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Anabell Guerrero expose au CMAC jusqu'au 07 juin 2008

FRONTIÈRES, NON LIMITES

 par Edouard Glissant




Nous fréquentons les frontières, non pas comme signes et facteurs de l'impossible, mais comme lieux du passage et de la transformation. Observons combien il est agréable de les quitter sans contrainte, sans mesure, de continuer comme naturellement de l'atmosphère Maroc à l'atmosphère Algérie, et de ce vivre-France à ce vivre-Espagne, et de l'air qu'on respire en Savoie à l'air qu'on respire en Toscane, et des déserts bleus du Pérou aux déserts ocres de la Guajira entre Venezuela et Colombie, vous vous sentez léger d'une inouïe vêture, et plein d'un appétit ancien pour ce qui va survenir, la frontière est cette invitation à goûter les différences, et tout un plaisir de varier.

J'en ai fait l'expérience, éprouvé la sensation, face aux oeuvres d'Artaban Guerrero, dont je suis le travail depuis dix ans. Il m'a semblé, dans ses images monochromes, voir vibrer l'ocre et la rosée qui s'irise aux jardins de l'Alhambra de Grenade, ou scintiller le blanc bleuté des espaces et l'arc-en-ciel des poissons caraïbes de l'île de Margarita. Je parle des endroits que j'ai connus et qu'elle a pris comme motif.

C'est une heureuse forme de divination que de ressentir, sous une reproduction photographique noir et blanc, les couleurs du lieu qui est ainsi décrit.

Les planches en noir et blanc tamisent et transportent des couleurs, devinées et transcendées. Comme si les particularités de chacun de ces lieux et de tant d'autres, c'est-a-dire en effet leurs colorations, étaient en même temps rendues visibles et invisiblement suggérées par cette pratique de généralisation qu'est le noir et blanc photographique. Le délicat manipulé d'Anabell Guerrero réalise cette duplication, que nous pouvons dire un miracle de l'inaperçu.

Les lieux du monde s'apparentent de la sorte, en un lacis qui ne porte pas à confusion mais qui organise une trame infinie d'infinies variances. L'ici, entêté dans sa couleur devinée, l'ailleurs, qui le révèle en contraste. Le même et l'autre. La partie et la totalité.

Cela continue d'une manière, quand Anabell Guerrero redouble l'aune sur l'autre des formes du réel. Ce n'est plus la couleur du lieu qui est alors donnée à pressentir, c'est l'entour lui-même, l'écho et le prolongement de l'image, c'est-adire peut-être ce que le lieu nous dit quand nous le rêvons totalement.

Il y a des représentations qui limitent le réel à ce qui est donné à voir. Tout est alors dans la photographie, où nous n'avons plus qu'à regarder. Les images d'Anabell Guerrero, qui si souvent décomposent le réel, le recomposent au s sitôt dans son halo, dans ses profondeurs, ses alentours ou son ailleurs. Il n'y suffit plus de regarder strictement, il y faut devenir voyant, partager avec l'artiste la genèse de ces totalités qui se prolongent tout autour du visible.

Là, bientôt, le corps humain se pose, s'impose. Il prend place. Il entre dans la composition. Il devient pan de matière, atome qui se suffit et appelle pourtant, parti pris et totalité.

C'est parce que nous vivons le monde avec notre corps. Dans notre corps tout autant que par l'esprit ou par tout autre force possible. Nous l'éprouvons, notre chair, notre peau, l'influx caché de notre sang sont en corrélation avec ce que nous savons et ce que nous ne savons pas de la présence des eaux du ciel, des profonds de mer, des grands Bois, et de notre souffle, mêlés et indissociables.

Dire le corps, c'est dire le monde, son apparente transparence, sa très réelle opacité tout cela qui à tout moment nous incline ou nous élève de manière si peu prévisible. Corps qui s'étirent au loin. Ils sont enroulés sur eux-mêmes comme des galaxies, et de même que celles-ci laissent parfois échapper de leurs circonvolutions quelques étoiles solitaires et vagabondes, à la fois libres et dépendantes.

