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Autisme : la psychanalyse au pied du mur


 

    L'autisme a beau être la grande cause nationale de 2012, les familles qui y sont confrontées restent démunies. Car, en France, les psychanalystes s'opposent aux méthodes comportementalistes ayant pourtant fait leurs preuves à l'étranger. Une position rétrograde dénoncée par Sophie Robert dans un documentaire, "Le Mur", dont la diffusion est suspendue à la décision d'un tribunal, le 26 janvier. Par Laure Mentzel / Illustrations Shannon Freshwater

Sur l'écran, une grand-mère à col Claudine enfourne son bras entre les mâchoires d'un crocodile en plastique. Cette pédopsychiatre chevronnée mime devant la caméra le concept lacanien de "mère crocodile" - envahissante et castratrice - qui a autrefois expliqué les causes de l'autisme. Dans les années 1950, on considérait avec Bruno Bettelheim et Jacques Lacan que cette pathologie résultait d'un trouble de la relation mère-enfant. A l'heure où le monde entier tient pour acquise l'origine neurobiologique du handicap et la nécessité de rééduquer les enfants qui en sont atteints, la professionnelle expose son approche sans ciller : ce qu'il faut soigner avant tout, c'est la "folie maternelle". A en croire le documentaire Le Mur de Sophie Robert dont est extraite cette scène, les psychiatres français seraient dépendants des théories psychanalytiques, considérées partout ailleurs comme obsolètes pour le traitement de l'autisme. Les paroles de psychiatres se succèdent et accablent surtout ceux qui les prononcent : parents forcément coupables du handicap de leur enfant, retard de langage dû à un désir de "rester dans l'oeuf", absence de solution, rejet de l'idée même de progression... Le film glace et agace. N'y a-t-il donc aucun psychiatre digne de ce nom en France ?

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A qui profite la résidence alternée ?


  La question passionnelle de la résidence alternée pour les enfants de couples séparés me fait souvent penser à celle des rythmes scolaires où, sous couvert de l'intérêt premier des enfants, il ne s'agit au fond que de la préservation de l'intérêt ou du narcissisme des adultes. Si, dans quelques rares situations, cette disposition peut s'avérer utile pour l'enfant, il y faut nombre de conditions, qui ne sont en rien respectées dans la loi de mars 2002, qu'il faudrait amender mais que la proposition de loi Mallié-Decool durcit encore.

Le 15 avril 2010, j'ai été invité par Richard Mallié et Jean-Pierre Decool à un petit-déjeuner de travail pour parler de la proposition de loi que ces députés UMP et leur collègue Rémi Delatte souhaitaient déposer, afin que la résidence alternée puisse être mise en oeuvre plus fréquemment et plus systématiquement.

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Quand l'adolescence est bafouée par le politique
 
 

par André Ciavaldini, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris et président de l'Association Grenobloise de Psychanalyse



  Avec le viol puis le meurtre de la jeune adolescente de treize ans et demie Agnès Martin se rouvre la boîte de Pandore de la "bien pensance". Les déclarations de nos ministres voudraient nous faire croire que l'arsenal judiciaire serait insuffisant. Mais à chaque fait divers, certes dramatique, on rajoute une loi. Pendant ces dix dernières années il y a eu 13 projets et mises en œuvre de réforme de l'ordonnance de 1945 ! Et le projet in fine, est bien de supplanter la dimension éducative par celle répressive. Il y aurait une forme d'urgence à aligner les juridictions adultes et mineurs sur la même opérativité, comme si était comparable une action faite par un mineur en plein réaménagement psycho-somatique et un adulte, a priori, aménagé. Quand le répressif supplante l'éducatif dans la prise en charge judiciaire des mineurs, il s'agit là d'un déni qui conduit à une réelle violence qui ne respecte pas ce que sont les adolescents. Déni précisément du processus adolescent lui-même. À le dénier, on ne laisse dès lors, chez ceux qui sont jugés sous cet auspice, plus aucune chance, à cette période fondamentale de l'humain, de se développer.
 

"Le colonisé est un persécuté qui rêve en permanence de devenir persécuteur"

F. Fanon: Les Damnés de la terre,
éd. Maspero, Paris, 1968, p. 19.

 

FANON, ENTRE LE RÉEL* ET L'INCONSCIENT

par Jacques ANDRÉ, Psychanalyste


  "Ce que je sais seulement c'est que mon être tout entier me fit l'effet de courir aveuglément et à toute vitesse vers quelque chose de monstrueux et d'immobile, avec un choc violent trop soudain et trop rapide pour n'être qu'étonnement et indignation, contre cette main noire qui m'arrêtait timidement en se posant sur ma chair de femme blanche. Car, dans le contact d'une chair avec une autre chair, il y a comme une dérogation, quelque chose qui coupe net et droit à travers les voies enchevêtrées de l'ordre et des convenances, quelque chose que connaissent les ennemis aussi bien que les amants, car c'est ce quelque chose qui les fait tous les deux ".

FAULKNER (Absalon ! Absalon !)


Quand on évoque Fanon psychiatre, c'est le plus souvent en quelques lignes, à la fin, pour être sûr de n'avoir rien oublié ; ou en introduction, histoire de respecter la chronologie. Dans une vie pleine d'élaboration et de luttes politiques, la psychiatrie fait figure d'appendice, d'à-côté professionnel en marge de l'engagement, ou de période, formatrice sans doute, mais bientôt dépassée. Peut-être y a-t-il une part de légitimité à procéder ainsi, l'héritage laissé par Fanon à ce que l'on peut appeler, sans emphase, "l'histoire de l'humanité", relevant davantage du politique que du psychiatrique.

A y regarder d'un peu plus près, cependant, on s'aperçoit que le psychologique et le politique chez Fanon ne s'opposent pas comme deux moments que sépareraient la prise de conscience et l'engagement, comme deux étapes successives sur un "chemin de culture", mais que l'oscillation d'un pôle à l'autre habite la vie et parcourt l'oeuvre. De Peau noire, masques blancs (1), que Fanon espéra présenter comme thèse de psychiatrie, jusqu'aux Damnés de la terre qui s'achèvent sur des données cliniques, l'importance accordée à l'analyse psychologique, à sa contribution à la compréhension du procès social et des relations de pouvoir qui le dynamisent, cette importance ne s'est jamais démentie. La réciproque est vraie : Fanon, qui maintiendra aussi longtemps que la guerre le lui permettra, son activité de psychiatre, ne se départit jamais d'un regard politique et critique sur l'institution psychiatrique. Depuis les expériences de psychiatrie institutionnelle avec Tosquelles à Saint-Alban jusqu'à l'ouverture de l'hôpital Charles-Nicolle de Tunis sur l'hospitalisation de jour, Fanon a mené un combat permanent à la fois contre le statut de sujétion du malade et contre la carcéralisation de l'hôpital (2).

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Sexe et plaisir, un couple improbable

Par Sylvain Morvan et Lauriane David,


Que   En un demi-siècle, les mœurs se sont certes libérées, mais au féminin comme au masculin beaucoup peinent toujours à atteindre le nirvana. Car, si les mentalités ont évolué, de nouveaux obstacles ont surgi sur la route.

Le rapport de force entre les sexes a bel et bien changé dans la foulée de Mai 1968. "L'amélioration du statut social des femmes, liée à l'essor remarquable de leur niveau d'études et à leur entrée massive sur le marché du travail salarié, a contribué à augmenter nettement leur autonomie vis-à-vis des hommes", écrivent Nathalie Bajos et Michel Bozon, dans leur Enquête sur la sexualité en France (La Découverte, 2008). Preuve de cette émancipation, les chercheurs citent "le contrôle croissant qu'elles exercent sur la procréation (contraception moderne et recours à l'IVG), qui a transformé profondément leurs aspirations et leurs expériences en matière de sexualité". Oui, mais...

Le désir féminin, grand incompris

 

Mère, Père, où en est-on ?

Relation mère-enfants : problèmes actuels en France
 

Aldo Naouri Paris
 

Que puis-je en dire, succinctement, de cette relation ?
J’en dirai que je l’ai vue progressivement se transformer, au fil des quarante années d’une carrière de pédiatre à laquelle je vais mettre fin dans à peine quelques jours.
C’est une transformation que je juge regrettable. Elle l’est d’autant plus que jamais la santé physique des enfants n’a été aussi bonne !
Il faut croire, et espérer, que cet état des choses est transitoire. Qu’il témoigne seulement du lent travail par lequel les hommes et les femmes ont entrepris d’interroger leur façon de communiquer.
Pour étayer ce rapide aperçu, je diviserai mon exposé en trois parties : -Je décrirai, tout d’abord, mais sans m’y attarder, les troubles nouveaux qui affectent l’enfant et qui font l’objet de la démarche parentale.
-Cela me conduira, dans une seconde partie, à faire une forme d’historique des facteurs qui suscitent ces troubles.
-J’essaierai, pour finir, de produire une analyse de la mutation qui a généré ces mêmes facteurs. Ce qui m’amènera à soulever des questions que nous aurons sans doute à reprendre au cours de la table ronde.

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"Les secrets de famille touchent jusqu'à trois générations"
 

   Dans un livre paru ce mercredi, le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron analyse les formes et les conséquences des non-dits dans la sphère familiale, et les moyens d'y mettre fin. Par Audrey Salor
"Ce qui importe, c'est le poids du secret pour son porteur et sa descendance, et la possibilité de pouvoir ou non en parler". (SIPA) "Ce qui importe, c'est le poids du secret pour son porteur et sa descendance, et la possibilité de pouvoir ou non en parler". (SIPA)
Qu'est ce qu'un secret de famille ? Un non-dit à l'origine de bien des situations incongrues, dont le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron nous donne de multiples exemples, dans son ouvrage "Les secrets de famille", paru le 5 octobre.
 

Une femme, nous raconte-t-il, lui explique éprouver de l'angoisse à l'idée d'être enceinte et d'en mourir. Un peu plus tard, elle lui relate l'histoire du "petit chien qui avait avalé un parapluie", qu'elle entendait de la bouche de son père étant enfant. Le petit animal a, par mégarde, avalé l'objet. Lorsqu'il se met à pleuvoir, le parapluie s'ouvre, tuant le petit chien. Alors, le père termine son histoire par "pauvre petit chien ! ". Et se met à pleurer. En Espagne, à Barcelone, un parent oblige son fils à aller acheter du pain très loin de la maison, malgré la proximité d'une boulangerie, et le punit durement s'il désobéit.

 

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Un pédiatre contre

La tyrannie des mères

Explosif. Dans un livre (publié chez Odile Jacob), le pédiatre dresse un portrait noir de la famille. La faute aux mères.

Le père ? « Un porte-sperme réduit au statut de colifichet ». Les enfants ? « Hissés au sommet de la pyramide familiale, ils ont été l'objet d'un véritable culte, jalousement préservés de la moindre frustration.» Leur sont « octroyés tous les droits, sans que leur ait été imposé le moindre devoir ». Aldo Naouri, le célèbre pédiatre, broie du gris très très foncé. La famille est foutue. Les mères ont pris le pouvoir. Ivres de leurs enfants, elles se sont débarrassées des empêcheurs d'y goûter pleinement, les pères. Pour parvenir à accomplir totalement cette démission masculine, les femmes ont obtenu le soutien de toute la société. Autorité parentale conjointe, congé de paternité, partage des tâches, tout ce dispositif législatif moderne serait une aberration nuisible, émasculant plus encore les pères, gonflant d'orgueil ces femmes, « auxquelles la permanente disponibilité sexuelle n'assigne aucune li mite ». Résultat, selon l'auteur : « Nos sociétés occidentales ont retiré leur soutien à l'instance paternelle pour voir le patriarcat annihilé avec l'installation d'une forme de matriarcat dégoulinant d'amour qui a obéré plus qu'on ne l'imagine la maturation des enfants. » Vous l'aurez compris, le charmant réactionnaire n'a pas choisi de ménager ses lecteurs, ni de s'attacher les bienveillances des critiques. On oublie presque que Naouri promet de nous parler des « belles-mères, beaux-pères, brus et gendres ». Oh, il le fait pourtant, juste assez pour clamer ainsi qu'il est urgent de redonner une place au père.

Les belles-mères : Les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres

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par Jacques-Alain Miller

   Rencontre fortuite d’une machine à coudre et d’un parapluie. Rencontre impossible de la baleine et de l’ours blanc. L’une, forgerie de Lautréamont ; l’autre, ponctuation de Freud. Toutes deux, mémorables. Pourquoi ? Certainement, elles chatouillent quelque chose en nous. Lacan dit quoi. Il s’agit de l’homme et de la femme.
Entre les deux, point d’accord ni d’harmonie, pas de programme, rien de pré-établi : tout est livré au petit bonheur la chance, ce qui s’appelle en logique modale la contingence. On n’en sort pas. Pourquoi est-elle fatale, c’est-à-dire nécessaire ? Il faut bien penser qu’elle procède d’une impossibilité. D’où le théorème : « Il n’y a pas de rapport sexuel ». Cette formule est aujourd’hui fameuse.
A la place de ce qui ainsi fait trou dans le réel, il y a pléthore : images qui leurrent et qui enchantent, discours qui prescrivent ce que ce rapport doit être. Ce ne sont que des semblants, dont la psychanalyse a rendu l’artifice patent pour tous. Au XXIème siècle, c’est acquis. Qui croit encore que le mariage ait un fondement naturel ? Puisque c’est un fait de culture, on s’adonne à l’invention. On bricole de toutes parts d’autres constructions. Ce sera mieux… ou pire.
 Y a de l’Un ». Au cœur du présent Séminaire, cet aphorisme, passé inaperçu, complète le « Il n’y a pas » du rapport sexuel, en énonçant ce qu’il y a. Entendez, l’Un-tout-seul. Seul dans sa jouissance (foncièrement auto-érotique) comme dans sa signifiance (hors sémantique). Ici commence le dernier enseignement de Lacan. Tout est là de ce qu’il vous a appris, et pourtant tout est neuf, renouvelé, sens dessus dessous.
Lacan enseignait le primat de l’Autre dans l’ordre de la vérité et celui du désir. Il enseigne ici le primat de l’Un dans la dimension du réel. Il récuse le Deux du rapport sexuel comme celui de l’articulation signifiante. Il récuse le grand Autre, pivot de la dialectique du sujet, il lui dénie l’existence, et le renvoie à la fiction. Il dévalorise le désir, et promeut la jouissance. Il récuse l’Être, qui n’est que semblant. L’hénologie, doctrine de l’Un, surclasse ici l’ontologie, théorie de l’Être. L’ordre symbolique ? Ce n’est rien d’autre dans le réel que l’itération du Un. D’où l’abandon des graphes et des surfaces topologiques au profit des nœuds, faits de ronds de ficelle qui sont des Uns enchaînés.
Souvenez-vous : le Séminaire XVIII soupirait après un discours qui ne serait pas du semblant. Eh bien, avec le Séminaire XIX, voici l’essai d’un discours qui prendrait son départ du réel. Pensée radicale de l’Un-dividualisme moderne.


Le Séminaire. Livre XIX
Jacques Lacan

Date de parution 25/08/2011

Champ Freudien

264 pages - 23 € TTC

 

Sortir de la souffrance au travail

par Christophe Dejours


La discordance s'accroît, en France, entre la souffrance qui continue de s'aggraver dans le monde du travail et le débat qui s'intensifie dans l'espace public cependant que des mouvements de protestation se manifestent de plus en plus bruyamment dans la cité. Cette discordance pose des problèmes sérieux à ceux qui sont préoccupés par l'action en vue d'expérimenter de nouvelles méthodes d'organisation du travail.

Des solutions existent en effet, mais elles se heurtent à des obstacles dont l'analyse est indispensable avant d'appeler à quelque action que ce soit. A supposer qu'on parvienne à lever ces obstacles, sur quels principes pourrait-on fonder une action visant la reconstruction des rapports entre le travail et la vie ?

Le débat dans l'espace public est devenu important depuis l'automne 2009, à la suite des suicides à France Télécom, grâce aux journalistes principalement, sur le fond d'une sensibilisation des esprits plus lente et plus discrète, mais peut-être aussi plus durable portée par le cinéma documentaire, les films de fiction, les pièces de théâtre et les œuvres littéraires qui prennent le monde du travail pour sujet.

