
l’accroissement de ce lectorat qui
aura été agréablement surpris par le
style, par le fond, par la
personnalité aussi de l’auteur.
Dans ce Pays-nôtre, où la culture de
l’écrit a progressé de façon
considérable et où la lecture n’est
plus une découverte, dans ce pays où
les lecteurs ont acquis des goûts
littéraire et ont leurs préférences,
il n’est pas aisé de surgir dans le
paysage des auteurs connus, surtout
dans notre Pays-Martinique qui a
produit des écrivains de renommée
internationale.
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«Cendrillon»,
le carrosse des humiliés
Par Philippe Lançon
A travers trois personnages
dérivés de lui-même et un
autoportrait fantasmé, Eric
Reinhardt, radical et puissant,
décrit les piétinés de la classe
moyenne et prêche l’évasion par
l’instant et la littérature.
La «réalité» est un manque
d’imagination comme un autre,
plus efficace que les autres. Il
est possible de la refaire du
dedans en imaginant les vies
qu’on aurait pu avoir, plutôt
les pires et plutôt goyesques,
ça soulage, si l’on n’était pas
devenu le peu qu’on est. Dans
son quatrième roman, Eric
Reinhardt y parvient. Il invente
une parade puissante à ce que
l’existence semblait promettre à
l’enfant de la petite
bourgeoisie et à l’adolescent
étouffé qu’il fut. Mieux, il en
jouit : son texte est souvent
comique, parfois bavard,
toujours instructif, labouré à
la charrue et composé avec soin.
Cendrillon met en
scène, alternativement, un
écrivain nommé Eric Reinhardt et
trois de ses «avatars
synthético-théoriques» :
des êtres imaginaires fondés sur
les mêmes souvenirs d’enfance et
d’adolescence que les siens, ou
inspirés par eux. En Inde, les
avatars sont les multiples
incarnations des dieux. Les
dieux sont joueurs, ils sont
morts, l’écrivain leur survit et
il continue à se prendre pour
l’un d’eux. Ce n’est ni sans
vanité, ni sans énergie.
L’écrivain rêve avec ces
avatars. Il déploie en eux ses
passions, ses fantaisies et ses
peines. Ce sont des drapeaux
d’un drap un peu lourd qui
flottent au vent du récit.
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Contes de
l'âme antillaise
par Widad Amra
 La
main se pose, tâtant le livre, le
caressant, s’y promenant, comme l’on
fait des objets d’art. Couverture
noire et bleue, hiéroglyphes
satisfaisant les yeux. Le livre
s’appelle Contes de l’âme
antillaise Kontè Kréyol, signé
Jean-Mico et Léonie terrine, aux
éditions Exbrayat. Traduction
créole : Pierre Pinalie.
Le livre s’ouvre, la main tourne les
pages. Le regard plonge dans
l’univers magique de l’esthétique,
happé par l’uniformité de l’ensemble
en un concert de bleus variés. Bleu
indigo, bleu ciel, bleu roi, bleu
marine, bleu nuit, bleu azur, bleu
outre-mer. D’une page à l’autre, le
bleu varie, occupant presque tout
l’espace, offrant son éventail,
servant d’écrin, aux mots, aux
dessins, aux couleurs. Servant de
support à la langue du conte : le
créole. En bordures blanches, le
texte en français. Le livre est
beau. S’en dégage le souffle
étonnant d’une cosmogonie
personnelle. Un lieu surréaliste .
Allant plus loin, la main le frôle,
délicatement, l’apprivoisant, y
revenant, cherchant le code, y
découvrant sur fond marin, sur fond
de ciel, sur fond de vie, le soleil,
la lune, la divinité, et la terre.
Sur la terre, il y a les oiseaux et
les poissons, les fleurs, les bons
et les méchants, les joueurs de
tambour, la main de l’artiste, l’œil
qui observe et tout ce que le
lecteur n’a pas encore saisi. Tout
le visible, tout l’ invisible de
l’univers.
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Dicrimination négative. Citoyens ou
indigènes?
Le spectre des origines
Près de deux ans après les
révoltes urbaines de l'automne
2005, plusieurs livres tentent
d'en analyser la portée. Dans un
jeu de miroirs avec l'expérience
américaine, ces essais
témoignent d'un phénomène de
plus en plus net : la volonté de
prendre en compte la dimension "
ethnique " des problèmes
sociaux, pour mieux lutter
contre toutes les
discriminations.
Le temps a passé, mais la sidération
demeure. Près de deux ans après les
émeutes urbaines de 2005, essayistes
et chercheurs semblent toujours
paralysés par l'événement. La gauche
intellectuelle, en particulier,
apparaît désorientée et divisée. Si
certains de ses représentants se
cramponnent à leur grille de lecture
traditionnelle pour définir cette
révolte comme un soulèvement
populaire, d'autres y voient une
rébellion inséparablement sociale et
" ethnique ".
Là où les premiers continuent de
mettre en avant le rôle décisif du
facteur de classe, les seconds
n'hésitent plus à y mêler les enjeux
de la " race " : " La révolte des
banlieues (...) témoigne à la
fois de la profondeur d'un conflit
racial soigneusement refoulé au
coeur de la société française, et du
développement de massives inégalités
de classe devant l'emploi, la
scolarisation, la sécurité... "
écrivait le philosophe Etienne
Balibar dans un numéro de la revue
Lignes intitulé " Ruptures
sociales, ruptures raciales ".
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Tous les médiévistes ne peuvent
jouir du splendide isolement d'une
discipline austère, à l'abri de la
demande sociale et des débats
mémoriels. Ainsi les spécialistes
des croisades, fréquemment sommés de
se prononcer sur l'historicité de la
confrontation entre l'Orient et
l'Occident. Certains refusent de
répondre : établir un lien
généalogique entre le djihad
médiéval et le terrorisme, ou entre
les croisés d'hier et les
impérialistes d'aujourd'hui, c'est
déjà céder sur l'essentiel, puisque
tous les fanatiques de la
confrontation armée ont en commun le
recours à une histoire jugée
inéluctable.
Auteur de travaux consacrés à la
façon dont l'imaginaire de l'islam
s'est construit au sein de l'Europe
médiévale, John Tolan réplique dans
son nouveau livre, Le Saint chez
le Sultan, à un autre usage de
l'histoire, apparemment mieux
intentionné, mais tout aussi
falsificateur. Celui qui consiste à
chercher dans le Moyen Age des
exemples édifiants de coexistence
pacifique et de tolérance entre
Islam et Occident chrétien.
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Rwanda, la trahison de la vie
Jean Hatzfeld L'ancien
reporter de " Libération "
publie " La Stratégie des
antilopes ", troisième volet de
son exploration de la tragédie
rwandaise. Une peinture de
l'impossible réconciliation des
victimes et des bourreaux
 Selon
l'ONU, le génocide des Tutsis et des
Hutus modérés, au Rwanda, a fait 800
000 victimes. Dans la seule région
de Nyamata, où s'est rendu Jean
Hatzfeld, entre le 11 avril et le 12
mai 1994, environ 50 000 Tutsis ont
été massacrés à la machette par des
milices hutues.
Vous avez déjà donné la parole
aux tueurs et aux rescapés dans Dans
le nu de la vie, récit des marais
rwandais (Seuil, 2000) et Une saison
de machettes (Seuil, 2003). Pourquoi
avez-vous éprouvé le besoin d'écrire
ce troisième livre, La Stratégie des
antilopes ?
Après Une saison de machettes,
j'avais déjà l'idée de revenir au
Rwanda, mais sans bien savoir
pourquoi. Et puis il y a eu, en mai
2003, cette libération des
prisonniers du pénitencier de Rilima,
à la surprise de tous, à commencer
par des rescapés tutsis, des anciens
tueurs rwandais parmi lesquels les
huit que j'avais déjà interrogés.
J'ai décidé d'accompagner leur
sortie.
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Un
essai de Marshall Sahlins
Bandes de sauvages !
Le grand anthropologue américain
montre comment les sociétés
exotiques, découvrant le mousquet ou
le Walkman, ont tiré un profit
inattendu de la civilisation
occidentale
Comme
beaucoup d'Américains de sa
génération, Marshall Sahlins a été
profondément marqué par la
mobilisation des campus contre la
guerre du Vietnam. Alors jeune
professeur à l'Université du
Michigan, il avait imaginé une forme
originale de protestation, le
teach-in . Telle Pénélope
défaisant la nuit ce qu'elle avait
tissé le jour, il s'agissait de
passer au crible de la critique,
dans des cours sauvages organisés de
nuit, les concepts qui faisaient la
substance de l'anthropologie
enseignée le jour. Les
anthropologues ne sont pas
responsables de l'intervention
américaine au Vietnam. Mais les
théories qu'ils ont forgées pour
penser l'altérité des cultures non
européennes ne sont pas étrangères
au complexe de supériorité de
l'Occident à l'égard du reste du
monde. La critique de ces théories
pouvait donc aider à comprendre ce
désastre militaire.
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Dans un livre paru en 1970, le
sociologue américain Laud Humphreys
plongeait au cœur des pratiques
homosexuelles dans les toilettes
publiques. Ce classique paraît enfin
en français, et c'est l'occasion de
revenir sur la vitalité des études "
gaies et lesbiennes ".

Exquis. Le titre original, tout
simplement exquis : Tearoom Trade.
Vous vous attendez sans doute à un
essai sur les salons de thé, les
petits cakes et l'art de la
conversation dans les îles
britanniques. Vraiment ? Vous n'y
êtes guère ! En argot anglais, "
tearoom " désigne les " tasses ",
c'est-à-dire les pissotières.
L'ouvrage s'attache donc aux
pratiques sexuelles entre hommes
dans les toilettes publiques. En
sociologue exact, Laud Humphreys
décrit avec précision ces relations
anonymes qu'il a observées dans les
années 1960 aux Etats-Unis. Comme il
le dit lui-même, il n'a " pas de
préjugé moral ou intellectuel contre
cette activité ", ce qui permet
à l'analyse de se déployer avec
justesse, dans la lignée des
recherches des sociologues Howard
Becker ou Erving Goffman.
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A travers trois personnages
dérivés de lui-même et un
autoportrait fantasmé, Eric
Reinhardt, radical et puissant,
décrit les piétinés de la classe
moyenne et prêche l’évasion par
l’instant et la littérature.
La «réalité» est un manque
d’imagination comme un
autre, plus efficace que les
autres. Il est possible de
la refaire du dedans en
imaginant les vies qu’on
aurait pu avoir, plutôt les
pires et plutôt goyesques,
ça soulage, si l’on n’était
pas devenu le peu qu’on est.
Dans son quatrième roman,
Eric Reinhardt y parvient.
Il invente une parade
puissante à ce que
l’existence semblait
promettre à l’enfant de la
petite bourgeoisie et à
l’adolescent étouffé qu’il
fut. Mieux, il en jouit :
son texte est souvent
comique, parfois bavard,
toujours instructif, labouré
à la charrue et composé avec
soin.
Cendrillon met en
scène, alternativement, un
écrivain nommé Eric Reinhardt et
trois de ses «avatars
synthético-théoriques» :
des êtres imaginaires fondés sur
les mêmes souvenirs d’enfance et
d’adolescence que les siens, ou
inspirés par eux. En Inde, les
avatars sont les multiples
incarnations des dieux. Les
dieux sont joueurs, ils sont
morts, l’écrivain leur survit et
il continue à se prendre pour
l’un d’eux. Ce n’est ni sans
vanité, ni sans énergie.
L’écrivain rêve avec ces
avatars. Il déploie en eux ses
passions, ses fantaisies et ses
peines. Ce sont des drapeaux
d’un drap un peu lourd qui
flottent au vent du récit.
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Plus tard, on dira peut-être que ce
fut un moment historique : le
Goncourt, le Grand Prix du roman de
l'Académie française, le Renaudot,
le Femina, le Goncourt des lycéens,
décernés le même automne à des
écrivains d'outre-France. Simple
hasard d'une rentrée éditoriale
concentrant par exception les
talents venus de la « périphérie »,
simple détour vagabond avant que le
fleuve revienne dans son lit ? Nous
pensons, au contraire : révolution
copernicienne. Copernicienne, parce
qu'elle révèle ce que le milieu
littéraire savait déjà sans
l'admettre : le centre, ce point
depuis lequel était supposée
rayonner une littérature
franco-française, n'est plus le
centre. Le centre jusqu'ici, même si
de moins en moins, avait eu cette
capacité d'absorption qui
contraignait les auteurs venus
d'ailleurs à se dépouiller de leurs
bagages avant de se fondre dans le
creuset de la langue et de son
histoire nationale : le centre, nous
disent les prix d'automne, est
désormais partout, aux quatre coins
du monde. Fin de la francophonie. Et
naissance d'une littérature-monde en
français.
Lire la suite et d'autres articles
sur le sujet
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Sexualité.
Rosemonde Pujol, 89 ans, entend
réhabiliter l’organe du plaisir
féminin.
 Rosemonde
Pujol a 89 ans, un passé de
résistante et de militante de la
cause féminine, une carrière de
journaliste économique à
France Inter et au Figaro,
une douzaine d’ouvrages de
consommation et de santé publiés.
Et, à l’orée de sa
quatre-vingt-dixième année, un
nouveau combat à mener : «la
réhabilitation du clitoris».
L’œil qui brille et le sourire en
coin, elle se délecte de
l’étonnement de ses interlocuteurs
lorsqu’elle évoque son dernier
livre, Un petit bout de bonheur
(1). Avocate du plaisir féminin
«jusqu’à 100 ans au moins»,
Rosemonde Pujol a proposé à
80 femmes de tous âges et milieux
sociaux de papoter ensemble de leur
«petite fleur». Bilan :
des insultes, des «A votre âge,
vous n’avez pas honte !» mais
aussi des confidences qui font le
sel de son ouvrage. Tour d’horizon
en cinq volets d’un auteur et d’un
sujet réjouissants.
Lire la suite |
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Avé l’assent (suite et fin)
Ecrire est un art
de rencontres
par Marius Gottin