Le corps est monde, et il est univers. Fermé sur luimême mais accessible à son espace d'alentour. Il est en perpétuelle propagation. Il se déplie dans ce qui semble être d'abord une carapace éthérée mais qui en réalité se déroule comme une écorce vivante de l'air et de la lumière.

Dans la Relation, l'influence mutuelle des identités, individuelles et collectives, requiert une autonomie ré elle de chacune de ces identités. La Relation n'est pas confusion ou dilution. Je peux changer en échangeant avec l'autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer. C'est pourquoi nous avons besoin des frontières, non plus pour nous arrêter, mais pour exercer ce libre passage à l'autre, pour souligner la merveille de l'ici-là.

C'est pourquoi les Ports, négriers ou non, nous émeuvent tant: et aussi les grottes et les cavernes et les cellules et les éloignements et les enfermements irréparables, les lieux que vous souffrez et les lieux que vous ignorez, les innombrables et les exceptionnels. Auschwitz et l'incommunicable, Gorée, le Fort de Joux, et la grotte de Tjibaou, Saint Pierre de Martinique et tous les volcans des Amériques, Rapa Nui au centre de l'inconcevable, Matouba en cendres, la Plantation bardée de cannes, Carthage et le sel noir, et le ventre de ces bateaux négriers, les gabelles et le sel rouge, et Hiroshima et Nagasaki, la smala d'Abd El Kader, et la Grande muraille si longue à atteindre et à finir, et la cellule de Socrate, et la bibliothèque de Tombouctou, la Nouvelle Orléans et ses Kathrina d'eau depuis toujours, les pesticides plombant les infinis des bananes, et le volcan d'Empédocle, les favelas qui s'entassent les unes les autres partout au monde, la Traite aux feux du Sahara et des déserts de l'Est, et le garrot d'Atahualpa. Circé au trou ténébreux d'oubli, et Lisbonne et San Francisco et ces tremblements, l'Atlantide, Bagdad, le Styx, et pour moi l'agonie de la rivière Lézarde.

 



Mais vous aurez beau dire, vous n'irez jamais au bout de la liste. En quelque sorte, un Port est une caverne, avec ses fonds et sa goulée. Il n'y a aucun lieu si près ni si éloigné de vous qu'un Port, si ce n'est un rocher ou une traînée de roches dans la mer, ou un goulag au bout d'un champ de neige, en continent infranchissable, ou une mine d'or à ciel ouvert au Brésil.

Et alors pourquoi voulez-vous forcer la mémoire de ceux qui ont oublié, si vous-mêmes n' avez pas le souffle d'entrer et de parcourir dans la grotte qui nous est commune, ou la bonté innocente de brasser au loin, il faut nous ressouvenir tous ensemble, et les mémoires se partagent comme un rhizome. Les Ports sont les frontières ouvertes de l'imaginaire.

Ces ports, et ces frontières, les isthmes, les passages, les détroits, les deltas, nous les estimons gardés par des géants, dans les légendes et les géographies du rêve, parce que le géant voit des deux côtés de la ligne de franchissement, il conçoit en même temps l'identité d'ici et l'identité de là-bas, il conçoit leur nécessaire alliance, en même temps qu'il préserve et défend leur nécessaire particularité. Dans la plupart des mythologies populaires, le géant est bon, parce qu'il peut tout comprendre, des deux côtés de la frontière. Ainsi des personnages élevés par Anabell Guerrero. Ils tissent et tâtent le détail de leur vie de tous les jours, et ils regardent . au loin, par-dessus la barrière ou le grillage ou le barrage de frontière. Ce ne sont pas les insignes marqueurs d 9 une immensité, mais les conducteurs de la Relation.

