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Peintures
&
Sculptures

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Nicole Terrien
Comme un jardin suspendu
ARTISANAT
Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret
 Du calme, de la peinture, du coton ou du lin. Point de départ d’une écriture picturale obéissant à des signes par lesquels est transmise l’identité des choses.
Mais aussi manuel de tradition où l’objet peint s’exhale, entre autres dans le désir d’offrir aux motifs saisis de traces d’éternité, une réalité plus belle, au -delà de leur vivacité. Nikol peint des fruits, des bambous, des fleurs tropicales, des fruits à pain, des cocos germés, toute l’exubérance de la végétation locale, et la luxuriante déclinaison florescente de notre Martinique dans son intimité, avec une véritable acuité de bon aloi, dénuée de prétention, jamais pédante. Nikol n’est pas dans la profusion forcenée du trait de l’artiste qui se pense irréductible, elle se borne à révéler l’essentiel dans un minimalisme éloquent et assumé à l’identique: son amour de la nature et de l’art confondus. Les différentes œuvres de l’exposition proposent de façon multiple une pause, un ralentissement du regard, ralentissement du temps de la création, un rapport à l’origine. Un temps de réflexion, un arrêt sur image. C’est la naissance d’une atmosphère mais c’est autant une manière de parler, de transmission et de mémoire, de génération en génération, qui se préoccupe des valeurs authentiques et documentaires, d’une pureté traditionnelle protégée de toute contamination spectaculaire. Une trace indélébile dans notre quotidien. Son œuvre nous plonge au cœur de cette création riche de par son authenticité, et porteuse de sens.
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Dans la nuit nègre, les feux follets du jazz
Au Savoy Ballroom, haut lieu du jazz à New York Tourcoing Envoyé spécial Au Fresnoy, l'exposition " Let's Dance ! " donne à voir sur grand écran un émerveillement dansé
 Ça danse, ça frémit, ça se déchaîne et ça bouge. Sous la grande nef du Studio national des arts contemporains du Fresnoy, les écrans se font de l'oeil, s'appellent, carillonnent. Fantômes délurés, images délirantes, corps réglés comme du papier à musique. " Let's Dance ! ", dans ce haut lieu culturel de Tourcoing (Nord), est une exposition dont la matière mouvante est constituée de " films de jazz " et de " tap-dancers ". Depuis le Cake-Walk au nouveau cirque (Louis Lumière, 1902), jusqu'aux fabuleux Nicholas Brothers (Stormy Weather, film d'Andrew L. Stone, avec aussi Cab Calloway, 1943), en passant par des images de Duke Ellington au Cotton Club en 1929, et ces miracles qui auront à jamais tricoté nos imaginaires : Jammin'the Blues, de Gjon Mili, en 1944.
Autant dire que nous n'allons pas ici nous embarquer dans la malédiction de ce mot si désiré, " jazz ", ses étymologies douteuses, ses connotations qui ne le sont pas moins, et la méfiance qu'il aura inspirée aux grandes figures du précisément " jazz ". Pas davantage, dans la question théologale de savoir si tap-dance, cette apothéose du corps musicien, du nouveau corps inventé par les Noirs d'Amérique, trouve une traduction bien inspirée dans " la danse à claquettes ". Ce qui est certain, c'est qu'il suffit d'avoir vu cinq secondes du stupéfiant Bill " Bojangles " Robinson (1878- 1949), ou quatre et demie des Nicholas Brothers, pour constater, les yeux écarquillés, que Fred Astaire n'était à côté d'eux, il le savait, qu'un Valentin le Désossé, certes non dénué de talent.
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Luz Sévérino à la Fondation Clément : la vérité multiplie la vie
Luz Severino ne se dérobe pas au vertige que son œuvre ouvre et suscite
Par Christian Antourel &
Ysa de Saint-Auret
 En consacrant son exposition « Derrière le voile » à une évocation de l’avenir des peuples, illustrant ainsi ce qui se passe actuellement dans ces pays africains et arabes qui revendiquent la délivrance, Luz Sévérino a abondamment nourri d’images rhétoriques sa peinture , et d’une réflexion radicale son installation monumentale. Référence aux pays où la liberté d’expression n’existe pas, là où les formes de vie de corps-fantômes, naissent et disparaissent à travers des transparences et que la force des langues vivantes jugulées ne peuvent retenir. Elle veut dans son discours pictural dénoncer des faits et prononcer la reformulation d’une liberté en devenir. Mais c’est par des chemins détournés que nous pénétrons les travaux de Luz Sévérino. Cette artiste plasticienne complète semble difficile à classer tant sa peinture abstraite à la base, incite le regard à chercher et trouver des formes humaines concrètes au-delà des traits de pinceaux, apparemment aléatoires que l’on y décèle. Il en résulte par un drôle d’effet d’optique suggéré des visages qui se dessinent et se révèlent progressivement à nos yeux étonnés. Un code de communication semble relier les individus, pour créer ensemble une irrésistible révolution ; Entre réalisme social et imaginaire, un manifeste en faveur d’une inspiration active. On peut y voir des juges courroucés au hasard d’une fulgurante pensée ou d’un songe attardé, un conseil des sages qui nous questionne et par la force d’évocation, la dignité outragée de ces longs personnages filiformes effilés comme un rasoir, se mettre à nous parler. Ce qui a pour effet immédiat de proposer conjointement comme point de départ et comme ligne d’horizon du style et du message, un blocage mais autant une ouverture entre un objet et son impossible étude.
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La boîte noire de Paul Cézanne
p ar John Berger
 Tout Européen ayant vécu au XXe siècle et passionné par la peinture s'est interrogé sur l'oeuvre de Paul Cézanne (1839 -1906), sur son mystère, son échec ou son triomphe. L'artiste est mort six ans après le début du siècle, à l'âge de 67 ans. C'était un prophète, même si, comme beaucoup de prophètes, ce n'était pas ce qu'il voulait devenir au départ.
Le Palais du Luxembourg, à Paris, accueille en ce moment (et jusqu'au 26 février) une exposition magnifique de 75 de ses toiles appartenant à toutes les périodes de sa vie, accompagnée d'un catalogue somptueux et très fouillé, qui nous offre l'occasion de regarder le peintre, une fois encore, dans toute son originalité.
Pour moi, après une vie de cheminement à ses côtés, cette exposition a été une révélation. J'ai oublié l'impressionnisme, le cubisme, l'histoire de l'art du XXe siècle, le modernisme, le postmodernisme, et j'ai vu uniquement l'histoire de sa relation amoureuse, de sa liaison avec le visible. Et j'ai vu cette histoire comme un schéma, un de ces schémas qu'on trouve dans le mode d'emploi fourni avec un appareil ou un outil neuf.
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Le paradoxe du «bon sauvage»
Par MARCELA IACUB
 Les politiques racistes ont été trop horribles pour qu’elles puissent nous fournir des outils politiques susceptibles de mieux appréhender le présent. Comme si certaines expériences historiques étaient si traumatisantes que rien d’intelligent, de positif, de grand ne pouvait en sortir. Ceci pourrait expliquer le rôle franchement conservateur que jouent, dans les sociétés européennes, les militants antiracistes et le consensus qu’ils suscitent. Voici l’amère conclusion que l’on peut tirer de l’expo «Exhibitions, l’invention du sauvage», au musée du Quai-Branly.
Ses organisateurs ont voulu dénoncer le scandale de la mise en spectacle durant cinq siècles d’êtres humains tenus pour des sauvages extirpés des terres conquises ou colonisées. Pour justifier qu’une telle indignation vaille une expo dans un si beau musée, ils avancent que ces exhibitions auraient été la cause de la popularisation du racisme au XIXe . Les millions de personnes qui se sont déplacées pour les voir dans les expositions universelles, les foires et même les zoos, auraient ainsi appris le mépris de l’Autre et son exclusion d’une commune humanité. Comme si ces spectacles avaient fourni aux politiques racistes et criminelles des Etats le consensus populaire sans lequel elles n’auraient pas pu être entreprises.
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Durant 2 mois, 3 expositions majeures en Martinique …
 Carte de Martinique, œuvre de l'artiste Hervé Beuze
Par Sophie Ravion d’Ingianni
3 expositions majeures marquent la scène artistique contemporaine de la Martinique durant les mois de novembre et décembre 2011. Art contemporain de la Caraïbe à L’Hôtel de Région à Fort de France (Cette exposition a été décrochée au bout de 4 jours ???); Horizons insulaires à la Fondation Clément au François, visible du 28 octobre au 4 Décembre 2011 et, Caraïbe expansion au Centre Culturel de Rencontre Fonds Saint-Jacques à Sainte-Marie, du 20 novembre au 13 décembre 2011.
Ces 3 expositions offrent un tableau de l’art actuel sous la forme d’une mosaïque de cultures et de situations. Sont présentés au total 38 artistes qui - dans une vaste géographie de pratiques artistiques, de propos « contextualisés » et de démarches engagées - embrassent et effectuent des rappels essentiels sur l’histoire, les religions, les économies, les politiques, les paysages et les esthétiques singulières de leur île.
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Jean-Marc Hunt / Kelly Sinnapah : dans les jungles contemporaines.

Par Scarlett Jésus
 Tout le monde a en mémoire le tableau intitulé « la jungle », que Wifredo LAM a peint à son retour à Cuba, en 1943, après son passage, en compagnie d’André BRETON, par la Martinique où il rencontra CESAIRE. Peinture qui fut, à juste titre, considérée comme le « premier manifeste plastique du Tiers-Monde ». Quel rapport les « Œuvres récentes » que Jean-Marc HUNT et Kelly SINNAPAH viennent conjointement d’exposer, les 19-20 novembre derniers à l’Atelier CILAOS de Baie-Mahault, entretiennent-elles avec cette œuvre à la fois surréaliste et emblématique de l’émergence d’un art caribéen ? Le choix des deux artistes s’est manifestement porté sur des paysages. Si, pour l’un, il s’agit de paysages urbains renvoyant à toute une culture underground contemporaine, les paysages de l’autre nous plongent dans l’univers bien particulier d’une Forêt magique, pleine de maléfices. Dans les deux cas et bien que s’agissant de deux univers très spécifiques, leur mise côte à côte révèle, par contagion, des similitudes et des effets de sens imprévus.
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Pouvoir, art et tais-toi : une trilogie martiniquaise
par Julie Bessard, artiste
 La semaine de la censure bat son plein sur notre île, entre les suspicions sur le fait que l’exposition “Spiritualité, rituels et imaginaires de la Caraïbe”, présentée au conseil régional, ait été jugée blasphématoire et décrochée avant son terme officiel du 20 novembre(*), et la déformation de l’installation de Philippe Alexandre dans le cadre de l’exposition “Catastrophes ?”, présentée à la bibliothèque Schœlcher jusqu’au 18 novembre. Le milieu artistique reste en émoi en attendant la véritable information sur le pourquoi du qui et du comment de ces faits inquiétants pour la liberté d'expression.
Certainement que de courageux organisateurs, journalistes, commissaires ou artistes, sans crainte de la mise au placard médiatique et financière, parviendront à faire taire les rumeurs et à nous donner une version claire et précise.
A propos de mise au placard, j’aimerais narrer l’expérience inquiétante que j’ai vécue au Marin, lors de mon passage vendredi 25 novembre 2011 au Marché d’art contemporain (MAC) qui fut, à mon encontre, la mise en pratique de ce vent de censure.
Lire la suite N.D.L.R : La Région dément un décrochage anticipé en se référant à des contrats d'assurances de l'exposition qui n'allaient pas jusqu'au 20/11/2011. Les artistes contactés ne nous ont pas fournis d'éléments, contrat ou convention, étayant la thèse d'une "censure", si ce n'est l'affiche de l'exposition qui portait bien la date du 20 novembre 2011 comme date de clôture..
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Quand des toiles font courir le rêve…
 D’arbres
en lunes. De mauve en rose. De gris en bleu.
De rouge en ocre. De lunes en levers du
petit jour.
Quand l’œil
découvre, s’étonne. Quand l’œil voit ce qui
n’est pas donné à voir. Quand l’œil
s’abandonne….Passant de la présence à
l’absence. Du visible à l’invisible…
Alors…
La nuit valse en quête de couleurs de nuit.
La toile valse en quête de couleurs de lune.
La lune se demande ce que sera la nuit. Le
jour, lui, se demande, ce que sera son
heure.
La toile regarde. Lève les yeux vers les
étoiles. Pour prendre le pouls de la lune.
Regardera – t - elle le monde, faisant le
voyage de l’Orénoque, à la Seine.
Franchira –
t-elle le désert de Gobi ou les savanes
lointaines ? Sera – t - elle pleine, en
croissant, en quartier, en demi – lune. Lune
qui pleure, lune qui rit. Lune de peintre et
de poète.
La lune
tourne la planète.
Et l’artiste, comme on sculpte la matière.
Comme on sculpte la vie, donne la rondeur,
la forme lointaine du rêve inaccessible. La
forme du rêve suspendu. L’irréel aux portes
de l’inconscient.
Que vienne
le jour ! Que vienne la nuit !
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Kanel BrosiTransformer le moins en plus,
le mortifère en vie :
voilà son rêve...
Tous ces bois et autres matériaux que vous récoltez dans la nature ou aux abords de la mer sont chargés d' une histoire, d'un passé. En tant que sculpteur, peut-on dire alors que l'on crée à partir de rien, selon l'expression « Ex Nihilo» ?
Ex Nihilo, c'est le titre que j'avais choisi pour ma première expo, en 2006; titre renforcé par son sous-titre: Le hasard apprivoisé. J'ai voulu, ce disant, mettre l'accent sur ma démarche. En effet, les « trophées » que je rapporte des forêts et des plages {lors de ce que j'appelle ma « chasse aux bâtons » !l sont pour moi des trésors potentiels, alors qu' ils ne sont, pour le plus grand nombre, que résidus, déchets. (Et plus ils sont « ruinés, plus ils m'attirent !
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Au marché d'Art du Marin Ella Massée... Artiss de la métamorphose « Ma peinture est qualifiée de fantastique parce qu’elle n’est faite que de pure imagination » Ella Massée

C’est dans le cadre du Marché de l’Art Contemporain du Marin, manifestation exceptionnelle, unique dans la caraïbe, rendez vous incontournable des artistes et amoureux de l’art, qu’il nous sera donné , de découvrir ou redécouvrir les œuvres d’Ella Massée dite Ella Artiss. Une artiste fulgurante, remarquable de précision, de finesse et de subtilité. Elle nous revient nimbée d’un mystère opaque qui titille notre curiosité amusée. Pourquoi ces couleurs métissées, d’une crudité terrible, impitoyables, téméraires même, heurtées les unes aux autres ; si ce n’est pour nous appeler, à la suivre dans un labyrinthe de plis et replis où elle sait parfaitement que nous serons absorbés et dont nous ne sortirons pas indemnes. Elle évolue par intuitions sur fond de couleurs ambigües, éthérées ou fusionnées d’aurores boréales et invente une élégance provocante, et dense où se chamaillent des contraires alliés, et des épousailles de circonstance. Dans sa démarche singulière, Ella déconstruit la matière vivante, et relie entre eux par un trait d’humeur et d’humour confondus, un monde sidéral et sous marin, dans l’apesanteur de langueurs abyssales et les hauteurs d’un ciel extrême.
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Cézanne, une passion parisienne

Le célèbre peintre a passé près
de vingt ans de sa vie dans la capitale,
fasciné par sa lumière et ses artistes.
Au musée du Luxembourg, à partir de
mercredi.
Ne croyez pas que vous allez découvrir
Paris au XIXe siècle, ses rues, ses
passants pressés, ses cafés tapageurs,
vus par Paul Cézanne. L’exposition
"Cézanne et Paris", qui commence au
musée du Luxembourg mercredi prochain,
évacue tout de suite la question : il
n’y a que quatre toiles représentant la
capitale sur le millier peint par
l’artiste d’Aix-en-Provence. Les 77
œuvres présentées par le musée du
Luxembourg ont pour point commun d’avoir
été réalisées en Île-de-France.
Pourtant, Paris a attiré Cézanne, qui y
a fait plus de vingt séjours et y a
passé au total près de vingt ans, soit
la moitié de sa carrière artistique. "Il
n’a jamais voyagé ailleurs,
l’Île-de-France représentait son
étranger, son exotisme", explique
Maryline Assante di Panzillo (*), l’une
des commissaires.
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Gertrude, Leo,
Michael, Sarah et les autres
Comment les Stein, famille d'intellos
américains, ont accompagné, des deux côtés
de l'Atlantique, la naissance de l'art
moderne.

Une tribu d'Américains, une famille
d'originaux ivres de peinture, a joué les
accoucheurs de l'art moderne au début du XXe
siècle. Cent ans plus tard, l'évocation de
leurs exploits est le prétexte, au Grand
Palais, d'un accrochage grandiose d'oeuvres-phares
de la modernité. Avec quelques-uns de leurs
amis, ils ont imposé aux États-Unis l'idée
que Paris était devenu après 1870 une sorte
d'équivalent de la Florence du quattrocento.
C'est Leo (1872-1947), le cadet de cette
fratrie de juifs californiens enrichis par
la création d'une compagnie de tramways et
de cable cars, qui amorce le mouvement.
Leo arrive en Europe à la recherche de la
sensation vraie. En se lançant à corps perdu
dans une collection de peintures, en
débutant une carrière d'artiste, il ne va
pas seulement sauver sa peau, mais, avec son
frère aîné Michael (1865-1938), sa
belle-soeur Sarah (1870-1953) et, surtout,
Gertrude (1874-1946), va mécener en faveur
de quelques-uns des créateurs les plus
importants du siècle. Que serait devenu
Matisse sans les Stein, dans ces premières
années du XXe siècle où il vit aux crochets
de son épouse, obligée de se faire
chapelière pour survivre ?
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La banlieue,
friche bénie pour l'art contemporain
 Et
si c'était en banlieue parisienne que
battait le mieux le jeune cœur de l'art
contemporain ? Dispersés sur toute
l'Ile-de-France, une vingtaine de centres
d'art s'y emploient activement. Et, à
l'initiative du réseau Tram créé en 1981,
une vaste opération baptisée "Hospitalités"
les réunit cet automne. Chaque samedi, des
bus vous emmèneront ainsi à la découverte de
projections, de performances, de débats, et
bien sûr d'expositions.
Le bout du monde ? Beaucoup de ces
micro-institutions sont à quelques minutes
de RER du centre de Paris. Dans une abbaye
cistercienne ou un supermarché, un château
ou une quasi-MJC, surgissant d'un terrain
vague ou se noyant dans le dense tissu
urbain... Impossible d'en dresser la
typologie. Chaque initiative a son identité
et ses fragilités. Ses dadas, et son budget
(plutôt restreint). Seul point commun : la
plupart brillent par leur généreuse
radicalité, couveuses des plasticiens de
demain.
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Daniel
Dorin
L’Univers des arts
Par Christian
Antourel

Ce n’est pas un artiste, ou bien dans
le sens galvaudé du terme. En lui tout un
univers fantasque et d’intuitions
confondues, métissées d’esthétisme. Il ne se
laisse pas prendre dans cette ambigüité des
genres, dans l’appellation mondaine des
styles et des diversités savantes. Daniel
s’exprime, mélange ses émotions et parvient
à nous faire oublier l’agitation d’un
quotidien, par son rôle particulier dans la
culture ; entre artiste et artisanat. Sans
grimaces superflues, en direction de ce
qu’il ne trouve pas, pas de manières
affectées : l’absence de surenchère est une
qualité majeure vers l’authenticité ; la
sincérité le naturel profond des choses. Il
ne cherche rien et du coup le voici dans la
belle incohérence de la spontanéité et de
son plaisir solitaire multiplié. Et si la
motivation renvoie toujours à l’activité en
elle-même plus qu’à l’objet que l’on
produit, sa précipitation est réponse, pas
une question. Une réponse avant la question.
Une perception du beau mise en scène, une
notion de révolte créative. « La démarche de
l’artiste relève à la fois du bricolage et
du scientifique » C’est tout lui : sans
mesure des règles et techniques d’une
activité réjouie, il tente, il expérimente,
il essaie, il réussit et apprend en tout cas
des instances drolatiques.
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Sébastien MEHAL met en scène un paysage
urbain incandescent.