Ecrire est un art
de rencontres, tout à fait le genre
d’évidences que rappelait le
philosophe Alain (si ma mémoire
restitue fidèlement ce que j’ai
retenu de mes lectures d’avant mai
68, un petit livre de moins de 200
pages et qui devait s’appeler
« Propos sur le bonheur ») et qui me
permet d’écrire que passer des feux
de la scène à l’abat jour d’une
table d’écriture n’est point chose
aisée. Même si l’on se dit que les
comédiens sont les plus à même de
bien écrire sur le théâtre voire
même des pièces de théâtre, que
les…cuisiniers par exemple. Rien
n’est plus faux. Ecrire relève de la
magie, de l’esbroufe, de la
technique aussi et pour revenir aux
cuisiniers, les meilleurs sont
souvent des artistes et l’Art...
Lire la suite par Marius Gottin
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Marius Gottin, avé l’assent*
Episode
1
par Marius Gottin
 Le Luberon est l’une des quatre
montagnes sacrées de l’arrière pays
d’Avignon ; le Mont Ventoux en est
la plus haute, j’ai oublié le nom
des deux autres mais je sais que le
Luberon étend entre Forcalquier et
Cavaillon ses 100 kms de montagnes
bleues, comme un lézard et que c’est
bien parce que les parisiens
n’arrivaient pas à prononcer
correctement le « e » neutre de
Luberon qu’ils ont à un moment de
leur fréquentation rapprochée de la
région, eu l’idée d’écrire
« Lubéron ».
Le Luberon peut s’enorgueillir de
ses cigales, de son vin rosé, de ses
maisons de pierre, de ses ocres et
de ses poteries qui donnent de
délicates petites choses sur le
marché d’Apt le samedi matin et puis
quelque part vers l’aube de l’été,
entre Gargas, Viens, Saignon,
Bonnieux, le moulin de Goult,
Roussillon pour sa seizième édition,
Les Soirées d’été en Luberon. (*Le titre est de la rédaction)
Lire la suite |
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Le prix Nobel d'économie 1998
est l'un des plus grands
penseurs actuels. Il publie
aujourd'hui deux nouveaux
livres, « Identité et violence »
et « L'Inde. Histoire, culture
et identité », chez Odile Jacob.
L'occasion pour nous d'aborder
ces thèmes brûlants d'actualité
en sa compagnie.
Prix
Nobel d'économie en 1998,
Amartya Sen, 73 ans, est plus
qu'un grand expert
international. C'est un penseur
d'envergure, dont l'œuvre se
situe au carrefour de
l'économie, de la philosophie,
des sciences sociales et de la
théorie politique. Sa démarche
constante est de mettre l'accent
sur les conditions morales,
humaines et sociales des
mécanismes économiques. Il n'a
cessé d'insister sur le fait que
« l'économie est une science
morale » et que le
développement est le point de
départ de la liberté. Son
originalité est aussi d'avoir
toujours en vue les aspects
pratiques de la vie politique :
avoir le droit de voter ne sert
à rien sans l'éducation
nécessaire pour comprendre les
choix proposés et sans les
moyens de transport pour se
rendre au bureau de vote...
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Le Surmoi
poétique
d'Aimé Césaire
par Guillaume
Suréna, psychanalyste
 Aimé
CÉSAIRE est l'homme public le
plus important de l'histoire du
20ème siècle
martiniquais : il réalise à la
fois l'aspiration profonde du
peuple à l'assimilation et
installe en son sein le ferment
contraire, l'anti-assimilationnisme,
le sentiment national
martiniquais. Son influence
dépasse la Martinique; sa
démarche a aussi contribué' à la
prise de conscience nationale en
Guadeloupe et en Guyane.
La cohabitation dans l'esprit
public de ces deux tendances
correspond a une potentialité de
la vie psychique : le clivage.
C'est Sigmund FREUD, l'un des
plus grand novateur scientifique
de tous les temps, avec GALLILEE
et DARWIN, qui, à la fin de sa
vie, en 1938, a théorisé ce fait
clinique passionnant déjà repéré
depuis les débuts de l'aventure
psychanalytique : le Moi, au
lieu de refouler purement et
simplement comme sa faiblesse le
poussait à le faire jusqu'alors
va se cliver pour à la fois
reconnaître la réalité
désagréable et la nier. Un tel
Moi capable de cette double
opération simultanément est un
Moi fort, qu'il faut bien
appeler Surmoi, Uber-Ich...
en allemand.
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Une utile contribution
de Pierre-André Taguieff
pour clarifier le débat
sur la bioéthique,
identifier ses courants,
poser ses limites

En dépit - ou peut-être
à cause - du pouvoir
grandissant des
biologistes sur
l'humain, les
philosophes hésitent
aujourd'hui à user de
leur savoir et de leurs
techniques pour entrer
dans le champ, chaque
jour plus tourmenté, de
la bioéthique. C'est
dire tout l'intérêt que
l'on peut accorder à la
dernière initiative de
l'historien des idées et
politologue Pierre-André
Taguieff, directeur de
recherches au CNRS.
Ceux qui connaissent
tout ou partie de l'oeuvre
foisonnante de l'auteur
(sur le racisme et la
judéophobie, le
populisme, le
conservatisme ou encore
les théories du
complot...) ne seront
pas surpris par le
style, le bouillonnement
intérieur, la guirlande
infinie des références
bibliographiques. Quant
aux autres, ceux qui ne
connaissent pas ces
écrits souvent perçus
comme provocateurs, ils
découvriront bien vite
qu'une petite période
d'acclimatation et
d'apprentissage leur
sera nécessaire avant de
pouvoir prendre la
mesure du propos.
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Médias de
masse, «cultural studies»,
histoire postcoloniale,
politique de l'identité: les
travaux pionniers du
Britannique Stuart Hall
Par
Jean-Baptiste MARONGIU

Né en Jamaïque en 1932, Stuart
Hall est un grand intellectuel
britannique, pratiquement
inconnu en France. Homme aux
multiples origines (africaine,
écossaise, indienne et juive
portugaise), il se vit moins en
métis que comme un hybride, ravi
finalement qu'on puisse le
prendre pour l'«autre», à partir
de points d'attaque si variés.
En effet, pour Hall, c'est en
cultivant ses différences que
l'on peut partager un monde
commun. Lui même est venu en
Grande-Bretagne au début des
années 50, pour chercher dans
les yeux du colonisateur ce que
pouvait bien être un colonisé.
Mais pris dans le vortex
concomitant de la décolonisation
et de l'avènement de la société
de masse, il comprend vite qu'il
faut renouveler les instruments
d'analyse, à commencer par son
propre marxisme.
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|
Réédition de " La Dérobade
", l'effrayant témoignage de
Jeanne Cordelier

Il
y a trente ans, en France, des
femmes se prostituaient.
L'information, troublante, est
le premier enseignement à tirer
de la réédition chez Phébus de
La Dérobade, écrit en
1976 par Jeanne Cordelier,
ex-fille publique. Se prostituer
signifiait alors, selon le
Larousse de 1975, " se livrer
à la débauche contre de l'argent
". L'équivalent du "
Avale, pense aux deux cents sacs
sur le coin de la table ",
attesté par Jeanne Cordelier,
page 132. Rappel choquant d'une
France que Mai 68 vient de
livrer au " Jouir sans
entraves " (quoique) ;
rappel pourtant incontestable.
Mais pourquoi ?
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Olivier Larizza publie :
"16 Contes de Grande-Bretagne"
par Laurent Bayart

Après plusieurs ouvrages littéro-sportifs
consacrés au Tour de France,
quelques romans et un recueil de
contes des Antilles, Olivier
Larizza, jeune écrivain né à
Thionville mais qui a déjà
résidé en Angleterre, aux
Etats-Unis ainsi qu’en
Martinique, revient avec un
nouveau recueil de contes, cette
fois-ci issus de
Grande-Bretagne. Difficile
d’appréhender pareil registre
lorsqu’on sait que pour
nombre de Britanniques, les
contes de leur pays restent un
domaine méconnu. Les
spécialistes font référence aux
contes féériques d’Ecosse ou aux
épopées irlandaises mais le
véridique conte d’Angleterre
demeure denrée rare, d’autant
que le conte traditionnel
anglais, celui qui se transmet
oralement et n’existe que dans
la mémoire collective, le récit
sans forme fixe que l’on raconte
le soir au coin du feu,
demeurait une énigme...
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Widad Amra publie
"Regards d’errance"
Drive poétique
Par Pierre PINALIE

Ce ne sont pas des cris, mais
tout est dit fortement, et la
langue est belle, qui sait
glisser du classique au familier
sans repousser un seul instant
l’intérêt du lecteur. À tel
point que les phrases qui font
allusion à un dieu restent
aimables et séduisantes, sans
choquer et sans repousser ceux
qui n’entrent pas dans les
croyances. D’ailleurs,
l’apparition des « vendredi »
pourrait même enchanter d’autres
croyants venus d’autres lieux.
Et sur l’enchaînement des thèmes
et des allusions, une
dialectique permanente retient
l’attention du militant qui
déplore la colonisation et du
camarade qui aime qu’on le nomme
ainsi.
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Dans un impressionnant
travail de recherche, Emmanuelle
Saada analyse le sort réservé
par la République à cette "
catégorie " qui sapait la
logique même de la colonisation

C'est sans doute à
leurs marges que se
définissent et se fixent
l'identité,
l'appartenance, voire le
droit. Les réactions au
" problème métis "
qu'analyse si finement
l'historienne et
sociologue Emmanuelle
Saada retiennent donc
l'intérêt non pas tant
pour le nombre de métis
à l'échelle des colonies
françaises (chiffres
flous, au demeurant),
mais bien parce que la
catégorie même semait le
trouble dans l'ordre
colonial.
En effet, les métis ont
longtemps brouillé les
repères, sapant la
logique fondatrice et
justificatrice de la
colonisation. Leur
existence même remettait
notamment en question
les binômes
colonisateur-colonisé et
sujet-citoyen.
Qu'est-ce précisément
qu'un " métis " ? ...
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Le
poète Giuseppe Conte
raconte une généreuse
rébellion contre la
traite des esclaves au
temps de la Révolution

Comme un hommage à Conrad et
à Melville, Giuseppe Conte
nous raconte l'histoire
d'une utopie sanglante.
L'action se situe peu après
l'ouverture des états
généraux à Versailles, en
mai 1789, et donc durant ce
qui prépare et suit la
Révolution française. Les
protagonistes de son roman
ne seront pourtant pas les
témoins de cette Révolution,
mais ses contemporains, ses
acteurs en d'autres lieux.
C'est en mer, sur le
Sainte-Anne, que le
mousse Yann Kerguennec,
jeune paysan breton
originaire de Carnac, va
découvrir à la fois le règne
du mal et le combat que
l'esprit libertaire peut
entreprendre contre lui.
Lointainement inspiré du
récit que Daniel Defoe
publia en 1724, sous le nom
de "Captain Johnson", dans
son Histoire générale des
plus fameux pyrates, ce
roman d'un poète hanté par
les voyages et les mythes
imagine une suite à ce rêve
d'une république libre, qui
unirait les races et les
peuples et appliquerait un
code d'égalité, de respect
mutuel des citoyens, de
partage des biens et
d'abolition des privilèges
et des pouvoirs.
Defoe-Johnson avait raconté
la fondation, par Misson, de
Libertalia, une communauté
fouriériste avant la lettre,
à Madagascar, et sa triste
fin. De la même manière, le
lieutenant déchu Floriano di
Santaflora va créer une
"république libre d'Aldebaran",
en tentant vainement de
mettre fin à l'esclavage.
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Plusieurs classiques de
la littérature yiddish
sont aujourd'hui
redécouverts et
traduits. Ils témoignent
de la vivacité d'une
culture juive
européenne, meurtrie par
la Shoah mais jamais
éteinte, dont toute la
splendeur reste à
appréhender.
Contrairement aux idées
reçues, le yiddish est
toujours une langue
vivante, parlée par
trois millions de
personnes. Liée au
destin glorieux et
tragique d'un monde
englouti, son avenir est
devant elle. Plusieurs
classiques de la
littérature yiddish sont
aujourd'hui redécouverts
et traduits. Ils
témoignent de la
vivacité d'une culture
juive européenne,
meurtrie par la Shoah
mais jamais éteinte,
dont toute la splendeur
reste à appréhender.
Contrairement aux idées
reçues, le yiddish est
toujours une langue
vivante, parlée par
trois millions de
personnes. Liée au
destin glorieux et
tragique d'un monde
englouti, son avenir est
devant elle.
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Pour Hédi
Kaddour, l'auteur de "Waltenberg", le roman est une
aventure qui " rend le monde
perceptible ". Un " viatique qui
nous préserve du tragique "
 La journée est une
bouchée. " J'ai ouvert
Montedidio et, à la
première phrase, je sais que
je vais acheter et lire. Ça
n'est pas : " La journée
est belle. " Ni : "
Ce fut une rude journée. "
Cette bouchée, c'est la
bonne désinvolture
romanesque, la mise à
l'écart de toutes les
enveloppes déjà utilisées et
l'invention par le livre
d'une phrase qui
n'appartient qu'à lui. Le
roman se jette sur la
journée, sur " les choses
de la journée ", et la
lecture en devient à son
tour une bouchée. Un homme raconte sa
sortie de l'enfance à
Naples, entre le travail, la
mort de sa mère, le départ
d'un vieux cordonnier bossu,
la naissance du désir, ses
amours et les affrontements
avec le propriétaire de
l'immeuble, entre le vacarme
de la journée et le bruit du
crayon le soir sur le
papier. Il accumule, il
distribue, il en devient une
voix transparente, qui fait
discrètement place à celle
des autres, celle de Maria,
sa compagne, " qui
débarrasse, lave, range,
même si la vie est triste,
au moins il n'y a pas de
saleté, qui est une
humiliation de plus ".
C'est de l'histoire
personnelle, mais passée au
crible d'une composition, ça
ne vend pas son cul, c'est
du roman.
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Etranges métamorphoses
sentimentales d'un homme perdu,
par la romancière libanaise Hoda
Barakat.
Par
Christophe AYAD

Libanaise de Paris et de
l'exil, Hoda Barakat est
divisée à plusieurs
titres. Journaliste à
Radio Orient, elle vit
au rythme d'une
actualité violente,
asphyxiante, tout en
écrivant, à intervalle
régulier, des livres
lents, étranges et
courts. «Je ne note
rien, j'écris tous les
jours dans ma tête, dans
le métro, au travail, à
la cuisine. Et quand je
me sens prête, je couche
tout sur le papier en
quelques semaines,
pendant des vacances.»
Hoda Barakat appartient à
cette génération de Libanais
dont la vie a été cassée en
deux par la guerre civile.
Dans ce gouffre qui a
englouti leurs plus belles
années, ceux qui n'y ont pas
laissé leur âme ou leur
vie n'ont cessé de puiser
leur sève. Hoda Barakat
tisse des histoires
singulières où l'individu
est irrémédiablement seul.
Lire la sui
|
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La voix des
affranchis
L'actualité
de W.E.B. Du Bois