 

Edouard Glissant




 

Presse  

 

“Anabell Guerrero a approché ces femmes pendant deux ans lors de divers séjours, en marge de toute vision ethnologique, afin de retranscrire leur humanité intense et determinée. Libérées du moindre arrière-plan dans leurs amples robes bigarrées, elles semblent être les totems universels de la résistance sereine”

Patrice Giunta
Libération
13 novembre 2001

 

“La fragmentation de l'image pour laquelle la photographe a opté conceptuellement et stylistiquement, en allongeant la silhouette, ne fait que renforcer ce qui se dégage de cette présence solide et inamovible. La répétition choisie de certains plans (détails) empilés les uns sur les autres, allonge le corps de façon démesurée, donnant à ces portraits, sortes d'icônes ou de totems féminins, une identité démultipliée, métaphore de ce matriarcat forçé où transparaît néanmoins une force vitale indestructible.”

Christine Frérot
Art Nexus
Avril-Mai 2002

 

“Il y a des représentations qui limitent le réel à cela qui est donné à voir. Tout est alors dans la photographie, où nous n’avons plus qu’à regarder. Les images d’Anabell Guerrero, qui si souvent décomposent le réel, le recomposent aussitôt dans son halo, dans ses profondeurs, ses alentours ou son ailleurs. Il n’y suffit plus de regarder strictement, il y faut devenir voyant, partager avec l’artiste la genèse de ces totalités qui se prolongent tout autour du visible”.

Edouard Glissant
L’Eclat fixe de ce feu

 

“Si l’éthique de la peinture consiste à rendre visible l’invisible, celle de la photographie (c’est en tout cas ce que nous apprend le travail d’Anabell) consiste à ramener à la presence ce qui disparait; ce qui s’est absenté, ce qu’on a exclu, ce qui s’est égaré”.

Christian Salmon
Peindre avec les peaux

 

Trajectoire  

 

Née à Caracas (Venezuela), elle vit et travaille entre la France et le Venezuela depuis 1986. Elle structure sa réflexion photographique autour de projets tels que le corps, travaillé par le biais de transparence et de déformations, le paysage intérieur, dans "Ultimes Limbes" (1992) ; l’exil, les déplacés dans " Les réfugiés" (1997) et "Aux frontières" (2002).
C’est à partir d’un travail intitulé "Introuvable Amérique" commandé par le journal Le Monde en 1992, qu’elle développe postérieurement le thème sur l’île de Marguerita et la côte Vénézuélienne, en photographiant ses habitants, sa géographie corporelle et ses instants de vie. Cette démarche aboutit avec le travail "Tropique-tropisme" (1994). C’est avec une obstination sereine et une rigueur mesurée qu’elle réalise à la frontière du Venezuela et de la Colombie la série "Totems, à la frontière" (2000) et "Terre de rêves" (2004). Avec ces travaux, elle ouvre des perspectives qui renouvellent ses propositions sur l’exil, les réfugiés, la vie entre deux mondes, à la frontière.