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Politiques sur le divan et vide démocratique


Par ROLAND GORI Psychanalyste et universitaire, FABRICE LEROY Psychanalyste et universitaire

Coucher les politiques sur le divan : une psychanalyse sous contrainte ? Un soin sans consentement ! Peu de temps après une réforme désastreuse de la psychiatrie pour les praticiens du soin psychique et pour les patients, instaurant - entre autres - les soins sans consentement jusqu’au domicile, on voit se répandre dans différents médias des «experts» de la psychanalyse déverser des interprétations sauvages d’un fait divers aussi tragique que spectaculaire.

Voilà le type de propos d’allure «savante» qui, de notre point de vue, font grand tort à la psychanalyse en la transformant en homme à tout faire de la morale et de l’idéologie. L’affaire Dominique Strauss-Kahn, douloureuse, tragique, sidérante, aurait mérité mieux de la part de nos amis psys que cette «lecture directe» des faits et comportements broyés par les médias et par un savoir «expert» devenu pièce à charge d’un dispositif d’humiliation politique.

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Une mystérieuse autodestruction

par Serge Hefez, psychanalyste


  Meurtre ou suicide ? L'avenir nous dira si Dominique Strauss-Kahn est victime d'une sordide machination, meurtre symbolique d'un homme au faîte de sa gloire, ou s'il vient de mettre en scène, sous nos yeux ébahis, le spectacle de son autodestruction.

Dans cette deuxième hypothèse, rappelons que la première victime est la personne agressée et que des milliers de femmes sont violées tous les jours par des hommes ordinaires. Mais puisque cet homme n'est justement pas ordinaire, voilà notre cinéma mental encombré de chambres d'hôtel luxueuses où les personnages imposés de la soubrette aguicheuse et du séducteur priapique se côtoient dans la plus grande indécence. Difficile d'imaginer qu'il n'a pas "quelque part" désiré cette chute qui marque le refus d'un destin préconçu.

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Familles : les canons trinquent, enfin


Salvatore D’Amore (sous la direction de) Les Nouvelles Familles. Approches cliniques Préface de Robert Neuburger. De Boeck, 472 pp., 43 €


Par GENEVIÈVE DELAISI DE PARSEVAL psychanalyste


  Presque tout un chacun a désormais appris à relativiser ses croyances en une famille «normale». Il n’y a que le législateur pour ne pas prendre en compte le fait que, depuis plusieurs décennies, il existe nombre de familles multicomposées avec différentes sortes de beaux-parents ; qu’on rencontre de manière non exceptionnelle des familles composées avec des «tiers procréateurs ou éducateurs» dans les cas de l’adoption et des familles fondées grâce à l’assistance médicale à la procréation avec dons de gamètes et d’embryons. Sans compter les déclinaisons variées des familles homoparentales contemporaines. A l’occasion de la récente révision de la loi bioéthique, nos députés s’en sont tenus, à droite comme à gauche, au vieil adage «un père, une mère, pas un de plus, pas un de moins». Combien de temps ce déni législatif durera-t-il ?

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Quand la psychiatrie erre
dans l’île aux fleurs…

Plongeon au cœur de l’absurde

 

A la Martinique, le gouvernement a fait un choix que nous désapprouvons et nous l’avons fait savoir depuis 4 ans, depuis que nous avons appris le projet de fermeture de l’unique hôpital psychiatrique de l’île pour raisons budgétaires inavouées.

Nous : Association Equinoxe qui regroupe les familles de personnes souffrant de troubles psychiques créée en 2006 et dont je suis la présidente. Equinoxe a également créé l’unique GEM depuis 2007 et programme, oeuvrant avec les usagers, d’en créer d’autres.

Dans le même temps où la Guadeloupe se voyait dotée d’un hôpital psychiatrique flambant neuf, ici on prenait la décision inverse : fermer l’unique CHS de l’île.

Le CHS de Colson est un établissement de type asilaire qu’on n’a jamais cherché à faire entrer dans l’ère de la modernité. On l’a laissé se dégrader au point que sa remise en état aurait exigé un investissement financier jugé trop lourd aux yeux des décideurs politiques nationaux. La santé mentale n’en valait pas la peine, elle, l’éternel parent pauvre du système de santé.

Les nombreux disfonctionnements de cet établissement, que ce soit sur le site de Colson ou ailleurs, font des usagers les premières victimes de cet état de fait. Mais le personnel soignant lui aussi en souffrance en pâtit.


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La famille à maux couverts

 Illustration Marc Boutavant

Par Viviane Chocas


La famille à maux couverts   Le psychiatre Serge Hefez nous aide à comprendre la complexité des liens familiaux

Les liens familiaux seraient-ils devenus un sac de nœuds ? Entre l’obligation d’aimer et la nécessité d’être libre, l’idéalisme oppressant peut prendre des accents de tragédie. À l’heure du drame du clan Dupont de Ligonnès, le psychiatre Serge Hefez nous aide à faire la traversée des illusions et à inventer une nouvelle façon d’être ensemble.

Le drame familial de Nantes n'en finit pas d'interroger par sa noirceur. Mais il entre aussi en choc frontal avec une société contemporaine qui tend à magnifier la famille sous tous rapports. Les Français par temps de crise martèlent qu’elle est « le » refuge numéro un ; la pub s’en empare, telle la récente campagne Sandro avec son quatuor parents-enfants joyeux bobos... Dans un monde où l'environnement professionnel est vécu comme menaçant, hostile, plus étranger à soi-même qu'hier, la famille serait devenue le lieu privilégié de l'épanouissement. Une sorte de consensus dans les enquêtes assure que c'est là, et là seulement, qu'il fait chaud désormais.

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“DSK me fait penser à Zidane”

 par Serge Hefez, psychanalyste

  Le psychanalyste Serge Hefez s’intéresse à la structure psychique des hommes politiques. Auteur de La Sarkose obsessionnelle, il fait un parallèle entre les comportements de l’actuel chef de l’Etat et ceux de l’homme qui fut son plus dangereux challenger. Entretien


 Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans les réactions de l’opinion face à l’affaire mettant en cause Dominique Strauss-Kahn ?

Serge Hefez – Même si je ne suis pas de leur monde, je vais poser en préambule, comme la majorité des hommes politiques, la présomption d’innocence. Cela dit, ce que je trouve le plus significatif, c’est le sentiment de compassion, en France tout au moins, à l’égard du héros de cet épisode dramatique. Sans doute parce que les gens en perçoivent la dimension d’autodestruction. La mise en place d’un mécanisme intime, inconscient et finalement assez partagé, qui fait qu’à un moment, lorsque nous sommes sur le point de réaliser nos désirs, existe la tentation de jouer contre nous-mêmes. Comme si l’on était la proie d’une force tellurique, qui, dans ce cas précis, atteint une tête unanimement reconnue comme bien faite, et balaie toute rationalité. Un homme au summum de sa gloire, qui a le statut d’un dieu, redevient humain, même si, comme pour Icare, le retour sur terre est particulièrement brutal, pour aboutir à la mort, et dans ce cas précis, à tout le moins à une mort symbolique et quoi qu’il arrive à une mort politique.

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La loi sur la psychiatrie est l'indice d'un Etat qui préfère punir que guérir


  Le projet de loi relatif aux "droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques" provoque à juste titre la colère et l'indignation des associations professionnelles. On dénonce la création d'un casier judiciaire psychiatrique ou d'une garde à vue psychiatrique. On pointe la dimension exclusivement sécuritaire du projet de loi, dont le vocabulaire et la logique relèvent plus du ministère de l'intérieur que de celui de la santé. Ce n'est pas tout à fait vrai. C'est pire : il est sanitaire pour les entrées et sécuritaire pour les sorties, ce qui rendra un peu plus infernale la situation sur le terrain, en engorgeant les unités d'hospitalisation temps plein et en entravant la réalisation des soins urgents, notamment pour les malades susceptibles de commettre un acte violent.

On critique l'absence de moyens qui rend ce projet irréalisable et la mauvaise foi de ceux qui feignent de l'ignorer. Tout cela est exact mais ces objections sont singulièrement naïves : comme si le projet du législateur était d'adopter une loi effective ! Il y a belle lurette que les lois ne sont plus faites pour être appliquées ou pour améliorer la situation de ceux qui auront à en subir les effets, mais pour afficher la force de l'Etat-gendarme.

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Psychiatrie: le rapport qui accuse


Le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce, dans un avis que s’est procuré «Libération», l’hospitalisation sous contrainte.

Par ERIC FAVEREAU

«Nous disons que tout cela est insupportable.» Les mots sont durs. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, est pourtant un homme posé, conseiller d’Etat de formation. Il va faire paraître au Journal officiel un avis sur l’hospitalisation d’office en psychiatrie (télécharger ici le document au format PDF), et une recommandation sur l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (télécharger ici le document au format PDF et lire cet article), deux textes que Libération a pu se procurer.

Constat terrible. Leur parution intervient au moment même où le Parlement débat d’un projet de loi qui vise à étendre encore les mesures de contrainte pour les malades mentaux. «Nous ne parlons pas dans le vide, argumente Jean-Marie Delarue. Depuis deux ans, nous avons visité plus d’une vingtaine de lieux d’hospitalisation psychiatrique. Ce ne sont pas de simples visites. Nous arrivons à l’improviste, nous restons, nous regardons tout.» Le contrôleur général des lieux de privation de liberté lâche : «Au regard des droits de l’homme, la situation est inquiétante et elle s’aggrave.» Avec, en arrière-fond, un mal typiquement français : le législateur fait des lois, mais les droits qu’elles sont censées garantir ne sont pas accessibles.

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Les bricolages de la filiation


Par MYRIAM SZEJER Pédopsychiatre et psychanalyste

   La France serait-elle le pays des secrets ? Accouchement sous X, anonymat des donneurs de gamètes et d’embryons, mères porteuses clandestines ou étrangères : ces pratiques ont pour effet de pouvoir barrer à ceux qui en sont issus l’accès à leur origine et à leur histoire. Il est pourtant question de changer les choses, mais il semble que ce ne sont que feux de paille qui préoccupent les médias quelque temps, sans aboutir à une réforme. A l’occasion de la révision des lois de bioéthique le débat est relancé. L’enfant à qui on a caché une partie de ses origines ne serait-il pas de ce fait la victime bâillonnée de manipulations de la filiation, rendues possibles par la loi et la médecine moderne ?

En France, les dons sont anonymes, et les abandons ont lieu sous X. Les couples candidats à l’assistance médicale à la procréation avec tiers donneurs n’ont pas accès à l’identité de ces derniers, les mères porteuses inséminées à l’étranger accouchent sous X, ici, puis disparaissent… La clinique montre que l’anonymat engendre le silence dans les familles dont l’histoire s’y prête. Il n’est de secret établi que lorsque cela convient aux adultes. Mais c’est la loi qui le permet. L’enfant se trouve alors confronté à un double secret : secret parental quand les parents ont choisi de se taire, secret sociétal lié à l’anonymat obligatoire, qui ne se présente à lui qu’après la levée du secret parental. Le secret de famille alimente habituellement la névrose ordinaire. Ici, les secrets de famille devenus secrets d’Etat confrontent ceux qui les subissent à un mur infranchissable et souvent persécutant.

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Un Que sais-je? sur la sexualité,
lu par Marie Depleschin

     Le très sérieuses Presses Universitaires de France sortent un bécédaire drôle et pimenté. A lire à l'occasion de la Saint-Valentin.


La Saint-Valentin ne passe pas précisément pour la fête la plus excitante du calendrier. Ses petits rituels désarmants, coeurs, fleurs et autres dîners aux chandelles, lui confèrent même un côté désuet que des tentatives pathétiques (option corset et porte-jarretelles) peinent à pimenter. Ce qui mérite une carte postale, voire une pelle, à 15 ans, n'entraîne plus, quelques années plus tard, que de la commisération. C'est dommage. Aux frontières de l'hiver qui n'en finit pas, ce 14 février pourrait être la nuit la plus chaude de l'année. Et voilà qu'en fait de chaleur on a juste envie de se coucher avec une bouillotte.

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Au pays des mères fantômes
 

Par MYRIAM SZEJER Pédopsychiatre et psychanalyste

   En préalable au débat français, il convient de noter que le terme de «gestation pour autrui» (GPA) a été substitué à celui de «mère porteuse». Ainsi, la connotation méprisante a cédé la place à la générosité, l’oblativité, la compassion. Le terrain était prêt pour, dans la foulée, réclamer la légalisation de ces pratiques en toute bonne conscience. C’est dans ce cadre que la mission sénatoriale a pu en premier lieu se déclarer favorable à la levée de leur interdiction. Certaines voix s’élevèrent cependant alors, stipulant qu’à y regarder de plus près, les bien-pensants n’étaient pas forcément ceux que l’on croyait. D’un côté comme de l’autre, on ne trouve que paradoxes et souffrance.

Du côté des médecins d’abord, lorsque, depuis des années, ils dénoncent les effets délétères de la séparation mère-bébé à la naissance et qu’ils se retrouvent à collaborer à la programmation de ces drames. La prescription de la FIV précédant une GPA équivaut à une ordonnance d’abandon. Le parent commanditaire est, pour le bébé à sa naissance, un étranger. Qu’il ait donné ou non ses gamètes, ce n’est pas lui que le bébé reconnaît. La disjonction de ses perceptions et de celles qu’il a mémorisées dans le ventre de sa mère, fait vivre à un nouveau-né abandonné un véritable chaos à l’origine d’une blessure incicatrisable, car l’amnésie infantile n’efface pas mais refoule dans l’inconscient. Or, les douleurs périnatales engrammées ne seront pas toujours décodables lorsqu’elles s’exprimeront plus tard sous forme de dépression, d’angoisses, de somatisations diverses, de sentiment d’insécurité ou d’envies suicidaires, car les occasions de rencontrer les métaphores de ces séparations initiales sont récurrentes au cours d’une vie.

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Exiler la grossesse pour autrui ? Pas une solution 

 

Par ISRAËL NISAND Professeur de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg.


    La législation de la France sur la grossesse pour autrui (GPA) est assez simple : elle interdit tout. Cette position qui a le mérite de la clarté, ne dispense pas de dire ce que le droit français protège par cet interdit, ne dispense pas d’expliciter la philosophie de ce droit et oblige à dire comment la France entend gérer les problèmes de filiation induits par cette pratique lorsqu’elle est mise en œuvre à l’étranger. Cette prohibition complète engendre plus d’effets pervers que d’avantages, y compris au plan moral. Il est en effet difficilement admissible de ne pas se préoccuper de ce qui se passe ailleurs en conséquence des interdits que nous édictons ici. A l’interdit total de façade correspond de fait un hyperlibéralisme dans l’arrière-salle où le marché est roi.

Au centre du débat éthique sur les grossesses pour autrui se trouve la relation de subordination d’une femme à l’égard d’une autre et son instrumentalisation possible. Sûrement la question la plus délicate à traiter : l’indisponibilité du corps humain et la répulsion qu’il y a de le faire entrer dans le champ des biens et des contrats. Au centre du débat éthique également, le sort de l’enfant ainsi conçu et les conséquences négatives qui peuvent l’atteindre, voire altérer ses droits, lui qui n’est responsable de rien. L’instabilité juridique issue de ces pratiques à l’étranger peut confiner au drame lorsque l’enfant n’a toujours pas de filiation maternelle après plusieurs années de vie, ce qui lui fait courir de nombreux risques juridiques, en cas de disparition de son père notamment.

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Soudain, l’immolation

 

Par FETHI BENSLAMA Psychanalyste, professeur de psychopathologie, université Paris-VII

  La révolution tunisienne a surgi d’un angle mort. Vouloir aujourd’hui expliquer ses causes à travers les catégories objectives de la rationalité socio-économique est insuffisant. De telles explications finissent par nous faire adhérer à cette illusion déterministe qui fait tant de mal à notre époque où tout semble programmé. Elles privent l’existence humaine d’avenir en la rendant prévisible, dans le confort rétrospectif refroidi. Non, la révolution tunisienne est une surprise y compris pour ceux qui l’ont déclenchée et menée avec résolution. De plus, elle survient dans une situation où la notion de révolution s’est retirée de notre espace de pensée, au moins depuis la chute du mur de Berlin.

La levée du soulèvement des Tunisiens, autant que sa puissance, a échappé à tout le monde. A commencer par le système de l’ancien président Ben Ali. Son déclenchement est venu d’une zone inaccessible au champ de vision contrôlé qu’il a constitué. Comment approcher cet angle mort ? Il faut accorder à la notion de déclenchement une valeur propre, qui va au-delà de la conception mécaniste de l’accumulation et de la rupture. Il nous faut penser ce «soudain», qui désigne dans la langue «ce qui vient sans être vu» et qui, en un court laps de temps, renverse massivement la soumission, du moins apparente, en insoumission flagrante et généralisée.

