Les
effets de la catastrophe de Fukushima
sur la santé

Les mères
de Fukushima avaient alerté le monde
dès le mois de juin :
les enfants avaient des saignements de nez, des diarrhées, de la toux,
des thyroïdes enflées, etc. Elles n’ont eu cesse d’informer et d’agir
pour que tous les enfants soient évacués de la région de Fukushima.
Encore dernièrement, elles se sont mobilisées
à Tokyo
pour
sensibiliser la population, mais en vain pour l’instant. Pourtant,
l’actualité semble leur donner raison. Un grand nombre d’informations
convergentes indiquent que, suite à la catastrophe nucléaire, l’état
général de la santé des Japonais vivant dans une vaste région
correspondant au moins à
8% du Japon
est en train
de se dégrader.
Tweet d'un
habitant d'Ibaraki : "Je travaille dans
un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des
patients avec des saignements de nez
perpétuels en avril. Il y en a eu sans
raison avec de la diarrhée et de la
fièvre en juillet. Maintenant même les
membres du personnel de l'hôpital
souffrent de diarrhée sans raison...Ça
commence à craindre." Tweet d'un
habitant de Fukushima : "Mon ami vit à
Iwakashi. Il vient finalement de
commencer à avoir de l'hématurie (sang
dans les urines, NdT). Mes petits
enfants ont des saignements de nez. Ils
ne peuvent évacuer parce qu'ils n'ont
pas assez d'argent." (source)
Lire la suite
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Dette : le hold-up intellectuel des libéraux