par
Scarlett JESUS
Le choix du lieu :
Est-il exact de dire que l'exposition se
déroule dans un « garage » ? Ne
conviendrait-il pas mieux de convenir,
l'espace d'exposition étant largement ouvert
sur la rue (presque une ruelle), qu'il y a
volonté de mettre en lien deux espaces
différents. La rue se prolongeant par le
garage, et vice et versa. Aucune frontière
ne vient séparer le dedans du dehors,
l'espace
privé
(celui du garage) et l'espace
public
(la rue). Si l'un est un lieu de
circulation, de rencontres (mais aussi de
manifestations populaires), l'autre est à
l'opposé un lieu fermé, destiné à protéger
la propriété la privée (la voiture d'un
individu) et/ou à entreposer différents
objets, des outils de bricolage en
particulier. Deux espaces éminemment
emblématiques dont s'empare Sébastien MEHAL
selon une démarche artistique qui se propose
de rendre compte d'un paysage urbain
antillais très spécifique. Paysage qui, aux
dires de l'artiste, n'existe déjà plus que
dans la mémoire (individuelle et
collective), et auquel il entreprend de
redonner vie. Un paysage urbain complexe et
difficile à déchiffrer, parce que secret,
mystérieux... L'exposition ouvre donc toutes
grandes les portes du garage, pour montrer
le travail que Sébastien MEHAL a réalisé à
l'issue de sa résidence d'artiste à
l'ARTOCARPE. La déambulation à laquelle elle
convie les passants est aussi une invitation
à la rencontre avec l'Autre et son univers.
Une rencontre choc avec l'art contemporain.
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Jeunes plasticiens
de Guadeloupe à la Fondation Clément
« Des oursins
chez les crabes»
par
Christian Antourel
 C’est à se
demander quel voyage les a amenés jusqu’à nous.
Tant leur peinture
semble venir d’un ailleurs. Parfois légère comme
l’azur ou vitrée d’une épaisseur océane, toute
hérissée d’une intelligence fouillée.
Que reste –t-il du ludisme, des secousses des
émotions, de la crainte infiltrée sous la peau,
des cris même, des volontés blessées, des
efforts partisans qui soulignent les
interrogations sur la réalité et l’illusion,
lorsque l’on plonge dans l’exposition ?
L’évènement à confirmé que cette exposition
collective qui voulait explorer et révéler «
l’envers du décor » : les douleurs d’avant
scène, n’est en rien une guirlande d’ampoules
colorées, une manifestation inconséquente. ;
Mais bien une parole sans pathos. Ni
démonstration calquée sur les cliches d’une
époque violentée et trop compulsive. Vaste
panorama associant des personnalités picturales
pour le moins contrastées. Ils sont venus, ils
étaient là. C’est comme si nous les observions,
avec au bout de nos mains des pinces pour une
volonté non feinte de soulever le voile de leur
création. On craignait par moment une
schématisation excessive, soumise à la rigueur
de codes froids, emprisonnés dans une logique de
galeries. Mais dépassant les notions du beau et
de l’inconvenant, l’œuvre élude la question dans
l’espoir d’atteindre à une forme d’au-delà et
veut exprimer pleinement toute son humanité. Il
à été sans très intéressant d’observer comment,
de pièces en pièces, les thématiques dialoguent
et cherchent à échapper à la mélancolie, autant
qu’aux lamentations et à la nostalgie… si loin
et si proche encore, pour se situer dans une
mouvance de l’art international. Les tableaux,
peinture à l’acrylique, expriment une certaine
idée du merveilleux. Ils ont sans doute plu à
l’amateur d’art et révélé certainement un aspect
poétique, philosophique, mais aussi charnel qui
s’évertue à vouloir approcher, dans une
fraîcheur obstinée, une détermination sans
faille vers le podium de l’art moderne.
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Marie-Anick Toula : Les arts
plastiques.
Par Selim Lander.
Une plasticienne
qui œuvre dans le design et la peinture en
travaillant le ciment, le béton teintés dans la
masse, qui produit des colonnes, des
jardinières, des bancs, des paravents et surtout
des compositions murales faites de plusieurs
panneaux d’isorel, joints ou disjoints et
recouvert de plusieurs fines couches de ciment
teintés, puis gravés, avec toutes sortes
d’incrustations, plaque de métal, parfois comme
cousue avec du fil de fer, morceau de vieille
tôle en métal zingué, quelques lattes de bois
pour une ébauche de jalousies, un bout de tuyau
en cuivre. Exceptionnellement un motif peint,
une vache brahmane. Et partout des adornos, ces
petites têtes stylisées en terre cuite dont les
Arawaks décoraient leurs poteries, reproduits
par l’artiste.
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Kreyol
Attitude
Quand un
titre devient une
marque
par
Christian Antourel

Lauriane Pernock. Rien
d’une artiste
romantique et
tourmentée. Tout
d’un trublion tenace
et têtu qui relève
les défis. Explore
simultanément
plusieurs aspects de
son art. Ainsi,
décoration, bijoux,
installations
éphémères
s’entremêlent et se
répondent,
s’enrichissent dans
une pratique
décloisonnée. La
création de bijoux
est l’expression
qu’elle affectionne
particulièrement.
Ses premiers émois de
créatrice lui sont
venus de gens
croisés au hasard
dans la rue, qui
souvent lui
demandaient où elle
avait acheté les
bijoux qu’elle
portait…devant la
demande pressante,
elle se devait
d’exister.
Après trois années
d’existence : Kréyol
attitude, rejoint
aujourd’hui le haut
du pavé. Il est des
beautés
immédiatement
enivrantes. Une
élégance comme ça
qui passe par des
matériaux au naturel
atypiques, comme les
ficelles et fibres
naturelles, le
bakoua, le coco, la
calebasse. Nacre,
coquillages,
graines, bois divers
et flottés. Aussi
l’aluminium et
surtout l’argent.
« Ce travail
polyvalent est resté
pour moi, un élan
totalement
mystérieux,
incompréhensible,
irrésistible et
pourtant toujours
signifiant ».Il y a
une véritable
fluidité dans le
design et dans la
façon dont les
éléments s’agencent
dans une pétillance
et une connivence
canaille. L’ensemble
à la fois
sophistiqué et épuré
dégage une volonté
de cohésion, une
poésie insoupçonnée,
dans ce dialogue
fascinant et limpide
qui nait de la
subtile alchimie
entre cette
communion de
nostalgie et ce
design avangardiste.
« Je suis plutôt
…contente de ma
marginalité »
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L’art sous la coupe des
spéculateurs
Par FARIDEH CADOT Galeriste et commissaire
d'expositions depuis 1976
Dans
un monde globalisé en voie de
financiarisation où tout doit rapporter
le plus d’argent possible, l’art
n’échappe pas à la règle. Il est
considéré comme un business quelconque.
Ses acteurs traditionnels, les artistes,
les intellectuels, les galeristes, les
critiques sont aujourd’hui inaudibles,
invisibles. Pourtant, la majorité de ces
professionnels continuent de faire leur
métier, vivent de leur travail,
souffrant en silence de l’indifférence
de la presse qui ne parle que de la
dimension financière du commerce de
l’art ; composante forte bien entendue,
à laquelle on ne peut cependant le
réduire. «Jackpot»,«flambe
artistique»,«collectionneurs
prescripteurs»,«plus-values
spectaculaires» sont devenus des mots
usuels pour rendre compte des foires
d’art contemporain. Les records
accrochent le lecteur : «24 millions
d’euros en deux heures»,«Des bulles en
or sous le marteau des
commissaires-priseurs».
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Aimé, Pablo, Wifredo, trinité africaine "Portrait de profil d'homme noir couronné" rend hommage à son ami le poète Aimé Césaire, à la tête ceinte d'une couronne de laurier.
 "Césaire et Lam", de Daniel Maximin (éditions RMN-HC). Jusqu'au 6 juin, au Grand Palais. © DR À ne pas manquer La pointe sèche est signée Picasso. "Portrait de profil d'homme noir couronné" rend hommage à son ami le poète Aimé Césaire, à la tête ceinte d'une couronne de laurier. L'Afrique est en eux, la négritude que Césaire le Martiniquais revendique dans Cahier d'un retour au pays natal, l'art africain que Picasso a découvert au début du XXe siècle. Ce frontispice ouvre Corps perdu, une édition de luxe qui, en 1950, a réuni dix poèmes de Césaire et trente-deux gravures de Picasso. La nuance et la grâce du trait dansent avec les mots volcaniques de Césaire. Il faut aller au Grand Palais, où cette rencontre historique s'expose, et en découvrir une autre dans cette exposition dont le titre dit tout : "Nous nous sommes trouvés". Picasso et Césaire en 1948, comme, en 1941, le peintre cubain Wifredo Lam et le poète s'étaient trouvés en Martinique, où fit escale un bateau en route vers l'Amérique. Fuyant le nazisme, une pléiade d'artistes et d'intellectuels en débarque, dont Breton et Lam. La Martinique est une révélation. Breton découvre le fondateur de la revue résistante Tropiques. Il présente Césaire à Lam, qui ne se lâcheront plus. Alors qu'il est déjà malade, le peintre propose au poète de reprendre un projet commun à partir d'une série d'eaux-fortes, Annonciation. À la mort de Lam, en 1982, Césaire publie en fin de son recueil Moi, laminaire les dix somptueux poèmes exposés pour la première fois en regard des oeuvres au clair-obscur de Lam qui les ont inspirés. Deux publications gardent mémoire de cette exposition rare, servie par la belle scénographie d'Hubert Le Gall. Jusqu'au 6 juin, Grand Palais. Césaire et Lam, de Daniel Maximin (RMN-HC Editions, 96 p., 22,50 euros). Césaire et Picasso. Corps perdu (RMN-HC Editions, 112 p., 22,50 euros).
Le Point - Publié le 22/03/2011 à 13:22
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Hugo Pratt,
l'aquarelliste magnifique
Par Olivier Delcroix
 La Pinacothèque de
Paris propose, jusqu'au 21 août prochain, la
découverte de près de 160 œuvres méconnues en
couleur du célèbre créateur de Corto Maltese.
Aujourd'hui encore, le Vénitien Hugo Pratt
(1927-1995) reste par bien des aspects un auteur
mystérieux. Nombreux sont ceux qui le considèrent
toujours comme un «maître du noir et blanc». Ce que
la rétrospective du Grand Palais avait brillamment
démontré il y a vingt-cinq ans. Aujourd'hui,
pourtant, ce que l'on découvre en arpentant les
trois salles de l'exposition «Le voyage imaginaire
d'Hugo Pratt» organisée à la Pinacothèque de Paris,
c'est exactement le contraire.
«L'homme n'était pas à un paradoxe près, confirme,
souriant, Patrick Amsellem, ami de Pratt et
commissaire de l'exposition. Il avait d'ailleurs
coutume de dire: “Je suis un dessinateur qui écrit
et un écrivain qui dessine”, dès qu'on le
questionnait sur son métier de dessinateur de BD.»
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MIX’ART à
la Fondation Clément.
Par Selim Lander.
 Le 12 mai 2011, les amateurs martiniquais d’art
contemporain auront eu le privilège d’assister à un
événement tout à fait exceptionnel. L’art
contemporain, on le sait, réserve le meilleur… et le
pire. Dans le meilleur, on trouve souvent les street
artists. Le film de Banksy, « Faites le mur », dont
nous avons rendu compte ici-même récemment, en
constitue un témoignage éloquent. La démarche des
graffeurs et autres manieurs d’aérographes ou de
pinceaux, qui consiste à laisser une trace éphémère
et gratuite sur les murs de nos villes est a priori
sympathique. Que certains de ces artistes deviennent
ensuite riches et célèbres, n’enlève rien à la
beauté de leur geste. On ne peut pas vivre
indéfiniment, hélas ! de l’eau fraiche et de l’amour
de l’art !
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Une
esthétique de l’insolite ?
par Christian Ruby

La revue Recherches en
esthétique, fondée et
dirigée depuis 1995 par
Dominique Berthet vient de
publier son 16e numéro sur
le thème de « L’insolite ».
L’insolite est ce qui
déstabilise les habitudes,
mais qui prend aussi le
temps de s’installer jusqu’à
passer pour une nouvelle
habitude. L’insolite mérite
que l’on s’y arrête afin
d’en dépouiller la note de
fantaisie.
Place Saint-Germain, un
artiste canadien a déposé
une fontaine tectonique. Les
passants ont fini par
s’habituer. Un autre
artiste, Michel Fraile, a
déposé un jour, sortant de
ladite fontaine, un
crocodile, et pris la photo
qui s’imposait. La nouvelle
œuvre s’intitule : Crocodile
de Saint-Germain des
marécages. Par ce geste, il
a obligé notre regard à
embrasser l’insolite. Il a
ensauvagé la fontaine pour
nous sauver de
l’apprivoisement dans
laquelle elle était tombée.
Un apprivoisement qui se
révélait soudain un
appauvrissement.
Tel est l’insolite qu’il
bouleverse les conditions de
la réception des œuvres,
quand il n’a pas aussi des
fonctions en-dehors du champ
de l’art. Ce numéro de revue
nous le rappelle constamment
(p. 5, 21, 35, 91, 99) :
Insolite, vient du latin
insolitus, participe de
solere : avoir
coutume de, être habituel.
Le préfixe, in, désigne son
caractère de rupture.
L’insolite se définit donc
comme ce qui n’est pas
d’usage. Mais comme le fait
remarquer un des auteurs des
articles de ce volume,
l’insolite a besoin d’être
bordé par le coutumier, l’un
étant le repoussoir de
l’autre et réciproquement.
Certes, l’insolite a eu
longtemps des connotations
négatives. Le trouble qu’il
apporte à une situation
quelconque était mis au
compte du parasitisme. Il a
par conséquent été relégué
au rang de bruit, de tache,
de miasme, de « chose
bizarre » qui s’attarde là
ou ailleurs, qui demeure
supportable, mais d’une
certaine manière offusque
les yeux par un aspect peu
engageant, en tout cas ne
correspondant à rien de ce
qui l’entoure.
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Cédric SOREL :
entre Transparence et apparence
Par Christian Antourel

Le grand hall, ainsi que l’espace patio de
l’Atrium à Fort de France ont abrité récemment l’exposition du peintre Cédric
Sorel. La présence de ces images d’une palette onirique dans cette architecture
hautement moderne caractérisée par des volumes, et des lignes géométriques
fonctionnelles et contemporaines, donne à l’œuvre toute sa dimension d’écrin
pictural dans cette confrontation avec l’austérité plaisante de l’édifice. On ne
s’étonne pas qu’ici plus qu’en tous lieux le beau s’imprime dans notre mémoire.
Emotion, force et mystère. Mais autant humour, tendresse et poésie, quelque
chose de mystique et de poignant à la fois ; L’essentiel est là dans
l’exposition de ce jeune artiste Martiniquais tout juste de retour au Pays
natal. Après sept années de recherches à faire évoluer et a maitriser son art.
Suite à une prépa arts appliqués à Prép’Art Paris il s’installe dans le quartier
du Montparnasse. Ce milieu mythique, qui conserve une nostalgie intacte
des « Années folles, » où plane encore le souvenir des artistes aussi nombreux
que réputés tels que Modigliani, Matisse, Tsuguharu Foujita, Pablo Picasso,
Chagall, Miro. Cédric Sorel fait la rencontre de plusieurs artistes comme Céline
Bourdon, qui pratique l’art de la ciselure, le peintre et architecte Félix Ludop
et Gérard Di-Maccio, spécialiste d’art pictural anatomique, qui l’encouragent et
lui insufflent l’envie de pousser ailleurs sa fibre artistique parcourue
d’émotions. Les matières et les couleurs de ses harmonies lissées avec sobriété
nous convient à l’alchimie libérée de sa peinture rigoureuse et structurée de
particules élémentaires, qui atteignent à l’état final poétique et l’équilibre
de la conception pittoresque. Chaque tableau est un voyage dans des univers tous
différents. L’artiste sait surprendre. Ses sujets sont multiples, nécessairement
décalés, insolites et sont le signe d’une indicible et courtoise jubilation. Une
exposition que le peintre a voulue diversifiée, de la peinture à l’huile, à
l’acrylique, du relief, au plat. Sur châssis toilé ou sur du bois. Cédric
soucieux de témoigner de son époque, se veut une pierre ajoutée a l’édifice de
la culture martiniquaise « Il me tient à cœur de montrer que l’art continue de
vivre au sein de la Martinique. »
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Par Bruno Jacquot
 Dans son
nouveau pamphlet, L'Hiver de la culture, l'essayiste
étrille les musées, l'art contemporain, ses marchands et
ses collectionneurs.
• L'Hiver de la culture lu par Guillaume Cerutti et Antoine de Galbert
Cent quarante pages,neuf courts chapitres: il n'en faut pas plus
à Jean Clair, dans son pamphlet L'Hiver de la culture, pour
dresser son réquisitoire contre le monde de l'art.
Académicien, conservateur, essayiste, commissaire d'expositions
à succès comme Mélancolie ou Crime et
châtiment, Jean Clair n'en est pas à son premier coup de
gueule. En 2007, dans Malaise dans les musées, il s'insurgeait
de l'accord de coopération conclu entre le Louvre et Abou Dhabi:
il ouvrait, estimait-il, la voie à la marchandisation des œuvres
et écornait le principe de l'inaliénabilité du
patrimoine artistique de l'État. L'Hiver de la culture s'inscrit
dans la lignée de son Malaise…
Cette saison froide qu'il annonce pour la culture est le signe d'une
crise de civilisation. Avec la perte du sacré, le recul de la
religion, les œuvres d'art peuvent-elles encore faire sens pour ceux
qui les regardent? Non, on ne les adore que pour elles-mêmes,
regrette Jean Clair, qui parle de «culte de la culture» et
qui craint que les musées deviennent des « abattoirs
culturels». «Absurdité de ces tableaux
alignés, par époques ou par lieux, que personne à
peu près ne sait plus lire, dont on ne sait pas encore pour la
plupart déchiffrer le sens, moins encore trouver en eux une
réponse à la souffrance et à la mort. (…) Les
foules qui se pressent en ces lieux, faites des gens solitaires
qu'aucune croyance commune, ni religieuse ni sociale ni politique ne
réunit plus guère, ont trouvé dans ce culte de
l'art leur dernière aventure collective.»
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Serge GOUDIN-THEBIA "Là où nous allons tous"
Exposition à l Villa Chanteclerc du 12 au 25 février 2011
 Serge GOUDIN-THEBIA, poète, artiste, travaille depuis longtemps sur la relation art et nature. Il poursuit ses recherches sur l’afro-amérindianité, « l’itinérance » métisse, la géopoétique, les processus de créolisation, la transdisciplinarité. Son œuvre est indissociable du site dans lequel elle s’inscrit. Ses « objets » sont faits d’éléments naturels trouvés, recueillis sur les plages ou dans la forêt, agencés, collés, ligaturés, reliés par du fil de cuivre ou des bâtonnets de bambou, laissés en l’état ou peints en bleu, de ce bleu outremer si caractéristique de son travail. Cette exposition, Là où nous allons tous, du titre de son poème-phare, est une sorte de rétrospective de son travail. Elle regroupe des œuvres de jeunesse et de la maturité, des œuvres laissées en l’état ou recomposées, restructurées, enrichies de nouveaux éléments ; des œuvres qui font partie intégrante de son univers familier, qui habitent son quotidien. Jusqu’à ces œuvres récentes, réalisées dans l’urgence et la douleur de l’artiste, qui sent que la maladie commence à lui prendre sa force, la puissance de la voix, l’acuité du regard, la précision du geste. Mais une chose est sûre, aujourd’hui comme hier, c’est la précarité de l’espèce humaine et la fragilité de son environnement qu’interroge toujours l’œuvre poético-plastique de Serge Goudin-Thébia.
Marylise GROLLEAU (février 2011)Lire la suite |
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L’Univers trouble de
François PIQUET.
par
Scarlett JESUS, 20
janvier 2011.

