Niger : les maux de la faim

Photo prise dans le sud du Niger, en 2005 (Finbarr
O'Reilly / Reuters).
La sécheresse, qui décime les troupeaux
et fait grimper les prix des denrées alimentaires de
base, place ce pays désertique en état de crise
alimentaire aiguë.
Par JULIE VANDAL Envoyée spéciale à Maradi (Niger)
Le
pas est fébrile, le regard triste, ailleurs, comme
obnubilé par un seul et même problème. Nanou Souleymane
Aboumat le concède : «Tous les matins, je me demande ce
que ma famille va manger. Notre grenier est vide, mon
mari est parti chercher du travail en ville mais cela ne
change rien.» Debout à l’ombre d’un grand arbre, la
jeune mère de 19 ans fait la queue parmi des centaines
de femmes. Le temps d’une journée, la cour sablonneuse
de l’école de Guirari, le village de cultivateurs ou
elle réside à 80 kilomètres au nord de Zinder, a été
transformée en lieu de rationnement. Les humanitaires y
distribuent de la farine enrichie et de l’huile pour un
mois. Une aubaine mais un bien maigre palliatif face au
manque, de plus en plus pressant.
Certes, le Niger connaît une malnutrition chronique, a
tel point qu’en 1974, puis en 1984 et en 2005, le pays
avait été affecté par de graves crises alimentaires.
Mais de nombreux observateurs s’accordent à dire que la
situation actuelle est catastrophique. Cette année,
l’insécurité alimentaire est qualifiée de «critique à
extrême». Selon une enquête diligentée par le
gouvernement, près de la moitié de la population souffre
actuellement de malnutrition, soit 7 millions de
personnes sur les 15 millions d’habitants du Niger.
Parmi eux, 2,6 millions sont déjà au plus mal, avec
moins de dix jours de réserve alimentaire. Alors que la
période de soudure annuelle - entre deux récoltes -
devrait cette année durer six mois au lieu des trois
habituels.
«A cause d’une faible pluviométrie en 2009, les
populations dépendantes en majorité d’activités
agropastorales n’ont pas suffisamment à manger»,
explique Midou Baba Youssifi, le directeur des
opérations techniques au sein de l’ONG Karkara. Le
déficit de production est estimé à 30%. Quant aux
pâturages, ils sont quasiment réduits à néant.
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Pavillon BOUGENOT

Moins connu que la
bibliothèque Schoelcher dont il est une annexe, le pavillon
Bougenot est pourtant plus ancien et recèle quelques
surprises. A plus d’un titre, il vaut le détour et
mérite que l’on s’y attarde.
Situé dans la
rue Victor Sévère, à côté de la
bibliothèque Schoelcher, entre la préfecture, l’hôtel
de police et l’immeuble Plein Ciel, le pavillon Bougenot est
aisément repérable dans le centre ville de
Fort-de-France. Datant de la seconde moitié du 19eme siècle,
cet édifice, tout de bois et de fer forgé, constitue un
témoignage intéressant sur l’architecture
coloniale de l’île de l’époque. Entouré
d’un agréable jardin aux palmiers centenaires, il est
inscrit à l’inventaire des monuments historiques. D’une
superficie à l’origine de 600 m2, avec un soubassement
en béton et une charpente métallique, il se distingue
par ses nombreuses fenêtres hautes en bois, sa véranda à
l’étage et son intérieur sobre et raffiné.
Cette belle demeure
bourgeoise doit son nom à l’un de ses anciens
propriétaires, Emile Bougenot (1838-1925), ingénieur et
industriel français, ayant joué un rôle majeur
dans le développement des usines centrales de la Martinique à
partir de 1860.
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En Haïti, quand le remède
peut tuer le médecin

Alain Deloche, chirurgien, président de la
Chaîne de l'Espoir
Retour d'un monde de traumatisme et de destruction. En
Haïti, plus de six mois après le séisme, le
chaos règne toujours. En quarante ans
d'humanitaire, je n'ai jamais connu une
telle situation, et j'ai pourtant approché
des guerres et des catastrophes à travers le
monde. Mais en Haïti tout est plus violent,
plus dur, plus épouvantable. Je me suis
trouvé face à un peuple traumatisé, blessé
dans les corps et dans les âmes…
Au lendemain de ce séisme, La Chaîne de
l'Espoir a pu déployer son aide médicale au
sein de la clinique Lambert, dirigée par le
Docteur Margaret Degand, à Pétionville, près
de Port-au-Prince. Dans cet ancien
établissement de chirurgie esthétique, plus
de 2000 blessés ont été pris en charge, et
la clinique est devenue un centre de
référence pour tous les sauveteurs. Dans
cette clinique, j'ai retrouvé le cardiologue
haïtien Michel Théard, mon ancien élève à
l'hôpital Broussais, à Paris. Avec lui, je
me suis trouvé plongé dans le milieu médical
haïtien. Et là, j'ai constaté qu'un drame se
jouait dans le drame…
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La solitude : un chemin vers soi-même

par Gustave Nicolas Fischer,
professeur honoraire de psychologie
Le rapport sur les solitudes en France
publié début juillet par l'Observatoire de
la fondation de France révèle une grande
souffrance sociale. Elle est un symptôme
fort de notre manière problématique de vivre
avec les autres, et de vivre avec
nous-mêmes. La relation avec les autres nous
constitue comme être humain ; elle est comme
le socle sur lequel chacun peut construire
sa vie. Tout au long de notre existence,
elle nous façonne ; c'est dans la relation
que se joue une grande partie de notre vie.
Nous entrons dans le monde en apprenant à
être avec les autres. Le développement
psychologique et social de chacun est ainsi
marqué par ce qui se joue dans ses liens
avec autrui.
Ces liens sont des vecteurs à travers
lesquels chacun intériorise au cours de son
apprentissage social des rôles, des normes,
des valeurs sur la manière de vivre avec les
autres et de se comporter avec eux de façon
acceptable socialement.
Aujourd'hui, les relations sont marquées
chez de nombreuses personnes par une
dislocation de ces rôles, de ces valeurs,
liée en particulier à la baisse de
conscience des responsabilités, de la
prolifération des ersatz relationnels que
sont les réseaux sociaux sur Internet, de
l'individualisme désespéré qui se manifeste
comme une affirmation illusoire d'autonomie.
Dans le fond, nous n'apprenons plus à vivre
réellement avec les autres.
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«Nous, acteurs de la lutte, savons
ce qu’il faut faire : décider et agir»

