PEINTURE. ISMAEL MUNDARAY.
LE JOUR
ET LA NUIT
EL DIA Y
LA NOCHE
Du 25 octobre au 1er
Novembre 2011, de 11h à 19h
Salon
Taïnos de Madiana – Palais des Congrès
97233 Schoelcher -
Martinique
Exposition Le jour et
La Nuit d’Ismael Mundaray.
Quand
des toiles font courir le rêve…
D’arbres en lunes. De
mauve en rose. De gris en bleu. De rouge en
ocre. De lunes en levers du petit jour.
Quand l’œil découvre,
s’étonne. Quand l’œil voit ce qui n’est pas
donné à voir. Quand l’œil
s’abandonne….Passant de la présence à
l’absence. Du visible à l’invisible…
Alors…
La nuit valse en quête de couleurs de nuit.
La toile valse en quête de couleurs de lune.
La lune se demande ce que sera la nuit. Le
jour, lui, se demande, ce que sera son
heure.
La toile regarde. Lève les yeux vers les
étoiles. Pour prendre le pouls de la lune.
Regardera – t - elle le monde, faisant le
voyage de l’Orénoque, à la Seine.
Franchira – t-elle le
désert de Gobi ou les savanes lointaines ?
Sera – t - elle pleine, en croissant, en
quartier, en demi – lune. Lune qui pleure,
lune qui rit. Lune de peintre et de poète.
La lune tourne la
planète.
Et l’artiste, comme on sculpte la matière.
Comme on sculpte la vie, donne la rondeur,
la forme lointaine du rêve inaccessible. La
forme du rêve suspendu. L’irréel aux portes
de l’inconscient.
Que vienne le jour ! Que
vienne la nuit !
Telle est la lanterne
magique de la création en solitude.
D’une toile à l’autre,
l’artiste Mundaray, fait voyager le regard.
Sollicite l’imaginaire, nous vagabondant
dans l’espace floconneux de nos rêves
enfouis. En couleurs adoucies . En blanc
mauve léger, comme un rêve flottant. Les
volutes sont nuages caressants. Les arbres
sont des troncs, s’élevant dans l’espace.
Dans le ciel et la nuit. Puisant la force du
blanc et de l’ocre discret. La force de la
terre et la force du ciel.
Lumineux spectateurs. Assidus.
La lune est du rêve.
Tapie au fond des temps.
Couleur baiser. Ou encore grossie de désir
d’humanité. Ronde et proche. Blanche encore
de sa pureté. Irradiant de sa lumière la
terre, les arbres et l’invisible humain.
Dans la nuit, le fantasme
surgit.
Le relief est l’espace
infini. La solitude est mauve. L’espace dit
liberté. La solitude respire. Raconte la
vie. Des nuits imaginaires. Le bleu des
Touaregs n’est plus dans le désert. Et le
bleu travaillé donne la mélancolie mauve. Le
blanc est là. Interrogeant le mauve.
La terre est en relief .
L’espace ouvert donne le sillon du chemin
des hommes. La route est longue et le sac
posé là, est la présence humaine. La
présence et l’absence. Car le sac est sans
l’homme. Sans la femme. Et le voyage
pourtant. Le sac du voyageur : la quête de
l’artiste, et le chemin – travail de
création.
La nuit est là, posée,
insolite. La nuit franchit les interdits.
Rêves et réalités s’y mêlent et
s’entrelacent. La femme est à l’honneur dans
les souliers offerts. Absente, cachée, elle
offre le fantasme. Au souvenir venu d’on ne
sait où.
Bientôt, le jour se lève. Et passent les
saisons.
Du jour et de la nuit, la
danse recommence. Le violet devient ocre.
L’espace est un désert. La traversée a le
feu des couleurs. L’ âme des jours passés.
L’âme des jours présents. Les récipients
sont l’obole au chemin du passant.
L’artiste lui –même vient
offrir l’invisible présence, déplaçant le
fauteuil.
Prenant ensuite la route
du voyage.
Et le jour se répète à
l’infini des jours. De la palette offerte en
formes et en couleurs. En contrastes. En
reliefs. En horizons s’élevant jusqu’aux
cieux. En retombées paisibles de l’espace
adouci. En conquête du chemin parcouru. De
la question posée. De la question ouverte.
