|
La belle
rentrée des
expositions
À
Paris comme en
province,
les musées et les
centres d'art
ont multiplié les
exploits pour
offrir un
programme riche,
inédit,
diversifié et
foncièrement
optimiste. De
Renoir au Grand
Palais à
Soulages à
Beaubourg, du
Titien au Louvre
à Veilhan à
Versailles, de
Buren àMetz à la
10e Biennale de
Lyon, de Tiffany
au Musée du
Luxembourg à
Joan Mitchell à
Giverny, la
palette est
large pour
séduire tous les
publics.
Les buddhas
du Shandong
|
|
 |
|
--__- |
(Bouddha
debout,
détail
de la
tête.
Musée de Qingzhou)
|
Ils ont
été sculptés
dans le grès
entre le IVe
et le VIe
siècle. Ils
constituent
une des plus
fracassantes
découvertes
de
l'archéologie
chinoise de
ces
dernières
années. Dans
un chantier,
à Quingzhou,
dans la
province de
Shandong,
quatre cents
statues ont
surgi. Les
raisons qui
avaient
poussé à la
constitution
de ce dépôt
d'œuvres
d'art dans
la Chine
ancienne
demeurent
obscures,
mais
l'exposition
de ces
sculptures
au Musée
Cernuschi
sera une des
grandes
révélations
de la
rentrée
artistique.
Paris, Musée
Cernushi
- Du 18
septembre au
3 janvier.
Rétrospective
Pierre
Soulages
Pierre
Soulages va
fêter ses 90
ans. Il est
temps
d'oublier
les clichés
qui courent
sur le
maître du
noir et de
l'outrenoir.
L'exposition
montrera des
œuvres
méconnues
des années
d'après-guerre,
mais aussi
des œuvres
très
récentes,
prouvant la
vitalité
actuelle
d'un artiste
qui n'a pas
encore tout
dit. Pour
exposer
Soulages,
l'accrochage
est
primordial,
il faut
laisser la
lumière
jouer sur
les
surfaces.
Pour le
moment,
c'est le
musée de
Montpellier
rénové qui a
le mieux
réussi à
rapprocher
ses diverses
périodes
dans une
magnifique
clarté.
Soulages à
Montpellier
avait veillé
lui-même à
l'éclairage
de ses
tableaux,
comme il va
le faire au
Centre
Pompidou.
L'exposition
sera mieux
qu'une
rétrospective,
une vraie
création (du
14 octobre
au 25
janvier). À
ne pas
manquer : le
Louvre
exposera un
Soulages, du
15 octobre
au 18
janvier. Un
tableau daté
de 2000 que
l'artiste a
voulu voir
accroché
dans le
salon Carré,
à côté de La
Bataille de
San Romano
de Paolo
Uccello, un
de ses
tableaux de
prédilection.
Centre
Pompidou
Un Chinois à
la Xe
Biennale de
Lyon
Silhouette
menue,
fragilité
apparente et
sourire
carnassier,
Hou Hanru
est le
commissaire
très attendu
de cette Xe
édition
anniversaire
de la
Biennale de
Lyon, après
une édition
2007 jugée
brouillonne
qui s'est
perdue dans
les limbes
de l'esprit.
Né en 1963
en Chine, ce
précurseur
de
l'engouement
planétaire
pour l'art
contemporain
sillonne le
globe pour
nourrir ses
coups de
cœur, d'Adel
Abdessemed à
Cao Fei. Il
conseille
les musées
internationaux
(San
Francisco
Art
Institute,
Guggenheim
de New York,
Walker Art
Center à
Minneapolis),
multiplie
les
interventions
in situ (la
Nuit blanche
à Paris en
2004). Ses
expositions,
souvent
inventives,
courent de
Paris à
Canton,
d'Istanbul à
Shanghaï, de
San
Francisco à
Limerick
(Irlande).
Le voici aux
commandes
pour la Xe
Biennale de
Lyon, soit
vingt ans de
prospective
à ne pas
rater.
www.biennaledelyon.com
Sculpture
du
seigneur
de
l'au-delà.
(Alcantara/Instituto
nacional
de
Antropología
e
Historia)
Les
chefs-d'œuvre
de
Teotihuacan
L'exposition
«Tarzan»,
c'est
amusant,
mais il est
bon aussi
que le Musée
du quai
Branly
continue
d'exposer et
de faire
découvrir
des
chefs-d'œuvre.
Ici, plus de
400 pièces,
venues en
majorité du
Mexique,
évoqueront
la grande
cité de
l'Amérique
précolombienne,
célèbre pour
ses
pyramides.
Masques
ornés,
peintures,
bijoux
permettront
de
comprendre
la vie de
cette ville,
gloire de la
culture
aztèque.
