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CSG progressive contre TVA sociale


Par THOMAS PIKETTY directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris


  Selon toute vraisemblance, le gouvernement s’apprête à annoncer, demain, lors du sommet social, un transfert massif de cotisations sociales sur un mélange de TVA et de CSG. S’il choisit de suivre le scénario haut présenté par le Medef en novembre, la réforme pourrait consister à transférer près de 50 milliards de cotisations patronales vers la TVA (afin d’alléger le coût du travail) et plus de 20 milliards d’euros de cotisations salariales vers la CSG (afin d’augmenter les salaires nets à la veille des élections et mieux faire passer la pilule de la hausse de TVA). Face à un tel activisme de dernière minute, la gauche ne peut pas se contenter de stigmatiser l’agitation perpétuelle du président candidat, prêt à tout pour sauver son poste. La réforme du financement de la protection sociale est une vraie question. L’opposition doit saisir cette occasion pour sortir du cafouillage fiscal des deux dernières semaines et montrer au pays qu’elle est prête à gouverner, en formulant des contre-propositions précises, à la fois plus justes et plus efficaces que celle de la droite.

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"Acheter français" : du charlatanisme en économie

http://imageshack.us/photo/my-images/16/p938227d838115gapx470wo.jpg/

par Jean-Luc Gaffard, Sarah Guillou, Lionel Nesta, OFCE Sciences Po


  La campagne électorale donne du poids aux propositions simplistes quand elles ne sont pas simplement démagogiques. Il en est ainsi du slogan "acheter français" qui semble faire écho à la nécessité de réindustrialiser la France. Quoi de plus simple, en effet, pour y parvenir que de convaincre les résidents d'acheter les produits de leur propre pays. C'est, en outre, davantage acceptable politiquement que de prôner d'entrée de jeu le retour au protectionnisme. L'emploi devrait y gagner en même temps que la balance du commerce extérieur. Mais voilà, l'économie n'est pas une arithmétique sociale.

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Nicolas Sarkozy dans «A vous de juger»
en 2007

Quand Sarkozy proposait aux Français de le sanctionner s'il ne parvenait pas à 5% de chômeurs

500 milliards envolés en cinq ans...



 


   La scène est surréaliste. "Tu vois, j'ai gagné ! J'ai gagné !" lance, triomphant et vengeur, Nicolas Sarkozy au député du Nouveau Centre Charles de Courson, présent à l'Élysée pour une cérémonie début 2010. De quelle victoire si importante se prévaut donc le président de la République ? D'avoir fait baisser le chômage ou rétabli l'équilibre du commerce extérieur ? Rien de tout cela, bien sûr. Nicolas Sarkozy se félicite des 390 millions d'euros qui vont échoir au couple Tapie (dont 45 au titre du préjudice moral) à la suite d'un arrêt du Conseil d'État qui rejette le recours intenté par quelques députés, dont Courson, contre les conclusions d'un tribunal arbitral sur l'affaire Adidas-Crédit lyonnais. "J'ai gagné ! J'ai gagné !" Stupéfiant car, si victoire il y a, c'est celle de Tapie, l'ami du président. Et pas du tout celle de l'État, contraint de faire un gros chèque.

Auteurs d'Un quinquennat à 500 milliards, Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité les petites et grandes libéralités du président de la République avec ses "amis" Liliane Bettencourt ou Guy Wildenstein, ou, fait moins connu, avec Hubert Martigny, auquel l'État a racheté à prix d'or la salle Pleyel. Quand ils ne cherchent pas la petite bête, les deux auteurs se mettent aussi en surplomb pour livrer aux lecteurs-électeurs le "vrai bilan" économique du quinquennat Sarkozy. Et là ils ne font pas dans la dentelle. Leur audit étant assez terrifiant, on pourrait le juger militant. Mais les faits sont les faits.

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Contre le discours dominant sur la dette publique


par Geneviève Azam, Etienne Balibar, Thomas Coutrot, Dominique Méda, Yves Sintomer


 

 Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". L'enjeu pour la gauche serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".

Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur "La dépense publique et son évolution", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000.
Si les déficits et la dete ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.

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TVA sociale : Valls n'est plus d'accord avec lui-même



   Il y a à peine de deux mois, Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste, assurait que la TVA sociale était "la solution". Mais depuis que Nicolas Sarkozy a relancé cette même idée, le désormais directeur de la communication de François Hollande se montre beaucoup plus circonspect. Récit d'un changement d'avis.
Manuel Valls

Lors du deuxième débat à la primaire socialiste, Manuel Valls avait fermement défendu le concept da la TVA sociale.

"La solution, c'est la TVA sociale". La phrase n'est pas signée Nicolas Sarkozy mais Manuel Valls. Lorsqu'il était candidat à la primaire socialiste, l'actuel directeur de la communication de François Hollande s'était démarqué de ses rivaux en défendant cette idée, désormais reprise par le chef de l'Etat. Manuel Valls en avait même fait l'une de ses mesures phares en cas de victoire, quitte à faire l'unanimité contre lui lors du deuxième débat entre candidats à la primaire socialiste sur i-Télé.

Dans une tribune publiée dans Les Echos le 7 octobre dernier et intitulée "Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche", il s'insurgeait aussi contre ceux qui s'opposaient à sa création : "Mais à peine la TVA est-elle évoquée dans nos rangs que j’entends les uns convoquer l’"injustice" et les autres jouer l’indignation. Pourtant s’il est une mesure capable de mener à bien l’Etat sur la voie du désendettement et de la maîtrise de ses déficits, c’est bien la TVA".
La TVA sociale "n'a pas de sens"

Une situation embarrassante pour celui qui doit désormais assumer son rôle d'opposant à cette taxe, comme le fait tout le reste de l'équipe de François Hollande. Alors, quand il est interrogé sur sa position sur la TVA sociale, le malaise est palpable. Lundi matin, interrogé sur le souhait de Nicolas Sarkozy de relancer la TVA sociale sur le plateau des Quatre vérités de France 2, le député-maire d'Evry est resté évasif. "Le président de la République va beaucoup parler parce qu'il est candidat. Il va essayer de faire croire aux Français – et je crois qu'ils ne sont pas dupes – qu'en quatre mois, il peut faire ce qu'il n'a pas fait en quatre années et demi. Personne ne va le croire", a ainsi argué Manuel Valls.

Alors pour ou contre la TVA sociale? "Aujourd'hui, elle n'est pas applicable, elle n'a pas de sens", a-t-il estimé, avant de balayer : "Aujourd'hui, parlons d'abord de l'augmentation de la TVA de 5,5 à 7%. Parlons des taxes qui frappent les Français". Sauf qu'il plaidait lors de la primaire socialiste pour l'augmentation d'un point de la TVA (réduite, Ndlr) à 19,6% et à 5,5%, à l'exception des produits de première nécessité. Il arguait aussi, toujours dans la tribune aux Echos : "Rejeter toute augmentation de la TVA, sans rechercher d’autres marges de manœuvre immédiates constituerait alors une faute économique et politique". Mais en l'espace d'un mois et demi - durant lequel il est passé du statut de candidat outsider à celui de directeur de la communication de François Hollande - Manuel Valls semble avoir revu sa position.

Un changement d'avis qui donne des armes à la droite pour attaquer le camp socialiste. L'UMP n'a d'ailleurs pas tardé à souligner ces contradictions, par la voix de Bruno Beschizza, secrétaire national du parti majoritaire : "Aujourd’hui Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande a perdu ses convictions et son courage, à l'instar de son candidat et de son incapacité à assumer qui l’amène si souvent à renoncer et à se renier."

Caroline Vigoureux - leJDD.fr

lundi 02 janvier 2012

 

 

Les mirages de la TVA sociale

 

par Jean-Charles Simon, économiste en chef de Scor


   On attribue beaucoup de vertus à la TVA sociale, qui permettrait d'alléger les cotisations. En fait, les réformes de ce type à prélèvements constants se révèlent souvent neutres économiquement, voire négatives, en raison des ajustements incertains par les prix. Le bonneteau fiscal ne peut tenir lieu de politique économique.

Depuis quelques semaines, le débat sur la "TVA sociale" revient en force. À l'instar de projets analogues de transferts des cotisations sociales vers d'autres prélèvements, le motif en paraît bien légitime : alléger les charges exorbitantes pesant en France sur les salaires. Ces propositions ne sont d'ailleurs pas nouvelles. La création puis la hausse de la CSG ont eu en partie cet objet, pour la part salariale des cotisations sociales, notamment lors du transfert massif des cotisations maladie vers la CSG sous le gouvernement Jospin. Même si le but principal était bien, en l'espèce, de disposer d'une assiette plus large, frappant tous les revenus, pour financer des dépenses sans cesse croissantes...

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Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?

La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste

Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d'être transparente sur l'aide qu'elle avait apportée elle-même au système bancaire.

Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

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La rémunération des patrons a bondi de
17 % en Europe

 

  Selon une étude du cabinet AlphaValue, les revenus moyens des dirigeants français, s'ils ont augmenté de 21 %, restent cependant inférieurs de 10 % à ceux de leurs voisins.

En pleine période d'austérité, le constat risque de faire quelques vagues. Selon une étude du cabinet d'analyse financière , reprise par le quotidien , la rémunération moyenne des patrons européens a grimpé de 17 % en 2010 par rapport à 2009.

L'organisme a étudié les informations publiées par 460 sociétés cotées dans 17 pays européens, dont 93 entreprises françaises. Le constat paraît étonnant au regard de la morosité économique actuelle, mais il est en fait la conséquences des politiques de relance mises en place l'année dernière qui ont boosté certains secteurs. L'automobile est ainsi l'activité où les salaires des patrons ont le plus progressé, notamment grâce aux primes gouvernementales et aux marchés émergents. AlphaValue constate ainsi une hausse de 225 % de la rémunération. Le secteur minier, avec un bond de 156 % des revenus, a également profité du développement des pays émergents.
Les banquiers en tête

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Plan de rigueur: double peine pour les femmes
 

Par Thalia Breton, Magali De Haas, Julie Muret Porte-parole d’Osez le féminisme ! Sabine Salmon Présidente de Femmes solidaires et Carine Delahaie Rédactrice en chef de «Clara Magazine»

  Le plan d’austérité annoncé par François Fillon le 7 novembre, socialement inefficace et économiquement injuste, constitue une double peine pour les femmes. Ces mesures semblent neutres : elles s’appliqueront aux femmes comme aux hommes. En fait, compte tenu de la situation dans laquelle se trouvent les femmes en matière d’emploi et de précarité, plusieurs des mesures vont directement accroître les inégalités femmes-hommes.

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"La récession sera implacable et durable"

Jean-Paul Fitoussi

  Pour Jean-Paul Fitoussi, directeur de recherche à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la seule issue à la crise qui secoue l'Europe serait une action forte de la Banque centrale européenne (BCE), qui achèterait massivement des obligations d'Etat. Mais les Allemands la refuseront tant qu'ils ne seront pas impactés par la récession. Le risque est grand d'une longue stagnation, sous l'effet des politiques budgétaires restrictives.

Comment sortir de la crise qui secoue l'Europe ?

L'Europe est organisée de façon très singulière... Lors de la rédaction du traité de Maastricht, on a refusé d'envisager le cas de crises. Pire, les pays fondateurs de la zone euro se sont engagés à supprimer une fonction qui échoit normalement aux banques centrales, celle de prêteur en dernier ressort. Plus précisément, la Banque centrale européenne joue ce rôle vis-à-vis des banques, leur apportant des refinancements quand elles ne les trouvent pas sur le marché, mais elle a interdiction de remplir cette fonction s'agissant des États. Du coup, les pays européens se trouvent en situation de vulnérabilité sans possibilité de repli derrière cette ligne majeure de défense.

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L'échec de "Merkozy"
 
 
 
Par Martin Wolf
 
 
  L'éclairage L'idée que l'indiscipline budgétaire est à l'origine de la crise est fausse. D'où l'incapacité franco-allemande à offrir les bonnes solutions.

L'accord du lundi 5 décembre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, que ceux-ci ont réussi à imposer à leurs " partenaires " européens au sommet des 8 et 9 décembre à Bruxelles est-il une solution audacieuse aux dilemmes du continent, ou une insipide bouillie ?

Deux têtes, dit-on, valent mieux qu'une. On ne peut pas dire que le couple formé par la chancelière allemande et le président français ait confirmé l'adage. Comme les Bourbon, ces dirigeants donnent plutôt l'impression de n'avoir rien appris ni rien oublié.

Il a été décidé, semble-t-il, de ne pas contraindre les détenteurs d'obligations privés à essuyer des pertes lors des sauvetages de pays de la zone euro, même si l'on n'écarte pas la possibilité de restructurations volontaires. De rendre plus probables, mais pas automatiques, les sanctions à l'égard de pays qui échoueraient à respecter les limites imparties aux déficits budgétaires. D'inscrire dans la législation des pays membres l'obligation d'un budget équilibré. De mettre en place le Mécanisme européen de stabilité (MES) - l'instrument permanent de sauvetage - dès juillet 2012 et non plus en juin 2013. Et enfin, de prévoir pendant la durée de la crise, des réunions mensuelles des chefs d'Etat et de gouvernement européens afin de superviser la coordination des différentes politiques.
 

 

Une intelligence gaspillée

Par Danièle Blondel Professeur émérite à l’université Paris-Dauphine


  Tout le monde savait le gouvernement court-termiste et moins sensible aux valeurs culturelles qu’à la cote des marchés boursiers. Mais la dernière initiative du ministre de l’Intérieur à l’égard des diplômés étrangers fait déborder le vase.
Certes, le drainage de nos «cerveaux» par le canal de l’émigration est difficile à mesurer. Et il ne nous est pas forcément préjudiciable, car la mondialisation des savoirs est un phénomène naturel et profitable à tous, à condition que la balance des entrées et des sorties s’équilibre dans une coopération intellectuelle de long terme. Mais, depuis que l’équilibre budgétaire est devenu la finalité unique de la politique intérieure, c’est le gouvernement lui-même qui organise de manière de plus en plus suicidaire la dévalorisation de notre intelligence collective et la régression future de notre économie. A l’impéritie des milieux économiques se combine désormais la myopie des responsables du budget.

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Où est la gauche à l’heure de la tourmente économique ?

Par Serge Halimi

 

    Alors que le capitalisme connaît sa crise la plus sérieuse depuis celle des années 1930, les principaux partis de gauche semblent muets, embarrassés. Au mieux, ils promettent de ravauder le système. Plus souvent, ils cherchent à prouver leur sens des responsabilités en recommandant eux aussi une purge libérale. Combien de temps ce jeu politique verrouillé peut-il durer alors qu’enflent les colères sociales ?

Les Américains qui manifestent contre Wall Street protestent aussi contre ses relais au sein du Parti démocrate et à la Maison Blanche. Ils ignorent sans doute que les socialistes français continuent d’invoquer l’exemple de M. Barack Obama. Contrairement à M. Nicolas Sarkozy, le président des Etats-Unis aurait su selon eux agir contre les banques. S’agit-il seulement d’une méprise ? Qui ne veut pas (ou ne peut pas) s’attaquer aux piliers de l’ordre libéral (financiarisation, mondialisation des flux de capitaux et de marchandises) est tenté de personnaliser la catastrophe, d’imputer la crise du capitalisme aux erreurs de conception ou de gestion de son adversaire intérieur. En France, la faute incombera à « Sarkozy », en Italie, à « Berlusconi », en Allemagne, à « Merkel ». Fort bien, mais ailleurs ?

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La très grande Récession

 

par l' OFCE, Département Analyse et Prévision, sous la direction de Xavier Timbeau

  Les perspectives de croissance pour les pays développés et plus particulièrement européens se sont dégradées spectaculairement au cours des dernières semaines. La dépréciation " volontaire et négociée " des titres de dette souveraine grecque, qui n'est autre qu'un défaut souverain, la vague de plans de restriction budgétaire annoncés alors que les lois de finance sont encore en train d'être débattues, l'impuissance de l'Union Européenne à mobiliser ses forces dans la crise sont autant de facteurs qui ont rendu les prévisions faites il y a deux mois obsolètes. L'année 2012 sera marquée par une récession dans plusieurs pays européens, dont la France.

Publiés en août 2011, les chiffres de croissance pour le deuxième trimestre 2011 dans les pays développés ont relativisé les signaux positifs du début de l'année 2011. Au troisième trimestre 2011, les comptes nationaux ont été meilleurs qu'attendus, mais le répit serait de courte durée. Les indicateurs conjoncturels pour la majorité des pays développés (cf. infra) annoncent une réduction de l'activité au quatrième trimestre 2011 et au début de l'année 2012. La zone euro stagnerait en 2012 ; avec +0,4 % de croissance du PIB, l'Allemagne enregistrerait la "meilleure" performance de la zone euro.

La première phase de la grande Récession, en 2008-2009, a induit le gonflement des dettes publiques (de l'ordre de 16 points dans la zone euro, de plus de 30 points aux Etats-Unis et au Royaume Uni). La phase II sera conditionnée par la façon dont sont digérées ces dettes publiques induites par la crise : ou bien les taux d'intérêts bas permettent de reporter l'ajustement des déficits publics à plus tard et les économies peuvent rebondir, allégeant en conséquence l'ajustement nécessaire ; ou bien l'ajustement est fait immédiatement, amplifié par la hausse des taux publics et par la persistance du sous emploi. Parce que l'Europe est soumise à la peur du défaut, elle transforme la grande Récession amorcée en 2008 en très grande Récession.

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2012… Une année en toute sécurité ?

par Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, pour le collectif des membres de la Commission de la sécurité des consommateurs

  Alors qu'en 2012, la Commission de la sécurité des consommateurs amorce sa trentième année, l'heure n'est malheureusement pas aux préparatifs de cette célébration mais à la désolation pour les membres de cette autorité administrative indépendante dont le bon fonctionnement ne cesse d'être altéré depuis la réforme de 2010 tendant à rapprocher cette instance de l'Institut national de la consommation.

Les craintes exprimées à l'heure de la réforme d'un affaiblissement de cette autorité participant activement à la sécurité des citoyens ne se sont pas dissipées au contraire. Plus d'un an après l'officialisation du rapprochement avec l'INC, la pertinence de la réforme ne résiste pas à l'épreuve des faits : le nombre de conseillers techniques dont la compétence est indispensable pour l'instruction des dossiers est passé de 6 à 4 ; la crise majeure que traverse actuellement l'Institut national de la consommation le rend incapable d'assurer l'accueil de commissions indépendantes dans des conditions minimum de bon fonctionnement. Ainsi la Commission va-t-elle être logée dans des locaux provisoires, loin de l'INC, sans aucune visibilité sur d'éventuels projets de relogement futur.

Comment admettre un tel délitement d'une institution qui, par ses avis sur tous les produits et services susceptibles de présenter un risque pour les consommateurs – plus de 400 depuis sa création - concourt à une mission d'intérêt public ? Comment cautionner l'affaiblissement d'une institution qui œuvre notamment à la prévention et la lutte contre les accidents de la vie courante alors que ceux-ci occasionnent chaque année près de 20 000 décès et 4,5 millions de blessés ? Comment ne pas s'inquiéter de la poursuite d'un rapprochement à marche forcée entre un établissement public à caractère industriel et commercial et une autorité administrative dont l'indépendance est l'un des deux fondements essentiels ? Faute de conseillers techniques propres, de fonctionnement technique et de dotation budgétaire garantissant sans ambiguïté son indispensable autonomie, le risque de conflit d'intérêts entre les fonctions d'instructions des avis de la Commission et les fonctions commerciales de l'Institut national de la consommation est réel…

Nous, les membres de la Commission de la sécurité des consommateurs, représentants des grands corps de l'Etat, d'associations de consommateurs, d'organisations professionnelles, experts et personnes qualifiées, refusons la paralysie d'une institution qui a fait ses preuves et appelons de nos vœux - la période est propice - la restauration des moyens matériels et humains de la Commission de la sécurité des consommateurs. Une motion en ce sens, adoptée à une très large majorité en séance plénière en décembre, a été adressée au secrétaire d'Etat à la consommation. A lui de prendre - la période est toujours propice - cette bonne résolution aux fins de garantir la sécurité des consommateurs dont il a la charge.
Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, pour le collectif des membres de la Commission de la sécurité des consommateurs

LEMONDE.FR | 02.01.12 |

 

TVA sociale : Valls n'est plus d'accord avec lui-même


   Il y a à peine de deux mois, Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste, assurait que la TVA sociale était "la solution". Mais depuis que Nicolas Sarkozy a relancé cette même idée, le désormais directeur de la communication de François Hollande se montre beaucoup plus circonspect. Récit d'un changement d'avis.
Manuel Valls

Lors du deuxième débat à la primaire socialiste, Manuel Valls avait fermement défendu le concept da la TVA sociale.

"La solution, c'est la TVA sociale". La phrase n'est pas signée Nicolas Sarkozy mais Manuel Valls. Lorsqu'il était candidat à la primaire socialiste, l'actuel directeur de la communication de François Hollande s'était démarqué de ses rivaux en défendant cette idée, désormais reprise par le chef de l'Etat. Manuel Valls en avait même fait l'une de ses mesures phares en cas de victoire, quitte à faire l'unanimité contre lui lors du deuxième débat entre candidats à la primaire socialiste sur i-Télé.

Dans une tribune publiée dans Les Echos le 7 octobre dernier et intitulée "Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche", il s'insurgeait aussi contre ceux qui s'opposaient à sa création : "Mais à peine la TVA est-elle évoquée dans nos rangs que j’entends les uns convoquer l’"injustice" et les autres jouer l’indignation. Pourtant s’il est une mesure capable de mener à bien l’Etat sur la voie du désendettement et de la maîtrise de ses déficits, c’est bien la TVA".
La TVA sociale "n'a pas de sens"

Une situation embarrassante pour celui qui doit désormais assumer son rôle d'opposant à cette taxe, comme le fait tout le reste de l'équipe de François Hollande. Alors, quand il est interrogé sur sa position sur la TVA sociale, le malaise est palpable. Lundi matin, interrogé sur le souhait de Nicolas Sarkozy de relancer la TVA sociale sur le plateau des Quatre vérités de France 2, le député-maire d'Evry est resté évasif. "Le président de la République va beaucoup parler parce qu'il est candidat. Il va essayer de faire croire aux Français – et je crois qu'ils ne sont pas dupes – qu'en quatre mois, il peut faire ce qu'il n'a pas fait en quatre années et demi. Personne ne va le croire", a ainsi argué Manuel Valls.

Alors pour ou contre la TVA sociale? "Aujourd'hui, elle n'est pas applicable, elle n'a pas de sens", a-t-il estimé, avant de balayer : "Aujourd'hui, parlons d'abord de l'augmentation de la TVA de 5,5 à 7%. Parlons des taxes qui frappent les Français". Sauf qu'il plaidait lors de la primaire socialiste pour l'augmentation d'un point de la TVA (réduite, Ndlr) à 19,6% et à 5,5%, à l'exception des produits de première nécessité. Il arguait aussi, toujours dans la tribune aux Echos : "Rejeter toute augmentation de la TVA, sans rechercher d’autres marges de manœuvre immédiates constituerait alors une faute économique et politique". Mais en l'espace d'un mois et demi - durant lequel il est passé du statut de candidat outsider à celui de directeur de la communication de François Hollande - Manuel Valls semble avoir revu sa position.

Un changement d'avis qui donne des armes à la droite pour attaquer le camp socialiste. L'UMP n'a d'ailleurs pas tardé à souligner ces contradictions, par la voix de Bruno Beschizza, secrétaire national du parti majoritaire : "Aujourd’hui Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande a perdu ses convictions et son courage, à l'instar de son candidat et de son incapacité à assumer qui l’amène si souvent à renoncer et à se renier."

Caroline Vigoureux - leJDD.fr

lundi 02 janvier 2012
 

 

Les mirages de la TVA sociale

 

par Jean-Charles Simon, économiste en chef de Scor


   On attribue beaucoup de vertus à la TVA sociale, qui permettrait d'alléger les cotisations. En fait, les réformes de ce type à prélèvements constants se révèlent souvent neutres économiquement, voire négatives, en raison des ajustements incertains par les prix. Le bonneteau fiscal ne peut tenir lieu de politique économique.

Depuis quelques semaines, le débat sur la "TVA sociale" revient en force. À l'instar de projets analogues de transferts des cotisations sociales vers d'autres prélèvements, le motif en paraît bien légitime : alléger les charges exorbitantes pesant en France sur les salaires. Ces propositions ne sont d'ailleurs pas nouvelles. La création puis la hausse de la CSG ont eu en partie cet objet, pour la part salariale des cotisations sociales, notamment lors du transfert massif des cotisations maladie vers la CSG sous le gouvernement Jospin. Même si le but principal était bien, en l'espèce, de disposer d'une assiette plus large, frappant tous les revenus, pour financer des dépenses sans cesse croissantes...

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Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?

La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste

Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d'être transparente sur l'aide qu'elle avait apportée elle-même au système bancaire.

Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

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"L'impact récessif n'est pas une erreur, c'est une stratégie"


 par Thomas Coutrot, coprésident d'Attac

 

   Début 2010, la "troïka" (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) impose à la Grèce son premier plan d'austérité. Il apparaît alors qu'on a décidé de profiter de la crise financière pour porter des coups décisifs aux compromis sociaux concédés après la deuxième guerre mondiale. La parenthèse "keynésienne" – consistant à laisser filer temporairement les déficits publics pour éviter que l'effondrement de Lehman Brothers ne se transforme en cataclysme incontrôlable – est refermée, et l'offensive décrétée contre les dépenses publiques et les droits sociaux en Europe.

L'Espagne, le Portugal, l'Italie, la France, la Grande-Bretagne, et même l'Allemagne, suivent ensuite le même chemin : blocage des salaires et/ou réduction du nombre des fonctionnaires, réformes des retraites, de l'assurance-maladie, remise en cause des politiques et prestations sociales, privatisations… Des mesures – qui n'ont qu'un rapport très lointain avec les déficits et la dette – sont imposées avec la même urgence : les patrons grecs et espagnols pourront licencier plus facilement et se débarrasser des conventions collectives, le salaire minimum irlandais est réduit… Dans une incroyable lettre secrète, expédiée le 5 août, M. Trichet enjoint à M. Berlusconi de réformer le système de négociation collective, de réduire la protection des salariés contre les licenciements et de mener "une vaste réforme de l'administration publique afin d'améliorer l'efficacité administrative et la bienveillance à l'égard des entreprises"…

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Par Guy Verhofstadt, Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant, Sergio Cofferati et Andrew Duff Cofondateurs du groupe Spinelli qui aspire à créer une Europe politique et fédérale

   Alors que nos concitoyens s’étonnent s’inquiètent, s’énervent chaque jour de l’incapacité de l’Europe à lutter contre la crise, il est temps pour les fédéralistes européens du groupe Spinelli de rappeler les doux rêveurs inter-gouvernementalistes aux réalités : l’euro est une monnaie unique qui ne pourra survivre si chaque Etat nation continue d’en faire à sa guise en matière économique et budgétaire. C’est cette conciliation de l’impossible à laquelle se livrent les chefs d’Etat et de gouvernement depuis des mois et les résultats ne sont pas au rendez-vous. Le fait est que gérer une monnaie unique avec 17 politiques économiques séparées relève de la quadrature du cercle. Certes, depuis 2008, des décisions fortes ont été prises. A force d’atermoiements, toutefois, elles sont intervenues trop tard et n’ont pas eu la portée requise. Le plan du 21 juillet l’a démontré. L’eurozone a besoin des instruments d’une vraie politique économique, budgétaire et fiscale.

 
Restructurer la dette grecque, sortir de l’imposture  
  
 
Par ROMAIN RANCIÈRE est chercheur à l'Ecole des Ponts et professeur associé à lEcole déconomie de Paris.
 


