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Daniel
Dorin
L’Univers des arts
Par Christian Antourel
Ce n’est pas un artiste, ou bien dans
le sens galvaudé du terme. En lui tout un
univers fantasque et d’intuitions
confondues, métissées d’esthétisme. Il ne se
laisse pas prendre dans cette ambigüité des
genres, dans l’appellation mondaine des
styles et des diversités savantes. Daniel
s’exprime, mélange ses émotions et parvient
à nous faire oublier l’agitation d’un
quotidien, par son rôle particulier dans la
culture ; entre artiste et artisanat. Sans
grimaces superflues, en direction de ce
qu’il ne trouve pas, pas de manières
affectées : l’absence de surenchère est une
qualité majeure vers l’authenticité ; la
sincérité le naturel profond des choses. Il
ne cherche rien et du coup le voici dans la
belle incohérence de la spontanéité et de
son plaisir solitaire multiplié. Et si la
motivation renvoie toujours à l’activité en
elle-même plus qu’à l’objet que l’on
produit, sa précipitation est réponse, pas
une question. Une réponse avant la question.
Une perception du beau mise en scène, une
notion de révolte créative. « La démarche de
l’artiste relève à la fois du bricolage et
du scientifique » C’est tout lui : sans
mesure des règles et techniques d’une
activité réjouie, il tente, il expérimente,
il essaie, il réussit et apprend en tout cas
des instances drolatiques. Daniel,
explorateur invétéré, est de ceux qui n’ont
jamais appris l’usage du compromis et de la
demi-mesure. Pour cause, son art est sans
contraintes, un hobby majuscule, une
distraction absolument nécessaire, l’art
thérapie offert, éperdument et naturellement
bon pour le moral. Pour une meilleure
connaissance de soi. Il ne faut pas le
recevoir comme un artiste définitif : il
réfléchie la question artistique, talent,
habilité, formes, manière de faire et la
renvoie à notre réflexion.
Sensibilité artistique « contemporaine ».
Ce qui a initié son besoin de création,
c’est son emploi à la mairie de Case-Pilote,
où il a en charge la conception et
l’entretien du paysage. Un jardinier, moitié
poète, moitié technicien. L’idée a surgit de
la récupération, entre autres de la taille
de bananiers. Symptômes sans doute, d’une
sensibilité artistique « contemporaine »,
issue d’une tradition non feinte. Il utilise
les différentes couches dont se compose le
stipe : faux tronc du bananier, qu’il laisse
sécher et traite à l’insecticide contre
l’attaque de termites ou autres capricornes
gourmands. A ce matériau d’apparence fade et
sans intérêt il donne des lettres de
noblesse. Dans ses mains habiles cela
devient des personnages volumineux qu’il
structure d’une charpente de bois ou de fer
soudé, gratifie d’une chevelure de fougère
arborescente et habille de feuilles de
bananier tressées. Le travail du bois ne le
laisse pas indifférent et qu’il soit
d’essence aussi diverses telles que
courbaril, bois mangot, poirier, mahogany ou
acajou, Daniel cherche à lui donner forme.
Alors naissent des sculptures et des bas-
reliefs arrachés au bois dans l’instinct
d’une imagination automatique. A peine,
l’appel de la peinture lui fait des signes
et Daniel jette et écorche au couteau, sur
des planchettes de bois, les couleurs
crucifiées de soleil, de son île tant aimée.
Christian Antourel.
Septembre 2011
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