« Le Fer et la
peau : figures ancrées
de la société antillaise
à l’horizon des
frontières de l’autre »
tel est le titre de
l’exposition que
François PIQUET présente
du 21 janvier au 5
février, à l’ARTCHIPEL
de Basse-Terre (salle
Jenny Alpha), exposition
rassemblant un ensemble
de sculptures
monumentales en lames de
fer tressées et en
papier.
Cette
association de deux
matériaux aussi opposés
que « le fer » et « la
peau » est pour le moins
troublante. La
dureté et à la froideur
d’un matériau tel que
le fer, tranchant,
coupant, évoque tout à
la fois l’inhumanité des
machines (qui broient),
la contrainte (les fers)
et la barbarie (l’âge de
fer). Le fer constitue
aussi une menace face à
la vulnérabilité de
la peau, mince
pellicule enveloppant
les chairs de corps
d’autant plus fragiles
qu’il s’agit de
mounpapyé. C’est
donc un univers « sous
tension » qui attend le
visiteur, un univers
cruel dans lequel la
force des uns
s’oppose à la
faiblesse des
autres, dans un
affrontement inégal
débouchant sur la
mort à l’issue de
violences multiples.
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Fondation Clément - Martinique du 17
décembre 2010 au 23 janvier 2011
HÉLÉNON REPÈRES
La brousse enchantée (Album
3 planches). 1988, gravure au
carborundum, 60 X 50 cm
De L'ORIGINAIRE à
L'INSOLITE
par Dominique
Berthet

Pour qui
sait observer, le monde est un
gigantesque réservoir dans lequel
l'artiste puise à L'infini des
matériaux susceptibles d'alimenter
son œuvre. Certains en dégagent des
images, d'autres y prélèvent des
objets. Serge Hélénon, quant à lui,
récupère au hasard de ses
découvertes, entre autres choses, du
bois de palettes, des tissus, des
boîtes en fer, des clous, des
plaques d'aluminium. Tel le
bricoleur dont parle Lévi-Strauss et
qu'il met en relation avec
l'artiste, Serge Hélénon fait œuvre
avec les "moyens du bord". IL
instaure dans son travail un
"dialogue entre La matière et les
moyens d'exécution" (1). IL prélève
puis entrepose dans son atelier des
éléments du monde dans L'éventualité
d'une utilisation future. Le stock
progressivement s'enrichit, prend du
volume, au point parfois d'envahir
L'espace de travail.
L'idée que Lévi-Strauss se fait de
L'artiste ne manque pas d'intérêt :
"L'artiste tient à La fois du savant
et du bricoleur: avec des moyens
artisanaux , il confectionne un
objet matériel qui est en même temps
un objet de connaissance'."(2)
L'objet matériel que confectionne
Serge Hélénon est en effet un objet
de connaissance . Il nous informe à
La fois sur une préoccupation, une
démarche et un projet. Son travail
se caractérise par une pratique de
L'appropriation, du détournement et
du recyclage. Les matériaux qu'il
utilise sont des fragments épars,
des éléments hétéroclites, des
débris du monde chargés d'une
histoire, d'une fonction passée,
d'une vie antérieure. Le terme
générique de ses œuvres est
"expression-bidonville". La formule
est sans ambiguïté. IL s'agit pour
cet artiste de créer dans une
référence à cette économie de
survie, de renvoyer à un mode de vie
où La récupération, Le recyclage, la
débrouillardise, L'ingéniosité,
l'inventivité sont à la fois une
nécessité et un art.
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Histoires en suspension

Exposition de
Claude Cauquil
du 08/10/10 au 21/10/10
par Sophie Ravion d'Ingianni
Claude
Cauquil a exposé une première fois en 2001 dans le hall de
l'Atrium une série de fragments de portraits - perchés au
sommet d'une tige métallique - intitulés Les éclats. En 2003
à la galerie de la Véranda, l'artiste nous a fait découvrir
avec Présents !, de grands polyptyques de personnages captés
dans le tissu de la société actuelle. En 2005 l'exposition
Les chemins de l'homme proposait une série de tableaux en
noir et blanc en hommage à la lutte des droits civiques des
noirs américains : les séries King's Dream. Aujourd'hui,
avec Histoires en suspension, il nous plonge dans une
installation modulaire avec des portraits en pieds, des
peintures murales à main levée et des toiles de grands
formats représentant le visage de 5 personnalités.
A l'entrée de l'exposition, nous sommes interpellés par
l'univers fascinant qu'a créé l'artiste avec l'envahissement
et la profusion de figures de différentes échelles. Le
regardeur est témoin de ce cortège de portraits construits à
grands traits vifs et incisifs - qui symbolisent la
particularité d'une attitude ou d'un visage. Claude nous
place devant un échiquier humain sur lequel se jouent la
scénographie et la gestuelle des corps.
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Paul Gauguin,
homme douteux, peintre enchanteur

C'est l'histoire d'un ancien
trader devenu artiste et objet de
scandale. Il a nom Paul Gauguin
(1848-1903). La Tate Modern de Londres
montre, en onze salles et une centaine
de tableaux bien accrochés, mais aussi
des sculptures, des dessins, des
gravures, des fragments de
correspondances et des photographies,
comment le petit banquier a forgé son
propre mythe, jusqu'à se prendre de
passion pour ceux des autres et achever
sa vie dans la mouise, mais au paradis
terrestre.
C'est la plus importante rétrospective
Gauguin depuis celle du Grand Palais, à
Paris, en 1989. Dès la première salle,
le ton est donné : des autoportraits, de
toutes ses périodes, venus souvent,
comme le reste de l'exposition, de
musées lointains, ou de collections
privées dont on les extrait rarement.
Le voilà en 1876, coiffé d'un chapeau
sans bords. A cette époque, le jeune
agent de change peint le dimanche,
assidûment, depuis trois ans. Il est
doué, pour un amateur, mais le regard
qu'il lance est celui d'un jeune homme
qui doute.
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La colère
noire de Basquiat, éblouissante

D’origine
portoricaine et haïtienne, né en 1960 à
Brooklyn dans l’Etat de New York et mort
à New York en 1988 à la suite d’une
overdose à l’âge de vingt-sept ans,
Basquiat appartient à la génération des
graffiteurs qui a brusquement émergé à
New York à la fin des années 70. En
1977, il commence à signer ses graffitis
du nom de SAMO (pour « Same Old Shit »)
accompagné d’une couronne et du sigle du
copyright. Au cours de sa fulgurante
carrière, sa peinture passe de la rue au
tableau.
Son univers mélange les mythologies
sacrées du vaudou et de la Bible en même
temps que la bande dessinée, la
publicité et les médias, les héros
afro-américains de la musique et de la
boxe, et l’affirmation de sa négritude.
Il définit ainsi une contre-culture
urbaine, underground, violente et
anarchique, pétrie de liberté et de
vitalité. En 1982, Basquiat est invité à
participer à la Documenta 7 de Kassel en
Allemagne. L’année suivante, il est le
plus jeune et premier artiste noir à
exposer à la Biennale du Whitney Museum
of American Art à New York.
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Un maître du feu
Alain Garcès
par Kélian
Deriau

Pour la dernière exposition de ses tableaux de pyrogravure,
présentée au Calebasse café au Marin, Alain Garcés a
confirmé que la pyrogravure empreinte du feu sur le bois,
procédé millénaire, art brut de l’humanité, suscite louanges
et sarcasmes. Mais les sommités en ce domaine a travers le
monde, inconditionnelles de René Spetz, François Peeters,
Emile Duc, François Prudhomme, considèrent toujours ces
artistes comme d’authentiques géants d’un art de notre
temps. Les pyrogravures originales, n’échappent pas aux
collectionneurs d’œuvres d’art, ni aux yeux des connaisseurs
du bel art. Ils voient d’un œil plutôt heureux le travail de
nouveaux talents qui s’imposent sans conteste, dans
l’univers des arts et de la culture. En outre, bien des
collectionneurs branchés ou des amateurs chineurs avérés,
achètent de la pyrogravure par simple précaution : Ils
craignent de rater le train de la modernité.
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L'acculturation selon Pascale Marthine Tayou Dans le " joli hangar à
pièges " de la Gare Saint-Sauveur se côtoient bagnoles déglinguées et
autoportraits criblés de balles. MIKAEL LIBERT/ASA-PICTURES
A Lille, l'artiste plasticien camerounais donne une interprétation
belle et ingénieuse des rapports Nord-Sud

A la dernière Biennale d'art contemporain de Venise, une
oeuvre dominait, par son ampleur et son inventivité le parcours de
l'Arsenal, qui aurait été bien morne et convenu sans elle : c'était Human
Beings, installation proliférante de l'artiste camerounais Pascale Marthine
Tayou.
Si vous l'avez manquée là-bas, allez la voir à Lille, à la Gare
Saint-Sauveur, l'un de ces nouveaux lieux culturels qui se multiplient dans
la ville. Mais ce ne sera pas la même : pour l'espace très vaste de
l'ancienne gare - " un joli hangar à pièges ", selon ses mots -, Pascale
Marthine Tayou a modifié Human Beings et conçu une exposition bien plus
vaste qu'à Venise, encore beaucoup plus foisonnante.
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Ella
MASSEE « une œuvre polymorphe »
Rencontre d’un autre Type
par Christian Antourel
Exposition à
l’APPART, rue Papin Dupont, à Fort de
France

L’artiste
s’intéresse essentiellement à la
transgression, la traduction et a la
transformation de la matière.
Ella suggère de prendre un temps de
réflexion, propose de ralentir notre
regard dans cette course de messages a
outrance, où l’art est le prétexte a une
consommation effrénée des genres. Elle
trouve des configurations d’exécution,
chaque fois qualifiées par des séries de
gestes que présupposent ses formes
endormies. Dans cette démarche
singulière, elle part de la réalité
crue, a vif, la déconstruit entre les
différentes techniques qu’elle emploie.
La triture, la colore par des moyens en
perpétuelles concordances de dialogue
que ce soit : gravure, dessin,
aquarelle, huile, numérique et modelage,
elle traduit l’énergie vitale de
l’image, invente de nouvelles
apparitions reliées entre elles par une
irrésistible complicité ; Ces fantasmes
issus de manipulations et de techniques
de jeux, que le numérique énumère sans y
paraître : Les superpositions, les
ajouts successifs, les déformations des
éléments organiques qui composent ces
images mises en œuvre d’un autre monde,
sidéral et sous marin, sous entendu,
c’est sûr sous pression. Et tout ce
spectacle qui surgit en formes non
identifiées, qui posent seules sur la
scène des tableaux, dans le noir,
éclairées par une poursuite intuitive
jouissent d’une improvisation cohérente
ou improbable et s’échappent par la
lumière qui en émane.
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Exposition de Larry Clark : de
l'exception artistique en droit pénal
par Edouard Treppoz, professeur de droit à l'Université Jean
Moulin Lyon III, directeur de l'Institut du droit de l'art
et de la culture

L'interdiction par la mairie
de Paris d'une exposition de Larry Clark aux moins de dix
huit ans suscite une violente polémique dont Le Monde s'est
fait l'écho à plusieurs reprises. Face aux critiques
d'autocensure, la mairie prétend dans cette affaire n'avoir
fait que respecter le droit positif, dont elle conteste par
ailleurs la rigueur. Dura lex, sed lex nous disent les
édiles parisiens.
La loi est-elle donc si dure pour l'art au XXIe siècle ?
Sans doute, faut-il rappeler que l'outrage aux bonnes mœurs
a fait place en 1992 à la protection des mineurs. Il ne
s'agit plus de savoir si Madame Bovary est "lascive" ou
"immorale" comme le pensait le procureur Pinard, mais si des
mineurs peuvent être sujets (article 227-23 du Code pénal)
ou destinataires (article 227-24 du Code pénal) d'images
pornographiques. L'incrimination fut ensuite renforcée en
1998 pour viser non plus seulement l'image d'un mineur, mais
aussi sa représentation justifiant ainsi l'interdiction d'un
manga érotique dont les personnages dessinés pouvaient
sembler des mineurs (Crim., 12 septembre 2007, n° 06-86763).
La loi du 5 mars 2007 est venu à son tour incriminer le fait
de consulter un service en ligne mettant à la disposition de
telles images, ce qui en l'espèce n'était pas en cause. Se
fondant dès lors sur la nature pornographique de certaines
photographies, la mairie décide d'interdire l'accès de toute
l'exposition au moins de dix huit ans.
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La fabrique de la culture La langue africaine des pharaons noirs

Ils ont laissé de vastes nécropoles de pyramides pentues à la singulière
silhouette, des temples majestueux qui n'envient rien à ceux de l'Egypte,
ils ont bâti des villes et donné au "pays éternel" une lignée de souverains,
les "pharaons noirs", qui ont régné sur tout ou partie de la vallée du Nil
entre les VIIIe et VIIe siècles avant notre ère. Qui sont ces hommes, mis à
l'honneur par le Musée du Louvre, qui leur consacre une exposition ? Ils
nous sont encore largement inconnus. Et pour cause : la langue des habitants
du "pays de Koush" - ainsi que les Egyptiens nommaient le territoire de
l'actuel Soudan - résiste âprement aux tentatives des linguistes pour en
percer les secrets. Francis Llewelyn Griffith a bien décrypté son système
d'écriture voilà un siècle. Mais ce qu'on lit, dans le millier de textes qui
nous sont parvenus, reste incompréhensible.
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L'art tribal, nouveau terrain de prospection de l'art
contemporain

On les appelle les Adivasi, les autochtones, ou encore parfois les "peuples
de la nuit". Premiers habitants de l'Inde, ces aborigènes sont restés
jusqu'à aujourd'hui dans les marges du pays. S'abritant dans les forêts, les
montagnes, hors du système de caste hindouiste, ils sont près de soixante
millions. Une variété infinie de cultures et de langues. Pire que les
intouchables, Gond, Kondh, Naga ou Warli restent des tribus oubliées.
Et pourtant de leurs mains naissent des trésors : masques symbolisant les
éléments naturels, sculptures rituelles de la déesse mère, effigies de bois
du culte ancestral des Bhuta au Karnataka... Le Musée du quai Branly met à
jour dans l'exposition "Autres maîtres de l'Inde", du 30 mars au 18 juillet,
près de 400 pièces de tout le pays, des îles Nicobar à l'Etat de Madhya
Prades.
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Lucian Freud, peintre académique de l'obscène
" D'après Cézanne " (2000), de Lucian Freud.
NATIONAL GALLERY OF AUSTRALIA, CANBERRA
Rétrospective de l'artiste anglais au Centre
Pompidou
 Pour faire un Lucian Freud,
commencez par trouver un modèle doué d'une ou
plusieurs particularités anatomiques - obésité,
disproportions prononcées, genoux cagneux, seins
qui tombent ou virilités emphatiques.
Déshabillez-le et placez-le sur un lit défait ou
un sofa fatigué dans une posture telle que ces
spécificités physiques soient largement
exposées. Ajoutez un chien qui dort ou une
plante verte qui flétrit. Une bizarrerie bien
marquée fera son petit effet : deux jambes
sortant de sous un lit ou un geste de la main
inexplicable.
Pour l'exécution, deux règles sont à respecter.
Tordez la perspective, en redressant exagérément
les obliques des lattes du parquet ou en
adoptant un point de vue en plongée ou
contre-plongée.
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Des
rituels funéraires libertins chez les
Mochicas du Pérou

Homme contraignant une
femme à lui pratiquer une fellation.
Museo Larco, Lima, Pérou
Ce serait folie
d'imaginer que les Mochicas,
civilisation précolombienne ayant occupé
la côte nord du Pérou du Ier au VIIIe
siècle de notre ère, ne pensaient qu'à
la bagatelle. La découverte des 134
pièces de terre cuite exposées au Musée
du quai Branly, pour la plupart très
suggestives, laisserait cependant
supposer que l'acte sexuel, sous toutes
ses formes, était un plaisir que ne
boudaient pas ces as de l'irrigation,
technique qui leur permettait de
fertiliser les plaines arides du Nord
péruvien.
Pour qu'on ne s'y trompe pas, un panneau
placé à l'entrée de l'exposition "Sexe,
mort et sacrifice dans la religion
mochica" précise qu'il ne s'agit pas
d'un condensé d'érotisme, mais de
représentations rituelles et d'objets
funéraires. Quand bien même ces
cultivateurs, chasseurs d'otaries et de
cervidés, songeaient-ils sans gaîté
particulière à la dualité du monde (la
vie, la mort, le monde d'en haut, celui
d'en bas), ils n'en ont pas moins
déployé un art remarquable de la
poterie.
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Enfin les artistes africains ne sont
plus anonymes
 Statue dogon", "masque fang" : ainsi
s'exprime-t-on en matière d'arts de
l'Afrique. Il semble admis que les
fonctions religieuses et sociales des
objets étaient si déterminantes qu'il
est logique de les classer par peuples,
cultes, sociétés secrètes ou types. Il
est tout aussi logique que le nom de
leur auteur ait disparu, puisqu'il
n'aurait été que l'exécutant d'un désir
et d'un système collectifs.
L'absence de traces écrites jusqu'à une
date assez récente et les conditions
dans lesquelles les oeuvres ont été
collectées par les Occidentaux ont
contribué à cette situation : si nul ne
conteste plus l'existence d'artistes
africains, il semble tout aussi admis
qu'ils ne peuvent que demeurer anonymes.
Nombreux en effet sont les artistes
africains qui resteront anonymes : ceux
des siècles antérieurs au XIXe, faute de
témoignages écrits ; et tous ceux, plus
récents, sur lesquels des informations
auraient pu être sauvegardées mais ne
l'ont pas été : ceux qui ont collecté
les objets - ethnologues compris - n'ont
pas pu ou su poser les bonnes questions.
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Vernissage à
la galerie T § T de Basse-Terre le 21 janvier 2010 :
«
Le casse-tête » de
T(hierry ALE)T.
par
Scarlett Jésus

André BRETON collectionnait les masques africains.
D’autres peuvent s’enorgueillir de
posséder une galerie de portraits de leurs
ancêtres. T(hierry ALE)T est un voleur de têtes. Un
artiste « serial killer » à
l’imagination toute puissante et qui n’en fait
qu’à sa tête. Un véritable
Barbe-bleue qui détient, dans son cabinet de
curiosités une fabuleuse (et assez mystérieuse)
collection de têtes. Des têtes « cou
coupé » et qui rient
étrangement… face à la Mort.
Avoir choisi de dévoiler une partie de sa collection ce 21
janvier n’est pas anodin. T a-t-il toute sa tête ?
Une telle date, qui coïncide avec le déclenchement
des 44 jours de grève en 2009, se situe dans la
période du Carnaval, à dix jours à
peine du désastre d’Haïti. Le choix
d’une telle date, qui associe trois
évènements aussi disparates, ne revient-il
à convier pour l’exposition, de façon
oxymorique, le Rire et la Mort dans ce qui pourrait
s’apparenter à une Danse macabre ? Les Grecs le
savaient, les Dieux se rient du malheur des hommes…
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Les artistes
qui comptent
s'installent à
Berlin
Robin Rhode : «Je
suis venu à Berlin en 2001 par hasard, par amour
pour ma future femme. Pour moi, Sud-Africain, le
climat est terrible. Ce n'est pas beau comme
Paris ou New York, mais c'est une ville
complexe, multicouche, fascinante.» (Robin Rhode)

Vingt ans après la
chute du Mur,la capitale allemande est devenue
le point de ralliement des créateurs et des
galeries les plus dynamiques d'Europe.
Tous les chemins mènent-ils à Berlin ? Malgré sa
position excentrée et septentrionale, malgré la
crise, la capitale allemande s'affirme comme
l'eldorado des artistes venus du monde entier.
De Scandinavie, comme Olafur Eliasson, 42 ans,
le magicien de la Terre qui a fait jaillir des
cascades à Manhattan en 2008. Du Portugal, comme
Jorge Queiroz, 43 ans, dessinateur aux pastels
surréalistes. D'Afrique du Sud, comme Robin
Rhode, 33 ans, danseur et vidéaste venu du
street art, ou Pieter Hugo, 33 ans, photographe
vedette de la dernière Biennale de Bamako. De
France, comme Saâdane Afif, 39 ans, prix
Marcel-Duchamp 2009, Damien Deroubaix, 37 ans,
et Nicolas Moulin, 39 ans, ses compétiteurs. De
toute l'Allemagne, aussi, de l'Ouest, comme le
peintre du «trash» Jonathan Meese, ou de l'Est,
comme celui de l'abstraction acidulée, Frank
Nitsche. Tous ont choisi de vivre à Berlin et
contribuent à en faire une ville d'artistes,
paisible, décalée, enthousiaste et active. |
Vanina Tougon
Pots de fleurs en résine
Exposition itinérante dans les grandes surfaces.
par Christian
Antourel