    Le moment est venu de restructurer la dette de la Grèce. Malgré des coupes budgétaires massives et le soutien financier international, Athènes n’a pas été en mesure de stabiliser sa dette qui atteint désormais près de 160% du PIB. La baisse du PIB de 14% en termes réels entre 2008 et 2011 a empêché tout accroissement significatif des recettes fiscales. La Grèce est piégée dans un cercle vicieux où tout accroissement additionnel de la pression fiscale déprime l’activité, ce qui entraîne un accroissement supplémentaire de la pression fiscale, qui contracte encore davantage l’activité et ainsi de suite.

Le plan européen de juillet inclut une proposition de restructuration volontaire de la dette grecque négociée avec The Institute for International Finance (IIF) représentant les grandes banques internationales créancières. Selon ce plan, un détenteur de 100 euros de dette grecque l’échangerait contre 80 euros d’une nouvelle dette, qui aurait une maturité plus longue et un taux d’intérêt en moyenne plus élevé. Le remboursement du principal à l’échéance, 80 euros, serait garanti par le dépôt par la Grèce d’un collatéral [une garantie, ndlr] formé d’obligations notées AAA, c’est-à-dire sans risque.

 

La crise financière actuelle a l'étrange parfum des années 1930

 
 
Frédéric Salat-Baroux
 

     Quand des personnalités aussi inconciliables que Arnaud Montebourg, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon soufflent sur les mêmes braises, c'est qu'un mal profond est à l'oeuvre. Au thème ravageur du pacifisme, durant l'entre-deux-guerres, a succédé celui du protectionnisme. Mais - toutes proportions gardées bien sûr - le danger est le même, la peur d'affronter la réalité : hier la guerre inévitable contre l'Allemagne nazie ; aujourd'hui la guerre industrielle.

Que de similitudes sur la nature du sel que ces tribuns jettent sur les plaies d'une société en souffrance : des solutions qui donnent l'illusion que l'on pourra s'en sortir sans se battre : la ligne Maginot hier, les droits de douane ou la sortie de l'euro aujourd'hui ; des boucs émissaires : la finance dite cosmopolite à l'époque, les banques depuis 2008 ; la mise en cause de la légitimité du régime : les attaques contre la République dans les années 1930, le thème de la VIe République actuellement. Et bien sûr le thème du " tous pourris, tous corrompus ".

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Dieu, Keynes et les dentistes

 

Ecrit par Jean-Marc VITTORI 

 

  C'est une plaisanterie bien connue : Dieu a inventé les économistes pour que les météorologistes aient l'air moins bêtes. C'est aussi une vieille plaisanterie, car la météo a beaucoup progressé. Avec des modèles de plus en plus détaillés et des ordinateurs de plus en plus puissants, les scientifiques de l'atmosphère parviennent à décrire la circulation des grandes masses d'air et d'eau dans le ciel. Alors que les économistes, avec les mêmes ordinateurs et des modèles eux aussi de plus en plus sophistiqués, restent incapables de prévoir la moindre tempête. Encore plus gênant : quand la tempête se lève, comme en 2008, ils ont le plus grand mal à l'expliquer. Mais alors... à quoi servent les économistes ?

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Les contre-vérités présidentielles sont-elles volontaires? 

 

par Georges Uguex, banquier d'affaires


  Il y avait dans la conférence de presse du président Sarkozy plus de substance que d'habitude. Admettre la nécessité d'une vraie austérité et le surendettement de la France n'était pas facile d'autant plus qu'il refusait d'accepter qu'il est responsable d'une hausse de l'endettement d'environ 500 milliards d'euros, soit près de 50 %. S'il a admis avec sobriété la gravité de la situation, il n'a pas accepté les conséquences de ce diagnostic et s'est dérobé aux questions des journalistes qui ont - en vain - essayé d'extraire des décisions concrètes et un calendrier.

Cet aspect positif ne permet cependant pas de prendre des libertés avec la vérité. J'ai relevé une douzaine de contre-vérités :

J'ai relevé une douzaine de contre-vérités :

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La crise européenne

Rendons l'Europe plus démocratique !

 

 Par Jürgen Habermas
Philosophe
 

Penser la crise de l'Union européenne


   A court terme, la crise requiert la plus grande attention. Mais par-delà ceci, les acteurs politiques ne devraient pas oublier les défauts de construction qui sont au fondement de l'union monétaire et qui ne pourront pas être levés autrement que par une union politique adéquate : il manque à l'Union européenne les compétences nécessaires à l'harmonisation des économies nationales, qui connaissent des divergences drastiques dans leurs capacités de compétition.

Le " pacte pour l'Europe " à nouveau renforcé ne fait que renforcer un vieux défaut : les accords non contraignants dans le cercle des chefs de gouvernements sont ou bien sans effets ou bien non démocratiques, et doivent pour cette raison être remplacés par une institutionnalisation incontestable des décisions communes. Le gouvernement fédéral allemand est devenu l'accélérateur d'une désolidarisation qui touche toute l'Europe, parce qu'il a trop longtemps fermé les yeux devant l'unique issue constructive que même la Frankfurter Allgemeine Zeitung a décrit entre-temps par la formule laconique : " Davantage d'Europe ". Tous les gouvernements concernés se retrouvent désemparés et paralysés face au dilemme entre d'une part les impératifs des grandes banques et des agences de notation et d'autre part leur crainte face à la perte de légitimation qui les menace auprès de leur population frustrée. L'incrémentalisme écervelé trahit le manque d'une perspective plus large.

 

Un port de transbordement pour mieux développer la Martinique 

par Jean Crusol

   Vendredi dernier s’est tenue à l’hôtel Batelière la « Conférence portuaire ». La question de la mise en place des ports de transbordement dans les Antilles Françaises à été largement évoquée.

Qu’est-ce qu’il faut en retenir ?

Une réelle opportunité s’ouvre en 2015, nous ne devons pas la compromettre

L’ouverture du 3e jeu d’écluses du Canal de Panama crée une réelle opportunité pour la Grande Caraïbe en général et, en particulier, pour la Guadeloupe et la Martinique, ces îles restées jusqu’ici en marge de la réorganisation des réseaux de transport maritime entamée depuis les années 1980. Avec le passage aux gros navires transportant entre 7000 et 13000 containeurs, dès 2015, et la reprise attendue du commerce mondial, la demande de transbordement dans la zone, actuellement de 7 millions de containeurs, pourrait atteindre, à terme, 9 à 11 millions. Soit 2 à 4 millions d’unités supplémentaires. Les positions exprimées à Batelière autorisent à dire que tant nos responsables politiques, nos chefs d’entreprises, que nos représentants syndicaux ont pris la mesure de l’enjeu. Et nous devons nous réjouir de ce que, dqs l’abord, les responsables Guadeloupéens et Martiniquais ont su éviter un danger qui serait suicidaire pour nos deux îles sœurs : opter pour la guerre plutôt que la coopération.

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Crise financière : l’austérité ou «l’économie vaudou»



Par BRUNO AMABLE professeur de sciences économiques à luniversité Paris-I Panthéon- Sorbonne, membre de l'Institut universitaire de France.


   Comme prévu la crise financière de 2008 a débouché sur une crise des finances publiques.

Les «marchés» sont inquiets devant la croissance des dettes publiques et les Etats, en particulier la France, craignent de perdre le triple A décerné par les agences de notation, lorsqu’ils l’ont encore. Cette perte amènerait une augmentation de la prime de risque sur les titres publics et aggraverait les problèmes de financement.

Pour faire face, les Etats se tournent vers l’austérité budgétaire. Le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et bien sûr la Grèce ont mis en œuvre des plans drastiques de compression du déficit et surtout des dépenses publiques. Par comparaison, la réaction française avec le plan d’économie annoncé par François Fillon est plus modérée ; mais il n’aura échappé à personne qu’il y a des élections l’an prochain. Le principal viendra après.

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Crise financière ou politique délibérée ?

 

 par Pierre SUEDILE


Dans l’imbroglio de la crise qualifiée de financière, chacun allant de sa propre tirade, il semble que le fil conducteur de tous soit la volonté de rendre encore plus opaque et plus inaccessible aux populations, une vérité pourtant tombant sous le sens.
Certains mettent l’accent sur le manque de rigueur budgétaire des Etats (la Grèce singulièrement). D’autres montrent du doigt les banques et la dérégulation (les prêts non mesurés aux Etats ou l’achat d’actifs pourris), ou les contradictions de l’Union européenne handicapée par l’absence d’une politique de croissance indispensable à l’emploi (la BCE privilégiant de forts taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, valoriser l’euro et attirer les financements spéculatifs). Un troisième groupe dénonce le caractère inadapté et inique du Système monétaire international rejeté dès le milieu des années 1960 par le général de Gaulle (le SMI ne servant plus qu’à enrichir les Etats-Unis surtout depuis l’arrêt de la convertibilité en or du dollar, en 1971).
 

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L'étude des comportements peut-elle permettre de les changer ?

    Pour Dan Ariely, celui qui a popularisé la théorie de l'économie comportementale, auteur du best-seller international C'est vraiment moi qui décide (blog), la crise économique de 2008 est la preuve que nos décisions, même en matière d'argent, ne sont pas toutes rationnelles, comme il le clame depuis longtemps. Mais si l'approche rationnelle des marchés ne peut pas nous protéger de nous-mêmes, quel modèle devons-nous utiliser, lui demande Karen Christensen pour in Business ?
 
ERRARE HUMANUM EST : LE PROGRÈS À BESOIN D'ÊTRE MIEUX GÉRÉ
 
“Le modèle rationnel est malléable. Il n'est pas parfait, mais c'est le meilleur modèle que nous ayons”, reconnait le chercheur. “Cependant, que seraient nos autoroutes s'ils avaient été conçus par des économistes rationnels ? Nous n'aurions pas de bande d'arrêt d'urgence parce que nous n'aurions pas eu besoin de goudronner une voie où personne n'était supposé conduire. Nous n'aurions pas de lignes pour délimiter les voies, ni de limites de vitesse si les gens étaient aussi rationnels qu'on voudrait le croire.” S'il n'y a qu'une seule façon d'être rationnel, il y en beaucoup à être irrationnel. Et nos irrationalités engendrent de nombreux problèmes qui évoluent dans le temps et selon les technologies que l'on utilise et que la société tente sans arrêt de régler. Pour répondre à la rapidité de nos voitures, nous avons conçu des airbags, des ceintures de sécurité et des limites de vitesse. A l'heure du téléphone mobile, nous avons besoin de nouvelles règles pour dire aux gens de ne pas conduire en téléphonant…

 

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Crise financière : l’austérité ou «l’économie vaudou»

 


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Par BRUNO AMABLE professeur de sciences économiques à luniversité Paris-I Panthéon- Sorbonne, membre de l'Institut universitaire de France.

   Comme prévu la crise financière de 2008 a débouché sur une crise des finances publiques.

Les «marchés» sont inquiets devant la croissance des dettes publiques et les Etats, en particulier la France, craignent de perdre le triple A décerné par les agences de notation, lorsqu’ils l’ont encore. Cette perte amènerait une augmentation de la prime de risque sur les titres publics et aggraverait les problèmes de financement.

Pour faire face, les Etats se tournent vers l’austérité budgétaire. Le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et bien sûr la Grèce ont mis en œuvre des plans drastiques de compression du déficit et surtout des dépenses publiques. Par comparaison, la réaction française avec le plan d’économie annoncé par François Fillon est plus modérée ; mais il n’aura échappé à personne qu’il y a des élections l’an prochain. Le principal viendra après.

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Le vrai bilan du "travailler plus pour gagner plus"

Par Emilie Lévêque


Un rapport parlementaire dresse un bilan sévère de la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette mesure phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy serait inefficace et trop chère.

La loi Tepa ("Travail, emploi et pouvoir d'achat"), votée à l'été 2007 et symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy, es aujourd'hui une coquille vide. Seule tient encore la défiscalisation des heures supplémentaires, concrétisation du slogan de campagne "travailler plus pour gagner plus". Mais peut être plus pour longtemps. Un rapport parlementaire publié ce jeudi dresse en effet un bilan peu flatteur du dispositif, qui exonère de charges sociales les entreprises et les salariés sur les heures travaillées au-delà de la durée légale. Réalisé au nom du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques par deux députés issus de la majorité et de l'opposition, l'UMP Jean-Pierre Gorges et le socialiste Jean Mallot, ce rapport conclut à l'inefficacité et au coût trop élevé - 4,5 milliards d'euros en moyenne par an de manque à gagner pour les finances publiques - de ces incitations fiscales et sociales en faveur des heures supplémentaires. Au total, la mesure a coûté 0,23% du PIB et n'a rapporté que 0,15%.

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Amartya Sen : "L'euro fait tomber l'Europe"
 



Quand, en 1941, Altiero Spinelli, Eugenio Colorni et Ernesto Rossi signèrent le fameux Manifeste de Ventotene, ils appelaient à une "Europe libre et unie". La déclaration de Milan qui suivit en 1943, fondant le Mouvement fédéraliste européen, réaffirma cet engagement pour une Europe unie et démocratique. Tout cela s'inscrivait dans le prolongement naturel de la quête démocratique de l'Europe inaugurée par le mouvement européen des Lumières, qui, à son tour, inspira le monde entier.

C'est pourquoi il est très affligeant que l'on soit aussi peu inquiet du danger qui menace aujourd'hui le régime démocratique de l'Europe, lequel se manifeste insidieusement par la priorité accordée aux impératifs financiers. La tradition du débat public démocratique est sapée par le pouvoir incontrôlé que détiennent les agences de notation qui de facto dictent aux gouvernements démocratiques leurs programmes, souvent avec le soutien d'institutions financières internationales.

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Fraude sociale et fraude politique



   Notre modèle social serait menacé par la fraude et l'assistanat. C'est en tout cas l'idée qu'a défendue le président de la République dans son discours prononcé à Bordeaux le 15 novembre.

N'hésitant pas à invoquer les mânes de De Gaulle et de la Résistance, il a tout particulièrement dénoncé les fraudes aux prestations sociales, qui constitueraient une trahison intolérable de l'esprit de 1945.

Ces dernières représentent, selon le rapport de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale de 2010, 3 milliards d'euros par an. C'est évidemment trop.

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Le Parlement européen prend position contre la spéculation financière : que va faire la France ?


Le Parlement européen vient d'émettre deux signaux forts à destination des gouvernements, de la Commission européenne et des marchés financiers.

Il a voté aujourd'hui 8 mars, à une forte majorité, le rapport de l'eurodéputée socialiste grecque Anni Podimata "sur les financements innovants à l'échelon mondial et à l'échelon européen", qui recommande la mise en place d'une taxe sur les transactions financières. Surtout, il a adopté (à une majorité plus faible mais nette) un amendement au rapport Podimata indiquant que l'Union européenne devrait mettre en place la taxe même de façon unilatérale (sans l'accord d'autres pays comme les USA ou le Japon, qui y sont hostiles). Le Commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Semeta, a immédiatement réagi en affirmant que la Commission n'accepterait pas de mettre en danger la compétitivité européenne par une mesure unilatérale.

Hier 7 mars, la commission des affaires économiques du Parlement avait voté, à l'instigation de l'eurodéputé vert français Pascal Canfin, une disposition interdisant une forme banalisée mais particulièrement scandaleuse de spéculation contre les États : la "vente à nu à découvert" de CDS (Credit Default Swaps). Les CDS sont ces titres qui permettent aux investisseurs de s'assurer contre le défaut d'un État sur sa dette. La "vente à nu à découvert" a connu son heure de gloire avec la crise grecque, quand le Premier ministre Papandréou a accusé les spéculateurs d'acheter une assurance sur la maison de leur voisin et d'y mettre le feu pour toucher la prime. C'est en effet ce que faisaient les banques et les fonds spéculatifs, en achetant des CDS grecs alors même qu'ils ne possédaient pas ou peu (achat " à nu ") des titres sous-jacents (des obligations de l' État grec). Ce faisant, ils faisaient grimper la valeur des CDS, comme si la Grèce s'approchait de la faillite, et provoquaient la flambée des taux d'intérêt sur la dette grecque, du fait de l'inquiétude croissante des investisseurs.

Lors de leur réunion du 14 mars, les ministres des finances doivent se prononcer sur l'interdiction de la spéculation sur les CDS. La position de Christine Lagarde et du gouvernement français sera très attendue. Attac exhorte le gouvernement français à cesser son double jeu systématique, consistant à dénoncer en paroles la spéculation financière tout en refusant en pratique la moindre mesure concrète pour l'entraver. La France doit se prononcer énergiquement et immédiatement pour l'interdiction de la spéculation sur les CDS et pour la mise en place à court terme d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne.

Pour lire d'autres notes, rendez-vous sur le site d'Attac ATTAC | 01.04.11 |

 

L'économie comme science "complexe"


par
Rémi Sussan 


Les sciences de de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des graphismes, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?

La recherche d’applications pratiques… C’est ce Graal que les chercheurs du domaine traquent activement. On l’a vu dans un récent article où Dirck Helbing tentait de simuler le monde.

Un autre scientifique dont le nom est revenu à plusieurs reprises ces derniers temps est celui de Yaneer Bar-Yam, président del’Institut pour les systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre

(Necsi). Il s’efforce de comprendre comment les systèmes complexes se manifestent dans les différents domaines de la connaissance : écologie, économie, politique… Il s’attaque ainsi à la question des crises économiques, nous apprend unrécent article de Wired.

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Sarkozy fait la fortune des banquiers

La loi française a édulcoré la directive européenne qui vise à «équilibrer» les rémunérations variables et fixes des banquiers.

  Des banquiers hors les lois et un pays (la France) qui ne respecte pas les textes européens en matière de régulation des bonus. Voilà qui fait très mauvais genre au moment où le gouvernement s’emploie à vendre le bilan des quatre ans de présidence de Nicolas Sarkozy. Or le chef de l’Etat avait fait de la régulation de la finance mondiale son vaillant destrier, et de l’encadrement des bonus, une arme qu’il aimait exhiber sur la table quand l’ambiance tournait vinaigre. Mais aujourd’hui, il semble bien que nos chers banquiers français (mais soyons honnêtes aussi européens) n’ont pas renoncé à leurs rémunérations indécentes depuis la crise financière. A la lumière de la publication de leurs revenus pour cette année, il apparaît que les principaux dirigeants des banques françaises ne respectent pas la directive européenne sur les bonus. La porte-parole de Michel Barnier, le commissaire européen au marché unique en charge de ces questions, le confie à «Libération» : «Les comportements n’ont pas changé autant qu’on le souhaite. Les banques n’ont pas respecté l’esprit et la lettre de notre directive.» Et d’annoncer que la commission s’apprête à procéder à une enquête approfondie pour savoir comment les pays membres de l’Union ont transposé les textes européens et surtout comment ils les ont fait respecter.

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Limiter les rémunérations obscènes


Par PHILIPPE STEINER Sociologue, Paris IV


  La nouvelle est tombée la semaine dernière : hors stock-options et autres actions gratuites, le salaire moyen des patrons des PDG du CAC 40 s’est fixé en 2010 à 2,4 millions d’euros : 150 fois le salaire minimum. En hausse de 20% par rapport à 2009, lorsqu’il fallait montrer que les patrons eux aussi souffraient dans leur chair suite à la crise financière et économique. «Profits et bonus obscènes», avait déclaré Barak Obama dans son discours de l’Union en janvier 2010 pour s’offusquer des pratiques de Wall Street. Les rémunérations obscènes sont devenues le vecteur emblématique de la crise idéologique ouverte par la crise de 2008. L’enrichissement extrême permis par la libéralisation financière est devenu la passion dominante de la finance et de la banque bien sûr, mais aussi de la direction des grandes entreprises. On la trouve également dans l’industrie du spectacle, sportif ou non.

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La gauche doit refuser «l’économie de marché»


Par BRUNO AMABLE professeur de sciences économiques à l’université Paris-I Panthéon- Sorbonne, membre de l'Institut universitaire de France.

  A première vue, le débat économique de l’élection présidentielle de 2012, du côté du PS tout au moins, risque d’être centré sur les questions d’imposition et de redistribution. Ceci soulève certaines questions.

Pour la pensée libérale, l’économie est gouvernée par des lois qui ont quasiment le statut de lois naturelles. L’absence d’intervention publique dans est à la fois le respect du droit naturel des individus à échanger et la conséquence de la complexité des mécanismes économiques, qui oblige les Etats à être prudents et à n’intervenir que très indirectement sur ce qu’ils sont incapables d’influencer directement. A l’extrême, cela débouche sur le trop fameux «laisser-faire», la glorification du caractère «autorégulateur» des marchés, et l’Etat qui est un problème et non une solution comme disait Ronald Reagan.

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72 euros pour fabriquer une Nintendo 3DS, 239 euros pour un iPad 2



  Les coûts de fabrication des deux gadgets high-tech dernier cri sont bien loin de leur prix de vente.


Une Nintendo 3DS coûterait 72 euros à fabriquer pour un prix de vente de 249 euros
(DR) Une Nintendo 3DS coûterait 72 euros à fabriquer pour un prix de vente de 249 euros


72 euros pour une Nintendo 3DS, 239 euros pour un iPad 2... Ce sont les coûts de fabrication des deux gadgets high-tech, sortis vendredi 25 mars, pour des prix de ventes respectifs de 249 euros et 711 euros.

Ainsi, la 3DS coûterait environ 72 euros à Nintendo pour l'élaboration du système et la fabrication, selon une estimation de TechInsights UBM pour le site Eurogarmer. Un prix auquel il convient d'ajouter "le marketing, l'emballage et la distribution", précise le site sans chiffrer ces coûts. Selon une source anonyme d'Eurogamer, les revendeurs achèteraient la console environ 194 euros, pour un prix de vente final de 249 euros.

De son côté, la version 32 Go Wi-Fi + 3G de l'iPad 2 coûterait environ 239 euros à Apple, pour un prix de vente de 711 euros, selon le cabinet d'études IHS iSuppli, cité par eWeek. En comparaison, l'iPad premier du nom coûtait 227 euros à fabriquer, tandis que l'iPhone 4 revient à 152 euros.

http://tempsreel.nouvelobs.com/ 28-03-11 

La prime Sarkozy : un non-sens économique


Par ROMAIN RANCIÈRE est chercheur à l'Ecole des Ponts et professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris.

Dans un récent ouvrage intitulé les Décennies aveugles, Philippe Askenazy fait une revue implacable des erreurs de politiques économiques des trente dernières années, erreurs provenant autant de la démagogie que de l’incompétence. Et dans ce domaine, la récente prime promise, par Nicolas Sarkozy, aux salariés des entreprises de plus de 50 employés dont les dividendes sont en croissance, mériterait un glorieux épilogue. Cette mesure n’a strictement aucun sens ni du point de vue de la fiscalité, ni du point de vue du marché du travail, ni du point de vue de la structure de financement des entreprises.

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Un cadre trois fois mieux payé qu'un ouvrier


Par Marc Landré
INFOGRAPHIE - Les titulaires de diplômes professionnels ont moins de risques de tomber au chômage et touchent un salaire supérieur si leur emploi est en adéquation avec leur formation.



En 2008, un salarié français gagnait 18.800 euros net, en moyenne, par an. Il a vu son salaire progresser de 1% en moyenne chaque année depuis 2004. Les femmes ont un revenu inférieur de 27% à celui des hommes et les moins de 25 ans gagnent 60% de moins qu'un salarié de plus de 40 ans. Dans le secteur privé, les cadres affichent un revenu salarial annuel moyen de 38.800 euros, ce qui signifie qu'ils sont environ trois fois mieux payés qu'un ouvrier ou un employé.

Dans le public, un agent de l'État gagne 8000 euros de plus qu'un fonctionnaire territorial et 2500 de plus qu'un agent hospitalier. Tels sont quelques-uns des enseignements de l'édition 2011 de l'enquête «Emploi et salaires» de l'Insee.

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CV anonyme : ce que dit l’évaluation


Par LUC BEHAGHEL Ecole d’économie de Paris et Crest (Centre de recherches en économie et statistique), BRUNO CRÉPON (Crest) chercheur en économie, et auteur du «Rapport sur l’évaluation d’impact du CV anonyme» dans le cadre de J-PAL Europe, laboratoire d’action contre la pauvreté, THOMAS LE BARBANCHON (Crest) est chercheur en économie, et auteur du «Rapport sur l’évaluation d’impact du CV anonyme» dans le cadre de J-PAL Europe, laboratoire d’action contre la pauvreté


Dans un rapport mis en ligne le 31 mars, nous rendons publics les premiers résultats d’une évaluation du CV anonyme expérimenté par Pôle Emploi entre novembre 2009 et novembre 2010. Il ne nous appartient pas, en tant que chercheurs, de tirer les conséquences politiques de ces résultats. Mais il nous semble utile de préciser ce que l’étude dit, ce qu’elle ne dit pas, et les pistes qu’elle ouvre.

L’évaluation permet de mesurer de façon fiable et transparente l’effet du CV anonyme sur les chances d’accès aux entretiens et aux recrutements des candidats, pour un ensemble d’entreprises dont les recruteurs ont accepté le principe de l’expérimentation. L’objectif est d’améliorer notre connaissance des mécanismes de recrutement, afin de mieux comprendre le rôle joué par l’information présente ou manquante sur les candidats.

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Le bouclier fiscal a coûté près de 600 millions d'euros en 2010


Un formulaire de déclaration de revenus

Le dispositif du bouclier fiscal a coûté 591 millions d’euros en 2010, selon le bilan provisoire transmis aux députés de la commission des Finances, affirme le quotidien Les Echos dans son édition de mardi.

Le montant moyen restitué aux quelque 14.400 bénéficiaires du bouclier fiscal, qui plafonne les impôts directs à 50% de leurs revenus, s’est élevé à 40.908 euros lors de la campagne 2010, indique Les Echos.

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ISF: halte aux mensonges d’Etat


Par THOMAS PIKETTY directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.


Plus c’est gros, plus ça passe. Telle est apparemment la logique du pouvoir en place. Premier mensonge : pendant trois ans, de 2007 à 2010, Nicolas Sarkozy a justifié son bouclier fiscal en prétendant sur toutes les télés, devant des millions de Français, qu’il existait un bouclier en Allemagne… qui en réalité n’existait pas.

Qu’à cela ne tienne : en 2010, le chef de l’Etat annonce la suppression du bouclier, mais invente un second mensonge. «La France est le seul pays à avoir un impôt sur le patrimoine», il faut donc supprimer ou fortement réduire l’ISF. Répété en boucle dans tous les médias, ce mensonge pur et simple a fini par convaincre une partie de l’opinion. Sauf que c’est faux : en réalité, dans tous les pays, il existe des impôts assis sur le patrimoine des ménages, notamment sur le patrimoine immobilier, sous la forme de taxes foncières, beaucoup plus lourdes que l’ISF. En France, les ménages acquittent environ 15 milliards d’euros de taxe foncière et 4 milliards d’ISF. Si nous avions la fiscalité américaine ou britannique, nous devrions payer environ 25 milliards de taxe foncière (property tax).

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ID-Ghana, une microfinance sociale au service des familles les plus démunies


par Laetitia Raginel, Entrepreneurs du monde


Glefe, dans la périphérie d'Accra, capitale du Ghana. Si ce n'était l'horloge accrochée à l'arbre et la liasse de billets soigneusement empilés sur une petite table à l'ombre, on pourrait croire à une réunion entre voisines. Dans un coin, une bassine en métal débordant de tongs en plastique et de brosses à dents, une petite caisse vitrée remplie de poissons séchés… Une vingtaine de femmes et quelques enfants sont assis à l'ombre. Le groupe Anoyinting, Dieu vous Bénit en langue locale, se réunit tous les lundis à 9 heures avec Francis, agent de crédit d'ID-Ghana. Cette semaine, Godknows, responsable Mission sociale, est aussi là pour dispenser une formation sur le choléra, pendant que Francis et les responsables du groupe collectent l'épargne hebdomadaire et le remboursement des crédits. Un enfant chantonne une comptine apprise à l'école sur le même thème : "Maman, soyons propres, le choléra a peur de ça." Depuis deux mois, 638 nouveaux cas ont été recensés au Ghana…

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Les élites dans le creux des révolutions


Par ROMAIN RANCIÈRE professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris.