Qu’est l’absence mais aussi la présence.
Et l’œil du spectateur
s’est repu du travail de l’artiste. Et l’âme
du spectateur s’est nourrie des imprévus
qu’offre l’imaginaire, voyageant au plus
profond de soi. Empruntant le chemin du
voyage.
Faisant en communion la
route des couleurs.
Allant à la conquête du
Jour et de la Nuit.
Ismael Mundaray, dans le
balancement des couleurs offertes, diurnes,
nocturnes, veloutées, libres ; dans la
sobriété des formes ; l’impromptu des
emmêlements ; dans les silences comme en
musique ; dans la liberté de l’espace ; les
objets singulièrement posés ; la respiration
de la toile ; la solitude de la voie ; la
présence et l’absence, dit la vie en saisons
des couleurs, entraînant le spectateur dans
le voyage de l’inconscient.
Plongée intérieure,
recréant le chemin de l’artiste, en Valse du
jour et de la Nuit.
Quand des toiles font courir le rêve…..

Entretien Ismael Mundaray
– Widad Amra
"La
solitude de l'artiste crée de la présence"
W.A. : Bonjour Ismael
Mundaray, vous revoilà dans nos eaux. Soyez
le bienvenu. Vous êtes originaire du
Vénézuéla, vous travaillez actuellement
entre Paris et le Vénézuéla, mais n’êtes pas
étranger à la Martinique. Vous y avez vécu,
vous y revenez, vous y exposez parfois.
Votre dernier exposition
en 2007, à Madiana, s’appelait Horizon
clair de lune. Celle ci s’appelle
Le Jour et La Nuit. Ces deux
expositions sont marquées par le mouvement
de la nature. Pourquoi ?
Mundaray. : La
nature rythme notre vie et offre une
transcendance. C’est une force supérieure,
dans laquelle l’humain est. L’espace
appartient à cette force transcendante.
W. A : Le
jour et la Nuit, c’est le titre
de l’exposition. Quelle en est la
signification ?
Ismael Mundaray :
Le jour et la nuit, ce titre exprime le
doute perpétuel, le balancement, entre la
présence et l’absence. Le vide, le plein, le
silence, la vie la mort, le clair et
l’obscur. C’est la perception pure des
événements essentiels de notre existence.
Dans le rythme de la nature et des saisons.
C’est la présence supérieure. Nous dans cet
infini univers.
W.A. : Votre
exposition met en valeur l’espace. De grands
espaces ……
Ismael Mundaray :
Nous sommes liés à un espace : celui de
notre évolution, de nos déplacements. Cet
espace naturel me permet de mettre en place
les objets qui appartiennent à la mémoire du
quotidien. Je travaille aussi sur ce qui est
clair et obscur à la fois. L’ombre et la
lumière. Dans l’éclairage qui est donné à
ces objets à tout instant. Je m’interroge
toujours sur comment placer un objet dans un
espace à la fois plein de ciel et vide de
tout. Pourquoi la sensation la plus pure se
manifeste - t - elle pendant ce moment où la
solitude fondamentale rencontre le silence
du ciel. Pourquoi la sensation est toujours
tourmentée par le spectre de l’invisible.
W.A. : De cet invisible, dans la réalité du
monde, naît une atmosphère à la fois
paisible, étrange, énigmatique,
interrogative, et poétique. Invisible,
visible, ramenant l’homme à son essence.
Ismael Mundaray :
Oui, comment l’artiste que je suis, place –
t - il un objet dans un espace à la fois
plein de ciel et vide de tout ? Pourquoi la
sensation la plus pure se manifeste – t -
elle pendant ces moments où la solitude
fondamentale rencontre le silence du ciel ?
Pourquoi la perception est – t – elle
toujours tourmentée par le spectre de
l’invisible ? Voilà les questions que je me
pose concernant mon œuvre, qui au delà,
interroge l’homme contemporain dans sa
dimension planétaire…
W. A.
: Pouvez vous expliquer
votre parcours, votre évolution, en
précisant les titres de vos dernières
expositions ? Vous partez du Vénézuéla, vous
êtes maintenant à Paris. ..Vous exposez dans
le monde : le Panama, la Corée…Bien d’autres
pays….
