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La récession
pourrait s'atténuer d'ici décembre, selon
l'Insee
Selon l'Institut,
après des baisses continues de janvier à
septembre, le PIB pourrait se stabiliser au
dernier trimestre 2009. En revanche, 590.000
pertes de postes sont attendues en 2009, avec un
taux de chômage remontant à 10,1% pour la
première fois depuis 1999.
L'Institut
national de la statistique (Insee) annonce, vendredi
19 juin, que la France va connaître en 2009 la
plus forte contraction de son
activité depuis l'après-guerre (-3%). Cette
récession devrait toutefois s'atténuer en fin
d'année, sauf si le chômage en pleine explosion
s'aggrave au point de menacer la reprise.
Après avoir baissé de 1,2% au
premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB)
français devrait encore reculer de 0,6%
au deuxième trimestre et de 0,2%
au troisième, avant de se stabiliser au dernier
trimestre, selon les dernières prévisions de
l'Institut de la statistique.
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L'économie
antillaise continue de souffrir
La
baisse des prix négociée à l'issue du conflit social
ne satisfait pas les habitants et le tourisme peine
à se remettre de la grève prolongée, dont l'effet a
été amplifié par la crise économique.
Ni la
Guadeloupe ni la Martinique n'ont pansé leurs
plaies. Trois mois après les
cinq semaines de conflit social qui ont
embrasé les Antilles, la vie a repris son
cours mais le mécontentement est toujours là.
L'accord de mars dernier sur l'augmentation
des bas salaires, qui se traduit par une hausse
moyenne de 200 euros des feuilles de paie les
plus faibles, divise. Ceux qui en profitent ne
savent pas pendant combien de temps ils pourront
le faire. Les chefs d'entreprise considèrent de
leur côté qu'il est de nature à fausser la
concurrence.
De même,
la baisse des prix dans les magasins, âprement
discutée dans la grande distribution, ne
satisfait personne. Partagée par les enseignes,
la Région et les sociétés de transport, elle
concerne près de 400 produits et est de l'ordre
de 20 % par rapport aux tarifs appliqués avant
les émeutes du printemps. Mais les articles qui
ne sont pas de première nécessité ont dans le
même temps augmenté plus qu'à l'ordinaire, se
plaignent les ménagères guadeloupéennes comme
martiniquaises.
Symbole
aux Antilles comme ailleurs de la vie chère,
l'essence reste une autre source de conflit avec
la métropole. Certes, les tarifs à la pompe ont
diminué, mais ils demeurent opaques. «Il est
indispensable d'améliorer la transparence du
système et de clarifier les règles
d'administration des prix», réclamait en avril
une commission d'experts. Elle jugeait en outre
que les 3 000 personnes employées par exemple
en Guadeloupe pour servir les clients - la
distribution n'est pas automatisée - coûtaient
trop cher.
Le
gouvernement a commandé une étude pour mettre en
place un indice de comparaison des prix de
l'essence entre la métropole et les départements
d'outre-mer. Malheureusement, elle ne sera
disponible qu'au milieu de l'année prochaine.
Chômage
dans le bâtiment
Entre-temps, le tourisme a plongé. Trois hôtels
ont fermé leurs portes en Guadeloupe, faute de
clients. Sur les 9 250 salariés qui bénéficient
du chômage partiel depuis février,
1 000 appartiennent ainsi au secteur
touristique. Et les entreprises, déjà
fragilisées par la crise économique mondiale,
ont le plus
grand mal à se remettre des grèves.
«Dans le
bâtiment et les travaux publics, nous avons
perdu 2 000 emplois entre janvier et mai, le
chiffre d'affaires a chuté de 40 % et il n'y a
plus aucun projet dans l'immobilier privé »,
déplore Cyril Comte, président de la commission
économique du Medef à Fort-de-France. Les
patrons sont
souvent assimilés à des «profiteurs». À tel
point que certains se disent prêts à baisser les
bras et à quitter les Antilles.
À
l'évidence, le seul déblocage par l'État d'une
enveloppe de 580 millions d'euros pour la
Guadeloupe et la Martinique en février dernier,
assortie de mesures spécifiques de soutien en
faveur des familles et des entrepreneurs, est
très loin d'avoir calmé les esprits.
25/06/2009 | Lefigaro.fr
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Les dépenses de fonctionnement
de l'Elysée ont augmenté de 21,7 % en 2008

Pas de restriction budgétaire à
l'Elysée. Quand le budget de l'Etat a augmenté
de 2,8 % en 2008 par rapport à l'année
précédente, celui de la présidence de la
République a connu une progression de 18,5 %.
Les dépenses de fonctionnement enregistrent,
quant à elles, une croissance de 21,7 %.
La loi de finances initiale
avait prévu une dotation de 101,157 millions
d'euros. Malgré les 9,2 millions de crédits
complémentaires votés fin 2008, le montant total
des dépenses exécutées en fin d'exercice –
dotation d'investissement comprise – s'élève à
113,182 millions d'euros, soit un dépassement de
2,8 millions, selon le document "Pouvoirs
publics" figurant en annexe du projet de loi de
règlement des comptes de 2008.
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Comment
le prix du bœuf passe de 2.70 Euros/kg à 15 Euros
En deux temps, trois
mouvements
Voir le graphiqu
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Tsunami financier la seconde
vague par France Devin

Chacun sait maintenant ce que furent
les subprimes : la crise financière, puis bancaire,
puis économique et maintenant sociale qu'a
déclenché, au niveau mondial, le dérèglement de ce
mécanisme, nous le rappelle cruellement, si besoin
est. Et le monde n'a pas encore fini d'en payer le
prix !
Pourtant, le système financier se met à redouter une
autre crise, dont la puissance est ignorée mais
terriblement crainte, car cette fois ce ne sont pas
que des banques qui risquent d'être touchées mais
des entreprises : et elles risquent bien de tomber
en cascade… avec leurs emplois avec elles !
C'est une vraie bombe à retardement qui menace. Et
dont, semble-t-il, le mécanisme de déclenchement
s'est mis en route. Signe peut-être avant-coureur,
l'annonce, la semaine dernière, de la perte de 250
millions € du fonds d'investissement, PAI Partners
(majoritaire au capital du fabricant de tuiles
Monier) a mis le milieu financier en émoi.
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Pour un développement endogène
de la Martinique : l’approche par le concept
« d’économie résidentielle » est-elle pertinente ?
par José Nosel
La prégnance, notamment médiatique
aujourd’hui, de certains concepts, idées, mots
d’ordre ou slogans, font que le citoyen se trouve
embarqué dans des logiques qui en découlent, sans
qu’on ne l’ait éclairé toujours très précisément,
sur ce qui se cache derrière ces concepts, idées,
mots d’ordre ou slogans, modernes ou actualisés.
Trope, métonymie,
ambivalence, oxymore, etc. participent à ce contexte
d’ambiguïté du langage moderne. Même un concept
comme celui de « développement », utilisé par nous
tous, n’est pas si évident qu’on pourrait le croire.
De plus en plus de gens, de grands philosophes,
comme Serge Latouche, par exemple (« Décoloniser
l’imaginaire », 2005) remettent en cause
radicalement ce concept de développement ; en
particulier tel qu’il est conçu dans le monde
occidental.
Ainsi, par exemple, de
plus en plus de citoyens martiniquais sont
probablement « convertis » au développement
durable ; et c’est sans doute tant mieux. Mais il ne
leur a pas toujours été précisé que le développement
durable c’est d’abord du développement ; et que
contrairement à l’idée dominante ambiante, confortée
par les institutions : le développement durable est
souvent administré par des services de
l’environnement ; des trois ou quatre piliers du
développement durable, c’est l’équité sociale, après
la viabilité économique qui conduit à la durabilité,
d’où découlent des exigences, des lors
incontournables, de préservation de l’environnement,
ou d’épanouissement culturel. Ce qui fait que, du
modèle théorique, idéal, du développement durable, à
la réalité, même comme perspectives, la distance
est longue et la démarche complexe.
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L'assurance
chômage s'attend à 639.000 chômeurs de plus cette
année. "On n'a jamais vu une telle rapidité de
croissance du chômage depuis l'après-guerre et
peut-être la crise de 1929", selon l'ex-directeur de
l'Unedic.
Les
entreprises, telles Goodyear, Altis, ABB ou EDA
cette semaine, continuent à égrener des suppressions
d'emplois portant sur des centaines de postes, au
moment même où l'Unedic (régime d'assurance chômage)
déclare s'attendre à 639.000 chômeurs de plus cette
année.
Dans
l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB, le nombre de
chômeurs (catégories A+B+C c'est-à-dire y compris
ceux ayant une activité réduite, ainsi que les
seniors dispensés de recherche d'emploi),
actuellement d'environ 3,5 millions, augmenterait de
639.000 en 2009.
Les
destructions nettes d'emplois salariés atteindraient
591.000, selon ces prévisions de l'Unedic assombries
par rapport aux mois de février et mars.
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La récession aux
USA devrait être plus forte que prévu
La Réserve Fédérale a indiqué hier s'attendre à un
repli du PIB de 1.3% à 2%, contre une fourchette de
0.5% à 1.3% pressentie jusqu'alors. Le chômage
devrait frôler les 10% fin 2009.
On se demandait
depuis quelques jours quel événement ou statistique
pourrait arrêter la progression de Wall Street. Ce
seront finalement les minutes de la Fed qui ont
provoqué hier un retournement assez net de la
tendance sur les marchés. Ce compte rendu de la
réunion du comité de politique monétaire de la
banque centrale américaine, publié trois semaines
après la réunion des 28 et 29 avril,
a été l'occasion pour la Réserve Fédérale américaine
de publier en annexe un ajustement de ses prévisions
sur la conjoncture, marqué par un abaissement
significatif des estimations de croissance pour 2009
et 2010.
Pour l'année en
cours, la Réserve Fédérale pense que le produit
intérieur brut devrait baisser de 1,3% à 2% en 2009,
contre une fourchette de 0.5% à 1.3% pressentie
jusqu'alors. Si le haut de la fourchette des
nouvelles prévisions était atteint, ceci
constituerait la pire année dans l'histoire
économique des Etats-Unis depuis 1946.
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Le président américain
Barack Obama a commencé à démanteler l’héritage
fiscal de George W. Bush en rétablissant les taux
d’imposition les plus élevés appliqués aux ménages
fortunés et en supprimant nombre de «niches»
utilisées par les entreprises.
Dans un «Livre vert»
publié mardi, le département du Trésor a annoncé le
rétablissement du taux maximal d’imposition de 39,6%
pour les contribuables les plus riches et de 36%
pour la tranche suivante.
En contrepartie, ce document
annonce des réductions d’impôts pour «la classe
moyenne», conformément à la promesse de
campagne de M. Obama.
Ce cadeau, dont bénéficieront 95%
des familles américaines, coûtera au total 736
milliards de dollars sur dix ans et permettra à un «couple
type» d’économiser 800 dollars par an, a
indiqué le Trésor dans un communiqué.
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Voici
les conséquences pour l'internaute des dispositions
du projet de loi sur "la diffusion et la protection
de la création sur internet", qui devait être voté
mardi en nouvelle lecture à l'Assemblée avant une
adoption définitive par un ultime vote du Sénat
mercredi.
La liste des sanctions |
Par Philippe
Couderc (président de la Fédération des
producteurs et éditeurs indépendants
d'Aquitaine, Feppia) et Eric Petrotto (président
de la Fédération nationale de labels
indépendants, CD1D)