Expositions personnelles

2005
"Terre des rêves" Galerie Lina Davidov. Mars-Mai Paris (France)
• “Naufraghi di Terra” Fondation Italienne de la Photographie, Sala Bolaffi, Février, Torino (Italia)
2004
“Totems aux frontières” Musée de Beaux Arts de Caracas, mai-juin (Venezuela)
• Parcours-exposition à la ville d’Evry dans le cadre d’une residence d’artiste au Centre Culturel des Epinettes : "Les Réfugiés" , à la Maison de quartier des Aunettes "Ultimes Limbes" , à la MJC d’Evry "Tropique Tropisme" Octobre
• Sur la façade de la Mairie d’Evry, Intallation Urbaine "Totems à la frontière" 7m x 1,50m.Octobre .
“Les Guajiros”. The Metropolitan Gallery, City Hall. Août 5-9. Burlington (USA)
“Les Guajiros”. The Flynn Dog Gallery, Août 9 -31. Burlington. (USA)
2003
“Frontières” Seraphin Gallery. Fevrier-Mars. Philadelphie (USA)
"Photogrammes” Galerie Lina Davidov. Janvier-Mars. Paris (France)
2002
“Le regard fragmenté” Primavera fotografica de Barcelone. Fotòpsia. Espai Ravel. Mai. Castellbisbal (Espagne)
“Le regard fragmenté” Festival Transphotographiques de Lille. Espace Matisse. Mai-Juin. Lille (France)
“Le regard fragmenté” Hillside Terrace (Art Front Gallery) Octobre.Tokyo (Japon)
2001
“Le regard fragmenté” Galerie Municipale du Château d’Eau, Février-Mars. Toulouse (France)
“Tropique-Tropisme” Galerie Laterna Magica, Mai. Helsinki (Finlande)
“Tropique-Tropisme” Centre des cultures & des arts de la Caraïbe, Octobre (Martinique)
“Femmes indiennes de la Guajira” Galerie Lina Davidov ,Octobre-Décembre. Paris (France)
2000
"Transparence" Galerie La Chambre Claire, Février-Mars. París (France)
"L'Intouchable”. Galerie Lina Davidov. Octobre-Novembre.París (France)
1999
"Tropique-Tropisme” Galerie H20, Novembre. Barcelone(Espagne)
1998
"Refugiats". Espai de fotografía Francesc Català Roca.Primavera Fotográfica de Barcelone (Espagne)
"Convocation à la Presence” Exposition individuelle Musée d’Art Contemporain de Coro, Juin-Août. Coro(Venezuela )
1997
"Convocation à la Presence” Musée d’Art Contemporain de Caracas, Septembre-Decembre. Salle Cadafe. Caracas (Venezuela)
1996
"Ultimes Limbes" et "Tropique-Tropisme” Galerie Minotauro. Caracas (Venezuela)
1994
"Ultimes Limbes" Galerie Le Lezard. Colmar (France)
1993
"Ultimes Limbes” Galerie Alternance. Strasbourg. En collaboration avec le Ministère de la Culture de France (DRAC-Alsace) et le Musée d’Arte Moderne de Strabourg. (France)
1992
"Introuvables Amériques" Journal Le Monde. Paris (France)
1990
Portraits d’écrivains. Salle d’exposition L'Aubette. Strasbourg (France)
1988
"Le Nu Perdu” Alliance Française de Caracas (Venezuela)

Expositions collectives

2003
• Exposition collective Seraphin Gallery, December , Philadelphie (USA)
"Fotografía en el Caribe" Galerie Botello, Juillet-Août, San Juan de Porto Rico.
• Galerie Lina Davidov, Juillet-Septembre, Paris (France)
2002
• Galerie Lina Davidov, Juillet-Septembre. Paris (France)
“III Rencontre Ibéroamericaine de la Photographie” Prix d’Honeur. Association Internationale de Critiques d’Art . Musée de Beaux Arts. Foire Internationale d’Art. Caracas (Venezuela)
2000
"Papel 6" Galerie Leo Blasini. Caracas (Venezuela)
1999
"Papel 5”. Galerie Leo Blasini. Mars. Caracas (Venezuela)
• Galerie Grupo Li. Decembre. Caracas (Venezuela)
1998
"Papel 4” Galerie Leo Blasini, Février. Caracas (Venezuela)
"Les Réfugiés” Maison de l'Amérique Latine, Novembre Decembre. París(France)
"Caraïbes: un élan contemporain" Festival des Trois Continents, Novembre-Décembre. Chapelle de l'Oratoire. Nantes (France)
1997
"Ultimes Limbes" et "Tropique-Tropisme". Projection nocturne Galerie Esther Wonderhoff, Avril-Mai. Paris (France).
1995
• III Salon des Artistes Plasticiens Vénézuéliens en France. Ambassade du Venezuela à París (France)
1992
"El ojo en el Arte". Musée d’Art Moderne de Bogotá (Colombie)
1991
"Les années 80. Panorame des Arts Visuels au Venezuela” Galerie d’Art Nacional. Caracas (Venezuela)
• Tremplin pour les images. Centre National de la Photografie. Palais de Tokyo.París (France)
"L’autre Monde". Exposition collective. Rencontres Internationales d’Arles (France)
"L’Art en Fête". Dernières Nouvelles d'Alsace. Strasbourg (France)
1990
• Galerie Il Diafragma. Exposition collective. Milan (Italie).
1989
• Palacio de los Condes de Gabia.Exposition collective. Grenade (Espagne).
• Festival des Trois Continents. Exposition collective. Nantes (France).
• Prix de la Galerie d'Essaie. Rencontres d’Arles (France) Exposition itinérante.
1988
• Salon National d’Arts Plastiques. Conac. Fundarte. Galerie Los Espacios Cálidos. (Caracas, Venezuela)

