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Peintures

Sculptures

 

Peintures & Sculptures

 

 

 Ella MASSEE «  une œuvre polymorphe »
Rencontre d’un autre Type



par Christian Antourel

Exposition à l’APPART, rue Papin Dupont, à Fort de France

L’artiste s’intéresse essentiellement à la transgression, la traduction et a la transformation de la matière.

Ella suggère de prendre un temps de réflexion, propose de ralentir notre regard dans cette course de messages a outrance, où l’art est le prétexte a une consommation effrénée des genres. Elle trouve des configurations d’exécution, chaque fois qualifiées par des séries de gestes que présupposent ses formes endormies. Dans cette démarche singulière, elle part de la réalité crue, a vif, la déconstruit entre les différentes techniques qu’elle emploie. La triture, la colore par des moyens en perpétuelles concordances de dialogue que ce soit : gravure, dessin, aquarelle, huile, numérique et modelage, elle traduit l’énergie vitale de l’image, invente de nouvelles apparitions reliées entre elles par une irrésistible complicité ; Ces fantasmes issus de manipulations et de techniques de jeux, que le numérique énumère sans y paraître :  Les superpositions, les ajouts successifs, les déformations des éléments organiques qui composent ces images mises en œuvre d’un autre monde, sidéral  et sous marin, sous entendu, c’est sûr sous pression. Et tout ce spectacle qui surgit en formes non identifiées, qui posent seules sur la scène des tableaux, dans le noir, éclairées par une poursuite intuitive jouissent d’une improvisation cohérente ou improbable et s’échappent par la lumière qui en émane.

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La fabrique de la culture

 La langue africaine des pharaons noirs



   Ils ont laissé de vastes nécropoles de pyramides pentues à la singulière silhouette, des temples majestueux qui n'envient rien à ceux de l'Egypte, ils ont bâti des villes et donné au "pays éternel" une lignée de souverains, les "pharaons noirs", qui ont régné sur tout ou partie de la vallée du Nil entre les VIIIe et VIIe siècles avant notre ère. Qui sont ces hommes, mis à l'honneur par le Musée du Louvre, qui leur consacre une exposition ? Ils nous sont encore largement inconnus. Et pour cause : la langue des habitants du "pays de Koush" - ainsi que les Egyptiens nommaient le territoire de l'actuel Soudan - résiste âprement aux tentatives des linguistes pour en percer les secrets. Francis Llewelyn Griffith a bien décrypté son système d'écriture voilà un siècle. Mais ce qu'on lit, dans le millier de textes qui nous sont parvenus, reste incompréhensible.

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L'art tribal, nouveau terrain de prospection de l'art contemporain


 

  On les appelle les Adivasi, les autochtones, ou encore parfois les "peuples de la nuit". Premiers habitants de l'Inde, ces aborigènes sont restés jusqu'à aujourd'hui dans les marges du pays. S'abritant dans les forêts, les montagnes, hors du système de caste hindouiste, ils sont près de soixante millions. Une variété infinie de cultures et de langues. Pire que les intouchables, Gond, Kondh, Naga ou Warli restent des tribus oubliées.

Et pourtant de leurs mains naissent des trésors : masques symbolisant les éléments naturels, sculptures rituelles de la déesse mère, effigies de bois du culte ancestral des Bhuta au Karnataka... Le Musée du quai Branly met à jour dans l'exposition "Autres maîtres de l'Inde", du 30 mars au 18 juillet, près de 400 pièces de tout le pays, des îles Nicobar à l'Etat de Madhya Prades.

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Lucian Freud, peintre académique de l'obscène

" D'après Cézanne " (2000), de Lucian Freud. NATIONAL GALLERY OF AUSTRALIA, CANBERRA
Rétrospective de l'artiste anglais au Centre Pompidou

  Pour faire un Lucian Freud, commencez par trouver un modèle doué d'une ou plusieurs particularités anatomiques - obésité, disproportions prononcées, genoux cagneux, seins qui tombent ou virilités emphatiques. Déshabillez-le et placez-le sur un lit défait ou un sofa fatigué dans une posture telle que ces spécificités physiques soient largement exposées. Ajoutez un chien qui dort ou une plante verte qui flétrit. Une bizarrerie bien marquée fera son petit effet : deux jambes sortant de sous un lit ou un geste de la main inexplicable.

Pour l'exécution, deux règles sont à respecter. Tordez la perspective, en redressant exagérément les obliques des lattes du parquet ou en adoptant un point de vue en plongée ou contre-plongée.

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Des rituels funéraires libertins chez les Mochicas du Pérou

Homme contraignant une femme à lui pratiquer une fellation. Museo Larco, Lima, Pérou

Ce serait folie d'imaginer que les Mochicas, civilisation précolombienne ayant occupé la côte nord du Pérou du Ier au VIIIe siècle de notre ère, ne pensaient qu'à la bagatelle. La découverte des 134 pièces de terre cuite exposées au Musée du quai Branly, pour la plupart très suggestives, laisserait cependant supposer que l'acte sexuel, sous toutes ses formes, était un plaisir que ne boudaient pas ces as de l'irrigation, technique qui leur permettait de fertiliser les plaines arides du Nord péruvien.

Pour qu'on ne s'y trompe pas, un panneau placé à l'entrée de l'exposition "Sexe, mort et sacrifice dans la religion mochica" précise qu'il ne s'agit pas d'un condensé d'érotisme, mais de représentations rituelles et d'objets funéraires. Quand bien même ces cultivateurs, chasseurs d'otaries et de cervidés, songeaient-ils sans gaîté particulière à la dualité du monde (la vie, la mort, le monde d'en haut, celui d'en bas), ils n'en ont pas moins déployé un art remarquable de la poterie.

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Enfin les artistes africains ne sont plus anonymes
 


  Statue dogon", "masque fang" : ainsi s'exprime-t-on en matière d'arts de l'Afrique. Il semble admis que les fonctions religieuses et sociales des objets étaient si déterminantes qu'il est logique de les classer par peuples, cultes, sociétés secrètes ou types. Il est tout aussi logique que le nom de leur auteur ait disparu, puisqu'il n'aurait été que l'exécutant d'un désir et d'un système collectifs.

L'absence de traces écrites jusqu'à une date assez récente et les conditions dans lesquelles les oeuvres ont été collectées par les Occidentaux ont contribué à cette situation : si nul ne conteste plus l'existence d'artistes africains, il semble tout aussi admis qu'ils ne peuvent que demeurer anonymes.

Nombreux en effet sont les artistes africains qui resteront anonymes : ceux des siècles antérieurs au XIXe, faute de témoignages écrits ; et tous ceux, plus récents, sur lesquels des informations auraient pu être sauvegardées mais ne l'ont pas été : ceux qui ont collecté les objets - ethnologues compris - n'ont pas pu ou su poser les bonnes questions.

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Vernissage à  la galerie T § T de Basse-Terre le 21 janvier 2010 :

« Le casse-tête » de
T(hierry ALE)T.

par Scarlett Jésus

   André BRETON collectionnait les masques africains. D’autres peuvent s’enorgueillir de posséder une galerie de portraits de leurs ancêtres. T(hierry ALE)T est un voleur de têtes. Un artiste « serial killer » à l’imagination toute puissante et qui n’en fait qu’à sa tête. Un véritable Barbe-bleue qui détient, dans son cabinet de curiosités une fabuleuse (et assez mystérieuse) collection de têtes. Des têtes « cou coupé » et qui rient étrangement… face à la Mort.

Avoir choisi de dévoiler une partie de sa collection ce 21 janvier n’est pas anodin. T a-t-il toute sa tête ? Une telle date, qui coïncide avec le déclenchement des 44 jours de grève en 2009, se situe dans la période du Carnaval, à dix jours à peine du désastre d’Haïti. Le choix d’une telle date, qui associe trois évènements aussi disparates, ne revient-il à convier pour l’exposition, de façon oxymorique, le Rire et la Mort dans ce qui pourrait s’apparenter à une Danse macabre ? Les Grecs le savaient, les Dieux se rient du malheur des hommes…

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Les artistes qui comptent s'installent à Berlin

 

Robin Rhode : «Je suis venu à Berlin en 2001 par hasard, par amour pour ma future femme. Pour moi, Sud-Africain, le climat est terrible. Ce n'est pas beau comme Paris ou New York, mais c'est une ville complexe, multicouche, fascinante.» (Robin Rhode)

  Vingt ans après la chute du Mur,la capitale allemande est devenue le point de ralliement des créateurs et des galeries les plus dynamiques d'Europe.

Tous les chemins mènent-ils à Berlin ? Malgré sa position excentrée et septentrionale, malgré la crise, la capitale allemande s'affirme comme l'eldorado des artistes venus du monde entier. De Scandinavie, comme Olafur Eliasson, 42 ans, le magicien de la Terre qui a fait jaillir des cascades à Manhattan en 2008. Du Portugal, comme Jorge Queiroz, 43 ans, dessinateur aux pastels surréalistes. D'Afrique du Sud, comme Robin Rhode, 33 ans, danseur et vidéaste venu du street art, ou Pieter Hugo, 33 ans, photographe vedette de la dernière Biennale de Bamako. De France, comme Saâdane Afif, 39 ans, prix Marcel-Duchamp 2009, Damien Deroubaix, 37 ans, et Nicolas Moulin, 39 ans, ses compétiteurs. De toute l'Allemagne, aussi, de l'Ouest, comme le peintre du «trash» Jonathan Meese, ou de l'Est, comme celui de l'abstraction acidulée, Frank Nitsche. Tous ont choisi de vivre à Berlin et contribuent à en faire une ville d'artistes, paisible, décalée, enthousiaste et active.

 

 Vanina Tougon
Pots de fleurs en résine


Exposition itinérante dans les grandes surfaces.

par Christian Antourel

  Si la discipline, de designer n’a toujours pas de statut officiel, et le mot design de définition tangible, c’est que chaque époque, chaque courant réinvente « sa » définition du design
La recherche hors des sentiers battus, pour mettre en relation des éléments structurels et fonctionnels, qui fait de l’objet une unité cohérente est-ce cela le design, une conception pour un environnement en adéquation à la fois pratique et esthétique ? Rien a voir avec l’esthétique du banal on pencherait plutôt pour une filiation avec l’utile et l’agréable redéfini, où il s’agit de s’extraire en dehors d’une théorie de l’habitude rationnelle, aller là où l’insolence naturellement, porte loin en avant dans l’expression de formes en rupture avec l’ennui la routine, la monotonie et son miroir. Vanina aime les fleurs en pots, objet de décoration pour la maison. Alors elle les invente ses pots précieux  par un jeu de manipulations, sans cesse renaissant.

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A la Foire d'Abou Dhabi, le public admire mais l'émirat achète peu

 la foire d'art d'Abou Dhabi, il y a des filles. Assise sous un portrait de Giacometti, une demoiselle vêtue de la traditionnelle abaya noire et sagement voilée croque sur son carnet de dessin une araignée géante sculptée par Louise Bourgeois. Elles sont des dizaines, jeudi 19 novembre, à avoir envahi la foire, organisée pour l'essentiel à l'Emirates Palace, jusqu'au 22 novembre, et à exercer leur talent naissant. Un spectacle qui rappelle les débuts de la Foire de Madrid, où se bousculaient des étudiants avides de nouveauté après les années du franquisme. Ce spectacle attendrissant est-il du goût des exposants ? Il est permis d'en douter : sur la cinquantaine de galeries présentes dans la capitale de l'émirat d'Abou Dhabi, certaines subissent un vrai choc culturel.

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« MAC Marin 2009 »

Le Marché d’Art Contemporain du Marin – Édition 2009

par Selim Lander

 Au fil des années, le Marché d’Art contemporain du Marin est devenu un rendez-vous attendu aussi bien par les artistes que par les amateurs. Gageons que cette édition, la septième, ne fera que renforcer l’engouement des uns et des autres.

Il est toujours délicat de parler de l’art contemporain. Celui-ci étant ce qu’il est – un foisonnement d’initiatives où toutes les expériences sont légitimes, où l’originalité tend à l’emporter sur le savoir-faire technique – le critique ou plutôt le chroniqueur ne saurait en aucune manière trancher avec autorité sur ce qui vaut quelque chose ou ce qui ne vaut rien. Et il ne saurait surtout pas parler de ce qui est beau et de ce qui ne l’est pas, ce critère n’étant pas considéré comme pertinent.

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Guadeloupe: La culture pour renouer les liens
 

 

 Après avoir exposé au Grand Palais en juin dernier, les "street artistes" réunis au sein du collectif Mix'Art étaient vendredi et samedi à Pointe-à-Pitre.[Avant la Martinique en décembre]. Au programme, exposition, performances et rencontres avec des artistes locaux.

La question de l'identité nationale est à la mode? Le collectif Mix'Art qui fédère une cinquantaine d'artistes sous l'égide de l'association Ariana, se mouille pour apporter sa pierre à l'édifice. Graffeurs, spécialistes du collage, de la BD ou du pochoir, une douzaine d'artistes de tout poil est venue se confronter à la réalité guadeloupéenne, à la rencontre de leurs homologues locaux, souvent en mal d'échanges avec la métropole. Et pourtant, on a pu le constater sur place, ces artistes parlent la "même langue", cet espéranto du street art qu'est la performance, aérosols de peinture en main. Vendredi, sur la place de l'hôtel de ville de Pointe-à-Pitre inondée de soleil, ils étaient invités à donner leur définition de la diversité. Ils ont ainsi partagé la même toile, longue d'une trentaine de mètres pour réaliser ensemble une fresque.

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René Maran


 Photographe et plasticien

 

par Christian Antourel

  Son travail n’est ni l’un ni l’autre, mais se compose de ces deux arts… et d’autres encore.

Mystère de la création

Quelle raison de peindre sur la pellicule, est-ce bien raisonnable ? Puis par photos, graver cette métamorphose. Quel étrange spiritualisme que ce plaisir solitaire.

Il y aurait donc deux folies distinctes, celle qui discipline, et celle qui indécise spleen et bleues en courant la création.