Malaise. Oui, un étrange malaise
s'empare de ceux qui ouvrent Les
Ames du peuple noir. La beauté
langoureuse du livre que voici nous
saisit malgré nous. De chapitre en
chapitre, les negro spirituals, les
partitions mélancoliques raniment la
mémoire endolorie, qui tente de
chanter le désenchantement.
En 1903, W.E.B. Du Bois (1868-1963)
entreprend de briser la conspiration
du silence qui entoure la question
noire aux Etats-Unis. Selon lui,
tout se passe comme si les Noirs
vivaient " derrière le Voile ",
dans un monde invisible. Certes,
l'esclavage a été aboli. Certes, la
liberté a été gagnée. Mais sans
ressources, les affranchis ne
peuvent pas grand-chose. La réforme
agraire n'a pas eu lieu : " 40
acres et une mule ", ce n'était
guère qu'une formule, une promesse
avortée.
Dès lors, indique l'auteur, " une
grande partie de ce qui est enfoui
dans ces pages peut aider un lecteur
patient à saisir dans toute son
étrangeté ce que signifie être noir,
ici, à l'aube du XXe siècle ; car le
problème du XXe siècle est le
problème de la ligne de partage des
couleurs ".
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|
Abolir
l'esclavage
Il
se sera écoulé soixante années entre
la fondation de la Société des amis
des Noirs, en 1788, et l'abolition
définitive de l'esclavage dans les
colonies françaises, par un décret
du 27 avril 1848. Six décennies
marquées par une première abolition,
en 1794, le sanglant rétablissement
de l'esclavage par Bonaparte, en
1802, la perte d'Haïti, et une
interminable lutte, avant la
victoire, aux premières heures de la
IIe République.
Si cette grande cause humanitaire
n'a jamais suscité un engouement
public comparable aux grandes
mobilisations anglo-saxonnes, le
mouvement abolitionniste en France a
eu pour lui d'être successivement
porté par deux figures admirables,
l'abbé Grégoire et Victor Schoelcher,
dont reparaissent, à la faveur des
commémorations officielles, des
écrits sur l'esclavage.
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|
Une présentation médiatique de
l'affaire du chlordécone.
La
une est barrée au quatre cinquième
avec, en gros caractère « CHLORDECONE
TOUS CONTAMINES ! » Mais il y a
un petit encart, au dessus du gros
titre, qui énumère des thèmes, et là
on lit : « Une étude confirme
qu’une forte proportion de la
population est imprégnée par la
molécule du pesticide ». Donc,
en gros : « TOUS », en
petit : « une forte proportion ».
Il ne faut pas faire dans la nuance
pour ameuter les lecteurs ! Où est
la vérité ?
A la page 2, autour de dessins de
Pancho, style « alliens » ou
fantômes d’Halloween, ça continue
avec, en gros : « CHLORDECONE La
contamination plus large qu’on le
craignait » Mais c’est au dessus
d’un texte où on peut lire :
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|
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A propos de
"Chronique d'un empoisonnement
annoncé"
Un
réquisitoire enflammé et un peu
brouillon
par Lucien Degras
L’ouvrage comporte six
chapitres : Chronologie d’un
empoisonement, Le lobby des
latifundistes békés, Une catastrophe
écologique sans précédent, Une grave
menace pour la santé publique,
Responsables et coupables ?,
Propositions… pour sortir de
l’impasse ! Sa bibliographie
s’étend sur dix pages avec une
section Ouvrages : de
Mandela, à Hulot en passant par
Glissant, le cancérologue Belpomme,
le climatologue Denhez et bien des
spécialistes de la pollution ; une
section Documentation et
contributions : nombreux
articles de Boutrin, rapports de
l’Association Martiniquaise pour la
Recherche Epidémiologique en
Carcinologie, de l’INSEE, l’article
de Snegaroft… ; une section
Rapports et textes administratifs,
dont les rapports de Ballan et
Mestres, Joël Beaugendre, Bonan et
Prime, A. Kermarrec, entre autres ;
une section de Références
bibliographiques étrangères et
enfin une section Presse écrite
donnant les titres de nombreux
périodiques. Cet ouvrage s’appuie,
on le voit, sur une large base
documentaire.
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|
|
Lettres sur la Justice sociale à un
ami de l’humanité
Le dernier ouvrage de Michel Herland,
professeur à l’Université des
Antilles-Guyane en Martinique, se
présente comme une suite de onze
lettres. Les dix premières
présentent les principales théories
concurrentes en matière de justice
sociale. Sur la base de cette
analyse comparée, la dernière lettre
présente un certain nombre de
propositions concrètes.
La méthode retenue par M.H. consiste
à focaliser sur les quelques auteurs
qui ont développé explicitement une
théorie de la justice, à faire
ressortir les logiques internes de
chacune et le type de politiques qui
en résulte. Il multiplie les
citations, ce qui offre le double
avantage de nous permettre de
contrôler ses interprétations et de
nous mettre en contact direct avec
des manières d’écrire très diverses,
suivant l’époque et le tempérament
des auteurs considérés. Pour qui n’a
jamais rien lu de l’« inventeur
d’idées » génial que fut Charles
Fourier, par exemple, la découverte
de son style farfelu sera toute une
expérience !
Le choix de la forme épistolaire
permet en outre à M.H. d’instiller
ici ou là dans son texte des
anecdotes, des réflexions
personnelles, sans rapport
obligatoire avec le sujet principal
de la lettre mais qui ont le mérite
de détendre un moment le lecteur au
milieu de raisonnements parfois un
peu ardus.
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|
Par
Edouard Glissant
A l'heure où la France célèbre pour
la deuxième fois, le 10 mai, les "
Mémoires de la traite négrière, de
l'esclavage et de leurs abolitions
", l'écrivain Edouard Glissant,
chargé par le premier ministre,
Dominique de Villepin, d'" une
mission de préfiguration d'un centre
national consacré à la traite, à
l'esclavage et à leurs abolitions ",
publie Mémoire des esclavages, chez
Gallimard. Un ouvrage dans lequel il
présente le projet qui lui a été
confié, et repère les traces de
cette histoire douloureuse. " Le
Monde des livres " en publie un
extrait.
La même douleur de l'arrachement, et
la même totale spoliation.
L'Africain déporté est dépouillé de
ses langues, de ses dieux, de ses
outils, de ses instruments
quotidiens, de son savoir, de sa
mesure du temps, de son imaginaire
des paysages, tout cela s'est
englouti et a été digéré dans le
ventre du bateau négrier et, par
opposition au migrant armé
venu du nord-ouest de l'Europe, et
qui entreprend tout de suite de
forger les instruments de sa
domination (qui sera le capitalisme
industriel puis technologique et
financier), ou ensuite au migrant
domestique ou familial, venu
d'Italie ou de Chine ou de la
péninsule Ibérique, d'Ecosse ou
d'Irlande, les régions pauvres des
îles Britanniques, avec ses poêles
et ses fourneaux, les portraits de
tout son clan, et qui fait commerce
(c'est le capitalisme marchand,
soumis au premier), l'Africain est
le migrant nu, et qui n'a
plus même à nourrir l'espoir d'un
retour au pays natal, sauf dans les
obstinations suicidaires des Ibos.
..
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|
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Claude Lefort
Une pensée à
l'épreuve du siècle
Soixante années dans l'itinéraire
d'un grand penseur du politique et
du totalitarisme, qu'il a défini
comme " le phénomène le plus
important de notre temps ".
En
décembre 1994, alors que les
sondages le favorisaient, Jacques
Delors, ne voyant pas avec quelle
majorité gouverner, refusa de se
porter candidat à l'élection
présidentielle du printemps suivant
et déclara : " Je ne désire pas
le pouvoir. " Claude Lefort
éclaira cette formule dans un
article de journal : " La notion
d'un désir de pouvoir, si
communément attribué à quiconque
aspire à un rôle politique, laisse
ignorer le côté par lequel le
pouvoir - en régime démocratique -
ne saurait consister en un objet de
désir, car il n'est pas quelque
chose de visible, dont on puisse
s'emparer, ou qui soit délimité dans
la société, à l'image du palais de
l'Elysée. "
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Sous le titre " Politique ",
l'ancien militant communiste
et proche du groupe Tel Quel
livre ses mémoires où se
mêlent les figures
politiques et
intellectuelles qui ont
accompagné son parcours et
ses engagements
Né en décembre 1938, Jacques Henric
a vécu sa petite enfance dans la
guerre. A 20 ans l'attendait une
autre guerre, qui ne disait pas son
nom, celle d'Algérie. Il a été
enseignant, et communiste jusqu'au
début des années 1970. Il a été
proche du groupe littéraire Tel
Quel, et, depuis maintenant
trente-cinq ans, participe à
l'aventure d'Art Press, au
côté de Catherine Millet, qui
partage sa vie. Il a publié pour la
première fois en 1969 (Archées,
Seuil, " Tel Quel "). Vingt-deux
livres ont suivi, romans et essais.
Celui qui paraît aujourd'hui,
Politique, n'est ni un roman ni
un essai. C'est un livre de mémoire
éclatée - " je ne raconte pas
toute ma vie ", dit-il -, mais
pas infidèle. C'est un récit alerte,
à la fois grave et drôle, un texte
de combat aussi, ne dédaignant pas
la veine pamphlétaire, marqué par un
grand souci d'honnêteté, " un
désir d'être le plus juste et le
plus vrai possible ".
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Quelle mémoire
de l'esclavage ?
(Table
ronde)
MAXIMIN Daniel, POCRAIN
Stéphane et TAUBIRA Christiane
Pourquoi faire une loi instituant
une commémoration de l’esclavage
reconnu comme crime contre
l’humanité ? En revenant sur
l’origine de ce projet de loi, cette
discussion contradictoire permet de
comprendre les tenants et les
aboutissants des demandes adressées
au législateur.
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Deux
ouvrages collectifs constatent
l'inexorable déclin qui entraîne les
institutions du savoir dans la
misère matérielle et morale
Peu avant l'élection présidentielle,
la rumeur a couru tout Paris. Le
monde intellectuel, disait-on, a
basculé à droite. Jour après jour,
philosophes et écrivains se sont
trouvés convoqués dans les studios,
bombardés de questions, sommés de
cracher le morceau - " mais
dites-le, avouez-le, bon sang, que
vous votez Sarkozy ! " Après deux ou
trois semaines, pourtant,
l'opération s'est révélée décevante
: les " ralliements " effectifs
pouvaient se compter sur les doigts
d'une main.
Cela signifie-t-il qu'il ne s'est
rien passé ? Certes non. Car
l'épisode aura rendu palpable le
mépris quasi général dans lequel est
tenu, désormais, l'intellectuel
français.
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|
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 Au
premier plan, un petit jardin délicieusement british
: pelouse vert salade et balancelle blanche, pas japonais,
fleurs en pots - doux comme un coin du Devon. Et puis, juste
à côté, presque appuyé contre la clôture, le fouillis sonore
et visuel si familier en Inde : symphonie de klaxons, fils
électriques lâchés en vrac le long des immeubles, tas de
briques au bord des trottoirs, constructions éternellement
en cours et, parfois même, suspendus aux avancées des toits,
deux ou trois vilains singes beiges, qui montrent leur
derrière pelé aux passants. Angleterre ? Inde ? A l'entrée
d'un quartier résidentiel (et gardé) de Noida, ville
mitoyenne de New Delhi, la demeure des parents de Vikram
Seth fait partie de ces lieux innombrables où des mondes se
chevauchent.
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la suite |
|
Où l'on apprend
que le " Kâma Sûtra " est avant tout une encyclopédie de
tous les plaisirs

Inutile d'insister sur la notoriété mondiale du Kâma
Sûtra. On trouve, sous ce nom, d'innombrables recueils
recensant les positions pour s'accoupler, des multitudes de
conseils pour faire durer le plaisir et varier les
sensations. L'étiquette Kâma Sûtra se retrouve aussi sur des
parfums, onguents, cosmétiques, lingeries et autres
accessoires dont l'inventaire excède le cadre de cet
article. Mais, justement, ce n'est qu'une étiquette.
Car presque
personne n'a lu, vraiment, l'original sanskrit et ses
commentaires. L'antique traité ne fut traduit en anglais
pour la première fois qu'en 1883, en français en 1885, en
allemand en 1897. On découvre l'originalité de cette
encyclopédie érotique grâce cette nouvelle édition,
remarquablement présentée et annotée par un spécialiste des
textes sanskrits, Wendy Doniger, professeur émérite à
l'université de Chicago, et par le psychanalyste,
anthropologue et romancier Sudhir Kakar.
Lire
la suite
|
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Charles Malamoud
: " Des structures nouvelles ne
cessent de s'ajouter "

Dans la
lignée des savants indianistes
français qui se poursuit depuis
bientôt deux siècles, Charles
Malamoud occupe aujourd'hui une
place éminente et
internationalement reconnue.
Spécialiste de l'Inde des Veda,
la plus ancienne, aux origines
de la religion brahmanique d'où
provient l'hindouisme actuel, il
travaille aux confins de la
philologie, de l'anthropologie
et de la psychanalyse. Directeur
d'études honoraire à la section
des sciences religieuses de
l'Ecole pratique des hautes
études, il a publié une série
d'études indispensables à la
compréhension de la culture
indienne traditionnelle,
notamment Cuire le monde.
Rite et pensée dans l'Inde
ancienne (La Découverte,
1989), Le Jumeau solaire
(Seuil, 2002), Féminité de la
parole (Albin Michel, 2005),
La Danse des pierres
(Seuil, 2005).
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Surprenante
pour un Occidental, la question
des langues est déterminante
pour les écrivains indiens
Au tout début, ça ne se parle guère.
Ils sont là gênés, un peu raides,
guindés dans leurs habits de
circonstance : les deux mères, l'une
en face de l'autre, qui sourient
pour se donner une contenance, et
plus loin, au bout de la table, les
pères, en costumes gris. Entre les
deux, embarrassés ou peut-être
vaguement ennuyés, les deux jeunes
promis, qui se regardent sans se
regarder, s'épiant du coin de l'oeil.
Au restaurant Embassy, sur Connaught
Place (le cœur de la circulation
furieuse qui secoue New Delhi), les
messieurs en chemise blanche,
entrepreneurs ou commerçants, ne
sont pas les seuls à faire des
affaires. On peut y observer, comme
ce jour-là, d'autres négociations -
largement aussi serrées : une
première confrontation en vue d'un
mariage arrangé, chose très courante
en Inde.
Lire la
suite |
|
Diversité
linguistique et vitalités
littéraires
Si
l'anglais reste le principal
facteur d'unité linguistique
dans l'Union indienne, les
littératures des nombreuses
langues vernaculaires font
montre d'un remarquable
dynamisme

On décrit
souvent l'extraordinaire
diversité indienne à partir de
son aptitude - relative - à
faire cohabiter un nombre record
de religions sur son sol. Mais
l'Inde est aussi plurielle au
plan linguistique. Certes, les
grammairiens ont identifié
depuis le XVIIIe siècle deux
familles de langue seulement,
l'indo-européenne au Nord et la
dravidienne au Sud - auxquelles
s'ajoutent quelques locuteurs de
langues austro-asiatiques et
sino-tibétaines confinés dans
les zones tribales. Mais cette
simplification est trompeuse. Au
sein de la famille dravidienne,
on distingue en effet au moins
quatre grandes langues
régionales : le tamoul au Tamil
Nadu (62 millions d'habitants
d'après le recensement de 2001),
le malayalam au Kerala (32
millions), le télougou en Andhra
Pradesh (76 millions) et le
kannada au Karnataka (53
millions).
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RENCONTRE L'auteur de " Nirvâna
mode d'emploi " se joue des
caricatures et des images toutes
faites sur son pays dans un
anti-roman initiatique subversif et
réjouissant.

