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La récession pourrait s'atténuer d'ici décembre, selon l'Insee

  Selon l'Institut, après des baisses continues de janvier à septembre, le PIB pourrait se stabiliser au dernier trimestre 2009. En revanche, 590.000 pertes de postes sont attendues en 2009, avec un taux de chômage remontant à 10,1% pour la première fois depuis 1999.

L'Institut national de la statistique (Insee) annonce, vendredi 19 juin, que la France va connaître en 2009 la plus forte contraction de son activité depuis l'après-guerre (-3%). Cette récession devrait toutefois s'atténuer en fin d'année, sauf si le chômage en pleine explosion s'aggrave au point de menacer la reprise.
Après avoir baissé de 1,2% au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) français devrait encore reculer de 0,6% au deuxième trimestre et de 0,2% au troisième, avant de se stabiliser au dernier trimestre, selon les dernières prévisions de l'Institut de la statistique.
 

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L'économie antillaise continue de souffrir

par Arnaud Rodier
 

La baisse des prix négociée à l'issue du conflit social ne satisfait pas les habitants et le tourisme peine à se remettre de la grève prolongée, dont l'effet a été amplifié par la crise économique.

Ni la Guadeloupe ni la Martinique n'ont pansé leurs plaies. Trois mois après les cinq semaines de conflit social qui ont em­brasé les Antilles, la vie a re­pris son cours mais le mécontentement est toujours là.

L'accord de mars dernier sur l'augmentation des bas salaires, qui se traduit par une hausse moyenne de 200 euros des feuilles de paie les plus faibles, divise. Ceux qui en profitent ne savent pas pendant combien de temps ils pourront le faire. Les chefs d'entreprise considèrent de leur côté qu'il est de nature à fausser la concurrence.

De même, la baisse des prix dans les magasins, âprement discutée dans la grande distribution, ne satisfait personne. Partagée par les enseignes, la Région et les sociétés de transport, elle concerne près de 400 produits et est de l'ordre de 20 % par rapport aux tarifs appliqués avant les émeutes du printemps. Mais les articles qui ne sont pas de première né­cessité ont dans le même temps augmenté plus qu'à l'ordinaire, se plaignent les ménagères guadeloupéennes comme martiniquaises.

Symbole aux Antilles comme ailleurs de la vie chère, l'essence reste une autre source de conflit avec la métropole. Certes, les tarifs à la pompe ont diminué, mais ils demeurent opaques. «Il est indispensable d'améliorer la transparence du système et de clarifier les règles d'administration des prix», réclamait en avril une commission d'experts. Elle ju­geait en outre que les 3 000 personnes employées par exem­ple en Guadeloupe pour servir les clients - la distribution n'est pas automatisée - coûtaient trop cher.

Le gouvernement a commandé une étude pour mettre en place un indice de comparaison des prix de l'essence entre la métropole et les départements d'outre-mer. Malheureusement, elle ne sera disponible qu'au milieu de l'année prochaine.

Chômage dans le bâtiment

Entre-temps, le tourisme a plongé. Trois hôtels ont fermé leurs portes en Guadeloupe, faute de clients. Sur les 9 250 salariés qui bénéficient du chômage partiel depuis février, 1 000 appartiennent ainsi au secteur touristique. Et les entreprises, déjà fra­­gilisées par la crise économique mondiale, ont le plus grand mal à se remettre des grèves.

«Dans le bâtiment et les travaux publics, nous avons perdu 2 000 emplois entre janvier et mai, le chiffre d'affaires a chuté de 40 % et il n'y a plus aucun projet dans l'immobilier privé », déplore Cyril Comte, président de la commission économique du Medef à Fort-de-France. Les patrons sont souvent assimilés à des «profiteurs». À tel point que certains se disent prêts à baisser les bras et à quitter les Antilles.

À l'évidence, le seul déblocage par l'État d'une enveloppe de 580 millions d'euros pour la Guadeloupe et la Martinique en février dernier, assortie de mesures spécifiques de soutien en faveur des familles et des entrepreneurs, est très loin d'avoir calmé les esprits.

25/06/2009 | Lefigaro.fr

 

Les dépenses de fonctionnement de l'Elysée ont augmenté de 21,7 % en 2008

  Pas de restriction budgétaire à l'Elysée. Quand le budget de l'Etat a augmenté de 2,8 % en 2008 par rapport à l'année précédente, celui de la présidence de la République a connu une progression de 18,5 %. Les dépenses de fonctionnement enregistrent, quant à elles, une croissance de 21,7 %.

La loi de finances initiale avait prévu une dotation de 101,157 millions d'euros. Malgré les 9,2 millions de crédits complémentaires votés fin 2008, le montant total des dépenses exécutées en fin d'exercice – dotation d'investissement comprise – s'élève à 113,182 millions d'euros, soit un dépassement de 2,8 millions, selon le document "Pouvoirs publics" figurant en annexe du projet de loi de règlement des comptes de 2008.

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Comment le prix du bœuf passe de 2.70 Euros/kg à 15 Euros

En deux temps, trois mouvements

 

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Tsunami financier la seconde vague

par France Devin

 C'est une vraie bombe à retardement qui menace.  Chacun sait maintenant ce que furent les subprimes : la crise financière, puis bancaire, puis économique et maintenant sociale qu'a déclenché, au niveau mondial, le dérèglement de ce mécanisme, nous le rappelle cruellement, si besoin est. Et le monde n'a pas encore fini d'en payer le prix !

Pourtant, le système financier se met à redouter une autre crise, dont la puissance est ignorée mais terriblement crainte, car cette fois ce ne sont pas que des banques qui risquent d'être touchées mais des entreprises : et elles risquent bien de tomber en cascade… avec leurs emplois avec elles !

C'est une vraie bombe à retardement qui menace. Et dont, semble-t-il, le mécanisme de déclenchement s'est mis en route. Signe peut-être avant-coureur, l'annonce, la semaine dernière, de la perte de 250 millions € du fonds d'investissement, PAI Partners (majoritaire au capital du fabricant de tuiles Monier) a mis le milieu financier en émoi.

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Pour un développement endogène de la Martinique : l’approche par le concept « d’économie résidentielle » est-elle pertinente ?

par José Nosel

  La prégnance, notamment médiatique aujourd’hui, de certains concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, font que le citoyen se trouve embarqué dans des logiques qui en découlent, sans qu’on ne l’ait éclairé toujours très précisément, sur ce qui se cache derrière ces concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, modernes ou actualisés.

              Trope, métonymie, ambivalence, oxymore, etc. participent à ce contexte d’ambiguïté du langage moderne. Même un concept comme celui de « développement », utilisé par nous tous, n’est pas si évident qu’on pourrait le croire. De plus en plus de gens, de grands philosophes, comme Serge Latouche, par exemple (« Décoloniser l’imaginaire », 2005) remettent en cause radicalement ce concept de développement ; en particulier tel qu’il est conçu dans le monde occidental.

           Ainsi, par exemple, de plus en plus de citoyens martiniquais sont probablement « convertis » au développement durable ; et c’est sans doute tant mieux. Mais il ne leur a pas toujours été précisé que le développement durable c’est d’abord du développement ; et que contrairement à l’idée dominante ambiante, confortée par les institutions : le développement durable est souvent administré par des services de l’environnement ; des trois ou quatre piliers du développement durable, c’est l’équité sociale, après la viabilité économique qui conduit à la durabilité, d’où découlent des exigences, des lors incontournables, de préservation de l’environnement, ou d’épanouissement culturel. Ce qui fait que, du modèle théorique, idéal, du développement durable, à la réalité, même comme perspectives, la  distance est longue et la démarche complexe.                          

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Le chômage explose

 L'assurance chômage s'attend à 639.000 chômeurs de plus cette année. "On n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être la crise de 1929", selon l'ex-directeur de l'Unedic.

Les entreprises, telles Goodyear, Altis, ABB ou EDA cette semaine, continuent à égrener des suppressions d'emplois portant sur des centaines de postes, au moment même où l'Unedic (régime d'assurance chômage) déclare s'attendre à 639.000 chômeurs de plus cette année.

Dans l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB, le nombre de chômeurs (catégories A+B+C c'est-à-dire y compris ceux ayant une activité réduite, ainsi que les seniors dispensés de recherche d'emploi), actuellement d'environ 3,5 millions, augmenterait de 639.000 en 2009.

Les destructions nettes d'emplois salariés atteindraient 591.000, selon ces prévisions de l'Unedic assombries par rapport aux mois de février et mars.

 

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La récession aux USA devrait être plus forte que prévu

  La Réserve Fédérale a indiqué hier s'attendre à un repli du PIB de 1.3% à 2%, contre une fourchette de 0.5% à 1.3% pressentie jusqu'alors. Le chômage devrait frôler les 10% fin 2009.

On se demandait depuis quelques jours quel événement ou statistique pourrait arrêter la progression de Wall Street. Ce seront finalement les minutes de la Fed qui ont provoqué hier un retournement assez net de la tendance sur les marchés. Ce compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, publié trois semaines après la réunion des 28 et 29 avril, a été l'occasion pour la Réserve Fédérale américaine de publier en annexe un ajustement de ses prévisions sur la conjoncture, marqué par un abaissement significatif des estimations de croissance pour 2009 et 2010.

Pour l'année en cours, la Réserve Fédérale pense que le produit intérieur brut devrait baisser de 1,3% à 2% en 2009, contre une fourchette de 0.5% à 1.3% pressentie jusqu'alors. Si le haut de la fourchette des nouvelles prévisions était atteint, ceci constituerait la pire année dans l'histoire économique des Etats-Unis depuis 1946.

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Obama démonte l'héritage fiscal de George Bush

  Le président américain Barack Obama a commencé à démanteler l’héritage fiscal de George W. Bush en rétablissant les taux d’imposition les plus élevés appliqués aux ménages fortunés et en supprimant nombre de «niches» utilisées par les entreprises.

Dans un «Livre vert» publié mardi, le département du Trésor a annoncé le rétablissement du taux maximal d’imposition de 39,6% pour les contribuables les plus riches et de 36% pour la tranche suivante.

En contrepartie, ce document annonce des réductions d’impôts pour «la classe moyenne», conformément à la promesse de campagne de M. Obama.

Ce cadeau, dont bénéficieront 95% des familles américaines, coûtera au total 736 milliards de dollars sur dix ans et permettra à un «couple type» d’économiser 800 dollars par an, a indiqué le Trésor dans un communiqué.

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Ce qui est prévu pour les internautes en cas de téléchargement illégal

 Voici les conséquences pour l'internaute des dispositions du projet de loi sur "la diffusion et la protection de la création sur internet", qui devait être voté mardi en nouvelle lecture à l'Assemblée avant une adoption définitive par un ultime vote du Sénat mercredi.

 La liste des sanctions

Hadopi: la création sacrifiée

Par Philippe Couderc (président de la Fédération des producteurs et éditeurs indépendants d'Aquitaine, Feppia) et Eric Petrotto (président de la Fédération nationale de labels indépendants, CD1D)

Aujourd’hui, La lliberté de créer est menacée, car la majorité de ces structures indépendantes est au bord de l’asphyxie.  Alors que la loi «Création et Internet» revient au Parlement, nous, producteurs indépendants de musique, voulons interpeller les députés et apporter, dans les débats actuels, un éclairage radicalement différent de celui promu par les grandes compagnies du disque. Les acteurs indépendants de la musique sont plus de 600 en France, et cumulent plus de 3 000 productions par an. Pour paraphraser le syndicat de l’artisanat, ils constituent «la plus grande maison de disques de France», produisant 90 % de la création originale. Très souvent hors des sentiers battus, ils représentent la véritable diversité culturelle que ce pays se flatte à raison de défendre. Sans eux, les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback, High Tone… n’auraient jamais débuté…

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La décroissance
soutenable

 La contestation de la croissance économique est un fondement de l'écologie politique. Il n'est pas de croissance infinie possible sur une planète finie. Trop dérangeante, car en rupture radicale avec notre développement actuel, cette critique fut vite abandonnée au profit de concepts plus souples, comme le "développement durable". Pourtant, rationnellement, il n'existe guère d'autres voies pour les pays riches (20 % de la population planétaire et 80 % de la consommation des ressources naturelles) que de réduire leur production et leur consommation afin de "décroître".