Quelle pathologie absorbe notre hôte? Nous y voilà «rien de grand ne s’est jamais fait sans folie». On aime on n’aime pas, d’ailleurs il s’en moque. Quand l’étincelle jaillit il délivre le cliché, de son état latent, sous une autre forme modifiée. C’est à cet instant où il découvre l’art inconditionnel, qu’au microscope, il saisit l’image survenue chaude effervescence et efface, crucifie d’un trait de peinture scrupuleuse la querelle d’antan entre la peinture et la photographie.

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  Ils sont cinq : Djeff Regottaz, fondateur en 2001 du "studio créatif digital" Dekalko, lauréat de la Fondation Jean-Luc Lagardère, qui soutient son projet, Valère Terrier, cofondateur (avec Pierre Nouvel) du label vidéo indépendant Factoïd, le musicien Olivier Pasquet de l'Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) et le graphiste Bastien Ribeiro. A la production, Zelda Bensoussan.

Créé en 2007, leur collectif se nomme Visual System. Et l'oeuvre qu'ils présentent dans le cadre de Crossing the Line, le festival annuel de l'Institut français-Alliance française (FIAF) de New York, s'intitule "A Digital Experience". 

 

On l'aura compris, l'art numérique se soucie peu de francophonie. Avec "A Digital Experience", l'objectif n'est pas uniquement de faire surgir une esthétique nouvelle, expliquent les membres du groupe, il est de "connecter la fascination de l'homme pour la technologie à la prouesse technologique elle-même". Pari réussi.

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La fièvre du luxe transforme la FIAC en un étonnant palais des splendeurs

  C'est trop bien pour une foire !", entendit naguère le marchand d'art Ernst Beyeler qui avait accroché un Rothko d'exception à Bâle. Les oeuvres majeures n'ont en effet que rarement besoin de ce genre de manifestation pour se vendre.

C'est pourtant ce qu'il advient aujourd'hui à la 36e FIAC, qui s'est ouverte le 22 octobre. Au centre du Grand Palais, plusieurs grands marchands étrangers et français se sont réunis pour composer un pavillon des splendeurs. Il s'ouvre sur un Brancusi historique. Suivent trois Picasso de premier ordre, un Beckmann exceptionnel, deux Calder inouïs, un Mondrian parfait, deux Léger inoubliables et, quand on en vient à manquer d'adjectifs, voici que se présentent trois Bacon à tomber à genoux.

Autant de chefs-d'œuvres, autant de maîtres de l'art moderne - pas de l'art vivant. La répartition entre Grand Palais et Cour du Louvre est de plus en plus nette : au Grand Palais, les morts illustres - ou un peu moins illustres - et les vivants célèbres et chers, de Bourgeois à Koons en passant par Twombly, Soulages, Hockney et Baselitz.

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Les goûts artistiques des Obama

  Le couple présidentiel a choisi quarante-sept œuvres issues des musées de Washington pour re-décorer la Maison-Blanche.

Éclectique, engagé et résolument moderne, le couple Obama se distingue aussi dans l'art. Barack et Michelle Obama ont emprunté quarante-sept œuvres dans les musées de Washington pour redécorer la Maison-Blanche. Une collection aussi riche que variée, applaudie par la critique.

La culture afro-américaine est à l'honneur dans cette résidence construite par des esclaves. Parmi les pièces qui interpellent le plus, il y a celle de Glenn Ligon, artiste noir conceptuel qui explore les thèmes de la politique et la race. Sa toile Black Like Me N2 est un hommage au livre du journaliste blanc John Howard Griffin, qui s'était noirci la peau pour relater ensuite son expérience, peu plaisante. Sur le tableau, on peut lire des bribes de texte qui deviennent de plus en plus illisibles au fur et à mesure que le regard descend vers le bas, couvert de pigments noirs.

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Shirin Neshat, la voix de l'Iran en exil  
Récompensée pour son premier film à la Mostra de Venise, la vidéaste iranienne fait l'objet d'une exposition à Paris.

 par Valérie Duponchelle

Une image extraite de la vidéo Faezeh, réalisée en 2008. (©Shirin Neshat. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.) Shirin Neshat, c'est la délicatesse faite femme, la grâce sculptée d'un Tanagra aux mains déliées, au long cou nerveux et au port de reine. Les ­quatre héroïnes de son premier long-métrage, Women Without Men, ont cette alliance naturelle de rigueur et de suavité, à l'image des jupons blancs cachés sous les robes sages des années 1950 et du long voile noir de l'interdit qui couvrent ses héroïnes. Shirin Neshat, c'est la liberté faite femme, celle d'une artiste en exil, une brune absolue aux yeux si noirs qu'elle les souligne encore d'un large trait de khôl comme Isis l'Égyptienne.

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A  voir à l'Atrium

L’approche du sacré

 

Par Fernand Fortuné

L’Art et le Sacré

La commune du Robert (Martinique –Caraïbe) avait organisé, il y a quelques années, une rencontre d’artistes martiniquais, autour d’un thème difficile, mais auquel tout créateur doit être un jour confronté : l’Art et le sacré. Dumas JEAN-JOSEPH (DJJ) avait exposé « Voyage céleste ». Cette œuvre est une véritable étreinte, sobre, dégagée de toute fantaisie de couleur. La lumière y est forte, suggérée par un soleil zénithal, puissant comme une idée unique, comme la Vérité révélée.

Le personnage, totalement anonyme, dépouillé de signification apparente, est immense espérance et grande dévotion et on le sent habité par une spiritualité forte à laquelle il ne semble pas être soumis, mais qu’il porte haut, en adoration, pour un partage en devenir.

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Soulages, le noir en pleine lumière

Le centre Pompidou expose une centaine d’oeuvres de Pierre Soulages, la figure majeure de l’abstraction française.

  A presque 90 ans, il continue de peindre avec la même énergie, la même curiosité, la même envie. Pierre Soulages ne lâche son pinceau qu’en cas de force majeure. Ainsi lorsqu’il s’agit de superviser une rétrospective de ses oeuvres, de 1946 à nos jours, avec Alfred Pacquement, directeur du centre Pompidou. Ils avaient déjà fait équipe en 1979, à l’occasion d’une exposition consacrée à l’outrenoir, l’étape la plus décisive de sa carrière. "Une nuit, je tournais en rond dans mon atelier, à Sète. Je n’en pouvais plus, je travaillais depuis plusieurs heures sur une toile que je croyais ratée. Je m’acharnais sans réussir à savoir où je voulais en venir. J’ai décidé de faire une pause. Quand je suis revenu, j’ai vu avec stupeur que le noir réfléchissait la lumière. Si je me déplaçais, la peinture était différente. En fonction de son environnement, elle adoptait des reflets cuivrés, bleus ou verts! Cette polyvalence chromatique a été pour moi une révélation."

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  De même que l'ombre est indissociable de la lumière dont elle dépend,l' ailleurs n'existe que dans sa relation à l' ici. Si l'ici est par définition  l'endroit où l'on est, l' ailleurs est l'en dehors, l'autre part proche ou lointain. On peut envisager différentes catégories de l'ailleurs : l’ailleurs géographique connu ou non-connu, l'ailleurs imaginé, projeté, fantasmé, ou encore les ailleurs artificiels.

L' ailleurs est donc multiple et complexe. Il est à la fois ce qui fuit en permanence et nous échappe, dans la mesure où il est toujours là où l'on n'est pas, mais il est aussi l'endroit où l'on se rend, dans lequel on voyage, qu'on explore, où on rencontre l'Autre.

L' ailleurs est à envisager aussi bien comme espérance et désir que comme menace et risque. Entre magie et crainte, appel et répulsion, possible et impossible, vécu et fantasme, il est un moteur de la vie.

Les auteurs: Jean ARROUYE, Dominique BERTHET, Cécile BERTINELISABETH, Jean-Pierre BRIGAUDIOT, Alexandre CADET-PETIT, Hugues HENRI, Giovanni JOPPOLO, Jean-Marc LA CHAUD, Hervé Pierre LAMBERT, Béatrice LAURENT, Martine MALEUAL, Richard Viktor SAINSILY.

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La belle rentrée des expositions  

Bouddha debout, détail de la tête. Musée de Qingzhou)   À Paris comme en province, les musées et les centres d'art ont multiplié les exploits pour offrir un programme riche, inédit, diversifié et foncièrement optimiste. De Renoir au Grand Palais à Soulages à Beaubourg, du Titien au Louvre à Veilhan à Versailles, de Buren àMetz à la 10e Biennale de Lyon, de Tiffany au Musée du Luxembourg à Joan Mitchell à Giverny, la palette est large pour séduire tous les publics.
 

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Flic et peintre

 

"PUDEUR DE MAI 67"
ACRYLIQUE SUR TOILE + FIBRES-82X62-18.03.2009

  Il pleure en lisant Césaire à voix haute, la chair hérissée. Autour, tout est noyé. La case, aux planches multicolores, dont les teintes vives semblent fondre. Les feuilles vernies d'eau, qui ploient sous la pluie. Sous cette terrasse battue par l'orage, le chat blanc a fermé les yeux. L'un est jaune, l'autre bleu. Aussi contrastés que les deux vies d'Alain Caprice.

Dans sa vie d'aujourd'hui, il y a le rythme du tambour gwo-ka, une femme aux allures de reine, les poèmes, la peinture. Ses tableaux, ou ceux de peintres amis, emplissent la maison de bois couleur d'arc-en-ciel, près de Sainte-Anne, en Guadeloupe. L'un des derniers, déjà vendu, porte le nom du syndicaliste tué pendant la grande grève de l'hiver et de la cartouche de chasse qui l'a tué : Bino Brenneck.

L'association qu'il vient de monter avec d'autres artistes, dans un squat à Pointe-à-Pitre, s'appelle Kat chimen, le carrefour magico-religieux du vaudou. Il n'y est pourtant pas allé par quatre chemins pour changer d'existence : il a pris la route opposée.

Dans sa vie d'avant, l'inspecteur principal Caprice avait sa carte de la police. Membre des forces de l'ordre, comme l'on dit, pendant vingt ans. Vingt ans de patience, de l'autre côté de la barrière métallique. "Hé, Superfly !" Le gamin avait lâché ça en riant et s'était sauvé, dans le bidonville. Alain Caprice avait hérité du surnom, popularisé par une série B, narrant les exploits d'un Noir américain. En Guadeloupe, on raccourcit tout, et très vite, tout le monde l'avait appelé "Fly ". Fly, le superflic, spécialiste des félicitations et des blâmes, reçus en douches écossaises.

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 Rangel au paradis

Décès. Le photographe mozambicain est mort à 85 ans.

Par BRIGITTE OLLIER

  Ricardo Rangel est mort jeudi 11 juin dans son sommeil, à Maputo (Mozambique), sa ville natale, un temps dénommée Lourenço Marques par les Portugais d’avant la Révolution des œillets. Il avait 85 ans. Le croiser fut un privilège, tant cet homme ressemblait à ses images, droit et tendu vers le ciel, confiant, malgré les années de prison sous l’époque coloniale (indépendance en 1975), les horreurs de la guerre civile jusqu’en 1992, puis un pays à reconstruire sous d’autres rêves qui n’aboutirent jamais. Ses proches, aussi bien que ses élèves du Centre de formation photographique qu’il avait créé en 1983, l’appelaient «RR». «Il était comme un père, racontait récemment Sérgio Santimano. C’est lui qui, à Domingo, notre hebdomadaire culturel, m’a initié au photojournalisme, à l’exigence du regard. Il nous a donné de l’espoir.» Grâce à Rangel, à sa présence constante auprès de la future génération, à son amour fou pour la vérité imprimée, le Mozambique compte désormais dans l’histoire mondiale de la photographie.

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Le street art triomphe
sous le marteau

Cette œuvre de Shaka, artiste français, a été vendue aux enchères pour 15000 € à une collectionneuse anglaise.

 

 Entre bande dessinée et art contemporain, le street art se cherche une place au soleil. Né dans les rues de New York, au départ symbole d'un mouvement libertaire, il devient petit à petit à la mode. Samedi soir, la très sérieuse maison de vente Millon-Cornette de Saint Cyr a organisé une vente aux enchères de 290 tableaux, à La Cigale lieu rock branché de Paris. Avec 480 000 euros de vente (frais compris), Alexandre Millon estime que le pari est réussi. Environ 70 % des tableaux ont été achetés, notamment ceux de Seen, figure de référence dans le milieu du tag. Un artiste français, Shaka, a créé la surprise : son œuvre bariolée, représentant des hommes en colère, est partie à 15 000 €, pour une estimation de 4 000 à 6 000 €.

Né dans les années 1960, en principe interdit dans toutes les villes, le street art est d'abord incarné par les tags. Plus tard, l'école des pochoirs est apparue : on lui doit Misstic, Speedy Graphito ou Blek le Rat, dont les dessins de rats bichromés sont visibles sur les gouttières parisiennes.

Cet art a conservé un parfum d'interdit, mais aussi une marque d'authenticité ; c'est sur cette base que l'intérêt des acheteurs se fédère. Juste avant Millon-Cornette de Saint Cyr, Artcurial avait déjà organisé une vente et le Grand Palais avait présenté la ­collection Gallizia. Une exposition à la Fondation Cartier démarre le 7 juillet.

La tentative n'est pas évidente, puisque le meilleur côtoie le pire, et que certains artistes ont du mal à se plier au jeu de la production. Certains jouent à coup de couleurs franches et de figures vulgaires. D'autres se contentent de taguer sur une toile, et il faut connaître leur parcours de baroudeurs pour leur accorder crédit. Une poignée d'artistes émerge tout de même : à tel point que Millon-Cornette de Saint Cyr devrait organiser une autre vente prochainement.

lefigaro.fr 22/06/09 

Naissance de notre
Art Contemporain
 

A propos de l’exposition « Mes Martiniques »

de Hervé Beuze (juin 2009)

par Patrick Singaïny


 

Que l’on ne vienne pas me dire que ce qui va suivre a déjà été dit en d’autres temps ou en d’autres lieux.

Je me fous de ces époques et de ces lieux.

Ce qui compte est que ce qui est exprimé ici et maintenant ne vaut que pour notre ici et notre maintenant.

Leitmotiv personnel.

 

  Le verbe du démiurge Césaire transmute notre paysage mental post-esclavage, broyé par l’assimilation. Il fait de nous des êtres en combat pour le gain d’une humanité en partage contre la fatalité d’être prisonnier du travestissement de la liberté, de l’amour, de l’amitié, de l’entraide, et de la négation de l’Autre.