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Anatomie d’un passage à l’acte

Par PATRICK DECLERCK Membre de la Société psychanalytique de Paris et écrivain
 

Vendredi 19 novembre, alors qu’il assiste à Lisbonne au sommet de l’Otan, le président de la République discute en off avec quelques journalistes. A lire dans Libération la transcription des échanges, on éprouve le malaise d’assister en direct à une désorganisation psychique croissante de Nicolas Sarkozy. Le débat tourne autour de son éventuelle implication dans l’affaire de Karachi. Le Président nie farouchement. Un journaliste persiste : «Il semblerait qu’il y ait votre nom, que vous avez donné votre aval à la création de deux sociétés au Luxembourg…» Le Président l’interrompt, s’énerve, s’embrouille quelque peu, puis contre-attaque en revenant à l’insinuation initiale : «Il semblerait, c’est quoi ?», demande-t-il au journaliste. Puis choisit, pour démontrer la supposée vacuité d’une telle notion, d’imaginer le contre-exemple, qui sans doute se voulait drôle : «Et vous - je n’ai rien du tout contre vous - il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction… Pouvez-vous vous justifier ?» Cette référence à la pédophilie n’est pas un lapsus mais relève d’un choix délibéré.

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Les infanticides à la naissance, un phénomène sous-estimé

Par Pauline Fréour

    Une étude de l'Inserm montre que le nombre de néonaticides est 5,4 fois plus important qu'indiqué dans les statistiques officielles. Elle dresse aussi pour la première fois le profil social et psychologique des mères auteures de ces infanticides.

On connaît les cas les plus sensationnels de néonaticides, comme Véronique Courjault et ses trois nouveau-nés retrouvés congelés à son domicile de Corée, ou Dominique Cottrez et ses huit bébés cachés dans sa maison du Nord. Mais aucune étude n'avait encore été réalisée sur la fréquence du phénomène en France. Le travail réalisé par deux chercheurs de l'Inserm, publié dans la revue Archives of disease in childhood , révèle que le meurtre d'un enfant par la mère le jour de l'accouchement serait bien plus fréquent que ne l'indiquent les statistiques officielles de mortalité. Et que les femmes néonaticides, souvent mariées et déjà mères, diffèrent légèrement du profil social et psychologique traditionnellement associé à l'infanticide.

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La destructivité adolescente à l’épreuve de la psychanalyse

Yves Morhain et Bernard Chouvier
Université Lumière France

Stephane Proia
Université de Nimes

 Le présent travail s’attache à montrer en quoi les nouvelles formes de psychopathologie adolescente, ne se déclinent plus dans le registre de la rivalité jalouse entre semblables, de luttes pour la possession de biens, mais se manifestent par l’agression contre l’autre, le semblable, souvent de manière soudaine et brutale, Sous l’emprise de l’envie primaire et dans l’impossibilité d’élaborer leurs angoisses archaïques, les adolescents destructeurs sont en permanence à la limite de la menace d’effondrement identitaire et d’une projection évacuative. Deux cas cliniques viennent étayer la thèse d’un effondrement narcissique conjoint à la pression d’une jouissance archaïque comme déclencheurs de la pulsion de destruction. Nous considérons les agirs destructeurs de ces adolescents, qui ont pour finalité la désubjectivation d’autrui et son anéantissement en tant qu’être différent, porteur d’un désir propre, comme une parade contre la disparition subjective et partant une lutte désespérée pour la survie psychique.

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Autisme, et si l’Etat se mêlait de ses affaires?

Par BERNARD GOLSE Pédopsychiatre-psychanalyste, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker-Enfants-Malades à Paris.

 

La journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le 2 avril, aura été l’occasion de prendre la mesure d’un revirement spectaculaire : en matière d’autisme infantile, le fanatisme a décidément changé de camp. On sait à quel point les théories de Bruno Bettelheim, souvent caricaturées, ont pu culpabiliser les parents, qui se sont sentis accusés par elles d’être à l’origine de l’autisme de leur enfant. On ne peut, hélas, revenir en arrière, fût-ce pour dénouer certains malentendus. Quoi qu’il en soit, aucun psychanalyste raisonnable ne pense plus, aujourd’hui, que cette pathologie si grave et si douloureuse puisse s’expliquer uniquement par des causes relationnelles. Chacun sait désormais que le développement de l’enfant, comme ses troubles, se jouent à l’entrecroisement de facteurs internes (notamment génétiques) et externes (dont la rencontre avec le travail psychique d’autrui), d’où la notion de modèle polyfactoriel, qui apparaît alors clairement comme le plus plausible et qui, comme tel, impose une prise en charge multidimensionnelle.

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Déni de grossesse et infanticide : une ambivalence ?


Par JACQUES DAYAN Psychiatre, docteur en psychologie

  De récentes affaires d’infanticide ont attiré l’attention sur le déni de grossesse, alors même qu’il en semble absent. Si le déni représente en effet un risque incontestable d’infanticide, le lien entre les deux événements est plus ténu qu’on le pense généralement : moins de 1% des dénis de grossesse mènerait au passage à l’acte homicide. Quoi qu’il en soit, le déni et l’infanticide, ces deux manifestations extrêmes de femmes qui n’ont pas désiré être mères, s’en sont senties incapables ou ont refusé de l’être, interrogent la société sur le désir d’enfant, les mécanismes psychiques qui y président et les conditions qui les rendent possible.

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Manifeste pour l'adolescence


(PHOTO AFP) Anorexie ou obésité, mise en danger du corps et addictions : il faut inventer des manières nouvelles d'écouter et de soigner ces souffrances singulières

  Banals mais sublimes, familiers mais inquiétants, tels sont nos adolescents d'aujourd'hui et de demain, d'ici et d'ailleurs... On dit les aimer, souvent ils nous intriguent et trop souvent, ils nous font peur. Les regards sur nos adolescents doivent être interrogés, l'évolution des savoirs et des manières de faire avec eux, aussi.

On dit, en effet, que c'est le plus bel âge de la vie, et c'est souvent ainsi. Pourtant, en même temps, on l'associe à l'ennui, à la révolte, aux transgressions, aux questionnements identitaires ou au besoin d'utopie. On l'oublie dès qu'on en est sorti, au moins en partie et dans ses aspects les plus spécifiques. Pourtant, on cherche à retrouver notre adolescence dès que l'occasion se présente, c'est le fameux " jeunisme " auquel on a du mal à échapper, si on en croit les magazines.

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G.A.R.E.F.P.

Groupe Antillais de Recherche d'Étude et de Formation Psychanalytique


Membre de l’Inter – Associatif

Européen de Psychanalyse


PROGRAMME 2010-2011

Pour tout renseignement et inscription s’adresser à

Mme Marie-José CORENTIN-VIGON

Tél.  05 96 61 71 17 ou 06 96 11 19 93

Mme Josiane DESROSES

Tél. 05 96 63 59 41 ou 06 96 29 41 66

Nous vous présentons le programme du G.A.R.E.F.P. pour l’année 2010 – 2011.

Nous vous rappelons que le travail au G.A.R.E.F.P. peut se faire sous différentes modalités.

  • En tant que membre.

  • En tant que participant.

Consulter le programme

 

Le ressentiment du philosophe, une demande d'analyse en souffrance

 par Marc Strauss

 

Il le dit, la psychanalyse, ça ne tient pas, et il le démontre. Il est vrai que pour cette démonstration tout lui est bon, la théorie comme la vie et les légendes de son inventeur et ses héritiers. Bien sûr on nous dira, et les meilleures plumes l'ont fait, que Freud a changé radicalement la perspective sur ce qui anime l'être humain ; qu'il a permis d'intégrer dans sa connaissance un vaste champ jusqu'à lui maintenu dans l'ignorance, dédaigné ou exploité à des fins d'asservissement ; qu'il a ainsi offert à la souffrance de l'homme une boussole pour lui permettre de supporter le fardeau de sa vie jusqu'aux limites de l'impossible en traçant sa propre route.

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 L’art de ne pas lire Freud


Par JACOB ROGOZINSKI Philosophe


 Le récent pamphlet de Michel Onfray, le Crépuscule d’une idole, suscite l’émoi des psychanalystes. Il y a pourtant une discipline à laquelle ce livre cause un tort bien plus grave qu’à la psychanalyse : c’est la philosophie. Car Michel Onfray se dit philosophe, et c’est à ce titre que ses diatribes antifreudiennes sont reçues. Ce nom de philosophe, le mérite-t-il ? Lui-même s’en prend aux antiphilosophes du XVIIIe siècle qui s’opposaient aux penseurs des Lumières «en recourant à l’attaque ad hominem, en ridiculisant l’adversaire, en déformant ses thèses, en disqualifiant le débat pour lui substituer la calomnie, la médisance, l’insinuation» (p. 475). En lisant son livre, on s’aperçoit que cette description lui convient parfaitement.

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Onfray : faux paria, vrai populiste


Par GUILLAUME MAZEAU
Maître de conférences à l’université Paris-I


  Essuyant une pluie de critiques, Michel Onfray concentre ses attaques sur sa principale contradictrice, Elisabeth Roudinesco. Pour lui cette dernière serait la papesse de la psychanalyse. A son tour, Michel Crépu déplore que la psychanalyse soit défendue par cette «surveillante générale [qui] vous alpague du fond du couloir» (Libération du 26 avril).

Au-delà des personnes, ces propos soulèvent une question essentielle : la place des universitaires dans la construction publique du savoir. Comment ne pas voir qu’à travers Roudinesco, docteure et directrice de recherches, c’est l’université que l’on vise ? Prenant la mine blasée du génie incompris, Michel Onfray continue de jouer la carte du succès populaire contre les élites parisiennes et les institutions scientifiques. Dans ses interviews, il n’omet jamais de rappeler ses origines modestes et provinciales, comme si ces détails pouvaient différencier sa pensée de celle des «autres», amalgamés dans un même paquet. Depuis la controverse entre Proust et Sainte-Beuve, on pensait le problème réglé : le philosophe Marcel Gauchet défend-il ses livres au nom de ses origines tout aussi populaires et tout aussi normandes ?

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Halte aux impostures de l'Histoire

 

 par Guillaume Mazeau

  Avant même sa parution, le dernier livre de Michel Onfray contre Freud fait déjà l'objet d'un violent débat. Beaucoup de bruit pour rien ? L'historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco n'exagère-t-elle pas en décrivant Onfray comme un usurpateur qui réhabilite les thèses de l'extrême droite ? Bien au contraire. Les dérives d'Onfray ne sont pas nouvelles. En 2009, il a publié une apologie de Charlotte Corday (La Religion du poignard. Eloge de Charlotte Corday, Galilée). Plutôt bien accueillie par les médias, cette histoire est pourtant historiquement médiocre et politiquement scandaleuse.

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La psychanalyse sans illusion

 par Patrick Declerck


De Michel Onfray, Le Crépuscule d'une idole : titre glorieux, clin d'oeil nietzschéen. Mais attention : nietzschéisme fréquentable, nietzschéisme de bon aloi, et tout de marketing bien verni. Nietzschéisme d'entre la poire et le fromage, de mauvais rires et de ces salons où, faute de penser, l'on cause toujours. Pauvre Nietzsche...

Depuis des semaines, la rumeur gronde et enfle. Les titres en "une"... Les magazines qui ne mentent ni ne se trompent jamais, l'affirment : Freud n'a qu'à bien se tenir car Onfray arrive. Car Onfray est là...

Tout de même, d'interviews militantes en confidences soigneusement dosées, on sait déjà que ce livre n'apportera rien de neuf, sinon quelques inepties que l'on avait déjà maintes et maintes fois entendues, mais qui, ici peut-être, seront un rien différemment tournées. Peut-être... Mais de révélations point.

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Freud est-il décidément une chasse gardée et son œuvre interdite de relecture critique ?

, par Michel Onfray

Voilà, c'est fait, Mme Roudinesco qui piaffait d'impatience dans la perspective de la parution de mon livre sur Freud a enfin pu vider sa bile dans "Le Monde des livres" et, personne ne s'en étonnera, les arguments sont connus : je suis un fasciste, un compagnon de route de Vichy et de Pétain, un suppôt du Front national, un défenseur d'auteurs ayant trempé dans la collaboration... De fait, chacun jugera : mon trajet depuis mon premier livre paru en 1989 illustre bien les dires de cette dame, je n'ai cessé en effet d'être un Léon Daudet moderne, un Maurras contemporain, un genre de Le Pen de la philosophie ou bien encore un "freudo-marxiste " qui réhabilite "les thèses paganistes de l'extrême droite française". J'ai honte pour elle...

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Il est déraisonnable de s’arc-bouter sur un interdit de principe
Le corps de la femme est-il à louer ?


Par SABINE PROKHORIS Psychanalyste

  Technique controversée d’assistance médicale à la procréation, la GPA (gestation pour autrui) suscite des discours passionnels et souvent confus. Il importe donc de situer aussi clairement que possible les différents enjeux de l’affaire, tant au plan anthropologique que pragmatique. En précisant déjà que la GPA peut prendre trois formes distinctes : soit une femme porte pour un couple un enfant conçu à partir de ses propres ovocytes par insémination du sperme du compagnon d’une femme infertile. Elle est ainsi mère génétique et génésique à la fois. Soit elle porte un enfant conçu à partir des gamètes du couple demandeur, enfant qui sera alors génétiquement celui des parents d’intention. Soit encore elle porte un enfant conçu à partir du sperme du père et de l’ovocyte d’une femme tierce (en cas d’infertilité à la fois utérine et ovocytaire de la mère d’intention). Dans ces deux derniers cas, l’enfant ne sera pas génétiquement celui de la femme qui mènera la grossesse. On le voit, plusieurs relations différentes s’organisent là entre la filiation, construction de toute façon sociale, la gestation, si centrale dans nos représentations du maternel, et les figures du «don d’hérédité», quant à elles partie prenante de notre imaginaire de la transmission.

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Jeu du foulard : «Comme une drogue pour certains enfants»

  INTERVIEW - A l'occasion du premier colloque international sur le jeu du foulard, Marie-France Le Heuzey, psychiatre à l'hôpital Debré de Paris, revient sur cette pratique à risques, qui a officiellement fait treize victimes cette année en France.

Jeu du foulard, jeu du cosmos, de la tomate ou encore rêve indien : les appellations divergent pour nommer cette pratique, qui, depuis une dizaine d'années, a fait son entrée à l'école. Reste que l'expérience, qui consiste à s'étrangler volontairement pour éprouver de nouvelles sensations, est loin d'être anodine et fait chaque année des victimes en France.

En 2009, treize décès d'enfants ont été officiellement attribués au jeu du foulard. Mais il pourrait y en avoir plus. En effet, dans certains cas, les enquêteurs concluent à un suicide et non à un accident, car l'enfant est retrouvé avec un lien noué autour du cou.

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" Freud veut éveiller les hommes "

   Sigmund Freud, " L'Avenir d'une illusion ". Publié en 1927, ce court texte, présenté par son auteur comme une " déclaration de guerre " à la religion, éclaire la relation entre psychanalyse et quêtes spirituelles. Marie Balmary, qui a renouvelé la lecture de la Bible par le biais de sa pratique clinique, nous en donne sa vision

Quels sont, à vos yeux, les éléments les plus frappants de ce texte ?

Pour Freud, il s'inscrit dans une longue série de recherches consacrées à la psychologie collective, qui commence avec Totem et tabou (1911) et se termine avec L'Homme Moïse et la religion monothéiste (1939)

Totem et tabou explorait la préhistoire, les premiers interdits et l'origine pulsionnelle de la religion. L'Avenir d'une illusion, tourné vers le futur, traite de la religion de son époque. Entre ces deux textes, il y a eu une guerre, et, pour Freud, la découverte de son cancer. Comme changement de perspective, ce n'est pas rien.

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Ces enfants en Echec scolaire massif

  Entretien entre Serge HARPIN et Julie OSTAN-CASIMIR autour de son livre

Ces enfants en échec scolaire massif, K.Editions, 2009

Serge HARPIN : Vous êtes psychologue à clinicienne, vous travaillez depuis 27 ans en IMP. Vous venez de publier un ouvrage sur le thème de « l’échec scolaire massif ».