C'est le
livre le plus dérangeant de tous ceux que l'Inde a
livrés ce printemps - et certainement l'un des
meilleurs. Roman comique ou profondément désespéré,
selon les interprétations, Nirvâna, mode d'emploi
vient en tout cas mettre cul par-dessus tête une bonne
partie des clichés associés à ce pays, à son histoire, à
son folklore, à ses exotismes et, pour tout dire, à
cette tentation de la " couleur locale " dont tant de
romanciers indiens tentent de se défaire comme d'un
poison. En examinant d'un ton désinvolte la dégringolade
morale d'un très jeune homme, Upamanyu Chatterjee monte
avec beaucoup de subtilité un roman initiatique à
l'envers. Et bouscule sans précautions quelques-uns des
codes et des hiérarchies les plus profondément enracinés
de son pays.
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Pour le romancier établi de
longue date à New York, la
littérature indienne
contemporaine séduit parce
qu'elle " n'a pas peur des
émotions "

Amitav Ghosh écrit tous les jours,
neuf mois durant, dans son studio de
Brooklyn. Mais, précise-t-il à la
première occasion, il ne se définit
pas comme un écrivain de la "
diaspora ". Né à Calcutta en 1956,
dans une famille de la moyenne
bourgeoisie, Ghosh est de huit ans
le cadet de Salman Rushdie, et il se
sent pourtant d'une tout autre
génération. Nul besoin, pour lui, de
se frayer un chemin, de figurer en
éclaireur d'une pléiade exotique et
balbutiante. Sa génération est l'une
des plus prolixes et des plus
célébrées de la littérature mondiale
contemporaine. Ghosh en a le cœur
net. L'Inde sera le théâtre de la
comédie humaine du XXIe siècle, le
creuset littéraire de
l'après-postmodernisme.
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A la fin des années 1980, révolté
par les tensions religieuses, un
poète indien voulut rendre justice
aux plus démunis. Issu de la
communauté dalit, Prakash Jadhav
faisait entendre les paroles des
sans-abri qui survivent à même les
trottoirs de Bombay. Dans Under
Dadar Bridge, il écrivait ceci :
" Hey, m'man, dis-moi ma
religion. Qui suis-je ?/Que suis-je
?/Tu n'es ni hindou ni musulman ! Tu
es une étincelle abandonnée/des feux
lascifs du monde/La religion ? Voilà
où je me mets la religion !/Les
putes n'ont qu'une religion, mon
fils/Si tu veux un trou à baiser,
garde/Ta queue dans ta poche ! "
Quelques années
plus tard, Homi Bhabha, professeur
de littérature à l'université
Harvard, lui-même né à Bombay en
1949, choisissait de commenter ces
vers en ouverture d'un essai promis
à un retentissement international :
" Soudain, un pont de Bombay
devient un lieu d'où un poème
marathi est traduit en anglais par
un poète qui parle à la fois la
langue ornée d'un dialecte
dévotionnel (une étincelle
abandonnée des feux lascifs du
monde) et l'argot local rappelant
les poètes des Black Panthers qui
ont une influence sur la poésie
dalit. (...) Le langage du
poème saisit quelque chose de
l'étincelle du cosmopolitisme
vernaculaire que j'ai cherché à
explorer ", notait-il dans
The Location of Culture, paru en
1994.
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Libre " : voilà le mot
qu'Abha Dawesar pourrait afficher non seulement au fronton de ses
livres, mais à celui de sa vie. Née en 1974, cette jeune Indienne
originaire de New Delhi ne tient pas spécialement à enfreindre les
règles, pas plus qu'elle ne se cantonne dans une posture agressive.
Simplement, elle a décidé une bonne fois pour toutes que son
comportement et son écriture ne seraient pas dictés par les
interdits et les cloisonnements de la société dont elle est issue.
Telle est aussi Anamika, surnommée Babyji, la jeune héroïne de son
livre. A travers l'initiation sexuelle (et surtout homosexuelle) de
cette adolescente intrépide, Abha Dawesar décrit à la fois son pays
et les changements qui le travaillent, derrière son apparent
immobilisme. |
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Aux marges de la citoyenneté
Plus d'un an après les émeutes qui ont enflammé
certaines banlieues françaises, les retombées
politiques de cette secousse sont encore
incertaines. Si quelques esprits militants veulent
croire qu'un tel embrasement annonce une prise de
conscience collective, voire un authentique
mouvement social, d'autres observateurs se montrent
beaucoup plus circonspects quant au prolongement
possible de cette " révolte protopolitique ",
selon la formule utilisée ici par Gérard Mauger.
De ce
point de vue, la prochaine élection présidentielle
aura valeur de test. Pourra-t-on établir un lien,
même fragile et indirect, entre le vaste soulèvement
de 2005, d'un côté, et une éventuelle mobilisation
électorale au sein des quartiers dits " sensibles ",
de l'autre ? Ou bien ces zones péri-urbaines
vont-elles continuer à s'enfoncer dans la spirale à
la fois ségrégative et dépolitisante qui n'en finit
plus de les marginaliser ?
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Roman époustouflant, inclassable et iconoclaste
Vénus et Adam
de Alain Foix
Alain Foix, guadeloupéen, est écrivain, docteur en
philosophie, directeur artistique, documentariste et
consultant. Journaliste et critique de spectacles, il
est également auteur d’un grand nombre d’articles et de
courts essais, notamment sur l’art et le spectacle, il
publie aujourd'hui Vénus et Adam aux Editions
Galaade, un roman à l'ancienne qui se révèle être
un pur plaisir...
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Quelle mémoire de l'esclavage ?
MAXIMIN Daniel, POCRAIN Stéphane
et TAUBIRA Christiane

Pourquoi faire une loi instituant une commémoration de
l’esclavage reconnu comme crime contre l’humanité ? En
revenant sur l’origine de ce projet de loi, cette
discussion contradictoire permet de comprendre les
tenants et les aboutissants des demandes adressées au
législateur.
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|

par
Selim Lander

Le numéro de la revue Esprit de février 2007
consacre un dossier aux Antillais de France et
d’outre-mer. Le titre : « Antilles : la République
ignorée » est trompeur. On pourrait croire en effet que
le dossier apporte des informations sur la manière dont
le droit de la République est trop souvent bafoué aux
Antilles, sur le paternalisme gouvernemental, sur les
consignes passées aux préfets pour qu’ils ferment les
yeux sur les pratiques des édiles locaux, sans parler de
ce privilège hérité de l’époque coloniale qui fait que
tous les fonctionnaires en poste dans les « DOM-TOM »,
donc en particulier aux Antilles, sont rémunérés
davantage, pour un même travail, que leurs homologues
métropolitains. Il n’en est rien. La plupart des
contributions insistent plutôt sur les discriminations
« négatives » dont les Antillais sont les victimes, à
l’origine des revendications mémorielles qui se sont
faites jour récemment et auxquelles a voulu rendre
justice la loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira,
qualifiant l’esclavage et la traite négrière comme des
crimes contre l’humanité.
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Depuis
des décennies, l'œuvre romanesque et poétique de ce
« passeur d'écumes » s'accompagne d'une réflexion
complexe, sur l'identité créole, miroir de
compréhension de notre monde.
Edouard Glissant est né en 1928 à Sainte-Marie, en
Martinique. Il entreprend des études de philosophie
à la Sorbonne en 1946 et vivra à Paris jusqu'en
1965. Docteur ès lettres, il fonde l'Institut
martiniquais d'études et une école selon un système
alternatif d'éducation. Son premier recueil de
poèmes, Un champ d'îles, paraît en 1953. Il publie
dès lors régulièrement des pièces de théâtre, des
poésies, des essais et des romans. La Lézarde (1958)
lui vaut le Prix Renaudot. Il collabore à de
nombreuses revues, Présence africaine, Critique, Les
Lettres nouvelles. En 1971, il fonde la revue Acoma.
De 1982 à 1988, il dirige le Courrier de l'Unesco.
Il vit à New York où il tient une chaire de
littérature.
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Être à sa
place
par Pierre Pinalie

