De
calebasse en calebasse, de calebasse
en kwi, le Muséé d’Archéologie et de
Préhistoire de la Martinique met les
petits plats dans les grands et
dedans du manioc à déguster.
Le Musée au Jardin
amérindien.
Le musée vecteur culturel, est un
lieu de ressources pour l’Histoire
de la Martinique. Là se trouve
conservé le patrimoine le plus
ancien retrouvé dans l’île et sa
collection amérindienne est de loin
la plus riche et diversifiée des
petites Antilles. Des céramiques
peintes et gravées, des outils en
pierre et en coquillages, des objets
ethnographiques vous font revivre le
quotidien des amérindiens qui ont
habité la Martinique de 200 avant
J-C à 1600 après. Outre le fait
d’être le miroir de la vie de l’île
à travers les âges (les fouilles
archéologiques locales témoignent de
la Martinique avant l’arrivée de
Christophe Colomb à la Martinique),
c’est le lieu touristique par
excellence. De plus, à sa vocation
de conservateur et de recherches, à
l’écoute des différents publics, le
Conseil Général/Musée d’archéologie
et d’ethnographie développe, propose
et organise des outils pédagogiques
lors d’animations, d’ateliers,
d’échangent et de projections, dans
l’optique toujours d’une
appropriation éducative et ludique
des connaissances. Cette exposition
s’inscrit à la fois dans le cadre de
l’objectif « Développement durable
et solidaire » du Conseil Général et
dans le cadre « Rendez-vous jardin
de la D.R.A.C (Direction régionale
Des Affaires Culturelles) », dont le
thème est cette année « Le voyage
des plantes ». La culture du manioc
respecte l’environnement depuis plus
d’un millénaire et répond exactement
aux caractéristiques d’une culture
participant à la philosophie du
développement durable par sa
plantation et sa consommation –
farine, kassav, matété, couac,
féroce, tapioca - qui appellent à
une démarche de partage et de
solidarité. La calebasse elle, à
longtemps été destinée et sert
encore à la fabrication de toutes
sortes d’objets à usage ménager,
tels que : récipients (kwi), tasses,
bouteilles, chass’pann (sorte de
louche). Ce fruit se prêtre aussi à
la fabrication de mobilier, masques,
luminaires et d’instruments de
musique (kora, berimbau, maracas,
sitare entre autres. Deux plantes du
jardin amérindien : un art de vivre.
Le saviez-vous ? Les amérindiens
constituent le seul exemple connu de
civilisation à s’être bâtie autour
d’une plante vénéneuse. Le nom
scientifique de tous les maniocs est
Manihot esculenta Crantz. Tous
contiennent une substance chimique,
la Manihotoxine, dérivée de l’acide
Cyanhydrique ou Prussique. Le poison
est facilement éliminé par cuisson,
séchage au soleil ou fermentation.
On dit le manioc aliment énergétique
par son apport en glucide, vitamine
C, potassium et fibres alimentaires
qui contribuent au bon équilibre des
éléments du sang, favorisent le
transite intestinal, réalisent
l’élimination du cholestérol et
préviennent des maladies
vasculaires. Mais paradoxalement de
nombreux ouvrages de toxicologie
révèlent les dangers de la
consommation du manioc, l’eau
utilisée favorise la concentration
de la substance chimique mortelle
entraînant à terme toutes sortes de
pathologies : troubles du système
digestif et nerveux, obésité,
diabète, ulcères gastriques, cécité,
coma, paralysie, crises cardiaques.
Le débat reste ouvert, d’où un
intérêt supplémentaire pour
l’exposition du musée d’archéologie
et de préhistoire.
Christian Antourel
Jusqu’au 30 Août au Musée 9 rue de
la Liberté à F-de-F
Prendre rendez-vous avec les guides
animateurs
Contact infos : Tél : 0596 71 57 05
Fax : 0596 73 03 80
Mail : musarc@cg972.fr
Cette exposition sera itinérante dès
septembre 2008