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Archives Economie politique 1

" L'Afrique est ruinée ? La Chine est preneuse "

Chine Afrique

  Le dernier acte de la mondialisation se joue loin des yeux occidentaux. Ses acteurs ? Des milliers de migrants chinois qui s'installent partout en Afrique pour construire, produire et commercer. Serge Michel et Michel Beuret, avec le photographe Paolo Woods, sont allés à leur rencontre. Nous publions des extraits du prologue de leur livre, qui paraît mardi 20 mai. La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, photographies de Paolo Woods. © Editions Grasset & Fasquelle, 2008.

" Ni hao, ni hao. " Nous marchions depuis dix minutes dans cette rue de Brazzaville quand une joyeuse pelote de petits Congolais s'est arrêtée de courir après un ballon pour nous saluer. Les Blancs, en Afrique, ont l'habitude des " hello mista ! ", des " salut toubab ! " ou des " Monsieur Monsieur ! ". Mais ces enfants, alignés et souriants au bord de la rue, ont enrichi le répertoire. Ils ont crié " ni hao, ni hao ", bonjour en chinois, avant de reprendre leur jeu. Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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Retraites : halte au rafistolage

Par Thomas Piketty

Retraites  En 2003, lorsque la réforme Fillon avait aligné la durée de cotisation du public sur celle du privé (quarante années pour une retraite à taux plein), le gouvernement avait obtenu l’accord d’une partie des partenaires sociaux, en particulier de la CFDT.

Pourtant, cinq années plus tard, personne ne veut entendre parler du passage de 40 à 41 années que le gouvernement entend imposer. Pourquoi la situation a-t-elle changé à ce point entre 2003 et 2008 ?

Tout d’abord, la réforme de 2003 reposait sur un principe d’équité entre public et privé, qui semblait à beaucoup un préalable indispensable pour un débat serein sur l’équilibre à long terme de notre système de retraite. Cette dimension d’équité était, en outre, renforcée par les avancées obtenues par la CFDT sur les carrières longues, avec la possibilité pour les salariés ayant commencé à travailler jeune de partir avant 60 ans, alors qu’auparavant ils se retrouvaient fréquemment à atteindre 44 ou 45 années de cotisations avant de pouvoir prendre leur retraite.

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Mauvais pain,
mauvais gouvernement !

Dans la France d'hier comme dans l'Afrique des émeutes de la faim aujourd'hui, cet aliment est assurément le plus politique

par Steven L. Kaplan

  Ce sera la semaine de la Fête du pain en France du 12 au 18 mai. Créée voilà douze ans pour aider la boulangerie artisanale à retrouver un moral ébranlé par la concurrence industrielle et par la chute ininterrompue de la consommation depuis 1900, et vouée à sensibiliser le public au retour promis du bon pain, la fête est la célébration d'un métier noble et d'un produit qui reste sui generis, malgré sa banalisation, dans le régime alimentaire quotidien.

Moment de liesse nostalgique d'une ère plus simple, la Fête du pain se nourrit de la forte charge symbolique, tant sacrée que profane, de cette denrée, qui, pour n'être plus de première nécessité, continue de tenir les Français dans leur imaginaire et leur inconscient collectif.

Comment donc rester indifférent à cette photo bouleversante (Le Monde du samedi 3 mai) d'un manifestant au Sénégal brandissant un pain sous une banderole appelant " Au secours, on a faim " ? Depuis plusieurs mois, des émeutes et des manifestations contre la cherté et la rareté du pain, des céréales, de l'huile et d'autres produits de base secouent une trentaine de pays, tant en Afrique qu'en Asie et en Amérique latine. Elles nous rappellent que le pain fut pendant des siècles un des grands protagonistes de la scène historique en France.

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Que faire contre la faim ?

La faim?Instabilité des prix et concurrence débridée sont responsables de la crise

 par Pierre Méhaignerie, Henri Nallet, Michel Rocard et Philippe Vasseur
anciens ministres de l'agriculture

 Les émeutes de la faim en Afrique, en Asie et en Amérique latine ont déclenché un mouvement de compassion dans l'opinion publique qui pousse les responsables de la communauté internationale à prendre des mesures d'urgence en faveur des populations les plus touchées. Mais l'émotion retombée, si des mesures plus radicales et structurelles ne sont pas prises, les drames auxquels nous assistons pourraient se reproduire, à une plus grande échelle encore, sous le simple effet de la croissance démographique et l'augmentation de la demande des pays émergents. La gravité potentielle de cette situation mérite qu'on cherche, au-delà de nos divergences politiques légitimes, des idées simples autour desquelles les responsables de la planète pourraient unir leurs efforts.

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Nantes n'oublie rien de son passé

La ville de Loire-Atlantique, ancien port négrier, assume son histoire mais ne veut pas porter à elle seule le poids de la traite esclavagiste.


Le Chateau des Ducs de Bretagne  La sortie de la gare de Nantes se dresse le château des ducs de Bretagne. Cette bâtisse, construite au XVe siècle, a assisté à l'expansion économique, sociale et urbaine de la ville. Lieu idéal pour conter son histoire. Tirant profit de sa position géographique, confluent de l'eau douce et de l'eau salée, la ville est devenue, dès le Moyen Âge, un port de commerce des blés, des vins et du sel. La dépression économique du XVIle siècle incite la capitale bretonne à rechercher une reconversion. Avec l'arrivée de Colbert et la création de la Compagnie des Indes, les navires nantais commencent leur traversée de l'Atlantique. Mais, très vite, le ministre du Commerce décide de centraliser le trafic sur le port de Lorient. En 1685 est édité le Code noir. A partir de cette parution, Nantes et l'arrière-pays vont concentrer leurs activités autour de la traite, jusqu'à devenir, au milieu du XVIlle siècle, le premier port négrier de France. Une activité parfaitement et clairement illustrée au Musée urbain de Nantes. Comme une transition sombre dans l'histoire économique de la ville, le couloir qui précède la salle 11, où les murs sont recouverts de grandes lattes de bois, comparables à la coque des navires, expose une version originale de ce fameux Code noir. Ce recueil d'une soixantaine d'articles, dont celui qui définit « les esclaves êtres meubles », légitime la traite négrière comme tout autre commerce.

 

 

"La traite des esclaves fut un maillon
du système capitaliste
"

Marcel Dorigny, historien de l'esclavage, montre comment cette pratique a fait émerger le préjugé de race, largement diffusé aux XIXe et XXe siècles sous forme «d'imageries racistes» par les puissances colonisatrices.

Quelles étaient les caractéristiques essentielles de la traite coloniale européenne ?

Marché aux esclavesMarcel Dorigny. Une des caractéristiques de la traite européenne est d'avoir duré moins longtemps que les autres. La traite intra-africaine dure depuis des temps immémoriaux. Elle continue à petite échelle aujourd'hui, en Mauritanie, au Soudan, par exemple... Quant à la traite orientale, à destination du monde arabo-musulman, on peut en dater le commencement au VIIe siècle, mais elle s'inscrit dans la continuité des traites romaines et byzantines. Et elle se poursuit d'une certaine façon aujourd'hui, à destination de certains pays du golfe Persique (Arabie saoudite, Émirats ... ). Mais si la traite européenne est plus courte dans le temps (environ trois siècles de « pratiques »), elle est aussi, d'une part, d'une ampleur beaucoup plus massive - aujourd'hui établie à environ 12 millions d'esclaves, alors que les chiffres oscillent de 7 à 15 millions pour la traite orientale - et, d'autre part, très concentrée dans le temps, puisque environ 93% des effectifs de cette traite ont été transportés vers les colonies des années 1740 aux années 1840-1850, soit à peine plus d'un siècle.

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L'exploitation des esclaves noirs : un système économique intégré

Esclavage en Mauritanie

Instaurant déjà une « mondialisation » de la force de travail, systématiquement utilisée dans la croissance du capitalisme, la traite transatlantique diffère des autres pratiques esclavagistes.

  L'esclavage a existé depuis des temps très anciens. Il est attesté en Europe jusqu'à la fin du Moyen Age. Pendant longtemps, l'esclave n'a pas été défini par sa couleur. Chez les Grecs anciens, pouvait être mis en esclavage tout « barbare » non grec, synonyme de non civilisé. Les Romains eurent des esclaves grecs, mais plus souvent venus des confins de Germanie, de Thrace ou du Proche-Orient. La plupart des esclaves étaient blancs (esclave vient de la région de Slavonie). Au Ve siècle av. JC, Aristote, inspiré par Platon qui avait fait des barbares les ennemis naturels des Grecs, préférait les non-Grecs comme esclaves, « car que certains aient à gouverner et d'autres à être gouvernés n'est pas seulement nécessaire, mais juste -, de naissance, certains sont destinés à la sujétion, d'autres non ».

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Une page blanche dans l'histoire de Bordeaux

La place de la Bourse, ancien marché aux esclaves à Bordeaux

Adossé à la Garonne, la ville conserve de nombreuses traces de trois siècles d'activité portuaire négrière. Une partie de son passé qu'elle a tardé a assumer officiellement.

La place de la Bourse, ancien marché aux esclaves à Bordeaux  Gare de Bordeaux. Les quais des grandes lignes déversent leurs cargaisons de voyageurs impatients. Dans le hall de la gare Saint-Jean, un panneau publicitaire anodin vante les mérites d'une célèbre anisette locale. Anodin ? Un pan de l'histoire bordelaise et de son activité dans le commerce triangulaire se cache pourtant derrière l'affiche Marie-Brizard. Selon la légende, la fille de tonnelier Marie Brizard aurait soigné en 1755 un marin antillais, qui en retour lui aurait divulgué le secret d'une liqueur d'anis. Marie Brizard fera fortune en important des Amériques les ingrédients de la recette et en commercialisant, le précieux breuvage.

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Pour une critique de l'utilitarisme

par Denis Collin
 

Utilité et intérêt

Prison à Rangoon Les théories utilitaristes dont Bentham, Mill et Sidgwick sont, traditionnellement et par méconnaissance philosophique, les représentants les plus connus ne doivent pas être confondues avec les théories de type hobbesien ou les théories du " rational choice ", bien qu'il y ait chez Hobbes une dimension utilitariste évidente – mais on pourrait aussi déceler cette dimension chez Spinoza et certaines formes d'utilitarisme ne sont pas complètement absentes de la pensée d'Aristote. peut-être même faut-il accepter cette remarque de J.S. Mill :

Tous les partisans de la morale a priori, pour peu qu'ils jugent nécessaire de présenter quelque argument, ne peuvent se dispenser d'avoir recours à des arguments utilitaristes.

D'emblée, chez Jeremy Bentham par exemple, l'utilitarisme prend un tour qui l'éloigne du calcul de l'intérêt hobbesien. Alors que chez Hobbes il s'agit de seulement de la survie – la première loi de nature est celle qui nous dicte de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver notre propre vie – l'utilitarisme pose au premier plan la question du bonheur. Il s'agit, en effet, de construire une " arithmétique des plaisirs " qui permette d'accorder " le bonheur au plus grand nombre ". Est utile ce qui augmente le bonheur de la communauté, mais à condition de ne pas oublier que la communauté est un " corps fictif " et que le bonheur doit donc être compris comme celui des individus membres de la communauté. Au lieu d'opposer l'intérêt commun au plaisir individuel, Bentham affirme que l'intérêt commun n'est pas autre chose que l'intérêt des individus et l'intérêt des individus est la maximisation de la somme des plaisirs ou " ce qui revient au même ", la minimisation de la somme des peines. Une fois ce principe admis, nous disposons d'un critère permettant de reconnaître une action morale : est moral qui ce qui permet d'augmenter la somme globale de plaisirs disponibles pour une communauté donnée. Ce n'est donc plus l'intérêt égoïste qui commande, mais le bonheur du plus grand nombre, voire de tous – si possible.