Alors que la loi «Création et Internet» revient au
Parlement, nous, producteurs indépendants de
musique, voulons interpeller les députés et
apporter, dans les débats actuels, un éclairage
radicalement différent de celui promu par les
grandes compagnies du disque. Les acteurs
indépendants de la musique sont plus de 600 en
France, et cumulent plus de 3 000 productions par
an. Pour paraphraser le syndicat de l’artisanat, ils
constituent «la plus grande maison de disques de
France», produisant 90 % de la création originale.
Très souvent hors des sentiers battus, ils
représentent la véritable diversité culturelle que
ce pays se flatte à raison de défendre. Sans eux,
les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback,
High Tone… n’auraient jamais débuté…
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La
contestation de la croissance économique est un
fondement de l'écologie politique. Il n'est pas de
croissance infinie possible sur une planète finie.
Trop dérangeante, car en rupture radicale avec notre
développement actuel, cette critique fut vite
abandonnée au profit de concepts plus souples, comme
le "développement durable". Pourtant,
rationnellement, il n'existe guère d'autres voies
pour les pays riches (20 % de la population
planétaire et 80 % de la consommation des ressources
naturelles) que de réduire leur production et leur
consommation afin de "décroître".
Il n'est pas besoin d'être
économiste pour comprendre qu'un individu, ou une
collectivité, tirant la majeure partie de ses
ressources de son capital, et non de ses revenus,
est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le
cas des sociétés occidentales, puisqu'elles puisent
dans les ressources naturelles de la planète, un
patrimoine commun, sans tenir compte du temps
nécessaire à leur renouvellement. Non content de
piller ce capital, notre modèle économique, fondé
sur la croissance, induit en plus une augmentation
constante de ces prélèvements. Les économistes
ultra-libéraux comme les néo-marxistes ont éliminé
de leurs raisonnements le paramètre «nature», car
trop contrariant. Privé de sa donnée fondamentale,
notre modèle économique et social se trouve ainsi
déconnecté de la réalité physique et fonctionne dans
le virtuel. Les économistes vivent en fait dans le
monde religieux du 19e siècle où la nature était
considérée comme inépuisable. Nier la réalité au
profit d'une construction intellectuelle est le
propre d'une idéologie. Nous pouvons donc considérer
que l'économie actuelle est avant tout de nature
idéologique, fût-ce par défaut. La réalité est plus
complexe, car le système économique est en fait
largement livré à lui-même, sans contrôle politique.
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Ne pas confondre économie et
économistes
Par Dani Rodrik, qui enseigne
l'économie politique à la John F. Kennedy School of
Government d'Harvard.
Alors que le monde
s'enfonce dans le marasme, certaines critiques
s'interrogent sur le rôle des économistes. A juste
titre, car ils ont à répondre de nombreux
dysfonctionnements. Ils ont légitimé et popularisé
l'idée que la finance sans entraves était une
aubaine pour la société. Ils ont mis en garde d'une
voix quasi unanime contre les "dangers de la
surrégulation des gouvernements". Avec leur
expertise technique, ils avaient une position
privilégiée de leaders d'opinion, ainsi qu'un accès
aux coulisses du pouvoir.
Rares sont
ceux (aux exceptions notables de Nouriel Roubini et
Robert Shiller) qui ont alerté sur la crise à venir.
Pire, la profession a échoué à fournir des outils
utiles pour sortir de la pagaille actuelle. Sur
l'incitation fiscale keynésienne, leurs points de
vue varient de "absolument essentielle" à
"inefficace et dangereuse". Sur le retour à la
régulation de la finance, il y a beaucoup de bonnes
idées mais peu de convergence. D'un quasi-consensus
sur les vertus d'un modèle mondial centré sur la
finance, la profession est passée à une absence
quasi-totale de consensus sur ce qu'il faut faire.
Pourtant, sans
la boîte à outils des économistes, impossible de
donner un sens à la crise. En fait, ce n'est pas
l'économie, mais les économistes qui sont fautifs.
Ils (et ceux qui les écoutent) ont eu une confiance
démesurée dans leurs modèles : les marchés sont
efficaces, l'innovation financière transfère le
risque vers les plus aptes à le supporter,
l'autorégulation est ce qui marche le mieux et
l'intervention des gouvernements est dommageable.
L'orgueil crée des angles morts. Si une chose a
besoin d'être remise à niveau, c'est bien la
sociologie de la profession. Les manuels sont, eux,
très bien.
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Capitalisme 3.0, Nouvelle Version,Prochainement!
by Dani Rodrik
CAMBRIDGE – Le capitalisme est plus durement touché
qu’il ne l’a été depuis des décennies. Forte
récession, chaos économique planétaire, et
nationalisations en force de grands pans du secteur
financier des économies avancées se conjuguent pour
mettre à mal l’équilibre entre marchés et Etats. Où
le nouvel équilibre va-t-il se situer, personne
n’est en mesure de le dire.
Ceux qui
annoncent la mort du capitalisme ne peuvent ignorer
une donnée historique importante, le pouvoir quasi
illimité qu’a le capitalisme de se réinventer. Cette
résilience lui permet, depuis des siècles, de
surmonter ses crises périodiques et de résister à
une longue série de critiques dont celles de Karl
Marx n’étaient que le début. Il ne s’agit pas de se
demander si le capitalisme est capable de survivre –
il en est capable – mais si les dirigeants de la
planète feront preuve du leadership qu’il faudra
pour l’accompagner vers la phase suivante, dès que
nous serons sortis de nos difficultés.
Le
capitalisme est sans égal pour ce qui est de libérer
les énergies économiques collectives des sociétés
humaines. C’est pourquoi toutes les sociétés
prospères sont capitalistes au sens large du terme:
elles s’articulent sur la propriété privée et
confient aux marchés la tâche de répartir les
richesses et d’assurer les bénéfices économiques. Le
problème, c’est que ni les droits de propriété ni
les marchés ne peuvent fonctionner de manière
autonome. Ils ont besoin d’être soutenus par des
institutions sociales.
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TRIBUNE - Après le tollé provoqué par l'affaire des
stock-options de la Société générale, l'essayiste
Alain Minc (*) fustige le comportement du patronat
français en cette période de crise, lui reprochant
son «autisme» et son «inconscience».
Nul ne
peut me soupçonner d'être votre ennemi : c'est
plutôt le reproche inverse que je subis à longueur
de colonnes dans les journaux. Mais je suis
aujourd'hui inquiet pour vous car je ne comprends ni
vos réactions, ni vos raisonnements, ni
- pardonnez-moi le mot - votre autisme. La France
n'est pas l'Allemagne : elle a toujours eu des
difficultés à établir sur des bases claires un
contrat social entre patrons, salariés et pouvoirs
publics. De là le poids des symboles. Les syndicats
essaient de canaliser tant bien que mal le
mécontentement et donc de préserver l'ordre social.
Les pouvoirs publics s'efforcent de tenir
l'équilibre entre les dépenses nécessaires pour
aider les plus malheureux et l'obligation de ne pas
déstabiliser, au-delà du raisonnable, les règles de
bonne gestion. Les petits patrons se battent pour
leur carnet de commandes, courent derrière leurs
lignes de trésorerie et sont en fait, face à la
crise, du même côté que leurs salariés. Et pendant
ce temps, vous qui avez les yeux fixés au-delà du
Rhin pour y chercher l'exemple de la modération
salariale, vous n'avez pas remarqué le code de
conduite en temps de crise signé par le patronat et
le gouvernement de Berlin !
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Malgré la débâcle
financière et l'urgence climatique, on continue de croire
que tout va comme avant. Sans comprendre qu'en réalité nous
avons changé d'époque
par Harald
Welzer
Peu
de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers,
Josef Ackermann, le président de la Deutsche
Bank, avait laissé courir le bruit que le pire
était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se
sont succédé depuis, les politiques et les
spécialistes se sont surpassés dans la recherche
de moyens destinés à doper la consommation,
comme si le capitalisme était en mouvement
perpétuel et qu'il suffisait de relancer son
cycle de création continue.
L'idée que, cette fois, il s'agit peut-être de
plus que d'une " crise ", n'est apparemment
venue à personne. La vie suit son cours : on
emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on
espère, avec tout ça, passer le cap au plus
vite. Le manque de la plus élémentaire
clairvoyance de la mesure et des conséquences de
la débâcle financière indique pourtant bien que
ce qui est arrivé n'a pas été anticipé. Des
faillites bancaires massives, des groupes
d'assurances entamés, des Etats eux aussi au
bord de la ruine ? Et les milliards requis pour
tout ça, que sont-ils, sinon de l'argent virtuel
injecté dans un système lui-même au bord de
l'implosion, à cause, justement, de la nature
virtuelle de ses échanges ?
Bien
que la catastrophe économique déploie
implacablement son cours à une allure défiant
toute concurrence, frappant une branche après
l'autre, le bricolage, le raboutage et le
rembourrage, et les sempiternels sommets
continuent à donner l'apparence que la crise est
gérée. Les réactions des gens sont graves, mais
pas paniquées. En dépit du lot quotidien de
nouvelles horrifiques en provenance de la
Global Economy, citoyennes et citoyens ne
sont que modérément agités.
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Le Moule, berceau de la canne à
sucre et symbole de la
Guadeloupe en grève
Il y avait Justinien, Serdot,
Dernon, et puis une femme
enceinte, Marignan Dulac, qui se
trouvait au mauvais endroit, ce
jeudi 14 février 1952. Les CRS
avaient tiré à vue dans les rues
du Moule, faisant quatre morts
et quatorze blessés, après trois
mois et demi de grève des
ouvriers de la canne à sucre. Le
massacre de la Saint-Valentin,
disent les Guadeloupéens.
Samedi 14 février, une
manifestation organisée par le
LKP, le Collectif contre
l'exploitation, doit rassembler
plusieurs milliers de personnes
au Moule, in memoriam.
Au 25e jour de
grève en Guadeloupe, ce samedi,
la canne n'est pas coupée.
L'immense usine Gardel, près du
Moule, 16 000 m2 de
bâtiments, 32 hectares, est une
usine fantôme. C'est la seule
qui reste sur l'île, pour
traiter les 12 000 tonnes de
canne. En 1952, on en comptait
encore seize, à Petit-Bourg,
Capesterre, Comté, Beauport,
Bonne Mère... - là où la grève
avait commencé, en novembre
1951. Les ouvriers réclamaient
une augmentation du prix de la
journée de travail afin que
leurs salaires soient alignés
sur ceux des Français. Forts de
la loi du 16 mars 1946 qui
assimilait les colonies à des
départements, ils avaient cessé
le travail. Au fil des semaines,
le mouvement s'était étendu aux
petits colons et aux planteurs,
exigeant un meilleur prix de la
canne à la tonne. "Voilà la
combinaison qui avait mis le feu
dans les champs", résume
l'historien Raymond Gama.
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« Les Békés sont prisonniers de cette
histoire… »
Interview de Romain Bolzinger,
réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique
Qu’avez-vous
présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent
ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un
reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa
société, ses grandes figures. Évidemment pour bien
comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est
nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très
fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands
patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de
Lucy, grand patron de la banane et directeur général du
groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain
Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké.
J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit
que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique
et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait
de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de
l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils
voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont
emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture
et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts
économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que
je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé
de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils
fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a
établi une relation de confiance, ils m’ont longuement
exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient
donc pertinemment que j’allais en parler.
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"Que
voit le Guadeloupéen après soixante années de
départementalisation ?,
interroge Patrick Karam, le délégué
interministériel pour l'égalité des chances des
Français d'outre-mer.
Des prix plus
élevés que dans l'Hexagone, un revenu par
habitant très inférieur à la moyenne nationale,
des enfants surdiplômés au chômage, et des
métropolitains qui occupent les postes de
cadres."
Une partie des maux de
l'outre-mer est ainsi résumée. Il omet cependant
d'en analyser les racines : ce que le romancier
martiniquais Patrick Chamoiseau appelle
"cette tutelle coloniale qui nous maintient dans
l'irresponsabilité et la dépendance". Pour
Christiane Taubira, députée (divers gauche) de
la Guyane, la situation en Guadeloupe "frôle
l'apartheid social". Elle met en cause
"une caste qui détient le pouvoir économique et
en abuse".
C'est à ces maux endémiques que... ne répond pas
le projet de loi pour le développement de
l'outre-mer (Plodeom) examiné - en principe - en
mars au Sénat. Auditionné mardi 17 février par
les commissions des affaires économiques et des
affaires sociales, le secrétaire d'Etat, Yves
Jégo, ne peut ignorer que l'explosion sociale en
Guadeloupe et ses risques d'extension ont rendu
obsolète le texte présenté en juillet 2008 en
conseil des ministres.
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L'entreprise
occupe une place singulière dans le capitalisme.
Elle en est le moteur parce qu'elle est le lieu
de la création de richesses. Elle en est le
régulateur puisqu'elle règle le partage de la
valeur ajoutée entre le travail, le capital et
les prélèvements qui financent les services
publics. Elle en est le modernisateur puisque
ses transformations déterminent les changements
du système productif : ainsi les fabriques
sont-elles indissociables de la révolution
industrielle, la grande entreprise de la montée
en puissance du salariat, les sociétés
multinationales de l'apogée de la société
industrielle, les groupes-plate-formes de l'âge
de la mondialisation.
Si l'intervention
de l'Etat est indispensable face à la dynamique
de la déflation par la dette, c'est autour de
l'entreprise que se décideront la sortie de
crise et les bouleversements dans la régulation
du capitalisme mondialisé, qu'il s'agisse de
l'équilibre entre l'Etat et les marchés, entre
la rémunération du travail et celle du capital,
entre les grands acteurs du système multipolaire
du XXIe siècle. Or l'entreprise reste le parent
pauvre de la théorie et de la politique
économiques. Pour les marxistes, elle se résume
à l'exploitation du travail ; pour John Maynard
Keynes, elle se confond avec l'équilibre de
sous-emploi ; pour les libéraux, elle est une
machine à maximiser le profit. Au cours des deux
dernières décennies, l'obsession qui a présidé à
son gouvernement a paradoxalement conduit à la
nier en tant qu'institution.
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Nous
vivons une époque où l'éthique semble avoir
envahi l'espace : le commerce est éthique, la
finance est éthique, les entreprises adoptent
des chartes éthiques, etc. Pourtant le
capitalisme est dans tous ses états ; jamais
"l'amour de l'argent", comme dirait Keynes,
ne l'avait conduit à de telles extrémités :
rémunérations extravagantes des plus aisés,
rendements chimériques, obscénité de la misère,
explosion des inégalités, dégradation de
l'environnement... L'émergence de l'éthique
est-elle une réaction au spectacle affligeant
des conséquences morales et sociales d'un monde
économique déserté par l'éthique ?
Car on ne peut
rejeter avec légèreté l'hypothèse que l'oubli de
l'éthique aujourd'hui, comme hier, a conduit le
système à la crise. "Les deux vices marquants
du monde économique où nous vivons,
écrivait Keynes, sont que le plein emploi n'y
est pas assuré et que la répartition de la
fortune et du revenu y est arbitraire et manque
d'équité." D'où vient que l'on puisse porter
un tel jugement ? L'économie ne se donne-t-elle
pas comme la science par excellence disjointe de
toute considération éthique ?
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Une enquête
pointe la nécessité de prendre en compte le
temps de travail domestique

Un nourrisson
noué dans le dos, une bassine de manioc ou
un fagot de bois maintenu sur la tête : les
femmes africaines déambulent rarement les
bras ballants. Si l'intensité de leur
travail, aisément perceptible, relève de
l'évidence, leur contribution à l'économie
passe largement inaperçue. Ainsi, le taux
d'activité des femmes africaines (62 %) est
supérieur à celui qui prévaut en Europe (49
%). Mais, reléguées dans des activités
informelles, voire non marchandes, et
assignées aux tâches ménagères, elles ne
pèsent guère dans les indicateurs qui
reflètent l'état des sociétés et sont censés
inspirer les politiques.
Un chercheur
de l'Institut de recherche pour le
développement (IRD), Jacques Charmes, a
entrepris depuis des années de lever le
voile sur la réalité de l'emploi du temps
des Africaines, en enquêtant minutieusement
sur leurs activités quotidiennes. Afin de
leur rendre justice et d'inciter à un
partage plus équitable des tâches entre les
sexes. Mais aussi pour montrer de quelle
façon la surcharge de travail qui pèse sur
les femmes compromet le développement
économique.
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L'outre-mer "coûte" près
de sept milliards à l'État
par Cécile Crouzel
La Guadeloupe coûte déjà 2,5 milliards d'euros à
l'État et la Martinique 1,8 milliard.