   La théorie économique peut-elle faciliter notre compréhension des mouvements révolutionnaires dans le monde arabe et du renversement des régimes totalitaires en Tunisie, en Egypte et, sans doute demain, en Libye ? Ces moments extraordinaires d’accélération du cours de l’histoire ne renvoient-ils pas l’analyse économique à ses propres limites ?

Pourquoi Tunis ou Le Caire plutôt qu’Alger ou Amman ? La situation économique mesurée, par exemple, par le taux de chômage ou la fraction de la population vivant sous le seuil de la pauvreté est très comparable en Jordanie et en Egypte. Elle est bien pire en Algérie qu’en Tunisie. L’insurrection traverse aussi bien des pays pétroliers comme la Libye ou Bahreïn que des pays fortement dépendants du tourisme comme l’Egypte ou la Tunisie. L’analyse de la conjoncture économique semble de peu d’utilité pour expliquer le vent de révolte qui balaye le monde arabe.
 

Au secours, notre agriculture est devenue folle !


Productivisme. Abus de pesticides, élevage intensif, irrigation mal gérée Isabelle Saporta dénonce ce système absurde*.

    Si Candide voyageait sur nos terres, il serait saisi d'effroi. Il chercherait les champs aux couleurs bigarrées, fleuris de colza, sorgho et autres petits pois, les veaux, vaches, cochons qui s'ébrouent sur la paille et gambadent en plein air, les boulangers qui pétrissent le pain... Il aurait beau chercher, il ne trouverait pas. Car, dans le monde de l'élevage intensif, les porcs, gavés aux hormones et aux antibiotiques et confinés sur caillebotis, dépriment dans leurs déjections ; les tomates sous perfusion chimique transpirent, onze mois sur douze, dans des usines à gaz ; les pommes de terre industrielles, parfaitement calibrées et dopées aux anti-germanitifs, sont stockées dans des frigos énergivores ; les champs de maïs, arrosés aux aides européennes, à l'irrigation intensive et aux pesticides interdits, prolifèrent comme des champignons. La liste est longue, le constat édifiant." Notre agriculture coûte cher, le budget de la PAC atteint 57 milliards d'euros en 2010, soit 44 % du budget de l'Union ; elle est gourmande en pesticides, pollue nos cours d'eau, sacrifie les paysans et propose au consommateur des produits médiocres. Bref, la facture sociale, environnementale et en santé publique est astronomique ", dénonce Isabelle Saporta, auteur du " Livre noir de l'agriculture ", qui paraît cette semaine chez Fayard (1). Pendant deux ans, cette journaliste a sillonné la France, frappé à la porte des agriculteurs, des éleveurs, des industriels et des ingénieurs agronomes." Je voulais mettre au jour les rouages qui nous ont poussés, tels des Shadoks, à faire toujours le mauvais choix en matière d'agriculture ou d'élevage. " La faute aux paysans ?" Non. Ils ne sont que les boucs émissaires d'un système qu'ils subissent en première ligne. "Isabelle Saporta verrait plutôt du côté des politiques et du productivisme à outrance.

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Les quatre clefs de la révolution fiscale

Par THOMAS PIKETTY directeurd’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris


En moins de deux semaines, près de 200 000 personnes se sont connectées sur Révolution-fiscale.fr et plus de 350 000 simulations de réformes fiscales ont été réalisées. Plus de 350 000 fois, des visiteurs ont modifié taux et seuils des impôts et ont voulu connaître l’impact de leur réforme sur le déficit budgétaire, les inégalités entre groupes sociaux, etc. Cela démontre l’appétit des citoyens pour un débat fiscal précis et chiffré.

Le problème, c’est que les responsables politiques s’en tiennent souvent à des principes généraux en matière d’impôts et ne s’engagent sur à peu près rien - d’où l’absence de réforme de fond après les élections et l’accumulation de rustines et de niches qui caractérisent notre système fiscal. Ainsi, les responsables socialistes font semblant de s’être mis d’accord sur l’idée de fusionner l’impôt sur le revenu (IR) et la contribution sociale généralisée (CSG). En vérité, personne ne dit pourquoi et comment cette fusion devait se faire : la CSG individuelle et prélevée à la source doit-elle absorber l’IR familial et déclaratif ou bien est-ce le contraire ? Avec Camille Landais et Emmanuel Saez, nous défendons une solution précise : la CSG absorbe l’IR, mais avec un barème progressif. C’est selon nous la meilleure façon d’éviter les blocages : l’actuel impôt sur le revenu est tellement mité par les niches fiscales et la complexité qu’il ne peut plus être réformé - il doit être supprimé. Chacun est libre de proposer une solution alternative, à condition qu’elle soit précise et chiffrée.

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Des moyens financiers pour le service public

Par PIERRE-YVS GEOFFARD professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeurd’études à l’EHESS.


     Peut-être un pays dont les dépenses qu’il consacre à la justice le classent au 37e rang des 43 pays du Conseil de l’Europe, devrait-il admettre que les défaillances de son système judiciaire relèvent d’un choix politique. Peut-être les gouvernements devraient-ils assumer ces choix, et expliquer à la population que oui, sans doute, c’est terrible qu’une jeune fille se fasse assassiner, que certes son assassin présumé aurait dû être suivi et que ce suivi aurait peut-être retenu son acte, mais que la France n’a pas les moyens de le faire. Hélas, soyons-en certains, faute de moyens accrus consacrés à la justice, d’autres crimes seront commis qui pourraient être prévenus.

Mais ce qui est vrai de la justice l’est aussi d’autres services publics : des budgets en baisse conduisent à renoncer à des actions dont on sait pourtant qu’elles seraient utiles. Le scandale du Mediator en fournit un excellent exemple. Ici, pas d’assassinat sordide par un maniaque sexuel, mais un médicament distribué à des millions de doses par une entreprise pharmaceutique française, dont «on» finit par se rendre compte qu’il provoque des décès. Le scandale est à plusieurs facettes. Tout d’abord, le laboratoire savait-il que son produit était dangereux ? S’il le savait, il est criminel de l’avoir tu. S’il ne le savait pas, c’est tout aussi choquant, mais pour d’autres raisons.

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Les patrons du CAC 40 sont les mieux payés d'Europe

     La rémunéation des présidents de conseils d'administration des entreprises u CAC 40 est repartie à la hausse en 2009 avec quelque 928 000 euros en moyenne contre un peu plus de 864 000 euros en 2008, année marquée par la crise financière, a indiqué lundi le cabinet Proxinvest.

Ils sont ainsi "les mieux payés d'Europe", souligne l'étude annuelle de ce cabinet, qui déplore qu'en 2010 encore les grandes sociétés aient refusé de soumettre "au contrôle de l'assemblée les rémunérations des présidents non exécutifs".

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Le coût exorbitant de la banane antillaise

Crédits photo : MYCHELEDANIAU/AFP
 

Par Cécile Crouzel

     Les planters des Antilles perçoivent 15.000 euros par hectare de banane, 30 fois plus que la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français.

15.000 euros par hectare de banane: voici le montant exorbitant des aides agricoles perçues par les planteurs des Antilles. C'est 30 fois plus que la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français. Or comme le dénonce la Cour des comptes, cette politique n'a pas empêché la chute des effectifs dans les plantations de bananes (-47 % en Guadeloupe et - 38 % en Martinique de 2000 à 2007).

En outre, l'utilisation d'un pesticide très toxique dans les plantations a conduit à fermer la moitié des exploitations aquacoles des Antilles ! Autre dégât, les subventions massives accordées à la banane et la canne à sucre n'ont pas aidé au développement des cultures vivrières. Résultat, pour les départements d'outre-mer, les exportations de produits agricoles et alimentaires ne couvrent que 20 % du montant des importations. Pourtant, les aides publiques ont représenté 28,6 % de la production agricole outre-mer, soit deux fois plus qu'en Métropole…

La Cour alerte aussi sur le système de santé de Polynésie, en lourd déficit et qui absorbe 48,7 % du budget de la collectivité territoriale. Les ménages polynésiens contribuent très peu à son financement (6 %, contre 23,2 %, en métropole).

Enfin la Cour pointe les défaillances dans le contrôle des arrivées d'immigrés et l'insuffisance de la protection face aux risques naturels outre-mer (les bâtiments publics n'étant même pas tous aux normes antisismiques)

LIRE AUSSI :

DOSSIER - Le rapport de la Cour des comptes

Le figaro.fr 17/02/2011  

 Petite Histoire des faits économiques
(des origines aux subprimes)

 

Jacques Brasseul, Petite Histoire des faits économiques (des origines aux subprimes), collection « U », Armand Colin, 2e éd., Paris, 2010, 320 p.

Par Michel Herland.

  Jacques Brasseul est l’auteur, chez le même éditeur, d’une Histoire des faits économiques et sociaux magistrale, en trois volumesi. Il en a tiré une édition condensée, une Petite Histoire (2001) dont il nous donne aujourd’hui une version augmentée. Pour qui souhaite s’instruire (ou se rafraîchir la mémoire) sur les différentes étapes qui ont conduit l’humanité depuis les temps primitifs jusqu’à aujourd’hui, cette nouvelle Petite Histoire rédigée par un spécialiste incontesté du domaine est le choix qui s’impose.

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La compétition pour les minerais rares est une source de conflits majeurs
 

  La Chine a procédé, pour le second semestre, à une réduction drastique de 72 % de ses exportations de terres rares. Les terres rares sont essentielles pour la quasi-totalité des technologies du futur. Les pays industriels commencent à s'inquiéter pour leur approvisionnement.

En Allemagne, le précédent gouvernement a créé, au printemps, l'Agence des matières premières Rohstoffagentur qui devrait permettre de répondre aux besoins essentiels de l'industrie allemande. Une telle initiative doit être reprise au niveau européen.

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Comment le monde basculera d'ici 2050

 

Par Guillaume Guichard

   «L'économie mondiale est en train de connaître un véritable séisme». Les économistes de la banque HSBC ne parlent pas de la crise, mais du profond bouleversement qui devrait prendre place d'ici 2050. A savoir l'irrésistible montée en puissance des grands pays émergents, Chine et Inde en tête.

Deux rapports ont été publiés ces derniers jours sur le sujet. HSBC et, d'autre part, la société de conseil et d'audit PricewaterhouseCooper (PwC). Cette dernière prédit qu'ensemble, les sept principaux pays émergents, (Chine, Russie, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie, Turquie) dépasseront avant 2020 le groupe des économies du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada). Et ce, en mesurant la richesse produite en parité de pouvoir d'achat, c'est-à-dire si les taux de change des monnaies reflétaient parfaitement les niveaux de vie. En comparant simplement les produits intérieurs bruts (PIB), les pays en voie de développement dépasseront les pays développés d'ici 2032, selon PwC.

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"Pour une révolution fiscale"

 

 de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez
 


    "Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle", par Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez. Seuil, 134 pages, 12,50 euros.

"Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle", par Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez. Seuil, 134 pages, 12,50 euros.DR

Va-t-il faire un carton, comme Indignez-vous !, de Stéphane Hessel (éditions Indigène, 32 pages), en tête des meilleures ventes d'essais ? C'est en tout cas le nouveau petit livre dont tout le monde parle. Ses auteurs - 36 ans de moyenne d'âge - ont décidé de frapper un grand coup.

Pour Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, Camille Landais, chercheur à Stanford, et Emmanuel Saez, enseignant à Berkeley, c'est tout le système fiscal français, "asphyxié" par son manque de transparence, qu'il faut revoir. Et en particulier l'impôt sur le revenu.

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Pour la semaine de 32 heures

 

Collectif

    Il y a quelque chose d'insultant pour les millions de chômeurs recensés ou non, de travailleurs précaires ou épuisés, de salariés contraints au temps partiel, de s'entendre dire à nouveau, cette fois-ci par Manuel Valls, député PS de l'Essonne, qu'il leur serait possible de gagner plus en travaillant plus. Cependant, le florilège de déclarations tonitruantes sur les 35 heures a au moins l'avantage de rouvrir le débat sur la durée du travail.

C'est le moment, parce que les pays qui ont le mieux réussi à contenir la montée du chômage durant la crise ont pu le faire "en encourageant notamment des réductions du temps de travail afin d'éviter des licenciements", comme le souligne l'OCDE en faisant allusion au chômage partiel. Ce qui ne l'empêche pas, fidèle à son idéologie, de prôner "le retrait progressif de ces mesures à mesure que la reprise économique se confirme" parce qu'elles coûtent cher, soit aux entreprises, soit aux finances publiques.

La réduction des dépenses publiques et la reconstitution des marges des entreprises passeront donc avant la lutte contre le chômage. C'est dans ce contexte que s'inscrit la nouvelle offensive déclenchée par l'UMP et par le secrétaire d'Etat chargé du commerce, Hervé Novelli, secondés par Manuel Valls contre les 35 heures : il s'agit de faire sauter l'une des dernières digues contre l'individualisation du rapport salarial, la notion de durée légale du travail.

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Capitalisme, désir et servitude.
Marx et Spinoza

 

Voie spinoziste

   Où va le capitalisme ? Cet essai ambitieux, mais toujours très clair, entend rouvrir " le chantier conceptuel " du capitalisme. Un système économique " discutable ", écrit Frédéric Lordon, directeur de recherches au CNRS. Ne serait-ce que parce qu'il est daté historiquement. On finirait par l'oublier.

Depuis Karl Marx (1818-1883), de l'eau a coulé sous les ponts. Frédéric Lordon fait référence à l'auteur du Capital pour ce qui concerne la " servitude ". Mais c'est surtout dans l'usage qu'il fait de Baruch Spinoza (1632-1677) et du concept, central chez ce philosophe, de désir, que sa pensée est singulière.

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Trois génies de l’humanité en plus…


   Il est toujours drôle de voir les concerts de louanges sur les Nobel. Surtout en économie, où on n’arrive pas à savoir quelle est la « découverte » méritant un tel honneur. Ce n’est pas en lisant les déclarations des « experts » qu’on apprendra quelque chose.

En attendant la bouillie confuse que nous déverseront Le Monde, Libé, Les Echos, etc. écrite par des épigones qui chercheront à prouver l’intérêt des travaux de ces grand hommes, quelques citations d’un article de l’AFP sur Boursorama (commentaires en italiques) :

« Ils ont mis au point des outils formidables, des modèles qui rendent compte de l’économie telle qu’elle est », affirme à l’AFP Etienne Wasmer.

Les autres rendaient donc compte de l’économie « telle qu’elle n’est pas » ? Y compris les 50 ou plus Pris Nobel ?

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Euro : une spéculation libellée en dollars

 

Par JEAN-CLAUDE PAYE sociologue


   L’arbuste du délabrement financier de la Grèce avait déjà suffi à dissimuler la forêt des déficits étasuniens. De même, la dette irlandaise vient d’éclipser l’annonce du nouveau programme de rachat massif de bons du trésor par la Réserve fédérale américaine (FED). Cette opération de quantitative easing consiste à faire marcher la planche à billets et à enclencher une baisse des taux d’intérêts sur les obligations d’Etat. Elle doit permettre une injection de 600 milliards de dollars dans l’économie d’outre-Atlantique.

La FED avait déjà introduit une somme de 1 700 milliards de dollars dans le circuit économique étasunien. Ce nouveau programme d’injection de liquidités nous montre que cette politique monétaire a largement échoué, puisqu’une nouvelle phase de rachat s’avère nécessaire. Surtout, il nous indique que le quantitative easing n’est plus une politique d’exception. Elle s’inscrit dans la durée et devient ainsi une procédure normale.

Contrairement aux déclarations du Trésor, la création monétaire lancée par les Etats-Unis n’a pas pour objectif de permettre aux banques d’accorder des crédits aux particuliers et aux entreprises. Vu la conjoncture économique, cette demande est actuellement faible et les institutions financières disposent d’importantes réserves.

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Au-delà des politiques monétaire et budgétaire


Par BRUNO AMABLE professeur de sciences économiques à l’université Paris-I Panthéon- Sorbonne.


  Dans un article de 1933, Irving Fisher exposa sa «théorie des grandes dépressions par la dette et la déflation». Si jamais pour une raison ou une autre, les agents endettés doivent diminuer leur niveau d’endettement, la baisse de l’activité qui en découle conduit à une baisse des prix, la déflation, qui augmente le poids réel des dettes et amène les débiteurs les plus fragiles à faire faillite, ce qui renforce le mouvement initial et mène tout droit à la dépression. Dans des économies où l’un des problèmes principaux est la dette élevée des agents privés (l’endettement des ménages représentait en 2008 128% de leur revenu disponible aux Etats-Unis, 130% en Espagne et 160% au Royaume-Uni), la déflation est un danger dont il faut se prémunir. C’est pourquoi les polémiques autour du danger inflationniste que feraient courir les politiques monétaires expansionnistes semblent assez curieuses. Aux Etats-Unis en particulier, le débat sur le risque d’accélération de l’inflation que ferait courir la politique monétaire expansionniste connue sous le nom de «Quantitative Easing» (QE), qui consiste pour la Fed à agir sur les taux à long terme par l’achat de titres, est assez animé. Les défenseurs d’une politique expansionniste peuvent facilement montrer que le danger inflationniste est assez faible, que les taux d’intérêt nominaux à court terme sont proches de zéro et qu’entre deux maux, déflation et inflation, on sait bien lequel il faut choisir.

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Regardons la retraite sous l’angle du «care»


Par FRÉDÉRIC WORMS Professeur de philosophie à l’université de Lille-III et directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine

 

  On pourrait s’étonner qu’après avoir été évoqué comme le thème majeur d’une politique générale, le soin ou le «care» soient absents du débat sur une question aussi vitale que celle de la retraite. Loin d’être un aménagement mineur et sentimental, une politique du soin est une politique qui change profondément le regard. En voici quatre exemples, quatre angles de vue qui dessinent une autre figure de la question.

Considérer la retraite sous l’angle du soin ce n’est pas l’isoler encore, pour ainsi dire en fin de parcours, auprès du souci, légitime et de plus en plus partagé, pour le vieillissement et ses conséquences. Bien au contraire, c’est la situer d’abord (et le vieillissement avec elle) dans le cadre plus général d’un souci de soi, ou plutôt d’un accomplissement de soi, qui comprend ces autres tâches que sont l’éducation et le travail. Qui voudrait réserver le soin de soi pour la fin de la vie ? S’occuper de la retraite, ce n’est pas l’opposer au travail, c’est au contraire réinsérer le travail lui-même, et avant lui l’éducation, dans un rapport général à soi et à sa vie. On pense en général l’éducation comme accès au travail, voire au marché du travail, la retraite en serait la sortie ; c’est le contraire : soin, éducation et travail sont des activités, des étapes ou des dimensions complémentaires de l’accomplissement de soi, qu’il est stérile et dangereux d’opposer, de jouer l’une contre l’autre, alors qu’ils sont toujours en rapport, alors que, par exemple, un travail réussi comprend une dimension d’éducation et de soin (ainsi que de respect et de justice), et inversement.

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La finance, entre croissance et délinquance
Pour qui roulent les agences de notation ?

  Le marasme financier mondial, on le sait, a été déclenché à la suite de la crise immobilière américaine, dite des subprimes, et ce dès l'année 2007. Cette ruée vers l'immobilier américain fut en réalité et à la base un phénomène purement financier car les hypothèques étaient avant la seconde guerre mondiale un instrument peu commun.

Nos grands-parents avaient effectivement l'habitude de payer comptant leurs acquisitions immobilières, d'où le faible nombre de propriétaires (comparativement à aujourd'hui) jusque vers les années 1950. En fait, ce n'est qu'à la faveur de la fondation par les Etats-Unis (juste avant le deuxième conflit mondial) d'organismes dont la mission consistait à acheter les hypothèques détenues par les banques locales que le secteur immobilier connut une montée en puissance ayant atteint son climax dès l'an 2000, et son délitement dès 2007.

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Délinquance économique : l'impunité s'accroît en France
 

  Que n'a-t-on pas entendu en 2008 et 2009 à propos de la crise économique et financière et de la nécessité de "moraliser le capitalisme". De beaux discours assurément. Mais les faits sont têtus. Il y a soixante-dix ans, le sociologue américain Edwin Sutherland s'interrogeait déjà sur le traitement modéré réservé à la délinquance en col blanc : des "actes commis par des individus de statut social élevé en rapport avec leurs activités économiques et professionnels", qui sont bien des actes délinquants mais qu'"on traite comme si ce n'était pas le cas avec pour effet et peut-être pour but d'éliminer tous les stigmates faisant référence au crime". Et nous allons montrer non seulement que la France contemporaine vérifie la règle, mais encore que les pouvoirs publics actuels accordent une impunité croissante à la délinquance économique et financière.

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Hausse des impôts : pour une large contribution


par Louis Maurin, Directeur de l'Observatoire des inégalités

 Ce n'est plus un secret pour personne. La France, comme la plupart des pays riches, va devoir augmenter fortement les impôts. La dette publique représente 1 500 milliards d'euros, l'équivalent des deux-tiers de la richesse produite chaque année. Le budget de l'Etat est en déficit de 150 milliards, presque la moitié de ses recettes annuelles.

Le retour à l'équilibre par le biais de la croissance est une vue de l'esprit. On peut limiter les dépenses inutiles, mais elles sont sans rapport avec l'ampleur de l'effort demandé, à moins de toucher au cœur des missions de l'Etat. Politiquement, il serait suicidaire d'enchaîner une séquence de forte réduction des dépenses après une décennie de baisses d'impôts. Comment expliquer que les cadeaux aux riches doivent être payés ensuite par les couches populaires et moyennes ? Reste à mesurer l'ampleur de la hausse et qui doit payer.

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Dix ans après son record, le CAC 40 a chuté de moitié

Par Marine Rabreau
 

 Le 4 septembre 2000, l'indice parisien était au plus haut de son histoire, tutoyant les 7000 points. Dix ans plus tard, le CAC 40 a fondu. Eclatement de la bulle Internet, crise des «subprimes», faillite de Lehman Brothers et les dettes souveraines des pays développés ont paralysé les investisseurs.

Une décénnie perdue pour la Bourse parisienne. Sur les dix ans écoulés, le CAC 40 a traversé cinq ans de crise. Le bilan est lourd : alors que le 4 septembre 2000, l'indice phare de la place de Paris touchait son record historique, cotant à 6944,77 points en séance, dopé par une bulle Internet phénoménale, il évolue laborieusement autour des 3600 points aujourd'hui.

Si la situation actuelle est plutôt morose, l'ambiance, à la fin des années 1990, était pour le moins euphorique. La bulle technologique, qui a commencé en 1995 avec l'entrée en Bourse de Netscape - fracassante - s'est intensifiée au delà de la raison avec l'explosion du marché de la télécommunication (France Télécom était de loin la plus grosse capitalisation du CAC 40) et le phénomène des start-ups. Le monde a accueilli Internet comme la révolution qui changerait le monde, caractérisé par la prospérité, l'argent facile et la spéculation. Les actions étaient surenchéries sans aucun lien avec la réalité des comptes des entreprises.

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Lutter contre la pauvreté et contre la faim : deux objectifs indissociables
 

Par LUC LAMPRIÈRE Directeur général d’Oxfam France

 «Réduire de moitié, d’ici 2015, la pauvreté et la faim» : les chefs d’Etat réunis à New York cette semaine ne pourront que constater que le premier des objectifs onusiens, dits «du Millénaire» pour le développement (OMD) et fixés par leurs prédécesseurs en 2000, est, s’agissant d’alimentation, assez mal engagé. Pire : loin de régresser, la faim continue de gagner du terrain. Fin 2008, 109 millions de personnes de plus avaient rejoint les rangs de ses victimes. Et en 2010, malgré un léger recul, ce sont toujours près d’un milliard de personnes qui en souffrent quotidiennement. Il y a deux ans, les émeutes de la faim avaient révélé le paradoxe de décennies de mauvais choix internationaux en matière agricole et commerciale.

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COMPARAISON
Qui a les meilleures retraites en Europe ?
 

c)REUTERS/Stephane Mahe

   Pour justifier la réforme des retraites, le gouvernement français pointe fréquemment en direction de nos voisins européens qui, eux aussi, sont en train de reculer l’âge de la retraite de leurs citoyens. L’idée est bien sûr de montrer que la France n’est pas la plus mal lotie quant à son système de retraites… voire qu’elle figure parmi les systèmes les plus avantageux, ce qui justifie un alignement vers le bas. Le site Christian Science Monitor (CSM) est donc allé voir qui, en Europe, avait les meilleures retraites. Toutes choses n’étant pas forcément égales par ailleurs, s’en dégage un “top 5″ dont — surprise — la France ne fait pas partie.

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Retraites : vivement 2012 !


Par THOMAS PIKETTY directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

 Comment qualifier la «réforme» des retraites défendue par le gouvernement ? Il s’agit d’un médiocre exercice de rafistolage, qui ne règle en rien l’équilibre financier à long terme. Comparé aux rustines précédentes (Balladur 1993, Fillon 2003), le cru Sarko 2010 brille en outre par son cynisme et son injustice.

Le gouvernement exploite à fond la complexité des systèmes de retraites pour accréditer des comparaisons internationales mensongères, aidé en cela par des médias aussi complaisants qu’incompétents, et pour fragiliser les plus fragiles. En France, le calcul des pensions dépend de multiples paramètres : la durée de cotisations requise pour une retraite à taux plein (41 ans) ; l’âge minimum permettant d’ouvrir des droits (60 ans) ; et l’âge permettant de partir à taux plein sans décote pour années manquantes (65 ans). En décidant de ne pas toucher à la durée et de tout miser sur des mesures d’âge, le pouvoir choisit par définition de faire peser tout l’ajustement sur ceux qui ont commencé à travailler tôt (passage de 60 ans à 62 ans) et sur les carrières précaires et incomplètes (passage de 65 ans à 67 ans).

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 Le président de la République a décidé de réformer les retraites à la hâte. Une réforme alibi pour faire oublier toutes celles qu'il a manquées ; une réforme pour tenter de rassurer des marchés qui s'inquiètent de notre situation financière et donner des gages à une Allemagne qui, agacée de recevoir des leçons de la France, conditionne désormais le maintien de ses relations privilégiées avec nous à l'instauration d'une politique de rigueur dénuée d'ambiguïté.

Fragilisé financièrement, le gouvernement cherche à rassurer les investisseurs, puisque toutes les politiques engagées depuis 2002, et particulièrement depuis 2007, ont été financées par la dette, depuis le paquet fiscal de l'été 2007 jusqu'au grand emprunt, en passant par la taxe professionnelle et la baisse de la TVA dans la restauration.
 

Liliane Bettencourt paie-t-elle des impôts ?

Par THOMAS PIKETTY directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

Au-delà de l’évidente question du conflit d’intérêt avec le pouvoir en place, l’affaire Bettencourt illustre à la perfection plusieurs défis fondamentaux auxquels se trouvent confrontées les sociétés contemporaines : le vieillissement de la fortune ; l’importance croissante de l’héritage, évolution longue qui remet profondément en cause l’idéal méritocratique ; et, par-dessus tout, l’inéquité de notre système fiscal. «Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune», dit l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme. De toute évidence, le fait que Liliane, octogénaire, et sa fille Françoise, quinquagénaire, contrôlent le capital de L’Oréal et siègent à son conseil d’administration, n’est que de peu d’utilité pour l’économie et la société françaises. Ce ne sont pas des entrepreneuses : ce sont des héritières, des rentières, surtout occupées à se battre comme des chiffonnières. Un système fiscal rationnel, c’est-à-dire juste et efficace, fondé sur l’utilité commune, devrait en toute logique les taxer lourdement, de façon à ce que leurs titres soient progressivement vendus à des actionnaires moins riches et plus dynamiques.