Il n'est pas besoin d'être économiste pour comprendre qu'un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le cas des sociétés occidentales, puisqu'elles puisent dans les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun, sans tenir compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Non content de piller ce capital, notre modèle économique, fondé sur la croissance, induit en plus une augmentation constante de ces prélèvements. Les économistes ultra-libéraux comme les néo-marxistes ont éliminé de leurs raisonnements le paramètre «nature», car trop contrariant. Privé de sa donnée fondamentale, notre modèle économique et social se trouve ainsi déconnecté de la réalité physique et fonctionne dans le virtuel. Les économistes vivent en fait dans le monde religieux du 19e siècle où la nature était considérée comme inépuisable. Nier la réalité au profit d'une construction intellectuelle est le propre d'une idéologie. Nous pouvons donc considérer que l'économie actuelle est avant tout de nature idéologique, fût-ce par défaut. La réalité est plus complexe, car le système économique est en fait largement livré à lui-même, sans contrôle politique.

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Ne pas confondre économie et économistes

Par Dani Rodrik, qui enseigne l'économie politique à la John F. Kennedy School of Government d'Harvard.

Alors que le monde s'enfonce dans le marasme, certaines critiques s'interrogent sur le rôle des économistes. A juste titre, car ils ont à répondre de nombreux dysfonctionnements. Ils ont légitimé et popularisé l'idée que la finance sans entraves était une aubaine pour la société. Ils ont mis en garde d'une voix quasi unanime contre les "dangers de la surrégulation des gouvernements". Avec leur expertise technique, ils avaient une position privilégiée de leaders d'opinion, ainsi qu'un accès aux coulisses du pouvoir.

Rares sont ceux (aux exceptions notables de Nouriel Roubini et Robert Shiller) qui ont alerté sur la crise à venir. Pire, la profession a échoué à fournir des outils utiles pour sortir de la pagaille actuelle. Sur l'incitation fiscale keynésienne, leurs points de vue varient de "absolument essentielle" à "inefficace et dangereuse". Sur le retour à la régulation de la finance, il y a beaucoup de bonnes idées mais peu de convergence. D'un quasi-consensus sur les vertus d'un modèle mondial centré sur la finance, la profession est passée à une absence quasi-totale de consensus sur ce qu'il faut faire.

Pourtant, sans la boîte à outils des économistes, impossible de donner un sens à la crise. En fait, ce n'est pas l'économie, mais les économistes qui sont fautifs. Ils (et ceux qui les écoutent) ont eu une confiance démesurée dans leurs modèles : les marchés sont efficaces, l'innovation financière transfère le risque vers les plus aptes à le supporter, l'autorégulation est ce qui marche le mieux et l'intervention des gouvernements est dommageable. L'orgueil crée des angles morts. Si une chose a besoin d'être remise à niveau, c'est bien la sociologie de la profession. Les manuels sont, eux, très bien.

 

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Capitalisme 3.0, Nouvelle Version,Prochainement!

 

by Dani Rodrik

CAMBRIDGE – Le capitalisme est plus durement touché qu’il ne l’a été depuis des décennies. Forte récession, chaos économique planétaire, et nationalisations en force de grands pans du secteur financier des économies avancées se conjuguent pour mettre à mal l’équilibre entre marchés et Etats. Où le nouvel équilibre va-t-il se situer, personne n’est en mesure de le dire.

Ceux qui annoncent la mort du capitalisme ne peuvent ignorer une donnée historique importante, le pouvoir quasi illimité qu’a le capitalisme de se réinventer. Cette résilience lui permet, depuis des siècles, de surmonter ses crises périodiques et de résister à une longue série de critiques dont celles de Karl Marx n’étaient que le début. Il ne s’agit pas de se demander si le capitalisme est capable de survivre – il en est capable – mais si les dirigeants de la planète feront preuve du leadership qu’il faudra pour l’accompagner vers la phase suivante, dès que nous serons sortis de nos difficultés.

Le capitalisme est sans égal pour ce qui est de libérer les énergies économiques collectives des sociétés humaines. C’est pourquoi toutes les sociétés prospères sont capitalistes au sens large du terme: elles s’articulent sur la propriété privée et confient aux marchés la tâche de répartir les richesses et d’assurer les bénéfices économiques. Le problème, c’est que ni les droits de propriété ni les marchés ne peuvent fonctionner de manière autonome. Ils ont besoin d’être soutenus par des institutions sociales.

 
 

TRIBUNE - Après le tollé provoqué par l'affaire des stock-options de la Société générale, l'essayiste Alain Minc (*) fustige le comportement du patronat français en cette période de crise, lui reprochant son «autisme» et son «inconscience».

Nul ne peut me soupçonner d'être votre ennemi : c'est plutôt le reproche inverse que je subis à longueur de colonnes dans les journaux. Mais je suis aujourd'hui inquiet pour vous car je ne comprends ni vos réactions, ni vos raisonnements, ni - pardonnez-moi le mot - votre autisme. La France n'est pas l'Allemagne : elle a toujours eu des difficultés à établir sur des bases claires un contrat social entre patrons, salariés et pouvoirs publics. De là le poids des symboles. Les syndicats essaient de canaliser tant bien que mal le mécontentement et donc de préserver l'ordre social. Les pouvoirs publics s'efforcent de tenir l'équilibre entre les dépenses nécessaires pour aider les plus malheureux et l'obligation de ne pas déstabiliser, au-delà du raisonnable, les règles de bonne gestion. Les petits patrons se battent pour leur carnet de commandes, courent derrière leurs lignes de trésorerie et sont en fait, face à la crise, du même côté que leurs salariés. Et pendant ce temps, vous qui avez les yeux fixés au-delà du Rhin pour y chercher l'exemple de la modération salariale, vous n'avez pas remarqué le code de conduite en temps de crise signé par le patronat et le gouvernement de Berlin !

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Crise : le choc est à venir

Malgré la débâcle financière et l'urgence climatique, on continue de croire que tout va comme avant. Sans comprendre qu'en réalité nous avons changé d'époque

par Harald Welzer

   Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu'il suffisait de relancer son cycle de création continue.

L'idée que, cette fois, il s'agit peut-être de plus que d'une " crise ", n'est apparemment venue à personne. La vie suit son cours : on emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on espère, avec tout ça, passer le cap au plus vite. Le manque de la plus élémentaire clairvoyance de la mesure et des conséquences de la débâcle financière indique pourtant bien que ce qui est arrivé n'a pas été anticipé. Des faillites bancaires massives, des groupes d'assurances entamés, des Etats eux aussi au bord de la ruine ? Et les milliards requis pour tout ça, que sont-ils, sinon de l'argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l'implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?

Bien que la catastrophe économique déploie implacablement son cours à une allure défiant toute concurrence, frappant une branche après l'autre, le bricolage, le raboutage et le rembourrage, et les sempiternels sommets continuent à donner l'apparence que la crise est gérée. Les réactions des gens sont graves, mais pas paniquées. En dépit du lot quotidien de nouvelles horrifiques en provenance de la Global Economy, citoyennes et citoyens ne sont que modérément agités.

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Le Moule, berceau de la canne à sucre et symbole de la Guadeloupe en grève

   Il y avait Justinien, Serdot, Dernon, et puis une femme enceinte, Marignan Dulac, qui se trouvait au mauvais endroit, ce jeudi 14 février 1952. Les CRS avaient tiré à vue dans les rues du Moule, faisant quatre morts et quatorze blessés, après trois mois et demi de grève des ouvriers de la canne à sucre. Le massacre de la Saint-Valentin, disent les Guadeloupéens.
Samedi 14 février, une manifestation organisée par le LKP, le Collectif contre l'exploitation, doit rassembler plusieurs milliers de personnes au Moule, in memoriam. 

Au 25e jour de grève en Guadeloupe, ce samedi, la canne n'est pas coupée. L'immense usine Gardel, près du Moule, 16 000 m2 de bâtiments, 32 hectares, est une usine fantôme. C'est la seule qui reste sur l'île, pour traiter les 12 000 tonnes de canne. En 1952, on en comptait encore seize, à Petit-Bourg, Capesterre, Comté, Beauport, Bonne Mère... - là où la grève avait commencé, en novembre 1951. Les ouvriers réclamaient une augmentation du prix de la journée de travail afin que leurs salaires soient alignés sur ceux des Français. Forts de la loi du 16 mars 1946 qui assimilait les colonies à des départements, ils avaient cessé le travail. Au fil des semaines, le mouvement s'était étendu aux petits colons et aux planteurs, exigeant un meilleur prix de la canne à la tonne. "Voilà la combinaison qui avait mis le feu dans les champs", résume l'historien Raymond Gama.

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« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »

Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique


 Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.

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Perf!
 

  "Que voit le Guadeloupéen après soixante années de départementalisation ?, interroge Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer. Des prix plus élevés que dans l'Hexagone, un revenu par habitant très inférieur à la moyenne nationale, des enfants surdiplômés au chômage, et des métropolitains qui occupent les postes de cadres."

Une partie des maux de l'outre-mer est ainsi résumée. Il omet cependant d'en analyser les racines : ce que le romancier martiniquais Patrick Chamoiseau appelle "cette tutelle coloniale qui nous maintient dans l'irresponsabilité et la dépendance". Pour Christiane Taubira, députée (divers gauche) de la Guyane, la situation en Guadeloupe "frôle l'apartheid social". Elle met en cause "une caste qui détient le pouvoir économique et en abuse"

C'est à ces maux endémiques que... ne répond pas le projet de loi pour le développement de l'outre-mer (Plodeom) examiné - en principe - en mars au Sénat. Auditionné mardi 17 février par les commissions des affaires économiques et des affaires sociales, le secrétaire d'Etat, Yves Jégo, ne peut ignorer que l'explosion sociale en Guadeloupe et ses risques d'extension ont rendu obsolète le texte présenté en juillet 2008 en conseil des ministres.

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 L'entreprise occupe une place singulière dans le capitalisme. Elle en est le moteur parce qu'elle est le lieu de la création de richesses. Elle en est le régulateur puisqu'elle règle le partage de la valeur ajoutée entre le travail, le capital et les prélèvements qui financent les services publics. Elle en est le modernisateur puisque ses transformations déterminent les changements du système productif : ainsi les fabriques sont-elles indissociables de la révolution industrielle, la grande entreprise de la montée en puissance du salariat, les sociétés multinationales de l'apogée de la société industrielle, les groupes-plate-formes de l'âge de la mondialisation.

Si l'intervention de l'Etat est indispensable face à la dynamique de la déflation par la dette, c'est autour de l'entreprise que se décideront la sortie de crise et les bouleversements dans la régulation du capitalisme mondialisé, qu'il s'agisse de l'équilibre entre l'Etat et les marchés, entre la rémunération du travail et celle du capital, entre les grands acteurs du système multipolaire du XXIe siècle. Or l'entreprise reste le parent pauvre de la théorie et de la politique économiques. Pour les marxistes, elle se résume à l'exploitation du travail ; pour John Maynard Keynes, elle se confond avec l'équilibre de sous-emploi ; pour les libéraux, elle est une machine à maximiser le profit. Au cours des deux dernières décennies, l'obsession qui a présidé à son gouvernement a paradoxalement conduit à la nier en tant qu'institution. 

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  Nous vivons une époque où l'éthique semble avoir envahi l'espace : le commerce est éthique, la finance est éthique, les entreprises adoptent des chartes éthiques, etc. Pourtant le capitalisme est dans tous ses états ; jamais "l'amour de l'argent", comme dirait Keynes, ne l'avait conduit à de telles extrémités : rémunérations extravagantes des plus aisés, rendements chimériques, obscénité de la misère, explosion des inégalités, dégradation de l'environnement... L'émergence de l'éthique est-elle une réaction au spectacle affligeant des conséquences morales et sociales d'un monde économique déserté par l'éthique ?

Car on ne peut rejeter avec légèreté l'hypothèse que l'oubli de l'éthique aujourd'hui, comme hier, a conduit le système à la crise. "Les deux vices marquants du monde économique où nous vivons, écrivait Keynes, sont que le plein emploi n'y est pas assuré et que la répartition de la fortune et du revenu y est arbitraire et manque d'équité." D'où vient que l'on puisse porter un tel jugement ? L'économie ne se donne-t-elle pas comme la science par excellence disjointe de toute considération éthique ? 

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La surcharge de travail des femmes africaines entrave le développement économique du continent

Une enquête pointe la nécessité de prendre en compte le temps de travail domestique

  Un nourrisson noué dans le dos, une bassine de manioc ou un fagot de bois maintenu sur la tête : les femmes africaines déambulent rarement les bras ballants. Si l'intensité de leur travail, aisément perceptible, relève de l'évidence, leur contribution à l'économie passe largement inaperçue. Ainsi, le taux d'activité des femmes africaines (62 %) est supérieur à celui qui prévaut en Europe (49 %). Mais, reléguées dans des activités informelles, voire non marchandes, et assignées aux tâches ménagères, elles ne pèsent guère dans les indicateurs qui reflètent l'état des sociétés et sont censés inspirer les politiques.

