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 L’illusion de l’essence moins chère.

 

 

Beaucoup d’entre nous à la Martinique espèrent pouvoir TOUJOURS payer le carburant automobile au coût actuel sans jamais se demander si cela est réellement possible.

DECLIC972, s’interroge d’abord sur la possibilité que les autorités ont eu à ramener le coût de l’essence à ce niveau dans les trois Départements Français d’Amérique après la mobilisation des populations. Aujourd’hui, la seule Secrétaire d’Etat annonce déjà la remontée du coût des carburants s’appuyant, semble-t-il, sur un document SARA montrant les pertes de cette entreprise qui doit bénéficier, de ce fait, de 44 millions de crédits budgétaires de la part de l’Etat. Cette même SARA devrait mieux jouer le jeu des fluctuations du prix du baril de pétrole surtout lorsqu’il est en baisse.

Que nous le voulions ou pas le prix du carburant ne peut qu’augmenter sauf en cas de « crise » dans les zones de (sur)production de pétrole ou de baisse du dollar. Néanmoins, pour nous à DECLIC972, il serait bienvenu que le coût des énergies domestiques, gaz et électricité, ne subissent de hausse que de façon modérée afin de ne pas mettre en péril le budget des ménages. Deux autres secteurs d’activités devraient nous amener à une réflexion réaliste afin de relativiser la répercussion de la hausse du coût du pétrole: les professionnels du transport de personnes et la pêche. Si la ressource pétrolière tend à diminuer, comme il nous est indiqué, le coût des carburants ne peut pas prendre la tendance à la baisse sauf si le « grand mensonge » de la raréfaction n’est distillé que pour mieux pomper la poche du citoyen martiniquais grand consommateur, malgré lui, d’automobile. Nos élus nationaux et européens devraient s’unir afin de convaincre l’Etat et l’Europe de concéder l’approvisionnement des DFA dans leur région naturelle puisque nous savons que Trinidad & Tobago peut produire un carburant aux normes européennes. Nous pourrions par ce biais profiter de tarifs moins élevés pour une émission de carbone moindre liée au transport du carburant.

Aujourd’hui, ce consommateur devrait s’interroger sur son engagement à tenter de faire autrement. Sans reprendre les nécessaires « incantations » officielles (covoiturage, véhicule de faible consommation, transport public même peu existant-…), DECLIC972 propose à chacun de s’interroger sur

  • la nature de ses déplacements et du montant qu’il devrait y investir en carburant pour les réaliser,

  • l’interpellation perpétuelle de nos décideurs publics afin de mettre en fonction un transport satisfaisant.

     

Le besoin absolu d’aller travailler ou en recherche d’emploi est incontournable et requiert des dispositifs particuliers sur l’élaboration d’un service de transport, à meilleur coût, pour les travailleurs, et d’un remboursement des frais de transports, sur justificatif, pour les personnes en recherche d’emploi. Que l’on ne nous dise pas comment mettre en place cela, la simple entreprise ou administration a une organisation de base qui devrait lui permettre avec le concours de l’autorité publique en charge de l’organisation des transports et de l’Etat de remplir cette tache sans grande difficulté. Par contre, pour les déplacements privés et individuels, chacun aura à assumer le coût généré ou devra utiliser les transports publics à développer. Et c’est là où nous devons nous engager. Le Gros-Morne a pu mettre en place le concept TRACEE qui dessert les quartiers de son territoire. La seule connexion avec les autres villes se fait par le réseau MOSAÏK sur la CACEM mais au-delà c’est le néant. Le reste du territoire est livré à l’utilisation du véhicule personnel d’où les sempiternels bouchons sur la N5 (axe Lamentin sud de la Martinique), la N2 vers le Nord Caraïbe et la N1 vers le Nord Atlantique. Plus que jamais, chacun doit interpeller les élus qui devraient s’atteler à une concentration d’efforts pour faciliter la circulation de la population de la Martinique. Que la peur de l’effondrement du secteur de l’automobile ne soit pas avancée comme raison de ne rien faire puisque les reconversions seront à la clé de ce changement de stratégie de transport. Et les retombées économiques, de bien-être personnel, de fonctionnement général et de bon vivre dans le pays Martinique seront plus profitables que d’apporter une seule réponse à un unique secteur d’activité. Le lobby automobile devrait prendre part à ce nouveau concept de relations humaines et géographique en investissant aussi dans les autres formes de transport public et dans de nouvelles formes de transport individuel moins polluant.

Le choix de continuer à utiliser les carburants d’origine fossile nous contraint à demeurer à la merci d’une matière première dont nous ne sommes pas producteurs mais pire dont nous n’aurons jamais la maitrise d’un coût fluctuant selon des intérêts économiques internationaux. Le jeu de la finance a suffisamment fait de dégâts dont le « ti sonson » est la victime directe pour que ce dernier continue à faire fonctionner un système qu’il ne pourra jamais réguler sauf s’il décide de consommer de façon raisonnée et lucide.

Une autre question est de savoir si nous acceptons d’inclure dans le prix de l’essence le coût des salaires de nos 1000 pompistes pour nos 96 stations ? Autrement nous devons nous demander ce que nous proposons comme solution d’emploi à ces travailleurs.

Enfin, les différentes taxes existantes et futures qui servent les intérêts des Administrations locales et nationales sont allègrement votées, ce qui augmente le coût du carburant à la pompe pour la « vache à lait » qu’est l’automobiliste martiniquais.

DECLIC972 invite chaque martiniquais a se poser les bonnes questions sur ses déplacements afin que son porte-monnaie n’en souffre au détriment de ses autres besoins et obligations de vie, même en cas d’augmentation du coût des carburants. Il y va de son choix d’être acteur de sa consommation et non « faux-doucineur » d’un système pernicieux qui le rend dépendant, « tèbè » ou « ababa » parce qu’il prend la direction qu’on lui montre plutôt que de choisir la bonne direction.

Fort de France, le 31/07/09

Jean-Georges VOISIN

 Président DECLIC972