Musée du
quai Branly
- Du 6
octobre au
24 janvier.
Louis XIV
L'homme et
le roi
Le roi
fut un
créateur,
l'exposition
le
démontrera.
Elle n'est
pas
consacrée à
l'histoire
politique du
règne, elle
s'attache
plutôt à
montrer le
goût du
souverain,
qui va bien
au-delà du
faste et de
la
propagande.
Collectionneur
comme ses
ancêtres
Médicis et
comme son
parrain
Mazarin,
protecteur
de Le Brun,
de Le Vau,
d'Hardouin-
Mansart et
du jardinier
Le Nôtre, il
suit
quotidiennement
leurs
travaux. Il
aime Lully,
Racine et
Molière. De
son vivant,
de manière
très
consciente,
Louis XIV
construit
son mythe à
mesure qu'il
structure et
modèle
Versailles
(du 20
octobre au 7
février). En
parallèle,
la Galerie
des Gobelins
exposera du
20 septembre
au 15
novembre la
collection
de
tapisseries
de Louis
XIV.
Château de
Versailles
Les trésors
cachés de la
Révolution
française
Sans
doute le
musée le
plus riche
au monde en
œuvres d'art
et documents
qui
racontent la
Révolution
française.
Antidote
idéal à
l'exposition
Louis XIV de
Versailles,
ses salles
seront le
rendez-vous
des
sans-culottes.
On y
remarquera
surtout les
nombreux
témoignages
de la vie
quotidienne,
le
Calendrier
des femmes
libres, une
montre à
double
cadran,
décimal et
duodécimal,
un papier
peint truffé
de symboles
républicains…
Le parcours
s'accompagnera
d'une
intéressante
exposition-dossier,
limitée à
une
trentaine
d'estampes
rarement
montrées et
très
comiques,
Caricatures
anglaises au
temps de la
Révolution
et de
l'Empire.
Musée
Carnavalet
- Du 30
septembre au
3 janvier.
Simon
Starling pur
esprit
Attention,
leçon de
choses très
contemporaines
! Il faut de
la
concentration
ou un
imaginaire
forcené pour
suivre le
Britannique
Simon
Starling
dans les
méandres de
sa pensée
créatrice. À
la 53e
Biennale de
Venise, son
projecteur
de cinéma
transformé
en objet
d'art
fantomatique
était à la
fois
l'énigme du
jour et « la
chose à ne
pas manquer
» dans le
Pavillon
international
aux Giardini.
Difficile
d'en
décrypter
les
sous-titres.
Pionnier
comme
souvent, le
MAC/VAL
accueille à
Vitry-sur-Seine
la première
exposition
monographique
en France de
cet «
artistede la
ré-interprétation
» qui fut
lauréat du
Turner Prize
en 2005.
Flaga, ou la
version
polonaise et
collectiviste
de la petite
Fiat
pimpante,
sera
accrochée au
mur comme un
drapeau. Le
pupitre
dessiné par
Francis
Bacon en
1932 sera
reconstitué
à
l'identique…
À vos
méninges !
MAC/VAL
,Vitry-sur-Seine
Christine
Lerolle
brodant,
1896.
(Columbus
Museum
of Art,
Ohio)
Renoir à
contre-courant
Non,
Renoir n'est
pas un
impressionniste
qui aurait
mal tourné !
Le dernier
Renoir, qui
ose peindre
de grandes
compositions
mythologiques,
de
somptueuses
et
plantureuses
baigneuses,
des paysages
inondés de
soleil, est
un maître au
sommet de
son art. Là
où on ne
l'attend
pas, à
contre-courant,
abusant
jusqu'à
l'ivresse du
blanc, du
rouge et du
jaune. Rongé
par la
maladie, il
ne connaît
plus que le
bonheur de
peindre.
Cette ultime
période
fascina
Matisse et
Picasso. La
question que
pose
l'exposition
est nouvelle
: pourquoi
le dernier
Monet, celui
du cycle des
Nymphéas,
serait-il
salué comme
un grand
pionnier du
XXe siècle
et de
l'abstraction,
et le vieux
Renoir,
figuratif
hanté par
les musées,
considéré
comme un
ringard ?
Grand Palais
- Du 23
septembre au
4 janvier.
Xavier
Veilhan
intronisé
après Jeff
Koons
«Je
construis
plus que je
ne crée»,
aime à
rappeler
Xavier
Veilhan,
jeune
artiste
français qui
prend la
périlleuse
succession
de la star
américaine
Jeff Koons à
Versailles.
Beaucoup
d'impatience,
de
curiosité,
et une
touche de
perplexité
en attendant
de voir ce
que ce
plasticien
cérébral et
anxieux a
inventé pour
marquer son
chemin au
sein du
château et,
surtout, du
domaine
royal.
