Les
contre-vérités présidentielles
sont-elles volontaires?

par Georges
Uguex, banquier d'affaires
Il y avait dans la conférence de
presse du président Sarkozy plus
de substance que d'habitude.
Admettre la nécessité d'une
vraie austérité et le
surendettement de la France
n'était pas facile d'autant plus
qu'il refusait d'accepter qu'il
est responsable d'une hausse de
l'endettement d'environ 500
milliards d'euros, soit près de
50 %. S'il a admis avec sobriété
la gravité de la situation, il
n'a pas accepté les conséquences
de ce diagnostic et s'est dérobé
aux questions des journalistes
qui ont - en vain - essayé
d'extraire des décisions
concrètes et un calendrier.
Cet aspect positif ne permet
cependant pas de prendre des
libertés avec la vérité. J'ai
relevé une douzaine de
contre-vérités :
J'ai relevé
une douzaine de
contre-vérités :
- La dette
de la Grèce
n’est pas
passée de
240 à 120
milliards
d'euros,
mais de 340
à 330
milliards
d’euros.
L'amélioration
de 100
milliards de
la dette
grecque est
une fiction.
Il s'agit
d'un echange
d'obligations
grecques.
- Il n’y a
pas
d’effacement
de la dette
grecque,
mais un
effort des
banques
correspondant
à 16
milliards
d’euros,
soit 50 % de
leurs
encours.
- Les
banques
n’ont jamais
eu 200
milliards
d’obligations
grecques
mais 32 et,
si l'on
ajoute les
49 milliards
des banques
grecques qui
seront
nationalisées,
un total de
81. Les
banques
grecques ne
participent
pas a
l'effort
commun : ce
serait
provoquer
leur
faillite.
- L’euro
ne risquait
pas
d’exploser
mercredi
soir, la
Grèce
risquait le
défaut de
paiement. Il
ne faut pas
confonfre la
devise et
l'endettement.
- Cela n’a
pas coûté
100
milliards
aux banques,
mais 16
milliards,
non pas par
un abandon
de créances,
mais par un
étalement de
la dette sur
une période
de 30 ans.
- Il n’y
a aucune
connexion
entre cette
crise de
l’endettement
public et
celle de la
finance en
2008. Ici,
les
responsables
sont
politiques.
On se
demande
pourquoi les
sacrifices
des banques
ne sont pas
étendus au
secteur
public qui
détient,
lui, environ
160
milliards de
la dette
grecque.
- Les
banques
françaises
ne sont pas
les plus
fortes
d’Europe :
leur
notation a
baissé
récemment et
leur
fragilité
est
préoccupante.
- La
France n’est
pas le seul
pays au
monde qui
ait eu des
revenus de
ses avances
lors de la
crise :
c'est le cas
de la
plupart des
pays
prêteurs, et
principalement
des
Etats-Unis.
Toutes les
interventions
de la France
n’ont pas
encore été
restituées :
l'Etat
Francais a
investi
(sans droit
de vote)
dans la
BNP Paribas
à hauteur de
17 % de
son capital
et est
toujours
actionnaire.
Je fais
amende
honorable:
je croyais
que ce
capital
était
permanent
(s'agissant
d'actions).
Il a été en
effet
remboursé a
l'occasion
d'une
augmentation
de capital a
la fin 2009.
- Le
système de
sécurité
sociale en
France ne
peut
garantir les
paiements
des
avantages
sociaux à la
population :
il a besoin
de
contributions
budgétaires
chaque
année.
- La
hausse du
montant du
FESF ne se
fait pas
sans une
contribution
des Etats
membres
puisqu'ils
garantissent
les
emprunts.
Dans ce
contexte, le
quota de la
France
atteindrait
200
milliards
qui
alourdiront
l'endettement
de la
France.
- Le
président
chinois Hu
Jin Tao n'a
pas appelé
Nicolas
Sarkozy pour
exprimer son
désir de
participer
au FESF.
C'est le
Président
Sarkozy qui
a sollicité
l'intervention
de la Chine.
Ce genre de
contre-vérités
est à l'origine
de l'engouement
des Bourses sur
le secteur
bancaire. Une
fois l'euphorie
passée, le
soufflé va
retomber. Reste
la substance des
problèmes
auxquels il est
urgent de
s'atteler. La
prime de risque
(CDS) sur les
obligations
grecques à 5 ans
est de 35 %. Le
sommet n'a pas
passé le test de
la crédibilité.
C'est dommage.
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