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Le scénario d'une croissance molle se précise


L'économiste Michel Aglietta estime que le ralentissement américain risque de se produire dans six mois en Europe

La banque centrale américaine prête à agir

 " Pour la plupart des pays, la reprise et l'oeuvre de redressement de l'économie restent loin d'être achevés ", a déclaré, vendredi 27 août, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), lors du symposium annuel des banquiers centraux à Jackson Hole (Wyoming). " Je prévois que l'économie continuera de croître au second semestre, bien qu'à un rythme relativement lent. " Selon lui, " à ce stade ", les risques de déflation ou d'inflation trop forte sont " faibles ". Mais il a souligné que la Fed a les moyens d'agir et est " prête " à le faire. Toutefois, elle ne le fera que " si les perspectives de l'économie devaient se détériorer fortement ". Dans le même discours, M. Bernanke insiste sur le fait que " la liste des motifs d'inquiétude pour l'économie indique que le retour à une croissance robuste et stable exigera des réponses efficaces de la part d'un large éventail de responsables de la politique économique ".

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Récuser Marx au nom des régimes communistes relève de l'amalgame ou de l'incompréhension

par Yvon Quiniou

  La bêtise ou l'ignorance n'a pas de limites, mais elle a au moins un nom : Guy Sorman. Sa diatribe contre le communisme à l'occasion du procès - justifié, je le précise - d'un responsable des crimes des Khmers rouges (Le Monde du 10 août) témoigne d'une radicale incompréhension du projet de Marx, faute sans doute de s'être un tant soi peu renseigné à ce propos.

Une remarque préalable : sauf à verser dans le nominalisme qui fait du mot la chose, ce n'est pas parce que le régime cambodgien et les régimes "totalitaires" du XXe siècle qu'il dénonce se disaient "communistes" qu'ils l'étaient.

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 Le tour de passe-passe du gouvernement

Par BERNADETTE GROISON Secrétaire générale de la FSU



  Comme toujours, notre pays serait en retard d’une réforme. A défaut de le rattraper, le pire des avenirs viendrait punir les générations à venir ! Le gouvernement a réduit ce débat de société à une question financière. Il s’agit d’adresser des signaux forts aux marchés plutôt que préserver les retraites par répartition : travailler plus longtemps et gagner moins pour conserver à la France la note AAA ?

Or, il faut avoir le courage de traiter les vraies questions posées par cette excellente nouvelle qu’est l’allongement de la durée de la vie. Souhaitons-nous que cet allongement se traduise par une intensification du travail pour ceux qui ont un emploi et par un appauvrissement général des retraités avec un accroissement des inégalités ? Ou voulons-nous développer de nouvelles solidarités entre actifs et retraités, jeunes et vieux, hommes et femmes en réduisant les inégalités et en donnant à chacun les moyens de profiter de ce gain d’espérance de vie ? Allons-nous vers des régressions sociales ou prolongeons-nous un mouvement séculaire d’accroissement du temps pour soi sur le temps contraint du travail ?

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Pourquoi relever l’âge de la retraite est une mesure juste

Par ERIC WOERTH Ministre du Travail

J’entends fréquemment avancer l’idée que le relèvement de l’âge légal serait une mesure injuste. C’est désormais l’argument principal avancé par Martine Aubry, qui nous explique que l’augmentation de l’âge légal conduira à exiger des salariés qui ont déjà travaillé très longtemps, et qui pourraient donc partir dès 60 ans, de travailler encore plus. Et si ces salariés sont au chômage, la réforme du gouvernement les prolongerait dans cette situation encore plus longtemps. La réforme serait donc injuste, pour ces deux raisons. Ce raisonnement est tout simplement faux. Il est fondé sur une caricature qui ne résiste ni au bon sens, ni aux chiffres, ni aux comparaisons européennes.

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Comprendre la crise mondiale :

Histoire de la globalisation financière

de Cécile Bastidon-Gilles, Jacques Brasseul et Philippe Gilles (Paris, Armand-Colin, 2010, 376 p.).

Par Michel Herland.

 Il ne fallait pas moins de trois auteurs pour dénouer l’écheveau compliqué des événements qui ont conduit à la crise dans laquelle – à quelques exceptions remarquables près – le monde se trouve aujourd’hui plongé. La perspective historique adoptée dans cet ouvrage ne nous apprend pas seulement comment nous en sommes arrivés là. Elle illustre aussi la tendance inhérente à l’anarchie et au désordre du système capitaliste, tendance qui ne peut être combattue sans un effort de régulation délibéré et puissant. Hélas ! les hommes ont la mémoire courte. Les cataclysmes économiques les poussent à réagir, à encadrer les comportements spontanés par un ensemble de règles plus ou moins strictes. Puis, le temps passant, on oublie que le respect des règles est la condition de la prospérité. On observe que leur relâchement permet, dans un premier temps au moins, d’obtenir des gains faramineux. Cependant la logique économique reprend rapidement ses droits et une nouvelle crise ne tarde pas à arriver.

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Le spectacle vivant inquiet devant la baisse des financements publics

  Plus qu'une manifestation, la journée d'action du 6 mai, dans la culture, constitue un avertissement à l'attention du gouvernement. A 14h30, du Cirque d'hiver au Centre Pompidou, à Paris, en passant par le Palais-Royal, où se trouve le ministère de la culture, des artistes, des directeurs de lieux, des syndicalistes vont exprimer une nouvelle fois leurs inquiétudes, après la mobilisation du 29 mars.

Des actions sont prévues en province (Clermont-Ferrand, Rennes…). Des spectacles sont annulés. La première d'Une maison de poupées, d'Ibsen, mis en scène par Nils Öhlund, au Théâtre de l'Athénée-Louis-Jouvet, à Paris, n'aura pas lieu, par solidarité avec le mouvement. "Cela va mal, très mal", s'inquiète Patrice Martinet, directeur de l'Athénée et du festival Paris, quartier d'été.

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Industries culturelles :
vers une utopie fondatrice ?

 

 par Christian BOUTANT, Délégué SACEM, Membre du CCEE

  Les Etats Unis ont été les premiers à comprendre les synergies devant exister entre les arts, leur production , leur distribution ,leur encadrement , et les politiques de développement .
Très tôt en effet , par le biais notamment du cinéma et de la musique, ce pays a littéralement promotionné aux quatre coins du monde ses expressions culturelles et artistiques soutenues par une véritable activité industrielle et d' innovations dans cette économie libérale à souhait .
Les discussion et autres initiatives en cours depuis plusieurs années , accélérées depuis quelques mois notamment dans les cadre des accords de partenariats signés entre l'Europe et les membres du CARIFORUM montrent que les pays de la caraïbe anglophone sont prêts à intégrer de plus en plus ce type de problématique et ces réflexions dans leurs projets de développement.
Plusieurs operateurs nous ont d'ailleurs rendu visite fin 2009 dans le cadre des échanges régionaux et fait état de leur volonté très nette de favoriser le développement des échanges et l'ouverture des espaces économique de la caraïbe , des Antilles françaises et de l'Europe à leurs productions culturelles et artistiques . Le service de coopération du conseil régional est d’ailleurs très investi dans l'approfondissement des dispositifs qui en découlent.

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Retraites
Allonger la durée de cotisation serait discriminatoire envers les femmes et les jeunes

 par Christiane Marty

 Le gouvernement prépare une réforme des retraites qu'il annonce "juste". Il envisage notamment un nouvel allongement de la durée de cotisation exigée pour une pension à taux plein et/ou un durcissement du système de décote (la décote est une minoration supplémentaire de la pension qui s'applique lorsque la durée de cotisation validée est inférieure à la durée exigée). Or, ces mesures, pénalisantes pour tous, toucheraient de manière disproportionnée deux groupes de personnes : celles aux carrières courtes, qui sont essentiellement des femmes, et les jeunes puisqu'on constate au fil des générations la montée de leurs difficultés d'insertion dans l'emploi, diminuant d'autant leur capacité à valider un nombre suffisant d'annuités pour leur retraite.

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Le procès des produits financiers de synthèse

Par ROMAIN RANCIÈRE professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris.

  Décembre 1997, New York. La banque JP Morgan présente dans le salon d’un grand hôtel un produit révolutionnaire : le Collateralized Debt Obligations (CDO) synthétique. Il s’agit alors pour la banque américaine de transférer à des investisseurs externes, via des produits dérivés, le risque de défaut d’une partie de son portefeuille d’obligations. Le produit est offert par tranches : de la tranche la plus junior qui absorbe les premières pertes à la plus senior qui couvre le risque d’un défaut généralisé.

Le vendeur de JP Morgan est extatique : «Ce que nous vous offrons, c’est la possibilité unique de posséder indirectement une partie du portefeuille fabuleux de JP Morgan.»

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Quand les marchés spéculent sur la faillite des Etats

 

  En 1992, le milliardaire George Soros avait réussi à faire "sauter" la Banque d'Angleterre en spéculant contre la livre. Les marchés arriveront-ils à se payer la Grèce en spéculant contre son risque de défaut?

Les dirigeants européens sont remontés. Ils dénoncent la spéculation des marchés financiers qui testent la solidité financière des Etats après les avoir sortis de la crise.

Les marchés sont schizophrènes. D'un côté, ils s'inquiètent des risques qui pèsent sur les finances grecques et font payer ce risque de défaut au prix fort en exigeant des rendements de plus en plus élevés. De l'autre côté, ils achètent toujours massivement de la dette souveraine et y compris des emprunts grecs. La dette, comme actif sûr, étant toujours très recherchée.

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Dans Newsweek : Les grandes inconnues de la réforme financière

La législation sur la régulation financière est-elle à même d’éviter une autre panique ? > Cet article a été publié le 26 avril sur le sur le site de Newsweek.

   La seule chose dont on puisse être sûr quant à la "réforme" financière qui s’achemine actuellement vers un probable vote positif du congrès, c’est qu’on nous l’a survendue, déclare l’économiste Robert Litan de la Fondation Kauffman. On nous a assuré qu’elle éviterait à jamais une répétition de la récente crise financière, qu’elle extirperait la corruption de Wall Street, qu’elle éliminerait les "plans de sauvetages", qu’elle protégerait le consommateur de la cupidité des prêteurs. Vu l’hostilité ambiante envers Wall Street, personne ne veut se voir reprocher de dorloter les marchands d’argent de l’Amérique.

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La crise, moteur du capitalisme


 Les grandes déflagrations économiques, sociales et monétaires permettent de passer d'un système à un autre. Le krach de 2007 nous oblige à réinventer un modèle de croissance, car le néolibéralisme patrimonial touche à sa fin

L'histoire du capitalisme se confond avec l'histoire de ses crises. Sur la période 1970-2007, on ne compte pas moins de 124 crises bancaires, 208 crises de change et 63 crises de la dette souveraine ! Même si la plupart d'entre elles restent limitées à des pays périphériques, cela n'en demeure pas moins un constat très impressionnant.

Devant de tels chiffres, l'idée d'une autorégulation par les marchés apparaît comme insuffisante. Pour comprendre comment le capitalisme gère ses excès, il semble que l'hypothèse alternative d'une régulation par les crises ne manque pas d'arguments. Pour s'en convaincre, il n'est que de considérer ce qu'on nomme les " grandes crises " ou crises structurelles. Parce qu'elles sont des périodes de profonde mutation, leur rôle dans l'évolution historique du capitalisme est crucial. La plus célèbre d'entre elles est la Grande Dépression (1929-1939).

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Bingo pour les gérants des fonds spéculatifs



 
Les gérants des fonds spéculatifs (hedge funds) ont touché des sommes records en 2009, les cinq premiers gagnant chacun plus d'un milliard de dollars, grâce au redressement des places financières, selon le classement annuel du magazine AR Absolute Return+Alpha dévoilé par le New York Times.

Le leader de ce classement est l'Américain David Tepper, du fonds spéculatif Appaloosa Management, qui a parié sur le redressement des banques et sur la dette du géant américain de l'assurance AIG, sauvé de la faillite par l'Etat en 2008. Il a perçu 4 milliards de dollars en 2009, du jamais-vu dans le secteur. Le financier américain d'origine hongroise George Soros (Soros Fund Management), arrive en deuxième position avec 3,3 milliards de dollars. Il est suivi par James Simmons (Renaissance Technologies) avec 2,5 milliards de dollars. L'Américain John Paulson, éponyme du fonds, qui détenait déjà le record de rémunération avec 3,7 milliards de dollars en 2007, est quatrième avec 2,4 milliards de dollars. Le cinquième est Steve Cohen de Sac Capital avec 1,4 milliard de dollars.

Ce classement prend en compte la valeur de leur part dans le fonds et les émoluments reçus. L'essentiel de la rémunération est lié aux frais de gestion et aux commissions de performances. Au total, les vingt-cinq dirigeants de fonds spéculatifs les plus payés au monde ont perçu 25,33 milliards de dollars (18,6 milliards d'euros), soit le double de ce qu'ils avaient gagné en 2008, au plus fort de la crise financière.
LEMONDE.FR avec AFP | 02.04.10 | 

 

Les riches toujours plus riches...

 


Les inégalités se creusent «par le haut», selon une nouvelle étude de l'Insee.

Les inégalités se sont creusées entre Français les plus aisés et le reste de la population entre 2004 et 2007, relève l’Insee vendredi.

La moyenne des très hauts revenus a augmenté «plus rapidement que (celle) de l’ensemble de la population» contribuant ainsi à creuser les inégalités «par le haut», note l’étude 2010 de l’Insee intitulée «Les revenus et le patrimoine des ménages».

Alors qu’elles ne représentent qu’1% de la population, ces personnes à très hauts revenus perçoivent 5,5% des revenus d’activité, 32% des revenus du patrimoine et 48% des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’options).

Le nombre de personnes riches est en forte augmentation: entre 2004 et 2007, 70% ont gagné 500.000 euros par an et 28% plus de 100.000 euros par an.
Le niveau de vie moyen: 1.760 euros par mois

Ce qui conduit l’Insee à constater qu’en 2007 le niveau de vie annuel moyen des personnes vivant en France métropolitaine s’est établi à 21.080 euros soit environ 1.760 euros par mois contre 20.750 en 2006 soit 1.730 euros par mois en 2006 (+1,6%).

Ce sont les 50-64 ans qui sont les mieux pourvus, avec près de 25.000 euros annuels.

Le niveau de vie médian (50% des ménages gagnent plus, 50% gagnent moins) était en hausse de 2,1% par rapport à 2006, à 18.170 euros, soit 1.510 euros par mois.

Le «niveau de vie» se calcule en divisant les revenus du ménage par le nombre de personnes qui le compose mais en tenant compte des économies d’échelle induites par la vie en commun (un seul réfrigérateur) et du fait que les enfants consomment moins que les adultes.

Autre signe de creusement des inégalités, les salariés les mieux rémunérés du privé, souvent dirigeants ou financiers, sont payés sept fois plus que la moyenne des salariés à temps complet et ont bénéficié de hausses de salaires «substantielles» de 2002 à 2007, bien supérieures à l’ensemble des salariés.
8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté

A l’autre bout du spectre, le taux de pauvreté connaît «une relative stabilité après une longue baisse», a expliqué Jean-Louis Lhéritier, un expert de l’Insee, lors d’une conférence de presse.

En 2007, le seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie de 908 euros par mois et concerne 13,4% de la population, soit huit millions de personnes.

Les familles monoparentales, les personnes vivant dans un ménage immigré et les chômeurs restent particulièrement exposés au risque de pauvreté monétaire.

«Plus de 30% des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté», note l’Insee. Les risque d’être pauvre est 4,7 fois plus élevé si on est au chômage.

Enfin, plus du tiers des personnes appartenant à un ménage immigré vit sous le seuil de pauvreté, selon l’Insee.
(Source AFP)

 

Les produits "hard discount" ne sont pas moins sains que les produits de marque


  Selon un avis du Conseil national de l'alimentation (CNA) publié mardi, les produits alimentaires d'entrée de gamme, y compris les premiers prix ou ceux vendus en maxi-discompte, ne sont pas moins bons sur le plan nutritionnel que ceux vendus par les marques. Contrairement à une idée répandue, les produits alimentaires les moins chers ne sont ni plus gras ni plus sucrés que les autres, et le CNA regrette que les médias "expliquent une obésité plus répandue dans les populations défavorisées par une trop forte densité énergétique des aliments premiers prix comparativement à celles des aliments de marque".

Pour Alain Blogowski, secrétaire du CNA et coordinateur du projet, cette abondance d'idées reçues est directement à l'origine de l'étude. "Notre groupe de travail a été mis en place en décembre 2008, indique-t-il, or cette année-là, beaucoup d'informations erronées ont circulé sur la qualité des produits des magasins hard-discount. Nous voulions mettre tous les acteurs de la chaîne alimentaire – consommateurs, industriels, médecins... – autour d'une table pour émettre un avis consensuel et mettre fin à la cacophonie." L'avis a été voté hier à l'unanimité.

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La bonne affaire de la dette grecque
 

Par Guillaume Guichard

  Athènes emprunte à un taux d'environ 6% à sept ans. (Crédit : Andrew®)
Athènes emprunte à un taux d'environ 6% à sept ans. (Crédit : Andrew®)
La Grèce a écoulé à nouveau de la dette sur les marchés ce lundi. Les banques européennes, favorisées dans cette émission d'obligations à 7 ans, peuvent réaliser de jolis bénéfices.

La Grèce, forte du soutien des autres pays de la zone euro, est de retour ce lundi sur les marchés. Elle refinance sa dette sous forme d'obligations à 7 ans. Cette émission de titres du Trésor grec représente une bonne affaire pour les banques européennes, qui semblaient en milieu d'après-midi honorer l'offre d'Athènes. En début d'après-midi, les ordres d'achat se sont montés à environ 7 milliards d'euros, Athènes s'est contentée de 5 milliards.

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La zone euro n’éclatera pas


La crise ne fera que la renforcer. Voilà comment.
 Cet article a été publié sur le site de l'hebdomadaire américain Newsweek le 5 février.
 

  Les spéculateurs commencent à parier sur une sortie à courte échéance de la zone euro de la Grèce, un pays politiquement corrompu et incorrigible, qui déguise depuis des années les statistiques sur sa dette publique et doit aujourd’hui faire face à des années de stagnation — voire de déflation et de dépression — du fait des coupes nécessaires dans ses déficits publics et ses salaires pour redevenir compétitif. Dans un rapport confidentiel qu’une fuite a porté le mois dernier à la connaissance du public, la Commission européenne s’inquiète de voir les "déséquilibres" entre états forts et faibles à l’intérieur de la zone euro menacer l’existence de l’euro lui-même.

La Commission se trompe. Les unions monétaires n’éclatent pas en raison du départ de leurs membres les plus faibles. Si la Grèce se mettait à imprimer à nouveau des drachmes, la valeur de celle-ci s’écroulerait immédiatement vis-à-vis de l’euro. Une drachme super-faible rendrait le vin grec et les vacances en Grèce extrêmement abordables pour les étrangers, mais ce gain de compétitivité serait plus que compensé par la panique bancaire, l’inflation généralisée et le poids du remboursement des anciennes dettes en euro avec une nouvelle devise dont la valeur est quasi-nulle. Quand bien même la classe politique inepte qui dirige la Grèce décidait de tenter l’aventure — ce qui n’est pas inconcevable, du fait de l’opportunité qui se présente de faire porter le chapeau sur l’étranger — la zone euro n’en éclaterait pas pour autant. L’euro sera à peine moins stable sans la Grèce, voire sans l’Espagne ou le Portugal (ensemble, ces trois pays comptent pour 18 % du PIB de la zone euro). Au contraire, un euro centré sur l’Allemagne, la France et quelques-unes des économies les plus avancées d’Europe centrale, la Pologne par exemple, renforcerait l’union plutôt que de l’affaiblir. Le risque, ici, n’est pas tant le résultat final que les bouleversements financiers et politiques engendrés au passage.

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Qui seront les gagnants de la crise ?

Par THOMAS PIKETTY directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole de l'Economie de Paris.

   Quels seront les effets de la crise financière mondiale de 2007-2009 sur la répartition des richesses ? Contrairement à ce que l’on entend souvent, il est peu probable que la crise conduise à une réduction durable des inégalités. La chute des valeurs boursières et des prix immobiliers affecte certes en premier lieu les détenteurs de patrimoines. Mais ceux qui ne possèdent que leur travail sont également durement frappés par la dégradation de l’emploi. Il en va ainsi de toutes les récessions. L’effet immédiat est généralement une réduction des inégalités entre le milieu et le haut de la distribution (baisse des profits et des primes des supercadres), et un accroissement des inégalités entre le milieu et le bas de la distribution (montée du chômage). Si l’on examine maintenant les effets à moyen et à long terme, les choses sont encore plus complexes.

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Pouvoir d'achat : la crise est devant nous

Inflation et fin des mesures d'aide : le coup de frein sera brutal en 2010


C'est à partir de maintenant que la crise va faire sentir ses effets sur le pouvoir d'achat. L'année 2009, celle de la plus grave crise économique depuis l'entre-deux-guerres, aura été paradoxalement plutôt bonne dans ce domaine. D'après l'Insee, le pouvoir d'achat des ménages retrouvera cette année un rythme de progression conforme à sa tendance annuelle moyenne des dix-huit dernières années (+ 2,1 %) et augmentera plus de trois fois plus vite qu'en 2008. Rien de tel n'est prévu en 2010 : l'année de la sortie de crise pourrait même être marquée par une baisse du niveau de vie des Français.

L'institut COE-Rexecode, le plus optimiste sur la croissance (+ 2,2 %), voit le pouvoir d'achat des ménages augmenter de seulement 0,8 % en 2010. HSBC France, qui s'attend à une quasi-stabilisation du produit intérieur brut (+ 0,2 %), table sur une progression encore limitée (+ 0,3 %). L'Insee fera connaître, le 16 décembre, ses prévisions pour le premier semestre 2010. Mais il anticipait un coup d'arrêt dès le second semestre 2009.

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«Le RSA contribue à favoriser l'émiettement du travail»

L'Insee prévoit que le Revenu de solidarité active (RSA) sera plus efficace que la Prime pour l'emploi pour lutter contre la pauvreté. L'économiste Thomas Piketty, pour sa part, appelle à un équilibrage entre les deux dispositifs.

JUSTINE LAFON
Des téléopérateurs répondent aux questions sur le revenu de solidarité active (RSA), le 27 avril 2009 au Mans

Des téléopérateurs répondent aux questions sur le revenu de solidarité active (RSA), le 27 avril 2009 au Mans (AFP Jean Francois Monier)

Le Revenu de solidarité active - dispositif créé en juin 2009 pour encourager l'emploi et réduire la pauvreté des travailleurs - devrait être plus efficace pour améliorer le niveau de vie des travailleurs pauvres que l'ancien dispositif de Prime pour l'emploi (PPE), estime l'Insee dans son "Portrait social" de la France. Une prévision optimiste relativisée par Thomas Piketty, directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris, qui évoque, pour sa part, les effets pervers du RSA.

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Ne pas céder au nouveau chantage des banquiers


Par PHILIPPE MARTIN professeur à Sciences-Po.


 La campagne de lobbying des banques s’intensifie contre les projets de nouvelles réglementations financières discutés en Europe. Les banques utilisent la même stratégie que celle qui a si bien fonctionné, pour elles, depuis le début de la crise : le chantage. Si les Etats imposaient de nouvelles réglementations qu’elles jugeraient trop restrictives, en particulier sur les capitaux propres qu’elles doivent détenir, elles affirment qu’elles devraient restreindre fortement le crédit replongeant ainsi l’économie dans la récession. C’est à peu près l’argument qu’elles avaient utilisé après la faillite de Lehman. Sans sauvetage public, les faillites en cascade des banques feraient imploser l’économie réelle. Ce chantage avait réussi et les gouvernements avaient cédé à juste titre. En revanche, ils ne doivent pas se soumettre au chantage actuel. Deux ans après la crise, force est de constater cependant qu’aucune nouvelle réglementation n’est entrée en vigueur.

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Bienvenue dans le capitalisme culturel !

Par SLAVOJ ZIZEK Philosophe communiste, chercheur au Birkbeck College, Londres. «Parallaxe», Fayard 2008.

 Le géant américain Starbucks a entamé sa nouvelle campagne publicitaire : «Lorsque vous achetez Starbucks, que vous le sachiez ou non, vous investissez dans bien plus qu’une simple tasse de café. Vous souscrivez à une éthique du café. Par le biais de notre programme Starbucks Shared Planet, nous achetons plus de café équitable qu’aucune entreprise au monde. […] Ce café, c’est l’assurance d’un bon karma […] Et n’oubliez pas qu’une petite partie du prix d’un café Starbucks permet de vous offrir un lieu convivial, confortable, de la bonne musique, une atmosphère propice à la rêverie, au travail ou à la conversation. […] En choisissant Starbucks, vous buvez le café d’une entreprise responsable. Pas étonnant qu’il soit si bon !»

C’est ce qu’on appelle le «capitalisme culturel». La plus-value culturelle apparaît ici au grand jour : le prix d’un café y est plus élevé que nulle part ailleurs puisque ce que vous achetez en vérité, c’est «l’éthique du café» : respect de l’environnement, responsabilité sociale et un lieu où vous pouvez participer à la vie collective (depuis le début, Starbucks a conçu ses cafés comme des lieux quasi civiques). Et si ça ne suffit pas, si vos exigences éthiques sont encore insatisfaites, si vous continuez malgré tout à vous soucier de la misère du tiers-monde, ...

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Cyril Comte : "...une récession dépressionnaire..."

 

 

Cyril Comte, chef d’entreprises et vice-président du MEDEF Martinique,

"L’économie martiniquaise ou le syndrome de la grenouille

 Avec l’état des indices calculés par l’IEDOM, l’économie martiniquaise, comme dans les autres Départements ou Collectivités d’Outre-Mer, ne peut constater sa performance économique qu’avec un décalage de deux à trois ans. Aujourd’hui, le dernier rapport disponible de l’IEDOM date de 2008 et nous n’y apprenons l’état de santé de l’économie régionale avec précision que pour 2004, le Produit Intérieur Brut pour les années 2005 et 2006 n’étant connu que par estimation du CEROM. A l’échelle d’un pays, il faudrait ainsi imaginer que la France ou les Etats-Unis, selon le même régime statistique connu en Martinique, ne constateraient leur croissance ou leur récession qu’avec deux ans de retard. Naturellement, à l’échelle d’un pays, les indicateurs économiques sont suivis trimestre après trimestre pour permettre à la puissance publique de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

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France Télécom : de la nécessité du don et du contre-don

Par LAETITIA PIHEL Maître de conférences à l'institut d'économie et de management de Nantes

Les réactions qui s’expriment actuellement chez France Télécom nous parlent d’une difficulté à vivre l’entreprise avec les règles qu’elle impose aujourd’hui dans le cadre des restructurations. Si la souffrance et la déception touchent l’ensemble des personnels, il semble que la population la plus fragilisée soit celle des agents les plus âgés, dont l’ancienneté dans l’entreprise est de vingt ans, trente ans ou plus.

Entrés massivement dans les années 70 et 80 sur la base d’un emploi à vie, ils ont alors fait le choix d’une carrière dans une administration qui assurait le respect d’un certain nombre de principes : conscience professionnelle, égalité de traitement des usagers, intérêt général… A l’époque France Télécom disposait d’un système social dédié contribuant à organiser la relation qui la lie à son personnel sur une logique de don et de contre-don.

 

Un Nobel d'Economie qui récompense 70 ans d'études


Elinor Ostrom est la première femme lauréate du Prix Nobel d'Economie.

  par Perrine Créquy

Elinor Ostrom a commencé à s'intéresser au développement soutenable dès son enfance, bien avant que la notion devienne incontournable, du fait du réchauffement climatique.