Un chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), Jacques Charmes, a entrepris depuis des années de lever le voile sur la réalité de l'emploi du temps des Africaines, en enquêtant minutieusement sur leurs activités quotidiennes. Afin de leur rendre justice et d'inciter à un partage plus équitable des tâches entre les sexes. Mais aussi pour montrer de quelle façon la surcharge de travail qui pèse sur les femmes compromet le développement économique.

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  L'outre-mer "coûte" près
de sept milliards à l'État

 

par Cécile Crouzel
 

La Guadeloupe coûte déjà 2,5 milliards d'euros à l'État et la Martinique 1,8 milliard.

  Avec un taux de chômage qui dépasse les 20 %  et une proportion de RMistes presque quatre fois plus élevée qu'en métropole, les Antilles souffrent de nombreux handicaps économiques. Pourtant, l'État ne lésine pas sur les moyens qu'il accorde à l'outre-mer. 

L'effort global programmé jusqu'à présent pour 2009 est de 16,7 milliards d'euros. Pour la Guadeloupe, la facture s'élève à 2,5 milliards, et pour la Martinique à 1,8 milliard. «Toutefois, ces chiffrages agrègent tous les coûts, y compris ceux liés aux missions régaliennes de l'État, comme l'Éducation, la Justice, la police, qui existent dans l'ensemble des départements français», nuance Éric Doligé, sénateur UMP rapporteur du budget de l'outre-mer. Or ces charges «habituelles» ne sont pas négligeables : en Guadeloupe, l'État dépense près de 700 millions d'euros pour l'enseignement scolaire. «Il est donc plus juste de se concentrer sur le coût, pour l'État, des mesures spécifiques à ces territoires», explique Jérôme Cahuzac, député socialiste, rapporteur de ce budget à l'Assemblée.

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Croissance: Noir, c'est noir

Par Rémi Duchemin  

L'année 2009 s'annonce économiquement très difficile pour la France. Selon Les Echos et Le Figaro de lundi, Christine Lagarde devrait annoncer mercredi une prévision de croissance révisée de -1,5% pour l'exercice en cours. Le déficit public devrait lui passer à 5,5% du PIB, et atteindre ainsi la somme de 100 milliards d'euros. Ces chiffres, confirmés par Bercy, sont les pires depuis... 1945.

  Cette fois, Christine Lagarde aura bien du mal à afficher son traditionnel optimisme forcené. Face à la crise économique et financière, la ministre de l'Economie et des Finances avait à plusieurs reprises laissé entendre, parfois contre l'évidence, que la croissance de la France pour 2009 serait positive. En janvier encore, elle avait fait état de prévision oscillant entre 0,2 et 0,5% pour l'exercice en cours. Mais face au ralentissement de l'économie et la baisse sensible des investissements, ces chiffres ne semblaient guère plausibles. Petit à petit d'ailleurs, Christine Lagarde avait laissé entendre que les chiffres ne seraient pas à la hauteur des attentes.

Mercredi, le nouveau discours sera donc radicalement différent de celui asséné ces derniers mois. En conseil des ministres, Christine Lagarde devrait annoncer, à l'occasion de la présentation du projet de loi de Finances rectificative pour 2009, de nouveaux chiffres, extrêmement mauvais. Selon Le Figaro et Les Echos de lundi, les nouvelles prévisions de croissance pour 2009 devraient se situer entre -1 et -1,5%, des chiffres synonymes de récession. Quant au déficit public, évalué par la même Christine Lagarde à 4,4% en janvier, il devrait en fait atteindre 5,5% du PIB, et pourrait ainsi franchir la barre symbolique des 100 milliards d'euros. Au-dessus, très au-dessus même, des 3% autorisés par l'Union européenne.

Ces chiffres ont été confirmés lundi matin par Frédéric Lefebvre. "Je crois qu'il faut dire les choses clairement, c'est -1,5% la réalité de ce qui est devant nous", a déclaré le porte-parole de l'UMP sur BFM TV/RMC. On sait parfaitement que devant nous ça va être très dur. "Il va falloir construire une loi de finances rectificative qui tienne compte de l'impact de cette crise", a-t-il ajouté, avant de tenter de rassurer en précisant que "la France tient mieux que les autres pays". N'empêche. La récession annoncée est bel et bien la pire depuis..
. 1945.  

leJDD.fr Lundi 02 Mars 2009

 

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Le Japon plonge 35 ans
en arrière

Le PIB japonais a enregistré en 2008 un repli de 0,7 %, son plus mauvais résultat annuel depuis 1998. Crédits photo : AP

 

Fin 2008, le PIB du pays s'est effondré de 13 % en rythme annuel. Le pays n'avait pas connu une situation aussi catastrophique depuis 1974

  Les Japonais, à qui l'on apprend dès le plus jeune âge à ne surtout pas exprimer leurs émotions, s'autorisent désormais tous les superlatifs. Leur pays a connu un recul de 0,7 % du PIB l'année dernière. Ce chiffre, apparemment mauvais sans être dramatique, cache un incroyable plongeon au dernier trimestre. Le produit intérieur brut des trois derniers mois de 2008 a reculé de 3,3 % par rapport aux trois mois précédents, et de 12,7 % par rapport à la même période en 2007. C'est «la pire crise depuis la fin de la guerre», affirme Kaoru Yosano, ministre de la Politique économique et budgétaire. L'économie nippone est à ses yeux «littéralement ravagée».  Le langage est inhabituel. Mais il est vrai qu'il faut remonter au grand choc pétrolier et au premier trimestre de 1974 pour trouver un recul aussi brutal (- 11,6 %). Effondrement des exportations de 45 % en un an - essentiellement en raison du coup de frein des achats américains de voitures et d'appareils électroniques -, chute de l'investissement privé des entreprises de 19,5 %, production industrielle en repli de 20,8 % entre décembre 2008 et décembre 2009, tous les chiffres démontrent que l'Archipel est au plus bas.   

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Travailler plus pour devenir bête

  Le travail intensif peut altérer les capacités mentales. C'est à cette conclusion qu'aboutit une étude, parue dans la livraison du mois de mars de  The American Journal of Epidemiology. Le phénomène est d'autant plus préoccupant que le sur-travail est monnaie courante. "Les longues plages horaires sont communes dans le monde entier ; dans les Etats membres de l'Union européenne, entre 12 % et 17 % des actifs ont effectué des heures supplémentaires en 2001", rappellent les auteurs de l'étude. 

Une équipe finlandaise a étudié le cas de 2 200 fonctionnaires britanniques, âgés de 35 à 55 ans, sur une longue période, entre 1997 et 1999, puis entre 2002 et 2004. Parmi les sondés, 39 % ont rapporté des horaires hebdomadaires inférieurs à 40 heures, alors que 53 % ont déclaré un emploi du temps de 41 à 55 heures.  

Les résultats montrent que ceux qui travaillent plus de 55 heures par semaine ont des capacités mentales amoindries par rapport à ceux qui ont une durée de travail hebdomadaire de 40 heures. Ceux qui avaient une surcharge de travail sont moins bons dans les tests d'évaluation du raisonnement et du vocabulaire. 

RAISONS OBSCURES

Les effets constatés sont par ailleurs cumulatifs : selon l'étude, plus la semaine de travail est dense, plus les effets indésirables se font ressentir. Pour parvenir à de tels résultats, les employés ont été soumis à cinq tests différents. Parmi ceux-ci, les scientifiques ont soumis à l'échantillon une liste de vingt mots de une à deux syllabes, en leur donnant deux minutes pour en retenir un maximum.

Si le diagnostic est désormais établi, les causes sont plus obscures. Les scientifiques n'ont pas pu déterminer pour quelles raisons précises la surcharge de travail affectait les facultés mentales. Ils ont toutefois relevé un faisceau de facteurs explicatifs, parmi lesquels figurent une qualité de sommeil inférieure, de la dépression et, d'une manière générale, une hygiène de vie moins bonne.

Cette étude ne constitue qu'une base de départ pour ceux qui l'ont réalisée, car, de leur propre aveu, elle demeure limitée. "La durée de la période d'étude ne semble pas suffisante pour détecter le déclin des fonctions cognitives en général", jugent les auteurs. L'analyse, qui prend pour base des fonctionnaires, "n'est pas représentative de la population active globale", poursuivent-ils.

LEMONDE.FR | 26.02.09 |

 
 

Frais bancaires :
la surenchère des forfaits

 

Les tarifs bancaires baissent en 2009 mais le recours aux packages (forfaits comprenant différents produits et services bancaires) augmente la facture des clients, selon l'étude annuelle CLCV Mieux Vivre Votre Argent.

Pour le profil «petit consommateur», la facture annuelle moyenne s'élève à 73,14 euros s'il paie les services à l'unité mais grimpe à 111,62 euros, s'il souscrit à un package. (Photo Bouchon/ Le Figaro)  Tarifs des services à l'unité contre tarifs des forfaits. Pour la première fois cette année, l'association CLCV et le magazine Mieux Vivre Votre Argent ont inclus dans leur étude annuelle sur les tarifs bancaires, la comparaison entre les prix des services à la carte et les prix des packages, qui concernent près d'un client sur deux des banques. Fondé sur la comparaison des tarifs disponibles au 1er février 2009 de 124 établissements, le résultat de l'étude est sans appel. Dans la majorité des banques, «il est plus intéressant financièrement de souscrire des services à la carte que d'opter pour un package», selon l'association de consommateurs. Ainsi, pour le profil petit consommateur (compte peu actif, sans produit d'épargne), la facture annuelle moyenne s'élève à 73,14 euros, s'il paie les services à l'unité. En revanche, s'il souscrit un package, la facture grimpe à 111,62 euros, soit un surcoût de 50%. Pour un petit consommateur, il n'est intéressant de souscrire un forfait que dans sept établissements sur l'ensemble du panel. Pour un couple actif (compte joint, utilisant une gamme assez large de services bancaires et disposant d'un plan d'épargne en actions), le package est toujours moins intéressant mais il peut parfois permettre de substantielles économies de l'ordre de 46%.

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" Millénium " : la saga policière disait vrai

  Qui n'a pas lu, ou entendu parler, de Millénium, la trilogie policière du Suédois Stieg Larsson ? Dès la fin 2007, la passion du public pour Lisbeth Salander, une jeune femme qui se défend seule contre une monstrueuse conspiration, propulsait les ventes à plus de 8 millions d'exemplaires dans le monde. Un best-seller international qui est également un " long seller " : en Europe, les trois volumes sont, depuis soixante-quinze semaines, en tête des ventes.

Cet engouement durable pour Millénium s'explique par le fait que la saga fait partie de ces livres rares qui disent " quelque chose " sur l'époque au sein de laquelle ils surgissent. Au-delà de l'aspect romanesque apparent, le message subliminal que distille Millénium pourrait être le suivant : nous vivons au sein d'un monde chaviré où la loi et l'ordre règnent en apparence, alors qu'en réalité des mafieux tirent les ficelles.

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Guadeloupe : un pré-rapport détonant sur la filière pétrolière

 Le secrétaire d’état à l’outre-mer, Yves Jégo, a diligenté une mission d’inspection, qui examine depuis le mois de décembre 2008 le système de distribution de l’essence dans les DOM-TOM. Le rapport final doit être présenté fin février, mais un rapport d’étape a déjà été rédigé, que Le Monde s’est procuré. Il est accablant pour les compagnies pétrolières.

Dans Le Journal du dimanche, du 8 février, M. Jégo évoque "un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières" qui pourrait se terminer "par une action judiciaire de l’Etat" contre elles.

L’Etat non plus n’est pas exempt de reproches, selon ce pré-rapport : "Le dispositif actuel d’administration des prix par les préfets prend l’eau de toute part" et les services de l’Etat "sont incapables de justifier la base des calculs sur lesquels repose leur évaluation", en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe écrit l’inspecteur.

Mais les pétroliers apparaissent comme les plus fautifs. Ainsi, le coût des approvisionnements (brut importé pour être raffiné et produits finis ou semi-finis) n’est pas déterminé sur la base des approvisionnements réels "mais sur celle d’une formule intangible", avec une clé de répartition invariable entre brut et produits finis. Même quand la SARA (Société anonyme de raffinement des Antilles) a été arrêtée pendant deux mois… D’où le soupçon d’enrichissement indu.