Si la discipline, de designer
n’a toujours pas de statut officiel, et le mot
design de définition tangible, c’est que chaque
époque, chaque courant réinvente « sa »
définition du design
La recherche hors des sentiers battus, pour
mettre en relation des éléments structurels et
fonctionnels, qui fait de l’objet une unité
cohérente est-ce cela le design, une conception
pour un environnement en adéquation à la fois
pratique et esthétique ? Rien a voir avec
l’esthétique du banal on pencherait plutôt pour
une filiation avec l’utile et l’agréable
redéfini, où il s’agit de s’extraire en dehors
d’une théorie de l’habitude rationnelle, aller
là où l’insolence naturellement, porte loin en
avant dans l’expression de formes en rupture
avec l’ennui la routine, la monotonie et son
miroir. Vanina aime les fleurs en pots, objet de
décoration pour la maison. Alors elle les
invente ses pots précieux par un jeu de
manipulations, sans cesse renaissant.
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A la Foire d'Abou Dhabi, le public admire mais l'émirat achète peu la foire d'art d'Abou Dhabi, il y a des filles. Assise sous un portrait de Giacometti, une demoiselle vêtue de la traditionnelle abaya noire et sagement voilée croque sur son carnet de dessin une araignée géante sculptée par Louise Bourgeois. Elles sont des dizaines, jeudi 19 novembre, à avoir envahi la foire, organisée pour l'essentiel à l'Emirates Palace, jusqu'au 22 novembre, et à exercer leur talent naissant. Un spectacle qui rappelle les débuts de la Foire de Madrid, où se bousculaient des étudiants avides de nouveauté après les années du franquisme. Ce spectacle attendrissant est-il du goût des exposants ? Il est permis d'en douter : sur la cinquantaine de galeries présentes dans la capitale de l'émirat d'Abou Dhabi, certaines subissent un vrai choc culturel.
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« MAC Marin 2009 »
Le Marché d’Art Contemporain du Marin – Édition 2009
par Selim Lander
 Au fil des années, le Marché d’Art contemporain du Marin est devenu un rendez-vous attendu aussi bien par les artistes que par les amateurs. Gageons que cette édition, la septième, ne fera que renforcer l’engouement des uns et des autres.
Il est toujours délicat de parler de l’art contemporain. Celui-ci étant ce qu’il est – un foisonnement d’initiatives où toutes les expériences sont légitimes, où l’originalité tend à l’emporter sur le savoir-faire technique – le critique ou plutôt le chroniqueur ne saurait en aucune manière trancher avec autorité sur ce qui vaut quelque chose ou ce qui ne vaut rien. Et il ne saurait surtout pas parler de ce qui est beau et de ce qui ne l’est pas, ce critère n’étant pas considéré comme pertinent.
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Guadeloupe: La culture pour renouer les liens
 Après avoir exposé au Grand Palais en juin dernier, les "street artistes" réunis au sein du collectif Mix'Art étaient vendredi et samedi à Pointe-à-Pitre.[Avant la Martinique en décembre]. Au programme, exposition, performances et rencontres avec des artistes locaux.
La question de l'identité nationale est à la mode? Le collectif Mix'Art qui fédère une cinquantaine d'artistes sous l'égide de l'association Ariana, se mouille pour apporter sa pierre à l'édifice. Graffeurs, spécialistes du collage, de la BD ou du pochoir, une douzaine d'artistes de tout poil est venue se confronter à la réalité guadeloupéenne, à la rencontre de leurs homologues locaux, souvent en mal d'échanges avec la métropole. Et pourtant, on a pu le constater sur place, ces artistes parlent la "même langue", cet espéranto du street art qu'est la performance, aérosols de peinture en main. Vendredi, sur la place de l'hôtel de ville de Pointe-à-Pitre inondée de soleil, ils étaient invités à donner leur définition de la diversité. Ils ont ainsi partagé la même toile, longue d'une trentaine de mètres pour réaliser ensemble une fresque.
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René Maran
Photographe et plasticien
par Christian Antourel
 Son travail n’est ni l’un ni l’autre, mais se compose de ces deux arts… et d’autres encore.
Mystère de la création
Quelle raison de peindre sur la pellicule, est-ce bien raisonnable ? Puis par photos, graver cette métamorphose. Quel étrange spiritualisme que ce plaisir solitaire.
Il y aurait donc deux folies distinctes, celle qui discipline, et celle qui indécise spleen et bleues en courant la création.
Quelle pathologie absorbe notre hôte? Nous y voilà «rien de grand ne s’est jamais fait sans folie». On aime on n’aime pas, d’ailleurs il s’en moque. Quand l’étincelle jaillit il délivre le cliché, de son état latent, sous une autre forme modifiée. C’est à cet instant où il découvre l’art inconditionnel, qu’au microscope, il saisit l’image survenue chaude effervescence et efface, crucifie d’un trait de peinture scrupuleuse la querelle d’antan entre la peinture et la photographie.
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 Ils sont cinq : Djeff Regottaz, fondateur en 2001 du "studio créatif digital" Dekalko, lauréat de la Fondation Jean-Luc Lagardère, qui soutient son projet, Valère Terrier, cofondateur (avec Pierre Nouvel) du label vidéo indépendant Factoïd, le musicien Olivier Pasquet de l'Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) et le graphiste Bastien Ribeiro. A la production, Zelda Bensoussan.
Créé en 2007, leur collectif se nomme Visual System. Et l'oeuvre qu'ils présentent dans le cadre de Crossing the Line, le festival annuel de l'Institut français-Alliance française (FIAF) de New York, s'intitule "A Digital Experience".
On l'aura compris, l'art numérique se soucie peu de francophonie. Avec "A Digital Experience", l'objectif n'est pas uniquement de faire surgir une esthétique nouvelle, expliquent les membres du groupe, il est de "connecter la fascination de l'homme pour la technologie à la prouesse technologique elle-même". Pari réussi.
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La fièvre du luxe transforme la FIAC en un étonnant palais des splendeurs

C'est trop bien pour une foire !", entendit naguère le marchand d'art Ernst Beyeler qui avait accroché un Rothko d'exception à Bâle. Les oeuvres majeures n'ont en effet que rarement besoin de ce genre de manifestation pour se vendre.
C'est pourtant ce qu'il advient aujourd'hui à la 36e FIAC, qui s'est ouverte le 22 octobre. Au centre du Grand Palais, plusieurs grands marchands étrangers et français se sont réunis pour composer un pavillon des splendeurs. Il s'ouvre sur un Brancusi historique. Suivent trois Picasso de premier ordre, un Beckmann exceptionnel, deux Calder inouïs, un Mondrian parfait, deux Léger inoubliables et, quand on en vient à manquer d'adjectifs, voici que se présentent trois Bacon à tomber à genoux.
Autant de chefs-d'œuvres, autant de maîtres de l'art moderne - pas de l'art vivant. La répartition entre Grand Palais et Cour du Louvre est de plus en plus nette : au Grand Palais, les morts illustres - ou un peu moins illustres - et les vivants célèbres et chers, de Bourgeois à Koons en passant par Twombly, Soulages, Hockney et Baselitz.
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Les goûts artistiques des Obama

Le couple présidentiel a choisi
quarante-sept œuvres issues des
musées de Washington pour re-décorer
la Maison-Blanche.
Éclectique, engagé et
résolument moderne, le couple
Obama se distingue aussi dans
l'art. Barack et Michelle Obama
ont emprunté quarante-sept
œuvres dans les musées de
Washington pour redécorer la
Maison-Blanche. Une collection
aussi riche que variée,
applaudie par la critique.
La culture afro-américaine
est à l'honneur dans cette
résidence construite par des
esclaves. Parmi les pièces qui
interpellent le plus, il y a
celle de Glenn Ligon, artiste
noir conceptuel qui explore les
thèmes de la politique et la
race. Sa toile Black Like Me N2
est un hommage au livre du
journaliste blanc John Howard
Griffin, qui s'était noirci la
peau pour relater ensuite son
expérience, peu plaisante. Sur
le tableau, on peut lire des
bribes de texte qui deviennent
de plus en plus illisibles au
fur et à mesure que le regard
descend vers le bas, couvert de
pigments noirs.
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Shirin Neshat, la voix de
l'Iran en exil
Récompensée pour son premier
film à la Mostra de Venise, la
vidéaste iranienne fait l'objet
d'une exposition à Paris.
par Valérie Duponchelle

Shirin Neshat, c'est la
délicatesse faite femme, la
grâce sculptée d'un Tanagra
aux mains déliées, au long
cou nerveux et au port de
reine. Les quatre héroïnes
de son premier long-métrage,
Women Without Men, ont cette
alliance naturelle de
rigueur et de suavité, à
l'image des jupons blancs
cachés sous les robes sages
des années 1950 et du long
voile noir de l'interdit qui
couvrent ses héroïnes.
Shirin Neshat, c'est la
liberté faite femme, celle
d'une artiste en exil, une
brune absolue aux yeux si
noirs qu'elle les souligne
encore d'un large trait de
khôl comme Isis
l'Égyptienne.
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A voir à l'Atrium
L’approche du sacré
Par Fernand Fortuné
L’Art et le Sacré
 La commune du Robert (Martinique –Caraïbe) avait organisé, il y a quelques années, une rencontre d’artistes martiniquais, autour d’un thème difficile, mais auquel tout créateur doit être un jour confronté : l’Art et le sacré. Dumas JEAN-JOSEPH (DJJ) avait exposé « Voyage céleste ». Cette œuvre est une véritable étreinte, sobre, dégagée de toute fantaisie de couleur. La lumière y est forte, suggérée par un soleil zénithal, puissant comme une idée unique, comme la Vérité révélée.
Le personnage, totalement anonyme, dépouillé de signification apparente, est immense espérance et grande dévotion et on le sent habité par une spiritualité forte à laquelle il ne semble pas être soumis, mais qu’il porte haut, en adoration, pour un partage en devenir.
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Soulages, le noir en pleine lumière
Le centre Pompidou expose une centaine d’oeuvres de Pierre Soulages, la figure majeure de l’abstraction française.
 A presque 90 ans, il continue de peindre avec la même énergie, la même curiosité, la même envie. Pierre Soulages ne lâche son pinceau qu’en cas de force majeure. Ainsi lorsqu’il s’agit de superviser une rétrospective de ses oeuvres, de 1946 à nos jours, avec Alfred Pacquement, directeur du centre Pompidou. Ils avaient déjà fait équipe en 1979, à l’occasion d’une exposition consacrée à l’outrenoir, l’étape la plus décisive de sa carrière. "Une nuit, je tournais en rond dans mon atelier, à Sète. Je n’en pouvais plus, je travaillais depuis plusieurs heures sur une toile que je croyais ratée. Je m’acharnais sans réussir à savoir où je voulais en venir. J’ai décidé de faire une pause. Quand je suis revenu, j’ai vu avec stupeur que le noir réfléchissait la lumière. Si je me déplaçais, la peinture était différente. En fonction de son environnement, elle adoptait des reflets cuivrés, bleus ou verts! Cette polyvalence chromatique a été pour moi une révélation."
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 De même que l'ombre est indissociable de la lumière dont elle dépend,l' ailleurs n'existe que dans sa relation à l' ici. Si l'ici est par définition l'endroit où l'on est, l' ailleurs est l'en dehors, l'autre part proche ou lointain. On peut envisager différentes catégories de l'ailleurs : l’ailleurs géographique connu ou non-connu, l'ailleurs imaginé, projeté, fantasmé, ou encore les ailleurs artificiels.
L' ailleurs est donc multiple et complexe. Il est à la fois ce qui fuit en permanence et nous échappe, dans la mesure où il est toujours là où l'on n'est pas, mais il est aussi l'endroit où l'on se rend, dans lequel on voyage, qu'on explore, où on rencontre l'Autre.
L' ailleurs est à envisager aussi bien comme espérance et désir que comme menace et risque. Entre magie et crainte, appel et répulsion, possible et impossible, vécu et fantasme, il est un moteur de la vie.
Les auteurs: Jean ARROUYE, Dominique BERTHET, Cécile BERTINELISABETH, Jean-Pierre BRIGAUDIOT, Alexandre CADET-PETIT, Hugues HENRI, Giovanni JOPPOLO, Jean-Marc LA CHAUD, Hervé Pierre LAMBERT, Béatrice LAURENT, Martine MALEUAL, Richard Viktor SAINSILY.
lire l'avant-propos
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 À Paris comme en province, les musées et les centres d'art ont multiplié les exploits pour offrir un programme riche, inédit, diversifié et foncièrement optimiste. De Renoir au Grand Palais à Soulages à Beaubourg, du Titien au Louvre à Veilhan à Versailles, de Buren àMetz à la 10e Biennale de Lyon, de Tiffany au Musée du Luxembourg à Joan Mitchell à Giverny, la palette est large pour séduire tous les publics.
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Flic et peintre
"PUDEUR DE
MAI 67"
ACRYLIQUE
SUR TOILE +
FIBRES-82X62-18.03.2009

Il pleure en
lisant Césaire à voix haute, la
chair hérissée. Autour, tout est
noyé. La case, aux planches
multicolores, dont les teintes
vives semblent fondre. Les
feuilles vernies d'eau, qui
ploient sous la pluie. Sous
cette terrasse battue par
l'orage, le chat blanc a fermé
les yeux. L'un est jaune,
l'autre bleu. Aussi contrastés
que les deux vies d'Alain
Caprice.
Dans sa vie
d'aujourd'hui, il y a le rythme
du tambour gwo-ka, une femme aux
allures de reine, les poèmes, la
peinture. Ses tableaux, ou ceux
de peintres amis, emplissent la
maison de bois couleur
d'arc-en-ciel, près de
Sainte-Anne, en Guadeloupe. L'un
des derniers, déjà vendu, porte
le nom du syndicaliste tué
pendant la grande grève de
l'hiver et de la cartouche de
chasse qui l'a tué : Bino
Brenneck.
L'association
qu'il vient de monter avec
d'autres artistes, dans un squat
à Pointe-à-Pitre, s'appelle Kat
chimen, le carrefour
magico-religieux du vaudou. Il
n'y est pourtant pas allé par
quatre chemins pour changer
d'existence : il a pris la route
opposée.
Dans sa vie
d'avant, l'inspecteur principal
Caprice avait sa carte de la
police. Membre des forces de
l'ordre, comme l'on dit, pendant
vingt ans. Vingt ans de
patience, de l'autre côté de la
barrière métallique. "Hé,
Superfly !" Le gamin avait
lâché ça en riant et s'était
sauvé, dans le bidonville. Alain
Caprice avait hérité du surnom,
popularisé par une série B,
narrant les exploits d'un Noir
américain. En Guadeloupe, on
raccourcit tout, et très vite,
tout le monde l'avait appelé "Fly
". Fly, le superflic,
spécialiste des félicitations et
des blâmes, reçus en douches
écossaises.
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Rangel au
paradis
Décès. Le
photographe
mozambicain est mort
à 85 ans.
Par
BRIGITTE
OLLIER
Ricardo
Rangel est mort
jeudi 11 juin
dans son
sommeil, à
Maputo
(Mozambique), sa
ville natale, un
temps dénommée
Lourenço Marques
par les
Portugais
d’avant la
Révolution des
œillets. Il
avait 85 ans. Le
croiser fut un
privilège, tant
cet homme
ressemblait à
ses images,
droit et tendu
vers le ciel,
confiant, malgré
les années de
prison sous
l’époque
coloniale
(indépendance en
1975), les
horreurs de la
guerre civile
jusqu’en 1992,
puis un pays à
reconstruire
sous d’autres
rêves qui
n’aboutirent
jamais. Ses
proches, aussi
bien que ses
élèves du Centre
de formation
photographique
qu’il avait créé
en 1983,
l’appelaient «RR».
«Il était
comme un père,
racontait
récemment Sérgio
Santimano.
C’est lui qui, à
Domingo,
notre
hebdomadaire
culturel, m’a
initié au
photojournalisme,
à l’exigence du
regard. Il nous
a donné de
l’espoir.»
Grâce à Rangel,
à sa présence
constante auprès
de la future
génération, à
son amour fou
pour la vérité
imprimée, le
Mozambique
compte désormais
dans l’histoire
mondiale de la
photographie.
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Le street art
triomphe
sous le marteau
Cette œuvre de Shaka, artiste
français, a été vendue aux enchères
pour 15000 € à une collectionneuse
anglaise.
 Entre
bande dessinée et
art contemporain, le
street art se
cherche une place au
soleil. Né dans les
rues de New York, au
départ symbole d'un
mouvement
libertaire, il
devient petit à
petit à la mode.
Samedi soir, la très
sérieuse maison de
vente
Millon-Cornette de
Saint Cyr a organisé
une vente aux
enchères de
290 tableaux, à La
Cigale lieu rock
branché de Paris.
Avec 480 000 euros
de vente (frais
compris), Alexandre
Millon estime que le
pari est réussi.
Environ 70 % des
tableaux ont été
achetés, notamment
ceux de Seen, figure
de référence dans le
milieu du tag. Un
artiste français,
Shaka, a créé la
surprise : son œuvre
bariolée,
représentant des
hommes en colère,
est partie à
15 000 €, pour une
estimation de
4 000 à 6 000 €.
Né dans les années
1960, en principe
interdit dans toutes
les villes, le
street art est
d'abord incarné par
les tags. Plus tard,
l'école des pochoirs
est apparue : on lui
doit Misstic, Speedy
Graphito ou Blek le
Rat, dont les
dessins de rats
bichromés sont
visibles sur les
gouttières
parisiennes.
Cet art a conservé
un parfum
d'interdit, mais
aussi une marque
d'authenticité ;
c'est sur cette base
que l'intérêt des
acheteurs se fédère.
Juste avant
Millon-Cornette de
Saint Cyr, Artcurial
avait déjà organisé
une vente et le
Grand Palais avait
présenté la
collection Gallizia.
Une exposition à la
Fondation Cartier
démarre le 7
juillet.
La tentative n'est
pas évidente,
puisque le meilleur
côtoie le pire, et
que certains
artistes ont du mal
à se plier au jeu de
la production.
Certains jouent à
coup de couleurs
franches et de
figures vulgaires.
D'autres se
contentent de taguer
sur une toile, et il
faut connaître leur
parcours de
baroudeurs pour leur
accorder crédit. Une
poignée d'artistes
émerge tout de
même : à tel point
que Millon-Cornette
de Saint Cyr devrait
organiser une autre
vente prochainement.
lefigaro.fr 22/06/09 |
Naissance de
notre
Art Contemporain
A propos de l’exposition « Mes
Martiniques »
de
Hervé Beuze (juin 2009)
par Patrick
Singaïny
Que l’on ne vienne pas me dire
que ce qui va suivre a déjà été dit
en d’autres temps ou en d’autres
lieux.
Je me fous de ces époques et de
ces lieux.
Ce qui compte est que ce qui est
exprimé ici et maintenant ne vaut
que pour notre ici et notre
maintenant.
Leitmotiv personnel.

Le verbe du démiurge Césaire
transmute notre paysage mental
post-esclavage, broyé par
l’assimilation. Il fait de nous des
êtres en combat pour le gain d’une
humanité en partage contre la
fatalité d’être prisonnier du
travestissement de la liberté, de
l’amour, de l’amitié, de l’entraide,
et de la négation de l’Autre.
Si j’osais, j’affirmerais sans
ambages que, tout génie qu’il était,
la tâche de Césaire ne tenait pas de
l’impossible. Car il possédait
fermement cette « arme miraculeuse »
–la Poésie-action- dans un pays où
le verbe possède de précieuses
vertus rédemptrices et peut se
révéler vecteur d’actions
transformatrices.
Si j’osais, je dirais que dans un
monde où le dit crée littéralement
le réel, ceux dans nos rangs à
l’écoute du verbe césairien en
deviennent transformés à jamais. Le
verbe, telle la pierre philosophale,
transmute la certitude de la
fatalité en une croyance autre et
positive, d’un si fort pouvoir qu’il
vous arrache de votre condition de
cet être-là, né à genou, convaincu
d’un sentiment d’incomplétude et de
mise en bestialité, dont
malheureusement beaucoup trop
d’entre nous en font leur prétexte
pour assouvir –telle une soumission
masochiste à des principes de vie
que l’on sait pourtant viles- les
plus bas instincts universels, sans
se rendre compte un seul instant
qu’ils sont les seuls maîtres
d’œuvre de leur inhumanisation.
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Tarzan, héros écolo d'une Afrique singée
En voilà une bonne idée !
Exposer Tarzan, son mythe, ses
représentations g raphiques,
ses excès kitsch, son imagerie
panafricaine, dans un musée consacré aux
arts premiers. Etablissement de
patrimoine avec sa collection
permanente, le Quai Branly joue la carte
de l'ouverture et du ludique dans ses
expositions temporaires. Avec succès.
"Le siècle du jazz", qui se termine le
28 juin, devrait comptabiliser 175 000
visiteurs depuis son ouverture à la
mi-mars.
Joséphine Baker, une
Américaine qu'à Paris on prenait pour
une Africaine, y figure en bonne place,
dessinée comme une liane par Paul Colin.
A l'étage, dans la galerie suspendue de
l'est, un de ses compagnons d'Afrique
fantasmée, Tarzan, fait salon jusqu'au
27 septembre.
L'exposition a pour
titre "Tarzan ! Ou Rousseau chez les
Waziri" - les Waziri composent la tribu
imaginaire alliée de Tarzan (en langue
singe, "peau blanche") qui fait rêver et
parfois crier. Sa tyrolienne de beau
Blanc, la légende de l'enfant sauvage,
les mystères de la forêt et le cousinage
avec les grands singes ont hissé Tarzan
au niveau des mythes fondateurs comme,
Hercule, Romulus et Remus, saint Georges
terrassant le Dragon..., nous dit le
commissaire de l'exposition, Roger
Boulay, qui avait conçu, en 2001,
l'exposition "Kannibals et vahinés", au
Musée national des arts d'Afrique et
d'Océanie, à Paris.
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Bruxelles célèbre
Magritte
en lui consacrant un musée
 Le
2 juin prochain, le public découvrira à
Bruxelles un musée entièrement dédié au
peintre surréaliste. Un écrin
technologique qui veut lui rendre gloire
et lisibilité.
Même si, sur la
photo géante, René Magritte vous
accueille en fermant les yeux, comme
le faisait à ses séances de
Photomaton la petite bande farceuse
des surréalistes parisiens, l'heure
n'est pas au sommeil. Sur la place
Royale de Bruxelles, ce serait
plutôt le réveil, la prise de
conscience, la relecture d'une
histoire de l'art, le temps de la
réflexion. Il y a un an encore, la
collection de Magritte des Musées
royaux des beaux-arts de Belgique
dormait, en naufragée d'une autre
époque, cérébrale et subversive,
dans le dédale tristounet des salles
souterraines au plafond bas des
années 1970.
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Cézanne embrase
Picasso
à Aix-en-Provence
Rencontre au sommet à
Aix-en-Provence entre les deux géants de
la peinture moderne. À travers 110
peintures, dessins et aquarelles, le
Musée Granet explore la passion
respectueuse du cadet envers son aîné,
alors même que ces deux-là ne se sont
jamais rencontrés.