Veilhan
Versailles
se veut une
«promenade,
pas une
rétrospective»,
souligne
avec foi son
commissaire,
le pétillant
Laurent Le
Bon. Le
Mobile
violet
suspendu
dans le
grand
escalier, le
Carrosse
violet et
son attelage
monstrueux
comme
Jurassic
Park. Les
Architectes
campés sur
leur
piedestal
évidé, le
jet d'eau de
100 m de
haut qui
entend
saluer La
Colonne sans
fin de
Brancusi,
l'enjeu est
grand.
Château de
Versailles
- Du 13
septembre au
13 décembre.
David,
Füssli,
Klimt
amoureux de
la scène
Il suffit
de regarder
les toiles
de
Jacques-Louis
David pour
comprendre
que ce sont
des mises en
scène de
théâtre.
Costumes,
accessoires,
décors,
distribution
des
personnages
évoquent la
scène. Mais
bien
d'autres
artistes ont
peint des
toiles qui
semblent
être
composéespour
être vues
derrière de
lourds
rideaux
rouges.
Delacroix
allait
beaucoup au
théâtre et a
illustré
Shakespeare,
la passion
de Degas
pour
l'univers
des
coulisses
est passée à
la
postérité,
mais ce qui
rendce sujet
passionnant,
chez
Toulouse-Lautrec
ou Vuillard,
c'est qu'il
va au-delà
de
l'anecdote.
C'est un
autre
regard,
dramatisé,
qu'on porte
sur la
peinture,
une manière
différente
d'entrer
dans
l'espace des
tableaux.
Musée
Cantini,
Marseille-
Du 3 octobre
au 3
janvier.
La
Grande
Vallée
IX,
1983.
(Jacqueline
Hyde)
Joan
Mitchell sur
les pas de
Monet
La grande
artiste
américaine
Joan
Mitchell
(1926-1992)
a affirmé sa
dette envers
Claude
Monet. Elle
travailla
même à
Vétheuil à
partir de
1969 comme
pour baigner
ses toiles
dans la
lumière du
peintre
qu'elle
vénérait.Ses
toiles, à
Giverny,
démontrent
la fortune
de Monet
chez les
artistes
qui, après
Pollock,
constituèrent
la seconde
vague de
l'expressionnisme
abstrait. À
voir après
l'exposition
Renoir du
Grand
Palais, pour
mieux saisir
la postérité
de ceux qui
avaient
inventé
l'impressionnisme.
Musée des
impressionnismes,
Giverny -
Jusqu'au 31
octobre.
Bertrand
Lavier en
sous-sol
La
contrainte
fait
l'artiste.
Bertrand
Lavier
reprend le
flambeau
brandi bien
haut par
Daniel Buren
qui avait
pris
possession
des ténèbres
en 2007 pour
Expérience
Pommery #4.
Après
L'Emprise du
lieu de
Buren, voici
Sons &
Lumières de
Lavier,
autre
référence de
la scène
française,
qui entend
conjuguer à
sa manière
ironique art
contemporain
et royaume
de la
tradition
champenoise
(20 millions
de
bouteilles y
dorment au
frais). Là,
dans ces
caves
incroyables
qui
dessinent, à
moins 30
mètres, près
de 20 km de
galeries
souterraines
dans la
craie,
Lavier met
en scène, en
lumière et
en musique,
12 œuvres
d'art,
objets du
quotidien
détournés de
leur sens à
la manière
des
ready-made
de Duchamp.
Souvent
magicien
dans cet
exercice,
Lavier signe
sa mélodie
en sous-sol.
Domaine
Pommery,
Reims - Du
14 septembre
au 30 mars.
James Ensor
sous le
masque
Rendez-vous,
le 20
octobre,
avec un
peintre
inclassable,
révolutionnaire,
bouillonnant
et étrange,
James Ensor
(1860-1949).
«Je suis néà
Ostende, le
13 avril
1860, un
vendredi,
jour de
Vénus. Eh
bien ! chers
amis,
Vénus,dès
l'aube de ma
naissance,
vint à moi
souriante et
nous nous
regardâmes
longuement
dans les
yeux. Ah !
les beaux
yeux pers et
verts, les
longs
cheveux
couleur de
sable. Vénus
était blonde
et belle,
toute
barbouillée
d'écume,
elle
fleurait
bonla mer
salée. Bien
vite, je la
peignis, car
elle mordait
mes
pinceaux,
bouffaitmes
couleurs,
convoitait
mes
coquilles
peintes,
elle courait
sur mes
nacres,
s'oubliait
dans mes
conques,
salivait sur
mes
brosses»,
dit le
«prince des
peintres»,
fils d'un
ingénieur
anglais et
d'une mère
flamande qui
tenait un
magasin de
souvenirs,
coquillages
et masques
de carnaval.
