A l'affiche
Cinéma
Expositions
Musique
Théâtre

 

 

 


powered by

FreeFind

Lien2 Lien3
 

 

--__-

Le pouvoir et le président de la République en pariculier sont la cible des protestations sur l'île. Crédits photo : AFP

Cézanne, une passion parisienne



   Le célèbre peintre a passé près de vingt ans de sa vie dans la capitale, fasciné par sa lumière et ses artistes. Au musée du Luxembourg, à partir de mercredi.

Ne croyez pas que vous allez découvrir Paris au XIXe siècle, ses rues, ses passants pressés, ses cafés tapageurs, vus par Paul Cézanne. L’exposition "Cézanne et Paris", qui commence au musée du Luxembourg mercredi prochain, évacue tout de suite la question : il n’y a que quatre toiles représentant la capitale sur le millier peint par l’artiste d’Aix-en-Provence. Les 77 œuvres présentées par le musée du Luxembourg ont pour point commun d’avoir été réalisées en Île-de-France. Pourtant, Paris a attiré Cézanne, qui y a fait plus de vingt séjours et y a passé au total près de vingt ans, soit la moitié de sa carrière artistique. "Il n’a jamais voyagé ailleurs, l’Île-de-France représentait son étranger, son exotisme", explique Maryline Assante di Panzillo (*), l’une des commissaires.

Première salle et quatre tableaux, les seuls représentants des vues de Paris. Les Toits de Paris (une œuvre venue des États-Unis, absente en Europe depuis 1938), une rue déserte de Montmartre, une halle aux vins… "Nous avons choisi de les montrer dès le début, parce que c’est ce que, a priori, les visiteurs s’attendent à voir. Mais l’enjeu pour Cézanne n’était pas de peindre Paris en 1861, poursuit Maryline Assante di Panzillo. Il voulait au départ se confronter à d’autres peintres". Ambitieux, le jeune homme présente des œuvres au Salon, qui les refuse… Ami de Zola depuis le collège à Aix (on découvre un petit portrait de l’écrivain jeune, jamais montré, également), il fréquente le Louvre, réinterprète des tableaux comme la Bethsabée de Rembrandt, et rencontre les premiers impressionnistes.
Il rencontre les premiers Impressionnistes

Malheureux, il s’en va en 1872 peindre sur le motif à Pontoise, puis à Auvers-sur-Oise. Une salle est consacrée à ses toiles exécutées en plein air. En Île-de-France, il recherche les eaux qui bougent, les cieux changeants, à l’opposé du soleil écrasant de la Provence et des arêtes cubistes de la montagne Sainte-Victoire. Cézanne alterne les séjours parisiens et les retours à ses racines aixoises.
Paris est pour lui une ville "intérieure", d’expérimentation, d’avant-garde. Il peint des natures mortes dans ses appartements (on peut s’amuser à retrouver la même tapisserie en arrière-plan sur plusieurs toiles), des portraits.

Dans les années 1880, il obtient reconnaissance et aisance financière. Installé à Aix plus longuement, il revient cependant à Paris, alors que plus rien ne l’oblige à le faire. C’est donc qu’il a besoin de revenir peindre à Fontainebleau, sur les bords de la Marne, à Giverny en hiver, dans des lieux calmes, aux couleurs douces, bleues, vertes. On est à la fin du XIXe, au début du XXe siècle, et c’est la dernière salle de l’exposition, la plus belle peut-être, baptisée "les voies du silence". En Île-de-France, Cézanne s’approche de l’abstraction, deux ans avant sa mort…

(*) Auteur de Cézanne et l’argent, éditions de la RMN, 9,90 euros.

Marie-Anne Kleiber - Le Journal du Dimanche 09/11/2011