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Les mémoires de la faim

par Edouard Glissant

« DES IMAGINAIRES NOUVEAUX… »


   Le scandale de la faim dans le monde, et de l’irresponsabilité affichée par ceux qui en sont la cause directe, les producteurs mondiaux et leurs systèmes impitoyables de rentabilité, nous oppose la double difficulté du rassemblement des opinions éparses dans l’espace international, et des mémoires des peuples, qui se dissipent rapidement dans les exaspérations de l’actualité.

Ce qu’on a appelé les émeutes de la faim, dans les pays les plus pauvres du monde, émeutes déclenchées par les augmentations brutales des produits de consommation de base, le riz principalement, et dont une des explications les plus scandaleuses, avancée par ces mêmes producteurs, a été que « le marché donne ainsi le signal que la production agricole est insuffisante », explication outrageuse et indigne de l’humanité même la plus basse, nous devons nous avouer, quelques jours à peine après leur explosion, que l’écho s’en dissipe déjà dans les autres torrents de ce qui inlassablement court dans le monde, et que ces émeutes ne sont désormais commentées que dans les pays qui n’ont pas eu (encore) à souffrir de telles famines.

Nous n’avons plus recours à des théories ni à des idéologies pour ce qui est du ralliement des opinions éparses dans le monde, leur accumulation peu à peu mène à des réseaux démultipliés de connaissance dont nous nous habituerons bientôt à les consulter et à en faire notre bien. Quant aux mémoires des peuples, qui se dissipent elles aussi, nous savons aujourd’hui que la principale manière de les préserver est de les mettre ensemble. Tant que nous écouterons seuls dans notre lieu les misères du monde ou ses joies, ou que nous crierons seuls nos misères et nos joies, nous écourterons nos mémoires et nous méconnaîtrons celles des autres.

 

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Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse

  Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas |. Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.

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Le PAM redoute une nouvelle " tragédie alimentaire " en Corée du Nord

La hausse mondiale des prix des céréales, les mauvaises récoltes et les tensions politiques dans la péninsule entraînent une aggravation de la pénurie

  L'augmentation des prix mondiaux des céréales et les tensions politiques dans la péninsule conjuguées à de mauvaises récoltes entraînent une aggravation de pénurie alimentaire en République populaire démocratique de Corée (RPDC), avancent les organisations humanitaires à Séoul. Le Programme alimentaire mondial (PAM) redoute pour sa part une nouvelle " tragédie alimentaire " si " une assistance extérieure d'urgence " n'est pas mise en place.

Selon Good Friends, une organisation bouddhique sud-coréenne, le régime a suspendu la distribution de rations alimentaires à la population de Pyongyang. Les deux millions d'habitants de la capitale étant considérés comme privilégiés, cette décision - qui n'a pas pu être confirmée - donne penser que la situation est alarmante.

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Muhammad Yunus

"Vers un monde sans pauvreté"

Par Michel Pennetier

  J'ai assez souvent remarqué que le génie résidait dans l'art de trouver la solution la plus simple à des problèmes si complexes qu'on aurait tendance à les juger insurmontables.

Génie et naïve simplicité semblent aller de paire.

Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006 est un bon exemple de la géniale naïveté. Le titre de son ouvrage autobiographique " Vers un monde sans pauvreté" ferait presque amèrement sourire au regard des conditions de vie des deux tiers de l'humanité, des centaines de millions d'êtres humains vivant au-dessous du seuil de pauvreté, de l'incapacité des gouvernants et des institutions internationales depuis des décennies à réduire ce fléau malgré leurs intentions affichées.

Muhammad Yunus était professeur d'économie dans une université du Bangladesh. Il prit un temps plaisir à trouver les solutions les plus élégantes à des problèmes complexes d'économie. Son université était située au sommet d'une colline, en bas il y avait la ville bengali, grouillante d'une humanité en détresse, errant chaque jour à la recherche d'une pitance. Le professeur d'économie se mit à douter de la validité de ses recherches qui ne changeaient rien à la réalité qu'il avait sous les yeux. Avec quelques étudiants, il entreprit de mener des enquêtes auprès de la population environnante. Il constata alors que les pauvres étaient définitivement condamnés à leur sort parce qu'il leur manquait toujours la petite somme permettant d'initier une activité correctement rémunératrice.

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  A l'occasion de la 12e conférence sur le commerce et le développement organisée à Accra (Ghana) du 20 au 25 avril, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) dénonce les méfaits de l'anarchie financière par la voix de Detlef J. Kotte, son responsable du département macro-économie et politiques de développement.

En quoi la crise financière mondiale menace-t-elle les pays en développement ?

Parce qu'il existe une grave asymétrie entre la rigueur des règles du commerce international et l'absence de règles dans le domaine des échanges financiers. Dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), on négocie avec acharnement pour abaisser de 20 % ou 30 % les droits de douane sur tel ou tel produit, mais la chute de 50 % du dollar en peu d'années bouleverse ces progrès. Les bienfaits de la libéralisation sont annihilés par l'anarchie financière.

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La spéculation sur les matières premières affole le monde agricole

  Du jamais-vu " : depuis des mois, les observateurs du monde agricole répètent tous la même chose à propos de la folie qui s'est emparée des cours des matières premières. Parallèlement à l'envolée des prix du blé, du riz ou du soja, la volatilité s'est accrue. Cela complique la tâche des acheteurs et des vendeurs de grains, et inquiète en pleine crise alimentaire mondiale.

A Chicago, sur la tonne de blé, on a constaté à la fin de l'hiver des variations de plus de 100 dollars au cours d'une même séance, soit environ 20 % de la cotation du jour, selon l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC), un organisme public qui surveille l'évolution des marchés.

L'agriculture est certes, par nature, une activité volatile, car l'offre dépend des aléas climatiques et des anticipations de chaque agriculteur. Et le marché des céréales est très étroit : seulement 17,2 % de la production de blé sont exportés, 12,5 % du maïs et 7 % du riz, ce qui explique, selon l'ONIGC, qu'au moindre déséquilibre les cours varient considérablement.

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par Thomas Pogge

 

 Depuis douze ans, la Banque Mondiale fournit régulièrement des statistiques sur l’étendue, la répartition géographique et l’évolution de l’extrême pauvreté. Ces statistiques sont mille fois citées et utilisées comme des faits. L’ONU s’en sert pour démontrer de prétendus progrès dans la voie du premier « objectif de développement du millénaire » qui vise à réduire de moitié la pauvreté dans le monde de 1990 à 2015.

Or les méthodes de calcul de la Banque Mondiale sont extrêmement douteuses. Il y a des raisons de penser qu’avec une méthode plus plausible on observerait une tendance plus négative et une pauvreté beaucoup plus étendue. La Banque Mondiale définit la pauvreté par le pouvoir d’achat que procure une certaine somme en dollars durant une année donnée (« année de référence »). Elle détermine cette somme selon les seuils de pauvreté domestique déjà en usage dans les différents pays étudiés. Elle a d’abord choisi le seuil de pauvreté intérieur le « plus typique » pour les pays en développement, défini par un budget mensuel par personne possédant un pouvoir d’achat équivalent à celui de 31 dollars aux Etats-Unis en 1985. Plus tard, ce montant fut arrondi vers le bas à 30,42$, soit « un dollar par jour ».

Pour appliquer sa définition, la Banque Mondiale convertit d’abord ce seuil de pauvreté défini en dollars dans d’autres devises et le transpose ensuite de l’année de référence (1985) à d’autres années. Son procédé pour opérer cette double conversion est extrêmement problématique.

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L’humanité et le risque de la faim

  Les récentes «émeutes de la faim» ont rappelé à quel point l’humanité est loin d’être débarrassée du risque de pénurie alimentaire. Ce risque peut même devenir de plus en plus sérieux : plusieurs études économiques récentes estiment que les désordres climatiques liés au rapide réchauffement de la planète vont entraîner de fortes baisses de la production agricole, que ce soit en Inde, en Afrique, ou même aux Etats-Unis où cette baisse pourrait atteindre 70 % d’ici la fin du siècle. Ces travaux contribuent au vif débat provoqué par le rapport Stern, publié l’an dernier, qui chiffrait l’ensemble des coûts du réchauffement climatique entre 5 et 20 % du PIB chaque année. A défaut d’avoir entraîné une baisse des émissions de gaz à effet de serre, le rapport Stern aura au moins contribué à une réelle explosion du nombre des analyses économiques consacrées à cette question. Le principal élément du débat porte sur la manière d’actualiser le futur. Car, si les mesures prises pour lutter contre le réchauffement de la planète sont coûteuses dès aujourd’hui, les bénéfices en termes de coûts évités sont potentiellement bien plus importants. Dès lors, le choix du taux d’actualisation des bénéfices futurs a un impact considérable sur l’analyse coût-bénéfice : par exemple, si ce taux est de 2 % par an, prendre une mesure qui coûterait 1 euro aujourd’hui est un investissement rentable dès que cette mesure permet d’éviter au moins 7 euros de pertes dans cent ans ; mais avec un taux de 6 %, pour que la même mesure soit rentable, elle devrait permettre d’éviter 130 euros de pertes. Un taux d’actualisation plus élevé «écrase» le futur à tel point qu’il est bien souvent préférable de ne rien faire. Si le rapport Stern a été vu comme très favorable aux environnementalistes, c’est qu’il retenait un taux d’actualisation a priori faible, de 1,4 %. Ainsi, le débat économique s’est organisé autour de cette question : à quel taux doit-on actualiser le bien-être des générations futures ?

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Pour une mobilisation mondiale contre la crise alimentaire

 
Christine Lagarde ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et Alain Joyandet secrétaire d’Etat chargé de la Coopération.

  Les pays les plus pauvres, notamment ceux d’Afrique, font aujourd’hui face aux effets de la forte hausse des cours des matières premières et des denrées alimentaires. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les populations pauvres dépensent en moyenne les trois quarts de leurs revenus pour leur alimentation. Lorsque le cours du riz augmente de 75 %, comme ces deux derniers mois, ou que le blé gagne 120 % en un an, les conséquences sont dramatiques. Il y a des risques de famine dans de nombreux pays à faible revenu, surtout en Afrique subsaharienne.

Notre responsabilité collective est d’éviter que les populations les plus fragiles ne subissent de plein fouet les effets de ces hausses massives. Le risque est réel de voir remis en cause les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la pauvreté. Plus généralement, c’est la stabilité économique et financière des Etats qui est en question. La France est pleinement mobilisée face à ce défi.

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Delta, faut il rester sur un échec ?

par Caroline Romney

DL ET NW  Après 13 mois d’exploitation effective avec la Martinique et la Guadeloupe, Delta Airlines a effectué ses dernières liaisons à partir de son hub d’Atlanta vers les deux îles, samedi 05 avril2008 . Cet arrêt brutal n’est pas si surprenant ; il intervient après quelques signes annonciateurs de taille. Des coefficients de remplissage sur les dessertes Antilles françaises très médiocres. Un coût du baril du pétrole qui ne cesse de grimper (aujourd’hui, il dépasse les 110$). Un taux de change euro/dollar défavorable qui rend les Antilles françaises chères pour les américains. Et des produits touristiques sur nos îles qui ne correspondraient pas toujours aux attentes des touristes américains dans leur grande majorité.Le Pr Crusol a étudié cette chronique d'un arrêt annoncé dans un article, Delta airlines, les vraies raisons de l’échec (www.jeancrusol.com), raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas. Pour autant, faut-il se dire que l'immense marché nord-américain, de quelque 260 millions d’âmes, doit être abandonné au vu de la conjoncture actuelle et du bilan très mitigé de la desserte opérée par Delta Airlines ? Non, bien sûr. Des pistes alternatives existent aujourd’hui en réponseau départ silencieux de Delta Airlines.

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  Confrontée à la flambée mondiale du coût de la nourriture, l'ONU se prépare au pire. " Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l'ensemble du système d'aide alimentaire d'urgence soit incapable de faire face ", prévient une note interne de l'ONU dont Le Monde a obtenu une copie. Elle recommande la mise sur pied de " plans d'urgence spécifiques pour répondre aux besoins des populations urbaines ", jusque-là peu touchées par la malnutrition.