Si j’osais, j’affirmerais sans ambages que, tout génie qu’il était, la tâche de Césaire ne tenait pas de l’impossible. Car il possédait fermement cette « arme miraculeuse » –la Poésie-action- dans un pays où le verbe possède de précieuses vertus rédemptrices et peut se révéler vecteur d’actions transformatrices.

Si j’osais, je dirais que dans un monde où le dit crée littéralement le réel, ceux dans nos rangs à l’écoute du verbe césairien en deviennent transformés à jamais. Le verbe, telle la pierre philosophale, transmute la certitude de la fatalité en une croyance autre et positive, d’un si fort pouvoir qu’il vous arrache de votre condition de cet être-là, né à genou, convaincu d’un sentiment d’incomplétude et de mise en bestialité, dont malheureusement beaucoup trop d’entre nous en font leur prétexte pour assouvir –telle une soumission masochiste à des principes de vie que l’on sait pourtant viles- les plus bas instincts universels, sans se rendre compte un seul instant qu’ils sont les seuls maîtres d’œuvre de leur inhumanisation.

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Tarzan, héros écolo d'une Afrique singée

  En voilà une bonne idée ! Exposer Tarzan, son mythe, ses représentations gle Quai Branly joue la carte de l'ouverture et du ludique dans ses expositions temporaires.raphiques, ses excès kitsch, son imagerie panafricaine, dans un musée consacré aux arts premiers. Etablissement de patrimoine avec sa collection permanente, le Quai Branly joue la carte de l'ouverture et du ludique dans ses expositions temporaires. Avec succès. "Le siècle du jazz", qui se termine le 28 juin, devrait comptabiliser 175 000 visiteurs depuis son ouverture à la mi-mars.

Joséphine Baker, une Américaine qu'à Paris on prenait pour une Africaine, y figure en bonne place, dessinée comme une liane par Paul Colin. A l'étage, dans la galerie suspendue de l'est, un de ses compagnons d'Afrique fantasmée, Tarzan, fait salon jusqu'au 27 septembre.

L'exposition a pour titre "Tarzan ! Ou Rousseau chez les Waziri" - les Waziri composent la tribu imaginaire alliée de Tarzan (en langue singe, "peau blanche") qui fait rêver et parfois crier. Sa tyrolienne de beau Blanc, la légende de l'enfant sauvage, les mystères de la forêt et le cousinage avec les grands singes ont hissé Tarzan au niveau des mythes fondateurs comme, Hercule, Romulus et Remus, saint Georges terrassant le Dragon..., nous dit le commissaire de l'exposition, Roger Boulay, qui avait conçu, en 2001, l'exposition "Kannibals et vahinés", au Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie, à Paris.

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Bruxelles célèbre Magritte
en lui consacrant un musée

par Valérie Duponchelle
 

Magritte  Le 2 juin prochain, le public découvrira à Bruxelles un musée entièrement dédié au peintre surréaliste. Un écrin technologique qui veut lui rendre gloire et lisibilité.

Même si, sur la photo géante, René Magritte vous accueille en fermant les yeux, comme le faisait à ses séances de Photomaton la petite bande farceuse des surréalistes parisiens, l'heure n'est pas au sommeil. Sur la place Royale de Bruxelles, ce serait plutôt le réveil, la prise de conscience, la relecture d'une histoire de l'art, le temps de la réflexion. Il y a un an encore, la collection de Magritte des Musées royaux des beaux-arts de Belgique dormait, en naufragée d'une autre époque, cérébrale et subversive, dans le dédale tristounet des salles souterraines au plafond bas des années 1970.

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Cézanne embrase Picasso
à Aix-en-Provence

 

Rencontre au sommet à Aix-en-Provence entre les deux géants de la peinture moderne. À travers 110 peintures, dessins et aquarelles, le Musée Granet explore la passion respectueuse du cadet envers son aîné, alors même que ces deux-là ne se sont jamais rencontrés.

 

Pablo Picasso, Le village de Vauvenargues II (1959).  La récente exposition au Grand Palais «Picasso et les maîtres» conviait à la table d'un ogre dévoreur de peinture ancienne. Ici, au Musée Granet d'Aix-en-Provence, uni à Cézanne, le Minotaure joue plus moderato cantabile que molto espressivo. La scénographie d'Yves Kneusé, dépouillée,voire austère,est à l'image du rapport entretenu par le cadet à l'aîné, par l'inventeur du cubisme à l'obsédé des facettes. Elle est à l'image du château de Vauvenargues et de sa rude et paisible garrigue. Le vert sombre et vibrant des feuillus, propice à la méditation, règne.

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Donner à voir... double

  Un lapin qui sort d'un chapeau, c'est banal. Un chapeau qui se métamorphose en lapin, beaucoup moins. Et que dire d'un lapin qui est en même temps un canard ? Le premier est l'oeuvre de l'artiste suisse Markus Raetz, né en 1941. Une tôle savamment pliée qui, sous un certain angle, évoque la silhouette d'un homme coiffé d'un feutre, et qui, lorsqu'on la contourne ou qu'on en voit l'envers dans un miroir, devient un gentil lièvre aux oreilles dressées. L'autre est un dessin publié en Allemagne au XIXe siècle, repris par un psychologue américain dans les années 1930, puis par l'artiste contemporain James Coleman dans les années 1970. On l'appelle le Canard-lapin, et c'est un classique des illusions d'optiques : pour certains, c'est un canard, pour d'autres, un lapin. Au point qu'une fois prévenu, il devient difficile de discerner les deux figures en même temps.

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Les collectionneurs se passionnent pour le dessin

 

Marché de l'art

  Le dessin est partout. Nous en sommes entourés, il fait partie intégrante de notre vie... Le dessin possède un caractère premier et fondamental : il jouit d'un statut mythique en tant que forme la plus ancienne et la plus immédiate de l'image créée. " Les propos d'Emma Dexter dans l'ouvrage collectif Vitamine D (Ed. Phaidon France, 2006, 352 pages) sont plus que circonstanciés. Ce médium est devenu si omniprésent qu'en mars Paris se transforme en capitale du dessin.

Cette année, quatre salons sont en concurrence, du vétéran Salon du dessin sis au Palais Brongniart, à son contrepoint, le Salon du dessin contemporain, hébergé au Carreau du Temple, en passant par deux autres greffes Slick Dessin et la Foire internationale du dessin du XXIe siècle. Les ventes publiques ne sont pas en reste. Sotheby's dégaine le 26 mars avec la collection de goût italien de Robert Lebel. Le lendemain, Artcurial tentera de donner le change avec la collection très française du baron Joseph Vitta. Bref, de quoi donner le tournis même aux plus mordus !

Le dessin ancien a toujours eu son régiment d'amateurs zélés et pointus, lesquels gardent jalousement leurs trésors dans le secret des cartons ou des cabinets.

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Compte à rebours
pour sauver Lascaux

Quatorze peintures, datant de 17 000 ans avant notre ère, considérées comme les plus belles d'Europe, forcément rares et fragiles, sont désormais touchées, parfois littéralement mouchetées. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

par Claire Bommelaer

Fresques détériorées Aucune méthode ne réussit à venir à bout des taches noires qui rongent les plus célèbres fresques de la préhistoire.

Classée au patrimoine mondial de l'humanité, la grotte de Lascaux lutte pour sa survie. Après une première invasion de champignons blancs - Fusarium solani -, elle est aujourd'hui envahie de taches noires qui s'avèrent jusque-là indélébiles. Quatorze peintures, datant de 17 000 ans avant notre ère, considérées comme les plus belles d'Europe, forcément rares et fragiles, sont désormais touchées, parfois littéralement mouchetées.

Réunis jeudi et vendredi à Paris, des scientifiques du monde entier se penchent sur l'épineuse question de la conservation en milieu souterrain. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas encore trouvé la réponse. Effet du dérèglement climatique ? Simple conséquence de la présence humaine ? Erreur dans les choix opérés par les conservateurs ? Face aux dégradations, les représentants du ministère de la Culture et du comité scientifique de Lascaux tâtonnent depuis des années, s'essaient à des produits plus ou moins corrosifs, récoltent des échantillons. Et se grattent la tête : d'où viennent ces taches ? Comment les arrêter ? Et, une fois l'endémie endiguée, faudra-t-il les faire disparaître au risque d'endommager les peintures ou faudra-t-il faire son deuil de cette découverte qui a bouleversé le monde entier ?

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Où sont les 16.000 œuvres prêtées par les collections nationales ?

Une tapisserie signée Miro ou encore une horloge Boulle... Des milliers d’œuvres prêtées aux administrations françaises manquent à l’appel.

 

 Une tapisserie signée Miro ou une horloge Boulle figurent parmi plus de 16.000 oeuvres d'art, tableaux, tapis ou chandeliers qui manquent à l'appel, après avoir été prêtées parfois depuis plus d'un siècle par les collections nationales aux administrations publiques françaises, selon le dernier bilan en date.

La ministre de la Culture Christine Albanel a présenté jeudi les conclusions d'un travail de dix ans, réalisée entre 1997 et 2007, par une commission de récolement (pointage d'un inventaire) présidée par le conseiller maître à la Cour des Comptes Jean-Pierre Bady.

Il manque donc une horloge Boulle déposée au château de Maisons-Lafitte, un dessin de Dufy qui devrait se trouver au musée Cantini de Marseille, une marine du XVIIe censée être au quai d'Orsay comme un Miro déposé à l'ambassade de France à Washington ou une huile de Zoran Music (XXe) à Bercy.

Au total, un millier de plaintes ont été déposées concernant les objets les plus précieux.

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Google propose le Prado
en 3D et en haute définition

Le géant du web a réalisé un musée virtuel consultable sur son logiciel Google Earth. Quatorze chefs d'oeuvre de la célèbres galerie madrilène peuvent être admirés en très haute définition depuis n'importe quel ordinateur.

 Admirer les écaillures du temps sur les bras graciles des Trois Grâces de Rubens, le détail du reflet du peintre dans le miroir des Ménines de Velasquez ou le blanc lumineux du condamné des Fusillades du 3 mai de Goya, tout cela sans bouger de son écran d'ordinateur, c'est la dernière proposition de Google.

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" L'apartheid m'a fait photographe "

Entretien avec le Sud-Africain Guy Tillim, dont deux séries sont exposées à la Fondation Cartier-Bresson, à Paris  

" A l'angle des avenues Almeida-Ribeiro et Patrice-Lumumba ", Maputo, Mozambique, 2007. GUY TILLIM  A la Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, le photographe sud-africain Guy Tillim, 46 ans, expose deux séries marquantes : " Jo'burg " (2004) montre la décrépitude du centre de Johannesburg, abandonné par les Blancs. " Avenue Patrice-Lumumba " (2007) est consacrée aux traces qu'a laissées le colonialisme dans plusieurs pays africains, à travers les bâtiments modernistes hérités de cette période.

D'abord photojournaliste, Guy Tillim s'est imposé, avec des images mélancoliques aux couleurs sourdes, comme un maître du documentaire. Il donne de l'Afrique une vision complexe et ambiguë.


Vous avez grandi sous l'apartheid. En quoi cela a-t-il influencé votre carrière ?
L'apartheid est ce qui m'a fait photographe. J'ai grandi dans un milieu anglophone, étudié dans une école blanche. A 20 ans, il m'était impossible de ne pas entrer en conflit avec la génération d'avant et avec le racisme institutionnalisé. La photo était un moyen de voir ce qui se passait au-delà des frontières de mon milieu.

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Nolde annonce la couleur

Arts. Première rétrospective en France, au Grand Palais, consacrée au peintre emblématique de l’expressionnisme allemand.

par Philippe Lançon

Commençons par la nuit, puisque c’est le moment où les masques, loin de tomber, s’installent. C’est à l’étage, première salle : «Nuits de Berlin». Le tableau s’intitule Slovènes. Il date de 1911. Emil Nolde a 44 ans, c’est un fils de paysan qui a débuté par la gravure sur bois, il y a pris le sens de la matière et d’un folklore minéralisé ; comme peintre, il n’est reconnu que depuis six ou sept ans. Son expérience avec le jeune groupe Die Brücke n’a duré qu’à peine deux ans, jusqu’en 1907. Trop individualiste, trop méfiant, probablement trop dispersé par les querelles directes. C’est le moment où il devient «démon de la couleur», premier des expressionnistes allemands.

«Intuition panique». On a pu voir cet été, aux Sables d’Olonne, en Vendée, certaines des 1 300 sublimes aquarelles peintes pendant la Seconde Guerre mondiale. Aucune rétrospective n’avait jusqu’ici été consacrée en France à ses tableaux et à son œuvre graphique.

Mais, pour le présenter, laissons un critique imaginaire faire le boulot - celui qu’inventa Siegfried Lenz, en 1968, dans le roman inspiré par la vie de Nolde, la Leçon d’allemand : «Intuition panique des forces naturelles», «puissant pathos expressionniste». Le marchand Paul Cassirer, qui l’expose, y voit«un art appartenant à l’élite des ordures». Vous en savez assez, continuons.

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Art contemporain, le triomphe des cyniques

L'arrogance pseudo-provocatrice qui envahit les monuments nationaux est assimilable à une nouvelle esthétique pompière

Monet par Glen Baxter  Jeff Koons trône au château de Versailles et en permanence, à l'entrée de la Fondation Guggenheim de Bilbao comme au Palazzo Grazzi à Venise. Damien Hirst lui tient compagnie dans ce même palais à Venise et partout. Jan Fabre triomphe au Musée du Louvre, éléphant suspendu dans les galeries de Fontainebleau, voiture de course en marbre dans les jardins du même château. La grosse langue autrefois transgressive des Rolling Stones est tracée dans les jardins du château de Chambord...

Les châteaux et les palais seraient-ils pris d'assaut par des oeuvres plébéiennes ? Certains discours voudraient faire croire qu'il s'agirait de cela, de confronter un art vivant à des galeries poussiéreuses et endormies, des institutions conservatrices et des grandeurs passées, que les réactionnaires seraient du côté des outragés, des frileux et grincheux, soucieux de préserver la noblesse de lieux de prestige.