La récente
exposition au Grand Palais «Picasso et
les maîtres» conviait à la table d'un
ogre dévoreur de peinture ancienne. Ici,
au Musée Granet d'Aix-en-Provence, uni à
Cézanne, le Minotaure joue plus moderato
cantabile que molto espressivo. La
scénographie d'Yves Kneusé,
dépouillée,voire austère,est à l'image
du rapport entretenu par le cadet à
l'aîné, par l'inventeur du cubisme à
l'obsédé des facettes. Elle est à
l'image du château de Vauvenargues et de
sa rude et paisible garrigue. Le vert
sombre et vibrant des feuillus, propice
à la méditation, règne.
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Donner
à voir... double
Un lapin
qui sort d'un chapeau, c'est banal. Un
chapeau qui se métamorphose en lapin,
beaucoup moins. Et que dire d'un lapin
qui est en même temps un canard ? Le
premier est l'oeuvre de l'artiste suisse
Markus Raetz, né en 1941. Une tôle
savamment pliée qui, sous un certain
angle, évoque la silhouette d'un homme
coiffé d'un feutre, et qui, lorsqu'on la
contourne ou qu'on en voit l'envers dans
un miroir, devient un gentil lièvre aux
oreilles dressées. L'autre est un dessin
publié en Allemagne au XIXe siècle,
repris par un psychologue américain dans
les années 1930, puis par l'artiste
contemporain James Coleman dans les
années 1970. On l'appelle le
Canard-lapin, et c'est un classique des
illusions d'optiques : pour certains,
c'est un canard, pour d'autres, un
lapin. Au point qu'une fois prévenu, il
devient difficile de discerner les deux
figures en même temps.
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Les collectionneurs se passionnent pour
le dessin
Marché
de l'art

Le
dessin est partout. Nous en sommes
entourés, il fait partie intégrante de
notre vie... Le dessin possède un
caractère premier et fondamental : il
jouit d'un statut mythique en tant que
forme la plus ancienne et la plus
immédiate de l'image créée. " Les
propos d'Emma Dexter dans l'ouvrage
collectif Vitamine D (Ed. Phaidon
France, 2006, 352 pages) sont plus que
circonstanciés. Ce médium est devenu si
omniprésent qu'en mars Paris se
transforme en capitale du dessin.
Cette
année, quatre salons sont en
concurrence, du vétéran Salon du dessin
sis au Palais Brongniart, à son
contrepoint, le Salon du dessin
contemporain, hébergé au Carreau du
Temple, en passant par deux autres
greffes Slick Dessin et la Foire
internationale du dessin du XXIe siècle.
Les ventes publiques ne sont pas en
reste. Sotheby's dégaine le 26 mars avec
la collection de goût italien de Robert
Lebel. Le lendemain, Artcurial tentera
de donner le change avec la collection
très française du baron Joseph Vitta.
Bref, de quoi donner le tournis même aux
plus mordus !
Le dessin ancien a
toujours eu son régiment d'amateurs
zélés et pointus, lesquels gardent
jalousement leurs trésors dans le secret
des cartons ou des cabinets.
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Quatorze peintures, datant de 17 000
ans avant notre ère, considérées
comme les plus belles d'Europe,
forcément rares et fragiles, sont
désormais touchées, parfois
littéralement mouchetées.
Crédits photo :
ASSOCIATED PRESS
par
Claire Bommelaer
 Aucune
méthode ne réussit à venir à bout des
taches noires qui rongent les plus
célèbres fresques de la préhistoire.
Classée au patrimoine mondial de
l'humanité, la grotte de Lascaux
lutte pour sa survie. Après une
première invasion de champignons
blancs - Fusarium solani -, elle est
aujourd'hui envahie de taches noires
qui s'avèrent jusque-là indélébiles.
Quatorze peintures, datant de 17 000
ans avant notre ère, considérées
comme les plus belles d'Europe,
forcément rares et fragiles, sont
désormais touchées, parfois
littéralement mouchetées.
Réunis jeudi et vendredi à Paris,
des scientifiques du monde entier se
penchent sur l'épineuse question de
la conservation en milieu
souterrain. Le moins que l'on puisse
dire, c'est qu'ils n'ont pas encore
trouvé la réponse. Effet du
dérèglement climatique ? Simple
conséquence de la présence humaine ?
Erreur dans les choix opérés par les
conservateurs ? Face aux
dégradations, les représentants du
ministère de la Culture et du comité
scientifique de Lascaux tâtonnent
depuis des années, s'essaient à des
produits plus ou moins corrosifs,
récoltent des échantillons. Et se
grattent la tête : d'où viennent ces
taches ? Comment les arrêter ? Et,
une fois l'endémie endiguée,
faudra-t-il les faire disparaître au
risque d'endommager les peintures ou
faudra-t-il faire son deuil de cette
découverte qui a bouleversé le monde
entier ?
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Une tapisserie signée Miro ou encore une
horloge Boulle... Des milliers d’œuvres
prêtées aux administrations françaises
manquent à l’appel.
Une
tapisserie signée Miro ou une horloge
Boulle figurent parmi plus de 16.000
oeuvres d'art, tableaux, tapis ou
chandeliers qui manquent à l'appel,
après avoir été prêtées parfois depuis
plus d'un siècle par les collections
nationales aux administrations publiques
françaises, selon le dernier bilan en
date.
La
ministre de la Culture Christine Albanel
a présenté jeudi les conclusions d'un
travail de dix ans, réalisée entre 1997
et 2007, par une commission de
récolement (pointage d'un inventaire)
présidée par le conseiller maître à la
Cour des Comptes Jean-Pierre Bady.
Il manque
donc une horloge Boulle déposée au
château de Maisons-Lafitte, un dessin de
Dufy qui devrait se trouver au musée
Cantini de Marseille, une marine du
XVIIe censée être au quai d'Orsay comme
un Miro déposé à l'ambassade de France à
Washington ou une huile de Zoran Music
(XXe) à Bercy.
Au total,
un millier de plaintes ont été déposées
concernant les objets les plus précieux.
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Google propose le
Prado
en 3D et en haute définition
Le géant du
web a réalisé un musée virtuel
consultable sur son logiciel Google
Earth. Quatorze chefs d'oeuvre de la
célèbres galerie madrilène peuvent être
admirés en très haute définition depuis
n'importe quel ordinateur.

Admirer
les écaillures du temps sur les bras
graciles des Trois Grâces de
Rubens, le détail du reflet du
peintre dans le miroir des
Ménines de Velasquez ou le blanc
lumineux du condamné des
Fusillades du 3 mai de Goya,
tout cela sans bouger de son écran
d'ordinateur, c'est la dernière
proposition de Google.
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Entretien avec le Sud-Africain Guy
Tillim, dont deux séries sont exposées à
la Fondation Cartier-Bresson, à Paris

A
la Fondation Henri Cartier-Bresson, à
Paris, le photographe sud-africain Guy
Tillim, 46 ans, expose deux séries
marquantes : " Jo'burg " (2004) montre
la décrépitude du centre de
Johannesburg, abandonné par les Blancs.
" Avenue Patrice-Lumumba " (2007) est
consacrée aux traces qu'a laissées le
colonialisme dans plusieurs pays
africains, à travers les bâtiments
modernistes hérités de cette période.
D'abord
photojournaliste, Guy Tillim s'est
imposé, avec des images mélancoliques
aux couleurs sourdes, comme un maître du
documentaire. Il donne de l'Afrique une
vision complexe et ambiguë.
Vous avez grandi sous l'apartheid. En
quoi cela a-t-il influencé votre
carrière ?
L'apartheid est ce qui m'a fait
photographe. J'ai grandi dans un milieu
anglophone, étudié dans une école
blanche. A 20 ans, il m'était impossible
de ne pas entrer en conflit avec la
génération d'avant et avec le racisme
institutionnalisé. La photo était un
moyen de voir ce qui se passait au-delà
des frontières de mon milieu.
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Nolde annonce la
couleur
Arts. Première
rétrospective en France, au Grand
Palais, consacrée au peintre
emblématique de l’expressionnisme
allemand.
par Philippe
Lançon
Commençons
par la nuit, puisque c’est le moment
où les masques, loin de tomber,
s’installent. C’est à l’étage,
première salle : «Nuits de Berlin».
Le tableau s’intitule
Slovènes.
Il date de 1911. Emil Nolde a
44 ans, c’est un fils de paysan qui
a débuté par la gravure sur bois, il
y a pris le sens de la matière et
d’un folklore minéralisé ; comme
peintre, il n’est reconnu que depuis
six ou sept ans. Son expérience avec
le jeune groupe Die Brücke n’a duré
qu’à peine deux ans, jusqu’en 1907.
Trop individualiste, trop méfiant,
probablement trop dispersé par les
querelles directes. C’est le moment
où il devient «démon
de la couleur»,
premier des expressionnistes
allemands.
«Intuition
panique».
On a pu voir cet été, aux Sables d’Olonne,
en Vendée, certaines des 1
300 sublimes aquarelles peintes
pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aucune rétrospective n’avait
jusqu’ici été consacrée en France à
ses tableaux et à son œuvre
graphique.
Mais, pour le
présenter, laissons un critique
imaginaire faire le boulot - celui
qu’inventa Siegfried Lenz, en 1968,
dans le roman inspiré par la vie de
Nolde,
la Leçon d’allemand
:
«Intuition
panique des forces naturelles»,
«puissant pathos expressionniste».
Le marchand Paul Cassirer, qui
l’expose, y voit«un
art appartenant à l’élite des
ordures».
Vous en savez assez, continuons.
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Art
contemporain, le triomphe des cyniques
L'arrogance pseudo-provocatrice qui
envahit les monuments nationaux est
assimilable à une nouvelle esthétique
pompière

Jeff
Koons trône au château de Versailles
et en permanence, à l'entrée de la
Fondation Guggenheim de Bilbao comme
au Palazzo Grazzi à Venise. Damien
Hirst lui tient compagnie dans ce
même palais à Venise et partout. Jan
Fabre triomphe au Musée du Louvre,
éléphant suspendu dans les galeries
de Fontainebleau, voiture de course
en marbre dans les jardins du même
château. La grosse langue autrefois
transgressive des Rolling Stones est
tracée dans les jardins du château
de Chambord...
Les châteaux et les palais
seraient-ils pris d'assaut par des
oeuvres plébéiennes ? Certains
discours voudraient faire croire
qu'il s'agirait de cela, de
confronter un art vivant à des
galeries poussiéreuses et endormies,
des institutions conservatrices et
des grandeurs passées, que les
réactionnaires seraient du côté des
outragés, des frileux et grincheux,
soucieux de préserver la noblesse de
lieux de prestige.
Homard, lapin, en forme de ballons
gonflables réalisés en aluminium,
toutou gigantesque garni de fleurs,
comme un mauvais rond-point de
triste carrefour pour Jeff Koons.
Crâne gigantesque en seaux à
champagne accumulés devant le
Palazzo Grazzi, moulage d'un crâne
humain incrusté de diamants d'une
valeur de 74 millions d'euros, l'oeuvre
est la copie en platine d'un crâne
du XVIIIe siècle parsemé de 8 601
diamants, dont l'origine a été
vérifiée pour s'assurer qu'ils ne
proviennent pas d'un marché de
contrebande (on a la morale qu'on
peut !).
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AP/KATHY
WILLENS
Depuis le
début des années 1970, Manhattan est la
capitale mondiale du marché de l'art.
Ici, une sculpture en glace intitulée
"Main Street Meltdown" à New York, le 29
octobre 2008.

Je ne
serais pas étonné que 30 % à 40 %
des galeries de New York ferment
dans les prochaines années. La crise
ne fait que commencer."
Pour Philippe Ségalot, un des plus
importants courtiers en art
contemporain de Manhattan, le
constat est sans appel : les
résultats catastrophiques des deux
dernières semaines d'enchères
new-yorkaises montrent que le marché
de l'art, en croissance constante
depuis 2001, s'est écroulé. Le
résultat total est inférieur de
moitié aux estimations.
Dans
cette ville où, dès qu'il y a une
averse, les vendeurs ambulants
rangent leurs sodas et sortent des
lots de parapluies, les conséquences
sont immédiates. Un collectionneur a
ainsi reçu un appel d'une galerie :
le tableau dont elle demandait antan
800 000 dollars pouvait être à lui
pour quatre fois moins...
Depuis le début des années 1970,
Manhattan est la capitale mondiale
du marché de l'art. Du nord au sud,
l'île abrite grosso modo les
collectionneurs huppés et les
principaux musées Upper East Side,
et, plus bas, les marchands. D'abord
concentrées à Uptown, près de leurs
riches clients, les galeries ont
essaimé à Soho dans les années 1970,
puis à Chelsea, à partir de 1996.
Les artistes, autrefois répartis
entre Soho et TriBeCa, ont depuis
longtemps été chassés plus loin par
l'inflation des loyers.
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Le nouveau défi de Christo et
Jeanne-Claude
Le couple d'artistes, célèbre pour avoir
"emballé" le Pont-Neuf et le Reichstag,
a lancé son projet Over the River, qui
consiste à "recouvrir" une partie de la
rivière Arkansas, dans l'Etat du
Colorado.

Pendant
plus de trois ans, Christo et
Jeanne-Claude [Christo Javacheff et son
épouse, Jeanne-Claude Denat de Guillebon]
ont parcouru en compagnie de leurs
collaborateurs quelque 14 000 miles dans
sept Etats américains à la recherche de
l'endroit approprié. Ils en on vu des
prairies, des vallées et des rivières
dans les montagnes Rocheuses avant de
s'arrêter sur ce lieu au centre du
Colorado, à 40 miles de la source de la
rivière Arkansas, qui va accueillir leur
prochaine installation, toujours aussi
spectaculaire et iconoclaste.
Ce couple d'artistes contemporains
célèbre pour avoir notamment "emballé"
le Pont-Neuf et le Reichstag a récemment
officiellement présenté au National
Press Club de Washington son nouveau
projet, intitulé Over the River. L'idée,
qui date de 1992, consiste à recouvrir
pendant deux semaines de l'été 2012 une
partie de la rivière Arkansas de
morceaux de toile argentée qui
refléteront la lumière du jour et
onduleront sous le vent des montagnes.
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Ses
oeuvres " réalistes ", qui ont
marqué les années 1960, sont
exposées au Centre Pompidou.
Entretien
 Affichistes,
lacérateurs : sous ces noms
étranges, les artistes Raymond Hains
(1926-2005) et Jacques Villeglé, 82
ans, dont une exposition au Centre
Pompidou retrace l'oeuvre, se sont
fait connaître au milieu de années
1950 à Paris. Ils ont pris pour
matière les affiches de la rue, les
lacérant, les décollant, les
exposant comme des morceaux du
quotidien et des compositions de
lettres et de mots. Ils ont fait
partie du groupe du Nouveau Réalisme
dès sa fondation en 1961.
Contrairement à Hains, Villeglé est
resté fidèle à l'invention. Il
revient sur sa trajectoire
rectiligne.
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L'ironie cruelle
de Paula Rego gagne enfin la France

"
Feeding Time ". PAULA REGO, COURTESY
OF MARLBOROUGH FINE ART (LONDON) Ltd
Humains aux proportions étranges,
bestiaire fantastique, série sur
l'avortement, scènes familiales
menaçantes, sorcières... L'oeuvre de
Paula Rego, dont l'Ecole supérieure
des beaux-arts de Nîmes expose plus
de deux cents estampes, manie sans
retenue le bizarre qui dérange et
l'ironie cruelle.
Cette artiste de 73 ans, d'origine
portugaise mais installée en
Grande-Bretagne, expose dans le
monde entier. Elle participe aux
grandes biennales, mais bien peu de
gens la connaissent en France. En
attendant une éventuelle
rétrospective de sa peinture, son
oeuvre gravé permet d'entrer dans
l'univers de l'artiste, hantée par
les figures de Jane Eyre et de Peter
Pan et par la peinture d'Hogarth et
de Goya.
C'est pourtant dans un style très
contemporain que Paula Rego exprime
son effroi et son dégoût face aux
mensonges et aux douleurs du monde
actuel.
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Colonies et émigrés
de 1931

Le 15
novembre 1931, au coeur du bois de
Vincennes, à Paris, devant près de 400
000 personnes, les couleurs étaient
amenées pour la dernière fois au sommet
d'une éphémère tour de bronze de 82
mètres. L'Exposition coloniale
s'achevait sur une note à la mesure de
son triomphe.
En six
mois, pas moins de 8 millions de
visiteurs avaient entrepris " le tour
du monde en un jour " vanté par les
organisateurs. Ils y avaient découvert
les piroguiers du Dahomey, les danseuses
de Bali, les musiciens des Antilles et
les comédiens malgaches. Ils avaient
arpenté les dizaines de pavillons,
jubilé devant les reproductions grandeur
nature du temple d'Angkor Vat ou d'un
palais de Tombouctou. Ils avaient rempli
théâtres, concerts et cafés, observé
jusqu'à minuit fontaines lumineuses et
spectacles pyrotechniques.
Un succès
populaire doublé d'une réussite
financière : 33 millions de francs de
bénéfice sur 320 millions de francs de
budget. L'opération marquait en outre
durablement le Sud-Est parisien : le
métro était prolongé, les boulevards
extérieurs élargis, le bois transformé.
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L'écorché et ses organes, en vrai

C'est un
" musée des horreurs " qui a un succès
planétaire. Après le Japon, les
Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, la
Belgique, l'Espagne, où elle a attiré
des millions de visiteurs, l'exposition
" Our body, à corps ouvert " est
proposée pour la première fois en
France.
Ce voyage
à l'intérieur du corps humain a ouvert
ses portes au public mercredi 28 mai, à
la Sucrière, à Lyon, un lieu jusqu'à
présent dédié à la Biennale d'art
contemporain. Dix-sept corps dépouillés
de leur peau et plus d'une centaine
d'organes offrent une vision à la fois
fascinante et révulsante de l'anatomie
humaine, bien loin du traditionnel
squelette des salles de cours de
sciences naturelles ou des restes
humains conservés dans des bocaux de
formol. Le grand public est ainsi invité
à découvrir ce qui était jusqu'alors
réservé au monde médical. Tout y est :
chaque muscle, chaque artère, chaque
vaisseau, chaque viscère. Tous les
systèmes - digestif, respiratoire,
cardio-vasculaire, uro-génital, nerveux,
musculo-squelettique - sont disséqués et
expliqués dans les moindres détails. Et
tout est vrai. Un tour de force réalisé
grâce à un procédé de conservation nommé
" plastination " ou " imprégnation
polymérique ".
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Anabell
Guerrero expose au
CMAC jusqu'au 07 juin 2008
Frontières,
Non limites
par Edouard Glissant

Nous fréquentons les frontières, non pas
comme signes et facteurs de
l'impossible, mais comme lieux du
passage et de la transformation.
Observons combien il est agréable de les
quitter sans contrainte, sans mesure, de
continuer comme naturellement de
l'atmosphère Maroc à l'atmosphère
Algérie, et de ce vivre-France à ce
vivre-Espagne, et de l'air qu'on respire
en Savoie à l'air qu'on respire en
Toscane, et des déserts bleus du Pérou
aux déserts ocres de la Guajira entre
Venezuela et Colombie, vous vous sentez
léger d'une inouïe vêture, et plein d'un
appétit ancien pour ce qui va survenir,
la frontière est cette invitation à
goûter les différences, et tout un
plaisir de varier.
J'en ai fait l'expérience, éprouvé la
sensation, face aux oeuvres d'Artaban
Guerrero, dont je suis le travail depuis
dix ans. Il m'a semblé, dans ses images
monochromes, voir vibrer l'ocre et la
rosée qui s'irise aux jardins de
l'Alhambra de Grenade, ou scintiller le
blanc bleuté des espaces et
l'arc-en-ciel des poissons caraïbes de
l'île de Margarita. Je parle des
endroits que j'ai connus et qu'elle a
pris comme motif.
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Occultés dans les années 60 par le pop
art, et pourtant plus subversifs, les
peintres de la figuration narrative
reviennent... au Grand Palais. Avec cet
hommage posthume, ceux qui voulurent
tuer, à travers leurs oeuvres, le
créateur de l'art conceptuel : Marcel
Duchamp, et qui furent étouffés à leur
tour par le triomphe pop anglo-saxon
peuvent eux aussi raconter, jusqu'au 13
juillet, leur "révolution". Avortée ?
"Vaincre et laisser
mourir ou la fin
tragique de Marcel
Duchamp“, une œuvre
en huit tableaux de
Gilles Aillaud,
Eduardo Arroyo et
Antonio Recalcati,
1965. - Photo :
ADAGP, Paris, 2008
Tenants de
l'esthétisme, férus
d'abstraction,
gardiens du bon
goût... sauve qui
peut, les peintres
de la figuration
narrative sont de
retour ! Enfants de
l'entre-deux-guerres,
irrévérencieux,
grinçants,
provocateurs... et
désormais chenus.
Ils s'appellent
Rancillac,
Télémaque, Monory,
Fromanger, Adami,
Klasen, Arroyo,
Recalcati, Cueco,
Stämpfli...
Créateurs d'un pop
art à l'européenne
qui a choisi Paris
pour épicentre, ils
ont été assez
humbles pour n'avoir
pas exigé de leur
art qu'il change la
face du monde. Se
souviendra-t-on
d'eux comme des
raconteurs
d'histoires ou comme
des agitateurs de
bocal ?
Institutions, pop
art, politique, qui
a tué la figuration
narrative ?
La figuration
narrative
s'inspire des
imageries et du
goût populaires
(publicités,
broderies...)
pour libérer les
forces de
l'imaginaire.
Son ambition est
de dépasser le
constat d'une
société en
mutation, tel
que le propose
le pop art
anglo-saxon,
pour mieux la
questionner.
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« Pépé kre’up »
Récup et détournement
par
Christian Antourel
Plasticien de
talent, Jean-Pierre Massoue se définit plutôt, artiste
décorateur. C’est vrai que ce vocable plus universel colle
mieux à la physionomie de son art, à l’expression de ses
méandres, de ses sursauts en courbes gracieuses, de ses
galops de cheval fou.
A cette façon
qu’il a de déhancher la plastique des choses trouvées, de
substituer la matière, de la sublimer d’idées écorchées
vives, il la réinvente, le temps de l’art mais dans sa
dimension hétéroclite. Alors il ajoute de la lumière, des
creux, des sombres, des claires obscures résurrections. De
la couleur défaite, il crée la multitude sous des regards
d’absences ou découvre du silence, le tumulte. Son art de la
récupération, parfois blesse, rapièce, raccommode,
interpelle, toujours inquiète, est contagion, religion, joie
mêlées et impulsion, comme un lâché de ballons. L’art
s’écrit seul et renvoie, retourne l’interrogation inutile à
la pensée tranquille qui l’absorbe, la digère et la rejette,
la négocie dans d’autres harmonies.
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Des Parfums de voyages
par
Christian Antourel
Sensualité et fraîcheur sont aussi
affaire de photo. Sylvie Lecoeur
construit ce subtil équilibre dans
ses photos du bout du monde, photos
de voyages piquées sur le vif… et
comme souvent avec les artistes, ont
apprend d’eux davantage à travers
leur travail que par le son de leur
voix.
Quand elle se rend sur les lieux,
elle refuse d’anticiper, toute
subjectivité et ne participe jamais
à la construction de l’image, pas de
mise en scène, d’organisation des
lieux. Sur place, la photo s’impose
d’elle-même. Un court instant Sylvie
la sublime presque. L’art est
toujours quelque chose qui
bouleverse et dont on doit faire
l’expérience. Son intention :
véhiculer un message, la beauté par
l’image, en faisant avant tout
parler le sujet, fut-il inanimé,
elle y met l’étincelle de vie, les
lumières qui sont la différence et
la photo réussie. Elle veut que par
des détails et angles différents ces
photos déclenchent une impression de
présence véritable, une atmosphère
perceptible, un goût du voyage capté
à travers un regard, une attitude,
une vision intime de ces paysages
auquel elle prête une âme. Sylvie a
en elle le sens du cadrage, cette
fenêtre qui donne à voir la
quintessence d’une prise de vue.
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Le geste et la
spontanéité du peintre