Avec un taux de chômage qui dépasse les
20 % et une proportion de RMistes presque
quatre fois plus élevée qu'en métropole, les
Antilles souffrent de nombreux handicaps
économiques. Pourtant, l'État ne lésine pas sur
les moyens qu'il accorde à l'outre-mer.
L'effort global programmé jusqu'à présent pour
2009 est de 16,7 milliards d'euros. Pour la
Guadeloupe, la facture s'élève à 2,5 milliards,
et pour la Martinique à 1,8 milliard.
«Toutefois, ces chiffrages agrègent tous les
coûts, y compris ceux liés aux missions
régaliennes de l'État, comme l'Éducation, la
Justice, la police, qui existent dans l'ensemble
des départements français», nuance Éric Doligé,
sénateur UMP rapporteur du budget de
l'outre-mer. Or ces charges «habituelles» ne
sont pas négligeables : en Guadeloupe, l'État
dépense près de 700 millions d'euros pour
l'enseignement scolaire. «Il est donc plus juste
de se concentrer sur le coût, pour l'État, des
mesures spécifiques à ces territoires», explique
Jérôme Cahuzac, député socialiste, rapporteur de
ce budget à l'Assemblée.
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Croissance: Noir, c'est noir
Par Rémi
Duchemin
L'année 2009
s'annonce économiquement très difficile pour la
France. Selon Les Echos et Le Figaro
de lundi, Christine Lagarde devrait annoncer
mercredi une prévision de croissance révisée de
-1,5% pour l'exercice en cours. Le déficit
public devrait lui passer à 5,5% du PIB, et
atteindre ainsi la somme de 100 milliards
d'euros. Ces chiffres, confirmés par Bercy, sont
les pires depuis... 1945.
Cette fois, Christine Lagarde aura bien du mal à
afficher son traditionnel optimisme forcené. Face à
la crise économique et financière, la ministre de
l'Economie et des Finances avait à plusieurs
reprises laissé entendre, parfois contre l'évidence,
que la croissance de la France pour 2009 serait
positive. En janvier encore, elle avait fait état de
prévision oscillant entre 0,2 et 0,5% pour
l'exercice en cours. Mais face au ralentissement de
l'économie et la baisse sensible des
investissements, ces chiffres ne semblaient guère
plausibles. Petit à petit d'ailleurs, Christine
Lagarde avait laissé entendre que les chiffres ne
seraient pas à la hauteur des attentes.
Mercredi, le nouveau discours sera donc radicalement
différent de celui asséné ces derniers mois. En
conseil des ministres, Christine Lagarde devrait
annoncer, à l'occasion de la présentation du projet
de loi de Finances rectificative pour 2009, de
nouveaux chiffres, extrêmement mauvais. Selon Le
Figaro et Les Echos de lundi, les
nouvelles prévisions de croissance pour 2009
devraient se situer entre -1 et -1,5%, des chiffres
synonymes de récession. Quant au déficit public,
évalué par la même Christine Lagarde à 4,4% en
janvier, il devrait en fait atteindre 5,5% du PIB,
et pourrait ainsi franchir la barre symbolique des
100 milliards d'euros. Au-dessus, très au-dessus
même, des 3% autorisés par l'Union européenne.
Ces chiffres ont été confirmés lundi matin par
Frédéric Lefebvre. "Je crois qu'il faut dire les
choses clairement, c'est -1,5% la réalité de ce qui
est devant nous", a déclaré le porte-parole de
l'UMP sur BFM TV/RMC. On sait parfaitement que
devant nous ça va être très dur. "Il va falloir
construire une loi de finances rectificative qui
tienne compte de l'impact de cette crise",
a-t-il ajouté, avant de tenter de rassurer en
précisant que "la France tient mieux que les
autres pays". N'empêche. La récession annoncée
est bel et bien la pire depuis... 1945.
leJDD.fr
Lundi 02 Mars 2009

Le Japon plonge 35 ans
en arrière
Le PIB japonais a enregistré en
2008 un repli de 0,7 %, son plus mauvais
résultat annuel depuis 1998.
Crédits photo : AP
Fin 2008, le
PIB du pays s'est effondré de 13 % en rythme annuel.
Le pays n'avait pas connu une situation aussi
catastrophique depuis 1974

Les Japonais,
à qui l'on apprend dès le plus jeune âge à ne
surtout pas exprimer leurs émotions, s'autorisent
désormais tous les superlatifs. Leur pays a connu un
recul de 0,7 % du PIB l'année dernière. Ce chiffre,
apparemment mauvais sans être dramatique, cache un
incroyable plongeon au dernier trimestre. Le produit
intérieur brut des trois derniers mois de 2008 a
reculé de 3,3 % par rapport aux trois mois
précédents, et de 12,7 % par rapport à la même
période en 2007. C'est «la pire crise depuis la fin
de la guerre», affirme Kaoru Yosano, ministre de la
Politique économique et budgétaire. L'économie
nippone est à ses yeux «littéralement ravagée». Le
langage est inhabituel. Mais il est vrai qu'il faut
remonter au grand choc pétrolier et au premier
trimestre de 1974 pour trouver un recul aussi brutal
(- 11,6 %). Effondrement des exportations de 45 % en
un an - essentiellement en raison du coup de frein
des achats américains de voitures et d'appareils
électroniques -, chute de l'investissement privé des
entreprises de 19,5 %, production industrielle en
repli de 20,8 % entre décembre 2008 et décembre
2009, tous les chiffres démontrent que l'Archipel
est au plus bas.
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Travailler plus
pour devenir bête
Le travail
intensif peut altérer les capacités mentales. C'est
à cette conclusion qu'aboutit une étude, parue dans
la livraison du mois de mars de
The American Journal of Epidemiology.
Le phénomène est d'autant plus préoccupant que le
sur-travail est monnaie courante. "Les longues
plages horaires sont communes dans le monde entier ;
dans les Etats membres de l'Union européenne,
entre 12 % et 17 % des actifs ont effectué des
heures supplémentaires en 2001", rappellent les
auteurs de l'étude.
Une équipe finlandaise a étudié le cas de 2 200
fonctionnaires britanniques, âgés de 35 à 55 ans,
sur une longue période, entre 1997 et 1999, puis
entre 2002 et 2004. Parmi les sondés, 39 % ont
rapporté des horaires hebdomadaires inférieurs à 40
heures, alors que 53 % ont déclaré un emploi du
temps de 41 à 55 heures.
Les résultats montrent que ceux qui travaillent plus
de 55 heures par semaine ont des capacités mentales
amoindries par rapport à ceux qui ont une durée de
travail hebdomadaire de 40 heures. Ceux qui avaient
une surcharge de travail sont moins bons dans les
tests d'évaluation du raisonnement et du
vocabulaire.
RAISONS OBSCURES
Les effets constatés sont par ailleurs cumulatifs :
selon l'étude, plus la semaine de travail est dense,
plus les effets indésirables se font ressentir. Pour
parvenir à de tels résultats, les employés ont été
soumis à cinq tests différents. Parmi ceux-ci, les
scientifiques ont soumis à l'échantillon une liste
de vingt mots de une à deux syllabes, en leur
donnant deux minutes pour en retenir un maximum.
Si le diagnostic est désormais établi, les causes
sont plus obscures. Les scientifiques n'ont pas pu
déterminer pour quelles raisons précises la
surcharge de travail affectait les facultés
mentales. Ils ont toutefois relevé un faisceau de
facteurs explicatifs, parmi lesquels figurent une
qualité de sommeil inférieure, de la dépression et,
d'une manière générale, une hygiène de vie moins
bonne.
Cette étude ne constitue qu'une base de départ pour
ceux qui l'ont réalisée, car, de leur propre aveu,
elle demeure limitée. "La durée de la période
d'étude ne semble pas suffisante pour détecter le
déclin des fonctions cognitives en général",
jugent les auteurs. L'analyse, qui prend pour base
des fonctionnaires, "n'est pas représentative de
la population active globale", poursuivent-ils.
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Frais bancaires :
la surenchère des forfaits
Les tarifs
bancaires baissent en 2009 mais le recours aux
packages (forfaits comprenant différents produits et
services bancaires) augmente la facture des clients,
selon l'étude annuelle CLCV Mieux Vivre Votre
Argent.

Tarifs des
services à l'unité contre tarifs des forfaits.
Pour la première fois cette année, l'association
CLCV et le magazine Mieux Vivre Votre Argent ont
inclus dans leur étude annuelle sur les tarifs
bancaires, la comparaison entre les prix des
services à la carte et les prix des packages,
qui concernent près d'un client sur deux des
banques. Fondé sur la comparaison des tarifs
disponibles au 1er février 2009 de 124
établissements, le résultat de l'étude est sans
appel. Dans la majorité des banques, «il est
plus intéressant financièrement de souscrire des
services à la carte que d'opter pour un
package», selon l'association de consommateurs.
Ainsi, pour le profil petit consommateur (compte
peu actif, sans produit d'épargne), la facture
annuelle moyenne s'élève à 73,14 euros, s'il
paie les services à l'unité. En revanche, s'il
souscrit un package, la facture grimpe à 111,62
euros, soit un surcoût de 50%. Pour un petit
consommateur, il n'est intéressant de souscrire
un forfait que dans sept établissements sur
l'ensemble du panel. Pour un couple actif
(compte joint, utilisant une gamme assez large
de services bancaires et disposant d'un plan
d'épargne en actions), le package est toujours
moins intéressant mais il peut parfois permettre
de substantielles économies de l'ordre de 46%.
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" Millénium " : la saga
policière disait vrai
Qui n'a pas lu, ou
entendu parler, de Millénium, la trilogie
policière du Suédois Stieg Larsson ? Dès la fin
2007, la passion du public pour Lisbeth Salander,
une jeune femme qui se défend seule contre une
monstrueuse conspiration, propulsait les ventes à
plus de 8 millions d'exemplaires dans le monde. Un
best-seller international qui est également un "
long seller " : en Europe, les trois volumes
sont, depuis soixante-quinze semaines, en tête des
ventes.
Cet engouement durable pour Millénium
s'explique par le fait que la saga fait partie de
ces livres rares qui disent " quelque chose " sur
l'époque au sein de laquelle ils surgissent. Au-delà
de l'aspect romanesque apparent, le message
subliminal que distille Millénium pourrait
être le suivant : nous vivons au sein d'un monde
chaviré où la loi et l'ordre règnent en apparence,
alors qu'en réalité des mafieux tirent les ficelles.
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Guadeloupe : un pré-rapport
détonant sur la filière pétrolière
 Le
secrétaire d’état à l’outre-mer, Yves Jégo, a
diligenté une mission d’inspection, qui examine
depuis le mois de décembre 2008 le système de
distribution de l’essence dans les DOM-TOM. Le
rapport final doit être présenté fin février, mais
un rapport d’étape a déjà été rédigé, que Le
Monde s’est procuré. Il est accablant pour les
compagnies pétrolières.
Dans Le Journal du dimanche, du 8 février, M.
Jégo évoque "un questionnement sur un enrichissement
sans cause des compagnies pétrolières" qui pourrait
se terminer "par une action judiciaire de l’Etat"
contre elles.
L’Etat non plus n’est pas exempt de reproches, selon
ce pré-rapport : "Le dispositif actuel
d’administration des prix par les préfets prend
l’eau de toute part" et les services de l’Etat "sont
incapables de justifier la base des calculs sur
lesquels repose leur évaluation", en Guyane, en
Martinique et en Guadeloupe écrit l’inspecteur.
Mais les pétroliers apparaissent comme les plus
fautifs. Ainsi, le coût des approvisionnements (brut
importé pour être raffiné et produits finis ou
semi-finis) n’est pas déterminé sur la base des
approvisionnements réels "mais sur celle d’une
formule intangible", avec une clé de répartition
invariable entre brut et produits finis. Même quand
la SARA (Société anonyme de raffinement des
Antilles) a été arrêtée pendant deux mois… D’où le
soupçon d’enrichissement indu.
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Le débat Keynes-Hayek à la
lumière de la crise

Keynes et Hayek
sont deux penseurs majeurs dont les œuvres,
plusieurs fois enterrées et ressuscitées, ont
toujours à nous apprendre. Ils se sont durement
affrontés, tout en se respectant et en
entretenant même des liens d'amitié. Leurs
analyses du fonctionnement des économies
capitalistes étaient radicalement opposées.
Ainsi, pour Keynes, rien ne garantit l'atteinte
du plein emploi, une économie pouvant se trouver
indéfiniment en situation d'équilibre de
sous-emploi. Pour Hayek, le libre fonctionnement
des marchés mène spontanément au plein emploi.
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Elle a
cinquante ans. Que peut bien conserver de
révolutionnaire une quinquagénaire? En lisant la
presse internationale ce mois-ci, j’ai parfois
eu l’impression que c’est à l’aune de cette
question que le régime castriste est évalué –
critiqué, plus souvent que jamais. D’un côté, il
y a le registre des tares et des manques : la
dictature des Castro incapables de passer la
main politiquement; le traitement réservé aux
dissidents; les multiples pénuries qui
maintiennent les Cubains « dans la misère ».
D’un autre côté, les dirigeants et la presse
cubaine rappellent, à grand coups de dates, de
statistiques et de citations, la trajectoire de
la révolution depuis l’épopée héroïque jusqu’à
l’âpre résistance après la chute du Mur de
Berlin et les réalisations sociales du régime.
Par-delà les pour et les contre, il y a bien
entendu les vieilles lignes de fracture
idéologiques, mais les débats les plus sérieux
en la matière indiquent que, dans les réflexions
sur les perspectives futures à Cuba, se joue un
ensemble de questions que les nouvelles réalités
mondiales comme la crise économique, l’élection
de Barack Obama ou encore la montée de la gauche
en Amérique Latine remettent à l’ordre du jour.
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Cuba: «En matière alimentaire,
l’échec de la révolution est incontestable»
Recueilli par JEAN-HÉBERT
ARMENGAUD
En quel état était l’économie cubaine en
1959?