Elinor Ostrom est la première femme lauréate du Prix Nobel d'Economie. Elinor Ostrom cherche à optimiser l'utilisation des ressources naturelles collectives depuis son enfance. A 76 ans, cette native de Los Angeles n'a jamais dévié de cet axe de recherche, et vient de se voir décerner un Prix Nobel d'Economie pour ses travaux, réalisés notamment avec Oliver Williamson. Son intérêt pour le développement durable et le partage des ressources a germé en elle très tôt, en voyant sa mère entretenir un jardin victorien pendant le Grande Dépression, alors que l'eau était devenue une denrée de prix. De cette expérience, elle déduit une conviction qui va guider l'ensemble de ses recherches ultérieures : la plupart des gens, quand ils sont confrontés à des problèmes de ressources, peuvent coopérer et agir pour le bien commun.

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Frédéric Lordon : “Le cadre de la finance internationale doit être radicalement refondu”

LE MONDE BOUGE - De plus en plus concentré, le système bancaire qui émerge de la crise est encore plus dangereux que le précédent, estime cet économiste pas comme les autres, qui explique dans la première partie de cette interview pourquoi il ne faut rien attendre du G20 de Pittsburgh. Pour Frédéric Lordon, l'unique solution passe par une refonte totale de tout le cadre de la finance internationale. [...]

Frédéric Lordon a fait le choix d'une participation rare dans les médias, convaincu qu'il y a moins à gagner qu'à perdre à leur fréquentation, surtout quand on développe, comme lui, une pensée anticonformiste et très structurée contre la déréglementation financière. A la veille d'un nouveau sommet du G20 dont il n'attend rien, cet économiste, directeur de recherche au CNRS, estime que les principaux dirigeants n'ont pas pris la mesure du cataclysme financier de 2008 et qu'il n'est plus temps d'aménager le cadre du capitalisme mais d'en changer. Radical et argumenté.

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Elie Cohen, Nicolas Baverez, Jacques Attali
Les disqualifiés

 

Après le krach boursier, la faillite intellectuelle : au nombre des victimes collatérales du naufrage financier figurent la poignée d’économistes qui dispensent la bonne parole dans les médias. Libéralisation, déréglementation, privatisation : leur credo tenait en trois mots. Quand bien même une pendule arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour, ces « spécialistes » ont étalé leur constance dans l’erreur. En détailler le menu évite que leur ardoise se trouve subitement effacée, à l’instar de celle des banquiers.

Par Frédéric Lordon

Economiste, auteur de Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par l’« éthique » ?, Raisons d’agir, 2003.

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Au Guatemala, la sécheresse et la famine tuent en silence

 

Le président Colom a déclaré l’état d’urgence nationale après la mort de 500 personnes, dont 54 enfants. Le pays affronte la pire sécheresse depuis trente ans

Cette année au Guatemala, ce ne sont pas les ouragans et les pluies diluviennes qui ont détruit les récoltes, mais le soleil et la chaleur, un effet meurtrier du Niño, ce courant chaud qui court le long des côtes pacifiques. La sécheresse touche l’ensemble du Guatemala mais, dans sept départements, 90 % des cultures de maïs et de haricots noirs ont séché sur pied.

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23 millions de personnes menacées par la disette en Afrique de l'Est

 

L'organisation Oxfam lance un appel de fonds pour venir en aide à ces personnes menacées par une vague de sécheresse.

  Plus de 23 millions de personnes sont menacées par la disette et la pauvreté en Afrique de l'Est, touchée par la crise la plus grave depuis une décennie, a averti l'organisation humanitaire Oxfam qui lance un appel de fonds pour quelque 10 millions d'euros.

Une vague de sécheresse qui sévit depuis cinq ans dans sept pays africains est la cause de grandes souffrances exacerbées par le niveau élevé des prix alimentaires et les conflits armés, a souligné Oxfam dans un communiqué.

«Les pluies sont de plus en plus imprévisibles et rares en Afrique de l'Est tandis que les saisons des pluies se raccourcissent à cause de l'influence grandissante du changement climatique», a souligné le directeur régional d'Oxfam, Paul Smith Lomas.

3,8 millions de Kenyans - un dixième de la population - a besoin d'une aide d'urgence après la pire sécheresse depuis une décennie et un bond des prix alimentaires qui sont 180% plus élevés que leur niveau moyen, selon l'organisation.

En Ethiopie, 13,7 millions de personnes risquent la famine, et deux millions de personnes ont besoin de secours en Ouganda. La Somalie, en prise aux conflits armés, fait face à la crise humanitaire la plus grave depuis 1991 avec 3,8 millions de personnes affectées.

Au début du mois, la fédération internationale de la Croix rouge et ses organisation affiliées avaient lancé un appel urgent pour venir en aide à quelque 10 millions de Kenyans touchés par la sécheresse.

(Source AFP)

 

 

  C'est un chiffre dérisoire et accablant. Les entreprises minières qui travaillent en République démocratique du Congo (RDC) auraient dû verser en 2008 un peu plus de 200 millions de dollars de taxes, d'impôts et de redevances au Trésor public. La somme ne paraît pas exorbitante lorsqu'on connaît le poids du secteur minier dans l'ex-Zaïre. Et pourtant cet argent n'est jamais arrivé dans les caisses de l'Etat. Les sociétés minières n'ont acquitté que 92 millions de dollars, révèle un rapport d'enquête documenté que vient de publier le Sénat.

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Le G20 n'a toujours pas compris la crise

par Paul Jorion

 Bien sûr, on sait bien qu'il s'agit, lors de tels événements, de commémorer avec quelque solennité l'entente entre les peuples. Mais cela justifie-t-il de passer par pertes et profits la déclaration finale du G20, sans plus de commentaires ? S'y intéresser me paraît pourtant indispensable pour mesurer le niveau de conscience des dirigeants de la planète sur l'état réel de l'économie mondiale.

Le terme "croissance" apparaît à onze reprises dans le texte, en trois pages seulement. Il faudra pourtant que l'on se mette un jour à penser en d'autres termes. Il est vrai que l'on constate sur ce point un frémissement, le seul véritable acquis de cette réunion : la fin des subsides pour les combustibles fossiles, autrement dit la prise de conscience d'un monde de demain bâti sur d'autres bases qu'une prolongation de l'orgie énergétique.

Beaucoup plus inquiétant : rien dans le texte de la déclaration commune ne suggère que la nature de la crise ait été comprise au sommet. Le répit constaté aujourd'hui est probablement accidentel, ce qui rejoint une remarque faite récemment aux États-Unis : puisqu'en septembre 2008, au plus fort de la crise, on a poussé simultanément sur toutes les commandes du tableau de bord pour tenter de redresser la situation, on est bien en peine aujourd'hui de déterminer quelles furent les mesures qui contribuèrent à cet arrêt dans la chute !

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Sarkozy, grande distribution et coût du travail

 

par Max Dorléans et Max Rustal

  Il a été entendu plus d’une fois lors des multiples et riches discussions qui ont foisonné lors du mouvement de février/mars, que Sarkozy, à la différence de Chirac, n’était pas l’homme des békés.
Cette idée, le discours de Sarkozy à l’ex-aéroport du Lamentin fin juin lui a donné de l’épaisseur avec non seulement sa dénonciation des situations de rente et de monopole identifiées ( exclusivement à tort ) aux békés, mais également avec son plaidoyer en faveur de ceux qui osent entreprendre, de ceux qui prennent des risques, et de ceux qui refusent les petites combinaisons et la médiocrité…
Un discours à l’apparence du parler vrai, mais en réalité très mesuré et très consensuel, reçu globalement de manière favorable par l’ensemble de la classe dirigeante politique et économique présente (de l’UMP aux opposants institutionnels) en raison du partage par tous de l’idée, qu’avec la crise, la réponse aux difficultés économiques et à notre mal-développement se trouvait essentiellement du côté du libéralisme ( flexibilité, concurrence…) d’une part et de la responsabilisation de chacun d’autre part.

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Les femmes détiennent la clé de la reprise économique mondiale 
 

 par Jean-Pierre Robin

 Le deuxième sexe constitue le « marché émergent » le plus dynamique de la planète.

Moins touchées que les hommes par le chômage durant la récession, leurs perspectives de pouvoir d'achat s'annoncent bien meilleures.

La femme est l'avenir de l'homme. Cette fameuse parole d'Aragon, Goldman Sachs et le Boston Consulting Group (BCG) la reprennent à leur compte, en la détournant à peine. «L'avenir de l'économie est dans les mains des femmes», proclament la banque la plus «virile» de Wall Street et le groupe de consultants le plus chic d'Amérique. Ils viennent de publier coup sur coup une étude, The Power of the Purse («Le pouvoir du porte-monnaie») et un ouvrage, Women Want More («Les femmes veulent plus»), consacrés au beau sexe. Leur conclusion est identique: le «marché émergent» qui va dynamiser l'économie mondiale dans les cinq prochaines années, ce n'est ni la Chine ni l'Inde, mais le «deuxième sexe», pour reprendre l'expression de Simone de Beauvoir.  

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Animal Spirits : qu’est-ce qu’une décision économique ?

par Arnaud Parienty 

  Dans leur dernier essai, les économistes américains George Akerlof et Robert Shiller reprennent et élargissent la notion « d’esprits animaux », dont Keynes est à l’origine, pour définir tout comportement s’éloignant de celui de l’ homo oeconomicus optimisateur. Ils distinguent cinq principales composantes de cette notion : confiance, équité, corruption, illusion monétaire et histoires.

Ouvrage recensé : George A. Akerlof et Robert J. Shiller, Animal Spirits : How Human Psychology Drives the Economy, and Why It Matters for Global Capitalism, Princeton University Press, 2009, 264 pp.

Keynes revient à la mode, et l’hypothèse d’efficience des marchés fait ricaner comme autrefois le keynésianisme le faisait à Robert Lucas. C’est donc avec un parfait sens du timing que George Akerlof et Robert Shiller sortent un ouvrage théorique développant une vision keynésienne de l’économie et l’appliquant à quelques problèmes essentiels. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage théorique, il n’y a pas une ligne de maths dans tout le livre, qui se veut pédagogique et accessible à tous. Le titre – Animal Spirits – résume bien l’idée fondamentale : nous ne sommes pas des homo oeconomicii rationnels et omniscients et la plupart de nos décisions sont influencées par nos « esprits animaux ».

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 L’illusion de l’essence moins chère.

Beaucoup d’entre nous à la Martinique espèrent pouvoir TOUJOURS payer le carburant automobile au coût actuel sans jamais se demander si cela est réellement possible.

DECLIC972, s’interroge d’abord sur la possibilité que les autorités ont eu à ramener le coût de l’essence à ce niveau dans les trois Départements Français d’Amérique après la mobilisation des populations. Aujourd’hui, la seule Secrétaire d’Etat annonce déjà la remontée du coût des carburants s’appuyant, semble-t-il, sur un document SARA montrant les pertes de cette entreprise qui doit bénéficier, de ce fait, de 44 millions de crédits budgétaires de la part de l’Etat. Cette même SARA devrait mieux jouer le jeu des fluctuations du prix du baril de pétrole surtout lorsqu’il est en baisse.

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Pour un développement endogène de la Martinique : l’approche par le concept « d’économie résidentielle » est-elle pertinente ?

par José Nosel

  La prégnance, notamment médiatique aujourd’hui, de certains concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, font que le citoyen se trouve embarqué dans des logiques qui en découlent, sans qu’on ne l’ait éclairé toujours très précisément, sur ce qui se cache derrière ces concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, modernes ou actualisés.

              Trope, métonymie, ambivalence, oxymore, etc. participent à ce contexte d’ambiguïté du langage moderne. Même un concept comme celui de « développement », utilisé par nous tous, n’est pas si évident qu’on pourrait le croire. De plus en plus de gens, de grands philosophes, comme Serge Latouche, par exemple (« Décoloniser l’imaginaire », 2005) remettent en cause radicalement ce concept de développement ; en particulier tel qu’il est conçu dans le monde occidental.

           Ainsi, par exemple, de plus en plus de citoyens martiniquais sont probablement « convertis » au développement durable ; et c’est sans doute tant mieux. Mais il ne leur a pas toujours été précisé que le développement durable c’est d’abord du développement ; et que contrairement à l’idée dominante ambiante, confortée par les institutions : le développement durable est souvent administré par des services de l’environnement ; des trois ou quatre piliers du développement durable, c’est l’équité sociale, après la viabilité économique qui conduit à la durabilité, d’où découlent des exigences, des lors incontournables, de préservation de l’environnement, ou d’épanouissement culturel. Ce qui fait que, du modèle théorique, idéal, du développement durable, à la réalité, même comme perspectives, la  distance est longue et la démarche complexe.                          

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La récession pourrait s'atténuer d'ici décembre, selon l'Insee

  Selon l'Institut, après des baisses continues de janvier à septembre, le PIB pourrait se stabiliser au dernier trimestre 2009. En revanche, 590.000 pertes de postes sont attendues en 2009, avec un taux de chômage remontant à 10,1% pour la première fois depuis 1999.

L'Institut national de la statistique (Insee) annonce, vendredi 19 juin, que la France va connaître en 2009 la plus forte contraction de son activité depuis l'après-guerre (-3%). Cette récession devrait toutefois s'atténuer en fin d'année, sauf si le chômage en pleine explosion s'aggrave au point de menacer la reprise.
Après avoir baissé de 1,2% au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) français devrait encore reculer de 0,6% au deuxième trimestre et de 0,2% au troisième, avant de se stabiliser au dernier trimestre, selon les dernières prévisions de l'Institut de la statistique.
 

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L'économie antillaise continue de souffrir

par Arnaud Rodier
 

La baisse des prix négociée à l'issue du conflit social ne satisfait pas les habitants et le tourisme peine à se remettre de la grève prolongée, dont l'effet a été amplifié par la crise économique.

Ni la Guadeloupe ni la Martinique n'ont pansé leurs plaies. Trois mois après les cinq semaines de conflit social qui ont em­brasé les Antilles, la vie a re­pris son cours mais le mécontentement est toujours là.

L'accord de mars dernier sur l'augmentation des bas salaires, qui se traduit par une hausse moyenne de 200 euros des feuilles de paie les plus faibles, divise. Ceux qui en profitent ne savent pas pendant combien de temps ils pourront le faire. Les chefs d'entreprise considèrent de leur côté qu'il est de nature à fausser la concurrence.

De même, la baisse des prix dans les magasins, âprement discutée dans la grande distribution, ne satisfait personne. Partagée par les enseignes, la Région et les sociétés de transport, elle concerne près de 400 produits et est de l'ordre de 20 % par rapport aux tarifs appliqués avant les émeutes du printemps. Mais les articles qui ne sont pas de première né­cessité ont dans le même temps augmenté plus qu'à l'ordinaire, se plaignent les ménagères guadeloupéennes comme martiniquaises.

Symbole aux Antilles comme ailleurs de la vie chère, l'essence reste une autre source de conflit avec la métropole. Certes, les tarifs à la pompe ont diminué, mais ils demeurent opaques. «Il est indispensable d'améliorer la transparence du système et de clarifier les règles d'administration des prix», réclamait en avril une commission d'experts. Elle ju­geait en outre que les 3 000 personnes employées par exem­ple en Guadeloupe pour servir les clients - la distribution n'est pas automatisée - coûtaient trop cher.

Le gouvernement a commandé une étude pour mettre en place un indice de comparaison des prix de l'essence entre la métropole et les départements d'outre-mer. Malheureusement, elle ne sera disponible qu'au milieu de l'année prochaine.

Chômage dans le bâtiment

Entre-temps, le tourisme a plongé. Trois hôtels ont fermé leurs portes en Guadeloupe, faute de clients. Sur les 9 250 salariés qui bénéficient du chômage partiel depuis février, 1 000 appartiennent ainsi au secteur touristique. Et les entreprises, déjà fra­­gilisées par la crise économique mondiale, ont le plus grand mal à se remettre des grèves.

«Dans le bâtiment et les travaux publics, nous avons perdu 2 000 emplois entre janvier et mai, le chiffre d'affaires a chuté de 40 % et il n'y a plus aucun projet dans l'immobilier privé », déplore Cyril Comte, président de la commission économique du Medef à Fort-de-France. Les patrons sont souvent assimilés à des «profiteurs». À tel point que certains se disent prêts à baisser les bras et à quitter les Antilles.

À l'évidence, le seul déblocage par l'État d'une enveloppe de 580 millions d'euros pour la Guadeloupe et la Martinique en février dernier, assortie de mesures spécifiques de soutien en faveur des familles et des entrepreneurs, est très loin d'avoir calmé les esprits.

25/06/2009 | Lefigaro.fr

 

Les dépenses de fonctionnement de l'Elysée ont augmenté de 21,7 % en 2008

  Pas de restriction budgétaire à l'Elysée. Quand le budget de l'Etat a augmenté de 2,8 % en 2008 par rapport à l'année précédente, celui de la présidence de la République a connu une progression de 18,5 %. Les dépenses de fonctionnement enregistrent, quant à elles, une croissance de 21,7 %.

La loi de finances initiale avait prévu une dotation de 101,157 millions d'euros. Malgré les 9,2 millions de crédits complémentaires votés fin 2008, le montant total des dépenses exécutées en fin d'exercice – dotation d'investissement comprise – s'élève à 113,182 millions d'euros, soit un dépassement de 2,8 millions, selon le document "Pouvoirs publics" figurant en annexe du projet de loi de règlement des comptes de 2008.

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Comment le prix du bœuf passe de 2.70 Euros/kg à 15 Euros

En deux temps, trois mouvements

 

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Tsunami financier la seconde vague

par France Devin

 C'est une vraie bombe à retardement qui menace.  Chacun sait maintenant ce que furent les subprimes : la crise financière, puis bancaire, puis économique et maintenant sociale qu'a déclenché, au niveau mondial, le dérèglement de ce mécanisme, nous le rappelle cruellement, si besoin est. Et le monde n'a pas encore fini d'en payer le prix !

Pourtant, le système financier se met à redouter une autre crise, dont la puissance est ignorée mais terriblement crainte, car cette fois ce ne sont pas que des banques qui risquent d'être touchées mais des entreprises : et elles risquent bien de tomber en cascade… avec leurs emplois avec elles !

C'est une vraie bombe à retardement qui menace. Et dont, semble-t-il, le mécanisme de déclenchement s'est mis en route. Signe peut-être avant-coureur, l'annonce, la semaine dernière, de la perte de 250 millions € du fonds d'investissement, PAI Partners (majoritaire au capital du fabricant de tuiles Monier) a mis le milieu financier en émoi.

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Pour un développement endogène de la Martinique : l’approche par le concept « d’économie résidentielle » est-elle pertinente ?

par José Nosel

  La prégnance, notamment médiatique aujourd’hui, de certains concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, font que le citoyen se trouve embarqué dans des logiques qui en découlent, sans qu’on ne l’ait éclairé toujours très précisément, sur ce qui se cache derrière ces concepts, idées, mots d’ordre ou slogans, modernes ou actualisés.

              Trope, métonymie, ambivalence, oxymore, etc. participent à ce contexte d’ambiguïté du langage moderne. Même un concept comme celui de « développement », utilisé par nous tous, n’est pas si évident qu’on pourrait le croire. De plus en plus de gens, de grands philosophes, comme Serge Latouche, par exemple (« Décoloniser l’imaginaire », 2005) remettent en cause radicalement ce concept de développement ; en particulier tel qu’il est conçu dans le monde occidental.

           Ainsi, par exemple, de plus en plus de citoyens martiniquais sont probablement « convertis » au développement durable ; et c’est sans doute tant mieux. Mais il ne leur a pas toujours été précisé que le développement durable c’est d’abord du développement ; et que contrairement à l’idée dominante ambiante, confortée par les institutions : le développement durable est souvent administré par des services de l’environnement ; des trois ou quatre piliers du développement durable, c’est l’équité sociale, après la viabilité économique qui conduit à la durabilité, d’où découlent des exigences, des lors incontournables, de préservation de l’environnement, ou d’épanouissement culturel. Ce qui fait que, du modèle théorique, idéal, du développement durable, à la réalité, même comme perspectives, la  distance est longue et la démarche complexe.                          

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Le chômage explose

 L'assurance chômage s'attend à 639.000 chômeurs de plus cette année. "On n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être la crise de 1929", selon l'ex-directeur de l'Unedic.

Les entreprises, telles Goodyear, Altis, ABB ou EDA cette semaine, continuent à égrener des suppressions d'emplois portant sur des centaines de postes, au moment même où l'Unedic (régime d'assurance chômage) déclare s'attendre à 639.000 chômeurs de plus cette année.

Dans l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB, le nombre de chômeurs (catégories A+B+C c'est-à-dire y compris ceux ayant une activité réduite, ainsi que les seniors dispensés de recherche d'emploi), actuellement d'environ 3,5 millions, augmenterait de 639.000 en 2009.

Les destructions nettes d'emplois salariés atteindraient 591.000, selon ces prévisions de l'Unedic assombries par rapport aux mois de février et mars.

 

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La récession aux USA devrait être plus forte que prévu

  La Réserve Fédérale a indiqué hier s'attendre à un repli du PIB de 1.3% à 2%, contre une fourchette de 0.5% à 1.3% pressentie jusqu'alors. Le chômage devrait frôler les 10% fin 2009.

On se demandait depuis quelques jours quel événement ou statistique pourrait arrêter la progression de Wall Street. Ce seront finalement les minutes de la Fed qui ont provoqué hier un retournement assez net de la tendance sur les marchés. Ce compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, publié trois semaines après la réunion des 28 et 29 avril, a été l'occasion pour la Réserve Fédérale américaine de publier en annexe un ajustement de ses prévisions sur la conjoncture, marqué par un abaissement significatif des estimations de croissance pour 2009 et 2010.

Pour l'année en cours, la Réserve Fédérale pense que le produit intérieur brut devrait baisser de 1,3% à 2% en 2009, contre une fourchette de 0.5% à 1.3% pressentie jusqu'alors. Si le haut de la fourchette des nouvelles prévisions était atteint, ceci constituerait la pire année dans l'histoire économique des Etats-Unis depuis 1946.

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Obama démonte l'héritage fiscal de George Bush

  Le président américain Barack Obama a commencé à démanteler l’héritage fiscal de George W. Bush en rétablissant les taux d’imposition les plus élevés appliqués aux ménages fortunés et en supprimant nombre de «niches» utilisées par les entreprises.

Dans un «Livre vert» publié mardi, le département du Trésor a annoncé le rétablissement du taux maximal d’imposition de 39,6% pour les contribuables les plus riches et de 36% pour la tranche suivante.

En contrepartie, ce document annonce des réductions d’impôts pour «la classe moyenne», conformément à la promesse de campagne de M. Obama.

Ce cadeau, dont bénéficieront 95% des familles américaines, coûtera au total 736 milliards de dollars sur dix ans et permettra à un «couple type» d’économiser 800 dollars par an, a indiqué le Trésor dans un communiqué.

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Ce qui est prévu pour les internautes en cas de téléchargement illégal

 Voici les conséquences pour l'internaute des dispositions du projet de loi sur "la diffusion et la protection de la création sur internet", qui devait être voté mardi en nouvelle lecture à l'Assemblée avant une adoption définitive par un ultime vote du Sénat mercredi.

 La liste des sanctions

Hadopi: la création sacrifiée

Par Philippe Couderc (président de la Fédération des producteurs et éditeurs indépendants d'Aquitaine, Feppia) et Eric Petrotto (président de la Fédération nationale de labels indépendants, CD1D)

Aujourd’hui, La lliberté de créer est menacée, car la majorité de ces structures indépendantes est au bord de l’asphyxie.  Alors que la loi «Création et Internet» revient au Parlement, nous, producteurs indépendants de musique, voulons interpeller les députés et apporter, dans les débats actuels, un éclairage radicalement différent de celui promu par les grandes compagnies du disque. Les acteurs indépendants de la musique sont plus de 600 en France, et cumulent plus de 3 000 productions par an. Pour paraphraser le syndicat de l’artisanat, ils constituent «la plus grande maison de disques de France», produisant 90 % de la création originale. Très souvent hors des sentiers battus, ils représentent la véritable diversité culturelle que ce pays se flatte à raison de défendre. Sans eux, les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback, High Tone… n’auraient jamais débuté…

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La décroissance
soutenable

 La contestation de la croissance économique est un fondement de l'écologie politique. Il n'est pas de croissance infinie possible sur une planète finie. Trop dérangeante, car en rupture radicale avec notre développement actuel, cette critique fut vite abandonnée au profit de concepts plus souples, comme le "développement durable". Pourtant, rationnellement, il n'existe guère d'autres voies pour les pays riches (20 % de la population planétaire et 80 % de la consommation des ressources naturelles) que de réduire leur production et leur consommation afin de "décroître".

Il n'est pas besoin d'être économiste pour comprendre qu'un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le cas des sociétés occidentales, puisqu'elles puisent dans les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun, sans tenir compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Non content de piller ce capital, notre modèle économique, fondé sur la croissance, induit en plus une augmentation constante de ces prélèvements. Les économistes ultra-libéraux comme les néo-marxistes ont éliminé de leurs raisonnements le paramètre «nature», car trop contrariant. Privé de sa donnée fondamentale, notre modèle économique et social se trouve ainsi déconnecté de la réalité physique et fonctionne dans le virtuel. Les économistes vivent en fait dans le monde religieux du 19e siècle où la nature était considérée comme inépuisable. Nier la réalité au profit d'une construction intellectuelle est le propre d'une idéologie. Nous pouvons donc considérer que l'économie actuelle est avant tout de nature idéologique, fût-ce par défaut. La réalité est plus complexe, car le système économique est en fait largement livré à lui-même, sans contrôle politique.

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Ne pas confondre économie et économistes

Par Dani Rodrik, qui enseigne l'économie politique à la John F. Kennedy School of Government d'Harvard.

Alors que le monde s'enfonce dans le marasme, certaines critiques s'interrogent sur le rôle des économistes. A juste titre, car ils ont à répondre de nombreux dysfonctionnements. Ils ont légitimé et popularisé l'idée que la finance sans entraves était une aubaine pour la société. Ils ont mis en garde d'une voix quasi unanime contre les "dangers de la surrégulation des gouvernements". Avec leur expertise technique, ils avaient une position privilégiée de leaders d'opinion, ainsi qu'un accès aux coulisses du pouvoir.

Rares sont ceux (aux exceptions notables de Nouriel Roubini et Robert Shiller) qui ont alerté sur la crise à venir. Pire, la profession a échoué à fournir des outils utiles pour sortir de la pagaille actuelle. Sur l'incitation fiscale keynésienne, leurs points de vue varient de "absolument essentielle" à "inefficace et dangereuse". Sur le retour à la régulation de la finance, il y a beaucoup de bonnes idées mais peu de convergence. D'un quasi-consensus sur les vertus d'un modèle mondial centré sur la finance, la profession est passée à une absence quasi-totale de consensus sur ce qu'il faut faire.

Pourtant, sans la boîte à outils des économistes, impossible de donner un sens à la crise. En fait, ce n'est pas l'économie, mais les économistes qui sont fautifs. Ils (et ceux qui les écoutent) ont eu une confiance démesurée dans leurs modèles : les marchés sont efficaces, l'innovation financière transfère le risque vers les plus aptes à le supporter, l'autorégulation est ce qui marche le mieux et l'intervention des gouvernements est dommageable. L'orgueil crée des angles morts. Si une chose a besoin d'être remise à niveau, c'est bien la sociologie de la profession. Les manuels sont, eux, très bien.

 

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Capitalisme 3.0, Nouvelle Version,Prochainement!

 

by Dani Rodrik

CAMBRIDGE – Le capitalisme est plus durement touché qu’il ne l’a été depuis des décennies. Forte récession, chaos économique planétaire, et nationalisations en force de grands pans du secteur financier des économies avancées se conjuguent pour mettre à mal l’équilibre entre marchés et Etats. Où le nouvel équilibre va-t-il se situer, personne n’est en mesure de le dire.