Par ERIC FAVEREAU
«Nous avons aujourd’hui les
moyens de faire régresser l’épidémie de VIH en France
par des politiques globales et des stratégies ciblées
sur les groupes de personnes les plus concernés par la
transmission du virus. Face à ces potentialités, les
pouvoirs publics restent dans l’indécision et diffèrent
la mise en œuvre d’une politique courageuse capable de
faire régresser l’épidémie. Ils font perdre du temps à
la lutte contre le sida. Or aujourd’hui, nous, acteurs
de cette lutte, savons ce qu’il faut faire : décider et
agir !
«Traiter, c’est soigner ; traiter, c’est prévenir ;
traiter, c’est d’abord dépister. Il s’agit donc avant
tout de dépister et traiter plus précocement et plus
intelligemment.
«Dépister : préserver le caractère volontaire du
dépistage, proposer à chacun d’être testé au moins une
fois dans sa vie, et aux populations fortement exposées
de se dépister régulièrement. C’est un changement de
paradigme que les professionnels de santé et les
individus sont capables d’entendre et de mettre en
œuvre.
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Encadrer la psychothérapie… au
profit de qui ?

Par ELISABETH ROUDINESCO Historienne, directrice de
recherches, université Diderot, ROLAND GORI
Psychanalyste et professeur émérite de l’université
L’encadrement
législatif des pratiques professionnelles en psychiatrie
et en psychologie clinique semble procéder aujourd’hui
de choix idéologiques, sécuritaires et clientélistes,
beaucoup plus que d’un souci authentique des patients.
C’est ce dont témoigne, tel un symptôme, la nouvelle
réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute.
L’article 52 de la loi du 9 août 2004, réglementant
l’usage du titre de psychothérapeute, affirmait la
volonté de Bernard Accoyer (président de l’Assemblée
nationale) de protéger le public des charlatans et des
sectes en réservant l’accès au titre de psychothérapeute
aux médecins, aux psychologues et aux psychanalystes
régulièrement inscrits dans les annuaires de leurs
associations. La loi exigeait une formation en
psychopathologie clinique pour tous les professionnels
voulant faire usage de ce titre. Outre la traditionnelle
confusion dans la loi entre «formation à la pratique
psychothérapique» et «psychopathologie», une seule
annexe des récents décrets d’application (décret n°
2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de
psychothérapeute) vient d’enterrer la volonté politique
de son promoteur en créant dans le champ de la santé
mentale une nouvelle profession à mi-chemin entre le
psychologue clinicien et le psychiatre. Le président
Accoyer ne semble pas avoir pris la mesure de
l’instrumentalisation de son projet de loi par le
ministère de la Santé lorsqu’il salue la parution des
décrets d’application en précisant que «cette
disposition ne concerne strictement en rien les
psychiatres, les psychologues cliniciens, ni la
psychanalyse» (AFP 25 mai 2010). C’est faux.
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Droite et pouvoir économique : une
histoire vieille comme le capitalisme
par Olivier Besancenot,
porte-parole national du NPA, et Myriam
Martin, membre du comité exécutif du NPA
L'affaire
Woerth-Bettencourt est devenue une véritable
affaire d'Etat impliquant et compromettant
l'ensemble du pouvoir et le parti à sa tête,
l'UMP. Eric Woerth, soutenu par le
président, contre-attaque et porte plainte
pour diffamation. C'est son droit de
justiciable.
Mais il est évident que certains éléments
semblent de plus en plus incontestables dans
ce dossier : c'est Eric Woerth, ex-ministre
du budget et trésorier de l'UMP, qui
organise en Suisse des soirées de collecte
de fonds auprès de contribuables
particulièrement fortunés, adeptes de la
fraude fiscale…, contre laquelle le même
Woerth fait mine, ensuite, de mener
bataille. C'est l'embauche, par Liliane
Bettencourt, de Florence Woerth, quand son
mari est à la tête d'une administration qui,
bouclier fiscal oblige, verse à l'employeur
de sa femme un chèque de "remboursement" de
30 millions d'euros. C'est la possibilité
pour la "troisième fortune de France" de
frauder le fisc sans risques puisque,
contrairement aux affirmations d'Eric Woerth
et de ses soutiens, elle n'a fait l'objet
d'aucun contrôle fiscal depuis 1995 ! C'est
un couple généreux, les Bettencourt,
distribuant des enveloppes à de nombreux
politiciens (de droite). Il se dit même que
Balladur et Sarkozy figuraient parmi les
bénéficiaires attitrés…
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39ème
Festival de Fort-de-France
Le programme!
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Martinique : Liberté
douce-amère

