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Espace freudien |
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Autisme
: la psychanalyse au pied du mur
 L'autisme
a beau être la grande cause nationale de 2012, les familles qui y sont confrontées
restent
démunies.
Car, en France, les psychanalystes s'opposent aux méthodes
comportementalistes
ayant pourtant fait leurs preuves à l'étranger.
Une position rétrograde
dénoncée
par Sophie Robert dans un documentaire, "Le Mur", dont la diffusion est suspendue à la décision
d'un tribunal, le 26 janvier. Par Laure Mentzel / Illustrations Shannon Freshwater
Sur l'écran, une grand-mère
à col Claudine enfourne son bras entre les mâchoires d'un crocodile en plastique. Cette pédopsychiatre
chevronnée
mime devant la caméra le concept lacanien de "mère crocodile" - envahissante et castratrice - qui a autrefois expliqué les causes de l'autisme. Dans les années 1950, on considérait
avec Bruno Bettelheim et Jacques Lacan que cette pathologie résultait d'un trouble de la relation mère-enfant.
A l'heure où le monde entier tient pour acquise l'origine neurobiologique du handicap et la nécessité
de
rééduquer
les enfants qui en sont atteints, la professionnelle expose son approche sans ciller : ce qu'il faut soigner avant tout, c'est la "folie maternelle". A en croire le documentaire Le Mur de Sophie Robert dont est extraite cette scène, les psychiatres français seraient dépendants
des
théories
psychanalytiques,
considérées
partout ailleurs comme obsolètes pour le traitement de l'autisme. Les paroles de psychiatres se succèdent et accablent surtout ceux qui les prononcent : parents forcément coupables du handicap de leur enfant, retard de langage dû à un désir de "rester dans l'oeuf", absence de solution, rejet de l'idée même de progression... Le film glace et agace. N'y a-t-il donc aucun psychiatre digne de ce nom en France ? Lire
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A qui profite la résidence alternée ?

La question passionnelle de la résidence alternée pour les enfants de couples séparés me fait souvent penser à celle des rythmes scolaires où, sous couvert de l'intérêt premier des enfants, il ne s'agit au fond que de la préservation de l'intérêt ou du narcissisme des adultes. Si, dans quelques rares situations, cette disposition peut s'avérer utile pour l'enfant, il y faut nombre de conditions, qui ne sont en rien respectées dans la loi de mars 2002, qu'il faudrait amender mais que la proposition de loi Mallié-Decool durcit encore.
Le 15 avril 2010, j'ai été invité par Richard Mallié et Jean-Pierre Decool à un petit-déjeuner de travail pour parler de la proposition de loi que ces députés UMP et leur collègue Rémi Delatte souhaitaient déposer, afin que la résidence alternée puisse être mise en oeuvre plus fréquemment et plus systématiquement.
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Quand l'adolescence est bafouée par le politique par André Ciavaldini, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris et président de l'Association Grenobloise de Psychanalyse
 Avec le viol puis le meurtre de la jeune adolescente de treize ans et demie Agnès Martin se rouvre la boîte de Pandore de la "bien pensance". Les déclarations de nos ministres voudraient nous faire croire que l'arsenal judiciaire serait insuffisant. Mais à chaque fait divers, certes dramatique, on rajoute une loi. Pendant ces dix dernières années il y a eu 13 projets et mises en œuvre de réforme de l'ordonnance de 1945 ! Et le projet in fine, est bien de supplanter la dimension éducative par celle répressive. Il y aurait une forme d'urgence à aligner les juridictions adultes et mineurs sur la même opérativité, comme si était comparable une action faite par un mineur en plein réaménagement psycho-somatique et un adulte, a priori, aménagé. Quand le répressif supplante l'éducatif dans la prise en charge judiciaire des mineurs, il s'agit là d'un déni qui conduit à une réelle violence qui ne respecte pas ce que sont les adolescents. Déni précisément du processus adolescent lui-même. À le dénier, on ne laisse dès lors, chez ceux qui sont jugés sous cet auspice, plus aucune chance, à cette période fondamentale de l'humain, de se développer. |
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"Le colonisé est un persécuté qui rêve en permanence de devenir persécuteur" F. Fanon: Les Damnés de la terre, éd. Maspero, Paris, 1968, p. 19.
FANON, ENTRE LE RÉEL* ET L'INCONSCIENT
par Jacques ANDRÉ, Psychanalyste
 "Ce que je sais seulement c'est que mon être tout entier me fit l'effet de courir aveuglément et à toute vitesse vers quelque chose de monstrueux et d'immobile, avec un choc violent trop soudain et trop rapide pour n'être qu'étonnement et indignation, contre cette main noire qui m'arrêtait timidement en se posant sur ma chair de femme blanche. Car, dans le contact d'une chair avec une autre chair, il y a comme une dérogation, quelque chose qui coupe net et droit à travers les voies enchevêtrées de l'ordre et des convenances, quelque chose que connaissent les ennemis aussi bien que les amants, car c'est ce quelque chose qui les fait tous les deux ".
FAULKNER (Absalon ! Absalon !)
Quand on évoque Fanon psychiatre, c'est le plus souvent en quelques lignes, à la fin, pour être sûr de n'avoir rien oublié ; ou en introduction, histoire de respecter la chronologie. Dans une vie pleine d'élaboration et de luttes politiques, la psychiatrie fait figure d'appendice, d'à-côté professionnel en marge de l'engagement, ou de période, formatrice sans doute, mais bientôt dépassée. Peut-être y a-t-il une part de légitimité à procéder ainsi, l'héritage laissé par Fanon à ce que l'on peut appeler, sans emphase, "l'histoire de l'humanité", relevant davantage du politique que du psychiatrique.
A y regarder d'un peu plus près, cependant, on s'aperçoit que le psychologique et le politique chez Fanon ne s'opposent pas comme deux moments que sépareraient la prise de conscience et l'engagement, comme deux étapes successives sur un "chemin de culture", mais que l'oscillation d'un pôle à l'autre habite la vie et parcourt l'oeuvre. De Peau noire, masques blancs (1), que Fanon espéra présenter comme thèse de psychiatrie, jusqu'aux Damnés de la terre qui s'achèvent sur des données cliniques, l'importance accordée à l'analyse psychologique, à sa contribution à la compréhension du procès social et des relations de pouvoir qui le dynamisent, cette importance ne s'est jamais démentie. La réciproque est vraie : Fanon, qui maintiendra aussi longtemps que la guerre le lui permettra, son activité de psychiatre, ne se départit jamais d'un regard politique et critique sur l'institution psychiatrique. Depuis les expériences de psychiatrie institutionnelle avec Tosquelles à Saint-Alban jusqu'à l'ouverture de l'hôpital Charles-Nicolle de Tunis sur l'hospitalisation de jour, Fanon a mené un combat permanent à la fois contre le statut de sujétion du malade et contre la carcéralisation de l'hôpital (2).
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En un
demi-siècle,
les mœurs se
sont certes
libérées,
mais au
féminin
comme au
masculin
beaucoup
peinent
toujours
à
atteindre le
nirvana. Car,
si les
mentalités
ont
évolué,
de nouveaux
obstacles ont
surgi sur la
route.
Le rapport de
force entre
les sexes a
bel et bien
changé
dans la
foulée
de Mai 1968.
"L'amélioration
du statut
social des
femmes,
liée
à
l'essor
remarquable de
leur niveau
d'études
et à
leur
entrée
massive sur le
marché
du travail
salarié,
a
contribué
à
augmenter
nettement leur
autonomie
vis-à-vis
des hommes",
écrivent
Nathalie Bajos
et Michel
Bozon, dans
leur
Enquête
sur la
sexualité
en France (La
Découverte,
2008). Preuve
de cette
émancipation,
les chercheurs
citent "le
contrôle
croissant
qu'elles
exercent sur
la
procréation
(contraception
moderne et
recours
à
l'IVG), qui a
transformé
profondément
leurs
aspirations et
leurs
expériences
en
matière
de
sexualité".
Oui, mais...
Le
désir
féminin,
grand
incompris
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Mère,
Père,
où
en
est-on
?
Relation
mère-enfants
:
problèmes
actuels
en
France
Aldo Naouri Paris
Que
puis-je
en
dire,
succinctement,
de
cette
relation
?
J’en
dirai
que
je
l’ai
vue
progressivement
se
transformer,
au
fil
des
quarante
années
d’une
carrière
de
pédiatre
à
laquelle
je
vais
mettre
fin
dans
à
peine
quelques
jours.
C’est
une
transformation
que
je
juge
regrettable.
Elle
l’est
d’autant
plus
que
jamais
la
santé
physique
des
enfants
n’a
été
aussi
bonne
!
Il
faut
croire,
et
espérer,
que
cet
état
des
choses
est
transitoire.
Qu’il
témoigne
seulement
du
lent
travail
par
lequel
les
hommes
et
les
femmes
ont
entrepris
d’interroger
leur
façon
de
communiquer.
Pour
étayer
ce
rapide
aperçu,
je
diviserai
mon
exposé
en
trois
parties
:
-Je
décrirai,
tout
d’abord,
mais
sans
m’y
attarder,
les
troubles
nouveaux
qui
affectent
l’enfant
et
qui
font
l’objet
de
la
démarche
parentale.
-Cela
me
conduira,
dans
une
seconde
partie,
à
faire
une
forme
d’historique
des
facteurs
qui
suscitent
ces
troubles.
-J’essaierai,
pour
finir,
de
produire
une
analyse
de
la
mutation
qui
a
généré
ces
mêmes
facteurs.
Ce
qui
m’amènera
à
soulever
des
questions
que
nous
aurons
sans
doute
à
reprendre
au
cours
de
la
table
ronde.
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suite
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"Les secrets de famille touchent jusqu'à trois générations"

Dans
un
livre
paru
ce
mercredi,
le
psychiatre
et
psychanalyste
Serge
Tisseron
analyse
les
formes
et
les
conséquences
des
non-dits
dans
la
sphère
familiale,
et
les
moyens
d'y
mettre
fin.
Par
Audrey
Salor
"Ce
qui
importe,
c'est
le
poids
du
secret
pour
son
porteur
et
sa
descendance,
et
la
possibilité
de
pouvoir
ou
non
en
parler".
(SIPA)
"Ce
qui
importe,
c'est
le
poids
du
secret
pour
son
porteur
et
sa
descendance,
et
la
possibilité
de
pouvoir
ou
non
en
parler".
(SIPA)
Qu'est
ce
qu'un
secret
de
famille
? Un
non-dit
à
l'origine
de
bien
des
situations
incongrues,
dont
le
psychiatre
et
psychanalyste
Serge
Tisseron
nous
donne
de
multiples
exemples,
dans
son
ouvrage
"Les
secrets
de
famille",
paru
le 5
octobre.
Une femme, nous raconte-t-il, lui explique éprouver de l'angoisse à l'idée d'être enceinte et d'en mourir. Un peu plus tard, elle lui relate l'histoire du "petit chien qui avait avalé un parapluie", qu'elle entendait de la bouche de son père étant enfant. Le petit animal a, par mégarde, avalé l'objet. Lorsqu'il se met à pleuvoir, le parapluie s'ouvre, tuant le petit chien. Alors, le père termine son histoire par "pauvre petit chien ! ". Et se met à pleurer. En Espagne, à Barcelone, un parent oblige son fils à aller acheter du pain très loin de la maison, malgré la proximité d'une boulangerie, et le punit durement s'il désobéit.
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Un
pédiatre
contre
La
tyrannie
des
mères

Explosif.
Dans
un
livre
(publié
chez
Odile
Jacob),
le
pédiatre
dresse
un
portrait
noir
de
la
famille.
La
faute
aux
mères.
Le
père
? «
Un
porte-sperme
réduit
au
statut
de
colifichet
».
Les
enfants
? «
Hissés
au
sommet
de
la
pyramide
familiale,
ils
ont
été
l'objet
d'un
véritable
culte,
jalousement
préservés
de
la
moindre
frustration.»
Leur
sont
«
octroyés
tous
les
droits,
sans
que
leur
ait
été
imposé
le
moindre
devoir
».
Aldo
Naouri,
le
célèbre
pédiatre,
broie
du
gris
très
très
foncé.
La
famille
est
foutue.
Les
mères
ont
pris
le
pouvoir.
Ivres
de
leurs
enfants,
elles
se
sont
débarrassées
des
empêcheurs
d'y
goûter
pleinement,
les
pères.
Pour
parvenir
à
accomplir
totalement
cette
démission
masculine,
les
femmes
ont
obtenu
le
soutien
de
toute
la
société.
Autorité
parentale
conjointe,
congé
de
paternité,
partage
des
tâches,
tout
ce
dispositif
législatif
moderne
serait
une
aberration
nuisible,
émasculant
plus
encore
les
pères,
gonflant
d'orgueil
ces
femmes,
«
auxquelles
la
permanente
disponibilité
sexuelle
n'assigne
aucune
li
mite
».
Résultat,
selon
l'auteur
: «
Nos
sociétés
occidentales
ont
retiré
leur
soutien
à
l'instance
paternelle
pour
voir
le
patriarcat
annihilé
avec
l'installation
d'une
forme
de
matriarcat
dégoulinant
d'amour
qui
a
obéré
plus
qu'on
ne
l'imagine
la
maturation
des
enfants.
»
Vous
l'aurez
compris,
le
charmant
réactionnaire
n'a
pas
choisi
de
ménager
ses
lecteurs,
ni
de
s'attacher
les
bienveillances
des
critiques.
On
oublie
presque
que
Naouri
promet
de
nous
parler
des
«
belles-mères,
beaux-pères,
brus
et
gendres
».
Oh,
il
le
fait
pourtant,
juste
assez
pour
clamer
ainsi
qu'il
est
urgent
de
redonner
une
place
au
père.
Les
belles-mères
:
Les
beaux-pères,
leurs
brus
et
leurs
gendres
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|
par
Jacques-Alain
Miller
 Rencontre fortuite d’une machine à coudre et d’un parapluie. Rencontre impossible de la baleine et de l’ours blanc. L’une, forgerie de Lautréamont ; l’autre, ponctuation de Freud. Toutes deux, mémorables. Pourquoi ? Certainement, elles chatouillent quelque chose en nous. Lacan dit quoi. Il s’agit de l’homme et de la femme.
Entre les deux, point d’accord ni d’harmonie, pas de programme, rien de pré-établi : tout est livré au petit bonheur la chance, ce qui s’appelle en logique modale la contingence. On n’en sort pas. Pourquoi est-elle fatale, c’est-à-dire nécessaire ? Il faut bien penser qu’elle procède d’une impossibilité. D’où le théorème : « Il n’y a pas de rapport sexuel ». Cette formule est aujourd’hui fameuse.
A la place de ce qui ainsi fait trou dans le réel, il y a pléthore : images qui leurrent et qui enchantent, discours qui prescrivent ce que ce rapport doit être. Ce ne sont que des semblants, dont la psychanalyse a rendu l’artifice patent pour tous. Au XXIème siècle, c’est acquis. Qui croit encore que le mariage ait un fondement naturel ? Puisque c’est un fait de culture, on s’adonne à l’invention. On bricole de toutes parts d’autres constructions. Ce sera mieux… ou pire.
Y a de l’Un ». Au cœur du présent Séminaire, cet aphorisme, passé inaperçu, complète le « Il n’y a pas » du rapport sexuel, en énonçant ce qu’il y a. Entendez, l’Un-tout-seul. Seul dans sa jouissance (foncièrement auto-érotique) comme dans sa signifiance (hors sémantique). Ici commence le dernier enseignement de Lacan. Tout est là de ce qu’il vous a appris, et pourtant tout est neuf, renouvelé, sens dessus dessous.
Lacan enseignait le primat de l’Autre dans l’ordre de la vérité et celui du désir. Il enseigne ici le primat de l’Un dans la dimension du réel. Il récuse le Deux du rapport sexuel comme celui de l’articulation signifiante. Il récuse le grand Autre, pivot de la dialectique du sujet, il lui dénie l’existence, et le renvoie à la fiction. Il dévalorise le désir, et promeut la jouissance. Il récuse l’Être, qui n’est que semblant. L’hénologie, doctrine de l’Un, surclasse ici l’ontologie, théorie de l’Être. L’ordre symbolique ? Ce n’est rien d’autre dans le réel que l’itération du Un. D’où l’abandon des graphes et des surfaces topologiques au profit des nœuds, faits de ronds de ficelle qui sont des Uns enchaînés.
Souvenez-vous : le Séminaire XVIII soupirait après un discours qui ne serait pas du semblant. Eh bien, avec le Séminaire XIX, voici l’essai d’un discours qui prendrait son départ du réel. Pensée radicale de l’Un-dividualisme moderne.
Le
Séminaire.
Livre
XIX
Jacques
Lacan
Date
de
parution
25/08/2011
Champ
Freudien
264
pages
- 23
€
TTC
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Sortir de la souffrance au travail

par
Christophe Dejours
La discordance
s'accroît, en France, entre
la souffrance qui continue de
s'aggraver dans le monde du
travail et le débat qui s'intensifie
dans l'espace public cependant
que des mouvements de protestation
se manifestent de plus en plus
bruyamment dans la cité. Cette
discordance pose des problèmes
sérieux à ceux qui sont préoccupés
par l'action en vue d'expérimenter
de nouvelles méthodes d'organisation
du travail.
Des solutions existent en effet,
mais elles se heurtent à des
obstacles dont l'analyse est
indispensable avant d'appeler
à quelque action que ce soit.
A supposer qu'on parvienne à
lever ces obstacles, sur quels
principes pourrait-on fonder
une action visant la reconstruction
des rapports entre le travail
et la vie ?
Le débat dans l'espace public
est devenu important depuis
l'automne 2009, à la suite des
suicides à France Télécom, grâce
aux journalistes principalement,
sur le fond d'une sensibilisation
des esprits plus lente et plus
discrète, mais peut-être aussi
plus durable portée par le cinéma
documentaire, les films de fiction,
les pièces de théâtre et les
œuvres littéraires qui
prennent le monde du travail
pour sujet.
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Politiques
sur le divan et vide démocratique
Par ROLAND GORI
Psychanalyste et universitaire, FABRICE LEROY Psychanalyste et
universitaire