Julie OSTAN-CASIMIR : Oui, je suis psychologue clinicienne et je travaille en Institut Médico-Pédagogique (IMP). J’ai publié un livre sur l’échec scolaire dit massif, selon l’expression consacrée, car j’ai souhaité parler d’enfants scolarisés en maternelle et maintenus dans une classe de cette maternelle pour être orientés vers une Classe d’Intégration Scolaire (CLIS), puis vers l’Institut Médico-pédagogique. J’ai préféré présenter ces enfants à partir de leur échec scolaire, que de les présenter déficients au départ. J’ai préféré présenter ces enfants à partir de leur échec scolaire plutôt que de les présenter déficients au départ. Ces enfants ont en effet des connaissances hétérogènes, et certains étonnent quelquefois par leur grande débrouillardise sociale. Ils ont donc des capacités dysharmoniques et leur processus évolutif est encore ouvert. Réfléchir, dans notre cas, en termes d’échec scolaire c’est découvrir un enfant autrement que réduit à un état spécifié par un manque, une déficience. L’équipe pluridisciplinaire à laquelle j’appartiens est composée d’éducateurs, d’enseignants et d’autres spécialistes. Elle utilise ce que l’enfant sait pour le revaloriser, le redynamiser et pour l’aider à se construire sur un plan affectif, cognitif et moral. L’objectif est de former des citoyens et d’intégrer le jeune, selon ses possibilités, dans le monde du travail.

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Etudiants en psycho : pourquoi partent-ils ?

Par PASCAL-HENRI KELLER Professeur de psychopathologie, université de Poitiers

   Dans les filières universitaires de sciences humaines, les effectifs d’étudiants seraient à la baisse, surtout en psychologie. Conséquence d’un discours politique désignant ces filières comme «fabriques de chômeurs» ?Effet mécanique du mouvement de grève qui a perturbé les facs durant tout le premier semestre 2009 ? Les raisons sont à l’évidence plus complexes. Mais si l’on s’en tient à la seule psychologie, une chose est sûre : la désaffection apparente dont souffre cette discipline a de quoi intriguer, tant la demande est grande.

Côté public d’abord : l’engouement pour la presse «psy» ne fait que croître et les ouvrages des «psys» se publient à un rythme effréné. Le législateur ensuite : ses efforts pour mettre au point le statut de psychothérapeute sont en train d’aboutir et, désormais, la responsabilité de cette formation reviendra pour l’essentiel aux universités. Les professionnels enfin : jamais les institutions sanitaires et sociales n’ont autant fait appel aux psychologues.

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Comme si l'autisme était contagieux

Par BERNARD GOLSE Pédo-psychiatre et psychanalyste, hôpital Necker-Enfants malades

Nous vivons, décidément, une bien curieuse époque en matière d’autisme infantile, une époque qui n’est pas seulement antipsychanalytique, mais plus fondamentalement anti- psychiatrique, voire antimédicale. Un certain nombre de parents d’enfants autistes considèrent en effet désormais que les troubles envahissants du développement sont d’ordre purement neurodéveloppemental, qu’ils répondent à un modèle causal linéaire et que, comme tels, ils n’appellent pas de mesure d’aide psychothérapeutique, mais seulement des approches éducatives, rééducatives et pédagogiques spécialisées.

En tant que responsable, à l’hôpital Necker-Enfants malades, de l’un des cinq centres d’évaluation et de diagnostic de l’autisme du Centre de ressources autisme Ile-de-France (Craif), à côté des services de pédopsychiatrie des hôpitaux Robert-Debré, la Pitié-Salpêtrière, Bicêtre et Sainte-Anne, je persiste à penser que l’origine des troubles envahissants du développement répond fondamentalement à un ensemble de causes multiples et variables selon chaque enfant, d’où la nécessité de recourir à une approche multidimensionnelle, une approche qui associe de manière adaptée à chaque cas, diverses mesures d’aide appartenant aux trois registres du soin, de l’éducation et de la pédagogie. Et ceci, sur le fond d’une intégration scolaire digne de ce nom, ce qui n’est pas encore le cas, tant s’en faut, en dépit de la loi de 2005.

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Carla Bruni-Sarkozy confie être en psychanalyse depuis plusieurs années

Dans un documentaire de Gérard Miller, Carla Bruni-Sarkozy parle de sa psychanalyse, qu'elle suit depuis des années.

  Carla Bruni-Sarkozy confie dans un documentaire de Gérard Miller pour France 3 qu'elle suit une psychanalyse depuis plusieurs années, "après avoir été hermétique à ce genre de choses jusqu'à la mort de (son) père" alors qu'elle avait 28 ans. "J'ai été complètement hermétique à la psychanalyse. Je ne la connaissais pas. Je pensais n'en avoir aucun besoin. J'ai eu une vie totalement dans l'action, complètement en dehors de la psychanalyse jusqu'à l'âge de 28 ans (...) J'ai eu une fracture quand mon père est mort et je suis entrée dans la psychanalyse corps et âme", raconte Mme Bruni-Sarkozy dans ce documentaire de 52 minutes diffusé le 7 novembre à 15H25 sur France 3 Paris-Ile-de-France Centre.

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"Si on ne repense pas le travail, il faut s'attendre à pire que des suicides"

 

 Auteur de "Suicide et travail : que faire ?" (PUF, 2009), Christophe Dejours, psychanalyste, appelle à repenser le travail pour sortir des logiques gestionnaires qui détruisent le tissu socio-professionnel tout en faisant croire qu'elles traitent les problèmes des salariés.

Pourquoi parle-t-on plus aujourd'hui du suicide au travail ?

Christophe Dejours : Parce que les suicides sur les lieux de travail n'existaient pas avant. Ils sont apparus il y a une douzaine d'années, sans avoir été relayés. Le tournant s'est opéré en 2007, avec les cas de suicides chez Renault et Peugeot.

Les premiers suicides dont j'ai entendu parler constituaient pour moi une forme de décompensation psycho-pathologique parmi d'autres. C'est la répétition des choses qui est devenue hallucinante. Non seulement, il y avait un suicide sur les lieux de travail mais généralement il ne se passait rien après. Ces suicides au travail marquent incontestablement une sorte de bascule qui frappe le monde du travail.

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Malheur au vainqueur !

A l'image de ces animaux disparus à force d'être trop bien adaptés à leur environnement, la crise économique révèle la faiblesse de nos points forts

 En cette année darwinienne, les mots " évolution " et " adaptation " provoquent une fièvre querelleuse source de contresens.

Même s'il en a charpenté l'idée, Darwin n'a jamais employé le mot " évolution " qui, au XIXe siècle, désignait les parades militaires. Quant au mot " adaptation ", il indique un processus biologique qui arrange une interaction entre un organisme et son milieu. Se trouve ainsi favorisé l'être vivant le plus apte à continuer à vivre dans ce nouveau milieu.

Plus apte ne veut pas dire plus fort, comme l'ont affirmé les nazis. La preuve, c'est qu'il existe sur les pourtours de la Méditerranée une maladie fortement génétique : la thalassémie. Un ensemble des gènes ne codent plus par la synthèse des protéines de globules rouges, ces petits bols qui transportent l'oxygène du sang. Les globules malformés, torsadés comme une faucille, provoquent une anémie souvent grave, mais, de ce fait, ils n'exhalent plus les phéromones qui attirent les moustiques transporteurs de paludisme. Dans un tel contexte, les porteurs de globules rouges sains tombent malades et parfois meurent de paludisme, tandis que ceux qui souffrent d'anémie thalassémique deviennent les plus aptes à survivre.

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Téhéran en crise, ou le retour aux sources de la révolution de 1979

 par Slavoj Zizek

 Lorsqu'il perd son autorité, le régime est comme un chat suspendu au-dessus du précipice. Quand un régime autoritaire approche de sa crise finale, sa dissolution suit en général deux étapes. Avant son effondrement, une mystérieuse rupture se produit : les gens réalisent tout d'un coup que la partie est terminée, et ils cessent d'avoir peur. Non seulement le régime perd sa légitimité, mais l'exercice du pouvoir est perçu comme une réaction de panique impuissante.

Nous connaissons tous la scène classique des dessins animés dans laquelle le chat se trouve au-dessus d'un précipice mais continue de marcher sans tenir compte de l'absence de sol sous ses pattes ; il commence à tomber lorsqu'il baisse les yeux et aperçoit le gouffre. Lorsqu'il perd son autorité, le régime est comme un chat suspendu au-dessus du précipice.

Dans Le Shah (éd. 10-18, 1994), une description classique de la révolution de Khomeyni, Ryszard Kapuscinski situait le moment précis de cette rupture : un manifestant qui se trouvait à un carrefour de Téhéran refusa de bouger lorsqu'un policier lui ordonna de partir, et le policier embarrassé s'en alla ; en quelques heures, tout Téhéran avait entendu parler de cet incident et, bien que les combats de rue se soient poursuivis pendant des semaines, tout le monde savait d'une certaine façon que la partie était terminée. Assistons-nous à quelque chose de similaire ?

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  Sur un cliché, le cerveau d'un enfant normal. Sur l'autre, l'encéphale d'un jeune autiste. Les différences sont visibles à l'oeil nu : dans le second cas, la masse de la substance grise (le corps des cellules nerveuses) située dans la région temporale supérieure est réduite. D'autres dissemblances apparaissent : la substance blanche (les fibres nerveuses reliant les aires cérébrales) présente, elle aussi, des anomalies. Ce résultat, publié en 2009, dans la revue PLoS ONE, par une équipe de chercheurs français (CEA-Inserm-Assistance publique-Hôpitaux de Paris), est l'une des dernières illustrations de la force d'investigation de l'imagerie cérébrale fonctionnelle.

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Le développement considérable des neurosciences au cours des dernières années ne rend-il pas la psychanalyse caduque?

 

 Joëlle Proust: Freud avait vraiment l'intention de constituer une science de l'esprit. Si l'on admet avec lui que la psychanalyse est une science, on ne voit pas pourquoi elle ne serait pas, comme toutes les disciplines à visée scientifique, soumise à la possibilité d'une réfutation et au remplacement par d'autres théories.


La problématique de Freud est fortement structurée par des hypothèses de base, et particulièrement celle-ci : le cerveau tire son énergie de l'extérieur, c'est-à-dire des excitations corporelles. Le corps fournit un réservoir pulsionnel, grâce auquel les représentations mentales peuvent être " investies ", c'est à dire chargées d'énergie. Or les neurosciences ont montré que cette hypothèse était fausse. Les fibres nerveuses produisent elles-mêmes le courant électrique qu'elles propagent en vertu de la perméabilité de leur membrane à certains ions. Les neurones ont leur propre excitabilité.

Le concept de refoulement - cette "pierre angulaire de la psychanalyse ", selon Freud - est étroitement lié à la théorie de la pulsion. Les deux idées constitutives de la théorie du refoulement, celle de l'existence de souvenirs inconscients et celle d'un mécanisme bloquant la remémoration sont aujourd'hui dissociées. La mémoire inconsciente - ce qu'on nomme la mémoire " implicite " - ne se manifeste qu'indirectement dans les comportements. Elle se distingue de la mémoire " explicite ", qui permet un rappel intentionnel. Contrairement à ce que dit Freud des souvenirs inconscients, l'utilisation de la mémoire " implicite " ne dépend pas des motivations du sujet et dépend peu du contexte.

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Crédit … les enfants paient aussi

par George  HUYGHUES des ETAGES; psychologue, auteure d'ouvrages éducatifs.

 Le surendettement des ménages – un des fléaux des Antilles comme de toute zone sous-développée - peut être considéré comme une cause non négligeable de la détérioration des relations parents – enfants et du malaise au sein du milieu familial. Je ne parle pas de l’endettement dans les limites de nos possibilités ou de nos besoins fondamentaux : qui, en effet, peut s’acheter une voiture autrement qu’ « à crédit » ? Qui peut acquérir une maison sans payer de « traites » ? Quelle « malheureuse » ne « doit » pas à la « boutique » du coin pour nourrir sa famille ?

Mais il est moins banal de se retrouver acculé aux injonctions d’huissier (sinon à la prostitution, au vol, à la vente de drogue), de vivre ses fins de mois dans les transes à cause d’achats pour la plupart superflus et impulsifs, effectués sous le coup de la vanité ou du désir de paraître (pour montrer aux voisins et parfois même au vendeur qu’ « on peut »), de la pulsion incoercible à suivre la publicité ou la mode (l’habit fait le moine ?) et à consommer comme les autres même si on n’en a pas les moyens (« nou ké wè apwé »).

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« Avan i cho i tchuit »

Sexe : le bonheur est dans le spray

Un produit mis au point par des scientifiques de Belfast permet à des hommes souffrant d'éjaculation précoce de sextupler la durée de leurs rapports.

  «Faut se préserver si on veut durer, rester toujours numéro un», chantait le regretté Bashung dans son sublimissime morceau Rebel. Ce vers mythique pourrait servir de bande son idéale à une publicité pour le PSD502. Derrière ce nom de code se cache un spray à usage sexuel pour les hommes. Son but: retarder l'éjaculation.

C'est l'équipe du professeur Wallace Dinsmore, du Royal Victoria Hospital de Belfast (Irlande du Nord), qui a mis au point ce produit destiné à traiter l'éjaculation précoce. Leur étude a été publiée dans la revue British Journal of Urology International. Ce spray, qui s'applique sur le pénis cinq minutes avant la relation sexuelle, contient des anesthésiques qui engourdissent le pénis.

300 hommes de plus de 18 ans souffrant d'éjaculation précoce (souvent incapables de maintenir un rapport sexuel au-delà d'une minute) ont participé à une étude pendant trois mois dans 31 centres européens. Ils ont été répartis en deux groupes : le premier a reçu le PSD502 tandis que le deuxième a utilisé un spray placebo.

Résultat des courses, si on ose dire : la relation sexuelle des utilisateurs du spray a été 6 fois plus longue qu'à leur habitude, contre 1,7 fois plus longue pour ceux du spray placebo. Plus remarquable encore, pour 90% des testeurs du PSD502, la durée du rapport sexuel est passée de quelques secondes à quatre minutes.

Une question demeure: le spray permet-il également à des hommes n'ayant aucun dysfonctionnement de cet ordre de prolonger également la durée de leurs rapports? Auquel cas les huissiers du livre Guiness des records vont avoir du travail.

Liberation.fr 10/04/2009

 

Séminaire du G.A.R.E.F.P.

Groupe Antillais de Recherche d’Etude et de Formation Psychanalytique

 

AU RISQUE DE LA CLINIQUE

 

Avec Olivier GRIGNON[1] psychanalyste

Du 16 au 20 mars 2009

 

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Violences des jeunes

par George Huyghes des Etages, psychologue  

 

  La genèse de la violence des jeunes  réside peut-être dans cette lucidité nouvelle (et douloureuse dans son impuissance à influer sur la réalité) de cette génération, largement informée par les media des « affaires », des abus et exactions commis par certains adultes détenteurs du pouvoir, de l’autorité, de la notoriété. Les jeunes rejettent cette morale qui est transgressée par ceux mêmes qui la professent : ils refusent de respecter les règles d’un jeu dont ils savent que les dés sont à l’avance pipés, d être comme leurs parents, exploités, dominés, spoliés, bernés, des « laissés pour compte » , des «  damnés de la terre », des oubliés sur les chemins d’une histoire déjà falsifiée. Ils n’aperçoivent aucune lueur d’espoir dans ces sociétés modernes sans amour ni scrupules, ou règnent la cupidité, le vice et la « malpwopté », où comme leur tonton DAVID le leur martelait  : « j’en suis sûr, on nous prend pour des cons ». Ils croient trouver dans l’exemple de la réussite de certains aînés hors-la-loi, la clé qui changera leur destin. Et, en vérité, quelle alternative leur propose-t-on ? Quelle compensation à leur bonne tenue, quelles récompenses pour leurs mérites ?

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Chaud divan !

Analyse. Sur le modèle du Ticket-Restaurant, le Ticket-Psy vient d’être lancé.

Le divan de Freud«Je peux vous payer en Ticket-psy ?» Après le Ticket-Restaurant, puis le Chèque-Vacances, voici le dernier-né des coupons destinés aux salariés : le Ticket-Psy, qui permet de s’offrir une séance de psychothérapie aux frais de son employeur.