D'après ce document de travail, la hausse des prix, qui pourrait se révéler non pas passagère mais " structurelle ", risque de plonger dans l'" insécurité alimentaire " des millions de personnes. Et la communauté humanitaire manquera de moyens et d'expertise pour leur porter secours.

Selon le " mémo " de neuf pages produit par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l'ONU devra répondre aux besoins de " nouveaux groupes de population " à un moment où il y aura " moins de nourriture à distribuer ". Pour cause d'augmentation des prix des aliments et de l'énergie, les agences humanitaires reçoivent moins de dons en nature et doivent dépenser plus pour acheter de la nourriture et la distribuer.

Parmi les défis qui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des " émeutes de la faim ", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie...

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Trop de rigueur tuera la rigueur

Le gouvernement fait fausse route en comprimant les dépenses au lieu de relancer la croissance et les recettes

 par Liêm Hoang-Ngoc

Economiste, maître de conférences à l'université Paris-I

Au secours Keynes !Le gouvernement s'apprête à appliquer un plan d'économie de 7 milliards d'euros à l'horizon 2011 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Après les 23 900 départs à la retraite non remplacés en 2008 (dont 11 200 dans l'éducation), 35 000 postes seront à nouveau supprimés en 2009 dans la fonction publique. " L'économie " réalisée ne dépassera pourtant pas 500 millions d'euros par an.

On voit mal comment le gouvernement s'y prendra, sans relever les impôts, pour solder le reste de la facture par le simple biais des réorganisations annoncées (parfois nécessaires) de l'administration. En attendant, après l'éducation, l'encadrement prévu des dépenses de santé et d'emploi compromettra le traitement de nombreuses urgences sociales. Le manque de personnel dans les hôpitaux ne sera pas comblé. Le volet " sécurité " de la " flexisécurité " verra difficilement le jour. Le revenu de solidarité active ne fera pas long feu. Une telle baisse des dépenses publiques provoquera de surcroît un effet récessif.

 

Le protectionnisme à la carte, une voie pour la Martinique?

Par Thierry Michalon

Protectionisme vous dites?  La réflexion sur l’avenir des départements/régions d’outre-mer se place le plus souvent, jusqu’ici, sur le seul terrain institutionnel, favorable à d’élégantes postures revendicatives de la part de nos élus, mais beaucoup plus rarement sur le terrain économique, où l’on rencontre les intérêts concrets des uns et des autres. Toute atteinte au statu quo paraît en effet, sur ce plan, lourde de risques, et d’une remise en cause d’équilibres généralement jugés malsains mais qui, les choses étant ce qu’elles sont, satisfont les intérêts matériels du plus grand nombre. La pression montante d’une jeunesse frustrée, fascinée par la consommation ostentatoire qui l’entoure mais de plus en plus privée d’une véritable éducation donc d’une vraie formation, demeure trop marginale pour contraindre l’opinion majoritaire comme les élites à des « révisions déchirantes ». Et le modèle économique en place, celui d’une consommation effrénée de biens importés grâce aux transferts de fonds publics, dans une société où l’emploi autre que tertiaire tend à disparaître, n’est dès lors remis en question que du bout des lèvres.

Entreprendre une véritable réflexion sur l’avenir de ce pays exige en effet à la fois une méthode et une audace qui dissuadent les meilleures volontés. On voudrait ici en proposer une piste, synthétisant un travail plus développé publié il y a quelques années dans un cadre universitaire1. Le premier temps de la démarche est le constat : départementalisation et intégration dans la Communauté européenne ont aboli l’isolement, l’insularité, et laminé les activités productives ; le second temps est celui de la proposition : le rétablissement ponctuel de l’insularité pourrait permettre un rapatriement de certaines activités productives donc de l’emploi correspondant.

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La « crise du pain » facteur d’instabilité politique

La crise du pain  Ap) - Le gouvernement égyptien fait aujourd’hui face à une crise politique directement liée à la hausse des prix des denrées alimentaires. Des émeutes ont récemment éclaté à des points de vente de pain subventionné, obligeant le président Hosni Moubarak à appeler l’armée en renfort pour élargir la distribution.

Cette crise, qui frappe le pays arabe le plus peuplé du monde, apporte la démonstration de l’instabilité que peuvent provoquer des aliments trop chers dans les pays les plus pauvres. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a du reste appelé lundi la communauté internationale à apporter une assistance d’urgence pour remédier à cette situation potentiellement explosive. Le pain traditionnel, à la fois plat et rond, constitue l’élément de base du repas en Egypte. Les pénuries de pains subventionnés, vendus moins d’un centime d’euro pièce, entraînent la formation de longues files d’attente devant les boulangeries et, fatalement, des violences dans les quartiers les plus déshérités. Ces dernières semaines, au moins sept personnes ont trouvé la mort en attendant d’acheter leur pain. Selon la police, deux ont été tuées à l’arme blanche lors de rixes entre clients, les autres sont mortes d’épuisement.

lire l'article de Alternatives Internationales

 

L'Asie menacée
d'une crise alimentaire

Le prix du riz à son plus haut depuis vingt ans. Les Philippines et l'Égypte prennent des mesures.

Jeudi dernier, la tonne de riz a fait un bond de 31 %, à 760 dollars, soit un doublement depuis le début de l'année.  En 25 ans de métier, ce courtier en riz parisien n'a jamais vu ça : impossible depuis plusieurs semaines d'obtenir de ses vendeurs thaïlandais les quantités réclamées, et même des indications de prix ferme. «Ils préfèrent retenir leurs stocks en attentant que les prix grimpent», s'agace ce professionnel. Le raisonnement des vendeurs est simple : pourquoi vendre aujourd'hui alors que demain on pourra obtenir mieux. Jeudi, la tonne de riz a fait un bond de 31 % à 760 dollars, soit un doublement depuis le début de l'année, soit un quadruplement sur cinq ans. «Tous les opérateurs craignent une pénurie de riz en 2008», s'alarme l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (Onigc), dans son dernier bulletin mensuel.

Les conséquences ne sont pas encore visibles de ce côté de l'Atlantique. En dehors des Italiens, amateurs de risotto, et des Espagnols, champions de la paella, l'Européen est un consommateur moyen : 4,5 kg de riz blanc en moyenne par an.

Il en va autrement en Asie où chaque habitant consomme annuellement 60 kg de riz blanc. Un riz qui menace de manquer bientôt aux Philippines où près de 80 % de la population en mange au petit déjeuner. À Manille, les stocks du pays sont tombés au plus bas depuis un quart de siècle. Le pays ne peut pratiquement plus développer la surface de ses rizières, alors que sa consommation augmente au rythme de sa population qui galope à la vitesse de 1,8 % par an.

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Manifestations contre la vie chère violemment réprimées en Côte d’Ivoire et au Sénégal

 

Manifestation à Dakar  A Dakar et Abidjan la police a violemment réprimé des manifestations contre la vie chère. Abdoulaye Bathily, un des leaders de l’opposition sénégalaise, a récemment déclaré qu’en raison de la pauvreté grandissante et du non-respect des droits humains constatés au Sénégal, le pays était aujourd’hui « une bombe qui pourrait exploser à tout moment ».

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Les " émeutes de la faim " gagnent les rues de
Port-au-Prince

   Des violentes manifestations contre la vie chère se sont étendues, mardi 8 avril, dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où des casques bleus brésiliens ont déployé des blindés légers pour protéger le palais présidentiel. Une quinzaine de personnes ont été blessées par balles, un véhicule de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) a été incendié et plusieurs commerces ont été pillés.

Depuis le début des " émeutes de la faim ", le 3 avril dans la ville méridionale des Cayes, cinq personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées lors de violents affrontements avec la police haïtienne appuyée par les casques bleus. Les prix des denrées de base, le riz, le maïs et le sucre, se sont envolés ces dernières semaines.

Mardi, des groupes de manifestants très excités ont tenté d'enfoncer, à l'aide de poubelles, les grilles de l'imposant palais présidentiel, au centre de Port-au-Prince. Un photographe, Jean-Jacques Augustin, et un cameraman, Leblanc Makenzy, ont été blessés par des balles en caoutchouc tirées par les soldats onusiens pour disperser les manifestants.

Des groupes de casseurs ont endommagé de nombreux véhicules et attaqué à coup de pierres les locaux du quotidien Le Matin, dans la banlieue résidentielle de Pétionville. Des barrages de pneus enflammés ont interrompu la circulation dans les quartiers populaires de Martissant, de Fontamara et de Cité Soleil, où des manifestants réclamaient la démission du président René Préval.

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La production agricole augmente, mais moins vite que la demande

La crise du riz en Asie

  SI RIEN N'EST FAIT, les émeutes liées à la flambée des prix alimentaires vont s'étendre dans le monde. " La vérité, c'est que, déjà, des gens meurent dans ces émeutes (...) Mais ils ne se laisseront pas mourir sans rien faire. Ils réagiront ", a prévenu, vendredi 11 avril à Rome, le directeur général de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf.

De fait, confrontés à la flambée des cours (ceux du blé et du riz ont doublé en une année), les réactions violentes se multiplient et menacent la stabilité de dizaines de régimes par ailleurs souvent contestés, en particulier en Afrique. Des troubles ont éclaté récemment à Haïti, au Cameroun, au Mexique... La liste des pays touchés est longue. La FAO a recensé une trentaine de pays pour lesquels la hausse des prix alimentaires est dramatique. Sur ce total, près d'un pays sur trois est confronté à des problèmes politiques (guerre civile, insécurité générale).

Les raisons de la crise.

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Sur un mot révélateur de Laurence Parisot :
"La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?"
par Jean-Michel Muglioni

  Sommaire de l'article :

Naturalisme patronal
C'est la précarité du travail qui est une maladie!
L'amour est-il précaire ? Eriger l'échec en loi
Le primat de l'économie est idéologique
Honneur ou cupidité, il faut choisir
La valeur et la fin du travail 
Le salaire a-t-il cours dans un monde de brigands ? 

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Cuba. Malgré des salaires dérisoires, les habitants essaient de subvenir à leurs besoins.

ÉRIC LANDAL

 

Dans son atelier décati de la Vieille Havane, Victor, un sculpteur à la peau parcheminée, claironne: «Depuis la révolution énergétique en 2006, on a changé toutes les ampoules incandescentes pour des basse tension ! Il n’y a plus de problème d’électricité ! Viva Fidel !» Trois heures plus tard, dans l’un des cafés où bat le cœur culturel de la ville, Calle 23, le mojito se déguste dans l’obscurité. Le courant a ses humeurs. «Ici, on se lève en frottant son ordinateur pour qu’un génie fasse apparaître une connexion Internet. La journée, on court : après des bus bourrés, après des boulots, après des plans», se marre Marina, ingénieure en informatique. La vie quotidienne tient du mélange du labyrinthe, dans sa forme la plus élaborée, et du hamster dans sa roue. Un Ubuland tropical. «N’importe où ailleurs les gens seraient devenus fous», résume un diplomate sud-américain.

 

Cuba entre parti et "débrouille"

En dépit du retrait de Fidel Castro, le système social tend à perpétuer la mainmise du Parti communiste sur la vie de l'île

  De nombreux observateurs s'étaient empressés d'annoncer une ère nouvelle, voire l'éventualité d'un soulèvement populaire, sitôt les fonctions du dirigeant historique de la révolution déléguées " temporairement " aux mains d'une direction collégiale, le 31 juillet 2006. Contraints par la suite d'expliquer l'immobilisme du régime, ils avaient eu recours à des arguments tout aussi spéculatifs : Fidel Castro n'était que malade, il continuait à " tirer les ficelles ", et la menace de son " retour " avait dissuadé les " réformistes " de monter au créneau. En renonçant à ses fonctions de commandant en chef et de président du Conseil d'Etat, Fidel Castro lèverait donc aujourd'hui le principal obstacle au " changement ".