Homard, lapin, en forme de ballons gonflables réalisés en aluminium, toutou gigantesque garni de fleurs, comme un mauvais rond-point de triste carrefour pour Jeff Koons. Crâne gigantesque en seaux à champagne accumulés devant le Palazzo Grazzi, moulage d'un crâne humain incrusté de diamants d'une valeur de 74 millions d'euros, l'oeuvre est la copie en platine d'un crâne du XVIIIe siècle parsemé de 8 601 diamants, dont l'origine a été vérifiée pour s'assurer qu'ils ne proviennent pas d'un marché de contrebande (on a la morale qu'on peut !).

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AP/KATHY WILLENS
Depuis le début des années 1970, Manhattan est la capitale mondiale du marché de l'art. Ici, une sculpture en glace intitulée "Main Street Meltdown" à New York, le 29 octobre 2008.

  Je ne serais pas étonné que 30 % à 40 % des galeries de New York ferment dans les prochaines années. La crise ne fait que commencer." Pour Philippe Ségalot, un des plus importants courtiers en art contemporain de Manhattan, le constat est sans appel : les résultats catastrophiques des deux dernières semaines d'enchères new-yorkaises montrent que le marché de l'art, en croissance constante depuis 2001, s'est écroulé. Le résultat total est inférieur de moitié aux estimations.

Dans cette ville où, dès qu'il y a une averse, les vendeurs ambulants rangent leurs sodas et sortent des lots de parapluies, les conséquences sont immédiates. Un collectionneur a ainsi reçu un appel d'une galerie : le tableau dont elle demandait antan 800 000 dollars pouvait être à lui pour quatre fois moins...

Depuis le début des années 1970, Manhattan est la capitale mondiale du marché de l'art. Du nord au sud, l'île abrite grosso modo les collectionneurs huppés et les principaux musées Upper East Side, et, plus bas, les marchands. D'abord concentrées à Uptown, près de leurs riches clients, les galeries ont essaimé à Soho dans les années 1970, puis à Chelsea, à partir de 1996. Les artistes, autrefois répartis entre Soho et TriBeCa, ont depuis longtemps été chassés plus loin par l'inflation des loyers.

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Le nouveau défi de Christo et Jeanne-Claude

Le couple d'artistes, célèbre pour avoir "emballé" le Pont-Neuf et le Reichstag, a lancé son projet Over the River, qui consiste à "recouvrir" une partie de la rivière Arkansas, dans l'Etat du Colorado.

  Pendant plus de trois ans, Christo et Jeanne-Claude [Christo Javacheff et son épouse, Jeanne-Claude Denat de Guillebon] ont parcouru en compagnie de leurs collaborateurs quelque 14 000 miles dans sept Etats américains à la recherche de l'endroit approprié. Ils en on vu des prairies, des vallées et des rivières dans les montagnes Rocheuses avant de s'arrêter sur ce lieu au centre du Colorado, à 40 miles de la source de la rivière Arkansas, qui va accueillir leur prochaine installation, toujours aussi spectaculaire et iconoclaste.

Ce couple d'artistes contemporains célèbre pour avoir notamment "emballé" le Pont-Neuf et le Reichstag a récemment officiellement présenté au National Press Club de Washington son nouveau projet, intitulé Over the River. L'idée, qui date de 1992, consiste à recouvrir pendant deux semaines de l'été 2012 une partie de la rivière Arkansas de morceaux de toile argentée qui refléteront la lumière du jour et onduleront sous le vent des montagnes.

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Jacques Villeglé, un artiste s'affiche

Ses oeuvres " réalistes ", qui ont marqué les années 1960, sont exposées au Centre Pompidou. Entretien

 Affichistes, lacérateurs : sous ces noms étranges, les artistes Raymond Hains (1926-2005) et Jacques Villeglé, 82 ans, dont une exposition au Centre Pompidou retrace l'oeuvre, se sont fait connaître au milieu de années 1950 à Paris. Ils ont pris pour matière les affiches de la rue, les lacérant, les décollant, les exposant comme des morceaux du quotidien et des compositions de lettres et de mots. Ils ont fait partie du groupe du Nouveau Réalisme dès sa fondation en 1961. Contrairement à Hains, Villeglé est resté fidèle à l'invention. Il revient sur sa trajectoire rectiligne.

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L'ironie cruelle de Paula Rego gagne enfin la France

" Feeding Time ". PAULA REGO, COURTESY OF MARLBOROUGH FINE ART (LONDON) Ltd

  Humains aux proportions étranges, bestiaire fantastique, série sur l'avortement, scènes familiales menaçantes, sorcières... L'oeuvre de Paula Rego, dont l'Ecole supérieure des beaux-arts de Nîmes expose plus de deux cents estampes, manie sans retenue le bizarre qui dérange et l'ironie cruelle.

Cette artiste de 73 ans, d'origine portugaise mais installée en Grande-Bretagne, expose dans le monde entier. Elle participe aux grandes biennales, mais bien peu de gens la connaissent en France. En attendant une éventuelle rétrospective de sa peinture, son oeuvre gravé permet d'entrer dans l'univers de l'artiste, hantée par les figures de Jane Eyre et de Peter Pan et par la peinture d'Hogarth et de Goya.

C'est pourtant dans un style très contemporain que Paula Rego exprime son effroi et son dégoût face aux mensonges et aux douleurs du monde actuel.

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Colonies et émigrés
de 1931

Exposition de 1931   Le 15 novembre 1931, au coeur du bois de Vincennes, à Paris, devant près de 400 000 personnes, les couleurs étaient amenées pour la dernière fois au sommet d'une éphémère tour de bronze de 82 mètres. L'Exposition coloniale s'achevait sur une note à la mesure de son triomphe.

En six mois, pas moins de 8 millions de visiteurs avaient entrepris " le tour du monde en un jour " vanté par les organisateurs. Ils y avaient découvert les piroguiers du Dahomey, les danseuses de Bali, les musiciens des Antilles et les comédiens malgaches. Ils avaient arpenté les dizaines de pavillons, jubilé devant les reproductions grandeur nature du temple d'Angkor Vat ou d'un palais de Tombouctou. Ils avaient rempli théâtres, concerts et cafés, observé jusqu'à minuit fontaines lumineuses et spectacles pyrotechniques.

Un succès populaire doublé d'une réussite financière : 33 millions de francs de bénéfice sur 320 millions de francs de budget. L'opération marquait en outre durablement le Sud-Est parisien : le métro était prolongé, les boulevards extérieurs élargis, le bois transformé.

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L'écorché et ses organes, en vrai

 

L'exposition " Our body, à corps ouvert ", qui défraie la chronique depuis 1995, a ouvert ses portes à Lyon jusqu'au 3 août. Entre fascination et répulsion, entre art et science...   C'est un " musée des horreurs " qui a un succès planétaire. Après le Japon, les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, où elle a attiré des millions de visiteurs, l'exposition " Our body, à corps ouvert " est proposée pour la première fois en France.

Ce voyage à l'intérieur du corps humain a ouvert ses portes au public mercredi 28 mai, à la Sucrière, à Lyon, un lieu jusqu'à présent dédié à la Biennale d'art contemporain. Dix-sept corps dépouillés de leur peau et plus d'une centaine d'organes offrent une vision à la fois fascinante et révulsante de l'anatomie humaine, bien loin du traditionnel squelette des salles de cours de sciences naturelles ou des restes humains conservés dans des bocaux de formol. Le grand public est ainsi invité à découvrir ce qui était jusqu'alors réservé au monde médical. Tout y est : chaque muscle, chaque artère, chaque vaisseau, chaque viscère. Tous les systèmes - digestif, respiratoire, cardio-vasculaire, uro-génital, nerveux, musculo-squelettique - sont disséqués et expliqués dans les moindres détails. Et tout est vrai. Un tour de force réalisé grâce à un procédé de conservation nommé " plastination " ou " imprégnation polymérique ".

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Anabell Guerrero expose au
CMAC jusqu'au 07 juin 2008

Frontières, Non limites
par Edouard Glissant

Anabell Guerrero   Nous fréquentons les frontières, non pas comme signes et facteurs de l'impossible, mais comme lieux du passage et de la transformation. Observons combien il est agréable de les quitter sans contrainte, sans mesure, de continuer comme naturellement de l'atmosphère Maroc à l'atmosphère Algérie, et de ce vivre-France à ce vivre-Espagne, et de l'air qu'on respire en Savoie à l'air qu'on respire en Toscane, et des déserts bleus du Pérou aux déserts ocres de la Guajira entre Venezuela et Colombie, vous vous sentez léger d'une inouïe vêture, et plein d'un appétit ancien pour ce qui va survenir, la frontière est cette invitation à goûter les différences, et tout un plaisir de varier.

J'en ai fait l'expérience, éprouvé la sensation, face aux oeuvres d'Artaban Guerrero, dont je suis le travail depuis dix ans. Il m'a semblé, dans ses images monochromes, voir vibrer l'ocre et la rosée qui s'irise aux jardins de l'Alhambra de Grenade, ou scintiller le blanc bleuté des espaces et l'arc-en-ciel des poissons caraïbes de l'île de Margarita. Je parle des endroits que j'ai connus et qu'elle a pris comme motif.

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La figuration narrative réinvestit Paris

La figuration narrative réinvestit Paris

Occultés dans les années 60 par le pop art, et pourtant plus subversifs, les peintres de la figuration narrative reviennent... au Grand Palais. Avec cet hommage posthume, ceux qui voulurent tuer, à travers leurs oeuvres, le créateur de l'art conceptuel : Marcel Duchamp, et qui furent étouffés à leur tour par le triomphe pop anglo-saxon peuvent eux aussi raconter, jusqu'au 13 juillet, leur "révolution". Avortée ?

"Vaincre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp“, une œuvre en huit tableaux de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati, 1965. - Photo : ADAGP, Paris, 2008

Tenants de l'esthétisme, férus d'abstraction, gardiens du bon goût... sauve qui peut, les peintres de la figuration narrative sont de retour ! Enfants de l'entre-deux-guerres, irrévérencieux, grinçants, provocateurs... et désormais chenus. Ils s'appellent Rancillac, Télémaque, Monory, Fromanger, Adami, Klasen, Arroyo, Recalcati, Cueco, Stämpfli... Créateurs d'un pop art à l'européenne qui a choisi Paris pour épicentre, ils ont été assez humbles pour n'avoir pas exigé de leur art qu'il change la face du monde. Se souviendra-t-on d'eux comme des raconteurs d'histoires ou comme des agitateurs de bocal ? Institutions, pop art, politique, qui a tué la figuration narrative ?

La figuration narrative s'inspire des imageries et du goût populaires (publicités, broderies...) pour libérer les forces de l'imaginaire. Son ambition est de dépasser le constat d'une société en mutation, tel que le propose le pop art anglo-saxon, pour mieux la questionner.

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« Pépé kre’up »

Récup et détournement

 par Christian Antourel

Plasticien de talent, Jean-Pierre Massoue se définit plutôt, artiste décorateur. C’est vrai que ce vocable plus universel colle mieux à la physionomie de son art, à l’expression de ses méandres, de ses sursauts en courbes gracieuses, de ses galops de cheval fou.

 A cette façon qu’il a de déhancher la plastique des choses trouvées, de substituer la matière, de la sublimer d’idées écorchées vives, il la réinvente, le temps de l’art mais dans sa dimension hétéroclite. Alors il ajoute de la lumière, des creux, des sombres, des claires obscures résurrections. De la couleur défaite, il crée la multitude sous des regards d’absences ou découvre du silence, le tumulte. Son art de la récupération, parfois blesse, rapièce, raccommode, interpelle, toujours inquiète, est contagion, religion, joie mêlées et impulsion, comme un lâché de ballons. L’art s’écrit seul et renvoie, retourne l’interrogation inutile à la pensée tranquille qui l’absorbe, la digère et la rejette, la négocie dans d’autres harmonies.

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Des Parfums de voyages

 par Christian Antourel

 Sensualité et fraîcheur sont aussi affaire de photo. Sylvie Lecoeur construit ce subtil équilibre dans ses photos du bout du monde, photos de voyages piquées sur le vif… et comme souvent avec les artistes, ont apprend d’eux davantage à travers leur travail que par le son de leur voix.

Quand elle se rend sur les lieux, elle refuse d’anticiper, toute subjectivité et ne participe jamais à la construction de l’image, pas de mise en scène, d’organisation des lieux. Sur place, la photo s’impose d’elle-même. Un court instant Sylvie la sublime presque. L’art est toujours quelque chose qui bouleverse et dont on doit faire l’expérience. Son intention : véhiculer un message, la beauté par l’image, en faisant avant tout parler le sujet, fut-il inanimé, elle y met l’étincelle de vie, les lumières qui sont la différence et la photo réussie. Elle veut que par des détails et angles différents ces photos déclenchent une impression de présence véritable, une atmosphère perceptible, un goût du voyage capté à travers un regard, une attitude, une vision intime de ces paysages auquel elle prête une âme. Sylvie a en elle le sens du cadrage, cette fenêtre qui donne à voir la quintessence d’une prise de vue.

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Le geste et la spontanéité du peintre

" Number 7 " (1950), de Jackson Pollock, huile, émail et peinture d'aluminium sur toile, 58,5×277,8 cm. THE

  A chaque exposition, on en reste pantois : la fondation Beyeler, près de Bâle, en Suisse, a le secret des emprunts exceptionnels de tableaux. Ainsi, pour célébrer l'Action Painting, ce mouvement apparu après la seconde guerre mondiale en Europe et aux Etats-Unis, son conservateur, Ulf Küster, a réuni 110 toiles, dont pas moins de 13 de Jackson Pollock (1912-1956), héros de l'art américain. Parmi lesquels Number 5, de 1948, dont la rumeur en fait le tableau le plus cher du monde : il aurait été échangé pour 140 millions de dollors lors d'une transaction privée en 2007. A imaginer les primes d'assurances afférentes, on comprend que, lorsque la fondation Beyeler veut organiser une exposition, elle sait s'en donner les moyens.