La formule est toute récente. Mais déjà, dans différents domaines d’activités (banque, transports de fonds, informatique…), des entreprises auraient franchi le pas et souscrit un abonnement. L’idée a germé au sein d’un cabinet de prévention des risques psychosociaux, ASP Entreprises, spécialisé dans les problématiques de stress au travail. Mal-être, dépression, la souffrance psychique liée à l’activité professionnelle a cessé d’être tabou en France depuis une quinzaine d’années. Mais, «dès que l’on réfléchit à des solutions, deux visions s’opposent : repenser l’organisation du travail ou soutenir les gens», résume Valentine Burzynski, directrice générale d’ASP Entreprises. Autant sortir de cette polémique et considérer la souffrance au travail en tant que telle, quelle qu’en soit la raison».

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Les mères et les enfants d'abord

Une passionnante biographie du pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott

 

Portrait de Donald Winnicott   Connu dans le monde entier, Donald Woods Winnicott (1896-1971), pédiatre et psychanalyste anglais, formé par Melanie Klein (1882-1960) et proche d'Anna Freud (1895-1982), fut le premier homme de la saga freudienne à devenir un chef d'école dans le domaine de la psychanalyse des enfants, réservé d'habitude aux femmes. Il créa des concepts dont se servent aujourd'hui éducateurs et autres thérapeutes et se rendit populaire en n'hésitant pas, entre 1939 et 1962, à intervenir sur les ondes de la BBC, avec sa voix féminine, pour donner des conseils aux mères. On lui doit le fameux " doudou ", ou objet transitionnel, inventé en 1951 pour désigner un objet (jouet, peluche ou morceau de tissu) ayant pour l'enfant et le nourrisson une valeur élective de transition entre une relation orale et une relation objectale. Il fut aussi à l'origine de la notion de " self " (faux et vrai), empruntée à la phénoménologie, par laquelle on distingue une existence en trompe-l'oeil d'une existence authentique.
 


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La Nuit Sécuritaire
au crépuscule de la psychiatrie

 Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

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Les psys appellent à un électrochoc

  Le discours répressif de Nicolas Sarkozy, le 2 décembre, a mis la psychiatrie publique en ébullition. «Libération» publie «l'Appel» des 39 qui exprime le mécontentement du secteur.

L’onde de choc est violente. Depuis le 2 décembre et le discours de Nicolas Sarkozy à l’hôpital psychiatrique d’Antony (Hauts-de-Seine), où il a présenté «un plan de sécurisation des hôpitaux», le monde de la santé mentale est sens dessus dessous. Comme sidéré par ces annonces, formulées après l’agression mortelle d’un étudiant grenoblois par un patient de l’hôpital de Saint-egrève.

Le 2 décembre, le chef de l’Etat a parlé de réformes de la loi d’hospitalisation ; demandé la création de 200 chambres d’isolement ; exigé le contrôle des permissions de sortie ; proposé la systématisation des soins sous contrainte. Plus saisissant, il a suggéré l’utilisation de bracelets électroniques pour les malades, à l’instar des délinquants. Un discours perçu comme un terrible retour en arrière. En écho, se multiplient initiatives et prises de positions, parfois contradictoires. Jusqu’à cet «Appel des 39», ce week-end, demandant aux soignants de «sortir de la résignation» .

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Psychiatrie maladeComme en boomerang, l'affaire réveille toutes les plaies de la psychiatrie. Le meurtre d'un jeune homme en pleine rue, mercredi 12 novembre, par un patient schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Grenoble, a secoué les équipes soignantes en santé mentale. Comme après l'affaire du double meurtre de Pau, en 2004, commis par un ancien patient de l'hôpital psychiatrique de la ville, médecins et soignants témoignent de la crise profonde de leur discipline. "On ne parle de la psychiatrie que quand il y a des faits divers, s'alarme Séverine Morio, infirmière à l'hôpital parisien Maison-Blanche. Mais c'est toute l'année que nous sommes en difficulté. On organise les ruptures de soin en faisant sortir trop tôt les patients, et ensuite on s'étonne qu'il y ait des passages à l'acte..."

Le drame de Grenoble intervient dans un contexte de crise latente, les appels à la grève se multipliant dans les services de psychiatrie. A l'hôpital de la Conception à Marseille, une équipe a observé un mois d'arrêt de travail, en octobre, pour refuser l'arrivée d'un patient réputé très violent ; le 6 novembre, une centaine de salariés de l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, à Lyon, ont débrayé pour protester contre l'agression d'une infirmière par un patient qui ne voulait pas sortir de l'hôpital ; mardi 18 novembre, des soignants des hôpitaux parisiens de Sainte-Anne, Esquirol et Maison-Blanche observaient également une grève pour "lancer l'alerte sur la dégradation de la psychiatrie en France".

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La psychiatrie appelle à désobéir

par Eric Favereau

  Certains avaient pu les trouver bien silencieux devant les projets de la garde des Sceaux. Comme si le monde de la psychiatrie baissait les bras et acceptait sans coup férir que leurs expertises servent de caution à des politiques pénales très sécuritaires. Voilà qu’ils se réveillent. Et appellent même à l’illégalité.

Plus d’une centaine de professionnels de la psychiatrie viennent de rendre publique une pétition, où ils refusent la «perpétuité sur ordonnance» (1). Les signataires affirment «qu’ils ne participeront pas à la mise en place du dispositif de rétention de sûreté prévu par la loi du 25 février», dont les décrets d’application ont été publiés le 5 novembre. Cette loi a été dès le départ très contestée. Elle marque une rupture dans la tradition juridique française, permettant l’incarcération de personnes ayant purgé leur peine du fait de leur «particulière dangerosité».

«Aveugler». Les pétitionnaires écrivent : «Pour la première fois dans notre droit, des individus pourront être enfermés sur décision judiciaire non pour sanctionner des actes délictueux ou criminels, mais pour anticiper des actes qu’ils n’ont pas commis.» Très en colère, ils ajoutent : «Alors que sa mission est de porter secours et de soigner, la médecine se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration. C’est le savoir psychiatrique qui légitimera l’incarcération d’individus au motif d’un diagnostic de particulière dangerosité.» Ils notent que «la monstruosité de certains crimes et la souffrance terrible des victimes, dont chacun est saisi, sont utilisées pour aveugler la raison et céder aux politiques prétendument efficaces.» Et d’appeler au… non-respect de la loi : «Au nom de notre éthique et de la nécessaire séparation des domaines, garante des libertés, nous, professionnels de la psychiatrie, déclarons publiquement refuser de participer à la mise en place de ce dispositif de rétention de sûreté.»

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Question doltorité

Claude Halmos  Claude Halmos. Psychanalyste qui intervient sur France Info et dans «Psychologies», cette fidèle de Dolto présente une alternative éducative qui dépasse le clivage fouettards versus laxistes.

PORTRAIT par

Sabrina Champenois

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Le mal-être surmédicalisé

Une étude pointe le manque de formation et de relais des généralistes Dessin de Plantudans la prise en charge de la déprime

   Les Français consomment trop de psychotropes. Somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, dans ce domaine, ils sont les champions d'Europe. A l'origine de plus de 80 % des prescriptions, les médecins généralistes sont souvent mis en cause. Une enquête lancée par le département universitaire de médecine générale de la faculté de Rouen, et qui sera présentée mercredi 10 septembre à Paris lors du Congrès international d'épidémiologie, apporte un éclairage instructif sur les " obstacles perçus par les médecins généralistes dans la prise en charge des patients dépressifs ".

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Le stress favoriserait
la schizophrénie de l'enfant

Selon une étude, les femmes enceintes soumises à un stress traumatisant auraient plus de risques de donner naissance à des enfants qui développeront une schizophrénie à l'adolescence.

  Les femmes enceintes soumises à un stress traumatisant auraient plus de risques de donner naissance à des enfants qui développeront plus tard une schizophrénie.
C'est ce que révèle une étude publiée jeudi 21 août dans le journal spécialisé BioMed Central Psychiatry, basé à Londres.
"Le type de stress en question est du genre de ceux que l'on subit lors d'un désastre naturel comme un tremblement de terre, une attaque terroriste, un ouragan ou encore un deuil soudain", explique l'auteur principal, Dolores Malaspina.
Dolores Malaspina et ses collègues ont examiné les données concernant 88.829 personnes nées à Jérusalem entre 1964 et 1976 et les ont croisées avec le registre national de psychiatrie d'Israël. 637 cas de schizophrénie ont ainsi été recensés.
 

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Pour vendre des médicaments, inventons des maladies


Les nouvelles techniques publicitaires de l’industrie pharmaceutique

Nouveaux médicaments
  La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. A son image, ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. Et emploient pour cela les techniques de publicité les plus avancées.

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  La polémique sur le décret réglementant le statut de psychothérapeute s'embrase à nouveau. Alors que le gouvernement vient de transmettre au Conseil d'Etat un projet de décret débattu depuis près de cinq ans avec la communauté psy, c'est désormais un projet annexe d'arrêté qui met le feu aux poudres.

Ce "document de travail", signé des ministères de la santé et de la recherche, définit avec précision le contenu de l'enseignement théorique et pratique des futurs psychothérapeutes. La communauté psy dénonce une immixtion du gouvernement dans la définition du soin psychique et l'instauration d'"une psychothérapie d'Etat".

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Les « nouvelles pathologies » ne renouvellent pas la clinique analytique

Chapitre 1 du livre "Des fondements de la clinique analytique" de Erik Porge

"Nouvelles pathologies"???  Il existe aujourd'hui, parmi les analystes, un courant qui prétend découvrir l'existence de « nouvelles pathologies ». Sur quoi sont fondées les méthodes qui ont permis de les isoler ? Celles-ci sont-elles compatibles avec la psychanalyse ?

Pour commencer, je M'interrogerai sur les facteurs généraux qui président à l'isolement de types cliniques.

Parmi ceux-ci, il y a l'intrication de facteurs individuels et collectifs, ou plus précisément la conception explicite ou pas que l'on se fait de ces rapports. Ce qui s'isole comme pathologie individuelle croise des enjeux collectifs, politiques, économiques, sociaux, professionnels, et ce, aussi bien en médecine, en psychiatrie qu'en psychanalyse.

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Propos sobres sur une supposée « nouvelle économie » du psychisme et de la sexualité

par Pierre-Henri Castel

"Nouveau psychisme" J’aborderai le thème de ce colloque avec un mélange de perplexités et d’inquiétudes qui risquent de prendre ici plus de poids que son objet lui-même : la sexualité. Il ne me semble pas, en effet, que la sexualité puisse devenir un problème, y compris en psychanalyse, sans que deviennent en même temps problématiques les données scientifiques, les concepts, les arguments, les stratégies rhétoriques, les idéologies, les usages politiques et sociaux des notions savantes ou informelles qui isolent la « sexualité » comme telle. La sophistication des discours qu’on tient dessus n’y change rien ; c’est comme imaginer qu’avant qu’on l’examine sous le microscope, telle cellule s’était développée naturellement sur une lame de verre, en baignant par miracle dans le bon colorant.

Il en va de même avec l’approche clinique en psychanalyse.

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Les psychanalystes
savent-ils débattre?

par Roland Sabra

  Sous la direction de Daniel Widlöcher, vient de paraître aux Editions Odile Jacob un ouvrage qui porte comme titre cette question. A travers quatre exemples de débats qui ont traversé, sans omettre d'y laisser des traces durables la psychanalyse, autour de l'enfant entre Anna Freud et Mélanie Klein en 1943; autour du lacanisme et du kleinisme en 1972; autour d'une innovation théorique, l'attachement de John Bowlby, entre Laplanche Widlöcher et Fornagy en 2000; et plus récemment en 2004, entre Jacques-Alain Miller et Daniel Widlöcher sur l'avenir de la psychanalyse; à travers l'étude de ces débats donc, l'ouvrage tente de répondre au souhait formulé dès 1912 par le disciple préféré de Freud, Sandor Ferenczi qui faisait l'hypothèse que "les psychanalystes, une fois "guéris" de leurs névroses (notez le pluriel), par leur propre psychanalyse, pourraient dépasser les rivalités, les ambitions et la mauvaise foi habituelles".

Je vous laisse deviner ce qu'il en est! Ailleurs, comme en Martinique...

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Enfant tyran : un phénomène qui préoccupe les psychiatres

Juristes, psychanalystes et psychiatres s'alarment du phénomène de l'enfant roi, de plus en plus fréquent aujourd'hui. Et insistent sur la nécessité de réapprendre aux parents la valeur des limites et des interdits.

Cri «Je rencontre des parents totalement désemparés, qui viennent épuisés à ma consultation avec des petits de trois ans dont ils n'arrivent pas à venir à bout. Quand je demande au bambin : “Sais-tu pourquoi tu es ici ?» , la réponse fuse : “ben oui, c'est parce qu'ils ne veulent pas faire ce que je veux…”» Hautement significative, l'anecdote est relatée par la psychanalyste Arlette Garih (centre hospitalier Cochin-Port-Royal) à Paris à l'occasion d'une conférence organisée le 4 juin par le Comité national de l'enfance. «L'enfant roi ou la perversion des droits de l'enfant», un thème d'actualité dans un monde en pleine mutation où bien des adultes jeunes et moins jeunes ont mis aux oubliettes le modèle éducatif autoritariste pour privilégier celui du «laisser-faire» . Ils ont gommé la nécessité de poser des limites structurantes à leur bambin les transformant peu ou prou en petit tyran. Pour cette psychanalyste, bon nombre de parents ont perdu tout bon sens. Ils se sentent totalement déboussolés. «Je ne dis plus non à mon enfant car ensuite, s'il ne veut pas, je ne sais plus quoi lui dire», entend-elle fréquemment dans sa consultation.

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" Les classes préparatoires, une vie entre parenthèses "

Dominique Monchablon, psychiatre et responsable du Relais étudiants

Amphithéâtre La souffrance psychique des élèves des classes préparatoires et des grandes écoles était au programme d'un colloque organisé par l'association Santé grandes écoles, vendredi 6 juin, à Paris. Présidente de l'association, Dominique Monchablon, psychiatre, est chef de service du Relais étudiants lycéens (Fondation santé des étudiants de France) dans le 13e arrondissement.

Dans cette structure, près de 40 % des jeunes qui consultent sont des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles. Cofinancé par le rectorat de Paris, le Relais reçoit des élèves de tous les lycées de la capitale et a des liens institutionnalisés avec Henri-IV, Louis-le-Grand et Saint-Louis.

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Jean-Bertrand Pontalis :

"on a beau ne jamais trouver, on ne peut pas se passer de chercher ses origines"

Mythe des origine et roman famillial

Le roman familial est un phantasme, mais un phantasme que l'on garde pour soi. On en est convaincu mais on ne peut le dire à personne. Ça, c'est très intéressant quant au statut de ce phantasme. Si on le dit, il ne tient plus debout. Cela se passe dans une zone à part, comme dans le roman : on sait que c'est faux mais on y croit. Le roman, on a besoin d'y croire. C'est le fameux " mentir vrai " d'Aragon. Souvent, les enfants posent la question : c'est vraiment vrai ? C'est pour de vrai ? Le sceau du vrai... C'est tout le problème de l'illusion à laquelle on croit. D'ailleurs les grands romans partent souvent d'un fait réel - souvenez-vous Le Rouge et le Noir, Madame Bovary... Le roman c'est ça, raconter des histoires, et en même temps affirmer : " Je ne te raconte pas d'histoires. "

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Norme psychiatrique
en vue

Dépistage des troubles du comportement, plus de coaching, moins de soins : Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie, décrypte l'évolution probable de la santé mentale

L'évolution probable de la santé mentale  On parle de plus en plus de " santé mentale ", de moins en moins de " psychiatrie ". Où nous mènera, demain, cette tendance ?

Nous sommes entrés dans l'ère d'une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de " santé mentale ", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu'à présent, cette discipline s'intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d'une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n'est plus besoin de s'interroger sur les conditions tragiques de l'existence, sur l'angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.

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Habiter "le pan d'un grand désastre"

De lalangue

par Jeanne Wiltord,
psychiatre et psychanalyste

Jeanne Wiltord s'interroge sur la subversion des limites de la catégorie du national que réalise Aimé Césaire en habitant un lieu dans la langue où l'harmonie de celle-ci défaille et qui témoigne aussi d'un refus de ne pas céder sur son désir. Un texte que la psychanalyste adresse au grand public. A lire sans faute.

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«L’autisme n’est pas une fatalité»

 

«Sortir de l’autisme» : le titre de votre livre peut sembler une contradiction dans les termes, tant la définition courante de l’autisme est un enfermement. Pourquoi ce titre ?