Christophe Ramaux (Maître de conférences en économie à l’Université Paris I et
membre du collectif des Economistes atterrés) Une version courte de cet article est parue dans Le Monde.fr, 01/12/2012, sous
le titre « Cessons de nous focaliser sur le déficit public »
Les libéraux, pour l’heure, réussissent un véritable tour de force. La crise
ouverte en 2007 est clairement celle de leur modèle. Pendant des années, à défaut d’augmenter les
salaires, les ménages ont été poussés à la dette. Cela a effectivement soutenu la croissance
pendant un temps. Jusqu’à ce que cette dette privée explose. Depuis, la dette publique a
pris le relais. Sans elle, les économies se seraient littéralement effondrées. Or les libéraux
en prennent prétexte pour imposer un peu plus leur modèle. Les pays européens se sont ainsi
lancés dans une véritable course à l’austérité. Pour séduire les marchés financiers, c’est à
qui réduira le plus le nombre de fonctionnaires, les retraites, les salaires.
En France, la dette publique est de l’ordre de 90 % du PIB. C’est évidemment
beaucoup. Mais encore faut-il ne pas noircir le tableau. La mise en rapport d’un stock de dette
avec un flux annuel de production n’a guère de sens. Pour un ménage, il est fréquent d’avoir
une dette supérieure à son revenu annuel : cela n’est pas nécessairement un problème, peut
permettre de se projeter dans l’avenir. La dette est d’autant moins un problème pour l’Etat
qu’il n’est justement pas un ménage. Celui-ci est tenu de rembourser son stock de dettes,
les banques n’accordent plus de crédit passé un certain âge. L’Etat, lui, n’est pas mortel.
Il n’est en aucun cas tenu de réduire sa dette à zéro contrairement à ce que soutient la funeste
règle d’or. Il a la possibilité de la reconduire. Et c’est ce qu’il fait traditionnellement : il
emprunte pour payer le capital à rembourser. Les entreprises le font aussi souvent. Le crédit n’est pas
un mal en soi. Dans nos économies monétaires, il occupe une place centrale, soutient la
demande, laquelle détermine la production.
Au nom de quoi le privé aurait-il le droit de s’endetter et pas le public ? La
focalisation sur le trou du public et non sur celui du privé, autrement plus important, renvoie au
discours libéral selon lequel le public est improductif et pèse sur le privé. Or l’Etat produit
aussi de la richesse, les services publics augmentent le PIB. Les Etats-Unis avaient une
dette publique de120 % du PIB à l’issue de la seconde guerre mondiale. Cela n’a pas empêché la
suite : avec la croissance, la taxation des hauts revenus et un peu d’inflation, la dette y a
ensuite fondu comme neige au soleil (moins de 30 % au début des années 1970).
L’important en matière de dette publique est ce que paie l’Etat chaque année au
titre de la dette, à savoir les intérêts. Le véritable poids de la dette n’est pas ainsi de
90 %, mais de 2,5 %du PIB, soit les 48 milliards d’euros effectivement payés par la France (en
2010). Cela ne justifie aucunement les discours alarmistes en vogue. Durant les Trente
Glorieuses, ce poids était de 1 % du PIB. Mais au milieu des années 1990, il était de plus de 3,5 % à
cause des taux d’intérêt prohibitifs d’alors. Le poids réel de la dette dépend certes du stock
de dette mais aussi des taux d’intérêt. Il y a un moyen simple pour baisser ceux-ci : il
suffit que la Banque Centrale garantisse la dette et s’engage à l’acheter si les taux excèdent un
certain seuil. Seule la Banque centrale européenne s’y refuse. Elle n’intervient qu’à reculons et à
dose homéopathique, d’où le déferlement de spéculation. Refusant de s’attaquer à la
finance, la zone euro se place sous la coupe des marchés. Et les néolibéraux parviennent
ainsi à leur fin :imposer des programmes d’austérité sans précédent.
L’exemple grec le montre pourtant : l’austérité, en plongeant les pays dans la
dépression, creuse finalement déficits et dettes publics, d’où le défaut de paiement et
l’acceptation délétère qu’un Etat développé puisse faire faillite comme n’importe quel ménage
ou entreprise.
La dette publique française n’était que de 25 % du PIB en 1982. Comment
expliquer son explosion ensuite (36 % en 1991, 58 % en 1996 et à présent 90 %) ? Les libéraux
pointent l’excès des dépenses de l’Etat (qui concentre l’essentiel de la dette publique).
Or celles-ci, austérité budgétaire oblige, se sont contractées : de 25 % du PIB au milieu des
années 1990 à22 % entre 2006 et 2008. Le solde budgétaire dépend en fait principalement des
recettes. L’analyse keynésienne est ici précieuse : en cas de stagnation ou de récession,
on a du chômage, mais aussi une dégradation des comptes publics, à la fois parce que des
dépenses augmentent (prestations chômage, etc.), mais surtout en raison de la chute des
recettes fiscales qui dépendent directement de la croissance. Le déficit public est passé de 3,3 %
en 2008 à7,5 % du PIB en 2009. Cela ne s’explique pas par la relance de N. Sarkozy,
particulièrement piteuse au regard de ce qui a été fait aux Etats-Unis ou en Chine, mais par la
chute des rentrées fiscales. En clair, il existe deux types de déficits. Les déficits
expansionnistes : les dépenses publiques soutiennent la croissance, ce qui permet d’escompter un
surcroît de recettes et la réduction des déficits initiaux. Les déficits récessifs : les
politiques d’austérité plombent l’activité, ce qui creuse les déficits par défaut de recettes. C’est
exactement ce que subit la Grèce : malgré des coupes drastiques, son déficit en 2011 est le même
qu’en 2010.La dette publique n’est pas la question principale. Sa forte croissance ces
quatre dernières années est d’abord liée à la crise. Pour la réduire, il faudra sortir de
celle-ci. Or les choix effectués nous conduisent tout droit à la dépression.
Le modèle néolibéral s’appuie sur quatre grands volets : la finance libéralisée,
le libre-échange, l’austérité salariale et la contre-révolution fiscale (les baisses
d’impôts pour les riches). Sortir de la crise, et ainsi réduire la dette publique, ne pourra se
faire sans rompre avec chacun d’eux. Outre la domestication de la finance (la nécessaire
recapitalisation des banque sen offre l’opportunité) et une autre politique monétaire, cela passe par le
retour à une fiscalité progressive (les cadeaux aux riches ayant aussi creusé la dette), une relance
budgétaire indispensable pour certains besoins (l’éducation, la santé, mais aussi
l’écologie qui exige des investissements publics massifs) et par une relance salariale générale, plus
soutenue dans les pays qui ont des excédents commerciaux exorbitants comme l’Allemagne. Car
derrière la crise de la dette, il est une autre crise, celle de l’euro. Loin de conduire à
la convergence, son introduction, en supprimant l’ajustement des parités monétaires, s’est traduite
par un creusement des déséquilibres. L’Allemagne, par une austérité salariale
redoublée, accumule des excédents (elle fait pire que la Chine en termes de part des exportations
dans son PIB) au détriment de l’Europe du Sud (Grèce, Portugal, Espagne, mais aussi Italie et
France). Or qui dit déficit, dit dette à souscrire pour les payer, de même que les excédents
doivent être placés auprès des pays déficitaires. Face à cela, les solutions fédéralistes (eurobonds,
transferts budgétaires, etc.) sont des impasses : loin de résorber les déséquilibres par le
haut (la relance de la demande interne en Allemagne), elles les entretiennent. On ne peut
pourtant concevoir comme horizon pour l’Europe, celle de travailleurs du Sud au chômage aidés par
ceux du Nord afin de consommer des marchandises que ces derniers produiraient toujours
plus durement (pour financer les transferts). L’Europe mérite mieux. A défaut de quoi
c’est l’euro qui sera remis en cause.
Source
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Pour les agriculteurs, ressemer sa propre
récolte sera interdit ou taxé
LEMONDE.FR | 29.11.11 | 20h08 • Mis à jour le 29.11.11 | 20h21
Le texte relatif aux "certificats d'obtention végétale" a pour objectif
d'instaurer le versement d'une redevance pour l'utilisation des semences, déjà
appliqué pour la culture du blé tendre.
Le texte relatif aux "certificats d'obtention végétale" a pour objectif
d'instaurer le versement d'une redevance pour l'utilisation des semences, déjà
appliqué pour la culture du blé tendre.AFP/MYCHELE DANIAU
Dans le champ de l'agriculture, l'usage libre et gratuit des graines ne sera
bientôt plus qu'un doux souvenir rappelant des méthodes paysannes d'un autre
temps. Surnommées "semences de ferme", ces graines étaient jusqu'alors
sélectionnées par les agriculteurs au sein de leurs propres récoltes et
replantées l'année suivante.
Depuis plusieurs décennies, ces pratiques n'allaient déjà plus de soi lorsque
ces semences étaient protégées par un Certificat d'obtention végétale (COV) – à
savoir le droit de propriété des "obtenteurs" de l'espèce. Ressemer ces graines
était théoriquement interdit. Mais cet usage demeurait, dans les faits,
largement toléré en France. Il est désormais strictement réglementé par une
proposition de loi UMP adoptée lundi 28 novembre par le Parlement.
"Sur les quelque 5 000 variétés de plantes cultivées dans le commerce, 1 600
sont protégées par un COV. Ces dernières représentent 99 % des variétés
cultivées par les agriculteurs", explique Delphine Guey, du Groupement national
interprofessionnel des semences (GNIS). Or, environ la moitié des céréales
cultivées étaient jusqu'ici ressemées par les agriculteurs, selon la CNDSF
(Coordination nationale pour la défense des semences fermières). Presque
toujours illégalement, donc. Mais le temps de "l'incertitude juridique" semble
révolu : pour le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, ces semences "ne
peuvent pas être libres de droit, comme elles le sont aujourd'hui".
Ce qui change
En fait, la proposition de loi du sénateur UMP Christian Demuynck transpose un
règlement européen de 1994 sur la protection des obtentions végétales, jusqu'ici
nullement en vigueur en France. Conséquence : les semences de ferme, jusqu'ici
tolérées, sont désormais légalisées... à condition de verser une "rémunération
aux titulaires des COV" – à savoir aux entreprises de semenciers –, "afin que
soit poursuivi le financement des efforts de recherche et que les ressources
génétiques continuent d'être améliorées", dit le texte de loi. En sont exemptés
les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales.
Depuis 2001, cette taxe est appliquée pour une seule espèce : le blé tendre.
Nommée "contribution volontaire obligatoire", elle est empochée par
l'interprofession des semenciers. L'agriculteur doit payer 50 centimes par tonne
de blé lors de la livraison de sa récolte. Ce système devrait donc être étendu à
21 espèces, dont la liste reste ouverte, assure Xavier Beulin, président de la
FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), sur le site
du syndicat.
En somme, pour Guy Kastler, délégué général du réseau Semences paysannes et
membre de la Confédération paysanne, "pour la moitié des espèces cultivées – le
soja, les fruits, les légumes… –, il est interdit de réutiliser ses propres
graines, et pour l'autre moitié – céréales et plantes fourragères –, il faut
payer pour ressemer."
Vers une privatisation des semences ?
Plusieurs associations écologistes et paysannes craignent ainsi une mainmise
accrue de la filière semencière sur l'accès aux graines, via un droit de
propriété étendu aux récoltes et aux graines qui en sont issues. Avec la taxe,
"même les agriculteurs qui se passent des semences commerciales doivent payer
pour ces semences", déplore Guy Kastler. Le militant redoute que la part des
semences de ferme ne s'amenuise, à mesure que ces dernières deviennent plus
chères et donc moins intéressantes pour l'agriculteur. Entre cette taxe et
l'interdiction de ressemer ses propres graines, l'agriculteur est de plus en
plus incité, non plus à produire, mais à acheter ses semences. D'où la crainte
d'une dépendance accrue aux entreprises semencières.
Mais du point de vue de Xavier Beulin, la contribution de tous à la recherche
sur les espèces cultivées se justifie, dans la mesure où même les semences de
ferme en sont généralement issues. Dressant un parallèle avec la loi Hadopi
visant à "protéger les créateurs" de films et de musique, le président de la
FNSEA estime qu'il est "normal que [ceux qui utilisent des semences fermières]
participent aussi au financement de la création variétale, puisqu'ils en
bénéficient". Opposé à cet argumentaire, le syndicat Coordination rurale relève
sur son site que Xavier Beulin n'est pas seulement à la tête du premier syndicat
agricole. Il dirige aussi le groupe Sofiprotéol, "qui détient des participations
dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain...)".
Vers une perte de biodiversité ?
Autre crainte : l'impact de cette mesure sur la diversité agricole. Certes,
ressemer une même variété – presque toujours issue de la recherche – n'accroît
pas, a priori, la biodiversité. D'autant que "pour les grandes cultures, aucune
variété utilisée n'est le fruit d'une conservation ancestrale ; toutes ont été
développées grâce à la création variétale", souligne Xavier Beulin.
Toutefois, ressemer sa récolte peut entraîner des variations dans l'espèce, et
donc favoriser cette biodiversité, nuance Guy Kastler. "Des caractères nouveaux
apparaissent, permettant à la plante d'être mieux adaptée au sol, au climat, aux
conditions locales. Il est alors possible de réduire les engrais et les
pesticides. A l'inverse, les semenciers adaptent les plantes aux engrais et aux
pesticides, qui sont partout les mêmes." Ils tendraient donc plutôt à créer de
l'uniformité dans les plantes, où qu'elles soient cultivées.
Vers le régime du brevet ?
Le COV est, en France, une alternative au brevet sur le vivant, en vigueur aux
Etats-Unis par exemple. Ce droit de propriété intellectuelle est détenu par les
entreprises ayant obtenu, par la recherche, les espèces cultivées, et qui
jouissent donc du monopole de la vente des semences de cette espèce avant
qu'elle ne tombe dans le domaine public – comme c'est le cas d'environ 450
d'entre elles en France. D'aucuns, comme Guy Kastler, craignent un glissement
vers ce régime du brevet, en limitant le droit des agriculteurs d'utiliser
librement les semences protégées.
Toutefois, à la différence du COV, le brevet interdit complètement aux
agriculteurs de ressemer leur récolte, indemnités ou pas, note Delphine Guey.
C'est le cas des variétés OGM de la firme américaine Monsanto qui, selon
Marie-Monique Robin dans le documentaire Le Monde selon Monsanto, a même créé
une sorte de "police des semences" spécialisée dans la traque des agriculteurs
semant ou échangeant illégalement les graines qu'ils récoltent.
Autre différence avec le brevet, le COV permet aux obtenteurs d'utiliser
librement une variété protégée pour utiliser ses ressources génétiques et en
sélectionner de nouvelles. Ainsi, travailler sur un gène d'une espèce ne permet
pas de la breveter et donc de se l'approprier totalement. Une distinction qui a
permis, selon Delphine Guey, de préserver une diversité d'entreprises
semencières françaises. Et donc de laisser aux agriculteurs un plus ample choix
d'espèces à leur disposition. Toutefois, si le brevet des espèces vivantes n'est
pas de mise en France, le brevetage des gènes des plantes y est, lui, de plus en
plus pratiqué.
Angela Bolis
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«Sarkozy croit purger le malade en le
saignant»
INTERVIEWA quelques heures du discours du chef de l'Etat à Toulon sur la crise
européenne, Jacques Généreux, proche de Jean-Luc Mélenchon, fustige une
«soumission à la discipline des dogmes néolibéraux.»
200 commentaires
Par LILIAN ALEMAGNA
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à Berlin le 14 juin 2010. (Thomas Peter.
Reuters)
Economiste en chef de Jean-Luc Mélenchon, Jacques Généreux prédit, demain à
Toulon, un appel de Nicolas Sarkozy aux Français à «se soumettre à la discipline
commune des dogmes néolibéraux». Et défend la politique du Front de gauche face
à la crise.
Nicolas Sarkozy est de retour à Toulon jeudi. Quel bilan faîtes-vous depuis son
premier discours sur la crise financière?
On est à mille lieux des engagements prix par le chef de l'Etat en 2008. Aucune
sanctions contre les responsables de la crise, pas de limites aux mouvements de
spéculation... Et un reniement: il avait alors pris l'engagement de ne pas mener
de politique d'austérité! On en est déjà au deuxième plan de rigueur, en
attendant un troisième... A Toulon, Nicolas Sarkozy va justifier les efforts
nécessaires et préparer les Français à l'idée que les Etats-nations européens
doivent désormais se soumettre à la discipline commune des dogmes néolibéraux.
Justifier encore plus d'austérité.
Les économistes du Front de gauche se sont réunis mardi à Paris: quelles
seraient les mesures que vous prendriez face à la crise des dettes européennes?
En France, à part le Front de gauche, la droite et la gauche proposent
l'austérité comme seule solution à la crise. Nicolas Sarkozy croit encore au
dogme de l'austérité salvatrice, celle qui va purger le malade en le saignant.
François Hollande croit aussi que l'on n'a pas d'autres choix pour faire une
politique sociale que de redresser d'abord les comptes publics. C'est une
stratégie imbécile! Nous avons eu sous les yeux, avec la Grèce, la preuve que
cela mène à la catastrophe: une telle politique dégrade encore plus les comptes
publics, augmente le chômage et ne casse pas la spéculation...
Mais que ferait le Front de gauche concrètement?
Mettre d'abord au pas la finance puis relancer l'activité par une planification
écologique et un autre partage des richesses. Pour se rendre indépendant des
pressions des marchés, il faut impérativement que le système européen de banques
centrales - dont la banque centrale centrale européenne (BCE) - puisse prêter
aux Etats à taux réduits et acheter directement de la dette souveraine des
pays... On casserait alors la spéculation actuelle qui touche la zone euro.
Cela suppose de revenir sur l'indépendance de la BCE. Comment faîtes-vous avec
des Allemands qui n'en veulent pas?
D'abord, j'observe qu'on ne nous traite plus, sur ce point, d'archaïques, de
fous. Ces idées, par la force de la crise, ont fait leur chemin. Les faits nous
ont donné raison: il faut remettre en cause ce dogme dominant d'une indépendance
de la BCE. Ce que nous dénoncions déjà lors du référendum européen de 2005.
Certes, l'Allemagne est résistante mais vous voyez comment les taux d'intérêt
s'envolent! L'Allemagne elle-même la semaine dernière a eu des difficultés à
refinancer sa dette. Les marchés ne laissent pas d'autres choix que de revenir
sur les statuts de la BCE. Que croyez-vous qu'il va se passer si les taux
d'intérêt de l'Italie s'envolent à plus de 10%? On n'attendra pas une réforme
des traités! L'UE ne peut laisser un Etat s'effondrer.
Pourquoi, si cela est si simple, les Allemands ne bougent pas?
Ils vont bouger... Les prises de position des syndicats allemands ont déjà
évolué sur le sujet. Nous sommes les victimes de cette phobie singulière qu'on
les Allemands de l'inflation, une peur panique liée à son histoire. Or,
contrairement à la période des années 1930, nous ne risquons pas de choc
inflationniste. Au contraire... Et puis sur le plan politique, ce serait un
suicide pour Angela Merkel que de plier aujourd'hui sur cette question après
avoir défendu si fortement l'indépendance de la BCE. Cette résistance politique
est criminelle car destructrice pour l'Europe.
Sauf que rien ne peut se faire sans les Allemands. Donc sans eux, pas de
politique du Front de gauche...
Mais nous avons un avantage: nous sommes pour le principe de désobéissance si
nous ne pouvons pas faire autrement! Le PS est dans la négociation, la
conviction, le consensus... Nous, nous prévenons nos partenaires que nous sommes
prêts à le faire tout seul. Nous espérons ne pas en arriver là mais s'il le
fallait, nous le ferions. Pour l'Allemagne, ce serait terrorisant de voir la
France prendre des marges de liberté qui entraineraient d'autres pays européens.
Immédiatement, les Allemands diraient: ''Ok, on va discuter...'' Aujourd'hui,
les gouvernements n'acceptent de faire quelque chose que sous la pression de la
catastrophe.
Libé+ 30/11/2011
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«Le futur n’est pas objectif»
L’économiste André Orléan défie le concept d’objectivité des valeurs financières
et propose de «refonder» une théorie économique dépassée, incapable de prévenir
ou de comprendre les crises.
Recueilli par Vittorio De Filippis Photo Jérôme Bonnet
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C’est sans aucun doute l’un des ouvrages d’économie les plus opportuns et
pertinents du moment. Publié dans un contexte de crise économique et financière
qui n’en finit pas de tout remettre en cause, le livre d’André Orléan, l’Empire
de la valeur, refonder l’économie (1), ne se contente pas de faire le procès des
dérives d’une économie mondiale financiarisée à l’extrême. La thèse de cet
économiste de renommée internationale tente de démontrer que la théorie
dominante, néoclassique, part d’hypothèses trop restrictives, qui l’empêchent de
voir l’économie dans sa totalité.
Convaincant de bout en bout, André Orléan montre pourquoi et comment cette
approche de la discipline ne saisit qu’une partie restreinte de la réalité
économique. Le point crucial de son travail est l’idée selon laquelle il
existerait une «valeur économique» indiscutable. A l’inverse des anthropologues,
des historiens ou encore des sociologues - pour lesquels les valeurs (morales,
religieuses, esthétiques) sont des croyances collectives, des représentations
grâce auxquelles les individus se coordonnent -, les économistes suivent un
autre raisonnement. Au point de prétendre que tout peut être mesuré, et de façon
objective. André Orléan propose une approche qui réconcilie les deux
raisonnements (économique et sociologique). Il soutient que la valeur économique
n’est pas, par nature, distincte des autres valeurs sociales. Elle est, elle
aussi, le résultat d’une opinion qui dépasse les simples notions de l’utilité ou
de la valeur de travail. Entretien.
Vous écrivez dès la première page de l’Empire de la valeur que nous vivons
une faillite extrême de l’économie en tant que discipline. Ce jugement n’est-il
pas excessif ?
Non, ce jugement est à la mesure des défaillances observées. Il ne s’agit pas
seulement du fait que les économistes n’ont pas «prévu la crise», comme on
l’entend répéter. Ce qui pose problème est plus grave. Avant 2007, dans leur
écrasante majorité, les économistes ont cru dur comme fer à l’efficience des
marchés financiers. Ils ont activement milité pour une forte dérégulation parce
qu’ils y ont vu l’assurance d’un système financier robuste et efficace. Pensez
qu’à cette époque, la titrisation du crédit apparaissait comme le moyen d’en
finir avec les crises bancaires d’antan ! Ce dont il s’agit, ce n’est pas d’une
erreur de prévision mais d’une incompréhension massive et profonde de la nature
même de la réalité financière. Il suffit de lire les rapports de l’époque pour
s’en convaincre : les experts ne croyaient plus à la plausibilité d’une crise
systémique. En conséquence, pour qualifier un tel écart entre la réalité et le
diagnostic, le terme de «faillite extrême» ne me semble pas trop fort.
Est-il nécessaire, comme vous le proposez, de «refonder l’économie» ? Qui,
aujourd’hui, oserait proposer de refonder la physique ?
Une fois passé le choc de la crise, ce qui domine désormais dans la communauté
des économistes est le mot d’ordre : «Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.»
Autrement dit, s’il est reconnu qu’il y a eu des dérives et des insuffisances,
aujourd’hui, le paradigme dominant n’est plus remis en cause, ni dans
l’enseignement ni dans la recherche.
Rien ne bouge ?
Non, rien. Il est fait le pari que l’on peut renouveler notre compréhension de
l’économie en restant à l’intérieur du même cadre conceptuel. Joseph Stiglitz
m’apparaît comme le meilleur représentant de cette stratégie, le plus illustre
et le plus convaincant. Certes, sa théorie des asymétries d’information permet
de montrer que les marchés connaissent des défaillances. Mais son approche
conserve les mêmes concepts de base (utilité, rationalité, équilibre). Ce qui
change est la manière dont l’information est répartie entre les acteurs.
Ce n’est pas votre perspective ?
Non, ma proposition est autre. A mon sens, les concepts les plus fondamentaux de