A chaque exposition, on en reste pantois
: la fondation Beyeler, près de Bâle, en
Suisse, a le secret des emprunts
exceptionnels de tableaux. Ainsi, pour
célébrer l'Action Painting, ce mouvement
apparu après la seconde guerre mondiale
en Europe et aux Etats-Unis, son
conservateur, Ulf Küster, a réuni 110
toiles, dont pas moins de 13 de Jackson
Pollock (1912-1956), héros de l'art
américain. Parmi lesquels Number 5,
de 1948, dont la rumeur en fait le
tableau le plus cher du monde : il
aurait été échangé pour 140 millions de
dollors lors d'une transaction privée en
2007. A imaginer les primes d'assurances
afférentes, on comprend que, lorsque la
fondation Beyeler veut organiser une
exposition, elle sait s'en donner les
moyens.
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"
Salomé II ", (1899-1900), de Lovis
Corinth. MUSEUM DER BILDENDEN KÜNSTE,
LEIPZIG/URSULA GERSTENBERGER
Rétrospective du peintre allemand au
Musée d'Orsay
 L'artiste
Lovis Corinth (1858-1925) n'a plus
exposé à Paris depuis 1891. Agé de
33 ans, il cherche alors à se faire
un nom au Salon parmi la foule des
peintres qui veulent s'extraire du
réalisme et de l'impressionnisme.
Pourquoi cette absence d'un siècle,
avant que Serge Lemoine ne lui
consacre enfin une rétrospective au
Musée d'Orsay ? Parce que Corinth
est allemand et que l'art allemand a
été longuement banni des musées
français.
Qu'en plein nationalisme artistique
germanique, Corinth ait écrit que
Cézanne était " le père de tous
les courants modernes " et qu'il
soit le continuateur de Manet n'y a
rien changé, pas plus que le fait
d'avoir été inclus par les nazis
dans l'exposition de l'art dégénéré.
A cette date, en 1937, il est mort
depuis douze ans, mais leur haine
n'en est pas moins vive.
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Henri Loyrette confronté à la
mondialisation des musées

Le
bureau d'Henri Loyrette, boiseries
sombres Napoléon III, surencombré de
livres posés en piles à même le sol,
donne sur la Seine. Le président du
Louvre est installé au coeur du vieux
palais depuis 2001, après avoir piloté
pendant sept ans le Musée d'Orsay. Cet
homme longiligne de 55 ans symbolise la
mutation des musées français. A ce
titre, il a beaucoup fait parler de lui
cette année 2007. Sans doute aurait-il
préféré plus de discrétion.
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L'Institut Régional d’Art Visuel de la
Martinique, ou
l’impossible
mariage entre l’art et la politique.
Par Bruno
Serinet
L’institut
Régional d’Art Visuel de la Martinique (
I.R.A.V.M.) se trouve dans une situation
très difficile voire désastreuse.
Confronté à l’incontournable nécessité
de se renouveler en profondeur du fait
des réformes européennes de
l’enseignement supérieur, ce jeune
établissement d’à peine vingt-quatre ans
végète pourtant et vit au jour le jour.
Les élus du Conseil Régional qui en ont
la charge, méprisant sans aucun doute
l’art et plus généralement tout ce qui
invite à penser, pratiquent
l’immobilisme et se contentent de gérer
les affaires courantes.
Les enseignants ont toutefois obtenu le
départ du directeur en juillet 2007 mais
depuis aucun concours n’est organisé
pour le remplacer. Une direction
intérimaire a bien été nommée mais elle
n’a pas la compétence pour penser un
nouveau projet pédagogique et n'est pas
indépendante par rapport au pouvoir
politique.
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Jocelyne Fortuné
par Christian Antourel Série Noire pour lumières, une « peinture lyrique » mise en scène
D’abord fermer les yeux. Les ouvrir et être ailleurs. La peinture de Jocelyne Fortuné nous entraîne à la lisière de deux mondes, entre l’art et le cosmos, comme si elle cherchait à confondre la matière et le mouvement. Son œuvre va bien au-delà d’un simple regard de traces. Elle laisse entrer le hasard qu’elle apprivoise quand le sable impose son relief, son accroche à la lumière. Elle se fond dans les minuscules sourires du sable pour mieux embrasser l’immensité de l’art dans son espace intemporel. Ainsi elle crée cette peinture aux formes indifférenciées qu’elle offre à la matière, collée au support comme une origine de vie, espace de création. Dans cette complicité privilégiée entre transparence et apparence, elle vide son âme dans la lumière réinventée.
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Education. Selon un rapport que s’est procuré
«Libération», l’histoire des arts deviendrait
obligatoire dans le primaire et le secondaire dès la
rentrée 2008.
«A l’école, les
enfants apprennent à lire mais pas à voir.» Dans
ces colonnes, au lendemain de l’élection
présidentielle, l’historien de la peinture Pierre
Rosenberg, ancien président du Louvre, rappelait au
candidat Sarkozy sa promesse de faire entrer
l’histoire de l’art à l’école. Si l’on en croit un
rapport dont Libération a pu avoir copie,
«dès la rentrée 2008, l’enseignement de l’histoire
des arts» deviendrait «obligatoire» dans
le secondaire et même le primaire.
Détermination.
Chargé fin juillet d’une mission de réflexion par
Christine Albanel et Xavier Darcos, Eric Gross,
inspecteur général de l’Education nationale, a rendu le
14 décembre son devoir aux ministres de la Culture et de
l’Education ainsi qu’à l’Elysée et Matignon, concluant
par «28 propositions et recommandations» qui ne
manqueront pas de faire débat.
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Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales?

Par
Bernard Müller
Chercheur
et commissaire d’exposition
indépendant. Il coordonne le
projet
Broken Memory et a publié
La Tradition mise en jeu, une
anthropologie du théâtre yoruba,
Aux lieux d’être, La Courneuve,
2006.
Au long de sa première année
d’existence, le Musée du quai Branly
– ou musée des arts et civilisations
non occidentales d’Afrique, d’Asie,
d’Océanie et des Amériques – a connu
un véritable succès : un million
sept cent mille visiteurs et des
centaines de chercheurs s’y sont
pressés. Le 20 juin 2006, les
festivités entourant son
inauguration avaient marqué
l’apothéose d’un processus qui, à
des degrés divers, affecte la
plupart des musées d’art et de
civilisation non occidentaux des
anciennes puissances coloniales. La
fête fut belle, les intentions
louables, et il fallait se pincer
pour ne pas succomber à la tentation
de croire à l’idée que la France
renouait avec son rôle de messager
universel de la paix, à l’aune des
principes humanistes dont elle se
targue si souvent.
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Musée du
Quai Branly
par Aminata Traoré
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Aminata
TRAORE |
«
Ainsi nos œuvres d'art ont droit de
cité là où nous sommes, dans
l'ensemble, interdits de séjour »
Talents et compétences président
donc au tri des candidats africains
à l'immigration en France selon la
loi Sarkozy dite de « l'immigration
choisie» qui a été votée en mai 2006
par l'Assemblée nationale française.
Le ministre français de l'Intérieur s'est offert le luxe de
venir nous le signifier, en Afrique,
en invitant nos gouvernants à jouer
le rôle de geôliers de la « racaille
» dont la France ne veut plus sur
son sol. Au même moment, du fait du
verrouillage de l'axe Maroc/Espagne,
après les événements sanglants de
Ceuta et Melilla, des candidats
africains à l'émigration
clandestine, en majorité jeunes, qui
tentent de passer par les îles
Canaries meurent par centaines, dans
l'indifférence générale, au large
des côtes mauritaniennes et
sénégalaises. L'Europe forteresse,
dont la France est l'une des
chevilles ouvrières, déploie, en ce
moment, une véritable armada contre
ces quêteurs de passerelles en vue
de les éloigner le plus loin
possible de ses frontières.
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Ils sont 350 millions dans
le monde, qui tentent de
reprendre leur destin en
main. Leurs savoirs
ancestraux pourraient être
essentiels pour lutter
contre le réchauffement
climatique.
Que seront devenus en 2030 les
peuples autochtones qui vivent
aujourd'hui sur la planète ?
Regroupant quelque 350 millions
de personnes, réparties sur
toute la surface du globe, ils
parlent plus de cinq mille
langues et représentent autant
de cultures. Leur situation est
des plus précaires car leur
milieu est mis à mal par les
exploitants miniers, pétroliers
ou forestiers. Mais l'espoir
subsiste : bien que malmenés et
souvent traumatisés, ces peuples
ont jusqu'à présent résisté.
Mieux : ils parviennent à
transmettre leur savoir à leur
descendance. En témoigne
l'exposition " Natures vivantes,
regards d'enfants " qui vient de
s'ouvrir au Musée de l'homme
(Paris), et qui présente des
dessins venus d'ethnies et de
régions diverses. Forêts
d'Amazonie ou d'Indonésie,
steppes du Kirghizstan, oasis du
Sahara, étendues glacées du
Groenland et de la Sibérie, îles
de Madagascar, de La Réunion ou
de Mayotte : Hélène Pagézy,
écoanthropologue au Musée de
l'homme et commissaire
scientifique de l'exposition, a
été frappée par la précision de
ces productions enfantines, "
qui révèlent les connaissances
et les savoir-faire transmis par
la communauté ".
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"LARMES
DIGITALES" de Louisa MARAJO
Cette exposition sera visible du 22
décembre 2007 au 11 janvier 2008.
Vernissage de l'exposition le
vendredi 21 décembre 2007 à
Bibliothèque Schoelcher - 18h30.
Lire l'entretien avec Louisa Marajo
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Découverte…
Aline Mori,
artiste
néo-calédonienne
par Selim Lander
 « L’Île
la plus proche du paradis ! », la
Nouvelle-Calédonie mérite son surnom
publicitaire. Hélas, c’est parce qu’il
est loin de tout que ce petit coin de la
planète est encore paradisiaque. Ceux
qui ont le bonheur d’y séjourner y
vivent cachés et leurs talents demeurent
trop souvent secrets. Tel est le cas par
exemple d’Aline Mori qui, malgré des
expositions réussies en Australie, en
Nouvelle-Zélande et une fois à Paris,
n’a pas encore toute la visibilité
qu’elle mérite. Elle est en effet une
plasticienne à la forte personnalité,
qui s’exprime dans une œuvre riche et
diverse, aussi bien par l’inspiration
qui s’y déploie que par les techniques
qu’elle met en œuvre.
Les deux tableaux reproduits ci-dessous
témoignent de l’évolution de l’artiste.
Couple est une œuvre
ancienne, typique d’une époque où Aline
Mori était surtout préoccupée par la
ligne et où se sent l’influence de
Matisse. L’Autoportrait
triple est au contraire une œuvre
récente, basée sur des photographies qui
ont été transférées sur deux calques
superposés afin de créer des effets de
relief, puis rehaussées de peinture.
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Kanel Brosi et « Les Passeurs »
à la Villa Chanteclerc
Le
triomphe de la mètis
ou comment l'œuvre
recèle l'intelligence de la ruse
par Roland Sabra
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" Te
Poipoi " (1892), de Gauguin, est estimé de 40 millions à
60 millions de dollars. SOTHEBY'S
Toujours
plus haut ? Alors que le risque de
récession économique se précise aux
Etats-Unis, la saison des ventes aux
enchères débute à New York le mardi 6
novembre. Durant deux semaines,
plusieurs centaines d'oeuvres d'art
impressionnistes, modernes et
contemporaines vont changer de mains.
En 2006, tous
les records avaient été pulvérisés : avec plus de 1,3
milliard de dollars (1,042 milliard d'euros à l'époque),
le chiffre d'affaire réalisé par Christie's, Sotheby's
et Phillips équivalait approximativement à 253 ans du
budget d'acquisition du Centre Pompidou. Interrogé alors
par l'AFP, l'universitaire Michael Moses, auteur de
l'index annuel Mei-Moses des prix de l'art,
estimait que les prix pouvaient encore monter. " Il y
a une excitation, mais rien à voir avec la flambée des
années 1985. Il y a encore un potentiel de hausse ",
avait-il déclaré, ajoutant : " L'art a toujours été
cher mais aujourd'hui les grandes fortunes sont vraiment
immenses. "
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L'art
modeste sous les bombes" - Photo:
Pierre Schwartz
C'était
cet été... à Sète. Venus du monde
entier, des poseurs de couleurs à la
bombe ont mis en relief, en pleins
et en déliés, leur virtuosité de
graffeurs sur toutes les surfaces
disponibles du Miam. Et ils sont
hauts (10 mètres) et ils sont grands
(jusqu'à 30 mètres de longueur), les
murs du musée international des Arts
modestes, terre d'accueil pour tous
les artistes qui tracent leur voie à
la marge des courants traditionnels.
Ce lieu alternatif est, lui, tout
sauf à l'écart de la cité maritime,
qui frissonne sous le vent des
canaux, unit Méditerranée et étang
de Thau, résonne des vers de Paul
Valéry... et des refrains inusables
de Georges Brassens, enfant chéri du
pays dont l'effigie fait partie
intégrante du paysage local. Il est
d'autant plus insolite de tourner le
dos au bucolique tableau des bateaux
amarrés le long du canal Royal, le
temps d'une plongée dans l'univers à
la fois sombre et chamarré de ces
street artists venus, à leur
manière, célébrer dans l'Hérault les
30 ans d'un mouvement né à New York
sous l'aérosol d'un jeune coursier.
Depuis, bien des jets de peinture
ont coulé sur des façades, des
trottoirs, des palissades, des
flancs de rames de métro et de
train, de part et d'autre de
l'Atlantique.
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Philippe
Bourgade ou
Comment photographier l'âme d'un
peuple?
Il
vous reçoit le jour de fermeture
hebdomadaire de son exposition
« Martinique des Mornes ». Il est
venu pour vous parler de ce qui le
tient debout, de ce qui lui donne sa
verticalité, de son « objet petit
a », si l'on peut en parler,
dirait le psychanalyste. C'est d'une
passion dont il est question, mais
une passion tranquille, assurée, de
celle qui donne sens à toute une
vie, de celle qui donne l'impression
de ne pas douter. Son chemin est
celui-là, celui qui le fait gravir
encore et encore les mornes de
Martinique, de sa Martinique, à la
recherche de ce qui serait son
essence.
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Feu nourri
d'art à Paris pendant la FIAC

La
34e édition de la Foire
internationale d'art contemporain (FIAC)
réunit à Paris, du 18 au 22
octobre, près de 180 galeries parmi
les plus importantes du monde,
issues de plus de 20 pays. Mais ce
n'est pas tout.
A l'initiative de Martin Bethenod,
un de ses responsables et ancien
délégué aux arts plastiques du
ministère de la culture, les
collectionneurs privilégiés conviés
à l'événement se voient proposer pas
moins d'une trentaine d'expositions,
publiques ou privées, qui leur sont
spécialement ouvertes pour
l'occasion.
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Exposition . Le peintre fut un
virtuose de la forme et de la
couleur au siècle des plaisirs
mais aussi des Lumières et de la
Révolution.
Ah,
les hasards heureux de
l’escarpolette. Une robe se
relève, un soulier s’échappe, un
petit chien jappe dans un coin…
La Gimblette… Une jeune fille
sur son lit joue avec son petit
chien blanc. Ses cuisses sont
relevées, le petit chien est
entre ses jambes. Si Fragonard,
qui fut l’élève de Boucher,
partage avec celui-ci la
réputation de peintre coquin, il
faut dire qu’il l’a tout de même
bien cherché. Il fut, selon les
frères Goncourt cités par la
commissaire de l’exposition qui
vient de s’ouvrir au Musée
Jacquemart-André à Paris,
Marie-Anne Dupuy-Vachey,
« l’homme des mythologies
plafonnantes et des déshabillés
fripons, des ciels rosés par la
chair des déesses et des alcôves
éclairées par des nudités de
femmes ».
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Nicolas Sarkozy l'avait promise.
Christine Albanel, la ministre de la
culture, l'avait annoncée.
L'expérience est lancée. Le 1er
janvier, une poignée de musées
nationaux rendront gratuit l'accès à
leur collection permanente.
Les services de la Rue de Valois ont
transmis à Matignon une liste de
neuf établissements : à Paris, le
Musée des arts asiatiques Guimet et
le Musée du Moyen-Age, dans l'hôtel
de Cluny ; le Musée national
d'archéologie à
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ;
le Musée national de la Renaissance
au château d'Ecouen (Val-d'Oise) ;
le palais Jacques-Coeur, à Bourges ;
le Musée de la porcelaine à Limoges
; le Musée Magnin à Dijon ; le
palais du Tau à Reims ; les
collections contemporaines du
château d'Oiron (Deux-Sèvres).
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Giacometti, Arcimboldo mais
aussi Rondinone et Mathieu
Mercier, pour une rentrée
prometteuse

Avec joyaux rares et promesses
d'expérimentations, coups d'éclat et
nouveautés, une jolie saison
s'annonce dans le domaine des arts
plastiques. Après une rentrée en
douceur avec la réouverture des
galeries parisiennes autour du 8
septembre, la Biennale de Lyon
inaugure la saison le 19. Résolument
tournée vers la jeune création,
cette méga-exposition se promet de
dessiner le paysage esthétique de la
décennie en cours. Ses deux
concepteurs, Stéphanie Moisdon et
Hans-Ulrich Obrist, ont délégué le
choix à cinquante jeunes
commissaires internationaux. Leur
mission : inviter un artiste qui
leur semble essentiel. Résultat : un
parcours inattendu allant du
photographe pour midinettes David
Hamilton au poétique cinéaste
chinois Jia Zhang Ke.
Après cette mise en bouche, une
salve de rétrospectives attend
l'amateur d'art. Les ahurissants
visages-paysages d'Arcimboldo
donnent le la (15 septembre,
Musée du Luxembourg). Composés de
plantes, de fruits ou d'animaux, ils
construisent une œuvre à part dans
la Renaissance italienne. On
découvrira ici une quarantaine de
ces chefs-d'œuvre jamais rassemblés
: réservation conseillée.
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Ils
sont les auteurs de l'œuvre
collective la plus saisissante que
l'on ait vue depuis longtemps. Reach
- un pseudonyme - est taïwanais.
Nunca est né en 1983 à Sao Paulo, au
Brésil. David Ellis vit à Brooklyn,
quartier de New York. Alëxone est
parisien. Zonenkinder Collective
réunit deux jeunes Allemands.
Ismaeil Bahrani a étudié à
l'université de Téhéran.
Invités, en compagnie de quelques
autres, par Hervé Di Rosa dans son
Musée international des arts
modestes (MIAM) de Sète, ils ont
entièrement repeint le lieu. Sur le
grand mur, 30 mètres de long,
presque 10 de haut, ils ont fait
apparaître des entrelacs de
tentacules et de serpents, des têtes
animales ou monstrueuses, des
figures schématiques, des rythmes
colorés. Les styles se conjuguent,
les formes s'interpénètrent et le
fond noir accroît l'éclat de l'oeuvre
monumentale. Il en est ainsi dans
tous les coins du bâtiment : jusqu'à
un canapé et au réfrigérateur, tout
a été envahi de graphismes et de
nuages de couleurs.
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PAYSAGES
d'Alain Blondel
Alain Blondel, comédien dans
"Voisins complices" est avant
tout un plasticien.