 

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Le débat Keynes-Hayek à la lumière de la crise

Hayek et Keynes   Keynes et Hayek sont deux penseurs majeurs dont les œuvres, plusieurs fois enterrées et ressuscitées, ont toujours à nous apprendre. Ils se sont durement affrontés, tout en se respectant et en entretenant même des liens d'amitié. Leurs analyses du fonctionnement des économies capitalistes étaient radicalement opposées. Ainsi, pour Keynes, rien ne garantit l'atteinte du plein emploi, une économie pouvant se trouver indéfiniment en situation d'équilibre de sous-emploi. Pour Hayek, le libre fonctionnement des marchés mène spontanément au plein emploi.

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La révolution cubaine
Par Sabine Manigat



  Elle a cinquante ans. Que peut bien conserver de révolutionnaire une quinquagénaire? En lisant la presse internationale ce mois-ci, j’ai parfois eu l’impression que c’est à l’aune de cette question que le régime castriste est évalué – critiqué, plus souvent que jamais. D’un côté, il y a le registre des tares et des manques : la dictature des Castro incapables de passer la main politiquement; le traitement réservé aux dissidents; les multiples pénuries qui maintiennent les Cubains « dans la misère ». D’un autre côté, les dirigeants et la presse cubaine rappellent, à grand coups de dates, de statistiques et de citations, la trajectoire de la révolution depuis l’épopée héroïque jusqu’à l’âpre résistance après la chute du Mur de Berlin et les réalisations sociales du régime. Par-delà les pour et les contre, il y a bien entendu les vieilles lignes de fracture idéologiques, mais les débats les plus sérieux en la matière indiquent que, dans les réflexions sur les perspectives futures à Cuba, se joue un ensemble de questions que les nouvelles réalités mondiales comme la crise économique, l’élection de Barack Obama ou encore la montée de la gauche en Amérique Latine remettent à l’ordre du jour.
 

 

Cuba: «En matière alimentaire, l’échec de la révolution est incontestable»

Recueilli par JEAN-HÉBERT ARMENGAUD

En quel état était l’économie cubaine en 1959?

Près de Viñales, dans l'ouest de Cuba, en juillet 2008. (DR)  Une des plus grandes victoires de Fidel Castro est sans doute d’avoir réussi à imposer une image très schématique et déformée de ce qu’était le Cuba d’avant la révolution de 1959, pour en faire un repoussoir au service de sa propagande. Le Cuba de 1958 n’était certes pas un paradis, mais il n’était pas non plus l’enfer décrit par le discours officiel. Les indices économiques de Cuba en 1958 sont parlants: parmi les pays d’Amérique latine, Cuba se classait en quatrième position pour l’espérance de vie et en PIB par habitant avec un revenu qui était alors comparable avec celui des pays pauvres d’Europe comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce.
Cuba était aussi le pays d’Amérique latine qui possédait le plus de kilomètres de voies ferrées et d’appareils électroménagers par habitant. Le peso cubain circulait alors à parité avec le dollar. Aujourd’hui, il vaut vingt fois moins. Le taux d’alphabétisation de Cuba était alors de 76,4 % soit la quatrième place sur le continent latino américain après l’Argentine, l’Uruguay et le Chili.
 

 

Savoirs contre pauvreté !

François Bourguignon directeur de l’Ecole d’économie de Paris.

  Quel beau thème que ce «Savoirs contre pauvreté» retenu par le Collège de France, en association avec l’Agence française du développement, pour cette nouvelle chaire internationale inaugurée dans l’affluence jeudi dernier ! Avec plus d’un milliard de pauvres dans le monde, la lutte contre la pauvreté requiert certes une volonté politique et des ressources financières supplémentaires. Mais elle demande aussi du savoir afin que ces ressources soient utilisées de façon indubitablement efficace.

Qui mieux qu’Esther Duflo pouvait assurer le premier enseignement de cette chaire ? Chercheuse passionnée, elle est l’une des spécialistes mondiales de l’évaluation et l’expérimentation des programmes de lutte contre la pauvreté. L’identification rigoureuse de l’impact d’un programme est essentielle pour juger et améliorer son efficacité. C’est aussi la seule façon d’accumuler un savoir transposable à d’autres contextes et participant ainsi au progrès durable des politiques de développement dans le monde. Les méthodes d’évaluation d’impact aujourd’hui disponibles résultent de l’adaptation, relativement nouvelle, à l’économie de techniques des sciences expérimentales. Esther Duflo est depuis le début à la pointe de ce mouvement.

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Néocolonialisme agraire
Des chefs d'Etat de pays pauvres mettent eux-mêmes leur terre en viager

 

  Parmi les " bienfaits " des colonisations conduites au XIXe siècle, il y eut l'introduction forcée et la culture obligatoire du coton dans les régions de savanes africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de famille était tenu de cultiver une " corde " de coton, soit environ un demi-hectare, afin d'approvisionner l'industrie textile française. En contrepartie, sa récolte lui était payée et, quand on lui avait retenu les avances sur les semences, les engrais et les pesticides, il lui restait trois sous pour participer aux débuts de la société de consommation.

On était à la fin des années 1920. Les paysans tchadiens ignoraient ce qu'était l'anticolonialisme, mais ils avaient bien compris que la nouvelle tâche qui leur était imposée était inique : elle tombait à la même saison que la culture du sorgho vivrier, elle doublait la quantité de travail, et elle occupait une parcelle consacrée à l'indispensable jachère, seule technique possible de régénération des sols. Beaucoup se révoltèrent, mais la " chicote " coloniale eut tôt fait de les calmer, et les courageuses dénonciations d'André Gide ne furent guère entendues en métropole.

A l'aube du XXIe siècle, la décolonisation est - dit-on - achevée, le travail forcé est interdit, et le monde entier peut être informé en temps réel de la plus petite exploitation de l'homme par l'homme, fût-elle commise au coeur de la Nouvelle-Guinée ou de l'Amazonie. Et pourtant, aussi insidieuse que légale, une nouvelle forme de colonisation des terres a commencé à s'instiller dans les régions les plus pauvres de la planète, et nul ne proteste. Au contraire, les premiers intéressés sont même parfois demandeurs, comme ces représentants de la région indonésienne de Papouasie qui ont démarché des investisseurs saoudiens en leur offrant un million d'hectares pour qu'ils puissent y produire les céréales dont manque l'Arabie saoudite, moyennant quelques investissements dans les infrastructures et quelques miettes vivrières pour les populations locales.

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Comprendre l'affaire Madoff


Qui est Bernard Madoff ?

  Le courtier au cœur du scandale était une légende de Wall Street, ainsi qu'une incarnation du rêve américain. Ce maître nageur à Long Island a créé son fonds d'investissement à l'âge de 22 ans, avec 5 000 dollars. Réputé intuitif, ultra-rapide mais aussi très "éthique", il avait fini par s'imposer dans la communauté financière. Au point de devenir président du Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs technologiques, de 1990 à 1991. Mondain, jovial, il parvenait à capter la confiance de ses futurs clients. Figure de la communauté juive new-yorkaise, le "génial" financier était très présent dans les activités caritatives et culturelles.


Comment a-t-il escroqué ses clients ?

M. Madoff recevait par le biais de son fonds (Bernard Madoff Investment Securities) des capitaux à gérer, qu'il investissait dans des hedge funds (fonds d'investissement à risque), dont la performance était réputée supérieure à la moyenne. Lorsque la performance n'était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer le rendement distribué aux investisseurs, il prenait tout simplement l'argent des nouveaux investisseurs et l'utilisait pour payer les anciens. De ce fait, il donnait l'impression d'une performance exceptionnelle, sur la base de laquelle il attirait de plus en plus d'investisseurs, mais année après année, il dilapidait le capital que ceux-ci lui avaient confié.

Quand la crise boursière éclate, nombre d'investisseurs veulent récupérer leur mise. Trop en même temps. M. Madoff ne peut pas rendre l'argent. Il fait part de la situation à son fils, qui prévient les autorités. Le 11 décembre, Bernard Madoff est arrêté par le FBI.

LA FRAUDE DE MADOFF

"Les marchés financiers fonctionnent presque comme des sectes"

Sectes?

 Comment le gérant de fonds américain Bernard Madoff a-t-il pu dissimuler aussi longtemps une supercherie engageant quelques unes des plus grandes banques mondiales ?

- Bernard Madoff a pu jouer sur sa crédibilité auprès des investisseurs. Cela montre à quel point les marchés financiers sont totalement irrationnels et fonctionnent presque comme des sectes religieuses. Il a pu fonctionner ainsi parce qu'il appartenait à la communauté financière et qu'il en était l'un des piliers. La SEC (Securities and Exchange Commission), chargée de réglementer et de contrôler les marchés financiers a complètement failli à sa tâche. Madoff a réussi à engager des sommes colossales malgré les alertes de l'hebdomadaire économique Barron's. La SEC, elle-même, a enquêté à deux reprises sur le fonds Bernard Madoff Investment Services. Ces investigations n'ont malheureusement pas été suivies d'effet.

Le système financier mondial est-il capable d'affronter la fraude démesurée du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff, seulement deux mois après avoir enduré la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers ?

- On ne sait pas quelle réaction en chaîne cette fraude peut provoquer, des organismes risquent de faire faillite. On parlait de faible exposition lors de la faillite de Lehman brothers, et chaque trimestre, l'addition devenait de plus en plus salée. Par ailleurs, depuis plusieurs mois, quelques acteurs économiques français et étrangers avaient anticipé les difficultés de certains hedge funds. On n'imaginait pourtant pas qu'elles puissent s'adonner à des pratiques frauduleuses d'une telle ampleur. Les pertes accumulées par Bernard Madoff représentent tout de même dix fois le montant perdu par Jérome Kerviel.

A quel degré d'affectation les banques françaises et européennes sont-elles exposées ?

- On croyait la BNP à l'abri de ce genre de crash financier, grâce à la politique de prudence observée jusque-là. Or on se rend compte qu'elle n'a pas été épargnée par cette fraude. Pour Natixis, cette perte de 450 millions d'euros est beaucoup plus problématique, proportionnellement à la taille de la banque. D'autant plus que ses deux actionnaires principaux ont été déjà très affaiblis par la crise des "subprimes". La Caisse d'Epargne a également été victime de la mauvaise gestion d'un trader.
La fraude de Bernard Madoff donne du crédit à ceux qui avancent qu'il faut réguler d'avantage le marché, qu'il faut le munir de règles plus strictes.

Interview d'Odile Benyahia-Kouider par Sélim Batikhy
(le lundi 15 décembre 2008)
journaliste au service économie du Nouvel Observateur

 

 

par  Arnaud Parienty

  Les plans de relance concoctés par les divers pays européens sont désormais connus. Ils procèdent manifestement de philosophies très différentes d’un pays à l’autre et tiennent compte de situations, des finances publiques notamment, diamétralement opposées. Il vaut la peine de s’attarder un moment à essayer de décrypter ces logiques et de comparer les chances des uns et des autres.
C’est la première fois depuis le premier choc pétrolier, il y a 35 ans, que tous les pays s’accordent sur la nécessité de mesures budgétaires de relance de l’activité économique. Ces mesures sont motivées par une récession très profonde, devant laquelle la politique monétaire s’avère inefficace, à la fois parce que la baisse des taux d’intérêt ne peut compenser le pessimisme radical des anticipations et parce qu’il ne faut pas compter sur la BCE, toujours en retard d’une baisse, pour mesurer la gravité de la situation.
A quoi sert une politique budgétaire de relance ? Pour les économistes orthodoxes, il faut le rappeler, elle ne sert à rien. Elle est inutile, car les mécanismes du marché suffiront à remettre l’économie sur sa trajectoire de croissance. Elle n’accroît pas la demande, car les agents privés, sachant que les dépenses publiques d’aujourd’hui sont les impôts de demain, réduisent leur consommation pour faire face à l’inévitable hausse des impôts. Elle arrive après la bataille, car les délais de mise en œuvre de cette politique sont longs et variables. Fermez le ban.

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La filière banane en Martinique : état des lieux et perspectives

La filière banane martiniquaise

 En Martinique, la banane constitue la principale activité agricole que ce soit en terme de surface agricole utilisée, de nombre d’exploitations, de production, de création de richesse agricole ou de créations d’emplois. La filière engendre près de 12 000 emplois, dont 6 000 à 8 000 emplois indirects. Toutefois, en terme de création de richesse, son poids dans l’économie est relativement faible (1,6 %). La valeur ajoutée du département provient en effet principalement du secteur des services (48,5 % de la valeur ajoutée). Le poids du secteur primaire dans la création de richesse locale demeure cependant élevé (3,7 %) comparé à la moyenne nationale (2,4 %) ou communautaire (1,3 %).