C'est un modeste restaurant – ou plutôt une
simple paillote – dont la renommée s'accroît
chaque jour par la simple magie du bouche-à-
oreille. Sur le port de Sainte-Luce (côte
sud Caraïbe), les pieds dans le sable, on
s'y régale de poissons grillés et de
produits frais. On y déguste aussi des
ti-punchs en regardant un paysage de carte
postale : des barques de pêcheurs à l'ancre
qui dansent sur les vagues des Caraïbes. Le
tout, servi avec le sourire, sur fond de
musique douce et à prix très raisonnable.
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Une anthologie de la poésie du Tout-Monde

réunie
par Edouard Glissant (La Terre, le Feu, l’Eau
et les Vents, Paris, Galaade, 2010, 350 p.).
par
Michel Herland.
« L’imaginaire est un champ de
fleuves et de replis qui sans cesse bougent »,
écrit Edouard Glissant dans la préface à cette
anthologie poétique d’un nouveau genre. Elle est
nouvelle en effet en ce qu’elle ne fixe pas de
bornes géographiques ou linguistiques au choix
des auteurs (même si les versions originales des
textes non francophones sont rarement
reproduites) et en ce qu’elle ne suit aucun
ordre : ni temporel, ni spatial, ni même
thématique. Il y a néanmoins un fil conducteur,
labyrinthique ou plutôt – pour mieux coller aux
concepts glissantiens – rhizomatique, celui qu’a
trouvé Glissant, poète lui-même, à travers le
champ immense qu’il nous propose d’explorer à sa
suite.
Il y a des embranchements inopinés, des retours
vers des auteurs déjà rencontrés, la reprise de
thèmes qu’on croyait épuisés. Libre à chacun de
suivre le guide dans son cheminement, de
parcourir après lui les thèmes qui semblent
organiser la succession des poèmes (ou extraits
de poèmes) retenus dans l’anthologie : la mort,
l’humanité dans sa diversité, l’esclavage et la
traite négrière, le dépaysement, la poésie, le
paradis terrestre et la chute, les
intermittences du cœur, la fusion de l’homme
dans l’univers, la succession des âges et des
saisons, la négritude, les sans-papiers, etc. Ou
de parcourir le recueil à son gré, en s’arrêtant
au gré de sa fantaisie pour relire un poème su
par cœur ou découvrir un auteur exotique dont on
ignorait jusqu’au nom.
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Le cinéaste Roman Polanski est libre

La Suisse refuse
l'extradition de Roman Polanski vers les
Etats-Unis. Le cinéaste a quitté le chalet où il
était assigné à résidence.
Roman Polanski (Sipa) Roman Polanski (Sipa)
Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski ne
sera pas extradé vers les Etats-Unis, a annoncé
la ministre Suisse de la Justice, lundi 12
juillet.
Sur le même sujet
* Les réactions à la libération de Polanski
* [CHRONOLOGIE] Les principales dates de
l'affaire Polanski
Le cinéaste a quitté son chalet de Gstaad, où il
était assigné à résidence. Une employée de Roman
Polanski, qui a demandé à ne pas être
identifiée, a ouvert la porte du chalet "Milky
Way" (Voie Lactée) lorsqu'une journaliste de
l'AFP a sonné. Elle a affirmé que Roman Polanski
avait quitté les lieux. "Il n'est plus là",
a-t-elle insisté.
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Aux Antilles, le scandale
sanitaire du chlordécone

La France n'en a pas fini avec les scandales de
sécurité sanitaire. Pendant vingt ans, de 1973 à
1993, un insecticide, le chlordécone, a été
utilisé en Martinique et en Guadeloupe pour
lutter contre le charançon de la banane,
entraînant durablement une pollution des sols et
une exposition d'une partie de la population.
Une étude, publiée lundi 21 juin en Guadeloupe
et dans le Journal of Clinical Oncology,
confirme que le chlordécone, un perturbateur
endocrinien, est responsable d'un accroissement
significatif du risque de cancer de la prostate,
lequel représente 50% de l'ensemble des cancers
dépistés en Guadeloupe et à la Martinique.
L'étude valide donc les signaux d'alerte que les
autorités ont longtemps ignorés.
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Une lettre de Elie Domota Pointe-à-Pitre, le 1er Juillet 2010.
Monsieur Le Préfet de Guadeloupe
Mmes Mrs Les Maires de Guadeloupe Objet : Mercury Day Madame, Monsieur,
Encore une fois, les adeptes du Sea, Sex and Sun veulent organiser leur «
Mercury Day » en Guadeloupe. Présenté comme « un évènement incontournable de la
Caraïbe », cette fiesta géante serait selon les organisateurs, la vitrine « de
toutes les valeurs qui sont chères à la Guadeloupe : ambiance musicale, joie et
bonne humeur, …. ». « Synonyme de mixité raciale et sociale », il est « attendu
de pied ferme aussi bien par les élus que les invités des années précédentes ».
Mieux encore, les organisateurs prétendent défendre l’environnement tout en en
alliant « mixité sociale et raciale ». Les Guadeloupéens ont encore en mémoire la fameuse
édition 2007 où pas moins de 500 hors bords et plus de 3000 personnes,
sous l’emprise d’alcool et autres addictions pour la plupart, ont pris
d’assaut cet îlet [1] de 200 M2 du Grand Cul de Sac Marin, espace naturel
protégé. Même un véhicule 4X4 y avait été transporté.
Rappelons aussi les innombrables interventions des
sauveteurs et des pompiers portant secours en mer et à la Marina du
Gosier aux nombreux participants saouls et pétés. Contrairement aux dires des promoteurs de cette
manifestation, la Mercury Day n’est ni un symbole de mixité raciale et
sociale (que l’on ne retrouve guère chez les promoteurs d’ailleurs), ni
une vitrine du nautisme, ni un outil de défense de l’environnement,
encore moins un vecteur des valeurs de la société Guadeloupéenne.
Vous l’aurez compris, il s’agit purement et simplement
d’une immense virée, un apéro géant, organisée au profit de
propriétaires de gros bateaux, en quête de sensations et de tentations
de tous ordres, combinée à une publicité grandeur nature pour les
moteurs Mercury et son représentant local.>
Ce type de manifestation ayant pour but de faire de la
Guadeloupe un lieu de villégiature et de plaisirs en tous genres n’a
donc en rien pour mission ni de protéger, ni de valoriser notre
environnement mais plutôt d’assurer la promotion d’une certaine
Guadeloupe, festive et débauchée. Il s’agit en fait de l’importation
d’un modèle parti des Etats-Unis et appelé Spring break : les étudiants
américains, de race blanche pour la quasi-totalité, se rendent dans un
pays "tropical" pour une semaine complète de beuveries et de défonces
conclues par des orgies. Les villes de Cancun et d’Acapulco au Mexique
sont les plus connues, mais sont loin d’être les seules villes ainsi
transformées en bordels à ciel ouvert. Entourées de misère et de
pauvreté, leur choix n’est pas innocent... Simples écoles du tourisme
sexuel pour ceux qui, à l’âge de 35-40 ans, iront pratiquer la
pédophilie en Thaïlande, à Saint-Domingue ou encore sur les côtes
africaines. Et ce ne sont pas là les valeurs que défendent les Guadeloupéennes et des
Guadeloupéens.
Aussi, les autorisations nécessaires à une telle
manifestation relevant de votre autorité, nous vous interpellons afin
de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour en interdire son
organisation an péyi annou. Notre pays et notre jeunesse méritent mieux.
Le Porte Parole du LKP
E. DOMOTA |
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Violences conjugales : les cris étouffés des victimes
Justice
. Alors que le Sénat examine
aujourd’hui une loi, le meurtre d’une Alsacienne illustre la difficulté
des femmes harcelées à se faire entendre.
Par
SONYA FAURE
Amel avait un filet de voix. On lui
disait souvent de parler plus fort,
qu’on n’entendait pas. Amel Ben Mahamed, 32 ans, est morte en mai. La
jeune femme faisait le ménage au sous-sol d’une HLM. Le tueur s’est
introduit dans le bâtiment pour la poignarder à la gorge et au cœur.
Assassinée faute d’avoir été entendue. Elle habitait Saint-Louis, en
Alsace. Deux jours après le meurtre, son ex-compagnon Emilio (1) était
arrêté et mis en examen. Il s’apprêtait à quitter le département, selon
le procureur. Il dit ne pas être l’auteur du meurtre, mais un témoin
l’aurait vu sur les lieux, à l’heure du crime, selon une source proche
du dossier.
Quelques jours après
le drame, 600 personnes ont marché dans les rues
de Saint-Louis, à l’appel de l’association «Soutien femmes battues» de
Saint-Louis. Sur les pancartes, il était écrit : «Une femme meurt sous
les coups de son conjoint tous les deux jours et demi.» Une loi, qui
prévoit notamment la création d’un délit de harcèlement conjugal, sera
discutée aujourd’hui au Sénat. Une de plus dans un arsenal contre la
violence conjugale de plus en plus répressif. L’histoire d’Amel dit la
difficile protection des victimes, la surdité parfois, des institutions
ou de ceux qui les font.
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Lesbian
& gay prides" ou "marches des fiertés", les manifestations qui
traversent les villes chaque année, en couleurs et en musique, portent
un message politique. Elles perpétuent l'hommage rendu aux émeutiers
new-yorkais de 1969 qui se sont élevés contre le harcèlement policier
des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans). Depuis quarante
ans, ces marches permettent aux personnes LGBT de mener leur combat en
s'exprimant à la première personne. Elles rassemblent aujourd'hui bien
au-delà des seuls militants LGBT.
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Liliane Bettencourt
paie-t-elle des impôts ?