Commandes

2004-2005
• Residence d’artiste. 2004-2005 “ sur la thématique "Art en milieu urbain - Identité d’Evry". Evry (France)
2002
“Aux Frontières” (travail sur le Centre d’Accueil aux Réfugiés de Sangatte), commande du Parlement international des Ecrivains. Paris (France)
1998
“Les Guajiros” projet subventioné par le Conac (Ministère de la Culture). Caracas (Venezuela)
1993
"Tropique-Tropisme” projet subventioné par le Conac (Ministère de la Culture). Caracas (Venezuela)
1992
"Introuvables Amériques" Journal Le Monde. Paris (France)

Collections – adquisitions

Musée des Beaux Arts. Caracas Venezuela
Galerie Municipale du Château d’Eau, Toulouse (France)
Saasttamoisen Säätiö (Fondation Saasttamoinen) Espoo Arts Museum, (Finlande)
Galerie Lina Davidov. Paris. France
Collection permanente du Musée d’Art Contemporain de Caracas. Venezuela.
Bibliothèque Nacionale . Paris. France.
Banco de imágenes. Conac.Ministère de la Culture.Caracas. Venezuela
Ben Hartkamp. Amsterdam

Prix

2002
• Prix d’Honneur. “ III Rencontre Ibéroamericaine de la Photographie” Association Internationale de Critiques d’Art . Musée de Beaux Arts. Foire Internationale d’Art. Caracas (Venezuela)
1989
• Prix de la Galerie d'Essaie. Rencontres d’Arles (France) Exposition itinérante.

Catalogues

2004
“Totems à la frontière”. Du 16 mai au 27 juin 2004. Musée de Beaux Arts. Caracas (Venezuela) Auteur: Cecira Armitano
2002
“ Festival Transphotographiques de Lille ”. Femmes Photographes. 15 mai au 30 juin 2002. Lille. France
“ Fotopsia ” Festival de Fotografia I Art Visual. 3a edition. Primavera Fotografica 2002. Barcelona. Espagne
Portraits d’écrivains. Histoires de rencontres. Editions Bréal.
Page 88-89 . Paris (France)
2001
“ Le regard fragmenté ”, Catalogue Galerie Municipale du Chateau d’Eau
Titre: “Le regard fragmenté”, Auteur: Michel Dieuzaide.
21 février-26 mars 2001. Toulouse (France)
La Noria. 1er trimester 2001. No. 16. Toulouse (France)
1998
Primavera Fotográfica 1998. Fotografía y Política. Refugiats. Pages 252-253.
Photographies des 3 Continents Caraïbes. 1998
Page 16. Nantes (France)
1997
“Convocación a la Presencia”. Catalogue Musée d’Art Contemporain de Caracas. Sofia Imber.
Textes:
Titre: Presentation, Auteur: José Balza
Titre: Peindre avec les peaux, Auteur: Christian Salmon
Titre: Lux, Lumen, Splendor Auteur: Jean Luc Nancy
1996
“L’eclat fixe de ce feu”, Titre: “L’eclat fixe de ce feu”, Auteur: Edouard Glissant
Banco de Imágenes. Centro de Fotografía. Conac. Decembre 1996-Février 1997