La Martinique s’est convertie depuis moins d’un siècle à cette culture qu’elle a orienté exclusivement vers l’exportation en raison de l’étroitesse du marché intérieur et de la vivacité de la demande extérieure. Près 98 % de la production consistent en des bananes de variété d’exportation Cavendish, cultivé principalement au nord-est, dans la zone du Lorrain et du Marigot et dans le sud-est, dans la région du Vauclin. La banane figue (moins de 2 % du volume de production) est cultivée sur seuls 300 hectares à destination du marché local.

Sur les marchés extérieurs, la banane martiniquaise est exposée à une concurrence des bananes dollars et des bananes d’Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) qui tend à se renforcer avec l’ouverture totale du marché communautaire intervenue au 1er janvier 2006, suite à la réforme du volet externe de l’Organisation commune de marché (OCM) de la banane. Compte tenu des écarts de compétitivité entre les producteurs-exportateurs et de l’importance de la filière dans l’équilibre socio-économique des Antilles françaises, l’Union européenne assure un revenu garanti aux producteurs dans le cadre du volet interne de l’OCM banane, lui aussi réformé cette année. 2006 est ainsi une année de changement pour la banane martiniquaise en particulier et la banane européenne en général. Afin de renforcer son positionnement à l’extérieur, la filière martiniquaise s’organise, améliore son système productif et dessine une stratégie commerciale afin de gagner en compétitivité et devenir de plus en plus concurrentielle.

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Banane : les planteurs de la Guadeloupe et de la Martinique signent un plan de développement "durable"

Les planteurs antillais veulent faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués en Europe aux bananes sud-américaines, dites "bananes dollar". Le système leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marchés du Vieux continent.            

 

Une banane durable??  C'est dans la suite logique des différentes actions qui ont été entamées depuis quelques années par la filière banane de Guadeloupe et de Martinique qu'un protocole d'accord instituant la mise en place d'un "plan banane durable" sur la période 2008-2013 a été signé le 5 décembre 2008 par les instances professionnelles et les pouvoirs publics, en présence du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier.

Les producteurs des deux îles françaises ont décidé de revendiquer la spécificité de leurs bananeraies et d'accélérer leur démarche environnementale alors que l'Union européenne devrait "à terme" abaisser les droits de douanes sur la "banane dollar" (cf encadré).

L'objectif du plan ? Faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués aux "bananes dollar" importées par l'Union Européenne, système qui leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marché du Vieux continent (comme ceux de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique). La crainte des producteurs antillais ? La disparition de tout ou partie de leurs petites exploitations, piliers de l'économie domienne, à l'instar des exploitations de canne à sucre. Avec 270.000 tonnes produites, la banane est en effet  le premier produit exporté de Martinique et de Guadeloupe. Ces quantités - au demeurant modestes au regard d'une consommation européenne qui avoisine 5,3 millions de tonnes - permettent non seulement de consolider l'activité des transporteurs vers la métropole mais surtout de faire de la filière le premier employeur privé des deux îles, avec 709 planteurs et 10.000 emplois directs et indirects.

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  Georges Baron engloutit un dernier morceau. Ce retraité résidant à Evry vient de manger sa banane quotidienne. Il l'a achetée le matin même à l'hypermarché du centre commercial Evry 2, mettant un terme à une vie de fruit de trente-deux semaines et à un itinéraire de 7 329 kilomètres.

L'histoire de la banane de Georges Baron commence curieusement dans le Languedoc. Les nouvelles pousses plantées en Martinique après les dégâts provoqués par le cyclone Dean, en août 2007, proviennent en effet de Saint-Mathieu-de-Tréviers, dans l'Hérault, où est installée l'entreprise Vitropic. "Nous fournissons la semence", résume Yvan Mathieu, son directeur. Mais l'honneur antillais est sauf : Vitropic s'est approvisionné en Martinique pour cloner des bananiers. L'avion qui convoie ces semences obtenues en laboratoire (des "vitroplants") vers l'aéroport Martinique-Aimé-Césaire ne fait donc que leur offrir un retour au pays natal...

 

Des revenus aussi mal partagés qu’en 1929

 

  Jeunes gens qui avez étudié les mathématiques financières en rêvant d’une Ferrari à trente ans, vous êtes vous jamais demandé d’où provenait la matière première de votre art ?

Elle avait la même origine que la crise, et cela commence à se savoir. Il y avait beaucoup trop d’argent sur les marchés financiers - c’est ce qui provoquait le renchérissement artificiel des actions et des matières premières. Il n’y en avait pas assez dans les poches des salariés – c’est ce qui les poussait à vivre à crédit. Entre les deux, d’imaginatifs financiers perfectionnaient jour après jour la pompe aspirante qui assurait l’équilibre du système. Un équilibre très précaire, compte tenu des risques accumulés.

Des revenus mal répartis entre salaires et profits, entre les plus riches et les autres : cela provoqua la crise de 1929, comme l’avait si bien analysé Marriner Eccles, qui présida la banque centrale américaine de 1934 à 1948.

Le même diagnostic peut être posé sur la crise actuelle. L’OCDE vient d’apporter sa pierre à la démonstration, dans sa plus récente livraison (1). Celle-ci se fait l’écho des travaux de maints économistes, synthétisés par Andrew Leigh.

 

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  La crise résiste aux interventions étatiques. En verra-t-on un jour le bout ?

Pour le savoir, il faut d'abord poser le bon diagnostic. Or, ce qui frappe, c'est le silence de la science. Les grands économistes se taisent. Les politiques ne parlent que de finance. Et ils n'osent pas appeler un chat un chat. La vérité, c'est que planquer des créances pourries parmi d'autres, grâce à la titrisation, comme l'ont fait les banques, c'est du vol. Les précautions de vocabulaire sont malséantes. Nommer correctement les choses permet de bien appliquer la sanction. On reste trop révérencieux à l'égard de l'industrie de la finance et de l'industrie intellectuelle de la science financière. Des professeurs de maths enseignent à leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu'ils font relève, sans qu'ils le sachent, du crime contre l'humanité.

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Prêts toxiques: le gouvernement connaissait le danger

Par Matthieu Deprieck, Thomas Bronnec,

 

La crise des subprimes  Plus d'un an avant que le problème des prêts dits "toxiques" n'éclate au grand jour, un cabinet de conseil en finances locales avait alerté le ministère de l'Intérieur sur le danger que couraient les collectivités en acceptant de tels produits. La Seine Saint-Denis, comme d'autres, s'est fait piéger. Claude Bartolone en veut au ministère.

Au ministère de l'Intérieur, on le jure, main sur le coeur: aucune collectivité n'est aujourd'hui au bord de la faillite. Reste que les prêts toxiques ont infiltré les comptabilités des municipalités, des conseils généraux ou régionaux. Rien que chez Dexia, l'une des banques privilégiées par les élus locaux, on compte plus de 4000 collectivités à avoir contracté des prêts de ce type.

En première ligne, la Seine-Saint-Denis. Dans le département francilien, 98% des prêts relèvent de ces produits structurés dits "toxiques". Toxiques parce les remboursements se font sur des taux très bas les premières années (parfois 0%), avant d'évoluer suivant des valeurs telles que le cours du yen ou du franc suisse. Le risque de dérapage est grand. Claude Bartolone, président PS du conseil général, s'attend ainsi à une hausse vertigineuse de la dette départementale: "+ 3 millions en 2009, + 13 en 2010, + 18 en 2011". Face à une telle situation, l'élu socialiste envisage de porter plainte contre les banques qui ont proposé de tels produits, et met en cause la Direction générale des collectivités locales (DGCL).

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Encore un effort, nationalisons vraiment les banques

Par Pierre Dockès, professeur émérite à l'université Lyon II.

Dix banques Dans le maelström d'une crise de liquidité, il est indispensable d'injecter massivement des liquidités sur les marchés monétaires et de baisser les taux ; les banques centrales l'ont fait, plus ou moins vite et fort. De même, il est nécessaire de nationaliser les banques en faillite et de garantir les dépôts bancaires afin d'éviter le "run" des particuliers aux guichets des banques criant «I want my money back». Si cela a permis d'éviter l'effondrement du système, c'est insuffisant pour sortir de la crise. Racheter les créances «pourries» des banques avec le plan Paulson pouvait sembler une issue. Non seulement cela pose de sérieux problèmes (à quel prix ? N'est-ce pas un cadeau aux banques ? Le lobbying et les conflits d'intérêts sont omniprésents...), mais, à l'évidence, cela n'a pas suffi.

Aujourd'hui, à la suite de Gordon Brown, les gouvernements européens se sont décidés à deux mesures complémentaires : recapitaliser par des fonds publics les banques en difficulté qui en font la demande et assurer les prêts interbancaires (si l'Allemagne a garanti ces prêts, la France a préféré l'ouverture d'un guichet public). Les Etats-Unis viennent de prendre à leur compte une partie de ce plan en recapitalisant les grandes banques sur la base du volontariat (250 milliards de dollars pris sur les 700 du plan Paulson).

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Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent"

par John Kenneth Galbraith

John Kenneth Galbraith Economiste iconoclaste, John Kenneth Galbraith a consacré en 1990 un livre aux bulles spéculatives qui scandent l'histoire du capitalisme. Nous reproduisons ici l'intégralité du dernier chapitre de cet ouvrage, qui reste ô combien d'actualité

"Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent", par John Kenneth Galbraith

Il est peu de points de repère plus couramment invoqués dans la vie que les "leçons de l'Histoire". Ceux qui ne la connaissent pas sont condamnés à la répéter. Mais les leçons de l'Histoire sont parfois d'une ambiguïté troublante, et tout spécialement peut-être en économie. C'est que la vie économique est engagée dans un processus continu de mutation ; ce qu'ont observé les savants du passé - Adam Smith, John Stuart Mill, Karl Marx, Alfred Marshall - est donc un guide incertain pour le présent ou l'avenir.

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Nobel : Paul Krugman, analyste de la concurrence "imparfaite"

Paul Kugman Prix Nobel d'Economie 2008  Comme il le fait deux fois par semaine depuis vingt ans, Paul Krugman, 55 ans, professeur à l'université de Princeton, a publié, lundi 13 octobre au matin, sa chronique économique dans le Times. Et comme d'habitude, de tous les éditorialistes, c'est lui qui recueillait le plus de réactions de lecteurs sur le site Internet du quotidien.

M. Krugman a un talent : doué d'un remarquable sens didactique, il explique l'économie aux béotiens comme personne ; et il ne cherche pas à cacher sous des oripeaux scientifiques les implications politiques de ses conceptions. Ses partisans - à gauche, généralement - adorent. Ses adversaires - ultralibéraux - adorent le conspuer. Pour gagner en notoriété, on ne fait guère mieux. Ou plutôt si : on peut aussi être sacré Prix Nobel. C'est ce qui lui est advenu, lundi 13 octobre, quelques heures après la parution de son article.

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Les associations craignent l'arrivée de nouveaux pauvres

Plusieurs organisations d'aide aux démunis constatent un nombre croissant d'appels à l'aide «de personnes qui ne pensaient pas tomber aussi bas». Martin Hirsch les convie à une réunion de travail sur les effets de la crise.

L'association parisienne La Mie de Pain compte sur un nouvel élan de générosité pour faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires.  «On est habitué à se serrer la ceinture. Depuis quelques semaines, on se la serre un peu plus encore, c'est tout !» Marie-France Ziemer garde le sourire. Pourtant, avec son RMI, ses deux parents malades, sa fille qui n'est pas encore autonome, et la jeune femme qu'elle héberge, car «sinon elle serait à la rue», difficile de joindre les deux bouts. Cette militante active d'ATD Quart-Monde et adepte forcée des files d'attente des Restos du Cœur d'Epinal, livre un constat sans appel : «Chez les plus démunis, c'est moins marquant, mais il y a une très nette augmentation des appels à l'aide de personnes qui ne pensaient pas tomber aussi bas». C'est-à-dire ? «Des jeunes couples qui viennent de s'installer, des étudiants, des gens qui travaillent et qui ont des crédits… On le voit bien, ils n'y arrivent plus ces derniers temps !»

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Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l'université de Yale, ex-président de l'Association internationale de sociologie

 

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

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Les mots pour comprendre la crise financière

Credit Crunch!!