l’économie doivent être remis en cause, au premier rang desquels l’approche de
la valeur. Comme vous, je mesure tout ce que le mot d’ordre «refonder
l’économie» peut avoir de problématique. Il n’a rien a priori pour me plaire,
mais il s’impose à moi. Ce qui doit être modifié est bien le regard d’ensemble
que porte l’économie sur la société. Il faut en passer par là.
Nous voilà revenus à la question de la valeur qui donne son titre à votre
livre. Pourquoi cette notion est-elle si importante ?
Parce que c’est le concept de base de l’économie ! Cette discipline traite de la
valeur économique comme les autres sciences sociales traitent des valeurs
morales, religieuses ou esthétiques. Il s’agit de savoir pourquoi les
marchandises s’échangent. Sur cette question, l’économie a varié. Pour les
classiques (Smith, Ricardo et Marx), la valeur provient du travail, et les
marchandises s’échangent au prorata du travail nécessaire à les produire ; pour
les néoclassiques, encore appelés marginalistes (Jevons, Menger et Walras),
c’est l’utilité qui fonde la valeur, et l’échange se fait conformément aux
utilités respectives des marchandises. Je remarque cependant que ces deux
réponses ont en commun de penser la valeur économique à partir d’une substance :
dans un cas, le travail, dans l’autre, l’utilité. Le propre de ces substances
est de pouvoir être calculées indépendamment des échanges. Le travail nous
renvoie à la production et l’utilité aux préférences des consommateurs. Il
s’ensuit une construction étrange, sans équivalent du côté des sciences
sociales, ce que j’appelle «l’économie des grandeurs» : qui pense le monde, non
pas en partant des relations que nouent les acteurs lors des échanges marchands,
mais à partir du calcul de certaines grandeurs censées dominer entièrement
l’action des individus.
Mais la valeur des actifs financiers reste tout de même une mesure objective
de la réalité ?
Les marchés financiers illustrent pleinement cette économie des grandeurs. Par
excellence, la finance s’impose à nous comme le monde du calcul. On ne cesse d’y
calculer. D’où l’importance qu’y jouent les ingénieurs et les mathématiciens.
C’est parce que Robert Merton et Myron Scholes ont proposé une formule
permettant de calculer la valeur des produits dérivés qu’ils ont reçu en 1997 le
prix Nobel d’économie. S’il en est ainsi, c’est parce que domine l’idée selon
laquelle les actifs financiers ont des valeurs objectives. Peu importent les
interactions entre acteurs, la valeur doit finir par l’emporter. Cette analyse
n’est pas satisfaisante.
Vous contestez donc l’idée de valeur objective qui pourtant domine l’économie
et particulièrement les marchés financiers ?
Oui. Pourquoi ne peut-il y avoir de valeur objective ? Parce qu’un titre
financier est un droit sur des revenus futurs et qu’en conséquence, sa
rentabilité dépend d’événements à venir dont nous ne connaissons pas aujourd’hui
le résultat.
Un exemple ?
Prenez le taux d’intérêt des dettes publiques. Le niveau de ce taux est supposé
mesurer la probabilité de défaut de l’Etat émetteur : plus le risque de défaut
est grand, plus l’investisseur est en droit d’exiger un intérêt élevé pour
rémunérer le risque qu’il prend. Est-il possible aujourd’hui de produire une
mesure objective de ce taux de défaut ? Je ne le crois pas. Parmi toutes les
raisons qui peuvent être invoquées pour justifier cette thèse, je n’en
retiendrai ici qu’une, parce que le défaut du pays demain dépend de l’évaluation
qui en est faite aujourd’hui. Autrement dit, le futur n’est pas un fait objectif
sur lequel l’action des individus serait sans prise. L’évaluation est
indissociable de l’action.
Si nous admettons qu’il n’existe pas de valeur objective, qu’est-ce que
représentent les prix qui se forment tous les jours sur les marchés ?
Commencez par admettre avec moi que la variabilité extrême des prix, à la hausse
comme à la baisse, ne plaide pas pour l’idée d’une objectivité de la valeur.
Alors que les variables économiques réelles fluctuent selon des taux de
croissance annuels de l’ordre de quelques pour-cents, comment expliquer des
variations de cours pouvant atteindre 20 % en une seule journée ? L’hypothèse
d’une valeur objective ne semble guère adaptée aux réalités financières. A
nouveau, prenez l’exemple des dettes publiques. Avant 2007, on a assisté à une
convergence massive des taux d’intérêt sur les emprunts d’Etat pour tous les
pays de la zone euro. L’existence d’un risque souverain spécifique à chaque pays
a alors totalement disparu des calculs financiers. Et puis, après 2008,
revirement à 180 degrés, on assiste à une discrimination exacerbée entre les
pays. Ni avant la crise ni après la crise, le taux d’intérêt de marché ne peut
prétendre nous fournir une mesure satisfaisante du risque de défaut des pays.
Cette critique des marchés n’est-elle pas désormais largement diffusée ?
Qu’apportez-vous de nouveau ou de spécifique ?
En effet, depuis la crise, j’observe chez les économistes une salutaire prise de
conscience à l’égard des dangers de la finance. Il n’en reste pas moins un débat
quant à la nature même de ces dangers et quant aux réformes à appliquer pour les
contenir. L’originalité de ma critique vient du fait qu’elle porte directement
sur l’objectivité de la valeur. On touche là à l’une des croyances les plus
ancrées des économistes depuis Smith. Encore une fois, même Joseph Stiglitz
conserve l’hypothèse d’une valeur objective. Pour lui, le problème central vient
de l’information. Les titres ont bien une valeur objective mais celle-ci n’est
connue que des vendeurs et pas des acheteurs, ce qu’on appelle une asymétrie
d’information. Pour y remédier, Stiglitz estime qu’il faut plus de transparence
de façon à ce que les acheteurs en sachent autant que les vendeurs. Ce mot
d’ordre de la «transparence» est au cœur des réformes préconisées par le G20.
A vous entendre, cette théorie ne permet pas de saisir toutes les facettes de
la finance ?
Elle est assurément brillante et elle nous est très utile pour comprendre de
nombreuses situations. Mais je doute qu’elle permette de comprendre les marchés
financiers. Sur ces marchés même les vendeurs ne sont pas capables d’estimer
leurs produits.
Pourquoi ?
Parce que la valeur d’un titre dépend de variables imprévisibles comme, par
exemple, le prix de l’immobilier, qui échappe autant au vendeur qu’à l’acheteur.
L’incertitude économique est bien plus forte que les seules asymétries
d’information. En conséquence, la transparence ne suffit nullement à promouvoir
la stabilité de la finance. Internet nous a montré l’exemple d’une bulle
spéculative extrême alors même que les titres étaient parfaitement transparents.
Les acheteurs savaient exactement ce qu’ils achetaient. Cela ne les a pas
empêchés de les évaluer n’importe comment. La transparence ne suffit pas à
contenir l’instabilité.
Dans votre livre, vous dites en substance qu’il y a des vrais individus et
des homo œconomicus, qui eux sont de faux individus. Qu’est-ce que cela prouve ?
Je ne dis pas que l’homo œconomicus est un faux individu. Tout au contraire,
j’admets qu’il possède une certaine vraisemblance. Mais je me refuse à y voir le
modèle général de l’acteur économique, comme le fait l’économie néoclassique.
L’homo œconomicus a pour caractéristique de savoir parfaitement - avant même
d’échanger -, ce qu’il veut. Or cette hypothèse ne décrit qu’une partie de la
réalité. Le plus souvent, l’acteur économique ne sait pas vers quelles
marchandises diriger son désir. Il se détermine en observant ce que les autres
font. Il cherche des modèles qui puissent lui indiquer ce qu’il est bon
d’acheter.
Contrairement à l’homo œconomicus, l’individu mimétique est un être foncièrement
social, constamment façonné par les interactions. C’est seulement lorsque ses
préférences se stabilisent que l’hypothèse de l’homo œconomicus devient valide.
En cela, la théorie que je propose se veut générale. Elle ne rejette pas l’homo
œconomicus mais en fait un cas particulier. Ce qui est premier est l’interaction
avec les autres. Les goûts ne sont pas une donnée naturelle mais résultent d’un
apprentissage social.
Libé+ 03/12/2011 |
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Société 02/12/2011 Libé+
Le crachat et le rêve français…
Par Amine EL KHATMI 23 ans, étudiant en droit (master 2), Français
Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités
territoriales et de l’Immigration
Monsieur le ministre,
La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous
dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son
dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux
critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit
sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.
Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le
ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement
le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de
scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale
économique marocaine.
Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière,
fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de
Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son
attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le
12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.
Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais
la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace
d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule
administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous
confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons,
qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux
qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à
installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.
La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour
après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues,
dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de
passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le
jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la
Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme - j’y ajoute toute
femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis,tout(e)
étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une
année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e)
Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e)
enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité,
est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de
ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des
avions à destination de pays parfois en guerre.
Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette
décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable.
Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé
à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui,
guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et
océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se
nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.
Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la
décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de
l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur
dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons
face à votre conscience.
Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos
certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un
nouveau dossier.
Je ne vous salue pas, monsieur le ministre.
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De quoi le zombie est-il le nom ?
Le Point.fr - Publié le 03/12/2011 à 09:27 - Modifié le 03/12/2011 à 09:50
Les "marches de morts-vivants" rassemblent des milliers de participants, les
goules envahissent les écrans... Analyse.
Enfant zombie lors de la "marche" de Mexico, le 26 novembre 2011.
Enfant zombie lors de la "marche" de Mexico, le 26 novembre 2011. © Marco Ugarte
/ Sipa
Par Marion Cocquet
La pancarte est glissée au milieu de la foule putréfiée et gémissante qui
boitille dans les rues ensoleillées de Mexico. "J'ai été à la Chambre des
députés, je n'ai pas trouvé de cerveaux." Le 26 novembre, avec 10 000
participants, la capitale mexicaine battait le record mondial des "zombie walks",
ces marches de morts-vivants grimés à la perfection qui, depuis une dizaine
d'années, s'organisent sur les cinq continents avec un succès croissant.
En même temps que la rue, le zombie a gagné la littérature, le cinéma, la
télévision. La série Walking Dead a ainsi battu des records d'audience ; le
Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks s'est écoulé à plus d'un
million d'exemplaires et sa World War Z vient d'être adaptée au cinéma, avec
Brad Pitt en star des survivants. Hors genre, La route de Cormac McCarthy, plus
difficile, mais à peine moins populaire, suivait en 2005 la marche sans fin d'un
père et de son fils dans un monde post-apocalyptique, peuplé de rares survivants
acculés au cannibalisme.
Risques
Pas de cerveau à dégoter à l'Assemblée mexicaine ? Au-delà de la plaisanterie,
l'avertissement donne du grain à moudre aux observateurs, pour qui le "mouvement
zombie" a résolument quitté le club des geeks et autres fans de George Romero
pour devenir contestataire et politique. En octobre, un cortège de morts-vivants
rejoignait ainsi les Indignés de Wall Street ; quelques mois plus tôt, en juin,
les étudiants du Chili manifestaient contre leurs conditions d'éducation en
habits de déterrés.
"Le zombie est d'abord un symbole de l'anarchie, qui menace de bouleverser
l'ordre établi", estime Anne Billson, critique de cinéma au Guardian et experte
du genre, pour qui le mort-vivant peut par ailleurs "figurer toute section de la
société, qui, pour des raisons sociales ou politiques, peut être
dépersonnalisée". Les morts-vivants représenteraient, tour à tour et au choix,
les pauvres, les réfugiés, les hooligans ou les traders. D'autres vont plus
loin, et n'hésitent pas à voir dans la goule le symbole d'un prolétariat dont
les classes dirigeantes auraient absorbé la substance vitale. Là où le vampire
exhibe son aristocratique pâleur et plante ses crocs raffinés dans le cou des
jeunes filles de bonne famille, les morts-vivants sont, quelle qu'ait été leur
existence, ramenés à une condition commune et traînent tout uniment un corps
mort et un cerveau infecté.
La comparaison marxisante ne tient cependant qu'à moitié, estime Vincent Paris,
professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent, au Québec : "Le prolétaire
revendique, il est en mouvement, il est chargé d'espérances ; le zombie est un
mort qui erre, et qui ne veut rien d'autre que de la chair humaine... N'ayant
pas de conscience, il ne peut par définition être aliéné." Le phénomène est dès
lors moins politique que social et doit, estime le chercheur, être remarqué
d'abord en vertu de sa dimension "inclusive", "intégratrice" : les marches
mêlent aujourd'hui tous les âges et tous les milieux sociaux. Par ailleurs,
analyse Vincent Paris, les "zombie walks" mettent en scène la thématique du
"risque", qui, du sida à la grippe A en passant par le nucléaire, hante nos
sociétés et pèse également sur tous leurs membres.
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Par Marion Cocquet
La pancarte est glissée au milieu de la foule putréfiée et gémissante qui
boitille dans les rues ensoleillées de Mexico. "J'ai été à la Chambre des
députés, je n'ai pas trouvé de cerveaux." Le 26 novembre, avec 10 000
participants, la capitale mexicaine battait le record mondial des "zombie walks",
ces marches de morts-vivants grimés à la perfection qui, depuis une dizaine
d'années, s'organisent sur les cinq continents avec un succès croissant.
En même temps que la rue, le zombie a gagné la littérature, le cinéma, la
télévision. La série Walking Dead a ainsi battu des records d'audience ; le
Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks s'est écoulé à plus d'un
million d'exemplaires et sa World War Z vient d'être adaptée au cinéma, avec
Brad Pitt en star des survivants. Hors genre, La route de Cormac McCarthy, plus
difficile, mais à peine moins populaire, suivait en 2005 la marche sans fin d'un
père et de son fils dans un monde post-apocalyptique, peuplé de rares survivants
acculés au cannibalisme.
Risques
Pas de cerveau à dégoter à l'Assemblée mexicaine ? Au-delà de la plaisanterie,
l'avertissement donne du grain à moudre aux observateurs, pour qui le "mouvement
zombie" a résolument quitté le club des geeks et autres fans de George Romero
pour devenir contestataire et politique. En octobre, un cortège de morts-vivants
rejoignait ainsi les Indignés de Wall Street ; quelques mois plus tôt, en juin,
les étudiants du Chili manifestaient contre leurs conditions d'éducation en
habits de déterrés.
"Le zombie est d'abord un symbole de l'anarchie, qui menace de bouleverser
l'ordre établi", estime Anne Billson, critique de cinéma au Guardian et experte
du genre, pour qui le mort-vivant peut par ailleurs "figurer toute section de la
société, qui, pour des raisons sociales ou politiques, peut être
dépersonnalisée". Les morts-vivants représenteraient, tour à tour et au choix,
les pauvres, les réfugiés, les hooligans ou les traders. D'autres vont plus
loin, et n'hésitent pas à voir dans la goule le symbole d'un prolétariat dont
les classes dirigeantes auraient absorbé la substance vitale. Là où le vampire
exhibe son aristocratique pâleur et plante ses crocs raffinés dans le cou des
jeunes filles de bonne famille, les morts-vivants sont, quelle qu'ait été leur
existence, ramenés à une condition commune et traînent tout uniment un corps
mort et un cerveau infecté.
La comparaison marxisante ne tient cependant qu'à moitié, estime Vincent Paris,
professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent, au Québec : "Le prolétaire
revendique, il est en mouvement, il est chargé d'espérances ; le zombie est un
mort qui erre, et qui ne veut rien d'autre que de la chair humaine... N'ayant
pas de conscience, il ne peut par définition être aliéné." Le phénomène est dès
lors moins politique que social et doit, estime le chercheur, être remarqué
d'abord en vertu de sa dimension "inclusive", "intégratrice" : les marches
mêlent aujourd'hui tous les âges et tous les milieux sociaux. Par ailleurs,
analyse Vincent Paris, les "zombie walks" mettent en scène la thématique du
"risque", qui, du sida à la grippe A en passant par le nucléaire, hante nos
sociétés et pèse également sur tous leurs membres. |
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"The Lady" : images pieuses de Birmanie
De la Birmanie et des Birmans, on ne connaît
souvent que la figure d'Aung San Suu Kyi. Et cette figure admirable cache à son
tour la femme qui lutte depuis des décennies contre la dictature qui écrase le
pays (il s'agit là, bien sûr, d'une généralité qui souffre de très nombreuses
exceptions : l'information sur la réalité birmane et la situation politique est
à portée d'ordinateur).
The Lady, le film que Luc Besson a consacré à la dirigeante birmane, voudrait
sans doute donner chair à cette icône de la lutte pour la démocratie, éclairer
ce pays maintenu dans l'obscurité par ses militaires. Jamais le réalisateur
français ne s'approche de cet objectif.
Malgré ses deux heures de projection, ses figurants par centaines, ses acteurs
d'exception, The Lady n'offre pas plus d'informations et d'émotions qu'une image
pieuse.
Pourtant, le parti pris de départ est audacieux. Aung San Suu Kyi (l'actrice
chinoise de Hongkong, Michelle Yeoh) avait épousé un universitaire britannique,
Michael Aris (David Thewlis, vu jadis chez Mike Leigh, plus récemment aux côtés
de Harry Potter).
Le scénario de Rebecca Frayn veut suivre l'engagement progressif d'Aung San Suu
Kyi (fille de l'un des héros de la lutte anticoloniale) à travers le regard de
Michael Aris. Séparé de son épouse, assignée à résidence par les militaires,
atteint d'un cancer, il ne la voit qu'à l'occasion de rares voyages en Birmanie.
C'est lui qui élève leurs deux fils, privés d'une mère dont ils n'ont de
nouvelles que par le World Service de la BBC.
Ce versant occidental et privé d'une tragédie qui, à l'autre bout du monde,
engouffre tout un peuple, aurait dû servir de porte d'entrée à cette histoire
hors du commun. Mais Luc Besson reste sur le seuil, comme paralysé. Chaque scène
se limite à la simple énonciation d'une situation.
Alors qu'elle est à Rangoun au chevet de sa mère, Aung San Suu Kyi reçoit la
visite d'une délégation qui lui demande de prendre la tête du mouvement pour la
démocratie. Après deux phrases de refus poli, elle accepte. On passe ensuite à
la séquence suivante.
Impossible de déterminer s'il s'agit pour elle d'un événement attendu depuis
longtemps, d'une décision prise dans l'instant, d'un fardeau terrible qu'elle
voudrait écarter ou d'un destin qu'elle doit réaliser.
Ce laconisme permanent touche aussi bien les méchants. Le général Ne Win, chef
de la junte, abat à bout portant un subordonné qui l'a contrarié. On a signifié
sa brutalité, une autre séquence nous apprendra qu'il est superstitieux. Sur les
mécanismes qui ont permis à la dictature militaire birmane de faire jeu égal
avec le régime de Corée du Nord en termes de longévité, rien.
Rien non plus sur la nature du lien qui unit Aung San Suu Kyi à Michael Aris.
Voilà deux acteurs, Michelle Yeoh et David Thewlis, qui ont prouvé l'une chez
Ang Lee, l'autre chez Mike Leigh qu'ils étaient capables de la plus exquise
précision. Ils en sont réduits à s'adresser mutuellement les signes d'affection
des époux les plus coincés. La faute encore à ce découpage mécanique du récit,
qui se contente d'afficher brièvement chacun des incidents du récit.
On sait pourtant que l'hagiographie n'est pas incompatible avec le bon cinéma.
Voir le Milk de Gus Van Sant, par exemple. Il manque ici une intimité avec le
sujet du film, et peut-être (on n'aurait pas cru ça d'un homme qui veut et
réussit parfois à faire jeu égal avec les magnats hollywoodiens) un peu de
confiance en soi.
LA BANDE-ANNONCE
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Film français de Luc Besson avec Michelle Yeoh, David Thewlis. (2 h 07.)
Thomas Sotinel
The Lady
Drame réalisé en 2011 par Luc Besson
LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 30/11/2011
La biographie d'une Prix Nobel de la paix par le papa des Minimoys ? Luc Besson,
dont le cinéma ne s'est jamais embarrassé de subtilités, même dans un film plus
« adulte » comme Jeanne d'Arc, était-il le réalisateur le plus qualifié pour
raconter le combat de la démocrate Aung San Suu Kyi contre la dictature
militaire en Birmanie ?
La première demi-heure fait craindre le pire. La politique se résume à un
affrontement binaire : les généraux de la junte, forcément cruels et vicieux,
ont la (sale) gueule de l'emploi quand les démocrates sont beaux, souvent
jeunes, toujours admirables de courage et de zen, même au fond de leur cellule.
Quant à Aung Saan Suu Kyi, ce n'est plus une héroïne, mais une sainte en collier
de fleurs. Une icône célébrée par les ralentis de Besson et la musique, tout
aussi pompière, d'Eric Serra. Michelle Yeoh a le mérite d'opposer à cette
grandiloquence un jeu retenu, un charisme sobre, raccord avec l'image de la
vraie Aung San Suu Kyi.
The Lady séduit en revanche là où ne l'attendait pas : dans le registre du mélo.
Le film est le récit d'un sacrifice. Assignée à résidence dans sa villa de
Rangoon, Aung San Suu Kyi est séparée de ses deux garçons et de son mari
anglais, restés à Oxford et interdits de séjour en Birmanie - hormis pour de
brèves visites, dont la dernière en 1995. Michael Aris a soutenu le combat de sa
femme, jusqu'à sa mort d'un cancer en 1999, à Londres. David Thewlis incarne ce
professeur so british courant le monde pour arracher des soutiens diplomatiques
en faveur de son épouse, avec un mélange touchant de fougue et de gaucherie.
Cette fois, on ne reprochera pas à Luc Besson de faire du tape-à-l'oeil : son
montage parallèle entre sa captivité à elle et ses démarches à lui est simple
mais efficace pour exprimer la douleur de la séparation. Emouvante séquence du
Nobel : Michael et les enfants reçoivent la récompense à Oslo au nom de leur
épouse et mère. « Suu » écoute la cérémonie en direct sur son pauvre poste de
radio. Avant d'accompagner, au piano, le grand orchestre qui joue sa mélodie
préférée à des milliers de kilomètres de là...
Samuel Douhaire
http://www.telerama.fr/cinema/films/the-lady,430634,critique.php
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La langue maternelle est... paternelle