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salines   Le tribunal correctionnel de Paris a débouté le comité des Salines de France qui poursuivait en diffamation Pierre Méneton. Ce dernier les avait accusés de minimiser les risques de l'excès de sel sur la santé.
libération.fr (avec source AFP)
LIBERATION.FR : jeudi 13 mars 2008

C'est une victoire rare, celle d'un lanceur d'alerte. Pierre Meneton, chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), était poursuivi par les producteurs de sel. Ils lui reprochaient de les avoir diffamés en les accusant de minimiser les risques de l'excès de sel sur la santé. Le tribunal correctionnel de Paris les a déboutés ce mercredi.

Les propos dénoncés par le Comité des salines de France (CSF), syndicat qui regroupe la majorité des producteurs français de sel, remontent à 2006. Pierre Meneton avait alors déclaré, dans une interview au mensuel TOC, que "le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire (était) très puissant" et "désinform(ait) les professionnels de la santé et les médias".

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Delta Airlines : les vraies raisons de l’échec

par Jean Crusol

C’est la faute à l’euro…

  Delta Airlines va interrompre les dessertes qu’elle assurait, depuis décembre 2006, entre Atlanta et les Antilles Françaises. Selon les explications données par la Présidente de Comité Martiniquais du Tourisme et par le Vice Président du Conseil Régional, voici la raison : « quand nous avons commencé cette opération en décembre 2006, le taux de change entre le dollar Us et l’euro était très attractifs. Depuis, le dollar a beaucoup baissé. Nos tarifs hôteliers désormais trop élevés pour la clientèle américaine. Delta a donc décidé de partir. Ce n’est pas de notre faute, et nous n’y pouvons rien ». C’est la faute à l’euro! Un peu court comme explication…et bien loin de la vérité.

Voyons d’abord ce que vaut cette explication. En décembre 2006, un euro valait 1,321 dollars Us, en février 2008, il vaut 1,474 dollars Us. Cela signifie qu’une chambre à 200 euros la nuit qui valait 264,2 dollars en décembre 2006, vaut 294,8 dollars en 2008. Soit une différence de 30,6 dollars ou 11% d’augmentation 15 mois. Une telle différence pourrait avoir une influence si la clientèle touristique américaine attirée par notre destination était de bas de gamme. Mais les touristes américains qui s’intéressent aux îles françaises, -îles réputées chères aux Etats-Unis, voire « snob » en ce qui concerne la Martinique- n’appartiennent pas à cette catégorie. C’est une clientèle à revenu relativement élevé1. Pour cette clientèle, 30 dollars, c’est le pourboire qu’on laisse normalement après un bon repas à trois ou quatre. L’explication par le taux de change est donc difficile à avaler. D’autant que ce qui intéresse Delta, ce n’est pas le remplissage des hôtels, elle n’en a pas, mais celui de ses avions. La clientèle qu’elle transporte peut tout aussi bien venir aux Antilles pour faire une croisière ou louer un bateau de plaisance et aller dans les Grenadines !

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Afrique : le grand rattrapage démographiqueLa transition démographique en Afrique

 L'Afrique est un continent qui n'a pas encore véritablement entamé la dernière partie de sa transition démographique : la baisse de la fécondité - le nombre d'enfants par femme - n'a pas encore eu lieu. D'où cette croissance démographique forte qui va se poursuivre au cours du XXIe siècle. Aujourd'hui, l'Afrique subsaharienne, c'est 12 % de la population mondiale. Au milieu du siècle, elle représentera 19 %, soit près de 2 milliards d'habitants, contre 760 millions aujourd'hui.

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Inde

 

Répartition des quotasAide aux exclus Les réformateurs indiens sont allés très loin dans la politique des quotas d'emplois réservés aux castes les plus défavorisées, qui en ont tiré certains bénéfices. Mais la dévalorisation du mérite qui en résulte est un handicap dans la mondialisation

 

    A l'heure où le concept de " diversité " trouve un écho croissant en France (y compris auprès du président Nicolas Sarkozy, en visite à New Delhi les 25 et 26 janvier), dans le sillage des formules " multiculturelles " déjà explorées dans d'autres pays occidentaux, l'expérience unique de l'Inde en matière de discrimination positive est riche d'enseignements. Car l'Inde est pionnière sur ce terrain. Non seulement son chantier est le plus ancien au monde, mais il est surtout le plus radical.

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La crise du "subprime" : de quoi s'agit-il?

 Les crédits "subprime" sont des prêts immobiliers accordés à des ménages américains aux revenus modestes. Si les mensualités de remboursement sont abaissées les premières années, ces prêts sont consentis à des taux d'intérêt variables et de niveau élevé. Ces conditions d'octroi font peser un risque de solvabilité sur ces ménages. En raison de la fragilité de leur situation financière, ceux-ci peuvent en effet se retrouver en situation de ne plus pouvoir faire face aux échéances de remboursement de leur crédit immobilier. Le Center for Responsible Lending chiffre à quelque 20% la proportion, aux Etats-Unis, d'emprunteurs "subprime" qui pourraient perdre leur logement.
En 2006, les crédits "subprime" ont représenté 24% des nouveaux crédits immobiliers octroyés aux Etats-Unis. En fin d'année, leur encours atteignait près de 13% du total des crédits hypothécaires aux Etats-Unis (10.200 milliards de dollars), contre 8,5% en 2001.

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Cette récession sera la plus féroce depuis la Seconde Guerre

  Dean Baker est codirecteur, à Washington, du Center for Economic and Policy Research, un think tank américain. Il pose un regard pessimiste sur l’économie mondiale :

Les signes d’une récession américaine se précisent-ils chaque jour un peu plus ?

Oui, sans aucun doute. L’impact du crash immobilier est énorme. Selon les dernières estimations, le prix des maisons s’effondrerait à un rythme annuel de 11,3 %, ce qui représenterait une perte virtuelle de 2 200 milliards de dollars et conduirait à une baisse de la consommation de plus de 100 milliards de dollars… Les oracles pensaient au départ que la crise serait circonscrite aux subprimes, ce fameux secteur des prêts hypothécaires. Mais on s’aperçoit qu’elle a désormais un impact sur la consommation, qui représente 70 % de notre économie. Les gens ne peuvent plus hypothéquer leur maison et emprunter pour consommer…

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La crise immobilière ne fait que commencer

Le professeur Shiller ne mâche pas ses mots;: la crise immobilière qui frappe les Etats-Unis est la plus grave depuis la Grande Dépression, affirme ce spécialiste. Disséquant les mécanismes à l'oeuvre sur un ;marché d'amateurs, il regrette le manque de lucidité de nombreux acteurs. Et, alors que la tourmente s'étend aux places boursières, met en garde contre ses conséquences.

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Robert Reich : "C'est potentiellement une situation vraiment grave"

Grave recession

Robert Reich est professeur d'économie à l'université de Californie, à Berkeley. Ancien secrétaire au travail de l'administration Clinton, il est aujourd'hui l'un des conseillers économiques de Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle américaine. Il est l'auteur de nombreux livres et vient de publier en France, aux éditions Vuibert : Super-capitalisme. Le choc entre le système économique émergent et la démocratie.

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Les rats, les vautours et les prêts à risques

   East New York, un quartier déshérité de Brooklyn. Ici, plus de la moitié de la population est noire ou latino. Les immigrants récents sont issus de la péninsule indienne. Image convenue de l'Amérique : des enfants jouent au basket dans la rue. Image moins traditionnelle : le nombre impressionnant de personnes à la bouche largement édentée. A l'angle de la rue Chestnut et de l'avenue Pitkin, une affiche couvre le mur d'un bâtiment de briques rouges."We make dreams come true" ("Nous réalisons vos rêves"). United Home réhabilite du vieux pour vendre du neuf. "Ce sont des rats", tranche Lionel Ouellette, de l'association Changer, qui s'occupe d'"activités communautaires".

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«On peut parler de krach»

Un krach en Chine !

   Rien ne va et rien ne peut stabiliser les marchés. Ils vont se stabiliser tout seuls. Le phénomène de purge auquel nous venons d’assister est en ce sens salutaire. Et la crise actuelle va permettre de découvrir beaucoup de choses sur les pays émergents, notamment la Chine, sur lesquels nombres ont spéculé. Ces pays sont en surrégimes, gonflent les cours des matières premières. J’espère sincèrement un krach en Chine. C’est ce qui pourrait arriver de mieux pour tout apurer.

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Par Roland Sabra

   Privatiser les profits et socialiser les pertes. La très libérale Grand-Bretagne en est à se demander s'il ne faudra pas nationaliser la Northern Rock, au bord de la faillite en septembre et dont les pertes vertigineuses pourraient ne pas être couvertes par un emprunt pourtant garanti par l'Etat! Les libéraux appellent au secours l'Etat quand ça va mal et le prient de bien vouloir se faire le plus discret possible quand les profits flamboient. La crise des subprimes n'est que la partie visible de l'iceberg. Les banques sont sorties de leur rôle d'intermédiaires financiers et ont pris des risques inconsidérés, en refourguant  des prêts à des particuliers peu solvables. Elles se sont ensuite empressées de  se vendre entre elles ces créances arrachées aux plus défavorisés, comme par exemple à la population noire de East New York, un quartier déshérité de Brooklyn, en les dissimulant, en les camouflant  dans des paquets plus ou moins bien ficelés (la titrisation). C'est en ouvrant ces paquets qu'elles prennent conscience de l'importance des dégâts. On dit dans le jargon qu'elle provisionnent pertes, ce qui plombe d'autant leurs bénéfices. Les banques françaises  elles ont attendu, continuant par leur politique de facturation de la moindre opération, à afficher des résultats mirobolants. Seulement voilà, la stratégie de Tartuffe est est éventée. Elles commencent seulement à ouvrir les yeux, les paquets si l'on préfère.

 

Autoportrait

Qui est Jean Crusol?

 Cet homme est un puits de culture et comme tous les vrais cultivés il est d'un abord facile. Mias il me semble que sa première qualité est celle d'être un homme libre peu accommodé aux compromis. Si sa  carrière politique en a souffert, cela rend l'homme plus sympathique.Cet économiste est entre autres qualités est un excellent musicien. Il a une connaissance presque intimiste de la Caraïbe. On lira l'autoportrait qui suit avec intérêt.

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Subprimes : la crise continue

 

par Daniel Cohen

La crise immobilière étatsunienne  Passée la stupeur de cet été, on a pu penser que la crise des subprimes serait passagère, qu'elle se serait limitée à révéler les pertes des banques insouciantes et qu'on pourrait vite passer à autre chose. Il n'en a rien été. Alors que la situation semblait corrigée fin octobre 2007, les taux interbancaires ont recommencé à se tendre ensuite, montrant que la confiance n'était toujours pas restaurée. Tout au long du mois de décembre, les banques centrales ont dû injecter massivement de nouvelles liquidités

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Néo-libéralisme et fin de la démocratie

par Wendy Brown

  La gauche non-stalinienne s’est toujours souciée de ne pas jeter les bienfaits du libéralisme politique (pluralisme des rationalités en débat, justice, système de santé ou encore école indépendante, etc.) avec l’eau d’un libéralisme économique aliénant les corps et les âmes. Le problème aujourd’hui est que ces bienfaits ambigus, à la fois idéologiques et libérateurs, sont eux-mêmes en train de disparaître sous les attaques d’un « néo-libéralisme » visant non plus simplement à défendre une économie de marché mais à réduire toute la société aux normes du marché. Quelle stratégie adopter dès lors qui ne soit pas purement défensive ? De Foucault à Marcuse, voilà l’analyse et la question que pose Wendy Brown, enseignante en sciences politiques à Berkeley, dans un article dont nous publions des extraits.