C'est alors, quelques petites
semaines après la fin de la Fiac,
ce jeudi 9 novembre, que
baguenaudant de galerie en
galerie, toujours rien dans les
poches mais tout dans les yeux,
encore extasiée par la justesse
du pinceau de Kiefer en dialogue
avec Paul Celan (Galerie
Thaddaeus Ropac mais aussi
Galeries Lambert, Long et Rumma),
que je tombais nez à nez avec un
grand paysage d'Alain Blondel.
Manifestement un paysage
d'humain rempli d'humains qui
forment paysages. Soit.
C'était juste en face de la
porte du Ministère de
l'Intérieur, place Beauvau.
Drôle d'endroit pour une
rencontre. Mais justement, je me
dis. Du Grand Palais à ces
Palais où nous installerons
bientôt nos nouveaux
gouvernants, il n'y a qu'un pas.
Un jet de pierre. Voilà qui
donne à réfléchir.
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Twombly explose de couleurs
L'artiste américain, qui s'expose peu, a fait une
exception pour la collection Lambert à Avignon

L'Américain Cy Twombly est un artiste mythique et fait
tout pour l'être. Il l'est par son histoire personnelle
: né en 1928 en Virginie, il a été, dans les années
1950, l'ami de Robert Rauschenberg et de Jasper Johns
avant de quitter les Etats-Unis pour Rome, où il a
longtemps vécu avant de s'établir à Gaète, cité
elle-même mythique, fondée par les Grecs. Cette
précision archéologique n'est pas superflue : l'art de
Twombly a très longtemps tenu à sa manière d'évoquer et
de ressusciter les figures des mythologies antiques,
déesses et dieux, nymphes et héros dont il inscrivait au
crayon les noms sur la toile et le papier, de son
inimitable écriture oblique et tremblée.
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La mondialisation entraîne dans sa
spirale ascendante la peinture
impressionniste et moderne avec des
sommets jamais égalés, des batailles
sans précédents et des flots de records.
DANS UN MARCHÉ
qui n'en finit pas d'exploser,
Londres s'est taillé la part du
lion. Conséquence directe d'un
nouveau monde toujours plus assoiffé
d'art où les liquidités circulent à
flot. Face à un choix de plus en
plus restreint que se disputent les
maisons de ventes pour offrir de
belles batailles entre plusieurs
Monet, Miró ou Matisse. Les
résultats sont là. Époustouflants.
Sonnants et croissants avec des
produits de vente toujours plus
hauts à chaque saison, alimentés par
une nouvelle moisson de records qui
repoussent à l'infini toute brise de
krach.
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Julie BESSARD

Les Ombres Portées de
Julie Bessard, entre dessin et sculpture, bousculent les
catégories artistiques. Reflets de son monde intérieur,
projections de son imaginaire secret, traces d'une absence,
ces silhouettes abandonnées, masques, ailes, mandibules,
corsets, cocons, chrysalides, insectes sont repeuplées par
les phantasmes lovés dans les coulisses de l'inconscient.
Ces formes-signes sont de véritables dessins dans l'espace.
Elles s'inscrivent dans le prolongement des contestations de
la sculpture moderne apparues dans les années vingt et
trente. Œuvres - processus plus qu'objets terminés, elles
flottent, autonomes, en suspens et questionnent la notion de
l'installation, de la relation de l'œuvre avec le lieu
d'exposition et du partage d'un espace sensible avec le
public. Cependant le génie du lieu n'est pas, comme pour la
plupart des artistes qui pratiquent l'in-situ, la source
inspiratrice de l'œuvre. Au contraire, l'architecture de
l'œuvre s'impose au lieu, le crée en quelque sorte. Une
multitude d'éléments fins installés rythmiquement ponctuent
l'espace. Le matériau, de la paille de modiste, renforce la
remise en question de ce que l'on considère
traditionnellement comme l'objet sculptural. Toute notion de
masse est abolie. Le vide participe totalement à la
matérialité de l'œuvre. Découvrir l'œuvre, c'est vivre
l'immersion dans une vaste et unique installation
pénétrable.
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Fazal
Sheikh, lauréat du prix
Cartier-Bresson, livre un
travail empreint d'humanisme
Dans les milieux les plus
défavorisés en Inde, on entend
souvent dire :" Elever une
fille, c'est comme arroser le
jardin du voisin. " On
conseille souvent aux femmes
d'avorter si elles attendent une
fille, synonyme de dot à payer.
Photographe américain d'origine
indo-pakistanaise, Fazal Sheikh
a remporté le Prix
Henri-Cartier-Bresson 2005. Et
il a profité de sa dotation de
30 000 euros pour poursuivre son
travail sur la situation
dramatique dans laquelle vivent
certaines femmes du
sous-continent.
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anniversaire : pour fêter les 40 ans
du Corian, ce matériau qu'elle a mis
au point en 1967, l'entreprise
DuPont de Nemours a demandé à 40
designers de créer un objet à partir
de ce mélange de résine acrylique et
de minéraux naturels. Du salon Joker
Lounge, aux lignes rondes et
souples, d'Emmanuel Babled chez Crea
Diffusion, à la chaise longue Shadow,
de Christian Ghion chez Cappellini,
qui semble flotter sur son pied
comme une feuille de papier, jusqu'à
la série de vases asymétriques de
Jörg Berghäuser, un seul point
commun : le matériau utilisé.
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Le lauréat
2006 du prix Marcel-Duchamp est
exposé au Centre Pompidou, à
Paris

Philippe Mayaux se définit
lui-même avec précision. " Je
suis - dit-il - un
hyper-surréaliste de la
quatrième génération. Ce que je
n'aime pas dans le surréalisme,
c'est la fantasmagorie, la
peinture du fantastique. Ce que
j'aime, en revanche, ce sont les
techniques plus riches et plus
libres du hasard objectif et de
l'association aléatoire
d'éléments générateurs de sens.
"
Les deux dernières phrases
pourraient être de Marcel
Duchamp. Ce qui tombe bien :
Philippe Mayaux a reçu le prix
Marcel-Duchamp 2006 et bénéficie
donc, comme chacun de ses
prédécesseurs à ce palmarès,
d'une exposition de printemps au
Centre Pompidou.
Un " hyper-surréaliste de la
quatrième génération " -
autrement dit un
arrière-petit-fils d'André
Breton - ne peut être qu'un
spécialiste de l'humour noir, de
la plaisanterie morbide ou
scabreuse présentée avec toutes
les apparences du raffinement,
frôlant sciemment le kitsch à
l'occasion.
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Belles pièces
de Monet

«Regardez, c'est une
honte.» Dans l'hôtel
particulier de la rue La
Boétie, Daniel Wildenstein
ne mâchait pas ses mots en
montrant des photos de la
tombe, effectivement en
piteux état, de Claude Monet
à Giverny. Ce grand marchand
d'art vouait une admiration
sans bornes au peintre, dont
il aurait voulu voir
transférer le corps au
Panthéon. Il lui consacra
des décennies de recherches,
pour former un catalogue
raisonné de près de 3 000
oeuvres.
Ayant vécu quatre-vingt- six
ans, Monet était, disait aussi
Wildenstein, un des très rares à
avoir été «grand au début,
grand au milieu et grand à la
fin». Et, comme le montre
cette exposition américaine, il
est resté fidèle à un motto :
la couleur. Cette «satanée
couleur» dont son
professeur classicisant, Charles
Gleyre, faisait pourtant tout
pour éviter qu'elle
«ne tournât la tête des élèves».
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Gupta, l'âge
d'or de l'Inde
Le Grand Palais
accueille les sculptures créées au
nord du pays à partir du IVe siècle

Les expositions liées aux
civilisations de l'Inde sont rares à
Paris. Cela fait plus de vingt ans
que le Grand Palais n'avait ouvert
ses portes à l'art indien. Raison de
plus pour y courir et découvrir,
grâce aux prêts de dix-sept musées
du sous-continent, l'art de l'empire
Gupta, qui s'est développé, à partir
du IVe siècle, dans le nord de
l'Inde. On pourra y admirer la
sérénité, la grâce et la retenue de
ces sculptures de grès rose ou gris,
presque toutes d'inspiration
religieuse, notamment bouddhiste.
Amina Okada, l'une des commissaires
de la manifestation, y voit " une
esthétique de la perfection ".
On peut aussi y détecter, dans cette
exposition réussie, un art plus
intellectuel qu'émotionnel. Comme en
témoignent les diverses effigies du
Bouddha rassemblées dès les
premières salles du Grand Palais,
avec leurs visages idéaux et presque
abstraits à force de paupières
toujours baissées, de sourires
irrépressibles, de corps désincarnés
au sexe à peine marqué. On est loin
ici de la surabondance baroque, des
visages qui se perdent dans les
pendants d'oreilles, les bijoux et
les turbans, bref du décor
envahissant qui est, pour beaucoup,
la marque de l'Inde.
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Une exposition, " Les exclu(e)s
du suffrage universel ", retrace
plus de 200 ans de vie
électorale au Musée de
l'histoire vivante à Montreuil
Une petite enveloppe bleue, des
bulletins imprimés, un rideau et
puis, tombant dans une urne
transparente, une voix qui
s'exprime, choisit, élimine ou
conteste. Un geste simple, un droit
évident qui ne l'a pas toujours été.
Entre élections présidentielle et
législatives, l'exposition sur " Les
exclu(e)s du suffrage universel "
organisée par le Musée de l'histoire
vivante à Montreuil
(Seine-Saint-Denis) est là pour le
rappeler..
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« ArcEnCielage »,
tel est le nom de l’installation
plastique urbaine qui, depuis
2004, habille chaque Printemps les
arbres de (Paris) aux couleurs de
l’arc-en-ciel, symbolisant l’idée
que la différence est essentielle à
la vie. Ce sont plus de 1000
prénoms qui seront ainsi inscrits
sur ces textiles colorés, essaimant
au gré des allées arborées et
jardins parisiens le message du
« Vivre Ensemble ». Ces prénoms,
offerts par des passants et voisins,
ont été « récoltés » par des
adolescents porteurs d’un handicap
mental, favorisant ainsi le partage
entre des publics peu habitués à se
rencontrer et à confronter leur
différence.
Pour cette 4ème édition,
ArcEnCielage élargit ses horizons et
investit de nouveaux espaces
publics, rendant hommage à la nature
et à la diversité, parmi lesquels le
Jardin du Luxembourg. L’œuvre
plastique sillonnera ainsi les
quatre coins de la capitale,
avec
le parrainage de Bertrand Delanoë,
Maire de Paris, d’Alain Touraine,
sociologue et pour la première fois
sous le haut patronage de M.
Christian Poncelet, Président du
Sénat.
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A Madrid, une exposition exceptionnelle
réunit 15O oeuvres des plus grands
peintres du XXe siècle autour de l'art
du portrait, recherche acharnée et
fertile d'une vision juste
Un lieu commun veut que, depuis son invention, la photographie
ait privé peu à peu la peinture de plusieurs de ses activités
les plus anciennes et les plus importantes. Au premier rang
desquelles le portrait. L'argument : une technique mécanique,
rapide et moderne, ne peut que vaincre un procédé manuel, lent
et ancien.
En près de cent cinquante
toiles, l'exposition " Le miroir
et le masque : le portrait au
temps de Picasso " réfute le
raisonnement. Par le nombre et
la qualité, elle rappelle que le
portrait est demeuré un genre
pictural majeur au XXe siècle.
Par le choix des oeuvres, elle
suggère que la photographie a
moins été une rivale
irrésistible qu'un repoussoir
efficace.
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Le Grand
Palais accueille les sculptures créées au nord du pays à
partir du IVe siècle

Les
expositions liées aux civilisations de l'Inde sont rares
à Paris. Cela fait plus de vingt ans que le Grand Palais
n'avait ouvert ses portes à l'art indien. Raison de plus
pour y courir et découvrir, grâce aux prêts de dix-sept
musées du sous-continent, l'art de l'empire Gupta, qui
s'est développé, à partir du IVe siècle, dans le nord de
l'Inde. On pourra y admirer la sérénité, la grâce et la
retenue de ces sculptures de grès rose ou gris, presque
toutes d'inspiration religieuse, notamment bouddhiste.
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Exposée au Musée d'art moderne de
la Ville de Paris, " DGF ", comme on
la surnomme, est l'une des artistes
les plus renommées de la scène
internationale. Entre cinéma,
architecture, mode, musique, elle
explore tous les genres
On la surnomme DGF. Mais c'est
oublier la beauté de son nom, qui
est une terre de contrastes :
Dominique Gonzalez-Foerster. De
cette artiste française, qui se sent
tout sauf française, ce nom dit deux
ou trois choses essentielles. Il dit
ce mélange " d'acuité et de
douceur dans le regard porté sur le
monde, cette poétique rigueur ",
qui la qualifie selon son ancienne
galeriste Jennifer Flay. Mêlant le
Nord et le Sud, il dit le voyage,
qui nourrit tant celle qui s'offre
aujourd'hui un joli retour au Musée
d'art moderne de la Ville de Paris,
après trois ans d'absence.
Comme si son nom l'avait prédestinée
à l'errance : de Séoul à Kyoto, de
road-movie californien en rêves de
Mars, elle cherche partout " des
sensations d'art, de cinéma ",
se définissant comme " touriste
de l'espace ". Si elle se rend à
Taïpeh, c'est uniquement pour y
retrouver ce petit parc du film
Vive l'amour, de Tsai Ming-liang
: " Une jeune femme pleurait sur
ces bancs rouges, c'était vraiment
très beau. Il pleuvait, elle
pleurait. Cette fin de film m'a
transformée. " A Hongkong, elle
est allée juste pour retrouver la
maison du Chungking Express,
du réalisateur Wong Kar-wai. Ce
parcours original fait d'elle l'un
des artistes français les plus
renommés de la scène internationale,
exploratrice de toutes les pratiques
: vidéo, photo, fiction,
installation. Adepte des "
oeuvres limites ", amoureuse du
risque, elle semble n'avoir qu'une
envie : partir très loin.
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L'appel vibrant de l'Afrique
contemporaine

L'ART contemporain africain est-il en
passe de devenir un nouveau marché
émergent ? Dans une bien moindre mesure
que l'art chinois ou indien, dont
l'explosion récente est à l'échelle de
ces deux continents, l'art africain
d'aujourd'hui commence enfin à sortir de
son ghetto ethnique réducteur qui
l'empêchait d'être reconnu à sa juste
valeur sur la scène internationale. La
mondialisation a ouvert les frontières.
La mixité des cultures a changé notre
regard sur les artistes du continent
noir dont le travail, nourri
d'influences multiples et empruntant à
toutes les techniques contemporaines -
vidéo, photo, installation, performance
- est le reflet d'une époque dans sa
globalité.
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La Galerie de Johanna Malka Auguiac
Bido_m,
du peintre dominicain Candido Bido,

Martiniquaise, Johanna Malka Auguiac est
Diplômée de NYU (New York University) où
elle a étudié l'histoire de l'art avec
un penchant pour l'art contemporain.
Après ses études, elle reste quatre ans
à New York où elle travaille dans deux
galeries d'art moderne. A son retour en
Martinique, elle enseigne pendant
quatre ans à l'Institut régional d'art
visuel (l'ancienne école d'arts
plastiques de Fort de France). Après
plusieurs voyages dans les îles
voisines, elle réalise qu'il manque un
espace permettant aux plasticiens
insulaires de montrer leur art trop
souvent méconnu malgré la force qui s'en
dégage. Ayant eu la chance de grandir
dans le milieu des arts. En effet, grâce
à la profession de sa mère ( Fanny
Auguiac, ex-directrice de la scène
nationale de la Martinique ) et à
l'ouverture de son père (consultant sur
les questions économiques caribéennes )
sur nos voisins de la Caraïbe, l'art et
la Caraïbe ont toujours été pour elle
des sujets de passion et de réflexion.
Elle dirige aujourd'hui une galerie,
JM-ARTS, un pied ici, un pied là-bas
pour vivre pleinement sa passion de
"passeur d'Arts". A µParis elle expose
en ce moment un artiste qui vit en
Martinique depuis 1989 : Sentier.
Il nous parle de son travail ...
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 La Fondation Guggenheim
présente, le 31 janvier, aux
Emirats arabes unis les plans
d'un " district culturel " de
270 hectares sur l'île de
Saadiyat. Cette dernière,
aujourd'hui inhabitée, se trouve
à 500 mètres d'Abou Dhabi, la
capitale des Emirats, à laquelle
elle sera reliée par deux ponts
et un tunnel. Pour devenir le
lieu phare du tourisme dans le
golfe Persique. A côté d'une
marina, de dizaines d'hôtels et
de golfs, l'ensemble voué à la
culture devrait comprendre,
quatre musées et un centre de
spectacles.
L'entière conception du
projet a été confiée, en juillet
2006, à la fondation Guggenheim
dirigée par Thomas Krens. De
plus, celle-ci aura pour
responsabilité de gérer le
premier musée consacré à l'art
contemporain qui se trouvera à
la pointe de l'île et sera le
plus grand des cinq Guggenheim
existant de par le monde. Il
devrait couvrir 32 000 m2. Sa
conception a été confiée au même
architecte qu'à Bilbao :
l'Américain Frank Gehry.
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La dissidence face à
l'oppression politique,
religieuse ou sociale est le
thème de " Dissent ! ", une
ambitieuse exposition organisée
dans la ville américaine de
Cambridge, au Musée Fogg Art, le
plus ancien d'Harvard. Les
lithographies, dessins, gravures
et affiches sélectionnés parmi
les collections de la
prestigieuse université offrent
un panorama éclectique de la
contestation, depuis le XVIe
siècle jusqu'à nos jours, de la
mise en cause du pape pendant la Contre-Réforme à la critique des
propriétaires de voitures 4 × 4.
Dans ce musée, dont
l'architecture est la copie d'un
palais italien de la
Renaissance, sont exposés côte à
côte Goya, Warhol, Daumier,
Manet, Jasper Johns, Picasso,
Richard Serra. On y trouve aussi
les dessins d'artistes peu
connus ou anonymes
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Ex Nihilo "Osmoses" à l’Habitation Neisson
 Kanel BROSI et Brigitte LAMURE
donneront à voir leur travail, dans ses permanences et
ses évolutions présentes. Sculptures où la terre et le
bois se rencontrent et entrent en symbiose, dans un
dialogue toujours aussi créatif. Brigitte centre aujourd’hui sa
recherche sur la couleur et les patines. Elle provoque
ainsi une interpénétration délibérée des deux éléments -
bois et terre - qui, de différenciés auparavant, sont
désormais fusionnés. Osmose des deux matériaux par le
jeu des patines, en illusion de « bronze », par exemple. Kanel a utilisé quelques bois venus
d’ailleurs - ceps de vigne de Provence et épineux grec -
qui autorisent des délires harmonieux ou ludiques. Elle
nous propose également une nouvelle orientation
formelle, poursuivant des lignes plus émaciées, plus
retenues, et dégageant une émotion plus « suspendue ».
Il en émane une sérénité longiligne, qui, à la fois,
restitue son imprégnation par l’imagerie orthodoxe
grecque, et rend hommage à Alberto Giacometti. Dialogue
de la main avec la culture et les rêves.
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Sensualité,
rêves, fantasmes et
hallucinations, tels sont les
ingrédients des artistes
symbolistes qui explorèrent les
tréfonds de l'âme à la fin du
XIXe siècle. Après
une éclipse dans les années
1990, ce courant jouit d'un
regain de faveur sur le marché
de l'art et s'expose en galeries
en ce début d'année. Difficile
d'offrir une définition
synthétique de ce mouvement. Il
y a presque autant de
symbolismes que d'artistes. "Excroissance d'un romantisme
exténué", selon Guy Cogeval,
directeur du Musée des
beaux-arts de Montréal, ce
courant a annoncé l'Art nouveau
et porté les germes de la
modernité. "Les symbolistes
sont dégoûtés par le monde
contemporain, nostalgiques d'un
monde ancien qui a disparu,
rappelle M. Cogeval. C'est le
mouvement qui a le plus pesé sur
le XXe siècle. Sans
s'en rendre compte, les premiers
symbolistes ont ouvert la boîte
de Pandore, un réservoir à
images interdites par le bon
goût et la morale."
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Le triomphe des "dégénérés"