Images du film "La Guerre du feu". © Belstar
Production / Stephan Films
Une étude anglaise montre que les hommes imposent
leur langue là où ils s'installent, supplantant ainsi celle des femmes.
Les hommes auraient eu, depuis toujours, le dernier
mot. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs de l'université de Cambridge dans
une étude basée sur l'analyse de données génétiques et de flux migratoires.
D'après Colin Renfrew et Peter Foster, qui ont dirigé la recherche publiée dans
Science, les mutations linguistiques sont un phénomène dans lequel les hommes
jouent un rôle déterminant : quand un homme arrive, c'est sa langue qui
s'impose.
Pour en arriver là et reconstituer le mode de transmission de la langue, les
chercheurs ont examiné des marqueurs génétiques spécifiques à chaque sexe dans
de nombreuses communautés à travers le monde. L'étude s'est attachée à suivre la
transmission à la descendance du chromosome Y chez les hommes et de l'ADN
mitochondrial chez les femmes. Avec cette conclusion : la transmission du
langage est liée au sexe.
Lire la suite
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Sarkozysme et justice, ou les ravages d’un projet
ultralibéral

Par MATTHIEU BONDUELLE Secrétaire général du Syndicat de la magistrature
Le 12 décembre 2003, celui qui n’était alors «que» ministre de
l’Intérieur déclarait aux futurs juges et procureurs de l’Ecole nationale de la
magistrature : «Je ne suis pas garde des Sceaux, mais il y aurait des choses à
faire dans ce secteur. Ne le répétez pas, on me prêterait des ambitions que je
n’ai pas (1).» La suite a confirmé qu’il en avait un peu plus, mais cette série
d’antiphrases prononcées en ces lieux éclaire rétrospectivement la domination
que l’actuel chef de l’Etat a choisi d’asseoir sur l’institution judiciaire. On
aurait tort, cependant, d’y voir seulement l’empreinte d’un ressentiment
personnel.
Trop souvent, les poncifs de la psychologie spontanée altèrent l’analyse des
relations entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire. Ainsi, lorsque
celle-ci résiste aux tentatives de délégitimation et de domestication émanant de
celui-là, il ne peut s’agir que d’une «grogne» ou d’un «mouvement d’humeur»,
déshistoricisé et dépolitisé, comme le traitement de «l’affaire de Pornic» l’a
récemment illustré. Un double reproche contradictoire est alors adressé aux
magistrats : ils font de la politique (au sens péjoratif de «politique
politicienne») ; ils sont «corporatistes» (fausse analyse, vraie insulte qui
sert désormais à discréditer a priori toute contestation émanant d’un secteur
professionnel). On perd ainsi de vue la triple dimension sociale de la justice
qui est à la fois un service, une institution et un régulateur.
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suite
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Pour changer la société, changeons les juges

Par MICHEL MARCUS Magistrat honoraire, expert en sécurité urbaine.
«La gauche doit changer la société»,
préconise Pierre Rosanvallon. Premier pas du changement, la gauche devrait
changer la justice. Mais réclamer son indépendance, c’est se satisfaire de peu.
Ce sont les juges qu’il faut changer.
Quel est leur rôle dans la République ? «Ils sont là pour appliquer la loi»,
nous disent beaucoup de Français, lorsque des décisions de justice leur
déplaisent. S’ils n’étaient que des servants de la loi, les juges
appartiendraient au corps des fonctionnaires, soumis au pouvoir exécutif. Mais
ils n’appliquent pas seulement la loi. Ils disent le droit, en prenant en
considération la loi et en la confrontant à des situations humaines. Et la loi
évolue en raison de cette confrontation, qui oblige parfois le législateur à la
revoir.
Lire
la suite
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Au bord du vide, Cesaria Evora tire sa révérence

La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si
belle musique partout se retire du monde du spectacle
La chanteuse créole qui a porté son pays, le Cap-Vert, et sa si belle musique
partout se retire du monde du spectacle REUTERS
Elle était arrivée à Paris la semaine passée, avec 22 de tension, les jambes
comme des poteaux et un taux de cholestérol à abattre un éléphant. On la
retrouve cet après-midi-là le visage étrangement poupin. Cesaria Evora a repris
ses médicaments, elle va mieux, mais le briquet lui tombe des mains. Elle a de
la peine, lourde.
Dire est compliqué, alors elle plaisante : "Je vais arrêter, un jour, mais pas
que ça . En fait, j'arrête tout. Je n'ai pas de force, pas d'énergie. Je veux
que vous disiez à mes fans : excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer.
Je regrette infiniment de devoir m'absenter pour cause de maladie, j'aurais
voulu donner encore du plaisir à ceux qui m'ont suivie depuis si longtemps.
Lire la
suite
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Sonjé Mona
Mona, c’est ta voix de lumière
qui, longtemps encor, va guider nos pas
à la recherche de la plénitude de l’homme noir,
tantôt calme et chargée d’espoir,
tantôt de sagesse et d’amour,
portée par l’Esprit du Tambour,
tantôt vibrante de force et colère,
tellement semblable à la mer
sur laquelle vogue la yole
de nos vies insulaires…
Comme un fromager séculaire,
puisant la sève de ton énergie dans le sol
à travers la plante de tes pieds nus,
de notre Martinique tu fus
ce grand prophète
et c’est pourquoi, en ce jour,
tout le monde te fête…
Patrick MATHELIÉ-GUINLET
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"L'ALPHA & L'OMEGA", recueil de poèmes de 45 pages pour 41
textes, prix 10€, en vente dans les manifestations poétiques de Patrick Mathelié-Guinlet
et au TOM à Fort-de-France, lors des slam sessions chaque 1er jeudi du mois à
partir de 20h30. Et également, par contact téléphonique au 0696 26 85 77. Le
recueil est un mélange de poèmes en vers classiques ou libres dans lesquels
l'auteur se pose un certain nombre de grandes questions philosophiques ou
religieuses sur le rôle de l'homme et le sens de la vie en faisant parfois appel
à ses souvenirs passés... À noter la présence à la fin de l'ouvrage de deux
premiers textes en anglais.
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Le 30 juin 1999, Emile Nestor, quatre-vingts
ans, est retrouvé mort dans sa maison familiale. Il a reçu trois balles de long
rifle. Les premiers indices laissent supposer qu'il s'agit d'un suicide. Mais de
nombreux éléments restent suspects. Commence alors une enquête incertaine, menée
par un inspecteur singulier, qui nous entraînera dans les méandres de
l'histoire. Un récit inquiétant et dérangeant qui invite à une remontée dans un
passé obscur.
Finalement, ce n’est pas la vérité qui m’intéresse mais sa résistance. Ce que
nous découvrirons d’Émile Nestor a peu d’importance, c’est l’affaire de la
justice. L’essentiel c’est l’ici et maintenant de cette confrontation, la
manière dont nous cherchons à dénouer cette toile où les fils sont si serrés
qu’ils paraissent invisibles… »
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Galerie JM'Arts, 151 rue du chevaleret, 75013
Paris
Du mardi au samedi de 12HH0 à 19H00
Métro Chevaleret ligne 6
Métro Bibliothèque François Mitterand, ligne 14
06 14 80 42 00
06 25 23 40 82
06 96 44 49 16
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Mardi 13 décembre à 18 heure IUFM F-d-F |
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Clôture
du
Martinique
Jazz
Festival
2011
U n
festival
plus
ouvert
sur le
monde