Coucher les politiques sur le divan : une psychanalyse sous contrainte
? Un soin sans consentement ! Peu de temps après une réforme
désastreuse de la psychiatrie pour les praticiens du soin psychique et
pour les patients, instaurant - entre autres - les soins sans
consentement jusqu’au domicile, on voit se répandre dans différents
médias des «experts» de la psychanalyse déverser des interprétations
sauvages d’un fait divers aussi tragique que spectaculaire.
Voilà le type de propos d’allure «savante» qui, de notre point de vue,
font grand tort à la psychanalyse en la transformant en homme à tout
faire de la morale et de l’idéologie. L’affaire Dominique Strauss-Kahn,
douloureuse, tragique, sidérante, aurait mérité mieux de la part de nos
amis psys que cette «lecture directe» des faits et comportements broyés
par les médias et par un savoir «expert» devenu pièce à charge d’un
dispositif d’humiliation politique.
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Une
mystérieuse autodestruction

par
Serge Hefez, psychanalyste
Meurtre ou suicide ?
L'avenir nous dira si Dominique Strauss-Kahn est victime d'une sordide
machination, meurtre symbolique d'un homme au faîte de sa gloire, ou
s'il vient de mettre en scène, sous nos yeux ébahis, le spectacle de
son autodestruction.
Dans cette deuxième hypothèse, rappelons que la première victime est la
personne agressée et que des milliers de femmes sont violées tous les
jours par des hommes ordinaires. Mais puisque cet homme n'est justement
pas ordinaire, voilà notre cinéma mental encombré de chambres d'hôtel
luxueuses où les personnages imposés de la soubrette aguicheuse et du
séducteur priapique se côtoient dans la plus grande indécence.
Difficile d'imaginer qu'il n'a pas "quelque part" désiré cette chute
qui marque le refus d'un destin préconçu.
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Familles : les canons
trinquent, enfin
Salvatore D’Amore (sous la direction de) Les
Nouvelles Familles. Approches cliniques
Préface de Robert Neuburger. De Boeck, 472
pp., 43 €
Par GENEVIÈVE DELAISI DE PARSEVAL
psychanalyste

Presque tout un chacun a désormais appris à
relativiser ses croyances en une famille
«normale». Il n’y a que le législateur pour
ne pas prendre en compte le fait que, depuis
plusieurs décennies, il existe nombre de
familles multicomposées avec différentes
sortes de beaux-parents ; qu’on rencontre de
manière non exceptionnelle des familles
composées avec des «tiers procréateurs ou
éducateurs» dans les cas de l’adoption et
des familles fondées grâce à l’assistance
médicale à la procréation avec dons de
gamètes et d’embryons. Sans compter les
déclinaisons variées des familles
homoparentales contemporaines. A l’occasion
de la récente révision de la loi bioéthique,
nos députés s’en sont tenus, à droite comme
à gauche, au vieil adage «un père, une mère,
pas un de plus, pas un de moins». Combien de
temps ce déni législatif durera-t-il ?
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Quand la psychiatrie erre dans
l’île aux fleurs…
Plongeon au cœur de l’absurde
A
la
Martinique,
le
gouvernement
a
fait
un
choix
que
nous
désapprouvons
et
nous
l’avons
fait
savoir
depuis
4
ans,
depuis
que
nous
avons
appris
le
projet
de
fermeture
de
l’unique
hôpital
psychiatrique
de
l’île
pour
raisons
budgétaires
inavouées.
Nous :
Association
Equinoxe
qui
regroupe
les
familles
de
personnes
souffrant
de
troubles
psychiques
créée
en
2006
et
dont
je
suis
la
présidente.
Equinoxe
a
également
créé
l’unique
GEM
depuis
2007
et
programme,
oeuvrant
avec
les
usagers,
d’en
créer
d’autres.
Dans
le
même
temps
où
la
Guadeloupe
se
voyait
dotée
d’un
hôpital
psychiatrique
flambant
neuf,
ici
on
prenait
la
décision
inverse :
fermer
l’unique
CHS
de
l’île.
Le
CHS
de
Colson
est
un
établissement
de
type
asilaire
qu’on
n’a
jamais
cherché
à
faire
entrer
dans
l’ère
de
la
modernité.
On
l’a
laissé
se
dégrader
au
point
que
sa
remise
en
état
aurait
exigé
un
investissement
financier
jugé
trop
lourd
aux
yeux
des
décideurs
politiques
nationaux.
La
santé
mentale
n’en
valait
pas
la
peine,
elle,
l’éternel
parent
pauvre
du
système
de
santé.
Les
nombreux
disfonctionnements
de
cet
établissement,
que
ce
soit
sur
le
site
de
Colson
ou
ailleurs,
font
des
usagers
les
premières
victimes
de
cet
état
de
fait.
Mais
le
personnel
soignant
lui
aussi
en
souffrance
en
pâtit.
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|
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La famille à maux
couverts
Illustration Marc
Boutavant
Par Viviane Chocas

Le psychiatre Serge
Hefez nous aide à comprendre la complexité des liens
familiaux
Les
liens familiaux seraient-ils devenus un sac de nœuds
? Entre l’obligation d’aimer et la nécessité d’être
libre, l’idéalisme oppressant peut prendre des
accents de tragédie. À l’heure du drame du clan
Dupont de Ligonnès, le psychiatre Serge Hefez nous
aide à faire la traversée des illusions et à
inventer une nouvelle façon d’être ensemble.
Le drame
familial de Nantes n'en finit pas d'interroger par
sa noirceur. Mais il entre aussi en choc frontal
avec une société contemporaine qui tend à magnifier
la famille sous tous rapports. Les Français par
temps de crise martèlent qu’elle est « le » refuge
numéro un ; la pub s’en empare, telle la récente
campagne Sandro avec son quatuor parents-enfants
joyeux bobos... Dans un monde où l'environnement
professionnel est vécu comme menaçant, hostile, plus
étranger à soi-même qu'hier, la famille serait
devenue le lieu privilégié de l'épanouissement. Une
sorte de consensus dans les enquêtes assure que
c'est là, et là seulement, qu'il fait chaud
désormais.
Lire la
suite
|
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“DSK me fait
penser à Zidane”
par Serge Hefez, psychanalyste

Le psychanalyste Serge Hefez s’intéresse à la
structure psychique des hommes politiques. Auteur de
La Sarkose obsessionnelle, il fait un parallèle
entre les comportements de l’actuel chef de l’Etat
et ceux de l’homme qui fut son plus dangereux
challenger. Entretien
Qu’est-ce qui vous
frappe le plus dans les réactions de l’opinion face
à l’affaire mettant en cause Dominique Strauss-Kahn
?
Serge Hefez – Même si je ne suis pas de leur monde,
je vais poser en préambule, comme la majorité des
hommes politiques, la présomption d’innocence. Cela
dit, ce que je trouve le plus significatif, c’est le
sentiment de compassion, en France tout au moins, à
l’égard du héros de cet épisode dramatique. Sans
doute parce que les gens en perçoivent la dimension
d’autodestruction. La mise en place d’un mécanisme
intime, inconscient et finalement assez partagé, qui
fait qu’à un moment, lorsque nous sommes sur le
point de réaliser nos désirs, existe la tentation de
jouer contre nous-mêmes. Comme si l’on était la
proie d’une force tellurique, qui, dans ce cas
précis, atteint une tête unanimement reconnue comme
bien faite, et balaie toute rationalité. Un homme au
summum de sa gloire, qui a le statut d’un dieu,
redevient humain, même si, comme pour Icare, le
retour sur terre est particulièrement brutal, pour
aboutir à la mort, et dans ce cas précis, à tout le
moins à une mort symbolique et quoi qu’il arrive à
une mort politique.
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la suite |
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La loi sur la
psychiatrie est l'indice
d'un Etat qui préfère punir
que guérir
 Le projet de loi relatif aux
"droits et à la protection
des personnes faisant
l'objet de soins
psychiatriques" provoque à
juste titre la colère et
l'indignation des
associations
professionnelles. On dénonce
la création d'un casier
judiciaire psychiatrique ou
d'une garde à vue
psychiatrique. On pointe la
dimension exclusivement
sécuritaire du projet de
loi, dont le vocabulaire et
la logique relèvent plus du
ministère de l'intérieur que
de celui de la santé. Ce
n'est pas tout à fait vrai.
C'est pire : il est
sanitaire pour les entrées
et sécuritaire pour les
sorties, ce qui rendra un
peu plus infernale la
situation sur le terrain, en
engorgeant les unités
d'hospitalisation temps
plein et en entravant la
réalisation des soins
urgents, notamment pour les
malades susceptibles de
commettre un acte violent.
On critique l'absence de
moyens qui rend ce projet
irréalisable et la mauvaise
foi de ceux qui feignent de
l'ignorer. Tout cela est
exact mais ces objections
sont singulièrement naïves :
comme si le projet du
législateur était d'adopter
une loi effective ! Il y a
belle lurette que les lois
ne sont plus faites pour
être appliquées ou pour
améliorer la situation de
ceux qui auront à en subir
les effets, mais pour
afficher la force de
l'Etat-gendarme.
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Psychiatrie: le rapport qui accuse
Le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce, dans un avis que s’est procuré «Libération», l’hospitalisation sous contrainte. Par ERIC FAVEREAU
 «Nous disons que tout cela est insupportable.» Les mots sont durs. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, est pourtant un homme posé, conseiller d’Etat de formation. Il va faire paraître au Journal officiel un avis sur l’hospitalisation d’office en psychiatrie (télécharger ici le document au format PDF), et une recommandation sur l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris
(télécharger ici le document au format PDF et lire
cet article), deux textes que Libération a pu se procurer. Constat terrible. Leur parution intervient au moment même où le Parlement débat d’un projet de loi qui vise à étendre encore les mesures de contrainte pour les malades mentaux. «Nous ne parlons pas dans le vide, argumente Jean-Marie Delarue. Depuis deux ans, nous avons visité plus d’une vingtaine de lieux d’hospitalisation psychiatrique. Ce ne sont pas de simples visites. Nous arrivons à l’improviste, nous restons, nous regardons tout.» Le contrôleur général des lieux de privation de liberté lâche : «Au regard des droits de l’homme, la situation est inquiétante et elle s’aggrave.» Avec, en arrière-fond, un mal typiquement français : le législateur fait des lois, mais les droits qu’elles sont censées garantir ne sont pas accessibles.
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Les bricolages de la filiation
Par MYRIAM SZEJER Pédopsychiatre et psychanalyste
 La France serait-elle le
pays des secrets ? Accouchement sous X,
anonymat des donneurs de gamètes et d’embryons,
mères porteuses clandestines ou étrangères
: ces pratiques ont pour effet de pouvoir
barrer à ceux qui en sont issus l’accès
à leur origine et à leur histoire. Il est
pourtant question de changer les choses,
mais il semble que ce ne sont que feux de
paille qui préoccupent les médias quelque
temps, sans aboutir à une réforme. A l’occasion
de la révision des lois de bioéthique le
débat est relancé. L’enfant à qui on a caché
une partie de ses origines ne serait-il
pas de ce fait la victime bâillonnée de
manipulations de la filiation, rendues possibles
par la loi et la médecine moderne ?
En France, les dons sont anonymes, et les
abandons ont lieu sous X. Les couples candidats
à l’assistance médicale à la procréation
avec tiers donneurs n’ont pas accès à l’identité
de ces derniers, les mères porteuses inséminées
à l’étranger accouchent sous X, ici, puis
disparaissent… La clinique montre que l’anonymat
engendre le silence dans les familles dont
l’histoire s’y prête. Il n’est de secret
établi que lorsque cela convient aux adultes.
Mais c’est la loi qui le permet. L’enfant
se trouve alors confronté à un double secret
: secret parental quand les parents ont
choisi de se taire, secret sociétal lié
à l’anonymat obligatoire, qui ne se présente
à lui qu’après la levée du secret parental.
Le secret de famille alimente habituellement
la névrose ordinaire. Ici, les secrets de
famille devenus secrets d’Etat confrontent
ceux qui les subissent à un mur infranchissable
et souvent persécutant.
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 Un Que sais-je? sur la sexualité, lu par Marie Depleschin Le très sérieuses Presses Universitaires de France sortent un bécédaire drôle et pimenté. A lire à l'occasion de la Saint-Valentin.
La Saint-Valentin ne passe pas précisément pour la fête la plus excitante du calendrier. Ses petits rituels désarmants, coeurs, fleurs et autres dîners aux chandelles, lui confèrent même un côté désuet que des tentatives pathétiques (option corset et porte-jarretelles) peinent à pimenter. Ce qui mérite une carte postale, voire une pelle, à 15 ans, n'entraîne plus, quelques années plus tard, que de la commisération. C'est dommage. Aux frontières de l'hiver qui n'en finit pas, ce 14 février pourrait être la nuit la plus chaude de l'année. Et voilà qu'en fait de chaleur on a juste envie de se coucher avec une bouillotte.
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Au pays des mères fantômes
Par
MYRIAM SZEJER Pédopsychiatre et psychanalyste
 En
préalable
au
débat français, il convient de noter que le terme de
«gestation pour autrui» (GPA) a été substitué à celui de «mère
porteuse». Ainsi, la connotation méprisante a cédé la place à la
générosité, l’oblativité, la compassion. Le terrain était prêt pour,
dans la foulée, réclamer la légalisation de ces pratiques en toute
bonne conscience. C’est dans ce cadre que la mission sénatoriale a pu
en premier lieu se déclarer favorable à la levée de leur interdiction.
Certaines voix s’élevèrent cependant alors, stipulant qu’à y regarder
de plus près, les bien-pensants n’étaient pas forcément ceux que l’on
croyait. D’un côté comme de l’autre, on ne trouve que paradoxes et
souffrance.
Du côté des médecins d’abord, lorsque, depuis des années, ils dénoncent
les effets délétères de la séparation mère-bébé à la naissance et
qu’ils se retrouvent à collaborer à la programmation de ces drames. La
prescription de la FIV précédant une GPA équivaut à une ordonnance
d’abandon. Le parent commanditaire est, pour le bébé à sa naissance, un
étranger. Qu’il ait donné ou non ses gamètes, ce n’est pas lui que le
bébé reconnaît. La disjonction de ses perceptions et de celles qu’il a
mémorisées dans le ventre de sa mère, fait vivre à un nouveau-né
abandonné un véritable chaos à l’origine d’une blessure incicatrisable,
car l’amnésie infantile n’efface pas mais refoule dans l’inconscient.
Or, les douleurs périnatales engrammées ne seront pas toujours
décodables lorsqu’elles s’exprimeront plus tard sous forme de
dépression, d’angoisses, de somatisations diverses, de sentiment
d’insécurité ou d’envies suicidaires, car les occasions de rencontrer
les métaphores de ces séparations initiales sont récurrentes au cours
d’une vie.
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Exiler la grossesse pour
autrui ? Pas une solution
Par
ISRAËL NISAND Professeur de gynécologie obstétrique au CHU de
Strasbourg.
 La législation de la France sur la grossesse pour
autrui (GPA) est assez simple : elle interdit tout. Cette position qui
a le mérite de la clarté, ne dispense pas de dire ce que le droit
français protège par cet interdit, ne dispense pas d’expliciter la
philosophie de ce droit et oblige à dire comment la France entend gérer
les problèmes de filiation induits par cette pratique lorsqu’elle est
mise en œuvre à l’étranger. Cette prohibition complète engendre plus
d’effets pervers que d’avantages, y compris au plan moral. Il est en
effet difficilement admissible de ne pas se préoccuper de ce qui se
passe ailleurs en conséquence des interdits que nous édictons ici. A
l’interdit total de façade correspond de fait un hyperlibéralisme dans
l’arrière-salle où le marché est roi.
Au centre du débat éthique sur les grossesses pour autrui se trouve la
relation de subordination d’une femme à l’égard d’une autre et son
instrumentalisation possible. Sûrement la question la plus délicate à
traiter : l’indisponibilité du corps humain et la répulsion qu’il y a
de le faire entrer dans le champ des biens et des contrats. Au centre
du débat éthique également, le sort de l’enfant ainsi conçu et les
conséquences négatives qui peuvent l’atteindre, voire altérer ses
droits, lui qui n’est responsable de rien. L’instabilité juridique
issue de ces pratiques à l’étranger peut confiner au drame lorsque
l’enfant n’a toujours pas de filiation maternelle après plusieurs
années de vie, ce qui lui fait courir de nombreux risques juridiques,
en cas de disparition de son père notamment.
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Soudain, l’immolation
Par FETHI BENSLAMA
Psychanalyste, professeur de
psychopathologie, université Paris-VII
 La
révolution tunisienne a
surgi d’un angle mort.
Vouloir aujourd’hui
expliquer ses causes à
travers les catégories
objectives de la rationalité
socio-économique est
insuffisant. De telles
explications finissent par
nous faire adhérer à cette
illusion déterministe qui
fait tant de mal à notre
époque où tout semble
programmé. Elles privent
l’existence humaine d’avenir
en la rendant prévisible,
dans le confort rétrospectif
refroidi. Non, la révolution
tunisienne est une surprise
y compris pour ceux qui
l’ont déclenchée et menée
avec résolution. De plus,
elle survient dans une
situation où la notion de
révolution s’est retirée de
notre espace de pensée, au
moins depuis la chute du mur
de Berlin.
La levée
du soulèvement des
Tunisiens, autant que sa
puissance, a échappé à tout
le monde. A commencer par le
système de l’ancien
président Ben Ali. Son
déclenchement est venu d’une
zone inaccessible au champ
de vision contrôlé qu’il a
constitué. Comment approcher
cet angle mort ? Il faut
accorder à la notion de
déclenchement une valeur
propre, qui va au-delà de la
conception mécaniste de
l’accumulation et de la
rupture. Il nous faut penser
ce «soudain», qui désigne
dans la langue «ce qui vient
sans être vu» et qui, en un
court laps de temps,
renverse massivement la
soumission, du moins
apparente, en insoumission
flagrante et généralisée.
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Anatomie
d’un
passage
à
l’acte