Traduction de l’américain : Philippe Mangeot & Isabelle Saint-Saëns

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Penser le néolibéralisme, son rapport à la démocratie et son articulation avec le néoconservatisme à la lumière des enseignements de Michel Foucault

 par Christian Laval

   Rien n’est plus urgent que de comprendre les ressorts de l’hégémonie acquise par les idées et les politiques inspirées du néolibéralisme dans les pays occidentaux. On sait que ceux qui refusent encore de faire de « l’économie de marché », alias le capitalisme, l’horizon définitif de l’humanité, commettent, comme aurait dit Friedrich Hayek, « l’erreur de la raison » la plus dangereuse qui soit. Si on ne les met pas au bûcher, on les exile hors du « cercle de la raison » pour qu’ils ne puissent pas nuire à « l’ordre juste » du monde libre. Comme, à l’évidence, ces déraisonnables sont incapables de peser politiquement et semblent se complaire trop souvent dans un « antilibéralisme » incantatoire – ce qui n’est peut-être pas sans rapport avec leur impuissance politique relative –, « tout va bien », du moins pour l’instant. L’on ne peut donc s’empêcher de penser qu’il y a bien ici une nécessité à satisfaire si l’on souhaite dévier le cours des choses : il faut de nouvelles armes théoriques pour lutter contre le poids des évidences et la force des pouvoirs qui les incarnent. Le paradoxe de la situation tient à ce que les analyses qui ont profondément renouvelé l’approche du phénomène néolibéral ont été, pour partie, produites il y a maintenant près d’une trentaine d’années par Michel Foucault, sans que les mouvements sociaux et les intellectuels qui leur sont liés n’en aient encore tiré tous les enseignements. Les choses sont peut-être en train de changer.

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Le bourgeois bonhomme

Acte II, scène IV

Par Jean-Marie Harribey

(Parodie du Bourgeois gentilhomme, de Molière.)

Maître de philosophie politique, Monsieur Sarkodain

Maître de philosophie politique. -Venons-en à notre leçon.

Monsieur Sarkodain. - Ah ! Mon Maître, que ne vous fussiez venu plus tôt, afin que vous m'aidassiez à parer les coups qui plurent sur moi.

- Ces coups ne sont rien pour un philosophe. Que voulez-vous apprendre pour tremper votre caractère ?

- Tout ce que je pourrai, car j'ai toutes les envies du monde d'être un grand président ;

et j'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait bien étudier la science politique quand j'étais jeune.

- Votre sentiment vous honore. Nam sine potentia vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela et vous savez le latin sans doute !

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"Les îles à sucre. De la colonisation à la mondialisation"

 

Jean Crusol, Les îles à sucre. De la colonisation à la mondialisation. Bécherel : Les Perséides, 2007, 542 p.

Canne à sucre Nous vivons dans un monde intellectuel où les spécialités sont de plus en plus étroitement définies. Rares sont les chercheurs aujourd’hui qui osent se lancer dans de grandes fresques historiques couvrant plusieurs mondes et plusieurs époques. Et pourtant, pour nous comprendre nous-mêmes, nous avons besoin à la fois de la profondeur historique et de la connaissance des autres, en particulier de ceux qui pourraient être nos semblables et qui sont pourtant différents. Tout cela nous amène à saluer d’emblée le dernier ouvrage du professeur Jean Crusol. Bien sûr, tout travail, quelles que soient sa profondeur diachronique et son ampleur synchronique, doit être organisé autour d’une thématique claire, en l’occurrence celle des « îles à sucre ». Le « semblable », ce qui unit tous les cas particuliers qui sont étudiés dans le livre, réside donc ici dans la figure de territoires insulaires, appartenant à la zone intertropicale, qui ont fait l’objet d’une colonisation européenne, avec pour principale finalité de leur faire produire du sucre. Ces caractéristiques semblent suffisamment précises pour qu’on puisse parler d’un « modèle ». Or l’intérêt du livre est justement de démontrer le contraire. Il n’y a pas un modèle mais plusieurs, variables en outre suivant les époques, et la question principale du livre devient alors de comprendre en quoi et pourquoi ces modèles diffèrent.

Lire la suite par Michel Herland, professeur d'Economie à l'U.A.G.

Insularité, indépendance et développement

par Michel Herland

 Cet article explore les conditions qui permettent à certains petits États insulaires de la zone intertropicale de parvenir à la prospérité économique. Le concept de petit État insulaire est d’abord précisé en s’appuyant sur les travaux antérieurs du Commonwealth et de la  CNUCED. Les handicaps de la faible dimension se traduisent par une vulnérabilité accrue aux accidents conjoncturels ou aux catastrophes naturelles. Néanmoins l’examen des performances différentes de ces États en matière de niveau de vie et de « développement humain » ainsi que du point de vue de leur capacité à affronter la « contrainte extérieure » permet de faire émerger quelques facteurs clefs de leur développement. Au-delà des avantages naturels spécifiques dont bénéficient certaines de ces îles (pétrole, minerais, etc.), les institutions semblent jouer un rôle déterminant. À la lumière de ces résultats, il est possible, en conclusion, de proposer certaines règles à suivre par un territoire insulaire dépendant – à l’instar des DOM – qui souhaiterait atteindre à la souveraineté politique.

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L'humeur influence beaucoup la politique,
peu l'économie

  PLUSIEURS économistes célèbres, à commencer par John Maynard Keynes, ont insisté sur l'importance de la psychologie en économie, tant pour expliquer les comportements d'investissement des entrepreneurs que les choix de consommation des ménages. Le moral, tel que l'appréhendent les sondages, est-il une bonne mesure de cet état psychologique des agents économiques ? A ce titre, peut-il servir à prévoir, avec quelques mois d'avance, l'évolution économique générale ? Ces questions sont d'autant plus importantes que les médias et de nombreux responsables politiques ont tendance à interpréter les améliorations sondagières du moral de la population comme l'annonce d'un retour de la croissance économique.

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Comment les riches ont fabriqué leurs ghettos

   Le mot a surgi en France vers le milieu des années 80. Un beau jour, entre deux « révoltes urbaines » - les Minguettes en 1981, Vaulx-en-Velin en 1990 - la « banlieue » est devenue « ghetto ». Dans la foulée des journaux télévisés et des couver­tures de news magazines, d'éminents urbaniste (Roland Castro), démographe (Hervé Le Bras), sociologue (Alain Touraine) ont à l'unisson évoqué le « piège » ou le « syndrome » américain... « Scientifiquement frauduleux et politiquement irresponsable ! » s'est offusqué un sociologue français implanté aux Etats-Unis, Loïc Wacquant, qui a établi point par point le peu de pertinence de cette comparaison : aucune cité française n'atteint le dixième de la taille d'un de ces centres-villes dans lesquels sont parqués les Noirs américains abandonnés par l'Etat ; les dispositifs sociaux mis en place en France ­depuis trente ans et la politique plus récente de rénovation urbaine n'ont pas d'équivalent outre-Atlantique ; les taux de mortalité infantile, de criminalité, le nombre de chômeurs, de familles monoparentales, les chiffres de la drogue ne sont absolument pas comparables ; les habitants des cités « travaillent et consomment à l'extérieur de leurs cités », entrent en contact avec d'autres couches de la population ; et surtout, les cités françaises, ethniquement hétérogènes, ne sont porteuses d'aucune demande de reconnaissance communautaire : « Tout au contraire, les revendications de leurs habitants sont foncièrement sociales, ayant trait non pas à la ­différence ou à la "diversité", mais à l'égalité face à la police, à l'école, au logement, à la santé et surtout à l'emploi. »

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Pourquoi le niveau des pensions de retraite va baisser

  Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) présentera cette semaine son dernier rapport faisant le point sur les régimes en fonction des données démographiques, économiques, financières et sociales. Il s'inscrit dans la réforme des retraites de 2003, puisqu'il servira de base au rapport que doit rédiger le gouvernement avant le 1er janvier 2008 pour ouvrir le "rendez-vous de 2008" sur les retraites.

Le COR met ainsi à jour ses projections, en tenant compte de la révision importante, à l'été 2006, des perspectives démographiques et de population active de l'INSEE. Selon le document provisoire, dont La Tribune a obtenu copie, il ressort de ces nouvelles projections que la situation sera plus dégradée que prévu à moyen terme, mais plus favorable à long terme.

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Les théories de la justice sociale

"Les hommes ne sont pas des fourmis"

par Jacques Brasseul

  La France est le pays de la justice sociale, dans les mots sinon dans les faits. Nul thème n’est aussi porteur, aussi déclamé, nulle opposition à la notion autant vilipendée. Dans les faits, il en va tout autrement, bien sûr, puisque le taux de chômage est le double de la plupart des pays développés comparables, puisque les détenteurs d’emplois font tout pour les protéger, même si c’est au détriment de ceux qui n’en ont pas, même s’il faut bloquer pour cela l’accès aux plus démunis, aux plus défavorisés, aux plus récents arrivés. Dans les faits également, les inégalités sont criantes, la richesse étalée côtoie la misère sordide, les écarts de revenus sont bien plus importants que dans l’Europe nordique, alpine ou germanique. En France, il y a une alliance de fait, comme le notait Michel Crozier (pourtant après l’éruption de 1968), entre l’individualisme anarchisant et la bureaucratie centralisatrice. C’est en tout cas la légende de couverture de son maître livre, La Société bloquée (1) : « Pourquoi la France est-elle un pays conservateur ? Parce que l’individualisme anarchisant et la bureaucratie centralisatrice sont en réalité complices. »

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Docteur KEYNES
et Mister MAYNARD

Plus grand économiste du XXe siècle le jour et homosexuel honteux la nuit?

 

Keynes by Duncun

Keynes by Duncan

    L'enfermement dans des collèges anglais exclusivement masculins, la fréquentation de clubs d'étudiants mêlant les échanges intellectuels et charnels, puis le mariage hétérosexuel à 42 ans: tous les indices d'une sexualité non-assumée dans l'Angleterre victorienne .du début du siècle sont là. La double vie de John Maynard Keynes ne saurait pourtant être réduite à cette caricature.

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Anguilla, tropique du dollar

Anguilla paradis fiscal pour milliardaires

  L'îlot des Caraïbes, paradis fiscal, est l'éden favori des stars, de De Niro à Brad Pitt

A peine un grain de sable. Tout juste un confetti doré posé sur l'eau. Anguilla, prononcer ann-gwil-ah, est une île microscopique, un éden mythique en forme de fine bandelette d'une vingtaine de kilomètres de long, dépliée délicatement sous les tropiques pour voyageurs fortunés en mal de tranquillité et de resorts tout inclus.

Ici, le ciel pèse bas et les touristes portent haut. Robert De Niro, Brad Pitt, Denzel Washington et d'autres n'en finissent pas de fouler discrètement les plages de cette dépendance britannique des Caraïbes les soirs de Noël et du Nouvel An. Rien à voir avec l'exubérante île Saint-Martin, ses boîtes de nuit à gogo et ses boutiques d'import-export, plantées là, juste en face à une demi-heure de bateau-taxi. Aucun aéroport international ni port en eaux profondes pour croisières de masse. Anguilla est une Mecque VIP d'à peine 12 000 âmes qui a choisi de vivre cachée à l'ombre des dollars.

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Salaires, pouvoir d'achat

L'explosion des inégalités

  Le pouvoir d'achat est un sujet de controverse récurrent en France depuis que le passage à l'euro, en 2002, a amplifié l'écart entre ce que disent les chiffres et ce que ressent l'opinion. Le chef de l'Etat en fait une " priorité nationale " et le gouvernement lui consacre, mardi 23 octobre, une conférence sociale.

Les statisticiens de l'Insee sont formels, le pouvoir d'achat devrait, selon eux, progresser pour la troisième année consécutive : + 1,7 % en 2005, + 2,3 % en 2006, + 2,8 % en 2007. Quant à l'inflation, elle reste historiquement basse malgré une légère remontée en septembre (+ 1,5 %). Les ménages ont néanmoins du mal à se convaincre de la sagesse des prix quand ils voient valser les étiquettes de la baguette ou des yaourts. Et ils sont nombreux à penser qu'avec l'euro leur pouvoir d'achat s'est réduit comme une peau de chagrin.