Membre
de la petite communauté belge de
Martinique, Marielle Cuvelier se
sert du personnage central de
son petit roman pour nous
exposer sa vision de la vie, à
travers une série de scènes
tragi-comiques et émouvantes.
Dans une langue non dépourvue de
nerfs et de muscles, elle place
la vie dans une vision
littéraire, ce qui peut nous
indiquer qu’elle pense
parallèlement à sa propre
existence. Rien que le nom de
son héroïne, Luna, nous entraîne
vers un au-delà céleste, même si
les anecdotes décrites plongent
dans un quotidien réaliste où
les disputes et le feu voisinent
avec des poupées dans une
chambre et des orangers dans un
jardin.
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"Chronique d'un
empoisonnement annoncé"
de Louis Boutrin
et Raphaël Confiant
aux Editions
L'Harmattan
 Après
les scandales de l’amiante, du sang
contaminé, de la vache folle et
d’Outreau, voici qu’une nouvelle
fois, de graves dysfonctionnements
de l’administration française
mettent en péril la vie d’un million
de nos concitoyens, ceux de la
Martinique et de la Guadeloupe,
« départements d’Outre-Mer » que
l’on à trop souvent tendance à
percevoir à travers le filtre
réducteur du soleil, de la mer bleue
et des belles doudous. En effet, on
pourrait résumer ce nouveau scandale
en parodiant un célèbre slogan :
« Sous la plage, le Chlordécone ».
Ce nom barbare cache un puissant
pesticide utilisé pendant trente ans
dans les plantations de banane des
Antilles françaises, cela au mépris
de la législation puisqu’il était
interdit dans l’Hexagone. De manière
clandestine__et cela avec la
complicité active ou passive des
différentes administrations
déconcentrées de l’Etat et des
grands planteurs Békés (ou Blancs
créoles)__les sols, les cours d’eau,
les sources et les nappes
phréatiques de la Martinique et de
la Guadeloupe ont été polluées par
l’utilisation à doses massives
(parmi d’autres pesticides tout
aussi dangereux) du Chlordécone. En
bref, on a sciemment
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"Tête
haute"
 Née
à l'île de la Réunion d'un père indien et musulman et d'une mère
créole d'origine bretonne et catholique, Memona
Hintermann, grand reporter sur France 3, doit à l'école
républicaine son ascension sociale. Elle fait le récit
du combat qu'elle a mené pour réussir.À l’occasion de la
sortie en librairie de Tête haute (Jean-Claude Lattès,
280 pages, 17 euros) qui retrace son parcours
professionnel et personnel, nous avons rencontré Memona
Hintermann. Journaliste singulière, femme spontanée,
elle a accepté de s’exprimer sur des sujets de société
comme l’école, l’intégration, la discrimination positive
et de revenir sur son métier de journaliste.
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suite |
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Avant de
devenir le très fameux créateur
du capitaine Alatriste,
romancier à succès et membre de
l'Académie royale espagnole,
Arturo Pérez-Reverte était
reporter de guerre. Pour le
journal Pueblo, puis pour
la Télévision publique
espagnole, cet homme qui
ressemble encore à un soldat
(démarche, poignée de main et
même coupe de cheveux) a couvert
les conflits les plus sanglants.
De passage à Paris juste avant
la parution de son dernier
roman, l'écrivain-navigateur (il
passe une partie de sa vie en
Méditerranée, sa " vraie
patrie ", à bord d'un bateau
où il a emmagasiné plus de 300
livres), né à Carthagène en
1951, évoque la manière dont
l'horreur a transformé son
regard sur le monde.
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par Rafael
Lucas*
 "La boulimie de reconnaissance
littéraire a transformé les majors
créoles en apprentis sorciers, ou en
apprentis quimboiseurs. Et c’est
dommage. On peut regretter que les
réels talents littéraires des
écrivains créolistes aient été
pervertis par les liaisons
dangereuses avec l’idéologie."
Le mouvement de la
Créolité, popularisé en France
métropolitaine par un manifeste de
trois auteurs martiniquais publié en
1989 (Éloge de la Créolité)
(1) et par un large
succès éditorial, prétend redéfinir
l’identité créole et codifier une
nouvelle démarche littéraire. Or,
qu’il s’agisse du contenu du
manifeste ou de la stratégie
pratiquée, il est facile d’observer
chez les défenseurs de ce courant un
ensemble confus de contradictions et
de simplifications, qui est dû à au
moins trois facteurs : l’obsession
de la reconnaissance littéraire de
la métropole française dont ils
dénoncent la politique
d’assimilation coloniale, l’attitude
totalitaire parfaitement visible
derrière le discours culturel, et
une manipulation hâtive du concept
de métissage, phénomène dont les
Antilles représenteraient le modèle
idéal… Notre propos ici n’est pas de
mettre en question l’énorme travail
de création et de novation de ce
mouvement, mais de montrer comment
la créativité des écrivains et
l’élaboration de leurs œuvres ont
été perverties par les diktats
idéologiques et par un certain
galimatias, ou « manger-cochon »,
théorique.
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par Yvonne Knibiehler
 Le féminisme, c'est l'autre
face trop longtemps cachée de
l'humanisme, doctrine qui prône
l'épanouissement de la personne humaine.
Car il se trouve que la personne humaine
est sexuée, et que ce qui permet
l'épanouissement d'un sujet de genre
masculin ne suffit pas toujours à celui
d'un sujet de genre féminin. En outre,
on constate que la domination masculine,
pour des raisons anthropologiques, ne
cesse à travers toute l'histoire d'être
présente. Elle se déplace chaque fois
qu'il le faut, mais elle ne s'efface
jamais. Dès l'instant où une femme peut
accéder à une candidature politique de
très haut niveau, cela ne signifie-t-il
pas que le pouvoir est ailleurs, et que
la domination masculine s'est réfugiée
essentiellement dans le domaine
économique ? Ne nous faisons pas
d'illusions : le féminisme n'a pas
supprimé, ni même beaucoup atténué la
domination masculine. Il l'a seulement
forcée à changer de place.
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 Un précieux recueil d'articles de
l'anthropologue américain Marshall
Sahlins, spécialiste des sociétés
polynésiennes et de l'articulation
entre histoire et systèmes
symboliques. Grand spécialiste des
sociétés polynésiennes, auteur
d'une oeuvre majeure,
intellectuel engagé contre la
guerre du Vietnam hier et la
guerre en Irak aujourd'hui,
Marshall Sahlins, professeur
honoraire à l'université de
Chicago, est sans doute le plus
célèbre des anthropologues
américains vivants. Nombre de
ses ouvrages ont été traduits
ici et lui-même, depuis son
séjour à Paris à la fin des
années 1960, a poursuivi un
dialogue intellectuel avec
Claude Lévi-Strauss et d'autres
auteurs français, tels les
historiens de la Grèce ancienne
Pierre Vidal-Naquet et
Jean-Pierre Vernant. De ces
échanges et débats
transatlantiques témoigne ce
nouveau livre, un recueil
d'articles qui donne un
excellent panorama de ses thèmes
de prédilection et situe son
travail dans un parcours
biographique.
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Voici
un grand et bel album, pour
lequel il fallait bien deux
tomes, une de ces BD dont les
traits et les couleurs, les
dialogues et les situations,
qu'elles soient cocasses ou
dramatiques, perdurent dans la
mémoire et le cœur. Le
Peuple des endormis est l'œuvre
d'un duo, le romancier Frédéric
Richaud et le
scénariste-dessinateur Didier
Tronchet.
Le premier, enseignant en
collège, a déjà signé deux
romans chez Grasset, dont
Monsieur le jardinier, deux
biographies sur Luc Dietrich et
René Daumal, un album sur Boris
Vian et une BD en trois volets
avec Pierre Makyo, Le Maître
de peinture (Glénat). Le
second fut d'abord journaliste à
l'édition lilloise du Matin
de Paris avant de se lancer
dans la BD. Il a conçu depuis
une trentaine d'albums loufoques
et truculents, comme Raymond
Calbuth ou Jean-Claude
Tergal, et dessiné des BD
plus romanesques pour l'écrivain
Anne Sibran, comme Là-bas
(Dupuis) ou Le Quartier
évanoui (éd. Vents d'ouest).
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« À mes
chers parents gaulois... »
La France vue du Sénégal... par un
Sénégalais : Fadel Dia
 [...] parallèlement à la domination
militaire, politique et économique que la France
coloniale a exercé et exerce sur l’Afrique noire, s’est
mis en place un ordre symbolique qui répercute la
division sociale du travail sur le terrain linguistique,
en instituant les Français Blancs dans le rôle de sujet
ou d’agent d’énonciation, tandis que les Africains Noirs
sont relégués soit au rang d’objet, soit à celui de
destinataire des discours [1]. C’est cette scénographie
parfaitement rôdée et intégrée que vient renverser, avec
une verve et une intelligence remarquable, le dernier
livre de Fadel Dia, « À mes chers parents Gaulois... »,
qu’on pourrait sous-titrer : « Quand un Sénégalais dit à
la France ses quatre vérités »... ...si du moins il n’y
avait pas, dans les 330 pages limpides de ce livre,
bien plus que quatre vérités !
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Par Thierry Bayle
[...] Aimé Césaire n'est pas à la fête. En
guise de biographie, le romancier Raphaël Confiant
dresse un réquisitoire à l'encontre de celui qui, comme
l'écrit Jean Bernabé dans la postface, fut la proue et
le flambeau des jeunes auteurs créoles. Au lieu d'une
hagiographie, "Aimé Césaire, Une traversée paradoxale du
siècle" propose un portrait au vitriol du "père
tutélaire" de la jeune génération, selon le mot de
Patrick Chamoiseau. De quoi s'est rendu coupable le
grand poète martiniquais ? D'avoir dénoncé l'oppression
du tiers monde par l'Occident dans son cabinet de poète,
par la voix du "Discours sur le colonialisme" (1950),
tout en siégeant quarante-sept années au Palais Bourbon
où il a prôné la loi d'assimilation (ou de
départementalisation) pour les Antilles-Guyane et la
Réunion, votée en 1946. "Les Antilles françaises
d'aujourd'hui souffrent d'un péché originel : celui de
l'assimilation... Césaire n'a conçu qu'un avenir de
province française pour les Antillles", dénonce
Confiant.
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Melting pot blues
Depuis Le Diable en robe bleue, son premier roman paru
en 1990, Walter Mosley poursuit la chronique du quartier
noir de son enfance à Los Angeles. Il avait 13
ans en 1965 lorsqu'y éclatèrent les émeutes
de Watts. Ce qui le marqua le plus, ce n'est pas d'avoir
été témoin des violences. C'est la
réaction de son père, douloureusement partagé
entre l'envie de prendre part physiquement à la
révolte et le désir de rester dans la légalité.
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érotisme et engagement
par Manuel NORVAT
Quels
rapports se tissent dans la littérature caribéenne entre
écriture militante et écriture érotique ? Autrement dit,
quelles relations s’établissent dans cet espace de création
entre désir et engagement ? Lorsque Suzanne Césaire parle de
« littérature de pâmoison » dans Tropiques
contre les productions littéraires doudouistes à la Daniel
Thaly (« Je suis né dans une île amoureuse du vent où
l’air à des odeurs de sucre et de vanille…) nous sommes
hélas en présence d’un certain manichéisme faisant fit que
la dite « littérature de pâmoison » a participé à sa
manière à un inventaire du réel, en l’occurrence antillais.
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Eux
", ce sont les jeunes des banlieues, catégorie
assez floue dès qu'on cherche à la cerner, mais qui
parle au sens commun : " eux ", en tout cas,
ce n'est pas " nous ". Joël Roman, membre
du comité de rédaction de la revue Esprit, se
risque dans un petit livre vif, courageux et intelligent,
sur un terrain où il n'y a que de mauvais coups à prendre,
tant la gauche comme la droite ont délégitimé une position
aujourd'hui carbonisée en " droits-de-l'hommisme
", selon le mot de Nicolas Sarkozy.
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L'œuvre
fondatrice du psychiatre et
psychanalyste Robert Stoller,
théoricien de l'humaine
perversion
Né
à New York en 1925, Robert Stoller,
psychiatre et psychanalyste, créa
sur la Côte ouest, en 1954, la
Gender Identity Research Clinic,
véritable laboratoire de recherche
sur la sexualité humaine. C'est là
qu'il conceptualisa pour la première
fois la notion de gender
(genre) pour désigner le sentiment
de l'identité sexuelle, par
opposition au sexe, qui définit
l'organisation anatomique de la
différence entre le masculin et le
féminin. De là naîtront les études
contemporaines sur le genre (gender
studies).
|
La culture est en crise. On le
savait. Le modèle français est à
bout de souffle. On est tous
d'accord. Françoise Benhamou ne
dit pas autre chose, mais elle
fait mieux : l'économiste
explique au lecteur, initié ou
non, pourquoi ça ne va pas.
Comment se fait-il que l'Etat,
malgré l'" abondance de
l'argent public ", parvienne
de moins en moins à honorer ses
missions ? Pourquoi la
multiplication de l'offre
(spectacles, livres...) ne se
traduit-elle pas par une
augmentation du public ?
Autrement dit, comment la
démocratisation culturelle
a-t-elle échoué, et se retrouve
aujourd'hui, dans certains
secteurs, " laissée au marché
" ? La chercheuse a
participé aux travaux de Bernard
Latarjet, ancien président de
l'Etablissement public de La
Villette, sur l'avenir du
spectacle vivant ; elle a
beaucoup voyagé et s'est
associée à la réflexion sur la
diversité culturelle.
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Un poète politique : Aimé Césaire
. Le Magazine
littéraire n° 34 Novembre 1969
1969.
Il est député de la Martinique
depuis la Libération, il a été
avec Senghor, reconnu comme le
plus grand poète noir d'expression
française. Comment s'accordent,
en lui, la négritude, la poésie
et la politique ?Q
- Quels ont été vos sentiments,
quelle a été votre impression
quand vous avez quitté la Martinique
pour venir terminer, en tant que
boursier, vos études à Paris ?
R-Je n'ai pas du tout quitté la
Martinique avec regret, j'étais
très content de partir. Incontestablement,
c'était une joie de secouer la
poussière de mes sandales sur
cette île où j'avais l'impression
d'étouffer. Je ne me plaisais
pas dans cette société étroite,
mesquine ; et, aller en France,
c'était pour moi un acte de libération.
|
|
Entretien avec Aimé Césaire, Le
Monde n° 7071, samedi 7 octobre 1967
. Pour
l’ouverture de sa saison 1967-1968,
le Théâtre de l’Est parisien
accueille, en l’absence de la
Guilde, en tournée aux États-Unis,
la compagnie Serreau-Périnetti, qui
crée la dernière œuvre du poète
antillais Aimé Césaire, Une saison
au Congo. Consacrée au destin
tragique de Patrice Lumumba, cette
pièce, qui était parue l’an
dernier aux éditions du Seuil, a été
considérablement remaniée par l’auteur.On
retrouvera dans cette nouvelle mise
en scène de Jean-Marie Serreau quelques
uns des comédiens de La tragédie
du roi Christophe, donnée par
un nombre limité de représentations
à l’Odéon en 1965. Douta Seck
sera le peuple, représenté par un
joueur de sanza ; Yvan Labejof,
Mobutu ; Lydia Ewandé, Pauline
Lumumba ; Jean-Marie Serreau,
Dag Hammarskjœld ; Bachir
Touré, Lumumba |
|
Entretien
avec Aimé Césaire,
Afrique (Paris, 1961), numéro 5,
octobre 1961
Un
noir prix Nobel ? Le journal
suédois « Stockholmstridshingen »
proposait voici quel-ques jours
la candidature, M. Aimé Césaire,
poète et député de la Martinique.
L’anecdote serait de peu d'importance
si elle ne révélait l'extraordinaire
essor pris ces dernières années
par la littérature noire d'expression
française. Aimé
Césaire est, avec Léopold Sédar
Senghor, le représentant le plus
illustre de cette littérature et
son œuvre, pour difficile qu'elle
soit parfois, est déjà largement
diffusée dans le grand public. Mais
qui est-il / |
|

