États-Unis : plus de 300 prêtres catholiques accusés de pédophilie en Pennsylvanie

Un rapport judiciaire a révélé mardi qu’au moins 1 000 enfants avaient été victimes de plus de 300 « prêtres prédateurs » en Pennsylvanie. La plupart des accusés ne seront pourtant pas poursuivis car les faits sont prescrits.

Plus de 300 « prêtres prédateurs », au moins 1 000 enfants victimes : une nouvelle affaire de pédophilie vient de secouer l’Église catholique aux États-Unis. Les services du procureur de Pennsylvanie, dans le nord-est du pays, ont publié mardi 14 août une enquête sans précédent révélant des abus sexuels couverts par l’institution religieuse.

Le rapport final, rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement.

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Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010. L’autre prêtre, accusé d’agression sur un enfant de sept ans, a plaidé coupable fin juillet mais le chef d’accusation retenu est un délit et non un crime et n’est passible que de cinq ans d’emprisonnement au maximum.

Une victime n’avait que 18 mois

Les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’église accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête, même s’ils ne sont plus passibles de poursuites.

« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’église qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », indique le rapport, qui évoque des agressions sexuelles, dont certaines victimes présumées avaient moins de dix ans. Il cite le cas d’un prêtre ayant abusé de cinq soeurs, dont la plus jeune n’avait que 18 mois au début des faits présumés.

De nombreuses anecdotes, figurant dans le rapport, dépeignent une hiérarchie ayant souvent eu une démarche active pour ne pas ébruiter les cas d’abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions. Des évêques et des cardinaux « ont, 

pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Église catholique. »

Propositions de réforme

 

Lors d’une conférence de presse mardi 14 août, le procureur de Pennsylvanie Josh Shapiro a également souligné que l’enquête avait mis en cause l’attitude de plusieurs policiers, refusant d’enquêter sur des accusations visant des prêtres…

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