« La Mère confidente », pièce de théâtre de Marivaux

16, 17 18 & 19 novembre 2016 au T.A.C. à 19h 30

la_mere_confidentePièce de théâtre en trois actes

Marivaux drape à ravir le caractère d’une mère protectrice qui se veut “amie”, “confidente” pour mieux se faire obéir.

Car l’amour triomphe toujours dans les pièces de théâtre de Marivaux et dans la Mère confidente, Angélique rencontre un étranger dans un bois dont elle tombe amoureux éperdument amoureuse.

La Mère confidente met en scène deux amoureux. Madame Argante présente le plus âgé à sa fille Angélique. Voyant que cet amoureux lui déplaît, elle interroge sa fille qui lui avoue qu’elle a souvent rencontré un jeune homme lisant dans le parc voisin, qu’ils ont fait connaissance et qu’il l’aime, mais qu’il ne la demande pas en mariage parce qu’il est sans fortune, celle-ci dépendant d’un oncle qui n’a que trente-cinq ans. La mère lui explique que cet amour est sans issue, Angélique en convient, mais elle ne peut se l’arracher du cœur. Sa mère lui demande de l’informer de tout ce qui se passera entre elle et son amant. Angélique pleure et promet. Restée seule, elle se décide à rompre. Lorsqu’on lui apporte une lettre de Dorante, elle la renvoie sans la lire. Lorsqu’il vient lui-même, elle refuse de l’entendre mais, craignant d’avoir été trop dure avec lui, elle le rappelle. — Aurais-je le bonheur de n’être pas haï ? lui demande-t-il. — J’ai bien peur que ce ne soit le contraire. — Mais que faire ? Il insinue qu’elle pourrait s’échapper, se laisser enlever. Elle pleure d’humiliation : Je n’ai que ce que je mérite ; c’est moi qui vous ai fait parler. Il cherche à l’apaiser. Il ne lui a pas demandé de fuir avec lui seul. Il a déterminé une dame respectable de ses parentes à venir avec lui. D’après ce qu’il lui en a dit, elle aime déjà Angélique comme sa fille. — Non, non, éloignez-vous : je ne vous aime plus. Dorante est obligé de se retirer. Mais Angélique n’est pas aussi brave qu’elle cherche à se le persuader. Sa mère l’interroge. — J’ai fait ce qu’il fallait faire, dit-elle. C’est fini. — Tout à fait ? — Elle fond en larmes. Elle regrette son amour, elle regrette sa sévérité. Quand Dorante lui a parlé d’un enlèvement, elle s’est fâchée contre lui, elle a eu tort. Il l’aime tant qu’on peut lui pardonner un excès de folie, né d’un excès d’amour. Un moment même, elle regrette d’avoir tout dit à sa mère. Celle-ci sent bien que le cœur de sa fille est touché. Elle a recours à un dernier moyen. — Dorante me connaît-il ? demande-t-elle à Angélique. — Non. — Eh bien ! je lui parlerai comme si j’étais une parente, une tante pour toi. Dorante a fait, à tout hasard, approcher une chaise de poste dans le bois voisin. Il rencontre Angélique, il la supplie de partir avec lui et la dame dont il lui a parlé. Elle lui échappe en l’engageant à causer avec une sienne parente qui désire l’entretenir. Cette parente n’est autre que sa mère. Elle représente à Dorante ce que son projet a de déplacé, d’insensé. Il en convient, mais il est fou d’amour et ne peut vivre sans Angélique. Il plaide si bien, que son émotion gagne madame Argante elle-même. Angélique pleure aussi. À ce moment, le riche fiancé d’Angélique, l’oncle de Dorante, celui dont dépend sa fortune, survient. Il se laisse toucher à son tour, renonce à la main d’Angélique et assure sa fortune à son neveu en faveur de son mariage avec elle.
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Dans ce Marivaudage hors du commun, les personnages sont tous très attachants, les mensonges ne sont pas vraiment des mensonges, la suspicion de la Mère ne nous effraie d’aucune sorte et nous fait très vitre croire que l’amour comme à l’accoutumée triomphe toujours dans les œuvres du grand dramaturge.

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux naquit à Paris le 4 février 1688. Son père est directeur de la monnaie à Riom. Sa famille est aisée, sans avoir beaucoup de fortune et originaire de normandie. Il fait des études de droit à Paris et reçoit une bonne éducation. Il est toutefois attiré par la littérature et en 1712, il écrit une première comédie : Le Père prudent et équitable ou Crispin l’heureux fourbe qu’il fait jouer par une troupe d’amateurs. Ensuite quelques romans : La Voiture embourbée en 1714, l’Iliade travestie 1916, puis il travestit les trois premiers livres de Télémaque et imite le Don Quichotte. Sa contribution journalistique au Nouveau Mercure lui attirera une renommée dans le milieu littéraire. Son style déjà révélateur de qualités psychologiques le conduira inéluctablement vers la comédie.

Il épouse en 1717 à l’âge de trente ans Colombe Bologne qui lui donne une fille. Son premier succès : Arlequin poli par l’Amour lui ouvre la voie vers le théâtre. Une comédienne à cette époque joua un rôle important en plus de tous les rôles qu’elle pouvait interpréter dans les pièces de Marivaux. Elle éprouva beaucoup de plaisir à camper des personnages d’amoureuses pendant quarante deux ans, excella dans ce répertoire et contribua pour une bonne part au succès car elle sut faire valoir le théâtre de notre auteur. Son nom : Rosa Zannetta Benozzi célèbre sous le nom de Sylvia.

Marivaux fréquenta les salons littéraires de Madame de Tencin, la Marquise de Lambert, Madame de Deffand et Madame de Geoffrin, c’est ici qu’il examina avec intérêt toute une société et fut inspiré par les rapports entre hommes et femmes.

« C’est la société, c’est toute l’humanité même qui en tient la seule école qui soit convenable, école toujours ouverte où tout homme étudie les autres, et en est étudié à son tour » Marivaux..

Une partie seulement de ses œuvres lui a survécu. En dehors du théâtre, on ne se souvient que du Paysan parvenu ou la Vie de Marianne. Marivaux ne fut pas considéré comme un auteur de grande envergure par ses pères, d’où le mot marivaudage, terme péjoratif interprété comme une sorte de trame, de broderie des sentiments entremêlés dans les personnages. Aujourd’hui il est l’un des cinq auteurs les plus joués à la Comédie Française.

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La mère confidente,

Mise en scène : Xavier Lemaire
Assisté de Marc Siemiatycki
Avec : Isabelle Andréani, Marie Delaroche, Franck Jazédé, Thibault Pinson, Xavier Lemaire
Décors et costumes :Caroline Mexme
Lumières :Didier Brun
Musique :Xavier Jaillard