Une
des plus grandes victoires de Fidel Castro est
sans doute d’avoir réussi à imposer une image
très schématique et déformée de ce qu’était le
Cuba d’avant la révolution de 1959, pour en
faire un repoussoir au service de sa propagande.
Le Cuba de 1958 n’était certes pas un paradis,
mais il n’était pas non plus l’enfer décrit par
le discours officiel. Les indices économiques de
Cuba en 1958 sont parlants: parmi les pays
d’Amérique latine, Cuba se classait en quatrième
position pour l’espérance de vie et en PIB par
habitant avec un revenu qui était alors
comparable avec celui des pays pauvres d’Europe
comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce.
Cuba était
aussi le pays d’Amérique latine qui possédait le
plus de kilomètres de voies ferrées et
d’appareils électroménagers par habitant. Le
peso cubain circulait alors à parité avec le
dollar. Aujourd’hui, il vaut vingt fois moins.
Le taux d’alphabétisation de Cuba était alors de
76,4 % soit la quatrième place sur le continent
latino américain après l’Argentine, l’Uruguay et
le Chili.
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Savoirs contre
pauvreté !
François
Bourguignon directeur de l’Ecole d’économie de
Paris.
 Quel
beau thème que ce «Savoirs contre pauvreté»
retenu par le Collège de France, en association
avec l’Agence française du développement, pour
cette nouvelle chaire internationale inaugurée
dans l’affluence jeudi dernier ! Avec plus d’un
milliard de pauvres dans le monde, la lutte
contre la pauvreté requiert certes une volonté
politique et des ressources financières
supplémentaires. Mais elle demande aussi du
savoir afin que ces ressources soient utilisées
de façon indubitablement efficace.
Qui mieux
qu’Esther Duflo pouvait assurer le premier
enseignement de cette chaire ? Chercheuse
passionnée, elle est l’une des spécialistes
mondiales de l’évaluation et l’expérimentation
des programmes de lutte contre la pauvreté.
L’identification rigoureuse de l’impact d’un
programme est essentielle pour juger et
améliorer son efficacité. C’est aussi la seule
façon d’accumuler un savoir transposable à
d’autres contextes et participant ainsi au
progrès durable des politiques de développement
dans le monde. Les méthodes d’évaluation
d’impact aujourd’hui disponibles résultent de
l’adaptation, relativement nouvelle, à
l’économie de techniques des sciences
expérimentales. Esther Duflo est depuis le début
à la pointe de ce mouvement.
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Néocolonialisme
agraire
Des chefs d'Etat de pays pauvres mettent eux-mêmes
leur terre en viager
Parmi les "
bienfaits " des colonisations conduites au XIXe
siècle, il y eut l'introduction forcée et la culture
obligatoire du coton dans les régions de savanes
africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de
famille était tenu de cultiver une " corde " de
coton, soit environ un demi-hectare, afin
d'approvisionner l'industrie textile française. En
contrepartie, sa récolte lui était payée et, quand
on lui avait retenu les avances sur les semences,
les engrais et les pesticides, il lui restait trois
sous pour participer aux débuts de la société de
consommation.
On
était à la fin des années 1920. Les paysans
tchadiens ignoraient ce qu'était l'anticolonialisme,
mais ils avaient bien compris que la nouvelle tâche
qui leur était imposée était inique : elle tombait à
la même saison que la culture du sorgho vivrier,
elle doublait la quantité de travail, et elle
occupait une parcelle consacrée à l'indispensable
jachère, seule technique possible de régénération
des sols. Beaucoup se révoltèrent, mais la " chicote
" coloniale eut tôt fait de les calmer, et les
courageuses dénonciations d'André Gide ne furent
guère entendues en métropole.
A
l'aube du XXIe siècle, la décolonisation est -
dit-on - achevée, le travail forcé est interdit, et
le monde entier peut être informé en temps réel de
la plus petite exploitation de l'homme par l'homme,
fût-elle commise au coeur de la Nouvelle-Guinée ou
de l'Amazonie. Et pourtant, aussi insidieuse que
légale, une nouvelle forme de colonisation des
terres a commencé à s'instiller dans les régions les
plus pauvres de la planète, et nul ne proteste. Au
contraire, les premiers intéressés sont même parfois
demandeurs, comme ces représentants de la région
indonésienne de Papouasie qui ont démarché des
investisseurs saoudiens en leur offrant un million
d'hectares pour qu'ils puissent y produire les
céréales dont manque l'Arabie saoudite, moyennant
quelques investissements dans les infrastructures et
quelques miettes vivrières pour les populations
locales.
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Comprendre l'affaire
Madoff
Qui
est Bernard Madoff ?

Le
courtier au cœur du scandale était une légende
de Wall Street, ainsi qu'une incarnation du rêve
américain. Ce maître nageur à Long Island a créé
son fonds d'investissement à l'âge de 22 ans,
avec 5 000 dollars. Réputé intuitif,
ultra-rapide mais aussi très "éthique",
il avait fini par s'imposer dans la communauté
financière. Au point de devenir président du
Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs
technologiques, de 1990 à 1991. Mondain, jovial,
il parvenait à capter la confiance de ses futurs
clients. Figure de la communauté juive
new-yorkaise, le "génial" financier
était très présent dans les activités
caritatives et culturelles.
Comment a-t-il escroqué ses clients ?
M.
Madoff recevait par le biais de son fonds
(Bernard Madoff Investment Securities) des
capitaux à gérer, qu'il investissait dans des
hedge funds (fonds d'investissement à
risque), dont la performance était réputée
supérieure à la moyenne. Lorsque la performance
n'était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer
le rendement distribué aux investisseurs, il
prenait tout simplement l'argent des nouveaux
investisseurs et l'utilisait pour payer les
anciens. De ce fait, il donnait l'impression
d'une performance exceptionnelle, sur la base de
laquelle il attirait de plus en plus
d'investisseurs, mais année après année, il
dilapidait le capital que ceux-ci lui avaient
confié.
Quand la crise boursière éclate, nombre
d'investisseurs veulent récupérer leur mise.
Trop en même temps. M. Madoff ne peut pas rendre
l'argent. Il fait part de la situation à son
fils, qui prévient les autorités. Le 11
décembre, Bernard Madoff est arrêté par le FBI.
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LA FRAUDE DE MADOFF
"Les marchés financiers
fonctionnent presque comme des sectes"

Comment
le gérant de fonds américain Bernard Madoff
a-t-il pu dissimuler aussi longtemps une
supercherie engageant quelques unes des plus
grandes banques mondiales ?
- Bernard Madoff a pu jouer sur sa crédibilité
auprès des investisseurs. Cela montre à quel
point les marchés financiers sont totalement
irrationnels et fonctionnent presque comme des
sectes religieuses. Il a pu fonctionner ainsi
parce qu'il appartenait à la communauté
financière et qu'il en était l'un des piliers.
La SEC (Securities and Exchange Commission),
chargée de réglementer et de contrôler les
marchés financiers a complètement failli à sa
tâche. Madoff a réussi à engager des sommes
colossales malgré les alertes de l'hebdomadaire
économique Barron's. La SEC, elle-même, a
enquêté à deux reprises sur le fonds Bernard
Madoff Investment Services. Ces investigations
n'ont malheureusement pas été suivies d'effet.
Le système financier mondial est-il
capable d'affronter la fraude démesurée du
gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff,
seulement deux mois après avoir enduré la
faillite de la banque d'affaires américaine
Lehman Brothers ?
- On ne sait pas quelle réaction en chaîne cette
fraude peut provoquer, des organismes risquent
de faire faillite. On parlait de faible
exposition lors de la faillite de Lehman
brothers, et chaque trimestre, l'addition
devenait de plus en plus salée. Par ailleurs,
depuis plusieurs mois, quelques acteurs
économiques français et étrangers avaient
anticipé les difficultés de certains hedge funds.
On n'imaginait pourtant pas qu'elles puissent
s'adonner à des pratiques frauduleuses d'une
telle ampleur. Les pertes accumulées par Bernard
Madoff représentent tout de même dix fois le
montant perdu par Jérome Kerviel.
A quel degré d'affectation les banques
françaises et européennes sont-elles exposées ?
- On croyait la BNP à l'abri de ce genre de
crash financier, grâce à la politique de
prudence observée jusque-là. Or on se rend
compte qu'elle n'a pas été épargnée par cette
fraude. Pour Natixis, cette perte de 450
millions d'euros est beaucoup plus
problématique, proportionnellement à la taille
de la banque. D'autant plus que ses deux
actionnaires principaux ont été déjà très
affaiblis par la crise des "subprimes". La
Caisse d'Epargne a également été victime de la
mauvaise gestion d'un trader.
La fraude de Bernard Madoff donne du crédit à
ceux qui avancent qu'il faut réguler d'avantage
le marché, qu'il faut le munir de règles plus
strictes.
Interview d'Odile Benyahia-Kouider par Sélim
Batikhy
(le lundi 15 décembre 2008)
journaliste au
service économie du Nouvel Observateur
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par Arnaud Parienty
Les plans de relance concoctés par les divers pays
européens sont désormais connus. Ils procèdent
manifestement de philosophies très différentes d’un
pays à l’autre et tiennent compte de situations, des
finances publiques notamment, diamétralement
opposées. Il vaut la peine de s’attarder un moment à
essayer de décrypter ces logiques et de comparer les
chances des uns et des autres.
C’est la première fois depuis le premier choc
pétrolier, il y a 35 ans, que tous les pays
s’accordent sur la nécessité de mesures budgétaires
de relance de l’activité économique. Ces mesures
sont motivées par une récession très profonde,
devant laquelle la politique monétaire s’avère
inefficace, à la fois parce que la baisse des taux
d’intérêt ne peut compenser le pessimisme radical
des anticipations et parce qu’il ne faut pas compter
sur la BCE, toujours en retard d’une baisse, pour
mesurer la gravité de la situation.
A quoi sert une politique budgétaire de relance ?
Pour les économistes orthodoxes, il faut le
rappeler, elle ne sert à rien. Elle est inutile, car
les mécanismes du marché suffiront à remettre
l’économie sur sa trajectoire de croissance. Elle
n’accroît pas la demande, car les agents privés,
sachant que les dépenses publiques d’aujourd’hui
sont les impôts de demain, réduisent leur
consommation pour faire face à l’inévitable hausse
des impôts. Elle arrive après la bataille, car les
délais de mise en œuvre de cette politique sont
longs et variables. Fermez le ban.
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La filière banane en
Martinique : état des lieux et perspectives

En
Martinique, la banane constitue la principale
activité agricole que ce soit en terme de surface
agricole utilisée, de nombre d’exploitations, de
production, de création de richesse agricole ou de
créations d’emplois. La filière engendre près de 12
000 emplois, dont 6 000 à 8 000 emplois indirects.
Toutefois, en terme de création de richesse, son
poids dans l’économie est relativement faible (1,6
%). La valeur ajoutée du département provient en
effet principalement du secteur des services (48,5 %
de la valeur ajoutée). Le poids du secteur primaire
dans la création de richesse locale demeure
cependant élevé (3,7 %) comparé à la moyenne
nationale (2,4 %) ou communautaire (1,3 %).
La
Martinique s’est convertie depuis moins d’un siècle
à cette culture qu’elle a orienté exclusivement vers
l’exportation en raison de l’étroitesse du marché
intérieur et de la vivacité de la demande
extérieure. Près 98 % de la production consistent en
des bananes de variété d’exportation Cavendish,
cultivé principalement au nord-est, dans la zone du
Lorrain et du Marigot et dans le sud-est, dans la
région du Vauclin. La banane figue (moins de 2 % du
volume de production) est cultivée sur seuls 300
hectares à destination du marché local.
Sur les marchés extérieurs, la banane martiniquaise
est exposée à une concurrence des bananes dollars et
des bananes d’Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) qui
tend à se renforcer avec l’ouverture totale du
marché communautaire intervenue au 1er janvier 2006,
suite à la réforme du volet externe de
l’Organisation commune de marché (OCM) de la banane.
Compte tenu des écarts de compétitivité entre les
producteurs-exportateurs et de l’importance de la
filière dans l’équilibre socio-économique des
Antilles françaises, l’Union européenne assure un
revenu garanti aux producteurs dans le cadre du
volet interne de l’OCM banane, lui aussi réformé
cette année. 2006 est ainsi une année de changement
pour la banane martiniquaise en particulier et la
banane européenne en général. Afin de renforcer son
positionnement à l’extérieur, la filière
martiniquaise s’organise, améliore son système
productif et dessine une stratégie commerciale afin
de gagner en compétitivité et devenir de plus en
plus concurrentielle.
Lire le dossier
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Banane : les planteurs de la
Guadeloupe et de la Martinique signent un plan de
développement "durable"
Les planteurs
antillais veulent faire contre-poids à la baisse
programmée des droits de douane appliqués en
Europe aux bananes sud-américaines, dites "bananes
dollar". Le système leur a jusqu'à présent conféré
un accès privilégié aux marchés du Vieux
continent.