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Corinth, furieux et impudique

" Salomé II ", (1899-1900), de Lovis Corinth. MUSEUM DER BILDENDEN KÜNSTE, LEIPZIG/URSULA GERSTENBERGER

Rétrospective du peintre allemand au Musée d'Orsay

Rétrospective au Musée d'orsay L'artiste Lovis Corinth (1858-1925) n'a plus exposé à Paris depuis 1891. Agé de 33 ans, il cherche alors à se faire un nom au Salon parmi la foule des peintres qui veulent s'extraire du réalisme et de l'impressionnisme. Pourquoi cette absence d'un siècle, avant que Serge Lemoine ne lui consacre enfin une rétrospective au Musée d'Orsay ? Parce que Corinth est allemand et que l'art allemand a été longuement banni des musées français.

Qu'en plein nationalisme artistique germanique, Corinth ait écrit que Cézanne était " le père de tous les courants modernes " et qu'il soit le continuateur de Manet n'y a rien changé, pas plus que le fait d'avoir été inclus par les nazis dans l'exposition de l'art dégénéré. A cette date, en 1937, il est mort depuis douze ans, mais leur haine n'en est pas moins vive.

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Henri Loyrette confronté à la mondialisation des musées

Henri Loyrette

 Le bureau d'Henri Loyrette, boiseries sombres Napoléon III, surencombré de livres posés en piles à même le sol, donne sur la Seine. Le président du Louvre est installé au coeur du vieux palais depuis 2001, après avoir piloté pendant sept ans le Musée d'Orsay. Cet homme longiligne de 55 ans symbolise la mutation des musées français. A ce titre, il a beaucoup fait parler de lui cette année 2007. Sans doute aurait-il préféré plus de discrétion.

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L'Institut Régional d’Art Visuel de la Martinique, ou
 l’impossible mariage entre l’art et la politique.

Par Bruno Serinet

 L’institut Régional d’Art Visuel de la Martinique ( I.R.A.V.M.) se trouve dans une situation très difficile voire désastreuse. Confronté à l’incontournable nécessité de se renouveler en profondeur du fait des réformes européennes de l’enseignement supérieur, ce jeune établissement d’à peine vingt-quatre ans végète pourtant et vit au jour le jour. Les élus du Conseil Régional qui en ont la charge, méprisant sans aucun doute l’art et plus généralement tout ce qui invite à penser, pratiquent l’immobilisme et se contentent de gérer les affaires courantes.

Les enseignants ont toutefois obtenu le départ du directeur en juillet 2007 mais depuis aucun concours n’est organisé pour le remplacer. Une direction intérimaire a bien été nommée mais elle n’a pas la compétence pour penser un nouveau projet pédagogique et n'est pas indépendante par rapport au pouvoir politique.

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Jocelyne Fortuné

par Christian Antourel

Série Noire pour lumières, une « peinture lyrique » mise en scène

 D’abord fermer les yeux. Les ouvrir et être ailleurs. La peinture de Jocelyne Fortuné nous entraîne à la lisière de deux mondes, entre l’art et le cosmos, comme si elle cherchait à confondre la matière et le mouvement. Son œuvre va bien au-delà d’un simple regard de traces. Elle laisse entrer le hasard qu’elle apprivoise quand le sable impose son relief, son accroche à la lumière. Elle se fond dans les minuscules sourires du sable pour mieux embrasser l’immensité de l’art dans son espace intemporel. Ainsi elle crée cette peinture aux formes indifférenciées qu’elle offre à la matière, collée au support comme une origine de vie, espace de création. Dans cette complicité privilégiée entre transparence et apparence, elle vide son âme dans la lumière réinventée.  

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 par VINCENT NOCE

Education. Selon un rapport que s’est procuré «Libération», l’histoire des arts deviendrait obligatoire dans le primaire et le secondaire dès la rentrée 2008.

  «A l’école, les enfants apprennent à lire mais pas à voir.» Dans ces colonnes, au lendemain de l’élection présidentielle, l’historien de la peinture Pierre Rosenberg, ancien président du Louvre, rappelait au candidat Sarkozy sa promesse de faire entrer l’histoire de l’art à l’école. Si l’on en croit un rapport dont Libération a pu avoir copie, «dès la rentrée 2008, l’enseignement de l’histoire des arts» deviendrait «obligatoire» dans le secondaire et même le primaire.

Détermination. Chargé fin juillet d’une mission de réflexion par Christine Albanel et Xavier Darcos, Eric Gross, inspecteur général de l’Education nationale, a rendu le 14 décembre son devoir aux ministres de la Culture et de l’Education ainsi qu’à l’Elysée et Matignon, concluant par «28 propositions et recommandations» qui ne manqueront pas de faire débat.

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Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales?

La question de la restitution des prises de guerres coloniales

Par Bernard Müller

Chercheur et commissaire d’exposition indépendant. Il coordonne le projet Broken Memory et a publié La Tradition mise en jeu, une anthropologie du théâtre yoruba, Aux lieux d’être, La Courneuve, 2006.

  Au long de sa première année d’existence, le Musée du quai Branly – ou musée des arts et civilisations non occidentales d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques – a connu un véritable succès : un million sept cent mille visiteurs et des centaines de chercheurs s’y sont pressés. Le 20 juin 2006, les festivités entourant son inauguration avaient marqué l’apothéose d’un processus qui, à des degrés divers, affecte la plupart des musées d’art et de civilisation non occidentaux des anciennes puissances coloniales. La fête fut belle, les intentions louables, et il fallait se pincer pour ne pas succomber à la tentation de croire à l’idée que la France renouait avec son rôle de messager universel de la paix, à l’aune des principes humanistes dont elle se targue si souvent.

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Musée du Quai Branly

par Aminata Traoré

Aminata Traoré

Aminata TRAORE

  « Ainsi nos œuvres d'art ont droit de cité là où nous sommes, dans l'ensemble, interdits de séjour » Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l'immigration en France selon la loi Sarkozy dite de « l'immigration choisie» qui a été votée en mai 2006 par l'Assemblée nationale française. Le ministre français de l'Intérieur s'est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la « racaille » dont la France ne veut plus sur son sol. Au même moment, du fait du verrouillage de l'axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l'émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l'indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L'Europe forteresse, dont la France est l'une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières.

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Le réveil des peuples autochtones

Expositions

  Ils sont 350 millions dans le monde, qui tentent de reprendre leur destin en main. Leurs savoirs ancestraux pourraient être essentiels pour lutter contre le réchauffement climatique.

Que seront devenus en 2030 les peuples autochtones qui vivent aujourd'hui sur la planète ? Regroupant quelque 350 millions de personnes, réparties sur toute la surface du globe, ils parlent plus de cinq mille langues et représentent autant de cultures. Leur situation est des plus précaires car leur milieu est mis à mal par les exploitants miniers, pétroliers ou forestiers. Mais l'espoir subsiste : bien que malmenés et souvent traumatisés, ces peuples ont jusqu'à présent résisté.

Mieux : ils parviennent à transmettre leur savoir à leur descendance. En témoigne l'exposition " Natures vivantes, regards d'enfants " qui vient de s'ouvrir au Musée de l'homme (Paris), et qui présente des dessins venus d'ethnies et de régions diverses. Forêts d'Amazonie ou d'Indonésie, steppes du Kirghizstan, oasis du Sahara, étendues glacées du Groenland et de la Sibérie, îles de Madagascar, de La Réunion ou de Mayotte : Hélène Pagézy, écoanthropologue au Musée de l'homme et commissaire scientifique de l'exposition, a été frappée par la précision de ces productions enfantines, " qui révèlent les connaissances et les savoir-faire transmis par la communauté ".

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 Tableau de Louisa Marajo"LARMES DIGITALES" de Louisa MARAJO 

 

Cette exposition sera visible du 22 décembre 2007 au 11 janvier 2008. Vernissage de l'exposition le vendredi 21 décembre 2007 à Bibliothèque Schoelcher - 18h30.

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Découverte…
Aline Mori, artiste
néo-calédonienne

par Selim Lander

 Couple, pierre noire sur papier, 1988 « L’Île la plus proche du paradis ! », la Nouvelle-Calédonie mérite son surnom publicitaire. Hélas, c’est parce qu’il est loin de tout que ce petit coin de la planète est encore paradisiaque. Ceux qui ont le bonheur d’y séjourner y vivent cachés et leurs talents demeurent trop souvent secrets. Tel est le cas par exemple d’Aline Mori qui, malgré des expositions réussies en Australie, en Nouvelle-Zélande et une fois à Paris, n’a pas encore toute la visibilité qu’elle mérite. Elle est en effet une plasticienne à la forte personnalité, qui s’exprime dans une œuvre riche et diverse, aussi bien par l’inspiration qui s’y déploie que par les techniques qu’elle met en œuvre.

Les deux tableaux reproduits ci-dessous témoignent de l’évolution de l’artiste. Couple est une œuvre ancienne, typique d’une époque où Aline Mori était surtout préoccupée par la ligne et où se sent l’influence de Matisse. L’Autoportrait triple est au contraire une œuvre récente, basée sur des photographies qui ont été transférées sur deux calques superposés afin de créer des effets de relief, puis rehaussées de peinture.

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Kanel Brosi et « Les Passeurs » à la Villa Chanteclerc

Le triomphe de la mètis
ou
comment l'œuvre recèle
l'intelligence de la ruse

par Roland Sabra

 

En dépit du climat économique, les prix de l'art risquent d'exploser

"Te Poipoi" ( 1892) de Gauguin

" Te Poipoi " (1892), de Gauguin, est estimé de 40 millions à 60 millions de dollars. SOTHEBY'S

    Toujours plus haut ? Alors que le risque de récession économique se précise aux Etats-Unis, la saison des ventes aux enchères débute à New York le mardi 6 novembre. Durant deux semaines, plusieurs centaines d'oeuvres d'art impressionnistes, modernes et contemporaines vont changer de mains.

En 2006, tous les records avaient été pulvérisés : avec plus de 1,3 milliard de dollars (1,042 milliard d'euros à l'époque), le chiffre d'affaire réalisé par Christie's, Sotheby's et Phillips équivalait approximativement à 253 ans du budget d'acquisition du Centre Pompidou. Interrogé alors par l'AFP, l'universitaire Michael Moses, auteur de l'index annuel Mei-Moses des prix de l'art, estimait que les prix pouvaient encore monter. " Il y a une excitation, mais rien à voir avec la flambée des années 1985. Il y a encore un potentiel de hausse ", avait-il déclaré, ajoutant : " L'art a toujours été cher mais aujourd'hui les grandes fortunes sont vraiment immenses. "

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Sète sous les bombes des graffeurs

L'art modeste sous les bombes" - Photo: Pierre Schwartz

L'art modeste sous les bombes" - Photo: Pierre Schwartz

 C'était cet été... à Sète. Venus du monde entier, des poseurs de couleurs à la bombe ont mis en relief, en pleins et en déliés, leur virtuosité de graffeurs sur toutes les surfaces disponibles du Miam. Et ils sont hauts (10 mètres) et ils sont grands (jusqu'à 30 mètres de longueur), les murs du musée international des Arts modestes, terre d'accueil pour tous les artistes qui tracent leur voie à la marge des courants traditionnels. Ce lieu alternatif est, lui, tout sauf à l'écart de la cité maritime, qui frissonne sous le vent des canaux, unit Méditerranée et étang de Thau, résonne des vers de Paul Valéry... et des refrains inusables de Georges Brassens, enfant chéri du pays dont l'effigie fait partie intégrante du paysage local. Il est d'autant plus insolite de tourner le dos au bucolique tableau des bateaux amarrés le long du canal Royal, le temps d'une plongée dans l'univers à la fois sombre et chamarré de ces street artists venus, à leur manière, célébrer dans l'Hérault les 30 ans d'un mouvement né à New York sous l'aérosol d'un jeune coursier. Depuis, bien des jets de peinture ont coulé sur des façades, des trottoirs, des palissades, des flancs de rames de métro et de train, de part et d'autre de l'Atlantique.

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Philippe Bourgade ou
Comment photographier l'âme d'un peuple?

  Il vous reçoit le jour de fermeture hebdomadaire de son exposition « Martinique des Mornes ». Il est venu pour vous parler de ce qui le tient debout, de ce qui lui donne sa verticalité, de son « objet petit a », si l'on peut en parler, dirait le psychanalyste. C'est d'une passion dont il est question, mais une passion tranquille, assurée, de celle qui donne sens à toute une vie, de celle qui donne l'impression de ne pas douter. Son chemin est celui-là, celui qui le fait gravir encore et encore les mornes de Martinique, de sa Martinique, à la recherche de ce qui serait son essence.

 

 

Feu nourri d'art à Paris pendant la FIAC

  La 34e édition de la Foire internationale d'art contemporain (FIAC) réunit à Paris, du 18 au  22 octobre, près de 180 galeries parmi les plus importantes du monde, issues de plus de 20 pays. Mais ce n'est pas tout.

A l'initiative de Martin Bethenod, un de ses responsables et ancien délégué aux arts  plastiques du ministère de la culture, les collectionneurs privilégiés conviés à l'événement se voient proposer pas moins d'une trentaine d'expositions, publiques ou privées, qui leur sont spécialement ouvertes pour l'occasion.

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Fragonard en liberté

Exposition . Le peintre fut un virtuose de la forme et de la couleur au siècle des plaisirs mais aussi des Lumières et de la Révolution.

  Ah, les hasards heureux de l’escarpolette. Une robe se relève, un soulier s’échappe, un petit chien jappe dans un coin… La Gimblette… Une jeune fille sur son lit joue avec son petit chien blanc. Ses cuisses sont relevées, le petit chien est entre ses jambes. Si Fragonard, qui fut l’élève de Boucher, partage avec celui-ci la réputation de peintre coquin, il faut dire qu’il l’a tout de même bien cherché. Il fut, selon les frères Goncourt cités par la commissaire de l’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée Jacquemart-André à Paris, Marie-Anne Dupuy-Vachey, « l’homme des mythologies plafonnantes et des déshabillés fripons, des ciels rosés par la chair des déesses et des alcôves éclairées par des nudités de femmes ».

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La gratuité des musées peut-elle permettre d'élargir leur public ?

  Nicolas Sarkozy l'avait promise. Christine Albanel, la ministre de la culture, l'avait annoncée. L'expérience est lancée. Le 1er janvier, une poignée de musées nationaux rendront gratuit l'accès à leur collection permanente.

