Du lourd : beaucoup
de pièces de grand
format aux
signatures renommées
ou à la mode. Les
galeries allemandes
sont venues avec
Kirchner et Grosz,
les Américaines avec
Warhol, Sherman, les
Italiennes avec De
Chirico et Fontana.
On dirait qu'elles
veulent se rassurer
en exhibant les
joyaux de la
couronne : "Voyez
nos stocks ! Voyez
nos richesses !"
Il y a
longtemps que la FIAC n'avait
plus offert tant de qualité en
telle quantité. Que ces oeuvres
se vendent, c'est une autre
histoire. Le plus petit Bacon,
un portrait, n'est ainsi
officiellement pas à vendre.
Mais sur une base de 20 millions
de dollars, son propriétaire,
William Acquavella, est prêt à
discuter.
Prises par
cette fièvre de luxe, les
galeries font, pour la plupart,
des efforts remarquables de
présentation. Mention spéciale à
Simon Lee, de Londres, dont
l'accrochage exemplaire
réussirait presque à nous faire
aimer le travail de George
Condo. Thaddaeus Ropac, Emmanuel
Perrotin, Yvon Lambert, Kamel
Mennour, Annely Juda, de
Noirmont : autant d'adresses
très chics pour une foire très
chère. Pour les exposants
d'abord : la FIAC est la plus
coûteuse des foires du monde.
Pour les visiteurs ensuite : 28
euros l'entrée. Manants passez
votre chemin...
Pour ce prix,
et après avoir traversé -
gratuitement - le jardin des
Tuileries, parsemé de sculptures
et d'installations plus ou moins
convaincantes, l'amateur a
cependant aussi droit à un bain
de jouvence à la Cour du Louvre
où sont concentrés les galeries
et les artistes dits émergents.
Surprise
et découverte
Ici, les prix
s'énoncent en milliers ou
dizaines de milliers d'euros,
pas en millions. Ici, les mots
"surprise" et "découverte" ont
encore un sens. C'est grâce aux
entraves de porcelaine de Rachel
Labastie et au Baiser de
Zoulikha Bouabdellah à La
B.A.N.K., grâce aux drôles de
débris misérables et luxueux à
la fois de Susan Collis chez
Jacques Elbaz, à la molaire en
opale de Julien Discrit chez
Martine Aboucaya, et, surtout,
aux sculptures et sérigraphies
sur miroir de Pascal Convert
montrées par Eric Dupont.
Parmi ces
galeristes, 14 ont bénéficié
d'une aide des Galeries
Lafayette, dont l'héritier,
Guillaume Houzé, promeut depuis
quelques années l'art
contemporain, jusqu'à organiser
des expositions très pointues
dans son magasin. Il cofinance
les stands, à hauteur de 4 000 à
6 000 euros chaque, et un jury
désigne un lauréat.
L'Américaine
Carol Bove, présentée par la
galerie londonienne Hotel,
bénéficiera ainsi de l'achat de
son oeuvre, et de la production
d'une exposition au Palais de
Tokyo.