par
Roland
Sabra
L'audace ne paie pas toujours. Samedi 26 novembre dans la
salle Aimé Césaire du CMAC s'ouvrait le Martinique Jazz Festival ( notez l'ordre
des mots!) avec en première partie en formation Quartet Grégory Privat, pianiste
fils de son père José lui même pianiste du groupe Malavoi. Le public a apprécié
et s'est laissé séduire par le manque de naturel du jeu quelque peu affecté de
l'artiste qui en fait des tonnes, dans une gesticulation imitative qui emprunte
vaguement à Glenn Gould et plus surement au grand guignol pour montrer à quel
point il est traversé, travaillé, envahi par les morceaux qu'il interprète. Il
faut dire que son toucher de clavier n'est pas aussi expressif et fait preuve
d'une assez grande pauvreté, comme s'il lui fallait souligner par le geste ce
que son interprétation ne sait dire. Taper n'est pas jouer. La complicité qu'il
entretient avec Sonny Troupé à la batterie et au ka lors d'un duo est néanmoins
l'occasion d'un rare moment de plaisir. Manu Godja à la guitare tire son épingle
du jeu, tandis que Damian Nueva à la basse est totalement sous-employé. Musique
classique, jazz fusion, clin d'oeil antillais, le public aime qu'on le caresse
dans le sens du poil et Grégory Privat bénéficie en la matière, du moins on
l'imagine, de l'expérience acquise par son père dans le registre de la musique
de variété. Au risque de paraître paternaliste ou condescendant on dira que
bonne enfant la salle était contente : elle aime ce qu'elle connait !
Lire la suite
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Frantz Fanon, au nom des damnés de la terre
Il y a cinquante ans disparaissait Frantz Fanon, héraut de l'anticolonialisme.
L'essayiste Achille Mbembe, qui préface la réédition de ses "Oeuvres" (La
Découverte), évoque cette grande figure.
Le Point : Vous avez donné à votre dernier essai, Sortir de la grande nuit
(La Découverte), un titre extrait d'une citation de Fanon. Une façon de dire son
actualité ?
Achille Mbembe : Une façon de reprendre, pour notre compte, certaines des
questions qu'il ne cessa de poser en son temps. S'il y a chez Fanon quelque
chose qui ne vieillira jamais, c'est bien la possibilité, pour chaque sujet
humain et pour chaque peuple, de se mettre debout, d'écrire par son travail,
dans sa langue, avec son corps, sa part de l'histoire de ce monde que nous avons
tous en commun. Pour Fanon, cette quête irrépressible et implacable de la
liberté engageait le sujet et le peuple en question dans un formidable travail
sur soi et dans une lutte à mort, sans réserve, contre le colonialisme, tâche
qu'ils ne pouvaient déléguer à d'autres. En donnant ce titre à mon dernier
essai, je voulais donc faire signe à ce versant radical de sa pensée, au devoir
de soulèvement, voire d'insurrection, qui y apparaît comme une injonction et
dont on voit, ici et là, des manifestations en ce moment précis de notre monde.
L'oeuvre de Fanon était-elle présente au Cameroun, où vous avez grandi, et en
France, où vous avez étudié l'histoire et la politique, au cours du dernier
quart du XXe siècle ?
Au Cameroun, on nous faisait lire tous les autres - Senghor, Césaire, Cheikh
Hamidou Kane, Molière, Balzac ou Sartre -, mais pas Fanon. Dans le système
universitaire français des années 1980, Fanon était, comme beaucoup d'autres
penseurs nègres, un "intouchable". L'époque était à l'anti-tiers-mondisme.
Pascal Bruckner venait de publier son Sanglot de l'homme blanc, un ouvrage dans
lequel il s'acharne sur un Fanon imaginaire - celui des caricatures que n'ont
cessé de colporter tous ceux qui ne l'ont jamais lu et qui ne peuvent parler de
lui que dans les termes d'un apostolat bien singulier, celui de la violence.
Cela dit, de ma première rencontre avec Fanon, je retins surtout le nom : ce nom
étincelant semblait porter en lui non seulement le poids de tout un monde, mais
surtout une part d'éclair, la part de la foudre et du feu qui viennent déchirer
la nuit.
Fanon est un Martiniquais qui s'engage dans les Forces françaises libres
pendant la Seconde Guerre mondiale ; puis aux côtés des Algériens au tout début
de la lutte pour l'indépendance. Comment expliquer cet itinéraire singulier ?
Ce n'était guère prémédité. C'est la rencontre avec la guerre, le racisme et la
violence coloniale qui arracha Fanon à ses origines et le lança en quête d'un
autre type de fraternité. La violence dont il fut le témoin vivant et dont il
s'efforça de prendre médicalement en charge les conséquences traumatiques se
manifesta en particulier sous la forme de la torture systématique qu'utilisait
l'armée française à l'encontre des résistants algériens. La France, sous le
drapeau de laquelle il avait failli perdre la vie lors du combat contre le
nazisme, s'était mise à en répéter les méthodes au cours d'une guerre sauvage et
sans nom contre un autre peuple à qui elle déniait le droit à l'existence et à
l'autodétermination.
Pourquoi a-t-il choisi la "révolution africaine" plutôt que de se battre pour
l'indépendance de sa Martinique natale ?
Martiniquais, français, algérien, africain, il était tout cela à la fois , il se
pensait surtout comme un homme dans le monde. Par la force des circonstances,
c'est en Algérie et dans le reste de l'Afrique - et non en Martinique - qu'était
en train de se dénouer, à l'époque, le nœud gordien qu'aura été le colonialisme
moderne. Liant son sort à celui de tous "les damnés de la terre", Fanon choisit
de contribuer à trancher ce nœud en faveur des peuples opprimés dans les lieux
mêmes où sa vie l'avait conduit, c'est-à-dire en terre africaine. Mais il avait
vécu ce "réenracinement" comme en mémoire de toute l'humanité, et en particulier
de celle qui souffre.
On a accusé Fanon de prôner la violence dans Les damnés de la terre...
Fanon considérait que toute situation coloniale était d'abord une situation de
violence. Il pensait que l'on ne pouvait en assurer la destruction que par le
biais d'une violence plus forte et plus manifeste, c'est ce qu'il appelait la
"praxis absolue". On ne comprend rien à la teneur du discours fanonien sur la
violence libératrice si on fait fi d'un meurtre premier auquel le colonisé est
condamné à répondre. Fanon adresse une sommation à un peuple pris en tenaille
par l'histoire et placé dans une position intenable de laquelle il doit
s'extraire s'il veut vivre une vie humaine signifiante.
Le grand danger qui menace l'Afrique, a-t-il écrit, est "l'absence
d'idéologie". Le marxisme a pourtant fait des émules après les indépendances...
Sur ce point comme sur d'autres, peut-on dire que Fanon s'est trompé ? Son
"tiers-mondisme" a-t-il vieilli ?
Les questions qu'affronte Fanon sortent tout droit de la pratique de la lutte
anticoloniale. Comment liquider le colonialisme en tant que système de
domination politique et économique d'un peuple par un autre, et les dispositifs
psychiques et mentaux qui en constituent les armatures ? À quelles conditions
l'Afrique pourrait-elle devenir sa force propre, son propre centre, dans un
monde multipolaire où les peuples anciennement colonisés se forgent leurs
modèles propres et proposent à l'humanité des formes neuves de solidarité ?
Quelles formes de la lutte sont susceptibles d'ouvrir le futur à tous ? Et, si
savoir il a proposé, il s'agissait d'un savoir situé, limité, parce que tiré
d'une expérience particulière, et partisan. Fanon ne visait pas la neutralité.
Il s'agissait d'accompagner la lutte et, là où cela était possible, de soigner
et de guérir ceux que le colonialisme avait décérébrés ou rendus malades et,
souvent, fous. Un tel projet ne veut peut-être pas dire grand-chose en France,
là où, pour les besoins de la polémique, sa pensée est réduite au
"tiers-mondisme". Mais, pour ceux d'entre nous qui suivent la marche actuelle de
notre monde à partir de ses marges, il constitue encore une source vive
d'inspiration.
En France, il a d'ailleurs été presque ignoré jusqu'à la parution du portrait
d'Alice Cherki en 2000...
Après sa défaite en Algérie et la perte de son empire colonial, la France
officielle s'est intellectuellement recroquevillée sur l'Hexagone. Elle est
rentrée dans une sorte d'hiver culturel alors même que sa société ne cessait de
se pluraliser et que les générations issues de l'esclavage et de la colonisation
ne cessaient de revendiquer une part de l'histoire nationale. Au cours du
dernier quart du XXe siècle, elle a donc, pour l'essentiel, raté les nouveaux
voyages de la pensée portés en particulier par les courants postcoloniaux et la
critique de la race. C'est ce qui explique, en très grande partie, le refus
français de considérer Fanon comme l'un des siens. Qu'ayant combattu sous son
drapeau contre le nazisme, ce dernier se soit "retourné" contre la France durant
la "guerre de Sécession" que fut la guerre en Algérie fut sans doute considéré
comme une trahison dans l'esprit de beaucoup. Mais voilà, le "traître" ou encore
"l'hérétique est de retour...
Fanon est devenu, un peu partout dans le monde, un auteur iconique. David
Macey lui a consacré une biographie magistrale. En quoi est-il universel ?
On observe en effet un formidable renouveau de l'intérêt porté à sa pensée. Il
existe désormais une "bibliothèque Fanon", une critique vivante et dynamique qui
s'en inspire et traverse presque toutes les disciplines des sciences humaines et
sociales. Cette critique n'est pas vivante seulement en Afrique et aux
États-Unis, mais aussi dans les Caraïbes anglophones, en Asie, en Amérique
latine. Des mouvements sociaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique latine
et aux États-Unis s'inspirent de ses thèses sur le pouvoir des "masses", les
vertus du "spontanéisme" à l'ère digitale, la "bourgeoisie" et sa propension à
la prédation. Dans les domaines de la psychiatrie, des expériences neuves ont
cours, qui s'efforcent de lier la cure psychique et l'engagement pour la justice
sociale et raciale, notamment dans les contextes de migration. Fanon a su se
faire le témoin des espérances humaines intarissables, celles-là mêmes dont on
peut dire qu'elles sont partagées par tous les êtres humains. Auteur d'une
parole inouïe qu'il savait exprimer dans une langue directe, il fut un ouvreur
d'imaginaire. Voilà pourquoi il continue de parler, au-delà du temps qui le vit
naître, à tous ceux qui acceptent de lui ouvrir leurs portes.
Propos recueillis par Valérie Marin La Meslée
"OEuvres", de Frantz Fanon. Préface d'Achille Mbembe (La Découverte, 800 p., 25
euros).
"Frantz Fanon. Une vie", de David Macey. Traduit de l'anglais par Marc Saint-Upéry
et Christophe Jaquet (La Découverte, 550 p., 29 euros). http :
//frantzfanon-foundation-fondationfrantzfanon.com/
Frantz Fanon, une vie
1925 Le 20 juillet, naissance à Fort-de-France, Martinique.
1943 S'engage dans les Forces françaises libres. Combat en Afrique du Nord.
Croix de guerre.
1946 Etudes de médecine et de philosophie en France.
1952 " Peau noire, masques blancs " (Seuil).
1953 Médecin à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, Algérie. S'engage
dans la résistance nationaliste.
1956 " Racisme et culture ", conférence au Premier congrès des écrivains et
artistes noirs à Paris, Sorbonne.
1957 Expulsé d'Algérie, rejoint le FLN à Tunis.
1959 " L'an V de la révolution algérienne " (Maspero).
1961 Atteint d'une leucémie, il meurt le 6 décembre à Washington, où il était
venu se soigner. Il est enterré, à sa demande, en Algérie. " Les damnés de la
terre ", préfacé par Jean-Paul Sartre, est publié chez Maspero quelques jours
avant sa mort. Le livre est saisi dès sa diffusion pour " atteinte à la sécurité
intérieure de l'Etat ". Trois ans plus tard, son éditeur réunit ses textes
politiques dans " Pour la révolution africaine ".
Achille Mbembe
Né au Cameroun en 1957, Achille Mbembe enseigne l'histoire et les sciences
politiques en Afrique du Sud, où il réside, et aux Etats-Unis. Après son essai
majeur " De la postcolonie " (Khartala, 2000), il a publié " Sortir de la grande
nuit " (La Découverte, 2010).
Le Point.fr - Publié le 05/12/2011 à 10:35 - Modifié le 05/12/2011 à 10:36
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PASSEURS D’IMAGES et l’Outre-mer
PASSEURS D’IMAGES est un dispositif
d’éducation à l’image et au cinéma, à vocation culturelle et sociale, et piloté
par l’association KYRNEA International. Ce programme existe depuis 1991,
d’abord sous le nom Cinéville, puis un été au Ciné et Passeurs d’Images depuis
2007. Il poursuit un double objectif auprès des populations qui n’ont pas accès
à certaines pratiques cinématographiques : culturel, par un soutien et un
encouragement au 7e
art, et social avec des animations de qualité. Il y a 2000 actions d’éducation à
l’image engagées chaque année par ce réseau national (ateliers
cinématographiques, projections de films en plein air, séances et rencontres
avec les réalisateurs, politique de réduction tarifaire, formation de publics
relais …). Ces activités sont mises en oeuvre dans chaque région par une
coordination régionale mandatée par la Direction Régionale des Affaires
Culturelles.
Cinq régions d’Outre-mer sont actives dans le
réseau Passeurs d’Images, par le biais d’une coordination régionale implantée
localement : Cadice en Martinique, Ciné Woulé en Guadeloupe, Cinéma d’Ici et
d’Ailleurs en Guyane, la Province Sud de Nouvelle-Calédonie, Zargano à La
Réunion. Des actions telles que des séances de cinéma spéciales ou en plein
air, des ciné-clubs, des ateliers ou des formations sont menées sur leur
territoire.
Par exemple à la Réunion, dans le cadre de « PARCOURS
DE CINEMA en festivals », un programme qui permet de devenir spectateurs,
critiques et reporters sur un festival de cinéma, l’association Zargano,
coordinatrice Passeurs d’Images sur la région, a proposé en partenariat avec les
Services d’Insertion et de Probation des centres pénitentiaires, à des femmes
détenues au centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, et à des hommes
détenus au centre pénitentiaire du Port de voir des films, de rencontrer et
d’interviewer des réalisateurs, lors du Festival du Film de La Réunion
en novembre 2011.
Par ailleurs, en Martinique depuis 2007 et
depuis 2010 à Mayotte et à La Réunion, dans le cadre du programme « DES CINES,
LA VIE » destiné aux jeunes sous main de justice, six structures de la
Protection Judiciaire de la Jeunesse du Ministère de la Justice et des Libertés,
réunissent des jeunes et des éducateurs autour d’une sélection de courts
métrages professionnels sélectionnés en partenariat avec l’Agence du
Court-métrage.
En métropole, des films aussi variés que
Rue Cases-Nègres ou Siméon (d’Euzhan Palcy), Orpailleur (de
Marc Barrat), La Première Etoile (de Lucien Jean-Baptiste), Pirates
des Caraïbes, jusqu’au bout du monde (de Gore Verbinski) ou Tèt Grenné
(de Christian Grandman) ont été projetés par Passeurs d’images lors de séances
en plein air ou de séances spéciales avec débat en salles.
A l’occasion des Rencontres Nationales
Passeujrs d’Images à Paris les 15, 16 et 17 décembre 2011 au Théâtre
Paris-Villette, en étroite collaboration avec les coordinations régionales
Outre-mer, il est prévu que plusieurs groupes de jeunes viennent présenter des
films réalisés en atelier : Camille (Réunion, Saint-Paul), L’Erreur
est humaine (Guyane, Macouria), Pointe-à-Pitre, ma ville (Guadeloupe,
Pointe-à-Pitre), Les Missions « court métrage » (Martinique,
Fort-de-France), Le Sens d’un rêve (Nouvelle-Calédonie, Païta). Le
réalisateur professionnel Pélagie Serge Poyotte sera l’un des spectateurs
privilégiés le samedi 17 décembre, et son film Ma déclaration d’amour (un
petit conte créole) sera projeté. Nul doute que ces échanges entre amoureux
du cinéma et des images seront enrichissants pour tous.
Alternant tables rondes, projections de
films, expositions, ateliers de pratique cinématographique, et anniversaire des
20 ans du dispositif Passeurs d'images (avec le lancement d’un coffret-DVD), ces
trois jours donnent l’occasion de rassembler de nombreux professionnels de
l’image et les différents acteurs du dispositif. Ouvertes au public, ces 9e
Rencontres s’articulent autour des thématiques des Mondes Virtuels (sur Internet
et au sein de l’imaginaire cinématographique contemporain), et des nouvelles
images et pratiques à l’ère numérique (nouvelle place de l’artiste et réflexion
sur les communautés et formes de sociabilité : blogs, réseaux sociaux, forums…).
Le programme détaillé est disponible à cette
adresse
http://www.passeursdimages.fr/2011-9es-Rencontres-Passeurs-d
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Ces Airs de théâtre