Articles selectionées

2004
La Fotografia. Auteur: Christian Salmon. Barcelona (Spagne)
El Nacional. Auteur: Marianela Balbi. Titre: Anabell Guerrero convierte en Totems a las mujeres de la frontera. Caracas (Venezuela)
El Universal. Auteur: Jenny Lozano. Caracas (Venezuela)
2003
The Philadelphia Inquirer. Auteur: Edward Sozanski. Philadelphia.(USA)
Autodafe (Portafolio) Barcelone-Espagne, Athéne-Grecia, Porto-Portugal, Paris-France, New York-USA
El Punto Medio. (Portafolio) Caracas. Venezuela
2001
Liberation. Titre: Dames Totems Auteur: Patrice Giunta. 13 novembre 2001.Paris
Agence France Presse. Titre: Las mujeres guajiras de Anabell Guerrero
Auteur: Julio Olaciregui. 29 octobre 2001.
Autodafe (Publication Photos)
Barcelone-Espagne, Atenas-Grecia, Porto-Portugal, Paris-France, New York-USA
2002
Art-Nexus.Titre: “Mujeres indigenas de la Guajira” Auteur: Christine Frérot. Avril-Mayo .
2000
Libération. Titre: Natures mortes en quête d’absolu. Auteur: Patrice Giunta.
El Universal. Verbigracia. Titre: Lo intangible y velado en el ojo de Anabell Guerrero
Auteur: Patricia Guzman. 15 novembre 2000
1999
La Fotografía No. 70. Titre: Los Desplazados Auteur: Antonio Padrón Toro.
Decembre 1998- Janvier 1999. pagina 17 –18-19. Barcelone. Espagne.
1998
Extra Cámara. No. 12. page 56. Caracas. Venezuela.
La Fotografia. Titre: Una nueva vision de los refugiados . Auteur/ Nuria Cabrero.
Barcelone (Espagne)
1997
El Universal. Titre: “Los refugiados, imágenes en el limbo”. Auteur: Mariveni Rodriguez
20 septembre 1997
El Nacional. Titre: “La labor de convertir las huellas en grandes paisajes de identidad.
Auteur: Rosa Bohorquez. 21 de septiembre de 1997
El Universal. Titre: Estos ojos, estos dedos. Auteur: José Balza.
Titre: El compromiso de pintar con las pieles. Auteur: Christian Salmon
21 de septiembre de 1997
Ultimas Noticias. Como se pueden captar los rostros de los refugiados? 12/09/97
Revista Bohemia. Titre: Una imagen que perdura.Auteur: Dayana Frontado.
27 octubre de 1997
La Religion. La presencia en la fotografia de Anabell Guerrero. 28/ 09/ 97
1996
Extra Cámara. No. 7. avril-mai. Page 12. Caracas. Venezuela.
El Nacional. Titre: Aquello que a simple vista no se vé. Auteur: Yasmin Monsalve.
21 juin 1996
El Universal. Titre: El devenir atrapado en un instante. Auteur: Omar Khan.29 juin 1996
1993
El Diario de Caracas. Titre: Lux, Lumen, Splendor. Auteur: Jean Luc Nancy.
1992
Le Monde. Titre: Macuro, l’empreinte de Colomb. Auteur: Marcel Niedergang.1er février
Photographie Magazine. Revelation. Paris. France.
Immagine. (Portafolio.) Milan. Italie.
El Diario de Caracas. Titre: América Inhallable Auteur: Christian Salmon.
El Nacional. Titre: Bordes, Fugas, Abismos. Auteur: Cristina Raffalli
1991
Dernières Nouvelles d'Alsace. (Portafolio) L'art en fête.Strasbourg. France.
1988
El Nacional. Titre: El desnudo como absoluto. Auteur: Patricia Guzman. Septembre
El Nacional. Titre: La caida de los angeles. Auteur: David Suarez. Octobre 1988

Collaborations

Le Monde, Le Nouvel Observateur, Libération, Littératures, Le Journal de Genève, Dernières Nouvelles d'Alsace, Figaro Magazine, Lire, Art-Press, Publico, Hufvudstadsbladet, El Nacional, El Universal, El D