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"Chaussure géante",
sculpture de Joanna
Vascocelo au jardin
des Tuileries à
Paris, le 15 octobre
2007.
AFP/FRANÇOIS GUILLOT |
La 34e
édition de la Foire
internationale d'art
contemporain (FIAC) réunit à
Paris, du 18 au
22
octobre, près de 180 galeries
parmi les plus importantes du
monde, issues de plus de 20
pays. Mais ce n'est pas tout.
A
l'initiative de Martin Bethenod,
un de ses responsables et ancien
délégué aux arts
plastiques
du ministère de la culture, les
collectionneurs privilégiés
conviés à l'événement se voient
proposer pas moins d'une
trentaine d'expositions,
publiques ou privées, qui leur
sont spécialement ouvertes pour
l'occasion.
C'est une des
caractéristiques de cette foire
que d'avoir su fédérer, sur une
semaine, des partenaires aussi
différents que le Musée du
Louvre et la Maison rouge,
fondation créée par le
collectionneur Antoine de
Galbert, qui propose une
exposition consacrée à l'art
contestataire russe des années
1970 à nos jours.
Ceux qui ne
se satisferaient pas d'une
visite des rétrospectives
Courbet (au Grand Palais) ou
Giacometti (au Centre Pompidou),
vont pouvoir profiter d'une
belle promenade au long de la
Seine, et au-delà : la FIAC est
répartie sur deux sites, le
Grand Palais et la Cour carrée
du Louvre, entre lesquels un
parcours de sculptures
monumentales disposées dans le
jardin des Tuileries fait un
lien agréable au marcheur. Mais
il peut aussi se perdre dans les
manifestations "off" que la
foire a générées.
"VOCATION D'OUVERTURE"
La plus
proche, "Show Off", se situe
près du Grand Palais, de l'autre
côté de l'avenue des
Champs-Elysées, dans les locaux
de l'Espace Cardin. Trente-six
galeries, majoritairement
étrangères, mais groupées autour
d'un noyau solide de jeunes
galeristes parisiens comme Les
Filles du Calvaire, Magda Danysz,
Eric Dupont et de quelques
provinciaux tels que le Lyonnais
Olivier Houg.
A un jet de
pierre, qui d'ailleurs a bien
failli être échangé entre les
organisateurs de la FIAC et ceux
de cette nouvelle manifestation,
"Les Elysées de l'art" installe
ses chapiteaux du Petit Palais à
la place de la Concorde. Une
situation idéale, entre les deux
lieux d'exposition de la FIAC,
qui a poussé les organisateurs
de cette dernière à accuser les
organisateurs des "Elysées" de
parasitisme. L'affaire s'est
réglée en justice (Le Monde
du 13 octobre). "Les Elysées de
l'art" et le galeriste Baudoin
Lebon, qui a ferraillé pour
qu'elle ait lieu, peuvent se
féliciter de donner ainsi une
place à d'excellentes galeries,
comme Sollertis, de Toulouse,
que le comité sévère de la FIAC
a écarté de la foire principale.
Et comme, décidément, les temps
sont au mélange des genres,
c'est au Centre Pompidou que se
tient une autre foire,
ArtistBook International.
Un
rendez-vous bisannuel animé par
une trentaine d'éditeurs
internationaux de livres
d'artistes et de libraires
spécialisés. Il s'agit, écrit
Didier Schulmann, conservateur
de la documentation du musée
d'art moderne, "pour le
Centre Pompidou d'affirmer sa
vocation d'ouverture à de larges
publics, experts ou non,
amateurs ou curieux : l'accueil
de ce salon, qui propose un
médium - le livre - symbole de
la démocratisation culturelle,
en est une des marques..."
Mais, pour le
très jeune public et aussi pour
l'air frais, il faudra prendre
de l'altitude : Slick Art Fair
s'installe, comme en 2006, sur
le point le plus haut de Paris,
la colline de Ménilmontant. En
deux lieux, mais oui madame ! Ce
qui lui permet de doubler le
nombre de ses exposants, à La
Bellevilloise et dans un endroit
étonnant, le Pavillon carré de
Baudouin, où ce qui se fait de
plus déluré, frétillant et
néanmoins remarquablement
professionnel, dans un domaine
d'ordinaire plus compassé, se
retrouve dans une atmosphère bon
enfant, où acheter - souvent pas
cher - de l'art contemporain
redevient un plaisir.
Enfin, une
bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne : il fallait d'antan
aller au diable vauvert pour
découvrir, en même temps que la
FIAC, Diva (Digital & Video Art
Fair). Elle s'est heureusement
rapprochée du centre du monde,
au Louvre des Antiquaires.
Malheureusement, elle modifie
ses dates et ne se tiendra qu'au
mois de novembre. On ne la
mentionne donc que pour que le
lecteur à nouveau égaré ne la
cherche pas.