Par
PATRICK
DECLERCK
Membre
de
la
Société
psychanalytique
de
Paris
et
écrivain
Vendredi
19
novembre,
alors
qu’il
assiste
à
Lisbonne
au
sommet
de
l’Otan,
le
président
de
la
République
discute
en
off
avec
quelques
journalistes.
A
lire
dans
Libération
la
transcription
des
échanges,
on
éprouve
le
malaise
d’assister
en
direct
à
une
désorganisation
psychique
croissante
de
Nicolas
Sarkozy.
Le
débat
tourne
autour
de
son
éventuelle
implication
dans
l’affaire
de
Karachi.
Le
Président
nie
farouchement.
Un
journaliste
persiste
:
«Il
semblerait
qu’il
y
ait
votre
nom,
que
vous
avez
donné
votre
aval
à la
création
de
deux
sociétés
au
Luxembourg…»
Le
Président
l’interrompt,
s’énerve,
s’embrouille
quelque
peu,
puis
contre-attaque
en
revenant
à
l’insinuation
initiale
:
«Il
semblerait,
c’est
quoi
?»,
demande-t-il
au
journaliste.
Puis
choisit,
pour
démontrer
la
supposée
vacuité
d’une
telle
notion,
d’imaginer
le
contre-exemple,
qui
sans
doute
se
voulait
drôle
:
«Et
vous
- je
n’ai
rien
du
tout
contre
vous
- il
semblerait
que
vous
soyez
pédophile…
Qui
me
l’a
dit
?
J’en
ai
l’intime
conviction…
Pouvez-vous
vous
justifier
?»
Cette
référence
à la
pédophilie
n’est
pas
un
lapsus
mais
relève
d’un
choix
délibéré.
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suite
|
|
Les
infanticides
à la
naissance,
un
phénomène
sous-estimé
Par
Pauline
Fréour

Une
étude
de
l'Inserm
montre
que
le
nombre
de
néonaticides
est
5,4
fois
plus
important
qu'indiqué
dans
les
statistiques
officielles.
Elle
dresse
aussi
pour
la
première
fois
le
profil
social
et
psychologique
des
mères
auteures
de
ces
infanticides.
On
connaît
les
cas
les
plus
sensationnels
de
néonaticides,
comme
Véronique
Courjault
et
ses
trois
nouveau-nés
retrouvés
congelés
à
son
domicile
de
Corée,
ou
Dominique
Cottrez
et
ses
huit
bébés
cachés
dans
sa
maison
du
Nord.
Mais
aucune
étude
n'avait
encore
été
réalisée
sur
la
fréquence
du
phénomène
en
France.
Le
travail
réalisé
par
deux
chercheurs
de
l'Inserm,
publié
dans
la
revue
Archives
of
disease
in
childhood
,
révèle
que
le
meurtre
d'un
enfant
par
la
mère
le
jour
de
l'accouchement
serait
bien
plus
fréquent
que
ne
l'indiquent
les
statistiques
officielles
de
mortalité.
Et
que
les
femmes
néonaticides,
souvent
mariées
et
déjà
mères,
diffèrent
légèrement
du
profil
social
et
psychologique
traditionnellement
associé
à
l'infanticide.
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suite
|
|
La destructivité
adolescente à l’épreuve de
la psychanalyse
Yves Morhain et Bernard
Chouvier Université
Lumière France
Stephane Proia Université de Nimes
 Le présent travail s’attache
à montrer en quoi les
nouvelles formes de
psychopathologie
adolescente, ne se déclinent
plus dans le registre de la
rivalité jalouse entre
semblables, de luttes pour
la possession de biens, mais
se manifestent par
l’agression contre l’autre,
le semblable, souvent de
manière soudaine et brutale,
Sous l’emprise de l’envie
primaire et dans
l’impossibilité d’élaborer
leurs angoisses archaïques,
les adolescents destructeurs
sont en permanence à la
limite de la menace
d’effondrement identitaire
et d’une projection
évacuative. Deux cas
cliniques viennent étayer la
thèse d’un effondrement
narcissique conjoint à la
pression d’une jouissance
archaïque comme déclencheurs
de la pulsion de
destruction. Nous
considérons les agirs
destructeurs de ces
adolescents, qui ont pour
finalité la désubjectivation
d’autrui et son
anéantissement en tant
qu’être différent, porteur
d’un désir propre, comme une
parade contre la disparition
subjective et partant une
lutte désespérée pour la
survie psychique.
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|
|
Autisme, et si l’Etat se mêlait de ses affaires?
Par BERNARD GOLSE Pédopsychiatre-psychanalyste, chef du
service de pédopsychiatrie de l’hôpital
Necker-Enfants-Malades à Paris.

La journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le 2
avril, aura été l’occasion de prendre la mesure d’un
revirement spectaculaire : en matière d’autisme infantile,
le fanatisme a décidément changé de camp. On sait à quel
point les théories de Bruno Bettelheim, souvent
caricaturées, ont pu culpabiliser les parents, qui se sont
sentis accusés par elles d’être à l’origine de l’autisme de
leur enfant. On ne peut, hélas, revenir en arrière, fût-ce
pour dénouer certains malentendus. Quoi qu’il en soit, aucun
psychanalyste raisonnable ne pense plus, aujourd’hui, que
cette pathologie si grave et si douloureuse puisse
s’expliquer uniquement par des causes relationnelles. Chacun
sait désormais que le développement de l’enfant, comme ses
troubles, se jouent à l’entrecroisement de facteurs internes
(notamment génétiques) et externes (dont la rencontre avec
le travail psychique d’autrui), d’où la notion de modèle
polyfactoriel, qui apparaît alors clairement comme le plus
plausible et qui, comme tel, impose une prise en charge
multidimensionnelle.
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|
Déni
de
grossesse
et
infanticide
:
une
ambivalence
?
Par
JACQUES
DAYAN
Psychiatre,
docteur
en
psychologie

De
récentes
affaires
d’infanticide
ont
attiré
l’attention
sur
le
déni
de
grossesse,
alors
même
qu’il
en
semble
absent.
Si
le
déni
représente
en
effet
un
risque
incontestable
d’infanticide,
le
lien
entre
les
deux
événements
est
plus
ténu
qu’on
le
pense
généralement
:
moins
de
1%
des
dénis
de
grossesse
mènerait
au
passage
à
l’acte
homicide.
Quoi
qu’il
en
soit,
le
déni
et
l’infanticide,
ces
deux
manifestations
extrêmes
de
femmes
qui
n’ont
pas
désiré
être
mères,
s’en
sont
senties
incapables
ou
ont
refusé
de
l’être,
interrogent
la
société
sur
le
désir
d’enfant,
les
mécanismes
psychiques
qui
y
président
et
les
conditions
qui
les
rendent
possible.
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la
suite
|
|
Manifeste
pour
l'adolescence
(PHOTO
AFP)
Anorexie
ou
obésité,
mise
en
danger
du
corps
et
addictions
: il
faut
inventer
des
manières
nouvelles
d'écouter
et
de
soigner
ces
souffrances
singulières

Banals
mais
sublimes,
familiers
mais
inquiétants,
tels
sont
nos
adolescents
d'aujourd'hui
et
de
demain,
d'ici
et
d'ailleurs...
On
dit
les
aimer,
souvent
ils
nous
intriguent
et
trop
souvent,
ils
nous
font
peur.
Les
regards
sur
nos
adolescents
doivent
être
interrogés,
l'évolution
des
savoirs
et
des
manières
de
faire
avec
eux,
aussi.
On
dit,
en
effet,
que
c'est
le
plus
bel
âge
de
la
vie,
et
c'est
souvent
ainsi.
Pourtant,
en
même
temps,
on
l'associe
à
l'ennui,
à la
révolte,
aux
transgressions,
aux
questionnements
identitaires
ou
au
besoin
d'utopie.
On
l'oublie
dès
qu'on
en
est
sorti,
au
moins
en
partie
et
dans
ses
aspects
les
plus
spécifiques.
Pourtant,
on
cherche
à
retrouver
notre
adolescence
dès
que
l'occasion
se
présente,
c'est
le
fameux
"
jeunisme
"
auquel
on a
du
mal
à
échapper,
si
on
en
croit
les
magazines.
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suite
|
|
G.A.R.E.F.P.
Groupe
Antillais
de
Recherche
d'Étude
et
de
Formation
Psychanalytique
Membre
de
l’Inter
–
Associatif
Européen
de
Psychanalyse
PROGRAMME
2010-2011
Pour
tout
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et
inscription
s’adresser
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63
59
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06
96
29
41
66
Nous
vous
présentons
le
programme
du
G.A.R.E.F.P.
pour
l’année
2010
–
2011.
Nous
vous
rappelons
que
le
travail
au
G.A.R.E.F.P.
peut
se
faire
sous
différentes
modalités.
-
En tant que membre.
-
En tant que participant.
Consulter
le
programme
|
|
Le ressentiment
du philosophe, une demande d'analyse en souffrance
par Marc Strauss
 Il le dit, la psychanalyse,
ça ne tient pas, et il le démontre. Il est vrai que pour
cette démonstration tout lui est bon, la théorie comme la
vie et les légendes de son inventeur et ses héritiers.
Bien sûr on nous dira, et les meilleures plumes l'ont fait, que
Freud a changé radicalement la perspective sur ce qui anime
l'être humain ; qu'il a permis d'intégrer dans sa
connaissance un vaste champ jusqu'à lui maintenu dans
l'ignorance, dédaigné ou exploité à des
fins d'asservissement ; qu'il a ainsi offert à la souffrance de
l'homme une boussole pour lui permettre de supporter le fardeau de sa
vie jusqu'aux limites de l'impossible en traçant sa propre route.
Lire
la suite
|
|
L’art de ne pas lire Freud
Par JACOB ROGOZINSKI Philosophe
 Le récent pamphlet de Michel Onfray, le
Crépuscule d’une idole, suscite l’émoi des
psychanalystes. Il y a pourtant une
discipline à laquelle ce livre cause un tort
bien plus grave qu’à la psychanalyse : c’est
la philosophie. Car Michel Onfray se dit
philosophe, et c’est à ce titre que ses
diatribes antifreudiennes sont reçues. Ce
nom de philosophe, le mérite-t-il ? Lui-même
s’en prend aux antiphilosophes du XVIIIe
siècle qui s’opposaient aux penseurs des
Lumières «en recourant à l’attaque ad
hominem, en ridiculisant l’adversaire, en
déformant ses thèses, en disqualifiant le
débat pour lui substituer la calomnie, la
médisance, l’insinuation» (p. 475). En
lisant son livre, on s’aperçoit que cette
description lui convient parfaitement.
Lire la suite |
Onfray : faux paria, vrai populiste
Par GUILLAUME MAZEAU Maître de conférences à
l’université Paris-I
 Essuyant une pluie de critiques, Michel Onfray
concentre ses attaques sur sa principale
contradictrice, Elisabeth Roudinesco. Pour lui
cette dernière serait la papesse de la
psychanalyse. A son tour, Michel Crépu déplore
que la psychanalyse soit défendue par cette
«surveillante générale [qui] vous alpague du
fond du couloir» (Libération du 26 avril).
Au-delà des personnes, ces propos soulèvent une
question essentielle : la place des
universitaires dans la construction publique du
savoir. Comment ne pas voir qu’à travers
Roudinesco, docteure et directrice de
recherches, c’est l’université que l’on vise ?
Prenant la mine blasée du génie incompris,
Michel Onfray continue de jouer la carte du
succès populaire contre les élites parisiennes
et les institutions scientifiques. Dans ses
interviews, il n’omet jamais de rappeler ses
origines modestes et provinciales, comme si ces
détails pouvaient différencier sa pensée de
celle des «autres», amalgamés dans un même
paquet. Depuis la controverse entre Proust et
Sainte-Beuve, on pensait le problème réglé : le
philosophe Marcel Gauchet défend-il ses livres
au nom de ses origines tout aussi populaires et
tout aussi normandes ?
lire la suite |
|
Halte
aux
impostures
de
l'Histoire
par
Guillaume
Mazeau

Avant
même
sa
parution,
le
dernier
livre
de
Michel
Onfray
contre
Freud
fait
déjà
l'objet
d'un
violent
débat.
Beaucoup
de
bruit
pour
rien
?
L'historienne
de
la
psychanalyse
Elisabeth
Roudinesco
n'exagère-t-elle
pas
en
décrivant
Onfray
comme
un
usurpateur
qui
réhabilite
les
thèses
de
l'extrême
droite
?
Bien
au
contraire.
Les
dérives
d'Onfray
ne
sont
pas
nouvelles.
En
2009,
il a
publié
une
apologie
de
Charlotte
Corday
(La
Religion
du
poignard.
Eloge
de
Charlotte
Corday,
Galilée).
Plutôt
bien
accueillie
par
les
médias,
cette
histoire
est
pourtant
historiquement
médiocre
et
politiquement
scandaleuse.
Lire
la
suite
|
|
La
psychanalyse
sans
illusion
par
Patrick
Declerck

De
Michel
Onfray,
Le
Crépuscule
d'une
idole
:
titre
glorieux,
clin
d'oeil
nietzschéen.
Mais
attention
:
nietzschéisme
fréquentable,
nietzschéisme
de
bon
aloi,
et
tout
de
marketing
bien
verni.
Nietzschéisme
d'entre
la
poire
et
le
fromage,
de
mauvais
rires
et
de
ces
salons
où,
faute
de
penser,
l'on
cause
toujours.
Pauvre
Nietzsche...
Depuis
des
semaines,
la
rumeur
gronde
et
enfle.
Les
titres
en
"une"...
Les
magazines
qui
ne
mentent
ni
ne
se
trompent
jamais,
l'affirment
:
Freud
n'a
qu'à
bien
se
tenir
car
Onfray
arrive.
Car
Onfray
est
là...
Tout
de
même,
d'interviews
militantes
en
confidences
soigneusement
dosées,
on
sait
déjà
que
ce
livre
n'apportera
rien
de
neuf,
sinon
quelques
inepties
que
l'on
avait
déjà
maintes
et
maintes
fois
entendues,
mais
qui,
ici
peut-être,
seront
un
rien
différemment
tournées.
Peut-être...
Mais
de
révélations
point.
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suite
|
|
Freud
est-il
décidément
une
chasse
gardée
et
son
œuvre
interdite
de
relecture
critique
?

,
par
Michel
Onfray
Voilà,
c'est
fait,
Mme
Roudinesco
qui
piaffait
d'impatience
dans
la
perspective
de
la
parution
de
mon
livre
sur
Freud
a
enfin
pu
vider
sa
bile
dans
"Le
Monde
des
livres"
et,
personne
ne
s'en
étonnera,
les
arguments
sont
connus
: je
suis
un
fasciste,
un
compagnon
de
route
de
Vichy
et
de
Pétain,
un
suppôt
du
Front
national,
un
défenseur
d'auteurs
ayant
trempé
dans
la
collaboration...
De
fait,
chacun
jugera
:
mon
trajet
depuis
mon
premier
livre
paru
en
1989
illustre
bien
les
dires
de
cette
dame,
je
n'ai
cessé
en
effet
d'être
un
Léon
Daudet
moderne,
un
Maurras
contemporain,
un
genre
de
Le
Pen
de
la
philosophie
ou
bien
encore
un "freudo-marxiste
"
qui
réhabilite
"les
thèses
paganistes
de
l'extrême
droite
française".
J'ai
honte
pour
elle...
lire
la
suite
|
Il est déraisonnable de s’arc-bouter sur un interdit de
principe
Le corps de la femme est-il à louer ?
Par SABINE PROKHORIS Psychanalyste
 Technique
controversée d’assistance médicale à la procréation, la GPA (gestation pour
autrui) suscite des discours passionnels et souvent confus. Il importe donc
de situer aussi clairement que possible les différents enjeux de l’affaire,
tant au plan anthropologique que pragmatique. En précisant déjà que la GPA
peut prendre trois formes distinctes : soit
une femme porte pour un couple un enfant
conçu à partir de ses propres ovocytes par
insémination du sperme du compagnon d’une
femme infertile. Elle est ainsi mère
génétique et génésique à la fois. Soit elle
porte un enfant conçu à partir des gamètes
du couple demandeur, enfant qui sera alors
génétiquement celui des parents d’intention.
Soit encore elle porte un enfant conçu à
partir du sperme du père et de l’ovocyte
d’une femme tierce (en cas d’infertilité à
la fois utérine et ovocytaire de la mère
d’intention). Dans ces deux derniers cas,
l’enfant ne sera pas génétiquement celui de
la femme qui mènera la grossesse. On le
voit, plusieurs relations différentes
s’organisent là entre la filiation,
construction de toute façon sociale, la
gestation, si centrale dans nos
représentations du maternel, et les figures
du «don d’hérédité», quant à elles partie
prenante de notre imaginaire de la
transmission.
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INTERVIEW - A
l'occasion du premier
colloque international sur
le jeu du foulard,
Marie-France Le Heuzey,
psychiatre à l'hôpital Debré
de Paris, revient sur cette
pratique à risques, qui a
officiellement fait treize
victimes cette année en
France.
Jeu du foulard, jeu du
cosmos, de la tomate ou
encore rêve indien : les
appellations divergent pour
nommer cette pratique, qui,
depuis une dizaine d'années,
a fait son entrée à l'école.
Reste que l'expérience, qui
consiste à s'étrangler
volontairement pour éprouver
de nouvelles sensations, est
loin d'être anodine et fait
chaque année des victimes en
France.
En 2009, treize décès
d'enfants ont été
officiellement attribués au
jeu du foulard. Mais il
pourrait y en avoir plus. En
effet, dans certains cas,
les enquêteurs concluent à
un suicide et non à un
accident, car l'enfant est
retrouvé avec un lien noué
autour du cou.
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|
|
"
Freud
veut
éveiller
les
hommes
"