C'est dans la suite logique des différentes
actions qui ont été entamées depuis quelques
années par la filière banane de Guadeloupe et de
Martinique qu'un protocole d'accord instituant
la mise en place d'un "plan banane durable" sur
la période 2008-2013 a été signé le 5 décembre
2008 par les instances professionnelles et les
pouvoirs publics, en présence du ministre de
l'Agriculture, Michel Barnier.
Les
producteurs des deux îles françaises ont décidé
de revendiquer la spécificité de leurs
bananeraies et d'accélérer leur démarche
environnementale alors que l'Union européenne
devrait "à terme" abaisser les droits de douanes
sur la "banane dollar" (cf encadré).
L'objectif du plan ? Faire contre-poids à la
baisse programmée des droits de douane appliqués
aux "bananes dollar" importées par l'Union
Européenne, système qui leur a jusqu'à présent
conféré un accès privilégié aux marché du Vieux
continent (comme ceux de la zone
Afrique-Caraïbes-Pacifique). La crainte des
producteurs antillais ? La disparition de tout
ou partie de leurs petites exploitations,
piliers de l'économie domienne, à l'instar des
exploitations de canne à sucre. Avec 270.000
tonnes produites, la banane est en effet le
premier produit exporté de Martinique et de
Guadeloupe. Ces quantités - au demeurant
modestes au regard d'une consommation européenne
qui avoisine 5,3 millions de tonnes - permettent
non seulement de consolider l'activité des
transporteurs vers la métropole mais surtout de
faire de la filière le premier employeur privé
des deux îles, avec 709 planteurs et 10.000
emplois directs et indirects.
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Georges Baron engloutit un dernier morceau.
Ce retraité résidant à Evry vient de manger sa
banane quotidienne. Il l'a achetée le matin même à
l'hypermarché du centre commercial Evry 2, mettant
un terme à une vie de fruit de trente-deux semaines
et à un itinéraire de 7 329 kilomètres.
L'histoire de la banane de Georges Baron commence
curieusement dans le Languedoc. Les nouvelles
pousses plantées en Martinique après les dégâts
provoqués par le cyclone Dean, en août 2007,
proviennent en effet de Saint-Mathieu-de-Tréviers,
dans l'Hérault, où est installée l'entreprise
Vitropic. "Nous fournissons la semence",
résume Yvan Mathieu, son directeur. Mais l'honneur
antillais est sauf : Vitropic s'est approvisionné en
Martinique pour cloner des bananiers. L'avion qui
convoie ces semences obtenues en laboratoire (des "vitroplants")
vers l'aéroport Martinique-Aimé-Césaire ne fait donc
que leur offrir un retour au pays natal...
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Des revenus aussi mal partagés
qu’en 1929

Jeunes gens
qui avez étudié les mathématiques financières en
rêvant d’une Ferrari à trente ans, vous êtes vous
jamais demandé d’où provenait la matière première de
votre art ?
Elle avait la même
origine que la crise, et cela commence à se savoir.
Il y avait beaucoup trop d’argent sur les marchés
financiers - c’est ce qui provoquait le
renchérissement artificiel des actions et des
matières premières. Il n’y en avait pas assez dans
les poches des salariés – c’est ce qui les poussait
à vivre à crédit. Entre les deux, d’imaginatifs
financiers perfectionnaient jour après jour la pompe
aspirante qui assurait l’équilibre du système. Un
équilibre très précaire, compte tenu des risques
accumulés.
Des revenus mal
répartis entre salaires et profits, entre les plus
riches et les autres : cela provoqua la crise de
1929, comme l’avait si bien analysé Marriner Eccles,
qui présida la banque centrale américaine de 1934 à
1948.
Le même diagnostic
peut être posé sur la crise actuelle. L’OCDE vient
d’apporter sa pierre à la démonstration, dans sa
plus récente livraison (1). Celle-ci se fait l’écho
des travaux de maints économistes, synthétisés par
Andrew Leigh.
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La crise résiste
aux interventions étatiques. En verra-t-on un
jour le bout ?
Pour le savoir,
il faut d'abord poser le bon diagnostic. Or, ce
qui frappe, c'est le silence de la science. Les
grands économistes se taisent. Les politiques ne
parlent que de finance. Et ils n'osent pas
appeler un chat un chat. La vérité, c'est que
planquer des créances pourries parmi d'autres,
grâce à la titrisation, comme l'ont fait les
banques, c'est du vol. Les précautions de
vocabulaire sont malséantes. Nommer correctement
les choses permet de bien appliquer la sanction.
On reste trop révérencieux à l'égard de
l'industrie de la finance et de l'industrie
intellectuelle de la science financière. Des
professeurs de maths enseignent à leurs
étudiants comment faire des coups boursiers. Ce
qu'ils font relève, sans qu'ils le sachent, du
crime contre l'humanité.
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|
Par
Matthieu Deprieck, Thomas Bronnec,

Plus d'un an
avant que le problème des prêts dits
"toxiques" n'éclate au grand jour, un
cabinet de conseil en finances locales avait
alerté le ministère de l'Intérieur sur le
danger que couraient les collectivités en
acceptant de tels produits. La Seine
Saint-Denis, comme d'autres, s'est fait
piéger. Claude Bartolone en veut au
ministère.
Au ministère
de l'Intérieur, on le jure, main sur le
coeur: aucune collectivité n'est aujourd'hui
au bord de la faillite. Reste que les prêts
toxiques ont infiltré les comptabilités des
municipalités, des conseils généraux ou
régionaux. Rien que chez Dexia, l'une des
banques privilégiées par les élus locaux, on
compte plus de 4000 collectivités à avoir
contracté des prêts de ce type.
En première
ligne, la Seine-Saint-Denis. Dans le
département francilien, 98% des prêts
relèvent de ces produits structurés dits
"toxiques". Toxiques parce les
remboursements se font sur des taux très bas
les premières années (parfois 0%), avant
d'évoluer suivant des valeurs telles que le
cours du yen ou du franc suisse. Le risque
de dérapage est grand. Claude Bartolone,
président PS du conseil général, s'attend
ainsi à une hausse vertigineuse de la dette
départementale: "+ 3 millions en 2009, + 13
en 2010, + 18 en 2011". Face à une telle
situation, l'élu socialiste envisage de
porter plainte contre les banques qui ont
proposé de tels produits, et met en cause la
Direction générale des collectivités locales
(DGCL).
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Encore un
effort, nationalisons vraiment les banques
Par
Pierre Dockès, professeur émérite à l'université
Lyon II.
 Dans
le maelström d'une
crise de liquidité,
il est indispensable
d'injecter
massivement des
liquidités
sur les marchés
monétaires et de
baisser les taux ;
les banques
centrales l'ont
fait, plus ou moins
vite et fort. De
même, il est
nécessaire de
nationaliser les
banques en faillite
et de garantir les
dépôts bancaires
afin d'éviter le
"run"
des particuliers aux
guichets des banques
criant
«I want my money
back».
Si cela a permis
d'éviter
l'effondrement du
système, c'est
insuffisant pour
sortir de la crise.
Racheter les
créances «pourries»
des banques avec le
plan Paulson pouvait
sembler une issue.
Non seulement cela
pose de sérieux
problèmes (à quel
prix ? N'est-ce pas
un cadeau aux
banques ? Le
lobbying et les
conflits d'intérêts
sont
omniprésents...),
mais, à l'évidence,
cela n'a pas suffi.
Aujourd'hui, à la
suite de Gordon
Brown, les
gouvernements
européens se sont
décidés à deux
mesures
complémentaires :
recapitaliser par
des fonds publics
les banques en
difficulté qui en
font la demande et
assurer les prêts
interbancaires (si
l'Allemagne a
garanti ces prêts,
la France a préféré
l'ouverture d'un
guichet public). Les
Etats-Unis viennent
de prendre à leur
compte une partie de
ce plan en
recapitalisant les
grandes banques sur
la base du
volontariat (250
milliards de dollars
pris sur les 700 du
plan Paulson).
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Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur
argent"
par John
Kenneth Galbraith
 Economiste
iconoclaste, John Kenneth Galbraith a consacré
en 1990 un livre aux bulles spéculatives qui
scandent l'histoire du capitalisme. Nous
reproduisons ici l'intégralité du dernier
chapitre de cet ouvrage, qui reste ô combien
d'actualité
"Les imbéciles
sont tôt ou tard séparés de leur argent", par
John Kenneth Galbraith
Il est peu de
points de repère plus couramment invoqués dans
la vie que les "leçons de l'Histoire". Ceux qui
ne la connaissent pas sont condamnés à la
répéter. Mais les leçons de l'Histoire sont
parfois d'une ambiguïté troublante, et tout
spécialement peut-être en économie. C'est que la
vie économique est engagée dans un processus
continu de mutation ; ce qu'ont observé les
savants du passé - Adam Smith, John Stuart Mill,
Karl Marx, Alfred Marshall - est donc un guide
incertain pour le présent ou l'avenir.
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Nobel : Paul
Krugman, analyste de la concurrence "imparfaite"

Comme il le fait deux
fois par semaine depuis vingt ans, Paul Krugman, 55
ans, professeur à l'université de Princeton, a
publié, lundi 13 octobre au matin, sa chronique
économique dans le Times. Et comme d'habitude, de
tous les éditorialistes, c'est lui qui recueillait
le plus de réactions de lecteurs sur le site
Internet du quotidien.
M. Krugman a un
talent : doué d'un remarquable sens didactique, il
explique l'économie aux béotiens comme personne ; et
il ne cherche pas à cacher sous des oripeaux
scientifiques les implications politiques de ses
conceptions. Ses partisans - à gauche, généralement
- adorent. Ses adversaires - ultralibéraux - adorent
le conspuer. Pour gagner en notoriété, on ne fait
guère mieux. Ou plutôt si : on peut aussi être sacré
Prix Nobel. C'est ce qui lui est advenu, lundi 13
octobre, quelques heures après la parution de son
article.
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Les associations
craignent l'arrivée de nouveaux pauvres
Plusieurs
organisations d'aide aux démunis constatent un
nombre croissant d'appels à l'aide «de personnes qui
ne pensaient pas tomber aussi bas». Martin Hirsch
les convie à une réunion de travail sur les effets
de la crise.

«On est habitué à
se serrer la ceinture. Depuis quelques semaines,
on se la serre un peu plus encore, c'est tout !»
Marie-France Ziemer garde le sourire. Pourtant,
avec son RMI, ses deux parents malades, sa fille
qui n'est pas encore autonome, et la jeune femme
qu'elle héberge, car «sinon elle serait à la
rue», difficile de joindre les deux bouts. Cette
militante active d'ATD
Quart-Monde et adepte forcée des files
d'attente des
Restos du Cœur d'Epinal, livre un constat
sans appel : «Chez les plus démunis, c'est moins
marquant, mais il y a une très nette
augmentation des appels à l'aide de personnes
qui ne pensaient pas tomber aussi bas».
C'est-à-dire ? «Des jeunes couples qui viennent
de s'installer, des étudiants, des gens qui
travaillent et qui ont des crédits… On le voit
bien, ils n'y arrivent plus ces derniers temps
!»
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Immanuel Wallerstein, chercheur au département
de sociologie de l'université de Yale,
ex-président de l'Association internationale de
sociologie
Signataire du
manifeste du Forum social de Porto Alegre
("Douze propositions pour un autre monde
possible"), en 2005, vous êtes considéré comme
l'un des inspirateurs du mouvement
altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le
Centre Fernand-Braudel pour l'étude de
l'économie des systèmes historiques et des
civilisations de l'université de l'Etat de New
York, à Binghamton. Comment replacez-vous la
crise économique et financière actuelle dans le
"temps long" de l'histoire du capitalisme ?
Immanuel
Wallerstein :
Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps
de la "longue durée", qui voit se succéder dans
l'histoire humaine des systèmes régissant les
rapports de l'homme à son environnement
matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le
temps des cycles longs conjoncturels, décrits
par des économistes comme Nicolas Kondratieff
(1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950).
Nous sommes aujourd'hui clairement dans une
phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé
il y a trente à trente-cinq ans, après une phase
A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des
cinq cents ans d'histoire du système
capitaliste.
Dans une phase A,
le profit est généré par la production
matérielle, industrielle ou autre ; dans une
phase B, le capitalisme doit, pour continuer à
générer du profit, se financiariser et se
réfugier dans la spéculation. Depuis plus de
trente ans, les entreprises, les Etats et les
ménages s'endettent, massivement. Nous sommes
aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase
B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel
devient réel, et que les bulles explosent les
unes après les autres : les faillites se
multiplient, la concentration du capital
augmente, le chômage progresse, et l'économie
connaît une situation de déflation réelle.
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Les mots pour
comprendre la crise financière

Pédago
Des agences de notation financière
à la stagflation, en passant par les subprimes, la
titrisation, la récession, etc., petite revue
lexicale.
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Si spectaculaire
soit-elle, la débâcle boursière, dont les
gouvernements et les grandes banques centrales
peinent à venir à bout, n'est que la partie
émergée d'une crise en train de se propager à
l'économie réelle. Une spirale baissière et
récessive s'est enclenchée. Les marchés
anticipent une chute des profits des
entreprises, qui font face à des perspectives
d'activité dégradées. Ils vendent leurs titres.
Les entreprises ne peuvent plus se financer sur
les marchés actions, et elles commencent à être
confrontées au resserrement du crédit. Certaines
d'entre elles, notamment les PME, ne s'en
relèveront pas. Partout, les perspectives
d'embauche se détériorent, le chômage s'accroît,
les revenus diminuent. Comme toujours en
pareilles circonstances, ce sont les plus
vulnérables parmi les entreprises et les ménages
qui seront les premiers touchés.
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Prix Nobel de l'économie 2008
Paul Krugman :
"La réalité n'a jamais été à la hauteur du rêve
américain"
Paul
Krugman, professeur d'économie à l'université de
Princeton et éditorialiste au journal New York
Times, vient de recevoir le prix Nobel de
l'économie 2008. Dans cet entretien paru
dans le numéro d'octobre d'Alternatives
Economiques, il analyse la situation sociale
américaine.