MEMOIRE OUTRE-MER
au Théâtre de Fort de France
Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret
Le Théâtre Aimé Césaire accueille le Festival Itinérant Margose pour un
spectacle en plusieurs parties, dont la pièce principale « Nôrichas » rend
hommage à Aimé Césaire dans le cadre de la préparation de son centenaire. A la
poésie et à ses enfants : Charles Baudelaire, Susanne Césaire, Victor, Hugo,
Khalil Gibran et tous les autres… Ce premier tableau poétique qui rend un
hommage particulier à Haïti et au Japon prend la forme de projections de
symboles et de lectures qui viennent soutenir des éléments fondamentaux. En
collaboration avec le Département Afrique et le Secteur Culture de l’UNESCO
(Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) Elle
traite de la poésie des rencontres et des arts du monde. La musique, l’image, la
danse et les mots tentent d’exprimer la spiritualité universelle des poètes
résistants à toutes formes d’esclavage tout en posant la question qui sommes
nous par rapport à la nature ? Quel est le bon sens ? Où souhaitons nous aller
ensemble et comment ?
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Brève
exploration de la
littérature en langue
créole en Haïti,
de ses
balbutiements à son
affirmation

Jean Durosier DESRIVIERES
Préambule
Compte tenu de l’ensemble des œuvres publiées depuis deux décennies par des
auteurs haïtiens, tant en Haïti qu’à l’étranger, on peut aisément soutenir
l’idée que la littérature haïtienne s’écrit dans plusieurs langues aujourd’hui:
français, créole, anglais, espagnole… Bien entendu, même s’il est nécessaire de
le signaler, on n’est pas obligé de s’attarder sur cette idée pour aborder
convenablement l’histoire littéraire haïtienne. En revanche, on est forcé
désormais de parler, sans l’ombre d’aucun doute, d’une littérature qui s’écrit
dans les deux langues officielles du pays, à savoir: le français et le créole.
Donc, explorer la littérature en langue créole en Haïti, c’est considérer un
versant de la littérature haïtienne longtemps négligé et qui s’affirme de plus
en plus comme l’une de ses composantes effectives, réelles, mesurables et
incontournables. Avant de retracer pour vous le parcours de la littérature en
langue créole en Haïti, j’aimerais d’abord exposer quelques grandes lignes de
l’histoire littéraire haïtienne elle-même. Cet exposé vous permettra de mieux
comprendre la situation de la littérature en langue créole qui est toujours en
construction en Haïti, dans un contexte sociolinguistique particulier.
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Aménagement du créole et du français
en Haïti
L'école en créole, en français, dans les deux langues? Etat de la question et
perspectives

Table-ronde, Association des
enseignants haïtiens du Québec (AEHQ)
Robert Berrouët-Oriol
Linguiste-terminologue
Pour contribuer de manière constructive à la réflexion
de la table-ronde d’aujourd’hui dont le thème est
« L’école en créole, en français,
dans les deux langues ? État de la question et perspectives »,
je caractériserai la situation linguistique haïtienne sur
quatre axes principaux. Ces quatre axes analytiques
constituent la charpente à partir de laquelle notre vision
est construite, et cette vision légitime et donne lieu à
une perspective centrale –l’aménagement des
deux langues officielles d’Haïti à l’échelle
du pays tout entier. Et c’est à partir de cette
vision centrale que j’interrogerai le sous-ensemble «
aménagement des langues officielles dans le système
éducatif national ». Le fil conducteur de ma
pensée sera donc le suivant : l’État haïtien
doit-il adopter sa première législation contraignante
en matière d’aménagement linguistique afin de
légitimer et d’encadrer l’aménagement et du
créole et du français dans le système éducatif
national, de la maternelle à l’enseignement secondaire,
universitaire et technique ? La démarche analytique 1
que je souhaite partager avec vous expose la configuration
linguistique haïtienne dans les termes suivants :
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Eclats de campagne