Sigmund
Freud,
"
L'Avenir
d'une
illusion
".
Publié
en
1927,
ce
court
texte,
présenté
par
son
auteur
comme
une
"
déclaration
de
guerre
" à
la
religion,
éclaire
la
relation
entre
psychanalyse
et
quêtes
spirituelles.
Marie
Balmary,
qui
a
renouvelé
la
lecture
de
la
Bible
par
le
biais
de
sa
pratique
clinique,
nous
en
donne
sa
vision
Quels
sont,
à
vos
yeux,
les
éléments
les
plus
frappants
de
ce
texte
?
Pour
Freud,
il
s'inscrit
dans
une
longue
série
de
recherches
consacrées
à la
psychologie
collective,
qui
commence
avec
Totem
et
tabou
(1911)
et
se
termine
avec
L'Homme
Moïse
et
la
religion
monothéiste
(1939)
Totem
et
tabou
explorait
la
préhistoire,
les
premiers
interdits
et
l'origine
pulsionnelle
de
la
religion.
L'Avenir
d'une
illusion,
tourné
vers
le
futur,
traite
de
la
religion
de
son
époque.
Entre
ces
deux
textes,
il y
a eu
une
guerre,
et,
pour
Freud,
la
découverte
de
son
cancer.
Comme
changement
de
perspective,
ce
n'est
pas
rien.
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suite
|
|
Ces enfants
en Echec
scolaire
massif
Entretien entre Serge HARPIN et Julie OSTAN-CASIMIR
autour de son livre
Ces enfants en
échec scolaire massif,
K.Editions, 2009
Serge HARPIN :
Vous êtes
psychologue à clinicienne, vous
travaillez depuis 27 ans en IMP. Vous
venez de publier un ouvrage sur le thème
de « l’échec scolaire massif ».
Julie OSTAN-CASIMIR : Oui, je
suis psychologue clinicienne et je
travaille en Institut Médico-Pédagogique
(IMP). J’ai publié un livre sur l’échec
scolaire dit massif, selon l’expression
consacrée, car j’ai souhaité parler
d’enfants scolarisés en maternelle et
maintenus dans une classe de cette
maternelle pour être orientés vers une
Classe d’Intégration Scolaire (CLIS),
puis vers l’Institut Médico-pédagogique.
J’ai préféré présenter ces enfants à
partir de leur échec scolaire, que de
les présenter déficients au départ. J’ai
préféré présenter ces enfants à partir
de leur échec scolaire plutôt que de les
présenter déficients au départ. Ces
enfants ont en effet des connaissances
hétérogènes, et certains étonnent
quelquefois par leur grande
débrouillardise sociale. Ils ont donc
des capacités dysharmoniques et leur
processus évolutif est encore ouvert.
Réfléchir, dans notre cas, en termes
d’échec scolaire c’est découvrir un
enfant autrement que réduit à un état
spécifié par un manque, une déficience.
L’équipe pluridisciplinaire à laquelle
j’appartiens est composée d’éducateurs,
d’enseignants et d’autres spécialistes.
Elle utilise ce que l’enfant sait pour
le revaloriser, le redynamiser et pour
l’aider à se construire sur un plan
affectif, cognitif et moral. L’objectif
est de former des citoyens et d’intégrer
le jeune, selon ses possibilités, dans
le monde du travail.
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|
|
Par PASCAL-HENRI KELLER Professeur de
psychopathologie, université de Poitiers
Dans les filières universitaires de sciences humaines, les effectifs
d’étudiants seraient à la baisse, surtout en psychologie. Conséquence
d’un discours politique désignant ces filières comme «fabriques de
chômeurs» ?Effet mécanique du mouvement de grève qui a perturbé les
facs durant tout le premier semestre 2009 ? Les raisons sont à
l’évidence plus complexes. Mais si l’on s’en tient à la seule
psychologie, une chose est sûre : la désaffection apparente dont souffre
cette discipline a de quoi intriguer, tant la demande est grande.
Côté
public d’abord : l’engouement pour la presse «psy» ne fait que croître
et les ouvrages des «psys» se publient à un rythme effréné. Le
législateur ensuite : ses efforts pour mettre au point le statut de
psychothérapeute sont en train d’aboutir et, désormais, la
responsabilité de cette formation reviendra pour l’essentiel aux
universités. Les professionnels enfin : jamais les institutions
sanitaires et sociales n’ont autant fait appel aux psychologues.
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|
Comme si l'autisme était contagieux
Par BERNARD GOLSE
Pédo-psychiatre et
psychanalyste, hôpital
Necker-Enfants malades
Nous vivons, décidément, une
bien curieuse époque en
matière d’autisme infantile,
une époque qui n’est pas
seulement
antipsychanalytique, mais
plus fondamentalement anti-
psychiatrique, voire
antimédicale. Un certain
nombre de parents d’enfants
autistes considèrent en
effet désormais que les
troubles envahissants du
développement sont d’ordre
purement
neurodéveloppemental, qu’ils
répondent à un modèle causal
linéaire et que, comme tels,
ils n’appellent pas de
mesure d’aide
psychothérapeutique, mais
seulement des approches
éducatives, rééducatives et
pédagogiques spécialisées.
En tant que responsable,
à l’hôpital Necker-Enfants
malades, de l’un des
cinq centres d’évaluation et
de diagnostic de l’autisme
du Centre de ressources
autisme Ile-de-France (Craif),
à côté des services de
pédopsychiatrie des hôpitaux
Robert-Debré,
la Pitié-Salpêtrière,
Bicêtre et Sainte-Anne, je
persiste à penser que
l’origine des troubles
envahissants du
développement répond
fondamentalement à un
ensemble de causes multiples
et variables selon chaque
enfant, d’où la nécessité de
recourir à une approche
multidimensionnelle, une
approche qui associe de
manière adaptée à chaque
cas, diverses mesures d’aide
appartenant aux trois
registres du soin, de
l’éducation et de la
pédagogie. Et ceci, sur le
fond d’une intégration
scolaire digne de ce nom, ce
qui n’est pas encore le cas,
tant s’en faut, en dépit de
la loi de 2005.
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Dans un documentaire de Gérard Miller, Carla Bruni-Sarkozy parle de sa psychanalyse, qu'elle suit depuis des années.
 Carla Bruni-Sarkozy confie dans un documentaire de Gérard Miller pour France 3 qu'elle suit une psychanalyse depuis plusieurs années, "après avoir été hermétique à ce genre de choses jusqu'à la mort de (son) père" alors qu'elle avait 28 ans. "J'ai été complètement hermétique à la psychanalyse. Je ne la connaissais pas. Je pensais n'en avoir aucun besoin. J'ai eu une vie totalement dans l'action, complètement en dehors de la psychanalyse jusqu'à l'âge de 28 ans (...) J'ai eu une fracture quand mon père est mort et je suis entrée dans la psychanalyse corps et âme", raconte Mme Bruni-Sarkozy dans ce documentaire de 52 minutes diffusé le 7 novembre à 15H25 sur France 3 Paris-Ile-de-France Centre.
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|
|
"Si
on
ne
repense
pas
le
travail,
il
faut
s'attendre
à
pire
que
des
suicides"
 Auteur
de
"Suicide
et
travail
:
que
faire
?"
(PUF,
2009),
Christophe
Dejours,
psychanalyste,
appelle
à
repenser
le
travail
pour
sortir
des
logiques
gestionnaires
qui
détruisent
le
tissu
socio-professionnel
tout
en
faisant
croire
qu'elles
traitent
les
problèmes
des
salariés.
Pourquoi
parle-t-on
plus
aujourd'hui
du
suicide
au
travail
?
Christophe
Dejours
:
Parce
que
les
suicides
sur
les
lieux
de
travail
n'existaient
pas
avant.
Ils
sont
apparus
il y
a
une
douzaine
d'années,
sans
avoir
été
relayés.
Le
tournant
s'est
opéré
en
2007,
avec
les
cas
de
suicides
chez
Renault
et
Peugeot.
Les
premiers
suicides
dont
j'ai
entendu
parler
constituaient
pour
moi
une
forme
de
décompensation
psycho-pathologique
parmi
d'autres.
C'est
la
répétition
des
choses
qui
est
devenue
hallucinante.
Non
seulement,
il y
avait
un
suicide
sur
les
lieux
de
travail
mais
généralement
il
ne
se
passait
rien
après.
Ces
suicides
au
travail
marquent
incontestablement
une
sorte
de
bascule
qui
frappe
le
monde
du
travail.
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suite
|
|

En
cette
année
darwinienne,
les
mots
"
évolution
" et
"
adaptation
"
provoquent
une
fièvre
querelleuse
source
de
contresens.
Même
s'il
en a
charpenté
l'idée,
Darwin
n'a
jamais
employé
le
mot
"
évolution
"
qui,
au
XIXe
siècle,
désignait
les
parades
militaires.
Quant
au
mot
"
adaptation
",
il
indique
un
processus
biologique
qui
arrange
une
interaction
entre
un
organisme
et
son
milieu.
Se
trouve
ainsi
favorisé
l'être
vivant
le
plus
apte
à
continuer
à
vivre
dans
ce
nouveau
milieu.
Plus
apte
ne
veut
pas
dire
plus
fort,
comme
l'ont
affirmé
les
nazis.
La
preuve,
c'est
qu'il
existe
sur
les
pourtours
de
la
Méditerranée
une
maladie
fortement
génétique
: la
thalassémie.
Un
ensemble
des
gènes
ne
codent
plus
par
la
synthèse
des
protéines
de
globules
rouges,
ces
petits
bols
qui
transportent
l'oxygène
du
sang.
Les
globules
malformés,
torsadés
comme
une
faucille,
provoquent
une
anémie
souvent
grave,
mais,
de
ce
fait,
ils
n'exhalent
plus
les
phéromones
qui
attirent
les
moustiques
transporteurs
de
paludisme.
Dans
un
tel
contexte,
les
porteurs
de
globules
rouges
sains
tombent
malades
et
parfois
meurent
de
paludisme,
tandis
que
ceux
qui
souffrent
d'anémie
thalassémique
deviennent
les
plus
aptes
à
survivre.
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la
suite
|
|
Téhéran
en
crise,
ou
le
retour
aux
sources
de
la
révolution
de
1979
par
Slavoj
Zizek
 Quand
un
régime
autoritaire
approche
de
sa
crise
finale,
sa
dissolution
suit
en
général
deux
étapes.
Avant
son
effondrement,
une
mystérieuse
rupture
se
produit
:
les
gens
réalisent
tout
d'un
coup
que
la
partie
est
terminée,
et
ils
cessent
d'avoir
peur.
Non
seulement
le
régime
perd
sa
légitimité,
mais
l'exercice
du
pouvoir
est
perçu
comme
une
réaction
de
panique
impuissante.
Nous
connaissons
tous
la
scène
classique
des
dessins
animés
dans
laquelle
le
chat
se
trouve
au-dessus
d'un
précipice
mais
continue
de
marcher
sans
tenir
compte
de
l'absence
de
sol
sous
ses
pattes
; il
commence
à
tomber
lorsqu'il
baisse
les
yeux
et
aperçoit
le
gouffre.
Lorsqu'il
perd
son
autorité,
le
régime
est
comme
un
chat
suspendu
au-dessus
du
précipice.
Dans
Le
Shah
(éd.
10-18,
1994),
une
description
classique
de
la
révolution
de
Khomeyni,
Ryszard
Kapuscinski
situait
le
moment
précis
de
cette
rupture
: un
manifestant
qui
se
trouvait
à un
carrefour
de
Téhéran
refusa
de
bouger
lorsqu'un
policier
lui
ordonna
de
partir,
et
le
policier
embarrassé
s'en
alla
; en
quelques
heures,
tout
Téhéran
avait
entendu
parler
de
cet
incident
et,
bien
que
les
combats
de
rue
se
soient
poursuivis
pendant
des
semaines,
tout
le
monde
savait
d'une
certaine
façon
que
la
partie
était
terminée.
Assistons-nous
à
quelque
chose
de
similaire
?
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la
suite
|
|

Sur un cliché, le cerveau d'un enfant normal. Sur l'autre, l'encéphale d'un jeune autiste. Les différences sont visibles à l'oeil nu : dans le second cas, la masse de la substance grise (le corps des cellules nerveuses) située dans la région temporale supérieure est réduite. D'autres dissemblances apparaissent : la substance blanche (les fibres nerveuses reliant les aires cérébrales) présente, elle aussi, des anomalies. Ce résultat, publié en 2009, dans la revue PLoS ONE, par une équipe de chercheurs français (CEA-Inserm-Assistance publique-Hôpitaux de Paris), est l'une des dernières illustrations de la force d'investigation de l'imagerie cérébrale fonctionnelle.
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|
|
Le
développement
considérable
des
neurosciences
au
cours
des
dernières
années
ne
rend-il
pas
la
psychanalyse
caduque?
Joëlle
Proust:
Freud
avait
vraiment
l'intention
de
constituer
une
science
de
l'esprit.
Si
l'on
admet
avec
lui
que
la
psychanalyse
est
une
science,
on
ne
voit
pas
pourquoi
elle
ne
serait
pas,
comme
toutes
les
disciplines
à
visée
scientifique,
soumise
à la
possibilité
d'une
réfutation
et
au
remplacement
par
d'autres
théories.
La
problématique
de
Freud
est
fortement
structurée
par
des
hypothèses
de
base,
et
particulièrement
celle-ci
: le
cerveau
tire
son
énergie
de
l'extérieur,
c'est-à-dire
des
excitations
corporelles.
Le
corps
fournit
un
réservoir
pulsionnel,
grâce
auquel
les
représentations
mentales
peuvent
être
"
investies
",
c'est
à
dire
chargées
d'énergie.
Or
les
neurosciences
ont
montré
que
cette
hypothèse
était
fausse.
Les
fibres
nerveuses
produisent
elles-mêmes
le
courant
électrique
qu'elles
propagent
en
vertu
de
la
perméabilité
de
leur
membrane
à
certains
ions.
Les
neurones
ont
leur
propre
excitabilité.
Le
concept
de
refoulement
-
cette
"pierre
angulaire
de
la
psychanalyse
",
selon
Freud
-
est
étroitement
lié
à la
théorie
de
la
pulsion.
Les
deux
idées
constitutives
de
la
théorie
du
refoulement,
celle
de
l'existence
de
souvenirs
inconscients
et
celle
d'un
mécanisme
bloquant
la
remémoration
sont
aujourd'hui
dissociées.
La
mémoire
inconsciente
- ce
qu'on
nomme
la
mémoire
"
implicite
" -
ne
se
manifeste
qu'indirectement
dans
les
comportements.
Elle
se
distingue
de
la
mémoire
"
explicite
",
qui
permet
un
rappel
intentionnel.
Contrairement
à ce
que
dit
Freud
des
souvenirs
inconscients,
l'utilisation
de
la
mémoire
"
implicite
" ne
dépend
pas
des
motivations
du
sujet
et
dépend
peu
du
contexte.
Lire
la
suite
|
|
Crédit
…
les
enfants
paient
aussi
par
George
HUYGHUES
des
ETAGES;
psychologue,
auteure
d'ouvrages
éducatifs.
Le surendettement des ménages – un des fléaux des Antilles comme de toute zone sous-développée - peut être considéré comme une cause non négligeable de la détérioration des relations parents – enfants et du malaise au sein du milieu familial. Je ne parle pas de l’endettement dans les limites de nos possibilités ou de nos besoins fondamentaux : qui, en effet, peut s’acheter une voiture autrement qu’ « à crédit » ? Qui peut acquérir une maison sans payer de « traites » ? Quelle « malheureuse » ne « doit » pas à la « boutique » du coin pour nourrir sa famille ?
Mais il est moins banal de se retrouver acculé aux injonctions d’huissier (sinon à la prostitution, au vol, à la vente de drogue), de vivre ses fins de mois dans les transes à cause d’achats pour la plupart superflus et impulsifs, effectués sous le coup de la vanité ou du désir de paraître (pour montrer aux voisins et parfois même au vendeur qu’ « on peut »), de la pulsion incoercible à suivre la publicité ou la mode (l’habit fait le moine ?) et à consommer comme les autres même si on n’en a pas les moyens (« nou ké wè apwé »).
Lire
la
suite
|
|
« Avan
i
cho
i
tchuit »
Sexe
: le
bonheur
est
dans
le
spray
Un
produit
mis
au
point
par
des
scientifiques
de
Belfast
permet
à
des
hommes
souffrant
d'éjaculation
précoce
de
sextupler
la
durée
de
leurs
rapports.
«Faut se préserver si on veut durer, rester toujours numéro un», chantait le regretté Bashung dans son sublimissime morceau Rebel. Ce vers mythique pourrait servir de bande son idéale à une publicité pour le PSD502. Derrière ce nom de code se cache un spray à usage sexuel pour les hommes. Son but: retarder l'éjaculation.
C'est l'équipe du professeur Wallace Dinsmore, du Royal Victoria Hospital de Belfast (Irlande du Nord), qui a mis au point ce produit destiné à traiter l'éjaculation précoce. Leur étude a été publiée dans la revue British Journal of Urology International. Ce spray, qui s'applique sur le pénis cinq minutes avant la relation sexuelle, contient des anesthésiques qui engourdissent le pénis.
300 hommes de plus de 18 ans souffrant d'éjaculation précoce (souvent incapables de maintenir un rapport sexuel au-delà d'une minute) ont participé à une étude pendant trois mois dans 31 centres européens. Ils ont été répartis en deux groupes : le premier a reçu le PSD502 tandis que le deuxième a utilisé un spray placebo.
Résultat des courses, si on ose dire : la relation sexuelle des utilisateurs du spray a été 6 fois plus longue qu'à leur habitude, contre 1,7 fois plus longue pour ceux du spray placebo. Plus remarquable encore, pour 90% des testeurs du PSD502, la durée du rapport sexuel est passée de quelques secondes à quatre minutes.
Une question demeure: le spray permet-il également à des hommes n'ayant aucun dysfonctionnement de cet ordre de prolonger également la durée de leurs rapports? Auquel cas les huissiers du livre Guiness des records vont avoir du travail.
Liberation.fr
10/04/2009
|
|
Séminaire
du
G.A.R.E.F.P.
Groupe
Antillais
de
Recherche
d’Etude
et
de
Formation
Psychanalytique
AU RISQUE DE LA CLINIQUE
Avec Olivier GRIGNON psychanalyste
Du 16 au 20 mars 2009
Consulter
le
programme
|
|
La
genèse
de
la
violence
des
jeunes
réside
peut-être
dans
cette
lucidité
nouvelle
(et
douloureuse
dans
son
impuissance
à
influer
sur
la
réalité)
de
cette
génération,
largement
informée
par
les
media
des
« affaires »,
des
abus
et
exactions
commis
par
certains
adultes
détenteurs
du
pouvoir,
de
l’autorité,
de
la
notoriété.
Les
jeunes
rejettent
cette
morale
qui
est
transgressée
par
ceux
mêmes
qui
la
professent :
ils
refusent
de
respecter
les
règles
d’un
jeu
dont
ils
savent
que
les
dés
sont
à
l’avance
pipés,
d être
comme
leurs
parents,
exploités,
dominés,
spoliés,
bernés,
des
« laissés
pour
compte » ,
des
«
damnés
de
la
terre »,
des
oubliés
sur
les
chemins
d’une
histoire
déjà
falsifiée.
Ils
n’aperçoivent
aucune
lueur
d’espoir
dans
ces
sociétés
modernes
sans
amour
ni
scrupules,
ou
règnent
la
cupidité,
le
vice
et
la
« malpwopté »,
où
comme
leur
tonton
DAVID
le
leur
martelait
: « j’en
suis
sûr,
on
nous
prend
pour
des
cons ».
Ils
croient
trouver
dans
l’exemple
de
la
réussite
de
certains
aînés
hors-la-loi,
la
clé
qui
changera
leur
destin.
Et,
en
vérité,
quelle
alternative
leur
propose-t-on ?
Quelle
compensation
à
leur
bonne
tenue,
quelles
récompenses
pour
leurs
mérites ?
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|
Chaud
divan
!
Analyse.
Sur
le
modèle
du
Ticket-Restaurant,
le
Ticket-Psy
vient
d’être
lancé.
«Je peux vous payer en Ticket-psy ?» Après le Ticket-Restaurant, puis le Chèque-Vacances, voici le dernier-né des coupons destinés aux salariés : le Ticket-Psy, qui permet de s’offrir une séance de psychothérapie aux frais de son employeur.
La formule est toute récente. Mais déjà, dans différents domaines d’activités (banque, transports de fonds, informatique…), des entreprises auraient franchi le pas et souscrit un abonnement. L’idée a germé au sein d’un cabinet de prévention des risques psychosociaux, ASP Entreprises, spécialisé dans les problématiques de stress au travail. Mal-être, dépression, la souffrance psychique liée à l’activité professionnelle a cessé d’être tabou en France depuis une quinzaine d’années. Mais, «dès que l’on réfléchit à des solutions, deux visions s’opposent : repenser l’organisation du travail ou soutenir les gens», résume Valentine Burzynski, directrice générale d’ASP Entreprises. Autant sortir de cette polémique et considérer la souffrance au travail en tant que telle, quelle qu’en soit la raison».
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Une passionnante biographie du pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott
 Connu dans le monde entier, Donald Woods Winnicott (1896-1971), pédiatre et psychanalyste anglais, formé par Melanie Klein (1882-1960) et proche d'Anna Freud (1895-1982), fut le premier homme de la saga freudienne à devenir un chef d'école dans le domaine de la psychanalyse des enfants, réservé d'habitude aux femmes. Il créa des concepts dont se servent aujourd'hui éducateurs et autres thérapeutes et se rendit populaire en n'hésitant pas, entre 1939 et 1962, à intervenir sur les ondes de la BBC, avec sa voix féminine, pour donner des conseils aux mères. On lui doit le fameux " doudou ", ou objet transitionnel, inventé en 1951 pour désigner un objet (jouet, peluche ou morceau de tissu) ayant pour l'enfant et le nourrisson une valeur élective de transition entre une relation orale et une relation objectale. Il fut aussi à l'origine de la notion de " self " (faux et vrai), empruntée à la phénoménologie, par laquelle on distingue une existence en trompe-l'oeil d'une existence authentique.
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La
Nuit
Sécuritaire
au
crépuscule
de
la
psychiatrie