Les
Etats-Unis viennent de connaître un cycle
d'expansion économique important et pourtant les
inégalités et la pauvreté s'accroissent. Comment
l'expliquez-vous?
Cela tient en grande partie à un changement des
rapports de force politiques. La masse des salariés
a beaucoup perdu de pouvoir de négociation et comme
je l'explique dans mon dernier livre (1), les
conditions politiques ont une influence essentielle
sur la répartition du revenu.
Quel a été le rôle
des politiques suivies par le gouvernement Bush?
Bush a fait deux choses. Il a modifié le système
fiscal dans un sens très régressif, avec de fortes
baisses d'impôts sur les revenus les plus élevés,
les dividendes et les gains en capital. Ce qui
profite aux plus riches et a également réduit les
fonds disponibles pour les politiques publiques
d'aide aux plus démunis. On peut estimer que 35 % à
40 % des baisses d'impôts de Bush ont servi les
revenus des personnes gagnant plus de 300 000
dollars par an [environ 210 000 euros], ce qui
représente une redistribution importante en faveur
de ceux qui sont pourtant le plus à même de payer
des impôts. Le gouvernement Bush a par ailleurs
accéléré la perte de pouvoir de négociation des
salariés en réduisant fortement la possibilité de
toute forme d'organisation syndicale.
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«30 milliards de dollars seulement
permettraient de nourrir durant un an les
925 millions de personnes qui souffrent de
la faim dans le monde.»
Interview de Sébastien Fourmy, porte-parole
d'Oxfam France, de retour des assemblées
annuelles du FMI et de la Banque mondiale,
déplore l'écart entre les moyens mis en
œuvre dans un cas et la passivité dans
l'autre.
Recueilli par Eliane Patriarca
A l'issue des assemblées annuelles du
Fonds monétaire international (FMI) et de la
Banque mondiale, plusieurs ONG se sont
inquiétées que la crise financière ait relégué
les difficultés des pays pauvres au second plan.
Aux côtés des représentants des pays en
développement, elles ont multiplié les appels à
ne pas réduire l'aide dans ces temps difficiles
pour les budgets des Etats.
Ainsi, dans un communiqué, l'organisation non
gouvernementale Oxfam affirme que «ces
réunions ont offert un nombre de solutions
scandaleusement faible pour les pays les plus
pauvres. Les dirigeants mondiaux reconnaissent
qu'il y a une crise mondiale de la pauvreté,
mais l'ont ignorée». Or, la faim et la
malnutrition ne cessent de progresser : plus de
925 millions de personnes souffrent de la faim.
«Alors que le monde
développé a dégagé plus de 1000 milliards de
dollars en quelques semaines pour empêcher ses
banques de faire faillite, il ne parvient pas à
trouver 1% de cette somme pour aider les pays
les plus pauvres à surmonter la crise
alimentaire»,ajoute Oxfam. Entretien
avec Sébastien Fourmy, coordinateur des
campagnes d'Oxfam France-Agir Ici, et de retour
de Washington.
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Le déjeuner à 150.000 euros de Fortis
La banque Fortis,
qui a frôlé la faillite, a organisé « un évènement
culinaire » de luxe dans l'un des meilleurs
restaurants de Monaco, quelques jours après son
rachat par BNP-Paribas.

Après le très cher séminaire d'AIG, le cas
Fortis. Sauvée en urgence par l'état belge et à
peine rachetée par BNP-Paribas, la branche
assurances de Fortis a invité 50 personnes à un
« événement culinaire » dans l'un des
restaurants les plus chers de Monaco : le Louis
XV. On compte parmi les convives,
essentiellement des courtiers externes et
quelques membres de la direction. Coût de
l'opération : 150.000 euros, révèle le quotidien
belge De Morgen. Une bagatelle pour un groupe au
bord de la faillite, il y a encore quelques
semaines.
Selon le guide Lonely Planet, le Louis XV,
restaurant de l'Hôtel de Paris Monte-Carlo,
abrite l'une des plus prestigieuses cave de vins
au monde, avec quelque 250.000 bouteilles dont
certaines parmi les plus chères du marché. La
moyenne d'un repas y atteint environ 300 euros
et une chambre 1000 euros. Sans compter les
billets d'avion et autres frais de voyage.
A la
mi-septembre, l'assureur américain AIG avait
organisé un séminaire dans un hôtel de luxe
californien avec cure et remise en forme, pour
440.000 dollars, une semaine seulement après son
sauvetage par les autorités américaines. Le
groupe s'est défendu en expliquant que ces
dépenses, prévues depuis des mois, entraient
dans le cadre d'opérations commerciales
habituelles dans le secteur de l'assurance. Il
expliquait également, que le séjour a été offert
à des courtiers indépendants, et non à ses
dirigeants. Plusieurs parlementaires américains
s'étaient émus des sommes engagées dans le
complexe hôtelier californien.
Fortis Assurances, de son côté, se dit « bien
conscient de la sensibilité du grand public sur
la crise financière »..
Aurélia Vertaldi (lefigaro.fr)
avec AFP
10/10/2008
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AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace
avec l'argent du contribuable

Le
17 septembre dernier, la banque centrale américaine
sauve de la faillite AIG, le premier assureur du
pays, en lui accordant un prêt de 85 milliards
d'euros en échange de 79,9 % des parts de la
société. Un renflouement réalisé grâce à l'argent du
contribuable, au grand dam des citoyens, furieux de
voir leurs impôts servir au sauvetage des
institutions financières imprudentes.
À peine une semaine plus tard, certains dirigeants
d'AIG n'ont rien trouvé de mieux que d'utiliser cet
argent pour se payer une retraite, du 24 au 28
septembre, dans
un complexe luxueux de Californie, le St Regis de
Monarch Beach. Facture de ce séminaire luxueux :
443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer
les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et
plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que
23.000 dollars de soins de remise en forme", selon
le démocrate américain Henry Waxman auditionné par
la commission de la transparence et de la réforme du
gouvernement de la Chambre des représentants.
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Faut-il sauver les banquiers ?
Par Thomas
Piketty
 La
crise financière va-t-elle conduire à un retour en
force de l’Etat sur la scène économique et sociale ?
Il est trop tôt pour le dire. Au moins est-il utile
de dissiper quelques malentendus et de préciser les
termes du débat. Les sauvetages de banques et les
réformes du système de régulation financière
orchestrés par le gouvernement américain ne
constituent en soi pas un tournant historique. La
rapidité et le pragmatisme avec lesquels le Trésor
américain et la Federal Reserve adaptent chaque jour
leur doctrine et se lancent dans des
nationalisations temporaires de pans entiers du
système financier sont certes impressionnants. Et
même s’il faudra du temps pour connaître le coût
final net pour le contribuable, il est possible que
l’ampleur des interventions en cours dépasse les
niveaux atteints dans le passé. On parle maintenant
de montants compris entre 700 et 1 400 milliards de
dollars, soit entre 5 et 10 points de PIB américain,
alors que la débâcle des Savings and Loans des
années 80 avait coûté environ 2,5 points de PIB.
Lire la uite |
JOSEPH E.
STIGLITZ
 Le
monde n'est pas tendre
envers le néolibéralisme, ce
fourre-tout d'idées basées
sur la notion
fondamentaliste que les
marchés sont autocorrecteurs,
qu'ils distribuent
efficacement les ressources
et servent l'intérêt
général. C'est le
fondamentalisme de marché
qui a soutenu le
thatchérisme, la «
reaganomique » et le «
consensus de Washington »
favorables aux
privatisations, à la
libéralisation économique et
à des banques centrales
indépendantes préoccupées
uniquement par l'inflation.
Après un quart de siècle
d'expérimentations parmi les
pays en développement, les
perdants apparaissent
clairement : non seulement
ceux qui ont adopté une
politique néolibérale ont
perdu la course à la
croissance, mais quand il y
a eu croissance, elle a
bénéficié de manière
disproportionnée aux plus
riches.
Même si les néolibéraux se
refusent à l'admettre, leur
idéologie a échoué aussi à
l'égard d'un autre critère,
celui de l'allocation des
ressources, comme à la fin
des années 1990 avec les
investissements consacrés à
la fibre optique. Cette
erreur a eu au moins un
avantage inattendu : le coût
des communications a baissé
et l'Inde et la Chine se
sont intégrées plus avant
dans l'économie mondiale.
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Mille milliards de dollars pour des fonds pourris
Les
Etats-Unis vont racheter aux banques leurs
actifs invendables.
 Mille?
Deux mille milliards ? La somme est encore inconnue,
mais c’est un plan d’une ampleur exceptionnelle que
le gouvernement américain prépare pour sauver le
système financier. Vendredi après-midi, George Bush
et son secrétaire au Trésor Henry Paulson ont
confirmé qu’ils étaient prêts à dépenser «des
centaines de milliards de dollars du contribuable»
afin de mettre en place un mécanisme permettant aux
investisseurs (banques, assurances, fonds…) de se
débarrasser de leurs actifs «toxiques». C’est-à-dire
de tous les produits financiers structurés à base ou
non de subprimes devenus invendables depuis le début
de la crise.
Revirement. «Nous sommes à un moment crucial pour
l’économie de l’Amérique, a déclaré Bush depuis la
Maison Blanche. Etant donnée la précarité de la
situation sur les marchés financiers et leur
importance vitale pour la vie quotidienne des
Américains, l’intervention du gouvernement n’est pas
seulement nécessaire, elle est essentielle.» Un
revirement complet par rapport aux convictions
libérales de son administration.
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Les régulations traditionnelles n'ont pas
résisté à la crise financière. Il faut
s'attaquer à la racine du mal
Depuis
que la crise immobilière
des subprimes a éclaté
aux Etats-Unis il y a
plus d'un an, pour
atteindre les
principales banques et
autres fonds de
placement, beaucoup se
sont demandé comment la
contenir. Aujourd'hui,
les nouvelles faillites
de Lehman Brothers et de
Merril Lynch montrent,
s'il était besoin, que
cette question est
doublement dépassée.
Deux digues, en effet,
ont été rompues.
D'abord, en raison de la
globalisation du
capital, ce ne sont pas
seulement les
institutions financières
américaines qui ont été
touchées, mais une bonne
partie de celles du
monde entier, tellement
la circulation des
titres hypothécaires
avait été grande.
Ensuite, déjouant les
pronostics de nombreux
experts qui se voulaient
rassurants, la crise
bancaire et financière a
franchi la barrière de
l'économie réelle
puisque l'économie
américaine et celle de
l'Europe sont au bord de
la récession (- 0,3 %
pour le PIB français au
deuxième trimestre, -
0,5 % en Allemagne et -
0,2 % dans la zone euro)
et que, au niveau
mondial, le
ralentissement de la
croissance est désormais
certain.
La raréfaction du crédit
consécutive à la
fragilisation de
nombreuses banques a
conduit les banques
centrales, notamment la
Réserve fédérale et la
Banque centrale
européenne (BCE), à
injecter des centaines
de milliards de dollars
et d'euros et, pour la
première à réduire son
taux directeur, mais
cela n'a suffi ni à
sauver la mise de
certaines institutions
financières ni surtout à
éviter que l'économie
productive soit
gangrenée.
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Certains
industriels du secteur agro-alimentaire ont recours
à différents procédés comme les changements
d'emballage, la modification de recettes ou la
diminution de la quantité des produits pour
camoufler des "hausses de prix", selon une enquête
du mensuel "60 millions de consommateurs" à paraître
jeudi et que "conteste formellement" Jean-René
Buisson, le président de l'Association nationale des
industries alimentaires.
La
technique "la plus fréquente" consiste à "diminuer
la quantité du produit contenu dans l'emballage",
affirme "60 millions de consommateurs", dénonçant
ainsi une "inflation masquée". Le magazine donne
l'exemple du fromage blanc Jockey, de la marque
Danone: vendu auparavant en pot de 1kg, il ne
contient désormais plus que 850g.
Dans la même marque, les pots de crème dessert
pèsent 125g en packs de quatre, mais seulement 115g
lorsqu'on les achète par douze ou seize, selon
l'article, qui cite aussi les paquets de gâteaux
Prince de Lu, passés de 380g avant l'été à 300g
aujourd'hui.
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1) Comment est
née la crise financière ?
C'est
du petit marché des subprimes, du nom de ces
crédits hypothécaires américains risqués, que
tout est parti. Parce que des banquiers ont
octroyé des crédits immobiliers à des ménages
aux revenus très modestes peu solvables en
calculant leur capacité d'emprunt sur la valeur
de la maison achetée. Tant que les prix
immobiliers progressaient ce système
fonctionnait. Mais lorsque l'immobilier a
commencé à se replier aux Etats-Unis en 2007,
l'effet pervers de cette mécanique s'est
enclenché. Les ménages n'ont plus été capables
de rembourser leurs emprunts, et les
établissements de crédit qui les avait accordés
se sont effondrés. La crise s'est ensuite
diffusée à tout le système financier par le
canal de la titrisation, cette technique née
dans les années 1970 consistant à transformer
des prêts bancaires en obligations achetées par
les investisseurs du monde entier.
La crise est,
d'une manière plus générale encore, la
conséquence des excès observés sur le marché du
crédit aux Etats-Unis. Dans les années 1990, la
politique monétaire très souple - c'est-à-dire
des taux d'intérêt très bas, rendant le crédit
très peu cher - menée par le président de la
Réserve fédérale américaine (Fed), Alan
Greenspan, avait conduit à la formation d'une
bulle spéculative à la Bourse de New York,
notamment sur les valeurs Internet. Celle-ci
avait fini par éclater au printemps de l'année
2000.
Après ce krach,
la politique monétaire de la Fed a de nouveau
été assouplie pour permettre à l'économie
américaine de se relever. Après les attentats du
11 septembre 2001, les taux d'intérêt ont même
été abaissés à 1 %. Cette réduction du coût de
l'argent a certes permis de stimuler la
consommation des ménages américains, leurs
achats de logements et les investissements des
entreprises. Mais elle a aussi permis aux
financiers de multiplier les mécanismes
d'emprunts de plus en plus sophistiqués et de
plus en plus audacieux. "Les crédits ont agi
comme des stéroïdes pour doper la croissance
américaine. Mais il y a eu overdose. L'Amérique
est aujourd'hui en cure de désintoxication",
explique Joseph Stiglitz, économiste, Prix Nobel
d'économie en 2001.
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Pour un
nouveau New Deal
Paul Krugman propose une lecture résolument politique de la
question sociale aux Etats-Unis