Par THOMAS PIKETTY directeur d’études à l’EHESS
et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.
Au-delà de l’évidente
question du conflit d’intérêt avec le pouvoir en
place, l’affaire Bettencourt illustre à la
perfection plusieurs défis fondamentaux auxquels
se trouvent confrontées les sociétés
contemporaines : le vieillissement de la fortune
; l’importance croissante de l’héritage,
évolution longue qui remet profondément en cause
l’idéal méritocratique ; et, par-dessus tout, l’inéquité
de notre système fiscal. «Les distinctions
sociales ne peuvent être fondées que sur
l’utilité commune», dit l’article 1 de la
Déclaration des droits de l’homme. De toute
évidence, le fait que Liliane, octogénaire, et
sa fille Françoise, quinquagénaire, contrôlent
le capital de L’Oréal et siègent à son conseil
d’administration, n’est que de peu d’utilité
pour l’économie et la société françaises. Ce ne
sont pas des entrepreneuses : ce sont des
héritières, des rentières, surtout occupées à se
battre comme des chiffonnières. Un système
fiscal rationnel, c’est-à-dire juste et
efficace, fondé sur l’utilité commune, devrait
en toute logique les taxer lourdement, de façon
à ce que leurs titres soient progressivement
vendus à des actionnaires moins riches et plus
dynamiques.
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Le
président de la République a décidé de
réformer les retraites à la hâte. Une
réforme alibi pour faire oublier toutes celles qu'il a
manquées ; une réforme pour tenter de rassurer des
marchés qui s'inquiètent de notre situation
financière et donner des gages à une Allemagne qui,
agacée de recevoir des leçons de la France, conditionne
désormais le maintien de ses relations
privilégiées avec nous à l'instauration d'une
politique de rigueur dénuée d'ambiguïté.
Fragilisé financièrement, le gouvernement cherche
à rassurer les investisseurs, puisque toutes les politiques
engagées depuis 2002, et particulièrement depuis 2007,
ont été financées par la dette, depuis le paquet
fiscal de l'été 2007 jusqu'au grand emprunt, en passant
par la taxe professionnelle et la baisse de la TVA dans la restauration.
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Collectif du 5
Février 2009
Contre la vie chère, pour le pouvoir d’achat, et
l’emploi

CONFERENCE - DEBAT
"SAUVONS LA RETRAITE"
Mardi 20 JUILLET à 18H
au RESTAURANT SCOLAIRE de la MANSARDE au
ROBERT
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Lettre à madame
Bettencourt