La collection " Quarto "
publie les textes que l'écrivain
danois consacra à ses années africaines
J'ai possédé
une ferme en Afrique, au pied
du Ngong. " Cette phrase,
la première du livre le plus célèbre
de Karen Blixen, La Ferme africaine,
fait partie de ces premières phrases
immortelles à quoi se résume bien
souvent la connaissance que l'on
a d'un écrivain. Elle incarne
le malentendu qui a réduit l'un
des plus grands écrivains du XXe
siècle à un personnage hollywoodien,
celui de la baronne excentrique,
pleurant - sans larmes et avec
vaillance - ses plantations de
café perdues, ses serviteurs fidèles
et son amour défunt, le chasseur
de fauves et grand aviateur Denys
Finch Hatton. Meryl Streep a supplanté
Isak Dinesen, le nom de plume
de l'écrivain danois.
|
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«La Matrice de la race»,Généalogie
sexuelle et coloniale de la nation
française
par Elsa Dorlin, Une
jeune philosophe montre comment
l’idée de citoyenneté s’est
construite en même temps sur l’exclusion
des femmes et l’exploitation
coloniale. Passionnant.
Il est tout à
fait remarquable que l’on
remette aujourd’hui au premier
plan, sans doute grâce à l’impact
récent de ce qu’on appelle
d’un terme un peu fourre-tout
les études postcoloniales, un
aspect capital de l’œuvre
de Michel Foucault : lorsqu’il
élabore sa théorie du pouvoir
dans « la Volonté de savoir »
(1976), premier volume de son
« Histoire de la sexualité »,
et dans les cours qu’il
donne à cette époque au Collège
de France, son regard se porte
en effet sur la « gestion des
populations », ce qui renvoie
non seulement à la question du
sexe (et notamment de la famille)
mais aussi à celle de la race.
Les discours qu’il étudie
sur la sexualité, le genre et
la race sont étroitement imbriqués
et relèvent de dispositifs de
pouvoir que l’on se doit
d’appréhender ensemble.
|
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Rhétoriques
de la race . En 1991,
dans l'" avertissement "
d'un ouvrage intitulé Face
au racisme (La Découverte),
Pierre-André Taguieff soulignait
l'incapacité d'une certaine gauche
progressiste à penser la renaissance
des stéréotypes xénophobes et
antisémites. Pour le politologue,
cet aveuglement conceptuel expliquait
le désarroi des belles âmes humanistes
face à la percée lepéniste : "
C'est précisément l'inquiétante
ascension du Front national qui
a permis de prendre conscience
des illusions et des limites de
l'action antiraciste telle qu'on
l'a conduite. (...) La lutte
contre le racisme ou la xénophobie,
si elle veut se ressourcer, ne
peut plus se tenir à distance
des travaux et recherches des
sciences sociales. (...) C'est
un avis aux antiracistes de l'avenir
: il faudra bien qu'un jour l'intendance
suive... ", prévenait-il.
|
Archives littératures
| 
ENTRETIEN
AVEC WOLE SOYINKA
Berlin, juin 2oo6. L'ambiance
est électrique dans les rues de
la capitale allemande. Les terrasses
des cafés sont emplies de gaillards
en shorts qui boivent des bières
en vociférant devant les écrans
où des footballeurs noirs et blancs
s'affrontent. Assis seul à une
table en retrait, un vieil Africain
au port altier de roi yoruba et
à la diction very british dénote.
Wole Soyinka médite. Il a l'air
de débarquer d'une autre planète.
Comme il le dit lui-même: « le
vis un tiers du temps aux États-Unis
et en Europe, un tiers au Nigeria
et un tiers dans les airs. L'endroit
que j'appelle la maison, c'est
Abeokuta, au Nigeria. Ma ville
natale. » Le Nobel de littérature
1986 (premier Africain à obtenir
cette distinction) est venu pour
recevoir un prix décerné par la
jeunesse berlinoise et se fiche
pas mal de la Coupe du monde où
pourtant les joueurs africains
font figure de stars. « Pour moi,
dit-il, le fait que l'Afrique
soit connue dans le monde grâce
au football me rend aussi triste
que de la savoir célèbre à cause
des guerres civiles. Je veux que
l'Afrique soit vue dans toute
sa complexité, les difficultés
économiques,
|
|
"La
Mort du Colibri Madère"
de Claude-Michel Privat . Chronique
d’une mort annoncée par
Pierre Pinalie . C’est
au Carbet que commence ce roman
au cours de l’enfance de
l’auteur, quand il n’y
avait pas de lycée sur la côte
caraïbe, et quand les fêtes locales
se déroulaient autour du « chouval
bois » et parmi les « joupas »
installés sur la place. Colibri
va être le héros central du livre
présent partout, même dans les
voyages en France, habitué qu’il
était à accompagner les Antillais,
quand ils arrivèrent, par exemple,
dans les bateaux négriers. Fille
de Man Doudou, moitié coolie moitié
caraïbe, Ti Renée occupe une place
centrale dans le livre. Frappée
par son mari, elle avait « pris
son paquet » et s’était
consacrée à l’éducation
des enfants de sa famille, tout
en aidant Man Doudou pour les
travaux de la maison. Décontenancée
et malheureuse devant la mort
de Colibri, elle doit se reconstituer
pour se guérir du saisissement
causé par cette mort. Et l’oiseau
qui est mort interpelle tout le
village qui se demande si la Terre
va trembler et si la Montagne
va recommencer à cracher.
|
|
"Extrême : esthétiques de
la limite dépassée" de
Paul Ardenne . Voici
un ouvrage qui a mis suffisamment
mal à l'aise son éditeur pour
que celui-ci demande à l'auteur
d'ajouter cette précision dans
l'épilogue : «Le point de
vue exprimé ici n'entend valoir
ni pour approbation, ni pour invitation.» Non,
Paul Ardenne ne vous recommande
pas d'élever la roulette russe
au rang de performance artistique,
pas plus qu'il ne vous incite
à manger des cadavres de nouveau-nés
ou à vous rouler dans la merde
en poussant des cris de bête.
Ces quelques exemples d'oeuvres
contemporaines, car c'en sont,
l'auteur (docteur en histoire
de l'art et maître de conférences
à la faculté des arts d'Amiens)
les scrute en spécialiste de l'esthétique,
pas en sociologue ou en moraliste.
Ce qui n'exclut pas un brin d'inquiétude.
|
|
Le
métissage dans la littérature
des Antilles française Le complexe
d’Ariel par Chantal
Maignan-Claverie . Chantal
Maignan-Claverie maître de Conférences
à l’Université des Antilles
et de la Guyane et enseigne les
littératures francophones des
Caraïbes à la faculté des Lettres
et Sciences Humaines, à la Martinique.
Passionnée par le thème du métissage
et la problématique identitaire,
elle est l’auteur de nombreux
articles et conférences sur ces
questions. Cet ouvrage, incontournable
pour la compréhension de l’organisation
structurelle des sociétés insulaires,
répond aux interrogations sur
la singularité des communautés
françaises de la Caraïbe.
|
Homo
homini lupus, Ti nonm
ka fè gro séléra . « 24 contes
des Antilles » d’Olivier
Larizza
Castor poche – Flammarion.
2004. Par Pierre Pinalie.
Voilà encore un ouvrage profondément
créole réalisé par un auteur « venant
d’ailleurs ». Il y
là 24 contes très courts qui sont
comme autant de perles formant
un joli collier de type « grains
d’or ». C’est
en effet une farandole où le coq
et le ravet, le crapaud et la
tortue, Compère Lapin et Compère
Tigre, Ti-Jean et le Roi se succèdent
et diffusent l’esprit de
la culture créole et la traditionnelle
morale qui surnage dans les étonnants
proverbes si fréquents dans le
dialogue des Anciens.Le mépris
des puissants. Tant l’infidélité
que la vengeance se voient dénoncés
dans ces courtes histoires où
apparaît le machisme des maris
dominants, le dangereux entêtement
des humains et la positive importance
de la patience.
|
Voyages
en homosexualités .
A
l'heure où le débat sur la légalisation
du mariage gay et la capacité
des couples homoparentaux à l'adoption
d'enfants permet de prendre la
mesure d'un des derniers épisodes
d'une révolution sexuelle amorcée
dans les années 1960, on peut
constater que la question longtemps
taboue des relations sexuelles
entre adultes de même sexe n'est
plus confinée à l'imprécation
haineuse ou, en réponse, au militantisme
revendicatif. Depuis le défilé
new-yorkais de 1970 - premier
anniversaire des émeutes du Stonewall,
un bar new-yorkais où s'étaient
opposés policiers et homosexuels
-, la soif de reconnaissance,
de respectabilité et de tolérance
a, certes, acquis droit de cité.
Tandis que la mondialisation de
la communauté gay, sa visibilité
nouvelle et son credo d'une domination
du plaisir sexuel bouleversent
radicalement la donne, les médias
peinent à trouver un ton juste,
entre la caricature méprisante
et la compassion " psychomédicale
" envers ceux qu'on tenait
depuis près de deux siècles pour
de simples pervers....
Lire la suite
|
|
L'Académie
française doit accueillir Aimé
Césaire .
Le moment est venu pour cet écrivain
et poète de rejoindre les Immortels.
Elles et
ils iront tous le voir : Aimé
Césaire. Le pèlerinage (avec photo)
à Fort-de-France en Martinique
auprès du « vieux sage », du «
grand poète martiniquais » est
en effet la consécration de toute
pêche aux voix auprès de nos «
compatriotes de l'outre-mer ».
Ces visites ont la sincérité des
opportunismes électoraux et sont
très en dessous de ce qu'est Aimé
Césaire. C'est un esprit brillantissime
: en 1931, boursier venu de la
Martinique, il étudie au lycée
Louis-le-Grand, puis est reçu
à l'Ecole normale supérieure.
C'est un homme politique engagé
dans sa société. En 1946, député
communiste, il présente devant
l'Assemblée nationale la loi créant
pour les « quatre vieilles colonies
» les départements d'outre-mer.
« Entre désintégration et intégration,
il y a de la place pour l'invention.
Lire
la suite
|
L’Éthique
selon Edgar Morin Edgar Morin,
La Méthode 6 – Éthique, Paris :
Seuil, 2004.
On ne présente pas Edgar Morin,
personnalité éminente de l’intelligentsia
française, auteur d’une cinquantaine
d’ouvrages parmi lesquels
quelques essais sociologiques qui
ont fait date (Les Stars,
1957, La Rumeur d’Orléans,
1969) et surtout une somme, La
Méthode (1981-2004) dont le
projet, fort ambitieux, ne vise
pas moins qu’à changer notre
regard sur le monde, sans rien dissimuler
de sa complexité, grâce à une démarche
systémique. En passant, malgré tout,
peut-être un peu vite sur l’objection
d’ordre épistémologique qui
se présente d’emblée :
Comment une telle méthode considère-t-elle
la distinction qui existe inévitablement
entre l’objet réel,
éminemment complexe en effet, et
l’objet de la connaissance,
le « modèle », nécessairement
simplificateur (1) ?
La reconnaissance de « la
différence entre la réalité empirique
et la forme théorique » (2)
étant le point de départ de la démarche
scientifique, toute tentative pour
la tirer du côté du concret comporte
donc un risque du point de vue de
sa pertinence.
|
|
Embarquement
pour Cythère « Histoire pour
toi » d’Arlette
Rosa-Lameynardie (Hatier –
Monde Noir) par Pierre Pinalie.
Il est très
étonnant que ce livre, publié
en 2002, n’ait pas vraiment
bénéficié d’un accueil très
positif dans le monde de la créolité.
Et pourtant, l’ouvrage écrit
par une judéo-droit-de-l’Hommiste
est profondément créole, tant
dans l’esprit que dans la
forme. L’auteur qui est,
en effet, ancrée sur la terre
martiniquaise depuis 45 ans, ne
semble pas penser à partir d’autres
racines, et baigne au contraire
dans le monde du conte vers lequel
glisse en permanence le scénario
qu’elle développe dans un
style clair et simple à la manière
de Marguerite Duras.
|
L’Outre-Mer
français dans le piège. Une
lecture de Selim Lander de
l'ouvrage dirigé par Thierry Michalon.
La problématique
de l’Outre-Mer français est
probablement unique dans le monde.
Ne serait-ce que parce que le processus
de décolonisation a laissé dans
la République française un certain
nombre de territoires, généralement
insulaires (mais la Guyane fait
exception), qui se trouvent aujourd’hui
enfermés dans une dépendance d’autant
plus traumatisante qu’elle
apparaît à tous comme une fatalité.
Il faut donc saluer comme ils le
méritent les efforts des vingt-six
auteurs réunis par Thierry Michalon
pour décrypter cette réalité éminemment
complexe et qui résiste souvent
à l’analyse (1).
La dépendance
« massive » à l’égard
de la « Métropole » demeure
la caractéristique commune à tous
les territoires considérés qu’il
faut étudier. On peut à cet égard
regretter que les études transversales
(qui couvrent l’ensemble du
champ de l’Outre-Mer) restent
minoritaires dans le recueil (8
sur 26), à égalité avec celles qui
concernent la Martinique. Pour le
reste, la Nouvelle-Calédonie, la
Polynésie française et Saint-Bartélémy-Saint-Martin
ont droit chacune à deux contributions,
tandis que la Guadeloupe, la Guyane,
la Réunion et Mayotte se voient
consacrer chacune un article.
|
|
Entre
assimilation et émancipation l'Outre-mer
français dans l'impasse
?
sous la direction de Thierry Michalon
Dès le titre, tout est dit. Ce copieux
recueil de contributions signées
de vingt-six enseignants, chercheurs
et doctorants de Martinique, Guadeloupe,
Guyane, Réunion, Polynésie et Nouvelle-Calédonie,
ne prétend pas à la synthèse, ni
même à esquisser une leçon globale
sur un sujet délicat - la tension
entre l'envie d'appartenance et
la soif de revendication propre
dans un débat national très houleux.
Tout au plus les historiens dont
on lira ici les travaux croisent-ils
leurs approches pour tenter de concilier
des élans antagonistes et contradictoires,
parmi lesquels on choisit le plus
souvent les pièces adaptées au procès
que l'on veut intenter, sans se
soucier de celles qui infirment
ces leçons trop simples, car trop
univoques. |
|
Le
satanisme, simple rébellion ou
dérive sectaire ?
Faire,
en un peu plus de 100 pages petit
format, un tri cohérent dans le
bazar référentiel qui hante satanisme,
gothisme ou heavy metal, relevait
de la mission suicide. Entre Nietzsche,
J.-K. Huysmans, Anton LaVey, le
créateur de l'Eglise satanique,
des groupes comme Cradle of Filth
ou les Rolling Stones, la confusion
est à peu près totale dans le
grand public. C'est pourtant le
tour de force accompli par un
ouvrage intitulé Satanisme,
