Violences
des jeunes
par
George Huyghes
des Etages,
psychologue
La genèse de la
violence des jeunes réside
peut-être dans cette lucidité
nouvelle (et douloureuse dans
son impuissance à influer sur la
réalité) de cette génération,
largement informée par les media
des « affaires », des abus et
exactions commis par certains
adultes détenteurs du pouvoir,
de l’autorité, de la notoriété.
Les jeunes rejettent cette
morale qui est transgressée par
ceux mêmes qui la professent :
ils refusent de respecter les
règles d’un jeu dont ils savent
que les dés sont à l’avance
pipés, d être comme leurs
parents, exploités, dominés,
spoliés, bernés, des « laissés
pour compte » , des « damnés de
la terre », des oubliés sur les
chemins d’une histoire déjà
falsifiée. Ils n’aperçoivent
aucune lueur d’espoir dans ces
sociétés modernes sans amour ni
scrupules, ou règnent la
cupidité, le vice et la « malpwopté »,
où comme leur tonton DAVID le
leur martèlait : « j’en suis
sûr, on nous prend pour des
cons ». Ils croient trouver dans
l’exemple de la réussite de
certains aînés hors-la-loi, la
clé qui changera leur destin.
Et, en vérité, quelle
alternative leur propose-t-on ?
Quelle compensation à leur bonne
tenue, quelles récompenses pour
leurs mérites ?
Avec
l’impétuosité de leur âge, ils
répondent de façon, certes
inadaptée, à l’injustice,
supposée ou vécue, par la
violence contre les
autres (exact ions) ou contre
soi (suicides, conduites
à risque, "tirages" ) que la
drogue « aide » à évacuer dans
les passages à l’acte ou
l’oubli.
Il faut ajouter à
ceci la corrélation (trouvée par
la Recherche) entre agressivité
de l’enfant, délinquance du
jeune et pauvreté linguistique :
celui qui ne peut s’exprimer
verbalement substitue l’agir au
dire et nous savons les
difficultés langagières qui
sévissent ici .…et le taux
important de l’échec à l’école
comme du chômage.
Dans un climat
général de précarité économique
et d'exigence sociale de"
paraître pour être " qui incite
à la '"frime" et à la
débrouillardise, les jeunes
adultes souvent oisifs (car
en rupture d'activité scolaire
ou professionnelle)
seraient transparents,
invisibles, :s'ils ne se
mettaient ainsi en vedettes. Et
dans ce sens, la responsabilité
des media est énorme dans la
vision que la population et plus
particulièrement les jeunes
(encore plus malléables et
influençables que les adultes)
ont de la violence dans notre
pays. Ces media représentent en
effet, sciemment ou pas, de
façon anodine ou pas, des
caisses de résonance qui
répercutent (et valorisent
parfois tels qu’ils sont
rapportés) les comportements
délictueux des exclus du système
(familial, scolaire, social) :
ceux-ci trouvent enfin une
occasion d’être en quelque sorte
reconnus, « à la une » d’une
actualité qui dérange mais
interpelle, d’accéder sous les
feux des projecteurs à une scène
publique et de faire l’objet
d’une certaine célébrité – même
éphémère – à l’image de ces
cancres qui, faute de pouvoir
briller par leurs bonnes notes,
attirent sur eux l’attention par
leur agitation, leur insolence,
leur agressivité sans lesquelles
ils demeureraient anonymes.
Tous ces
comportements déviants doivent
être compris par nous, adultes,
comme des réactions de détresse
et des appels à l’aide..
Ils mettent en cause la
faillite du système éducatif
tout entier : famille, école,
institutions religieuses, qui
n’arrive plus à assumer son rôle
d’adaptation à une société
elle-même en crise de morale, de
justice sociale et de civisme.
Ils s’inscrivent donc dans un
fonctionnement global de la
société et appellent des
réponses certes
socio-économiques mais surtout
culturelles et politiques
George HUYGHUES
DES ETAGES; psychologue -

Grève
générale
pour des
revendications
complètement
justes
et
légitimes....
Mais
dans
cette
crise
qui
agite la
Martinique,
où sont
les
marcheurs
en
dehors
des
manifestants,
les
cyclistes?
Pas sur
les
routes
en tout
cas,
alors
qu'en
temps
"normal"
beaucoup
d'associations
organisent
des
randonnées
pédestres,
beaucoup
de
martiniquais font
partie
de clubs
et
possèdent
VTT et
tout
l'attirail
adéquat,
souvent
dernier
cri :
maillot,
chaussures
spéciales,
lunettes,
casque,
etc....
Mais
non, on
préfère
s'agglutiner
quotidiennement
devant
les
stations-service
pour se
procurer
3O euros
d'essence
(et
parfois
moins).
On ne
nous
fera pas
croire
qu'il
n'y a
pas
d'autres
alternatives
que de
faire le
pied de
grue
devant
ces
stations
depuis 4
ou 5 h
du matin
et
pendant
3 à 5 h
d'attente.
Beaucoup
de
voitures
qui
circulent
n'ont à
leur
bord
qu'une
seule
personne
:le
conducteur
. Quid
du
co-voiturage
?