Par MARLÈNE BELILOS
Psychanalyste
Madame.
De Banier, François-Marie, j’avais lu le premier
roman Balthazar, fils de famille paru en 1985.
Traduit en plusieurs langues, il annonçait un
écrivain doué. Lui, le fils d’un ouvrier
hongrois, né Banyai - patronyme qu’il abandonna
pour Banier - il se mettait en scène en fils de
famille, se consolant de l’indifférence d’une
mère, chez une vieille dame antiquaire. Personne
ne se doutait alors que François-Marie se
cherchait une nouvelle famille, aisée bien sûr,
dont il souhaitait être le fils.
Peu après la lecture du livre, me promenant rue
Jacob, je m’arrête devant la vitrine d’une
antiquaire. De belles photos en noir et blanc y
sont exposées, des textes à l’encre figurent sur
les tirages même. J’entre et m’enquiers de leur
prix, la vieille dame qui m’accueille me dit
vertement qu’elles ne sont pas à vendre.
Pourquoi diable les afficher, alors ? Elle se
tait. Me reviennent divers indices du roman, les
lieux, la dame entourée d’objets anciens chez
laquelle le héros de Banier se réfugiait… Et si
c’était elle, l’héroïne de Balthazar, fils de
famille ? Je lui pose la question, elle rougit
sous son fard. J’ai su récemment que c’était
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Après le séisme, la
souffrance des enfants d'Haïti

John Juillet garde la tête baissée. Ce gamin
de 5 ans a la mine renfrognée et le regard
triste. "Ses parents et ses frères et soeurs
sont morts lors de l'événement, il est le seul
survivant de la famille", explique Daniel
Tercier, le responsable de l'aire de jeux
"Espace amis enfants" aménagée sous une tente,
place Saint-Pierre, à Pétionville, une banlieue
de la capitale haïtienne.
L'événement, c'est bien sûr le tremblement de
terre qui a tué près de 250 000 personnes, dont
beaucoup d'enfants, le 12 janvier, et qui
continue d'alimenter leurs cauchemars six mois
plus tard. Sur un terrain prêté par le
commissariat de police, les animateurs d'Idejen,
une organisation non gouvernementale (ONG)
haïtienne qui travaille depuis longtemps avec
les jeunes exclus du système scolaire,
s'efforcent de redonner goût à la vie à plus de
70 enfants traumatisés par le séisme.
Ce vendredi, la thérapie est simple : des
chansons et des jeux, puis un tournoi de
football improvisé sous la tente. "Au début, les
enfants désobéissaient et se battaient tout le
temps. Maintenant, ça va mieux", dit Louis
Junior, l'un des animateurs de ce programme
financé par le Fonds des Nations unies pour
l'enfance (Unicef). L'organisation
internationale subventionne 225 aires de
récréation, apportant un soutien psychosocial à
plus de 62 000 enfants.
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« Voix
d’esclaves »

par Elisabeth Landi
Les commémorations du 22 mai cette
année ont été l’occasion d’évoquer la
problématique des « voix d’esclaves »
notamment dans le discours du Président du
PPM sur la place du 22 mai à Trénelle. Je me
réjouis de cet intérêt pour les nouvelles
directions de la recherche que les
historiens ont initié depuis une quinzaine
d’années aux Etats-Unis, en Italie, au
Brésil et en Inde, en particulier Natalie
Zemon Davis ou encore Carlo Ginzburg .
Ces préoccupations soulignent
l’importance de ne pas oublier les anonymes de
l’histoire de l’abolition de l’esclavage ce qui
fort juste et à propos.
Aimé Césaire avait déjà
exprimé bien avant nous tous et de manière
visionnaire la nécessité d’être la voix des sans
voix : « Ma bouche sera la bouche des
malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la
liberté de celles qui s’affaissent au cachot du
désespoir » (Cahier d’un retour au pays
natal, 1939)
.Depuis donc quelques années,
de nombreux historiens et anthropologues ont
exploré ces problématiques des voix des
silencieux, de ceux qui n’ont pas laissé de
traces écrites ou directement produites par eux,
les paysans, les femmes, les ouvriers, les
esclaves. Ces travaux remettent en cause un
certain nombre de poncifs, ceux-là même qui sont
aujourd’hui bannis par la communauté
internationale des historiens de la Caraïbe, du
Brésil, du Mexique, des Etats-Unis et des
Subaltern Studies indiennes. Des publications
commencent maintenant à diffuser les résultats
de ces travaux et des cours sont donnés dans les
universités. Dans notre champ géographique, les
travaux de recherche et les enseignements de
Myriam Cottias,
de Dominique Rogers,
d’Alexandre Alaric
et d’une jeune doctorante Stéphanie Belrose,
pour ne citer que ceux-là, en sont bien la
preuve d’un dynamisme réel.
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La leçon
Face à la profusion de textes de
répertoires ou de boulevards du Off, certains
créateurs n’hésitent pas à s’engager sur des
chemins non balisés et à proposer de véritables
bouffées d’air frais. Ainsi en est-il de Michel
Richard qui s’empare des cours d’un autre Michel
(Foucault) pour en faire le postulat d’un
spectacle de théâtre audacieux dans l’écrin
discret du théâtre Isle 80.
Nul besoin d’être un familier de l’œuvre
pléthorique du philosophe Foucault pour goûter
cette proposition théâtrale que propose Michel
Richard. Il faut dire que le comédien a pour lui
la prestance physique et le magnétisme
indispensables pour faire vivre en scène cette
matière non dramaturgique, puisqu’il s’agit des
derniers cours donnés par Foucault au Collège de
France, quelques jours avant sa disparition.
Coïncidence, ces cours portent sur la notion de
vérité, et Michel Richard les a ainsi compulsés,
découpés, remontés sous le titre de L’Artiste
et le dire-vrai. Bien sûr, ici, nulle
interprétation littérale mais l’installation
d’un jeu malin entre les spectateurs, qui se
retrouvent dans la position de doctes étudiants,
et l’acteur qui campe un professeur hors normes
et imprévisible. Avec subtilité, Michel Richard
jongle avec les registres, et même les
personnages, puisqu’on y reconnaît tour à tour
l’admirateur de Foucault, le comédien qui
interprète Foucault professeur et le comédien
qui interroge non pas le spectateur mais le
citoyen. Dynamique, parfois monté ressort, il
utilise tous les ressorts de la scène pour mieux
les briser, comme le quatrième mur qu’il
franchit pour interpeller la salle ou la quitter
par une porte transversale. C’est quoi,
finalement, le « dire-vrai » ? Et quelle ironie
que ce soit un artiste de théâtre, symbole du
jeu et du mensonge partagé (puisque le public
entérine la convention), qui se pose et nous
pose cette question ! Certes, le texte est
dense, truffé de références parfois obscures
pour les novices comme Dusmenil. Mais on est au
théâtre, et en choisissant de porter son
attention sur des passages et des paroles fortes
(« le cynisme est la grimace de la vraie
vie », « occupez-vous de vous-mêmes »),
Michel Richard accomplit la prouesse somme toute
acrobatique de faire des paroles de l’enseignant
la matière d’un spectacle stimulant, d’où l’on
décroche parfois face à la somme d’informations,
mais pour mieux y revenir grâce à l’entrain
contagieux de son interprète.
Jusqu’au 31 juillet 2010.
(Xavier Quéron) |
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Ionesco ou l’art de se fiche du monde en beauté
La Cantatrice chauve au Festival de
Fort-de-France