Un net ralentissement depuis 2003. Qu'en est-il vraiment ? Sur une longue période, le pouvoir d'achat des ménages - c'est-à-dire l'ensemble de leurs revenus, net d'impôts et corrigé de la hausse des prix des produits consommés - a eu tendance à augmenter de moins en moins vite.

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Les inégalités face à la mort

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

 

  Le sens commun proclame volontiers l’égalité de tous devant la mort. La fortune est censée ne pas pouvoir s’emporter dans la tombe. Toutefois, la richesse porte en elle les germes d’une forme d’immortalité symbolique qui peut aider à accepter la finitude humaine et à affronter l’inéluctabilité de la disparition de ses proches et de la sienne propre.

L’immortalité symbolique

L’espérance de vie est très inégale selon les groupes sociaux, ce qui tient aux conditions de travail et aux inégalités dans les soins apportés aux corps. Toutefois, même les grands bourgeois finissent par mourir. Mais pas tout à fait : ils bénéficient d« immortalité symbolique ». De quoi s’agit-il ? Pour qu’il y ait transmission et réception de l’héritage dans de bonnes conditions, il faut qu’il existe une lignée, c’est-à-dire une solidarité et une continuité entre les générations. La passation des patrimoines suppose des héritiers, formés pour recevoir cet héritage, soucieux d’assurer la transition et de léguer eux-mêmes à leur tour. La croyance dans l’exceptionnalité du destin de la lignée, une certaine idéalisation et même une sacralisation de la famille sont au principe des transmissions réussies. Celles-ci sont dans la logique profonde du système capitaliste dont la ruée et la reproduction s’appuient sur des structures familiales solides, capables de résister aux vicissitudes économiques et politiques.

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Comment l’argent fait le bonheur (2/4)

La richesse faite corps

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

   La richesse doit s’inscrire dans les corps pour achever sa métamorphose : les propriétés extérieures à la personne doivent être perçues comme des qualités de la personne elle-même. Tout en fondant une assurance de soi exceptionnelle, cette métamorphose, en modelant les corps et les comportements, crée des signes de reconnaissance entre pairs.

La position sociale s’inscrit dans les corps

La position sociale, en s’inscrivant dans les corps, induit une sorte de seconde nature. L’idéologie du sang bleu de la noblesse en était une manifestation, pas si fausse que cela puisque, à travers tous ses privilèges, cette caste avait pu acquérir des qualités rares et transmissibles par l’éducation, légitimées comme dons de naissance. L’idéologie du don est le produit de cette ignorance, souvent intéressée, de l’origine des qualités, et des défauts, d’agents sociaux qui sont en réalité le produit de leur histoire. En tranchant en faveur de l’inné contre l’acquis, du génétique contre le culturel, les notions de noblesse et de don insistent sur l’existence d’une essence spécifique, d’une personnalité originelle dont les vertus et les imperfections renverraient d’abord aux potentialités inscrites de manière naturelle dans l’individu dès sa conception.

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Comment l’argent fait le bonheur (1/4)

Sécurité, sérénité et courtoisie 

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

À l’abri des soucis du monde ordinaire

 
   L’existence des grands bourgeois est exempte des conséquences désagréables des vicissitudes de la vie quotidienne. Lorsque la Mobylette de Carole, la jeune ouvrière du film de Lucas Belvaux, la Raison du plus faible, tombe en panne et rend l’âme, c’est un drame qui enclenche un engrenage funeste. Irréparable, il est impossible de la remplacer dans l’immédiat, c’est trop cher. Prendre le bus pour aller au travail, c’est une heure de transport en plus chaque jour. Ii ne règle pas tous les problèmes, mais il ne faudrait pas des sommes folles pour résoudre celui-ci. Pour aider leur copine, ses amis tentent de se procurer l’argent nécessaire dans un braquage qui tourne mal. Cette fiction, construite avec vraisemblance parce qu’elle met en scène les multiples agressions et blessures d’une vie rendue précaire par la faiblesse des ressources, ne fait que porter à son paroxysme la logique d’existences sans espoir.
La panne de la Mobylette, de la voiture ou le vol du vélo, comme dans le Voleur de bicyclette, de Vittorio De Sica, la fuite d’eau à la cuisine, le chéquier volé, tous ces petits ennuis empoisonnent l’existence des plus modestes, en grignotent le temps et accumulent les préoccupations et les soucis, sources d’inquiétudes et d’angoisses. Alors qu'un peu d’argent disponible permettrait de prendre le taxi, ou d’appeler un artisan pour faire une réparation. Le temps des plus riches, lui, est libéré de ces tracas les plus mesquins mais aussi les plus envahissants.

 

 

La gestion d’un territoire dans la perspective du développement durable et solidaire :

Le cas de la Martinique

par Emmanuel JOS 

 

Alan Greenspan: "Il faut pouvoir licencier sans coûts élevés"

 

PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE-YVES DUGUA..

   Les Mémoires d’Alan Greenspan sortiront en librairie mercredi. Celui qui a régné près de vingt ans sur la finance mondiale se confie dans un entretien exclusif avec Le Figaro [..].

LE FIGARO. – Dans votre livre, vous parlez d’obstacles culturels à la croissance en France.  De quoi s’agit-il ?
Alan GREENSPAN. –
Les sondages sur la vision négative et le rejet par les Français de la libre concurrence m’ont beaucoup frappé. Le contraste avec les États-Unis est impressionnant en dépit de tout ce que nos deux pays ont en commun. Je cite Édouard Balladur qui estime que la libre concurrence, «c’est la loi de la jungle». En vérité, cette approche gouverne la politique française. Comme s’il y avait quelque chose d’antisocial dans la libre entreprise. En fait, pour assurer la croissance, il faut que le capital soit employé là où il est le plus productif et retiré des secteurs obsolescents. Or, à la fin du compte, seules des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie.
Pour en arriver là, il faut un processus efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du marché libre. Naturellement, cette «destruction créative» est extrêmement pénible pour les individus qui sont du côté des perdants. Aux États-Unis nous avons accepté ce coût. Nous nous accommodons des pertes d’emplois et de la mobilité importante de la main-d’œuvre que cela implique. Mais, à la différence de la France, nous avons un taux de chômage très bas.
Le problème principal que M. Sarkozy s’est engagé à traiter, de manière relativement indirecte, est celui de pouvoir licencier sans encourir des coûts élevés.

 

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La bataille du sucre

 

par JACQUES-MARIE VASLIN

  " C'EST moi qui ai créé l'industrie française. " Si cette affirmation de Napoléon Ier, lancée en 1812, semble nettement exagérée, elle peut néanmoins s'appliquer à l'industrie du sucre de betterave. Il y a deux siècles, le sucre, alors produit exclusivement à partir de la canne à sucre, était une denrée stratégique pour la France, ses colonies des Antilles - Martinique, Guadeloupe et Saint-Domingue (Haïti) - étant les grandes sources d'approvisionnement européennes. A la veille de la Révolution, on retrouve du sucre dans près de deux mille cafés à Paris. Le produit se démocratise : il est vrai que l'utilisation intensive d'esclaves permet de baisser les prix.

Le sort réservé aux esclaves émeut Voltaire, qui, en 1759, fait dire à l'un d'eux dans Candide : " Quand nous travaillons aux sucreries et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main... C'est à ce prix que vous avez du sucre en Europe. " Mais le sucre permet d'équilibrer la balance commerciale française, ce qui explique pourquoi on ferme les yeux sur les conditions de sa fabrication. Lors de la signature du traité de Paris, en 1763, la France préférera ainsi perdre le Canada en échange de la souveraineté sur ses " isles à sucre ".

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 Serge Latouche
Le pari de la décroissance

 Voilà un ouvrage en passe de devenir un manifeste de la décroissance, sans doute en raison de la plume et de l’habileté de S. Latouche, même si, nous le verrons, il n’est pas sans laisser quelques zones d’ombre. Après avoir précisé dans une introduction le statut de la notion de décroissance, S. Latouche évoque les raisons de la nécessité du choix d’une société de décroissance - « la décroissance, pourquoi ? » - puis il identifie les « étapes » à franchir qui nous y mèneront – « la décroissance, comment ? » -, avant de clore son ouvrage par une réflexion sur la pédagogie des catastrophes. Reprenons brièvement chacun de ces points.

La décroissance, un slogan

Qu’est-ce que la décroissance ? A vrai dire, on n’en trouve pas de définition précise, car « la décroissance n’est pas un concept […] mais un slogan politique » [p. 16], « une bannière derrière laquelle se regroupent ceux qui ont procédé à une critique radicale du développement et qui veulent dessiner les contours d’un projet alternatif pour une politique de l’après-développement » [p. 17].

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Comment l’argent fait le bonheur (3/4)

Les inégalités face à la mort

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

 

Comment l’argent fait le bonheur (4/4)

L’argent fait-il le bonheur ?

par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

 

 

Comment l’argent fait le bonheur (2/4)

La richesse faite corps

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

 

Comment l’argent fait le bonheur (1/4)

Sécurité, sérénité et courtoisie

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

 

Amartya Sen : pour une identité multiple

 

  Le prix Nobel d'économie 1998 est l'un des plus grands penseurs actuels. Il publie aujourd'hui deux nouveaux livres, « Identité et violence » et « L'Inde. Histoire, culture et identité », chez Odile Jacob. L'occasion pour nous d'aborder ces thèmes brûlants d'actualité en sa compagnie.

Prix Nobel d'économie en 1998, Amartya Sen, 73 ans, est plus qu'un grand expert international. C'est un penseur d'envergure, dont l'œuvre se situe au carrefour de l'économie, de la philosophie, des sciences sociales et de la théorie politique. Sa démarche constante est de mettre l'accent sur les conditions morales, humaines et sociales des mécanismes économiques. Il n'a cessé d'insister sur le fait que « l'économie est une science morale » et que le développement est le point de départ de la liberté. Son originalité est aussi d'avoir toujours en vue les aspects pratiques de la vie politique : avoir le droit de voter ne sert à rien sans l'éducation nécessaire pour comprendre les choix proposés et sans les moyens de transport pour se rendre au bureau de vote...

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Renforcer la protection sociale

La privatisation est dangereuse. Mais il faut modifier les priorités et les modes de prélèvement

  C'est parce qu'elle est obligatoire et financée par des prélèvements obligatoires (cotisations et impôts) que la protection sociale est souvent présentée comme une atteinte aux libertés individuelles et comme un poids de plus en plus difficile à supporter. Le fameux déficit de l'assurance-maladie et les besoins financiers de l'assurance-vieillesse sont largement jetés en pâture à l'opinion publique en laissant parfois supposer qu'ils sont dus à une sorte de vice originel ou à une mauvaise gestion chronique des organismes. Face aux dénigrements de ce genre, il est important de souligner que l'assurance-maladie a pour but de favoriser l'égalité d'accès aux soins médicaux. Ainsi, à la différence de ce qui se passe dans un système d'assurance-maladie privé et facultatif, tel que celui qui prévaut aux Etats-Unis, chacun contribue en fonction de ses moyens et non pas en fonction de l'étendue des garanties souscrites et des risques d'être malade.

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Travailler plus pour gagner plus?

Le projet de loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires se heurte à des situations très différentes selon les entreprises. Revue de détail

   Travailler plus pour gagner plus "... Un tour d'horizon des secteurs d'activité, d'entreprises de taille, de nature et de statut différents, montre qu'il est difficile aujourd'hui de tirer des conclusions générales sur le désir ou non des salariés et de leurs employeurs de recourir massivement aux heures supplémentaires.