Ceux qui annoncent la mort du capitalisme ne peuvent ignorer une donnée historique importante, le pouvoir quasi illimité qu’a le capitalisme de se réinventer. Cette résilience lui permet, depuis des siècles, de surmonter ses crises périodiques et de résister à une longue série de critiques dont celles de Karl Marx n’étaient que le début. Il ne s’agit pas de se demander si le capitalisme est capable de survivre – il en est capable – mais si les dirigeants de la planète feront preuve du leadership qu’il faudra pour l’accompagner vers la phase suivante, dès que nous serons sortis de nos difficultés.

Le capitalisme est sans égal pour ce qui est de libérer les énergies économiques collectives des sociétés humaines. C’est pourquoi toutes les sociétés prospères sont capitalistes au sens large du terme: elles s’articulent sur la propriété privée et confient aux marchés la tâche de répartir les richesses et d’assurer les bénéfices économiques. Le problème, c’est que ni les droits de propriété ni les marchés ne peuvent fonctionner de manière autonome. Ils ont besoin d’être soutenus par des institutions sociales.

 
 

TRIBUNE - Après le tollé provoqué par l'affaire des stock-options de la Société générale, l'essayiste Alain Minc (*) fustige le comportement du patronat français en cette période de crise, lui reprochant son «autisme» et son «inconscience».

Nul ne peut me soupçonner d'être votre ennemi : c'est plutôt le reproche inverse que je subis à longueur de colonnes dans les journaux. Mais je suis aujourd'hui inquiet pour vous car je ne comprends ni vos réactions, ni vos raisonnements, ni - pardonnez-moi le mot - votre autisme. La France n'est pas l'Allemagne : elle a toujours eu des difficultés à établir sur des bases claires un contrat social entre patrons, salariés et pouvoirs publics. De là le poids des symboles. Les syndicats essaient de canaliser tant bien que mal le mécontentement et donc de préserver l'ordre social. Les pouvoirs publics s'efforcent de tenir l'équilibre entre les dépenses nécessaires pour aider les plus malheureux et l'obligation de ne pas déstabiliser, au-delà du raisonnable, les règles de bonne gestion. Les petits patrons se battent pour leur carnet de commandes, courent derrière leurs lignes de trésorerie et sont en fait, face à la crise, du même côté que leurs salariés. Et pendant ce temps, vous qui avez les yeux fixés au-delà du Rhin pour y chercher l'exemple de la modération salariale, vous n'avez pas remarqué le code de conduite en temps de crise signé par le patronat et le gouvernement de Berlin !

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Crise : le choc est à venir

Malgré la débâcle financière et l'urgence climatique, on continue de croire que tout va comme avant. Sans comprendre qu'en réalité nous avons changé d'époque

par Harald Welzer

   Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu'il suffisait de relancer son cycle de création continue.

L'idée que, cette fois, il s'agit peut-être de plus que d'une " crise ", n'est apparemment venue à personne. La vie suit son cours : on emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on espère, avec tout ça, passer le cap au plus vite. Le manque de la plus élémentaire clairvoyance de la mesure et des conséquences de la débâcle financière indique pourtant bien que ce qui est arrivé n'a pas été anticipé. Des faillites bancaires massives, des groupes d'assurances entamés, des Etats eux aussi au bord de la ruine ? Et les milliards requis pour tout ça, que sont-ils, sinon de l'argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l'implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?

Bien que la catastrophe économique déploie implacablement son cours à une allure défiant toute concurrence, frappant une branche après l'autre, le bricolage, le raboutage et le rembourrage, et les sempiternels sommets continuent à donner l'apparence que la crise est gérée. Les réactions des gens sont graves, mais pas paniquées. En dépit du lot quotidien de nouvelles horrifiques en provenance de la Global Economy, citoyennes et citoyens ne sont que modérément agités.

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Le Moule, berceau de la canne à sucre et symbole de la Guadeloupe en grève

   Il y avait Justinien, Serdot, Dernon, et puis une femme enceinte, Marignan Dulac, qui se trouvait au mauvais endroit, ce jeudi 14 février 1952. Les CRS avaient tiré à vue dans les rues du Moule, faisant quatre morts et quatorze blessés, après trois mois et demi de grève des ouvriers de la canne à sucre. Le massacre de la Saint-Valentin, disent les Guadeloupéens.
Samedi 14 février, une manifestation organisée par le LKP, le Collectif contre l'exploitation, doit rassembler plusieurs milliers de personnes au Moule, in memoriam. 

Au 25e jour de grève en Guadeloupe, ce samedi, la canne n'est pas coupée. L'immense usine Gardel, près du Moule, 16 000 m2 de bâtiments, 32 hectares, est une usine fantôme. C'est la seule qui reste sur l'île, pour traiter les 12 000 tonnes de canne. En 1952, on en comptait encore seize, à Petit-Bourg, Capesterre, Comté, Beauport, Bonne Mère... - là où la grève avait commencé, en novembre 1951. Les ouvriers réclamaient une augmentation du prix de la journée de travail afin que leurs salaires soient alignés sur ceux des Français. Forts de la loi du 16 mars 1946 qui assimilait les colonies à des départements, ils avaient cessé le travail. Au fil des semaines, le mouvement s'était étendu aux petits colons et aux planteurs, exigeant un meilleur prix de la canne à la tonne. "Voilà la combinaison qui avait mis le feu dans les champs", résume l'historien Raymond Gama.

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« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »

Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique


 Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.

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Perf!
 

  "Que voit le Guadeloupéen après soixante années de départementalisation ?, interroge Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer. Des prix plus élevés que dans l'Hexagone, un revenu par habitant très inférieur à la moyenne nationale, des enfants surdiplômés au chômage, et des métropolitains qui occupent les postes de cadres."

Une partie des maux de l'outre-mer est ainsi résumée. Il omet cependant d'en analyser les racines : ce que le romancier martiniquais Patrick Chamoiseau appelle "cette tutelle coloniale qui nous maintient dans l'irresponsabilité et la dépendance". Pour Christiane Taubira, députée (divers gauche) de la Guyane, la situation en Guadeloupe "frôle l'apartheid social". Elle met en cause "une caste qui détient le pouvoir économique et en abuse"

C'est à ces maux endémiques que... ne répond pas le projet de loi pour le développement de l'outre-mer (Plodeom) examiné - en principe - en mars au Sénat. Auditionné mardi 17 février par les commissions des affaires économiques et des affaires sociales, le secrétaire d'Etat, Yves Jégo, ne peut ignorer que l'explosion sociale en Guadeloupe et ses risques d'extension ont rendu obsolète le texte présenté en juillet 2008 en conseil des ministres.

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 L'entreprise occupe une place singulière dans le capitalisme. Elle en est le moteur parce qu'elle est le lieu de la création de richesses. Elle en est le régulateur puisqu'elle règle le partage de la valeur ajoutée entre le travail, le capital et les prélèvements qui financent les services publics. Elle en est le modernisateur puisque ses transformations déterminent les changements du système productif : ainsi les fabriques sont-elles indissociables de la révolution industrielle, la grande entreprise de la montée en puissance du salariat, les sociétés multinationales de l'apogée de la société industrielle, les groupes-plate-formes de l'âge de la mondialisation.

Si l'intervention de l'Etat est indispensable face à la dynamique de la déflation par la dette, c'est autour de l'entreprise que se décideront la sortie de crise et les bouleversements dans la régulation du capitalisme mondialisé, qu'il s'agisse de l'équilibre entre l'Etat et les marchés, entre la rémunération du travail et celle du capital, entre les grands acteurs du système multipolaire du XXIe siècle. Or l'entreprise reste le parent pauvre de la théorie et de la politique économiques. Pour les marxistes, elle se résume à l'exploitation du travail ; pour John Maynard Keynes, elle se confond avec l'équilibre de sous-emploi ; pour les libéraux, elle est une machine à maximiser le profit. Au cours des deux dernières décennies, l'obsession qui a présidé à son gouvernement a paradoxalement conduit à la nier en tant qu'institution. 

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  Nous vivons une époque où l'éthique semble avoir envahi l'espace : le commerce est éthique, la finance est éthique, les entreprises adoptent des chartes éthiques, etc. Pourtant le capitalisme est dans tous ses états ; jamais "l'amour de l'argent", comme dirait Keynes, ne l'avait conduit à de telles extrémités : rémunérations extravagantes des plus aisés, rendements chimériques, obscénité de la misère, explosion des inégalités, dégradation de l'environnement... L'émergence de l'éthique est-elle une réaction au spectacle affligeant des conséquences morales et sociales d'un monde économique déserté par l'éthique ?

Car on ne peut rejeter avec légèreté l'hypothèse que l'oubli de l'éthique aujourd'hui, comme hier, a conduit le système à la crise. "Les deux vices marquants du monde économique où nous vivons, écrivait Keynes, sont que le plein emploi n'y est pas assuré et que la répartition de la fortune et du revenu y est arbitraire et manque d'équité." D'où vient que l'on puisse porter un tel jugement ? L'économie ne se donne-t-elle pas comme la science par excellence disjointe de toute considération éthique ? 

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La surcharge de travail des femmes africaines entrave le développement économique du continent

Une enquête pointe la nécessité de prendre en compte le temps de travail domestique

  Un nourrisson noué dans le dos, une bassine de manioc ou un fagot de bois maintenu sur la tête : les femmes africaines déambulent rarement les bras ballants. Si l'intensité de leur travail, aisément perceptible, relève de l'évidence, leur contribution à l'économie passe largement inaperçue. Ainsi, le taux d'activité des femmes africaines (62 %) est supérieur à celui qui prévaut en Europe (49 %). Mais, reléguées dans des activités informelles, voire non marchandes, et assignées aux tâches ménagères, elles ne pèsent guère dans les indicateurs qui reflètent l'état des sociétés et sont censés inspirer les politiques.

Un chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), Jacques Charmes, a entrepris depuis des années de lever le voile sur la réalité de l'emploi du temps des Africaines, en enquêtant minutieusement sur leurs activités quotidiennes. Afin de leur rendre justice et d'inciter à un partage plus équitable des tâches entre les sexes. Mais aussi pour montrer de quelle façon la surcharge de travail qui pèse sur les femmes compromet le développement économique.

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  L'outre-mer "coûte" près
de sept milliards à l'État

 

par Cécile Crouzel
 

La Guadeloupe coûte déjà 2,5 milliards d'euros à l'État et la Martinique 1,8 milliard.

  Avec un taux de chômage qui dépasse les 20 %  et une proportion de RMistes presque quatre fois plus élevée qu'en métropole, les Antilles souffrent de nombreux handicaps économiques. Pourtant, l'État ne lésine pas sur les moyens qu'il accorde à l'outre-mer. 

L'effort global programmé jusqu'à présent pour 2009 est de 16,7 milliards d'euros. Pour la Guadeloupe, la facture s'élève à 2,5 milliards, et pour la Martinique à 1,8 milliard. «Toutefois, ces chiffrages agrègent tous les coûts, y compris ceux liés aux missions régaliennes de l'État, comme l'Éducation, la Justice, la police, qui existent dans l'ensemble des départements français», nuance Éric Doligé, sénateur UMP rapporteur du budget de l'outre-mer. Or ces charges «habituelles» ne sont pas négligeables : en Guadeloupe, l'État dépense près de 700 millions d'euros pour l'enseignement scolaire. «Il est donc plus juste de se concentrer sur le coût, pour l'État, des mesures spécifiques à ces territoires», explique Jérôme Cahuzac, député socialiste, rapporteur de ce budget à l'Assemblée.

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Croissance: Noir, c'est noir

Par Rémi Duchemin  

L'année 2009 s'annonce économiquement très difficile pour la France. Selon Les Echos et Le Figaro de lundi, Christine Lagarde devrait annoncer mercredi une prévision de croissance révisée de -1,5% pour l'exercice en cours. Le déficit public devrait lui passer à 5,5% du PIB, et atteindre ainsi la somme de 100 milliards d'euros. Ces chiffres, confirmés par Bercy, sont les pires depuis... 1945.

  Cette fois, Christine Lagarde aura bien du mal à afficher son traditionnel optimisme forcené. Face à la crise économique et financière, la ministre de l'Economie et des Finances avait à plusieurs reprises laissé entendre, parfois contre l'évidence, que la croissance de la France pour 2009 serait positive. En janvier encore, elle avait fait état de prévision oscillant entre 0,2 et 0,5% pour l'exercice en cours. Mais face au ralentissement de l'économie et la baisse sensible des investissements, ces chiffres ne semblaient guère plausibles. Petit à petit d'ailleurs, Christine Lagarde avait laissé entendre que les chiffres ne seraient pas à la hauteur des attentes.

Mercredi, le nouveau discours sera donc radicalement différent de celui asséné ces derniers mois. En conseil des ministres, Christine Lagarde devrait annoncer, à l'occasion de la présentation du projet de loi de Finances rectificative pour 2009, de nouveaux chiffres, extrêmement mauvais. Selon Le Figaro et Les Echos de lundi, les nouvelles prévisions de croissance pour 2009 devraient se situer entre -1 et -1,5%, des chiffres synonymes de récession. Quant au déficit public, évalué par la même Christine Lagarde à 4,4% en janvier, il devrait en fait atteindre 5,5% du PIB, et pourrait ainsi franchir la barre symbolique des 100 milliards d'euros. Au-dessus, très au-dessus même, des 3% autorisés par l'Union européenne.

Ces chiffres ont été confirmés lundi matin par Frédéric Lefebvre. "Je crois qu'il faut dire les choses clairement, c'est -1,5% la réalité de ce qui est devant nous", a déclaré le porte-parole de l'UMP sur BFM TV/RMC. On sait parfaitement que devant nous ça va être très dur. "Il va falloir construire une loi de finances rectificative qui tienne compte de l'impact de cette crise", a-t-il ajouté, avant de tenter de rassurer en précisant que "la France tient mieux que les autres pays". N'empêche. La récession annoncée est bel et bien la pire depuis..
. 1945.  

leJDD.fr Lundi 02 Mars 2009

 

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Le Japon plonge 35 ans
en arrière

Le PIB japonais a enregistré en 2008 un repli de 0,7 %, son plus mauvais résultat annuel depuis 1998. Crédits photo : AP

 

Fin 2008, le PIB du pays s'est effondré de 13 % en rythme annuel. Le pays n'avait pas connu une situation aussi catastrophique depuis 1974

  Les Japonais, à qui l'on apprend dès le plus jeune âge à ne surtout pas exprimer leurs émotions, s'autorisent désormais tous les superlatifs. Leur pays a connu un recul de 0,7 % du PIB l'année dernière. Ce chiffre, apparemment mauvais sans être dramatique, cache un incroyable plongeon au dernier trimestre. Le produit intérieur brut des trois derniers mois de 2008 a reculé de 3,3 % par rapport aux trois mois précédents, et de 12,7 % par rapport à la même période en 2007. C'est «la pire crise depuis la fin de la guerre», affirme Kaoru Yosano, ministre de la Politique économique et budgétaire. L'économie nippone est à ses yeux «littéralement ravagée».  Le langage est inhabituel. Mais il est vrai qu'il faut remonter au grand choc pétrolier et au premier trimestre de 1974 pour trouver un recul aussi brutal (- 11,6 %). Effondrement des exportations de 45 % en un an - essentiellement en raison du coup de frein des achats américains de voitures et d'appareils électroniques -, chute de l'investissement privé des entreprises de 19,5 %, production industrielle en repli de 20,8 % entre décembre 2008 et décembre 2009, tous les chiffres démontrent que l'Archipel est au plus bas.   

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Travailler plus pour devenir bête

  Le travail intensif peut altérer les capacités mentales. C'est à cette conclusion qu'aboutit une étude, parue dans la livraison du mois de mars de  The American Journal of Epidemiology. Le phénomène est d'autant plus préoccupant que le sur-travail est monnaie courante. "Les longues plages horaires sont communes dans le monde entier ; dans les Etats membres de l'Union européenne, entre 12 % et 17 % des actifs ont effectué des heures supplémentaires en 2001", rappellent les auteurs de l'étude. 

Une équipe finlandaise a étudié le cas de 2 200 fonctionnaires britanniques, âgés de 35 à 55 ans, sur une longue période, entre 1997 et 1999, puis entre 2002 et 2004. Parmi les sondés, 39 % ont rapporté des horaires hebdomadaires inférieurs à 40 heures, alors que 53 % ont déclaré un emploi du temps de 41 à 55 heures.  

Les résultats montrent que ceux qui travaillent plus de 55 heures par semaine ont des capacités mentales amoindries par rapport à ceux qui ont une durée de travail hebdomadaire de 40 heures. Ceux qui avaient une surcharge de travail sont moins bons dans les tests d'évaluation du raisonnement et du vocabulaire. 

RAISONS OBSCURES

Les effets constatés sont par ailleurs cumulatifs : selon l'étude, plus la semaine de travail est dense, plus les effets indésirables se font ressentir. Pour parvenir à de tels résultats, les employés ont été soumis à cinq tests différents. Parmi ceux-ci, les scientifiques ont soumis à l'échantillon une liste de vingt mots de une à deux syllabes, en leur donnant deux minutes pour en retenir un maximum.

Si le diagnostic est désormais établi, les causes sont plus obscures. Les scientifiques n'ont pas pu déterminer pour quelles raisons précises la surcharge de travail affectait les facultés mentales. Ils ont toutefois relevé un faisceau de facteurs explicatifs, parmi lesquels figurent une qualité de sommeil inférieure, de la dépression et, d'une manière générale, une hygiène de vie moins bonne.

Cette étude ne constitue qu'une base de départ pour ceux qui l'ont réalisée, car, de leur propre aveu, elle demeure limitée. "La durée de la période d'étude ne semble pas suffisante pour détecter le déclin des fonctions cognitives en général", jugent les auteurs. L'analyse, qui prend pour base des fonctionnaires, "n'est pas représentative de la population active globale", poursuivent-ils.

LEMONDE.FR | 26.02.09 |

 
 

Frais bancaires :
la surenchère des forfaits

 

Les tarifs bancaires baissent en 2009 mais le recours aux packages (forfaits comprenant différents produits et services bancaires) augmente la facture des clients, selon l'étude annuelle CLCV Mieux Vivre Votre Argent.

Pour le profil «petit consommateur», la facture annuelle moyenne s'élève à 73,14 euros s'il paie les services à l'unité mais grimpe à 111,62 euros, s'il souscrit à un package. (Photo Bouchon/ Le Figaro)  Tarifs des services à l'unité contre tarifs des forfaits. Pour la première fois cette année, l'association CLCV et le magazine Mieux Vivre Votre Argent ont inclus dans leur étude annuelle sur les tarifs bancaires, la comparaison entre les prix des services à la carte et les prix des packages, qui concernent près d'un client sur deux des banques. Fondé sur la comparaison des tarifs disponibles au 1er février 2009 de 124 établissements, le résultat de l'étude est sans appel. Dans la majorité des banques, «il est plus intéressant financièrement de souscrire des services à la carte que d'opter pour un package», selon l'association de consommateurs. Ainsi, pour le profil petit consommateur (compte peu actif, sans produit d'épargne), la facture annuelle moyenne s'élève à 73,14 euros, s'il paie les services à l'unité. En revanche, s'il souscrit un package, la facture grimpe à 111,62 euros, soit un surcoût de 50%. Pour un petit consommateur, il n'est intéressant de souscrire un forfait que dans sept établissements sur l'ensemble du panel. Pour un couple actif (compte joint, utilisant une gamme assez large de services bancaires et disposant d'un plan d'épargne en actions), le package est toujours moins intéressant mais il peut parfois permettre de substantielles économies de l'ordre de 46%.

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" Millénium " : la saga policière disait vrai

  Qui n'a pas lu, ou entendu parler, de Millénium, la trilogie policière du Suédois Stieg Larsson ? Dès la fin 2007, la passion du public pour Lisbeth Salander, une jeune femme qui se défend seule contre une monstrueuse conspiration, propulsait les ventes à plus de 8 millions d'exemplaires dans le monde. Un best-seller international qui est également un " long seller " : en Europe, les trois volumes sont, depuis soixante-quinze semaines, en tête des ventes.

Cet engouement durable pour Millénium s'explique par le fait que la saga fait partie de ces livres rares qui disent " quelque chose " sur l'époque au sein de laquelle ils surgissent. Au-delà de l'aspect romanesque apparent, le message subliminal que distille Millénium pourrait être le suivant : nous vivons au sein d'un monde chaviré où la loi et l'ordre règnent en apparence, alors qu'en réalité des mafieux tirent les ficelles.

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Guadeloupe : un pré-rapport détonant sur la filière pétrolière

 Le secrétaire d’état à l’outre-mer, Yves Jégo, a diligenté une mission d’inspection, qui examine depuis le mois de décembre 2008 le système de distribution de l’essence dans les DOM-TOM. Le rapport final doit être présenté fin février, mais un rapport d’étape a déjà été rédigé, que Le Monde s’est procuré. Il est accablant pour les compagnies pétrolières.

Dans Le Journal du dimanche, du 8 février, M. Jégo évoque "un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières" qui pourrait se terminer "par une action judiciaire de l’Etat" contre elles.

L’Etat non plus n’est pas exempt de reproches, selon ce pré-rapport : "Le dispositif actuel d’administration des prix par les préfets prend l’eau de toute part" et les services de l’Etat "sont incapables de justifier la base des calculs sur lesquels repose leur évaluation", en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe écrit l’inspecteur.

Mais les pétroliers apparaissent comme les plus fautifs. Ainsi, le coût des approvisionnements (brut importé pour être raffiné et produits finis ou semi-finis) n’est pas déterminé sur la base des approvisionnements réels "mais sur celle d’une formule intangible", avec une clé de répartition invariable entre brut et produits finis. Même quand la SARA (Société anonyme de raffinement des Antilles) a été arrêtée pendant deux mois… D’où le soupçon d’enrichissement indu.

 

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Le débat Keynes-Hayek à la lumière de la crise

Hayek et Keynes   Keynes et Hayek sont deux penseurs majeurs dont les œuvres, plusieurs fois enterrées et ressuscitées, ont toujours à nous apprendre. Ils se sont durement affrontés, tout en se respectant et en entretenant même des liens d'amitié. Leurs analyses du fonctionnement des économies capitalistes étaient radicalement opposées. Ainsi, pour Keynes, rien ne garantit l'atteinte du plein emploi, une économie pouvant se trouver indéfiniment en situation d'équilibre de sous-emploi. Pour Hayek, le libre fonctionnement des marchés mène spontanément au plein emploi.

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La révolution cubaine
Par Sabine Manigat



  Elle a cinquante ans. Que peut bien conserver de révolutionnaire une quinquagénaire? En lisant la presse internationale ce mois-ci, j’ai parfois eu l’impression que c’est à l’aune de cette question que le régime castriste est évalué – critiqué, plus souvent que jamais. D’un côté, il y a le registre des tares et des manques : la dictature des Castro incapables de passer la main politiquement; le traitement réservé aux dissidents; les multiples pénuries qui maintiennent les Cubains « dans la misère ». D’un autre côté, les dirigeants et la presse cubaine rappellent, à grand coups de dates, de statistiques et de citations, la trajectoire de la révolution depuis l’épopée héroïque jusqu’à l’âpre résistance après la chute du Mur de Berlin et les réalisations sociales du régime. Par-delà les pour et les contre, il y a bien entendu les vieilles lignes de fracture idéologiques, mais les débats les plus sérieux en la matière indiquent que, dans les réflexions sur les perspectives futures à Cuba, se joue un ensemble de questions que les nouvelles réalités mondiales comme la crise économique, l’élection de Barack Obama ou encore la montée de la gauche en Amérique Latine remettent à l’ordre du jour.
 

 

Cuba: «En matière alimentaire, l’échec de la révolution est incontestable»

Recueilli par JEAN-HÉBERT ARMENGAUD

En quel état était l’économie cubaine en 1959?

Près de Viñales, dans l'ouest de Cuba, en juillet 2008. (DR)  Une des plus grandes victoires de Fidel Castro est sans doute d’avoir réussi à imposer une image très schématique et déformée de ce qu’était le Cuba d’avant la révolution de 1959, pour en faire un repoussoir au service de sa propagande. Le Cuba de 1958 n’était certes pas un paradis, mais il n’était pas non plus l’enfer décrit par le discours officiel. Les indices économiques de Cuba en 1958 sont parlants: parmi les pays d’Amérique latine, Cuba se classait en quatrième position pour l’espérance de vie et en PIB par habitant avec un revenu qui était alors comparable avec celui des pays pauvres d’Europe comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce.
Cuba était aussi le pays d’Amérique latine qui possédait le plus de kilomètres de voies ferrées et d’appareils électroménagers par habitant. Le peso cubain circulait alors à parité avec le dollar. Aujourd’hui, il vaut vingt fois moins. Le taux d’alphabétisation de Cuba était alors de 76,4 % soit la quatrième place sur le continent latino américain après l’Argentine, l’Uruguay et le Chili.
 

 

Savoirs contre pauvreté !

François Bourguignon directeur de l’Ecole d’économie de Paris.

  Quel beau thème que ce «Savoirs contre pauvreté» retenu par le Collège de France, en association avec l’Agence française du développement, pour cette nouvelle chaire internationale inaugurée dans l’affluence jeudi dernier ! Avec plus d’un milliard de pauvres dans le monde, la lutte contre la pauvreté requiert certes une volonté politique et des ressources financières supplémentaires. Mais elle demande aussi du savoir afin que ces ressources soient utilisées de façon indubitablement efficace.

Qui mieux qu’Esther Duflo pouvait assurer le premier enseignement de cette chaire ? Chercheuse passionnée, elle est l’une des spécialistes mondiales de l’évaluation et l’expérimentation des programmes de lutte contre la pauvreté. L’identification rigoureuse de l’impact d’un programme est essentielle pour juger et améliorer son efficacité. C’est aussi la seule façon d’accumuler un savoir transposable à d’autres contextes et participant ainsi au progrès durable des politiques de développement dans le monde. Les méthodes d’évaluation d’impact aujourd’hui disponibles résultent de l’adaptation, relativement nouvelle, à l’économie de techniques des sciences expérimentales. Esther Duflo est depuis le début à la pointe de ce mouvement.

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Néocolonialisme agraire
Des chefs d'Etat de pays pauvres mettent eux-mêmes leur terre en viager

 

  Parmi les " bienfaits " des colonisations conduites au XIXe siècle, il y eut l'introduction forcée et la culture obligatoire du coton dans les régions de savanes africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de famille était tenu de cultiver une " corde " de coton, soit environ un demi-hectare, afin d'approvisionner l'industrie textile française. En contrepartie, sa récolte lui était payée et, quand on lui avait retenu les avances sur les semences, les engrais et les pesticides, il lui restait trois sous pour participer aux débuts de la société de consommation.

On était à la fin des années 1920. Les paysans tchadiens ignoraient ce qu'était l'anticolonialisme, mais ils avaient bien compris que la nouvelle tâche qui leur était imposée était inique : elle tombait à la même saison que la culture du sorgho vivrier, elle doublait la quantité de travail, et elle occupait une parcelle consacrée à l'indispensable jachère, seule technique possible de régénération des sols. Beaucoup se révoltèrent, mais la " chicote " coloniale eut tôt fait de les calmer, et les courageuses dénonciations d'André Gide ne furent guère entendues en métropole.

A l'aube du XXIe siècle, la décolonisation est - dit-on - achevée, le travail forcé est interdit, et le monde entier peut être informé en temps réel de la plus petite exploitation de l'homme par l'homme, fût-elle commise au coeur de la Nouvelle-Guinée ou de l'Amazonie. Et pourtant, aussi insidieuse que légale, une nouvelle forme de colonisation des terres a commencé à s'instiller dans les régions les plus pauvres de la planète, et nul ne proteste. Au contraire, les premiers intéressés sont même parfois demandeurs, comme ces représentants de la région indonésienne de Papouasie qui ont démarché des investisseurs saoudiens en leur offrant un million d'hectares pour qu'ils puissent y produire les céréales dont manque l'Arabie saoudite, moyennant quelques investissements dans les infrastructures et quelques miettes vivrières pour les populations locales.

