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Soupçons de corruption à la société HLM de Guyane




 
 

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Une information judiciaire a été ouverte
 

Bien qu'elle ait été dissoute en novembre 2009 par l'Etat, la SA d'HLM de Guyane refait parler d'elle, sur le terrain pénal cette fois. Le parquet de Cayenne a ouvert, jeudi 21 octobre, une information judiciaire contre X... pour " corruption ", " abus de biens sociaux ", " favoritisme " et " travail dissimulé ". Cette procédure met implicitement en cause des responsables et des salariés de la société, ainsi que des entreprises ayant travaillé pour elle.

Les faits susceptibles de poser problème se sont déroulés entre 2006 et 2009, précise le vice-procureur de la République en charge des affaires financières, Denis Kenette. C'est la juge d'instruction Marie-Thérèse Dubuis qui conduira les investigations. Elles s'inscrivent dans le prolongement d'une enquête préliminaire lancée en 2009 sur la base d'une dénonciation de l'ancien directeur de l'organisme HLM et d'un contrôle de la Miilos, le " gendarme " du logement social.

La justice s'intéresse aux marchés passés par la société avec des fournisseurs : dans un certain nombre de cas, la réglementation semble ne pas avoir été respectée (absence d'appel d'offres et de bons de commande). Les enquêteurs se demandent également si des pots-de-vin n'ont pas été versés à des salariés, en contrepartie de l'attribution de ces marchés, liés - entre autres - à l'entretien du patrimoine de l'organisme HLM.

Autre motif de soupçon : des frais de déplacement, notamment en avion, qui ont progressé d'environ 85 % entre 2006 et 2007, pour atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. La juge devra vérifier si ces dépenses ont été réalisées dans l'intérêt de la SA d'HLM.

Gestion catastrophique

Enfin, il n'est pas exclu que le fisc ait subi un préjudice à l'occasion de cette affaire, mais, pour parvenir à une telle conclusion, il faut que la commission des infractions fiscales autorise le directeur des services fiscaux à saisir le parquet - ce qui n'est pas le cas, pour l'heure.

Gérée de façon catastrophique, la SA d'HLM avait été liquidée, il y a près d'un an, en vertu d'une procédure très rarement mise en oeuvre. Son parc d'environ 4 000 habitations va être transféré à trois sociétés d'économie mixte de la région. Action logement (ex-1 % logement) et la Caisse de garantie du logement locatif social apportent 80 millions d'euros, sous forme de prêts et de subventions, pour accompagner cette reprise.

Bertrand Bissuel
© Le Monde 24/10/2010