 

La gestion  défaillante d'Air Lib au tribunal

L'ancien PDG de la compagnie aérienne Jean-Charles Corbet et six autres prévenus comparaissent pour des malversations présumées ayant conduit Air Lib à la faillite.

    Quatre ans après la liquidation judiciaire d'Air Lib, Jean-Charles Corbet, son ancien PDG, et six autres prévenus comparaissent à partir de lundi 4 juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour des malversations présumées ayant conduit la compagnie aérienne à la faillite et au licenciement de 3.200 personnes.
Les ennuis judiciaires d'Air Lib ont commencé en février 2003 avec l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris. En juillet, une commission d'enquête de l'Assemblée nationale épinglait sévèrement la gouvernance de l'ancien pilote Jean-Charles Corbet.

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Dix ans après la réforme du Welfare américain

 par Hélène Périvier,
économiste au département des Études de l’OFCE

    Depuis la fin des années 1980, l’aide sociale américaine a changé. La montée en charge du crédit d’impôt EITC (Earned Income Tax Credit), qui associe le droit à l’aide publique au devoir de travailler, a enclenché le passage du Welfare au Workfare. Le vote du Personal Responsability and Work Opportunity Reconcilaition Act (PRWORA), le 22 août 1996 a entériné cette transition. Les dispositifs sociaux qui pour certains dataient des années trente, ont laissé place à d’autres, qui exigent des bénéficiaires une implication sur le marché du travail.

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Combien de pauvres en Inde ?

par Julien Bouissou

  Comment mesurer la pauvreté ? En Inde, la question embarrasse les statisticiens autant que les hommes politiques. Dans un pays où 28 % de la population vivrait au-dessous du seuil de pauvreté, l'enjeu est crucial.
Tous les cinq ans, le gouvernement central indien donne une estimation calculée à partir d'un échantillon de 150 000 foyers, représentatifs de la population indienne. Entre 226 et 282 millions d'Indiens vivraient avec moins de 8 euros par mois.
L'Inde recense aussi les pauvres, avec d'autres critères, en calculant le nombre de cartes "below poverty line" (sous le seuil de pauvreté) dont bénéficient ceux qui vivent sous ce seuil. Elles donnent droit à de nombreuses aides gouvernementales, comme un logement gratuit, l'accès à une formation ou encore la distribution de produits alimentaires. Les vingt-huit Etats régionaux sont chargés d'identifier les titulaires.
Les résultats sont surprenants. Ils indiquent que la moitié de la population indienne vivrait sous le seuil de pauvreté. En fait, chaque gouvernement régional gonfle les chiffres, pour obtenir puis distribuer le maximum de subventions, dans un but électoral. Les résultats sont aussi faussés par la pratique de la corruption. Dans les villages, les cartes sont parfois distribuées au mieux-offrant. Les notables paient pour obtenir la carte des pauvres et jouir de ses privilèges. Ou encore le chef du village distribue la carte aux membres de sa caste. En 2002, dans le Gujarat, dans l'ouest de l'Inde, de 25 % à 35 % des foyers riches détenaient la carte des pauvres, alors que 10 % à 15 % des pauvres en étaient privés.
En 2006, la Cour suprême a donc demandé la création d'une commission gouvernementale pour redéfinir les critères du seuil de pauvreté. Cette dernière pourrait s'inspirer d'une réforme entreprise dans le Gujarat.
Le gouvernement régional fixe lui- même la notation associée à chaque critère pour établir le nombre de points au-dessous desquels la carte de pauvreté est délivrée. "S'agissant du critère de la propriété foncière, un hectare de terrain dans les terres arides du Gujarat n'a pas la même valeur qu'un hectare de terrain dans les plaines fertiles du Penjab", explique Himanshu, chercheur au Centre des sciences humaines de New Delhi.
"Mais le risque est que la mesure de la pauvreté ne soit plus uniforme dans tout le pays", poursuit-il. Le Gujarat a aussi décidé de rendre publique la liste des titulaires de la carte "below poverty line" afin de lutter contre la corruption. Si l'Inde suivait cet exemple, les pauvres ne seraient plus exclus des statistiques qui mesurent la pauvreté.

Article paru dans l'édition du 31.05.07 Le Monde

 

Forum Nyéléni sur la Souveraineté alimentaire

 

   La souveraineté alimentaire est le droit des peuples et des gens à définir comment produire leur nourriture, en respectant la nature et en s'assurant que tout le monde ait accès à une alimentation saine et en accord avec leurs cultures.

Pour assurer ce droit, le Forum Nyéléni sur la Souveraineté Alimentaire s’est déroulé du 23 au 27 février 2007, à Sélingué, au Mali, en Afrique.

Plus de 500 représentantes et représentants venus de plus de 80 pays et d’organisations de paysans, de fermiers, de pêcheurs traditionnels, de peuples autochtones, de sans-terres, d'ouvriers agricoles, de migrants, de pasteurs, de femmes, de jeunes, de consommateurs, d'écologistes et de syndicats urbainsont participé au Forum qui a été convoqué par la Marche Mondiale des Femmes, Via Campesina, Les Amis de la Terre International et d’autres organisations.

Des activistes de la Marche Mondiale des Femmes du Brésil, du Chili, du Pérou, du Mexique, du Québec, de la Galicie, de la Turquie, de l'Inde, du Guatemala, du Pays Basque, d' Algérie, de l'Iran, du Burkina Faso et du Mali ont participé du forum Philippines.

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Le G8 et l'accroissement de la pauvreté des femmes

   La lutte contre la pauvreté sera un des thèmes principaux traités lors de la prochaine réunion du G8 d'Heiligendamm. Mais si ce thème est considéré comme prioritaire pour les « grands » de ce monde, l'expérience passée doit nous inciter à la plus grande prudence. En effet, le G8 est constitué de 8 huit chefs d'Etat ou de gouvernement qui ce sont autoproclamés en charge de la direction des affaires du monde. Or, ces pays contrôlent le FMI, la Banque mondiale et l'OMC et ce sont en premier lieu ces institutions internationales qui ont impulsé les politiques néolibérales qui ont conduit à l'accroissement dramatique de la pauvreté dans le monde. On constate que les femmes sont touchées de plein fouet par ce phénomène.
La pauvreté des femmes est le fruit d'une interaction entre le système patriarcal et le néolibéralisme économique. Si le patriarcat existait avant le néolibéralisme, ce dernier a su en tirer parti et s'en nourrir. Dans la mesure où elle approfondit les rapports capitalistes de production, la mondialisation génère des situations contradictoires.

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"Travailler plus pour gagner..."

Petit problème d'économie !

  Comme vous, je pense qu’il faut que l’Education nationale en revienne aux fondamentaux de ses missions, à savoir apprendre aux enfants à lire et à compter. Il est en effet certain que dans la vie active un niveau insuffisant en calcul peut non seulement handicaper un enfant mais encore risquerait de nuire à l’entreprise qui, plus tard, lui confierait une quelconque responsabilité.
Ainsi, le petit Nicolas affirme que l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires va créer des emplois.
Vérifions :
L’entreprise Sweet Leader emploie 10 salariés dont le salaire horaire brut est de 10 euros, 35 heures par semaine.

1/ Sachant que les charges patronales représentent 50 %du salaire brut, calculons le coût salarial total :

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Dangers et abus du crédit renouvelable

Ce prêt, très coûteux pour le client, est de plus en plus souvent proposé car il est le plus rentable pour les établissements de crédit. Mieux vaut donc bien étudier les offres

La guerre des taux bat son plein. Les campagnes de publicité abondent à la télévision et à la radio, vantant la facilité, la rapidité et le coût modeste des crédits à la consommation. Cetelem et Sofinco en proposent actuellement " à partir de 3,9 % ". Des offres alléchantes auxquelles il est parfois difficile de résister. Faut-il pour autant céder à ces sirènes ? Les crédits à la consommation sont-ils la solution la mieux adaptée pour financer une nouvelle voiture, une cuisine équipée ou les études du petit dernier ? De nombreux experts restent sceptiques.

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Imaginons un monde sans pauvres

   Le 11 décembre dernier, le comité Nobel distinguait conjointement Muhammad Yunus, le « banquier des pauvres », et sa Grameen Bank, donnant de façon inattendue un coup de projecteur sur son invention trentenaire, le microcrédit, et sur son singulier pays, le Bangladesh. Homme d'affaires avisé, Yunus se veut étranger au monde de la charité, mais son approche de l'économie n'en est pas moins humaniste.

Surendettement : la vogue du crédit " conso "

  En 2006, les ménages y ont eu fortement recours pour financer des projets de consommation (automobiles, électronique, informatique...), mais aussi pour faire face aux dépenses de la vie courante. A eux seuls, les crédits personnels et " affectés " (c'est-à-dire associés à l'achat d'un bien ou d'un service précis) ont représenté 87 milliards d'euros, soit une progression de 5,7 % par rapport à 2005. Loin devant les prêts permanents (également appelés réserves d'argent, crédits renouvelables ou revolving), qui ont atteint 30 milliards d'euros. La plus forte hausse concerne les crédits " location avec option d'achat " (LOA) et " location longue durée " (LLD) qui ont bondi de 17 %. A côté de cette envolée du recours au crédit, les découverts bancaires, eux, n'ont progressé que de 3 %, à un peu moins de 7 milliards d'euros.

 

La Martinique n'a pas besoin du tourisme!

par Roland Sabra

 Imagine-t-on un tel conflit à Sainte-Lucie? , à Saint-Domingue? à Cuba? Un patron veut modifier les horaires de travail de ses salariés en les faisant travailler 35 heures toutes les semaines sur cinq jours. Les travailleurs refusent au motif qe ces 35 heures ils les effectuent au rythme de cinq jours de travail une semaine et quatre la semaine suivante. Ce qui implique que la semaine de travail de cinq jours ils effectuent plus de 35 heures de présence. Défense des avantages acquis!

 

En Martinique, une grève vide de ses " GM " un village du Club Méditerranée.

par Patrice LOUIS

 Le village des " Boucaniers " du Club Méditerranée, à Sainte-Anne, dans le sud de la Martinique, est bloqué par une grève illimitée depuis mardi 23 janvier, lancée à l'appel de la Confédération syndicale des travailleurs martiniquais (CSTM) et la CGTMartinique pour des revendications sur la répartition des heures de travail. Plus de 500 vacanciers ont été évacués et répartis dans d'autres hôtels.

 

William Arthur Lewis, anatomie du sous-développement

 L'approche d'Arthur Lewis des problèmes économiques et sociaux a relancé la théorie du développement, en quête d'un juste équilibre entre le marché et l'intervention publique.
Lorsqu'Arthur Lewis y naît en 1915, la petite île de Sainte-Lucie, dans les Antilles, est une colonie britannique. Elle acquiert son indépendance en 1979. L'île de la Barbade, où il est décédé, a obtenu la sienne en 1966. La population de ces îles, comme celle de la plupart des autres Antilles, descend, dans son immense majorité, des esclaves qui faisaient l'objet d'un commerce triangulaire entre les pays européens, l'Afrique et les Antilles. L'esclavage fut aboli en Angleterre en 1833. Mais les colonies britanniques ne se transformèrent pas pour autant en jardin de roses pour les Noirs.

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Aux Antilles, marché déréglementé, chômage assuré
Un hangar ouvert aux quatre vents, un bac de lavage rongé par la rouille, une camionnette abandonnée, et tout autour des centaines de bananiers desséchés, envahis par les mauvaises herbes. Voilà ce qu’il reste de cette plantation qui faisait vivre il y a encore quelques mois une famille d’agriculteurs de la région de Saint-Claude, en Guadeloupe. Entre les feuilles brûlées par le soleil, quelques fruits verts semblent encore attendre une improbable récolte. Comme beaucoup d’autres avant lui, le propriétaire finira peut-être par revendre ses quelques hectares à la commune ou à un promoteur immobilier.

