Google propose le
Prado
en 3D et en haute définition
.
Le
géant du web a réalisé un musée
virtuel consultable sur son logiciel
Google Earth. Quatorze chefs d'oeuvre
de la célèbres galerie madrilène
peuvent être admirés en très haute
définition depuis n'importe quel
ordinateur.
Admirer les
écaillures du temps sur les bras
graciles des Trois Grâces
de Rubens, le détail du reflet
du peintre dans le miroir des
Ménines de Velasquez ou le
blanc lumineux du condamné des
Fusillades du 3 mai de Goya, tout cela sans
bouger de son écran
d'ordinateur, c'est la dernière
proposition de Google.
Accéder au
Musée du Prado.
Le géant du
web propose depuis deux jours
aux internautes
une visite virtuelle du musée du
Prado à Madrid. Un principe
tout sauf nouveau, contrairement
à ce qu'affirme Google à grands
renforts de communiqués de
presse. Le principe du musée
qu'on peut parcourir en trois
dimensions existe en effet
depuis les premiers CD Roms.
Mais le
moteur de recherche a réalisé
une innovation majeure :
utiliser son logiciel de
représentation cartographique
Google Earth pour proposer le
visionnage d'une sélection des
oeuvres exposées dans le musée
espagnol en très haute
définition.
Sur Google
Earth, l'effet est plutôt
saisissant : depuis le ciel, on
plonge en un instant vers
l'Espagne, Madrid, puis le musée
du Prado, représenté en trois
dimensions. Il ne reste qu'à
cliquer pour voir les 14 toiles
proposées par Google, faire son
choix et cliquer à nouveau pour
accéder au tableau en très haute
définition. Très, très haute.
Une réponse
à Microsoft ?
Le niveau de
détails est impressionnant.
Selon Google,
les images des oeuvres ont une
résolution «à peu près de 14,000
million de pixels, c'est-à-dire
1400 fois plus précise que ce
que prendrait un appareil de 10
megapixels». Ce qui permet ,
explique le directeur du Prado,
d'observer des détails «que
jamais on ne pourrait voir à
l'œil nu».
Certes,
répond le critique d'art
Jonathan Jones, du quotidien
britannique Guardian,
sur son blog, mais «on rate
beaucoup de choses» dans ce
système, à commencer par
«l'atmosphère des galleries
éclairées par une lumière basse
et argentée, parfaite pour
admirer les oeuvres sombres de
Velasquez».
Et le
critique de citer Walter
Benjamin, «qui estimait que
la dissémination de
reproductions mécaniques des d'oeuvres
érodait l'aura de l'art, la
magie de l'unicité qui associe
un tableau à un endroit et crée
le mythe du chef d'oeuvre».
Une position fausse, pour Jones,
puisque plus l'oeuvre est
reproduite, plus sa valeur est
perçue. Mais, poursuit le
critique, «que se passe-t-il
lorsque la technique de
reproduction devient si parfaite
et sa dissination si si
universelle que toute personne
sur terre peut aller examiner,
depuis le coin de la rue, les
craquelures à la surface du
tableau ?».
Au-delà d'une
polémique artistique quelque peu
dépassée, l'affaire ressemble
surtout à un joli coup de «buzz»
pour Google, qui peut ainsi
faire parler de son logiciel
Google Earth et montrer qu'il
est encore et toujours à la
pointe de l'innovation en la
matière d'offre de contenus
numériques en ligne.
Il y a
quelques mois, Microsoft
frappait un grand coup en
matière d'image très haute
définition avec Seadragon, un
système permettant des zooms et
des dézooms extrêmement
impressionnants (voir la vidéo
ci-dessous). Avec cette
exposition virtuelle, Google
réplique et veut démontrer qu'il
reste le leader du domaine.
Cliquez ici pour télécharger
Google Earth. Pour avoir un
aperçu en ligne, Google a
également mis les images hautes
définition sur son site de
géolocalisation Google Maps.
Cliquez ici, puis sur une image
et zoomez pour obtenir une
définition plus importante.