Les
traductions imposent parfois des changements de titre
significatifs. Si celui de l'essai de l'économiste Paul
Krugman avait été traduit fidèlement, il se serait
intitulé La Conscience d'un libéral. Tout indique
que l'éditeur a craint des malentendus. C'est que, en
France, quiconque se dit " libéral " a de fortes chances
d'être aussitôt catalogué comme un idéologue du
libre-échange et un adversaire résolu de
l'Etat-providence. Comme Krugman défend des positions
aux antipodes de ce libéralisme-là, l'éditeur a préféré
annoncer la publication du livre sous le titre La
Conscience d'un démocrate, avant d'opter pour
L'Amérique que nous voulons.
Pourtant,
on sait que, aux Etats-Unis, un " libéral " se situe " à
gauche " : " Quand les Américains disent de quelqu'un
"il est libéral", notait Raymond Aron en 1959, en
gros, ils veulent dire que ce quelqu'un est plutôt du
côté de l'égalité des races, plutôt du côté de l'égalité
sociale, plutôt contre le grand capitalisme, plutôt pour
les réformes. " Surtout, ce " quelqu'un " se réclame de
l'expérience du New Deal de Franklin D. Roosevelt
(1882-1945), marquée par le choix d'affronter la Grande
Dépression économique des années 1930 à travers une
politique d'intervention des pouvoirs publics destinée à
corriger les mécanismes du marché et à garantir une
distribution plus égale des richesses.
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Inflation record au Zimbabwe :
11,2 millions de pourcent sur un an

Rien
n'arrête l'explosion de la montée des prix au
Zimbabwe, qui a établi un record mondial en juin à
11,2 million de pourcent sur un an. En cause selon
les spécialistes : la réforme agraire de 2000,
lancée par Mugabe.
Le
taux annuel d'inflation au Zimbabwe poursuit sa
flambée aussi incroyable que catastrophique, en
atteignant un nouveau record mondial de 11,2
millions de pour cent en juin, selon l'Office
central des statistiques (CSO), cité mardi 19
août par le quotidien d'Etat The Herald.
"Le taux annuel d'inflation s'est élevé à 11,2
millions de pourcent en juin", peut-on lire dans
le journal qui cite le CSO.
Le précédent record datait du moi précédent, les
dernières statistiques faisant état d'une
inflation de 2,2 millions de pour cent en mai.
Cependant, ce taux avait été mis en cause par
les analystes qui estimaient que les chiffres
officiels restaient encore sous-estimés.
L'économie du Zimbabwe est en ruine. Outre cette
hyperinflation, le taux de chômage approche les
80%, la production s'effondre, provoquant des
pénuries récurrentes.
Chaque jour, les prix grimpent de 30 à 40% dans
ce pays d'Afrique australe, quatre habitants sur
cinq vivent au-dessous du seuil de pauvreté.
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Les Français ne sont pas prêts à travailler plus
pour gagner plus
Malgré la baisse du pouvoir d'achat, 79% des
salariés préfèrent profiter de leurs RTT plutôt
que les faire racheter par leur entreprise.
C'est ce que révèle un sondage publié lundi.
Plus des trois quarts des salariés n'envisagent
pas de faire racheter des jours de RTT cette
année, contre 11% qui pensent faire usage de
cette possibilité créée en février par le
gouvernement, selon un sondage LH2/Les
Echos/L'Institut de l'entreprise, publié lundi.
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Au Venezuela, la révolution
est en marche, mais pas l'économie, malgré la manne
pétrolière

Relancer
la production ", affirmait une banderole,
mercredi 11 juin, derrière le président vénézuélien
Hugo Chavez au moment où celui-ci annonçait des
mesures visant à atteindre cet objectif. "
L'investissement, c'est le Venezuela ",
proclamait un autre slogan. On aurait pu en ajouter
un troisième : il est urgent de contenir
l'inflation.
Produire plus, investir et freiner la hausse des
prix sont les trois priorités économiques actuelles
du socialisme vénézuélien. En dépit du boom
pétrolier, qui va rapporter environ 75 milliards de
dollars (48,9 milliards d'euros) en 2007 - le pays
est le 10e producteur mondial de brut -, la
croissance a décliné.
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La crise financière
s'apaise mais la crise économique s'aggrave

L'économie américaine va mal. Les dégâts de la crise
financière, provoqués par l'effondrement des
subprimes, ces crédits immobiliers à risque, sont
visibles. Mardi 29 avril, le président des
Etats-Unis, George W. Bush, a affirmé que l'activité
économique était " très lente " et estimé que
cela se refléterait dans les chiffres de la
croissance du premier trimestre publiés mercredi.
Ces chiffres appartiennent-ils déjà au passé ? Sur
les marchés règne le sentiment que le pire de la
crise financière est peut-être passé. Que les
subprimes, qui ont suscité une véritable psychose
chez les investisseurs de part et d'autre de
l'Atlantique, seront, bientôt, un mauvais souvenir.
Pour preuve, la Bourse qui a atteint des plus bas
entre janvier et mars, aux Etats-Unis comme en
Europe, se stabilise. Le dollar, qui avait plongé à
des niveaux historiques face aux principales
devises, en particulier face à l'euro, se redresse.
Le billet vert, qui s'est échangé jusqu'à 1,60 euro
le 22 avril, est remonté à 1,55 euro. La
quasi-totalité des analystes interrogés par l'agence
Bloomberg présagent désormais que la Réserve
fédérale américaine (Fed), qui a réduit de manière
agressive ses taux pour contrer la crise, annoncera,
mercredi soir, une nouvelle baisse de 0,25 point,
portant le loyer de l'argent de 2,25 % à 2 %. Mais
celle-ci devrait être la dernière avant un certain
temps. " C'est encore un peu hésitant mais l'on
commence à penser à un scénario de sortie de crise.
Et si tel est le cas, la Fed n'a plus de raison de
baisser ses taux ", explique Christian Parisot,
économiste chez Aurel Leven.
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La nouvelle donne alimentaire
mondiale
Robert B.
Zoellick,
Président de la Banque mondiale
La
crise présente fournit l'occasion de transformer
la hausse de la demande en nourriture en
opportunité de progrès.
Ces images troublantes devraient pousser à l'action
la communauté internationale : émeutes en Haïti,
manifestations en Egypte, violences dans de nombreux
autres pays, toutes provoquées par la hausse des
prix des denrées alimentaires. Selon les estimations
du groupe de la Banque mondiale, le doublement des
prix alimentaires sur les trois dernières années
pourrait aggraver la situation de pauvreté que
vivent 100 millions de personnes dans les pays à
faibles revenus. Et il ne s'agit pas d'un problème
passager : réalités démographiques, évolution des
comportements alimentaires, prix de l'énergie,
culture des biocarburants et changements
climatiques, laissent craindre une hausse durable
des prix alimentaires.
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Sylvie Brunel
professeur des
universités à Paris-Sorbonne, ancienne
présidente d’Action contre la faim.
Il a suffi d’une baisse conjoncturelle de
production de 10 %, liée à de mauvaises
récoltes dans les grands pays producteurs de
l’hémisphère Nord et en Australie, pour que
le monde s’affole : nous courons à la famine
!
Pourtant, cette flambée s’explique d’abord pour
des raisons spéculatives et des achats de
précaution : peur de manquer, volonté de
certains grands pays exportateurs, comme la
Thaïlande et le Vietnam de réserver leur
production à leur marché interne, opérations
boursières se sont conjuguées pour créer
l’illusion d’une pénurie mondiale. Pourtant, si
de tels emballements des cours se sont déjà
produits par le passé, en 1973-1974 ou en
1996-1997, ils mettent aujourd’hui en évidence
l’extrême vulnérabilité et la dépendance de
nombreux pays en développement à l’égard de
leurs importations alimentaires. Au moment de la
crise de la dette, la plupart d’entre eux ont
fait le choix, sous la pression des institutions
financières internationales, d’ouvrir leurs
frontières et de nourrir les citadins grâce aux
marchés mondiaux. La surproduction dans les pays
du Nord, liée aux sommes investies dans
l’agriculture, avait créé un excédent de denrées
alimentaires qu’Europe et Etats-Unis ont pris
l’habitude d’exporter. Le prix mondial du blé,
du maïs, du riz s’est ainsi établi au niveau du
producteur le plus compétitif, d’autant plus
compétitif que les subventions à l’exportation
puis, quand l’OMC les a interdites, les aides
directes au revenu agricole ont tiré à la baisse
les cours mondiaux, sans relation aucune avec
les coûts de production réels.
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La réintroduction de
poissons dans le lac Azueï redonne espoir aux
pêcheurs haïtiens

Les 248
habitants de Madan Belizè font partie de cette
majorité des Haïtiens qui survit dans l'extrême
pauvreté. Au bout d'une piste rocailleuse, au milieu
de cactus et de massifs d'épineux, les masures en
torchis sont éparpillées en bordure du lac Azueï,
appelé aussi étang saumâtre, à la frontière de la
République dominicaine. Longtemps, les habitants se
sont nourris des poissons du lac. Cette ressource
s'est épuisée, et les villages du bord du lac n'ont
survécu que de l'élevage de quelques chèvres.
Depuis quelques mois, l'espoir renaît à Madan Belizè.
Grâce à la ténacité de Patrick Vilaire, un sculpteur
qui multiplie les programmes de développement dans
les communautés pauvres, et à l'expertise de
Valentin Adé, un Ivoirien émigré en Haïti après un
doctorat en pisciculture à l'université Auburn
(Alabama, Etats-Unis). Avec un financement de la
coopération française, 250 000 euros, les deux
hommes ont créé une ferme piscicole, qui produit des
alevins pour les pêcheurs du lac Azueï. Ces alevins,
d'une trentaine de grammes lorsqu'ils sont plongés
dans des cages en plastique dans les eaux du lac,
sont le fruit d'un croisement hautement symbolique
entre des spécimens venus d'Egypte et d'Israël.
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Une
entreprise basée à Montpellier (Hérault) a été
condamnée lundi par le conseil des prud'hommes local
pour avoir licencié un salarié ayant annoncé sa
volonté de devenir transexuel. La société multimédia
Kaliop devra verser 25.000 euros de dommages et
intérêts à cet employé prénommé Baptiste avant de
devenir Clarisse, ainsi que 32.440 euros de rappel
de salaires. Néanmoins, la société a décidé de faire
appel de ce jugement, a annoncé son avocat, Me
Michel Pierchon.
En juin 2005, Baptiste, marié et père de famille,
avait été embauché par la société Kaliop en tant que
directeur administratif. 15 mois plus tard, après
avoir annoncé à ses collègues et à sa direction
qu'il souhaitait changer de sexe, il était licencié
pour "manquements professionnels". Mais pour celui
qui est devenu Clarisse, les motifs de son
licenciement s'expliquent par son changement de
sexe.
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Les fausses explications
de la crise alimentaire
dans la presse

Depuis plusieurs jours,
des manifestations
populaires prennent
forme dans de nombreux
pays du Sud. Les raisons
de ce mécontentement
sont partout
semblables ; les prix de
la nourriture de base
ont augmenté de manière
aussi brutale
qu’importante et les
populations, déjà
paupérisées par la
mondialisation, se
retrouvent dans
l’incapacité d’assumer
cette charge
supplémentaire. Les
peuples ont faim ! Les
causes de cette flambée
sont multiples mais
elles sont globalement
issues des jeux
économiques. D’une part,
une spéculation de
replis sur les denrées
alimentaires suite à la
crise des subprimes,
d’autre part la
production d’agrocarburants
et le réchauffement
climatique. Pourtant,
certains journalistes
pointent dans leurs
articles les autorités
locales africaines comme
responsables des choix
catastrophiques en
matière de politiques
alimentaires, semblant
ignorer que les
politiques agricoles des
pays du Sud sont
soumises aux
conditionnalités de la
Banque mondiale, du
Fonds monétaire
international (FMI) ou
encore aux Accords de
partenariat économique
(APE). Ceux qui
façonnent l’opinion
publique font ici preuve
d’une légèreté
étonnamment orientée.
C’est ainsi que l’on
peut lire dans la presse
écrite belge : « de
nombreux pays du
continent
[africain]
importent des aliments
au lieu de les produire,
parce que les
autorités locales
donnent la priorité aux
cultures d’exportation
afin d’en retirer les
devises pour acheter ce
qu’ils ne produisent pas |.
Raccourci étonnant.
Aussi étonnant que
simplificateur et qui
dédouane à peu de frais
les politiques
néolibérales de
privatisation, de plans
d’ajustement structurel,
imposés depuis bientôt
trente ans par les
institutions financières
internationales (IFI) et
les gouvernements du
Nord au reste de la
planète.
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Les
femmes, un levier économique sacrifié dans les pays
en développement
En ne permettant pas aux
jeunes filles de suivre une scolarisation
régulière, l'Asie du Sud et l'Afrique
subsaharienne pénalisent leur croissance à court
et long termes