Des indices
!
Musée
d'Orsay

Boîte à
timbres,
1905.
(Richard
Goodbody)
Couleurs et
lumières de
Tiffany
Dans les
espaces
ingrats du
Musée du
Luxembourg,
comment se
comporteront
les œuvres
de celui que
les
Américains
considèrent
comme un de
leurs plus
grands
artistes,
Louis
Comfort
Tiffany
(1848-1933)
? Fils de
Charles
Lewis
Tiffany, qui
fonda la
célèbre
maison
Tiffany and
Co., il
s'est
passionné
pour les
arts du feu,
en
particulier
la verrerie.
Des bijoux
aux vitraux,
cette grande
figure de
l'Art
nouveau fut
aussi un
magnifique
dessinateur.
Comment
évoquer le
grand dôme
de Chicago,
les décors
intérieurs
des maisons
qu'il
concevait
comme des
œuvres d'art
? C'est un
des défis de
cette
exposition,
à visiter
bien sûr,
pour éviter
les files
d'attente, à
l'heure du
breakfast.
Musée du
Luxembourg
- Du 16
septembre au
17 janvier.
Un trésor
signé Van
Eyck
L'Homme
au chaperon
bleu, de Van
Eyck, est
sans doute
le portrait
de
fiançailles
de Jean IV
de Brabant.
Inédite et
fastueuse,
la
collection
Brukenthal
présentée
par le Musée
Jacquemart-
André est
une histoire
en soi.
Samuel von
Brukenthal
(1721-1803)
représentait
la
Transylvanie
auprès du
siège de
l'Empire à
Vienne
lorsqu'il
fut remarqué
par
l'impératrice
Marie-Thérèse
d'Autriche
dont il
devint le
favori.
Nommé
gouverneur
puis
chancelier,
il reçut de
sa
protectrice
moult
cadeaux. Il
devint le
collectionneur
aux 16 000
livres, aux
1 200
tableaux,
dont la
moitié de
l'École
flamande. De
retour à
Sibiu, il
construisit
un des
premiers
musées de
Roumanie, le
légua à
l'Église
évangéliste.
Pour la
première
fois de son
histoire, le
Muzeul
National
Brukenthal
prête 50 de
ses
chefs-d'œuvre.
Musée
Jacquemart-André
- Du 11
septembre au
11 janvier.
Titien,
Tintoret,
Véronèse en
majesté
Le
parcours
sera
thématique
et se
conclura,
triomphalement,
par les plus
beaux nus
féminins de
la peinture
vénitienne.
Les trois
grands
maîtres du
Siècle d'or
de la
Sérénissime
se sont
confrontés
aux mêmes
sujets :
festins,
miracles,
grands
portraits,
sans oublier
l'art
animalier.
Les
chefs-d'œuvre
viennent du
monde entier
: la
sublimeVénus
au miroir de
Titien a
quitté
Washington,
la Suzanne
de Tintoret
a quitté le
Kunsthistorisches
Museum de
Vienne,
comme le
portrait par
Titien de
Jacopo
Strada,
collectionneur
au milieu de
ses
collections.
Il faudra,
bien sûr,
prolonger la
fête en
allant
redécouvrir
en salle,
sans un
regard pour
la Joconde
accrochée en
face, Les
Noces de
Cana, le
monument de
Véronèse.
Musée du
Louvre -
Hall
Napoléon, du
17 septembre
au 4
janvier.
Daniel Buren
à l'œuvre
Art
conceptuel,
mode
d'emploi !
Daniel
Buren,
l'homme qui
a posé
contre vents
et marées
ses colonnes
rayées au
Palais-Royal,
le maître de
l'œuvre «in
situ» qui a
transformé
le pont de
la Salve,
voisin sans
grâce du
Musée
Guggenheim
de Bilbao,
en une
sculpture
géante,
rouge le
jour et
rayée la
nuit, invite
Metz, le
jeudi 3
septembre, à
découvrir
«Couleurs
superposées».
Cette
«performance
de chef
d'orchestre
» qui fait
partie du
programme «
Constellation-En
attendant
l'ouverture
du Centre
Pompidou-Metz»
(jusqu'au 4
octobre),
transformera
la peinture
de ses
fameuses
bandes
rayées
(larges de
8,7 cm) en
un ballet,
spectacle du
concept qui
devient
œuvre.
Artiste aux
plus de 1
600
expositions,
lauréat 2007
(catégorie
peinture) du
prix
Praemium
Imperiale,
Daniel Buren
invite le
public au
cœur du
tableau.
Opéra-théâtre
de Metz
Le figaro
Valérie
Duponchelle
et Adrien
Goetz
31/08/2009 |
Mise à jour
: 11:35
|