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Cédric SOREL
ENTRE TRANSPARENCE ET APPARENCE


 

 


Le grand hall, ainsi que l’espace patio de l’Atrium à Fort de France ont abrité récemment l’exposition du peintre Cédric Sorel. La présence de ces images d’une palette onirique dans cette architecture hautement moderne caractérisée par des volumes, et des lignes géométriques fonctionnelles et contemporaines, donne à l’œuvre toute sa dimension d’écrin pictural dans cette confrontation avec l’austérité plaisante de l’édifice. On ne s’étonne pas qu’ici plus qu’en tous lieux le beau s’imprime dans notre mémoire. Emotion, force et mystère. Mais autant humour, tendresse et poésie, quelque chose de mystique et de poignant à la fois ; L’essentiel est là dans l’exposition de ce jeune artiste Martiniquais tout juste de retour au Pays natal. Après sept années de recherches à faire évoluer et a maitriser son art. Suite à une prépa arts appliqués à Prép’Art Paris il s’installe dans le quartier du Montparnasse. Ce milieu mythique, qui conserve une nostalgie intacte des « Années folles, » où plane encore le souvenir des artistes aussi nombreux que réputés tels que Modigliani, Matisse, Tsuguharu Foujita, Pablo Picasso, Chagall, Miro. Cédric Sorel fait la rencontre de plusieurs artistes comme Céline Bourdon, qui pratique l’art de la ciselure, le peintre et architecte Félix Ludop et Gérard Di-Maccio, spécialiste d’art pictural anatomique, qui l’encouragent et lui insufflent l’envie de pousser ailleurs sa fibre artistique parcourue d’émotions. Les matières et les couleurs de ses harmonies lissées avec sobriété nous convient à l’alchimie libérée de sa peinture rigoureuse et structurée de particules élémentaires, qui atteignent à l’état final poétique et l’équilibre de la conception pittoresque. Chaque tableau est un voyage dans des univers tous différents. L’artiste sait surprendre. Ses sujets sont multiples, nécessairement décalés, insolites et sont le signe d’une indicible et courtoise jubilation. Une exposition que le peintre a voulue diversifiée, de la peinture à l’huile, à l’acrylique, du relief, au plat. Sur châssis toilé ou sur du bois. Cédric soucieux de témoigner de son époque, se veut une pierre ajoutée a l’édifice de la culture martiniquaise «  Il me tient à cœur de montrer que l’art continue de vivre au sein de la Martinique. » 
Son approche picturale va toujours au- delà d’une esthétique flamboyante et séduisante. Il y a là, une puissance des contrastes, absorbée cependant dans une représentation du détail récurent, que Cédric décante dans un plaisir de synthèse. Il émane de sa création une criante sincérité qui propose d’élever notre imaginaire au-delà du réel, dans des lieux qui reflètent notre propre infinitude.

Des parfums d’idéal, dans un souffle d’ailleurs

 

 

 

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Sa peinture est à base de colorants, d’encres pures et d’acryliques. Elle semble traverser le temps, avec des rendus de patine fréquemment marqués dans un style contemporain imprégné de glacis minutieux, comme à l’époque de la Renaissance. Mélange de couleurs froides ou chaudes, en harmonies avec les règles universelles
de la composition. L’intérêt de l’acrylique, sa docilité. Ce médium de peinture utilisant des pigments mélangés à des résines anciennement diluées a la térébenthine, maintenant diluées a l’eau a la façon de Andy Warhol permet un séchage rapide et demeure très solide pour un rendu brillant et satiné et la réalisation de glacis. A la différence de la peinture à l’huile, plus lente à sécher, qui elle, permet des fondus et des repentirs : graduer les couleurs et faire des retouches de traits non satisfaisants. Le choix s’impose lorsqu’il faut donner vie aux tableaux, renforcer les couleurs, donner des volumes, ajouter des rehauts : cette délicates attention pour faire ressortir des détails, des figures ou des ornements. L’art du « all-over, » où chaque coup de pinceau annule le précédent. La manière de peindre de Cédric a même le sol ne lui permet pas de voir la composition de façon globale. Alors il prend le temps du recul et pratique le  « dripping » qui consiste à faire des superpositions d’un même spectre sur la toile : mélange subtil de couleurs nuancées par la lumière. Grace à sa technique de surimpression de glacis, la lumière semble émaner de l’intérieur de ses figures allégoriques, et en même temps les couleurs volatiles s’harmonisent dans ses toiles, comme les absences visibles des chimères du temps de l’art, pour nos yeux profanes. Ces tableaux ont tous des parfums d’idéal dans un souffle d’ailleurs. On surprend dans les couleurs, l’harmonie, la mélodie et le climat de l’infini, dans ces pays étranges où personne n’est allé. Et c’est par là qu’on peut pénétrer sous le vernis et chercher à déflorer la prudence abstruse de son âme recouvrant la sensibilité maitrisée de son ardente passion : cette concordance inouïe entre ce qu’il pense et ce qu’il peint. Quel plaisir de rencontrer l’œuvre d’un peintre « fulgurant » Ses réalisations, devraient rester longtemps dans les collections des amateurs, comme un héritage pictural, sans âge, parce que, trace d’éternité, hors des modes et du temps.

Christian Antourel



Fort de France Avril 2011