par Selim Lander
Depuis 1957 la Cantatrice chauve est jouée
sans discontinuer dans le petit théâtre de
la Huchette (90 places) en plein cœur du
Quartier Latin à Paris. Plus d’un-demi
siècle ans dans le même théâtre et dans la
même mise en scène et presque avec les mêmes
comédiens pour un petit chef d’œuvre du
théâtre absurde : Qui dit mieux ?
Il faut croire qu’il est difficile, en
effet, de faire mieux ! Jamais nous n’avions
vu notre merveilleuse salle du Théâtre
municipal (il paraît qu’il faut dire
« Théâtre Aimé Césaire » mais comme peu de
lieux publics aujourd’hui ne portent pas le
nom du grand homme, il est sans doute
préférable de s’en tenir aux vieilles
appellations) aussi remplie (1). Et
personne, à la sortie, ne regrettait sa
soirée !
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Un digest des pièces de Césaire mis en scène par
Ruddy Sylaire.

Si nul ne conteste que Césaire soit un poète
absolument éminent, les avis sur son théâtre
sont davantage partagés. D’aucuns le
trouvent trop didactique, critiquent la
faiblesse des intrigues et s’étonnent d’un
style parfois prosaïque et en tout cas bien
en deçà de celui des poèmes, voire de
certains discours. Aussi n’est-ce pas une
mauvaise idée que de présenter en une seule
soirée des passages judicieusement choisis
de ses pièces, plutôt que de jouer
intégralement une seule d’entre elles. Ruddy
Silaire a mis en scène des extraits choisis
par Michèle Césaire de La Tragédie du roi
Christophe (1963), de La Tempête
(1969), d’Une saison au Congo (1966)
et des Chiens se taisaient (1958)
avec, en guise de bonus, des passages tirés
du Cahier du retour au pays natal
(1939) et du Discours sur le colonialisme
(1950) qui permettent de vérifier que la
prose théâtrale de Césaire n’a ni le souffle
des poèmes, ni même celui du Discours
(lequel, soit dit en passant, ne fut jamais
lu en public par son auteur).
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Six mois après le séisme, Haïti
reste un champ de ruines

Port-au-Prince Envoyé spécial ( Le Monde)
La
petite tente rafistolée avec des bouts de bâches est
transformée en étuve par l'implacable soleil tropical.
Un matelas, des vêtements chiffonnés dans une bassine et
des ustensiles de cuisine. "C'est tout ce que j'ai sauvé
quand ma maison s'est effondrée", soupire Nadine Beaujour.
La jeune femme, enceinte, vivait à Mariani, tout près de
l'épicentre du séisme qui a tué près de 250 000 Haïtiens
le 12 janvier. "Je suis arrivée à terme mais le bébé ne
veut pas sortir, sans doute parce qu'il sait que je n'ai
rien à lui donner à manger", ajoute-t-elle. Elle a perdu
une fillette de 5 ans écrasée sous les décombres et son
mari, blessé, ne peut plus travailler.
Six mois après le tremblement de terre, frustration,
désespoir et, parfois, colère dominent dans les quelque
1 300 campements où s'entassent plus de 1,6 million de
réfugiés. Les plus démunis y côtoient les sinistrés de
la classe moyenne, enseignants, avocats et étudiants,
qui ont tout perdu, les plongeant brutalement dans la
misère et la promiscuité des camps.
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Se kod
yan'm kimawé yan'm ou kraché
en lè i tonbé en djôle ou

par Edouard de Lépine
« Ils
sont comme ces imbéciles qui
soulèvent une pierre trop
lourde et qui se laissent
retomber sur le pied » Mao
Tsé Toung
À l’occasion de son premier
compte rendu de mandat sur
ses trois mois à la tête du
Conseil Régional, le
Président Letchimy, a rendu
publique, entre autres
documents, une note de
l’ancien directeur général
des services de la Région,
touchant le traitement de
tout courrier parvenant à la
région sous Alfred
Marie-Jeanne. Un directeur
général, M. Guy-Raphaël
Henry, dont chacun sait que
le seul titre à assumer
cette fonction était son
inconditionnelle fidélité à
son patron pendant près de
trois décennies à la Mairie
de Rivière Pilote.
Cette note de l’ancien DG
c’était la réponse de Serge
Letchimy à l’étrange et
médiocre campagne de
calomnies dont il est
l’objet, sur les procédures
de traitement du courrier
parvenant à la Région. Les 3
principales dispositions de
cette note méritent d’être
rappelées :
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De la culture du résultat à celle de l'impunité