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Comprendre l'affaire Madoff


Qui est Bernard Madoff ?

  Le courtier au cœur du scandale était une légende de Wall Street, ainsi qu'une incarnation du rêve américain. Ce maître nageur à Long Island a créé son fonds d'investissement à l'âge de 22 ans, avec 5 000 dollars. Réputé intuitif, ultra-rapide mais aussi très "éthique", il avait fini par s'imposer dans la communauté financière. Au point de devenir président du Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs technologiques, de 1990 à 1991. Mondain, jovial, il parvenait à capter la confiance de ses futurs clients. Figure de la communauté juive new-yorkaise, le "génial" financier était très présent dans les activités caritatives et culturelles.


Comment a-t-il escroqué ses clients ?

M. Madoff recevait par le biais de son fonds (Bernard Madoff Investment Securities) des capitaux à gérer, qu'il investissait dans des hedge funds (fonds d'investissement à risque), dont la performance était réputée supérieure à la moyenne. Lorsque la performance n'était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer le rendement distribué aux investisseurs, il prenait tout simplement l'argent des nouveaux investisseurs et l'utilisait pour payer les anciens. De ce fait, il donnait l'impression d'une performance exceptionnelle, sur la base de laquelle il attirait de plus en plus d'investisseurs, mais année après année, il dilapidait le capital que ceux-ci lui avaient confié.

Quand la crise boursière éclate, nombre d'investisseurs veulent récupérer leur mise. Trop en même temps. M. Madoff ne peut pas rendre l'argent. Il fait part de la situation à son fils, qui prévient les autorités. Le 11 décembre, Bernard Madoff est arrêté par le FBI.

LA FRAUDE DE MADOFF

"Les marchés financiers fonctionnent presque comme des sectes"

Sectes?

 Comment le gérant de fonds américain Bernard Madoff a-t-il pu dissimuler aussi longtemps une supercherie engageant quelques unes des plus grandes banques mondiales ?

- Bernard Madoff a pu jouer sur sa crédibilité auprès des investisseurs. Cela montre à quel point les marchés financiers sont totalement irrationnels et fonctionnent presque comme des sectes religieuses. Il a pu fonctionner ainsi parce qu'il appartenait à la communauté financière et qu'il en était l'un des piliers. La SEC (Securities and Exchange Commission), chargée de réglementer et de contrôler les marchés financiers a complètement failli à sa tâche. Madoff a réussi à engager des sommes colossales malgré les alertes de l'hebdomadaire économique Barron's. La SEC, elle-même, a enquêté à deux reprises sur le fonds Bernard Madoff Investment Services. Ces investigations n'ont malheureusement pas été suivies d'effet.

Le système financier mondial est-il capable d'affronter la fraude démesurée du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff, seulement deux mois après avoir enduré la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers ?

- On ne sait pas quelle réaction en chaîne cette fraude peut provoquer, des organismes risquent de faire faillite. On parlait de faible exposition lors de la faillite de Lehman brothers, et chaque trimestre, l'addition devenait de plus en plus salée. Par ailleurs, depuis plusieurs mois, quelques acteurs économiques français et étrangers avaient anticipé les difficultés de certains hedge funds. On n'imaginait pourtant pas qu'elles puissent s'adonner à des pratiques frauduleuses d'une telle ampleur. Les pertes accumulées par Bernard Madoff représentent tout de même dix fois le montant perdu par Jérome Kerviel.

A quel degré d'affectation les banques françaises et européennes sont-elles exposées ?

- On croyait la BNP à l'abri de ce genre de crash financier, grâce à la politique de prudence observée jusque-là. Or on se rend compte qu'elle n'a pas été épargnée par cette fraude. Pour Natixis, cette perte de 450 millions d'euros est beaucoup plus problématique, proportionnellement à la taille de la banque. D'autant plus que ses deux actionnaires principaux ont été déjà très affaiblis par la crise des "subprimes". La Caisse d'Epargne a également été victime de la mauvaise gestion d'un trader.
La fraude de Bernard Madoff donne du crédit à ceux qui avancent qu'il faut réguler d'avantage le marché, qu'il faut le munir de règles plus strictes.

Interview d'Odile Benyahia-Kouider par Sélim Batikhy
(le lundi 15 décembre 2008)
journaliste au service économie du Nouvel Observateur

 

 

par  Arnaud Parienty

  Les plans de relance concoctés par les divers pays européens sont désormais connus. Ils procèdent manifestement de philosophies très différentes d’un pays à l’autre et tiennent compte de situations, des finances publiques notamment, diamétralement opposées. Il vaut la peine de s’attarder un moment à essayer de décrypter ces logiques et de comparer les chances des uns et des autres.
C’est la première fois depuis le premier choc pétrolier, il y a 35 ans, que tous les pays s’accordent sur la nécessité de mesures budgétaires de relance de l’activité économique. Ces mesures sont motivées par une récession très profonde, devant laquelle la politique monétaire s’avère inefficace, à la fois parce que la baisse des taux d’intérêt ne peut compenser le pessimisme radical des anticipations et parce qu’il ne faut pas compter sur la BCE, toujours en retard d’une baisse, pour mesurer la gravité de la situation.
A quoi sert une politique budgétaire de relance ? Pour les économistes orthodoxes, il faut le rappeler, elle ne sert à rien. Elle est inutile, car les mécanismes du marché suffiront à remettre l’économie sur sa trajectoire de croissance. Elle n’accroît pas la demande, car les agents privés, sachant que les dépenses publiques d’aujourd’hui sont les impôts de demain, réduisent leur consommation pour faire face à l’inévitable hausse des impôts. Elle arrive après la bataille, car les délais de mise en œuvre de cette politique sont longs et variables. Fermez le ban.

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La filière banane en Martinique : état des lieux et perspectives

La filière banane martiniquaise

 En Martinique, la banane constitue la principale activité agricole que ce soit en terme de surface agricole utilisée, de nombre d’exploitations, de production, de création de richesse agricole ou de créations d’emplois. La filière engendre près de 12 000 emplois, dont 6 000 à 8 000 emplois indirects. Toutefois, en terme de création de richesse, son poids dans l’économie est relativement faible (1,6 %). La valeur ajoutée du département provient en effet principalement du secteur des services (48,5 % de la valeur ajoutée). Le poids du secteur primaire dans la création de richesse locale demeure cependant élevé (3,7 %) comparé à la moyenne nationale (2,4 %) ou communautaire (1,3 %).

La Martinique s’est convertie depuis moins d’un siècle à cette culture qu’elle a orienté exclusivement vers l’exportation en raison de l’étroitesse du marché intérieur et de la vivacité de la demande extérieure. Près 98 % de la production consistent en des bananes de variété d’exportation Cavendish, cultivé principalement au nord-est, dans la zone du Lorrain et du Marigot et dans le sud-est, dans la région du Vauclin. La banane figue (moins de 2 % du volume de production) est cultivée sur seuls 300 hectares à destination du marché local.

Sur les marchés extérieurs, la banane martiniquaise est exposée à une concurrence des bananes dollars et des bananes d’Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) qui tend à se renforcer avec l’ouverture totale du marché communautaire intervenue au 1er janvier 2006, suite à la réforme du volet externe de l’Organisation commune de marché (OCM) de la banane. Compte tenu des écarts de compétitivité entre les producteurs-exportateurs et de l’importance de la filière dans l’équilibre socio-économique des Antilles françaises, l’Union européenne assure un revenu garanti aux producteurs dans le cadre du volet interne de l’OCM banane, lui aussi réformé cette année. 2006 est ainsi une année de changement pour la banane martiniquaise en particulier et la banane européenne en général. Afin de renforcer son positionnement à l’extérieur, la filière martiniquaise s’organise, améliore son système productif et dessine une stratégie commerciale afin de gagner en compétitivité et devenir de plus en plus concurrentielle.

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Banane : les planteurs de la Guadeloupe et de la Martinique signent un plan de développement "durable"

Les planteurs antillais veulent faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués en Europe aux bananes sud-américaines, dites "bananes dollar". Le système leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marchés du Vieux continent.            

 

Une banane durable??  C'est dans la suite logique des différentes actions qui ont été entamées depuis quelques années par la filière banane de Guadeloupe et de Martinique qu'un protocole d'accord instituant la mise en place d'un "plan banane durable" sur la période 2008-2013 a été signé le 5 décembre 2008 par les instances professionnelles et les pouvoirs publics, en présence du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier.

Les producteurs des deux îles françaises ont décidé de revendiquer la spécificité de leurs bananeraies et d'accélérer leur démarche environnementale alors que l'Union européenne devrait "à terme" abaisser les droits de douanes sur la "banane dollar" (cf encadré).

L'objectif du plan ? Faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués aux "bananes dollar" importées par l'Union Européenne, système qui leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marché du Vieux continent (comme ceux de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique). La crainte des producteurs antillais ? La disparition de tout ou partie de leurs petites exploitations, piliers de l'économie domienne, à l'instar des exploitations de canne à sucre. Avec 270.000 tonnes produites, la banane est en effet  le premier produit exporté de Martinique et de Guadeloupe. Ces quantités - au demeurant modestes au regard d'une consommation européenne qui avoisine 5,3 millions de tonnes - permettent non seulement de consolider l'activité des transporteurs vers la métropole mais surtout de faire de la filière le premier employeur privé des deux îles, avec 709 planteurs et 10.000 emplois directs et indirects.

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  Georges Baron engloutit un dernier morceau. Ce retraité résidant à Evry vient de manger sa banane quotidienne. Il l'a achetée le matin même à l'hypermarché du centre commercial Evry 2, mettant un terme à une vie de fruit de trente-deux semaines et à un itinéraire de 7 329 kilomètres.

L'histoire de la banane de Georges Baron commence curieusement dans le Languedoc. Les nouvelles pousses plantées en Martinique après les dégâts provoqués par le cyclone Dean, en août 2007, proviennent en effet de Saint-Mathieu-de-Tréviers, dans l'Hérault, où est installée l'entreprise Vitropic. "Nous fournissons la semence", résume Yvan Mathieu, son directeur. Mais l'honneur antillais est sauf : Vitropic s'est approvisionné en Martinique pour cloner des bananiers. L'avion qui convoie ces semences obtenues en laboratoire (des "vitroplants") vers l'aéroport Martinique-Aimé-Césaire ne fait donc que leur offrir un retour au pays natal...

 

Des revenus aussi mal partagés qu’en 1929

 

  Jeunes gens qui avez étudié les mathématiques financières en rêvant d’une Ferrari à trente ans, vous êtes vous jamais demandé d’où provenait la matière première de votre art ?

Elle avait la même origine que la crise, et cela commence à se savoir. Il y avait beaucoup trop d’argent sur les marchés financiers - c’est ce qui provoquait le renchérissement artificiel des actions et des matières premières. Il n’y en avait pas assez dans les poches des salariés – c’est ce qui les poussait à vivre à crédit. Entre les deux, d’imaginatifs financiers perfectionnaient jour après jour la pompe aspirante qui assurait l’équilibre du système. Un équilibre très précaire, compte tenu des risques accumulés.

Des revenus mal répartis entre salaires et profits, entre les plus riches et les autres : cela provoqua la crise de 1929, comme l’avait si bien analysé Marriner Eccles, qui présida la banque centrale américaine de 1934 à 1948.

Le même diagnostic peut être posé sur la crise actuelle. L’OCDE vient d’apporter sa pierre à la démonstration, dans sa plus récente livraison (1). Celle-ci se fait l’écho des travaux de maints économistes, synthétisés par Andrew Leigh.

 

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  La crise résiste aux interventions étatiques. En verra-t-on un jour le bout ?

Pour le savoir, il faut d'abord poser le bon diagnostic. Or, ce qui frappe, c'est le silence de la science. Les grands économistes se taisent. Les politiques ne parlent que de finance. Et ils n'osent pas appeler un chat un chat. La vérité, c'est que planquer des créances pourries parmi d'autres, grâce à la titrisation, comme l'ont fait les banques, c'est du vol. Les précautions de vocabulaire sont malséantes. Nommer correctement les choses permet de bien appliquer la sanction. On reste trop révérencieux à l'égard de l'industrie de la finance et de l'industrie intellectuelle de la science financière. Des professeurs de maths enseignent à leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu'ils font relève, sans qu'ils le sachent, du crime contre l'humanité.

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Prêts toxiques: le gouvernement connaissait le danger

Par Matthieu Deprieck, Thomas Bronnec,

 

La crise des subprimes  Plus d'un an avant que le problème des prêts dits "toxiques" n'éclate au grand jour, un cabinet de conseil en finances locales avait alerté le ministère de l'Intérieur sur le danger que couraient les collectivités en acceptant de tels produits. La Seine Saint-Denis, comme d'autres, s'est fait piéger. Claude Bartolone en veut au ministère.

Au ministère de l'Intérieur, on le jure, main sur le coeur: aucune collectivité n'est aujourd'hui au bord de la faillite. Reste que les prêts toxiques ont infiltré les comptabilités des municipalités, des conseils généraux ou régionaux. Rien que chez Dexia, l'une des banques privilégiées par les élus locaux, on compte plus de 4000 collectivités à avoir contracté des prêts de ce type.

En première ligne, la Seine-Saint-Denis. Dans le département francilien, 98% des prêts relèvent de ces produits structurés dits "toxiques". Toxiques parce les remboursements se font sur des taux très bas les premières années (parfois 0%), avant d'évoluer suivant des valeurs telles que le cours du yen ou du franc suisse. Le risque de dérapage est grand. Claude Bartolone, président PS du conseil général, s'attend ainsi à une hausse vertigineuse de la dette départementale: "+ 3 millions en 2009, + 13 en 2010, + 18 en 2011". Face à une telle situation, l'élu socialiste envisage de porter plainte contre les banques qui ont proposé de tels produits, et met en cause la Direction générale des collectivités locales (DGCL).

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Encore un effort, nationalisons vraiment les banques

Par Pierre Dockès, professeur émérite à l'université Lyon II.

Dix banques Dans le maelström d'une crise de liquidité, il est indispensable d'injecter massivement des liquidités sur les marchés monétaires et de baisser les taux ; les banques centrales l'ont fait, plus ou moins vite et fort. De même, il est nécessaire de nationaliser les banques en faillite et de garantir les dépôts bancaires afin d'éviter le "run" des particuliers aux guichets des banques criant «I want my money back». Si cela a permis d'éviter l'effondrement du système, c'est insuffisant pour sortir de la crise. Racheter les créances «pourries» des banques avec le plan Paulson pouvait sembler une issue. Non seulement cela pose de sérieux problèmes (à quel prix ? N'est-ce pas un cadeau aux banques ? Le lobbying et les conflits d'intérêts sont omniprésents...), mais, à l'évidence, cela n'a pas suffi.

Aujourd'hui, à la suite de Gordon Brown, les gouvernements européens se sont décidés à deux mesures complémentaires : recapitaliser par des fonds publics les banques en difficulté qui en font la demande et assurer les prêts interbancaires (si l'Allemagne a garanti ces prêts, la France a préféré l'ouverture d'un guichet public). Les Etats-Unis viennent de prendre à leur compte une partie de ce plan en recapitalisant les grandes banques sur la base du volontariat (250 milliards de dollars pris sur les 700 du plan Paulson).

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Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent"

par John Kenneth Galbraith

John Kenneth Galbraith Economiste iconoclaste, John Kenneth Galbraith a consacré en 1990 un livre aux bulles spéculatives qui scandent l'histoire du capitalisme. Nous reproduisons ici l'intégralité du dernier chapitre de cet ouvrage, qui reste ô combien d'actualité

"Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent", par John Kenneth Galbraith

Il est peu de points de repère plus couramment invoqués dans la vie que les "leçons de l'Histoire". Ceux qui ne la connaissent pas sont condamnés à la répéter. Mais les leçons de l'Histoire sont parfois d'une ambiguïté troublante, et tout spécialement peut-être en économie. C'est que la vie économique est engagée dans un processus continu de mutation ; ce qu'ont observé les savants du passé - Adam Smith, John Stuart Mill, Karl Marx, Alfred Marshall - est donc un guide incertain pour le présent ou l'avenir.

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Nobel : Paul Krugman, analyste de la concurrence "imparfaite"

Paul Kugman Prix Nobel d'Economie 2008  Comme il le fait deux fois par semaine depuis vingt ans, Paul Krugman, 55 ans, professeur à l'université de Princeton, a publié, lundi 13 octobre au matin, sa chronique économique dans le Times. Et comme d'habitude, de tous les éditorialistes, c'est lui qui recueillait le plus de réactions de lecteurs sur le site Internet du quotidien.

M. Krugman a un talent : doué d'un remarquable sens didactique, il explique l'économie aux béotiens comme personne ; et il ne cherche pas à cacher sous des oripeaux scientifiques les implications politiques de ses conceptions. Ses partisans - à gauche, généralement - adorent. Ses adversaires - ultralibéraux - adorent le conspuer. Pour gagner en notoriété, on ne fait guère mieux. Ou plutôt si : on peut aussi être sacré Prix Nobel. C'est ce qui lui est advenu, lundi 13 octobre, quelques heures après la parution de son article.

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Les associations craignent l'arrivée de nouveaux pauvres

Plusieurs organisations d'aide aux démunis constatent un nombre croissant d'appels à l'aide «de personnes qui ne pensaient pas tomber aussi bas». Martin Hirsch les convie à une réunion de travail sur les effets de la crise.

L'association parisienne La Mie de Pain compte sur un nouvel élan de générosité pour faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires.  «On est habitué à se serrer la ceinture. Depuis quelques semaines, on se la serre un peu plus encore, c'est tout !» Marie-France Ziemer garde le sourire. Pourtant, avec son RMI, ses deux parents malades, sa fille qui n'est pas encore autonome, et la jeune femme qu'elle héberge, car «sinon elle serait à la rue», difficile de joindre les deux bouts. Cette militante active d'ATD Quart-Monde et adepte forcée des files d'attente des Restos du Cœur d'Epinal, livre un constat sans appel : «Chez les plus démunis, c'est moins marquant, mais il y a une très nette augmentation des appels à l'aide de personnes qui ne pensaient pas tomber aussi bas». C'est-à-dire ? «Des jeunes couples qui viennent de s'installer, des étudiants, des gens qui travaillent et qui ont des crédits… On le voit bien, ils n'y arrivent plus ces derniers temps !»

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Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l'université de Yale, ex-président de l'Association internationale de sociologie

 

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

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Les mots pour comprendre la crise financière

Credit Crunch!!

Pédago

Des agences de notation financière à la stagflation, en passant par les subprimes, la titrisation, la récession, etc., petite revue lexicale.

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Le krach boursier Si spectaculaire soit-elle, la débâcle boursière, dont les gouvernements et les grandes banques centrales peinent à venir à bout, n'est que la partie émergée d'une crise en train de se propager à l'économie réelle. Une spirale baissière et récessive s'est enclenchée. Les marchés anticipent une chute des profits des entreprises, qui font face à des perspectives d'activité dégradées. Ils vendent leurs titres. Les entreprises ne peuvent plus se financer sur les marchés actions, et elles commencent à être confrontées au resserrement du crédit. Certaines d'entre elles, notamment les PME, ne s'en relèveront pas. Partout, les perspectives d'embauche se détériorent, le chômage s'accroît, les revenus diminuent. Comme toujours en pareilles circonstances, ce sont les plus vulnérables parmi les entreprises et les ménages qui seront les premiers touchés.

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Prix Nobel de l'économie 2008

Paul Krugman : "La réalité n'a jamais été à la hauteur du rêve américain"

Paul Krugman, professeur d'économie à l'université de Princeton et éditorialiste au journal New York Times, vient de recevoir le prix Nobel de l'économie 2008. Dans cet entretien paru dans le numéro d'octobre d'Alternatives Economiques, il analyse la situation sociale américaine.

Photo de Paul Krugman Les Etats-Unis viennent de connaître un cycle d'expansion économique important et pourtant les inégalités et la pauvreté s'accroissent. Comment l'expliquez-vous?

Cela tient en grande partie à un changement des rapports de force politiques. La masse des salariés a beaucoup perdu de pouvoir de négociation et comme je l'explique dans mon dernier livre (1), les conditions politiques ont une influence essentielle sur la répartition du revenu.

Quel a été le rôle des politiques suivies par le gouvernement Bush?

Bush a fait deux choses. Il a modifié le système fiscal dans un sens très régressif, avec de fortes baisses d'impôts sur les revenus les plus élevés, les dividendes et les gains en capital. Ce qui profite aux plus riches et a également réduit les fonds disponibles pour les politiques publiques d'aide aux plus démunis. On peut estimer que 35 % à 40 % des baisses d'impôts de Bush ont servi les revenus des personnes gagnant plus de 300 000 dollars par an [environ 210 000 euros], ce qui représente une redistribution importante en faveur de ceux qui sont pourtant le plus à même de payer des impôts. Le gouvernement Bush a par ailleurs accéléré la perte de pouvoir de négociation des salariés en réduisant fortement la possibilité de toute forme d'organisation syndicale.

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«La crise financière occulte la crise alimentaire»

«30 milliards de dollars seulement permettraient de nourrir durant un an les 925 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.»

Interview de Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France, de retour des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, déplore l'écart entre les moyens mis en œuvre dans un cas et la passivité dans l'autre.

Recueilli par Eliane Patriarca

 

 A l'issue des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, plusieurs ONG se sont inquiétées que la crise financière ait relégué les difficultés des pays pauvres au second plan. Aux côtés des représentants des pays en développement, elles ont multiplié les appels à ne pas réduire l'aide dans ces temps difficiles pour les budgets des Etats.

Ainsi, dans un communiqué, l'organisation non gouvernementale Oxfam affirme que «ces réunions ont offert un nombre de solutions scandaleusement faible pour les pays les plus pauvres. Les dirigeants mondiaux reconnaissent qu'il y a une crise mondiale de la pauvreté, mais l'ont ignorée». Or, la faim et la malnutrition ne cessent de progresser : plus de 925 millions de personnes souffrent de la faim. «Alors que le monde développé a dégagé plus de 1000 milliards de dollars en quelques semaines pour empêcher ses banques de faire faillite, il ne parvient pas à trouver 1% de cette somme pour aider les pays les plus pauvres à surmonter la crise alimentaire»,ajoute Oxfam. Entretien avec Sébastien Fourmy, coordinateur des campagnes d'Oxfam France-Agir Ici, et de retour de Washington.

 

 

Le déjeuner à 150.000 euros de Fortis
 

La banque Fortis, qui a frôlé la faillite, a organisé « un évènement culinaire » de luxe dans l'un des meilleurs restaurants de Monaco, quelques jours après son rachat par BNP-Paribas.

  Après le très cher séminaire d'AIG, le cas Fortis. Sauvée en urgence par l'état belge et à peine rachetée par BNP-Paribas, la branche assurances de Fortis a invité 50 personnes à un « événement culinaire » dans l'un des restaurants les plus chers de Monaco : le Louis XV. On compte parmi les convives, essentiellement des courtiers externes et quelques membres de la direction. Coût de l'opération : 150.000 euros, révèle le quotidien belge De Morgen. Une bagatelle pour un groupe au bord de la faillite, il y a encore quelques semaines.

Selon le guide Lonely Planet, le Louis XV, restaurant de l'Hôtel de Paris Monte-Carlo, abrite l'une des plus prestigieuses cave de vins au monde, avec quelque 250.000 bouteilles dont certaines parmi les plus chères du marché. La moyenne d'un repas y atteint environ 300 euros et une chambre 1000 euros. Sans compter les billets d'avion et autres frais de voyage.

A la mi-septembre, l'assureur américain AIG avait organisé un séminaire dans un hôtel de luxe californien avec cure et remise en forme, pour 440.000 dollars, une semaine seulement après son sauvetage par les autorités américaines. Le groupe s'est défendu en expliquant que ces dépenses, prévues depuis des mois, entraient dans le cadre d'opérations commerciales habituelles dans le secteur de l'assurance. Il expliquait également, que le séjour a été offert à des courtiers indépendants, et non à ses dirigeants. Plusieurs parlementaires américains s'étaient émus des sommes engagées dans le complexe hôtelier californien.

Fortis Assurances, de son côté, se dit « bien conscient de la sensibilité du grand public sur la crise financière »..

Aurélia Vertaldi (lefigaro.fr) avec AFP
10/10/2008

 

AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable

AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable

Le 17 septembre dernier, la banque centrale américaine sauve de la faillite AIG, le premier assureur du pays, en lui accordant un prêt de 85 milliards d'euros en échange de 79,9 % des parts de la société. Un renflouement réalisé grâce à l'argent du contribuable, au grand dam des citoyens, furieux de voir leurs impôts servir au sauvetage des institutions financières imprudentes.

À peine une semaine plus tard, certains dirigeants d'AIG n'ont rien trouvé de mieux que d'utiliser cet argent pour se payer une retraite, du 24 au 28 septembre, dans un complexe luxueux de Californie, le St Regis de Monarch Beach. Facture de ce séminaire luxueux : 443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme", selon le démocrate américain Henry Waxman auditionné par la commission de la transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.

 

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Faut-il sauver les banquiers ?

Par Thomas Piketty


 La crise financière va-t-elle conduire à un retour en force de l’Etat sur la scène économique et sociale ? Il est trop tôt pour le dire. Au moins est-il utile de dissiper quelques malentendus et de préciser les termes du débat. Les sauvetages de banques et les réformes du système de régulation financière orchestrés par le gouvernement américain ne constituent en soi pas un tournant historique. La rapidité et le pragmatisme avec lesquels le Trésor américain et la Federal Reserve adaptent chaque jour leur doctrine et se lancent dans des nationalisations temporaires de pans entiers du système financier sont certes impressionnants. Et même s’il faudra du temps pour connaître le coût final net pour le contribuable, il est possible que l’ampleur des interventions en cours dépasse les niveaux atteints dans le passé. On parle maintenant de montants compris entre 700 et 1 400 milliards de dollars, soit entre 5 et 10 points de PIB américain, alors que la débâcle des Savings and Loans des années 80 avait coûté environ 2,5 points de PIB.
 

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JOSEPH E. STIGLITZ

La fin du néolibéralisme 
 

JOSEPH E. STIGLITZ Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.

Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.

Même si les néolibéraux se refusent à l'admettre, leur idéologie a échoué aussi à l'égard d'un autre critère, celui de l'allocation des ressources, comme à la fin des années 1990 avec les investissements consacrés à la fibre optique. Cette erreur a eu au moins un avantage inattendu : le coût des communications a baissé et l'Inde et la Chine se sont intégrées plus avant dans l'économie mondiale.

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Mille milliards de dollars pour des fonds pourris

Les Etats-Unis vont racheter aux banques leurs actifs invendables.

par Nicolas Cori

 Mille? Deux mille milliards ? La somme est encore inconnue, mais c’est un plan d’une ampleur exceptionnelle que le gouvernement américain prépare pour sauver le système financier. Vendredi après-midi, George Bush et son secrétaire au Trésor Henry Paulson ont confirmé qu’ils étaient prêts à dépenser «des centaines de milliards de dollars du contribuable» afin de mettre en place un mécanisme permettant aux investisseurs (banques, assurances, fonds…) de se débarrasser de leurs actifs «toxiques». C’est-à-dire de tous les produits financiers structurés à base ou non de subprimes devenus invendables depuis le début de la crise.
Revirement. «Nous sommes à un moment crucial pour l’économie de l’Amérique, a déclaré Bush depuis la Maison Blanche. Etant donnée la précarité de la situation sur les marchés financiers et leur importance vitale pour la vie quotidienne des Américains, l’intervention du gouvernement n’est pas seulement nécessaire, elle est essentielle.» Un revirement complet par rapport aux convictions libérales de son administration.