Le
2
décembre
2008,
dans
une
enceinte
psychiatrique
hospitalière,
se
saisissant
d’un
crime
pourtant
très
rare
commis
par
un
patient
diagnostiqué
comme
schizophrène,
le
président
Sarkozy
a
annoncé
un
plan
pour
la
psychiatrie
aux
conséquences
dévastatrices.
Dans
ce
discours,
les
fondements
même
de
la
psychiatrie
ont
été
attaqués
avec
la
plus
grande
brutalité,
celle
qui
amadoue
pour
mieux
exécuter.
Il
aura
suffi
d’un
fait
divers
dramatique
pour
relancer
une
politique
de
la
peur
dont
le
projet
de
centres
de
rétention
de
sûreté
tout
comme
les
soins
sans
consentement
en
ambulatoire
sont
le
parachèvement.
En
amalgamant
la
folie
à
une
pure
dangerosité
sociale,
en
assimilant
d’une
façon
calculée
la
maladie
mentale
à la
délinquance,
est
justifié
un
plan
de
mesures
sécuritaires
inacceptables.
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Le discours répressif de Nicolas Sarkozy, le 2 décembre, a mis la psychiatrie publique en ébullition. «Libération» publie «l'Appel» des 39 qui exprime le mécontentement du secteur.
L’onde de choc est violente. Depuis le 2 décembre et le discours de Nicolas Sarkozy à l’hôpital psychiatrique d’Antony (Hauts-de-Seine), où il a présenté «un plan de sécurisation des hôpitaux», le monde de la santé mentale est sens dessus dessous. Comme sidéré par ces annonces, formulées après l’agression mortelle d’un étudiant grenoblois par un patient de l’hôpital de Saint-egrève.
Le 2 décembre, le chef de l’Etat a parlé de réformes de la loi d’hospitalisation ; demandé la création de 200 chambres d’isolement ; exigé le contrôle des permissions de sortie ; proposé la systématisation des soins sous contrainte. Plus saisissant, il a suggéré l’utilisation de bracelets électroniques pour les malades, à l’instar des délinquants. Un discours perçu comme un terrible retour en arrière. En écho, se multiplient initiatives et prises de positions, parfois contradictoires. Jusqu’à cet «Appel des 39», ce week-end, demandant aux soignants de «sortir de la résignation» .
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Comme en boomerang, l'affaire réveille toutes les plaies de la psychiatrie. Le meurtre d'un jeune homme en pleine rue, mercredi 12 novembre, par un patient schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Grenoble, a secoué les équipes soignantes en santé mentale. Comme après l'affaire du double meurtre de Pau, en 2004, commis par un ancien patient de l'hôpital psychiatrique de la ville, médecins et soignants témoignent de la crise profonde de leur discipline. "On ne parle de la psychiatrie que quand il y a des faits divers, s'alarme Séverine Morio, infirmière à l'hôpital parisien Maison-Blanche. Mais c'est toute l'année que nous sommes en difficulté. On organise les ruptures de soin en faisant sortir trop tôt les patients, et ensuite on s'étonne qu'il y ait des passages à l'acte..."
Le drame de Grenoble intervient dans un contexte de crise latente, les appels à la grève se multipliant dans les services de psychiatrie. A l'hôpital de la Conception à Marseille, une équipe a observé un mois d'arrêt de travail, en octobre, pour refuser l'arrivée d'un patient réputé très violent ; le 6 novembre, une centaine de salariés de l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, à Lyon, ont débrayé pour protester contre l'agression d'une infirmière par un patient qui ne voulait pas sortir de l'hôpital ; mardi 18 novembre, des soignants des hôpitaux parisiens de Sainte-Anne, Esquirol et Maison-Blanche observaient également une grève pour "lancer l'alerte sur la dégradation de la psychiatrie en France".
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|
|
par
Eric
Favereau
 Certains avaient pu les trouver bien silencieux devant les projets de la garde des Sceaux. Comme si le monde de la psychiatrie baissait les bras et acceptait sans coup férir que leurs expertises servent de caution à des politiques pénales très sécuritaires. Voilà qu’ils se réveillent. Et appellent même à l’illégalité.
Plus d’une centaine de professionnels de la psychiatrie viennent de rendre publique une pétition, où ils refusent la «perpétuité sur ordonnance» (1). Les signataires affirment «qu’ils ne participeront pas à la mise en place du dispositif de rétention de sûreté prévu par la loi du 25 février», dont les décrets d’application ont été publiés le 5 novembre. Cette loi a été dès le départ très contestée. Elle marque une rupture dans la tradition juridique française, permettant l’incarcération de personnes ayant purgé leur peine du fait de leur «particulière dangerosité».
«Aveugler». Les pétitionnaires écrivent : «Pour la première fois dans notre droit, des individus pourront être enfermés sur décision judiciaire non pour sanctionner des actes délictueux ou criminels, mais pour anticiper des actes qu’ils n’ont pas commis.» Très en colère, ils ajoutent : «Alors que sa mission est de porter secours et de soigner, la médecine se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration. C’est le savoir psychiatrique qui légitimera l’incarcération d’individus au motif d’un diagnostic de particulière dangerosité.» Ils notent que «la monstruosité de certains crimes et la souffrance terrible des victimes, dont chacun est saisi, sont utilisées pour aveugler la raison et céder aux politiques prétendument efficaces.» Et d’appeler au… non-respect de la loi : «Au nom de notre éthique et de la nécessaire séparation des domaines, garante des libertés, nous, professionnels de la psychiatrie, déclarons publiquement refuser de participer à la mise en place de ce dispositif de rétention de sûreté.»
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|
Question
doltorité

Claude
Halmos.
Psychanalyste
qui
intervient
sur
France
Info
et
dans
«Psychologies»,
cette
fidèle
de
Dolto
présente
une
alternative
éducative
qui
dépasse
le
clivage
fouettards
versus
laxistes.
PORTRAIT
par
Sabrina
Champenois
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|
|
Le
mal-être
surmédicalisé
Une
étude
pointe
le
manque
de
formation
et
de
relais
des
généralistes
dans
la
prise
en
charge
de
la
déprime
Les Français consomment trop de psychotropes. Somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, dans ce domaine, ils sont les champions d'Europe. A l'origine de plus de 80 % des prescriptions, les médecins généralistes sont souvent mis en cause. Une enquête lancée par le département universitaire de médecine générale de la faculté de Rouen, et qui sera présentée mercredi 10 septembre à Paris lors du Congrès international d'épidémiologie, apporte un éclairage instructif sur les " obstacles perçus par les médecins généralistes dans la prise en charge des patients dépressifs ".
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|
|
Le
stress
favoriserait
la
schizophrénie
de
l'enfant
Selon
une
étude,
les
femmes
enceintes
soumises
à un
stress
traumatisant
auraient
plus
de
risques
de
donner
naissance
à
des
enfants
qui
développeront
une
schizophrénie
à
l'adolescence.
Les femmes enceintes soumises à un stress traumatisant auraient plus de risques de donner naissance à des enfants qui développeront plus tard une schizophrénie.
C'est ce que révèle une étude publiée jeudi 21 août dans le journal spécialisé BioMed Central Psychiatry, basé à Londres.
"Le type de stress en question est du genre de ceux que l'on subit lors d'un désastre naturel comme un tremblement de terre, une attaque terroriste, un ouragan ou encore un deuil soudain", explique l'auteur principal, Dolores Malaspina.
Dolores Malaspina et ses collègues ont examiné les données concernant 88.829 personnes nées à Jérusalem entre 1964 et 1976 et les ont croisées avec le registre national de psychiatrie d'Israël. 637 cas de schizophrénie ont ainsi été recensés.
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|
Pour
vendre
des
médicaments,
inventons
des
maladies
Les
nouvelles
techniques
publicitaires
de
l’industrie
pharmaceutique

La
méthode
avait
déjà
fait
la
fortune
du
docteur
Knock
de
Jules
Romains
:
chaque
bien-portant
entrant
dans
son
cabinet
en
ressortait
malade,
et
prêt
à
débourser
sans
compter
pour
être
guéri.
A
son
image,
ayant
atteint
les
limites
du
marché
des
malades,
certaines
firmes
pharmaceutiques
se
tournent
désormais
vers
les
bien-portants
pour
continuer
à
croître.
Et
emploient
pour
cela
les
techniques
de
publicité
les
plus
avancées.
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|
|
 La polémique sur le décret réglementant le statut de psychothérapeute s'embrase à nouveau. Alors que le gouvernement vient de transmettre au Conseil d'Etat un projet de décret débattu depuis près de cinq ans avec la communauté psy, c'est désormais un projet annexe d'arrêté qui met le feu aux poudres.
Ce "document de travail", signé des ministères de la santé et de la recherche, définit avec précision le contenu de l'enseignement théorique et pratique des futurs psychothérapeutes. La communauté psy dénonce une immixtion du gouvernement dans la définition du soin psychique et l'instauration d'"une psychothérapie d'Etat".
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|
|
Les
«
nouvelles
pathologies
» ne
renouvellent
pas
la
clinique
analytique
Chapitre
1 du
livre
"Des
fondements
de
la
clinique
analytique"
de
Erik
Porge

Il
existe
aujourd'hui,
parmi
les
analystes,
un
courant
qui
prétend
découvrir
l'existence
de «
nouvelles
pathologies
».
Sur
quoi
sont
fondées
les
méthodes
qui
ont
permis
de
les
isoler
?
Celles-ci
sont-elles
compatibles
avec
la
psychanalyse
?
Pour
commencer,
je
M'interrogerai
sur
les
facteurs
généraux
qui
président
à
l'isolement
de
types
cliniques.
Parmi
ceux-ci,
il y
a
l'intrication
de
facteurs
individuels
et
collectifs,
ou
plus
précisément
la
conception
explicite
ou
pas
que
l'on
se
fait
de
ces
rapports.
Ce
qui
s'isole
comme
pathologie
individuelle
croise
des
enjeux
collectifs,
politiques,
économiques,
sociaux,
professionnels,
et
ce,
aussi
bien
en
médecine,
en
psychiatrie
qu'en
psychanalyse.
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|
|
Propos
sobres
sur
une
supposée
« nouvelle
économie »
du
psychisme
et
de
la
sexualité
par
Pierre-Henri
Castel
 J’aborderai
le
thème
de
ce
colloque
avec
un
mélange
de
perplexités
et
d’inquiétudes
qui
risquent
de
prendre
ici
plus
de
poids
que
son
objet
lui-même :
la
sexualité.
Il
ne
me
semble
pas,
en
effet,
que
la
sexualité
puisse
devenir
un
problème,
y
compris
en
psychanalyse,
sans
que
deviennent
en
même
temps
problématiques
les
données
scientifiques,
les
concepts,
les
arguments,
les
stratégies
rhétoriques,
les
idéologies,
les
usages
politiques
et
sociaux
des
notions
savantes
ou
informelles
qui
isolent
la
« sexualité »
comme
telle.
La
sophistication
des
discours
qu’on
tient
dessus
n’y
change
rien ;
c’est
comme
imaginer
qu’avant
qu’on
l’examine
sous
le
microscope,
telle
cellule
s’était
développée
naturellement
sur
une
lame
de
verre,
en
baignant
par
miracle
dans
le
bon
colorant.
Il
en
va
de
même
avec
l’approche
clinique
en
psychanalyse.
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suite
|
|
Les
psychanalystes
savent-ils
débattre?
par Roland Sabra

Sous
la
direction
de
Daniel
Widlöcher,
vient
de
paraître
aux
Editions
Odile
Jacob
un
ouvrage
qui
porte
comme
titre
cette
question.
A
travers
quatre
exemples
de
débats
qui
ont
traversé,
sans
omettre
d'y
laisser
des
traces
durables
la
psychanalyse,
autour
de
l'enfant
entre
Anna
Freud
et
Mélanie
Klein
en
1943;
autour
du
lacanisme
et
du
kleinisme
en
1972;
autour
d'une
innovation
théorique,
l'attachement
de
John
Bowlby,
entre
Laplanche
Widlöcher
et
Fornagy
en
2000;
et
plus
récemment
en
2004,
entre
Jacques-Alain
Miller
et
Daniel
Widlöcher
sur
l'avenir
de
la
psychanalyse;
à
travers
l'étude
de
ces
débats
donc,
l'ouvrage
tente
de
répondre
au
souhait
formulé
dès
1912
par
le
disciple
préféré
de
Freud,
Sandor
Ferenczi
qui
faisait
l'hypothèse
que
"les
psychanalystes,
une
fois
"guéris"
de
leurs
névroses
(notez
le
pluriel),
par
leur
propre
psychanalyse,
pourraient
dépasser
les
rivalités,
les
ambitions
et
la
mauvaise
foi
habituelles".
Je
vous
laisse
deviner
ce
qu'il
en
est!
Ailleurs,
comme
en
Martinique...
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la
suite
|
Juristes,
psychanalystes
et
psychiatres
s'alarment
du
phénomène
de
l'enfant
roi,
de
plus
en
plus
fréquent
aujourd'hui.
Et
insistent
sur
la
nécessité
de
réapprendre
aux
parents
la
valeur
des
limites
et
des
interdits.
 «Je rencontre des parents totalement désemparés, qui viennent épuisés à ma consultation avec des petits de trois ans dont ils n'arrivent pas à venir à bout. Quand je demande au bambin : “Sais-tu pourquoi tu es ici ?» , la réponse fuse : “ben oui, c'est parce qu'ils ne veulent pas faire ce que je veux…”» Hautement significative, l'anecdote est relatée par la psychanalyste Arlette Garih (centre hospitalier Cochin-Port-Royal) à Paris à l'occasion d'une conférence organisée le 4 juin par le Comité national de l'enfance. «L'enfant roi ou la perversion des droits de l'enfant», un thème d'actualité dans un monde en pleine mutation où bien des adultes jeunes et moins jeunes ont mis aux oubliettes le modèle éducatif autoritariste pour privilégier celui du «laisser-faire» . Ils ont gommé la nécessité de poser des limites structurantes à leur bambin les transformant peu ou prou en petit tyran. Pour cette psychanalyste, bon nombre de parents ont perdu tout bon sens. Ils se sentent totalement déboussolés. «Je ne dis plus non à mon enfant car ensuite, s'il ne veut pas, je ne sais plus quoi lui dire», entend-elle fréquemment dans sa consultation.
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la
suite |
|
"
Les
classes
préparatoires,
une
vie
entre
parenthèses
"
Dominique Monchablon, psychiatre et responsable du Relais étudiants

La
souffrance
psychique
des
élèves
des
classes
préparatoires
et
des
grandes
écoles
était
au
programme
d'un
colloque
organisé
par
l'association
Santé
grandes
écoles,
vendredi
6
juin,
à
Paris.
Présidente
de
l'association,
Dominique
Monchablon,
psychiatre,
est
chef
de
service
du
Relais
étudiants
lycéens
(Fondation
santé
des
étudiants
de
France)
dans
le
13e
arrondissement.
Dans
cette
structure,
près
de
40 %
des
jeunes
qui
consultent
sont
des
élèves
de
classes
préparatoires
aux
grandes
écoles.
Cofinancé
par
le
rectorat
de
Paris,
le
Relais
reçoit
des
élèves
de
tous
les
lycées
de
la
capitale
et a
des
liens
institutionnalisés
avec
Henri-IV,
Louis-le-Grand
et
Saint-Louis.
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la
suite
|
|
Jean-Bertrand
Pontalis
:
"on
a
beau
ne
jamais
trouver,
on
ne
peut
pas
se
passer
de
chercher
ses
origines"