par Marc-Olivier Padis,
rédacteur en chef de la revue "Esprit"
Cafouillage de la défense, opportunisme
de l'attaque : but ! A ce stade de la compétition la
sanction est immédiate." Qui n'a déjà entendu un tel
commentaire lors d'un match de la coupe du monde de
football ? Mais dans quel sens le terme de "sanction"
est-il utilisé ici ? Une équipe battue par un large
score est "lourdement sanctionnée". Telle est la "loi du
sport" : c'est le score final qui tranche la compétition
et qui consacre le meilleur. S'agit-il simplement d'un
usage journalistique du vocabulaire, parce qu'il faut
bien varier les formules, ou ces termes n'expriment-ils
pas une difficulté plus fondamentale du sport dans son
rapport à la règle ? Comment, en effet, ne pas mettre en
rapport cet usage du vocabulaire, où un résultat peut
être "sévère", avec la difficulté croissante à imposer
l'autorité de la règle et la parole de l'arbitre ?
Au-delà du sport, cela pourrait nous aider à comprendre
la difficulté à rendre crédible un arbitre des
confrontations quand l'ampleur des enjeux tend à
dépasser les acteurs.
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Michel Onfray, dévot de la
langue unique
par
Jean-Pierre Cavaillé,
enseignant à l'Ecole des hautes études
en sciences sociales
Curieux athéisme, que celui qui se range sous
l'autorité des Ecritures pour argumenter, y
compris en des domaines qui semblaient depuis
longtemps émancipés du religieux. Michel Onfray,
dans la livraison du Monde du 10 juillet, fait
l'éloge de l'Espéranto et des idéaux attachés à
cette langue, à vocation universelle :
ouverture, cosmopolitisme, etc. Cela est beau et
bon. Il y voit aussi l'accomplissement de
l'athéisme dans la mesure, où selon lui, les
hommes, en créant une langue universelle,
s'émanciperaient des dieux, deviendraient les
sujets actifs et non plus passifs de l'histoire.
Qu'est-ce à dire ? Ne sont-ce pas les hommes qui
forgèrent aussi toutes leurs langues tout au
long de leur histoire ? En fait, si l'on suit la
curieuse et très indigente démonstration de
notre philosophe, on peut légitimement en douter
!
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Un premier groupe
d'ex-détenus politiques ont quitté Cuba

Un premier groupe
de sept prisonniers politiques a quitté Cuba
lundi 12 juillet à destination de l'Espagne dans
le cadre d'un accord de libération graduelle de
52 dissidents incarcérés depuis 2003 négocié
entre le gouvernement et l'Eglise catholique.
Les opposants cubains sont partis lundi soir
pour Madrid à bord de deux vols commerciaux
espagnols, a indiqué l'ambassade d'Espagne à La
Havane. Ce sont sept opposants, et non pas onze
comme annoncé initialement par Madrid, qui ont
rejoint sous escorte policière leurs familles à
l'aéroport de La Havane pour monter à bord des
vols des compagnies Air Europa et Iberia
attendus mardi en début d'après-midi à Madrid,
selon des dissidents et l'ambassade d'Espagne.
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Fête du cinéma :
Precious de Lee
Daniels

par
Michel Herland
« La
réalité, je sais ce que c’est et c’est une
belle salope
» aurait
déclaré la romancière poétesse
Sapphire, l’auteure de Push, le
livre à l’origine du film. Si quelqu’un en
doutait encore, ou plutôt si l’on pouvait
douter encore que la vie ne soit, pour trop
de gens, qu’une longue suite de malchances,
de coups tordus, de maladies incurables, de
parents violents ou absents, de gosses non
désirés, d’échecs répétés, d’espoirs déçus,
de rêves avortés, Precious remettrait
vite les pendules à l’heure. Les lecteurs d’Antilla
sont sans nul doute des gens « normaux » qui
ont réussi dans leurs études, ont atteint
une situation sociale plutôt enviable et qui
se sont même peut-être débrouillés pour
bâtir une situation familiale pas trop
compliquée (!) À Harlem ou dans le Bronx,
beaucoup n’ont pas eu cette chance. Et dans
pas mal de quartiers de notre belle Madinina
aussi, il n’y a pas que des jolies fleurs à
admirer.
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Les deux bouts de la
langue,

par Michel Onfray
Au commencement était Babel, chacun connaît
l'histoire : les hommes parlent une seule et
même langue, dite "adamique", celle du
premier d'entre eux. Puis ils se proposent
de construire une immense tour destinée à
pénétrer les cieux. Pareille architecture
suppose que les hommes habitant le même
élément que Dieu en deviendraient de facto
les égaux. Cette volonté prométhéenne agit
comme une autre formule du péché originel
car, goûter du fruit de l'arbre de la
connaissance, c'est savoir tout sur chaque
chose, autrement dit, une fois encore,
égaler Dieu. Il y eut une sanction pour le
geste d'Eve, personne n'a oublié... De même
pour celui des constructeurs de Babel : la
confusion des langues.
Dieu qui est amour, rappelons-le pour qui
aurait la fâcheuse tendance à l'oublier,
descend sur Terre pour constater de visu
l'arrogance de ces hommes. "Il dit : "Voilà
qu'à eux tous ils sont un seul peuple et ont
un seul langage ; s'ils ont fait cela pour
leur début, rien désormais pour eux ne sera
irréalisable de tout ce qu'ils décideront de
faire. Allons ! Descendons et là, brouillons
leur langage, de sorte qu'ils n'entendent
plus le langage les uns des autres." Et
Yahvé les dispersa, de là, à la surface de
toute la Terre, et ils cessèrent de bâtir la
ville" (Gen. 11, 6-7) - où comment semer la
discorde...
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La crise aurait
accentué les violences racistes

Par Margaux Bergey
Parmi les populations
victimes de violences racistes évoquées dans
le rapport, les Roms.
Dans un rapport publié mercredi, la
Commission contre le racisme du Conseil de
l'Europe (Ecri) souligne que la crise
économique a contribué indirectement à
l'augmentation des «attitudes xénophobes et
intolérantes» dans les 47 pays membres. Une
thèse contestée par des spécialistes.
La crise économique a accentué les actes de
violence raciste : c'est le constat sans
appel que fait la Commission contre le
racisme du Conseil de l'Europe (Ecri) dans
un
rapport publié mercredi. Cette
commission publie chaque année une étude sur
les tendances observées concernant les
discriminations raciales et les évolutions
des violences raciales dans les 47 pays
membres du Conseil de l'Europe.
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Comprendre le
feuilleton Bettencourt-Woerth, si vous avez
raté le début