un risque de dérive sectaire (1).
Le livre effectue un résumé historique
plus qu'honorable sur les origines
des divers mouvements et s'attache
systématiquement à discerner ce
qui relève du folklore de l'authentique
dérive sectaire. «Il n'y a
rien de pire que de laisser un
vide face à des peurs nées de
fantasmes», résume Jean-Michel
Roulet, président de la Miviludes
|
|
"L'Europe
et les Lumières sont indissolublement
liées" . Un entretien
de Tzetan Todorov.
Penseur de notre temps, Tzvetan
Todorov est un observateur vigilant
de la démocratie. Interrogeant
depuis de nombreuses années
les événements tragiques
de notre histoire, il montre aujourd’hui
que notre vie commune doit se
bâtir sur le versant humaniste
des Lumières, un "héritage
pour demain". Entretien.
|
|
Le créole et le monde de
Pierre Pinalie . C’est
vrai que le créole est une langue,
une langue qui appartient à la
grande famille des langues du
monde, une langue parlée par des
millions de locuteurs et un outil
qui véhicule une culture profonde
et multiple. Effectivement, de
la Guyane à la Réunion, ce mode
d’expression à base lexicale
française traduit l’esprit
de lieux fort divers, de la même
manière que les autres créoles
qui peuvent avoir d’autres
origines telles que l’anglais,
le portugais ou l’espagnol.
Bien sûr, comment pourrait-on
omettre qu’en amont, c’est
toujours le colonialisme européen
qui a présidé à la naissance de
ces codes ? Mais est-il indispensable
de le rappeler en permanence ?
|
|
Faites du créole : un cadeau
de Pierre Pinalie ! Il
nous offre six magnifiques chansons
d'amour traduites en créole par
ses soins . Merci Nougaro,
Piaf, Brel, Prévert. Extraits :
Mé, doudou-mwen / Ou dous, ou sé
siwo lanmou mwen an / Dépi douvanjou
jik labadijou / Ou sav man kontan’w
toujou. / Man sav tou sa tjenbwa
ou ni / Ou sav tou sa maji man fè
/ Magré zatrap, ou gadé / mwen /
Tanzantan man ped ou tibren / Sa
vré ou té ja pran dot nonm / Ou
té blijé pasé tan’w / Kò-a
ni dwa konnet plézi
|
|
Yasmina Khadra, le terrorisme,
la morale
par Michel
Herland .
La publication
des Sirènes de Bagdad
(Julliard, 2006, 338 p.), de Yasmina
Khadra, achève une trilogie commencée
avec Les Hirondelles de Kaboul
(2002) et poursuivie avec
L’Attentat (2005).
Comme Y. Khadra l’a exposé
dans Le Monde (29 septembre
2006), il s’agit pour lui
d’aider ses lecteurs à comprendre
les ressorts de la violence aveugle
perpétrée par des terroristes
qui n’hésitent pas à sacrifier
leur propre vie en même temps
que celles de leurs victimes.
Son but est de nous convaincre
que ces gens-là ne sont pas des
cas pathologiques, que l’islam
n’est pas non plus nécessairement
en cause, qu’il faut donc
chercher une autre explication.
|
Intellectuels
l'ère du doute
.
Dans une belle et bouleversante
Esquisse pour une auto-analyse
(Seuil, 2004), parue deux ans
après sa mort, Pierre Bourdieu
confiait qu'il s'était
largement construit " contre
tout ce que représentait
(...) l'entreprise sartrienne
", symbole de l'arrogance
philosophique à l'égard
des sciences sociales. Sous sa
plume, pourtant, Sartre n'apparaissait
pas seulement comme une figure
repoussoir. Sur les tâches
de l'intellectuel, sur la fonction
critique qui lui revient, par
exemple, Bourdieu n'a jamais cessé
de saluer le penseur existentialiste
comme une sorte d'horizon indépassable
|
|
Un
supplément d’âme,
par
Pierre Pinalie :
Installé à la Réunion, le Professeur
Lambert-Félix Prudent a communiqué
ses commentaires sur la langue
créole dans une interview réalisée
par un journal de l’île
Maurice, pays où le créole est
parlé parallèlement à l’anglais
et au français. Dans son introduction,
il pose clairement le problème
de la Martinique où le créole,
langue populaire, se trouve face
au français qui jouit du prestige
de l’école et de la littérature,
et demeure la langue de l’administration
et des affaires. ...
|
|
Entre
assimilation et émancipation l'Outre-mer
français dans l'impasse
?
sous la direction de Thierry Michalon
Dès le titre, tout est dit. Ce
copieux recueil de contributions
signées de vingt-six enseignants,
chercheurs et doctorants de Martinique,
Guadeloupe, Guyane, Réunion, Polynésie
et Nouvelle-Calédonie, ne prétend
pas à la synthèse, ni même à esquisser
une leçon globale sur un sujet
délicat - la tension entre l'envie
d'appartenance et la soif de revendication
propre dans un débat national
très houleux. Tout au plus les
historiens dont on lira ici les
travaux croisent-ils leurs approches
pour tenter de concilier des élans
antagonistes et contradictoires,
parmi lesquels on choisit le plus
souvent les pièces adaptées au
procès que l'on veut intenter,
sans se soucier de celles qui
infirment ces leçons trop simples,
car trop univoques.
|
Les
blessures de la Traite
de
Hugh Thomas.
C'est dans la petite église
de Brou, à Bourg-en-Bresse,
que reposait jusqu'à la
Révolution Laurent de Gorrevod,
chancelier de l'Empire. Mort en
1529, Gorrevod était un
proche de Charles Quint. Une faveur
royale l'avait rendu immensément
riche : en août 1518, le
jeune roi d'Espagne lui avait
accordé, par contrat, l'autorisation
de déporter 4 000 esclaves
d'Afrique vers l'empire espagnol.
C'était la première
fois qu'on autorisait une opération
d'une telle ampleur.
|
Aux sources de l'obsession du
passé : "Face aux abus
de mémoire" de" Emmanuel
Terray.
Il
y a une dizaine d'années, c'est
autour du souvenir de la Shoah
et de Vichy que s'étaient cristallisées,
en France, les critiques les plus
virulentes adressées au "
devoir de mémoire " et aux
" abus " supposés de
ses porte-parole. Or voilà qu'aujourd'hui,
les mêmes arguments reviennent
pour fustiger ceux qui, depuis
peu, entendent réclamer que le
passé colonial et esclavagiste
de la France ait davantage droit
de cité au sein du " grand
récit " national.
|
De
la repentance à l'Apartheid ?
"Pour en finir avec la repentance
coloniale" de Daniel Lefeuvre.
Veut-on vraiment une France de
l'Apartheid ? Si tel n'est pas
le cas, alors cessons d'opposer
les Français en fonction de leurs
origines par l'intermédiaire d'un
passé déformé. Rompons avec une
repentance coloniale qui ressasse
et divise au lieu de guérir. Tel
est le diagnostic formulé par
Daniel Lefeuvre dans son bel essai.
Celui d'un historien ayant décidé
de se jeter dans l'arène, non
pas pour satisfaire à quelque
sensationnalisme, mais afin de
montrer, tout simplement, que
les choses sont souvent plus complexes
qu'on ne l'imagine, et cela en
puisant dans son domaine de spécialité
: l'étude des relations franco-algériennes.
|
|
- Les bienveillantes - de Jonathan
Littel
: Les
raisons qui nous poussent à
dévorer un pavé
dont le narrateur est un SS. Le
mal pour être bien par
Daniel Sibony .
Comment comprenez-vous qu'on se
jette sur ce pavé - Les bienveillantes
- où le narrateur est un SS? Les
lecteurs sont pris entre deux
tendances. L'une, qu'on leur a
inculquée, c'est la "banalité
du mal": n'importe qui d'entre
nous aurait pu être à cette place
et aurait fait ces choses atroces;
et l'autre, plus juste et plus
subtile, c'est: voyons un peu
ces horreurs pas banales que moi
je n'aurais pas faites ;je
veux comprendre un homme qui peut
en avoir traité d'autres d'une
façon aussi terrible.
|
|
« Les
Antillais au miroir des autres »
d’Émile
Désormeaux .
C’est
un surprenant ouvrage que nous
a livré Émile Désormeaux,
sous un titre poétique et attirant.
Peut-être en effet est-il le premier
à écrire que les militants locaux
sont quasiment tous fonctionnaires
avec leurs 40 %, et que parmi
eux les retraités sont nombreux.
Et quand il nous dit qu’aux
yeux des étrangers, les Français
sont des professionnels de la
contestation, il n’oublie
pas d’ajouter que l’élève
a dépassé le maître dans la promptitude
à faire grève. Avec d’innombrables
citations et un recours permanent
à l’Histoire, l’auteur
nous promène de par le monde afin
de décrire l’état des choses
dans une très grande objectivité...
par Pierre Pinalie
|
René
Depestre :
"Soulever les pics montagneux
de nos malheurs"
.Larges
extraits du discours prononcé
par René Depestre à
la Sorbonne, pour le cinquantenaire
du Congrès des écrivains
noirs. "Il
y a eu décolonisation des
institutions impériales,
décolonisation des mentalités
colonialistes et racistes, mais
ne reste-t-il pas encore à
décoloniser les concepts
mythologiques dévalorisant
des négros, bicots, coolies,
pêle-mêle indigènes
des temps du mépris de
la condition humaine ?..."
|
Wole
Soyinka :
"
Le discours racial est, hélas,
bel et bien vivant ".
L'écrivain
nigérian, Prix Nobel de
littérature 1986, président
de la Communauté africaine
de culture (CAC), était
présent, mardi 19 septembre,
à la Sorbonne. "J'ai
accepté de devenir président
de la Communauté africaine
de culture il y a un an, à
la requête de Mme Diop et
avec les vifs encouragements d'Aimé
Césaire. J'ai accepté
parce qu'Alioune Diop, un homme
immensément respecté
qui a succombé à
la stupidité du gouvernement
militaire du Nigeria lors du Festival
mondial des arts nègres
(Festac), en 1977, était
comme mon frère aîné.
|
Il
y a cinquante ans, l'
"épiphanie du monde
noir"
.
Paris, 19 septembre 1956, amphithéâtre
Descartes de la Sorbonne. Le
premier Congrès international
des écrivains et artistes
noirs s'ouvre sur le discours
d'un homme qui a porté
de bout en bout cette première
réunion de l'intelligentsia
du monde noir, représentée
par 63 délégués
venus d'Afrique, d'Amérique,
d'Inde et des Caraïbes.
Alioune Diop (1910-1980) a déjà
derrière lui " plus
de quinze années d'obstination
au service de la culture noire
". Il est le fondateur
de la revue (1947) puis de la
maison.... |
Un
livre de Noam Chomsky s'offre
une seconde jeunesse grâce
à Hugo Chavez : Un
livre de Noam Chomsky, l'intellectuel
de gauche américain, virulent
détracteur de l'administration
Bush, caracole en tête des
meilleures ventes sur le site
d'Amazon après que le président
vénézuélien
Hugo Chavez en a fait l'éloge
mercredi 20 septembre à
la tribune des Nations unies."Les
Américains devraient lire
ce livre Hegemony and Survival
: America's Quest for Global Dominance,
plutôt que de regarder Superman"
|
|
|
"Sexus
politicus" de Chistophe
Deloire et Christophe Dubois .
La
sexualité des responsables
politiques est-elle un sujet de
curiosité légitime
pour les journalistes et pour
leur public ? Longtemps négative,
en France, la réponse à
cette question tourne de plus
en plus au positif, sous la pression
de la presse people et d'une remise
en question générale
de la frontière entre vie
privée et vie publique.
Christophe Deloire et Christophe
Dubois, les auteurs de Sexus politicus,
disent avoir reçu un bon
accueil auprès des personnalités
qu'ils ont sollicitées
pour leur enquête.
|
Ti
Jean et Monsieur le roi
(Ti
Jan é Misié li wa)
Contes de la Martinique de Christine
Colombo. Après
avoir étudié doctement
le conte créole, Christine
Colombo entreprend de démentir
l'adage qui voudrait que "ce
que l'on ne sait pas faire on
l'enseigne!" En effet
elle publie ces jours-ci un recueil
de contes créoles "Ti
Jean et Monsieur le roi (Ti Jan
é Misié li wa)",
travail de mémoire , travail
de la nostaglie d'un temps qui
n'est plus et qui pourtant demeure.
Elle a bien voulu répondre
à quelques questions.
|
|
1956-2006
:
Cinquantenaire
du 1er congrès international
des écrivains et artistes
noirs
Sous
le haut patronage de :
aut
patronage de :
-
|
Koïchiro
Matsuura Directeur
général
de l'Organisation des
Nations Unies pour l'éducation,
la science et la culture
|
Abdou
Diouf ancien
Président de
la République
du Sénégal,
Secrétaire général
de l'Organisation internationale
de la Francophonie
|
Aimé
Césaire
Ecrivain,
maire honoraire de Fort-de-France
|
Wole
Soyinka
Prix
Nobel de littérature,
président de
la Communauté
Africaine de Culture,
ambassadeur de bonne
volonté de l'UNESCO
|
|
Biographies
des Intervenants au Congrès
de 2006 pour le 50e anniversaire
du 1er Congrès International
des Écrivains et Artistes
Noirs (Programme de la matinée)
|
Les
corps énigmatiques d’Ernest
Breleur par Dominique Berthet
.
La rencontre de deux hommes,
Dominique Berthet et Ernest
Breleur. Durant dix ans (1996-2006),
le premier universitaire et
critique d’art, l’autre
artiste plasticien entament
un parcours dans un lieu où
ils vivent et travaillent :
la Martinique. Un dialogue qu’ils
nourriront et qui enrichira
l’analyse de l’esthéticien
dans ce livre. Des propos repris
par l’auteur dans la dernière
partie des corps énigmatiques
d’Ernest Breleur. Trois
interviews majeures qui tracent
les pistes empruntées
par l’artiste pour sculpter
pas à pas sa propre contemporanéité
avec comme principale préoccupation
la problématique du corps.
|
|
Nicole
Cage-Florentiny : Un écrivain
trahi en direct, par le cœur
de son dernier roman ? Ses
lecteurs veulent savoir qui se
trouve derrière l’œuvre
A la Mairie de Schoelcher, sous
le haut patronage de la Bibliothèque
Schoelcher « A livre
ouvert », Monsieur
Piere-Louis Maynie, Sociologue,
abordera les questions et le livre.
La voici précise au rendez-vous.
Ce qui prime d’abord est
que tout son être est posé,
tranquille, presque absent. On
dirait qu’elle est ailleurs.
Nicole Cage-Florentiny aurait-elle
le don d’ubiquité ?
Elle sait être dans le passé
et au présent à
la fois. Silhouette et regard
droits, vision circulaire des
faits et des êtres, voix
douce, sourire et passion, écriture
« militante »...
Lire la suite par Christian
Antourel |
"
Petit-nègre " et
romans " y a bon "
de Cécile Van Den Avenne
Le
débat actuel qui réexamine
l'héritage de la colonisation
oublie souvent l'imaginaire
linguistique qu'elle a construit.
Il charrie pourtant bien des
stéréotypes, le
plus connu étant peut-être
le parler " petit-nègre
", popularisé par
le célèbre "
y a bon Banania ". On connaît
moins les différents
relais qui ont construit ce
stéréotype, avec
lequel ceux qui se sont lancés
dans ce que l'on a appelé
