Les femmes enceintes soumises à
un stress traumatisant
auraient plus de risques de
donner naissance à des
enfants qui développeront
plus tard une schizophrénie.
C'est ce que révèle une
étude publiée jeudi 21 août
dans le journal spécialisé
BioMed Central
Psychiatry, basé à
Londres.
"Le type de stress en
question est du genre de
ceux que l'on subit lors
d'un désastre naturel comme
un tremblement de terre, une
attaque terroriste, un
ouragan ou encore un deuil
soudain", explique l'auteur
principal, Dolores Malaspina.
Dolores Malaspina et ses
collègues ont examiné les
données concernant 88.829
personnes nées à Jérusalem
entre 1964 et 1976 et les
ont croisées avec le
registre national de
psychiatrie d'Israël. 637
cas de schizophrénie ont
ainsi été recensés.
Une suspicion avérée
Selon l'étude, les enfants
des femmes qui étaient au
deuxième mois de grossesse
au plus fort de la guerre
israélo-arabe en juin 1967
-- la "Guerre des six jours"
- avaient un taux
significativement plus élevé
de schizophrénie à leur
entrée à l'âge adulte.
Les auteurs soulignent que
l'impact maximum se trouve
en début de gestation, avec
"une fenêtre relativement
étroite de vulnérabilité (à
la schizophrénie), au
deuxième mois de grossesse".
L'étude montre aussi une
nette différence d'impact
entre hommes et femmes.
Les femmes dans le deuxième
mois de leur vie foetale
durant le conflit ont 4,3
fois plus de risque de
souffrir de schizophrénie,
alors que pour les hommes,
ce risque est bien moindre
(1,2).
D'autres influences
potentielles - saisons,
faible poids de naissance,
apport en calories - ont été
écartées.
"C'est une saisissante
confirmation de ce que l'on
suspectait depuis
longtemps," commente
Malaspina.
Une personne sur 200
Ces résultats confirment
ceux de précédentes études
relevant un excès de
schizophrénie chez des
enfants dont la mère a subi
un fort stress en début de
grossesse.
Des études, en Finlande et
au Danemark, portant sur la
perte du mari ou d'un proche
du 1er degré de la femme
enceinte, sont les plus
convaincantes, estiment les
auteurs. Elles montrent en
effet un excès de cas de
schizophrénie en
particulier, lorsque le
deuil est survenu pendant le
1er trimestre de grossesse.
Cette psychose touche
environ une personne sur
200, généralement en fin de
l'adolescence ou au début de
l'âge adulte. Elle est
notamment marquée par des
hallucinations, des
altérations de la perception
de la réalité et de la
relation à autrui et peut
comporter un délire de
persécution.