Les nazis les avaient bannis, le
marché de l'art longtemps ignorés. Les Klimt, Schiele, Kirchner et,
plus généralement, tous les expressionnistes allemands et
autrichiens sont en train d'acquérir une reconnaissance
internationale. Et les prix s'envolent. Les stars des enchères
portent désormais des noms germaniques. Klimt, Schiele et
Kirchner détrônent Picasso, Van Gogh et Cézanne. En portant
l'art allemand et autrichien au pinacle, 2006 a marqué la
consécration d'un mouvement que le marché tenait à la marge
il y a peu encore : l'expressionnisme, ainsi appelé parce
qu'il entendait, il y a un siècle, donner libre cours à
l'expression des sentiments. Le sommet a été atteint dans
une vente historique à New York le 8 novembre chez
Christie's, qui a récolté près d'un demi-milliard de dollars
en une soirée.
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Politique
muséale : la location des œuvres
d’art
par Michel
Herland

La publication dans Le Monde
du 13 décembre 2006 d’un point de
vue, de Françoise Cachin, Jean Clair
et Roland Recht dénonçant la
politique de location d’œuvre d’arts
menée par le Louvre, a créé une
sorte d’effervescence qui déborde
désormais le monde des musées
puisque la pétition de soutien au
point de vue en question a déjà
recueilli plus de 3000 signatures
émanant des milieux les plus divers.
Les journaux ont largement fait écho
à cette polémique, rappelé que deux
des auteurs du point de vue, n’ont
pas hésité eux-mêmes à monnayer les
prêts des œuvres dont ils avaient la
charge, la première en tant que
responsable de la collection de
l’Orangerie, le second comme
directeur du musée Picasso. Au-delà
de cette polémique, reste une
question de fond posée par les trois
auteurs qui considèrent que
« l’utilisation commerciale des
chefs d’œuvre du patrimoine
national » serait moralement
choquante.
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Bruce Davidson,
noirs et blancs
 C'est une très belle idée. Faire
découvrir les photographies de
Bruce Davidson. La Fondation
Henri-Cartier-Bresson, à Paris,
présente deux séries fortes de
cet Américain né en 1933, qu'il
a consacrées à la communauté
noire dans les années 1960 : "
Time of Change " sur le combat
des droits civiques, et " 100e
Rue " sur les habitants et la
vie d'une rue du quartier noir
de Harlem, à New York. La
centaine de photos en noir et
blanc montre autant la
détermination des militants
noirs que leur peur face aux
foules hargneuses. Et aussi la
misère accablante des lieux de
vie à New York comme dans le sud
du pays. Le style de Davidson
fait la synthèse entre
l'humanisme distant d'un
Cartier-Bresson et l'école
américaine du reportage
subjectif, plus proche des gens
et de leurs pensées, initiée par
Robert Frank et par Diane Arbus.
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Epopée au cœur de la lumière
par Victor Anicet
Il
est des créations dont se satisfait
plus ou moins l’artiste qui les
conçoit ; des créations
« contentement », des créations
« tâtonnement », des créations
« atermoiement »…
Et puis, il est des créations comme
du nouveau né qui parait, qui
s’insinuant dans la vie de
l’artiste, ébranlent ses habitudes ;
des créations « tempête » qui
s’abattant sur la tête de l’homme,
bouleversent le champ de ses
perceptions...
Lorsqu’on me confia en 2002 la
réalisation des vitraux de la
cathédrale de Saint-Pierre, j’avais
conscience du défi artistique à
relever, mais non des limites qu’il
me faudrait repousser dans
l’exercice de mon art, ni de
l’extraordinaire introspection qu’il
me faudrait mener dans l’antre
indicible de la lumière.
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La grande escroquerie du Palais
de Tokyo
par Michel Herland

Le débat sur l’art contemporain fait déjà rage et
l’on devrait sans doute se retenir d’y intervenir
lorsqu’on ne possède pas les patentes et certifications
reconnues dans un univers où l’on se retranche d’autant
plus volontiers derrière l’élitisme esthétique que
l’on est forcément conscient du regard goguenard
de la majorité du public. Il y a des moments, néanmoins,
où critiquer devient un devoir civique. Et l’exposition
actuellement en cours au palais de Tokyo (à Paris, jusqu’au
14 janvier) est une telle caricature de ce que peut produire
l’art ( ?) contemporain que l’on ne saurait
passer outre au devoir d’indignation.
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Abolir
le mal
par Pierre Pinalie
Face au rocher-vaisseau du Diamant, stigmate dressé
d’une ancienne puissance coloniale, quinze blanches
silhouettes hurlent silencieusement leur appétit de
respirer libres. Tournées vers la mer qui les a amenées,
prisonnières, sur ces rivages, bien plantées dans la
terre martiniquaise devenue la leur, elles clament la
souffrance. La masse imposante de chacune d’elles,
à l’image d’un totem, force l’espoir
dans la revendication muette, exigence d’esclave
qui ne tolère plus de ramper sous le joug. La tête inclinée
vers le sol, le corps fiché dans le socle du malheur,
chacune a laissé pendre ses bras jusqu’à ramasser
la dignité en allée. Chacune s’apprête à rebondir
hors du champ imposé par la volonté de l’Autre,
parce qu’il n’est pas tolérable de demeurer
attaché au sillon comme une bête de somme.
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Julien
Beneyton peint la rue et la banlieue
À
QUOI peut servir la peinture au temps de la télévision
ou même de la photographie ? A contraindre l'oeil à
prendre du temps, à s'attarder sur les êtres et les
choses, à ne plus se contenter de reconnaître au passage
les stéréotypes communs. Julien Beneyton - 29 ans, ancien
élève des Beaux-Arts de Paris - peint la rue, la banlieue
et ceux qui y habitent : le marchand de journaux, les
SDF sous le pont, les jeunes costumés en basketteurs
et en rappeurs, leurs mères africaines dans leurs grandes
robes, les revendeurs du métro..
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Yves
JEAN-FRANÇOIS
Dix
ans après sa disparition, Yvon
Jean-François, le peintre est
toujours parmi nous par l’intensité
de la vie qui émane de ses œuvres.
Par la couleur ou le crayon noir,
dans la racine de fougère ou la
pierre ponce, et par l’intermédiaire
de l’âme du bois, il nous a laissé
un merveilleux sens de la vie et du
plaisir de vivre. Et comment ne pas
le rejoindre quand l’amour de la
femme semble avoir guidé sa main
dans le dessin et la sculpture
faisant de chaque représentation du
corps féminin un chant d’allégresse,
voire un cantique ? C’est à chaque
fois un hommage à celle qui nous met
au monde en raison de la beauté que
nous admirons et désirons forcément
depuis l’aube de l’humanité.
Lire la suite par Pierre Pinalie
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Hélénon,
« lieux de peinture »
Dans un précédent livre consacré à l’œuvre
de Serge Hélénon, Daniel Radford introduit sa contribution
en ces termes : « L’œuvre d’art
est-elle muette, qu’elle ait besoin d’un
texte qui la renforce et qui l’anime ? Souvent
le mot l’endort, l’anesthésie, fouille à
côté et, par redondance, la tue. Rien n’est plus
beau qu’une peinture qui se raconte toute seule
car tel est son destin, et le risque du peintre. Le
mot accapare son espace et, voulant la dévoiler, lui
vole sons sens et invente un discours à partir de sa
forme.»
Pourtant ayant constaté cela faut-il se priver de toute
analyse ? Doit-on s’interdire de parler d’une
œuvre sous prétexte qu’elle est irréductible
au discours ? Évidemment non, répond Dominique
Berthet, qui se livre dans cet autre et nouvel ouvrage
à une investigation toute personnelle du travail d’Hélénon.
Évidemment non. D’autant que l’œuvre
si elle résiste au discours, paradoxalement l’encourage.
Lire
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Le " Skate Park " conçu par Peter
Kogler pour les skateurs de la porte
d'Italie (13 - sup - e - /sup -
arrondissement). PHILIPPE
MARIANA/EDITINGSERVER.COM Une
exceptionnelle commande publique à
huit créateurs vedettes accompagne
le parcours du tramway
C'est du jamais-vu à Paris : le
tramway des boulevards des
maréchaux, inauguré samedi 16
décembre, a été accompagné d'une
vague de commandes publiques sans
précédent. " C'est la première
commande importante d'art
contemporain à Paris depuis les
colonnes de Buren " au
Palais-Royal, a souligné Christophe
Girard, adjoint (PS) au maire de
Paris chargé de la culture.
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Le 17 novembre 1892, le général
Dodds entre à Abomey, capitale du
royaume de Dan-Homey, à la tête
d'une colonne des troupes coloniales
françaises. Le roi Béhanzin
(1844-1906), qui lutte contre les
envahisseurs, a fui en incendiant
son palais. Après quatorze mois de
guérilla, il se rendra à Dodds. Ce
dernier, qui a retrouvé le trône du
souverain intact, l'envoie en
France, où il figurera, parmi
d'autres "trophées", au Musée
d'ethnographie du Trocadéro.Le Musée du quai Branly en a hérité
via le Musée de l'homme.
Cette pièce symbolique est
aujourd'hui au coeur de l'exposition
organisée par la Fondation Zinsou, à
Cotonou, principale ville de la
République du Bénin (ex-Dahomey),
qui célèbre le centenaire de la mort
de Béhanzin, devenu héros national.
Azouz Begag, ministre français
délégué à la promotion des chances,
représentant l'ancienne puissance
coloniale, a fait le voyage pour
l'occasion.Le Musée du quai Branly a prêté pour
l'occasion une trentaine de pièces
qui toutes ont un rapport avec le
souverain, exilé à la Martinique
puis à Alger, où il mourra.
L'exposition est d'abord historique,
avec force documents (lettres,
journaux illustrés, photographies)
racontant la lutte du roi contre les
Français.
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la suite |
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Serge
Hélénon : une esthétique de
l’inesthétique
par
Gerry L’Etang .
Dans le beau livre, Hélénon
Lieux de peinture, que nous
offre Dominique Berthet, il est
donné à voir une tendance
essentielle de la démarche
artistique de Serge Hélénon : une
quête du beau à partir du dérisoire,
une esthétique de l’inesthétique.
A partir de matériaux de
récupération apparemment
hétéroclites et improbables, Serge
Hélénon s’attache à produire de
l’harmonie, de l’émotion. D’abord en
les associant, en les combinant,
ensuite en les peignant.
Les éléments a partir desquels sont
réalisés les assemblages :
bois-caisse, clous, bouts de tissus,
couvercles de boîtes de fer-blanc ou
d’aluminium, poignées rouillées,
etc., ne sont hétéroclites qu’en
apparence. Car il y a un trait
sémantique commun à tous ces
objets : ce sont des éléments
périphériques, généralement des
contenants.
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Bruxelles fête l'inquiétante
peinture de Léon Spilliaert

Vers 1920, les
œuvres de Léon
Spilliaert se
vendaient bien à
Paris, mais pas en
Belgique, son pays
natal. La situation
s'est inversée
depuis : alors que
les occasions de
voir Spilliaert en
France sont trop
rares, Bruxelles le
célèbre en deux
grandes expositions,
au Musée royal des
beaux-arts et à la
Bibliothèque royale.
Plus de trois cents
pièces montrent,
pour la première
fois, dans sa
variété et sa
complexité l'œuvre
de cet Ostendois qui
mérite d'occuper
dans l'histoire une
place comparable à
celle de son
contemporain,
l'Italien De
Chirico.
"
Galeries royales
d'Ostende ", de Léon
Spilliaert, 1908. Encre
de chine, lavis, plume,
crayon de couleur sur
papier. MUSÉES ROYAUX
DES BEAUX-ARTS DE
BELGIQUE, BRUXELLES
|
CAPC :
les vides du dossier .
Après la mise en examen
du directeur, les deux
commissaires d'une
exposition sur l'art et
l'enfance qui a eu lieu
à Bordeaux en 2000 sont
convoqués mardi par le
juge d'instruction. Les
charges semblent
étonnamment faibles.
La polémique sur l'art et la
pornographie s'apprête à
rebondir. Les deux
commissaires de l'exposition
" Présumés innocents " sont
convoqués, mardi 19
décembre, par le juge
d'instruction bordelais
Jean-Louis Croizier. Six ans
après les faits, Marie-Laure
Bernardac, aujourd'hui
conservatrice au Louvre, et
Stéphanie Moisdon-Tremblay,
critique d'art, se voient
reprocher le caractère "
pornographique " d'oeuvres
présentées au CAPC de
Bordeaux du 8 juin au 1er
octobre 2000. Cet épisode
intervient un mois après la
mise en examen de l'ancien
directeur du CAPC,
Henry-Claude Cousseau, pour
" diffusion de message
violent, pornographique ou
contraire à la dignité,
accessible à un mineur "
et " diffusion de l'image
d'un mineur présentant un
caractère pornographique ".
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La cote de
Kupka reste encore
en retrait
L'exposition " Au temps des
cubistes ", organisée
jusqu'au 31 janvier par la
galerie Anisabelle Berès,
permet de redécouvrir
l'artiste tchèque Frantisek
Kupka (1871-1957). Bien que
ce soit un contemporain de
Paul Klee et de Vassily
Kandinsky, sa cote reste en
retrait. Une revalorisation
se perçoit toutefois depuis
deux ans. Après des études
artistiques à Prague puis à
Vienne, Kupka s'installe à
Paris vers 1896. Avant de
s'ériger en pionnier de
l'abstraction, l'artiste a
connu une longue carrière de
caricaturiste et
d'illustrateur dans une
veine symboliste. Peu à peu,
il évolua vers une
géométrisation des formes. Dès 1912, il peint ses
premiers Plans verticaux,
avant le Carré noir sur
fond blanc du Russe
Kazimir Malevitch, ou les
compositions avec plans de
couleurs du Hollandais Piet
Mondrian. Outre les plans
verticaux, Kupka a aussi
utilisé les motifs de la
courbe et de l'ellipse. Ses
études pour les disques de
Newton ont préfiguré les
compositions dynamiques de
Robert Delaunay. Membre en
1931 du mouvement
Abstraction-Création, il n'a
plus jamais opéré de retour
vers le figuratif.
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Dialogue
des cultures ou parade
exotique ?

Temple voué à la beauté
d’œuvres venues d’ailleurs,
le musée du Quai Branly
résonne de la querelle
toujours vive entre
ethnologues et
collectionneurs…
Paris est devenu, le 20
juin dernier, le nombril
du monde des arts
premiers. Ce jour-là,
Jacques Chirac
inaugurait le musée du
Quai Branly, « un
lieu original qui rend
justice à l’infinie
diversité des cultures »,
dans une ambiance
médiatique euphorique
– avec télévisions et
radios du monde entier,
et près de 2 000
articles de presse parus
pour l’occasion. Trois
mois plus tard, passé
l’enthousiasme des
débuts, les reproches
pointent, les
engouements fléchissent.
On découvre que certains
journaux anglo-saxons
ont été très critiques (le
New York Times,
le Guardian) ;
Internet foisonne de
blogs passionnés et
interrogateurs ; deux
livres, récemment
sortis, racontent la
genèse tumultueuse du
projet et en discutent
les partis pris (1).
|
|
A New York, l'art dépasse le
milliard

Il
y a des chiffres qui
donnent le vertige.
Ceux de la saison
des ventes aux
enchères d'art à New
York en font partie.
La première semaine,
consacrée à l'art
impressionniste et
moderne, totalise
847,25 millions de
dollars. Le total
des ventes d'art
contemporain, qui se
tiennent cette
semaine, n'est pas
encore totalement
connu, mais il est
pour l'instant de
448,7 millions de
dollars. Le cumul
des deux semaines,
plus de 1,3 milliard
de dollars (1,042
milliard d'euros)
équivaut
approximativement à
253 ans du budget
d'acquisition du
Centre Pompidou..
Pour Christie's,
c'est " un cas
sans précédent dans
l'histoire des
ventes aux enchères
". La maison de
vente de l'homme
d'affaires français
François Pinault
(l'un des
actionnaire du
Monde) a
décroché 491,4
millions de dollars
en une seule
vacation. Avec plus
de 866 millions de
dollars cumulés sur
deux semaines, elle
est le grand
vainqueur de la
saison. |
|
Les défis de la critique
d’art de Dominique Berthet .
Comment
s’y retrouver dans le foisonnement
des discours de la critique autour
de l’œuvre d’art ?
Entre autres qualités, l’ouvrage
de Dominique Berthet fournit à
la fois les moyens d’une orientation
et l’occasion d’un
questionnement de la « relation
particulière qu’entretient celui qui
projette de parler d’une œuvre avec
l’œuvre elle-même » (p. 7). N’hésitons
pas à saluer d’emblée l’agencement du
texte : l’auteur réussit le
tour de
force de présenter une progression à la
fois historique et analytique...
par
Laurent
Luquet
|
Les
miroirs de l'homme occidental,
La
première grande exposition
temporaire du Musée
du quai Branly, " D'un
regard l'Autre ", s'ouvre
le 19 septembre
....
l'exposition
d'Yves Le Fur, placée
sous les auspices de la navigation
et de la cartographie, est
une perpétuelle mise
en abyme, une interrogation
sur la succession des regards
portés par l'homme
occidental, sur le "
sauvage " rencontré
sur des rivages inconnus.
L'Européen sera tour
à tour intrigué,
séduit et dégoûté
par ces civilisations sur
lesquelles il ne manquera
pas de projeter son imaginaire.
|
Moi,
Corps... de Mickaëlle
Lorédon et Kelly Guillaume
.
Le corps féminin, objet
du désir masculin,
devient pour les femmes artistes
objet d'attention et de réflexion.
Elles s'interrogent sur leur
identité culturelle,
sexuelle, sociale ; elles
doivent se positionner par
rapport aux artistes masculins
d'où le double questionnement
de femme et d'artiste.Trois
générations
de femmes se succèdent
dans un travail sur la nature
féminine. La première
génération inaugure
un travail plus violent sur
le corps désexualisé
et personnel au point de procéder
parfois à des automutilations
ou à des mises en scène
de leur corps souffrant.
|
La
rencontre de deux hommes,
Dominique Berthet et Ernest
Breleur. Durant
dix ans (1996-2006), le premier
universitaire et critique
d’art, l’autre
artiste plasticien entament
un parcours dans un lieu où
ils vivent et travaillent :
la Martinique. Un dialogue
qu’ils nourriront et
qui enrichira l’analyse
de l’esthéticien
dans ce livre. Des propos
repris par l’auteur
dans la dernière partie
des corps énigmatiques
d’Ernest Breleur. Trois
interviews majeures qui tracent
les pistes empruntées
par l’artiste pour sculpter
pas à pas sa propre
contemporanéité
avec comme principale préoccupation
la problématique du
corps.
|
|
Pour
Henri Guédon Demeurez,
gai
don
! Je
suis entré chez vous
par effraction, par la porte
d’une toile morcelée.
Je suis entré chez vous
comme un fou, en toute clandestinité.
J’ai veillé avant
la mort. C’était
veille de carnaval, en plein
carnaval, chez vous. |
|
Monique
MIRABEL : à corps et en
corps Salle Andrée
Arsenec CMAC Scène Nationale.
Des corps qui ne
sont pas décors, mais qui
sont un hymne à la vie
travaillée par la mort.
L'expo a fermé ses portes
reste cet opus... pour
mémoire.
|
Acte
en retour de Jean-François
Boclé .
Les installations de Jean-François
Boclé organisent les données
de mode de vie et de pensée
liées à l'histoire de la Caraïbe.
À partir d'un vocabulaire
plastique extrêmement diversifié,
de matériaux rudimentaires,
de support de récupération
et d'une juxtaposition d'éléments
disparates appartenant à la
réalité quotidienne et à la
géographie intime de l'artiste,
elles questionnent une pensée
et des faits - traite négrière,
colonialisme, exclusion, globalisation,
périphérie, frontière, identité,
altérité, mémoire - difficilement
représentables.... Salle
Andrée Arsenec CMAC
Scène Nationale
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Ex
Nihilo : le hasard apprivoisé
. Kanel
était « dans
les bâtons » (sculptures
immédiates qu’elle
collectait et « lisait
», toute à la
joie de la trouvaille qui
vous parle, vous raconte une
histoire) ; avec le désir
d’y ajouter quelque
chose, d’intervenir,
s’exprimer - mais avec
quel matériau ? Brigitte
était « dans
la terre », dans le
plaisir d’épanouir
une forme, parfois autour
d’un bâton - simple
support qu’elle ne savait
pas encore comment travailler,
comment intégrer.
De
ce désir et de cette
impasse est né un dialogue,
amorce d’un élan
commun : faire ensemble, associer
bois et terre. Élaguer
et pétrir, poncer et
polir. |
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Monique
MIRABEL : à corps et
en corps Salle
Andrée Arsenec CMAC
Scène Nationale. Des
corps qui ne sont pas décors,
mais qui sont un hymne à
la vie travaillée par
la mort. L'expo a fermé
ses portes reste cet opus...
pour mémoire.
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La
Forêt des Mânes
de Léa de Saint Julien
. A partir
du 10 mai 2006, le Sénat
accueille au Jardin du Luxembourg
la Forêt des Mânes,
une installation d'envergure
de l'artiste guadeloupéenne
Léa de Saint Julien.
Visible aux heures d'ouverture
du jardin, l'oeuvre, musicale,
photographique, minérale,
met en scène une arche
de bambous géants pouvant
atteindre jusqu'à 15
mètres de haut.
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Les
sculptures de Kanel Brosi |
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Les
sculptures de Brigitte Lamure |
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