 

 "Sortir de l'autisme" Jacqueline Berger, journaliste, auteur de «Sortir de l'autisme» (Buchet-Chastel) A travers ce titre, je revendique la possibilité d’une évolution positive des syndromes autistiques, lorsqu’on a repéré chez un enfant des symptômes de retrait. C’est un travail long et épuisant mais qui porte ses fruits pour peu qu’on en finisse avec la conviction que l’état autistique est une fatalité : un défaut indépassable de gènes ou neurones défectueux. La vertu de cette conception organique serait qu’elle déculpabilise l’entourage. Le petit autiste ne serait pas pris dans une histoire, il est porteur d’un fichu gène qui s’exprime mal, on ne l’a pas encore trouvé, mais un jour viendra… Or, je ne crois pas qu’il soit forcément accablant d’essayer, non de trouver une cause aux symptômes de son enfant, mais de démêler les nœuds de son propre passé et de ce qui a pu dévier dans la relation à son bébé. C’est parfois infinitésimal. La dépression d’un nourrisson n’est pas évidente à percevoir quand on est pris dans le cataclysme de la naissance.

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Le temps des "mères porteuses"  

Mère porteuse  La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, spécialiste de l'assistance médicale à la procréation, estime indispensable d'autoriser la pratique de la gestation pour autrui (GPA) en France.
 

 

La gestation pour autrui (GPA), qui s'adresse en premier lieu aux femmes présentant une pathologie utérine, va-t-elle entrer dans l'arsenal courant de la lutte contre la stérilité ?

Très probablement. Environ 10 000 bébés conçus dans le cadre d'une GPA sont nés aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années, et cette pratique est désormais autorisée dans de nombreux pays. Depuis la première fécondation in vitro (FIV, 1984) et le premier don d'ovocyte (1988), la fonction maternelle, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, peut ainsi se répartir entre trois femmes distinctes : la mère "d'intention" (qui élèvera l'enfant), la mère "génétique" (qui donnera l'ovocyte si besoin est) et la mère "gestatrice", terme aujourd'hui préféré à celui de "mère porteuse". Ces nouvelles façons de faire des bébés vont d'autant plus se développer que personne, aujourd'hui, ne supporte l'infertilité. Pas plus les médecins "fivistes" que les couples parentaux.

La France, où la pratique des "mères porteuses" est interdite par la loi bioéthique de 1994, est-elle en retard ?

Dans ce domaine, oui. La pratique de la GPA est aujourd'hui légale - ou du moins régulée par la déontologie médicale - dans de nombreux pays. En Europe, plusieurs d'entre eux ont déjà légiféré : la Grande-Bretagne en 1998, la Grèce en 2000, la Finlande et la Belgique en 2007. Tous l'ont fait dans des conditions rigoureuses, certaines lois prévoyant pour la gestatrice le remboursement par l'Etat des dépenses médicales. Voire, comme en Grèce, un dédommagement financier.

Vous figurez parmi les rares psychanalystes à vous prononcer pour la GPA. Pourquoi estimez-vous urgent, en France, de légiférer à nouveau sur ce point ?

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Féminisme et psychanalyse : l'ingratitude …


par Guillaume Suréna


Freud et la question féminine
   Le grand mérite de la psychanalyse est et sera pour toujours d’agacer les porte-paroles de ce qui est convenu, de ce qui est institué, y compris dans les rangs de ceux qui se réclament d’elle. L’ingratitude des divers mouvements féministes à l’égard de Sigmund FREUD est d’une dimension telle qu’elle frise souvent l’absurdité. Il est vrai que FREUD, pessimiste s’il en est sur la nature humaine, (le 20ème siècle et le début du 21ème ne lui ont pas encore donné tort), n’a pas été de ceux qui ont crû que « la révolution s’arrêtera à la perfection du bonheur » et qu’il s’agira de modifier le cadre de vie démocratiquement ou pas pour que cessent les drames existentiels collectifs et individuels.

« Madinin’art » journal bien connu pour sortir des sentiers battus a un goût pour la provocation contre l’orthodoxie psychanalytique que j’accepte de représenter contre sècheresses, cyclones et tsunamis. Il donne consciemment un petit avantage à toutes les psycho-philosophies qui cultivent l’illusion de dépasser FREUD. A l’occasion de la journée internationale des femmes, ce journal électronique a donné la une aux femmes et à la plus célèbre et conséquente d’entre elles : Simone DE BEAUVOIR. Intellectuelle exceptionnelle, écrivaine couronnée par le prix Goncourt, militante anticolonialiste passionnée et non folklorique, compagne de Jean-Paul SARTRE, l’un des plus grands philosophes de l’histoire mondiale de la philosophie, à partir d’un pacte que personne dans notre société coloniale n’a tenté de mettre en acte (d’où l’admiration qui n’engage à rien) , je sais ce que les femmes, y compris les antillaises mais aussi les hommes libres doivent à cette dynamiteuse dont les actes n’ont pas fini de bouleverser les relations hommes/femmes. Du même coup, je constate qu’il est contradictoire de présenter DE BEAUVOIR à la fois comme celle qui rejette les idées psychanalytiques et celle qui n’en aurait qu’une connaissance limitée tant elle en fut sortie dégoutée des écrits freudiens. La résistance de DE BEAUVOIR à l’égard de la psychanalyse est sérieuse et repose sur des arguments dont les bases philosophiques sont honorables mais discutables. Il arrive si souvent à ceux qui accusent les freudiens de dogmatisme de faire preuve d’un autre dogmatisme malgré leur éclectisme cognitif. Le notre ne menace personne !


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Dialogue entre Freud et de Beauvoir
"Le Deuxième sexe" à l'épreuve de la psychanalyse.
 

  par Louise Grenier


La femme et la psychanalysePour autant, leurs discours sont nécessaires à l'étude de la situation des femmes, ils peuvent donc coexister mais l'un ne peut servir d'arguments pour confirmer ou réfuter l'autre. Dans Le deuxième sexe Simone de Beauvoir rejette le point de vue psychanalytique après l'avoir vidé de son caractère fondamental, soit le fait que la psychanalyse prenne pour objet la vie psychique inconsciente. Autrement dit, elle traite la psychanalyse comme une psychologie du moi ou une conception philosophique de la féminité, ce qu'elle n'est pas.
Pour Freud comme pour de Beauvoir, «on ne naît pas femme on le devient». Pour tous deux, il n'y a pas de nature féminine pas plus que de nature humaine. La féminité est un construit qui pour le premier est déterminée par l'anatomie dans son rapport au symbolique (discours et représentations inconscientes de la fille comme doublure négative du garçon par exemple ou comme déterminée par sa fonction maternelle) alors que pour la seconde, la féminité est l'effet de déterminations historiques qui tirent leur puissance aliénante de la fonction maternelle féminine. Pour Freud et pour de Beauvoir la fonction maternelle biologique déterminerait donc un destin, l'enfant servant dans la théorie freudienne à compenser un manque phallique narcissique, alors que dans la pensée beauvoirienne, au contraire elle servirait à inférioriser et dévaloriser l'être féminin, dès lors voué à des tâches naturelles. Autrement dit, c'est en devenant mère que la femme acquerrait une valeur sociale et culturelle (réparation narcissique dans l'inconscient) chez Freud alors que pour de Beauvoir c'est à cause de cette fonction que la femme serait exclue de la culture et empêchée d'exister comme sujet.

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Les pervers, entre le sublime et l’abject

par Pierre Assouline

Aussi étrange que cela puisse paraître, il n’existait pas à ce jour d’histoire des pervers en librairie. Non une histoire de la perversion, déjà étudiée par les psychanalystes, mais bien des pervers qu’ils fussent appelés anonymes, misérables, minuscules, infâmes, antiphysiques ou pervers. C’est dire si l’essai historique d’Elisabeth Roudinesco La part cachée de nous-mêmes (229 pages, 18 euros, Albin Michel) était espéré sinon attendu. De nos jours, l’adjectif est aussi galvaudé que le nom et il courant que “perversité” soit employé en lieu et place de “perversion”. Celle-ci a la particularité de pouvoir être considérée comme sublime ou abjecte selon l’angle de vue : artistique, créateur ou lystique, et donc fécond, il est sublime ; mais lorsqu’il n’aboutit qu’à la satisfaction d’une pulsion de mort, il est abject. On voit par là que l’affaire est risquée pour celui qui se lance dans une anthopologie culturelle du bonheur dans la destruction, cette jouissance du mal que l’on s’inflige ou que l’on fait subir à l’autre dans un débordement de sens. Dans une langue très fluide exempte de jargon médical ou psychanalytique, Elisabeth Roudinesco montre bien comment la perversion est cette chose chachée en nous que nous refusons de voir, la face nocturne de l’homme.

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Une histoire du peuple des pervers, ces «êtres maudits»

Interview d'Elisabeth Roudinesco

Ce qui caractérise la perversion ce n’est pas d’être dans le mal, c’est de jouir du mal. Autrement dit, certains criminels – qui font le mal – ne sont pas pervers parce qu’ils n’en jouissent pas. Il y a aussi des pervers qui jouissent du mal sans être spécialement des criminels, et qui finissent par jouir du bien. La figure est réversible

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Les " psys " face à l'idéologie de l'expertise

La manie de l'évaluation menace, une nouvelle fois, de transformer les experts de la psyché en agents de sécurité. Alerte !

par Elisabeth Roudinesco

   Depuis trois décennies, les Etats démocratiques s'appuient sur la science pour gouverner les peuples. Si cette politique a permis de prévenir, soigner et guérir avec succès les maladies organiques et si elle a magnifiquement amélioré notre vie quotidienne, elle n'a pas produit de résultats aussi pertinents dans le domaine de la souffrance psychique.

Ni l'étude des gènes ni celle de la plasticité cérébrale n'ont encore réussi à donner naissance à des traitements efficaces des maladies mentales, pas plus qu'elles n'ont permis de venir à bout de ces " maladies de l'existence " que sont névroses, dépressions, angoisses, passions, addictions, volonté de se détruire, etc. Tout au plus a-t-on mis au point des médicaments de l'esprit (ou psychotropes) qui ont contribué à faire vivre les psychotiques au sein de leur famille et surtout à apporter une tranquillité à ceux qui risquaient d'être dangereux pour eux-mêmes, pour leur entourage et pour leurs employeurs.

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Le GRAF-Martinique et "l'emprise"

par Roland Sabra

  Le GRAF-M , Groupe d'Action et de Recherche Féministe de Martinique est né d'une démarque de l'UFM, Union des Femmes de Martinique. Mais la double appartenance est possible. Petite structure, comparée à l'UFM, la nouvelle association revendique une plus grande indépendance à l'égard des organisations politiques et sans doute, parce que la nature même de la divergence est difficile à apprécier, une approche différente des rapports hommes/femmes. Le vendredi 18 janvier la foule se pressait à l'invitation de cette jeune organisation pour débattre, en présence de Fabienne Frémeaux, membre du Graf-M et auteure de «  Comment je me suis faite arnaquer par mon psy », de l'emprise.

Le titre même de l'ouvrage est discutable, il s'inscrit dans la longue série des attaques frontales menées contre la psychanalyse depuis le « Livre noir de la psychanalyse » en passant par les tentatives de réglementation de l'activité des « psy » et autres promotions des Techniques (le mot est juste!) comportementalo-cognitivistes1. Mais l'amendement Accoyer à l'origine de cette loi de police a conduit à une impasse. Roselyne Bachelot est la quatrième Ministre de la Santé confrontée à la difficulté de publier les décrets d'application de cette Loi mal née. Pour le dire vite, Fabienne Frémeaux a été « victime » d'un psy « pervers ». C'est ce qu'elle raconte dans le détail dans cet ouvrage, tout en refusant de dire si l'histoire est vraie ou si elle a été rêvée, pour tout dire fantasmée.

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"La perversion est au service de la société et de l'espèce"

Vincent Mac Doomr

   Les homosexuel(le)s sont-ils, sont-elles des pervers, des perverses? La connotation morale du terme est de peu d'utilité pour la question. Dans un pays où les filles se promènent  à moitié nues dans les rues, tout en ayant dans la tête des kilomètres de crinoline la question pourrait paraître surréaliste.  Ce numéro de la Lettre est consacré à la question de la perversion, à l'occasion du débat (enfin!) qui suivra la projection à Fort-de-France du film "Des hommes et des dieux".

Qu'est-ce que la perversion? La réponse pourrait en dérouter plus d'un. Au delà  la question de l'homosexualité n'assiste-ton pas à une redéfinition du masculin et du féminin? ( lire le dossier) La propension, de plus en plus répandue,  à se déguiser en femme pendant Carnaval, le port ostentatoire  de bijoux féminin, la mode du piercing, les boucles d'oreilles, une homophobie prégnante mais un succès assuré pour les "Makoums", des rapports entre sexes marqués par la violence, tout cela ne relève-t-il pas d'une symptomatologie qui renvoie à une identité mal assurée? Nous voilà de nouveau devant la question identitaire, mais posée cette fois dans sa forme la plus radicale, la plus crue, c'est-à-dire dans sa forme sexuelle? Nous sommes là devant un "total tabou" ! Même chez les  rares psychanalystes de l'île l'idée d'un refoulé transgénérationnel   depuis la période esclavagiste et qui toucherait aux pratiques sexuelles fait débat. D'abord sur la possibilité même de ce "trangénérationnel", cher à Serge Moscovici et ensuite, quand il est admis, sur le contenu. Les pères et les mères "la pudeur", que l'on a vu monter au créneau quand des artistes ont protesté, à leur manière contre la banalisation  des  assassinats d'adolescents, sont plus nombreux qu'on ne le croit. On lira ce que pense Robert  Stoller, le spécialiste des questions de genre, des psychanalystes qui penchent de côté là

 

« Si la tristesse est une maladie, alors c'est l'humanité qui est une maladie »

Jacques-Alain Miller

Comment une campagne sur la dépression démontre l'incapacité présidentielle à appréhender le réel. Un entretien avec le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller.

 
Je veux parler de la dépression, du regard que la société porte sur cette souffrance qui n'est pas matérielle. Je veux engager puissamment la recherche médicale française vers le soulagement de ce mal », a déclaré Nicolas Sarkozy le II février dernier dans un discours à la Mutualité. Il y a quelques semaines, le ministère de la Santé lançait une campagne sur la dépression. On a demandé à Jacques-Alain Miller ce qu'il en pensait.
Philosophe, psychanalyste, il est le responsable de la publication des Séminaires de Lacan. Jacques-Alain Miller a fondé l'Association mondiale de psychanalyse (AMP) et dirige la revue Le Nouvel Âne dont le dernier numéro est consacré à une critique virulente de la campagne contre la dépression initiée par le ministère de la Santé. Car s'il existe des formes graves de « maladies de l'âme» -qu'on l'appelle comme autrefois mélancolie ou qu’on la vulgarise aujourd’hui sous le terme de “dépression” - la tentation est grande de considérer la moindre fatigue, tristesse ou petit bobo existentiel en pathologie qu’il faut soigner d’urgence avant de repartir au combat...

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L'énigme du plaisir féminin
par Gilbert Charles, Marion Festraëts,
sexologues

Que savons nous du plaisir féminin?

  Contrairement à celui de l'homme, l'orgasme de la femme n'a rien d'une évidence physiologique. A l'heure où les laboratoires pharmaceutiques cherchent ardemment la molécule miracle clef d'une jouissance assurée, L'Express dresse l'état des connaissances sur ce mystère ancestral

C'est un mystère qui titille Homo sapiens depuis Adam et Eve. Le point focal de tous les fantasmes, le secret vertigineux de la «petite mort», sur lequel n'ont cessé de se pencher théologiens, philosophes, anatomistes, peintres et psychiatres: l'énigme du plaisir sexuel, masculin et féminin, et en particulier du plus secret des deux, celui des femmes. A l'heure où chacun revendique son droit au bonheur et à la jouissance, la question devient obsédante. Sur les murs et les écrans, la félicité sexuelle s'étale telle une promesse de béatitude autant qu'une injonction: pour être «normal», bien dans sa peau, il faut jouir. Encore faudrait-il savoir comment. Car le secret du désir échappe totalement aux lois de la rationalité et toujours largement à celles de la science. Voilà à peine une dizaine d'années que les médecins et les scientifiques ont commencé à réellement explorer cet immense continent. Avec un enthousiasme de plus en plus marqué depuis le succès planétaire du Viagra, lancé en 1998. Après avoir délivré les mâles de l'angoisse de la panne, les chercheurs, généreusement financés par les laboratoires, s'attaquent désormais aux mystères bien plus complexes de la sexualité féminine. Avec l'espoir de découvrir le même jackpot: la formule magique capable d'offrir aussi au beau sexe l'extase sur ordonnance.