Le
roman
familial
est
un
phantasme,
mais
un
phantasme
que
l'on
garde
pour
soi.
On
en
est
convaincu
mais
on
ne
peut
le
dire
à
personne.
Ça,
c'est
très
intéressant
quant
au
statut
de
ce
phantasme.
Si
on
le
dit,
il
ne
tient
plus
debout.
Cela
se
passe
dans
une
zone
à
part,
comme
dans
le
roman
: on
sait
que
c'est
faux
mais
on y
croit.
Le
roman,
on a
besoin
d'y
croire.
C'est
le
fameux
"
mentir
vrai
"
d'Aragon.
Souvent,
les
enfants
posent
la
question
:
c'est
vraiment
vrai
?
C'est
pour
de
vrai
? Le
sceau
du
vrai...
C'est
tout
le
problème
de
l'illusion
à
laquelle
on
croit.
D'ailleurs
les
grands
romans
partent
souvent
d'un
fait
réel
-
souvenez-vous
Le
Rouge
et
le
Noir,
Madame
Bovary...
Le
roman
c'est
ça,
raconter
des
histoires,
et
en
même
temps
affirmer
:
" Je
ne
te
raconte
pas
d'histoires.
"
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la
suite
|
|
Norme
psychiatrique
en
vue
Dépistage
des
troubles
du
comportement,
plus
de
coaching,
moins
de
soins
:
Roland
Gori,
psychanalyste
et
professeur
de
psychopathologie,
décrypte
l'évolution
probable
de
la
santé
mentale

On
parle
de
plus
en
plus
de "
santé
mentale
",
de
moins
en
moins
de "
psychiatrie
".
Où
nous
mènera,
demain,
cette
tendance
?
Nous
sommes
entrés
dans
l'ère
d'une
psychiatrie
postmoderne,
qui
veut
allouer,
sous
le
terme
de "
santé
mentale
",
une
dimension
médicale
et
scientifique
à la
psychiatrie.
Jusqu'à
présent,
cette
discipline
s'intéressait
à la
souffrance
psychique
des
individus,
avec
le
souci
d'une
description
fine
de
leurs
symptômes,
au
cas
par
cas.
Depuis
l'avènement
du
concept
de
santé
mentale,
émerge
une
conception
épidémiologique
de
la
psychiatrie,
centrée
sur
le
dépistage
le
plus
étendu
possible
des
anomalies
de
comportement.
Dès
lors,
il
n'est
plus
besoin
de
s'interroger
sur
les
conditions
tragiques
de
l'existence,
sur
l'angoisse,
la
culpabilité,
la
honte
ou
la
faute
; il
suffit
de
prendre
les
choses
au
ras
du
comportement
des
individus
et
de
tenter
de
les
réadapter
si
besoin.
Lire
la
suite
|
|
Habiter
"le
pan
d'un
grand
désastre"

par
Jeanne
Wiltord,
psychiatre
et
psychanalyste
Jeanne
Wiltord
s'interroge
sur
la
subversion
des
limites
de
la
catégorie
du
national
que
réalise
Aimé
Césaire
en
habitant
un
lieu
dans
la
langue
où
l'harmonie
de
celle-ci
défaille
et
qui
témoigne
aussi
d'un
refus
de
ne
pas
céder
sur
son
désir.
Un
texte
que
la
psychanalyste
adresse
au
grand
public.
A
lire
sans
faute.
Lire
le
texte |
|
«L’autisme n’est pas une fatalité»
«Sortir de
l’autisme» : le titre de votre livre peut
sembler une contradiction dans les termes, tant
la définition courante de l’autisme est un
enfermement. Pourquoi ce titre ?

A
travers ce titre, je revendique la possibilité d’une
évolution positive des syndromes autistiques,
lorsqu’on a repéré chez un enfant des symptômes de
retrait. C’est un travail long et épuisant mais qui
porte ses fruits pour peu qu’on en finisse avec la
conviction que l’état autistique est une fatalité :
un défaut indépassable de gènes ou neurones
défectueux. La vertu de cette conception organique
serait qu’elle déculpabilise l’entourage. Le petit
autiste ne serait pas pris dans une histoire, il est
porteur d’un fichu gène qui s’exprime mal, on ne l’a
pas encore trouvé, mais un jour viendra… Or, je ne
crois pas qu’il soit forcément accablant d’essayer,
non de trouver une cause aux symptômes de son
enfant, mais de démêler les nœuds de son propre
passé et de ce qui a pu dévier dans la relation à
son bébé. C’est parfois infinitésimal. La dépression
d’un nourrisson n’est pas évidente à percevoir quand
on est pris dans le cataclysme de la naissance.
Lire la
suite |
Le temps
des "mères porteuses"
 La
psychanalyste Geneviève Delaisi
de Parseval, spécialiste de
l'assistance médicale à la
procréation, estime
indispensable d'autoriser la
pratique de la gestation pour
autrui (GPA) en France.
La gestation pour autrui (GPA),
qui s'adresse en premier lieu
aux femmes présentant une
pathologie utérine, va-t-elle
entrer dans l'arsenal courant de
la lutte contre la stérilité ?
Très probablement. Environ 10
000 bébés conçus dans le cadre
d'une GPA sont nés aux
Etats-Unis depuis une vingtaine
d'années, et cette pratique est
désormais autorisée dans de
nombreux pays. Depuis la
première fécondation in vitro
(FIV, 1984) et le premier don
d'ovocyte (1988), la fonction
maternelle, pour la première
fois dans l'histoire de
l'humanité, peut ainsi se
répartir entre trois femmes
distinctes : la mère
"d'intention" (qui élèvera
l'enfant), la mère "génétique"
(qui donnera l'ovocyte si besoin
est) et la mère "gestatrice",
terme aujourd'hui préféré à
celui de "mère porteuse". Ces
nouvelles façons de faire des
bébés vont d'autant plus se
développer que personne,
aujourd'hui, ne supporte
l'infertilité. Pas plus les
médecins "fivistes" que les
couples parentaux.
La France, où la pratique des
"mères porteuses" est interdite
par la loi bioéthique de 1994,
est-elle en retard ?
Dans ce domaine, oui. La
pratique de la GPA est
aujourd'hui légale - ou du moins
régulée par la déontologie
médicale - dans de nombreux
pays. En Europe, plusieurs
d'entre eux ont déjà légiféré :
la Grande-Bretagne en 1998, la
Grèce en 2000, la Finlande et la
Belgique en 2007. Tous l'ont
fait dans des conditions
rigoureuses, certaines lois
prévoyant pour la gestatrice le
remboursement par l'Etat des
dépenses médicales. Voire, comme
en Grèce, un dédommagement
financier.
Vous figurez parmi les rares
psychanalystes à vous prononcer
pour la GPA. Pourquoi
estimez-vous urgent, en France,
de légiférer à nouveau sur ce
point ?
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Féminisme et psychanalyse :
l'ingratitude …
par Guillaume Suréna

Le grand mérite de la psychanalyse
est et sera pour toujours d’agacer
les porte-paroles de ce qui est
convenu, de ce qui est institué, y
compris dans les rangs de ceux qui
se réclament d’elle. L’ingratitude
des divers mouvements féministes à
l’égard de Sigmund FREUD est d’une
dimension telle qu’elle frise
souvent l’absurdité. Il est vrai que
FREUD, pessimiste s’il en est sur la
nature humaine, (le 20ème
siècle et le début du 21ème ne lui
ont pas encore donné tort), n’a pas
été de ceux qui ont crû que « la
révolution s’arrêtera à la
perfection du bonheur » et qu’il
s’agira de modifier le cadre de vie
démocratiquement ou pas pour que
cessent les drames existentiels
collectifs et individuels.
« Madinin’art » journal bien connu
pour sortir des sentiers battus a un
goût pour la provocation contre
l’orthodoxie psychanalytique que
j’accepte de représenter contre
sècheresses, cyclones et tsunamis.
Il donne consciemment un petit
avantage à toutes les
psycho-philosophies qui cultivent
l’illusion de dépasser FREUD. A
l’occasion de la journée
internationale des femmes, ce
journal électronique a donné la une
aux femmes et à la plus célèbre et
conséquente d’entre elles : Simone
DE BEAUVOIR. Intellectuelle
exceptionnelle, écrivaine couronnée
par le prix Goncourt, militante
anticolonialiste passionnée et non
folklorique, compagne de Jean-Paul
SARTRE, l’un des plus grands
philosophes de l’histoire mondiale
de la philosophie, à partir d’un
pacte que personne dans notre
société coloniale n’a tenté de
mettre en acte (d’où l’admiration
qui n’engage à rien) , je sais ce
que les femmes, y compris les
antillaises mais aussi les hommes
libres doivent à cette dynamiteuse
dont les actes n’ont pas fini de
bouleverser les relations
hommes/femmes. Du même coup, je
constate qu’il est contradictoire de
présenter DE BEAUVOIR à la fois
comme celle qui rejette les idées
psychanalytiques et celle qui n’en
aurait qu’une connaissance limitée
tant elle en fut sortie dégoutée des
écrits freudiens. La résistance de
DE BEAUVOIR à l’égard de la
psychanalyse est sérieuse et repose
sur des arguments dont les bases
philosophiques sont honorables mais
discutables. Il arrive si souvent à
ceux qui accusent les freudiens de
dogmatisme de faire preuve d’un
autre dogmatisme malgré leur
éclectisme cognitif. Le notre ne
menace personne !
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Dialogue entre Freud et de Beauvoir
"Le Deuxième sexe" à l'épreuve de la
psychanalyse.
par Louise Grenier
Pour
autant, leurs discours sont nécessaires à
l'étude de la situation des femmes, ils peuvent
donc coexister mais l'un ne peut servir
d'arguments pour confirmer ou réfuter l'autre.
Dans Le deuxième sexe Simone de Beauvoir rejette
le point de vue psychanalytique après l'avoir
vidé de son caractère fondamental, soit le fait
que la psychanalyse prenne pour objet la vie
psychique inconsciente. Autrement dit, elle
traite la psychanalyse comme une psychologie du
moi ou une conception philosophique de la
féminité, ce qu'elle n'est pas.
Pour Freud comme pour de Beauvoir, «on ne naît
pas femme on le devient». Pour tous deux, il n'y
a pas de nature féminine pas plus que de nature
humaine. La féminité est un construit qui pour
le premier est déterminée par l'anatomie dans
son rapport au symbolique (discours et
représentations inconscientes de la fille comme
doublure négative du garçon par exemple ou comme
déterminée par sa fonction maternelle) alors que
pour la seconde, la féminité est l'effet de
déterminations historiques qui tirent leur
puissance aliénante de la fonction maternelle
féminine. Pour Freud et pour de Beauvoir la
fonction maternelle biologique déterminerait
donc un destin, l'enfant servant dans la théorie
freudienne à compenser un manque phallique
narcissique, alors que dans la pensée
beauvoirienne, au contraire elle servirait à
inférioriser et dévaloriser l'être féminin, dès
lors voué à des tâches naturelles. Autrement
dit, c'est en devenant mère que la femme
acquerrait une valeur sociale et culturelle
(réparation narcissique dans l'inconscient) chez
Freud alors que pour de Beauvoir c'est à cause
de cette fonction que la femme serait exclue de
la culture et empêchée d'exister comme sujet.
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par Pierre Assouline
Aussi
étrange que cela puisse paraître, il n’existait pas à
ce jour d’histoire des pervers en librairie. Non une histoire
de la perversion, déjà étudiée par les psychanalystes,
mais bien des pervers qu’ils fussent appelés anonymes,
misérables, minuscules, infâmes, antiphysiques ou
pervers. C’est dire si l’essai historique
d’Elisabeth Roudinesco La part cachée de nous-mêmes
(229 pages, 18 euros, Albin Michel) était espéré sinon
attendu. De nos jours, l’adjectif est aussi galvaudé
que le nom et il courant que “perversité”
soit employé en lieu et place de “perversion”.
Celle-ci a la particularité de pouvoir être considérée
comme sublime ou abjecte selon l’angle de vue :
artistique, créateur ou lystique, et donc fécond, il est
sublime ; mais lorsqu’il n’aboutit qu’à
la satisfaction d’une pulsion de mort, il est abject.
On voit par là que l’affaire est risquée pour celui
qui se lance dans une anthopologie culturelle du bonheur
dans la destruction, cette jouissance du mal
que l’on s’inflige ou que l’on fait
subir à l’autre dans un débordement de sens. Dans
une langue très fluide exempte de jargon médical ou psychanalytique,
Elisabeth Roudinesco montre bien comment la perversion
est cette chose chachée en nous que nous refusons de voir,
la face nocturne de l’homme.
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Une histoire du peuple
des pervers, ces «êtres maudits»
Interview d'Elisabeth
Roudinesco
Ce
qui caractérise la perversion ce n’est pas d’être
dans le mal, c’est de jouir du mal. Autrement dit,
certains criminels – qui font le mal – ne
sont pas pervers parce qu’ils n’en jouissent
pas. Il y a aussi des pervers qui jouissent du mal sans
être spécialement des criminels, et qui finissent par
jouir du bien. La figure est réversible
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Les " psys " face à l'idéologie de
l'expertise
La manie de l'évaluation menace,
une nouvelle fois, de
transformer les experts de la
psyché en agents de sécurité.
Alerte !
par Elisabeth Roudinesco
Depuis trois décennies, les
Etats démocratiques s'appuient
sur la science pour gouverner
les peuples. Si cette politique
a permis de prévenir, soigner et
guérir avec succès les maladies
organiques et si elle a
magnifiquement amélioré notre
vie quotidienne, elle n'a pas
produit de résultats aussi
pertinents dans le domaine de la
souffrance psychique.
Ni l'étude des gènes ni celle de
la plasticité cérébrale n'ont
encore réussi à donner naissance
à des traitements efficaces des
maladies mentales, pas plus
qu'elles n'ont permis de venir à
bout de ces " maladies de
l'existence " que sont névroses,
dépressions, angoisses,
passions, addictions, volonté de
se détruire, etc. Tout au plus
a-t-on mis au point des
médicaments de l'esprit (ou
psychotropes) qui ont contribué
à faire vivre les psychotiques
au sein de leur famille et
surtout à apporter une
tranquillité à ceux qui
risquaient d'être dangereux pour
eux-mêmes, pour leur entourage
et pour leurs employeurs.
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Le
GRAF-Martinique et "l'emprise"

par Roland Sabra
Le
GRAF-M , Groupe d'Action et de
Recherche Féministe de Martinique
est né d'une démarque de l'UFM,
Union des Femmes de Martinique. Mais
la double appartenance est possible.
Petite structure, comparée à l'UFM,
la nouvelle association revendique
une plus grande indépendance à
l'égard des organisations politiques
et sans doute, parce que la nature
même de la divergence est difficile
à apprécier, une approche différente
des rapports hommes/femmes. Le
vendredi 18 janvier la foule se
pressait à l'invitation de cette
jeune organisation pour débattre, en
présence de Fabienne Frémeaux,
membre du Graf-M et auteure de «
Comment je me suis faite arnaquer
par mon psy », de l'emprise.
Le
titre même de l'ouvrage est
discutable, il s'inscrit dans la
longue série des attaques frontales
menées contre la psychanalyse depuis
le « Livre noir de la psychanalyse »
en passant par les tentatives de
réglementation de l'activité des
« psy » et autres promotions des
Techniques (le mot est juste!)
comportementalo-cognitivistes1.
Mais l'amendement Accoyer à
l'origine de cette loi de police a
conduit à une impasse. Roselyne
Bachelot est la quatrième Ministre
de la Santé confrontée à la
difficulté de publier les décrets
d'application de cette Loi mal née.
Pour le dire vite, Fabienne Frémeaux
a été « victime » d'un psy
« pervers ». C'est ce qu'elle
raconte dans le détail dans cet
ouvrage, tout en refusant de dire si
l'histoire est vraie ou si elle a
été rêvée, pour tout dire fantasmée.
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"La perversion est au
service de la société et de
l'espèce"
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Vincent Mac Doomr |
Les
homosexuel(le)s sont-ils,
sont-elles des pervers, des
perverses? La connotation
morale du terme est de peu
d'utilité pour la question.
Dans un pays où les filles
se promènent à moitié nues
dans les rues, tout en ayant
dans la tête des kilomètres
de crinoline la question
pourrait paraître
surréaliste. Ce numéro de
la Lettre est consacré à la
question de la perversion, à
l'occasion du débat (enfin!)
qui suivra la projection à
Fort-de-France du film "Des
hommes et des dieux".
Qu'est-ce que
la perversion? La réponse pourrait
en dérouter plus d'un. Au delà la
question de l'homosexualité
n'assiste-ton pas à une redéfinition
du masculin et du féminin? ( lire le
dossier) La propension, de plus en
plus répandue, à se déguiser en
femme pendant Carnaval, le port
ostentatoire de bijoux féminin, la
mode du piercing, les boucles
d'oreilles, une homophobie prégnante
mais un succès assuré pour les "Makoums",
des rapports entre sexes marqués par
la violence, tout cela ne
relève-t-il pas d'une
symptomatologie qui renvoie à une
identité mal assurée? Nous voilà de
nouveau devant la question
identitaire, mais posée cette fois
dans sa forme la plus radicale, la
plus crue, c'est-à-dire dans sa
forme sexuelle? Nous sommes là
devant un "total tabou" ! Même chez
les rares psychanalystes de l'île
l'idée d'un refoulé
transgénérationnel depuis la
période esclavagiste et qui
toucherait aux pratiques sexuelles
fait débat. D'abord sur la
possibilité même de ce "trangénérationnel",
cher à Serge Moscovici et ensuite,
quand il est admis, sur le contenu.
Les pères et les mères "la pudeur",
que l'on a vu monter au créneau
quand des artistes ont protesté, à
leur manière contre la banalisation
des assassinats d'adolescents, sont
plus nombreux qu'on ne le croit. On
lira ce que pense Robert Stoller,
le spécialiste des questions de
genre, des psychanalystes qui
penchent de côté là
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« Si la
tristesse est une maladie, alors
c'est l'humanité qui est une maladie
»