Le prologue: le mondain et le milliard
(AFP / Miguel Medina)
Dans cet épisode: Ce fut la saison 1 du
feuilleton, c'est maintenant l'affaire dans
l'affaire. Personnages: un
photographe-écrivain-acteur-mondain
professionnel (François-Marie Banier, 63 ans),
une très riche héritière (Liliane Bettencourt,
87 ans) et la fille de celle-ci (Françoise
Bettencourt-Meyers, 57 ans). Banier rencontre
les Bettencourt il y a quarante ans, s'en
rapproche, devient le confident et bénéficie des
largesses de la femme la plus riche de France.
Un milliard d'euros au moins, en chèques,
tableaux, assurances-vie... Et la jouissance
d'une île aux Seychelles.
La fille voit en «l'ami intime» un manipulateur
qui commence à coûter très cher à la famille.
Fin décembre 2007, elle se décide à porter
plainte pour «abus de faiblesse» et demande la
mise sous tutelle de sa mère qui ne saurait plus
très bien où elle en est et surtout combien elle
donne à qui. Quelques épisodes judiciaires plus
tard, le procès devait s'ouvrir le 1er juillet.
Sauf qu'entretemps, les enregistrements ont fait
surface.
A suivre: Les débats ont été renvoyés, le temps
d'enquêter sur ces écoutes. Le parquet de
Nanterre, dirigé par Philippe Courroye, a
aussitôt fait appel, soulignant qu'une enquête
était déjà en cours sur la façon dont ont été
réalisés les enregistrements. En attendant, le
supplément d'information ordonné se trouve
bloqué. Et le procès de l'écrivain-photographe
en suspens.
Le majordome, le dictaphone et l’homme de
confiance
Dans cet épisode: Entre en scène Pascal B., le
majordome dévoué, aux petits soins du mari André
Bettencourt jusqu’à sa mort fin 2007. La plainte
pour abus de faiblesse déposée contre le
photographe divise le personnel. Ceux qui
parlent sont vite licenciés… Le majordome se
sent menacé et se met à glisser son dictaphone
sur ses plateaux, entre thé et café. Un an
d’enregistrement. Il balance tout à la fille,
qui se défend de lui avoir commandé ces écoutes.
Selon son avocat, Pascal B. est à mille lieux
d’imaginer donner matière à une affaire d’Etat…
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Quand Christoph Marthaler secoue le palais des
Papes

LE FIL ARTS ET SCèNES - Avec
“Papperlapapp” (blablabla en allemand),
qui faisait l'ouverture d'Avignon dans
la Cour d’honneur du palais des Papes,
le Suisse Christoph Marthaler s'est
amusé à bousculer le lieu historique,
peuplé de tellement de fantômes…
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Une programmation de qualité

Regard sur les Rencontres Cinéma 2010
Suite et fin
par
Selim Lander
Alors que la publication de Madinin-art va
s’interrompre pour l’été, les Rencontres Cinéma de Martinique battent
leur plein. S’il est trop tôt pour en faire le bilan, il est permis de
jeter un coup de projecteur sur deux longs-métrages particulièrement
réussis.
Tetro de Francis Ford Coppola, avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich,
Quand on aura dit que le dernier film de Coppola, Tetro, est un drame
familial inspiré de la propre histoire de l’auteur, on n’aura
évidemment rien dit. Car la magie du cinéma n’est pas dans l’intrigue –
même si celle-ci peut contribuer à celle-là – mais dans les images.
Images – magie : lorsque le personnage interprété par Vincent
Gallo (dans le rôle titre) éclaire avec son projecteur la silhouette
d’une femme grande et belle en train de se dénuder sur une scène de
théâtre improvisée, n’est-ce pas d’ailleurs comme si nous regardions
des images sorties d’une lanterne magique ? Tetro est filmé
presque constamment en noir et blanc, avec quelques séquences seulement
en couleur. Les comptes-rendus du film évoquent Kazan, pour le noir et
blanc, bien sûr, ainsi que pour les gros plans et une certaine intimité.
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Les Rencontres
Cinéma 2010 – suite.
The Harder they come de
Perry Entzel avec Jimmy Cliff.
La Terre de la folie de
et avec Luc Moulet.

Par Selim Lander
The Harder they
come de Perry Entzel avec Jimmy Cliff.
Les Rencontres nous ont offert un superbe cadeau en programmant un film
jamaïcain de 1972, qui a notablement contribué à la diffusion du reggae
sur toute la planète. Il faut dire tout de suite que la bande son, avec
les chansons de Jimmie Cliff, est superbe. Le reggae de Jimmy Cliff
n’est pas seulement plein d’énergie (ce qui est encore le cas de
beaucoup des musiques sur lesquelles on nous invite à danser
aujourd’hui), il s’appuie sur de véritables mélodies (ce qui est,
hélas, de moins en moins le cas dans la musique à danser). Mais les
mérites du film ne se limitent pas à ses chansons. En dépit de
certaines limites techniques, il apparaît fort bien ficelé. Par
exemple, la première séquence montre un autocar sur une petite route de
campagne. Ultra-classique ? Certes, mais ni l’autocar ni les
paysages ne sont ceux de la France des années 1960. Quant au personnage
principal – un jeune paysan qui débarque à la ville plein d’ambition et
qui se heurte rapidement aux barrons de la drogue – c’est une très
bonne idée de scénario que d’en faire un amateur des westerns spaghetti
s’identifiant aux héros invincibles de ses films préférés… à ceci près
que lui n’est pas invincible et qu’il ne revêtira pas impunément la
panoplie du redresseur de torts.
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Prochaine Lettre
en Septembre 2010
Le site sera régulièrement mis à jour entre
temps
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