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Une histoire des pervers
La part obscure de nous-mêmes

La Part obscure de nous-mêmes Une histoire des pervers d'Elisabeth Roudinesco

  Auteur de nombreux travaux consacrés au mouvement psychanalytique français, Elisabeth Roudinesco a construit son itinéraire au carrefour de la recherche historique et de la passion littéraire. Fidèle à la génération philosophique des années 1960 (Derrida, Deleuze, Lacan...), elle mobilise les grands écrivains du passé comme autant de guides susceptibles d'explorer le devenir, les contradictions, les non-dits de nos sociétés.

Son nouvel essai en témoigne, qui convoque non seulement Freud et Foucault, mais aussi le Marquis de Sade, Victor Hugo ou encore Primo Levi pour sillonner les territoires noirs de la perversion.

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Masculin-féminin, les nouvelles frontières

Masculin-féminin, les nouvelles frontières

  D'emblée, une lycéenne avait marqué le défi. Fin octobre, lors d'une rencontre au sein d'un établissement scolaire, l'élève avait ainsi interpellé les organisateurs du 19e forum Le Monde - Le Mans : en intitulant cette manifestation " Femmes, hommes : quelle différence ? ", n'avez-vous pas d'ores et déjà pris parti ? Cette façon de formuler les choses ne reflète-t-elle pas un choix foncièrement féministe ?

De fait, toute la difficulté était là. D'un côté, le forum s'était donné pour objet cette évidence vécue : le partage du " féminin " et du " masculin ", dont l'anthropologue Françoise Héritier affirme qu'il constitue un alphabet universel, et même " un butoir ultime pour la pensée " ; remettre en " question " la réalité de ce partage, c'était bel et bien s'engager sur un sentier périlleux. Mais d'un autre côté, le forum devait rester fidèle à sa vocation philosophique, ne pas se laisser entraîner vers un terrain purement polémique, au moment où les enjeux sexuels reviennent sur le devant de la scène, autour de débats aussi importants que la parité, l'homoparentalité ou encore la procréation médicalement assistée.

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L'œuvre fondatrice du psychiatre et psychanalyste Robert Stoller, théoricien de l'humaine perversion

Le fantasme mis en actes

Né à New York en 1925, Robert Stoller, psychiatre et psychanalyste, créa sur la Côte ouest, en 1954, la Gender Identity Research Clinic, véritable laboratoire de recherche sur la sexualité humaine. C'est là qu'il conceptualisa pour la première fois la notion de gender (genre) pour désigner le sentiment de l'identité sexuelle, par opposition au sexe, qui définit l'organisation anatomique de la différence entre le masculin et le féminin. De là naîtront les études contemporaines sur le genre (gender studies).

  

L'approche freudienne des addictions Essai psychanalytique sur le tabac, l'alcool et les drogues.

  Psychothérapeute et docteur en psychanalyse, Odile Lesourne vient de publier La Genèse des addictions, sous-titré Essai psychanalytique sur le tabac, l’alcool et les drogues. Son expérience de psychothérapeute à la Salpêtrière l’a confrontée à des alcooliques, fumeurs et toxicomanes qui restaient, d’après ce qu’elle nous en rapporte, silencieux à propos de leur pratique addictive. Face à cette difficulté thérapeutique, l’auteur fait l’hypothèse que l’addiction ne répond pas "aux mêmes règles de fonctionnement que le conflit névrotique" avant de conclure qu’il faut la penser autrement. C’est ainsi qu’elle propose, en plus des trois structures que sont la névrose, la psychose et la perversion, une quatrième structure appelée addiction. Ces "tendances" (addictives) seraient communes à tout le monde et seraient "soit réalisées a minima, soit refoulées ou contre-investies". Est-ce à dire que nous serions tous sur deux structures à la fois : par exemple, un névrosé ou "normal-névrosé", psychotique ou pervers doublé d’un addict "réalisé a minima

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Infanticides : dans le huis clos des familles

 

Infanticides, Femmes tueuses d'enfantsTrop de nourrissons décédés ne sont même pas déclarés nés et certaines morts sont certifiées " naturelles ". Les statistiques ne reflètent pas la réalité

  Six cadavres de nouveau-nés ont été découverts le 17 octobre dans une cave à Valognes (Manche). Depuis la révélation de l'affaire Courjault, en 2006, les cas d'infanticide à la naissance (néonaticide) semblent se multiplier, au point que cela deviendrait presque banal. Pourtant, ces petits corps que l'on a à peine cachés ne représentent que la partie immergée et médiatisée de drames familiaux qui se nouent à huis clos.

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Face aux troubles de l'apprentissage

La dyslexieou la dysphasie

La détection des pathologies comme la dyslexie ou la dysphasie facilite la prise en charge adéquate des enfants

   Le diagnostic intervient souvent tardivement, quand l'enfant est déjà englué dans l'échec scolaire. Pourtant, les troubles spécifiques du langage et des apprentissages concernent environ 6 % à 8 % de la population, soit plus de 4 millions de personnes en France. Près de 600 000 sont gravement atteintes.

La plus connue et la plus répandue de ces pathologies est la dyslexie : faute de pouvoir associer correctement les lettres et les sons, les enfants peinent à déchiffrer un texte, confondent les lettres. Il y a aussi la dysphasie, qui affecte l'acquisition du langage et se caractérise par des paroles indistinctes, un vocabulaire pauvre, des troubles de la syntaxe (pas de conjugaison, pas d'articles), ou encore la dyspraxie, un trouble de la coordination des gestes, qui rend les enfants particulièrement maladroits.

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Psychiatrie : vers le nouveau "sujet TOC"

Troubles Obsessionnels Compulsifs

  La Haute Autorité de santé (HAS) a récemment adressé aux psychiatres une brochure intitulée Trouble obsessionnel compulsif (TOC) résistant : prise en charge et place de la neurochirurgie fonctionnelle. Sous le couvert bien anodin d'une "évaluation des technologies de santé" s'y déploie la nouvelle collection d'hiver des thérapies du comportement. Elle concerne les "sujets TOC" (sic), présentés comme des "handicapés" à qui on se propose d'infliger des traitements de plus en plus cauchemardesques, surtout s'il leur venait l'idée saugrenue de résister au premier degré.
Qu'est-ce qu'un TOC? Tout le monde sait ce qu'est une obsession, qui peut aller de l'envie de vérifier si on a bien fermé le gaz à celle de dire des cochonneries ou des choses sacrilèges dans une réunion bien-pensante. Chacun peut sentir qu'il s'agit là d'un conflit entre le désir et son interdit, entre la violence des pulsions ou l'envie de tout contrôler et la nécessité d'être M. Tout-le-Monde. Oui, quand ça devient trop envahissant, on peut glisser vers ce qu'on appelle classiquement une névrose, souffrance chronique d'un sujet divisé.

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La voix des maîtres de plus en plus défaillante

Ils sont très nombreux à être touchés par des problèmes vocaux.

APHONES, touchés par des laryngites et des angines chroniques, voire des polypes ou des nodules vocaux... Les enseignants ont de plus en plus de mal à donner de la voix. D'après une expertise publiée par l'Inserm (Institut de la santé et de la recherche médicale), ils sont les premières victimes de ces maux de gorge à répétition. Et sont environ deux fois plus nombreux que le reste de la population à connaître des problèmes vocaux. Selon l'étude, dans cette profession, un tiers des hommes et la moitié des femmes déclarent d'ailleurs avoir toujours ou souvent des troubles de la voix. Confrontés à des environnements bruyants, les instituteurs seraient particulièrement sujets à ces pathologies.

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La résilience et les perroquets de Panurge

 

Loin du concept originel, les pensées paresseuses s'emparent des mots comme de signaux d'appartenance ou d'affiliation

 A Sodoké, dans mon quartier, trois personnes seulement possèdent la télé. Et pourtant, chaque matin, tout le monde discute du film de la veille ", dit Amaka, la petite Ghanéenne. Elle nous questionne sur le mystère du panurgisme intellectuel qui nous pousse à suivre ou à contester un penseur sans se donner la peine de savoir de quoi il parle.

Nous avons tous fait ça, avouons-le. Au cours d'une discussion, quel qu'en soit le niveau, nous avons tous répondu à une approximation. Un ami me raconte : " Un jour j'ai lu un article soutenant qu'il y avait une localisation cérébrale de la pulsion pédophile. Ça m'avait beaucoup étonné. Mais le soir même ma voisine de table m'avait irrité en expliquant d'un air sucré que c'étaient les mères qui fabriquaient la pédophilie des hommes, je n'ai pu m'empêcher de la cingler avec cette phrase : "Des chercheurs viennent de découvrir l'origine cérébrale de la pédophilie !" Dès cette phrase, chacun a dû prendre position, les uns, pour la responsabilité des mères dans la pédophilie et les autres, pour l'origine génétique de cette pulsion sexuelle. Le débat fut fiévreux. Par bonheur, le vin était bon. "

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La voix, ses troubles chez les enseignants
Objet inconscient de la voix, la perte, le savoir et le corps

par Paul-Laurent Assoun

  « Un enseignant perd la voix ». Voici un énoncé qui vaut comme un constat – il arrive en effet à ces « professionnels de la voix » d’en voir la profération altérée, voire compromise – mais aussi bien comme une conjoncture qui mérite l’examen, voire le phrasé d’une formation symptomatique ou fantasmatique. Quel lien y-a-t-il entre la voix et l’enseignant, qui engage son désir propre d’« enseigner » et les déboires de ce que l’on appelle son « organe » ?
C’est en ce point que la référence au « savoir de l’inconscient » est requise. Comment caractériser l’apport de la psychanalyse à cette question de la voix pour mieux y situer les enjeux de cette question particulière, soit la conjoncture de la voix enseignante ? Car la voix enseigne sur l’inconscient, ce dont nous avons présenté ailleurs les attendus (Assoun, 2001) sur lesquels nous nous appuierons ici.

Tableau de Edwin "Sans voix"

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Le Surmoi poétique d'Aimé Césaire

par Guillaume Suréna, psychanalyste 

Aimé CÉSAIRE est l'homme public le plus important de l'histoire du 20ème siècle martiniquais : il réalise à la fois l'aspiration profonde du peuple à l'assimilation et installe en son sein le ferment contraire, l'anti-assimilationnisme, le sentiment national martiniquais. Son influence dépasse la Martinique; sa démarche a aussi contribué' à la prise de conscience nationale en Guadeloupe et en Guyane.

La cohabitation dans l'esprit public de ces deux tendances correspond a une potentialité de la vie psychique : le clivage.

C'est Sigmund FREUD, l'un des plus grand novateur scientifique de tous les temps, avec GALLILEE et DARWIN, qui, à la fin de sa vie, en 1938, a théorisé ce fait clinique passionnant déjà repéré depuis les débuts de l'aventure psychanalytique : le Moi, au lieu de refouler purement et simplement comme sa faiblesse le poussait à le faire jusqu'alors va se cliver pour à la fois reconnaître la réalité désagréable et la nier. Un tel Moi capable de cette double opération simultanément est un Moi fort, qu'il faut bien appeler Surmoi, Uber-Ich... en allemand.

 

 

Santé mentale : prédictions à risques

   En diffusant par le biais des écoles parisiennes un questionnaire destiné aux parents d'enfants âgés de 5 ans, visant à " mieux cerner les facteurs d'amélioration et de détérioration de leur santé physique et mentale ", la fondation MGEN a remis en lumière une tendance forte de la recherche psychosociale actuelle : la tentative de prédire, sur la base des données recueillies dans leur petite enfance, le comportement futur des individus. En refusant que cette enquête soit poursuivie (Le Monde du 23 mai), la Ville de Paris et la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, en ont éclairé une autre : la vigilance extrême que manifestent désormais nombre de citoyens vis-à-vis de ces études, soupçonnées au mieux de porter atteinte à la vie privée, au pire de stigmatiser les familles " à risque ".

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Etre un homme : pas si simple

 

La société est empreinte d'une homophobie passive qui touche les plus fragiles, homos ou hétéros

   Etre un jeune homme occidental dans les années 2000 ? Pas si facile. S'il est puissant, musclé et fort en gueule, il prend le risque de passer pour un macho, espèce théoriquement en voie de disparition. Mais qu'il soit doux, délicat et paisible, et les choses ne seront pas plus simples. Encore moins s'il est homosexuel.

" Aujourd'hui, les jeunes hommes ne se retrouvent ni dans la virilité caricaturale du passé ni dans le rejet de toute masculinité. Ils sont déjà les héritiers d'une première génération de mutants. Fils de femmes plus viriles et d'hommes plus féminins, ils ont parfois du mal à s'identifier à leurs pères ", écrivait déjà la philosophe Elisabeth Badinter en 1992 (XY. De l'identité masculine, Odile Jacob, 314 p., 20,80 euros). Quinze ans plus tard, l'évolution reste douloureuse. Surtout lorsqu'elle s'inscrit dans un contexte difficile (milieu socio-économique défavorisé, problèmes d'intégration, fragilité psychologique) et qu'aux formes de discrimination les plus courantes (racisme, sexisme) s'ajoute l'homophobie.

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Traiter la phobie de l'école

  Tremblements, sueurs, crises de panique : à partir de 13 ans, Colette redoutait d'aller au collège. Scolarisée en 4e dans un établissement parisien classé en zone d'éducation prioritaire, l'adolescente était la meilleure élève de sa classe. " J'ai téléphoné à la directrice, se souvient sa mère. Je lui ai demandé l'autorisation de changer d'établissement. Elle a refusé et m'a répondu que ma fille n'avait qu'à s'endurcir" Issue d'une famille aisée, Colette a fréquenté de plus en plus souvent l'infirmerie, jusqu'au jour où elle a eu une crise de désespoir en plein cours menaçant de se suicider.

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LA PSYCHANALYSE AUX ANTILLES POUR QUOI FAIRE ?

par Pierre Stitelmann

  Il y a tout juste un an de cela Guillaume Suréna, psychanalyste martiniquais convoquait, pour le 150 ème anniversaire de la naissance de Freud une assemblée nombreuse pour débattre de la psychanalyse aux Antilles. Parmi les invités Pierre Stitelmann, fondateur de la psychanalyse en Martinique, a fait une intervention dont il communique aujourd'hui la transcription que voici et qui portait le titre  initial suivant : "Introjection et transgénérationnel".  La veille Marycécile Lubino, psychanalyste guadeloupéenne, dans une présentation remarquable et remarquée avait traité de ce qui dans " La résistance" pouvait relever du transgénérationnel. Vincent Mauriello, martiniquais méconnu en Martinique, il exerce à Montréal, avait évoqué son parcours de  psychanalyste, professeur agrégé de psychiatrie. Didier Trystam, psychiatre, Michel Herrouin pédopsychiatre, Marie Nadiège Yerro psychanalyste, et quelques autres, avaient contribué à un débat d'une bonne tenue, loin des congrès monolithiques dans lesquels il semblerait que les effets de transferts non résolus des analystes en formation, inhibent la pensée.

 

Psychanalyse et anticolonialisme

L'influence de Frantz Fanon

par Guillaume Suréna

  Le Professeur Tobie Nathan, dans Le Monde diplomatique d'octobre 1991, nous révèle, sur le ton prophétique des grands découvreurs, « que l'Afrique n'est pas une terre à conquérir [ ... ] par telle ou telle chapelle psychanalytique en mal de clientèle » (Tobie Nathan, 1989). Dans cet article plus hâtif qu'instructif, les Nègres qui se réclament de l'or pur de la psychanalyse seraient « "blanchis" dans les universités et les instituts occidentaux » (Nathan, 1989).
Je mesure donc le risque que je cours face à l'autorité d'un tel grand prêtre du savoir universitaire. Mais je ne voudrais pas sous-estimer celui que je cours face à certains Nègres des Antilles et d'ailleurs en critiquant l'un des Nègres dont nous sommes le plus fier depuis Toussaint Louverture, l'un de ceux qui ont le plus contribué à remettre en cause l'aliénation coloniale. J'ai nommé : Frantz Fanon.
Comment rendre compte du retard de développement de la psychanalyse dans les communautés noires, que ce soit en Afrique, aux Etats-Unis, au Brésil, dans le Bassin caraïbéen ?