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Prix Nobel de la Paix

Muhammad Yunus et les deux Bégums

Pour un peu, avec son sourire désarmant, il vous ferait croire que la phrase lui a échappé. C'était le 18 octobre, cinq jours après avoir reçu le prix Nobel de la paix, et Muhammad Yunus était en route pour Séoul, où allait lui être décernée une nouvelle récompense. L'euphorie s'était saisie du Bangladesh, si fier, après tant de malheurs, de voir l'un des siens accéder à la consécration mondiale. Quelqu'un lui a demandé s'il envisageait d'intervenir pour mettre fin à l'affrontement entre les deux grands partis qui, depuis des mois, paralyse la vie politique à Dacca et sème la violence à l'approche des élections de janvier 2007. " Le

 

Les indépendantistes  de Nouvelle-Calédonie exploitent le nickel avec des groupes asiatiques

La Nouvelle-Calédonie devient l'eldorado des aciéristes asiatiques, qui cherchent à garantir leur approvisionnement en nickel. La Société minière du Sud Pacifique (SMSP), qui appartient à la province Nord dirigée par les indépendantistes, a signé, fin 2006, un protocole d'accord avec la société Jinchuan, premier producteur chinois de nickel.
Le texte prévoit la fourniture de latérite (minerai à faible teneur). Cinq minéraliers ont déjà fait le voyage. Jinchuan souhaiterait aller plus loin et construire une usine dans le Pacifique - aux Philippines ou en Australie - pour traiter le minerai.

 

En cinq ans, l'euro n'a pas convaincu les citoyens

Après cinq ans d'utilisation, les Européens, notamment les Français, sont de moins en moins satisfaits de l'euro, leur monnaie depuis le 1er janvier 2002. C'est l'un des constats du dernier sondage effectué en septembre par l'institut Gallup pour la Commission européenne, sur " La zone euro, cinq ans après l'introduction des pièces et des billets en euros ".Selon cet " eurobaromètre ", ils ne sont plus, en 2006, que 48 % d'Européens (51 % de Français) à trouver que la devise européenne est globalement avantageuse, un taux en constant repli (il était de 59 % en 2002). Ils sont même 37,5 % (30,9 % de Français) à juger que la monnaie unique présente plus d'inconvénients que d'avantages (7,3 % n'ont pas d'opinion).

 

Les migrations, une chance pour l'économie
Pour cet ancien délégué aux migrations internationales, la politique mise en œuvre dans ce domaine depuis trente ans a échoué. Apôtre du co-développement, il estime que ce dernier " n'a de chance de réussir que s'il est fondé sur une politique d'intégration et non de retour " . La soumission de l'Afrique aux plans d'ajustement structurel du FMI et la transformation des accords d'association économique que nous avions avec ces pays, n'ont rien arrangé. Les politiques qui existaient ont été remises en question alors qu'elles garantissaient à certains pays africains des franchises de douane pour vendre leurs produits et des tarifs préférentiels pour acheter des produits européens indispensables. Les pays africains se retrouvent dépossédés des moyens de répondre aux problèmes de développement. En même temps, la situation sociale de ces pays a été profondément désagrégée. Les investissements privés font défaut, les agriculteurs ne peuvent pas exporter, les pêcheurs sont étranglés par la politique européenne de la pêche. Une autre politique migratoire est possible à l'échelon de l'Union européenne

 

Consommer pour se consommer par Thierry Paquot .  A la suite d'une lecture attentive du Capital (1867) de Karl Marx, de nombreux auteurs (Adorno, Horkheimer, Marcuse, Gabel, Lefebvre) dénoncent, au début des années 1960, les mirages du marché et les illusions consommatoires de la production de masse. Pour eux, les innombrables biens manufacturés, à des prix devenus abordables grâce à l'industrie taylorisée, ne procurent guère de satisfaction, au contraire même, ils enferment le « client » (nouveau personnage hors classe sociale) dans le cercle vicieux du crédit et du paraître.

 

Défiscalisation en Martinique . Gérard Gaudry, Directeur Général d'Alliance Alizé : "L'objectif pour le contribuable est [que] le montant d'impôt doit être réduit à presque zéro ». « Nous nous adressons essentiellement à une clientèle de professions libérales, de cadres supérieurs de grandes entreprises et de chefs d'entreprises », observe Gérard Gaudry. Alliance Alizé, qui a commercialisé une quarantaine de villas en 2006 à environ 2 200 euros le mètre carré, développe ainsi des programmes dans les villes moyennes de la Martinique, autour de Fort-de-France : Le Robert, Ducos, La Trinité ; et autour de Sainte-Anne en Guadeloupe. Nous ne faisons que des villas. Aux Antilles, elles se revendent mieux »

 

Des centaines de Guyanais chassés de chez eux par la crue du Maroni . Des pluies abondantes ont gonflé les eaux du Maroni, qui sert de frontière à l'ouest du département, entre la Guyane française et le Surinam, provoquant depuis une quinzaine de jours des inondations importantes dans une région située en pleine forêt amazonienne et accessible uniquement par le fleuve ou les airs. La crue se déplace lentement vers l'aval et a touché successivement les Amérindiens Wayanas, puis les tribus noires Aluku et Djuka.

L'Afrique renoue avec une croissance forte . Pour la plupart des pays africains, l'avenir semble plus favorable qu'il ne l'a été depuis longtemps. " Cette phrase tirée des cinquièmes " Perspectives économiques en Afrique 2005-2006 ", rapport publié par le Centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mardi 16 mai, donnera un peu d'espoir aux habitants de ce continent considéré comme le plus mal loti de la planète.

West Caribbean : de graves erreurs humaines Neuf mois après le crash qui a fait 160 morts au Venezuela, la justice a établi un scénario «vraisemblable» de la catastrophe qui met les pilotes en cause. «LE MD 82 de la West Caribbean n'était vraisemblablement pas un avion poubelle.» Neuf mois après l'accident au cours duquel 152 Français de Martinique et huit membres d'équipage colombiens ont perdu la vie au Venezuela, les experts français commencent à en discerner le «scénario vraisemblable». A ce stade, ils n'ont mis en évidence aucun dysfonctionnement mécanique grave de l'appareil. En revanche, selon une source judiciaire à Fort-de-France, ils ont recensé plusieurs erreurs humaines,
Bib-Web-Eco d' avril 2006 : voir les liens vers :
  • Perspectives 2020 et 2050 en France (Conseil d'orientation des retraites.)
  • L'aide au développement a culminé à 100 milliards USD en 2005 (OCDE)
  • Des territoires qui façonnent les parcours scolaires des jeunes. (CEREQ)
  • Bilan 2005 et perspectives 2006 du commerce mondial. (OMC)
  • Les négociations à l'OMC : un regard d'ensemble après la Conférence de Hongkong. (Minefi.)
  • Enquête sur la formation et la qualification professionnelles 2003. (Insee.)
  • Les premiers résultats (pas encore ceux sur la mobilité sociale) A signaler : l'essentiel sera payant...

Un projet contreversé de mine d'or industrielle en Guyane . Le site retenu par la société canadienne Cambior se situe dans un parc naturel et le projet d'exploitation inquiète tant les riverains que les défenseurs de l'environnement Un géant de l'or est en train d'apposer son poinçon dans l'Amazonie guyanaise. Titulaire pour une durée de vingt-cinq ans de la concession de Camp Caïman, sur 30 km2 de forêt primaire, la multinationale canadienne Cambior a déjà déboisé une trentaine d'hectares...

Le CPE est mort Villepin, dans le coma, la gauche aux abonnés absents. par CLA Des millions de grévistes dans la rue, des lycéens, des étudiants qui prennent conscience dans l’action qu’il existe au sommet de l’Etat des nervis de l’ultralibéralisme qui ont reçu pour mission de casser le modèle social français, de remettre en question les valeurs de la République, tout particulièrement cette dérangeante Egalité qui veut qu’au sein d’une démocratie il puisse exister des règles qui s’appliquent à tous de manière identique. Ainsi le CPE est mort.
La forêt guyanaise menacée par la multinationale Canadienne CBJ Caïman SAS - Cambior Des fosses de 150 mètres de profondeur vont être creusées. Sur la durée du projet (7 ans) plus de 12 millions de tonnes de roches seront broyées et mélangées à 30.000 tonnes de produits chimiques (cyanure: 3990 t ; chaux : 21 280 t …) En plus d’un accident industriel (rupture de digue…), les risques sanitaires peuvent aussi provenir d'une contamination lente et continue des sols, des eaux de surface et souterraines par les substances extraites du sous-sol (métaux lourds , arsenic…).
Du gaz dans l'eau au large de la Martinique : «J'ai souvent pensé : mon Dieu, s'il y avait du pétrole aux Antilles, on serait à côté de nos pompes à tout jamais.» Est-ce une coïncidence si Aimé Césaire, le plus renommé des poètes et hommes politiques martiniquais s'est exprimé ainsi (1) quelques mois avant que soit entamée une campagne d'exploration pétrolière au large de son île ?

50 ans de progrès économique et social en Martinique Il y a tout juste dix ans maintenant, la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Martinique confiait au cabinet DME le soin de réaliser une étude d'impact des transferts publics sur l'économie martiniquaise. Il s'agissait alors de mieux cerner la place qu'occupaient réellement les acteurs publics (l'État bien sûr mais aussi les collectivités territoriales et la sécurité sociale) dans notre économie. Cette question était légitime à une époque où l'outre-mer se trouvait régulièrement projeté sur le devant de la scène médiatique, et souvent au rang des accusés.

La "galère de l'ADSL et la coupable incurie du Conseil Régional : Quelle est la Région dont le Vice-président est délégué aux Technologies de l'Information et de la Communication T.I.C. et à l’audio-visuel et a été élu il y peu président de l' OTV (Observatoire des Télécommunications dans la Ville), regroupant Régions françaises et associations d’élus? Quelle est la Région qui a engagé une procédure contre France-Télécom pour tarifs abusifs en matière d'abonnements ADSL ? Non, non ce n'est pas la Martinique, mais....
BUDGET REGIONAL 2006 : LA GABEGIE CONTINUE par le Professeur Jean CRUSOL. Trois ensembles de documents ont été soumis à l’examen des conseillers régionaux à la dernière plénière, ils montrent bien que la gabegie se poursuit à la Région Martinique.
Conférence à l'AMEP : "Une brève histoire de la pensée économique d'Aristore à nos jours" par l'auteur Jacques Valier : Les débats qui animesnt la vie économique ne peuvent être compris indépendammment de la forme qu'ils ont revêtue dans le passé. Comment par exemple appréhender les controverserses sur le libéralisme économique si l'on ignore
Un bilan globalement négatif : L'historien Marc Ferro revisite cinq siècles de colonisation. S'enrichir, christianiser, « civiliser » : les justifications de l'entreprise coloniale n'ont pas manqué au cours de l'histoire. Mais l'incapacité des colonisateurs, prisonniers de préjugés raciaux, d'accorder la citoyenneté aux peuples asservis a produit un désastre

Monsanto pille et tue les paysans, ruine l’environnement, menace la santé des hommes. La firme Monsanto Company est le premier producteur mondial de glyphosate, qu’elle vend sous la marque Roundup Elle est le leader mondial des semences génétiquement modifiées. La première firme mondiale également pour la vente de semences conventionnelles...

La censure est imbécile, même en Martinique Tout pouvoir a ses zélotes et ses sicaires, au sens réel parfois,au sens figuratif le plus souvent et de façon involontaire. La droite nationalo-populiste qui qui est aux affaires régionales à les siens. Ils oeuvrent sous le masque des institutions, en catimini. Le Rectorat est un de leurs domaines d'expérimentation de ces lendemains qui chantent qu'ils nous promettent..

 DMS n'est pa un modèle : AMJ est paraît-il «charismatique». «Charismatique :relatif au charisme, don particulier conféré par la grâce divine» dixit le Robert véhément serait plus juste, même Claude Lise est qualifié de « charismatique » ( Antilla n° 1162) on constate à quel point l'adjectif est dévalorisé...