Claude Guéant à l'Assemblée Nationale le. (Charles Platiau. Reuters)
[Libé+ Mardi
29 novembre 2011] Oh le beau lapsus de Claude Guéant ! Cet
après-midi à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur, énervé, a
rétorqué à une question de Manuel Valls que «la délinquance a recruté en France
depuis 2002». Il fallait bien sûr comprendre «reculé».
Accusé par le député de l'Essonne d'être «devenu un expert dans l'art des
dissimulations», Claude Guéant, rouge de rage, a répondu : «Arrêtez de mentir
aux Français! Je trouve que mentir aux Français, c'est quelque chose qui est
extrêmement grave», avant de voir sa langue fourcher... Voici la citation
complète : «Une fois de plus, vous essayez de nous démontrer que le bilan du
gouvernement depuis 2002 est un échec, et que votre échec a été un succès. Et
bien moi, je vous répète, une fois de plus, puisque manifestement vous
n'entendez pas les arguments, vous ne voulez pas voir la vérité, que depuis
2002, chaque année, la délinquance a recruté dans ce pays.» (AFP)
Nathalie Arthaud : «Un gouvernement prêt à fouiller les
égouts»
[Libé+ Mardi
29 novembre 2011] Nathalie Arthaud, candidate du Lutte ouvrière à la
présidentielle, accuse Claude Guéant et Nicolas Sarkozy de «fouiller les égouts
les plus nauséabonds» avec leur politique vis-à-vis des étrangers. Dans un
communiqué, la porte-parole trotskiste s'est insurgée contre ce qu'elle qualifie
de "nouvelle trouvaille" de Guéant: "Il promet de mener la chasse à ces
'fraudeurs étrangers', ceux qui toucheraient ici des allocations logement ou
d'adulte handicapé, tout en passant quelques mois par an dans leur pays
d'origine".
"Ces travailleurs étrangers ont passé une vie à se faire exploiter en France,
pour le plus grand bonheur des patrons du BTP, de l'automobile ou de la
restauration, et à verser des cotisations sociales", poursuit la candidate LO.
"Après la chasse aux sans-papiers, la chasse aux étrangers avec papiers.
Lamentable ! Marine Le Pen a remercié Claude Guéant de tels propos. C'était bien
le moins. Anxieux de récupérer les voix lepénistes, les orduriers du
gouvernement sont prêts à fouiller les égouts les plus nauséabonds", accuse
Arthaud.
(AFP)
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Audrey Pulvar, idylle à la ville, soupçonnée
dans les médias
Journalistes et politiques
Les nouvelles liaisons dangereuses
– Elle a beau clamer le droit pour une femme de ne pas penser " par et comme son
compagnon ", celle qui partage la vie du socialiste Arnaud Montebourg est
désormais privée de parole politique sur France Inter et i>Télé. Mais pas sur
France 2, où sa présence fait grincer des dents. Par Raphaëlle Bacqué
Ils n'ont pas vu le paparazzi planqué avec son appareil photo. Audrey Pulvar et
Arnaud Montebourg viennent de sortir d'un dîner chez des amis, dans le quartier
de la gare de l'Est, à Paris, ce soir de janvier 2010. " Nous n'avons pas
remarqué le photographe, à quelques dizaines de mètres dans notre dos ", se
souvient-elle. Ils ne se sont méfiés ni l'un ni l'autre. Le 1er novembre
précédent, la journaliste vedette d'i>Télé a invité dans son émission le député
socialiste de Saône-et-Loire, mais depuis le début de leur liaison amoureuse, "
peu après cette interview ", assure-t-elle, ils se sont faits discrets, sans
pour autant chercher à se cacher. Jamais ils n'ont d'ailleurs imaginé qu'un des
amis du député socialiste a pu, par une indiscrétion livrée devant la rédactrice
en chef de Closer, révéler leur relation d'amour récente et déclencher ainsi
cette filature habituellement réservée aux stars du show-business. Le 9 janvier
2010, pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence. La photo s'étale en
couverture du magazine people.
C'est la première fois que la liaison entre une journaliste et un homme
politique est ainsi révélée, photo volée à l'appui, et cet outing inédit sonne
le début des difficultés pour Audrey Pulvar. Et des contradictions pour Arnaud
Montebourg. Quatre ans auparavant, ce dernier a en effet pointé le " conflit
d'intérêts évident " que représente alors pour France 2 la présence de la
journaliste Béatrice Schönberg au journal de 20 heures depuis que celle-ci a
épousé, à l'été 2005, le ministre Jean-Louis Borloo. " Dans le monde
politico-médiatique actuel, ceux qui ont le pouvoir se permettent de piétiner
les règles du jeu. Il est temps que cela change ! ", a dénoncé, dans un
entretien à Télérama, en avril 2006, le député de Saône-et-Loire. Un an plus
tard, Béatrice Schönberg a dû quitter le " 20 heures ", reléguée à l'animation
d'un magazine mensuel sur la chaîne de service public. Autant dire que, dans le
milieu politique, on ne se prive pas de sourire en voyant Montebourg pris à son
tour dans la même situation.
Mais c'est pour elle, Audrey Pulvar, que les ennuis commencent. Journaliste
vedette de i>Télé, elle y présente alors une émission de deux heures,
essentiellement tournée vers la politique. Elle était jusque-là l'un des atouts
de la chaîne. Mais maintenant que sa liaison avec un député socialiste est
connue, c'est l'indépendance même de la rédaction qui peut être remise en cause.
Bertrand Méheut et Pierre Fraidenraich, respectivement patrons de Canal+ et
d'i>Télé, n'ignorent pas que le discrédit qui frappe les médias se nourrit aussi
de l'affichage public de ces couples journalistes/élus qui sont devenus le signe
le plus visible de la collusion supposée entre presse et pouvoir. Mais ce qui,
dans une rédaction américaine, allemande ou britannique, se réglerait d'emblée
par la mise à l'écart de la rubrique politique du journaliste en cause, reste en
France l'objet de tergiversations.
Lorsque Arnaud Montebourg présente, le 20 novembre 2010, sa candidature, la
situation devient intenable pour Audrey Pulvar. Car ses invités rechignent
désormais. La gauche le fait à mi-voix. La droite, tout haut. Le secrétaire
d'Etat chargé du commerce extérieur, Pierre Lellouche, furieux d'avoir été
interpellé, lors d'une interview, sur l'affaire Karachi qui mine la droite, a
fait un scandale devant la direction de la chaîne. " La prochaine fois que vous
me poserez des questions aussi partisanes, je vous mettrai en cause et en direct
devant les caméras en vous appelant Mme Montebourg ! ", menace-t-il. La
direction d'i>Télé ne peut plus prendre le risque. Toutes les interventions
politiques de sa journaliste vedette sont désormais supprimées.
Vingt ans auparavant, Christine Ockrent et Anne Sinclair avaient ignoré les
critiques. Audrey Pulvar, elle, revendique, comme " féministe assumée et
prosélyte ", le droit pour une femme de " ne pas penser par et comme son
compagnon ". Vingt ans auparavant, ni Bernard Kouchner ni Dominique Strauss-Kahn
n'étaient intervenus dans le débat. Cette fois, question d'époque et de
génération, Arnaud Montebourg est à son tour interpellé. Il peine, cependant, à
trouver une justification. Alors qu'on lui demande s'il pourrait à son tour
s'effacer pour sa compagne, il avoue sa contradiction : " Je ne vois pas
pourquoi ce serait toujours les femmes qui paieraient. Les hommes aussi peuvent
parfois avoir l'élégance de s'effacer. En ce qui me concerne, ce n'est pas le
cas... " Puisqu'il ne renonce pas à ses ambitions, c'est donc elle qui doit
plier.
A France Inter, où elle a été engagée sur la recommandation de Nicolas Demorand,
en septembre 2010, la situation est tout aussi difficile. Car le conflit
d'intérêts n'est pas lié à son sexe, mais bien à sa fonction : chaque jour, à 7
h 50, elle assume l'interview politique de la station de radio publique. Autant
dire que défilent à son micro presque tous les adversaires de droite ou les
rivaux de gauche d'Arnaud Montebourg. Philippe Val, le patron de la station, a
d'abord regretté devant elle " Tu aurais dû cacher ta relation... " Mais il
doit, lui aussi, devant l'émoi de sa rédaction, lui demander, en janvier, de
renoncer.
Car l'époque a changé. Et sans doute Audrey Pulvar ne l'a-t-elle pas encore
saisi. De gauche, elle l'est depuis toujours. " Plus radicalement qu'Arnaud ",
note-t-elle dans ce petit café du Quartier latin où elle a donné rendez-vous au
Monde. Et ce n'est pas la première fois que sa carrière, ses convictions
politiques et son histoire personnelle sont intimement mêlées.
Pendant ses premières années professionnelles, aux Antilles, elle a longtemps
été " la fille de Marc Pulvar ". A l'époque, dans les années 1980 et 1990, Marc
Pulvar est une figure politique à la Martinique. Ancien professeur de
mathématiques, fondateur du Mouvement indépendantiste martiniquais, syndicaliste
charismatique, on le voit partout, à la tête des manifestations de chauffeurs de
taxi et des grèves de fonctionnaires. Marc Pulvar est tant dévoré par la
politique qu'il en oublie d'être présent pour sa femme, assistante sociale, et
que le couple finit par divorcer lorsque Audrey, la dernière de leurs trois
filles, n'a que 5 ans. Mais il est clair pour chacun que lorsqu'elle paraît,
chaque soir à partir de 1995 - elle n'a que 23 ans -, sur les écrans d'Antilles
Télévision, où elle présente le journal télévisé, c'est bien la fille du leader
politique qui parle.
C'est à la fois une position exposée. Et une source de conflit d'intérêts
potentiel avec ce père qui occupe largement l'actualité politique et sociale
dans la région. Un jour d'une grande grève qui menace de paralyser la
Martinique, elle le suit, avec son caméraman jusqu'à la Grande Poste de
Fort-de-France. Marc Pulvar y est entré, muni de son mégaphone, et le voilà qui
exhorte les employés à " baisser le rideau et à cesser le travail ". Il se
retourne, sa fille est là avec son micro. " Je le lui ai mis sous le nez,
assure-t-elle, et je l'ai interrogé, je crois, sans concession. " Deux fois,
elle interviewera Marc Pulvar sans que personne n'ignore ce que le vouvoiement
qu'elle adopte alors recouvre d'artifice.
Est-ce cette confusion des genres assumée dix ans plus tôt qui lui a laissé
supposer qu'au soir de la primaire socialiste, le 9 octobre, elle pourrait
paraître sans choquer devant les caméras au côté d'Arnaud Montebourg ? " J'avais
vécu la campagne, la fatigue, l'angoisse, la séparation, plaide-t-elle, et
lorsqu'on m'a poussée à la tribune, je ne me suis pas rendu compte de ce que
cela allait susciter. "
Cette fois, la société des journalistes de Radio France publie un communiqué
cinglant à son intention : " Vivez vos amitiés et vos amours, mais gardez-les
pour vous. N'oubliez pas les soupçons des auditeurs, pour qui, souvent, l'amitié
d'aujourd'hui peut devenir la collusion de demain. "Les médias français, qui
acceptaient jusque-là des couples journalistes/élus qui auraient fait scandale
ailleurs, ont-ils enfin changé ? Ils restent en fait ambivalents. Car alors que
France Inter et i>Télé l'ont peu à peu écartée de toute intervention politique,
la productrice Catherine Barma et son animateur Laurent Ruquier l'ont engagée,
en septembre, dans l'émission grand public " On n'est pas couché", sur France 2,
où elle doit remplacer, avec la journaliste Natacha Polony, le duo que formaient
jusque-là Eric Zemmour et Eric Naulleau.
" On cherchait une femme qui ait du mordant. Et je préfère quelqu'un qui avance
démasquée ", souligne Laurent Ruquier. En coulisses, la liaison d'Audrey Pulvar
et d'Arnaud Montebourg n'est pourtant pas mieux acceptée. Martine Aubry, invitée
comme Ségolène Royal, en pleine campagne des primaires socialistes, se plaint
vertement de " l'agressivité ", des " yeux levés au ciel ", du " militantisme "
et des attaques sur la complaisance de la première secrétaire du PS à l'égard du
président socialiste des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, bête noire de
Montebourg.
Est-ce pourtant son lien avec Arnaud Montebourg qui explique aujourd'hui les
moins bonnes audiences de l'émission ? Laurent Ruquier a toujours défendu Audrey
Pulvar. Et balaie les critiques d'un revers de main : " Personne n'a jamais
empêché Christine Ockrent de faire des interviews alors qu'elle vivait avec
Bernard Kouchner, et personne n'imagine non plus que Jean-Pierre Elkabbach soit
de gauche ! "Audrey Pulvar n'a pas d'autre défense aujourd'hui. " Quand je pense
qu'il y a des journalistes qui sont invités à l'anniversaire de Nicolas Sarkozy
et qui l'interviewent quelques semaines après à la télévision sans que rien ne
leur soit reproché ! ", lâche-t-elle. Mais elle s'interroge désormais sur la
nécessité de se lever chaque jour à 2 h 30 du matin pour se rendre à France
Inter, où elle doit se contenter désormais de passer les plats des journalistes
de la tranche d'information du 6 h-7 h sans faire la moindre allusion à la
politique, alors que la campagne présidentielle commence : " Je sais bien, moi,
que je suis capable de faire mon métier honnêtement. Mais j'ai l'impression que
désormais je serai la seule à le penser. "
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Libé+ Lundi 28/11/2011 à 0h00
«Le droit à la paresse», à relire d’urgence
Par HENRI JORDA Maître de conférences à luniversité de Reims Champagne-Ardenne
Dans la nuit du 25 au 26 novembre 1911, Paul et Laura Lafargue mettaient fin à
leurs jours, considérant qu’il était temps d’en finir avant d’être une charge
pour les autres. Le premier s’était rendu célèbre pour son Droit à la paresse,
la seconde était la fille et la traductrice de Karl Marx. A leur manière, ils
n’ont pas voulu voler le bien le plus précieux de tout être capable de sentir et
de penser, le temps.
Le combat de Paul Lafargue pour la réduction du temps de travail vient de ce
jugement qu’il fera dernier : chacun a le droit d’employer librement le temps
plutôt que d’en être l’esclave. En faisant croire aux ouvriers, à l’aide de
l’Eglise, que la vie est travail, les capitalistes passent leur temps à voler
celui des travailleurs. Ces derniers ne devraient pas réclamer le droit au
travail - c’est une erreur masochiste selon Paul Lafargue -, mais le droit à la
paresse. Car c’est la possibilité d’employer son temps à ne pas travailler qui
est la plus injustement distribuée : les propriétaires peuvent s’y adonner de
bien des manières quand les ouvriers triment en servant des machines. C’est
l’«amour du travail» qui a causé les plus grandes misères à ceux qui n’ont rien.
Ils sont devenus entièrement dépendants du travail qui corrompt l’intelligence
et les organismes, qui tue «toutes les plus belles facultés», écrit Paul
Lafargue en 1880. Selon lui, la finalité du socialisme sera de répartir le
travail et la paresse sans distinction sociale. A chacun d’employer son temps
selon ses besoins.
En un siècle, les congés payés, les huit heures par jour, les quarante, puis les
trente-neuf et les trente-cinq heures par semaine, la retraite à 60 ans ont
divisé le temps de travail par deux. A rebours de cette histoire, une rupture
est en train de se produire : le temps que nous consacrons au travail s’allonge
sous l’effet des réformes et s’intensifie avec les réorganisations. Alors que le
progrès social visait précisément à réduire la durée du travail et à favoriser
l’autonomie des travailleurs, ces derniers doivent désormais travailler plus
longtemps la tête dans le guidon. Adieu paresse.
Au temps où les marchés triomphent de la démocratie, les Grecs ont été traités
de paresseux, accusés d’avoir fait bombance pendant que d’autres travaillaient.
Tragédie de l’histoire pour ce pays où sont nées la philosophie et la
démocratie, où être libre, au temps de Platon, c’était ne pas travailler,
c’était se consacrer aux affaires de la Cité, à l’art et à la pensée. Cette
sagesse antique a inspiré Paul Lafargue, pour qui les machines remettront le
monde à l’endroit quand elles seront au service des travailleurs : une journée
de trois heures de travail suffira pour satisfaire leurs besoins matériels. Une
fois désintoxiqués du travail, ils pourront employer leur temps à se régénérer,
physiquement et intellectuellement. Alors, dans ce régime paresseux, «pour tuer
le temps qui nous tue seconde par seconde, il y aura des spectacles et des
représentations théâtrales toujours et toujours».
Accepter aujourd’hui l’idée que nous devrons travailler davantage demain, c’est
accepter d’être des esclaves plus compétents et plus endurants. La «religion du
travail», comme dit Paul Lafargue, connaît peu de résistance à son emprise ; ses
croyants sont de plus en plus nombreux dans un monde où règne l’agitation
névrotique des marchés. La philosophie et la démocratie sont balayées par le
temps de l’économie. Le temps est de l’argent, et les gains se calculent
désormais à la nanoseconde, voire à la picoseconde.
La messe semble dite, la paresse est un temps inutile, un temps qui ne vaut
rien. Il est bon de relire le Droit à la paresse. Il nous rappelle que la
liberté d’employer le temps est une liberté fondamentale. Arrêter le temps,
comme le firent Paul et Laura Lafargue, en est l’expression ultime.
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Martinique
Jazz
Festival
2011
Une
ouverture
controversée ! |
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Deux
styles,
deux
poses...
par
Roland
Sabra
L'audace
ne paie
pas
toujours.
Samedi
26
novembre
dans la
salle
Aimé
Césaire
du CMAC
s'ouvrait
le
Martinique
Jazz
Festival
( notez
l'ordre
des
mots!)
avec en
première
partie
en
formation
Quartet
Grégory
Privat,
pianiste
fils de
son père
José lui
même
pianiste
du
groupe
Malavoi.
Le
public a
apprécié
et s'est
laissé
séduire
par le
manque
de
naturel
du jeu
quelque
peu
affecté
de
l'artiste
qui en
fait des
tonnes,
dans une
gesticulation
imitative
qui
emprunte
vaguement
à Glenn
Gould et
plus
surement
au grand
guignol
pour
montrer
à quel
point il
est
traversé,
travaillé,
envahi
par les
morceaux
qu'il
interprète.
Il faut
dire que
son
toucher
de
clavier
n'est
pas
aussi
expressif
et fait
preuve
d'une
assez
grande
pauvreté,
comme
s'il lui
fallait
souligner
par le
geste ce
que son
interprétation
ne sait
dire.
Taper
n'est
pas
jouer.
Lire la
suite |
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ART PUR
Blessures !
Éclaboussures debout,
éclats de boue, c’est sûr
comme un sang sur les murs
que nul ne censure.
Sur les murs, rien !
Rien que la vision de ces lémuriens nyctalopes,
interlopes.
Ils ont peint le désert
et leur cri dans la nuit
jaillit comme un karaoké de couleurs vives
pour que vive la couleur
en noir et blanc
mais sans échec ni gros chèque,
plus librement.
Il n’est pas trop tard,
il n’est jamais trop d’art
pour l’authentique Hottentot.
D’ailleurs, il n’est pas là pour amuser la galerie…
“Pas un musée” murmurent
les murs peuplés de lézards
comme les symboles décalqués,
décalés d’une autre société.
L’œil est partout,
inventant la différence,
la ressemblance selon toute vraisemblance
et rassemblant sans faux-semblant
sur ces murs tels de grands miroirs d’âmes…
Car il naît d’arcs-en-ciel,
il n’est d’art qu’en ciel,
IL N’EST D’ART QU’EN CIEL !
Patrick MATHELIÉ-GUINLET |
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Sébastien MEHAL met en scène un paysage urbain
incandescent.