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La psychanalyse à la Martinique

par Jeanne Wiltord

 Cet article est né d'une rencontre ; rencontre d'un "impossible", d'incertitudes et de questions venues de ma pratique de psychanalyste à la Martinique. Cet "impossible" articule la langue créole à la psychanalyse d'une part ; la langue créole au dire amoureux d'autre part. Un praticien martiniquais m'affirme sans appel : "c'est impossible de faire une psychanalyse en créole". Est-ce aussi "d'un impossible" que se fonde l'embarras d'une thérapeute martiniquaise "embarquée" à mener en créole une psychothérapie ? Est-ce encore un "impossible" qui trace les contours du silence ou de la gêne des praticiens à rendre compte des effets de l'irruption de la langue créole en cours d'analyse ou de psychothérapie ?
"Impossible" d'engager une relation amoureuse avec une femme sans passer, au début, par la langue française, disent des hommes (leur origine sociale est diverse) au cours d'entretiens sur les relations du créole et de la sexualité. Vrai, faux ?

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Démocratie ou barbarie numérique

par Slavoj Zizek

A l'ère d'Internet, les métamorphoses du moi ne font que lâcher la bride à ses instincts meurtriers

  L'édition du magazine Time datée du 18 décembre 2006 a attribué le titre de " personnalité de l'année " 2006 non pas à Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chavez, Kim Jong-iI, ou un autre membre du palmarès habituel, mais à " vous ", c'est-à-dire chacun d'entre nous qui utilisons ou créons des sites sur le Web. La couverture du magazine était illustrée d'un clavier blanc surmonté d'un miroir en guise d'écran d'ordinateur, dans lequel le lecteur pouvait apercevoir son propre reflet. Les rédacteurs ont justifié leur choix en évoquant le passage des institutions aux individus qui re-émergent aujourd'hui comme les citoyens de la nouvelle démocratie numérique.

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"Le colonisé est un persécuté qui rêve en permanence de devenir persécuteur" Fanon entre le Réel et l'inconscient par Jacques André . Quand on évoque Fanon psychiatre, c'est le plus souvent en quelques lignes, à la fin, pour être sûr de n'avoir rien oublié ; ou en introduction, histoire de respecter la chronologie. Dans une vie pleine d'élaboration et de luttes politiques, la psychiatrie fait figure d'appendice, d'à-côté professionnel en marge de l'engagement, ou de période, formatrice sans doute, mais bientôt dépassée. Peut-être y a-t-il une part de légitimité à procéder ainsi, l'héritage laissé par Fanon à ce que l'on peut appeler, sans emphase, "l'histoire de l'humanité", relevant davantage du politique que du psychiatrique.

 

Quelques réflexions à la suite des articles parus autour des propos de Mr Raphaël Confiant

par Marie-José Corentin-Vigon et Lucie Descoueyte Psychanalystes, Membres du G.A.R.E.F.P (Groupe Antillais de recherche d’Etude et Formation Psychanalytique)

En être ou ne pas en être de… ?

En tant que quoi ? En tant que qui ?...

Poser la problématique identitaire en ces termes nous évoque l’article 1 du code noir qui requiert l’expulsion des juifs, leur désignation comme ennemis ? ainsi que les autres articles qui font des nègres des objets. Entre les hommes il n’y pas d’autre mesure que la parole. Parler est habiter son être.Que devient chacun de nous quand cette parole nous est refusée au nom d’une appartenance à une identité, pas seulement imaginaire mais unique. « Innommable » : terme hautement investi puisqu’il apparaît onze fois dans le texte de Mr Confiant et qui viendrait masquer au-delà de l’antisémitisme chez certains, bien réel hélas, le mythe de l’identité unique, celui-ci entraînant immédiatement l’exclusion de ceux qui n’en sont pas, de là… .

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Nous sommes philosémites !...

Lucien CLÉMENTÉ & Guillaume SURÉNA


Nous ne décorerons pas monsieur DIEUDONNÉ de la légion du déshonneur en le traitant de nazi. Non ! Monsieur DIEUDONNÉ n’est pas un antisémite. Il le dit et le redit, il n’y a pas de raison de ne pas le croire. Mais ses propos sur les commémorations de la Shoah sont inacceptables. Parler de « pornographie mémorielle» est une catastrophe. Et ce, même dans le cas où ces propos auraient été tenu par une israélienne, c’est une injure de le reprendre à son compte et un exemple accablant du suivisme de certains de nos frères et doit être rangé, à son tour, dans la rubrique « pornographie de la bêtise ».

Oui ! On ne commémorera jamais assez ce crime horrible qu’est l’extermination des juifs commise avec la complicité d’une partie de la bourgeoisie qui oublie sélectivement avoir préféré les « Nazis » aux « Rouges »…

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Dénoncer les assassins d'enfants, c'est faire partie des «braves gens» par Samuel Lepastier psychiatre, psychanalyste qui explique pourquoi les crimes à caractère sexuel envers les enfants sont devenus les plus intolérables pour l'opinion publique. Et en quoi ils trouvent un écho intime en chacun de nous, même si nous n'en sommes pas directement les victimes. Tous les ans, en France, une dizaine au moins de pères ou mères gravement déprimés se suicident après avoir tué leurs enfants. C'est ce qu'on appelle curieusement le «suicide altruiste». Ces meurtres mobilisent peu l'attention. En revanche, ce qui est intolérable à l'opinion publique, c'est effectivement qu'un enfant soit agressé ou tué pour le plaisir égoïste d'un adulte pervers. Aujourd'hui, la maltraitance physique émeut moins que la maltraitance sexuelle réelle ou supposée.

 

 Sexualité

libération des femmes,  précocité du premier rapport sexuel, et  comportements moins conservateurs

   Les comportements sexuels continuent à se conjuguer de manière très différente au féminin et au masculin. Les premiers résultats de l'enquête sur " le contexte de la sexualité en France ", rendus publics mardi 13 mars, font apparaître à la fois des transformations profondes - notamment chez les femmes dont la libération sexuelle se poursuit - et des permanences dans les représentations de la sexualité.

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Le désir, la jeune fille et la mère

Par DOMINIQUE SELS écrivaine


Encore les seventies. J’étais adolescente. Je voudrais dire mon amitié à Roman Polanski,

j’espère qu’il va vite se tirer de là. Les mères n’osaient profiter de la liberté qui nous était naturelle, elles s’y hasardaient, alternant hardiesse et revirements vertueux. Je sais des histoires où la fille fut importunée par le désir de sa mère, sur elle projeté ; la mère la mène vers un homme mûr ; favorise un rapprochement ; son fantasme accompli par procuration, elle crie, soit chasse sa fille, soit s’indigne contre le monstre qui en aura abusé, et qui est en fait tombé dans le panneau. C’est pas la faute à Voltaire, toujours la faute à la fille ou à l’homme : pourvu qu’on n’attaque pas la moralité de la mère.

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 Une tête qui ne revient pas. Un entretien de A. Jacquard et J-B Pontalis .   Pour moi c'était évident, au moment où nous préparions le premier numéro du Genre humain, il fallait le consacrer à La science face au racisme. On y admettait, a priori, que le racisme est une tare. A l'époque, il me semblait clair que, pour lutter contre le racisme, comme contre n'importe quoi, contre le diable en général, la meilleure arme, c'est la science. Pourquoi? Parce que la science est ce merveilleux effort de l'homme pour se mettre en accord avec l'univers, pour voir clair en lui, pour être cohérent, rigoureux, lucide... Et puis, grâce à la biologie, on apportait avec le constat de l'impossibilité d'une définition de races humaines, un argument décisif. C'était sans doute prétentieux. En fait, grâce à la biologie, moi le généticien, je croyais permettre aux gens de voir plus clair en leur disant: «Une race, vous en parlez, mais de quoi s'agit-il?» Et je leur montrais qu'on ne peut pas la définir sans arbitraire ni sans ambiguïté. Cette démarche s'apparente aux théorèmes les plus fondamentaux, ceux qui démontrent qu'une question est mal posée, que telle affirmation est indécidable. Autrement dit, le concept de «race» n'est pas fondé et par conséquent le racisme doit disparaître.

 

Le désir, ou la trahison du bonheur   par Slavoj Zizek penseur à la mode mais à la pensée intempestive, examine la question du désir aujourd'hui. Entre l'ancien interdit lié au plaisir et l'impératif contemporain de la jouissance, quel désir désirer? Depuis plusieurs années, le philosophe Slavoj Zizek entreprend d'appliquer la théorie lacanienne du désir à l'analyse de la culture moderne. À l'occasion de la parution de La Marionnette et le Nain (éd. du Seuil), qui propose une relecture provocante du christianisme « entre perversion et subversion », nous avons voulu l'interroger sur la question du désir aujourd'hui. Entre œufs Kinder Surprise et café sans caféine, notre époque au prisme de l'« objet petit a », du Surmoi et du « Grand Autre ».
 

La race ou le nom  par Jeanne Wiltord, psychiatre, psychanalyste. Raphaël Confiant est un écrivain martiniquais dont le succès médiatique est incontestable. À la suite de la visite de l’humoriste français Dieudonné à la fête de Front National, il a rendu public un texte intitulé « La faute (pardonnable) de Dieudonné » en se défendant  d’y  «faire de la psychanalyse sauvage ». Ce texte me paraît être un exemple remarquable de la distorsion du langage qui structure certaines subjectivités et de la gravité des dérives racistes auxquelles elle peut conduire. Il rejoint les propos d’un militant du Front National qui justifiait son adhésion au discours de dirigeant de ce parti parce que, disait celui-ci, « avec lui c’est la peau qui pense ».

 

Jeanne WILTORD, “Habiter "le pan d’un grand désastre"”, in la célibataire , "revue de psychanalyse/  clinique, logique, politique ", n° 12, printemps 2006, pages 47-58. La revue de psychanalyse la célibataire a consacré son numéro 12 aux "Incidences subjectives de l’immigration". C’est dans ce cadre de réflexion que le docteur Jeanne Wiltord, psychanalyste, revient sur un débat resté généralement méconnu en France, mais très vif chez les écrivains et poètes francophones des Antilles au milieu des années cinquante : après la publication en volume de Journal d’une poésie nationale d’Aragon (1954), le jeune poète haïtien René Depestre [1] déclarait, dans une lettre de juin1955 adressée aux Lettres françaises, son ralliement théorique "aux enseignements décisifs d’Aragon" sur l’enracinement national de la poésie ; il y voyait le moyen de surmonter "le conflit où se débattait [son] individualisme formel". Aimé Césaire répliqua par le poème "Le verbe marronner. Réponse à René Depestre, poète haïtien (éléments d’un art poétique)", invitant Depestre à "marronner" les formes apprises et à rejeter la conception aragonienne de la poésie.

 

"Psychoses", ou de quelques questions à l'occasion d'un séminaire . Les nosologies sont filles des pratiques culturelles. Alors qu'en France il est plus ou moins d'usage de parler de psychoses infantiles, l'OMS ne retient le diagnostic de psychose que pour les adultes. Vérité ici, erreur au-delà... Un semblant d'accord toutefois à propos de psychoses : le mot ne s'emploie qu'au pluriel, c'est dire l'ambition du séminaire qu'organise à Schoelcher le GAREFP du 30 octobre au 5 novembre sur le thème. Voici quelques unes des questions que nous aimerions voir débattues... Lire la suite par Roland Sabra

 

Traumatisme   béké traumatisme nègre  par Guillaume Suréna . Contribution au cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage (1848-1998) En ce cent cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage, on s’interroge beaucoup sur les comportements et sur la mentalité des Antillais, descendants d’esclaves ou d’esclavagistes. Il est certain qu’il s’agit d’une quête légitime et d’une recherche stimulante pour l’esprit. Il s’agit de comprendre, par-delà les particularités et les spécificités de telle ou telle période, ce qui fait l’unité de cette histoire qui dure depuis cinq siècles. Il faut appréhender le sens de cette organisation sociale qui perdure jusqu’à nous : d’un côté une caste blanche dominante et de l’autre les non-Blancs hétérogènes.

 

Histoire de la psychanalyse en Martinique par Luce Descoueyte, Psychanalyste. Pourquoi écrire l'histoire de la psychanalyse ici ? Il y aurait une possibilité d'en dire quelque chose, maintenant. Du temps est passé. Des relations se sont faites, défaites, réaménagées. Des analystes sont partis, d'autres venus rejoindre ceux qui continuaient. Des institutions se sont mises en place, qui durent, évoluent, vivent. Il y a des gens au travail, comment ? Il y aurait une nécessité d'inscrire du côté du symbolique ce qui s'est "archivé", "la conservation des impressions psychiques" (2) en chacun de nous et à l'intérieur du mouvement psychanalytique, ici, et d'en témoigner.

 

Naissance de Freud . Voilà que paraît enfin, avec vingt ans de retard, l'édition française de la correspondance non expurgée que Freud adressa, entre 1887 et 1904, à son ami Wilhelm Fliess, médecin berlinois, oto-rhino-laryngologiste connu pour ses théories extravagantes. Autant dire que ces 287 lettres, déjà traduites en plusieurs langues et maintes fois commentées, depuis 1985, par tous les spécialistes du freudisme, ne contiennent, pour la présente traduction française, aucune nouvelle " révélation " susceptible de transformer le regard que les historiens portent aujourd'hui sur les origines de la psychanalyse.

 

Entretien avec Guillaume Suréna, psychanalyste freudien et ... martiniquais . L'homme est complexe, jovial il n'hésite pas à récuser les questions de l'intervieweur qui lui semblent emprunter à des catégories pensantes qu'il estime être le signe d'une importation d'un lacanisme parisien. Freudien orthodoxe, viennois même comme il se définit, il dialogue avec tous, y compris quelques «pères-Ok» « lacanophiles » de l'île. Il se dit dans la profession que s'il ne restait qu'un analyste en Martinique, il serait celui-là. Propos recueillis par Roland Sabra

 

La rentrée des associations martiniquaises de psychanalyse. Le programme des séminaires, colloques, réunions et autres groupes de travail du G.A.R.E.F.P. la première association martiniquaise de psychanalyse. L'ALI est née, lacanienne, plus tardivement, mais elle a aussi son programme.

 

Les techniques cognitivo-comportamentalistes en bande dessinée.

 

La défense et le différend de Fethi Benslama . Défendre la liberté de parole d'où qu'elle vienne, s'insurger contre la censure sous toutes ses formes, et a fortiori celle qui condamne à mort, est une exigence absolue qui ne souffre aucune exception. C'est un préalable sans lequel l'idée même de parole n'est pas concevable, et, avec elle, celle de l'être humain lui-même. Liberté et dignité sont ici indissociablement liées dans ce qui pourrait être considéré comme le principe qui devance et excède tout principe. Dans ses plus hautes oeuvres, la pensée en Occident comme en Orient a conféré à ce principe la valeur d'un fondement éthique, en ce sens que la parole appelle et nomme l'altérité, sans quoi il n'y a pas de reconnaissance de l'être et de la possibilité de la paix. Jacques Lacan avait rassemblé cet enjeu dans la formule du « parlêtre »

 

Chronologie d'une bouffée délirante . par Roland Sabra Comment à partir de trois fois rien, un article factuel, se monte un épisode délirant donnant lieu à une rationalisation a posteriori, d'autant plus efficace qu'elle se trouve renforcée du branchement d'autres machines paranoïaques ( au sens de l'Anti-Oedipe), ou comment la haine de la pensée et sa passion qui nous travaille se logent chez les intellectuels avec une prédilection toute particulière, dans le domaine politique et/ou sexuel.

 

Père y es-tu ? Le GAREFP, Groupe Antillais de Recherche d'Etudes et de Formation Psychanalytique, qui existe depuis plus de trente ans, poursuit de façon indéfectible son travail. Il organisait les 2 et 3 janvier 2006 dans le cadre de l'Inter-Associatif, un regroupement d'associations issues pour la plupart d'entre elles de l'univers lacanien, un colloque au titre évocateur : « Père y es-tu? », qui interroge la clinique ici aux Antilles et ailleurs... Un entretien de deux psycanalystes martiniquaises avec Roland Sabra

 

La pensée du rhizome chez Edouard Glissant par Roland Sabra Il est des livres qu'il faudrait peut-être n'avoir jamais lu. Ils ne vous laissent pas indemnes. Il y a déjà trente trois ans de cela, en 1972 paraissait un OVNI littéraire, comète incandescente dont les cendres allaient irradier la pensée de la fin du XXème siècle.