Pédago

Des agences de notation financière à la stagflation, en passant par les subprimes, la titrisation, la récession, etc., petite revue lexicale.

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Le krach boursier Si spectaculaire soit-elle, la débâcle boursière, dont les gouvernements et les grandes banques centrales peinent à venir à bout, n'est que la partie émergée d'une crise en train de se propager à l'économie réelle. Une spirale baissière et récessive s'est enclenchée. Les marchés anticipent une chute des profits des entreprises, qui font face à des perspectives d'activité dégradées. Ils vendent leurs titres. Les entreprises ne peuvent plus se financer sur les marchés actions, et elles commencent à être confrontées au resserrement du crédit. Certaines d'entre elles, notamment les PME, ne s'en relèveront pas. Partout, les perspectives d'embauche se détériorent, le chômage s'accroît, les revenus diminuent. Comme toujours en pareilles circonstances, ce sont les plus vulnérables parmi les entreprises et les ménages qui seront les premiers touchés.

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Prix Nobel de l'économie 2008

Paul Krugman : "La réalité n'a jamais été à la hauteur du rêve américain"

Paul Krugman, professeur d'économie à l'université de Princeton et éditorialiste au journal New York Times, vient de recevoir le prix Nobel de l'économie 2008. Dans cet entretien paru dans le numéro d'octobre d'Alternatives Economiques, il analyse la situation sociale américaine.

Photo de Paul Krugman Les Etats-Unis viennent de connaître un cycle d'expansion économique important et pourtant les inégalités et la pauvreté s'accroissent. Comment l'expliquez-vous?

Cela tient en grande partie à un changement des rapports de force politiques. La masse des salariés a beaucoup perdu de pouvoir de négociation et comme je l'explique dans mon dernier livre (1), les conditions politiques ont une influence essentielle sur la répartition du revenu.

Quel a été le rôle des politiques suivies par le gouvernement Bush?

Bush a fait deux choses. Il a modifié le système fiscal dans un sens très régressif, avec de fortes baisses d'impôts sur les revenus les plus élevés, les dividendes et les gains en capital. Ce qui profite aux plus riches et a également réduit les fonds disponibles pour les politiques publiques d'aide aux plus démunis. On peut estimer que 35 % à 40 % des baisses d'impôts de Bush ont servi les revenus des personnes gagnant plus de 300 000 dollars par an [environ 210 000 euros], ce qui représente une redistribution importante en faveur de ceux qui sont pourtant le plus à même de payer des impôts. Le gouvernement Bush a par ailleurs accéléré la perte de pouvoir de négociation des salariés en réduisant fortement la possibilité de toute forme d'organisation syndicale.

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«La crise financière occulte la crise alimentaire»

«30 milliards de dollars seulement permettraient de nourrir durant un an les 925 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.»

Interview de Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France, de retour des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, déplore l'écart entre les moyens mis en œuvre dans un cas et la passivité dans l'autre.

Recueilli par Eliane Patriarca

 

 A l'issue des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, plusieurs ONG se sont inquiétées que la crise financière ait relégué les difficultés des pays pauvres au second plan. Aux côtés des représentants des pays en développement, elles ont multiplié les appels à ne pas réduire l'aide dans ces temps difficiles pour les budgets des Etats.

Ainsi, dans un communiqué, l'organisation non gouvernementale Oxfam affirme que «ces réunions ont offert un nombre de solutions scandaleusement faible pour les pays les plus pauvres. Les dirigeants mondiaux reconnaissent qu'il y a une crise mondiale de la pauvreté, mais l'ont ignorée». Or, la faim et la malnutrition ne cessent de progresser : plus de 925 millions de personnes souffrent de la faim. «Alors que le monde développé a dégagé plus de 1000 milliards de dollars en quelques semaines pour empêcher ses banques de faire faillite, il ne parvient pas à trouver 1% de cette somme pour aider les pays les plus pauvres à surmonter la crise alimentaire»,ajoute Oxfam. Entretien avec Sébastien Fourmy, coordinateur des campagnes d'Oxfam France-Agir Ici, et de retour de Washington.

 

 

Le déjeuner à 150.000 euros de Fortis
 

La banque Fortis, qui a frôlé la faillite, a organisé « un évènement culinaire » de luxe dans l'un des meilleurs restaurants de Monaco, quelques jours après son rachat par BNP-Paribas.

  Après le très cher séminaire d'AIG, le cas Fortis. Sauvée en urgence par l'état belge et à peine rachetée par BNP-Paribas, la branche assurances de Fortis a invité 50 personnes à un « événement culinaire » dans l'un des restaurants les plus chers de Monaco : le Louis XV. On compte parmi les convives, essentiellement des courtiers externes et quelques membres de la direction. Coût de l'opération : 150.000 euros, révèle le quotidien belge De Morgen. Une bagatelle pour un groupe au bord de la faillite, il y a encore quelques semaines.

Selon le guide Lonely Planet, le Louis XV, restaurant de l'Hôtel de Paris Monte-Carlo, abrite l'une des plus prestigieuses cave de vins au monde, avec quelque 250.000 bouteilles dont certaines parmi les plus chères du marché. La moyenne d'un repas y atteint environ 300 euros et une chambre 1000 euros. Sans compter les billets d'avion et autres frais de voyage.

A la mi-septembre, l'assureur américain AIG avait organisé un séminaire dans un hôtel de luxe californien avec cure et remise en forme, pour 440.000 dollars, une semaine seulement après son sauvetage par les autorités américaines. Le groupe s'est défendu en expliquant que ces dépenses, prévues depuis des mois, entraient dans le cadre d'opérations commerciales habituelles dans le secteur de l'assurance. Il expliquait également, que le séjour a été offert à des courtiers indépendants, et non à ses dirigeants. Plusieurs parlementaires américains s'étaient émus des sommes engagées dans le complexe hôtelier californien.

Fortis Assurances, de son côté, se dit « bien conscient de la sensibilité du grand public sur la crise financière »..

Aurélia Vertaldi (lefigaro.fr) avec AFP
10/10/2008

 

AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable

AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable

Le 17 septembre dernier, la banque centrale américaine sauve de la faillite AIG, le premier assureur du pays, en lui accordant un prêt de 85 milliards d'euros en échange de 79,9 % des parts de la société. Un renflouement réalisé grâce à l'argent du contribuable, au grand dam des citoyens, furieux de voir leurs impôts servir au sauvetage des institutions financières imprudentes.

À peine une semaine plus tard, certains dirigeants d'AIG n'ont rien trouvé de mieux que d'utiliser cet argent pour se payer une retraite, du 24 au 28 septembre, dans un complexe luxueux de Californie, le St Regis de Monarch Beach. Facture de ce séminaire luxueux : 443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme", selon le démocrate américain Henry Waxman auditionné par la commission de la transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.

 

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Faut-il sauver les banquiers ?

Par Thomas Piketty


 La crise financière va-t-elle conduire à un retour en force de l’Etat sur la scène économique et sociale ? Il est trop tôt pour le dire. Au moins est-il utile de dissiper quelques malentendus et de préciser les termes du débat. Les sauvetages de banques et les réformes du système de régulation financière orchestrés par le gouvernement américain ne constituent en soi pas un tournant historique. La rapidité et le pragmatisme avec lesquels le Trésor américain et la Federal Reserve adaptent chaque jour leur doctrine et se lancent dans des nationalisations temporaires de pans entiers du système financier sont certes impressionnants. Et même s’il faudra du temps pour connaître le coût final net pour le contribuable, il est possible que l’ampleur des interventions en cours dépasse les niveaux atteints dans le passé. On parle maintenant de montants compris entre 700 et 1 400 milliards de dollars, soit entre 5 et 10 points de PIB américain, alors que la débâcle des Savings and Loans des années 80 avait coûté environ 2,5 points de PIB.
 

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JOSEPH E. STIGLITZ

La fin du néolibéralisme 
 

JOSEPH E. STIGLITZ Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.

Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.

Même si les néolibéraux se refusent à l'admettre, leur idéologie a échoué aussi à l'égard d'un autre critère, celui de l'allocation des ressources, comme à la fin des années 1990 avec les investissements consacrés à la fibre optique. Cette erreur a eu au moins un avantage inattendu : le coût des communications a baissé et l'Inde et la Chine se sont intégrées plus avant dans l'économie mondiale.

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Mille milliards de dollars pour des fonds pourris

Les Etats-Unis vont racheter aux banques leurs actifs invendables.

par Nicolas Cori

 Mille? Deux mille milliards ? La somme est encore inconnue, mais c’est un plan d’une ampleur exceptionnelle que le gouvernement américain prépare pour sauver le système financier. Vendredi après-midi, George Bush et son secrétaire au Trésor Henry Paulson ont confirmé qu’ils étaient prêts à dépenser «des centaines de milliards de dollars du contribuable» afin de mettre en place un mécanisme permettant aux investisseurs (banques, assurances, fonds…) de se débarrasser de leurs actifs «toxiques». C’est-à-dire de tous les produits financiers structurés à base ou non de subprimes devenus invendables depuis le début de la crise.
Revirement. «Nous sommes à un moment crucial pour l’économie de l’Amérique, a déclaré Bush depuis la Maison Blanche. Etant donnée la précarité de la situation sur les marchés financiers et leur importance vitale pour la vie quotidienne des Américains, l’intervention du gouvernement n’est pas seulement nécessaire, elle est essentielle.» Un revirement complet par rapport aux convictions libérales de son administration.

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Il est urgent de rompre avec l'emprise de la finance

Les régulations traditionnelles n'ont pas résisté à la crise financière. Il faut s'attaquer à la racine du mal

Depuis que la crise immobilière des subprimes a éclaté aux Etats-Unis il y a plus d'un an, pour atteindre les principales banques et autres fonds de placement, beaucoup se sont demandé comment la contenir. Aujourd'hui, les nouvelles faillites de Lehman Brothers et de Merril Lynch montrent, s'il était besoin, que cette question est doublement dépassée.

Deux digues, en effet, ont été rompues. D'abord, en raison de la globalisation du capital, ce ne sont pas seulement les institutions financières américaines qui ont été touchées, mais une bonne partie de celles du monde entier, tellement la circulation des titres hypothécaires avait été grande. Ensuite, déjouant les pronostics de nombreux experts qui se voulaient rassurants, la crise bancaire et financière a franchi la barrière de l'économie réelle puisque l'économie américaine et celle de l'Europe sont au bord de la récession (- 0,3 % pour le PIB français au deuxième trimestre, - 0,5 % en Allemagne et - 0,2 % dans la zone euro) et que, au niveau mondial, le ralentissement de la croissance est désormais certain.

La raréfaction du crédit consécutive à la fragilisation de nombreuses banques a conduit les banques centrales, notamment la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne (BCE), à injecter des centaines de milliards de dollars et d'euros et, pour la première à réduire son taux directeur, mais cela n'a suffi ni à sauver la mise de certaines institutions financières ni surtout à éviter que l'économie productive soit gangrenée.

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L'industrie agroalimentaire use de procédés pour camoufler les hausses de prix, selon "60 millions de consommateurs"

Certains industriels du secteur agro-alimentaire ont recours à différents procédés comme les changements d'emballage, la modification de recettes ou la diminution de la quantité des produits pour camoufler des "hausses de prix", selon une enquête du mensuel "60 millions de consommateurs" à paraître jeudi et que "conteste formellement" Jean-René Buisson, le président de l'Association nationale des industries alimentaires.

La technique "la plus fréquente" consiste à "diminuer la quantité du produit contenu dans l'emballage", affirme "60 millions de consommateurs", dénonçant ainsi une "inflation masquée". Le magazine donne l'exemple du fromage blanc Jockey, de la marque Danone: vendu auparavant en pot de 1kg, il ne contient désormais plus que 850g.

Dans la même marque, les pots de crème dessert pèsent 125g en packs de quatre, mais seulement 115g lorsqu'on les achète par douze ou seize, selon l'article, qui cite aussi les paquets de gâteaux Prince de Lu, passés de 380g avant l'été à 300g aujourd'hui.

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1) Comment est née la crise financière ?

La crise toujoursC'est du petit marché des subprimes, du nom de ces crédits hypothécaires américains risqués, que tout est parti. Parce que des banquiers ont octroyé des crédits immobiliers à des ménages aux revenus très modestes peu solvables en calculant leur capacité d'emprunt sur la valeur de la maison achetée. Tant que les prix immobiliers progressaient ce système fonctionnait. Mais lorsque l'immobilier a commencé à se replier aux Etats-Unis en 2007, l'effet pervers de cette mécanique s'est enclenché. Les ménages n'ont plus été capables de rembourser leurs emprunts, et les établissements de crédit qui les avait accordés se sont effondrés. La crise s'est ensuite diffusée à tout le système financier par le canal de la titrisation, cette technique née dans les années 1970 consistant à transformer des prêts bancaires en obligations achetées par les investisseurs du monde entier.

