La récession pourrait s'atténuer d'ici décembre,
selon l'Insee
Selon l'Institut, après des baisses continues de
janvier à septembre, le PIB pourrait se stabiliser au
dernier trimestre 2009. En revanche, 590.000 pertes de
postes sont attendues en 2009, avec un taux de chômage
remontant à 10,1% pour la première fois depuis 1999.

(Reuters)
L'Institut national de la
statistique (Insee) annonce, vendredi 19 juin, que
la France va connaître en 2009 la plus forte
contraction de son activité depuis
l'après-guerre (-3%). Cette récession devrait
toutefois s'atténuer en fin d'année, sauf si le
chômage en pleine explosion s'aggrave au point de
menacer la reprise.
Après avoir baissé de 1,2% au
premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB)
français devrait encore reculer de 0,6%
au deuxième trimestre et de 0,2%
au troisième, avant de se stabiliser au dernier
trimestre, selon les dernières prévisions de
l'Institut de la statistique.
Paroxysme de la crise au 1er semestre
"Au total, le repli de l'activité serait marqué en
2009, avec un PIB en baisse de 3%,
soit la plus forte contraction enregistrée depuis
1949", a souligné Benoît Heitz, chef de la division
synthèse conjoncturelle de l'Insee.
Ce diagnostic correspond à la dernière prévision du
gouvernement. "La sortie de crise sera très
graduelle même si la France traverse mieux que ses
partenaires cette période difficile", a-t-on
commenté dans l'entourage de la ministre de
l'Economie, Christine Lagarde.
Après une baisse attendue du PIB de 3% cette année,
le gouvernement prévoit une croissance de seulement
0,5% en 2010 et un chômage persistant.
Selon l'Insee, le paroxysme de la crise semble avoir
été atteint au premier trimestre. Mais si
l'environnement économique mondial reste aujourd'hui
"très dégradé", des signaux moins
négatifs commencent à apparaître.
Taux de chômage de 10,1% en 2009
Ainsi, les tensions sur les marchés financiers se
sont nettement apaisées, souligne l'Insee, et les
effets attendus des différents plans de relance
devraient permettre à la récession de "perdre
progressivement en intensité", en France comme dans
les principaux pays développés.
Après une contraction brutale début 2009, la baisse
des exportations françaises s'atténuerait en fin
d'année.
Tout en restant inédit, le repli de la production
manufacturière française (-15,7% prévu en 2009) et
de l'investissement des entreprises (-8,9%) devrait
aussi se modérer grâce à l'amélioration attendue des
conditions de financement et à des perspectives
d'activité moins défavorables.
L'emploi, qui plonge depuis le deuxième semestre
2008, devrait en revanche accentuer son reflux en
2009 : l'Insee s'attend à la perte de 590.000 postes
cette année, avec un taux de chômage remontant à
10,1% pour la première fois depuis 1999.
"La dégradation du marché du travail devrait se
poursuivre pendant encore plusieurs trimestres",
a-t-on aussi souligné à Bercy, tout en faisant
valoir qu'elle "est plus rapide dans la plupart des
autres pays occidentaux".
"Incertitudes élevées" sur l'emploi
L'évolution de l'emploi est "source d'incertitudes
élevées" et fait peser un risque sur la vitesse de
sortie de récession, prévient l'Insee.
Pénalisé par la baisse des revenus d'activité, le
pouvoir d'achat des ménages devrait stagner au
second semestre.
Durant l'année, il devrait tout de même progresser
de 1,1% (après +0,8% en 2008),
grâce au repli de l'inflation et dans une moindre
part, aux mesures du plan de relance (baisses
d'impôts, prime de solidarité active, revalorisation
des prestations sociales...).
Traditionnel moteur de la croissance française, la
consommation des ménages marquerait également le pas
au second semestre, s'affichant en hausse de 0,3% au
deuxième trimestre, puis de 0,1% par trimestre.
"Elle croît très modérément mais ne baisse pas", a
souligné Eric Dubois, chef du département de la
conjoncture de l'Insee.
(Nouvelobs.com)