Les services de la Rue de Valois ont transmis à Matignon une liste de neuf établissements : à Paris, le Musée des arts asiatiques Guimet et le Musée du Moyen-Age, dans l'hôtel de Cluny ; le Musée national d'archéologie à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ; le Musée national de la Renaissance au château d'Ecouen (Val-d'Oise) ; le palais Jacques-Coeur, à Bourges ; le Musée de la porcelaine à Limoges ; le Musée Magnin à Dijon ; le palais du Tau à Reims ; les collections contemporaines du château d'Oiron (Deux-Sèvres).

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Rétrospectives, méga-expositions : la belle saison des arts plastiques

 

Giacometti, Arcimboldo mais aussi Rondinone et Mathieu Mercier, pour une rentrée prometteuse

   Avec joyaux rares et promesses d'expérimentations, coups d'éclat et nouveautés, une jolie saison s'annonce dans le domaine des arts plastiques. Après une rentrée en douceur avec la réouverture des galeries parisiennes autour du 8 septembre, la Biennale de Lyon inaugure la saison le 19. Résolument tournée vers la jeune création, cette méga-exposition se promet de dessiner le paysage esthétique de la décennie en cours. Ses deux concepteurs, Stéphanie Moisdon et Hans-Ulrich Obrist, ont délégué le choix à cinquante jeunes commissaires internationaux. Leur mission : inviter un artiste qui leur semble essentiel. Résultat : un parcours inattendu allant du photographe pour midinettes David Hamilton au poétique cinéaste chinois Jia Zhang Ke.

Après cette mise en bouche, une salve de rétrospectives attend l'amateur d'art. Les ahurissants visages-paysages d'Arcimboldo donnent le la (15 septembre, Musée du Luxembourg). Composés de plantes, de fruits ou d'animaux, ils construisent une œuvre à part dans la Renaissance italienne. On découvrira ici une quarantaine de ces chefs-d'œuvre jamais rassemblés : réservation conseillée.

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Le graffiti saute du mur au musée

Ils sont les auteurs de l'œuvre collective la plus saisissante que l'on ait vue depuis longtemps. Reach - un pseudonyme - est taïwanais. Nunca est né en 1983 à Sao Paulo, au Brésil. David Ellis vit à Brooklyn, quartier de New York. Alëxone est parisien. Zonenkinder Collective réunit deux jeunes Allemands. Ismaeil Bahrani a étudié à l'université de Téhéran.

Invités, en compagnie de quelques autres, par Hervé Di Rosa dans son Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète, ils ont entièrement repeint le lieu. Sur le grand mur, 30 mètres de long, presque 10 de haut, ils ont fait apparaître des entrelacs de tentacules et de serpents, des têtes animales ou monstrueuses, des figures schématiques, des rythmes colorés. Les styles se conjuguent, les formes s'interpénètrent et le fond noir accroît l'éclat de l'oeuvre monumentale. Il en est ainsi dans tous les coins du bâtiment : jusqu'à un canapé et au réfrigérateur, tout a été envahi de graphismes et de nuages de couleurs.

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PAYSAGES d'Alain Blondel

Alain Blondel, comédien dans "Voisins complices" est avant tout un plasticien.

  C'est alors, quelques petites semaines après la fin de la Fiac, ce jeudi 9 novembre, que baguenaudant de galerie en galerie, toujours rien dans les poches mais tout dans les yeux, encore extasiée par la justesse du pinceau de Kiefer en dialogue avec Paul Celan (Galerie Thaddaeus Ropac mais aussi Galeries Lambert, Long et Rumma), que je tombais nez à nez avec un grand paysage d'Alain Blondel. Manifestement un paysage d'humain rempli d'humains qui forment paysages. Soit.

C'était juste en face de la porte du Ministère de l'Intérieur, place Beauvau. Drôle d'endroit pour une rencontre. Mais justement, je me dis. Du Grand Palais à ces Palais où nous installerons bientôt nos nouveaux gouvernants, il n'y a qu'un pas. Un jet de pierre. Voilà qui donne à réfléchir.

 

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Twombly explose de couleurs

L'artiste américain, qui s'expose peu, a fait une exception pour la collection Lambert à Avignon

  L'Américain Cy Twombly est un artiste mythique et fait tout pour l'être. Il l'est par son histoire personnelle : né en 1928 en Virginie, il a été, dans les années 1950, l'ami de Robert Rauschenberg et de Jasper Johns avant de quitter les Etats-Unis pour Rome, où il a longtemps vécu avant de s'établir à Gaète, cité elle-même mythique, fondée par les Grecs. Cette précision archéologique n'est pas superflue : l'art de Twombly a très longtemps tenu à sa manière d'évoquer et de ressusciter les figures des mythologies antiques, déesses et dieux, nymphes et héros dont il inscrivait au crayon les noms sur la toile et le papier, de son inimitable écriture oblique et tremblée.

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La guerre des Monet enflamme Londres

La mondialisation entraîne dans sa spirale ascendante la peinture impressionniste et moderne avec des sommets jamais égalés, des batailles sans précédents et des flots de records.

   DANS UN MARCHÉ qui n'en finit pas d'exploser, Londres s'est taillé la part du lion. Conséquence directe d'un nouveau monde toujours plus assoiffé d'art où les liquidités circulent à flot. Face à un choix de plus en plus restreint que se disputent les maisons de ventes pour offrir de belles batailles entre plusieurs Monet, Miró ou Matisse. Les résultats sont là. Époustouflants. Sonnants et croissants avec des produits de vente toujours plus hauts à chaque saison, alimentés par une nouvelle moisson de records qui repoussent à l'infini toute brise de krach.

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Julie BESSARD

  Les Ombres Portées de Julie Bessard, entre dessin et sculpture, bousculent les catégories artistiques. Reflets de son monde intérieur, projections de son imaginaire secret, traces d'une absence, ces silhouettes abandonnées, masques, ailes, mandibules, corsets, cocons, chrysalides, insectes sont repeuplées par les phantasmes lovés dans les coulisses de l'inconscient.
Ces formes-signes sont de véritables dessins dans l'espace. Elles s'inscrivent dans le prolongement des contestations de la sculpture moderne apparues dans les années vingt et trente. Œuvres - processus plus qu'objets terminés, elles flottent, autonomes, en suspens et questionnent la notion de l'installation, de la relation de l'œuvre avec le lieu d'exposition et du partage d'un espace sensible avec le public. Cependant le génie du lieu n'est pas, comme pour la plupart des artistes qui pratiquent l'in-situ, la source inspiratrice de l'œuvre. Au contraire, l'architecture de l'œuvre s'impose au lieu, le crée en quelque sorte. Une multitude d'éléments fins installés rythmiquement ponctuent l'espace. Le matériau, de la paille de modiste, renforce la remise en question de ce que l'on considère traditionnellement comme l'objet sculptural. Toute notion de masse est abolie. Le vide participe totalement à la matérialité de l'œuvre. Découvrir l'œuvre, c'est vivre l'immersion dans une vaste et unique installation pénétrable.

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PHOTOGRAPHIE

Femmes indiennes, l'horreur et la dignité

Fazal Sheikh, lauréat du prix Cartier-Bresson, livre un travail empreint d'humanisme

   Dans les milieux les plus défavorisés en Inde, on entend souvent dire :" Elever une fille, c'est comme arroser le jardin du voisin. " On conseille souvent aux femmes d'avorter si elles attendent une fille, synonyme de dot à payer. Photographe américain d'origine indo-pakistanaise, Fazal Sheikh a remporté le Prix Henri-Cartier-Bresson 2005. Et il a profité de sa dotation de 30 000 euros pour poursuivre son travail sur la situation dramatique dans laquelle vivent certaines femmes du sous-continent.

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Le Corian fête ses 40 ans

anniversaire : pour fêter les 40 ans du Corian, ce matériau qu'elle a mis au point en 1967, l'entreprise DuPont de Nemours a demandé à 40 designers de créer un objet à partir de ce mélange de résine acrylique et de minéraux naturels. Du salon Joker Lounge, aux lignes rondes et souples, d'Emmanuel Babled chez Crea Diffusion, à la chaise longue Shadow, de Christian Ghion chez Cappellini, qui semble flotter sur son pied comme une feuille de papier, jusqu'à la série de vases asymétriques de Jörg Berghäuser, un seul point commun : le matériau utilisé.

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Pastiche érotique et décor guerrier selon Mayaux

Le lauréat 2006 du prix Marcel-Duchamp est exposé au Centre Pompidou, à Paris

 

Philippe Mayaux se définit lui-même avec précision. " Je suis - dit-il - un hyper-surréaliste de la quatrième génération. Ce que je n'aime pas dans le surréalisme, c'est la fantasmagorie, la peinture du fantastique. Ce que j'aime, en revanche, ce sont les techniques plus riches et plus libres du hasard objectif et de l'association aléatoire d'éléments générateurs de sens. "
Les deux dernières phrases pourraient être de Marcel Duchamp. Ce qui tombe bien : Philippe Mayaux a reçu le prix Marcel-Duchamp 2006 et bénéficie donc, comme chacun de ses prédécesseurs à ce palmarès, d'une exposition de printemps au Centre Pompidou.
Un " hyper-surréaliste de la quatrième génération " - autrement dit un arrière-petit-fils d'André Breton - ne peut être qu'un spécialiste de l'humour noir, de la plaisanterie morbide ou scabreuse présentée avec toutes les apparences du raffinement, frôlant sciemment le kitsch à l'occasion.

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Belles pièces de Monet

«Regardez, c'est une honte.» Dans l'hôtel particulier de la rue La Boétie, Daniel Wildenstein ne mâchait pas ses mots en montrant des photos de la tombe, effectivement en piteux état, de Claude Monet à Giverny. Ce grand marchand d'art vouait une admiration sans bornes au peintre, dont il aurait voulu voir transférer le corps au Panthéon. Il lui consacra des décennies de recherches, pour former un catalogue raisonné de près de 3 000 oeuvres.

Ayant vécu quatre-vingt- six ans, Monet était, disait aussi Wildenstein, un des très rares à avoir été «grand au début, grand au milieu et grand à la fin». Et, comme le montre cette exposition américaine, il est resté fidèle à un motto : la couleur. Cette «satanée couleur» dont son professeur classicisant, Charles Gleyre, faisait pourtant tout pour éviter qu'elle «ne tournât la tête des élèves». 

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Gupta, l'âge d'or de l'Inde

Le Grand Palais accueille les sculptures créées au nord du pays à partir du IVe siècle

  Les expositions liées aux civilisations de l'Inde sont rares à Paris. Cela fait plus de vingt ans que le Grand Palais n'avait ouvert ses portes à l'art indien. Raison de plus pour y courir et découvrir, grâce aux prêts de dix-sept musées du sous-continent, l'art de l'empire Gupta, qui s'est développé, à partir du IVe siècle, dans le nord de l'Inde. On pourra y admirer la sérénité, la grâce et la retenue de ces sculptures de grès rose ou gris, presque toutes d'inspiration religieuse, notamment bouddhiste.
Amina Okada, l'une des commissaires de la manifestation, y voit " une esthétique de la perfection ". On peut aussi y détecter, dans cette exposition réussie, un art plus intellectuel qu'émotionnel. Comme en témoignent les diverses effigies du Bouddha rassemblées dès les premières salles du Grand Palais, avec leurs visages idéaux et presque abstraits à force de paupières toujours baissées, de sourires irrépressibles, de corps désincarnés au sexe à peine marqué. On est loin ici de la surabondance baroque, des visages qui se perdent dans les pendants d'oreilles, les bijoux et les turbans, bref du décor envahissant qui est, pour beaucoup, la marque de l'Inde.

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Le droit de vote, histoire mouvementée d'un geste simple

  Une exposition, " Les exclu(e)s du suffrage universel ", retrace plus de 200 ans de vie électorale au Musée de l'histoire vivante à Montreuil

Une petite enveloppe bleue, des bulletins imprimés, un rideau et puis, tombant dans une urne transparente, une voix qui s'exprime, choisit, élimine ou conteste. Un geste simple, un droit évident qui ne l'a pas toujours été. Entre élections présidentielle et législatives, l'exposition sur " Les exclu(e)s du suffrage universel " organisée par le Musée de l'histoire vivante à Montreuil (Seine-Saint-Denis) est là pour le rappeler..

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 « ArcEnCielage », tel est le nom de l’installation plastique urbaine qui, depuis 2004, habille chaque Printemps les arbres de (Paris) aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbolisant l’idée que la différence est essentielle à la vie. Ce sont plus de 1000 prénoms qui seront ainsi inscrits sur ces textiles colorés, essaimant au gré des allées arborées et jardins parisiens le message du « Vivre Ensemble ». Ces prénoms, offerts par des passants et voisins, ont été « récoltés » par des adolescents porteurs d’un handicap mental, favorisant ainsi le partage entre des publics peu habitués à se rencontrer et à confronter leur différence.
Pour cette 4ème édition, ArcEnCielage élargit ses horizons et investit de nouveaux espaces publics, rendant hommage à la nature et à la diversité, parmi lesquels le Jardin du Luxembourg. L’œuvre plastique sillonnera ainsi les quatre coins de la capitale,
avec le parrainage de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, d’Alain Touraine, sociologue et pour la première fois sous le haut patronage de M. Christian Poncelet, Président du Sénat.

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Le portrait à l'heure de vérité

A Madrid, une exposition exceptionnelle réunit 15O oeuvres des plus grands peintres du XXe siècle autour de l'art du portrait, recherche acharnée et fertile d'une vision juste

  Un lieu commun veut que, depuis son invention, la photographie ait privé peu à peu la peinture de plusieurs de ses activités les plus anciennes et les plus importantes. Au premier rang desquelles le portrait. L'argument : une technique mécanique, rapide et moderne, ne peut que vaincre un procédé manuel, lent et ancien.

En près de cent cinquante toiles, l'exposition " Le miroir et le masque : le portrait au temps de Picasso " réfute le raisonnement. Par le nombre et la qualité, elle rappelle que le portrait est demeuré un genre pictural majeur au XXe siècle. Par le choix des oeuvres, elle suggère que la photographie a moins été une rivale irrésistible qu'un repoussoir efficace.