La crise est, d'une manière plus générale encore, la conséquence des excès observés sur le marché du crédit aux Etats-Unis. Dans les années 1990, la politique monétaire très souple - c'est-à-dire des taux d'intérêt très bas, rendant le crédit très peu cher - menée par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, avait conduit à la formation d'une bulle spéculative à la Bourse de New York, notamment sur les valeurs Internet. Celle-ci avait fini par éclater au printemps de l'année 2000.

Après ce krach, la politique monétaire de la Fed a de nouveau été assouplie pour permettre à l'économie américaine de se relever. Après les attentats du 11 septembre 2001, les taux d'intérêt ont même été abaissés à 1 %. Cette réduction du coût de l'argent a certes permis de stimuler la consommation des ménages américains, leurs achats de logements et les investissements des entreprises. Mais elle a aussi permis aux financiers de multiplier les mécanismes d'emprunts de plus en plus sophistiqués et de plus en plus audacieux. "Les crédits ont agi comme des stéroïdes pour doper la croissance américaine. Mais il y a eu overdose. L'Amérique est aujourd'hui en cure de désintoxication", explique Joseph Stiglitz, économiste, Prix Nobel d'économie en 2001.

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Pour un nouveau New Deal
Paul Krugman propose une lecture résolument politique de la question sociale aux Etats-Unis

Lenew deal  Les traductions imposent parfois des changements de titre significatifs. Si celui de l'essai de l'économiste Paul Krugman avait été traduit fidèlement, il se serait intitulé La Conscience d'un libéral. Tout indique que l'éditeur a craint des malentendus. C'est que, en France, quiconque se dit " libéral " a de fortes chances d'être aussitôt catalogué comme un idéologue du libre-échange et un adversaire résolu de l'Etat-providence. Comme Krugman défend des positions aux antipodes de ce libéralisme-là, l'éditeur a préféré annoncer la publication du livre sous le titre La Conscience d'un démocrate, avant d'opter pour L'Amérique que nous voulons.

Pourtant, on sait que, aux Etats-Unis, un " libéral " se situe " à gauche " : " Quand les Américains disent de quelqu'un "il est libéral", notait Raymond Aron en 1959, en gros, ils veulent dire que ce quelqu'un est plutôt du côté de l'égalité des races, plutôt du côté de l'égalité sociale, plutôt contre le grand capitalisme, plutôt pour les réformes. " Surtout, ce " quelqu'un " se réclame de l'expérience du New Deal de Franklin D. Roosevelt (1882-1945), marquée par le choix d'affronter la Grande Dépression économique des années 1930 à travers une politique d'intervention des pouvoirs publics destinée à corriger les mécanismes du marché et à garantir une distribution plus égale des richesses.

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Inflation record au Zimbabwe : 11,2 millions de pourcent sur un an

 Rien n'arrête l'explosion de la montée des prix au Zimbabwe, qui a établi un record mondial en juin à 11,2 million de pourcent sur un an. En cause selon les spécialistes : la réforme agraire de 2000, lancée par Mugabe.

Le taux annuel d'inflation au Zimbabwe poursuit sa flambée aussi incroyable que catastrophique, en atteignant un nouveau record mondial de 11,2 millions de pour cent en juin, selon l'Office central des statistiques (CSO), cité mardi 19 août par le quotidien d'Etat The Herald.
"Le taux annuel d'inflation s'est élevé à 11,2 millions de pourcent en juin", peut-on lire dans le journal qui cite le CSO.
Le précédent record datait du moi précédent, les dernières statistiques faisant état d'une inflation de 2,2 millions de pour cent en mai. Cependant, ce taux avait été mis en cause par les analystes qui estimaient que les chiffres officiels restaient encore sous-estimés.
L'économie du Zimbabwe est en ruine. Outre cette hyperinflation, le taux de chômage approche les 80%, la production s'effondre, provoquant des pénuries récurrentes.
Chaque jour, les prix grimpent de 30 à 40% dans ce pays d'Afrique australe, quatre habitants sur cinq vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

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Les Français ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus

  Malgré la baisse du pouvoir d'achat, 79% des salariés préfèrent profiter de leurs RTT plutôt que les faire racheter par leur entreprise. C'est ce que révèle un sondage publié lundi.
Plus des trois quarts des salariés n'envisagent pas de faire racheter des jours de RTT cette année, contre 11% qui pensent faire usage de cette possibilité créée en février par le gouvernement, selon un sondage LH2/Les Echos/L'Institut de l'entreprise, publié lundi.

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Au Venezuela, la révolution est en marche, mais pas l'économie, malgré la manne pétrolière

Chavez et Castro

   Relancer la production ", affirmait une banderole, mercredi 11 juin, derrière le président vénézuélien Hugo Chavez au moment où celui-ci annonçait des mesures visant à atteindre cet objectif. " L'investissement, c'est le Venezuela ", proclamait un autre slogan. On aurait pu en ajouter un troisième : il est urgent de contenir l'inflation.

Produire plus, investir et freiner la hausse des prix sont les trois priorités économiques actuelles du socialisme vénézuélien. En dépit du boom pétrolier, qui va rapporter environ 75 milliards de dollars (48,9 milliards d'euros) en 2007 - le pays est le 10e producteur mondial de brut -, la croissance a décliné.

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La crise financière s'apaise mais la crise économique s'aggrave

Crise economique et financière

  L'économie américaine va mal. Les dégâts de la crise financière, provoqués par l'effondrement des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, sont visibles. Mardi 29 avril, le président des Etats-Unis, George W. Bush, a affirmé que l'activité économique était " très lente " et estimé que cela se refléterait dans les chiffres de la croissance du premier trimestre publiés mercredi.

Ces chiffres appartiennent-ils déjà au passé ? Sur les marchés règne le sentiment que le pire de la crise financière est peut-être passé. Que les subprimes, qui ont suscité une véritable psychose chez les investisseurs de part et d'autre de l'Atlantique, seront, bientôt, un mauvais souvenir.

Pour preuve, la Bourse qui a atteint des plus bas entre janvier et mars, aux Etats-Unis comme en Europe, se stabilise. Le dollar, qui avait plongé à des niveaux historiques face aux principales devises, en particulier face à l'euro, se redresse. Le billet vert, qui s'est échangé jusqu'à 1,60 euro le 22 avril, est remonté à 1,55 euro. La quasi-totalité des analystes interrogés par l'agence Bloomberg présagent désormais que la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a réduit de manière agressive ses taux pour contrer la crise, annoncera, mercredi soir, une nouvelle baisse de 0,25 point, portant le loyer de l'argent de 2,25 % à 2 %. Mais celle-ci devrait être la dernière avant un certain temps. " C'est encore un peu hésitant mais l'on commence à penser à un scénario de sortie de crise. Et si tel est le cas, la Fed n'a plus de raison de baisser ses taux ", explique Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven.

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La nouvelle donne alimentaire mondiale

Robert B. Zoellick,
Président de la Banque mondiale

  La crise présente fournit l'occasion de transformer la hausse de la demande en nourriture en opportunité de progrès.

Ces images troublantes devraient pousser à l'action la communauté internationale : émeutes en Haïti,  manifestations en Egypte, violences dans de nombreux autres pays, toutes provoquées par la hausse des prix des denrées alimentaires. Selon les estimations du groupe de la Banque mondiale, le doublement des prix alimentaires sur les trois dernières années pourrait aggraver la situation de pauvreté que vivent 100 millions de personnes dans les pays à faibles revenus. Et il ne s'agit pas d'un problème passager : réalités démographiques, évolution des comportements alimentaires, prix de l'énergie, culture des biocarburants et changements climatiques, laissent craindre une hausse durable des prix alimentaires.

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Sylvie Brunel professeur des universités à Paris-Sorbonne, ancienne présidente d’Action contre la faim.

 

    Il a suffi d’une baisse conjoncturelle de production de 10 %, liée à de mauvaises récoltes dans les grands pays producteurs de l’hémisphère Nord et en Australie, pour que le monde s’affole : nous courons à la famine !

Pourtant, cette flambée s’explique d’abord pour des raisons spéculatives et des achats de précaution : peur de manquer, volonté de certains grands pays exportateurs, comme la Thaïlande et le Vietnam de réserver leur production à leur marché interne, opérations boursières se sont conjuguées pour créer l’illusion d’une pénurie mondiale. Pourtant, si de tels emballements des cours se sont déjà produits par le passé, en 1973-1974 ou en 1996-1997, ils mettent aujourd’hui en évidence l’extrême vulnérabilité et la dépendance de nombreux pays en développement à l’égard de leurs importations alimentaires. Au moment de la crise de la dette, la plupart d’entre eux ont fait le choix, sous la pression des institutions financières internationales, d’ouvrir leurs frontières et de nourrir les citadins grâce aux marchés mondiaux. La surproduction dans les pays du Nord, liée aux sommes investies dans l’agriculture, avait créé un excédent de denrées alimentaires qu’Europe et Etats-Unis ont pris l’habitude d’exporter. Le prix mondial du blé, du maïs, du riz s’est ainsi établi au niveau du producteur le plus compétitif, d’autant plus compétitif que les subventions à l’exportation puis, quand l’OMC les a interdites, les aides directes au revenu agricole ont tiré à la baisse les cours mondiaux, sans relation aucune avec les coûts de production réels.

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La réintroduction de poissons dans le lac Azueï redonne espoir aux pêcheurs haïtiens

le lac Azueï

   Les 248 habitants de Madan Belizè font partie de cette majorité des Haïtiens qui survit dans l'extrême pauvreté. Au bout d'une piste rocailleuse, au milieu de cactus et de massifs d'épineux, les masures en torchis sont éparpillées en bordure du lac Azueï, appelé aussi étang saumâtre, à la frontière de la République dominicaine. Longtemps, les habitants se sont nourris des poissons du lac. Cette ressource s'est épuisée, et les villages du bord du lac n'ont survécu que de l'élevage de quelques chèvres.

Depuis quelques mois, l'espoir renaît à Madan Belizè. Grâce à la ténacité de Patrick Vilaire, un sculpteur qui multiplie les programmes de développement dans les communautés pauvres, et à l'expertise de Valentin Adé, un Ivoirien émigré en Haïti après un doctorat en pisciculture à l'université Auburn (Alabama, Etats-Unis). Avec un financement de la coopération française, 250 000 euros, les deux hommes ont créé une ferme piscicole, qui produit des alevins pour les pêcheurs du lac Azueï. Ces alevins, d'une trentaine de grammes lorsqu'ils sont plongés dans des cages en plastique dans les eaux du lac, sont le fruit d'un croisement hautement symbolique entre des spécimens venus d'Egypte et d'Israël.

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Une entreprise condamnée pour avoir licencié un salarié qui voulait changer de sexe


Interdits de changement de sexe?
Une entreprise basée à Montpellier (Hérault) a été condamnée lundi par le conseil des prud'hommes local pour avoir licencié un salarié ayant annoncé sa volonté de devenir transexuel. La société multimédia Kaliop devra verser 25.000 euros de dommages et intérêts à cet employé prénommé Baptiste avant de devenir Clarisse, ainsi que 32.440 euros de rappel de salaires. Néanmoins, la société a décidé de faire appel de ce jugement, a annoncé son avocat, Me Michel Pierchon.

En juin 2005, Baptiste, marié et père de famille, avait été embauché par la société Kaliop en tant que directeur administratif. 15 mois plus tard, après avoir annoncé à ses collègues et à sa direction qu'il souhaitait changer de sexe, il était licencié pour "manquements professionnels". Mais pour celui qui est devenu Clarisse, les motifs de son licenciement s'expliquent par son changement de sexe.

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Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse

 

  Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas |. Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.