Les femmes nées en
Asie du Sud et en Afrique subsaharienne grandissent
dans des régions en proie à la pauvreté, la maladie,
la guerre ou la famine. Et elles doivent faire face
à ces problèmes avec l'inconvénient majeur... d'être
des femmes. Même si de nos jours les questions
d'appartenance sexuelle font l'objet de plus
d'attention, les inégalités persistent. Nombre de
filles des pays pauvres continuent ainsi de se voir
refuser l'accès à une éducation élémentaire. Dans le
monde, trois enfants analphabètes sur cinq sont des
filles. Notamment en Asie du Sud et en Afrique
subsaharienne, les normes culturelles et la détresse
économique empêchent les parents d'envoyer leurs
filles à l'école ou de les y laisser, s'ils doivent
y inscrire leurs fils. La solution la plus évidente
consisterait à construire plus d'écoles dans les
lieux où les filles et les garçons sont instruits
séparément. Dans les pays musulmans comme le
Pakistan, le Yémen et le Maroc, les écoles séparées
sont, en effet, la norme. Or, nombre de zones
rurales ne peuvent se permettre qu'une seule école
publique, généralement de garçons. En théorie, près
de la moitié des disparités en matière d'éducation
dans ces zones pourrait être gommée par la
construction d'écoles de filles. Partout ailleurs,
ce n'est pas le manque de moyens qui pose problème.
Les responsables politiques doivent plutôt trouver
comment renforcer les mesures visant à inciter les
parents à envoyer leurs filles à l'école. Dans les
pays où les frais de scolarité des filles sont
réduits, grâce à une politique de gratuité ou de
bourses, leur taux de scolarisation augmente.
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Le chômage et
les petits chefs
Il est temps de
mettre à la raison ces nègres qui croient que la
révolution ça consiste à prendre la place des blancs
et continuer en lieu et place, je veux dire sur le
dos des nègres, à faire le blanc.
Césaire, La tragédie
du roi Christophe
par Edouard De Lépine
Il y a sans doute de plus grands malheurs que le
chômage pour des gens qui peuvent travailler.
Personne ne croit qu’il existe dans notre pays de
solution miracle qui permette de résoudre ce
problème dans des délais prévisibles. C’est dire
qu’aucun chômeur martiniquais conscient ne se fait
d’illusion. Mais il y en a qui n’en dorment pas.
Parmi les femmes notamment. Elles se battent tous
les jours pour en sortir. Elles dépensent certaines
semaines plus que les ASSEDIC ne leur versent
d’indemnité. Elles cherchent depuis 7 mois, de
Dillon à Terres Sainville, en passant Redoute et
Chateauboeuf, un local pour exercer un métier
qu’elles connaissent, qu’elles ont pratiqué pendant
vingt ans pour la plus grande satisfaction de leur
clientèle et…de leur employeur. Ou elles n’en
trouvent pas. Ou les prix sont exorbitants.
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Les revenus des patrons du CAC 40 ont bondi de 58%
en 2007
Attention,
les rémunérations ici révélées sont susceptibles de
heurter la sensibilité d’un public non averti. Les
revenus encaissés en 2007 par les patrons des 40
plus grandes entreprises françaises ont augmenté… de
58 %. Une hausse ébouriffante, indécente pour
certains, obtenue par l’addition de toutes leurs
rémunérations.
Pour la première
fois, L’Expansion a cumulé le salaire de base, le
bonus, le gain encaissé sur les stock-options, les
dividendes perçus et même les jetons de présence
dans les autres grands conseils d’administration. En
bas de cette longue colonne de chiffres, un total
record pour les 40 patrons : 161 millions d’euros en
2007, contre 102 millions en 2006. Le gain moyen par
tête atteint 4 millions et provient pour une part
des profits réalisés en levant leurs stock-options.
Les trois premiers du CAC 40 en ont tiré l’essentiel
de leurs revenus en 2007 : Pierre Verluca
(Vallourec) avec 18 millions d’euros, Gérard
Mestrallet (Suez) avec 15 millions et Xavier
Huillard (Vinci) avec 13 millions.
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"Il faut aller
plus loin dans la réduction du temps de travail"
Propos recueillis par Thomas
Bronnec

Dix ans après
le vote de la première loi Aubry, plus personne ne
s’aventure à défendre la poursuite de la réduction
du temps de travail... sauf Pierre Larrouturou,
délégué national Europe du Parti socialiste.
Entretien anti-pensée unique avec un apôtre des 32
heures, auteur de Pour en finir avec Sarkozy,
à paraître le 22 mai aux Editions du Rocher.
Quel
bilan faites-vous des lois Aubry?
La première loi était équilibrée. Pour
bénéficier des allègements de charges, les
entreprise devaient baisser le temps de travail
de 10% et créer 6% d'emplois supplémentaires.
Malheureusement, elle a concerné très peu
d'entreprises. La plupart ont signé des accords
de RTT à la suite de la deuxième loi Aubry, qui
était beaucoup plus ambiguë. Elle autorisait les
heures supplémentaires et permettait la
modification de la définition du temps de
travail : chez Michelin par exemple, les dix
minutes pour se doucher ont tout à coup été
sortie du temps de travail et assimilées à de la
RTT. Il y a eu 350.000 emplois créés, d'après
l'Insee, mais cela aurait dû être beaucoup plus
efficace. Quand la gauche a quitté le pouvoir en
2002, la baisse réelle du temps de travail était
de 4% seulement – alors qu'un véritable passage
de 39 à 35 heures aurait dû logiquement aboutir
à 10%.
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par
RFI
 Les
dirigeants d'Amérique du Sud ont officiellement
donné naissance vendredi à Brasilia à l'Unasur,
l'Union des nations sud-américaines. Cette
organisation régionale, qui prend pour modèle
l'Union européenne, regroupe les 12 pays de la
région : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le
Chili, la Colombie, l'Equateur, la Guyane, le
Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le
Venezuela. L'Unasur constitue un ensemble de 388
millions d'habitants. Mais ses ambitions
risquent de se heurter aux rivalités politiques
entre plusieurs Etats.
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Quelle est l'origine des crises financières ? Un
fait simple et qui peut se résumer ainsi : on
joue plus facilement avec l'argent des autres
qu'avec le sien. Un intermédiaire financier peut
se dire en effet : si je gagne, mes bénéfices
seront proportionnés au volume des affaires que
j'ai engagées. Si je perds, on me licenciera et
peut-être perdrai-je aussi ma réputation. C'est
une perte lourde, mais qui ne sera jamais
proportionnelle à celles que j'ai fait subir à
ceux dont j'ai géré l'argent. Une asymétrie est
ainsi créée entre les gains et les pertes, qui
pousse à l'audace. Passé un certain seuil de
risques, l'investisseur qui joue l'argent des
autres ignore le danger. Plus il joue, plus il
peut gagner, sans alourdir sa perte potentielle.
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Comme tous les matins à 10 heures précises, un
attroupement se forme devant les grilles du
palais de justice, une bâtisse anonyme du centre
de San José. Debout en plein vent, une douzaine
d'hommes en blue-jeans ou en survêtement, deux
femmes en tailleur strict et un jeune couple
d'Asiatiques endimanchés consultent des listes
d'adresses et des plans de la ville tout en
bavardant. Ils attendent l'arrivée des
commissaires-priseurs, qui vont vendre aux
enchères des maisons dont les propriétaires ne
peuvent plus rembourser leurs prêts bancaires,
car les taux d'intérêt ont brutalement augmenté.
Par
tradition, en Californie, les reventes de
maisons saisies se font en pleine rue, afin que
n'importe qui puisse y participer sans
formalités. Depuis le déclenchement de la crise
des subprimes (prêts hypothécaires à taux
variable), ces enchères ont lieu quatre ou cinq
fois par jour dans chaque grande ville de
l'Etat.
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Alimentation mondiale : "On
paye vingt ans d'erreurs"
Le nouveau
rapporteur de l'ONU dénonce la carence des
organismes internationaux

Des sacs de riz et de haricots sur
un marché de Port-au-Prince (Haïti). La hausse
massive des prix alimentaires entraîne de violentes
manifestations dans l'île.
Crédits photo : AP
L'ère
de la nourriture à bas prix est derrière nous.
On paye vingt années d'ereurs ", affirme le
nouveau rapporteur spécial des Nations unies sur
le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter.
Dans une interview au Monde,
l'universitaire belge, ancien secrétaire général
de la Fédération internationale des Ligues des
droits de l'homme (FIDH), n'y va pas de main
morte. Prise de court par les émeutes de la faim
qui ont touché différents pays tant en Afrique,
en Asie que dans les Caraïbes, la communauté
internationale est " inexcusable ", car
nombre de spécialistes, affirme-t-il, "
criaient dans le désert depuis des années pour
qu'on soutienne l'agriculture dans les pays en
développement ".
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Dans son immense dénuement, la Birmanie avait malgré
tout réussi à assurer son autosuffisance en riz,
aliment de base dans ce pays, grâce à la production
des rizières du delta de l'Irrawaddy. En submergeant
le " grenier à riz " des Birmans, le cyclone Nargis
a tout anéanti. La FAO, l'organisation mondiale de
l'alimentation, estime à 80 % la proportion de
récoltes détruites. Il va falloir importer. Au drame
humain s'ajoute un désastre agricole, qui va
provoquer une pression supplémentaire sur le marché
mondial du riz, très agité depuis plusieurs mois.
Avant
l'arrivée de la dictature militaire et le lancement
de " la voie birmane vers le socialisme ", en 1962,
la Birmanie avait été le premier exportateur mondial
de riz. Puis le pays s'est enfoncé dans la misère
et, ces dernières années, le sort des agriculteurs a
été encore compliqué par une innovation du régime :
remplacer par endroits, de manière parfaitement
décousue selon des humanitaires sur place, la
culture du riz par celle d'une plante non comestible
qui permet de produire un biodiesel, le jatropha,
sans tenir compte des propriétés de la terre ni des
capacités des cultivateurs à transformer le jatropha.
La catastrophe birmane rappelle jusqu'à la
caricature le dilemme qui apparaît de plus en plus
crûment aux pays en développement ou émergents.
Faut-il donner la priorité à la protection de
l'environnement ou au nombre de bouches à nourrir ?
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«Gouverner c'est faire
croire»: Machiavel le disait, Sarkozy l'a entendu
Discours du Président devant le Congrès, flou sur le
contrôle des nominations du Parlement, abandon des
mesures concernant la limitation des cumuls des
mandats: Marie-Anne Cohendet, professeur de droit
constitutionnel à l'université Paris I, décrypte les
faux semblants du projet de révision
institutionnelle.«De très nombreuses
dispositions de ce projet laissent planer la plus
grande incertitude en renvoyant à une future loi
organique ou aux règlements des assemblées,
explique-t-elle. On demande donc aux membres du
Congrès de voter les yeux fermés ». Voir ici la
première partie de son analyse consacrée au pouvoir
du Président en matière de défense nationale.
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L’aboulie des démocraties
occidentales devant la Chine
André Glucksmann,
philosophe.

L’approche des Jeux olympiques accentue
l’aboulie mentale des démocraties
occidentales. Face aux puissances
ex-communistes, l’incohérence domine, les
diplomates ne savent pas à qui ils
s’adressent, ni les experts de quels régimes
ils parlent. La brutale répression des
moines et des civils laïcs au Tibet a choqué
l’opinion mondiale, mais accélère la danse
du ventre de nos élites devant les autorités
chinoises. Ira ? Ira pas ? Beaucoup de
leaders découvrent soudain un agenda trop
chargé pour se rendre à l’inauguration
solennelle des JO. Cependant seuls quelques
responsables - polonais, tchèques, bulgares…
- osent proclamer qu’ils boycottent cette
ouverture politico-planétaire qui couronne
un régime bafouant les droits de l’homme.
Majoritairement, l’hypocrisie domine et les
plates «excuses» multipliées par la France
n’honorent personne : entre le respect
entourant la torche olympique et celui dû
aux assassinés et aux torturés de Lhassa,
les Parisiens ont choisi, quitte à prendre
au dépourvu la diplomatie locale et
mondiale.
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Fausses querelles,
vrais problèmes
par Edouard de
Lépine

Faut-il opposer le 22 mai au 27 avril comme on tend
à le faire depuis une trentaine d'années, après
avoir, il est vrai, outrageusement privilégié le 27
avril par rapport au soulèvement du 22 mai qui a
conduit à l'abolition anticipée de l'esclavage à la
Martinique et à la Guadeloupe ? S'il est vrai que
c'est la France qui a introduit l'esclavage dans ses
colonies et qu'il n'y a pas lieu de se confondre en
actions de grâce pour la remercier d'avoir aboli ce
qu'elle avait établi, rien ne nous oblige à donner
raison à ceux qui pensent qu'il " y a des services
si grands qu'on ne peut les payer que par
l'ingratitude ".
C'est dire combien il nous paraît ridicule de faire
comme si la commémoration du 22 mai devait supprimer
la reconnaissance du 27 avril. Il n'est pas
seulement ridicule, il est absurde d'ignorer ou de
minimiser l'une ou l'autre de ces deux dates dans
notre histoire. La commémoration du cent
cinquantième anniversaire de l'abolition peut être
l'occasion d'une réévaluation des apports
réciproques du mouvement abolitionniste en France et
de l'opposition anti-esclavagiste aux colonies, dans
toutes les colonies et pas seulement à la
Martinique. Elle ne doit en aucun cas être un
prétexte à une mutilation de notre histoire.
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Archives Economie
Politique -1
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