Ismael Mundaray :
L’œuvre d’un artiste doit voyager…Se
montrer…Je suis parti pour voir d’autres
horizons, proposer mon travail ailleurs . Ne
pas rester localisé. J’avais le besoin de me
confronter aux autres. J’ai commencé par la
Martinique. J’y ai enseigné à L’IRAV. Dans
les écoles maternelles de Dillon, le collège
de Saint Joseph. La Martinique appartient à
ce projet de montrer mon parcours en tant
qu’artiste. J’y ai passé six ans, et ce pays
m’est cher. La rencontre avec les artistes
locaux, m’a été bénéfique et permis de
garder le lien avec la Martinique. Car au –
delà, j’ y ai gagné des amis.
Après, j’ai souhaité
aller en Europe. Avoir la possibilité de
salons. J’ai connu : La Fiac, la foire de
Bâle, celle de Cologne, Paris. L’Europe. …L’
Italie…C’était important cette traversée.
Comme il est important de pouvoir me situer
dans un projet de fleuve à fleuve. De
l’Orénoque à la Seine. C’est fait. A venir :
De la Seine à l’Orénoque.
W.A. : Pouvez – vous rappeler
le parcours de ces dernières années ?
Ismael Mundaray : Il y a eu : En
2001 : de l’Orénoque à la Seine. Histoire
d’une traversée. D’une culture à une autre
culture. 2006 la vitrine, les objets dans
l’espace. En 2008 : paysages de la mémoire.
2011 : une exposition au Panama.
W.A. : Que dire encore
de ce qui se devine et ne se voit pas dans
votre travail ?
Ismael Mundaray :
C’est la perception pure des phénomènes
essentiels de notre existence. C’est
l’absence et la présence. Les femmes y sont
sans y être. Les voyageurs ne sont que des
bagages posés.
Tout est dans
l’implicite, dans la suggestion. Les objets
sont des prétextes. Des symboles. Ils
suggèrent une présence. Evidemment, la
chaussure, c’est l’intimité, la référence
sensuelle. Des fantômes de femmes, ou
d’hommes suivant celle ou celui qui regarde.
L’œil du spectateur alors, capte ce qu’il
veut, interroge ce qu’il veut, de lui, au
fond de lui…
W.A. : Surréaliste….
Ismael Mundaray :
Oui, aussi…
W.A. : J’y reviens…L’
espace est dans la respiration…
Ismael Mundaray :
L’espace, c’est l’expérience de la vie
quotidienne. De ce qui nourrit chaque jour,
chaque instant, de notre évolution dans cet
espace : les lumières, les couleurs ; Leur
jeu sur l’eau, dans les arbres, dans les
objets de tous les jours. L’espace
solitaire.
W.A. : Vos toiles donnent
effectivement cette notion de solitude ..La
solitude mauve….
Ismael Mundaray : Oui, la solitude de
chacun, mais aussi la solitude de la
création, et de la façon de vivre qui en
découle. Un espace insolite vide et plein à
la fois. Le partage existentiel de ce qui se
passe de soi à soi. L’on est avant tout seul
et la création n’est que solitaire.
Mais dans la création, la
solitude de l’artiste crée aussi de la
présence. Ainsi le fauteuil par exemple, est
la part masculine de l’œuvre. L’homme
invisible est assis pour contempler le
modèle et le peindre. Il pourrait pourtant
s’y asseoir pour attendre la femme partie.
W.A. : L’essentiel est
suggéré, mais invisible, sauf dans une
toile, où l’on vous voit de dos. L’artiste
sort donc de sa distance…
Ismael Mundaray : L’artiste occupe
l’espace de sa toile. C’est une communion
entre l’espace et moi. Ma vie par rapport à
l’espace.
W.A. : La traversée,
du virtuel au réel….Mundaray, avez – vous
autre chose à nous dire ?
Ismael Mundaray :
Je remercie la Martinique de m’accueillir..
Merci à vous.
W.A. : Mundaray,
merci, bon séjour chez nous. Que vos
couleurs enchantent l’ île !