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Les femmes, un levier économique sacrifié dans les pays en développement

 

En ne permettant pas aux jeunes filles de suivre une scolarisation régulière, l'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne pénalisent leur croissance à court et long termes

Femmes du tiers-monde  Les femmes nées en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne grandissent dans des régions en proie à la pauvreté, la maladie, la guerre ou la famine. Et elles doivent faire face à ces problèmes avec l'inconvénient majeur... d'être des femmes. Même si de nos jours les questions d'appartenance sexuelle font l'objet de plus d'attention, les inégalités persistent. Nombre de filles des pays pauvres continuent ainsi de se voir refuser l'accès à une éducation élémentaire. Dans le monde, trois enfants analphabètes sur cinq sont des filles. Notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, les normes culturelles et la détresse économique empêchent les parents d'envoyer leurs filles à l'école ou de les y laisser, s'ils doivent y inscrire leurs fils. La solution la plus évidente consisterait à construire plus d'écoles dans les lieux où les filles et les garçons sont instruits séparément. Dans les pays musulmans comme le Pakistan, le Yémen et le Maroc, les écoles séparées sont, en effet, la norme. Or, nombre de zones rurales ne peuvent se permettre qu'une seule école publique, généralement de garçons. En théorie, près de la moitié des disparités en matière d'éducation dans ces zones pourrait être gommée par la construction d'écoles de filles. Partout ailleurs, ce n'est pas le manque de moyens qui pose problème. Les responsables politiques doivent plutôt trouver comment renforcer les mesures visant à inciter les parents à envoyer leurs filles à l'école. Dans les pays où les frais de scolarité des filles sont réduits, grâce à une politique de gratuité ou de bourses, leur taux de scolarisation augmente.

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Le chômage et les petits chefs

Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la révolution ça consiste à prendre la place des blancs et continuer en lieu et place, je veux dire sur le dos des nègres, à faire le blanc.

Césaire, La tragédie du roi Christophe

par Edouard De Lépine
 

    Il y a sans doute de plus grands malheurs que le chômage pour des gens qui peuvent travailler. Personne ne croit qu’il existe dans notre pays de solution miracle qui permette de résoudre ce problème dans des délais prévisibles. C’est dire qu’aucun chômeur martiniquais conscient ne se fait d’illusion. Mais il y en a qui n’en dorment pas. Parmi les femmes notamment. Elles se battent tous les jours pour en sortir. Elles dépensent certaines semaines plus que les ASSEDIC ne leur versent d’indemnité. Elles cherchent depuis 7 mois, de Dillon à Terres Sainville, en passant Redoute et Chateauboeuf, un local pour exercer un métier qu’elles connaissent, qu’elles ont pratiqué pendant vingt ans pour la plus grande satisfaction de leur clientèle et…de leur employeur. Ou elles n’en trouvent pas. Ou les prix sont exorbitants.

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Les revenus des patrons du CAC 40 ont bondi de 58% en 2007

  Attention, les rémunérations ici révélées sont susceptibles de heurter la sensibilité d’un public non averti. Les revenus encaissés en 2007 par les patrons des 40 plus grandes entreprises françaises ont augmenté… de 58 %. Une hausse ébouriffante, indécente pour certains, obtenue par l’addition de toutes leurs rémunérations.

Pour la première fois, L’Expansion a cumulé le salaire de base, le bonus, le gain encaissé sur les stock-options, les dividendes perçus et même les jetons de présence dans les autres grands conseils d’administration. En bas de cette longue colonne de chiffres, un total record pour les 40 patrons : 161 millions d’euros en 2007, contre 102 millions en 2006. Le gain moyen par tête atteint 4 millions et provient pour une part des profits réalisés en levant leurs stock-options. Les trois premiers du CAC 40 en ont tiré l’essentiel de leurs revenus en 2007 : Pierre Verluca (Vallourec) avec 18 millions d’euros, Gérard Mestrallet (Suez) avec 15 millions et Xavier Huillard (Vinci) avec 13 millions.

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"Il faut aller plus loin dans la réduction du temps de travail"

Propos recueillis par Thomas Bronnec

Vive les 35 heures et moins encore    Dix ans après le vote de la première loi Aubry, plus personne ne s’aventure à défendre la poursuite de la réduction du temps de travail... sauf Pierre Larrouturou, délégué national Europe du Parti socialiste. Entretien anti-pensée unique avec un apôtre des 32 heures, auteur de Pour en finir avec Sarkozy, à paraître le 22 mai aux Editions du Rocher.

Quel bilan faites-vous des lois Aubry?
La première loi était équilibrée. Pour bénéficier des allègements de charges, les entreprise devaient baisser le temps de travail de 10% et créer 6% d'emplois supplémentaires. Malheureusement, elle a concerné très peu d'entreprises. La plupart ont signé des accords de RTT à la suite de la deuxième loi Aubry, qui était beaucoup plus ambiguë. Elle autorisait les heures supplémentaires et permettait la modification de la définition du temps de travail : chez Michelin par exemple, les dix minutes pour se doucher ont tout à coup été sortie du temps de travail et assimilées à de la RTT. Il y a eu 350.000 emplois créés, d'après l'Insee, mais cela aurait dû être beaucoup plus efficace. Quand la gauche a quitté le pouvoir en 2002, la baisse réelle du temps de travail était de 4% seulement – alors qu'un véritable passage de 39 à 35 heures aurait dû logiquement aboutir à 10%.

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Douze pays sud-américains lancent l'Unasur

 par  RFI

Création de l'UNASUR   Les dirigeants d'Amérique du Sud ont officiellement donné naissance vendredi à Brasilia à l'Unasur, l'Union des nations sud-américaines. Cette organisation régionale, qui prend pour modèle l'Union européenne, regroupe les 12 pays de la région : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le Venezuela. L'Unasur constitue un ensemble de 388 millions d'habitants. Mais ses ambitions risquent de se heurter aux rivalités politiques entre plusieurs Etats.

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Market  Quelle est l'origine des crises financières ? Un fait simple et qui peut se résumer ainsi : on joue plus facilement avec l'argent des autres qu'avec le sien. Un intermédiaire financier peut se dire en effet : si je gagne, mes bénéfices seront proportionnés au volume des affaires que j'ai engagées. Si je perds, on me licenciera et peut-être perdrai-je aussi ma réputation. C'est une perte lourde, mais qui ne sera jamais proportionnelle à celles que j'ai fait subir à ceux dont j'ai géré l'argent. Une asymétrie est ainsi créée entre les gains et les pertes, qui pousse à l'audace. Passé un certain seuil de risques, l'investisseur qui joue l'argent des autres ignore le danger. Plus il joue, plus il peut gagner, sans alourdir sa perte potentielle.

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Vol de charognards  Comme tous les matins à 10 heures précises, un attroupement se forme devant les grilles du palais de justice, une bâtisse anonyme du centre de San José. Debout en plein vent, une douzaine d'hommes en blue-jeans ou en survêtement, deux femmes en tailleur strict et un jeune couple d'Asiatiques endimanchés consultent des listes d'adresses et des plans de la ville tout en bavardant. Ils attendent l'arrivée des commissaires-priseurs, qui vont vendre aux enchères des maisons dont les propriétaires ne peuvent plus rembourser leurs prêts bancaires, car les taux d'intérêt ont brutalement augmenté.

Par tradition, en Californie, les reventes de maisons saisies se font en pleine rue, afin que n'importe qui puisse y participer sans formalités. Depuis le déclenchement de la crise des subprimes (prêts hypothécaires à taux variable), ces enchères ont lieu quatre ou cinq fois par jour dans chaque grande ville de l'Etat.

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Alimentation mondiale : "On paye vingt ans d'erreurs"

Le nouveau rapporteur de l'ONU dénonce la carence des organismes internationaux

Marché de port-au-Prince

Des sacs de riz et de haricots sur un marché de Port-au-Prince (Haïti). La hausse massive des prix alimentaires entraîne de violentes manifestations dans l'île. Crédits photo : AP

  L'ère de la nourriture à bas prix est derrière nous. On paye vingt années d'ereurs ", affirme le nouveau rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter.

Dans une interview au Monde, l'universitaire belge, ancien secrétaire général de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH), n'y va pas de main morte. Prise de court par les émeutes de la faim qui ont touché différents pays tant en Afrique, en Asie que dans les Caraïbes, la communauté internationale est " inexcusable ", car nombre de spécialistes, affirme-t-il, " criaient dans le désert depuis des années pour qu'on soutienne l'agriculture dans les pays en développement ".

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Qui sème le biodiesel ne récolte plus de riz

Sylvie Kauffmann

  Dans son immense dénuement, la Birmanie avait malgré tout réussi à assurer son autosuffisance en riz, aliment de base dans ce pays, grâce à la production des rizières du delta de l'Irrawaddy. En submergeant le " grenier à riz " des Birmans, le cyclone Nargis a tout anéanti. La FAO, l'organisation mondiale de l'alimentation, estime à 80 % la proportion de récoltes détruites. Il va falloir importer. Au drame humain s'ajoute un désastre agricole, qui va provoquer une pression supplémentaire sur le marché mondial du riz, très agité depuis plusieurs mois.

Avant l'arrivée de la dictature militaire et le lancement de " la voie birmane vers le socialisme ", en 1962, la Birmanie avait été le premier exportateur mondial de riz. Puis le pays s'est enfoncé dans la misère et, ces dernières années, le sort des agriculteurs a été encore compliqué par une innovation du régime : remplacer par endroits, de manière parfaitement décousue selon des humanitaires sur place, la culture du riz par celle d'une plante non comestible qui permet de produire un biodiesel, le jatropha, sans tenir compte des propriétés de la terre ni des capacités des cultivateurs à transformer le jatropha. La catastrophe birmane rappelle jusqu'à la caricature le dilemme qui apparaît de plus en plus crûment aux pays en développement ou émergents. Faut-il donner la priorité à la protection de l'environnement ou au nombre de bouches à nourrir ?

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«Gouverner c'est faire croire»: Machiavel le disait, Sarkozy l'a entendu

    Discours du Président devant le Congrès, flou sur le contrôle des nominations du Parlement, abandon des mesures concernant la limitation des cumuls des mandats: Marie-Anne Cohendet, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I, décrypte les faux semblants du projet de révision institutionnelle.«De très nombreuses dispositions de ce projet laissent planer la plus grande incertitude en renvoyant à une future loi organique ou aux règlements des assemblées, explique-t-elle. On demande donc aux membres du Congrès de voter les yeux fermés ». Voir ici la première partie de son analyse consacrée au pouvoir du Président en matière de défense nationale.

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L’aboulie des démocraties occidentales devant la Chine

André Glucksmann, philosophe.

 

André Glucksmann, philosophe.    L’approche des Jeux olympiques accentue l’aboulie mentale des démocraties occidentales. Face aux puissances ex-communistes, l’incohérence domine, les diplomates ne savent pas à qui ils s’adressent, ni les experts de quels régimes ils parlent. La brutale répression des moines et des civils laïcs au Tibet a choqué l’opinion mondiale, mais accélère la danse du ventre de nos élites devant les autorités chinoises. Ira ? Ira pas ? Beaucoup de leaders découvrent soudain un agenda trop chargé pour se rendre à l’inauguration solennelle des JO. Cependant seuls quelques responsables - polonais, tchèques, bulgares… - osent proclamer qu’ils boycottent cette ouverture politico-planétaire qui couronne un régime bafouant les droits de l’homme. Majoritairement, l’hypocrisie domine et les plates «excuses» multipliées par la France n’honorent personne : entre le respect entourant la torche olympique et celui dû aux assassinés et aux torturés de Lhassa, les Parisiens ont choisi, quitte à prendre au dépourvu la diplomatie locale et mondiale.

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Fausses querelles,
vrais problèmes

par Edouard de Lépine

Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique 25 mars- 04 juin 1848   Faut-il opposer le 22 mai au 27 avril comme on tend à le faire depuis une trentaine d'années, après avoir, il est vrai, outrageusement privilégié le 27 avril par rapport au soulèvement du 22 mai qui a conduit à l'abolition anticipée de l'esclavage à la Martinique et à la Guadeloupe ? S'il est vrai que c'est la France qui a introduit l'esclavage dans ses colonies et qu'il n'y a pas lieu de se confondre en actions de grâce pour la remercier d'avoir aboli ce qu'elle avait établi, rien ne nous oblige à donner raison à ceux qui pensent qu'il " y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude ".

C'est dire combien il nous paraît ridicule de faire comme si la commémoration du 22 mai devait supprimer la reconnaissance du 27 avril. Il n'est pas seulement ridicule, il est absurde d'ignorer ou de minimiser l'une ou l'autre de ces deux dates dans notre histoire. La commémoration du cent cinquantième anniversaire de l'abolition peut être l'occasion d'une réévaluation des apports réciproques du mouvement abolitionniste en France et de l'opposition anti-esclavagiste aux colonies, dans toutes les colonies et pas seulement à la Martinique. Elle ne doit en aucun cas être un prétexte à une mutilation de notre histoire.
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