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Il est urgent de rompre avec l'emprise de la finance

Les régulations traditionnelles n'ont pas résisté à la crise financière. Il faut s'attaquer à la racine du mal

Depuis que la crise immobilière des subprimes a éclaté aux Etats-Unis il y a plus d'un an, pour atteindre les principales banques et autres fonds de placement, beaucoup se sont demandé comment la contenir. Aujourd'hui, les nouvelles faillites de Lehman Brothers et de Merril Lynch montrent, s'il était besoin, que cette question est doublement dépassée.

Deux digues, en effet, ont été rompues. D'abord, en raison de la globalisation du capital, ce ne sont pas seulement les institutions financières américaines qui ont été touchées, mais une bonne partie de celles du monde entier, tellement la circulation des titres hypothécaires avait été grande. Ensuite, déjouant les pronostics de nombreux experts qui se voulaient rassurants, la crise bancaire et financière a franchi la barrière de l'économie réelle puisque l'économie américaine et celle de l'Europe sont au bord de la récession (- 0,3 % pour le PIB français au deuxième trimestre, - 0,5 % en Allemagne et - 0,2 % dans la zone euro) et que, au niveau mondial, le ralentissement de la croissance est désormais certain.

La raréfaction du crédit consécutive à la fragilisation de nombreuses banques a conduit les banques centrales, notamment la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne (BCE), à injecter des centaines de milliards de dollars et d'euros et, pour la première à réduire son taux directeur, mais cela n'a suffi ni à sauver la mise de certaines institutions financières ni surtout à éviter que l'économie productive soit gangrenée.

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L'industrie agroalimentaire use de procédés pour camoufler les hausses de prix, selon "60 millions de consommateurs"

Certains industriels du secteur agro-alimentaire ont recours à différents procédés comme les changements d'emballage, la modification de recettes ou la diminution de la quantité des produits pour camoufler des "hausses de prix", selon une enquête du mensuel "60 millions de consommateurs" à paraître jeudi et que "conteste formellement" Jean-René Buisson, le président de l'Association nationale des industries alimentaires.

La technique "la plus fréquente" consiste à "diminuer la quantité du produit contenu dans l'emballage", affirme "60 millions de consommateurs", dénonçant ainsi une "inflation masquée". Le magazine donne l'exemple du fromage blanc Jockey, de la marque Danone: vendu auparavant en pot de 1kg, il ne contient désormais plus que 850g.

Dans la même marque, les pots de crème dessert pèsent 125g en packs de quatre, mais seulement 115g lorsqu'on les achète par douze ou seize, selon l'article, qui cite aussi les paquets de gâteaux Prince de Lu, passés de 380g avant l'été à 300g aujourd'hui.

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1) Comment est née la crise financière ?

La crise toujoursC'est du petit marché des subprimes, du nom de ces crédits hypothécaires américains risqués, que tout est parti. Parce que des banquiers ont octroyé des crédits immobiliers à des ménages aux revenus très modestes peu solvables en calculant leur capacité d'emprunt sur la valeur de la maison achetée. Tant que les prix immobiliers progressaient ce système fonctionnait. Mais lorsque l'immobilier a commencé à se replier aux Etats-Unis en 2007, l'effet pervers de cette mécanique s'est enclenché. Les ménages n'ont plus été capables de rembourser leurs emprunts, et les établissements de crédit qui les avait accordés se sont effondrés. La crise s'est ensuite diffusée à tout le système financier par le canal de la titrisation, cette technique née dans les années 1970 consistant à transformer des prêts bancaires en obligations achetées par les investisseurs du monde entier.

La crise est, d'une manière plus générale encore, la conséquence des excès observés sur le marché du crédit aux Etats-Unis. Dans les années 1990, la politique monétaire très souple - c'est-à-dire des taux d'intérêt très bas, rendant le crédit très peu cher - menée par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, avait conduit à la formation d'une bulle spéculative à la Bourse de New York, notamment sur les valeurs Internet. Celle-ci avait fini par éclater au printemps de l'année 2000.

Après ce krach, la politique monétaire de la Fed a de nouveau été assouplie pour permettre à l'économie américaine de se relever. Après les attentats du 11 septembre 2001, les taux d'intérêt ont même été abaissés à 1 %. Cette réduction du coût de l'argent a certes permis de stimuler la consommation des ménages américains, leurs achats de logements et les investissements des entreprises. Mais elle a aussi permis aux financiers de multiplier les mécanismes d'emprunts de plus en plus sophistiqués et de plus en plus audacieux. "Les crédits ont agi comme des stéroïdes pour doper la croissance américaine. Mais il y a eu overdose. L'Amérique est aujourd'hui en cure de désintoxication", explique Joseph Stiglitz, économiste, Prix Nobel d'économie en 2001.

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Pour un nouveau New Deal
Paul Krugman propose une lecture résolument politique de la question sociale aux Etats-Unis

Lenew deal  Les traductions imposent parfois des changements de titre significatifs. Si celui de l'essai de l'économiste Paul Krugman avait été traduit fidèlement, il se serait intitulé La Conscience d'un libéral. Tout indique que l'éditeur a craint des malentendus. C'est que, en France, quiconque se dit " libéral " a de fortes chances d'être aussitôt catalogué comme un idéologue du libre-échange et un adversaire résolu de l'Etat-providence. Comme Krugman défend des positions aux antipodes de ce libéralisme-là, l'éditeur a préféré annoncer la publication du livre sous le titre La Conscience d'un démocrate, avant d'opter pour L'Amérique que nous voulons.

Pourtant, on sait que, aux Etats-Unis, un " libéral " se situe " à gauche " : " Quand les Américains disent de quelqu'un "il est libéral", notait Raymond Aron en 1959, en gros, ils veulent dire que ce quelqu'un est plutôt du côté de l'égalité des races, plutôt du côté de l'égalité sociale, plutôt contre le grand capitalisme, plutôt pour les réformes. " Surtout, ce " quelqu'un " se réclame de l'expérience du New Deal de Franklin D. Roosevelt (1882-1945), marquée par le choix d'affronter la Grande Dépression économique des années 1930 à travers une politique d'intervention des pouvoirs publics destinée à corriger les mécanismes du marché et à garantir une distribution plus égale des richesses.

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Inflation record au Zimbabwe : 11,2 millions de pourcent sur un an

 Rien n'arrête l'explosion de la montée des prix au Zimbabwe, qui a établi un record mondial en juin à 11,2 million de pourcent sur un an. En cause selon les spécialistes : la réforme agraire de 2000, lancée par Mugabe.

Le taux annuel d'inflation au Zimbabwe poursuit sa flambée aussi incroyable que catastrophique, en atteignant un nouveau record mondial de 11,2 millions de pour cent en juin, selon l'Office central des statistiques (CSO), cité mardi 19 août par le quotidien d'Etat The Herald.
"Le taux annuel d'inflation s'est élevé à 11,2 millions de pourcent en juin", peut-on lire dans le journal qui cite le CSO.
Le précédent record datait du moi précédent, les dernières statistiques faisant état d'une inflation de 2,2 millions de pour cent en mai. Cependant, ce taux avait été mis en cause par les analystes qui estimaient que les chiffres officiels restaient encore sous-estimés.
L'économie du Zimbabwe est en ruine. Outre cette hyperinflation, le taux de chômage approche les 80%, la production s'effondre, provoquant des pénuries récurrentes.
Chaque jour, les prix grimpent de 30 à 40% dans ce pays d'Afrique australe, quatre habitants sur cinq vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

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Les Français ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus

  Malgré la baisse du pouvoir d'achat, 79% des salariés préfèrent profiter de leurs RTT plutôt que les faire racheter par leur entreprise. C'est ce que révèle un sondage publié lundi.
Plus des trois quarts des salariés n'envisagent pas de faire racheter des jours de RTT cette année, contre 11% qui pensent faire usage de cette possibilité créée en février par le gouvernement, selon un sondage LH2/Les Echos/L'Institut de l'entreprise, publié lundi.

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Au Venezuela, la révolution est en marche, mais pas l'économie, malgré la manne pétrolière

Chavez et Castro

   Relancer la production ", affirmait une banderole, mercredi 11 juin, derrière le président vénézuélien Hugo Chavez au moment où celui-ci annonçait des mesures visant à atteindre cet objectif. " L'investissement, c'est le Venezuela ", proclamait un autre slogan. On aurait pu en ajouter un troisième : il est urgent de contenir l'inflation.

Produire plus, investir et freiner la hausse des prix sont les trois priorités économiques actuelles du socialisme vénézuélien. En dépit du boom pétrolier, qui va rapporter environ 75 milliards de dollars (48,9 milliards d'euros) en 2007 - le pays est le 10e producteur mondial de brut -, la croissance a décliné.

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La crise financière s'apaise mais la crise économique s'aggrave

Crise economique et financière

  L'économie américaine va mal. Les dégâts de la crise financière, provoqués par l'effondrement des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, sont visibles. Mardi 29 avril, le président des Etats-Unis, George W. Bush, a affirmé que l'activité économique était " très lente " et estimé que cela se refléterait dans les chiffres de la croissance du premier trimestre publiés mercredi.

Ces chiffres appartiennent-ils déjà au passé ? Sur les marchés règne le sentiment que le pire de la crise financière est peut-être passé. Que les subprimes, qui ont suscité une véritable psychose chez les investisseurs de part et d'autre de l'Atlantique, seront, bientôt, un mauvais souvenir.

Pour preuve, la Bourse qui a atteint des plus bas entre janvier et mars, aux Etats-Unis comme en Europe, se stabilise. Le dollar, qui avait plongé à des niveaux historiques face aux principales devises, en particulier face à l'euro, se redresse. Le billet vert, qui s'est échangé jusqu'à 1,60 euro le 22 avril, est remonté à 1,55 euro. La quasi-totalité des analystes interrogés par l'agence Bloomberg présagent désormais que la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a réduit de manière agressive ses taux pour contrer la crise, annoncera, mercredi soir, une nouvelle baisse de 0,25 point, portant le loyer de l'argent de 2,25 % à 2 %. Mais celle-ci devrait être la dernière avant un certain temps. " C'est encore un peu hésitant mais l'on commence à penser à un scénario de sortie de crise. Et si tel est le cas, la Fed n'a plus de raison de baisser ses taux ", explique Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven.

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La nouvelle donne alimentaire mondiale

Robert B. Zoellick,
Président de la Banque mondiale

  La crise présente fournit l'occasion de transformer la hausse de la demande en nourriture en opportunité de progrès.

Ces images troublantes devraient pousser à l'action la communauté internationale : émeutes en Haïti,  manifestations en Egypte, violences dans de nombreux autres pays, toutes provoquées par la hausse des prix des denrées alimentaires. Selon les estimations du groupe de la Banque mondiale, le doublement des prix alimentaires sur les trois dernières années pourrait aggraver la situation de pauvreté que vivent 100 millions de personnes dans les pays à faibles revenus. Et il ne s'agit pas d'un problème passager : réalités démographiques, évolution des comportements alimentaires, prix de l'énergie, culture des biocarburants et changements climatiques, laissent craindre une hausse durable des prix alimentaires.

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Sylvie Brunel professeur des universités à Paris-Sorbonne, ancienne présidente d’Action contre la faim.

 

    Il a suffi d’une baisse conjoncturelle de production de 10 %, liée à de mauvaises récoltes dans les grands pays producteurs de l’hémisphère Nord et en Australie, pour que le monde s’affole : nous courons à la famine !

Pourtant, cette flambée s’explique d’abord pour des raisons spéculatives et des achats de précaution : peur de manquer, volonté de certains grands pays exportateurs, comme la Thaïlande et le Vietnam de réserver leur production à leur marché interne, opérations boursières se sont conjuguées pour créer l’illusion d’une pénurie mondiale. Pourtant, si de tels emballements des cours se sont déjà produits par le passé, en 1973-1974 ou en 1996-1997, ils mettent aujourd’hui en évidence l’extrême vulnérabilité et la dépendance de nombreux pays en développement à l’égard de leurs importations alimentaires. Au moment de la crise de la dette, la plupart d’entre eux ont fait le choix, sous la pression des institutions financières internationales, d’ouvrir leurs frontières et de nourrir les citadins grâce aux marchés mondiaux. La surproduction dans les pays du Nord, liée aux sommes investies dans l’agriculture, avait créé un excédent de denrées alimentaires qu’Europe et Etats-Unis ont pris l’habitude d’exporter. Le prix mondial du blé, du maïs, du riz s’est ainsi établi au niveau du producteur le plus compétitif, d’autant plus compétitif que les subventions à l’exportation puis, quand l’OMC les a interdites, les aides directes au revenu agricole ont tiré à la baisse les cours mondiaux, sans relation aucune avec les coûts de production réels.

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La réintroduction de poissons dans le lac Azueï redonne espoir aux pêcheurs haïtiens

le lac Azueï

   Les 248 habitants de Madan Belizè font partie de cette majorité des Haïtiens qui survit dans l'extrême pauvreté. Au bout d'une piste rocailleuse, au milieu de cactus et de massifs d'épineux, les masures en torchis sont éparpillées en bordure du lac Azueï, appelé aussi étang saumâtre, à la frontière de la République dominicaine. Longtemps, les habitants se sont nourris des poissons du lac. Cette ressource s'est épuisée, et les villages du bord du lac n'ont survécu que de l'élevage de quelques chèvres.

Depuis quelques mois, l'espoir renaît à Madan Belizè. Grâce à la ténacité de Patrick Vilaire, un sculpteur qui multiplie les programmes de développement dans les communautés pauvres, et à l'expertise de Valentin Adé, un Ivoirien émigré en Haïti après un doctorat en pisciculture à l'université Auburn (Alabama, Etats-Unis). Avec un financement de la coopération française, 250 000 euros, les deux hommes ont créé une ferme piscicole, qui produit des alevins pour les pêcheurs du lac Azueï. Ces alevins, d'une trentaine de grammes lorsqu'ils sont plongés dans des cages en plastique dans les eaux du lac, sont le fruit d'un croisement hautement symbolique entre des spécimens venus d'Egypte et d'Israël.

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Une entreprise condamnée pour avoir licencié un salarié qui voulait changer de sexe


Interdits de changement de sexe? Une entreprise basée à Montpellier (Hérault) a été condamnée lundi par le conseil des prud'hommes local pour avoir licencié un salarié ayant annoncé sa volonté de devenir transexuel. La société multimédia Kaliop devra verser 25.000 euros de dommages et intérêts à cet employé prénommé Baptiste avant de devenir Clarisse, ainsi que 32.440 euros de rappel de salaires. Néanmoins, la société a décidé de faire appel de ce jugement, a annoncé son avocat, Me Michel Pierchon.

En juin 2005, Baptiste, marié et père de famille, avait été embauché par la société Kaliop en tant que directeur administratif. 15 mois plus tard, après avoir annoncé à ses collègues et à sa direction qu'il souhaitait changer de sexe, il était licencié pour "manquements professionnels". Mais pour celui qui est devenu Clarisse, les motifs de son licenciement s'expliquent par son changement de sexe.

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Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse

 

  Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas |. Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.

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Les femmes, un levier économique sacrifié dans les pays en développement

 

En ne permettant pas aux jeunes filles de suivre une scolarisation régulière, l'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne pénalisent leur croissance à court et long termes

Femmes du tiers-monde  Les femmes nées en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne grandissent dans des régions en proie à la pauvreté, la maladie, la guerre ou la famine. Et elles doivent faire face à ces problèmes avec l'inconvénient majeur... d'être des femmes. Même si de nos jours les questions d'appartenance sexuelle font l'objet de plus d'attention, les inégalités persistent. Nombre de filles des pays pauvres continuent ainsi de se voir refuser l'accès à une éducation élémentaire. Dans le monde, trois enfants analphabètes sur cinq sont des filles. Notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, les normes culturelles et la détresse économique empêchent les parents d'envoyer leurs filles à l'école ou de les y laisser, s'ils doivent y inscrire leurs fils. La solution la plus évidente consisterait à construire plus d'écoles dans les lieux où les filles et les garçons sont instruits séparément. Dans les pays musulmans comme le Pakistan, le Yémen et le Maroc, les écoles séparées sont, en effet, la norme. Or, nombre de zones rurales ne peuvent se permettre qu'une seule école publique, généralement de garçons. En théorie, près de la moitié des disparités en matière d'éducation dans ces zones pourrait être gommée par la construction d'écoles de filles. Partout ailleurs, ce n'est pas le manque de moyens qui pose problème. Les responsables politiques doivent plutôt trouver comment renforcer les mesures visant à inciter les parents à envoyer leurs filles à l'école. Dans les pays où les frais de scolarité des filles sont réduits, grâce à une politique de gratuité ou de bourses, leur taux de scolarisation augmente.

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Le chômage et les petits chefs

Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la révolution ça consiste à prendre la place des blancs et continuer en lieu et place, je veux dire sur le dos des nègres, à faire le blanc.

Césaire, La tragédie du roi Christophe

par Edouard De Lépine
 

    Il y a sans doute de plus grands malheurs que le chômage pour des gens qui peuvent travailler. Personne ne croit qu’il existe dans notre pays de solution miracle qui permette de résoudre ce problème dans des délais prévisibles. C’est dire qu’aucun chômeur martiniquais conscient ne se fait d’illusion. Mais il y en a qui n’en dorment pas. Parmi les femmes notamment. Elles se battent tous les jours pour en sortir. Elles dépensent certaines semaines plus que les ASSEDIC ne leur versent d’indemnité. Elles cherchent depuis 7 mois, de Dillon à Terres Sainville, en passant Redoute et Chateauboeuf, un local pour exercer un métier qu’elles connaissent, qu’elles ont pratiqué pendant vingt ans pour la plus grande satisfaction de leur clientèle et…de leur employeur. Ou elles n’en trouvent pas. Ou les prix sont exorbitants.

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Les revenus des patrons du CAC 40 ont bondi de 58% en 2007

  Attention, les rémunérations ici révélées sont susceptibles de heurter la sensibilité d’un public non averti. Les revenus encaissés en 2007 par les patrons des 40 plus grandes entreprises françaises ont augmenté… de 58 %. Une hausse ébouriffante, indécente pour certains, obtenue par l’addition de toutes leurs rémunérations.

Pour la première fois, L’Expansion a cumulé le salaire de base, le bonus, le gain encaissé sur les stock-options, les dividendes perçus et même les jetons de présence dans les autres grands conseils d’administration. En bas de cette longue colonne de chiffres, un total record pour les 40 patrons : 161 millions d’euros en 2007, contre 102 millions en 2006. Le gain moyen par tête atteint 4 millions et provient pour une part des profits réalisés en levant leurs stock-options. Les trois premiers du CAC 40 en ont tiré l’essentiel de leurs revenus en 2007 : Pierre Verluca (Vallourec) avec 18 millions d’euros, Gérard Mestrallet (Suez) avec 15 millions et Xavier Huillard (Vinci) avec 13 millions.

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"Il faut aller plus loin dans la réduction du temps de travail"

Propos recueillis par Thomas Bronnec

Vive les 35 heures et moins encore    Dix ans après le vote de la première loi Aubry, plus personne ne s’aventure à défendre la poursuite de la réduction du temps de travail... sauf Pierre Larrouturou, délégué national Europe du Parti socialiste. Entretien anti-pensée unique avec un apôtre des 32 heures, auteur de Pour en finir avec Sarkozy, à paraître le 22 mai aux Editions du Rocher.

Quel bilan faites-vous des lois Aubry?
La première loi était équilibrée. Pour bénéficier des allègements de charges, les entreprise devaient baisser le temps de travail de 10% et créer 6% d'emplois supplémentaires. Malheureusement, elle a concerné très peu d'entreprises. La plupart ont signé des accords de RTT à la suite de la deuxième loi Aubry, qui était beaucoup plus ambiguë. Elle autorisait les heures supplémentaires et permettait la modification de la définition du temps de travail : chez Michelin par exemple, les dix minutes pour se doucher ont tout à coup été sortie du temps de travail et assimilées à de la RTT. Il y a eu 350.000 emplois créés, d'après l'Insee, mais cela aurait dû être beaucoup plus efficace. Quand la gauche a quitté le pouvoir en 2002, la baisse réelle du temps de travail était de 4% seulement – alors qu'un véritable passage de 39 à 35 heures aurait dû logiquement aboutir à 10%.

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Douze pays sud-américains lancent l'Unasur

 par  RFI

Création de l'UNASUR   Les dirigeants d'Amérique du Sud ont officiellement donné naissance vendredi à Brasilia à l'Unasur, l'Union des nations sud-américaines. Cette organisation régionale, qui prend pour modèle l'Union européenne, regroupe les 12 pays de la région : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le Venezuela. L'Unasur constitue un ensemble de 388 millions d'habitants. Mais ses ambitions risquent de se heurter aux rivalités politiques entre plusieurs Etats.

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Market  Quelle est l'origine des crises financières ? Un fait simple et qui peut se résumer ainsi : on joue plus facilement avec l'argent des autres qu'avec le sien. Un intermédiaire financier peut se dire en effet : si je gagne, mes bénéfices seront proportionnés au volume des affaires que j'ai engagées. Si je perds, on me licenciera et peut-être perdrai-je aussi ma réputation. C'est une perte lourde, mais qui ne sera jamais proportionnelle à celles que j'ai fait subir à ceux dont j'ai géré l'argent. Une asymétrie est ainsi créée entre les gains et les pertes, qui pousse à l'audace. Passé un certain seuil de risques, l'investisseur qui joue l'argent des autres ignore le danger. Plus il joue, plus il peut gagner, sans alourdir sa perte potentielle.

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Vol de charognards  Comme tous les matins à 10 heures précises, un attroupement se forme devant les grilles du palais de justice, une bâtisse anonyme du centre de San José. Debout en plein vent, une douzaine d'hommes en blue-jeans ou en survêtement, deux femmes en tailleur strict et un jeune couple d'Asiatiques endimanchés consultent des listes d'adresses et des plans de la ville tout en bavardant. Ils attendent l'arrivée des commissaires-priseurs, qui vont vendre aux enchères des maisons dont les propriétaires ne peuvent plus rembourser leurs prêts bancaires, car les taux d'intérêt ont brutalement augmenté.

Par tradition, en Californie, les reventes de maisons saisies se font en pleine rue, afin que n'importe qui puisse y participer sans formalités. Depuis le déclenchement de la crise des subprimes (prêts hypothécaires à taux variable), ces enchères ont lieu quatre ou cinq fois par jour dans chaque grande ville de l'Etat.

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Alimentation mondiale : "On paye vingt ans d'erreurs"

Le nouveau rapporteur de l'ONU dénonce la carence des organismes internationaux

Marché de port-au-Prince

Des sacs de riz et de haricots sur un marché de Port-au-Prince (Haïti). La hausse massive des prix alimentaires entraîne de violentes manifestations dans l'île. Crédits photo : AP

  L'ère de la nourriture à bas prix est derrière nous. On paye vingt années d'ereurs ", affirme le nouveau rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter.

Dans une interview au Monde, l'universitaire belge, ancien secrétaire général de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH), n'y va pas de main morte. Prise de court par les émeutes de la faim qui ont touché différents pays tant en Afrique, en Asie que dans les Caraïbes, la communauté internationale est " inexcusable ", car nombre de spécialistes, affirme-t-il, " criaient dans le désert depuis des années pour qu'on soutienne l'agriculture dans les pays en développement ".

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Qui sème le biodiesel ne récolte plus de riz

Sylvie Kauffmann

  Dans son immense dénuement, la Birmanie avait malgré tout réussi à assurer son autosuffisance en riz, aliment de base dans ce pays, grâce à la production des rizières du delta de l'Irrawaddy. En submergeant le " grenier à riz " des Birmans, le cyclone Nargis a tout anéanti. La FAO, l'organisation mondiale de l'alimentation, estime à 80 % la proportion de récoltes détruites. Il va falloir importer. Au drame humain s'ajoute un désastre agricole, qui va provoquer une pression supplémentaire sur le marché mondial du riz, très agité depuis plusieurs mois.

Avant l'arrivée de la dictature militaire et le lancement de " la voie birmane vers le socialisme ", en 1962, la Birmanie avait été le premier exportateur mondial de riz. Puis le pays s'est enfoncé dans la misère et, ces dernières années, le sort des agriculteurs a été encore compliqué par une innovation du régime : remplacer par endroits, de manière parfaitement décousue selon des humanitaires sur place, la culture du riz par celle d'une plante non comestible qui permet de produire un biodiesel, le jatropha, sans tenir compte des propriétés de la terre ni des capacités des cultivateurs à transformer le jatropha. La catastrophe birmane rappelle jusqu'à la caricature le dilemme qui apparaît de plus en plus crûment aux pays en développement ou émergents. Faut-il donner la priorité à la protection de l'environnement ou au nombre de bouches à nourrir ?

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«Gouverner c'est faire croire»: Machiavel le disait, Sarkozy l'a entendu

    Discours du Président devant le Congrès, flou sur le contrôle des nominations du Parlement, abandon des mesures concernant la limitation des cumuls des mandats: Marie-Anne Cohendet, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I, décrypte les faux semblants du projet de révision institutionnelle.«De très nombreuses dispositions de ce projet laissent planer la plus grande incertitude en renvoyant à une future loi organique ou aux règlements des assemblées, explique-t-elle. On demande donc aux membres du Congrès de voter les yeux fermés ». Voir ici la première partie de son analyse consacrée au pouvoir du Président en matière de défense nationale.

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L’aboulie des démocraties occidentales devant la Chine

André Glucksmann, philosophe.

 

André Glucksmann, philosophe.    L’approche des Jeux olympiques accentue l’aboulie mentale des démocraties occidentales. Face aux puissances ex-communistes, l’incohérence domine, les diplomates ne savent pas à qui ils s’adressent, ni les experts de quels régimes ils parlent. La brutale répression des moines et des civils laïcs au Tibet a choqué l’opinion mondiale, mais accélère la danse du ventre de nos élites devant les autorités chinoises. Ira ? Ira pas ? Beaucoup de leaders découvrent soudain un agenda trop chargé pour se rendre à l’inauguration solennelle des JO. Cependant seuls quelques responsables - polonais, tchèques, bulgares… - osent proclamer qu’ils boycottent cette ouverture politico-planétaire qui couronne un régime bafouant les droits de l’homme. Majoritairement, l’hypocrisie domine et les plates «excuses» multipliées par la France n’honorent personne : entre le respect entourant la torche olympique et celui dû aux assassinés et aux torturés de Lhassa, les Parisiens ont choisi, quitte à prendre au dépourvu la diplomatie locale et mondiale.

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Fausses querelles,
vrais problèmes

par Edouard de Lépine

Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique 25 mars- 04 juin 1848   Faut-il opposer le 22 mai au 27 avril comme on tend à le faire depuis une trentaine d'années, après avoir, il est vrai, outrageusement privilégié le 27 avril par rapport au soulèvement du 22 mai qui a conduit à l'abolition anticipée de l'esclavage à la Martinique et à la Guadeloupe ? S'il est vrai que c'est la France qui a introduit l'esclavage dans ses colonies et qu'il n'y a pas lieu de se confondre en actions de grâce pour la remercier d'avoir aboli ce qu'elle avait établi, rien ne nous oblige à donner raison à ceux qui pensent qu'il " y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude ".

C'est dire combien il nous paraît ridicule de faire comme si la commémoration du 22 mai devait supprimer la reconnaissance du 27 avril. Il n'est pas seulement ridicule, il est absurde d'ignorer ou de minimiser l'une ou l'autre de ces deux dates dans notre histoire. La commémoration du cent cinquantième anniversaire de l'abolition peut être l'occasion d'une réévaluation des apports réciproques du mouvement abolitionniste en France et de l'opposition anti-esclavagiste aux colonies, dans toutes les colonies et pas seulement à la Martinique. Elle ne doit en aucun cas être un prétexte à une mutilation de notre histoire.
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