Comment une campagne sur la
dépression démontre l'incapacité
présidentielle
à
appréhender le réel. Un entretien
avec le philosophe et psychanalyste
Jacques-Alain Miller.
Je
veux parler de la dépression, du
regard que la société porte sur
cette souffrance qui n'est pas
matérielle. Je veux engager
puissamment la recherche médicale
française vers le soulagement de ce
mal
», a déclaré Nicolas Sarkozy le II
février dernier dans un discours à
la Mutualité. Il y
a quelques semaines, le ministère de
la Santé lançait une campagne sur
la dépression. On a
demandé à Jacques-Alain Miller ce
qu'il en pensait.
Philosophe, psychanalyste, il est le
responsable de la publication des
Séminaires de Lacan. Jacques-Alain
Miller a fondé l'Association
mondiale de psychanalyse (AMP) et
dirige
la revue
Le
Nouvel
Âne dont le dernier
numéro est consacré à une critique
virulente de la campagne contre la
dépression initiée par le ministère
de
la Santé. Car
s'il existe des formes graves de «
maladies de l'âme» -qu'on l'appelle
comme autrefois mélancolie ou qu’on
la vulgarise aujourd’hui sous le
terme de “dépression” - la tentation
est grande de considérer la moindre
fatigue, tristesse ou petit bobo
existentiel en pathologie qu’il faut
soigner d’urgence avant de repartir
au combat...
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L'énigme du
plaisir féminin
par
Gilbert Charles, Marion Festraëts,
sexologues

Contrairement à celui de l'homme,
l'orgasme de la femme n'a rien d'une
évidence physiologique. A l'heure où
les laboratoires pharmaceutiques
cherchent ardemment la molécule
miracle clef d'une jouissance
assurée, L'Express dresse l'état des
connaissances sur ce mystère
ancestral
C'est un mystère qui titille Homo
sapiens depuis Adam et Eve. Le point
focal de tous les fantasmes, le
secret vertigineux de la «petite
mort», sur lequel n'ont cessé de se
pencher théologiens, philosophes,
anatomistes, peintres et
psychiatres: l'énigme du plaisir
sexuel, masculin et féminin, et en
particulier du plus secret des deux,
celui des femmes. A l'heure où
chacun revendique son droit au
bonheur et à la jouissance, la
question devient obsédante. Sur les
murs et les écrans, la félicité
sexuelle s'étale telle une promesse
de béatitude autant qu'une
injonction: pour être «normal», bien
dans sa peau, il faut jouir. Encore
faudrait-il savoir comment. Car le
secret du désir échappe totalement
aux lois de la rationalité et
toujours largement à celles de la
science. Voilà à peine une dizaine
d'années que les médecins et les
scientifiques ont commencé à
réellement explorer cet immense
continent. Avec un enthousiasme de
plus en plus marqué depuis le succès
planétaire du Viagra, lancé en 1998.
Après avoir délivré les mâles de
l'angoisse de la panne, les
chercheurs, généreusement financés
par les laboratoires, s'attaquent
désormais aux mystères bien plus
complexes de la sexualité féminine.
Avec l'espoir de découvrir le même
jackpot: la formule magique capable
d'offrir aussi au beau sexe l'extase
sur ordonnance.
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Une histoire
des pervers
La part obscure de nous-mêmes

Auteur de nombreux travaux consacrés
au mouvement psychanalytique
français, Elisabeth Roudinesco a
construit son itinéraire au
carrefour de la recherche historique
et de la passion littéraire. Fidèle
à la génération philosophique des
années 1960 (Derrida, Deleuze,
Lacan...), elle mobilise les grands
écrivains du passé comme autant de
guides susceptibles d'explorer le
devenir, les contradictions, les
non-dits de nos sociétés.
Son nouvel essai en témoigne, qui
convoque non seulement Freud et
Foucault, mais aussi le Marquis de
Sade, Victor Hugo ou encore Primo
Levi pour sillonner les territoires
noirs de la perversion.
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Masculin-féminin,
les nouvelles
frontières

D'emblée, une lycéenne avait marqué
le défi. Fin octobre, lors d'une
rencontre au sein d'un établissement
scolaire, l'élève avait ainsi
interpellé les organisateurs du 19e
forum Le Monde - Le Mans : en
intitulant cette manifestation "
Femmes, hommes : quelle différence ?
", n'avez-vous pas d'ores et déjà
pris parti ? Cette façon de formuler
les choses ne reflète-t-elle pas un
choix foncièrement féministe ?
De fait, toute la difficulté était
là. D'un côté, le forum s'était
donné pour objet cette évidence
vécue : le partage du " féminin "
et du " masculin ", dont
l'anthropologue Françoise Héritier
affirme qu'il constitue un alphabet
universel, et même " un butoir
ultime pour la pensée " ;
remettre en " question " la
réalité de ce partage, c'était bel
et bien s'engager sur un sentier
périlleux. Mais d'un autre côté, le
forum devait rester fidèle à sa
vocation philosophique, ne pas se
laisser entraîner vers un terrain
purement polémique, au moment où les
enjeux sexuels reviennent sur le
devant de la scène, autour de débats
aussi importants que la parité,
l'homoparentalité ou encore la
procréation médicalement assistée.
Lire le dossier
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L'œuvre
fondatrice du psychiatre et
psychanalyste Robert Stoller,
théoricien de l'humaine
perversion
Né
à New York en 1925, Robert Stoller,
psychiatre et psychanalyste, créa
sur la Côte ouest, en 1954, la
Gender Identity Research Clinic,
véritable laboratoire de recherche
sur la sexualité humaine. C'est là
qu'il conceptualisa pour la première
fois la notion de gender
(genre) pour désigner le sentiment
de l'identité sexuelle, par
opposition au sexe, qui définit
l'organisation anatomique de la
différence entre le masculin et le
féminin. De là naîtront les études
contemporaines sur le genre (gender
studies).
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L'approche
freudienne des addictions 
Psychothérapeute et docteur en
psychanalyse, Odile Lesourne vient de
publier
La
Genèse des addictions, sous-titré
Essai
psychanalytique sur le tabac, l’alcool
et les drogues. Son expérience de
psychothérapeute à la Salpêtrière l’a
confrontée à des alcooliques, fumeurs et
toxicomanes qui restaient, d’après ce
qu’elle nous en rapporte, silencieux à
propos de leur pratique addictive. Face
à cette difficulté thérapeutique,
l’auteur fait l’hypothèse que
l’addiction ne répond pas "aux mêmes
règles de fonctionnement que le conflit
névrotique" avant de conclure qu’il faut
la penser autrement. C’est ainsi qu’elle
propose, en plus des trois structures
que sont la névrose, la psychose et la
perversion, une quatrième structure
appelée addiction. Ces "tendances" (addictives)
seraient communes à tout le monde et
seraient "soit réalisées
a
minima, soit refoulées ou
contre-investies". Est-ce à dire que
nous serions tous sur deux structures à
la fois : par exemple, un névrosé ou
"normal-névrosé", psychotique ou pervers
doublé d’un addict "réalisé
a
minima
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Trop
de nourrissons décédés ne sont même pas
déclarés nés et certaines morts sont
certifiées " naturelles ". Les
statistiques ne reflètent pas la réalité
Six cadavres de nouveau-nés ont été
découverts le 17 octobre dans une cave à
Valognes (Manche). Depuis la révélation
de l'affaire Courjault, en 2006, les cas
d'infanticide à la naissance (néonaticide)
semblent se multiplier, au point que
cela deviendrait presque banal.
Pourtant, ces petits corps que l'on a à
peine cachés ne représentent que la
partie immergée et médiatisée de drames
familiaux qui se nouent à huis clos.
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La détection des
pathologies comme la dyslexie ou la
dysphasie facilite la prise en
charge adéquate des enfants
Le diagnostic intervient souvent
tardivement, quand l'enfant est
déjà englué dans l'échec
scolaire. Pourtant, les troubles
spécifiques du langage et des
apprentissages concernent
environ 6 % à 8 % de la
population, soit plus de 4
millions de personnes en France.
Près de 600 000 sont gravement
atteintes.
La plus connue et la plus
répandue de ces pathologies est
la dyslexie : faute de pouvoir
associer correctement les
lettres et les sons, les enfants
peinent à déchiffrer un texte,
confondent les lettres. Il y a
aussi la dysphasie, qui affecte
l'acquisition du langage et se
caractérise par des paroles
indistinctes, un vocabulaire
pauvre, des troubles de la
syntaxe (pas de conjugaison, pas
d'articles), ou encore la
dyspraxie, un trouble de la
coordination des gestes, qui
rend les enfants
particulièrement maladroits.
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Psychiatrie : vers le nouveau "sujet TOC"

La
Haute Autorité de santé (HAS) a récemment adressé aux
psychiatres une brochure intitulée Trouble
obsessionnel compulsif (TOC) résistant : prise en charge
et place de la neurochirurgie fonctionnelle. Sous le
couvert bien anodin d'une "évaluation des
technologies de santé" s'y déploie la nouvelle
collection d'hiver des thérapies du comportement. Elle
concerne les "sujets TOC" (sic), présentés
comme des "handicapés" à qui on se propose
d'infliger des traitements de plus en plus
cauchemardesques, surtout s'il leur venait l'idée
saugrenue de résister au premier degré.
Qu'est-ce qu'un TOC? Tout le monde sait ce qu'est une
obsession, qui peut aller de l'envie de vérifier si on a
bien fermé le gaz à celle de dire des cochonneries ou
des choses sacrilèges dans une réunion bien-pensante.
Chacun peut sentir qu'il s'agit là d'un conflit entre le
désir et son interdit, entre la violence des pulsions ou
l'envie de tout contrôler et la nécessité d'être M.
Tout-le-Monde. Oui, quand ça devient trop envahissant,
on peut glisser vers ce qu'on appelle classiquement une
névrose, souffrance chronique d'un sujet divisé.
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Ils sont très
nombreux à être touchés par des problèmes vocaux.
APHONES, touchés par des
laryngites et des angines chroniques, voire des
polypes ou des nodules vocaux... Les enseignants ont
de plus en plus de mal à donner de la voix. D'après
une expertise publiée par l'Inserm (Institut de la
santé et de la recherche médicale), ils sont les
premières victimes de ces maux de gorge à
répétition. Et sont environ deux fois plus nombreux
que le reste de la population à connaître des
problèmes vocaux. Selon l'étude, dans cette
profession, un tiers des hommes et la moitié des
femmes déclarent d'ailleurs avoir toujours ou
souvent des troubles de la voix. Confrontés à des
environnements bruyants, les instituteurs seraient
particulièrement sujets à ces pathologies.
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Loin du
concept originel, les pensées paresseuses s'emparent des
mots comme de signaux d'appartenance ou d'affiliation
 A
Sodoké, dans mon quartier, trois personnes seulement
possèdent la télé. Et pourtant, chaque matin, tout le
monde discute du film de la veille ", dit Amaka, la
petite Ghanéenne. Elle nous questionne sur le mystère du
panurgisme intellectuel qui nous pousse à suivre ou à
contester un penseur sans se donner la peine de savoir
de quoi il parle.
Nous avons
tous fait ça, avouons-le. Au cours d'une discussion,
quel qu'en soit le niveau, nous avons tous répondu à une
approximation. Un ami me raconte : " Un jour j'ai lu
un article soutenant qu'il y avait une localisation
cérébrale de la pulsion pédophile. Ça m'avait beaucoup
étonné. Mais le soir même ma voisine de table m'avait
irrité en expliquant d'un air sucré que c'étaient les
mères qui fabriquaient la pédophilie des hommes, je n'ai
pu m'empêcher de la cingler avec cette phrase : "Des
chercheurs viennent de découvrir l'origine cérébrale de
la pédophilie !" Dès cette phrase, chacun a dû prendre
position, les uns, pour la responsabilité des mères dans
la pédophilie et les autres, pour l'origine génétique de
cette pulsion sexuelle. Le débat fut fiévreux. Par
bonheur, le vin était bon. "
Lire la suite
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|
par Paul-Laurent Assoun

« Un
enseignant perd la voix ». Voici un énoncé qui vaut
comme un constat – il arrive en effet à ces «
professionnels de la voix » d’en voir la profération
altérée, voire compromise – mais aussi bien comme une
conjoncture qui mérite l’examen, voire le phrasé d’une
formation symptomatique ou fantasmatique. Quel lien
y-a-t-il entre la voix et l’enseignant, qui engage son
désir propre d’« enseigner » et les déboires de ce que
l’on appelle son « organe » ? C’est en ce point que la référence au
« savoir de l’inconscient » est requise. Comment
caractériser l’apport de la psychanalyse à cette
question de la voix pour mieux y situer les enjeux de
cette question particulière, soit la conjoncture de la
voix enseignante ? Car la voix enseigne sur
l’inconscient, ce dont nous avons présenté ailleurs les
attendus (Assoun, 2001) sur lesquels nous nous
appuierons ici.
Tableau de Edwin "Sans voix"
Lire la
suite |
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Le
Surmoi
poétique
d'Aimé Césaire
par Guillaume
Suréna, psychanalyste
Aimé
CÉSAIRE est l'homme public le plus
important de l'histoire du 20ème
siècle martiniquais : il réalise à
la fois l'aspiration profonde du
peuple à l'assimilation et installe
en son sein le ferment contraire,
l'anti-assimilationnisme, le
sentiment national martiniquais. Son
influence dépasse la Martinique; sa
démarche a aussi contribué' à la
prise de conscience nationale en
Guadeloupe et en Guyane.
La cohabitation dans l'esprit public
de ces deux tendances correspond a
une potentialité de la vie psychique
: le clivage.
C'est Sigmund FREUD, l'un des plus
grand novateur scientifique de tous
les temps, avec GALLILEE et DARWIN,
qui, à la fin de sa vie, en 1938, a
théorisé ce fait clinique
passionnant déjà repéré depuis les
débuts de l'aventure psychanalytique
: le Moi, au lieu de refouler
purement et simplement comme sa
faiblesse le poussait à le faire
jusqu'alors va se cliver pour à la
fois reconnaître la réalité
désagréable et la nier. Un tel Moi
capable de cette double opération
simultanément est un Moi fort, qu'il
faut bien appeler Surmoi, Uber-Ich...
en allemand.
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Santé mentale
: prédictions à risques
En diffusant par le biais des écoles
parisiennes un questionnaire destiné
aux parents d'enfants âgés de 5 ans,
visant à " mieux cerner les
facteurs d'amélioration et de
détérioration de leur santé physique
et mentale ", la fondation MGEN
a remis en lumière une tendance
forte de la recherche psychosociale
actuelle : la tentative de prédire,
sur la base des données recueillies
dans leur petite enfance, le
comportement futur des individus. En
refusant que cette enquête soit
poursuivie (Le Monde du 23
mai), la Ville de Paris et la FCPE,
principale fédération de parents
d'élèves, en ont éclairé une autre :
la vigilance extrême que manifestent
désormais nombre de citoyens
vis-à-vis de ces études, soupçonnées
au mieux de porter atteinte à la vie
privée, au pire de stigmatiser les
familles " à risque ".
Lire la suit
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La société est empreinte
d'une homophobie passive qui
touche les plus fragiles, homos
ou hétéros

Etre un jeune homme occidental
dans les années 2000 ? Pas si
facile. S'il est puissant,
musclé et fort en gueule, il
prend le risque de passer pour
un macho, espèce théoriquement
en voie de disparition. Mais
qu'il soit doux, délicat et
paisible, et les choses ne
seront pas plus simples. Encore
moins s'il est homosexuel.
" Aujourd'hui, les jeunes
hommes ne se retrouvent ni dans
la virilité caricaturale du
passé ni dans le rejet de toute
masculinité. Ils sont déjà les
héritiers d'une première
génération de mutants. Fils de
femmes plus viriles et d'hommes
plus féminins, ils ont parfois
du mal à s'identifier à leurs
pères ", écrivait déjà la
philosophe Elisabeth Badinter en
1992 (XY. De l'identité
masculine, Odile Jacob, 314
p., 20,80 euros). Quinze ans
plus tard, l'évolution reste
douloureuse. Surtout lorsqu'elle
s'inscrit dans un contexte
difficile (milieu
socio-économique défavorisé,
problèmes d'intégration,
fragilité psychologique) et
qu'aux formes de discrimination
les plus courantes (racisme,
sexisme) s'ajoute l'homophobie.
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Tremblements, sueurs, crises de
panique : à partir de 13 ans,
Colette redoutait d'aller au
collège. Scolarisée en 4e dans
un établissement parisien classé
en zone d'éducation prioritaire,
l'adolescente était la meilleure
élève de sa classe. " J'ai
téléphoné à la directrice,
se souvient sa mère. Je lui
ai demandé l'autorisation de
changer d'établissement. Elle a
refusé et m'a répondu que ma
fille n'avait qu'à s'endurcir"
Issue d'une famille aisée,
Colette a fréquenté de plus en
plus souvent l'infirmerie,
jusqu'au jour où elle a eu une
crise de désespoir en plein
cours menaçant de se suicider.
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LA PSYCHANALYSE AUX ANTILLES POUR
QUOI FAIRE ?
par Pierre Stitelmann
Il y a
tout juste un an de cela Guillaume
Suréna, psychanalyste martiniquais
convoquait, pour le 150 ème
anniversaire de la naissance de
Freud une assemblée nombreuse pour
débattre de la psychanalyse aux
Antilles. Parmi les invités Pierre
Stitelmann, fondateur de la
psychanalyse en Martinique, a fait
une intervention dont il communique
aujourd'hui la transcription que
voici et qui portait le titre
initial suivant : "Introjection et
transgénérationnel". La veille
Marycécile Lubino, psychanalyste
guadeloupéenne, dans une
présentation remarquable et
remarquée avait traité de ce qui
dans " La résistance" pouvait
relever du transgénérationnel.
Vincent Mauriello, martiniquais
méconnu en Martinique, il exerce à
Montréal, avait évoqué son parcours
de psychanalyste, professeur
agrégé de psychiatrie. Didier Trystam, psychiatre, Michel Herrouin
pédopsychiatre, Marie Nadiège Yerro
psychanalyste, et quelques autres,
avaient contribué à un débat d'une
bonne tenue, loin des congrès
monolithiques dans lesquels il
semblerait que les
effets de transferts non résolus des
analystes en formation, inhibent la
pensée.
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Psychanalyse
et
anticolonialisme
L'influence de Frantz Fanon
par Guillaume Suréna
 Le Professeur Tobie Nathan, dans Le Monde
diplomatique d'octobre 1991, nous
révèle, sur le ton prophétique des
grands découvreurs, « que l'Afrique
n'est pas une terre à conquérir [
... ] par telle ou telle chapelle
psychanalytique en mal de clientèle
» (Tobie Nathan, 1989). Dans cet
article plus hâtif qu'instructif,
les Nègres qui se réclament de l'or
pur de la psychanalyse seraient «
"blanchis" dans les universités et
les instituts occidentaux » (Nathan,
1989).
Je mesure donc le risque que je
cours face à l'autorité d'un tel
grand prêtre du savoir
universitaire. Mais je ne voudrais
pas sous-estimer celui que je cours
face à certains Nègres des Antilles
et d'ailleurs en critiquant l'un des
Nègres dont nous sommes le plus fier
depuis Toussaint Louverture, l'un de
ceux qui ont le plus contribué à
remettre en cause l'aliénation
coloniale. J'ai nommé : Frantz
Fanon.
Comment rendre compte du retard de
développement de la psychanalyse
dans les communautés noires, que ce
soit en Afrique, aux Etats-Unis, au
Brésil, dans le Bassin caraïbéen ?
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La
psychanalyse à la Martinique
par Jeanne Wiltord
 Cet article est né d'une rencontre ;
rencontre d'un "impossible",
d'incertitudes et de questions
venues de ma pratique de
psychanalyste à la Martinique. Cet
"impossible" articule la langue
créole à la psychanalyse d'une part
; la langue créole au dire amoureux
d'autre part. Un praticien
martiniquais m'affirme sans appel :
"c'est impossible de faire une
psychanalyse en créole". Est-ce
aussi "d'un impossible" que se fonde
l'embarras d'une thérapeute
martiniquaise "embarquée" à mener en
créole une psychothérapie ? Est-ce
encore un "impossible" qui trace les
contours du silence ou de la gêne
des praticiens à rendre compte des
effets de l'irruption de la langue
créole en cours d'analyse ou de
psychothérapie ?
"Impossible" d'engager une relation
amoureuse avec une femme sans
passer, au début, par la langue
française, disent des hommes (leur
origine sociale est diverse) au
cours d'entretiens sur les relations
du créole et de la sexualité. Vrai,
faux ?
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par Slavoj Zizek
A l'ère d'Internet,
les métamorphoses du moi ne font que
lâcher la bride à ses instincts
meurtriers