par Scarlett JESUS
Le choix du lieu : Est-il exact de dire que l'exposition se déroule
dans un « garage » ? Ne conviendrait-il pas mieux de convenir, l'espace
d'exposition étant largement ouvert sur la rue (presque une ruelle), qu'il y a
volonté de mettre en lien deux espaces différents. La rue se prolongeant par le
garage, et vice et versa. Aucune frontière ne vient séparer le dedans du dehors,
l'espace privé
(celui du garage) et l'espace public
(la rue). Si l'un est un lieu de circulation, de rencontres (mais aussi de
manifestations populaires), l'autre est à l'opposé un lieu fermé, destiné à
protéger la propriété la privée (la voiture d'un individu) et/ou à entreposer
différents objets, des outils de bricolage en particulier. Deux espaces
éminemment emblématiques dont s'empare Sébastien MEHAL selon une démarche
artistique qui se propose de rendre compte d'un paysage urbain antillais très
spécifique. Paysage qui, aux dires de l'artiste, n'existe déjà plus que dans la
mémoire (individuelle et collective), et auquel il entreprend de redonner vie.
Un paysage urbain complexe et difficile à déchiffrer, parce que secret,
mystérieux... L'exposition ouvre donc toutes grandes les portes du garage, pour
montrer le travail que Sébastien MEHAL a réalisé à l'issue de sa résidence
d'artiste à l'ARTOCARPE. La déambulation à laquelle elle convie les passants est
aussi une invitation à la rencontre avec l'Autre et son univers. Une rencontre
choc avec l'art contemporain.
Lire la suite
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Daniel Dorin
L’Univers des arts

Par Christian Antourel
Ce n’est pas un artiste, ou bien dans le sens galvaudé du terme.
En lui tout un univers fantasque et d’intuitions confondues, métissées
d’esthétisme. Il ne se laisse pas prendre dans cette ambigüité des genres, dans
l’appellation mondaine des styles et des diversités savantes. Daniel s’exprime,
mélange ses émotions et parvient à nous faire oublier l’agitation d’un
quotidien, par son rôle particulier dans la culture ; entre artiste et
artisanat. Sans grimaces superflues, en direction de ce qu’il ne trouve pas, pas
de manières affectées : l’absence de surenchère est une qualité majeure vers
l’authenticité ; la sincérité le naturel profond des choses. Il ne cherche rien
et du coup le voici dans la belle incohérence de la spontanéité et de son
plaisir solitaire multiplié. Et si la motivation renvoie toujours à l’activité
en elle-même plus qu’à l’objet que l’on produit, sa précipitation est réponse,
pas une question. Une réponse avant la question. Une perception du beau mise en
scène, une notion de révolte créative. « La démarche de l’artiste relève à la
fois du bricolage et du scientifique » C’est tout lui : sans mesure des règles
et techniques d’une activité réjouie, il tente, il expérimente, il essaie, il
réussit et apprend en tout cas des instances drolatiques.
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La banlieue, friche bénie pour l'art contemporain

Et si c'était en banlieue
parisienne que battait le mieux le jeune cœur de l'art contemporain ? Dispersés
sur toute l'Ile-de-France, une vingtaine de centres d'art s'y emploient
activement. Et, à l'initiative du réseau Tram créé en 1981, une vaste opération
baptisée "Hospitalités" les réunit cet automne. Chaque samedi, des bus vous
emmèneront ainsi à la découverte de projections, de performances, de débats, et
bien sûr d'expositions.
Le bout du monde ? Beaucoup de ces micro-institutions sont à quelques minutes de
RER du centre de Paris. Dans une abbaye cistercienne ou un supermarché, un
château ou une quasi-MJC, surgissant d'un terrain vague ou se noyant dans le
dense tissu urbain... Impossible d'en dresser la typologie. Chaque initiative a
son identité et ses fragilités. Ses dadas, et son budget (plutôt restreint).
Seul point commun : la plupart brillent par leur généreuse radicalité, couveuses
des plasticiens de demain.
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Gertrude, Leo, Michael, Sarah et les autres

Comment les Stein, famille d'intellos américains, ont accompagné, des deux côtés
de l'Atlantique, la naissance de l'art moderne.
Une tribu d'Américains, une famille d'originaux ivres de
peinture, a joué les accoucheurs de l'art moderne au début du XXe siècle. Cent
ans plus tard, l'évocation de leurs exploits est le prétexte, au Grand Palais,
d'un accrochage grandiose d'oeuvres-phares de la modernité. Avec quelques-uns de
leurs amis, ils ont imposé aux États-Unis l'idée que Paris était devenu après
1870 une sorte d'équivalent de la Florence du quattrocento. C'est Leo
(1872-1947), le cadet de cette fratrie de juifs californiens enrichis par la
création d'une compagnie de tramways et de cable cars, qui amorce le mouvement.
Leo arrive en Europe à la recherche de la sensation vraie. En se lançant à corps
perdu dans une collection de peintures, en débutant une carrière d'artiste, il
ne va pas seulement sauver sa peau, mais, avec son frère aîné Michael
(1865-1938), sa belle-soeur Sarah (1870-1953) et, surtout, Gertrude (1874-1946),
va mécener en faveur de quelques-uns des créateurs les plus importants du
siècle. Que serait devenu Matisse sans les Stein, dans ces premières années du
XXe siècle où il vit aux crochets de son épouse, obligée de se faire chapelière
pour survivre ?
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Comment sauver la princesse de Clèves...

QUELLE PERTINENCE et quelle actualité que celles des Emotions
démocratiques ! Martha Nussbaum propose en 190 pages intenses sa vision de
l'éducation et des humanités, s'appuyant pour cela sur une oeuvre largement
consacrée au rôle des émotions et de l'imagination dans la vie morale et
politique. Son premier mérite est d'y récuser tout à la fois l'impératif
débilitant de rentabilité et le conservatisme académique qui limitent les
humanités aux œuvres classiques. A l'éducation tournée vers le profit, visant à
doter les étudiants de capacités qui leur permettront d'évoluer dans un monde de
concurrence économique mondialisée, la grande philosophe américaine oppose
l'éducation pour la démocratie et l'égalité. Or, les humanités sont un outil
pour la formation de citoyens capables de faire évoluer la société, de ressentir
et de -critiquer les injustices.
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Les droits des femmes sont remis en cause par des
forces conservatrices en Europe

Depuis quelques mois en Europe, de
nombreux pays prennent des initiatives portant atteinte aux droits sexuels et
plus particulièrement au droit à l'avortement. La crise mondiale et ses plans
d'austérité sont les prétextes qui, sous couvert de dérisoires économies,
permettent de légitimer les discours des forces les plus conservatrices d'Europe
et remettent en cause ses droits et par là même les droits des femmes.
Toutes les instances internationales l'ont pourtant affirmé, le développement
des populations y compris économique passe par des politiques d'égalité
femmes/hommes, l'accès à l'éducation des filles, la planification familiale et
par un accès facilité et sûr à la contraception et à l'avortement.
Lire
la suite
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Les aidants sexuels ou perpétuer la ghettoïsation

Par CLAUDINE LEGARDINIER Pour le collectif féministe Handicap, Sexualité,
Dignité
Assistant(e) sexuel(le) pour les
personnes handicapées, voilà le nouvel «emploi» qui pourrait voir le jour en
France si aboutit la proposition de loi portée par l’intense lobbying de
l’Association des paralysés de France (APF). Présenté comme progressiste, ce
projet est au contraire un piège : pour notre choix de société, pour les femmes,
mais aussi pour les personnes handicapées elles-mêmes, renvoyées une nouvelle
fois au ghetto et qui, pour beaucoup, s’élèvent contre ce projet.
Lire aussi
Pour l’assistance sexuelle des handicapés
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ElokAnS du MoiS de
Septembre 2011
Une effervescence kréyol : des informations
socio-culturelles liées à l'Outre mer
Elokans Kréyol...élokans lib
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Técharger le programme 2011-2012
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"LA CLEF DES
SONGES", recueil de poèmes de 45 pages pour 33 textes, prix 10€, en
vente dans les manifestations poétiques de Patrick Mathelié-Guinlet et au TOM à
Fort-de-France, lors des slam sessions chaque 1er jeudi du mois à partir de
20h30. Et également, par contact téléphonique au 06 96 26 85 77 ou e-mail :
p.mathelieguinlet@wanadoo.fr .
Le recueil est un mélange de poèmes en vers classiques ou libres dans lesquels
l'auteur invite les lecteurs à se promener avec lui dans son univers personnel
entre rêve et réalité, espoir et désillusion, autodérision et passion mais
toujours dans une quête effrénée de la Vérité... |
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L’association
Orgapéyi a
le plaisir de vous inviter à son marché de produits exclusivement
issus de l’agriculture
organique,
le mercredi 14
décembre de
15 h à
19h à Bois
Rouge,
Ducos.
Unique
marché de Martinique à faire de la prévention santé…
Alò manmay-la vini kouté sa, épi manjé manjé péyi a !
En
vente produits variés:
fruits et légumes frais, laitue, pâtisserie et pain aux fruits et
légumes pays, sirop de groseilles, confitures diverses, produits de
la ruche, produits déshydratés, farine de manioc et bien d'autres, kassav'manyok, tofu,
kombucha, noni, jus frais, thé glacé, glace, plantes
médicinales... Sans
oublier nos conseils santé et dégustations de produits
et recettes inédites …
RENDEZ-VOUS tous
les 2e & 4e mercredis du mois
NOU KA ATANN ZOT!
Pensez à prendre vos paniers et
à vous munir de monnaie.
Contact:
Portable : 0696 22 76 72 - 0696 85 26 09
NB :
Pour tout contact média avec M
Sainte Rose : 0696
30 37 46
Association G.D.A. Orgapéyi
www.orgapeyi.blogs.fr - www.orgapeyi.canalblog.com
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« FANON :
L’HERITAGE »
Présentation de
l’ouvrage de
Philippe Pierre-Charles.
Débat sur la pensée de Fanon, l’activité
du militant, l’actualité de son positionnement anticolonialiste et de ses
engagements.
Manifestation à 18
heures, samedi 10 décembre, salle de
délibérations de la Région
George Arnauld,
présidera la manifestation.
Interventions de :
Annick Coupé,
dirigeante du syndicat SUD, militante féministe et anticolonialiste.
Didier Dominique,
dirigeant syndical et politique haïtien, cadre de "Batay ouvriyé",
Christine Achour,
auteure de nombreux textes sur Fanon, Césaire.
Christine Poupin,
porte- parole du N.P.A (Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot)
Et Philippe Pierre-Charles.
Dédicace du livre de Philippe Pierre-Charles
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Communiqué du groupe des
Patriotes et Sympathisants
DÉCIDÉMENT ! ILS SONT VENUS POUR SE
SERVIR !
166% d’augmentation des
indemnités de mission des élus !
Le nouveau président de la Région
Martinique fait voter, par la Commission Permanente une augmentation de 166%
de frais de déplacement versés aux élus de la majorité néo-ppm en mission !
Le nouveau président de Région,
après un séjour en Guyane du 2 au 5 décembre 2011avec une délégation d’élus,
pour une’’ mission’’ dont le contenu n’a jamais été présenté en séance plénière,
a demandé de faire voter par la Commission Permanente du 6 décembre 2011, au
bénéfice des ‘’missionnaires’’ un montant exceptionnel de :
200€ par jour de mission
Il faut savoir que sous la mandature d’Alfred MARIE-JEANNE, les frais de
déplacement étaient remboursés en respectant strictement le montant fixé par la
législation en, vigueur (le décret n° 2006-781 et l’arrêté du 3 juillet 2006)
soit :
75,25 €/jour de mission.
Considérant la situation de crise budgétaire et de la situation difficile des
finances publiques, les élus du groupe « Patriotes Martiniquais et
Sympathisants » se sont opposées à cette augmentation exagérée de 166%
des indemnités de mission.
Cette augmentation n’a été votée
par les seuls élus de la majorité néo-ppm
Pour une parfaite information des citoyens contribuables nous avons pris la
décision de rendre publique cette information.
Le 8 décembre 2011
Daniel MARIE-SAINTE
Vice-président du Conseil Régional
Responsable du groupe des Patriotes
Martiniquais et Sympathisants |
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La Bibliothèque Schœlcher vous invite la rencontre avec Daniel BOUKMAN à l’occasion de
la parution de son nouveau recueil : « Pawol
fonmi-fol ».
C’est en Algérie indépendante que Daniel Boukman écrit ses
premières pièces qui dénoncent, en particulier, la situation coloniale de
la Martinique. Il est entre autre connu dans son pays comme
militant engagé pour la lutte du peuple palestinien.
Poète et dramaturge ayant à ce jour à son actif plus de 20
ouvrages, il nous propose son nouvel ouvrage en créole,
« Pawol fonmi-fol », où il nous offre
des fables créoles qui sont à son image dans les non dits, l’ironie, et son
regard satirique fait de ces textes quelques chose de spécial.
« Pawol fonmi-fol »
est agrémenté d’une préface remarquable de Raphaël Confiant et de dessins
d’Emmanuel Baker.
Intervenants :
Michaelle MAVINGA et
Roger EBION, membres fondateurs et militants de l'Association d'écrivains
martiniquais en langue créole (KM2)
Lecture de textes :
Marie-Claude
NOHILE, Claude MARIE-ROSE et Jean-Claude ZONZON du
Poutji I Pa Téyat.
Vendredi 16 décembre 2011 à 18h30 - Bibliothèque Schoelcher
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Les Radios de Martinique et d'ailleurs...
Les procédures d'inscription et
de désinscription à la liste sont dans l'entête du message
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