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Gupta, l'âge d'or de l'Inde

Le Grand Palais accueille les sculptures créées au nord du pays à partir du IVe siècle

  Les expositions liées aux civilisations de l'Inde sont rares à Paris. Cela fait plus de vingt ans que le Grand Palais n'avait ouvert ses portes à l'art indien. Raison de plus pour y courir et découvrir, grâce aux prêts de dix-sept musées du sous-continent, l'art de l'empire Gupta, qui s'est développé, à partir du IVe siècle, dans le nord de l'Inde. On pourra y admirer la sérénité, la grâce et la retenue de ces sculptures de grès rose ou gris, presque toutes d'inspiration religieuse, notamment bouddhiste.

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Dominique Gonzalez-Foerster, bourlingueuse des arts

Exposée au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, " DGF ", comme on la surnomme, est l'une des artistes les plus renommées de la scène internationale. Entre cinéma, architecture, mode, musique, elle explore tous les genres

  On la surnomme DGF. Mais c'est oublier la beauté de son nom, qui est une terre de contrastes : Dominique Gonzalez-Foerster. De cette artiste française, qui se sent tout sauf française, ce nom dit deux ou trois choses essentielles. Il dit ce mélange " d'acuité et de douceur dans le regard porté sur le monde, cette poétique rigueur ", qui la qualifie selon son ancienne galeriste Jennifer Flay. Mêlant le Nord et le Sud, il dit le voyage, qui nourrit tant celle qui s'offre aujourd'hui un joli retour au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, après trois ans d'absence.

Comme si son nom l'avait prédestinée à l'errance : de Séoul à Kyoto, de road-movie californien en rêves de Mars, elle cherche partout " des sensations d'art, de cinéma ", se définissant comme " touriste de l'espace ". Si elle se rend à Taïpeh, c'est uniquement pour y retrouver ce petit parc du film Vive l'amour, de Tsai Ming-liang : " Une jeune femme pleurait sur ces bancs rouges, c'était vraiment très beau. Il pleuvait, elle pleurait. Cette fin de film m'a transformée. " A Hongkong, elle est allée juste pour retrouver la maison du Chungking Express, du réalisateur Wong Kar-wai. Ce parcours original fait d'elle l'un des artistes français les plus renommés de la scène internationale, exploratrice de toutes les pratiques : vidéo, photo, fiction, installation. Adepte des " oeuvres limites ", amoureuse du risque, elle semble n'avoir qu'une envie : partir très loin.

 

L'appel vibrant de l'Afrique contemporaine

  L'ART contemporain africain est-il en passe de devenir un nouveau marché émergent ? Dans une bien moindre mesure que l'art chinois ou indien, dont l'explosion récente est à l'échelle de ces deux continents, l'art africain d'aujourd'hui commence enfin à sortir de son ghetto ethnique réducteur qui l'empêchait d'être reconnu à sa juste valeur sur la scène internationale. La mondialisation a ouvert les ­frontières. La mixité des cultures a changé notre regard sur les artistes du continent noir dont le travail, nourri d'influences multiples et empruntant à toutes les techniques contemporaines - vidéo, photo, installation, performance - est le reflet d'une époque dans sa globalité.

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La Galerie de Johanna Malka Auguiac

 

 Bido_m, du peintre dominicain Candido Bido,

  Martiniquaise, Johanna Malka Auguiac est Diplômée de NYU (New York University) où elle a étudié l'histoire de l'art avec un penchant pour l'art contemporain. Après ses études, elle reste quatre ans à New York où elle  travaille dans deux galeries d'art moderne. A son retour en Martinique, elle  enseigne pendant quatre ans à l'Institut régional d'art visuel (l'ancienne école d'arts plastiques de Fort de France). Après plusieurs voyages dans les îles voisines, elle réalise qu'il manque un espace permettant aux plasticiens insulaires de montrer leur art trop souvent méconnu malgré la force qui s'en dégage. Ayant eu la  chance de grandir dans le milieu des arts. En effet, grâce à la profession de sa mère ( Fanny Auguiac, ex-directrice de la scène nationale de la Martinique ) et à l'ouverture de son père (consultant sur les questions économiques caribéennes ) sur nos voisins de la Caraïbe, l'art et la Caraïbe ont toujours été pour elle des sujets de passion et de réflexion. Elle dirige aujourd'hui une galerie,  JM-ARTS, un pied ici, un pied là-bas pour vivre pleinement sa passion de "passeur d'Arts".   A µParis elle expose en ce moment un artiste qui vit en Martinique depuis 1989 : Sentier.  Il nous parle de son travail ...

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Un Guggenheim pour Abou Dhabi

  La Fondation Guggenheim présente, le 31 janvier, aux Emirats arabes unis les plans d'un " district culturel " de 270 hectares sur l'île de Saadiyat. Cette dernière, aujourd'hui inhabitée, se trouve à 500 mètres d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats, à laquelle elle sera reliée par deux ponts et un tunnel. Pour devenir le lieu phare du tourisme dans le golfe Persique. A côté d'une marina, de dizaines d'hôtels et de golfs, l'ensemble voué à la culture devrait comprendre, quatre musées et un centre de spectacles.

L'entière conception du projet a été confiée, en juillet 2006, à la fondation Guggenheim dirigée par Thomas Krens. De plus, celle-ci aura pour responsabilité de gérer le premier musée consacré à l'art contemporain qui se trouvera à la pointe de l'île et sera le plus grand des cinq Guggenheim existant de par le monde. Il devrait couvrir 32 000 m2. Sa conception a été confiée au même architecte qu'à Bilbao : l'Américain Frank Gehry.

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Art et histoire de la contestation américaine

  La dissidence face à l'oppression politique, religieuse ou sociale est le thème de " Dissent ! ", une ambitieuse exposition organisée dans la ville américaine de Cambridge, au Musée Fogg Art, le plus ancien d'Harvard. Les lithographies, dessins, gravures et affiches sélectionnés parmi les collections de la prestigieuse université offrent un panorama éclectique de la contestation, depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, de la mise en cause du pape pendant la Contre-Réforme à la critique des propriétaires de voitures 4 × 4.

Dans ce musée, dont l'architecture est la copie d'un palais italien de la Renaissance, sont exposés côte à côte Goya, Warhol, Daumier, Manet, Jasper Johns, Picasso, Richard Serra. On y trouve aussi les dessins d'artistes peu connus ou anonymes

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Ex Nihilo "Osmoses" à l’Habitation Neisson

Kanel BROSI et Brigitte LAMURE donneront à voir leur travail, dans ses permanences et ses évolutions présentes. Sculptures où la terre et le bois se rencontrent et entrent en symbiose, dans un dialogue toujours aussi créatif.
Brigitte centre aujourd’hui sa recherche sur la couleur et les patines. Elle provoque ainsi une interpénétration délibérée des deux éléments - bois et terre - qui, de différenciés auparavant, sont désormais fusionnés. Osmose des deux matériaux par le jeu des patines, en illusion de « bronze », par exemple.
Kanel a utilisé quelques bois venus d’ailleurs - ceps de vigne de Provence et épineux grec - qui autorisent des délires harmonieux ou ludiques. Elle nous propose également une nouvelle orientation formelle, poursuivant des lignes plus émaciées, plus retenues, et dégageant une émotion plus « suspendue ». Il en émane une sérénité longiligne, qui, à la fois, restitue son imprégnation par l’imagerie orthodoxe grecque, et rend hommage à Alberto Giacometti. Dialogue de la main avec la culture et les rêves.
 

Le retour en grâce des symbolistes

  Sensualité, rêves, fantasmes et hallucinations, tels sont les ingrédients des artistes symbolistes qui explorèrent les tréfonds de l'âme à la fin du XIXe siècle. Après une éclipse dans les années 1990, ce courant jouit d'un regain de faveur sur le marché de l'art et s'expose en galeries en ce début d'année.
Difficile d'offrir une définition synthétique de ce mouvement. Il y a presque autant de symbolismes que d'artistes. "Excroissance d'un romantisme exténué", selon Guy Cogeval, directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, ce courant a annoncé l'Art nouveau et porté les germes de la modernité. "Les symbolistes sont dégoûtés par le monde contemporain, nostalgiques d'un monde ancien qui a disparu, rappelle M. Cogeval. C'est le mouvement qui a le plus pesé sur le XXe siècle. Sans s'en rendre compte, les premiers symbolistes ont ouvert la boîte de Pandore, un réservoir à images interdites par le bon goût et la morale."

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Le triomphe des "dégénérés"

Les nazis les avaient bannis, le marché de l'art longtemps ignorés. Les Klimt, Schiele, Kirchner et, plus généralement, tous les expressionnistes allemands et autrichiens sont en train d'acquérir une reconnaissance internationale. Et les prix s'envolent.
Les stars des enchères portent désormais des noms germaniques. Klimt, Schiele et Kirchner détrônent Picasso, Van Gogh et Cézanne. En portant l'art allemand et autrichien au pinacle, 2006 a marqué la consécration d'un mouvement que le marché tenait à la marge il y a peu encore : l'expressionnisme, ainsi appelé parce qu'il entendait, il y a un siècle, donner libre cours à l'expression des sentiments. Le sommet a été atteint dans une vente historique à New York le 8 novembre chez Christie's, qui a récolté près d'un demi-milliard de dollars en une soirée.

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Politique muséale : la location des œuvres d’art

par Michel Herland

La publication dans Le Monde du 13 décembre 2006 d’un point de vue, de Françoise Cachin, Jean Clair et Roland Recht dénonçant la politique de location d’œuvre d’arts menée par le Louvre, a créé une sorte d’effervescence qui déborde désormais le monde des musées puisque la pétition de soutien au point de vue en question a déjà recueilli plus de 3000 signatures émanant des milieux les plus divers.
Les journaux ont largement fait écho à cette polémique, rappelé que deux des auteurs du point de vue, n’ont pas hésité eux-mêmes à monnayer les prêts des œuvres dont ils avaient la charge, la première en tant que responsable de la collection de l’Orangerie, le second comme directeur du musée Picasso. Au-delà de cette polémique, reste une question de fond posée par les trois auteurs qui considèrent que « l’utilisation commerciale des chefs d’œuvre du patrimoine national » serait moralement choquante.

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Bruce Davidson, noirs et blancs

 

C'est une très belle idée. Faire découvrir les photographies de Bruce Davidson. La Fondation Henri-Cartier-Bresson, à Paris, présente deux séries fortes de cet Américain né en 1933, qu'il a consacrées à la communauté noire dans les années 1960 : " Time of Change " sur le combat des droits civiques, et " 100e Rue " sur les habitants et la vie d'une rue du quartier noir de Harlem, à New York. La centaine de photos en noir et blanc montre autant la détermination des militants noirs que leur peur face aux foules hargneuses. Et aussi la misère accablante des lieux de vie à New York comme dans le sud du pays. Le style de Davidson fait la synthèse entre l'humanisme distant d'un Cartier-Bresson et l'école américaine du reportage subjectif, plus proche des gens et de leurs pensées, initiée par Robert Frank et par Diane Arbus.

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Epopée au cœur de la lumière


par Victor Anicet

 Il est des créations dont se satisfait plus ou moins l’artiste qui les conçoit ; des créations « contentement », des créations « tâtonnement », des créations « atermoiement »…
Et puis, il est des créations comme du nouveau né qui parait, qui s’insinuant dans la vie de l’artiste, ébranlent ses habitudes ; des créations « tempête » qui s’abattant sur la tête de l’homme, bouleversent le champ de ses perceptions...
Lorsqu’on me confia en 2002 la réalisation des vitraux de la cathédrale de Saint-Pierre, j’avais conscience du défi artistique à relever, mais non des limites qu’il me faudrait repousser dans l’exercice de mon art, ni de l’extraordinaire introspection qu’il me faudrait mener dans l’antre indicible de la lumière.

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La grande escroquerie du Palais de Tokyo

par Michel Herland

  Le débat sur l’art contemporain fait déjà rage et l’on devrait sans doute se retenir d’y intervenir lorsqu’on ne possède pas les patentes et certifications reconnues dans un univers où l’on se retranche d’autant plus volontiers derrière l’élitisme esthétique que l’on est forcément conscient du regard goguenard de la majorité du public. Il y a des moments, néanmoins, où critiquer devient un devoir civique. Et l’exposition actuellement en cours au palais de Tokyo (à Paris, jusqu’au 14 janvier) est une telle caricature de ce que peut produire l’art ( ?) contemporain que l’on ne saurait passer outre au devoir d’indignation.

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Abolir le mal

par Pierre Pinalie

  Face au rocher-vaisseau du Diamant, stigmate dressé d’une ancienne puissance coloniale, quinze blanches silhouettes hurlent silencieusement leur appétit de respirer libres. Tournées vers la mer qui les a amenées, prisonnières, sur ces rivages, bien plantées dans la terre martiniquaise devenue la leur, elles clament la souffrance. La masse imposante de chacune d’elles, à l’image d’un totem, force l’espoir dans la revendication muette, exigence d’esclave qui ne tolère plus de ramper sous le joug. La tête inclinée vers le sol, le corps fiché dans le socle du malheur, chacune a laissé pendre ses bras jusqu’à ramasser la dignité en allée. Chacune s’apprête à rebondir hors du champ imposé par la volonté de l’Autre, parce qu’il n’est pas tolérable de demeurer attaché au sillon comme une bête de somme.

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Julien Beneyton peint la rue et la banlieue


À QUOI peut servir la peinture au temps de la télévision ou même de la photographie ? A contraindre l'oeil à prendre du temps, à s'attarder sur les êtres et les choses, à ne plus se contenter de reconnaître au passage les stéréotypes communs. Julien Beneyton - 29 ans, ancien élève des Beaux-Arts de Paris - peint la rue, la banlieue et ceux qui y habitent : le marchand de journaux, les SDF sous le pont, les jeunes costumés en basketteurs et en rappeurs, leurs mères africaines dans leurs grandes robes, les revendeurs du métro..