L'édition du magazine Time
datée du 18 décembre 2006 a
attribué le titre de "
personnalité de l'année "
2006 non pas à Mahmoud
Ahmadinejad, Hugo Chavez, Kim
Jong-iI, ou un autre membre du
palmarès habituel, mais à "
vous ", c'est-à-dire chacun
d'entre nous qui utilisons ou
créons des sites sur le Web. La
couverture du magazine était
illustrée d'un clavier blanc
surmonté d'un miroir en guise
d'écran d'ordinateur, dans
lequel le lecteur pouvait
apercevoir son propre reflet.
Les rédacteurs ont justifié leur
choix en évoquant le passage des
institutions aux individus qui
re-émergent aujourd'hui comme
les citoyens de la nouvelle
démocratie numérique.
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"Le colonisé est un persécuté qui
rêve en permanence de devenir
persécuteur" Fanon entre le Réel
et l'inconscient par Jacques André
.
Quand
on évoque Fanon psychiatre, c'est le
plus souvent en quelques lignes, à
la fin, pour être sûr de n'avoir
rien oublié ; ou en introduction,
histoire de respecter la
chronologie. Dans une vie pleine
d'élaboration et de luttes
politiques, la psychiatrie fait
figure d'appendice, d'à-côté
professionnel en marge de
l'engagement, ou de période,
formatrice sans doute, mais bientôt
dépassée. Peut-être y a-t-il une
part de légitimité à procéder ainsi,
l'héritage laissé par Fanon à ce que
l'on peut appeler, sans emphase,
"l'histoire de l'humanité", relevant
davantage du politique que du
psychiatrique.
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Quelques réflexions à la
suite des articles parus
autour des propos de Mr
Raphaël Confiant
par
Marie-José Corentin-Vigon
et Lucie Descoueyte
Psychanalystes, Membres
du G.A.R.E.F.P (Groupe
Antillais de recherche
d’Etude et Formation
Psychanalytique)
En être
ou ne pas en être de… ?
En tant
que quoi ? En tant que
qui ?...
Poser
la problématique identitaire
en ces termes nous évoque
l’article 1 du code noir
qui requiert l’expulsion des
juifs, leur désignation
comme ennemis ? ainsi que
les autres articles qui font
des nègres des objets.
Entre
les hommes il n’y pas
d’autre mesure que la
parole. Parler est habiter
son être.Que
devient chacun de nous quand
cette parole nous est
refusée au nom d’une
appartenance à une identité,
pas seulement imaginaire
mais unique.
« Innommable » : terme
hautement investi puisqu’il
apparaît onze fois dans le
texte de Mr Confiant et qui
viendrait masquer au-delà de
l’antisémitisme chez
certains, bien réel hélas,
le mythe de l’identité
unique, celui-ci entraînant
immédiatement l’exclusion de
ceux qui n’en sont pas, de
là… .
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Nous sommes
philosémites !...
Lucien
CLÉMENTÉ & Guillaume
SURÉNA
Nous ne décorerons pas monsieur
DIEUDONNÉ de la légion
du déshonneur en le traitant
de nazi. Non ! Monsieur DIEUDONNÉ
n’est pas un antisémite.
Il le dit et le redit, il n’y
a pas de raison de ne pas le croire.
Mais ses propos sur les commémorations
de la Shoah sont inacceptables. Parler
de « pornographie mémorielle»
est une catastrophe. Et ce, même
dans le cas où ces propos auraient
été tenu par une israélienne,
c’est une injure de le reprendre
à son compte et un exemple
accablant du suivisme de certains
de nos frères et doit être
rangé, à son tour, dans
la rubrique « pornographie
de la bêtise ».
Oui ! On ne commémorera
jamais assez ce crime horrible qu’est
l’extermination des juifs commise
avec la complicité d’une
partie de la bourgeoisie qui oublie
sélectivement avoir préféré
les « Nazis »
aux « Rouges »…
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Dénoncer les assassins d'enfants,
c'est faire partie des «braves gens»
par
Samuel Lepastier psychiatre,
psychanalyste qui
explique pourquoi les crimes à
caractère sexuel envers les enfants
sont devenus les plus intolérables
pour l'opinion publique. Et en quoi
ils trouvent un écho intime en
chacun de nous, même si nous n'en
sommes pas directement les victimes.
Tous les ans, en France, une dizaine
au moins de pères ou mères gravement
déprimés se suicident après avoir
tué leurs enfants. C'est ce qu'on
appelle curieusement le «suicide
altruiste». Ces meurtres mobilisent
peu l'attention. En revanche, ce qui
est intolérable à l'opinion
publique, c'est effectivement qu'un
enfant soit agressé ou tué pour le
plaisir égoïste d'un adulte pervers.
Aujourd'hui, la maltraitance
physique émeut moins que la
maltraitance sexuelle réelle ou
supposée. |
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Sexualité
libération des femmes, précocité
du premier rapport sexuel, et comportements moins
conservateurs

Les comportements sexuels continuent à se conjuguer de
manière très différente au féminin et au masculin. Les
premiers résultats de l'enquête sur "
le contexte de la sexualité en France ", rendus
publics mardi 13 mars, font apparaître à la fois des
transformations profondes - notamment chez les femmes
dont la libération sexuelle se poursuit - et des
permanences dans les représentations de la sexualité.
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Le désir, la jeune fille et
la mère
Par
DOMINIQUE SELS écrivaine

Encore les seventies. J’étais adolescente. Je voudrais
dire mon amitié à Roman Polanski,
j’espère qu’il va vite se tirer de
là. Les mères n’osaient profiter de la liberté qui nous
était naturelle, elles s’y hasardaient, alternant
hardiesse et revirements vertueux. Je sais des histoires
où la fille fut importunée par le désir de sa mère, sur
elle projeté ; la mère la mène vers un homme mûr ;
favorise un rapprochement ; son fantasme accompli par
procuration, elle crie, soit chasse sa fille, soit
s’indigne contre le monstre qui en aura abusé, et qui
est en fait tombé dans le panneau. C’est pas la faute à
Voltaire, toujours la faute à la fille ou à l’homme :
pourvu qu’on n’attaque pas la moralité de la mère.
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Une
tête qui ne revient pas.
Un entretien de A. Jacquard et J-B
Pontalis .
Pour moi c'était évident, au moment
où nous préparions le premier numéro
du Genre humain, il fallait le
consacrer à La science face au
racisme. On y admettait, a priori,
que le racisme est une tare. A
l'époque, il me semblait clair que,
pour lutter contre le racisme, comme
contre n'importe quoi, contre le
diable en général, la meilleure
arme, c'est la science. Pourquoi?
Parce que la science est ce
merveilleux effort de l'homme pour
se mettre en accord avec l'univers,
pour voir clair en lui, pour être
cohérent, rigoureux, lucide... Et
puis, grâce à la biologie, on
apportait avec le constat de
l'impossibilité d'une définition de
races humaines, un argument décisif.
C'était sans doute prétentieux. En
fait, grâce à la biologie, moi le
généticien, je croyais permettre aux
gens de voir plus clair en leur
disant: «Une race, vous en parlez,
mais de quoi s'agit-il?» Et je leur
montrais qu'on ne peut pas la
définir sans arbitraire ni sans
ambiguïté. Cette démarche
s'apparente aux théorèmes les plus
fondamentaux, ceux qui démontrent
qu'une question est mal posée, que
telle affirmation est indécidable.
Autrement dit, le concept de «race»
n'est pas fondé et par conséquent le
racisme doit disparaître.
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Le désir, ou la trahison du
bonheur par
Slavoj Zizek
penseur à la
mode mais à la pensée
intempestive, examine la
question du désir
aujourd'hui. Entre l'ancien
interdit lié au plaisir et
l'impératif contemporain de
la jouissance, quel désir
désirer? Depuis plusieurs
années, le philosophe Slavoj
Zizek entreprend d'appliquer
la théorie lacanienne du
désir à l'analyse de la
culture moderne. À
l'occasion de la parution de
La Marionnette et le Nain
(éd. du Seuil), qui propose
une relecture provocante du
christianisme « entre
perversion et subversion »,
nous avons voulu
l'interroger sur la question
du désir aujourd'hui. Entre
œufs Kinder Surprise et café
sans caféine, notre époque
au prisme de l'« objet petit
a », du Surmoi et du « Grand
Autre ».
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La race ou le
nom par Jeanne Wiltord, psychiatre,
psychanalyste.
Raphaël Confiant est un écrivain
martiniquais dont le succès médiatique
est incontestable. À la suite de la
visite de l’humoriste français Dieudonné
à la fête de Front National, il a rendu
public un texte intitulé « La faute
(pardonnable) de Dieudonné » en se
défendant d’y «faire de la
psychanalyse sauvage ». Ce texte me
paraît être un exemple remarquable de la
distorsion du langage qui structure
certaines subjectivités et de la gravité
des dérives racistes auxquelles elle
peut conduire. Il rejoint les propos
d’un militant du Front National qui
justifiait son adhésion au discours de
dirigeant de ce parti parce que, disait
celui-ci, « avec lui c’est la peau qui
pense ».
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Jeanne WILTORD, “Habiter "le
pan d’un grand désastre"”,
in la
célibataire , "revue de
psychanalyse/
clinique,
logique, politique ",
n° 12, printemps 2006, pages
47-58. La
revue de psychanalyse
la
célibataire a consacré
son numéro 12 aux
"Incidences subjectives de
l’immigration". C’est dans
ce cadre de réflexion que le
docteur Jeanne Wiltord,
psychanalyste, revient sur
un débat resté généralement
méconnu en France, mais très
vif chez les écrivains et
poètes francophones des
Antilles au milieu des
années cinquante : après la
publication en volume de
Journal
d’une poésie
nationale d’Aragon
(1954), le jeune poète
haïtien René Depestre [1]
déclarait, dans une lettre
de juin1955 adressée aux
Lettres
françaises, son
ralliement théorique "aux
enseignements décisifs
d’Aragon" sur l’enracinement
national de la poésie ; il y
voyait le moyen de surmonter
"le conflit où se débattait
[son] individualisme
formel". Aimé Césaire
répliqua par le poème "Le
verbe marronner.
Réponse à René Depestre,
poète haïtien (éléments d’un
art poétique)",
invitant Depestre à
"marronner" les formes
apprises et à rejeter la
conception aragonienne de la
poésie.
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"Psychoses",
ou de quelques questions à
l'occasion d'un séminaire
.
Les
nosologies sont filles des
pratiques culturelles. Alors
qu'en France il est plus ou
moins d'usage de parler de
psychoses infantiles, l'OMS ne
retient le diagnostic de
psychose que pour les adultes.
Vérité ici, erreur au-delà... Un
semblant d'accord toutefois à
propos de psychoses : le mot ne
s'emploie qu'au pluriel, c'est
dire l'ambition du séminaire
qu'organise à Schoelcher le
GAREFP du 30 octobre au 5
novembre sur le thème. Voici
quelques unes des questions que
nous aimerions voir débattues...
Lire la suite par Roland
Sabra |
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Traumatisme
béké
traumatisme nègre
par Guillaume
Suréna .
Contribution au
cent cinquantenaire de l’abolition
de l’esclavage (1848-1998) En ce
cent cinquantième anniversaire de
l’abolition de l’esclavage, on
s’interroge beaucoup sur les
comportements et sur la mentalité
des Antillais, descendants
d’esclaves ou d’esclavagistes. Il
est certain qu’il s’agit d’une quête
légitime et d’une recherche
stimulante pour l’esprit. Il s’agit
de comprendre, par-delà les
particularités et les spécificités
de telle ou telle période, ce qui
fait l’unité de cette histoire qui
dure depuis cinq siècles. Il faut
appréhender le sens de cette
organisation sociale qui perdure
jusqu’à nous : d’un côté une caste
blanche dominante et de l’autre les
non-Blancs hétérogènes.
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Histoire de la psychanalyse
en Martinique par Luce
Descoueyte, Psychanalyste.
Pourquoi écrire l'histoire
de la psychanalyse ici ? Il
y aurait une possibilité
d'en dire quelque chose,
maintenant. Du temps est
passé. Des relations se sont
faites, défaites,
réaménagées. Des analystes
sont partis, d'autres venus
rejoindre ceux qui
continuaient. Des
institutions se sont mises
en place, qui durent,
évoluent, vivent. Il y a des
gens au travail, comment ?
Il y aurait une nécessité
d'inscrire du côté du
symbolique ce qui s'est
"archivé", "la conservation
des impressions psychiques"
(2) en chacun de nous et à
l'intérieur du mouvement
psychanalytique, ici, et
d'en témoigner. |
|
Naissance de Freud .
Voilà
que paraît enfin, avec vingt
ans de retard, l'édition
française de la
correspondance non expurgée
que Freud adressa, entre
1887 et 1904, à son ami
Wilhelm Fliess, médecin
berlinois,
oto-rhino-laryngologiste
connu pour ses théories
extravagantes. Autant dire
que ces 287 lettres, déjà
traduites en plusieurs
langues et maintes fois
commentées, depuis 1985, par
tous les spécialistes du
freudisme, ne contiennent,
pour la présente traduction
française, aucune nouvelle
" révélation "
susceptible de transformer
le regard que les historiens
portent aujourd'hui sur les
origines de la psychanalyse. |
|
Entretien
avec Guillaume Suréna, psychanalyste
freudien et ... martiniquais
.
L'homme est complexe, jovial
il n'hésite pas à récuser les
questions de l'intervieweur
qui lui semblent emprunter à
des catégories pensantes qu'il
estime être le signe d'une importation
d'un lacanisme parisien. Freudien
orthodoxe, viennois même comme
il se définit, il dialogue avec
tous, y compris quelques «pères-Ok»
« lacanophiles » de
l'île. Il se dit dans la profession
que s'il ne restait qu'un analyste
en Martinique, il serait celui-là.
Propos recueillis par Roland
Sabra |
|
La
rentrée des associations
martiniquaises de psychanalyse.
Le
programme des séminaires,
colloques, réunions et
autres groupes de travail du
G.A.R.E.F.P. la première
association martiniquaise de
psychanalyse. L'ALI est née,
lacanienne, plus
tardivement, mais elle a
aussi son programme. |
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Les techniques
cognitivo-comportamentalistes
en bande dessinée.
|
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La
défense et le différend
de Fethi Benslama
. Défendre
la liberté de parole
d'où qu'elle vienne,
s'insurger contre la censure
sous toutes ses formes, et
a fortiori celle qui condamne
à mort, est une exigence
absolue qui ne souffre aucune
exception. C'est un préalable
sans lequel l'idée
même de parole n'est
pas concevable, et, avec elle,
celle de l'être humain
lui-même. Liberté
et dignité sont ici
indissociablement liées
dans ce qui pourrait être
considéré comme
le principe qui devance et
excède tout principe.
Dans ses plus hautes oeuvres,
la pensée en Occident
comme en Orient a conféré
à ce principe la valeur
d'un fondement éthique,
en ce sens que la parole appelle
et nomme l'altérité,
sans quoi il n'y a pas de
reconnaissance de l'être
et de la possibilité
de la paix. Jacques Lacan
avait rassemblé cet
enjeu dans la formule du «
parlêtre » |
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Chronologie
d'une bouffée délirante
. par
Roland Sabra Comment
à partir de trois fois
rien, un article factuel,
se monte un épisode
délirant donnant lieu
à une rationalisation
a posteriori, d'autant plus
efficace qu'elle se trouve
renforcée du branchement
d'autres machines paranoïaques
( au sens de l'Anti-Oedipe),
ou comment la haine de la
pensée et sa passion
qui nous travaille se logent
chez les intellectuels avec
une prédilection toute
particulière, dans
le domaine politique et/ou
sexuel.
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Père
y es-tu ?
Le GAREFP, Groupe Antillais
de Recherche d'Etudes et de
Formation Psychanalytique, qui
existe depuis plus de trente
ans, poursuit de façon
indéfectible son travail.
Il organisait les 2 et 3 janvier
2006 dans le cadre de l'Inter-Associatif,
un regroupement d'associations
issues pour la plupart d'entre
elles de l'univers lacanien,
un colloque au titre évocateur
: « Père y
es-tu? », qui interroge
la clinique ici aux Antilles
et ailleurs... Un entretien
de deux psycanalystes martiniquaises
avec Roland Sabra |
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La
pensée du rhizome chez
Edouard Glissant
par Roland Sabra
Il est des livres qu'il faudrait
peut-être n'avoir jamais
lu. Ils ne vous laissent pas
indemnes. Il y a déjà
trente trois ans de cela, en
1972 paraissait un OVNI littéraire,
comète incandescente
dont les cendres allaient irradier
la pensée de la fin du
XXème siècle. |
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