Éclectique, engagé et
résolument moderne, le couple
Obama se distingue aussi dans
l'art. Barack et Michelle Obama
ont emprunté quarante-sept
œuvres dans les musées de
Washington pour redécorer la
Maison-Blanche. Une collection
aussi riche que variée,
applaudie par la critique.
La culture afro-américaine
est à l'honneur dans cette
résidence construite par des
esclaves. Parmi les pièces qui
interpellent le plus, il y a
celle de Glenn Ligon, artiste
noir conceptuel qui explore les
thèmes de la politique et la
race. Sa toile Black Like Me N2
est un hommage au livre du
journaliste blanc John Howard
Griffin, qui s'était noirci la
peau pour relater ensuite son
expérience, peu plaisante. Sur
le tableau, on peut lire des
bribes de texte qui deviennent
de plus en plus illisibles au
fur et à mesure que le regard
descend vers le bas, couvert de
pigments noirs.
Quatre toiles naïves très
colorées du peintre William
Johnson célèbrent le mouvement
du renouveau de la culture
afro-américaine aux États-Unis.
Comme le veut la règle, aucun
peintre vivant n'est accroché
dans les parties publiques de la
Maison-Blanche, toutes les
œuvres viennent des stocks des
musées et non des expositions
publiques.
Les Amérindiens occupent
aussi une place de choix dans la
plus célèbre résidence
américaine. Douze pièces sont
consacrées à leurs mœurs, dont
une bonne partie du portraitiste
du XIXe siècle George Catlin.
Fait rare, quelques artistes
non américains se sont glissés
dans la collection. Parmi eux,
Edgar Degas, avec ses sculptures
Danseuse enfilant des bas et Le
Nœud, et Nicolas de Staël avec
une « impression de Nice »,
ainsi que l'Italien Giorgio
Morandi avec deux natures
mortes. En 1961, Jackie Kennedy
avait introduit Cézanne à la
Maison-Blanche.
Artistes quasi inconnus
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I Think I'll
(1983) par
Ed Ruscha.
La toile
relevant du
pop-art a
été
empruntée à
la National
Gallery of
Art par le
couple
Obama.
Crédits
photo : AP
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Quelques grands noms de l'art
abstrait américain sont aussi
présents : Mark Rothko et Josef
Albers. Mais les Obama n'ont pas
peur d'inviter des artistes
quasi inconnus lorsque le
message est fort. Il s'agit
notamment du peintre Edward
Corbett et de la toile
Washington DC : November 1963
III, dédiée à l'assassinat du
président John Fitzgerald
Kennedy.
Le choix le plus drôle pour
un président critiqué ces
temps-ci pour son indécision est
sans conteste la toile d'Ed
Ruscha : I Think I'll, de 1983.
Sur fond rouge, on peut lire en
anglais les mots suivants
répartis sur le tableau :
«Peut-être… oui.
«Attends.
«Après réflexion.
«Peut-être… que non.»
On ignore combien de temps
Barack Obama a pris avant de se
décider sur celui-là…