 

Yves JEAN-FRANÇOIS

 Dix ans après sa disparition, Yvon Jean-François, le peintre est toujours parmi nous par l’intensité de la vie qui émane de ses œuvres. Par la couleur ou le crayon noir, dans la racine de fougère ou la pierre ponce, et par l’intermédiaire de l’âme du bois, il nous a laissé un merveilleux sens de la vie et du plaisir de vivre. Et comment ne pas le rejoindre quand l’amour de la femme semble avoir guidé sa main dans le dessin et la sculpture faisant de chaque représentation du corps féminin un chant d’allégresse, voire un cantique ? C’est à chaque fois un hommage à celle qui nous met au monde en raison de la beauté que nous admirons et désirons forcément depuis l’aube de l’humanité.

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Hélénon, « lieux de peinture »

  Dans un précédent livre consacré à l’œuvre de Serge Hélénon, Daniel Radford introduit sa contribution en ces termes : « L’œuvre d’art est-elle muette, qu’elle ait besoin d’un texte qui la renforce et qui l’anime ? Souvent le mot l’endort, l’anesthésie, fouille à côté et, par redondance, la tue. Rien n’est plus beau qu’une peinture qui se raconte toute seule car tel est son destin, et le risque du peintre. Le mot accapare son espace et, voulant la dévoiler, lui vole sons sens et invente un discours à partir de sa forme.»
Pourtant ayant constaté cela faut-il se priver de toute analyse ? Doit-on s’interdire de parler d’une œuvre sous prétexte qu’elle est irréductible au discours ? Évidemment non, répond Dominique Berthet, qui se livre dans cet autre et nouvel ouvrage à une investigation toute personnelle du travail d’Hélénon. Évidemment non. D’autant que l’œuvre si elle résiste au discours, paradoxalement l’encourage.

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De l'art contemporain à demeure dans Paris

Le " Skate Park " conçu par Peter Kogler pour les skateurs de la porte d'Italie (13 - sup - e - /sup - arrondissement). PHILIPPE MARIANA/EDITINGSERVER.COM Une exceptionnelle commande publique à huit créateurs vedettes accompagne le parcours du tramway
  C'est du jamais-vu à Paris : le tramway des boulevards des maréchaux, inauguré samedi 16 décembre, a été accompagné d'une vague de commandes publiques sans précédent. " C'est la première commande importante d'art contemporain à Paris depuis les colonnes de Buren " au Palais-Royal, a souligné Christophe Girard, adjoint (PS) au maire de Paris chargé de la culture.

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La France prête au Bénin des trophées de la colonisation

 Le 17 novembre 1892, le général Dodds entre à Abomey, capitale du royaume de Dan-Homey, à la tête d'une colonne des troupes coloniales françaises. Le roi Béhanzin (1844-1906), qui lutte contre les envahisseurs, a fui en incendiant son palais. Après quatorze mois de guérilla, il se rendra à Dodds. Ce dernier, qui a retrouvé le trône du souverain intact, l'envoie en France, où il figurera, parmi d'autres "trophées", au Musée d'ethnographie du Trocadéro.Le Musée du quai Branly en a hérité via le Musée de l'homme. Cette pièce symbolique est aujourd'hui au coeur de l'exposition organisée par la Fondation Zinsou, à Cotonou, principale ville de la République du Bénin (ex-Dahomey), qui célèbre le centenaire de la mort de Béhanzin, devenu héros national. Azouz Begag, ministre français délégué à la promotion des chances, représentant l'ancienne puissance coloniale, a fait le voyage pour l'occasion.Le Musée du quai Branly a prêté pour l'occasion une trentaine de pièces qui toutes ont un rapport avec le souverain, exilé à la Martinique puis à Alger, où il mourra. L'exposition est d'abord historique, avec force documents (lettres, journaux illustrés, photographies) racontant la lutte du roi contre les Français.

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Serge Hélénon : une esthétique de l’inesthétique par Gerry L’Etang .

 Dans le beau livre, Hélénon Lieux de peinture, que nous offre Dominique Berthet, il est donné à voir une tendance essentielle de la démarche artistique de Serge Hélénon : une quête du beau à partir du dérisoire, une esthétique de l’inesthétique. A partir de matériaux de récupération apparemment hétéroclites et improbables, Serge Hélénon s’attache à produire de l’harmonie, de l’émotion. D’abord en les associant, en les combinant, ensuite en les peignant. Les éléments a partir desquels sont réalisés les assemblages : bois-caisse, clous, bouts de tissus, couvercles de boîtes de fer-blanc ou d’aluminium, poignées rouillées, etc., ne sont hétéroclites qu’en apparence. Car il y a un trait sémantique commun à tous ces objets : ce sont des éléments périphériques, généralement des contenants.

 

Bruxelles fête l'inquiétante peinture de Léon Spilliaert

Vers 1920, les œuvres de Léon Spilliaert se vendaient bien à Paris, mais pas en Belgique, son pays natal. La situation s'est inversée depuis : alors que les occasions de voir Spilliaert en France sont trop rares, Bruxelles le célèbre en deux grandes expositions, au Musée royal des beaux-arts et à la Bibliothèque royale. Plus de trois cents pièces montrent, pour la première fois, dans sa variété et sa complexité l'œuvre de cet Ostendois qui mérite d'occuper dans l'histoire une place comparable à celle de son contemporain, l'Italien De Chirico.

" Galeries royales d'Ostende ", de Léon Spilliaert, 1908. Encre de chine, lavis, plume, crayon de couleur sur papier. MUSÉES ROYAUX DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE, BRUXELLES

 

CAPC : les vides du dossier . Après la mise en examen du directeur, les deux commissaires d'une exposition sur l'art et l'enfance qui a eu lieu à Bordeaux en 2000 sont convoqués mardi par le juge d'instruction. Les charges semblent étonnamment faibles. La polémique sur l'art et la pornographie s'apprête à rebondir. Les deux commissaires de l'exposition " Présumés innocents " sont convoqués, mardi 19 décembre, par le juge d'instruction bordelais Jean-Louis Croizier. Six ans après les faits, Marie-Laure Bernardac, aujourd'hui conservatrice au Louvre, et Stéphanie Moisdon-Tremblay, critique d'art, se voient reprocher le caractère " pornographique " d'oeuvres présentées au CAPC de Bordeaux du 8 juin au 1er octobre 2000. Cet épisode intervient un mois après la mise en examen de l'ancien directeur du CAPC, Henry-Claude Cousseau, pour " diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur " et " diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique ".

 

La cote de Kupka reste encore en retrait

L'exposition " Au temps des cubistes ", organisée jusqu'au 31 janvier par la galerie Anisabelle Berès, permet de redécouvrir l'artiste tchèque Frantisek Kupka (1871-1957). Bien que ce soit un contemporain de Paul Klee et de Vassily Kandinsky, sa cote reste en retrait. Une revalorisation se perçoit toutefois depuis deux ans. Après des études artistiques à Prague puis à Vienne, Kupka s'installe à Paris vers 1896. Avant de s'ériger en pionnier de l'abstraction, l'artiste a connu une longue carrière de caricaturiste et d'illustrateur dans une veine symboliste. Peu à peu, il évolua vers une géométrisation des formes. Dès 1912, il peint ses premiers Plans verticaux, avant le Carré noir sur fond blanc du Russe Kazimir Malevitch, ou les compositions avec plans de couleurs du Hollandais Piet Mondrian. Outre les plans verticaux, Kupka a aussi utilisé les motifs de la courbe et de l'ellipse. Ses études pour les disques de Newton ont préfiguré les compositions dynamiques de Robert Delaunay. Membre en 1931 du mouvement Abstraction-Création, il n'a plus jamais opéré de retour vers le figuratif.

 

Dialogue des cultures ou parade exotique ?

Temple voué à la beauté d’œuvres venues d’ailleurs, le musée du Quai Branly résonne de la querelle toujours vive entre ethnologues et collectionneurs… Paris est devenu, le 20 juin dernier, le nombril du monde des arts premiers. Ce jour-là, Jacques Chirac inaugurait le musée du Quai Branly, « un lieu original qui rend justice à l’infinie diversité des cultures », dans une ambiance médiatique euphorique – avec télévisions et radios du monde entier, et près de 2 000 articles de presse parus pour l’occasion. Trois mois plus tard, passé l’enthousiasme des débuts, les reproches pointent, les engouements fléchissent. On découvre que certains journaux anglo-saxons ont été très critiques (le New York Times, le Guardian) ; Internet foisonne de blogs passionnés et interrogateurs ; deux livres, récemment sortis, racontent la genèse tumultueuse du projet et en discutent les partis pris (1).

 

A New York, l'art dépasse le milliard

 Il y a des chiffres qui donnent le vertige. Ceux de la saison des ventes aux enchères d'art à New York en font partie. La première semaine, consacrée à l'art impressionniste et moderne, totalise 847,25 millions de dollars. Le total des ventes d'art contemporain, qui se tiennent cette semaine, n'est pas encore totalement connu, mais il est pour l'instant de 448,7 millions de dollars. Le cumul des deux semaines, plus de 1,3 milliard de dollars (1,042 milliard d'euros) équivaut approximativement à 253 ans du budget d'acquisition du Centre Pompidou.. Pour Christie's, c'est " un cas sans précédent dans l'histoire des ventes aux enchères ". La maison de vente de l'homme d'affaires français François Pinault (l'un des actionnaire du Monde) a décroché 491,4 millions de dollars en une seule vacation. Avec plus de 866 millions de dollars cumulés sur deux semaines, elle est le grand vainqueur de la saison.

Les défis de la critique d’art de Dominique Berthet . Comment s’y retrouver dans le foisonnement des discours de la critique autour de l’œuvre d’art ? Entre autres qualités, l’ouvrage de Dominique Berthet fournit à la fois les moyens d’une orientation et l’occasion d’un questionnement de la « relation particulière qu’entretient celui qui projette de parler d’une œuvre avec l’œuvre elle-même » (p. 7). N’hésitons pas à saluer d’emblée l’agencement du texte : l’auteur réussit le tour de force de présenter une progression à la fois historique et analytique... par  Laurent Luquet

 

Les miroirs de l'homme occidental, La première grande exposition temporaire du Musée du quai Branly, " D'un regard l'Autre ", s'ouvre le 19 septembre .... l'exposition d'Yves Le Fur, placée sous les auspices de la navigation et de la cartographie, est une perpétuelle mise en abyme, une interrogation sur la succession des regards portés par l'homme occidental, sur le " sauvage " rencontré sur des rivages inconnus. L'Européen sera tour à tour intrigué, séduit et dégoûté par ces civilisations sur lesquelles il ne manquera pas de projeter son imaginaire.
 

Moi, Corps... de Mickaëlle Lorédon et Kelly Guillaume . Le corps féminin, objet du désir masculin, devient pour les femmes artistes objet d'attention et de réflexion. Elles s'interrogent sur leur identité culturelle, sexuelle, sociale ; elles doivent se positionner par rapport aux artistes masculins d'où le double questionnement de femme et d'artiste.Trois générations de femmes se succèdent dans un travail sur la nature féminine. La première génération inaugure un travail plus violent sur le corps désexualisé et personnel au point de procéder parfois à des automutilations ou à des mises en scène de leur corps souffrant.

 

La rencontre de deux hommes, Dominique Berthet et Ernest Breleur. Durant dix ans (1996-2006), le premier universitaire et critique d’art, l’autre artiste plasticien entament un parcours dans un lieu où ils vivent et travaillent : la Martinique. Un dialogue qu’ils nourriront et qui enrichira l’analyse de l’esthéticien dans ce livre. Des propos repris par l’auteur dans la dernière partie des corps énigmatiques d’Ernest Breleur. Trois interviews majeures qui tracent les pistes empruntées par l’artiste pour sculpter pas à pas sa propre contemporanéité avec comme principale préoccupation la problématique du corps.
 
Pour Henri Guédon Demeurez, gai don ! Je suis entré chez vous par effraction, par la porte d’une toile morcelée. Je suis entré chez vous comme un fou, en toute clandestinité. J’ai veillé avant la mort. C’était veille de carnaval, en plein carnaval, chez vous.

 

Monique MIRABEL : à corps et en corps Salle Andrée Arsenec CMAC Scène Nationale. Des corps qui ne sont pas décors, mais qui sont un hymne à la vie travaillée par la mort. L'expo a fermé ses portes reste cet opus... pour mémoire.

 

Acte en retour de Jean-François Boclé . Les installations de Jean-François Boclé organisent les données de mode de vie et de pensée liées à l'histoire de la Caraïbe. À partir d'un vocabulaire plastique extrêmement diversifié, de matériaux rudimentaires, de support de récupération et d'une juxtaposition d'éléments disparates appartenant à la réalité quotidienne et à la géographie intime de l'artiste, elles questionnent une pensée et des faits - traite négrière, colonialisme, exclusion, globalisation, périphérie, frontière, identité, altérité, mémoire - difficilement représentables.... Salle Andrée Arsenec CMAC Scène Nationale
 
Ex Nihilo : le hasard apprivoisé . Kanel était « dans les bâtons » (sculptures immédiates qu’elle collectait et « lisait », toute à la joie de la trouvaille qui vous parle, vous raconte une histoire) ; avec le désir d’y ajouter quelque chose, d’intervenir, s’exprimer - mais avec quel matériau ? Brigitte était « dans la terre », dans le plaisir d’épanouir une forme, parfois autour d’un bâton - simple support qu’elle ne savait pas encore comment travailler, comment intégrer. De ce désir et de cette impasse est né un dialogue, amorce d’un élan commun : faire ensemble, associer bois et terre. Élaguer et pétrir, poncer et polir.

Monique MIRABEL : à corps et en corps Salle Andrée Arsenec CMAC Scène Nationale. Des corps qui ne sont pas décors, mais qui sont un hymne à la vie travaillée par la mort. L'expo a fermé ses portes reste cet opus... pour mémoire.

La Forêt des Mânes de Léa de Saint Julien . A partir du 10 mai 2006, le Sénat accueille au Jardin du Luxembourg la Forêt des Mânes, une installation d'envergure de l'artiste guadeloupéenne Léa de Saint Julien. Visible aux heures d'ouverture du jardin, l'oeuvre, musicale, photographique, minérale, met en scène une arche de bambous géants pouvant atteindre jusqu'à 15 mètres de haut.

 

Les sculptures de Kanel Brosi

 

Les sculptures de Brigitte Lamure