Par Guillaume
Guichard
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«L'économie
mondiale est en
train de
connaître un
véritable
séisme». Les
économistes de
la banque HSBC
ne parlent pas
de la crise,
mais du profond
bouleversement
qui devrait
prendre place
d'ici 2050. A
savoir
l'irrésistible
montée en
puissance des
grands pays
émergents, Chine
et Inde en tête.
Deux rapports
ont été publiés
ces derniers
jours sur le
sujet. HSBC et,
d'autre part, la
société de
conseil et
d'audit
PricewaterhouseCooper
(PwC). Cette
dernière prédit
qu'ensemble, les
sept principaux
pays émergents,
(Chine, Russie,
Inde, Brésil,
Mexique,
Indonésie,
Turquie)
dépasseront
avant 2020 le
groupe des
économies du G7
(États-Unis,
Japon,
Allemagne,
Royaume-Uni,
France, Italie
et Canada). Et
ce, en mesurant
la richesse
produite en
parité de
pouvoir d'achat,
c'est-à-dire si
les taux de
change des
monnaies
reflétaient
parfaitement les
niveaux de vie.
En comparant
simplement les
produits
intérieurs bruts
(PIB), les pays
en voie de
développement
dépasseront les
pays développés
d'ici 2032,
selon PwC.
Richesse
multipliée par
trois
Les économistes
de la banque
britannique HSBC,
dans une note
publiée début
janvier,
arrivent aux
mêmes
conclusions, à
quelques
décennies près :
en 2050, 19 des
30 plus grandes
économies
mondiales seront
émergentes. Les
deux études
s'accordent
parfaitement sur
un point : les
Etats-Unis
perdront leur
première place
au profit de la
Chine. L'Inde,
ajoute HSBC, les
talonnera de
près. Au total,
la richesse
produite dans le
monde sera
multipliée par
trois.
La France, pour
sa part, devrait
reculer de la
8ème à la 11ème
place, derrière
le Mexique et le
Brésil, selon
PwC. «La
domination
notamment de la
Chine implique
un retour à la
situation
historique
existant avant
la Révolution
industrielle de
la fin des 18e
et 19e siècles»,
observe Bernard
Gainnier,
responsable du
développement
chez PwC. «Cette
révolution avait
été à l'origine
d'un transfert
du pouvoir
économique de
l'Asie vers
l'Europe et les
Etats-Unis.»
A la source des
mutations à
venir ces
quarante
prochaines
années: une
démographie
bouillonnante,
alliée à une
meilleure
éducation et à
une
démocratisation
des principaux
pays émergents,
énumèrent les
économistes de
HSBC.
D'ailleurs, «les
Etats-Unis et la
Grande-Bretagne,
grâce à des
meilleures
perspectives
démographiques,
réussiront avec
un certain
succès à
maintenir leur
rang»,
relèvent-ils.
«En revanche,
les petits pays
d'Europe riches
mais
vieillissants,
comme la Suisse,
les Pays-Bas ou
la Suède,
chuteront dans
le classement
mondial.»
«L'économie du
climat»
Guerres
militaires ou
commerciales,
retour du
protectionnisme,
épidémies…Les
auteurs des
études, chez
HSBC et chez PwC,
reconnaissent
que leurs
prédictions sont
entourées
d'incertitudes.
Le plus grand
défi ?
L'équilibre
écologique et
l'exploitation
de ressources de
plus en plus
rares. Dans ce
contexte,
«l'économie du
climat devrait
jouer un rôle
aussi important
que celle du
savoir durant le
siècle passé»,
estiment les
analystes de
HSBC.
«En 2050, le
séisme
économique n'en
sera qu'à son
commencement»,
avertissent
également ces
derniers. «Bien
qu'ayant été
multiplié par
sept en 40 ans,
le niveau de vie
d'un Chinois ne
représentera que
32% de celui
d'un Américain.»
Le potentiel de
croissance
restera encore
substantiel.