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Sète sous les bombes des graffeurs

Cet automne on se régale au Miam, musée international des Arts modestes, livré aux appétits des graffeurs du monde entier.

L'art modeste sous les bombes" - Photo: Pierre Schwartz

C'était cet été... à Sète. Venus du monde entier, des poseurs de couleurs à la bombe ont mis en relief, en pleins et en déliés, leur virtuosité de graffeurs sur toutes les surfaces disponibles du Miam. Et ils sont hauts (10 mètres) et ils sont grands (jusqu'à 30 mètres de longueur), les murs du musée international des Arts modestes, terre d'accueil pour tous les artistes qui tracent leur voie à la marge des courants traditionnels. Ce lieu alternatif est, lui, tout sauf à l'écart de la cité maritime, qui frissonne sous le vent des canaux, unit Méditerranée et étang de Thau, résonne des vers de Paul Valéry... et des refrains inusables de Georges Brassens, enfant chéri du pays dont l'effigie fait partie intégrante du paysage local. Il est d'autant plus insolite de tourner le dos au bucolique tableau des bateaux amarrés le long du canal Royal, le temps d'une plongée dans l'univers à la fois sombre et chamarré de ces street artists venus, à leur manière, célébrer dans l'Hérault les 30 ans d'un mouvement né à New York sous l'aérosol d'un jeune coursier. Depuis, bien des jets de peinture ont coulé sur des façades, des trottoirs, des palissades, des flancs de rames de métro et de train, de part et d'autre de l'Atlantique.

Cette expo spectaculaire ne prétend pas résumer une épopée taguée d'imagination, éclaboussée de culot et de talents, tachée aussi par le vandalisme et la répression. Deux vidéos (dont un excellent Tracks, l'émission d'Arte) redessinent ce passé mouvementé, présentent les familles du graffiti, désormais mondialisé. A nous ensuite la liberté de rechercher dans la prolifération de formes, de lignes, de symboles, de motifs schématiques ou de figures expressionnistes qui nous cernent, les liens entre ces mouvements tous nés de la fièvre urbaine. Quand on se résigne à quitter cette graphique et hypnotique dimension, la douceur de l'air, la lumière de Sète, ses bleus et ses beiges dorés offrent en contraste un apaisant fondu enchaîné. Ultime gerbe de couleur 100 % naturelle à ne pas louper : un coucher de soleil depuis le belvédère du mont Saint-Clair, balade qui promet, en trente minutes à pied depuis le centre-ville et à travers les vieux quartiers, une autre forme d'éblouissement.

Sophie Berthier

“L’art modeste sous les bombes”, jusqu’au 13 jan., du mar. au dim. 10h-12h et 14h-18h, Miam, 23, quai du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 04-67-18-64-00. (5 €).

Y aller
En TGV. En 3h45 pour certains trains directs. 190 € A/R plein tarif.
A faire
La visite du cimetière Marin. Le musée Paul-Valéry. Le cimetière de Py, où repose le poète chansonnier, et l’espace Brassens, juste à côté. Plein d’autres idées (circuits audio originaux) à l’office de tourisme, 60, grand-rue Mario-Roustan, 04-67-74-71-71, www.ot-sete.fr.
Dîner
A l’assiette en douce, corniche de Neuburg, 04-67-18-10-55. Jolie terrasse au bord de l’eau, déco sympathiquement kitsch à l’intérieur. Plats inventifs (chili de petits gris, Tatin de patates douces à la coriandre…). (16-28 €). Réservez !
Dormir
Le Grand Hôtel, 17, quai de Tassigny, 04-67-74-71-77, www.legrandhotelsete.com. A deux pas du Miam. Rapport cadre/qualité/prix imbattable. Dans un superbe bâtiment Belle Epoque, un patio au charme fou, des chambres tout confort (certaines avec balconnet sur le canal), un bar cosy, une décoration partout réussie. (75 € la double avec douche, 92 € la standard avec baignoire).

Télérama 26-X-07