l'" aventure coloniale
" ont débarqué
sur ce continent, et parmi ces
relais toute une littérature
d'aventures, qui a rempli d'images
la bibliothèque intérieure
de ces " fous d'Afrique
", comme les appelle le
journaliste Jean de La Guérivière... |
Crépuscule
de la Négritude par
Selim Lander. "Ainsi
la Négritude est pour
se détruire, elle est
passage et non aboutissement,
moyen et non fin dernière…"
Jean-Paul Sartre. Il ne
s' agissait pas de métaphysique,
mais d' une vie à vivre,
d' un péril à
courir, d' une éthique
à fonder et de communautés
à sauver. A cette question,
nous tâchâmes, vous
et moi, de répondre Et
ce fut la Négritude Aimé
Césaire, discours d'
accueil de Léopold César
Senghor en Martinique, 1976.
L' histoire de l' invention
de la Négritude a été
plusieurs fois contée.
La rencontre à Paris,
au tournant des années
trente de trois étudiants,
l' Africain, Léopold
Sédar Senghor, le Martiniquais,
Aimé Césaire et
le Guyanais, Léon-Gontran
Damas.
|
"La
calebasse maudite",
une nouvelle fantastique de
Fernand Tiburce Fortuné.
Nous étions quelques
amis réunis sur la terrasse
de la villa de notre hôte
Lucien, perchée sur la
colline et qui surplombe la
mer caraïbe. Un flamboyant
rutilant se mirait dans l'eau
claire de la piscine. Une réunion
décidée comme
ça, au pied levé,
après la dernière
heure de travail en ce vendredi
de juin. Le bain dans la piscine
tiède nous avait délassés. |
«L'Illusion
coloniale» par Eric
Deroo . Le pire de l'Empire.
A tous ceux qui
trouvent globalement positif
le bilan de l'aventure coloniale
française, on conseille
la lecture de cet album : elle
est accablante . Ouvrant cet
album admirable, tout septuagénaire
verra resurgir l'imagerie naïvement
colonialiste dans laquelle baigna
son enfance. Les sexagénaires
aussi, certes, mais leur naissance
pendant ou après la Seconde
Guerre mondiale ne les prédisposait
pas à une foi aussi enthousiaste
dans les vertus de l'Empire.
Un livre cadeau de 224
pages avec 320 ilustrations. |
Les
francofffonies :
le festival francophone en France
célèbre jusqu’au
9 octobre 2006 le visage d’une
francophonie moderne, vivante,
créative, engagée
et enracinée dans les 63
pays qui la composent sur les
cinq continents. Artistes, écrivains,
entrepreneurs, scientifiques,
intellectuels mettront en valeur
les réalités de
la francophonie, la richesse et
la vitalité de leurs cultures.
Pendant 207 jours, plus de 2000
artistes et personnalités
du monde francophone participent
à plus de 400 manifestations
sur l’ensemble du territoire
français. |
"Le
français ne vous appartient
plus. Nous l'avons en partage"
de Abdou Diouf .
Vous avez été le
président de la République
du Sénégal après
avoir exercé les fonctions
de premier ministre auprès
de Léopold Sédar
Senghor, fondateur de la francophonie.
Où avez-vous appris le
français ? : Je
suis natif de Saint-Louis, à
l'époque une des quatre
communes françaises du
Sénégal. J'ai baigné
là, dans les années
1930, dans une atmosphère
où on parlait le français
à tous les coins de rue.
Mon premier contact avec l'école
française - une école
primaire - a eu lieu en octobre
1942. Il n'a pas cessé.
Je suis entré à
l'université de Dakar en
1955, à l'époque
une antenne de l'université
de Bordeaux. Nous étions
300 étudiants venant de
huit pays de l'Afrique de l'Ouest. |
Le
français lutte pour garder
sa palce dans le monde . Le
nombre de francophones dans le
monde a augmenté en fonction
de la croissance démographique.
Mais la langue de Dan Brown, Madonna
ou Steven Spielberg est en pleine
expansionLe nombre de francophones
dans le monde a augmenté
en fonction de la croissance démographique.
Mais la langue de Dan Brown, Madonna
ou Steven Spielberg est en pleine
expansion |
Je,
tu, ils, elles pensent en français
Le label Francofffonies ! réunit
dans l'Hexagone pendant toute
l'année 2006 des événements
culturels. C'est l'occasion de
faire le point sur une notion
linguistique et politique. Mais
aussi très personnelleLe
label Francofffonies ! réunit
dans l'Hexagone pendant toute
l'année 2006 des événements
culturels. C'est l'occasion de
faire le point sur une notion
linguistique et politique. Mais
aussi très personnelle |
Faut-il
brûler le modèle
social français ?
de Dominique Meda et d’Alain
Lefebvre, Lu pour
vous par CLA.Seuil,
Paris, 2006, 9 euros Oui, Oui,
Oui, trois Oui répondent
en chœur les thuriféraires
de Sarkozy, le MEDEF, l’OMC,
le FMI, l’OCDE et
la Banque Mondiale. Cent fois
oui reprennent à l’unisson
les entrepreneurs du monde entier,
en particulier les petits , ceux
de la Martinique par exemple ,
qui n’ont pas encore fait
fortune et n’aspirent pour
commencer qu’à
un revenu net mensuel autour
de 8 000 euros par tête
pour leur ménage afin d’être
en mesure d’afficher les
éléments d’un
train de vie qui à coup
sûr leur donnera l’impression
qu’ils pourront être,
enfin, considérés
comme des membres attitrés
des classes sociales dominantes. |
Une
Imposture française de
Nicolas Beau et Olivier Toscer,
LU pour vous par CLA Nicolas
Beau et Olivier Toscer sont journalistes,
respectivement au Canard Enchaîné
et au Nouvel Observateur. Ils
ont publié Une Imposture
française qu’on aura
du mal à trouver facilement
dans les grandes librairies ....
Dans ce livre, il est question
de Bernard- Henri Lévy
(BHL), l’intellectuel médiatique
français le plus célèbre.
Preuves à l’appui,
les auteurs démontrent
que BHL ,farceur professionnel
est d’abord un affairiste
peu.... |
Cuba,
le livre noir de RSF Reporters
sans frontières a rassemblé
dans cet ouvrage des rapports
d'organisations de défense
des droits de l'homme qui décrivent
l'ampleur de la répression
lancée par Fidel Castro
au printemps 2003, avec 75 dissidents
arrêtés et condamnés
à de lourdes peines. Ces
rapports reviennent également
sur le fonctionnement d'un régime
totalitaire où la liberté
de l'individu n'a décidément
pas sa place. |
Cuba.
La faillite d’une utopie
de Olivier Languepin
.
Cuba est
à la mode. Les touristes
s’y pressent ; ils devraient
atteindre, cette année,
la barre des deux millions. Les
diplomates aussi : la direction
du personnel du Quai d’Orsay
croule sous les demandes de mutation
à destination de La Havane.C’est
que l’île caraïbe
semble vivre une délicate
transition. La chute de l’empire
soviétique, la désintégration
du Comecon (auquel Cuba avait
adhéré en 1972)
n’ont pas eu raison de la
révolution castriste. Malgré
la terrible récession qui
a frappé l’île
entre 1989 et 1993 (le PIB cubain
n’a pas encore rattrapé
son niveau de 1989), le Lider
maximo tient toujours solidement
les rênes du pouvoirs. |
Cuba
Tout changera demain...
de Ben Corbett.
Le titre choisi par l'éditeur
français pour traduire
"This is Cuba: an outlaw
culture survive" ne rend
pas service à Ben Corbett
qui n' a pas écrit un livre
de prospective, mais bien une
description minutieuse et documentée
de la vie quotidienne des Cubains.
Condamné au système
D, au marché noir et donc
à l'illégalité,
le peuple cubain lassé
des diatribes de son "comandante",
survit comme il peut aux incessantes
pénuries que la rigidité
du socialisme Cubain ne cesse
d'engendrer. |
Castro,
l'infidèle de Serge Raffy
La légende
en prend un coup, et l'image du
dernier grand dictateur communiste
en exercice sort sérieusement
malmenée de cet exercice
salutaire. On s'y attendait un
peu, mais cette fois les choses
sont claires : Castro est bien
ce dictateur maniaque, manipulateur,
cynique et obsédé
du pouvoir, loin, très
loin de cette image de justicier
luttant seul contre l'agression
américaine. Fidel Castro
a constamment menti sur ses réelles
intentions, et ce dès les
premiers jours de la Révolution.
|
Cuba:
«Oublier Castro»
Propos
de Jacobo Machover recueillis
par Michel Faure.
Dans "Cuba. Totalitarisme
tropical" l'exilé
Jacobo Machover montre à
quel point, derrière
le pseudo-romantisme de la révolution,
se cache une réalité
brutale Pourquoi la révolution
cubaine dure-t-elle depuis si
longtemps? Est-ce la révolution
qui dure? Celle-ci suppose le
mouvement. Or, à Cuba,
ce qui frappe, c'est l'immobilité.
Ce n'est pas une révolution;
c'est une congélation.
Tout a été défini
dès 1959. |
Cuba,
totalitarisme tropical - Jacobo
Machover Avec
Cuba il faut être patient
: même lorsqu’ils
ont quitté l’île
depuis longtemps, et c’est
le cas de Jacobo Machover, les
Cubains perdent rarement de
vue un paramètre essentiel
de leur histoire : la durée.
La durée est en effet
devenue la caractéristique
principale de Fidel Castro qui
est en train de reléguer
Franco, Kim il Sung et Yasser
Arafat, au rang d’amateurs
éclairés et d'intérimaires
de passage |
LU
POUR VOUS par CLA : Misère
du sarkozysme. Cette droite
qu n’aime pas la France
de Paul Ariès,
Parangon/Vs, 2005. 252 pages,
13 euros par CLA Tous les arrivistes
aux dents longues adorent Sarkozy.
Ils se réclament le plus
souvent de la droite, mais de
plus en plus ouvertement de
cette gauche branchée
amoureuse d’euros, de
prébendes, affairiste
et assoiffée de pouvoirs,
même dérisoires.
A la Martinique, on feint dans
certains milieux de s’intéresser
à nouveau sur la pertinence
du clivage droite gauche.Qui
est de gauche ? Qui est de droite
? Que signifie en 2006 êtres
de gauche à la Martinique
? |
LU
POUR VOUS par CLA: La tragédie
du président. Scènes
de la vie politique 1986-2006.
de Franz-Olivier Giesberg,
Paris, Flammarion,
2006 .FOG, est président-directeur
général, directeur
de la publication de l’hebdomadaire
d’information LE POINT.
En
mars 2006, il publie aux éditions
Flammarion un livre de 406 pages.
La Tragédie du président.
Scènes de la vie politique,
1986-2006. Comme
on dit chez nous, dans ce livre
qui pue la méchanceté
voire la haine, il « déraille
» Chirac ».
|
Pancrazi,
l'ivresse caraïbe :
Les dollars des sables de jean-Noêl
Pancrazi
Pour la douceur de vivre, le
soir surtout, assis sous les
arbres au bout d'une plage,
il donnerait tout. Pour la mer
qui miroite au bout d'un tunnel
de palmes, le scintillement
lointain des lumières
de Cuba, le maelström des
motos, les toits de palmes chaudes,
les bouteilles alourdies de
glaçons, les chansons
de Frank Reyes ou d'Anthony
Santos, le dancing où
l'on se laisse capturer par
l'ivresse et les barques en
bois qui oscillent le long du
rivage, promesses d'évasions
loin du rio, il était... |
"
Ma poésie est née
de mon action " de
Aimé Césaire.
Longtemps
député et maire
de Fort-de-France, l'auteur
de " Cahier d'un retour
au pays natal " ne sépare
pas son action politique de
son engagement littéraire.
Il nous a reçus chez
lui en février. Né
à Basse-Pointe (Martinique)
le 21 juin 1913, Aimé
Césaire n'est plus député
et maire de Fort-de-France.
Tous les jours, il reçoit
dans son ancien bureau. Peintres
caribéens, portraits,
paysages, avec en prime un cadre
pour le maillot n° 21, celui
du footballeur Lilian Thuram. |
Edouard
Glissant : " La langue
qu'on écrit fréquente
toutes les autres " Quand
êtes-vous arrivé
en Amérique ? En
1988. C'était en Louisiane,
à la Louisiana State
University, dans la ville de
Baton Rouge. J'étais
attiré par cette partie
des Etats-Unis qui avait des
points communs avec les Antilles,
le peuplement africain, la langue
créole, l'architecture,
la structure économique
de l'ancien système de
plantation, la cuisine, la complicité
en musique. Il y a tant de points
communs... Et j'y suis resté
six ans, avant de venir à
New York. |
Dépasser
la négritude
par
Lilyan
Kesteloot.
Littérature
de l'anomie et de la déviance,
de la subversion, de la destruction
et la décomposition...
expression des complexes, des
traumatismes, des refoulements...
image d'une contre-société,
de contre-culture... lieux et
non-lieux des turbulences dont
le passage à l'univers
littéraire s'effectue
par des ruptures, des dissociations,
des collisions, des explosions...
|
|
“Nègre
je resterai”
Aimé Césaire
qui sut toujours entremêler
devoir poétique et art
politique demeure à 92
ans la voix de toutes les victimes
du colonialisme, le chantre de
la négritude et de sa terre
tant aimée, la Martinique.
Combat qu’il définit
ainsi : liberté, égalité,
identité. Rencontre à
Fort-de-France. |
Les
dames du lac Les
souvenirs d'enfance de la star
Yang Erche Namu révèlent
les us des Moso, surprenante
société du sud-ouest
de la Chine. Là où
les mères veillent.Au
début des années
1980, trois fonctionnaires du
bureau de la Culture du chef-lieu
de Yanyuan (Sichuan) débarquèrent
à Zuosuo, un hameau perché
à 2 700 mètres
au bord du lac Lugu (le lac
Mère). Ils posèrent
un magnétophone au sol
et prièrent les filles
du village de chanter. Trois
jours plus tard, ils emmenaient
Namu pour un concours en ville.
Elle avait 16 ans et son destin
basculait. |
La
Vierge à l’enfant
de Iain Pears par Rose L.N.
Les romans policiers
de Iain Pears sont des amis
de longue date et dont on attend
la visite avec un plaisir non
dissimulé.Les personnages
que l’on suit au fil des
années :un jeune
historien d’art anglais,forcément
flegmatique,et sa fiancée
italienne,forcément explosive,et
responsable d’un service
de recherche d’œuvres
d’art volées,reflètent
l’image d’un couple
citadin moderne dans lequel
chacun est jaloux de son indépendance,mais
on peut vous confier un secret :dans
le dernier roman paru « Le
secret de la Vierge à
l’enfant »,ils
viennent de se marier. |
Littérature
et barbarie par André
Lucrèce
Marqué
par l'uniformisation du monde
et la perte progressive du sentiment
du divers, le monde vit de plus
en plus dans le doute et dans
un sentiment d'insécurité
sous la « menace »
de nouveaux barbares venant
de l'extérieur avec une
culture, une religion, une manière
de vivre différentes.
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DE
LOIN. par Edouard GLISSANT et
Patrick CHAMOISEAU
: Lettre ouverte au Ministre
de ’Intérieur de
la République Française,
à l’occasion de
sa visite en Martinique. |
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