Certes,
des
initiatives
solidaires
existent
mais
encore trop
insuffisantes
Ceci
augure
bien mal
de
l'avenir. Car
si le
collectif
du 5
février
obtenait
que
les salaires
et les
aides
sociales
augmentent
(à la
limite
même
sans
baisser
les prix
des
produits
et des
services...)
cette
augmentation
risque
de ne
servir
qu'à
consommer
davantage
et donc
à
continuer
à
gonfler
les
poches
des
mêmes
dont on
se
plaint
qu'ils
exploitent
et
exercent
une "profitasyon".
Nous
nous
trouvons
en effet
cernés
étant
donné
que ces
grossistes
importateurs
distributeurs
possèdent bon
nombre
des
leviers
économiques
et même
politiques
puisqu'ils
ont
l'oreille
et le
soutien
inconditionnel
du
gouvernement
français.
La
départementalisation
ne nous
aurait
placé
que sous
un
régime
d'affranchis comme
l'explique
maître
Dominique
Monotuka
et nous
ne
serions
pas
vraiment
sortis
de
'l'habitation"?
Le rêve
serait
une
évolution
pacifique
vers
la
souveraineté
qui
donnerait
la
possibilité
aux
martiniquais
de
prendre
en
main
leur
destin,
de
transformer
les
rapports
géo-politiques comme
socio-économiques
et
rendrait
au
peuple
sa
dignité
mais
malheureusement
la "métropole"
a
montré
son
intransigeance :
elle ne
lache
pas
prise
sans
bain
de
sang
(les
massacres
perpétrés
en
Indochine,
en
Algérie, à
Madagascar luttant
pour leur
indépendance,
en
Nouvelle-Calédonie,
les
assassinats
en
Guadeloupe
et
en
Martinique
le
prouvent) et,
au
lieu
d'aider
ses
anciennes
colonies,
leur
impose une domination
déguisée, au
profit
de
ses
propres
resortissants, sous
forme
de
"coopération"
même
après
leur
indépendance.
Sommes
nous
prêts
à
ces
sacrifices,
quasi
inutiles
tant
que
la
France
(et
maintenant
l'Europe)
ne
sera
pas
décidée
à se
séparer
de
ses
régions
ultramarines qui
lui
permettent
d'écouler
ses
producions
et
d'être
la
3ème
puissance
maritime
mondiale
alors
que,
sans
elles,
elle
serait
la
49ème,
de
gérer
les
richesses
prometteuses
d’immenses
fonds
marins
et
de
sous-sols
encore
inexplorés,
d’occuper
une
position
stratégique
qui
lui
donne
le
droit de
s’asseoir
à
la table
des
Grands?
A l'heure actuelle, seul un statut institutionnel différent dans le cadre de la république française (et accepté par elle ...) serait capable d'opérer un changement conséquent et durable et ceci n'est possible que par les urnes. Il reste donc à espérer que tous les manifestants et sympathisants que mobilise cette grève seront prêts à voter aux prochaines consultations, celles visant à choisir entre article 73 ou 74 ou celles pour l'élection de nos représentants dans les différentes instances de pouvoir. Il serait indispensable que ce peuple se rende compte de l'importance de ses bulletins de vote et du choix de ses élus qu'il doit accompagner et soutenir dans leurs démarches.
Dans l'immédiat, cette grève a pour avantage secondaire d'être une préfiguration de ce qui pourrait se réaliser si nous boycottions certaines grandes surfaces commerciales et que diminuait la consommation des produits importés et en particulier de l'essence et des marques "de prestige". Mais qui acceptera d'opérer volontairement ce boycott, à voir le comportement actuel de beaucoup de nos compatriotes? Cependant peut-être leurs attitudes seraient-elles amenées à changer si les petits commerces, les petits producteurs étaient subventionnés ou si des filières originales et d'autres circuits d'approvisionnement contournant le système actuel étaient mis en place (Vénézuela, énergies renouvelables, etc...) afin d'arriver à pratiquer des prix attractifs sur des produits-phares (que la publicité recommanderait et ...que les "notables" et les "grands grecs" valoriseraient), si des coopératives d'achats et de prêts se recréaient, mutualisant et aidant les agriculteurs comme les artisans, les petites entreprises mais également les consommateurs, si des points de vente directe du producteur au consommateur et des réseaux d'échanges et d'entraide se multipliaient.
Tout ceci réclame une vraie organisation, qui ne se fera sans doute pas spontanément : information, formation et éducation sont essentielles, par le truchement des media ---- et l'exemple (messieurs les intellectuels conscientisés et même militants, le peuple vous observe : commencez par arrêter d'arborer sur vos tea-shirts et chemises ces logos de marques de luxe ! tiré sa souplé ! mwen sav sa zot ké répond mwen : ki zot téké lé pèp zot pé ni bel bagay kon zot, mé akyelman pèp-la pa pé, é es sé sa ki bel bagay ?) afin que cette grève générale soit l'amorce d'une vraie révolution culturelle dans notre pays.
George HUYGHUES DES ETAGES - psychologue, auteure d'ouvrages éducatifs -
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